Initiative législative — 52023IE1160
| CELEX | 52023IE1160 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 25 octobre 2023 |
Texte intégral
| Journal officiel | FR Séries C |
| C/2024/868 | 6.2.2024 |
Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Responsabilité moderne des entreprises — Une piste pour accroître la capacité des MPME à réussir leur transformation»
(avis d’initiative)
(C/2024/868)
| Rapporteurs: | Milena ANGELOVA Rudolf KOLBE Ferre WYCKMANS |
| Décision de l’assemblée plénière | 25.1.2023 |
| Base juridique | Article 52, paragraphe 2, du règlement intérieur Avis d’initiative |
| Compétence | Section «Marché unique, production et consommation» |
| Adoption en section | 3.10.2023 |
| Adoption en session plénière | 25.10.2023 |
| Session plénière no | 582 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 215/1/5 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le concept de responsabilité moderne des entreprises pour les MPME (1) fait référence à une approche proactive et sur une base volontaire de la durabilité économique, sociale et environnementale adoptée par une entreprise et au degré d’ambition dont elle fait preuve s’agissant d’aller au-delà de ses obligations légales. Une entreprise prospère intègre toutes ces dimensions dans sa stratégie et ses activités quotidiennes. La responsabilité des entreprises est avant tout un état d’esprit qui découle des valeurs et objectifs propres à une entreprise tout en tenant compte des attentes des parties prenantes et de la société dans son ensemble. |
| 1.2. | Si les différentes dimensions de la responsabilité sont indissociables, chacune d’elles joue un rôle spécifique: la responsabilité économique renvoie à de bonnes performances économiques, fondées sur la compétitivité et la rentabilité, ainsi qu’à l’intégrité en matière financière et fiscale. La responsabilité sociale fait référence aux relations responsables d’une entreprise avec les acteurs qui prennent part à ses activités ou gravitent autour de celles-ci, notamment les salariés, les consommateurs, les communautés locales et les partenaires commerciaux. Le dialogue social et la communication avec les parties prenantes externes jouent à cet égard un rôle important. La responsabilité environnementale englobe la gestion adéquate des questions liées au changement climatique, à la pollution, à la biodiversité et aux ressources naturelles. |
| 1.3. | Les aspects les plus essentiels qu’une entreprise particulière doit prendre en considération sont déterminés par sa taille, son type, le secteur auquel elle appartient, son modèle économique, sa position dans la chaîne de valeur, son lieu d’implantation et les marchés. Il n’existe pas de solution universelle et cela doit transparaître dans la définition des PME ou dans les cadres qui leur sont propres. Le contenu de la responsabilité des entreprises se modifie également avec le temps, ce qui permet non seulement de refléter et de garantir une gestion proactive et prospective des évolutions numériques, écologiques et démographiques à long terme, mais aussi d’assurer la nécessaire résilience pour faire face aux crises inattendues. |
| 1.4. | Les MPME ont besoin d’un soutien et d’un encouragement considérables pour être en mesure de gérer les multiples aspects de la responsabilité des entreprises. Quelle que soit leur forme, les organisations professionnelles jouent un rôle important en matière de sensibilisation. Pour s’assurer que ces entreprises disposent des aptitudes et des compétences nécessaires, il y a lieu d’encourager et de faciliter les alliances d’apprentissage/de formation constituées par les MPME, et de renforcer la coopération entre les institutions du marché du travail, les partenaires sociaux, les chambres et associations professionnelles d’une part, et différents organismes de formation et les organisations de la société civile d’autre part. Des services de soutien professionnel de grande qualité doivent également être facilement accessibles. |
| 1.5. | Le Comité économique et social européen (CESE) plaide pour que des outils simples et pratiques tels que des listes de contrôle, des modèles et des calculateurs ainsi que l’analyse d’autres scénarios soient mis au point et proposés aux MPME afin de renforcer leurs opérations, de les aider à les développer et de leur permettre de faire rapport de leurs engagements et réalisations en matière de responsabilité. Le CESE encourage la Commission, en coopération avec les États membres et les organisations de soutien aux entreprises, à sensibiliser systématiquement aux avantages de performances responsables, et à maintenir et mettre à jour un ensemble de bonnes pratiques en matière de responsabilité des entreprises pour les MPME. |
| 1.6. | Le CESE estime qu’il est essentiel de veiller à ce que le cadre stratégique global soutienne les MPME et évite de complexifier les exigences auxquelles ces entreprises doivent répondre soit directement, soit dans le cadre des chaînes de valeur, ce qui pourrait détourner des ressources susceptibles d’être consacrées à des mesures concrètes et de terrain en matière de responsabilité des entreprises et provoquer une «externalisation» de la responsabilité des entreprises au niveau des MPME. À cet égard, il convient notamment d’accorder une attention particulière aux exigences de déclaration. Le CESE se félicite en outre que la Commission ait l’intention de lancer, avant la fin de l’année, une consultation publique sur une norme pour la communication d’informations non financières qui s’appliquerait aux MPME sur une base volontaire et serait adoptée en 2024, et demande que cette norme soit claire et simple, conformément aux principes figurant dans le train de mesures de soutien aux PME (2). |
2. Introduction
| 2.1. | Les MPME forment l’écrasante majorité des entreprises européennes: elles représentent 99,8 % du nombre total des entreprises non financières et contribuent à deux tiers de l’emploi dans le secteur privé dans l’Union à 27. 80 à 90 % d’entre elles sont des microentreprises (3). Elles sont donc le véritable moteur de la transition vers la durabilité ainsi que le facteur clé de sa réussite, pour peu qu’elles soient encouragées et soutenues en vue de l’intégration d’une approche globale en matière de durabilité et de responsabilité dans leurs activités. Un élément supplémentaire dans ce contexte est le renforcement des entreprises de l’économie sociale. |
| 2.2. | L’objectif du présent avis d’initiative est d’explorer et de décrire, sur la base des avis antérieurs du CESE (4), les principaux éléments, moteurs et bonnes pratiques en matière de responsabilité des entreprises à l’épreuve du temps pour les MPME, en accordant une attention spécifique aux entreprises qui ont le plus besoin d’aide et de soutien. Il s’agit d’esquisser et de suggérer la meilleure manière d’encourager et de promouvoir les entreprises et l’esprit d’entreprise responsables, notamment au moyen de mesures visant à garantir la disponibilité de l’expertise professionnelle requise au sein ou en dehors des MPME. |
3. Moteurs et éléments de la responsabilité moderne des entreprises
| 3.1. | La responsabilité moderne des entreprises s’appuie sur des fondements économiques, sociaux et environnementaux, dans le respect des principes de durabilité. Les entreprises l’intègrent de manière proactive dans leur stratégie commerciale et leurs activités quotidiennes. Il revient aux MPME de décider de leur niveau d’ambition et de déterminer, par exemple, si elles souhaitent viser essentiellement la conformité, voire s’efforcer de devenir des chefs de file. La responsabilité des entreprises découle donc des valeurs et objectifs propres à un entrepreneur ou à une entreprise tout en tenant compte des attentes des parties prenantes et de la société au sens large. |
| 3.2. | La responsabilité apporte également divers types d’avantages aux MPME. Parmi ceux-ci figurent une meilleure réputation, une plus grande satisfaction des clients et une attractivité accrue en tant qu’employeurs, ainsi que l’accès aux chaînes d’approvisionnement et au financement. La responsabilité est également liée à une meilleure gestion des risques et à la sécurité de la continuité des activités, lesquelles bénéficient aux travailleurs, à la communauté, mais aussi à la société dans son ensemble. |
| 3.3. | Dans le cadre de la responsabilité moderne des entreprises, il ne s’agit pas seulement de ne pas causer de préjudices mais aussi, et surtout, d’agir dans le bon sens, en fournissant des biens et des services durables, des emplois de qualité et des solutions environnementales, et en contribuant aux recettes destinées aux services publics, sans oublier que la proximité géographique des MPME dans les villes et les villages renforce également la cohésion sociale. |
| 3.4. | Pour être en mesure de remplir leur rôle crucial dans l’économie et la société, les MPME doivent être économiquement saines et durables. De bonnes performances économiques fondées sur l’efficacité, la rentabilité et la compétitivité et assorties d’une responsabilité sociale et environnementale sont nécessaires pour assurer la réussite à long terme des entreprises. La responsabilité économique implique également de faire preuve d’intégrité sur le plan de la concurrence loyale et de la bonne gouvernance, en s’abstenant de s’adonner à des pratiques propres à l’économie clandestine ainsi qu’à la corruption et à l’évasion fiscale. |
| 3.5. | La responsabilité sociale et sociétale désigne les relations d’une entreprise avec les acteurs très divers qui prennent part à ses activités ou gravitent autour de celles-ci, notamment les salariés, les consommateurs, les communautés locales et les partenaires commerciaux. Cela implique de conserver un comportement éthique et de respecter et promouvoir les droits de l’homme dans l’ensemble de ces relations, et de s’attacher activement à stimuler, développer et bâtir une relation à long terme avec les travailleurs en les encourageant à progresser constamment dans leur parcours professionnel et en ayant recours au dialogue social. Il est difficile de répondre à toutes ces attentes, étant donné que les parties prenantes varient considérablement, tout comme les conditions dans lesquelles les entreprises opèrent, allant de leur environnement local à des contextes extérieurs à l’Union européenne. Outre le dialogue social, un dialogue ouvert avec les parties prenantes externes constitue donc un aspect essentiel de la responsabilité moderne des entreprises, tandis que la responsabilité mutuelle doit être assumée par toutes les parties prenantes participant au dialogue et à la coopération. |
| 3.6. | La responsabilité environnementale requiert une bonne performance environnementale, sur le plan de l’atténuation du changement climatique et de la pollution de l’environnement, de la protection de la biodiversité et de la préservation des ressources naturelles. La responsabilité environnementale va souvent de pair avec l’efficacité des opérations commerciales et la gestion des coûts, et de plus en plus avec l’ouverture de nouvelles perspectives commerciales. |
| 3.7. | Compte tenu des liens entre les dimensions économique, sociale et environnementale de la responsabilité, il est primordial de les intégrer toutes afin de garantir que la conduite des entreprises soit responsable tout au long de leurs activités. C’est le seul moyen permettant de répondre aux attentes des différentes parties prenantes, depuis les propriétaires et les partenaires commerciaux jusqu’aux travailleurs, à leurs organisations, aux consommateurs et à la société dans son ensemble. |
| 3.8. | Selon un rapport publié par la Commission (5), c’est aux actions en matière de responsabilité à l’égard des salariés et des consommateurs que les PME accordent la plus grande attention. Une grande partie de celles-ci mettent également en œuvre des pratiques en matière de responsabilité environnementale. |
| 3.9. | Si les éléments fondamentaux de la responsabilité des entreprises leur sont communs à toutes, les aspects les plus essentiels à prendre en considération par une MPME particulière sont déterminés par sa nature spécifique et son environnement opérationnel. La taille, le type, le secteur, le modèle économique, la position dans la chaîne de valeur, les clients et les marchés, et la situation géographique ont tous une influence sur les formes concrètes de responsabilité des entreprises. La définition actuelle des PME n’est pas en mesure de refléter cette diversité (6). C’est la raison pour laquelle il appartient à chaque MPME d’évaluer par elle-même, en tenant compte des attentes des parties prenantes, ce que recouvre la responsabilité de ses propres activités dans la pratique. Les organisations et les chambres professionnelles jouent un rôle important en contribuant à recenser les éléments essentiels et à mettre en œuvre les instruments nécessaires. |
| 3.10. | Certaines MPME articulent leurs objectifs commerciaux avec des aspects sociaux et environnementaux et peuvent être des entités à but non lucratif. Les entreprises de l’économie sociale offrent souvent des emplois qui aident les jeunes et les personnes plus âgées ou défavorisées à s’intégrer sur le marché de l’emploi et dans la société. Elles peuvent notamment concentrer leurs activités sur des services de soins ou des services liés à l’économie circulaire (7). |
| 3.11. | Le contenu de la responsabilité des entreprises se modifie également avec le temps, reflétant les évolutions géopolitiques, économiques, sociétales, technologiques et environnementales. Il s’agit à la fois de transitions à long terme et d’incidents soudains. Outre les difficultés à surmonter, ces évolutions ouvrent de nouvelles perspectives et peuvent donc également stimuler la responsabilité. |
| 3.12. | La transformation numérique recouvre plusieurs aspects de la responsabilité et offre des perspectives. Le partage des données est essentiel pour générer de l’innovation et de la valeur ajoutée économique, ce qui requiert de la confiance et des écosystèmes favorables entre les partenaires commerciaux, mais également une protection adéquate des données et de la vie privée des personnes. Il est évident qu’il est toujours nécessaire de renforcer les compétences, que ce soient celles des propriétaires et des dirigeants ou des salariés, afin de leur permettre de profiter des possibilités offertes par la numérisation rapide. La meilleure manière de convenir de dispositifs d’apprentissage et de formation particuliers est bilatérale, au moyen du dialogue social. En outre, la numérisation fournit des outils permettant de jauger les progrès accomplis en ce qui concerne les actions de responsabilité au sein de l’entreprise. |
| 3.13. | En raison de la nécessité caractérisée de lutter contre le changement climatique, l’énergie joue un rôle de plus en plus important dans la responsabilité des MPME. L’amélioration de l’efficacité énergétique et le remplacement des combustibles fossiles contribuent non seulement à la transition écologique, mais aussi à la sécurité énergétique et au caractère abordable de l’énergie. Il en va de même pour l’efficacité, la réutilisation et le recyclage des matériaux et pour l’ensemble des éléments de l’économie circulaire. De toutes les ressources naturelles, l’eau devient toujours plus cruciale et, par conséquent, son utilisation durable nécessite une attention particulière de la part des MPME. Si la numérisation est un instrument important dans le cadre de la transition écologique, ses incidences environnementales doivent également être bien gérées. |
| 3.14. | L’évolution démographique influence également la responsabilité des entreprises. De nouveaux types de pratiques sont de plus en plus nécessaires dans la vie professionnelle pour attirer et retenir des personnes d’âges et de cultures différents, y compris des travailleurs migrants. La diversité du personnel est bénéfique pour les entreprises, mais elle implique également des exigences en matière de gestion, notamment de nouveaux besoins en matière de formation. Un développement adéquat des compétences est nécessaire pour répondre à la demande engendrée à la fois par la numérisation et l’écologisation, et par les nouveaux types d’emplois en général. |
| 3.15. | Des crises soudaines, en particulier la pandémie de COVID-19 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ont clairement montré que la résilience (la capacité à faire face à des risques et à des perturbations sans précédent) est un aspect de la responsabilité des entreprises qui gagne en importance. La continuité des activités dans des circonstances exceptionnelles revêt une grande importance pour fournir des biens et des services et préserver l’emploi. Cela suppose à son tour une bonne préparation à des conditions différentes et changeantes, ainsi que le soutien du secteur public et la coopération avec les parties prenantes. Comme l’a montré la crise de la COVID-19, le dialogue social à différents niveaux joue un rôle positif dans la mise en place des modalités pratiques du maintien des activités et de l’emploi en période de crise. |
4. Responsabilité proactive des entreprises dans la pratique
| 4.1. | En raison des différences de nature et d’environnement opérationnel des entreprises, les pratiques de responsabilité des entreprises sur le terrain varient. Toutefois, des exemples concrets provenant de différents types d’entreprises montrent qu’il existe des similitudes qui illustrent les caractéristiques et les tendances dominantes en matière de responsabilité des entreprises. |
| 4.2. | La bonne gestion de la responsabilité dans toute entreprise commence par une bonne sensibilisation et une connaissance des questions et tendances d’actualité, ce qui permet à l’entreprise de définir la manière dont elle veut se positionner en termes de responsabilité. Elle peut, par exemple, prendre une décision stratégique et déterminer si elle souhaite tirer un avantage concurrentiel de la responsabilité des entreprises. |
| 4.3. | Si l’engagement de l’entrepreneur ou de l’encadrement supérieur de l’entreprise est essentiel à la réussite, il est tout aussi important que l’ensemble des travailleurs adoptent l’approche de la responsabilité dans tous les aspects de leur travail. Les entreprises peuvent également désigner certaines personnes qui dirigeront la planification et la mise en œuvre des mesures. Dans le cas des très petites entreprises et des microentreprises, ces activités peuvent notamment bénéficier du soutien des organisations de PME, chambres professionnelles et associations respectives. |
| 4.4. | Si la responsabilité fait partie de la culture d’entreprise dans son ensemble, des efforts concrets sont intégrés dans les différentes activités des entreprises, y compris la production et le commerce de biens et de services, l’acquisition de ressources de production et le développement de produits et de procédés. Cela nécessite une coopération entre différentes fonctions. |
| 4.5. | Un aspect important de la responsabilité des entreprises réside dans le fait d’attirer, de motiver et de retenir les personnes en veillant à disposer des compétences adéquates, en assurant leur développement constant ainsi que des perspectives de carrière et des conditions de travail stables, et en prenant part au dialogue social à différents niveaux, tout en tenant compte de la taille et de la diversité des MPME et des spécificités des systèmes nationaux. |
| 4.6. | Les entreprises utilisent différents types d’outils pour aider à concrétiser leur responsabilité, allant des déclarations de valeur et des principes d’entreprise aux orientations pratiques et aux systèmes de gestion. Bien qu’il existe des outils spécifiques pour différentes dimensions de la responsabilité, de nombreuses entreprises estiment qu’il est le plus pratique d’intégrer la responsabilité dans leurs orientations générales et leurs systèmes de gestion. En plus de décrire leurs propres activités et pratiques, nombre d’entreprises définissent également ce qu’elles attendent de leurs partenaires commerciaux ou d’autres collaborateurs. Les organisations professionnelles, les syndicats et les chambres professionnelles peuvent soutenir les MPME en leur fournissant des lignes directrices et des instruments adéquats. |
| 4.7. | La définition d’objectifs et de cibles constitue un autre élément de la mise en œuvre de la responsabilité des entreprises, comme c’est le cas pour les activités commerciales en général. Elle fournit un cadre pour l’action concrète, accompagné d’une organisation et d’une programmation adéquates des actions. Pour évaluer les progrès accomplis, il convient de définir et de suivre des indicateurs pertinents. |
| 4.8. | Outre le dialogue social entre employeurs et syndicats, l’interaction de l’entreprise avec les parties prenantes externes est un outil essentiel pour mieux comprendre les différentes attentes. Dans le même temps, il constitue un moyen d’informer les parties prenantes sur les objectifs, les actions et les réalisations de l’entreprise en termes de responsabilité. Les formats utilisés par les entreprises pour informer les parties prenantes et communiquer avec elles varient considérablement: réunions en présentiel, publications sur les médias sociaux ou encore rapports formels. |
5. Comment encourager et soutenir la responsabilité des entreprises
5.1. Améliorer les capacités des entreprises
| 5.1.1. | Les MPME sont confrontées à de nombreux types de difficultés dans leurs efforts visant à gérer tous les éléments de la responsabilité des entreprises. Nombre de MPME manquent de compétences, d’aptitudes, de travailleurs et de ressources, et estiment qu’il est difficile d’intégrer la responsabilité dans leur culture de travail et de communiquer sur ses différentes formes. Les exigences et les attentes sont souvent perçues comme trop abstraites et éloignées de la vie courante. Les MPME rencontrent également des difficultés pour collecter et utiliser des données sur la responsabilité. |
| 5.1.2. | C’est pourquoi les MPME ont besoin d’un soutien et d’un encouragement considérables qui puissent contribuer réellement à leurs efforts. Au lieu de renforcer la réglementation, il convient d’améliorer la sensibilisation, les compétences et les aptitudes au sein des entreprises, et que des acteurs externes fournissent des orientations et une expertise. Un soutien ciblé est nécessaire pour l’ensemble des MPME, des moins avancées aux pionnières en passant par celles qui suivent la tendance. |
| 5.1.3. | Quelle que soit leur forme — organisations d’employeurs ou de PME, chambres ou alliances — les organisations professionnelles jouent un rôle important en matière de sensibilisation et d’information des entreprises sur la nécessité et les avantages de leur responsabilité. En outre, la grande diversité des aspects à couvrir requiert des compétences professionnelles variées, et il importe de veiller à ce que cette expertise soit disponible non seulement au sein des MPME mais aussi, dans de nombreux cas, grâce à un soutien externe. |
| 5.1.4. | Leur taille étant plus modeste, les MPME doivent pouvoir former des alliances d’apprentissage/de formation, qui doivent être encouragées et facilitées par les institutions du marché du travail, les partenaires sociaux et les chambres et associations professionnelles. La définition du contenu de l’apprentissage applicable dans la pratique requiert également une coopération avec les universités et d’autres organismes de formation. |
| 5.1.5. | Des services de soutien professionnel de grande qualité et pertinents doivent être facilement accessibles aux MPME, en gardant à l’esprit que les prestataires de services qui sont souvent eux-mêmes des MPME sont les mieux placés pour comprendre les besoins des MPME clientes. Les programmes de coopération des partenaires sociaux et des chambres et associations professionnelles peuvent apporter leur aide à cet égard. |
| 5.1.6. | La responsabilité moderne des entreprises exige une adaptation souple des mesures de perfectionnement professionnel continu (PPC), pour les MPME elles-mêmes mais aussi pour les professionnels libéraux leur apportant des services de soutien, ces mesures devant faire partie intégrante des programmes d’aide à l’installation. |
| 5.1.7. | Les fonds sectoriels, régionaux et européens spécifiquement consacrés à l’éducation et à la formation des chefs d’entreprise et des salariés sont primordiaux pour promouvoir l’accessibilité des initiatives, qui s’adressent trop souvent aux grandes entreprises. |
5.2. Fournir des orientations, des outils et des exemples de bonnes pratiques
| 5.2.1. | Étant donné que les MPME ont cruellement besoin de leurs ressources pour fonctionner, des systèmes formels complexes et fastidieux ne permettront pas de les aider à progresser en matière de responsabilité des entreprises. Des outils plus simples et plus souples, tels que des listes de contrôle et des modèles, sont mieux adaptés aux petites entreprises. Toutes ces mesures aideront les MPME à se conformer aux exigences législatives, comme le prévoit le train de mesures de soutien aux PME (8). |
| 5.2.2. | Le CESE prend acte de la liste de contrôle (9) publiée par la Commission, qui fournit aux entreprises des conseils pour développer leur stratégie en matière de responsabilité, présente des actions concrètes dans différents domaines de la responsabilité des entreprises, aborde l’allocation des ressources, la définition d’objectifs et le suivi des progrès accomplis, et énumère les lignes directrices, outils et réseaux disponibles pour soutenir les entreprises. D’autres exemples peuvent être trouvés, notamment sur la plateforme des bonnes pratiques BipiZ (10), qui présente plus de 1 200 cas concrets provenant de 600 entreprises. |
| 5.2.3. | Afin d’aider les MPME à communiquer avec les parties prenantes sur leur responsabilité, le CESE invite la Commission européenne à mettre en place un outil en ligne simple et clair, comprenant notamment un calculateur d’émissions de CO2 facile à utiliser, qui pourra être appliqué par les MPME dans le cadre de cette démarche. Le CESE se félicite en outre que la Commission ait l’intention de lancer, avant la fin de l’année, une consultation publique sur une norme pour la communication d’informations non financières qui s’appliquerait aux MPME sur une base volontaire et serait adoptée en 2024, et demande que cette norme soit claire et simple, conformément aux principes figurant dans le train de mesures de soutien aux PME (11). |
5.3. Créer un cadre d’action favorable
| 5.3.1. | Permettre aux MPME d’exploiter les possibilités offertes par la responsabilité moderne des entreprises, entendue comme une approche proactive et sur une base volontaire de la durabilité économique, sociale et environnementale adoptée par une entreprise et le degré d’ambition dont elle fait preuve s’agissant d’aller au-delà de ses obligations légales, requiert de mettre en place un cadre législatif simple, clair et prévisible sur lequel elles pourront s’appuyer. Il importe d’éviter de recourir à des exigences trop prescriptives ou compliquées, susceptibles de détourner des ressources qui pourraient être consacrées à des mesures concrètes et de terrain et également d’amener les MPME à «externaliser» la responsabilité des entreprises. |
| 5.3.2. | Une attention particulière doit être accordée aux exigences qui touchent indirectement les MPME. Même si celles-ci ont été directement exclues de certaines exigences réglementaires, il arrive qu’elles soient indirectement ciblées par le biais des chaînes de valeur ou des exigences émanant de grandes entreprises clientes, d’investisseurs ou de financiers. À cet égard, il convient notamment d’accorder une attention particulière aux exigences de déclaration. Certaines initiatives réglementaires affectent aussi les MPME de par leurs effets indirects, notamment leur incidence sur les prix de l’énergie, des matériaux et d’autres ressources. |
| 5.3.3. | Les incidences indirectes et les effets multiplicateurs sont plus difficiles à évaluer et ne sont donc souvent pas dûment pris en compte, et le processus de consultation peut passer outre aux points de vue des MPME. Dans de tels cas, en contradiction avec les principes visant à mieux légiférer, ces entreprises sont confrontées à des incertitudes quant aux exigences et conséquences réelles des nouvelles réglementations. De plus, lorsque des exigences détaillées sont définies dans des actes délégués ou des normes, les incidences concrètes ne sont connues qu’à un stade très tardif. Tout cela engendre une situation intenable pour les petites entreprises, qui ne peuvent ni connaître les exigences à venir ni s’y préparer, et encore moins avoir la possibilité d’influencer ces exigences de manière appropriée. Il est donc impératif de faire le point sur l’approche réglementaire actuelle et de veiller à ce que la réglementation corresponde à la réalité des MPME en termes de ressources et de position sur le marché. Le CESE invite les États membres à offrir une aide qui soit à la fois pratique, spécifique et efficace, en particulier aux MPME, dans le cadre d’une coopération structurelle avec les organisations représentatives concernées. |
Bruxelles, le 25 octobre 2023.
Le président du Comité économique et social européen
Oliver RÖPKE
(1) JO C 486 du 21.12.2022, p. 1: l’avis définit en son paragraphe 1.1 les MPME comme des «micro, petites et moyennes entreprises […], qu’il s’agisse d’entreprises traditionnelles, d’entreprises familiales, de commerçants, d’entreprises de l’économie sociale, d’artisanat ou de professions libérales».
(2) https://europa.eu/!qvJhxp
(3) Commission européenne (2022), Rapport annuel 2021-2022 sur les PME européennes — Les PME et la durabilité environnementale, avril 2022.
(4) JO C 486 du 21.12.2022, p. 1; document du CESE sur l’«Évaluation ex post du programme Horizon 2020»; JO C 194 du 12.5.2022, p. 7, JO C 286 du 16.7.2021, p. 8, JO C 429 du 11.12.2020, p. 210, JO C 197 du 8.6.2018, p. 1, JO C 288 du 31.8.2017, p. 20, JO C 345 du 13.10.2017, p. 15, JO C 13 du 15.1.2016, p. 8, JO C 311 du 18.9.2020, p. 63, JO C 81 du 2.3.2018, p. 1, JO C 311 du 18.9.2020, p. 36.
(5) Uptake of Corporate Social Responsibility (CSR) by European SMEs and Start-ups (en anglais uniquement): https://europa.eu/!pYbC8P
(6) Voir JO C 197 du 8.6.2018, p. 1, paragraphe 1.3, et le rapport d’information du CESE intitulé «Accès au financement pour les PME», paragraphe 1.3.
(7) Proposition de la Commission relative à la mise en place des conditions-cadres de l’économie sociale.
(8) https://europa.eu/!qvJhxp
(9) https://europa.eu/!rbJwmH
(10) https://www.bipiz.org/en/
(11) https://europa.eu/!qvJhxp
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/868/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
Documents similaires
Initiative législative — 52023IE0430
14/12/2023
Initiative législative — 52023IE0848
14/12/2023
Initiative législative — 52023IE1864
14/12/2023
Initiative législative — 52023IE1906
14/12/2023