Initiative législative — 52023IP0327
| CELEX | 52023IP0327 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 14 septembre 2023 |
Texte intégral
| Journal officiel | FR Séries C |
| C/2024/1766 | 22.3.2024 |
P9_TA(2023)0327
Modification du mécanisme proposé visant à lever les obstacles juridiques et administratifs dans un contexte transfrontalier
Résolution du Parlement européen du 14 septembre 2023 contenant des recommandations à la Commission concernant la modification du mécanisme proposé visant à lever les obstacles juridiques et administratifs dans un contexte transfrontalier (2022/2194(INL))
(C/2024/1766)
Le Parlement européen,
| — | vu l’article 225 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, |
| — | vu l’article 294, paragraphe 2, et l’article 175, troisième alinéa, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, conformément auxquels la proposition lui a été présentée par la Commission (C8-0228/2018), |
| — | vu l’article 294, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, |
| — | vu la communication de la Commission au Conseil et au Parlement européen intitulée «Stimuler la croissance et la cohésion des régions frontalières de l’Union européenne» (COM(2017)0534), |
| — | vu le règlement (CE) no 1082/2006 du Parlement européen et du Conseil relatif à un groupement européen de coopération territoriale (GECT) (1), |
| — | vu le rapport final de mars 2017 portant sur l’étude «Alléger les obstacles juridiques et administratifs dans les régions frontalières de l’UE», établi pour le compte de la direction générale de la politique régionale et urbaine de la Commission européenne (2), |
| — | vu la proposition de la Commission au Parlement européen et au Conseil (COM(2018)0373), |
| — | vu l’avis motivé soumis le 20 juin 2018 par le Parlement suédois, dans le cadre du protocole no 2 sur l’application des principes de subsidiarité et de proportionnalité, affirmant que le projet d’acte législatif n’est pas conforme au principe de subsidiarité, |
| — | vu sa résolution du 11 septembre 2018 intitulée «Stimuler la croissance et la cohésion des régions frontalières de l’Union européenne» (3), |
| — | vu l’avis du Comité économique et social européen du 19 septembre 2018 (4), |
| — | vu sa résolution législative du 14 février 2019 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à la création d’un mécanisme visant à lever les obstacles juridiques et administratifs dans un contexte transfrontalier (5), |
| — | vu l’avis du Comité des régions du 7 mars 2019 (6), |
| — | vu l’avis du service juridique du Conseil du 2 mars 2020 (6009/20) (7), |
| — | vu sa résolution du 17 avril 2020 sur une action coordonnée de l’Union pour combattre la pandémie de COVID-19 et ses conséquences (8), |
| — | vu sa résolution du 19 juin 2020 sur la protection européenne accordée aux travailleurs transfrontières et saisonniers dans le contexte de la pandémie de COVID-19 (9), |
| — | vu le rapport de la Commission européenne de juillet 2020 sur la coopération transfrontalière dans l’Union (10), |
| — | vu l’avis du Comité des régions du 5 février 2021 sur les services publics transfrontaliers en Europe (11), |
| — | vu le rapport du Comité des régions de juillet 2021 sur les consultations publiques concernant l’avenir de la coopération transfrontalière (12), |
| — | vu la question avec demande de réponse orale O-000061/2021 du 10 septembre 2021 au Conseil sur le «Gel par le Conseil du processus législatif relatif au mécanisme de coopération transfrontalière» (13), |
| — | vu sa résolution du 14 septembre 2021 intitulée «Vers un renforcement du partenariat avec les régions ultrapériphériques de l’Union» (14), |
| — | vu la publication intitulée «B-solutions: Solving border obstacles. A compendium 2020-2021» (Solutions b: lever les obstacles aux frontières. Compendium 2020-2021) parue le 9 décembre 2021 (15), |
| — | vu le rapport de mai 2022 sur les résultats finaux de la conférence sur l’avenir de l’Europe (16), |
| — | vu l’étude réalisée pour le compte de sa commission du développement régional, intitulée «Les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur la cohésion européenne et sur la politique de cohésion de l’Union», publiée en janvier 2022, |
| — | vu sa résolution du 8 mars 2022 sur la politique de cohésion en tant qu’outil de réduction des disparités et de renforcement de la coopération transfrontière en matière de santé (17), |
| — | vu le rapport de la Commission européenne du 9 février 2022, intitulé «La cohésion en Europe à l’horizon 2050 — Huitième rapport sur la cohésion économique, sociale et territoriale», |
| — | vu sa résolution du 15 septembre 2022 sur la cohésion économique, sociale et territoriale au sein de l’Union européenne: le 8e rapport sur la cohésion (18), |
| — | vu sa résolution du 15 septembre 2022 sur les régions frontalières de l’UE: des laboratoires vivants de l’intégration européenne (19), |
| — | vu l’étude réalisée pour le compte de sa commission du développement régional par le service de recherche du Parlement européen, intitulée «Mechanism to resolve legal and administrative obstacles in a cross-border context — European added value assessment» («Mécanisme visant à lever les obstacles juridiques et administratifs dans un contexte transfrontalier — Évaluation de la valeur ajoutée européenne») (20), |
| — | vu les articles 47 et 54 de son règlement intérieur, |
| — | vu le rapport de la commission du développement régional (A9-0252/2023), |
| A. | considérant que la persistance d’obstacles transfrontaliers de nature administrative et juridique nuit gravement aux moyens de subsistance ainsi qu’à la pérennité du potentiel économique et social des régions frontalières de l’Union et limite l’exercice des droits accordés en vertu des traités aux citoyens et communautés des régions frontalières; |
| B. | considérant que la persistance de ces obstacles et leurs effets viennent saper la confiance des citoyens des régions frontalières dans l’intérêt que présente l’intégration européenne et dans l’efficacité des pouvoirs publics; |
| C. | considérant que les travailleurs des régions frontalières sont encore aujourd’hui confrontés à des problématiques fiscales et administratives qui nécessitent une meilleure coordination entre les administrations des États membres; qu’il convient de souligner que cette tendance a été davantage exacerbée par l’augmentation du travail à distance transfrontalier en raison de la pandémie de COVID-19; |
| D. | considérant que les régions frontalières intérieures couvrent 40 % du territoire de l’Union, abritent 30 % de sa population, soit 150 millions de personnes, et accueillent près de 2 millions de travailleurs frontaliers; que, selon les estimations, la mise en place d’un outil législatif au niveau de l’Union pour remédier aux obstacles transfrontaliers, associé aux outils existants, pourrait générer des bénéfices économiques à hauteur de 123 milliards d’euros, tandis que l’élimination de tous les obstacles générerait des bénéfices à hauteur de 460 milliards d’euros; que l’élimination des obstacles transfrontaliers aurait également des effets positifs en matière de droits sociaux, d’égalité des chances et de protection de l’environnement et permettrait d’améliorer l’accès des citoyens des régions frontalières à des services publics de qualité (21); |
| E. | considérant que la suppression des obstacles transfrontaliers faciliterait également l’accessibilité entre pays voisins, par exemple par la réalisation des liaisons encore manquantes entre certaines régions frontalières; qu’une meilleure interconnexion des régions frontalières rendrait l’intégration européenne plus tangible et offrirait aux citoyens la possibilité d’une mobilité transfrontalière efficace et respectueuse de l’environnement; |
| F. | considérant que certains États membres ont déjà conclu des traités et des accords bilatéraux ou plurilatéraux et peuvent y recourir pour mettre en place des structures et des procédures aux fins de l’élimination d’obstacles transfrontaliers; |
| G. | considérant qu’un acte législatif de l’Union établissant des dispositions générales et des modalités procédurales pour permettre aux États membres de remédier aux obstacles transfrontaliers serait profitable aux États membres et régions de l’Union, dans la mesure où il leur offrirait un éventail plus large d’options stratégiques et leur donnerait la possibilité de concevoir des solutions sur mesure en fonction de l’obstacle considéré; |
| H. | considérant qu’il profiterait également aux communautés et aux acteurs de la société civile participant au lancement ou à la fois au lancement et à l’exécution de projets communs dans l’Union, qui disposeraient d’une ligne d’action spécifique leur permettant de signaler et de lever les obstacles transfrontaliers; |
| I. | considérant que la Commission a publié en 2018 une proposition de règlement relatif à la création d’un mécanisme visant à lever les obstacles juridiques et administratifs dans un contexte transfrontalier (ci-après la «proposition de mécanisme transfrontalier européen»); que, de nouveaux défis inédits sont toutefois apparus depuis, tels que le Brexit, la pandémie de COVID-19, la nécessité de faire face immédiatement à l’urgence climatique et la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine; que ces crises ont eu une incidence au niveau transfrontalier, dont il convient de tenir compte dans une nouvelle version modifiée de cette proposition; |
| J. | considérant que, dans sa publication intitulée «b-Solutions: Solving Border Obstacles: A Compendium of 43 cases» (22) (Solutions b: lever les obstacles aux frontières. Compendium de 43 cas), la Commission a estimé qu’un tel acte législatif sur l’élimination des obstacles transfrontaliers aurait constitué un outil approprié pour surmonter les obstacles juridiques et administratifs dans au moins 38 % des cas analysés; |
| K. | considérant que le Parlement a adopté en 2019 sa position en première lecture sur cette proposition de mécanisme transfrontalier européen; qu’en 2021, le groupe «Actions structurelles et régions ultrapériphériques» du Conseil a interrompu ses travaux sur la proposition de mécanisme transfrontalier européen, sans que le Conseil n’ait adopté de position officielle; |
| L. | considérant que le Conseil a néanmoins soulevé un certain nombre de questions juridiques compréhensibles qu’il conviendrait d’aborder dans le cadre d’une nouvelle proposition; |
| M. | considérant que le Parlement a déployé tous les efforts nécessaires pour entamer des négociations interinstitutionnelles avec le Conseil de manière ouverte et constructive; que le Parlement a demandé à plusieurs reprises à la Commission, dans le cadre de nombreuses résolutions et d’échanges formels et informels au plus haut niveau politique, de présenter une nouvelle proposition législative modifiée; que l’adoption d’un tel acte législatif fait également partie des propositions contenues dans le rapport final de la conférence sur l’avenir de l’Europe (23); |
| N. | considérant que, jusqu’à présent, ni la Commission ni le Conseil n’ont pris de mesures concrètes à la suite des demandes formulées par le Parlement; que l’article 225 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne habilite le Parlement à demander à la Commission de soumettre toute proposition appropriée sur les questions qui lui paraissent nécessiter l’élaboration d’un acte de l’Union pour la mise en œuvre des traités; |
| 1. | estime que compte tenu des récentes tendances en matière de mobilité de la main-d’œuvre intra-UE, et afin de faire face à différents défis démographiques, sociaux, économiques et environnementaux, de réduire les disparités, et de prévenir la fuite des cerveaux, l’Union doit intensifier ses efforts pour remédier aux obstacles juridiques et administratifs transfrontaliers persistants dans le contexte plus large de la cohésion, grâce à une coopération bien plus efficace entre les autorités des régions frontalières, ainsi qu’à un nouvel instrument efficace; |
| 2. | constate que, malgré les activités transfrontalières territoriales développées au fil des décennies, soutenues et facilitées par l’Union au moyen d’instruments juridiques et financiers, les citoyens des régions frontalières se trouvent plus souvent confrontés à une discrimination, soit parce qu’ils n’ont pas accès au service public le plus proche, lorsque celui-ci se trouve de l’autre côté de la frontière, soit parce que leurs entreprises bénéficient de moins d’opportunités; |
| 3. | soutient les travaux en cours dans le cadre de l’initiative «b-solutions», promue par la direction générale de la politique régionale et urbaine (DG REGIO) de la Commission européenne et gérée par l’Association des régions frontalières européennes (ARFE), parmi les actions proposées dans la communication de la Commission intitulée «Stimuler la croissance et la cohésion dans les régions frontalières de l’Union européenne»; |
| 4. | considère que l’initiative «b-solutions» est un succès, tout en reconnaissant qu’elle n’est qu’un outil technique parmi d’autres — comme le groupement européen de coopération territoriale (GECT), le réseau des points de contact frontaliers ou les stratégies macrorégionales –, qui complète le dispositif de coopération transfrontalière de l’Union, mais qui, de toute évidence, ne permet pas d’apporter une réponse globale et efficace aux obstacles auxquels les régions frontalières sont confrontées; |
| 5. | souligne la nécessité d’un cadre de coordination à l’échelle de l’Union pour assurer la cohésion de l’Union ainsi que pour apporter à toutes les régions frontalières une solution tant attendue, qui leur permette d’éliminer les obstacles nécessitant des efforts plus importants et une coopération plus poussée entre les États membres concernés, dans le respect du principe de subsidiarité; |
| 6. | maintient que la modification de la proposition de mécanisme transfrontalier européen devrait être axée sur la mise en place d’un cadre de coordination simple et direct, permettant aux autorités à différents niveaux d’éliminer les obstacles juridiques et administratifs, tout en évitant la multiplication des organismes et autorités, ainsi que la création de charges administratives inutiles, de manière à contribuer au développement des espaces frontaliers tout en tenant compte de leurs spécificités; ajoute que le champ d’application de la proposition de mécanisme transfrontalier européen révisée devrait se concentrer sur les projets communs; |
| 7. | estime que, pour constituer un véritable instrument de cohésion, ledit cadre de coordination devrait respecter pleinement les prérogatives constitutionnelles et législatives des États membres, en tenant compte des différences institutionnelles en termes de champs d’intervention des entités administratives nationales concernées, ainsi que la répartition des compétences entre l’Union et les États membres; |
| 8. | propose d’appeler le nouveau cadre de coordination: «Border Regions’ Instrument for Development and Growth in the EU», ou BRIDGEU (instrument des régions frontalières au service du développement et de la croissance dans l’Union européenne); |
| 9. | souligne que les autorités régionales et locales sont des acteurs de premier plan pour la promotion de la cohésion territoriale et qu’elles devraient pouvoir participer de manière concrète et inclusive à l’élaboration des mesures visant à éliminer les obstacles transfrontaliers, et que les acteurs locaux compétents de la société civile et des communautés devraient être tenus informés du processus; |
| 10. | souligne que toute éventuelle proposition législative en la matière doit clairement définir les autorités des États membres et les organes à tous les niveaux qui sont concernés et qui participent tout au long du processus, dans le but de garantir la sécurité juridique nécessaire aux acteurs locaux et régionaux; |
| 11. | estime qu’il est essentiel de mettre en place des points de coordination transfrontalière, afin que les autorités publiques, la société civile, les citoyens et les organismes privés disposent d’un interlocuteur capable de traiter les obstacles juridiques ou administratifs qui entravent la mise en œuvre d’un projet commun; |
| 12. | maintient que, par l’intermédiaire des points de coordination transfrontalière, les États membres devraient évaluer, sur une base volontaire et au cas par cas, s’il convient de donner suite à la demande d’assistance à l’élimination des obstacles et des contraintes administratives et, le cas échéant, de quelle manière; |
| 13. | est d’avis qu’un moyen de favoriser la gouvernance à plusieurs niveaux, l’innovation et une coopération renforcée entre les régions frontalières consiste à permettre aux points de coordination transfrontalière de mettre en place des commissions transfrontalières en cas d’obstacle complexe nécessitant davantage de coopération entre les autorités compétentes des régions frontalières à tous les niveaux; |
| 14. | souligne que les États membres — lorsqu’ils décident volontairement d’enclencher l’instrument — devraient disposer de diverses mesures stratégiques pour traiter l’obstacle, comme une révision de leur cadre administratif ou juridique au moyen d’actions unilatérales prises au niveau adéquat, un recours à des instruments non contraignants, le renvoi de la gestion de l’obstacle aux organes compétents établis par traités bilatéraux ou plurilatéraux existants, ou, enfin, en mettant en place une commission transfrontalière chargée d’élaborer une solution ad hoc visant à remédier à l’un ou à plusieurs des obstacles recensés; |
| 15. | souligne que l’adoption d’une décision concernant la mise en œuvre d’une éventuelle solution ad hoc élaborée par la commission transfrontalière devrait rester à la discrétion des autorités compétentes au niveau pertinent de l’État membre concerné et devrait, en tout état de cause, être effectuée par les États membres dans le plein respect de leur cadre législatif et constitutionnel; |
| 16. | observe que certains États membres, par exemple l’Estonie, Chypre, la Lettonie, le Luxembourg et Malte, qui sont des régions uniques de niveau NUTS 2, sont exclus du champ d’application géographique initial du niveau NUTS 3 proposé par la Commission, tandis qu’en Allemagne, les régions de niveau NUTS 1 correspondent aux États fédérés, les régions de niveau NUTS 2 aux districts gouvernementaux et les régions de niveau NUTS 3 sont généralement des arrondissements; fait valoir que, dans le cas d’obstacles transfrontaliers, le niveau NUTS 3 n’est pas toujours le niveau le plus approprié pour lever les obstacles juridiques et administratifs rencontrés dans différentes situations transfrontalières; souligne ainsi que le futur cadre de coordination doit permettre une certaine flexibilité dans la mise en œuvre afin d’être le plus pertinent et efficace possible en ciblant le territoire le plus adéquat en fonction des cas d’espèces; |
| 17. | met en avant que rien n’empêche les États membres de suivre volontairement les mêmes modalités procédurales que celles prévues par la proposition de règlement figurant à l’annexe I de la présente résolution lorsqu’ils acceptent de lever les obstacles juridiques et administratifs aux régions frontalières de l’Union de pays candidats, dans le respect du droit de l’Union; |
| 18. | demande à la Commission de soumettre, sur la base de l’article 175, troisième alinéa, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, une proposition de règlement relatif à un instrument des régions frontalières au service du développement et de la croissance dans l’Union, suivant les recommandations figurant en annexe; |
| 19. | rappelle l’engagement de la présidente de la Commission en faveur du droit d’initiative du Parlement et sa détermination à donner suite aux rapports d’initiative législative du Parlement par un acte législatif, dans le respect des principes de l’Union, qui figurent dans les orientations politiques pour la prochaine Commission européenne 2019-2024; attend dès lors de la Commission qu’elle donne suite à la présente résolution en présentant une proposition législative; |
| 20. | estime qu’il convient de prévoir un financement suffisant pour les propositions énoncées dans la présente résolution et estime que leurs incidences financières devraient être couvertes par la dotation budgétaire pertinente de l’Union; invite à cet égard la Commission à déterminer si la mise en œuvre du nouveau règlement pourrait être facilitée par la mobilisation de l’instrument d’assistance technique et d’échange d’informations (TAIEX) de la Commission européenne ou de l’instrument d’appui technique, en vue de promouvoir le renforcement des capacités des autorités des États membres à tous les niveaux; |
| 21. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution ainsi que les recommandations figurant en annexe à la Commission et au Conseil ainsi qu’au Comité européen des régions. |
(1) JO L 210 du 31.7.2006, p. 19.
(2) https://ec.europa.eu/futurium/en/system/files/ged/easing_legal_and_administrative _obstacles_in_eu_border_regions_0.pdf
(3) JO C 433 du 23.12.2019, p. 24.
(4) JO C 440 du 6.12.2018, p. 124.
(5) JO C 449 du 23.12.2020, p. 619.
(6) JO C 86 du 7.3.2019, p. 165.
(7) https://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-6009-2020-INIT/fr/pdf
(8) JO C 316 du 6.8.2021, p. 2.
(9) JO C 362 du 8.9.2021, p. 82.
(10) https://ec.europa.eu/regional_policy/sources/policy/cooperation/european-territorial/survey-2020/cross-border-survey-2020-report_en.pdf
(11) JO C 106 du 26.3.2021, p. 12.
(12) https://cor.europa.eu/en/engage/Documents/Cohesion%20Alliance/Reports/Public%20Consultations%20on%20the%20Future%20of%20Cross-Border%20Cooperation/Report_on_the_Consultations-Future_of_CBC.pdf
(13) https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/O-9-2021-000061_FR.html
(14) JO C 117 du 11.3.2022, p. 18.
(15) https://op.europa.eu/en/publication-detail/-/publication/bf87d622-5bc8-11ec-91ac-01aa75ed71a1/language-en
(16) https://www.europarl.europa.eu/resources/library/media/ 20220509RES29121/20220509RES29121.pdf
(17) JO C 347 du 9.9.2022, p. 27.
(18) JO C 125 du 5.4.2023, p. 100.
(19) JO C 125 du 5.4.2023, p. 114.
(20) Service de recherche du Parlement européen, «Mécanisme visant à lever les obstacles juridiques et administratifs dans un contexte transfrontalier: Évaluation de la valeur ajoutée européenne», PE 740.233, 2023.
(21) Service de recherche du Parlement européen, 2023. «Mechanism to resolve legal and administrative obstacles in a cross-border context — European added value assessment», p. 48.
(22) Commission européenne, direction générale de la politique régionale et urbaine, 2020, «B-solutions: Solving border obstacles: a compendium of 43 cases: annex», Office des publications, https://data.europa.eu/doi/10.2776/36819.
(23) Rapport final de la conférence sur l’avenir de l’Europe. Proposition 12, mesure 15, p. 56.
ANNEXE À LA RÉSOLUTION:
RECOMMANDATIONS CONCERNANT LE CONTENU DE LA PROPOSITION DEMANDÉE
Proposition de
RÈGLEMENT DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL
relative à un instrument des régions frontalières au service du développement et de la croissance dans l’Union européenne
vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et notamment son article 175, troisième alinéa,
vu la demande du Parlement européen à la Commission européenne,
vu la proposition de la Commission européenne,
après transmission du projet d’acte législatif aux parlements nationaux,
vu l’avis du Comité économique et social européen,
vu l’avis du Comité des régions,
statuant conformément à la procédure législative ordinaire,
considérant ce qui suit:
| (1) | L’article 175, troisième alinéa, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne prévoit la possibilité d’arrêter des actions spécifiques en dehors des fonds visés au premier alinéa dudit article, pour réaliser l’objectif de cohésion économique, sociale et territoriale énoncé dans le traité. Le développement harmonieux de l’ensemble de l’Union et le renforcement de la cohésion économique, sociale et territoriale impliquent le renforcement de la coopération territoriale. À cette fin, il convient d’adopter les mesures nécessaires à l’amélioration des conditions dans lesquelles sont mises en œuvre les actions de coopération territoriale. |
| (2) | Les institutions, organes et organismes de l’Union, les États membres et les autorités régionales et locales devraient collaborer pour assurer la mise en œuvre et le suivi efficaces des actions de coopération territoriale, en vue d’améliorer la cohésion et l’intégration du territoire de l’Union. |
| (3) | L’article 174 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne reconnaît les difficultés auxquelles sont confrontées les régions frontalières et dispose que l’Union doit accorder une attention particulière à ces régions dans son action tendant au renforcement de sa cohésion économique, sociale et territoriale. |
| (4) | Dans sa communication du 20 septembre 2017 intitulée «Renforcer la croissance et la cohésion des régions frontalières de l’Union européenne» (ci-après la «communication sur les régions frontalières»), la Commission rapporte que, ces dernières décennies, le processus d’intégration européenne a contribué à faire des régions frontalières, qui étaient des zones essentiellement périphériques, des zones de croissance et d’ouvertures. L’achèvement du marché unique en 1992 a stimulé la productivité de l’Union et réduit les coûts grâce à la suppression des formalités douanières, à l’harmonisation ou à la reconnaissance mutuelle des prescriptions techniques et au développement de la concurrence. |
| (5) | La Commission a par ailleurs souligné que de nombreux obstacles juridiques subsistent dans les régions frontalières, notamment ceux liés aux services de santé, à la réglementation du travail, à la protection de l’environnement, à la fiscalité, au développement des entreprises, ainsi que les obstacles liés aux différences entre les cultures administratives et entre les cadres juridiques nationaux. Ni le financement de la coopération territoriale européenne ni le soutien institutionnel à la coopération apporté par les groupements européens de coopération territoriale (GECT) ne suffisent à eux seuls pour remédier à ces entraves qui constituent de réels obstacles à une coopération efficace. |
| (6) | Le rapport de la Commission du 21 juillet 2021 intitulé «Les régions frontalières de l’UE: des laboratoires vivants de l’intégration européenne» indique que l’apparition de la pandémie de COVID-19 au cours du premier trimestre de 2020 a encore accentué cette tendance, en raison des fermetures de frontières imposées par les États membres pour contenir la propagation du virus. Dans son rapport de janvier 2021 intitulé «The effects of COVID-19 induced border closures on cross-border regions» (Effets des fermetures de frontières en raison de la pandémie de COVID-19 sur les régions transfrontalières), la Commission a constaté que les contrôles sanitaires imposés aux frontières limitaient fortement la mobilité des travailleurs transfrontaliers, ainsi que les activités économiques dépendant de clients transfrontaliers et compliquaient outre mesure l’accès à la sécurité sociale pour les travailleurs transfrontaliers qui devaient recourir au travail à distance. L’impossibilité d’accéder aux établissements de soins et aux établissements scolaires situés de l’autre côté d’une frontière a eu de graves répercussions sur la santé et la sécurité d’un nombre considérable de citoyens. |
| (7) | Depuis 1990, les programmes relevant de l’objectif «Coopération territoriale européenne», communément appelé «Interreg» (1) soutiennent des projets de coopération transfrontalière le long des régions frontalières de l’Union. Ils ont permis de financer des milliers de projets et d’initiatives qui ont contribué à améliorer l’intégration européenne et ont véritablement fait la différence dans les régions frontalières, en contribuant à leur transformation. Les programmes Interreg ont permis d’obtenir les principaux résultats suivants: une confiance accrue entre les régions frontalières, une meilleure connectivité, des améliorations sur les plans des normes environnementales et de la santé, et un accroissement de la prospérité des citoyens. |
| (8) | Interreg a également soutenu la coopération au niveau de certaines frontières maritimes. Toutefois, les obstacles juridiques ne posent pas autant de problèmes dans les régions frontalières maritimes en raison de l’impossibilité physique de franchir les frontières concernées quotidiennement ou plusieurs fois par semaine pour se rendre au travail, suivre un enseignement ou une formation, faire des achats, utiliser des installations et des services d’intérêt économique général ou pour des interventions rapides en cas d’urgence. |
| (9) | Les stratégies macrorégionales jouent un rôle important pour relever les défis communs qui se posent aux macrorégions. Il s’agit de plateformes de mise en réseau stratégique qui transcendent les frontières, les secteurs et les niveaux de gouvernance pour faciliter la coordination de politiques et d’actions communes dans la macrorégion concernée. Les macrorégions étant des espaces étroitement liés et présentant des besoins communs, l’élimination des obstacles pourrait y renforcer la coopération et rendre les régions plus fortes, plus résilientes et plus attrayantes pour les habitants. |
| (10) | Dans son rapport de mars 2017 sur l’étude «Alléger les obstacles juridiques et administratifs dans les régions frontalières de l’UE», la Commission a examiné un total de 239 obstacles. Les deux tiers de ces obstacles concernent l’ensemble des frontières terrestres et près de 60 % d’entre eux influent très négativement sur l’intégration transfrontalière, ce qui se traduit par des conséquences concrètes aux niveaux des possibilités offertes sur le marché du travail et des droits sociaux des citoyens. |
| (11) | Dans le cadre de sa consultation publique de 2020 sur les moyens de surmonter les obstacles transfrontaliers, qui faisait suite au «réexamen de la politique transfrontalière» réalisé en 2015 par la DG REGIO, la Commission a constaté que, si 45 % des personnes interrogées perçoivent une frontière comme une possibilité, plus d’un tiers d’entre elles la voient avant tout comme un obstacle. |
| (12) | En analysant les données recueillies entre 2014 et 2019 aux fins de l’étude correspondante portant sur l’évaluation de la valeur ajoutée européenne (EVAE), le service de recherche du Parlement européen a montré que l’élimination des obstacles serait très bénéfique pour les régions frontalières de niveau NUTS 3 et pour l’ensemble de l’économie de l’Union. Plus précisément, la valeur ajoutée brute (VAB) totale résultant de l’élimination complète des obstacles juridiques et administratifs serait d’environ 457 milliards d’euros, ce qui correspond à 3,8 % de la VAB totale de l’Union en 2019. L’élimination de 20 % des obstacles pour toutes les régions frontalières permettrait d’obtenir une VAB totale de 123 milliards d’euros, ce qui correspond à environ 1 % de la VAB totale de l’Union en 2019, et de créer un million d’emplois au total, soit environ 0,5 % du nombre total d’emplois au niveau de l’Union (2). |
| (13) | Parmi les autres avantages potentiels, il convient de citer les effets positifs sur les droits sociaux et l’élimination des inégalités en matière d’accès aux services publics pour les citoyens des régions frontalières, ce qui permettrait de retenir les talents ainsi que de mieux libérer le potentiel économique et social de ces régions. |
| (14) | Dans sa communication sur les régions frontalières, la Commission a évoqué, entre autres mesures, une initiative lancée en 2015. Un certain nombre d’États membres réfléchissent actuellement au bien-fondé d’un nouvel instrument destiné à simplifier les projets transfrontaliers en rendant possible, à titre volontaire et avec l’accord des autorités compétentes, l’octroi de dérogations temporaires à la législation existante ou l’adoption de solutions ad hoc. Cela s’appliquerait à un projet ou à une action spécifique d’une durée limitée, mis en œuvre dans une région frontalière à l’initiative des autorités locales ou régionales. |
| (15) | Même s’il existe déjà plusieurs traités, accords et instruments efficaces pour la coopération transfrontalière aux niveaux intergouvernemental, régional et local dans certaines régions de l’Union, toutes les régions frontalières de l’Union ne sont pas couvertes. En outre, les instruments de financement (principalement Interreg) et les instruments juridiques (essentiellement les GECT) mis en place jusqu’à présent au niveau de l’Union n’ont pas été suffisants pour lever les obstacles transfrontaliers dans l’ensemble de l’Union. Par conséquent, afin de compléter les systèmes existants, et de supprimer les obstacles procéduraux qui freinent le développement des espaces frontaliers, il est nécessaire de mettre en place un cadre de coordination volontaire établissant les dispositions générales et les modalités procédurales claires auxquelles les États membres puissent recourir pour remédier aux obstacles à la mise en œuvre d’un projet commun dans un contexte transfrontalier. Toute décision quant aux possibilités offertes et à la manière de traiter les obstacles potentiels devrait relever de la compétence des États membres concernés. |
| (16) | Les obstacles juridiques concernent principalement les personnes qui franchissent quotidiennement ou hebdomadairement des frontières terrestres pour diverses raisons, comme les travailleurs transfrontaliers. Afin de concentrer les effets du présent règlement sur les régions qui sont situées le plus près de la frontière et où le degré d’intégration et d’interaction entre États membres voisins est le plus élevé, le présent règlement devrait s’appliquer aux régions transfrontalières, au sens de territoire composé de régions frontalières terrestres ou maritimes voisines d’au moins deux États membres, aux niveaux NUTS 2 et 3. |
| (17) | Afin de coordonner les tâches des différentes autorités (parmi lesquelles figureront, dans certains États membres, les organes législatifs nationaux et régionaux) au sein d’un État membre donné et entre celles d’un ou de plusieurs État(s) membre(s) voisin(s), chaque État membre devrait être tenu de mettre en place ou de désigner un point de coordination transfrontalière, soit au niveau des États membres, soit sous la forme d’un organisme distinct, soit au sein d’une autorité ou d’un organisme existant(e), voire en confiant cette tâche à une autorité ou à un organisme approprié(e). Les tâches des points de coordination transfrontalière sont définies dans le présent règlement, en conformité avec les compétences nationales. |
| (18) | Lorsque deux États membres limitrophes conviennent de traiter conjointement un obstacle recensé dans un document d’initiative, une commission transfrontalière devrait être convoquée, composée de représentants des autorités nationales, régionales et locales désignées par les points de coordination transfrontalière des États membres concernés. Chaque commission transfrontalière devrait être un organisme temporaire, dont les tâches sont définies dans le présent règlement, et devrait se limiter à l’élaboration d’une solution ad hoc pour l’élimination d’un obstacle transfrontalier. |
| (19) | Le présent règlement établit la procédure à suivre pour un document d’initiative, en définissant notamment qui peut en être l’initiateur, la procédure d’élaboration et de présentation du document d’initiative, le contenu de ce document, ainsi que les modalités pour son analyse préliminaire et son suivi. Les collectivités locales ou régionales, les organisations de la société civile, les initiatives citoyennes ou autres organismes, dotés ou non de la personnalité juridique, peuvent être des initiateurs, à condition qu’ils soient chargés du lancement, ou du lancement et de l’exécution, d’un projet commun. Le présent règlement devrait établir une liste complète des entités qui peuvent jouer le rôle d’initiateurs. |
| (20) | Le point de coordination transfrontalière qui reçoit un document d’initiative est appelé «point de coordination transfrontalière de premier contact». La procédure définit également les modalités de réaction d’un État membre limitrophe en cas de demande de création d’une commission transfrontalière. |
| (21) | À la suite de la réception d’un document d’initiative, il conviendrait que le point de coordination transfrontalière de premier contact établisse des liens avec toutes les autorités nationales, régionales et locales compétentes dans son État membre et avec le point de coordination transfrontalière dans le ou les États membres limitrophes concernés. Le point de coordination transfrontalière de premier contact devrait fournir à l’initiateur une évaluation préliminaire quant à la conformité du document d’initiative avec les exigences énoncées dans le présent règlement et quant à l’existence de l’obstacle. Cette évaluation préliminaire devrait être rendue publique sur demande. Le point de coordination transfrontalière de premier contact devrait alors pouvoir décider si une procédure conduisant à l’adoption d’une solution ad hoc doit être lancée, si une solution doit être trouvée au niveau national, ou s’il considère que l’élimination d’un ou de plusieurs obstacle(s) entravant la mise en œuvre d’un projet commun relève des accords internationaux existants. L’État membre devrait pouvoir décider de ne pas traiter les obstacles. Toute décision reste à la discrétion des États membres concernés et devrait être dûment justifiée et communiquée en temps utile à toutes les parties prenantes concernées, et être rendue publique sur demande. |
| (22) | Le présent règlement établit la procédure à suivre lorsque deux points de coordination transfrontalière ou davantage conviennent de confier l’élaboration d’une solution ad hoc à une commission transfrontalière, notamment en ce qui concerne le contenu du projet de solution ad hoc et la communication de ce projet aux États membres concernés. |
| (23) | Le règlement établit également la procédure à suivre pour l’adoption de la solution ad hoc après examen et approbation de cette solution par les autorités compétentes des États membres concernés. |
| (24) | Le règlement définit les règles relatives à la mise en œuvre de la solution ad hoc, à son suivi et à l’évaluation de son application. |
| (25) | Les conditions de la coopération territoriale devraient être créées conformément au principe de subsidiarité consacré à l’article 5, paragraphe 3, du traité sur l’Union européenne et au principe de proportionnalité énoncé à l’article 5, paragraphe 4, du même traité, selon lequel le contenu et la forme de l’action de l’Union n’excèdent pas ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs des traités. Par conséquent, l’adoption du présent règlement ne devrait pas porter atteinte à l’application des éventuels traités ou accords bilatéraux ou plurilatéraux, existants ou futurs, conclus par les États membres en vertu du droit international, |
ONT ADOPTÉ LE PRÉSENT RÈGLEMENT:
CHAPITRE I
Dispositions générales
Article premier
Objet
1. Le présent règlement établit un cadre de coordination qui fixe les dispositions générales et les modalités procédurales permettant aux États membres de remédier à un obstacle qui entrave la planification, l’élaboration, la dotation en personnel, le financement ou le fonctionnement d’un projet commun dans un contexte transfrontalier en coopération avec leurs autorités locales et régionales compétentes.
2. Les États membres évaluent au cas par cas et sur une base volontaire s’il y a lieu d’enclencher les dispositions procédurales prévues au chapitre II pour remédier à un obstacle visé au paragraphe 1 du présent article.
3. Le présent règlement établit:
| a) | l’organisation et les tâches des points de coordination transfrontalière dans les États membres, |
| b) | la composition et les tâches des commissions transfrontalières, |
| c) | le rôle de la Commission en matière de coordination. |
4. Le présent règlement est sans préjudice de l’application des éventuels traités bilatéraux ou plurilatéraux, existants ou futurs, conclus par les États membres en vertu du droit international, ni des prérogatives et des tâches des organes institués par ces traités.
Article 2
Champ d’application
Le présent règlement s’applique aux projets communs dans un contexte transfrontalier, tels que définis à l’article 3, point 2).
Article 3
Définitions
Aux fins du présent règlement, on entend par:
| 1) | «région transfrontalière», le territoire couvert par des régions de niveau NUTS 2 ou 3 partageant une frontière terrestre ou maritime dans deux États membres ou plus; |
| 2) | «projet commun», tout élément d’infrastructure ayant des retombées dans une région transfrontalière donnée ou tout service d’intérêt économique général fourni dans une région transfrontalière donnée, indépendamment du fait que ces retombées se concrétisent de part et d’autre ou d’un seul côté de la frontière; |
| 3) | «obstacle», toute disposition juridique ou administrative touchant à la planification, à l’élaboration, au financement, à la dotation en personnel ou au fonctionnement d’un projet commun qui entrave le potentiel inhérent d’une région frontalière dans ses interactions transfrontalières; |
| 4) | «initiateur», l’acteur qui constate un ou plusieurs obstacles et enclenche le cadre de coordination par l’envoi d’un document d’initiative; |
| 5) | «document d’initiative», le document élaboré par un ou plusieurs initiateurs pour enclencher l’instrument; |
| 6) | «zone d’application», la zone territoriale d’un ou de plusieurs État(s) membre(s) dans laquelle s’applique une solution ad hoc, dans la limite de ce qui est strictement nécessaire à la mise en œuvre du projet commun; |
| 7) | «autorité compétente», l’autorité désignée par chaque État membre pour effectuer des tâches spécifiques liées à la mise en œuvre du présent règlement. |
Article 4
Points de coordination transfrontalière
1. Chaque État membre, dans le plein respect de son cadre législatif et constitutionnel, établit ou désigne un point de coordination transfrontalière selon l’un des modes opératoires suivants:
| a) | en désignant, au niveau des États membres, un point de coordination transfrontalière sous la forme d’un organisme distinct; |
| b) | en créant un point de coordination transfrontalière au sein d’une autorité ou d’un organisme existant; ou |
| c) | en confiant à une autorité ou à un organisme approprié(e) les tâches supplémentaires d’un point de coordination transfrontalière national. |
2. Les États membres informent la Commission de l’identité du point de coordination transfrontalière dans un délai de trois mois à compter de la date d’entrée en vigueur du présent règlement.
3. Les États membres veillent à ce que l’autorité ou l’organisme établi en tant que point de coordination transfrontalière ou assumant les tâches supplémentaires de point de coordination transfrontalière bénéficie du renforcement des capacités et du soutien nécessaires pour mener à bien les tâches visées à l’article 5.
Article 5
Tâches des points de coordination transfrontalière
1. Chaque point de coordination transfrontalière s’acquitte des tâches et des procédures établies au chapitre I, et en particulier:
| a) | effectue une analyse préliminaire de tous les documents d’initiative reçus, assure la liaison avec l’initiateur et garantit la transparence et l’accès à la documentation; |
| b) | coordonne l’élaboration, l’adoption et la mise en œuvre de toutes les solutions ad hoc concernant le territoire de l’État membre dont il relève; |
| c) | maintient des contacts avec les points de coordination transfrontalière dans le ou les États membres limitrophes; |
| d) | maintient des contacts avec la Commission et l’aide à tenir à jour sa base de données, conformément à l’article 7, paragraphe 1, point e); |
| e) | recense les autorités nationales, régionales et locales qui seront chargées d’élaborer une solution ad hoc dans le cadre d’une commission transfrontalière, dans les cas où les États membres concernés décideront conjointement d’enclencher les procédures prévues à l’article 11, paragraphe 1, point d), et à l’article 12, et établit des liens avec ces autorités; |
| f) | veille, en cas de demande, à ce que les citoyens et les parties prenantes concernées soient informés de toute décision prise en vertu du présent règlement. |
2. Chaque État membre peut décider de confier au point de coordination transfrontalière les tâches supplémentaires suivantes:
| a) | contrôler la mise en œuvre de toutes les solutions ad hoc concernant le territoire de l’État membre dont il relève; |
| b) | informer l’autorité compétente de l’État membre dont il relève de son obligation de respecter les délais impartis dans une solution ad hoc donnée, ainsi que de tout dépassement des délais impartis dans ladite solution ad hoc; |
| c) | tenir l’initiateur informé des suites données au document d’initiative lors de l’enclenchement des procédures visées à l’article 11, paragraphe 1, point a). |
Article 6
Tâches et composition des commissions transfrontalières
1. Les États membres décident d’un commun accord, après consultation de leurs autorités locales et régionales compétentes, et sur la base d’une évaluation au cas par cas conformément à l’article 11, paragraphe 1, point d), et à l’article 12, de créer une commission transfrontalière chargée d’élaborer une solution ad hoc pour remédier à un ou à plusieurs obstacles recensés dans un document d’initiative.
2. Le projet de solution ad hoc prévoit des dispositions juridiques ou administratives visant à remédier uniquement à l’obstacle exposé dans un document d’initiative. L’adoption et la mise en œuvre de la solution ad hoc sont confiées aux autorités compétentes des États membres concernés, dans le respect total de leur cadre législatif et constitutionnel.
3. Les commissions transfrontalières sont composées de représentants des autorités nationales, régionales ou locales désignés par les points de coordination transfrontalière des États membres concernés. Les points de coordination transfrontalière veillent à la participation des autorités régionales et locales à la commission transfrontalière lorsque l’élimination de l’obstacle relève de leurs compétences.
Article 7
Rôle de coordination de la Commission
1. La Commission assure les tâches de coordination suivantes:
| a) | elle maintient des contacts avec les points de coordination transfrontalière; |
| b) | fournir, sur demande, des informations pratiques et une interprétation au regard du champ d’application et de l’axe thématique du présent règlement; |
| c) | elle fournit, sur demande, une assistance technique à la commission transfrontalière dans le cadre du processus d’élaboration d’une solution ad hoc; |
| d) | elle encourage l’échange de pratiques exemplaires; |
| e) | elle crée, publie et tient à jour une base de données publique de tous les points de coordination transfrontalière, ainsi que de leurs coordonnées, et de toutes les solutions ad hoc. |
CHAPITRE II
Moyens à disposition des États membres pour remédier aux obstacles transfrontaliers
Article 8
Élaboration et soumission du document d’initiative
1. L’initiateur constate un obstacle touchant à la planification, à l’élaboration, à la dotation en personnel, au financement ou au fonctionnement d’un projet commun.
2. L’initiateur est (seul ou conjointement) l’une des entités suivantes:
| a) | l’organisme public ou privé chargé du lancement, ou du lancement et de l’exécution, d’un projet commun; |
| b) | une ou plusieurs autorités locales ou régionales dans une région transfrontalière donnée; |
| c) | un organisme avec ou sans personnalité juridique favorisant la coopération transfrontalière, situé dans une région transfrontalière ou couvrant au moins partiellement cette région, comme les groupements européens de coopération territoriale prévus par le règlement (CE) no 1082/2006 du Parlement européen et du Conseil (3), les eurorégions (euregio) et les organismes similaires; |
| d) | une organisation représentant des régions transfrontalières dans le but de soutenir les intérêts des territoires transfrontaliers et de faciliter la mise en réseau des acteurs et le partage de leurs expériences, comme l’Association des régions frontalières européennes, la Mission opérationnelle transfrontalière ou le Service d’Europe centrale pour les initiatives transfrontalières (Central European Service for Cross-border Initiatives, ou CESCI). |
3. L’initiateur prépare un document d’initiative élaboré conformément à l’article 9, en tenant compte, lorsque le droit applicable l’autorise, des demandes des personnes ou entités concernées par le projet commun.
4. L’initiateur envoie ce document d’initiative au point de coordination transfrontalière de l’État membre dont il relève et en transmet une copie au point de coordination transfrontalière de l’État membre ou des États membres limitrophe(s) concerné(s). Dans les cas visés à l’article 8, paragraphe 2, points c) et d), l’initiateur est libre de décider à quel point de coordination transfrontalière des États membres concernés il doit transmettre le document d’initiative.
Article 9
Contenu du document d’initiative
1. Le document d’initiative visé à l’article 8 comporte au moins les éléments suivants:
| a) | une description du projet commun et de son contexte, comprenant le plan du projet, le calendrier du projet et les risques liés au projet, avec indication des effets des obstacles; |
| b) | une description des obstacles présumés à la mise en œuvre du projet commun; |
| c) | dans la mesure du possible et le cas échéant, une évaluation préliminaire de la manière dont les obstacles transfrontaliers pourraient être surmontés au moyen d’une solution ad hoc; |
| d) | une liste des dispositions législatives et administratives qui devraient être prises en compte pour la solution ad hoc envisagée; |
| e) | une date prévisionnelle d’adoption de la solution ad hoc afin que le projet reste viable; |
| f) | la durée envisagée de la solution ad hoc; |
| g) | une justification de la zone d’application de la solution ad hoc. |
2. La «zone d’application» de la solution ad hoc se limite à ce qui est strictement nécessaire pour une mise en œuvre efficace du projet commun.
Article 10
Analyse préliminaire du document d’initiative par le point de coordination transfrontalière de premier contact
1. Le point de coordination transfrontalière saisi d’un document d’initiative («point de coordination transfrontalière de premier contact») procède à une analyse préliminaire. Il établit des liens avec les autorités nationales, régionales ou locales compétentes, ainsi qu’avec le point de coordination transfrontalière de l’État membre limitrophe concerné.
2. Dans un délai d’un mois à compter de la réception d’un document d’initiative, le point de coordination transfrontalière de l’État membre limitrophe concerné adresse une première analyse au point de coordination transfrontalier de premier contact.
3. À la suite de la réception du document d’initiative, le point de coordination transfrontalière de premier contact envoie à l’initiateur une réponse écrite dans laquelle il accomplit une ou plusieurs des actions suivantes:
| a) | dans les cas où le document d’initiative a été établi conformément à l’article 9, informer l’initiateur de sa recevabilité et, partant, de l’existence d’un obstacle, dans un délai d’un mois; |
| b) | demander dans un délai d’un mois, s’il y a lieu, la production d’une version modifiée du document d’initiative ou d’informations spécifiques complémentaires en précisant les raisons pour lesquelles le document d’initiative n’est pas jugé suffisant en l’état; dès réception d’un document d’initiative modifié, le point de coordination transfrontalière de premier contact prend l’une des mesures suivantes:
|
| c) | informer l’initiateur dans un délai de trois mois que, selon son évaluation, il n’existe aucun obstacle et lui indiquer par écrit les raisons de sa décision, les voies de recours disponibles au niveau national pour la contester et, le cas échéant, des recommandations quant à la marche à suivre; |
| d) | lorsque la mise en œuvre d’un projet transfrontalier est entravée par des actes juridiques ou administratifs au niveau régional ou local, en informer l’initiateur et prendre l’une des mesures suivantes:
|
4. les décisions prises en application du paragraphe 3 du présent article sont incluses dans les registres à mettre à la disposition du public sur demande.
Article 11
Suite donnée à l’analyse préliminaire du document d’initiative
1. À la suite de la réception d’un document d’initiative conforme aux exigences énoncées à l’article 9 et de la notification de son analyse préliminaire positive conformément à l’article 10, paragraphe 3, points a) et b), le point de coordination transfrontalier de premier contact, dans un délai de trois mois à compter de cette réception, accomplit l’une des actions suivantes:
| a) | informer l’initiateur qu’il considère que l’élimination d’un ou de plusieurs obstacles entravant la mise en œuvre du projet commun relève des accords internationaux existants visés à l’article premier, paragraphe 2, et qu’il lui recommande de soumettre son document d’initiative aux organes compétents correspondants; |
| b) | informer l’initiateur qu’il considère que l’élimination d’un ou de plusieurs obstacles entravant la mise en œuvre du projet commun pourrait être réalisée plus efficacement au moyen de mesures non contraignantes, telles que:
|
| c) | informer l’initiateur que la mise en œuvre du projet est entravée par un obstacle de nature administrative, c’est-à-dire qui peut être levé sans procédure législative, comme des dispositions, des règles ou des pratiques clairement distinctes d’une disposition adoptée dans le cadre d’une procédure législative, et prendre l’une des mesures suivantes:
|
| d) | s’engager auprès de l’initiateur à éliminer l’obstacle en enclenchant les procédures permettant d’élaborer une solution ad hoc avec les autorités compétentes de l’État membre limitrophe concerné par la mise en place d’une commission transfrontalière; le point de coordination transfrontalière de premier contact en informe par écrit le point de coordination transfrontalière des États membres limitrophes en dressant la liste des autorités nationales, régionales et locales de l’État membre de premier contact qui participeraient à l’élaboration de la solution ad hoc; |
| e) | informer l’initiateur que la mise en œuvre du projet est entravée par un obstacle de nature juridique, qui peut donc uniquement être levé au moyen d’une procédure législative, et soit:
|
2. Dans des cas dûment justifiés, le point de coordination transfrontalière de premier contact peut prolonger une fois le délai visé au paragraphe 1, point c), pour une durée maximale de trois mois, et en informe alors l’initiateur et l’État membre limitrophe concerné en exposant par écrit les raisons de cette prolongation.
3. Les États membres informent la Commission de toute décision prise au titre du présent article par le point de coordination transfrontalière de premier contact et incluent ces décisions dans les registres à mettre à la disposition du public sur demande.
Article 12
Réaction de l’État membre limitrophe concerné à la demande de création d’une commission transfrontalière
1. Dès la notification au point de coordination transfrontalière de premier contact de sa demande d’élaboration d’une solution ad hoc dans le cadre d’une commission transfrontalière conformément à l’article 11, paragraphe 1, point d), le point de coordination transfrontalière de l’État membre limitrophe concerné décide d’engager ou non les procédures visées à l’article 13 dans un délai d’un mois à compter de cette notification et communique sa décision par écrit au point de coordination transfrontalière de premier contact. Si le point de coordination transfrontalière de l’État membre limitrophe concerné décide de suivre les procédures visées à l’article 13, il dresse la liste des autorités nationales, régionales et locales qui participeront à l’élaboration de la solution ad hoc.
2. Lorsque le point de coordination transfrontalière de l’État membre limitrophe concerné communique sa décision de ne pas engager les procédures visées à l’article 13, il motive sa décision par écrit. Le point de coordination transfrontalière de l’État membre de premier contact informe l’initiateur du fait qu’un ou plusieurs des États membres concernés ont décidé de ne pas lever les obstacles recensés par l’initiateur.
Article 13
Contenu du projet de solution ad hoc
1. Le projet de solution ad hoc visé à l’article 6, paragraphe 2, comporte au moins les éléments suivants:
| a) | la description du projet commun et de son contexte, ainsi que de l’obstacle ou des obstacles entravant sa mise en œuvre, et les raisons déterminantes pour lever un ou plusieurs de ces obstacles; |
| b) | la mention de la ou des dispositions juridiques spécifiques constituant un ou plusieurs obstacles au projet commun; |
| c) | la présentation de la solution ad hoc proposée, y compris toutes les mesures nécessaires devant être prises par les autorités compétentes des États membres concernés; |
| d) | l’indication de la zone d’application de la solution ad hoc; |
| e) | l’indication de la durée d’application de la solution ad hoc et la justification de cette durée; |
| f) | la mention de la ou des autorités du ou des États membres compétents pour prendre toutes les mesures nécessaires à la mise en œuvre et au suivi de la solution ad hoc; |
| g) | l’indication de la date d’entrée en vigueur de la solution ad hoc convenue par les autorités compétentes. |
Article 14
Transmission du projet de solution ad hoc
1. Une fois que le projet de solution ad hoc visé à l’article 6, paragraphe 2, a été approuvé par la commission transfrontalière, les points de coordination transfrontalière des États membres concernés transmettent ce projet dans un délai d’un mois aux autorités compétentes des États membres concernés.
2. Le point de coordination transfrontalière de premier contact en envoie une copie à l’initiateur pour information, ainsi qu’aux autorités locales et régionales concernées lorsqu’elles n’ont pas participé au comité transfrontalier.
Article 15
Adoption et mise en œuvre de la solution ad hoc
1. Les autorités compétentes des États membres concernés examinent le projet de solution ad hoc reçu conformément à l’article 14 et, dans un délai de trois mois au maximum à compter de la réception du projet, prennent l’une des mesures suivantes:
| a) | elles approuvent le projet de solution ad hoc, puis élaborent et adoptent toutes les mesures nécessaires à sa mise en œuvre, accompagnées d’un calendrier; |
| b) | elles décident de ne pas approuver le projet de solution ad hoc et élaborent un document détaillé exposant les raisons de cette décision. |
2. Les autorités compétentes transmettent une copie de leur décision aux points de coordination transfrontalière des États membres concernés, ainsi qu’à l’initiateur.
3. Lorsque la mise en œuvre de la solution ad hoc est achevée et qu’il a été satisfait à toutes les exigences requises au titre du paragraphe 1, les points de coordination transfrontalière en informent par écrit l’initiateur, les autorités compétentes des États membres concernés et la Commission.
CHAPITRE III
Dispositions finales
Article 16
Évaluation
Dans les deux ans suivant l’entrée en vigueur du présent règlement, la Commission transmet au Parlement européen, au Conseil et au Comité des régions un rapport sur l’application du présent règlement dans lequel elle évalue, sur la base d’indicateurs, son efficacité, son efficience, sa pertinence, sa valeur ajoutée européenne et les possibilités de le simplifier. Dans ce rapport, la Commission évalue, entre autres, l’extension du champ d’application du présent règlement aux régions transfrontalières situées aux frontières maritimes ou dans les régions transfrontalières entre un ou plusieurs États membres et un ou plusieurs pays tiers.
Article 17
Entrée en vigueur et application
Le présent règlement entre en vigueur le vingtième jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.
Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre.
Fait à…, le
Pour le Parlement européen
La présidente
Pour le Conseil
Le président
(1) Cinq périodes de programmation d’Interreg se sont succédé: INTERREG I (1990-1993), INTERREG II (1994-1999), INTERREG III (2000-2006), INTERREG IV (2007-2013) et INTERREG V (2014-2020).
(2) Service de recherche du Parlement européen, «Mechanism to resolve legal and administrative obstacles in a cross-border context: European added value assessment», PE 740.233, mai 2023.
(3) Règlement (CE) no 1082/2006 du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2006 relatif à un groupement européen de coopération territoriale (GECT) (JO L 210 du 31.7.2006, p. 19).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/1766/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
Documents similaires
Initiative législative — 52023IE0430
14/12/2023
Initiative législative — 52023IE0848
14/12/2023
Initiative législative — 52023IE1864
14/12/2023
Initiative législative — 52023IE1906
14/12/2023