COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 20.11.2023
JOIN(2023) 36 final
RAPPORT CONJOINT AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
Rapport conjoint à mi-parcours relatif à la mise en œuvre du plan d’action de l’UE sur l’égalité entre les hommes et les femmes (GAP III)
RAPPORT CONJOINT À MI-PARCOURS RELATIF À LA MISE EN ŒUVRE DU
PLAN D’ACTION DE L’UE SUR L’ÉGALITÉ ENTRE LES HOMMES ET LES FEMMES (GAP III)
1.Une vision du progrès
Trois ans après le lancement du plan d’action III de l’UE sur l’égalité entre les hommes et les femmes (GAP III) pour la période 2021-2025, le rapport conjoint à mi-parcours met en évidence les principales réalisations et les principaux engagements de ce cadre d’action ambitieux en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes et des filles dans le monde entier.
Principales réalisations
L’évaluation indépendante à mi-parcours et les consultations avec les États membres de l’UE, les agences des Nations unies et les partenaires de la société civile confirment le rôle central que joue le GAP III pour faire de l’égalité entre les hommes et les femmes une priorité stratégique dans les actions extérieures de l’UE. Le plan a encouragé des approches plus globales, déterminées et transformatrices.
Le GAP III vise une approche plus intégrée et respecte les engagements internationaux, tels que les objectifs de développement durable (ODD). Il a donc contribué à une vision plus stratégique de l’UE et à des efforts accrus pour inclure une perspective d’égalité entre les hommes et les femmes dans l’ensemble de l’action extérieure de l’UE, en étroite coopération avec les États membres. Il a également encouragé les responsables politiques à placer les droits de l’homme et l’autonomisation des femmes et des filles au premier rang des priorités politiques, y compris dans les dialogues sur la sécurité et les droits de l’homme.
Le GAP III a servi de plateforme de dialogue essentielle dans un contexte mondial difficile. Au niveau multilatéral, l’UE et ses États membres ont activement défendu des résolutions et collaboré avec les Nations unies pour lutter contre la violence à l’égard des femmes, contribuer à la commission de la condition de la femme des Nations unies et promouvoir la perspective de genre dans la prise de décision dans les domaines du climat et du numérique.
Sur la base du GAP III, l’UE et ses États membres ont soutenu les pays partenaires dans leurs efforts pour parvenir à l’égalité entre les hommes et les femmes. Ils ont ainsi contribué à renforcer la protection contre la violence de genre et les pratiques préjudiciables, à promouvoir la participation des femmes et des filles à la vie publique et politique et à améliorer l’accès des femmes et des filles à une éducation de qualité, à la santé et à la protection sociale.
Le GAP III applique une approche axée sur les politiques et spécifique au contexte, intégrant des profils par pays tenant compte de la dimension de genre, qui a donné lieu à 131 plans de mise en œuvre au niveau national. Parmi ses principales réalisations, le GAP III a considérablement amélioré l’alignement entre les politiques et la programmation, ce qui s’est traduit par une augmentation des actions et des financements en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes et de l’autonomisation des femmes et des filles. Il a joué un rôle central dans l’intégration d’une perspective de genre dans la stratégie «Global Gateway», qui vise à garantir que les avantages des investissements sont accessibles de manière juste et équitable, ainsi que dans le cadre des initiatives «Équipe Europe». L’intégration du programme en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité en tant que priorité thématique du GAP III a élargi l’approche d’égalité entre les hommes et les femmes dans l’action extérieure.
Ces efforts ont permis aux actions extérieures de l’UE de tenir davantage compte de la dimension de genre, mais l’égalité entre les hommes et les femmes et les ODD connexes sont confrontés à de multiples défis, tels que la pandémie de COVID-19, les conflits, le changement climatique, les risques associés aux technologies émergentes et de rupture et les menaces hybrides, ainsi qu’un recul des droits des femmes et des filles dans diverses régions du monde.
La voie à suivre
Sur la base de cette plateforme solide, l’UE intensifiera davantage ses efforts pour remettre sur les rails la réalisation des ODD, en particulier l’ODD 5 «Parvenir à l’égalité entre les femmes et les hommes et autonomiser toutes les femmes et les filles», en renforçant l’intégration de la dimension de genre dans ses partenariats internationaux, en allouant des ressources adéquates et en renforçant les approches transformatrices en matière de genre. L’UE travaillera dans un esprit «Équipe Europe» et en partenariat avec les acteurs locaux, en favorisant le dialogue stratégique avec les organisations de défense des droits des femmes. La coopération stratégique entre toutes les institutions de l’UE, les États membres, les partenaires internationaux, les gouvernements, la société civile et le secteur privé constitue la pierre angulaire d’un engagement renouvelé de l’UE en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes.
Dans le cadre de la mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), les efforts de l’UE en matière d’intégration de la dimension de genre et les premières mesures prises pour introduire un leadership sensible au genre (par exemple au moyen de formations et de mesures connexes en matière d’obligation de rendre des comptes) doivent être poursuivis et même élargis. Cette démarche permettra de combler les lacunes structurelles et politiques dans la mise en œuvre de la PESC, notamment par des dialogues plus réguliers, stratégiques et inclusifs avec les organisations de défense des droits des femmes et les organisations de la société civile, y compris dans les communautés marginalisées.
Afin de maximiser l’influence de l’UE en tant que promoteur mondial de l’égalité entre les hommes et les femmes et de l’autonomisation des femmes dans les années à venir, et de libérer tout son potentiel en assumant un leadership sensible au genre, l’UE réitère son engagement en faveur du GAP III en tant que feuille de route politique et opérationnelle pour relever les défis croissants et faire progresser la paix, la sécurité et le développement durable.
Dans ce contexte, et afin de faciliter la mise en œuvre des initiatives récemment lancées et de renforcer encore les processus internes de changement, l’UE prolongera la période de mise en œuvre jusqu’en 2027, alignant ainsi la durée du GAP III sur le cadre financier pluriannuel 2021-2027.
2.Renforcer l’engagement stratégique de l’UE
2.1. Cohérence et coordination au niveau national
Les plans de mise en œuvre au niveau national du GAP III ont été un instrument essentiel pour permettre aux délégations de l’UE d’œuvrer en faveur d’une approche «Équipe Europe» pour l’égalité entre les hommes et les femmes, notamment en créant davantage de cohérence, d’inclusion et d’efficacité dans le dialogue stratégique, la programmation et la communication publique dans les pays partenaires.
En 2022, l’égalité entre les hommes et les femmes figurait à l’ordre du jour du dialogue politique et des dialogues en matière de sécurité et/ou des droits de l’homme dans environ 100 pays partenaires. Dans 33 de ces pays, les dialogues ont porté exclusivement sur l’égalité entre les hommes et les femmes.
Les dialogues ont contribué à la mise en œuvre des engagements internationaux, à l’élaboration et à la mise en œuvre de stratégies et de plans nationaux en matière d’égalité entre les hommes et les femmes, à l’intégration de la dimension de genre dans les législations et politiques sectorielles et à la budgétisation sensible au genre. À titre d’exemple, on peut citer la loi sur l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes en Sierra Leone, la coalition multipartite pour le travail décent et la protection sociale des femmes dans l’agriculture en Tunisie et le plan d’action en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes pour le secteur de la justice au Viêt Nam.
L’égalité entre les hommes et les femmes a également occupé une place importante dans les dialogues stratégiques avec les pays candidats et les pays candidats potentiels, l’UE soutenant l’adoption et la mise en œuvre de la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), d’une législation complète fondée sur des données probantes, alignée sur l’acquis pertinent de l’UE, et d’autres normes internationales.
Les plans de mise en œuvre au niveau national ont joué un rôle déterminant dans l’intégration de l’égalité entre les hommes et les femmes dans la programmation des actions de l’UE dans toutes les régions, conformément aux objectifs du GAP III et de l’IVCDCI – Europe dans le monde. Toutefois, les plans de mise en œuvre au niveau national sont un outil de première génération et, comme indiqué dans l’évaluation à mi-parcours, ils sont de qualité et d’ambition variables. La mise en œuvre est également confrontée à des défis extérieurs, notamment des conflits, des restrictions accrues à la liberté d’expression, un recul des droits des femmes dans diverses régions du monde, un engagement mitigé/faible des autorités nationales et des lacunes en matière d’expertise concernant l’égalité entre les hommes et les femmes dans les délégations de l’UE.
Afin d’améliorer leur rôle crucial en tant que «lien entre la vision globale du GAP III, le contexte national en matière d’égalité entre les hommes et les femmes, les priorités recensées et les actions proposées»:
L’UE actualisera les plans de mise en œuvre au niveau national dans le cadre de l’examen à mi-parcours de la programmation pluriannuelle afin de renforcer l’approche «Équipe Europe», les partenariats locaux, l’intégration de la dimension de genre et la programmation ciblée sur l’égalité entre les hommes et les femmes. La mise en œuvre continuera de s’accompagner d’un dialogue régulier avec les États membres, les Nations unies et les autres donateurs concernés, le gouvernement et les partenaires de la société civile afin de suivre les progrès accomplis et d’améliorer l’analyse de genre et la collecte de données.
2.2. Engagement multinational et régional
L’UE a soutenu les cadres régionaux en matière d’égalité entre les hommes et les femmes, tels que la convention d’Istanbul, la stratégie de l’Union africaine pour l’égalité des sexes 2017-2027 et le plan d’action de Maputo 2016-2030 pour la mise en œuvre du cadre d’action continental en matière de santé et de droits sexuels et génésiques.
L’UE a également continué de placer l’égalité entre les hommes et les femmes, l’autonomisation des femmes et la mise en œuvre du programme concernant les femmes, la paix et la sécurité au cœur de ses partenariats régionaux, notamment avec le Conseil de l’Europe, l’Union africaine, la Ligue des États arabes, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), l’Organisation des États américains (OEA), l’Organisation pour la sécurité et la coopération (OSCE) et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).
Les initiatives «Équipe Europe» régionales, les projets phares «Global Gateway» et d’autres initiatives régionales abordent la dimension liée au genre des défis transfrontières et mondiaux, en complétant les interventions au niveau national, afin de promouvoir les capacités de santé publique, l’accès universel et équitable aux services de base, la santé et les droits sexuels et génésiques, l’autonomie économique des femmes dans les transitions écologique et numérique, la gestion des migrations sensible au genre, ainsi que la paix et la sécurité.
Le programme conjoint UE-Conseil de l’Europe «Partenariat pour la bonne gouvernance» soutient les pays du partenariat oriental dans la mise en œuvre de réformes nationales visant à faire progresser l’égalité, la non-discrimination et l’accès des femmes à la justice et à lutter contre la violence à l’égard des femmes, conformément aux normes européennes.
2.3. Renforcer le rôle de premier plan de l’UE au niveau multilatéral
L’UE a continué à jouer un rôle de premier plan pour mettre un terme à la violence de genre. Outre la codirection par la Commission européenne de la coalition d’action de Génération Égalité consacrée à la lutte contre la violence de genre, l’UE a travaillé au sein de la troisième commission de l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU) en octobre 2022 en vue d’une résolution ferme sur l’élimination de toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles, précisant les responsabilités de l’État en matière d’élimination de la violence à l’égard des femmes (y compris le féminicide) et rejetant toute dérogation fondée sur la tradition ou la coutume religieuse.
L’UE a également mis l’accent sur l’égalité entre les hommes et les femmes et les droits des femmes dans toutes ses activités au sein du Conseil de sécurité des Nations unies et d’autres organes des Nations unies. Dans le cadre de son engagement multilatéral, l’UE a continué de coopérer activement avec le système des Nations unies, y compris ONU Femmes, le programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), l’UNICEF et le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA).
L’UE a contribué activement aux 66e et 67e sessions de la commission de la condition de la femme, y compris à des conclusions ambitieuses et convenues sur l’égalité entre les hommes et les femmes dans le contexte, respectivement, du changement climatique, de l’environnement et de la réduction des risques de catastrophes, ainsi que de l’innovation et de l’évolution technologique à l’ère numérique.
L’UE a également noué un dialogue avec le G7 et le G20 en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes. Par exemple, l’UE a joué un rôle central au sein du groupe de travail du G7 sur l’égalité entre les hommes et les femmes en faveur de l’intégration de la dimension de genre dans tous les volets ministériels et de la conception d’un nouveau cadre de responsabilisation. Le premier résultat issu de ce cadre, un tableau de bord sur l’écart entre les hommes et les femmes, a été approuvé par les dirigeants du G7 en juillet 2022. La conférence ministérielle du G20 sur l’autonomisation des femmes, qui s’est tenue en 2022, a attiré l’attention sur des questions essentielles pour combler les écarts entre les hommes et les femmes dans l’économie mondiale de l’après COVID-19.
2.4. Mise en œuvre d’une approche intersectionnelle, fondée sur les droits de l’homme et transformatrice en matière de genre
Le GAP III engage l’UE à mettre en œuvre une approche transformatrice en matière de genre et l’intersectionnalité en tant que voies principales pour un changement à long terme, conformément à l’approche fondée sur les droits de l’homme.
L’évaluation à mi-parcours reconnaît les efforts déployés pour s’engager dans une action collective à long terme afin de mieux comprendre les causes profondes et contextuelles de la discrimination fondée sur le sexe et rechercher des moyens innovants pour apporter des changements positifs aux normes sociales, en partenariat avec les acteurs locaux.
Par exemple, le programme «EU 4 Gender Equality» et l’initiative Spotlight de l’UE et des Nations unies visant à éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles ont impliqué des hommes et des garçons ainsi que des dirigeants traditionnels et religieux dans la lutte contre la violence de genre. D’autres pratiques prometteuses ont été mises en œuvre au moyen de systèmes éducatifs sensibles au genre et en soutenant des approches transformatrices en matière de genre pour la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable. Un espace de partage des connaissances pour l’échange de bonnes pratiques sur une approche transformatrice en matière de genre a été mis en place en coopération avec les États membres.
Plusieurs rapports de suivi ont mis en évidence un large éventail de stratégies mettant en œuvre une approche transformatrice en matière de genre et l’intersectionnalité. L’évaluation à mi-parcours a mis en évidence quelques exemples prometteurs, par exemple une contribution à l’autonomisation et à l’inclusion des femmes et des filles roms en Serbie .
L’UE accorde une attention croissante à la situation des femmes porteuses de handicap dans les actions visant à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes: au cours de la période 2021-2022, 67 % de ces actions ont également bénéficié à des femmes porteuses de handicap.
L’UE encouragera les approches visant à transformer les relations de pouvoir inégales entre les hommes et les femmes, les obstacles systémiques et les structures préjudiciables qui les font perdurer. Elle collaborera également avec les États membres, la société civile et d’autres partenaires afin de mieux comprendre les causes structurelles des inégalités entre les hommes et les femmes et de trouver des solutions innovantes.
2.5. Nouer le dialogue de manière stratégique avec les organisations de défense des droits des femmes et les organisations de la société civile (OSC)
Le GAP III souligne le rôle central que jouent les organisations de défense des droits des femmes et les mouvements dans la lutte contre les facteurs structurels des inégalités entre les hommes et les femmes.
Au niveau national, 84 % des délégations de l’UE ont participé à des dialogues de la société civile sur l’égalité entre les hommes et les femmes en 2022 dans le cadre des feuilles de route de l’UE pour la société civile, des dialogues de l’UE sur les droits de l’homme et du groupe des partenaires pour le développement de l’égalité entre les hommes et les femmes. Certaines délégations de l’UE ont mis en place des mécanismes de dialogue structuré sur l’exécution des plans de mise en œuvre au niveau national. Aux Philippines, la délégation de l’UE collabore régulièrement avec les organisations de défense des droits des femmes par l’intermédiaire d’un comité de réflexion de la société civile.
Encadré 1: Le financement de l’UE en faveur des organisations et mouvements de défense des droits des femmes s’est élevé à 42,5 000 000 EUR en 2022 (soit une augmentation de 155 % par rapport à 2020). 1 610 000 000 EUR de fonds dont l’objectif important ou principal était l’égalité entre les hommes et les femmes ont été fournis sur le terrain par l’intermédiaire d’organisations de la société civile en tant que partenaires chargés de la mise en œuvre en 2022 (1 290 000 000 EUR en 2021).
Les programmes mondiaux pour les organisations de la société civile féminine, lancés en 2022-2023, sont l’Advocacy Coalition Building and Transformative Feminist Action (ACT), qui soutient les organisations de défense des droits des femmes luttant contre la violence de genre, l’accord-cadre de partenariat avec les organisations faîtières mondiales des organisations de défense des droits des femmes et le programme en faveur de la participation des femmes et des jeunes à la démocratie (WYDE).
Au niveau central, l’UE mène un dialogue annuel avec les organisations de défense des droits des femmes et les organisations de la société civile sur la mise en œuvre du GAP III dans le cadre du Forum politique pour le développement. En outre, l’ambassadrice de l’UE pour le genre et la diversité, ainsi que d’autres hauts fonctionnaires de l’UE ont régulièrement noué des contacts avec les organisations de défense des droits des femmes et les organisations de la société civile. Les délégations de l’UE ont participé activement à des activités conjointes de communication et de sensibilisation avec les organisations de défense des droits des femmes (par exemple, la conférence nationale des femmes en Sierra Leone et la conférence annuelle des femmes rurales au Pakistan) et ont joué un rôle de premier plan dans le soutien aux organisations de défense des droits des femmes et aux défenseurs des droits fondamentaux de la femme dans les situations de crise et de répression. En Afghanistan, la délégation de l’UE offre un espace sûr pour le dialogue entre les représentantes féminines de la société civile et la communauté internationale.
L’UE et les États membres ont également accru leur soutien financier aux organisations de défense des droits des femmes. Ce soutien comprend des régimes par pays et de petites subventions en faveur de programmes régionaux et mondiaux, ainsi que des alliances et des partenariats multipartites. L’UE participe à l’«Alliance pour les mouvements féministes», lancée avec le soutien du Canada, de l’Irlande, de la France et des Pays-Bas.
L’UE donnera suite aux recommandations des partenaires de la société civile en continuant de se concentrer sur son partenariat stratégique avec les organisations de défense des droits des femmes et les organisations de la société civile.
L’UE est résolue à encourager des dialogues plus réguliers, stratégiques et inclusifs avec la société civile, y compris avec les organisations de terrain, défendant les droits des filles et dirigées par des filles, qui sont des acteurs clés d’un changement transformateur. L’enquête annuelle sur le dialogue des délégations de l’UE avec les OSC fera le point sur les progrès réalisés en ce qui concerne les consultations visant à faire avancer l’égalité entre les hommes et les femmes.
2.6. Veiller à l’intégration de la dimension de genre dans l’ensemble des domaines et instruments d’action
Le lancement simultané de la communication conjointe sur le GAP III et du cycle de programmation financière 2021-2027 a permis de mieux intégrer les objectifs en matière d’égalité entre les hommes et les femmes dans les documents de programmation au niveau national et régional. Cela se reflète dans les progrès accomplis dans la réalisation de l’objectif de 85 % des nouvelles actions extérieures ayant pour objectif principal ou important l’égalité entre les hommes et les femmes d’ici à 2025.
Le nombre d’actions extérieures dont l’objectif principal ou important est l’égalité entre les hommes et les femmes est passé de 64,71 % en 2019 à 72 % en 2022.
Encadré 2: En 2022, la part des engagements pour les actions régionales et nationales en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes était de 90 % pour l’Afrique subsaharienne (4 600 000 000 EUR), de 90 % pour l’Asie et le Pacifique (957 000 000 EUR), de 86 % pour l’ALC (293 000 000 EUR), de 93 % pour le voisinage oriental (1 500 000 000 EUR), de 88 % pour les Balkans occidentaux et la Turquie (1 600 000 000 EUR) et de 87 % pour le voisinage méridional (1 500 000 000 EUR).
En matière de financement, les engagements visant à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes en tant qu’objectif important ou principal sont passés de 74,2 % en 2021 (9 325 000 000 EUR sur un total de 12 588 000 000 EUR) à 77,5 % en 2022 (13 075 000 000 EUR sur un total de 16 880 000 000 EUR).
Les efforts se sont poursuivis pour que l’aide humanitaire financée par l’UE tienne davantage compte de la dimension de genre, notamment en utilisant un marqueur du genre et de l’âge. Dans le cadre du budget de l’aide humanitaire, 96 % de l’ensemble des actions débutant en 2021 intègrent «fortement» ou «dans une certaine mesure» des considérations liées au genre et à l’âge .
L’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes et des filles sont au cœur de la stratégie «Global Gateway», qui souligne la nécessité que les projets et les investissements dans ses principaux domaines (numérique, climat et énergie, transports, santé, éducation et recherche) soient inclusifs, notamment en ce qui concerne l’égalité entre les hommes et les femmes.
Encadré 3: L’initiative phare «Global Gateway» pour la modernisation de la route N’Djamena-Douala, qui a été mise en œuvre par la Banque européenne d’investissement et la Banque mondiale et soutenue par le FEDD+, respectera la législation tchadienne qui promeut l’emploi d’au moins 30 % de femmes et encouragera l’ouverture de postes pour les femmes à tous les niveaux. Elle devrait également accroître l’activité des micro/petites entreprises et du commerce traditionnellement exercé par les femmes. La violence de genre ainsi que l’exploitation et les abus sexuels et le harcèlement sexuel (SEAH) sont traités en priorité au moyen d’évaluations des risques, d’obligations contractuelles pour les partenaires d’investissement et de mise en œuvre et de mesures ciblées.
L’UE veille à ce que les investissements mobilisés par l’intermédiaire du Fonds européen pour le développement durable (FEDD+) intègrent une perspective de genre. Par exemple, la Commission collabore avec des institutions internationales et de financement du développement afin d’accroître l’effet des financements innovants sur la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes et de l’autonomie économique des femmes, de renforcer conjointement l’expertise des gestionnaires financiers en matière d’intégration de la dimension de genre et d’assurer le suivi de la mise en œuvre des opérations. En 2022, 70 % de l’ensemble des garanties et des opérations de financement mixte déclarées du FEDD+ avaient pour objectif important ou principal l’égalité entre les hommes et les femmes.
L’UE et ses États membres, en tant qu’Équipe Europe, révisent les lignes directrices communes qui fixent des critères minimaux pour l’intégration de la dimension de genre dans les initiatives «Équipe Europe» en tant que responsabilité partagée aux stades de la conception, du suivi conjoint et de l’établissement de rapports. Le cadre de suivi, d’établissement de rapports et d’évaluation pour les initiatives «Équipe Europe» comprend une sélection d’indicateurs thématiques du GAP III pour l’agrégation entre ces initiatives.
Des progrès ont été réalisés, mais l’UE sait que le système de marqueur de genre doit encore être pleinement compris par l’ensemble du personnel et des partenaires et qu’il renforcera son offre d’orientation et de formation. En ce qui concerne l’aide humanitaire, un apprentissage en ligne pour le personnel et les partenaires sur le marqueur du genre et de l’âge est disponible. L’UE a également continué de communiquer sur le marqueur du genre et de l’âge par des programmes de formation virtuels pour les partenaires.
Dans le contexte des missions et opérations relevant de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), on a constaté des progrès notables en ce qui concerne l’intégration d’une perspective de genre dans toutes les phases de la planification, de la mise en œuvre et de l’établissement de rapports, l’augmentation du personnel et des ressources financières dédiées, ainsi que la publication de nouvelles lignes directrices opérationnelles et la mise en œuvre des lignes directrices opérationnelles existantes, ce qui a contribué à une intégration plus systématique d’une perspective de genre dans les activités.
Avec le programme-cadre de l’UE pour la recherche et l’innovation (Horizon Europe), qui s’ouvre sur le monde, l’intégration de la dimension de genre est une exigence obligatoire dans la recherche financée par l’UE. La lutte contre la violence de genre, plus particulièrement dans le système de recherche et d’innovation, est également un objectif clé.
L’égalité entre les hommes et les femmes en tant qu’objectif principal
Le GAP III demande l’adoption d’au moins un programme ayant pour objectif principal l’égalité entre les hommes et les femmes dans chaque pays et région partenaire. Cette demande est conforme aux objectifs de l’IVCDCI – Europe dans le monde, qui exigent qu’au moins 85 % de toutes les nouvelles actions soient sensibles au genre et qu’au moins 5 % d’entre elles aient pour objectif principal l’égalité entre les hommes et les femmes.
À la fin de 2022, 25 nouvelles actions avaient été adoptées dans 21 pays partenaires, 2 au niveau régional dans les pays d’Asie et du voisinage méridional et 2 au niveau mondial. Nombre de ces actions sont à grande échelle sur le plan financier et adoptent une approche intersectionnelle et transformatrice en matière de genre, avec environ 300 000 000 EUR d’engagements pour la période 2021-2022 dans tous les domaines d’engagement du GAP III. Des efforts supplémentaires sont toutefois nécessaires, étant donné qu’en 2022, seuls 3,7 % des nouvelles actions avaient l’égalité entre les hommes et les femmes comme objectif principal.
Sur la période2023-2025, plus de 100 nouvelles actions axées sur l’égalité entre les hommes et les femmes sont en préparation dans plus de 80 pays, dans tous les domaines thématiques d’engagement du GAP III.
Afin d’améliorer la qualité de l’intégration de la dimension de genre et d’accroître les actions et les financements axés sur l’égalité entre les hommes et les femmes, l’UE continuera d’améliorer les processus d’évaluation de la qualité (y compris pour les projets phares «Global Gateway» et les initiatives «Équipe Europe») afin de veiller à ce que les critères des marqueurs de la politique d’égalité entre les hommes et les femmes du CAD de l’OCDE soient respectés. Une analyse de genre affinée et des efforts renouvelés pour collecter des données ventilées par sexe permettront, en coopération avec les partenaires, de mieux cerner les politiques et les actions et d’améliorer le suivi et la communication des résultats.
3.Vers un monde de l’égalité entre les hommes et les femmes: mettre l’accent sur de grands domaines d’engagement
La présente section présente les initiatives prises par l’UE et ses États membres, dans le cadre d’une approche «Équipe Europe», pour atteindre les objectifs du GAP III dans ses six principaux domaines thématiques au moyen de partenariats multilatéraux et multipartites, d’un dialogue politique et d’un soutien financier.
3.1. Garantir l’absence de toute forme de violence de genre
Encadré 4: Les engagements financiers de l’UE en faveur de la prévention et de la lutte contre la violence de genre sont passés d’une moyenne annuelle de 91 000 000 EUR pour la période 2014-20 à 60 000 000 EUR en 2021 et 282 000 000 EUR en 2022. En outre, 33 100 000 EUR en 2021 et 41 300 000 EUR en 2022 ont été consacrés à la violence sexiste dans le cadre de l’aide humanitaire.
L’UE a défendu les efforts déployés au niveau mondial pour prévenir et éliminer toutes les formes de violence de genre dans son rôle de codirigeant de la coalition d’action du Forum Génération Égalité consacrée à la lutte contre la violence de genre, en tant qu’initiatrice et présidente du groupe des amis pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles, en tant que membre actif de l’appel à l’action pour la protection contre la violence sexiste dans les situations d’urgence et comme partenaire important des Nations unies.
En 2023, l’UE a adopté deux trains de mesures dans le cadre du régime mondial de sanctions de l’UE en matière de droits de l’homme à l’encontre de 15 personnes et de 3 entités en réponse à leur rôle dans des actes criminels de violence sexuelle et sexiste .
L’initiative Spotlight UE-ONU visant à éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles a été présentée lors du sommet 2023 sur les objectifs de développement durable (ODD) comme l’une des 12 initiatives à forte incidence contribuant aux avancées et à une accélération transformatives sur la voie de la réalisation des ODD. Afin de tirer parti des résultats obtenus et de garantir la durabilité du programme, l’UE a lancé le programme à forte incidence pour l’élimination de la violence d’ici à 2030 (HIVE) (16 500 000 EUR), qui soutient notamment des programmes nationaux efficaces, une sensibilisation accrue à l’échelle mondiale et le partage des connaissances.
La lutte contre la violence de genre est une priorité pour l’UE dans la plupart des pays partenaires, où de nombreuses interventions ciblées ont été adoptées ou sont en cours d’élaboration pour promouvoir des réformes de la législation et des politiques, des changements dans les normes sociales et le soutien aux survivants. Il en résultera une augmentation des engagements financiers à partir de 2023. Dans les pays qui participent au processus d’élargissement, l’UE a soutenu l’adoption et la mise en œuvre de lois complètes et fondées sur des données probantes, conformes à l’acquis de l’UE et aux normes internationales.
L’UE est également un important bailleur de fonds du programme conjoint UNFPA-UNICEF de lutte contre les mutilations génitales féminines et du programme mondial visant à accélérer la lutte contre le mariage d’enfants, qui ont contribué à réduire la prévalence mondiale des mariages d’enfants de 23 % à 19 % au cours des dix dernières années.
Les femmes et les filles représentent environ la moitié de la population réfugiée, déplacée à l’intérieur du pays ou apatride . L’UE s’efforce de veiller à ce que les programmes de gestion des migrations soient sensibles au genre (par exemple en Asie centrale, en Afrique et en Amérique latine) au moyen de mesures de protection et de prévention visant à faire face aux risques de violence de genre, de traite des êtres humains et d’exploitation sexuelle pour les femmes et les filles.
La stratégie de l’UE visant à lutter contre la traite des êtres humains (2021-2025) adopte une approche globale, allant de la prévention à la poursuite et à la condamnation des trafiquants en passant par la protection des victimes, et reconnaît la dimension de genre de la traite des êtres humains. L’action de l’UE vise à durcir les poursuites à l’encontre des auteurs, y compris ceux qui sont impliqués dans la traite des êtres humains, en renforçant une approche centrée sur les victimes par les services répressifs, et à soutenir l’accès aux services d’aide psychosociale et la participation à la vie économique et sociale des victimes de violences de genre et des victimes de la traite des êtres humains.
L’UE renforcera encore les partenariats multipartites afin de prévenir et d’éliminer toutes les formes de violence de genre et de lutter contre les risques croissants de violence en ligne. Pour ce faire, elle exploitera les synergies avec les partenaires en matière de collecte, d’analyse et de suivi des données.
3.2. Promouvoir la santé et les droits sexuels et génésiques
L’UE demeure attachée à la promotion, à la protection et au respect de tous les droits de l’homme ainsi qu’à la mise en œuvre complète et effective du programme d’action de Pékin, du programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement et des conclusions issues de leurs conférences d’examen. L’UE reste également déterminée à promouvoir la santé et les droits sexuels et génésiques dans ce contexte et conformément au nouveau consensus européen pour le développement.
Encadré 5: Les engagements financiers de l’UE en faveur de la santé et des droits sexuels et génésiques sont passés d’une moyenne annuelle de 52 000 000 EUR pour la période 2014-2020 à 56 000 000 EUR en 2021 et 105 000 000 EUR en 2022. 27 6000 000 EUR supplémentaires et 23 500 000 EUR ont été alloués aux services de santé sexuelle et génésique dans le cadre de l’aide humanitaire en 2021 et 2022 respectivement.
La nouvelle stratégie de l’UE en matière de santé mondiale souligne l’importance de l’accès universel à la santé et aux droits sexuels et génésiques, y compris au moyen d’un renforcement des systèmes de santé en vue d’une couverture sanitaire universelle, et de services adaptés aux jeunes.
L’engagement ferme de l’UE à faire progresser la santé et les droits sexuels et génésiques se reflète dans les dotations financières destinées à élargir l’accès à la santé et aux droits sexuels et génésiques qui ont une incidence directe sur la vie, en abordant, par exemple, la planification familiale, la mortalité maternelle et l’éducation sexuelle globale . En décembre 2022, la Commission européenne, dix États membres de l’UE et des partenaires africains ont lancé l’initiative «Équipe Europe» sur la santé et les droits sexuels et génésiques en Afrique. Le financement provenant du budget de l’UE comprend notamment 60 000 000 EUR de nouveaux fonds pour la période 2023-2027, en plus des contributions financières des États membres de l’UE.
La Commission européenne a également apporté une contribution supplémentaire de 45 000 000 EUR pour la période 2023-2026 au partenariat avec UNFPA Supplies, qui fournit des contraceptifs et des médicaments pour la santé maternelle aux adolescentes et aux femmes dans le besoin. Depuis 2022, l’UE soutient également quatre consortiums d’organisations de la société civile européennes et africaines qui travaillent dans 16 pays africains pour soutenir la santé et les droits sexuels et génésiques des adolescents et des personnes en situation de vulnérabilité. En outre, l’UE a apporté une contribution record au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (715 000 000 EUR pour la période 2023-2025) .
Dans les crises humanitaires, l’UE s’emploie à faire en sorte que les femmes et les filles aient pleinement accès aux services de santé sexuelle et génésique afin de favoriser leur intégration horizontale dans les services de soins de santé primaires et secondaires.
L’UE continuera de promouvoir l’accès universel à la santé et aux droits sexuels et génésiques, notamment par le renforcement des systèmes de santé en vue d’une couverture sanitaire universelle, pour atteindre les objectifs de développement durable.
3.3. Renforcer les droits économiques et sociaux et garantir l’autonomisation des filles et des femmes
3.3.1.Autonomie sociale et économique des femmes
Le GAP III a accru l’ampleur et les priorités du soutien de l’UE en faveur de l’autonomie économique des femmes. L’action de l’UE a poursuivi trois objectifs principaux: promouvoir un environnement favorable en s’attaquant aux obstacles structurels (allant des normes de genre préjudiciables aux restrictions légales) qui empêchent les femmes de participer efficacement à l’économie, améliorer l’inclusion financière des femmes et soutenir l’emploi décent et l’esprit d’entreprise des femmes dans tous les secteurs, en particulier les secteurs dotés d’un potentiel élevé tels que le numérique.
Encadré 6: Les engagements financiers de l’UE en faveur de l’autonomie sociale et économique des femmes sont passés d’une moyenne annuelle de 1 932 000 000 EUR pour la période 2014-2020 à 2 182 000 000 EUR en 2021 et 3 859 000 000 EUR en 2022 (ce qui représente 89 % du total des engagements dans les secteurs concernés et 26 % de l’ensemble des engagements contribuant à l’égalité entre les femmes et les hommes pour la période 2021-2022).
Par exemple, l’UE et l’Allemagne ont augmenté le financement de la facilité pour la réforme du climat d’investissement (ICR), qui collabore avec des partenaires publics et privés dans les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, afin de mettre l’accent sur les réformes de l’environnement des entreprises qui soutiennent la pleine participation des femmes à l’économie. L’UE, conjointement avec d’autres acteurs «Équipe Europe», soutient l’accès des femmes au financement et à l’entrepreneuriat au moyen d’un large éventail d’actions intégrées dans la stratégie «Global Gateway».
Dans le cadre du programme UE-ONU Femmes We Empower Asia , plus de 3 000 entrepreneuses ont bénéficié d’une formation de développement des capacités et plus de 1 500 entreprises se sont engagées à mettre en œuvre des pratiques commerciales sensibles au genre. Parmi les principaux nouveaux programmes sectoriels figurent l’initiative phare «Équipe Europe» intitulée «Investir dans les jeunes entreprises en Afrique », qui donne les moyens d’agir aux entreprises en phase de démarrage et aux jeunes entrepreneurs, en particulier aux jeunes femmes, grâce à un soutien financier et technique, et offre une plateforme pour des solutions financières innovantes destinée aux entrepreneuses, ainsi que le programme «L’entrepreneuriat féminin pour l’Afrique».
Un autre exemple est le soutien apporté par l’UE et les Pays-Bas au programme national égyptien pour l’inclusion financière et numérique des femmes. De même, une majorité d’États membres de l’UE promeut un développement du secteur privé sensible au genre en investissant dans une perspective de genre.
Promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomie économique des femmes dans le cadre de la politique commerciale
Depuis 2011, les accords de libre-échange (ALE) de l’UE comprennent un chapitre sur le commerce et le développement durable couvrant les engagements juridiquement contraignants relatifs aux conventions fondamentales de l’OIT, y compris en matière de non-discrimination, ainsi qu’un engagement à ne pas affaiblir ni réduire les niveaux de protection pour encourager le commerce.
Sur cette base, depuis la conclusion de l’ALE avec la Nouvelle-Zélande en juin 2022, les ALE de l’UE comportent des articles spécifiques sur le commerce et l’égalité entre les hommes et les femmes, y compris des engagements à mettre effectivement en œuvre les conventions pertinentes des Nations unies sur l’autonomie économique des femmes et l’égalité entre les hommes et les femmes.
Au sein de l’Organisation mondiale du commerce, l’UE est une fervente partisane de l’égalité entre les hommes et les femmes, y compris en tant que membre actif du groupe de travail informel sur le commerce et l’égalité entre les hommes et les femmes, au sein duquel elle a dirigé les travaux sur l’application d’une perspective de genre aux accords de l’OMC. Dans le cadre du système généralisé de préférences de l’UE, cette dernière surveille le respect, par les pays bénéficiaires, des principes des conventions internationales fondamentales sur la promotion des droits des femmes et de l’égalité entre les hommes et les femmes. Toutes les évaluations ex ante et ex post des accords commerciaux de l’UE contiennent une analyse de genre.
L’autonomie économique des femmes est également au cœur de nombreux programmes d’aide pour le commerce , qui créent des possibilités d’entrepreneuriat et d’emploi pour les femmes et offrent une spécialisation professionnelle .
Protection sociale et économie des soins
L’UE a encouragé des politiques sensibles au genre et incluant les personnes handicapées en matière de protection sociale et de soins par des interventions sectorielles, une réforme de la gestion des finances publiques (GFP) et une budgétisation sensible au genre, en partenariat avec l’OIT, l’UNICEF, la Coalition mondiale pour les socles de protection sociale (GCSPF) et les partenaires nationaux .
Encadré 7: 23 % des actions mises en œuvre en 2021-2022 à l’appui des réformes de la GFP comprenaient un volet concernant la budgétisation sensible au genre. Ce chiffre est supérieur à l’objectif de 20 % fixé par le GAP III.
Dans l’ensemble, l’UE et les États membres soutiennent une budgétisation sensible au genre dans au moins 50 % des pays partenaires . En outre, l’UE, la France, le Luxembourg et la Slovaquie ont soutenu le développement du module relatif aux dépenses publiques et à la responsabilité financière (PEFA consacré au genre) , un outil essentiel pour une budgétisation sensible au genre.
L’UE continuera de s’attaquer aux obstacles systémiques et aux structures préjudiciables qui entravent l’autonomie sociale et économique des femmes et renforcera les investissements en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes en coopération avec d’autres donateurs. L’UE favorisera des politiques et services liés aux soins et le travail de soins décents dans le cadre de systèmes globaux de protection sociale transformateurs en matière de genre.
3.3.2. Promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes dans le domaine de l’éducation
Encadré 8: Les engagements financiers de l’UE en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes dans et à travers l’éducation sont passés d’une moyenne annuelle de 660 000 000 EUR pour la période 2014-2020 à 972 000 000 EUR en 2021 et 1 287 000 000 EUR en 2022 (ce qui représente 91 % du total des engagements dans l’éducation pour la période 2021-2022 et environ 10 % de l’ensemble des engagements contribuant à l’égalité entre les femmes et les hommes).
L’UE a intensifié ses efforts pour aider les pays partenaires à mettre en place des systèmes éducatifs sensibles au genre et à éliminer les écarts persistants entre les hommes et les femmes en matière d’inscription, de poursuite des études et d’apprentissage. Elle a mis en place de grands programmes de soutien au secteur de l’éducation dans plus de 60 pays partenaires, qui mettent l’accent sur la planification et le financement de l’éducation des filles, sur la formation des enseignants, y compris une pédagogie sensible au genre, la lutte contre la violence de genre à l’école et une éducation sexuelle complète, et sur les investissements dans des environnements d’apprentissage sûrs et sains, y compris les installations d’eau, d’assainissement et d’hygiène (programme WASH). L’UE est l’un des cinq champions du sommet mondial sur la transformation de l’éducation et l’un des principaux donateurs du Partenariat mondial pour l’éducation, qui mobilise des financements et des partenariats pour améliorer l’égalité entre les hommes et les femmes dans le domaine de l’éducation dans les pays partenaires.
L’UE s’efforce de promouvoir des approches participatives en matière de planification, de dialogue stratégique et de suivi dans le secteur de l’éducation, en particulier en aidant la société civile, les organisations de filles et les organisations de jeunesse à modifier les normes discriminatoires en matière de genre qui empêchent les filles d’accéder à une éducation de qualité .
Grâce à la stratégie «Global Gateway», l’UE promeut l’égalité pour les filles et les femmes concernant les qualifications dans le domaine des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM) et l’accès à l’enseignement et à la formation professionnels, afin de créer des possibilités d’emploi égales par l’intermédiaire des initiatives «Équipe Europe» en faveur de transitions écologique et numérique équitables et inclusives et par l’intermédiaire du programme «EU 4 Gender Equality» pour les pays du partenariat oriental . L’initiative phare «Mobilité des jeunes pour l’Afrique », qui fait partie du train de mesures d’investissement de la stratégie «Global Gateway» UE-Afrique, vise à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes dans l’enseignement supérieur ainsi que la mobilité et les échanges transfrontières. Dans les pays des Balkans occidentaux, l’UE soutient la mise en place de programmes de «garantie pour la jeunesse» visant à améliorer le passage de l’école au monde du travail, en accordant une attention particulière aux jeunes les plus défavorisés, y compris les jeunes femmes. L’UE envisage d’activer des programmes similaires dans la région du partenariat oriental et en Afrique du Nord.
Éducation dans les situations d’urgence
Plus de 224 millions d’enfants et de jeunes touchés par la crise ont besoin d’un soutien éducatif urgent pour leur garantir l’accès à un apprentissage sûr et de qualité.
En 2023, l’UE et les États membres, dans le cadre d’une approche «Équipe Europe», se sont engagés à investir 313 000 000 EUR supplémentaires dans le fonds mondial des Nations unies «L’éducation ne peut pas attendre», qui soutient l’égalité d’accès des filles et des garçons à l’éducation et à l’apprentissage dans 31 pays touchés par la crise. Au cours de la période 2015-2022, l’aide humanitaire de l’UE en faveur de l’éducation dans les situations d’urgence a permis à plus de 20 millions d’enfants de rester dans l’enseignement ou d’y revenir. Depuis 2021, l’UE accorde la priorité aux projets d’éducation dans les situations d’urgence qui ciblent au moins 50 % de filles. En outre, l’UE établit des liens entre aide humanitaire et développement pour faire face aux conséquences des crises et des conflits sur les étudiants les plus vulnérables, tels que les filles et les jeunes femmes .
L’UE maintiendra le financement de l’éducation dans les situations d’urgence à 10 % du budget de l’aide humanitaire et portera à au moins 10 % de l’ensemble de ses partenariats internationaux le financement en faveur d’une éducation inclusive, équitable et de qualité, en mettant l’accent sur des pratiques et des expériences prometteuses et transformatrices en matière de genre.
3.3.3. Promouvoir l’accès universel à la santé
Encadré 9: Les engagements financiers de l’UE ayant pour objectif l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes dans le secteur de la santé, y compris les soins de santé de base, les infrastructures et la nutrition, sont passés d’une moyenne annuelle de 454 000 000 EUR pour la période 2014-2020 à 2 088 000 000 EUR en 2021 et 612 000 000 EUR en 2022 (ce qui représente 91 % du total des engagements dans le secteur et environ 12 % de l’ensemble des engagements contribuant à l’égalité entre les hommes et les femmes). En outre, l’UE a fourni plus de 401 700 000 EUR en 2021 et 300 000 000 EUR en 2022 pour des programmes humanitaires dans le domaine de la santé (y compris pour les programmes de santé sexuelle et génésique).
En 2022, la Commission européenne a adopté la nouvelle stratégie de l’UE en matière de santé mondiale, qui fait de la santé mondiale un pilier essentiel de la politique extérieure de l’UE et une priorité d’investissement de la stratégie «Global Gateway». La stratégie accorde la priorité à la lutte contre les causes profondes de la mauvaise santé, en accordant une attention particulière aux besoins et aux droits des femmes, des enfants et des jeunes, y compris l’accès universel à la santé et aux droits sexuels et génésiques (voir ci-dessus). En outre, l’accès des femmes aux soins de santé et à un soutien psychosocial fait partie intégrante des mesures de secours et de redressement et constitue un domaine prioritaire pour le triptyque aide humanitaire-développement-paix.
3.4 Favoriser la participation et le leadership sur un pied d’égalité
Le GAP III souligne que la participation significative et le leadership des femmes et des filles dans toute leur diversité dans la vie publique et politique sont non seulement un droit fondamental, mais aussi une condition préalable à l’accélération de l’égalité entre les hommes et les femmes dans tous les secteurs.
Encadré 10: Les engagements financiers de l’UE en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes en tant qu’objectif des actions dans le domaine de la gouvernance démocratique sont passés d’une moyenne annuelle de 1 492 000 000 EUR pour la période 2014-2020 à 1 239 000 000 EUR en 2021 et 2 085 000 000 EUR en 2022 (ce qui représente 88 % des engagements dans le secteur et environ 14,5 % de l’ensemble des engagements contribuant à l’égalité entre les femmes et les hommes pour la période 2021-2022).
L’UE et ses États membres s’engagent dans un dialogue politique et stratégique au niveau national et dans les enceintes multilatérales pour promouvoir un environnement sûr et propice à l’engagement politique et civique des femmes et des filles et favoriser la représentation politique et le pouvoir décisionnel des femmes à tous les niveaux.
L’UE a encouragé la participation des femmes aux élections grâce au renforcement des capacités et à la parité entre les hommes et les femmes dans l’observation électorale, et elle a soutenu la capacité des femmes législateurs à faire progresser des lois et des politiques inclusives et sensibles au genre, y compris dans l’élaboration des politiques en matière de climat et dans le contexte des négociations d’adhésion.
Encadré 11: Le programme mondial WYDE – Women and Youth for Democracy programme (Femmes et jeunes pour la démocratie) (40 000 000 EUR) soutiendra des initiatives menées par les femmes et les jeunes, allant de l’engagement civique et de l’activisme démocratique à la représentation politique pour s’attaquer aux obstacles juridiques, sociétaux et économiques à une participation équitable (y compris la violence de genre en ligne).
Conformément au plan d’action pour la jeunesse dans le cadre de l’action extérieure de l’UE, l’égalité entre les hommes et les femmes et la diversité font l’objet d’une attention particulière dans le dialogue de l’UE avec les jeunes. Il s’agit notamment du renforcement des capacités et du financement d’initiatives dirigées par des filles pour lever les obstacles juridiques, sociétaux et économiques à une participation équitable et encourager la participation des jeunes femmes dans les enceintes nationales et multilatérales. L’UE collabore également avec des réseaux d’autorités locales qui soutiennent les représentants élus féminins et issus de la jeunesse .
L’UE est également soucieuse de lutter contre les stéréotypes de genre dans les contenus médiatiques et la prolifération du harcèlement en ligne, des discours de haine et de la désinformation fondée sur le genre en ligne, qui tous empêchent les femmes et les filles de participer activement à la vie publique et politique . En outre, l’UE dispose de mécanismes de protection renforcés pour les défenseurs des droits fondamentaux de la femme. Plus de la moitié des 23 000 bénéficiaires au cours de la période 2019-2022 étaient des femmes .
L’UE encouragera les initiatives et actions politiques visant à renforcer et à protéger la démocratie et l’espace civique en faveur des droits fondamentaux des femmes et des filles, ainsi que leur participation effective et entière à tous les aspects de la vie publique et politique.
3.5. Intégrer le plan d’action en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité
Dans un contexte géopolitique et sécuritaire en mutation rapide, l’UE a continué à faire en sorte que les femmes, la paix et la sécurité restent des priorités politiques, notamment par l’adoption de conclusions du Conseil sur les femmes, la paix et la sécurité en novembre 2022 et en incluant ces thématiques dans les principaux cadres stratégiques pour la sécurité et la défense (notamment la boussole stratégique , le pacte en matière de PSDC civile et la politique de l’UE en matière de désarmement, de démobilisation et de réintégration ). Ces nouveaux cadres permettent à l’UE d’adapter ses travaux concernant les femmes, la paix et la sécurité et d’appliquer une perspective de genre aux nouveaux défis horizontaux liés à la sécurité, tels que le changement climatique, le terrorisme , les menaces hybrides (y compris les cyberattaques et la désinformation) et la numérisation.
Encadré 12: Les engagements financiers de l’UE en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité, y compris la consolidation civile de la paix, la prévention et la résolution des conflits, sont passés d’une moyenne annuelle de 379 000 000 EUR pour la période 2014-2020 à 309 000 000 EUR en 2021 et 499 000 000 EUR en 2022 (soit 42 % du total des engagements dans ce domaine pour la période 2021-2022).
La mise en œuvre du programme concernant les femmes, la paix et la sécurité a été constamment abordée au niveau multilatéral (y compris par l’ambassadrice de l’UE pour le genre et la diversité au sein du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies) et dans le cadre de partenariats régionaux et internationaux (y compris le partenariat UE-ONU pour les opérations de paix et la coopération UE-OTAN).
En outre, la majorité (73 %) des délégations de l’UE et environ la moitié des États membres de l’UE ont inclus les priorités relatives aux femmes, à la paix et à la sécurité dans leurs dialogues bilatéraux et régionaux.
En ce qui concerne la thématique des femmes, de la paix et de la sécurité, les États membres de l’UE se sont le plus souvent concentrés sur l’élaboration et la mise en œuvre de plans d’action nationaux en la matière ou sur le soutien aux pays partenaires à cet égard, notamment en renforçant les OSC, en prévenant les violences sexuelles et les violences de genre ou en soutenant la participation et le leadership des femmes dans les processus de paix.
Parmi les nombreux efforts déployés pour renforcer la participation des femmes aux processus, à la médiation et au dialogue politiques, l’UE a soutenu la mise en place du forum afghan des femmes dirigeantes , qui se compose actuellement de plus de 100 femmes dirigeantes afghanes résidant tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Afghanistan.
Grâce à leurs activités opérationnelles, les missions et opérations de la PSDC soutiennent le renforcement de la participation des femmes. Au niveau interne également, l’UE a plaidé en faveur de la parité entre les hommes et les femmes.
Comme l’ont souligné l’évaluation indépendante du GAP III ainsi que d’autres études sur l’incidence du GAP III, il est possible d’accroître l’influence de l’UE sur les femmes, la paix et la sécurité en intégrant ces questions de manière plus cohérente dans le dialogue politique et la programmation et en tirant davantage parti des différents outils de renforcement des capacités, tels que la formation et les orientations opérationnelles.
La prévention et la lutte contre les violences sexuelles et les violences de genre, y compris les violences sexuelles liées aux conflits, restent une priorité de l’UE, avec des approches axées sur les victimes favorisant une meilleure responsabilisation et l’intégration des survivants. Les actions dans le cadre des missions et opérations de la PSDC visant à lutter contre les violences sexuelles et les violences de genre (y compris les violences sexuelles liées aux conflits) se poursuivent, notamment en Ukraine.
L’UE améliorera la mise en œuvre des engagements pris en ce qui concerne les femmes, la paix et la sécurité, y compris par l’intermédiaire du groupe de travail sur les femmes, la paix et la sécurité, en vue d’intégrer plus systématiquement ces engagements dans le dialogue politique et la programmation.
3.6 Relever les défis et exploiter les possibilités offertes par la transition verte et la transformation numérique
Le GAP III a introduit une approche nouvelle et innovante sur la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes dans la formulation des politiques et opérations en matière de transition verte et de transformation numérique.
3.6.1. Promouvoir une transition verte équitable et inclusive
L’UE et ses États membres promeuvent la participation et le leadership des femmes sur un pied d’égalité dans les négociations et la gouvernance internationales en matière de climat et dans l’élaboration des politiques.
L’UE est également un important contributeur aux initiatives mondiales multidonateurs et aux nouveaux investissements mobilisés dans le cadre de la stratégie «Global Gateway» par l’intermédiaire du FEDD+, qui aident les gouvernements partenaires à mobiliser des financements publics et privés en faveur du climat et à encourager des plans d’atténuation du changement climatique et d’adaptation au changement climatique sensibles au genre, qui associent les femmes, les jeunes ainsi que les communautés locales et marginalisées.
Encadré 13: Les engagements financiers de l’UE en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes et de l’autonomisation des femmes en tant qu’objectif des actions en matière d’adaptation au changement climatique et d’atténuation de ses effets, de biodiversité et de protection de l’environnement ont augmenté, passant d’une moyenne annuelle de 1 733 000 000 EUR pour la période 2014-2020 à 1 755 000 000 EUR en 2021 et 3 400 000 000 EUR en 2022 (ce qui représente respectivement 68 % et 83 % des engagements dans ces secteurs).
Les principales initiatives «Équipe Europe» fournissent une assistance technique et contribuent au financement d’un développement inclusif et sensible au genre dans les pays partenaires, y compris par un soutien à l’entrepreneuriat et à l’emploi des femmes dans les économies verte, bleue et circulaire .
Les femmes et les jeunes entraînent également la transition vers des systèmes alimentaires améliorés et résilients face au changement climatique. Les programmes financés par l’UE ont permis d’associer les femmes à la restauration des écosystèmes et se sont concentrés sur les obstacles structurels qui limitent l’accès des femmes aux ressources productives, aux services et aux marchés dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture . L’UE et ses États membres ont joué un rôle crucial dans l’élaboration et la négociation des directives volontaires du CSA sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles dans le contexte de la sécurité alimentaire et de la nutrition et soutiennent la participation des femmes aux accords bilatéraux sur le commerce du bois, visant à lutter contre l’exploitation illégale des forêts et à améliorer la gouvernance forestière .
Il est nécessaire de renouveler les efforts pour créer des environnements propices à la participation significative et au leadership des femmes et des filles dans la prise de décision en matière de climat et dans les secteurs économiques pertinents pour la transition écologique. L’UE continuera de dialoguer avec les institutions financières internationales, les gouvernements et la société civile, les organisations de femmes et les communautés locales afin de faire en sorte que le financement de la lutte contre le changement climatique soit sensible au genre et cible les besoins des personnes les plus vulnérables et marginalisées.
3.6.2. Saisir les possibilités d’autonomisation des femmes offertes par la numérisation
L’UE a soutenu les investissements visant à réduire la fracture numérique entre les hommes et les femmes et à promouvoir des normes mondiales fondées sur les droits de l’homme en matière de droits numériques et de sécurité en ligne, ainsi que des systèmes d’innovation et des économies numériques plus inclusifs.
Encadré 14: Les engagements financiers de l’UE en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes et de l’autonomisation des femmes en tant qu’objectif des actions dans le domaine de la numérisation se sont élevés à 1 422 000 000 EUR en 2021 et à 3 200 000 000 EUR en 2022 (ce qui représente respectivement 53 % et 88 % des engagements en faveur de la numérisation).
Grâce à la stratégie «Global Gateway», aux initiatives «Équipe Europe» et au pôle numérique pour le développement (D4D), l’UE et ses États membres aident les pays partenaires à mettre en œuvre une transformation numérique sensible au genre (par exemple, en améliorant l’habileté numérique des femmes, en créant des possibilités d’emploi de qualité et en développant des services publics numériques inclusifs et axés sur le citoyen). Par exemple, l’initiative pour la démocratie numérique récemment lancée (51 000 000 EUR), cofinancée par l’UE et le Danemark, met l’accent sur les menaces qui pèsent sur la participation démocratique en ligne des femmes et les possibilités que celle-ci leur offre.
En tant que pionnière dans les efforts réglementaires visant à garantir une intelligence artificielle sûre et axée sur l’humain, l’UE en est à la dernière étape des négociations sur la législation relative à l’IA, qui vise à faire en sorte que certaines applications d’IA utilisées dans l’UE respectent les droits fondamentaux, y compris le droit de ne pas faire l’objet de discriminations fondées sur le genre et d’autres motifs protégés.
L’UE poursuivra et intensifiera son soutien aux pays partenaires dans la conception et la mise en œuvre de stratégies numériques nationales fondées sur des données probantes qui comblent les écarts entre les hommes et les femmes en encourageant les femmes à jouer un rôle de premier plan dans l’élaboration des politiques, la gouvernance, les systèmes d’innovation et l’économie numérique. En tant que partisane active d’un certain nombre d’initiatives mondiales pertinentes en faveur d’une intelligence artificielle (IA) digne de confiance, y compris les recommandations de l’UNESCO sur l’éthique de l’intelligence artificielle , l’UE s’emploiera à renforcer la protection contre les nouveaux risques et les préjugés de genre, à améliorer la transparence et la responsabilité, ainsi qu’à adopter une approche fondée sur les droits de l’homme et une perspective de genre dans la conception des technologies émergentes.
4.Montrer l’exemple
L’UE s’est efforcée d’améliorer la parité entre les hommes et les femmes dans les fonctions d’encadrement, de promouvoir un leadership sensible au genre et de renforcer la participation de l’ensemble du personnel aux efforts en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes.
Encadré 15: À la fin du mois d’octobre 2023, les femmes représentaient 47 % de l’encadrement supérieur de la Commission, 31 % de celui du SEAE, 37 % de celui des délégations de l’UE et 28 % de celui des missions civiles de la PSDC. Pour l’encadrement intermédiaire, les chiffres étaient respectivement de 47,9 % pour la Commission et de 41 % pour le SEAE.
En moyenne, dans les États membres de l’UE ayant communiqué des données, les femmes représentent 39 % des fonctions d’encadrement supérieur et intermédiaire des ministères des affaires étrangères, des ambassades et des agences de développement. La Finlande (54 %), la Suède (52 %) et l’Irlande (50 %) ont atteint la parité entre les hommes et les femmes aux postes d’encadrement.
En 2022, les services de la Commission et le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) ont continué de promouvoir la formation au leadership sensible au genre pour les membres de l’encadrement, en coopération avec l’Académie suédoise Folke Bernadotte. Les aspects du leadership sensible au genre ont été examinés lors de la conférence annuelle des ambassadeurs de l’UE et des journées de la coopération pour les chefs de la coopération. En 2022, la DG ECHO a organisé une formation obligatoire sur l’égalité entre les hommes et les femmes, à laquelle ont participé 75 % des membres de son encadrement intermédiaire et 57 % des membres de son encadrement supérieur. D’autres modules de formation au leadership sensible au genre, y compris un module d’apprentissage en ligne, deviennent des éléments permanents des cours de formation à l’encadrement.
Au cours de la période 2021-2022, 626 membres du personnel au siège et dans toutes les délégations de l’UE et 49 % des cadres au sein des délégations de l’UE ont participé à de nombreuses sessions de formation sur le GAP III et l’intégration de la dimension de genre.
L’augmentation du nombre de personnes de contact pour les questions d’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que l’amélioration de la formalisation de leurs rôles, sont deux autres tendances positives. 99 % des délégations de l’UE disposent d’une personne de contact pour les questions d’égalité entre les femmes et les hommes (87 % des services au siège). La proportion de personnes de contact pour les questions d’égalité entre les femmes et les hommes dont la description de poste fait référence à leurs travaux en matière d’égalité entre les hommes et les femmes est passée à 44 % dans les délégations de l’UE et à 79 % au siège. Les points de contact humanitaires pour les questions d’égalité entre les hommes et les femmes veillent à ce que l’accent continue d’être mis sur la prévention et l’atténuation des violences de genre et la lutte contre celles-ci. Les missions et opérations de la PSDC se distinguent par le fait qu’elles disposent, pour la plupart, de conseillers «à casquette unique» en matière d’égalité entre les hommes et les femmes et de structures avec point de contact, en plus de disposer d’une description de poste normalisée. L’aspect militaire de la PSDC s’est considérablement amélioré depuis 2018 .
En outre, le SEAE a lancé son premier programme pour la diversité et l’inclusion afin de garantir une plus grande intégration de l’égalité, de la diversité et de l’inclusion dans les actions extérieures de l’UE. Le plan d’action actualisé de la Commission en faveur de la diversité et de l’inclusion pour la période 2023-2024 définit les actions clés en faveur de la diversité et de l’inclusion dans le cadre de la mise en œuvre de sa stratégie en matière de ressources humaines.
La Commission et le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité prendront des mesures positives pour améliorer la parité entre les hommes et les femmes, en mettant l’accent sur l’encadrement au sein des délégations de l’UE.
Pour répondre à la demande croissante d’expertise en matière d’égalité entre les hommes et les femmes, qui a également été relevée dans l’évaluation à mi-parcours, l’UE continuera de promouvoir le leadership sensible au genre et l’expertise interne en matière d’égalité entre les hommes et les femmes (notamment par la formation et l’échange de bonnes pratiques) et s’efforcera de faire en sorte que l’ambitieux programme concernant les femmes, la paix et la sécurité et l’égalité entre les hommes et les femmes reçoive des ressources et une attention adéquates.
5.Conclusions
S’appuyant sur les progrès déjà accomplis dans les domaines d’action clés, l’UE renouvelle son engagement en faveur des principes et des objectifs du GAP III grâce au dialogue politique et stratégique, au renforcement des actions et du financement en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes et au renforcement des procédures et des capacités internes.
La synchronisation de la politique avec le cadre financier pluriannuel s’est révélée efficace et devrait se poursuivre par la prolongation de la durée du GAP III jusqu’en 2027 afin de l’aligner sur le cadre financier pluriannuel 2021-2027.
Un engagement stratégique et renouvelé de l’UE en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes continuera de nécessiter une coopération étroite avec le Parlement européen, le Conseil, les États membres, les institutions internationales, les pays partenaires, la société civile et le secteur privé.
Cette coopération peut réellement faire la différence et permettre de renforcer la voix et l’action des nombreuses femmes et filles dont le courage et la détermination les placent à la pointe de la lutte pour la démocratie et un avenir plus pacifique, plus équitable et plus durable pour tous.