COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 5.7.2023
SWD(2023) 810 final
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION
Rapport 2023 sur l’état de droit
Chapitre consacré à la situation de l’état de droit en France
accompagnant le document:
COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS
Rapport 2023 sur l’état de droit
La situation de l’état de droit dans l’Union européenne
{COM(2023) 800 final} - {SWD(2023) 801 final} - {SWD(2023) 802 final} - {SWD(2023) 803 final} - {SWD(2023) 804 final} - {SWD(2023) 805 final} - {SWD(2023) 806 final} - {SWD(2023) 807 final} - {SWD(2023) 808 final} - {SWD(2023) 809 final} - {SWD(2023) 811 final} - {SWD(2023) 812 final} - {SWD(2023) 813 final} - {SWD(2023) 814 final} - {SWD(2023) 815 final} - {SWD(2023) 816 final} - {SWD(2023) 817 final} - {SWD(2023) 818 final} - {SWD(2023) 819 final} - {SWD(2023) 820 final} - {SWD(2023) 821 final} - {SWD(2023) 822 final} - {SWD(2023) 823 final} - {SWD(2023) 824 final} - {SWD(2023) 825 final} - {SWD(2023) 826 final} - {SWD(2023) 827 final}
Résumé
Le gouvernement a pris un certain nombre de mesures pour améliorer la qualité et l’efficience du système de justice, notamment pour donner suite aux conclusions du Comité des États généraux de la justice. Des mesures importantes ont été prises pour garantir au système de justice des ressources humaines suffisantes, et les projets en cours visant la numérisation complète des procédures judiciaires civiles et pénales ont continué à progresser. Le statut des magistrats du parquet, tant en ce qui concerne leur régime disciplinaire que les règles de nomination, fait toujours l’objet de réformes constitutionnelles en cours, qui n’ont pas progressé en raison de l’absence actuelle de majorité politique. Une réforme de la procédure civile prévoit d’encourager davantage les modes de règlement amiable des différends, notamment dans le cadre de la césure du procès. La durée totale des procédures judiciaires a diminué et l’augmentation des ressources devrait améliorer encore l’efficience du système de justice.
Le plan national de lutte contre la corruption pour la période 2020-2022 a été mis en œuvre avec succès, et le prochain plan de lutte contre la corruption (2023-2025) est en cours d’élaboration. Des résultats ont été obtenus en ce qui concerne les poursuites et les sanctions applicables aux infractions de corruption de haut niveau, mais les enquêtes pâtissent de problèmes structurels et de ressources limitées. L’Agence française anticorruption continue de fournir des instruments de soutien, bien que son efficacité opérationnelle soit affaiblie par l’instabilité des ressources dont elle dispose. Les mesures relatives à la probité des agents publics continuent d’être contrôlées et largement mises en œuvre; il en va de même pour les membres de l’Assemblée nationale et du Sénat, bien que les suggestions d’amélioration n’aient pas été prises en compte. Les contrôles réguliers portant sur les finances des partis politiques se poursuivent, tandis que les préoccupations existantes concernant le type d’activités de défense d’intérêts et de représentants d’intérêts restent sans réponse. Davantage de progrès sont possibles en ce qui concerne les contrôles de sécurité liés à l’intégrité au sein de la police et le pouvoir disciplinaire exercé à l’égard des juges. Bien que de nouvelles règles de protection des lanceurs d’alerte soient en place, le manque de ressources risque de nuire à leur mise en œuvre.
Le cadre juridique relatif au pluralisme et à la liberté des médias protège la liberté d’expression ainsi que le pluralisme et l’indépendance des médias. Le régulateur des médias [l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM)] continue de fonctionner en tant qu’organe indépendant dans l’ensemble du domaine du contenu audiovisuel et numérique, et dispose de ressources suffisantes. Aucune nouvelle mesure n’a été prise pour renforcer la transparence de la propriété des médias, en particulier en ce qui concerne les structures d’actionnariat complexes, en s’appuyant sur les garanties juridiques existantes. Les garde-fous établis continuent de garantir l’indépendance des médias de service public, tandis qu’une récente loi a supprimé la contribution à l’audiovisuel public. Les journalistes continuent d’être exposés à des menaces et à des attaques, malgré les mesures conçues pour renforcer leur sécurité lors du déroulement de protestations et de manifestations.
Le gouvernement a largement recouru aux mécanismes autorisés par la Constitution pour accélérer les procédures législatives, et raccourcir ou limiter ainsi le débat parlementaire sur les propositions législatives. Les régimes d’urgence ont été abrogés et un comité permanent de gestion des risques sanitaires a été créé. La transparence et l’aspect contradictoire de la procédure de contrôle constitutionnel ex ante ont été renforcés. Des décisions de justice ont rappelé l’obligation de l’administration de garantir la transparence et de justifier la nécessité des arrêtés d’interdiction de manifestation. Tandis que l’environnement financier des organisations de la société civile reste favorable, les parties prenantes ont fait part de leurs préoccupations quant à la mise en œuvre de la législation qui conditionne l’accès au financement public au respect des valeurs fondamentales de la République française.
Recommandations
Dans l’ensemble, en ce qui concerne les recommandations figurant dans le rapport 2022 sur l’état de droit, la France:
·a accompli certains progrès dans la poursuite de ses efforts destinés à achever les projets en cours visant la numérisation complète des procédures civiles et pénales;
·a accompli des progrès significatifs dans la poursuite des efforts déployés pour garantir au système de justice des ressources humaines suffisantes, notamment pour améliorer son efficience, en tenant compte des normes européennes sur les ressources du système de justice;
·a accompli des progrès significatifs en ce qui concerne la nécessité de continuer d’enquêter sur les infractions relevant de la corruption à haut niveau, de les poursuivre et de les sanctionner de manière effective;
·n’a accompli aucun progrès pour ce qui est de veiller à ce que les règles relatives aux activités de lobbying soient appliquées de manière cohérente à tous les acteurs concernés, y compris au plus haut niveau de l’exécutif;
·n’a accompli aucun progrès supplémentaire dans le domaine du renforcement de la transparence en matière de propriété des médias, en particulier en ce qui concerne les structures d’actionnariat complexes, en s’appuyant sur les garanties juridiques existantes.
Sur cette base, et eu égard aux autres évolutions intervenues au cours de la période de référence, il est recommandé à la France de prendre les mesures suivantes:
·poursuivre encore ses efforts afin d’achever les projets en cours visant la numérisation complète des procédures civiles et pénales;
·poursuivre encore les efforts déployés pour garantir au système de justice des ressources humaines suffisantes, notamment en achevant le développement des outils de mesure de la charge de travail afin de mieux évaluer les besoins;
·veiller à ce que les règles relatives aux activités de lobbying soient appliquées de manière cohérente à tous les acteurs concernés, y compris au plus haut niveau de l’exécutif;
·intensifier ses efforts pour renforcer la transparence en matière de propriété des médias, en particulier en ce qui concerne les structures d’actionnariat complexes, en s’appuyant sur les garanties juridiques existantes.
I.Système de justice
Le système de justice est composé de deux branches autonomes de juridictions: les juridictions de droit commun compétentes en matière civile et pénale, d’une part, et les juridictions administratives, d’autre part. Ces deux branches se composent de trois niveaux de juridictions, à savoir les tribunaux de première instance, les cours d’appel et une juridiction suprême (la Cour de cassation et le Conseil d’État, respectivement). Le Conseil d’État possède également une branche consultative chargée de rendre des avis sur les projets de loi et il est chargé de la gestion des tribunaux administratifs et des cours d’appel. Le Conseil supérieur de la magistrature, composé pour moitié de magistrats élus par leurs pairs , joue un rôle important dans la préservation de l’indépendance de la justice. Il désigne les candidats aux hautes fonctions juridictionnelles et, en ce qui concerne la nomination des juges par le ministre de la justice, émet des avis contraignants . Le parquet fait partie de l’appareil judiciaire et est placé sous l’autorité du ministre de la justice . Ce dernier peut adresser des instructions générales en matière de politique pénale, mais ne peut adresser aucune instruction dans des affaires individuelles . En outre, le Conseil constitutionnel est compétent pour contrôler la constitutionnalité des lois. La France participe au Parquet européen. Les avocats sont représentés par différents barreaux dans toute la France.
Indépendance
Le degré d’indépendance de la justice en France reste perçu comme moyen parmi le grand public et est désormais perçu comme moyen parmi les entreprises. Au total, 53 % du grand public et 46 % des entreprises avaient une perception «plutôt satisfaisante» ou «très satisfaisante» du degré d’indépendance des juridictions et des juges en 2023 . Selon les données du tableau de bord 2023 de la justice dans l’UE, le degré de perception de l’indépendance de la justice parmi le grand public est en baisse ces dernières années. Le degré de perception de l’indépendance de la justice parmi le grand public a diminué par rapport à 2022 (56 %) et à 2016 (54 %). Le degré de perception de l’indépendance de la justice parmi les entreprises a diminué par rapport à 2022 (61 %) et à 2016 (59 %).
La procédure ouverte contre le ministre de la justice se poursuit. Comme décrit dans le rapport 2022 sur l’état de droit , le ministre de la justice a été mis en examen devant une juridiction spéciale, la Cour de justice de la République (CJR) , pour prise illégale d’intérêt à la suite d’enquêtes administratives qu’il avait ordonnées, sur recommandation de son administration, à l’encontre de trois magistrats . Le 3 octobre 2022, la commission d’enquête a notifié au ministre la décision d’ouvrir un procès devant la CJR . Un pourvoi devant la Cour de cassation est actuellement pendant, de sorte que cette décision n’est pas définitive.
Un projet de loi prévoit de modifier le régime disciplinaire des magistrats en ce qui concerne les plaintes individuelles. Un projet de loi organique, présenté par le gouvernement en Conseil des ministres le 3 mai 2023 , vise à simplifier les conditions de recevabilité des plaintes déposées par les justiciables contre les magistrats auprès du Conseil supérieur de la magistrature et à renforcer les pouvoirs d’enquête de son groupe statuant sur la recevabilité de ces plaintes (le «groupe de filtrage»). Dans ses observations sur le projet de loi , le Conseil supérieur a évalué négativement plusieurs changements proposés qui renforcent les pouvoirs du ministre de la justice et assouplissent les exigences procédurales relatives aux plaintes individuelles , afin d’augmenter la confiance que placent les citoyens dans le pouvoir judiciaire. Le projet de loi vise également à intensifier le dialogue entre le Conseil supérieur et le ministère de la justice, afin que ce dernier puisse mieux détecter les dysfonctionnements systémiques. Tout en se félicitant des pouvoirs d’enquête plus étendus qui seraient attribués au groupe de filtrage, la Commission de Venise a recommandé d’apporter des modifications supplémentaires au régime disciplinaire des magistrats. En outre, le GRECO a recommandé de concentrer le pouvoir disciplinaire à l’égard des juges au sein de la commission des services judiciaires, mais cette recommandation n’a pas encore été suivie d’effet .
Le statut des magistrats du parquet, tant en ce qui concerne leur régime disciplinaire que les règles de nomination, fait toujours l’objet de réformes constitutionnelles en cours, qui n’ont pas progressé. Le Comité des États généraux de la justice a souligné la nécessité de renforcer l’indépendance des parquets en menant à bien les réformes constitutionnelles déjà engagées . Les amendements constitutionnels, qui ont été présentés dans de précédents rapports et qui restent pendants devant l’Assemblée nationale , rendraient les avis du Conseil supérieur de la magistrature contraignants à l’égard du ministre de la justice, tant en ce qui concerne les nominations qu’en matière disciplinaire. Les avis sur les nominations sont toujours suivis dans la pratique, mais les amendements constitutionnels consacreraient cette pratique dans la loi.
Qualité
D’importants progrès ont été accomplis en ce qui concerne la recommandation de poursuivre les efforts déployés pour garantir au système de justice des ressources humaines suffisantes, et des initiatives sont en cours pour continuer à répondre aux besoins actuels. Le rapport 2022 sur l’état de droit recommandait à la France de «poursuivre les efforts déployés pour garantir au système de justice des ressources humaines suffisantes, notamment pour améliorer son efficience, en tenant compte des normes européennes sur les ressources du système de justice» . À la suite du rapport final du Comité des États généraux de la justice, qui a procédé à une évaluation préliminaire des besoins supplémentaires , le budget de la justice a été augmenté de 8 % en 2023, soit un investissement supplémentaire de 710 millions d’EUR . L’enveloppe affectée à l’aide juridictionnelle a également augmenté, passant de 615,2 millions d’EUR en 2022 à 641 millions d’EUR en 2023. En ce qui concerne les ressources humaines, une grande partie des 1914 agents contractuels d’appui recrutés en décembre 2021 a été convertie en postes permanents dans le budget de la justice pour 2023 . Un projet de loi d’orientation et de programmation de la justice prévoit le recrutement de 10 000 agents supplémentaires d’ici à 2027, dont 1500 magistrats , 1500 greffiers ainsi qu’un grand nombre d’auxiliaires de justice . Le projet de loi propose également de simplifier le processus de recrutement latéral de professionnels du droit expérimentés . Des outils de mesure de la charge de travail, actuellement en cours de développement, devraient permettre d’évaluer plus précisément le nombre de magistrats et d’agents d’appui nécessaires pour garantir la viabilité du système de justice . L’augmentation du budget de la justice comprend une augmentation d’environ 1000 EUR de la rémunération mensuelle brute des magistrats des juridictions civiles et pénales, désormais égale à celle des juges administratifs, et devrait rendre la profession plus attractive. Par ailleurs, un arrêté ministériel a étendu le bénéfice de la bonification indiciaire à l’ensemble des présidents des juridictions civiles et pénales . D’importants progrès ont, par conséquent, été accomplis en ce qui concerne la recommandation de poursuivre les efforts déployés pour garantir au système de justice des ressources humaines suffisantes.
Certains progrès ont été accomplis en ce qui concerne la recommandation de poursuivre les efforts afin d’achever la numérisation complète des procédures judiciaires civiles et pénales. Le rapport 2022 sur l’état de droit recommandait à la France de «poursuivre ses efforts afin d’achever les projets en cours visant la numérisation complète des procédures civiles et pénales» . En 2022, à la suite des recommandations de la Cour des comptes , des progrès ont été accomplis dans la mise en œuvre de la procédure pénale numérique (PPN) , démarche qui vise à dématérialiser toutes les étapes de la procédure pénale . En ce qui concerne les procédures civiles, Portalis, un projet visant à fusionner les huit applications existantes, a été lancé et est actuellement testé dans neuf juridictions du travail. Il sera étendu en 2023 à l’ensemble des juridictions du travail . Le développement des signatures électroniques et le déploiement du système d’information de l’aide juridictionnelle (SIAJ), qui permet de numériser les procédures d’aide juridictionnelle , se sont également poursuivis. Un nouveau plan de transformation numérique est en cours d’élaboration pour renforcer et sécuriser les réseaux, et améliorer encore les logiciels existants . Cependant, la France reste parmi les États membres les moins bien classés en ce qui concerne l’utilisation des outils numériques par les tribunaux et les parquets, ainsi que les outils de communication électronique sécurisés mis à leur disposition . Quelques progrès ont, par conséquent, été accomplis en ce qui concerne la recommandation, formulée dans le rapport 2022 sur l’état de droit, de poursuivre les efforts afin d’achever les projets en cours visant la numérisation complète des procédures judiciaires civiles et pénales.
L’accès en ligne aux décisions de justice s’est encore amélioré et le Conseil constitutionnel a lancé un nouveau portail numérique pour consulter la jurisprudence sur les questions prioritaires de constitutionnalité. Dans l’ensemble, depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle législation prévoyant la disponibilité des décisions en données ouvertes pour certaines juridictions , la France a réalisé des progrès considérables en ce qui concerne l’accès en ligne du grand public aux décisions publiées . En outre, le Conseil constitutionnel a lancé un nouveau portail en ligne contenant des informations pertinentes sur les questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) . Il donne accès aux décisions du Conseil constitutionnel sur les questions faisant l’objet d’un renvoi, ainsi qu’à celles de toutes les juridictions civiles, pénales et administratives sur la recevabilité, le renvoi et les aspects procéduraux de ces questions, offrant ainsi aux citoyens et aux praticiens du droit une vue d’ensemble de la jurisprudence pertinente.
Une réforme de la procédure civile prévoit d’encourager davantage le règlement amiable des litiges, notamment dans le cadre de la césure du procès. Le projet de loi d’orientation et de programmation de la justice vise à encourager les procédures de règlement extrajudiciaire des litiges (REL), conformément à la recommandation du Comité des États généraux de la justice d’étendre ces procédures, sans toutefois rendre obligatoire le recours préalable aux REL pour les parties . Le projet de loi prévoit de refondre le code de procédure civile afin de clarifier les modes existants de REL et d’augmenter l’indemnisation des avocats dans le cadre du régime d’aide juridictionnelle lorsqu’ils recourent aux REL, en vue d’encourager leur utilisation. Il est également proposé d’introduire la possibilité pour le juge de pratiquer la césure du procès, consistant à statuer sur les principales questions de fond du litige et à renvoyer les parties à un mode de règlement amiable pour les questions accessoires telles que le montant de l’indemnisation .
Le code de procédure pénale doit faire l’objet d’une refonte afin d’en améliorer la clarté et la lisibilité. Suivant les recommandations du Comité des États généraux de la justice , le projet de loi de programmation de la justice propose d’habiliter le gouvernement à réorganiser la partie législative du code de procédure pénale, sans en modifier les dispositions, afin d’en améliorer la clarté et la lisibilité. Le projet de loi contient également des dispositions spécifiques visant à simplifier la procédure pénale afin de faciliter les enquêtes .
L’imposition d’amendes forfaitaires a été étendue à une liste plus large d’infractions pénales, avec des limites au recours à un juge. Les amendes forfaitaires sont des pénalités qui peuvent être appliquées directement par des agents de police lorsqu’ils constatent en flagrant délit certaines infractions pénales de faible gravité. Elles peuvent être payées immédiatement si l’auteur reconnaît les faits. Leur paiement met fin aux poursuites, mais l’infraction est inscrite au casier judiciaire de l’auteur et limite le droit de contester la sanction devant les tribunaux . Une loi adoptée en janvier 2023 a étendu le champ d’application de cette procédure à un certain nombre d’infractions et de délits mineurs . Les associations d’avocats considèrent que le mécanisme de l’amende forfaitaire remet en cause les droits de la défense et confère des pouvoirs judiciaires aux agents de police . Le Conseil constitutionnel a estimé que, appliqué à des infractions mineures, ce dispositif ne méconnaît pas le droit d’accès à la justice et le principe d’égalité devant la loi .
Un conseil consultatif conjoint de déontologie a fait des propositions pour améliorer la relation entre les magistrats et les avocats. Afin d’améliorer la qualité de la justice grâce à une meilleure relation magistrats-avocats, des organismes représentatifs de magistrats et d’avocats ont créé en 2019 un conseil consultatif conjoint , qui se réunit régulièrement depuis lors. Il a été chargé d’émettre des avis consultatifs, de formuler des recommandations, d’élaborer un référentiel de jurisprudence et un guide de bonnes pratiques et de mettre en évidence les réformes nécessaires en ce qui concerne la déontologie dans les relations professionnelles entre avocats et magistrats. Dans ce contexte, chacun des trois groupes de travail mis en place par le conseil conjoint a remis un rapport thématique , comprenant un guide des bonnes pratiques, un recueil de cas pratiques et des recommandations sur des questions concernant les deux professions .
Efficacité
La durée totale des procédures judiciaires a diminué et l’augmentation des ressources devrait améliorer encore l’efficacité du système judiciaire. En 2021, le temps nécessaire estimé pour trancher les affaires civiles et commerciales en première et seconde instances, mesuré en termes de durée d’écoulement du stock d’affaires pendantes, a considérablement diminué , sauf en ce qui concerne les affaires de corruption, pour lesquelles la durée moyenne des affaires en première instance est particulièrement élevée . De même, le temps nécessaire estimé pour trancher les affaires administratives a considérablement diminué dans toutes les instances . Dans l’ensemble, le nombre d’affaires pendantes reste stable et le taux de variation du stock d’affaires pendantes, qui s’est légèrement amélioré pour les affaires administratives, a dépassé la barre des 100 % pour les affaires civiles et commerciales . L’augmentation susmentionnée des ressources humaines dans le système de justice, ainsi que d’autres initiatives prévues dans le projet de loi d’orientation et de programmation de la justice , en particulier pour rationaliser les procédures civiles et pénales, devraient avoir un effet positif sur l’efficacité de la justice.
II.Cadre de lutte contre la corruption
Parmi les instances compétentes en matière de lutte contre la corruption figurent l’Agence française anticorruption (AFA), qui élabore le plan pluriannuel de lutte contre la corruption, surveille sa mise en œuvre et aide les entités publiques et privées à prévenir et à détecter les faits de corruption, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), chargée de veiller à la probité des agents publics, et l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLIFF), un service de police spécialisé dans les enquêtes sur les infractions économiques, y compris la corruption et le blanchiment de capitaux. Le Parquet national financier (PNF) est compétent pour enquêter dans les affaires de grande corruption.
Les experts et les dirigeants d’entreprises estiment que le niveau de corruption reste relativement faible dans le secteur public . Dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International publié en 2022, la France obtient un score de 72/100 et se classe au 10e rang dans l’Union européenne et au 21e rang dans le monde. Cette perception est restée relativement stable au cours des cinq dernières années. L’enquête «Eurobaromètre spécial» de 2023 sur la corruption montre que 69 % des personnes interrogées estiment que la corruption est répandue dans leur pays (moyenne de l’UE: 70 %) et que 12 % des personnes interrogées se sentent personnellement touchées par la corruption dans leur vie quotidienne (moyenne de l’UE: 24 %). En ce qui concerne les entreprises, 59 % d’entre elles estiment que la corruption est répandue (moyenne de l’UE: 65 %) et 40 % estiment que la corruption est un problème dans le monde des affaires (moyenne de l’UE: 35 %). En outre, 23 % des répondants estiment qu’il existe un nombre suffisant d'actions pénales ayant abouti à des condamnations pour dissuader les personnes de se livrer à des pratiques de corruption (moyenne de l’UE: 32 %) , tandis que 38 % des entreprises estiment que les personnes et les entreprises poursuivies pour corruption d’un haut fonctionnaire sont sanctionnées de manière appropriée (moyenne de l’UE: 30 %) .
Selon l’Agence française anticorruption (AFA), le plan national de lutte contre la corruption pour la période 2020-2022 a été mis en œuvre avec succès et un nouveau plan pour la période 2023-2025 est en cours d’élaboration. Les discussions entre les ministères et les ONG en vue de l’élaboration du nouveau plan national de lutte contre la corruption pour la période 2023-2025 sont en cours, et le nouveau plan devrait être adopté dans le courant de l’année 2023 . Le projet de loi sur la lutte contre la corruption, présenté au Parlement en octobre 2021 , n’a, depuis, pas figuré à son ordre du jour pour discussion .
D’importants progrès ont été accomplis dans le domaine des poursuites et des sanctions applicables aux infractions de corruption de haut niveau, mais les enquêtes pâtissent de problèmes structurels et de ressources limitées. Le rapport 2022 sur l’état de droit recommandait à la France de «continuer d’enquêter sur les infractions relevant de la corruption à haut niveau, de les poursuivre et de les sanctionner de manière effective» . Fin 2022, l’OCLCIFF gérait au total 235 dossiers en cours . Il dispose de 81 enquêteurs et douze enquêteurs supplémentaires devraient le rejoindre en 2023 . Un projet de réforme visant à placer la police judiciaire sous la direction du préfet a suscité des critiques parmi les parties intéressées et les autorités judiciaires, ce projet risquant selon elles de nuire à l’efficacité des enquêtes menées contre la corruption . Début 2023, le Parquet national financier (PNF) et l’Agence française anticorruption (AFA) ont publié un guide pratique sur les enquêtes internes , et le PNF a publié une série de lignes directrices sur les conventions judiciaires d’intérêt public (CJIP) . En 2022, des agents supplémentaires ont été affectés à la lutte contre la criminalité économique, à savoir un juge d’instruction et sept assistants spécialisés au tribunal de Paris . À la lumière de la recommandation du GRECO , en 2022, le PNF s’est vu doter de deux procureurs supplémentaires, soutenus par huit assistants spécialisés . Néanmoins, le bureau du PNF reste en sous-effectif, selon le procureur de la République financier . Bien qu’un projet de réforme visant à modifier le cadre régissant la durée des enquêtes pénales, en particulier dans le domaine de la corruption, soit actuellement examiné au Parlement, certaines préoccupations exprimées par l’OCDE sur les défis structurels qui se posent pour les enquêtes, la procédure pénale contre la corruption transnationale et les mesures législatives relatives à la responsabilité des entreprises en cas de corruption transnationale , demeurent. En 2022, le PNF a traité 708 procédures en cours , condamné 70 personnes (dont des hauts fonctionnaires) , approuvé 18 comparutions sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) , et conclu six conventions judiciaires d’intérêt public (CJIP), notamment pour des affaires internationales (pour un montant cumulé de près de 672 millions d’EUR) , plus d’autres compositions pénales (pour environ 858 millions d’EUR) , et des saisies d’avoirs illicites (pour environ 461 millions d’EUR) . Bien que les enquêtes pâtissent de problèmes structurels et de ressources limitées, des résultats concrets continuent d’être obtenus en matière de poursuite et de jugement des affaires de corruption. Certaines parties intéressées ont exprimé des préoccupations quant au fait que le recours généralisé à des mesures pénales alternatives (telles que les CJIP) pour les entreprises pourrait affecter la dissuasion et la transparence . À ce jour, quelques progrès ont été accomplis dans la mise en œuvre de la recommandation faite dans le rapport 2022 sur l’état de droit.
L’AFA continue de fournir des instruments de soutien, bien que son efficacité opérationnelle soit affaiblie par l’instabilité de ses ressources. En 2022, l’AFA a présenté une série de lignes directrices, de rapports et de formations visant à améliorer la probité dans l’administration publique , notamment un rapport sur les atteintes à la probité survenues entre 2016 et 2021 . En 2022, l’AFA a lancé 18 inspections auprès d’institutions publiques régionales, de fédérations sportives et d’entités adjudicatrices centrales . En 2022, l’AFA a souffert d’un manque de personnel d’encadrement employé à plein temps et de manière permanente, ce qui pourrait nuire à la continuité et à l’efficacité de ses activités . Le mandat du directeur de l’AFA a pris fin en mars 2023, tandis que la commission des sanctions de l’AFA, qui n’était plus opérationnelle depuis août 2022 , a été reconduite en avril 2023.
La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) continue de contrôler régulièrement la mise en œuvre des mesures de probité applicables aux agents publics, notamment leurs déclarations d’intérêts et de patrimoine, qui sont largement respectées. En 2022, la HATVP a reçu 10 659 déclarations d’intérêts et de patrimoine, a examiné 4 170 déclarations et a transmis 51 dossiers (contre 66 dossiers en 2021) au Parquet en vue d’une analyse plus approfondie pour cause de présomption d’infractions . La HATVP n’ayant pas de pouvoir de sanction financière ou administrative, chaque infraction (quelle que soit sa valeur ou sa gravité) est transmise à l’autorité judiciaire . En 2022, la HATVP a effectué 639 contrôles de probité et émis 581 avis (dont 330 sur des cas de «pantouflage») . En mars 2023, la HATVP a rendu des avis sur la reconversion professionnelle (pantouflage) de deux anciens ministres et d’autres agents publics: un projet de reconversion a été retoqué et 20 ont été approuvés . Selon la HATVP, bien que les règles de probité soient devenues plus strictes au fil du temps, les agents publics sont de plus en plus conscients des risques liés à la probité et se conforment dans une large mesure aux mesures qui existent en la matière .
Les audits réguliers portant sur le financement des candidats et des partis politiques se poursuivent. En 2022, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a examiné un total d’environ 5161 déclarations financières de 5297 candidats aux élections législatives (contre 5427 pour les précédentes élections législatives de 2017) et en a rejeté 429 . La CNCCFP n’a pas de pouvoirs d’enquête . La CNCCFP peut prononcer des sanctions financières (y compris des amendes) pour des infractions légères, mais en cas de présomption d’infractions, le dossier est transmis au procureur de la République . En mars 2023, un parti politique a été condamné par la Cour d’appel de Paris à une amende de 250 000 EUR pour recel d’abus de biens sociaux . Pour la première fois lors de l’élection présidentielle de 2022, un nouveau logiciel (appelé Fin’Pol) a été utilisé pour vérifier les déclarations financières des douze candidats . En décembre 2022, en dépit de quelques manquements mineurs, la CNCCFP a approuvé les déclarations financières déposées par les douze candidats à l’élection présidentielle .
Les préoccupations existantes concernant le type d’activités de défense d’intérêts et de représentants d’intérêts restent sans réponse. Le rapport 2022 sur l’état de droit recommandait à la France de «veiller à ce que les règles relatives aux activités de lobbying soient appliquées de manière cohérente à tous les acteurs concernés, y compris au plus haut niveau de l’exécutif» . Bien que la HATVP soit chargée de la gestion du registre des représentants d’intérêts, elle ne dispose pas des pouvoirs de sanction nécessaires en cas de violation des règles de divulgation . En 2022, la HATVP a reçu l’enregistrement de 2 584 représentants d’intérêts (8 % de plus qu’en 2021), 11 105 activités de défense d’intérêts, et a lancé 163 contrôles . Malgré une certaine augmentation des ressources financières et humaines allouées en 2022 , la HATVP a continué à faire face à une charge de travail importante . Bien qu’il n’y ait pas d’obligation légale, un certain nombre d’élus publient activement en ligne leurs rencontres avec des représentants d’intérêts . L’exclusion de certains groupes de l’obligation de s’enregistrer en tant que représentants d’intérêts continue de susciter des critiques . Alors qu’à l’heure actuelle, seuls quelques députés sont employés par des groupes d’intérêt après leur mandat, certaines ONG préconisent d’interdire totalement aux députés d’agir en tant que représentants d’intérêts pendant au moins un an après la fin de leur mandat . Dans son rapport d’activité 2022, la HATVP formule des propositions pour améliorer la réglementation sur la représentation d’intérêts , parmi lesquelles doter la HATVP d’un pouvoir de sanction administrative. Le projet de loi sur la représentation d’intérêts qui devait répondre à toutes les préoccupations existantes, y compris celles soulevées par le GRECO sur la déclaration des rencontres entre représentants d’intérêts et personnes exerçant de hautes fonctions de l’exécutif au niveau national , ainsi que celles concernant le type d’activités de défense d’intérêts et de représentants d’intérêts , n’a pas été inscrit à l’ordre du jour des discussions du Parlement. À ce jour, aucun progrès n’a été accompli dans la mise en œuvre de la recommandation faite dans le rapport 2022 sur l’état de droit, qui n’a pas été mise en œuvre.
Les règles de probité applicables aux membres de l’Assemblée nationale et du Sénat continuent d’être régulièrement mises en œuvre, bien que les suggestions visant à améliorer les mesures de probité applicables aux députés et aux personnes exerçant de hautes fonctions n’aient pas été suivies d’effet. En 2022, la commission de déontologie de l’Assemblée nationale a répondu à quelque 196 demandes de conseil déontologique et a vérifié 191 déclarations financières émanant de députés . Les recommandations formulées par le GRECO en vue d’améliorer les mesures de probité applicables aux députés et aux personnes exerçant de hautes fonctions n’ont pas été suivies d’effet. Le Déontologue de l’Assemblée nationale regrette que les avis rendus par son bureau ne soient pas rendus publics La commission de déontologie du Sénat reste l’organe responsable de la déontologie des sénateurs . Après octobre 2022, la commission de déontologie a publié cinq avis éthiques et 116 avis préventifs (soit une augmentation de près de 85 % par rapport à l’année précédente), principalement sur l’utilisation des fonds publics par les sénateurs, et a réalisé 355 contrôles (ce qui représente environ 15 000 documents examinés) . Les déclarations de déport des députés et des sénateurs visant à éviter les conflits d’intérêts sont publiées sur le site internet de chaque chambre. Toutefois, le nombre de déclarations semble modeste par rapport au nombre total de députés de l’Assemblée nationale . Une commission sénatoriale, créée après l’expression de préoccupations quant à d’éventuels actes de corruption dans les marchés publics qui auraient été commis par des sociétés de conseil, a rendu publiques des recommandations . Des poursuites concernant d’éventuels délits financiers ou abus d’influence restent en cours au bureau du PNF , en plus des affaires de corruption en cours contre de hauts responsables du gouvernement .
Bien qu’officiers de police et juges soient tenus de respecter des règles de déontologie, de nouveaux progrès sont possibles en ce qui concerne les contrôles de sécurité tenant à l’intégrité au sein de la police. Les officiers de police déclarent leur patrimoine (à la HATVP) et passent un entretien déontologique avant de changer de poste. Un agent chargé de la probité vérifie le cumul des activités parallèles, et une entité spéciale peut ouvrir une enquête sur une éventuelle violation des règles déontologiques . La recommandation du GRECO d’effectuer à intervalles réguliers des contrôles de sécurité tenant à l’intégrité des membres de la police nationale et de la gendarmerie nationale reste sans réponse . Le plan d’action Déontologie, qui comprend des mesures de lutte contre la corruption, a été adopté par l’IGGN et distribué aux commandants en chef en septembre 2022 . En 2022, l’inspection générale de la police nationale (IGPN) a mené 19 procédures disciplinaires pour atteintes à la probité, visant 37 officiers de police, tandis que 67 autres officiers ont été visés par 113 enquêtes judiciaires . En décembre 2022, la police a organisé un comité de pilotage afin d’évaluer les risques de corruption et les mesures d’atténuation . En 2022, l’École nationale de la magistrature a dispensé 12 formations sur les principes déontologiques et les pratiques professionnelles aux juges . Les magistrats remettent leur déclaration de patrimoine à la HATVP . Une commission de déontologie conseille les magistrats sur les questions relatives à l’application des obligations déontologiques .
Bien que de nouvelles règles de protection des lanceurs d’alerte soient en place, le manque de ressources humaines et financières risque de nuire à leur mise en œuvre. En 2022, le Défenseur des droits (ci-après le «Défenseur») a reçu 136 alertes (soit une hausse de 50 % par rapport à 2021), a mis en place une ligne d’information pour le lancement d’alertes et a acquis un logiciel permettant d’échanger des informations sécurisées avec les entités compétentes . Fin 2022, deux décrets ont été publiés en vue de la mise en œuvre de la loi sur la protection des lanceurs d’alerte . Les décrets établissent le rôle central du Défenseur , la désignation de 40 entités compétentes, la définition des signalements et la protection des lanceurs d’alerte . Le Défenseur reconnaît le statut de lanceur d’alerte et est chargé de former et d’assister les lanceurs d’alerte . En mars 2023, le Défenseur a organisé une première réunion des 40 entités compétentes afin de coordonner leurs actions et a publié en ligne un guide du lanceur d’alerte . La mise en œuvre concrète des nouvelles règles est confrontée à des difficultés. Tout d’abord, malgré l’affectation de trois agents supplémentaires , le Défenseur souligne le manque de ressources humaines et financières pour mener à bien ses missions . Deuxièmement, alors que la loi prévoit que les entités compétentes sont chargées de fournir un soutien juridique, financier et psychologique aux lanceurs d’alerte, aucun financement public n’a été alloué à cette fin aux 40 entités compétentes, ce qui, de fait, affaiblit leur rôle de soutien .
III.Pluralisme et liberté des médias
La Constitution française garantit la liberté d’expression ainsi que le pluralisme et l’indépendance des médias. Ces principes sont également consacrés dans une législation sectorielle spécifique, mise en œuvre par l’autorité indépendante de régulation des médias. La déclaration des droits de l’homme et du citoyen reconnaît la liberté d’expression comme un droit fondamental. Le droit à l’information est garanti par le cadre juridique de la France . Le système juridique français prévoit également des règles spéciales relatives à la transparence en matière de propriété des médias .
Le régulateur des médias continue d’agir en tant qu’organe indépendant dans le domaine du contenu audiovisuel et numérique. Comme indiqué dans le rapport 2022 sur l’état de droit , l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM) est née de la fusion de deux grandes autorités de régulation, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet (HADOPI), l’autorité compétente en matière de droits d’auteur en ligne . Les compétences des institutions fusionnées ont été étendues aux questions relatives à la désinformation, à la défense de la création culturelle, à la lutte contre le streaming ou le téléchargement illégal et à la protection des mineurs. Les ressources financières et humaines de l’ARCOM sont considérées comme suffisantes et sont restées stables. L’ARCOM partage avec l’Autorité de la concurrence la compétence en matière de concentrations dans le secteur audiovisuel; lorsqu’elle évalue une opération de concentration concernant un éditeur ou un distributeur de services de radio et de télévision, l’Autorité de la concurrence doit demander l’avis de l’ARCOM . L’ARCOM accorde également les autorisations pour les services de radio et de télévision opérant sur des fréquences terrestres. Comme en 2022, l’instrument de surveillance du pluralisme des médias (Media pluralism monitor ou MPM 2023) fait état d’un risque très faible pour l’indépendance du régulateur des médias .
Même si les discussions sur la révision des règles de transparence en matière de propriété des médias ont commencé, aucun nouveau progrès n’a été accompli dans la mise en œuvre de la recommandation de 2022 de renforcer la transparence de la propriété des médias. Le rapport 2022 sur l’état de droit recommandait à la France de «renforcer la transparence en matière de propriété des médias, en particulier en ce qui concerne les structures d’actionnariat complexes, en s’appuyant sur les garanties juridiques existantes» . En France, il existe des garanties juridiques pour assurer la transparence en matière de propriété des médias . Cependant, comme indiqué dans le rapport 2022 sur l’état de droit , les organisations de journalistes ont mis en évidence des risques dans le domaine de la transparence de la propriété des médias, notamment en ce qui concerne la complexité des structures d’actionnariat, et ont souligné le degré élevé de concentration dans l’environnement médiatique français . Le MPM 2023 fait état d’un risque moyen pour la transparence de la propriété des médias, en raison de la complexité et des multiples niveaux de la structure d’actionnariat de nombreux conglomérats médiatiques, et souligne le degré élevé de concentration des médias français . À la suite du rapport de la commission d’enquête du Sénat, instituée en novembre 2021, qui considérait la loi sur la liberté de communication comme «obsolète» et en proposait la révision complète , des réflexions sur les modalités de révision de la réglementation relative à la concentration des médias sont en cours au sein du gouvernement, mais aucune autre mesure n’a été prise à cet égard. Le gouvernement a déclaré que la question de la transparence de la propriété et de la concentration des médias serait également abordée dans le cadre des prochains États généraux du droit à l’information, afin d’évaluer l’éventuelle révision des règles existantes pour garantir une meilleure transparence. Les détails de cette révision ne sont pas encore précisés . Ainsi, étant donné qu’aucune mesure concrète n’a été prise à ce jour, aucun nouveau progrès n’a été accompli dans la mise en œuvre de la recommandation faite dans le rapport 2022 sur l’état de droit.
Les garde-fous bien établis continuent de garantir l’indépendance des médias français de service public, tandis que la loi sur le financement de l’audiovisuel public a été modifiée. Comme indiqué dans le rapport 2022 sur l’état de droit , les médias français de service public (France Télévision) sont régis par la loi sur la liberté de communication, qui prévoit que les médias de service public doivent garantir l’honnêteté, le pluralisme de l’information et l’indépendance, ainsi que la diversité des opinions, le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques . Les procédures de nomination pour les fonctions de direction et de conseil dans les médias de service public sont transparentes et équilibrées. La loi dispose également que les journaux télévisés de France Télévision ont une ligne éditoriale indépendante . L’ARCOM surveille l’indépendance et l’impartialité des médias de service public . Le Sénat a récemment approuvé le projet du gouvernement de supprimer la contribution à l’audiovisuel public et la loi de finances rectificative pour 2022 a supprimé la redevance à partir de septembre 2022 . Selon la loi, l’audiovisuel public sera financé par les recettes de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) jusqu’à la fin de l’année 2024. Pour la période à compter de 2025, le gouvernement doit présenter un plan de financement distinct. Cette décision a suscité des inquiétudes quant à l’avenir du financement et de l’indépendance des services publics français de télévision et de radio. En particulier, selon les associations de journalistes et les autorités, l’indépendance de l’audiovisuel public risque d’être affaiblie; elles ont souligné que le remplacement de la redevance par un prélèvement sur la TVA était une solution transitoire qui n’était pas adaptée au rôle des médias de service public et ont demandé la création d’un modèle de financement plus approprié et prévisible . Le MPM 2023 considère que l’indépendance de la gouvernance des médias de service public est un domaine présentant un risque moyen .
Les journalistes continuent d’être exposés à différents types de menaces et des attaques ont été signalées, en particulier lors de protestations et de manifestations. La plateforme pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes du Conseil de l’Europe a enregistré 29 nouvelles alertes depuis la publication du rapport 2022 sur l’état de droit. Les incidents enregistrés concernent des menaces, des intimidations et des agressions physiques, en particulier lors de protestations et de manifestations. Plusieurs alertes concernent également des menaces de mort reçues par des journalistes. Le rapport 2022 sur l’état de droit relevait que le gouvernement avait pris des mesures pour renforcer la protection des journalistes , notamment en modifiant le schéma national du maintien de l’ordre (SNMO) et en créant un comité de liaison mensuel entre le ministère de l’intérieur et la presse afin de remédier aux tensions entre la presse et les forces de police . Bien qu’il ait été rapporté que ces initiatives contribuaient à améliorer, dans l’ensemble, la sécurité des journalistes et à remédier aux cas de violence policière , les associations de journalistes ont également souligné que, face à la multiplication des manifestations au cours des derniers mois, on avait enregistré de nouvelles agressions contre des journalistes par des manifestants et un recours excessif à la force par les policiers . La loi sur la liberté d’accès aux documents administratifs prévoit un droit d’accès pour toutes les personnes aux documents administratifs détenus par des organismes publics. Le MPM 2023 considère que la protection du droit à l’information est un domaine présentant un risque faible, enregistrant une baisse constante par rapport à l’année dernière .
IV.Autres questions institutionnelles en rapport avec l’équilibre des pouvoirs
La France dispose d’un système de gouvernance semi-présidentiel, le président étant directement élu par le peuple et le premier ministre tenu de rendre compte devant le Parlement. Le parlement bicaméral se compose de l’Assemblée nationale et du Sénat. Les propositions législatives peuvent émaner du gouvernement ou de membres des deux chambres parlementaires. Le Conseil constitutionnel contrôle la constitutionnalité des actes législatifs, avant ou après leur adoption. L’indépendance des autorités joue un rôle important dans le système d’équilibre des pouvoirs. Le Défenseur des droits et la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) sont tous deux chargés de la promotion et de la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales. La CNCDH est l’institution nationale de défense des droits de l’homme qui s’est vu octroyer le statut «A» par le sous-comité de la GANHRI sur l’accréditation, conformément aux principes de Paris.
Le gouvernement a continué de recourir largement à des procédures législatives accélérées qui raccourcissent ou limitent le débat parlementaire sur les propositions législatives. Depuis la publication du rapport 2022 sur l’état de droit, la procédure législative accélérée a été utilisée à plusieurs reprises . Dans une lettre à l’Assemblée nationale, le président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a déploré le recours répété à la procédure accélérée pour des lois portant atteinte aux droits fondamentaux, la jugeant incompatible avec le temps de discussion nécessaire au Parlement sur ces projets de loi . Le gouvernement a recouru à plusieurs mécanismes autorisés par la Constitution pour adopter des lois. Le Conseil constitutionnel a confirmé la constitutionnalité du recours à ces mécanismes. De plus, ces derniers ont rendu possibles l’omission des débats parlementaires et l’introduction d’amendements, notamment par la soumission du rejet du projet de loi à une motion de censure votée par l’Assemblée nationale , possibilité qui a été utilisée onze fois depuis octobre 2022. Parfois, plusieurs mécanismes différents visant à limiter les débats parlementaires ont été utilisés pour la même législation .
Les régimes d’urgence ont été abrogés et un comité permanent de gestion des risques sanitaires a été créé. Une loi du 30 juillet 2022 a abrogé, à partir du 1er août 2022, l’état d’urgence sanitaire, ainsi que le régime de gestion des crises sanitaires précédemment en vigueur, y compris toutes les mesures d’urgence précédemment en vigueur . Un décret a dissous l’ancien Conseil scientifique COVID-19 et a créé un comité permanent de veille et d’anticipation des risques sanitaires, aux missions élargies . Le gouvernement a régulièrement informé l’Assemblée nationale des mesures prises dans le cadre des régimes d’urgence successifs jusqu’à leur abrogation .
La transparence et l’aspect contradictoire de la procédure de contrôle constitutionnel ex ante ont été renforcés. Le Conseil constitutionnel a modifié son règlement intérieur , qui prévoit désormais que le texte de la saisine pour contrôle ex ante est publié immédiatement sur son site internet//web. Le Conseil constitutionnel peut également décider de fixer une date de clôture de l’instruction, qui est notifiée aux parties et rendue publique sur son site internet. Pour renforcer le caractère contradictoire de la procédure, pendant l’instruction, tous les actes et pièces de procédure sont communiqués aux parties intéressées . Les députés peuvent également demander à être entendus ou envoyer des observations écrites. Le nouveau règlement intérieur rend également irrecevables les saisines ex ante qui soulèvent des motifs spécifiques d’inconstitutionnalité.
Au 1er janvier 2023, 29 arrêts importants de la Cour européenne des droits de l’homme, soit quatre de plus par rapport à l’année précédente, étaient en attente d’exécution par la France. À cette date, la proportion d’arrêts importants qui remontaient aux 10 dernières années et restaient en attente d’exécution était de 36 % (contre 28 % en 2022), et ces arrêts étaient en attente d’exécution depuis deux ans et 10 mois en moyenne (contre deux ans et 11 mois en 2022). L’arrêt important le plus ancien, en attente d’exécution depuis près de 13 ans, porte sur l’inaction des autorités dans l’exécution des mesures judiciaires d’expulsion concernant des terres occupées illégalement38. Au 15 juin 2023, le nombre des arrêts importants en attente d’exécution était descendu à 26. Dans un arrêt du 8 décembre 2022, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné la France pour le refus des autorités administratives d’exécuter des ordonnances de référé enjoignant à l’État d’héberger des familles de demandeurs d’asile . Le Défenseur des droits, qui est intervenu dans l’affaire devant la CEDH, a fait observer que les conclusions de la Cour, bien que portant sur des faits survenus en 2018, étaient toujours pertinentes en décembre 2022 .
Des arrêts ont rappelé l’obligation de l’administration de garantir la transparence et de justifier la nécessité des arrêtés d’interdiction de manifestation. En mars 2023, les autorités exécutives compétentes ont publié une série d’arrêtés administratifs interdisant les manifestations non déclarées dans certains secteurs afin de protéger l’ordre public, sous peine d’amendes . Les parties intéressées ont exprimé des inquiétudes quant au manque de transparence des actes administratifs servant de base juridique pour sanctionner les personnes participant à des manifestations . Saisis en urgence par l’association de défense des libertés constitutionnelles, la Ligue des droits de l’homme et des particuliers, les tribunaux administratifs ont ordonné aux autorités exécutives de publier sur leur site web les arrêtés d’interdiction de manifestation avant leur entrée en vigueur afin de garantir le droit à un recours juridictionnel effectif , et ont suspendu l’exécution de certains arrêtés considérés comme restreignant indûment le droit de manifester . Saisi en urgence par plusieurs associations , le Conseil d’État a constaté que l’obligation de porter un numéro d’identification n’avait pas été respectée à diverses reprises par des fonctionnaires de la police nationale dans l’exercice de leurs missions, notamment lors d’opérations de maintien de l’ordre, malgré les instructions de leur hiérarchie de se conformer à cette obligation .
Si l’environnement financier des organisations de la société civile reste favorable, les parties intéressées ont fait part de leurs préoccupations quant à la mise en œuvre de la législation qui subordonne l’accès aux financements publics au respect des valeurs fondamentales de la République française. L’espace dévolu à la société civile continue d’être considéré comme rétréci . L’environnement financier des organisations de la société civile (OSC) reste favorable, notamment grâce à des incitations fiscales substantielles . Depuis le dernier rapport sur l’état de droit, le pouvoir exécutif, ainsi que les autorités locales, a recouru à des dispositions, rendues plus strictes par la loi sur les principes républicains qui permettent de revoir et de suspendre le financement des associations ou de refuser l’autorisation de mener certaines activités. La mise en œuvre de ces dispositions fait l’objet d’un contrôle juridictionnel . Le gouvernement a rendu plusieurs décisions en vue de dissoudre des associations considérées comme promouvant des actions violentes, dont certaines ont été suspendues par des tribunaux administratifs . Plusieurs annonces du ministre de l’intérieur visant à engager des procédures de dissolution ou à revoir l’allocation de subventions à certaines OSC ont été perçues comme un moyen de pression . Un recours déposé par des OSC visant à obtenir l’annulation d’un décret d’application de la loi sur les principes républicains est pendant devant le Conseil d’État .
Annexe I: liste des sources par ordre alphabétique*
* La liste des contributions reçues dans le cadre de la consultation préalable à l’élaboration du rapport 2023 sur l’état de droit peut être consultée à l’adresse suivante: https://commission.europa.eu/publications/2023-rule-law-report-targeted-stakeholder-consultation_en .
Décision du Conseil Constitutionnel nº 2022-846 DC du 19 janvier 2023, https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2023/2022846DC.htm .
Décision du Conseil Constitutionnel nº 2023-849 DC du 14 avril 2023, https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2023/2023849DC.htm .
Comité des États généraux de la justice (2022), rapport, Rendre justice aux citoyens, https://medias.vie-publique.fr/data_storage_s3/rapport/pdf/285620.pdf .
Commission nationale consultative des droits de l’homme (2023), lettre du 14 février 2023 à l’Assemblée nationale, https://www.cncdh.fr/actualite/pjl-jeux-olympiques-et-paralympiques-le-president-de-la-cncdh-alerte-lassemblee-nationale .
Décision du Conseil constitutionnel nº 2023-1046 QPC du 21 avril 2023, https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2023/20231046QPC.htm .
Décision du Conseil constitutionnel nº 2023-850 DC du 17 mai 2023, https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047562010#:~:text=Les%20d%C3%A9put%C3%A9s%20requ%C3%A9rants%20d%C3%A9f%C3%A8rent%20au,%2C%2015%2C%2017%20et%2018 .
Conseil d’État, décision du 5 avril 2023 sur les mesures provisoires, ECLI:FR:CEORD:2023:472509,20230405, https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000047422008?isSuggest=true .
Conseil de l’Europe, Plateforme pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes, France, https://fom.coe.int/en/pays/detail/11709510.
Cour des comptes (2021), Communication à la commission des finances du Sénat, «Améliorer le fonctionnement de la justice – Point d’étape du plan de transformation numérique du ministère de la justice» http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/commission/finances/Controle/58- 2/Plan_de_transformation_numerique_de_la_justice.pdf .
Décret nº 2022-1099 du 30 juillet 2022 instituant un comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires.
Défenseur des droits (2023), communiqué de presse du 14 avril 2023, Des risques d’atteintes aux droits et libertés qui fragilisent la démocratie, https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/a-la-une/2023/04/des-risques-datteintes-aux-droits-et-libertes-qui-fragilisent-la-democratie .
Défenseur des droits (2022), communiqué de presse du 8 décembre 2022, Les défaillances du dispositif national d’accueil des demandeurs d’asile condamnées par la CEDH: les conclusions de la Défenseure des droits confortées, https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/communique-de-presse/2022/12/les-defaillances-du-dispositif-national-daccueil-des-demandeurs-dasile .
Rapport Eurobaromètre Flash du Parlement européen: News & Media Survey 2022, https://europa.eu/eurobarometer/surveys/detail/2832 .
Financial Times (2023), article du 20 juin 2023, France probes alleged corruption in Paris Olympics contracts https://www.ft.com/content/2fe815d9-c161-4703-bcfe-9c0bce949fb5 .
Gouvernement français, annexe au projet de loi de finances 2023, Effort financier de l’État en faveur des associations, https://www.budget.gouv.fr/documentation/file-download/19032 .
Conseil supérieur de la magistrature (2023), rapport annuel d’activité 2022, http://www.conseil-superieur-magistrature.fr/sites/default/files/rapports_activite/csm_ra_2022.pdf .
Conseil supérieur de la magistrature, communiqué de presse du 26 octobre 2022, http://www.conseil-superieur-magistrature.fr/publications/avis-et-communiques/communication-du-26-octobre-2022 .
Le Monde (2023), article du 29 mars 2023, La très grande discrétion des arrêtés interdisant les rassemblements spontanés contre la réforme des retraites, https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2023/03/29/la-tres-grande-discretion-des-arretes-interdisant-les-rassemblements-spontanes-contre-la-reforme-des-retraites_6167480_4355770.html .
Ministère de la justice (2023), communiqué de presse du 14 février 2023, Plan de transformation numérique du ministère de la justice, http://www.presse.justice.gouv.fr/communiques-de-presse-10095/communiques-de-2023-13025/plan-de-transformation-numerique-du-ministere-de-la-justice-34760.html .
Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) de l’OSCE, https://www.osce.org/odihr/elections/france/535110 .
Ligue des droits de l’homme, communiqué de presse du 27 mars 2023, Arrêtés d’interdiction de manifestation dans des rues ou places dans tout Paris, https://www.ldh-france.org/arretes-dinterdiction-de-manifestation-dans-des-rues-ou-places-dans-tout-paris/.
Media Pluralism Monitor (instrument de surveillance du pluralisme des médias) 2023, rapport sur la France.
Tribunal administratif de Paris, décision nº 230744 du 1er avril 2023, https://www.dalloz.fr/documentation/Document?id=TA_PARIS_2023-04-01_2307444#texte-integral .
Tribunal administratif de Paris, décision nº 2307385/9 du 4 avril 2023, https://www.dalloz-actualite.fr/sites/dalloz-actualite.fr/files/resources/2023/04/ta_paris_4_avril_2023_association_de_defense_des_libertes_constitutionnelles_et_autres_2307385.pdf .
Reporters sans frontières – France https://rsf.org/en/index?year=2023 .
Reporters sans frontières, Financement de l’audiovisuel public en France: la majorité parlementaire doit mettre fin à une logique de bricolage, https://rsf.org/en/france-must-drop-makeshift-approach-public-broadcast-media-funding.
Sherpa, France Nature Environnement, Greenpeace France, Humanité et Biodiversité, Les Amis de la Terre France, LPO, Transparency Internationale France, Notre Affaire À Tous et Zero Waste France (2022), communiqué de presse du 2 mars 2022, https://www.greenpeace.fr/espace-presse/loi-separatisme-et-contrat-dengagement-republicain-recours-des-associations-de-defense-de-lenvironnement-et-de-lutte-contre-la-corruption/ .
Union Syndicale des Magistrats (2022), lettre du 13 juillet 2022 au ministre de la justice, https://www.union-syndicale-magistrats.org/web2/themes/fr/userfiles/fichier/courrier/2022/DDSP11juil22.pdf .
Annexe II: Mission en France
Les services de la Commission ont tenu des réunions virtuelles en mars et avril 2023 avec les entités suivantes:
·l’Agence France-Presse
·Anticor
·l’Agence française anticorruption
·l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales
·la Conférence des bâtonniers
·le Conseil d’État
·le Défenseur des droits
·la Délégation des barreaux de France
·le Déontologue de l’Assemblée nationale
·le Forum civique européen
·la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique
·le Conseil supérieur de la magistrature
·le Conseil de déontologie journalistique et de médiation
·la Ligue des droits de l’homme
·le Mouvement associatif
·le ministère de la culture
·le ministère de la justice
·le ministère des affaires étrangères
·la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques
·la Commission nationale consultative des droits de l’homme
·le Conseil national des barreaux
·le Parquet national financier
·le Syndicat national des journalistes
·l’Association du barreau de Paris
·l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM)
·Reporters sans frontières
·la commission de déontologie du Sénat
·le Syndicat de la magistrature
·l’Union syndicale des magistrats
* La Commission a également rencontré les organisations suivantes lors de plusieurs réunions horizontales:
·ALDA (Association européenne pour la démocratie locale)
·Amnesty International
·l’Union des libertés civiles pour l’Europe
·Société civile Europe
·Culture Action Europe
·le Centre européen pour la liberté de la presse et des médias
·le Forum civique européen
·la Fédération européenne des journalistes
·le Partenariat européen pour la démocratie
·le Forum européen de la jeunesse
·Free Press Unlimited
·Front Line Defenders
·ILGA Europe
·la Commission internationale de juristes
·la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH)
·la Fédération internationale pour le Planning familial – Réseau européen
·l’Institut international de la presse
·JEF Europe
·Osservatorio Balcani e Caucaso Transeuropa
·Philea
·Reporters sans frontières
·SOLIDAR
·Transparency International UE