Avis du Comité économique et social européen — L’avenir de l’industrie de l’Union européenne dans la perspective d’un niveau élevé des prix de l’énergie et des coûts de la transition (avis exploratoire)
| CELEX | 52024AE3583 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 26 février 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2025/2015 | 30.4.2025 |
Avis du Comité économique et social européen
L’avenir de l’industrie de l’Union européenne dans la perspective d’un niveau élevé des prix de l’énergie et des coûts de la transition
(avis exploratoire)
(C/2025/2015)
Rapporteur:
M. ANDREA MONE| Conseiller | M. Benjamin DENIS (pour le rapporteur) |
| Consultation | Présidence polonaise du Conseil de l’Union européenne, 6.9.2024 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Marché unique, production et consommation» |
| Adoption en section | 12.2.2025 |
| Adoption en session plénière | 26.2.2025 |
| Session plénière no | 594 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 123/0/1 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social européen (CESE) demande que des initiatives soient prises d’urgence dans le but de doter l’Union européenne d’une stratégie industrielle globale au service de la compétitivité des industries et de la qualité de l’emploi qui viendrait compléter les objectifs du pacte vert grâce à un suivi rigoureux et des mesures d’ajustement ciblées. |
| 1.2. | Le CESE plaide notamment pour que l’on entreprenne les démarches propres à:
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| 1.3. | Aux recommandations de portée intersectorielle qui sont contenues dans le présent avis vient s’ajouter un avis complémentaire de la commission consultative des mutations industrielles du CESE où sont examinées les problématiques spécifiques auxquelles les industries très consommatrices d’énergie sont confrontées. |
2. Éléments de contexte
| 2.1. | La présidence polonaise du Conseil de l’Union européenne a saisi le CESE d’une demande d’avis exploratoire sur l’avenir de l’industrie de l’Union face au niveau élevé des prix de l’énergie et des coûts de la transition. L’Union a récemment proposé des initiatives qui font la part belle au renforcement de l’industrie européenne, notamment dans le cadre des conclusions du Conseil et des orientations politiques de la nouvelle Commission. Parmi les grands objectifs qui ont été fixés figurent notamment un nouveau pacte pour une industrie propre, qui sera mis au service de la compétitivité des industries et de la qualité de l’emploi, ainsi qu’un acte législatif visant à accélérer la décarbonation de l’industrie. À la lumière des avis qu’il a émis précédemment (1), de la contribution apportée par Mario Draghi et Enrico Letta dans leurs rapports respectifs («The future of European competitiveness» et «Much more than a Market») et de l’actualité institutionnelle, le CESE évalue dans le présent document les améliorations que l’on pourrait apporter pour soutenir l’industrie dans cette transition périlleuse qui l’attend. |
3. Observations générales
| 3.1. | L’Europe doit affronter toute une série de défis complexes, puisqu’il lui faudra notamment se hisser à un niveau suffisant d’innovation et déployer en la matière une palette adéquate de solutions pour pouvoir rivaliser avec les régions les plus dynamiques du globe, s’assurer que les actions qu’elle déploie pour décarboner l’économie soient propices à opérer une gestion durable des transitions sur le plan environnemental, économique et social, mais aussi à désamorcer les processus de désindustrialisation, et enfin satisfaire aux impératifs que sont l’autonomie stratégique et la sécurité économique dans un contexte de montée des tensions géopolitiques et commerciales. Ces prémisses étant posées, la politique industrielle de l’Europe doit, pour être efficace, être guidée par un certain nombre de facteurs qui sont liés les uns aux autres. |
| 3.2. | Mettre au point une stratégie industrielle appropriée au niveau européen fait donc partie des grands chantiers à l’importance vitale que l’Union européenne doit entreprendre de toute urgence si elle entend préserver sa prospérité et promouvoir ses valeurs; il lui faudra pour ce faire être en mesure d’exprimer tout son potentiel dans une optique de compétitivité et de durabilité, et ainsi empêcher une marginalisation de l’Europe, tout en respectant par ailleurs les limites de la planète et les objectifs de développement durable des Nations unies. |
| 3.3. | Il convient d’adopter une nouvelle approche de la compétitivité qui soit fondée sur une meilleure combinaison entre la politique industrielle, les ambitions climatiques et la stratégie géopolitique et qui soit tournée vers l’investissement, l’innovation et la cohésion sociale. |
| 3.4. | Dans cette approche, l’une des priorités stratégiques doit consister à maintenir une solide base industrielle, en étant tout aussi attentif aux industries innovantes qu’à celles plus traditionnelles, compte tenu de la complémentarité et de l’importance de ces deux versants pour l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. |
| 3.5. | Un autre aspect essentiel consiste à mettre en œuvre une politique et un bouquet énergétiques qui soient neutres sur le plan technologique, qui apportent plus de stabilité sur le long terme, qui engendrent des prix compétitifs à l’échelle mondiale, et qui tiennent compte de la nécessité d’investir dans des sources stables et peu émettrices de carbone durant la transition — ladite politique devant notamment inclure des dispositifs d’aide afin de lever les obstacles qui freinent encore la conclusion d’accords sur l’achat d’électricité propre. |
| 3.6. | Le CESE observe que des investissements supplémentaires tels qu’ils ont été préconisés dans le rapport Draghi n’ont jamais été aussi nécessaires, tout comme il reconnaît qu’il faut réformer la gouvernance européenne pour rendre la prise de décision plus efficace. |
| 3.7. | Ces questions doivent être examinées parallèlement à celles soulevées dans le rapport Letta sur la nécessité de parachever le marché intérieur, ce qui implique de renforcer l’intégration européenne dans certains secteurs, notamment celui de l’énergie, et d’inscrire la dimension sociale et la cohésion territoriale au cœur de la résilience de l’Union. |
| 3.8. | Il a été souligné dans l’avis complémentaire (2) que l’Union européenne doit donner la priorité à des politiques de transfert, vers les industries très gourmandes en énergie, des avantages en termes de coûts qui découlent d’une électricité renouvelable et peu carbonée. Il s’agit aussi, en la matière, de réformer le marché de l’électricité, de réduire les coûts induits par la réglementation et de développer des instruments tels que les contrats d’écart compensatoire et les accords d’achat d’électricité, mais encore d’introduire des mesures fortes pour empêcher le contournement des règles et de réévaluer le cadre d’action de l’Union pour lutter contre les fuites de carbone, dans l’hypothèse où les mesures prévues au titre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) se révéleraient insuffisantes. Si l’on veut atteindre les objectifs d’un bilan net nul des émissions de carbone, il est essentiel de faire preuve d’une plus grande fermeté dans la politique commerciale et d’investir dans la modernisation du réseau énergétique, l’intégration des énergies renouvelables et le développement des marchés des matières premières secondaires. |
4. Observations particulières — Les grands piliers de la compétitivité industrielle future de l’Union
4.1. Garantir et promouvoir une approche participative — un nouveau contrat social pour accompagner la transition
| 4.1.1. | Pour concevoir et mettre en œuvre des politiques industrielles compétitives qui soient propices à la cohésion sociale et territoriale, il faudra y associer les travailleurs et faire jouer la négociation collective à tous les niveaux, et veiller à inclure pleinement dans la démarche les partenaires sociaux, les institutions et l’ensemble des acteurs économiques et sociaux, chacun selon son domaine de compétence, dans le cadre d’une approche participative. |
| 4.1.2. | Le CESE juge nécessaire de renforcer la gouvernance de la stratégie industrielle de l’Union en réunissant autour de la table les commissaires et les ministres compétents avec les partenaires sociaux interprofessionnels et sectoriels. |
| 4.1.3. | Des efforts concertés s’imposent pour mettre en avant le dialogue social à tous les niveaux, notamment par la mise en œuvre du nouveau pacte pour le dialogue social d’ici le début 2025, ce qui réaffirmera ainsi son importance stratégique, du point de vue économique et social, s’agissant d’anticiper et de gérer le changement. |
4.2. Promouvoir une compétitivité durable
| 4.2.1. | Compte tenu des arguments avancés dans le rapport Draghi, le CESE souligne qu’il est important et nécessaire de promouvoir la compétitivité sans pour autant recourir à la «modération des salaires pour abaisser les coûts relatifs», de conjuguer gains de productivité et inclusion sociale, et ce même dans un contexte de déclin démographique, et enfin de sauvegarder le modèle social européen tout en s’adaptant aux changements et en évitant les effets potentiellement inégalitaires des changements technologiques. Il est fondamental d’accorder toute l’attention requise à l’impact territorial des politiques menées afin de garantir une transition juste, qui n’exclue du développement aucun territoire, aucune entreprise ni aucun travailleur. Le processus d’élargissement doit lui aussi être dûment pris en considération pour rendre les politiques industrielles de l’Union plus inclusives. |
| 4.2.2. | L’éducation, la formation et les compétences doivent être abordées dans le cadre d’une nouvelle approche. Souscrivant à la proposition de M. Letta d’instaurer une «cinquième liberté» pour permettre la libre circulation de la recherche, de l’innovation, de la connaissance et de l’éducation, le CESE juge important, outre le fait de renforcer le système éducatif et de mieux l’ajuster au monde du travail, que la stratégie de l’Union intègre tant les connaissances dont nos universités disposent en interne que le recrutement de personnes qualifiées qui viendront depuis l’extérieur les compléter et grâce à quoi on pourra accélérer le développement et l’innovation dans l’Union, tout comme il importe de mettre en place le cadre réglementaire approprié au moyen duquel nous serons en mesure d’avancer beaucoup plus vite dans la reconversion professionnelle des travailleurs, de mettre les programmes éducatifs en concordance avec l’évolution du marché, de rechercher des processus automatisés et d’assurer une mobilité plus fluide et équitable dans l’Union et à l’étranger. Il conviendrait également de mettre en place un mécanisme automatique de l’Union pour la reconnaissance des qualifications et de se fixer pour objectif d’affecter 3 % des dépenses à la recherche et l’innovation. |
| 4.2.3. | Il est nécessaire d’adapter les instruments du pacte vert sur la base d’évaluations qui auront été factuellement étayées, notamment grâce à des processus d’harmonisation des données, tout en maintenant le cap de ses principaux objectifs, et en tenant compte par ailleurs des mesures que le CESE a mises en avant dans son avis intitulé «Recalibrer le pacte vert» (3). |
| 4.2.4. | Ces évaluations devraient vérifier que les conditions essentielles pour atteindre les objectifs fixés sont bien réunies et les quantifier (matières premières, eau, compétences, énergie décarbonée, infrastructures, financements et mesures incitatives à destination du marché) (4). Les problématiques relatives au travail doivent être évaluées, notamment pour ce qui a trait aux besoins en matière de compétences, à l’impact sur l’emploi et aux conditions de travail, afin que l’on puisse, le cas échéant, proposer des mesures correctives, y compris en faisant valoir les accords négociés avec les syndicats, de manière à anticiper les changements. |
4.3. Relever le défi des prix de l’énergie pour une véritable stratégie énergétique de l’Union
| 4.3.1. | La compétitivité de l’industrie européenne est, sur la base d’un pacte industriel européen, l’un des éléments qui, parmi une série de conditions indispensables à la mise en œuvre efficace du pacte vert pour l’Europe, concourent à améliorer la qualité de l’emploi et restaurer la confiance et le soutien dont jouissent les industries européennes. Si elle veut être une puissance industrielle, l’Europe doit pouvoir accéder à de grandes quantités d’énergie à un prix compétitif. Étant un bloc très dépendant sur le plan énergétique et faisant face à des prix élevés, l’Union européenne se voit menacée de désindustrialisation si elle ne répond pas promptement et vigoureusement à la problématique de l’énergie. |
| 4.3.2. | L’Union européenne est très dépendante des importations pour son énergie, à hauteur de 64,4 % en 2022 (5). Sa dépendance aux importations énergétiques est particulièrement forte dans le cas du pétrole et du gaz, ainsi que, dans une certaine mesure, des combustibles solides; ces trois produits énergétiques représentent encore 58 % de sa consommation d’énergie primaire. Elle est donc très vulnérable aux fluctuations du marché mondial de l’énergie. Les mouvements dans le prix des produits énergétiques importés se répercutent directement sur sa balance commerciale, mais aussi sur la compétitivité de son industrie, en particulier dans les secteurs très énergivores qui sont exposés à la concurrence mondiale. |
| 4.3.3. | L’industrie européenne doit également composer avec des coûts de l’énergie finale supérieurs à ceux de bon nombre de ses concurrents. Le gaz est trois à cinq fois plus cher dans l’Union qu’aux États-Unis, et les prix de l’électricité dont s’acquittent les secteurs industriels y sont deux à trois fois plus élevés, par rapport aux États-Unis toujours, mais aussi à la Chine. En raison du système de tarification au coût marginal que l’Union applique actuellement à son marché de gros de l’électricité, le prix du gaz influe sur celui de l’électricité de façon disproportionnée par rapport à sa part dans la production énergétique (6). |
| 4.3.4. | Ce désavantage concurrentiel dans le domaine de l’énergie est aussi alimenté par le système d’échange de quotas d’émission de l’Union (SEQE), qui n’a pas d’équivalent dans les autres grandes économies. Le prix du carbone plus élevé se répercute directement sur les coûts de l’électricité, mais aussi sur les coûts de production des industries qui engendrent des émissions de procédé, telles que les aciéries ou les cimenteries, et toutes celles dans lesquelles il est difficile de réduire les émissions. L’impact du SEQE a été relativement modéré jusqu’à présent, mais les nouvelles règles mises en œuvre dans la quatrième phase du dispositif vont clairement changer la donne, tout comme la suppression progressive des quotas gratuits. |
| 4.3.5. | Étant entendu que pour décarboner l’industrie, la voie à suivre sera essentiellement celle de son électrification, surmonter le défi posé par le prix de l’énergie nécessitera en premier lieu d’assurer la fourniture d’une quantité suffisante d’électricité décarbonée à un prix compétitif, tout en soutenant l’électrification du côté à la fois de l’offre et de la demande et en améliorant l’efficacité énergétique. À cet égard:
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4.4. Créer un cadre pour combler le déficit d’investissement
| 4.4.1. | À la lumière du nouveau système de gouvernance économique européenne, le CESE affirme une fois encore qu’il est nécessaire d’y élargir la définition de l’investissement public, d’y établir une capacité budgétaire de l’Union d’ici 2026 et d’y renforcer la participation des partenaires sociaux et de la société civile aux fins d’une plus grande responsabilité démocratique (8). |
| 4.4.2. | En ce qui concerne les aides d’État, le CESE invite les institutions européennes à écouter les messages adressés par les rapports Letta et Draghi afin d’éviter des distorsions. Il exprime en particulier son intérêt pour la proposition contenue dans le rapport Letta concernant un «mécanisme de contribution aux aides d’État» en vertu duquel les États membres affecteraient des fonds «pour financer des initiatives et des investissements paneuropéens». Le CESE marque son accord avec M. Draghi quand celui-ci propose de lier à la fois les aides d’État et les subventions publiques à la promotion de la formation, mais il estime que cette conditionnalité devrait être élargie au dialogue social et au respect des conventions collectives, des droits des travailleurs et des droits syndicaux. |
| 4.4.3. | Le CESE s’accorde là aussi avec le rapport Draghi en ce qui concerne la nécessité de disposer d’un instrument d’investissement fondé sur la dette publique européenne et qui devrait épouser les caractéristiques que lui-même avait énoncées dans son avis sur «Un fonds d’investissement de l’UE en faveur de la résilience économique et de la compétitivité durable» (9). |
4.5. L’économie circulaire et les matières premières
| 4.5.1. | L’Agence internationale de l’énergie estime que la demande de technologies d’énergie propre sera multipliée par un facteur de deux à trois d’ici 2030, ce qui entraînera une augmentation de la demande globale portant sur certains minerais critiques, de l’ordre de 25 % à plus de 300 % (selon le rapport Draghi). |
| 4.5.2. | Une mise en œuvre rapide de la législation de l’Union sur les matières premières critiques sera fondamentale pour gérer la transition industrielle sans aggraver les dépendances existantes. L’internalisation, la relocalisation, la constitution de stocks, la diversification de l’approvisionnement et l’anticipation des pénuries doivent faire partie des stratégies des entreprises et être soutenues par des politiques européennes et industrielles cohérentes. |
| 4.5.3. | Pour réduire sa consommation de matières premières et son empreinte, l’Union devrait aussi promouvoir un modèle économique fondé sur les principes «réduire, réutiliser, réparer et recycler». |
4.6. Améliorer l’approche du règlement pour une industrie «zéro net» en augmentant la capacité de production européenne
| 4.6.1. | Si le CESE soutient les objectifs posés par le règlement pour une industrie «zéro net», il déplore la faiblesse des solutions avancées pour résoudre le problème que constitue la lenteur des procédures d’autorisation. La Commission se doit de proposer des mesures supplémentaires pour accélérer l’octroi des permis, et il est fondamental de renforcer les autorités publiques chargées de les délivrer et de procéder aux évaluations correspondantes. Il conviendrait par ailleurs d’engager une réflexion sur la possibilité de mettre en œuvre, dans certaines circonstances, des procédures d’accord tacite en cas de retard dans le traitement des demandes, sans porter atteinte aux droits des collectivités concernées. |
| 4.6.2. | La cohérence qu’il est nécessaire d’observer dans les politiques menées aux fins d’un processus de décarbonation durable exige de prendre des mesures pour renforcer la production locale, notamment celle de technologies propres, afin d’éviter de se fourvoyer dans des trajectoires de décarbonation qui auraient pour conséquence une dépendance excessive et de s’exposer ainsi au risque de désindustrialisation qui leur serait associé. La Commission devrait tenir compte de ces éléments dans l’évaluation qu’elle effectue actuellement en vue de réviser la directive sur les marchés publics, tout en garantissant le respect des normes sociales tout au long de la chaîne d’approvisionnement. |
| 4.6.3. | Dans le même temps, il est nécessaire d’augmenter la capacité à financer des projets transnationaux, en améliorant notamment l’implication territoriale et participative des petites et moyennes entreprises (PME) dans des projets importants d’intérêt européen commun (PIIEC) et en perfectionnant des instruments tels que la plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe» (STEP), les partenariats public-privé et le capital-risque, afin de produire des atouts technologiques européens et de développer les activités d’innovation, de recherche et de développement, d’où la nécessité de renforcer les capacités de l’Union en matière de technologies stratégiques et critiques, et de s’attaquer à l’ensemble des problèmes d’ordre financier et réglementaire qui freinent actuellement leur bon développement (10). |
4.7. Mieux aligner la politique en matière de commerce et de concurrence sur la stratégie de l’Union pour la décarbonation de l’industrie
| 4.7.1. | Le CESE préconise, outre les mesures qu’il a mises en avant dans l’avis qu’il a consacré à ce dispositif (11), la mise en œuvre et l’évaluation du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Pour pallier les lacunes de sa conception actuelle, il sera essentiel de remédier aux effets que produisent à la fois la fiscalité et la tarification du carbone dans l’Union sur ses exportations et d’éviter que ce mécanisme ne soit contourné, mais aussi d’en élargir le champ d’application aux secteurs situés à l’aval de la chaîne d’approvisionnement, lorsque c’est nécessaire (12). |
| 4.7.2. | Face à une concurrence mondiale féroce dans presque tous les secteurs manufacturiers — de l’acier à l’automobile, en passant par les batteries ou les semi-conducteurs — l’Union européenne doit revoir son approche du commerce pour imposer des conditions de concurrence équitables au niveau mondial, créer des chaînes de valeur durables, assurer le respect de l’environnement et promouvoir des conditions de travail décentes pour les travailleurs tout au long de la chaîne d’approvisionnement. |
| 4.7.3. | Le droit de la concurrence doit être aligné sur les objectifs de la stratégie industrielle de l’Union afin que l’on puisse mener à bien la double transition et rendre l’Union plus résiliente, l’autonomie stratégique ouverte devant à cet égard servir de fil conducteur. Il doit aussi respecter et protéger les droits sociaux, les droits des travailleurs et les droits syndicaux, et soutenir la création d’emplois de qualité, des conditions équitables, une transition juste et une convergence sociale vers le haut. |
| 4.7.4. | Le CESE soutient les objectifs tendant à une nouvelle approche de la politique de concurrence, qui sera davantage tournée vers des objectifs communs et plus propice à l’expansion des entreprises sur les marchés mondiaux, tout en garantissant des conditions de concurrence équitables. Le CESE convient de l’utilité des paramètres qui sont décrits dans le rapport Draghi pour évaluer les concentrations et qui portent sur un regain d’innovation en Europe, la sécurité, les risques disruptifs et la résilience. Il est aussi extrêmement important d’examiner les concentrations à la lumière de leur impact sur la cohésion territoriale, l’emploi et l’ensemble des entreprises tout au long de la chaîne d’approvisionnement. |
| 4.7.5. | La création de marchés pilotes doit elle aussi faire partie de la stratégie industrielle de l’Union. Toutes choses égales par ailleurs, les technologies à zéro émission nette rendront la production industrielle plus coûteuse par rapport aux technologies traditionnelles. Qui plus est, d’autres obstacles sont susceptibles de freiner leur adoption sur le marché, comme le manque de confiance ou de familiarité à leur égard de la part des acheteurs, ou encore le manque de transparence et de points de référence auxquels comparer les produits sobres en carbone. Établir ces produits sur le marché nécessitera d’intervenir activement pendant un certain temps, moyennant de nouveaux outils réglementaires pour stimuler la demande nécessaire de la part des consommateurs finaux et lever les obstacles à l’entrée sur le marché de nouveaux produits qui soient à faible intensité de carbone et circulaires. Les marchés publics, les exigences en matière d’écoconception, les quotas verts et les contrats d’écart compensatoire sont autant d’exemples d’outils au service des politiques que l’on peut mobiliser afin de créer des marchés de masse pour ces produits écologiques. |
4.8. La convergence et la simplification administrative
| 4.8.1. | Le CESE convient qu’il est important de remédier à l’incohérence administrative et à l’excès de complexité qui grèvent la capacité des entreprises à exercer leurs activités dans l’Union. Les petites et moyennes entreprises européennes sont entravées dans leur croissance, car elles doivent se soumettre à des exigences plus strictes dès lors qu’elles développent leur activité à plus grande échelle. Il faut d’urgence établir une approche plus systématique de l’encadrement réglementaire en renforçant les analyses d’impact, notamment du point de vue de la compétitivité et des petites et moyennes entreprises (dispositifs du «contrôle de la compétitivité» (13) et du «test PME»), ainsi que les outils d’amélioration de la réglementation destinés à simplifier l’environnement réglementaire, en réduisant considérablement les délais des procédures d’autorisation ou encore en s’abstenant d’opposer de nouveaux obstacles administratifs aux entreprises, sans oublier qu’il est nécessaire, dans le même temps, de protéger et de promouvoir les normes sociales et environnementales ainsi que les droits de l’homme. |
Bruxelles, le 27 février 2025.
Le président
du Comité économique et social européen
Oliver RÖPKE
(1) Voir notamment JO C, C/2024/875, 6.2.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/875/oj, avis sur « Un fonds d’investissement de l’UE en faveur de la résilience économique et de la compétitivité durable » et JO C 105 du 4.3.2022, p. 63. Parmi les autres avis de portée sectorielle, voir notamment celui sur la «Politique industrielle pour les industries à forte intensité de ressources et d’énergie» et celui intitulé «Industrie 5.0 — Comment en faire une réalité?».
(2) Voir annexe.
(3) JO C, C/2024/6877, 28.11.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/6877/oj.
(4) JO C, C/2024/6871, 28.11.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/6871/oj.
(5) Commission européenne, EU Energy in Figures— Statistical pocketbook 2024 , Office des publications de l’Union européenne, 2024.
(6) JO C 293 du 18.8.2023, p. 112.
(7) JO C 293 du 18.8.2023, p. 112.
(8) JO C, C/2023/880, 8.12.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/880/oj.
(9) JO C, C/2024/6862, 28.11.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/6862/oj.
(10) JO C, C/2024/2489, 23.4.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/2489/oj; avis complémentaire du CESE sur «Les technologies stratégiques en tant que moteur de la souveraineté et de la résilience européennes».
(11) JO C 152 du 6.4.2022, p. 181.
ANNEXE
L’annexe au présent document (avis complémentaire de la commission consultative des mutations industrielles — CCMI/238 — L’avenir de l’industrie à forte intensité énergétique de l’Union européenne dans la perspective d’un niveau élevé des prix énergétiques et des coûts de la transition — EESC-2024-03562-00-00-AS-TRA) figure sur les pages ci-après.
Avis de la commission consultative des mutations industrielles (CCMI)
L’avenir de l’industrie à forte intensité énergétique de l’Union européenne dans la perspective d’un niveau élevé des prix énergétiques et des coûts de la transition
(avis complémentaire à l’avis INT/1074)
Rapporteur:
Anastasis YIAPANISCorapporteur:
Michal PINTÉR| Conseillers | Mihai IVAȘCU (pour le rapporteur, groupe III) Bartosz NIENALTOWSKI (pour le corapporteur, groupe I) |
| Décision de l’assemblée plénière | 19.9.2024 |
| Base juridique | Article 56, paragraphe 1, du règlement intérieur Avis complémentaire |
| Compétence | Commission consultative des mutations industrielles (CCMI) |
| Adoption en section | 16.1.2025 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 30/0/0 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social européen souligne l’important déficit de compétitivité dont pâtissent les industries à forte intensité énergétique de l’UE par rapport à leurs concurrentes mondiales, principalement en raison de coûts énergétiques plus élevés, d’objectifs de décarbonation plus stricts et de réglementations imposées aux entreprises, mais aussi d’une protection du marché intérieur plus faible. Le CESE estime qu’une transition énergétique compétitive reste réalisable et demande que des mesures politiques ciblées soient prises pour relever ces défis. |
| 1.2. | Compte tenu des risques qui pèsent actuellement sur la sécurité énergétique mondiale et de la volatilité des prix du marché, le CESE invite les institutions de l’UE, en particulier la Commission européenne, à mettre en œuvre des politiques qui transfèrent les avantages en termes de coûts de l’électricité propre vers les industries à forte intensité énergétique. Il est essentiel d’adopter des mesures ciblées pour faire en sorte que la transition vers les énergies renouvelables se reflète dans la tarification de l’électricité dans tous les secteurs de l’économie, en mettant particulièrement l’accent sur les industries à forte intensité énergétique. |
| 1.3. | Le CESE souligne avec force qu’il importe d’évaluer l’incidence de l’organisation actuelle du marché de l’électricité sur le caractère abordable de l’énergie et la compétitivité industrielle, et il plaide pour une réduction des coûts réglementaires tels que les tarifs de réseau, les redevances et les prélèvements. Il recommande d’étudier toutes les mesures possibles pour réduire les coûts de l’énergie pour les consommateurs industriels, y compris le découplage des prix de l’électricité, tout en soutenant les investissements dans l’extension, la modernisation et la sécurité du réseau. |
| 1.4. | Le CESE recommande d’étendre les contrats d’écart compensatoire (CEC) et de les intégrer aux accords d’achat d’électricité (AAE) afin de permettre aux consommateurs industriels d’accéder à une énergie non fossile à bas coût. Cette approche devrait garantir des recettes stables pour les projets dans le domaine des énergies propres, tout en évitant toute surcompensation, et elle devrait donner la priorité à la suppression des obstacles aux AAE pour les industries à forte intensité énergétique. Ces instruments combinés sont à même de stabiliser les prix, de promouvoir les investissements dans les énergies propres et de trouver un équilibre entre une tarification équitable des producteurs et une réduction des coûts pour les consommateurs dans des conditions de marché incertaines. Toutefois, le CESE met en garde contre le fait que les AAE sont insuffisants à eux seuls pour les industries à forte intensité énergétique en raison de leur lien direct avec les prix de gros et des coûts élevés des mécanismes de secours prenant le relais des énergies renouvelables. |
| 1.5. | Le CESE recommande de réduire les contraintes réglementaires qui pèsent sur la production d’hydrogène et de mettre en œuvre des mesures visant à faire baisser les prix de l’électricité afin de permettre une production d’hydrogène compétitive. Pour combler l’écart de coût entre l’hydrogène vert, produit par électrolyse, et l’hydrogène gris ou l’hydrogène bleu, sachant qu’il devrait rester plus cher qu’eux, l’UE devrait adopter une double stratégie qui garantisse la sécurité des investissements et favorise la demande industrielle. |
| 1.6. | Le CESE recommande de mettre en œuvre des mesures visant à protéger les exportations de l’UE dans le cadre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), ainsi que d’introduire des mesures anticontournement solides pour lutter contre la redistribution des ressources et d’autres tactiques de contournement. Il souligne qu’il importe de suivre de près la mise en œuvre du MACF. Si le mécanisme s’avère inefficace, même partiellement, le CESE recommande à la Commission de revoir la trajectoire de suppression progressive des quotas gratuits dans le cadre du système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE). |
| 1.7. | Le CESE recommande également à l’UE d’adopter une politique commerciale plus ferme et coordonnée pour lutter contre la concurrence déloyale à l’échelle mondiale, en particulier dans les secteurs les plus vulnérables à la transition écologique. Il appelle à un réexamen complet des mesures de défense commerciale existantes afin de protéger les industries à forte intensité énergétique et soutient l’introduction de nouvelles mesures lorsque cela est nécessaire. Le CESE demande instamment à l’UE de mettre en œuvre rapidement et efficacement des instruments de défense commerciale, y compris des droits de douane le cas échéant, afin d’éviter la désindustrialisation et la perte de capacités de production sur son territoire pour les produits finis des industries à forte intensité énergétique. Des mesures sectorielles, telles que la révision des contingents de sauvegarde relatifs à l’acier et la levée de la règle du droit moindre, ainsi que l’introduction d’un régime tarifaire solide, devraient également être envisagées. |
| 1.8. | Le CESE recommande de trouver un équilibre entre la compétitivité des industries à forte intensité énergétique et les objectifs de décarbonation, en évitant à la fois le protectionnisme et les approches fondées sur le laissez-faire, tout en veillant à ce que les actions soient conformes aux règles de l’OMC et ne provoquent pas de contre-mesures qui nuisent à d’autres industries, à l’accès au marché ou à la compétitivité de l’UE. |
| 1.9. | Le CESE se félicite que la Commission mette l’accent sur la création de «marchés pilotes» pour stimuler la demande de produits à faible intensité de carbone, et il recommande la mise en place de politiques visant à combler l’écart de coût entre les produits conventionnels et les produits à faible intensité de carbone. Cela pourrait inclure la mise en œuvre de prescriptions relatives à la teneur en éléments locaux afin de renforcer la durabilité et la résilience dans les industries en transition. |
| 1.10. | Le CESE demande que des mesures spécifiques soient prises pour accroître la disponibilité des matières premières secondaires afin d’atteindre les objectifs environnementaux, de réduire la dépendance à l’égard des matières premières primaires et de réduire les émissions de CO2. Cet effort nécessite de diversifier les chaînes d’approvisionnement au moyen d’accords commerciaux et de partenariats, de promouvoir une économie circulaire assortie d’incitations ciblées et de mettre en place un marché unifié pour les matières premières secondaires. |
| 1.11. | Il est indispensable de réaliser des investissements substantiels dans la capacité d’interconnexion énergétique, de même que de moderniser les réseaux énergétiques, afin de soutenir l’intégration des énergies renouvelables et d’atteindre les objectifs zéro net. Il s’agit notamment d’accroître la capacité de stockage, de renforcer les connexions transfrontières et de numériser les réseaux électriques afin d’intégrer efficacement les installations décentralisées d’énergie renouvelable. De plus, il convient d’accorder une attention accrue à la protection et à la sécurité des réseaux et des connexions énergétiques, en particulier dans le cas des infrastructures sous-marines. |
| 1.12. | Le CESE plaide en faveur d’une utilisation adaptée et efficace des recettes du SEQE de l’UE pour soutenir la décarbonation des industries à forte intensité énergétique, par exemple en affectant les quotas de ce système aux secteurs exposés à la fuite de carbone. Il recommande également une plus grande cohérence dans les régimes de financement de l’UE ainsi que l’extension de mécanismes tels que la Banque européenne de l’hydrogène et les CEC, afin de contribuer à réduire les risques liés aux investissements. Pour accélérer la transition au cours de la prochaine décennie, un soutien financier accru s’impose, tant pour les coûts d’investissement que pour les coûts opérationnels. |
2. Observations générales
| 2.1. | Le Comité économique et social européen reconnaît les défis majeurs auxquels sont confrontées les industries à forte intensité énergétique de l’Union européenne, notamment l’écart de compétitivité important qui résulte des coûts de l’énergie largement plus élevés et de l’augmentation des dépenses liées à la transition et au respect des normes réglementaires, qui les pénalisent par rapport à leurs concurrentes mondiales. Le présent avis entend analyser cet écart et souligner la nécessité urgente d’interventions stratégiques pour garantir la durabilité et la compétitivité de ces secteurs vitaux. Il vise également à formuler des recommandations pour les futures initiatives annoncées dans les «Orientations politiques pour la prochaine Commission européenne 2024-2029», telles que le pacte pour une industrie propre, l’acte législatif visant à accélérer la décarbonation de l’industrie et le nouvel acte législatif sur l’économie circulaire. |
| 2.2. | Les industries à forte intensité énergétique constituent le fondement de nombreuses chaînes de valeur et d’activités aval de l’Union, et il est essentiel qu’elles réalisent leur transition écologique afin que l’UE atteigne ses objectifs climatiques et que les emplois soient préservés dans les secteurs aval. Les industries à forte intensité énergétique d’Europe sont confrontées à une pression concurrentielle croissante en raison des coûts plus élevés de l’énergie auxquels elles font face ainsi que des réglementations de l’UE en matière de décarbonation plus strictes que celles imposées à leurs rivales internationales, mais aussi en raison des surcapacités mondiales, auxquelles s’ajoutent des pratiques commerciales déloyales. Cette situation a déjà entraîné une désindustrialisation dans certains secteurs de l’économie (engrais, aluminium, ou encore acier) et la perte de plus de 800 000 emplois dans le secteur manufacturier depuis le troisième trimestre de 2019 (1), tendance qui, en l’absence d’interventions stratégiques ciblées, devrait s’accélérer et s’étendre encore. Les prix élevés de l’énergie ont également une incidence négative sur les investissements en dépenses en capital, étant donné que la décarbonation des industries à forte intensité énergétique — par exemple celles du ciment, de la céramique et des réfractaires, des produits chimiques, des ferro-alliages et du silicium, des engrais, du verre, de la chaux, des métaux non ferreux, des pâtes et papiers, du raffinage, et de l’acier — dépend fortement de l’électrification. |
| 2.3. | Il conviendrait également d’envisager une extension des capacités en matière d’énergies renouvelables et à faibles émissions de carbone en vue de combler l’écart de prix de l’énergie qui existe entre l’UE et les autres pays et de parvenir à la neutralité climatique, à condition que cet effort s’accompagne de solutions efficaces pour le stockage de l’énergie, d’interconnexions accrues et d’une flexibilité du côté de la demande. Malgré les défis à relever, une transition énergétique compétitive est possible si des décisions politiques efficaces sont prises en temps utile. |
3. Tarification de l’énergie et sécurité de l’approvisionnement pour les industries européennes à forte intensité énergétique
| 3.1. | Les guerres qui ont lieu en Ukraine et au Proche-Orient font ressortir les risques qui pèsent actuellement sur la sécurité énergétique mondiale, l’éventualité de perturbations et de chocs sur les prix restant très probable. La conception actuelle du marché de l’électricité de l’UE, fondé sur le système de tarification marginale, a exacerbé ce problème, étant donné que l’exposition aux prix volatils et coûteux du gaz naturel liquéfié a entraîné une hausse des coûts de l’électricité. Actuellement, les prix de détail de l’électricité dans l’UE, en particulier pour les secteurs industriels, sont deux à trois fois plus élevés que ceux pratiqués aux États-Unis et en Chine (2), mais aussi très variables d’un État membre à l’autre. Outre les prix élevés de l’énergie, les industries à forte intensité énergétique sont confrontées à une augmentation des coûts totaux de l’énergie, y compris, entre autres, des coûts de réseau. Par exemple, les dépenses énergétiques des producteurs d’acier européens équivalent au double de celles de leurs homologues américains et chinois, ce qui entraîne des coûts de production jusqu’à 20 % plus élevés. |
| 3.2. | Compte tenu des facteurs susmentionnés, le CESE invite instamment la Commission européenne à mettre en œuvre des mesures politiques qui transfèrent les avantages en matière de coûts de l’électricité propre vers les industries à forte intensité énergétique et à contribuer à alléger certaines des charges d’investissement liées à l’expansion du réseau et à l’innovation. Ces coûts augmentent de manière spectaculaire et risquent d’avoir une incidence disproportionnée sur les industries grandes consommatrices d’énergie par rapport aux secteurs moins gourmands en électricité. Le Centre commun de recherche européen (JRC) prévoit que, même si la part des sources d’énergie renouvelables et à faibles émissions de carbone augmente jusqu’à 67 % dans le bouquet énergétique européen, les combustibles fossiles continueront de déterminer le prix de l’électricité jusqu’en 2030 et au-delà, la majeure partie du temps (3). Des actions ciblées sont donc nécessaires pour faire en sorte que le passage à la production d’électricité propre se reflète dans les prix des matières premières. Une mesure possible pourrait consister à étudier plus avant le dispositif «Green pool» (mise en commun de la demande d’électricité renouvelable), proposé par le gouvernement grec, ou des solutions similaires. Le «Green pool» vise à faire face aux coûts d’adaptation découlant de la nécessité d’aligner la production d’énergies renouvelables, qui est variable, sur la consommation industrielle, qui est stable, cette inadéquation constituant actuellement le principal obstacle à la signature d’AAE de sources renouvelables pour les gros consommateurs d’électricité. |
| 3.3. | En raison du caractère intermittent des énergies renouvelables, il est nécessaire d’avoir une approche souple en ce qui concerne l’offre et la demande d’électricité. Si une réponse axée sur la demande industrielle offre un certain potentiel, son efficacité est limitée pour les industries à forte intensité énergétique. La capacité des industries grandes consommatrices d’énergie à moduler leur demande d’électricité a déjà été largement exploitée. D’autres technologies (recharge intelligente, pompes à chaleur, systèmes de véhicule à réseau — V2G) offrent davantage de possibilités pour ce qui est d’obtenir une flexibilité accrue. Les besoins de l’UE en matière de flexibilité devraient augmenter de manière significative d’ici à 2030, pour atteindre 160 GW (4). |
| 3.4. | Le CESE souligne avec force la nécessité d’évaluer l’incidence de l’organisation actuelle du marché de l’électricité sur le caractère abordable des prix et la compétitivité industrielle, et de réduire l’exposition des industries à forte intensité énergétique aux coûts réglementaires et liés au marché, tels que les tarifs de réseau, les redevances et les prélèvements, qui s’ajoutent aux prix des matières premières. Les institutions de l’UE doivent étudier et évaluer toutes les possibilités de réduction des coûts de réseau pour les consommateurs industriels — ce domaine représentant une part importante de leurs coûts énergétiques totaux — tout en continuant à encourager les investissements dans l’extension et la modernisation du réseau. Le CESE reconnaît qu’une telle extension du réseau nécessitera des investissements substantiels, entraînant inévitablement une hausse des coûts de l’énergie pour les consommateurs. Sachant qu’une réforme législative dans ce domaine est soumise à la règle de l’unanimité, il convient d’envisager une coopération entre un sous-ensemble d’États membres ou des orientations sur la taxation de l’énergie. |
| 3.5. | Les contrats d’écart compensatoire (CEC) devraient être étendus et appliqués conjointement avec les accords d’achat d’électricité (AAE), en veillant à ce que les consommateurs industriels aient accès à une énergie non fossile subventionnée par les pouvoirs publics et peu onéreuse. Cette approche garantirait un revenu minimal aux projets d’énergie propre pendant les périodes où les prix sont bas, tout en évitant une surcompensation par les gouvernements lorsque les prix sont élevés. Des efforts plus ciblés devraient également viser à supprimer les obstacles aux AAE entre les consommateurs et les producteurs à forte intensité énergétique. La combinaison de tels instruments à long terme est à même de stabiliser les prix, tant pour les producteurs que les investisseurs, et de faciliter les investissements dans les énergies propres. Il est nécessaire de trouver un équilibre entre l’établissement d’un prix «équitable» pour les producteurs et la garantie d’une réduction des coûts à long terme pour les consommateurs, en particulier dans un contexte d’incertitude quant aux conditions qui prévaudront à l’avenir sur le marché de l’énergie. |
| 3.6. | Toutefois, bien qu’ils soient souvent considérés comme un moyen d’atténuer les prix élevés de l’énergie et de couvrir les risques de volatilité, les AAE sont insuffisants pour les industries à forte intensité énergétique, car ils recèlent un certain nombre de difficultés intrinsèques. Les prix des AAE en Europe suivent généralement les prix de gros de l’électricité, ce qui offre des avantages limités en matière de diminution des prix. De plus, le caractère intermittent des énergies renouvelables fait qu’il est nécessaire de prévoir des mécanismes de secours coûteux, tels que le recours à l’électricité du réseau ou au stockage de l’énergie, qui tendent à annuler les économies potentielles de coûts et réduisent l’efficacité des AAE en tant qu’instrument de couverture pour les industries à forte intensité énergétique. |
| 3.7. | Les prix élevés de l’électricité dans l’UE entravent la production locale d’hydrogène, la consommation d’hydrogène par les consommateurs industriels et, en bout de chaîne, la transition vers une économie fondée sur l’hydrogène. La production d’hydrogène renouvelable dans les différents États membres est confrontée à des défis tels que les coûts élevés de l’électricité, les règles strictes en matière d’approvisionnement en énergie renouvelable, le soutien limité du côté de la demande et des retards dans les infrastructures. Selon un rapport de la Cour des comptes européenne de 2024 (5), il est peu probable que l’UE atteigne son objectif de produire 10 millions de tonnes d’hydrogène à l’horizon 2030. Pour remédier à ces désavantages structurels, le CESE recommande de réviser les règlements existants en matière de production d’hydrogène afin de réduire les contraintes réglementaires et de mettre en œuvre des mesures visant à faire baisser les prix de l’électricité pour obtenir une production d’hydrogène compétitive, ainsi que des mesures de soutien axées sur la demande. L’on s’attend à ce que l’hydrogène propre, produit par électrolyse, reste nettement plus cher que l’hydrogène gris ou bleu. Par conséquent, l’UE doit poursuivre une double stratégie, consistant à garantir la sécurité des investissements tout en favorisant la demande industrielle d’hydrogène propre, en particulier dans des secteurs tels que la production d’acier et d’engrais. |
4. Maintenir et stimuler la compétitivité de l’industrie de l’UE
| 4.1. | Le rapport Draghi met en évidence plusieurs risques pour les industries à forte intensité énergétique dans le cadre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF): la redistribution des ressources par les exportateurs de pays tiers, moyennant une réorientation de la production existante à faible intensité de carbone vers l’UE et de celle des produits à plus forte intensité de carbone vers des pays tiers; une faible couverture des produits en aval; et des incidences négatives potentielles sur les produits de l’UE relevant du MACF exportés vers des pays tiers. Le CESE estime qu’il est nécessaire de mettre en œuvre des mesures visant à préserver les exportations de l’UE au titre du MACF, d’introduire des mesures anticontournement solides et de surveiller étroitement et d’empêcher la redistribution des ressources et la délocalisation des secteurs aval. Le CESE recommande à la Commission d’agir rapidement si le MACF s’avère inefficace ou seulement partiellement efficace, par exemple en revoyant la trajectoire de suppression progressive des quotas gratuits dans le cadre du système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE). |
| 4.2. | Le CESE souligne qu’il est nécessaire de lutter contre les politiques industrielles agressives des concurrents mondiaux de l’UE au moyen d’une politique commerciale plus affirmée et mieux coordonnée, qui soit alignée sur sa stratégie industrielle. Le Comité est favorable à une évaluation à grande échelle des mesures supplémentaires et nouvelles de défense commerciale visant à lutter contre la concurrence déloyale. De plus, les objectifs ambitieux de l’UE en matière de décarbonation créent un désavantage sur le plan des coûts pour les industries à forte intensité énergétique par rapport à leurs concurrentes de régions où la réglementation environnementale est moins stricte. Pour les industries à forte intensité énergétique en transition, il est essentiel de garantir des conditions de concurrence équitables dans les secteurs les plus exposés à la concurrence déloyale. |
| 4.3. | L’UE doit trouver un équilibre entre la compétitivité des industries à forte intensité énergétique et les objectifs de décarbonation, en évitant à la fois une approche protectionniste et une approche fondée sur le laissez-faire, afin de prévenir les dommages économiques et la désindustrialisation. Le CESE estime que l’UE devrait procéder rapidement à la modernisation et la mise en application de ses instruments de défense commerciale (IDC) afin de protéger de manière efficace les industries nationales contre la désindustrialisation, y compris en appliquant des droits de douane si nécessaire. Il conviendrait également d’étudier des pistes d’améliorations sectorielles, telles que la révision des quotas de sauvegarde pour l’acier, la levée de la règle du droit moindre, l’augmentation des droits globaux sur la demande globale/l’offre globale et l’évaluation appropriée des cas de subvention à grande échelle. Toutefois, il faudra prendre garde que ces actions ne provoquent pas de contre-mesures négatives susceptibles de nuire à d’autres industries, à l’accès au marché de l’UE et à la compétitivité globale de ses industries. |
| 4.4. | Le CESE soutient l’accent mis par la nouvelle Commission sur la création de «marchés pilotes» pour stimuler la demande de produits à faible intensité de carbone. Pour combler l’écart de coût entre les solutions conventionnelles et les solutions à faible intensité de carbone, il faudra prendre des mesures à la fois du côté de la demande et du côté de l’offre, y compris éventuellement des prescriptions relatives à la teneur en éléments locaux afin de renforcer la résilience et la durabilité. |
| 4.5. | La Commission européenne devrait élaborer et appliquer une nouvelle stratégie globale, assortie de lignes directrices de mise en œuvre, qui permette de desserrer immédiatement l’étau des prix élevés de l’énergie et accorde la priorité aux investissements à long terme dans les énergies propres, l’efficacité énergétique et l’innovation technologique. Cette double approche permettra à l’UE d’atténuer les pressions économiques à court terme sur ses industries, tout en établissant un cadre solide pour un avenir industriel durable et compétitif. |
| 4.6. | Un défi majeur pour la transition énergétique est la dépendance de l’UE à l’égard des matières premières critiques, et en particulier celles de nature stratégique telles que définies dans le règlement de 2024 sur les matières premières critiques. La liste des matières premières critiques est passée de 14 unités en 2011 à 34 en 2023, 17 d’entre elles étant classées comme stratégiques, à savoir notamment les terres rares légères et lourdes, pour lesquelles l’UE dépend largement des importations en provenance de Chine. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a donné la priorité à un accès fiable et abordable aux matières premières critiques, avec des initiatives telles qu’un mécanisme de demande globale et des «partenariats pour des échanges et des investissements propres». Le CESE souligne qu’il importe d’accroître la disponibilité des matières premières secondaires afin de contribuer à la réalisation des objectifs environnementaux et de réduire l’utilisation de matières premières primaires, la consommation d’énergie et les émissions de CO2. |
| 4.7. | Il est essentiel de diversifier l’approvisionnement en matières premières et en matières transformées, au moyen d’accords commerciaux et de partenariats. Les négociateurs de l’UE devraient fixer des attentes réalistes en ce qui concerne les accords de libre-échange avec des pays tiers riches en ressources, recourir efficacement à l’aide au développement de l’Union et respecter les prérogatives des pays en développement, tout en adoptant une approche plus ambitieuse de l’économie circulaire. Une telle approche est indispensable pour démontrer que l’UE est un partenaire plus fiable et à plus long terme, offrant une alternative axée sur les valeurs et collaborative à d’autres acteurs économiques mondiaux tels que la Chine. Il s’agit notamment de prévoir des incitations et de mettre en place un véritable marché unique des matières premières secondaires afin de réaliser des économies d’échelle, ainsi que des mesures visant à prévenir les fuites de matières premières secondaires stratégiques, comme le CESE l’a déjà recommandé (6). |
| 4.8. | Pour prévenir la délocalisation d’entreprises européennes vers des pays où les conditions énergétiques sont plus favorables, il est essentiel de mettre en œuvre des politiques énergétiques de soutien qui renforcent la compétitivité et réduisent les coûts opérationnels. Cela contribuera à maintenir des emplois qualifiés, en particulier dans les secteurs industriel et manufacturier, en veillant à ce que ces postes, qualifications et voies de formation, vitaux et indispensables à la réindustrialisation, restent en Europe et contribuent à la stabilité et à la croissance économiques de la région. |
| 4.9. | Le CESE plaide en faveur d’une stratégie claire visant à atténuer les incertitudes pour les investisseurs en encourageant les technologies innovantes qui ne présentent actuellement pas de perspectives commerciales positives et en simplifiant les procédures en matière d’aides d’État. Il est essentiel de remédier à ces complexités pour concurrencer les systèmes d’incitation efficaces qui existent dans d’autres parties du monde, tels que la loi américaine sur la réduction de l’inflation (IRA). |
| 4.10. | L’UE doit renforcer ses partenariats mondiaux en prenant la tête d’une action coordonnée, à l’échelle de la planète, en faveur du climat et en promouvant une concurrence commerciale équitable dans le cadre de l’OMC, en donnant la priorité à des chaînes d’approvisionnement sûres et diversifiées. |
5. Investissements et financements
| 5.1. | À côté du financement privé, un financement public ciblé est essentiel pour atténuer les risques et stimuler les investissements nécessaires pour accroître considérablement les capacités et les infrastructures énergétiques. L’amélioration de l’efficacité du système énergétique nécessitera également un financement accru de l’UE, qui pourra consister soit à renforcer le soutien aux programmes existants, soit à mettre en place de nouvelles initiatives concurrentielles. La Commission européenne a annoncé récemment une nouvelle stratégie européenne pour l’électrification. |
| 5.2. | Le CESE recommande de donner la priorité à des investissements importants dans la capacité d’interconnexion afin de soutenir l’intégration des énergies renouvelables et d’atteindre les objectifs de zéro émission nette. Environ 40 % des réseaux de l’UE ont plus de 40 ans et arrivent à la fin de leur durée de vie typique, ce qui a une incidence sur les réseaux de transport, sur ceux de distribution et sur le développement d’interconnexions entre les pays de l’UE et les pays tiers. L’UE devrait donner la priorité à la modernisation et à l’extension de ses réseaux énergétiques afin de développer la capacité de stockage, y compris les connexions transfrontalières, le but étant d’améliorer la distribution d’énergie et d’équilibrer l’offre et la demande dans toute l’Europe. Il est également nécessaire d’investir dans la sécurité des réseaux et des connexions et dans la protection des infrastructures, y compris et plus particulièrement celles qui sont sous-marines. Des investissements publics importants dans les réseaux énergétiques sont essentiels pour libérer le potentiel des énergies renouvelables, notamment par l’extension des réseaux de distribution nécessaire pour raccorder de nouvelles installations d’énergies renouvelables. Les futurs réseaux électriques doivent être considérablement numérisés afin d’intégrer efficacement des millions d’installations décentralisées d’énergie renouvelable, de pompes à chaleur, de bornes de recharge pour véhicules électriques et d’électrolyseurs à hydrogène. De plus, il convient de donner la priorité à la mise en œuvre de technologies de réseaux intelligents et de programmes de participation active de la demande afin d’optimiser la consommation d’énergie, de réduire les pics de demande et d’abaisser les coûts pour les consommateurs. |
| 5.3. | Il convient d’explorer la possibilité d’une coopération entre un sous-ensemble d’États membres et d’orientations en matière de taxation de l’énergie. Il est essentiel de remédier aux retards dans l’octroi des autorisations, de rationaliser les processus de construction et d’atténuer les risques réglementaires qui créent actuellement une incertitude autour des futurs projets d’interconnexion. Une approche plus systémique est nécessaire pour simplifier les procédures d’autorisation en garantissant une cohérence accrue entre les différentes politiques de l’UE et la législation existante dans les États membres, y compris en fixant des limites et en réexaminant la protection des coûts au titre de l’examen des objections environnementales devant les tribunaux. De plus, le CESE recommande d’investir dans des solutions de stockage d’énergie à grande échelle, telles que les batteries, afin de stocker l’excédent d’énergie renouvelable et de garantir un approvisionnement énergétique stable en période de faible production. |
| 5.4. | Le CESE souligne que, malgré les contributions importantes des industries à forte intensité énergétique au SEQE, seulement 8 % environ des recettes de ce système servent à soutenir leur décarbonation. Des financements supplémentaires sont nécessaires pour couvrir à la fois les coûts d’investissement et les coûts opérationnels, tels que l’utilisation de l’hydrogène renouvelable, ou pour procéder à des investissements dans les technologies de décarbonation, comme le captage, l’utilisation et le stockage du dioxyde de carbone et les autres technologies d’électrification directe ou indirecte. Le CESE plaide en faveur d’une plus grande cohérence dans les régimes de financement de l’UE, d’une utilisation accrue des recettes du SEQE et de mécanismes innovants tels que la Banque européenne de l’hydrogène et les CEC, afin de contribuer à réduire les risques liés aux investissements. |
| 5.5. | Le CESE demande une assistance financière ciblée afin d’alléger la charge que représente la hausse des coûts de l’énergie pour les PME, en leur permettant d’allouer davantage de capitaux à l’innovation, à la modernisation technologique et aux efforts d’expansion, qui sont essentiels pour leur permettre de maintenir leur compétitivité. |
| 5.6. | Il est crucial d’accroître le financement de l’innovation pour libérer des méthodes de production, de transport et d’utilisation de l’énergie plus abordables, plus sûres et à émissions moindres de carbone. De plus, il est nécessaire de mettre davantage l’accent sur une planification globale du système énergétique et une exploitation coordonnée du système afin de réduire les coûts de réseau, d’autant plus que les vecteurs d’énergies comme le gaz et l’électricité deviennent de plus en plus interconnectés. En outre, le CESE soutient la proposition de M. Letta relative à une «cinquième liberté» axée sur la libre circulation de la recherche, de l’innovation, de la connaissance et de l’éducation. Enfin, le CESE recommande d’augmenter le financement de la recherche et du développement dans le domaine des technologies énergétiques propres, y compris les énergies renouvelables avancées, le captage du carbone et le stockage de l’énergie. |
Bruxelles, le 16 janvier 2025.
Le président
de la commission consultative
des mutations industrielles
Pietro Francesco DE LOTTO
(1) Confédération européenne des syndicats (CES), L’UE perd près d’un million d’emplois dans l’industrie manufacturière en seulement quatre ans.
(2) Commission européenne, The future of European competitiveness — In-depth analysis and recommendations [L’avenir de la compétitivité européenne — analyse approfondie et recommandations], 2024, p. 5.
(3) JRC, « The Merit Order and Price-Setting Dynamics in European Electricity Markets » [Ordre de préséance économique et dynamique de fixation des prix sur les marchés européens de l’électricité], JRC134300, 31 août 2023.
(4) Document de travail des services de la Commission, SWD (2023) 58 final, Reform of Electricity Market Design [Réforme de l’organisation du marché de l’électricité].
(5) Rapport spécial 11/2024 de la Cour des comptes européenne.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/2015/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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