Avis institutionnel52024AE3858

Avis du Comité économique et social européen — Santé et sécurité au travail: défis actuels et futurs dans le contexte des technologies traditionnelles et nouvelles, avec une attention particulière pour l’intelligence artificielle (avis exploratoire à la demande de la présidence polonaise du Conseil de l’UE)

CELEX52024AE3858
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 26 mars 2025

Résumé IA

Cet avis exploratoire du CESE, sollicité par la présidence polonaise, analyse l'impact des évolutions technologiques, notamment de l'intelligence artificielle, sur la santé et la sécurité au travail. Il identifie les défis actuels et futurs pour les travailleurs, en mettant en lumière les risques émergents liés aux nouvelles technologies tout en rappelant les enjeux persistants des technologies traditionnelles. Le texte vise à orienter les futures politiques européennes en matière de prévention et de régulation pour garantir un environnement de travail sûr et sain à l'ère numérique.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2025/2958

16.6.2025

Avis du Comité économique et social européen

Santé et sécurité au travail: défis actuels et futurs dans le contexte des technologies traditionnelles et nouvelles, avec une attention particulière pour l’intelligence artificielle

(avis exploratoire à la demande de la présidence polonaise du Conseil de l’UE)

(C/2025/2958)

Rapporteur:

Carlos Manuel TRINDADE

Conseillers

Paulo José FERNANDES PEDROSO (pour le rapporteur)

Clemens ØRNSTRUP ETZERODT (pour le groupe I)

Demande de la présidence polonaise du Conseil

6.9.2024

Base juridique

Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté»

Adoption en section

11.3.2025

Adoption en session plénière

26.3.2025

Session plénière n°

595

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

149/99/05

1. Conclusions et recommandations

1.1.

La directive 89/391/CEE du Conseil du 12 juin 1989 concernant la mise en œuvre de mesures visant à promouvoir l’amélioration de la sécurité et de la santé des travailleurs au travail (1) (directive-cadre) a contribué, sur le plan structurel (2), à améliorer la situation dans les États membres. Cette directive-cadre comporte une approche de la prévention qui constitue une norme de référence en matière de protection des travailleurs. Elle couvre tous les risques qui menacent leur sécurité et leur santé, même si des efforts supplémentaires sont nécessaires pour appliquer pleinement et efficacement ses dispositions ainsi que celles des directives connexes sur le terrain (3), comme cela a été souligné lors du sommet sur la sécurité et la santé au travail (SST) de mai 2023.

1.2.

Le CESE note en outre que le sommet a permis de mettre en évidence des questions de plus en plus pressantes en matière de SST, telles que le potentiel de l’intelligence artificielle et de la robotique pour créer des lieux de travail plus sûrs et plus sains pour tous (4). Le CESE réaffirme la nécessité de mettre en œuvre efficacement le cadre stratégique de l’UE en matière de SST, en s’appuyant sur les principes du tripartisme, sur une conception des politiques qui soit étayée par des données scientifiques solides et sur une rationalisation des procédures pour éviter qu’elles ne se superposent.

1.3.

La nature du travail change et on voit apparaître de nouvelles tendances en matière d’interaction entre l’homme et la machine, ainsi que de nouvelles formes d’exercice et d’organisation du travail, avec l’introduction d’algorithmes et de l’intelligence artificielle (IA), et d’autres évolutions des lieux de travail, comme pour ce qui est du télétravail, le nombre de télétravailleurs ayant doublé depuis la pandémie (5).

1.4.

La numérisation ouvre des perspectives et pose des défis à plusieurs niveaux; elle est susceptible d’éliminer, de réduire ou de modifier les risques existants, ou encore d’en créer de nouveaux, qui devront être gérés. Cette situation nécessite une vigilance réglementaire et l’adoption, le cas échéant, de mesures juridiques et de mesures négociées entre les partenaires sociaux.

1.5.

La transformation numérique ouvre la possibilité pour l’Union européenne de remédier à ses échecs en matière d’innovation et de productivité et de rétablir son potentiel de production manufacturière. L’Europe doit devenir plus compétitive, comme l’illustre le rapport Draghi, tout en favorisant le modèle social européen et la politique de cohésion à tous les niveaux (6). Toutefois, l’UE est à la traîne dans le domaine des technologies numériques telles que l’IA. Le fossé qui s’est creusé par rapport aux États-Unis et à la Chine sera difficile à combler (7).

1.6.

Le CESE souligne la nécessité d’agir au niveau approprié pour garantir que les travailleurs disposent des compétences numériques nécessaires sur le marché du travail moderne. Cette mesure est importante compte tenu du risque de déqualification (deskilling), susceptible de réduire l’autonomie des travailleurs, de leur faire perdre certaines compétences nécessaires pour accomplir des tâches professionnelles et de les soumettre à des systèmes de gestion du travail fondés sur des algorithmes et sur l’IA.

1.7.

Le CESE recommande à l’UE et aux États membres d’adopter des politiques qui garantissent à tous les travailleurs, en particulier ceux des plateformes en ligne, une formation tout au long de la vie adaptée à la transition numérique, un contrôle des algorithmes par l’humain, ainsi que le droit à l’information et à la consultation en ce qui concerne l’utilisation de l’IA dans la gestion du travail.

1.8.

Il conseille également à l’Union et aux États membres de veiller à ce que les travailleurs reçoivent une formation adéquate en matière de SST, conformément aux exigences de la directive-cadre 89/391/CEE, en particulier en cas d’introduction de nouveaux équipements de travail ou de changement d’équipement particulièrement important en ce qui concerne l’IA au travail.

1.9.

Le CESE note en outre que les travailleurs doivent être en mesure d’exécuter et de comprendre des consignes écrites et orales en matière de SST. Il est très inquiétant qu’en moyenne, dans les pays de l’OCDE, 18 % des adultes n’aient même pas les niveaux les plus élémentaires de maîtrise de la lecture, de l’écriture, des mathématiques et de la résolution adaptative de problèmes (8).

1.10.

L’IA lorsqu’elle n’est pas correctement entraînée et d’autres technologies émergentes reflètent certains biais et perpétuent des stéréotypes sexistes, raciaux ou liés à l’âge ou au handicap qui sont préjudiciables, ce qui constitue un risque important en matière de SST.

1.11.

Le CESE souligne qu’afin de créer un cadre de protection et d’exécution au niveau de l’Union et des États membres, plusieurs actes législatifs de l’UE comportent des dispositions visant à garantir que, lorsqu’un outil d’IA est déployé sur le lieu de travail, des conditions de travail sûres et équitables pour les employés sont préservées et que les travailleurs sont associés au processus de déploiement. La stratégie numérique de l’UE à l’horizon 2030 englobe au total 116 actes législatifs (9). Pris dans sa globalité, ce cadre législatif, entre autres aspects, vise à traiter l’incidence que l’utilisation de l’IA sur les lieux de travail peut avoir sur les travailleurs, leurs droits fondamentaux, leur vie privée, la protection de leurs données, leur autonomie, leur assujettissement à des systèmes de gestion de l’activité fondés sur des algorithmes et sur l’IA et qui reposent sur le principe de l’humain aux commandes, et leurs conditions de travail.

1.12.

Le CESE attire l’attention de la Commission, du Conseil et des partenaires sociaux sur la nécessité d’adapter la réglementation du travail au risque d’insécurité de l’emploi et de précarité résultant de modèles d’entreprise existants dans des secteurs où la numérisation a déjà progressé, modèles qui pourraient s’étendre à l’ensemble de l’économie et dans lesquels le recours abusif au travail indépendant, les contrats de courte durée et l’absence de perspectives de carrière sont courants.

1.13.

Le CESE estime qu’il est nécessaire de renforcer la capacité de suivi, de collecte, de comparaison et d’analyse des données afin de comprendre les enjeux et les possibilités que présentent les changements en cours en matière de SST, et recommande à l’Union et aux États membres de prendre les dispositions adéquates.

1.14.

Le CESE estime qu’il est essentiel d’associer les travailleurs à l’intégration des nouvelles technologies, conformément à la directive 2002/14/CE du Parlement européen et du Conseil (10) (et à toute autre disposition applicable de la législation européenne ou nationale), non seulement pour ce qui est de la bonne application de celles-ci, mais aussi pour une approche centrée sur l’humain; il souligne que les partenaires sociaux peuvent négocier et se mettre d’accord sur les moyens d’améliorer les mécanismes d’information et de consultation afin de garantir cette participation, et les invite instamment à agir pour mettre en œuvre et, si nécessaire, développer davantage les mesures recommandées dans l’accord-cadre de 2020 sur la numérisation. Le CESE demande également à la Commission de suivre la mise en œuvre de cet accord dans le cadre du dialogue social européen.

1.15.

Le CESE est préoccupé par le respect du caractère privé, de la propriété et de la sécurité des données collectées dans un contexte professionnel et, faisant observer que l’UE garantit déjà un niveau élevé de protection, recommande à la Commission, au Conseil et au Parlement européen d’adopter une législation au niveau de l’Union, y compris en ce qui concerne la transparence des algorithmes. La surveillance électronique accroît le risque de cyberharcèlement (cyberbullying).

1.16.

Le CESE estime que toute forme de surveillance électronique des travailleurs qui, par un contrôle intrusif, porte atteinte à leur vie privée devrait être interdite dans l’Union. Il souligne également que la surveillance électronique contribue à améliorer la santé et la sécurité, par exemple dans le domaine des transports, ainsi qu’à réaliser des évaluations impartiales des risques sur les chantiers de construction. Il recommande, par conséquent, que l’efficacité des instruments juridiques existants au niveau de l’Union et à l’échelon national soit contrôlée à cette fin et que l’on envisage l’adoption d’autres mesures qui apparaîtraient nécessaires.

1.17.

Le CESE estime que promouvoir une IA responsable et «digne de confiance» au sein du monde du travail nécessite un environnement positif et propice au dialogue social.

1.18.

Compte tenu du fait que le nombre de conventions collectives qui intègrent des questions éthiques dans l’utilisation de l’IA est faible (11), le CESE invite les partenaires sociaux à jouer un rôle actif dans l’adoption d’une approche de l’IA centrée sur l’humain dans le contexte du travail. Il demande en particulier que les négociations sur la réglementation appropriée de l’IA sur le lieu de travail soient intensifiées.

1.19.

Le CESE invite la Commission à fournir aux partenaires sociaux les moyens nécessaires pour faire face de manière adéquate aux nouveaux défis posés par la numérisation — et en particulier par l’IA — en procédant à un renforcement des capacités ainsi qu’en fournissant des informations et des connaissances concernant le cadre réglementaire existant.

2. Observations générales

2.1.

Le 6 septembre 2024, le ministre polonais des affaires européennes a prié le CESE d’élaborer des avis exploratoires dans des domaines d’action revêtant une importance particulière pour la présidence du Conseil de l’UE assurée par la Pologne.

2.2.

Le présent avis répond à la demande d’avis exploratoire sur le thème «Santé et sécurité au travail: défis actuels et futurs dans le contexte des technologies traditionnelles et nouvelles, avec une attention particulière pour l’intelligence artificielle».

2.3.

Le CESE réaffirme qu’il souscrit aux appels lancés par les rapports Draghi et Letta quant à la nécessité d’agir de toute urgence pour rendre l’économie européenne plus compétitive. Il reconnaît le rôle que l’intelligence artificielle joue et l’importance qu’elle présente pour ce qui est de développer une cinquième liberté de circulation, assise sur la connaissance, l’innovation et la recherche, ainsi que l’impératif plus général d’accroître la productivité de l’économie européenne de demain grâce à une «intégration verticale» de cette technologie dans les processus industriels (12).

2.4.

Le CESE est bien conscient que, compte tenu des possibles débordements de l’intelligence artificielle et de nouvelles technologies émergentes, l’approche à adopter doit consister à éviter que les travailleurs ne subissent des effets dommageables en raison de l’utilisation de ces technologies. Les initiatives législatives devraient s’attaquer aux lacunes en matière de protection des droits des travailleurs sur leur lieu de travail (13), et des dispositions en matière de SST devraient être adaptées aux nouveaux défis posés par l’IA et faire prévaloir le principe voulant que les êtres humains gardent la main dans toutes leurs interactions avec la machine.

2.5.

Selon une analyse menée par l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) dans le domaine de la SST, l’amélioration de la SST grâce aux nouvelles technologies n’est pas une idée nouvelle, étant donné que, depuis des décennies, les progrès technologiques l’ont améliorée. Les moyens par lesquels l’IA peut réduire ou éliminer les risques comprennent, sans s’y limiter, les mesures suivantes:

a)

fournir à l’encadrement et aux représentants des travailleurs de meilleures informations pour qu’ils puissent mettre en évidence les problèmes de SST, y compris les risques psychosociaux, et les domaines pour lesquels des interventions sont nécessaires à cet égard afin d’atténuer différents facteurs de risque tels que le harcèlement et la violence, et signaler précocement les situations de danger ou de stress, les problèmes de santé et les cas de fatigue liés aux tâches et activités effectuées par les travailleurs;

b)

donner aux travailleurs et au personnel d’encadrement des conseils personnalisés en temps utile pour encourager des comportements plus sûrs;

c)

soutenir la prévention fondée sur des données probantes et l’évaluation précoce des risques sur le lieu de travail;

d)

soutenir des inspections en matière de SST fondées sur des données probantes, plus efficaces et ciblées;

e)

tirer parti du potentiel de l’automatisation et de la robotisation dans l’industrie, la logistique ou la construction pour réduire les risques liés à des tâches répétitives et dangereuses;

f)

utiliser des dispositifs et des capteurs de l’internet des objets pour surveiller en temps réel les équipements de travail et détecter ainsi leurs défaillances, y compris avant qu’elles ne surviennent;

g)

tirer parti des progrès de l’IA et de la réalité virtuelle et augmentée pour tester virtuellement certaines définitions et conditions de sécurité;

h)

effectuer des recherches sur l’exosquelette pour éviter des charges lourdes aux travailleurs du secteur de la manutention. Des progrès significatifs sont également réalisés dans ce domaine pour les travailleurs handicapés;

i)

intégrer des systèmes automatisés dans les chaînes d’approvisionnement afin de limiter les tâches manuelles de manutention;

j)

utiliser le traitement des données fondé sur l’IA pour mieux concevoir les postes de travail et les processus logistiques afin de limiter les risques d’exposition des travailleurs (14);

k)

enfin, éviter aux êtres humains de devoir travailler dans des environnements dangereux, grâce aux possibilités qu’offre la numérisation pour renforcer l’automatisation, ce qui constitue un avantage majeur qui a été relevé dans l’étude de prospective de l’Observatoire européen des risques citée au paragraphe 2.6.

2.6.

La numérisation a de profondes répercussions sur le monde du travail. Dans l’étude prospective qu’il a réalisée en 2018 sur les risques nouveaux et émergents en matière de sécurité et de santé au travail (SST) liés à la numérisation d’ici à 2025 (15), l’Observatoire européen des risques (ERO) a élaboré des scénarios qui «[...] décrivent d’autres futurs possibles et qui sont construits sur la base d’une évaluation de la manière dont les tendances et les moteurs de changement peuvent influencer le présent pour créer chaque avenir différent». Cette étude a recensé un certain nombre de défis communs à tous les scénarios de développement de la numérisation. Cependant, elle entraîne, notamment quant à la nature du travail, de nouveaux risques relatifs à la SST, en ce qui concerne:

les facteurs de risques psychosociaux dus à l’organisation du travail après l’introduction de la gestion algorithmique et de l’IA, mais aussi de nouveaux modèles d’entreprise et de nouvelles hiérarchies dans l’emploi qui peuvent également avoir une incidence sur les mécanismes actuels de gestion de la SST; toujours sur la question des risques psychosociaux, l’EU-OSHA a procédé en 2024 à une méta-analyse de ses publications sur les risques psychosociaux pour la SST associés à la numérisation (16). Ces risques ont été répartis en six catégories: a) le contenu du travail et l’évolution de carrière; b) l’intensité du travail et le contrôle du travail; c) l’environnement de travail et les équipements; d) l’interface «domicile-travail»; e) le rôle dans l’organisation; et f) les relations interpersonnelles;

l’augmentation du stress lié au travail;

les problèmes ergonomiques;

les risques associés aux nouvelles interfaces homme-machine;

les risques en matière de cybersécurité;

la perte de contrôle sur leurs données, pour les travailleurs, ainsi que des problèmes de protection des données, des questions éthiques, une inégalité en matière d’accès à l’information sur la SST et une pression s’agissant des performances des travailleurs.

2.7.

Parmi les nouveaux risques recensés par l’ERO figurent des défis auxquels est confronté le marché du travail qui ont une incidence sur la SST, notamment:

le nombre croissant de travailleurs traités, à raison ou à tort, comme des travailleurs indépendants et susceptibles de ne pas être couverts par la réglementation existante en matière de SST;

la modification des modèles d’entreprise et des hiérarchies en matière d’emploi en raison de l’augmentation du travail en ligne et flexible et de l’introduction de la gestion algorithmique et de l’IA, qui pourraient perturber les mécanismes actuels de gestion de la SST;

les travailleurs qui ne possèdent pas les compétences nécessaires pour utiliser les TIC, s’adapter au changement et gérer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée;

les changements d’emploi plus fréquents et l’allongement de la vie professionnelle.

2.8.

Seuls 33 % des emplois technologiques et 8 % des postes d’encadrement sont occupés par des femmes. Cette situation indique qu’il convient de s’attaquer aux stéréotypes sexistes, ainsi qu’aux défis, tels que le harcèlement et le manque d’accès au financement, auxquels les femmes sont confrontées dans des environnements de travail dominés par les hommes.

2.9.

Lorsque les travailleurs ne savent pas qu’ils interagissent avec des systèmes d’IA, il peut être difficile de déterminer si ces outils améliorent les performances humaines ou encouragent une dépendance excessive à l’égard de suggestions automatisées. Dans ce cas, les possibilités de participation des travailleurs et de négociation avec leurs représentants en vue de leur introduction sont également limitées (17).

2.10.

L’IA robotique comporte des risques de dépendance excessive si le rôle du robot n’est pas clairement défini ou si les travailleurs ne sont pas correctement formés pour remettre en question les décisions de la machine ou les annuler. Selon des études de cas d’Eurofound sur l’automatisation, un élément crucial révélé au cours d’entretiens avec des travailleurs évoluant dans divers environnements de travail est la dépendance excessive à l’égard des technologies, qui peut contribuer à réduire les possibilités de façonner le travail et à faire disparaître les compétences acquises au fil du temps mais devenues inutiles à la suite de l’automatisation des tâches. Il s’ensuit que les travailleurs devraient s’engager dans une démarche de perfectionnement professionnel et d’apprentissage tout au long de leur carrière (18). En outre, une dépendance excessive peut accroître le stress et susciter un sentiment de perte de contrôle sur le travail. Toutefois, le rapport d’Eurofound fondé sur des études de cas et des entretiens avec des opérateurs en entrepôt ne révèle aucune augmentation de l’intensité du travail ou des niveaux de stress. Enfin, si les applications robotiques ne sont pas conçues, développées et utilisées en garantissant le respect du principe de l’humain aux commandes, le rôle central de l’humain est compromis.

2.11.

Le CESE estime que sa recommandation, selon laquelle la législation devrait s’attaquer aux lacunes en matière de protection des droits des travailleurs au travail et faire prévaloir le principe selon lequel les êtres humains restent aux commandes dans toutes leurs interactions avec la machine, devrait également s’appliquer dans le contexte de la prévention des risques en matière de SST. Il considère en outre qu’il convient de joindre des lignes directrices explicites aux dispositions juridiques en vigueur de l’Union touchant à l’utilisation de l’IA sur le lieu de travail (19).

3. Observations spécifiques

3.1.

Le CESE soutient que la prévention des risques en matière de SST est essentielle afin de garantir dans la durée des conditions de travail décentes; consacrée par les traités et par la charte des droits fondamentaux, cette protection est un droit inscrit dans le principe 10 du socle européen des droits sociaux et est fondamentale pour atteindre les objectifs de développement durable des Nations unies (20).

3.2.

Le CESE se déclare une nouvelle fois préoccupé par le manque d’informations, de connaissances, de données comparables et de collecte de données sous une forme harmonisée sur la réalité qui prévaut dans l’UE et les États membres en matière de SST. Il est convaincu que ces connaissances sont indispensables pour mieux prévenir les risques, mieux concevoir, appliquer et exécuter les politiques et assurer un meilleur suivi de la mise en œuvre et les progrès réalisés.

3.3.

Le CESE est d’avis que les nouveaux défis liés à la numérisation confirment qu’il s’impose d’assurer le renforcement des ressources techniques et humaines des inspections du travail, qui ont diminué ces dernières années dans de nombreux États membres, ainsi que l’amélioration de la coordination, de la coopération et de la formation au niveau de l’Union, qui sont des facteurs essentiels pour améliorer sensiblement l’application de la législation en matière de SST (21).

3.4.

Le CESE note que, dans un rapport de 2021 sur les futures priorités de l’UE en matière de SST (22), le comité des hauts responsables de l’inspection du travail (CHRIT) reconnaît que la numérisation et les nouvelles formes de travail posent de nouveaux défis. Le CHRIT fait observer que la numérisation peut accroître l’efficacité des activités de contrôle de l’application de la législation. Il estime en outre qu’il est nécessaire d’élargir les connaissances et les compétences des inspecteurs du travail.

3.5.

Le CESE réitère sa recommandation d’améliorer les outils statistiques et la recherche, en particulier sur l’IA, l’utilisation des robots industriels et de services, l’internet des objets, ainsi que sur les nouveaux modèles économiques (23).

3.6.

Le CESE rappelle que le dialogue social est un outil incontournable pour atteindre les trois objectifs clés: l’anticipation et la gestion des changements du monde du travail résultant des transitions écologique, numérique et démographique; l’amélioration de la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles; et la préparation à d’éventuelles crises sanitaires futures (24).

3.7.

Il continue de recommander que soit réalisée une analyse prospective complète et intégrée de l’impact de la transition numérique sur le marché du travail de façon à anticiper les bouleversements qu’elle comporte et développer une stratégie de SST à long terme (25).

3.8.

Le CESE est conscient que les modèles d’entreprise numériques dicteront de plus en plus la forme que prendra le monde du travail et continue de soutenir qu’il importe de concevoir ces modèles de sorte qu’ils soient axés sur les personnes et les valeurs. À plus large échelle, pour la société tout entière, le défi consiste à garantir l’inclusion numérique des groupes particulièrement vulnérables (26).

3.9.

Selon l’EU-OSHA (27), l’IA au travail soulève des préoccupations en matière de SST en ce qui concerne la santé mentale au travail et les risques psychosociaux. Le CESE souligne que le cadre stratégique de la Commission en matière de santé et de sécurité au travail pour la période 2021-2027 est axé, entre autres, sur l’anticipation et la gestion des changements dans le contexte de la transition numérique et invite instamment l’ensemble des parties prenantes concernées à accorder toute l’attention voulue aux problèmes émergents connexes dans le domaine de la santé mentale des travailleurs.

3.10.

Le CESE réitère sa proposition visant à ce que la Commission lance des initiatives législatives sur la santé mentale au travail et sur la prévention des risques psychosociaux au travail (28), et souligne qu’il convient d’élargir la notion de SST pour encadrer de manière adéquate le bien-être et la gestion de ces risques.

3.11.

Considérant le lien direct entre l’IA et la SST, le CESE rappelle que la législation sur l’IA, qu’il accueille favorablement, prévoit que certaines décisions demeurent la prérogative des êtres humains, en particulier dans les domaines où ces décisions comportent une composante morale et ont des conséquences juridiques ou une incidence sociétale, par exemple dans les domaines de la justice, de l’application de la loi, des services sociaux, des soins de santé, du logement, des services financiers, des relations de travail et de l’éducation (29). Le CESE fait observer que le règlement sur l’IA qui a été adopté ainsi que d’autres actes législatifs existants de l’UE, tels que le RGPD et les directives 89/391/CEE et 2002/14/CE, comprennent des dispositions relatives au déploiement des outils d’IA sur le lieu de travail qui visent à garantir, d’une part, que des conditions de travail sûres et équitables sont préservées pour les employés et, d’autre part, que les travailleurs participent au processus de déploiement de ces outils.

3.12.

Le CESE recommande une nouvelle fois que les développeurs d’IA soient formés à l’éthique afin d’éviter de mettre en place de nouvelles formes de «taylorisme numérique», où l’humain serait relégué à l’exécution des consignes des machines (30).

3.13.

Le CESE préconise à nouveau que des évaluations de la conformité par des tiers soient obligatoires pour toutes les formes d’IA à haut risque, y compris certaines de celles qui s’appliquent au travail (31).

3.14.

Le CESE estime que les faibles niveaux de compétences numériques et la numérisation du marché du travail, ainsi que le remplacement des emplois de faible valeur par des solutions d’IA, risquent d’accroître l’exclusion socio-économique des personnes handicapées si la fracture numérique n’est pas comblée.

3.15.

Le CESE attire l’attention sur le principe de non-discrimination. Les demandes de recrutement et d’évaluation professionnelle fondées sur l’IA peuvent être discriminatoires si elles ne tiennent pas compte des problèmes spécifiques qui concernent les personnes handicapées et des obstacles communs auxquels elles sont confrontées en matière d’éducation et d’emploi. Il convient de renforcer la mise en œuvre d’aménagements raisonnables pour les personnes handicapées.

3.16.

L’utilisation des technologies de l’IA dans les ressources humaines est susceptible de nuire aux femmes et à d’autres groupes souvent confrontés à des discriminations lorsque des outils d’IA fondés sur des pratiques et des données historiques sont utilisés. En revanche, la technologie de l’IA peut être utilisée pour analyser les déséquilibres entre les femmes et les hommes et les discriminations.

3.17.

La violence facilitée par la technologie et le cyberharcèlement sur le lieu de travail constituent des risques en matière de SST. Ils sont déjà atténués par les règles existantes, dont l’application doit être une priorité. C’est lorsque qu’une analyse de l’application et de l’exécution des règles existantes amène à les considérer comme non suffisamment efficaces qu’il conviendrait d’y apporter des améliorations.

3.18.

Le CESE réitère sa recommandation de lancer en temps utile une étude mobilisant la Commission, les experts et les partenaires sociaux, dans le but de dégager la solution qui permette au mieux que les travailleurs indépendants puissent eux aussi disposer d’un environnement de travail sûr et sain (32).

3.19.

Étant donné que la transition numérique implique une augmentation de la productivité et de l’efficacité des processus de travail, le CESE recommande au Conseil, à la Commission et aux partenaires sociaux de suivre ce processus et d’adopter des mesures de nature législative ou relevant de la négociation collective pour garantir que le contrôle du travail soit assuré par l’homme et que les modalités d’exercice du travail restent empreintes d’humanité.

3.20.

Le CESE s’inquiète de l’augmentation des risques en matière de SST qu’entraîne la séparation des tâches de travail et du poste de travail physique. Il estime que la garantie du respect des normes ergonomiques et de l’adéquation des équipements de travail est une responsabilité des employeurs qui devrait continuer à s’imposer, dans le contexte des nouvelles formes de travail, avec le même niveau d’exigence que celui qui s’applique dans le cadre d’emplois conventionnels. Le CESE reste persuadé que l’accord-cadre européen de 2002 ne permet pas de répondre aux nouveaux défis posés par le télétravail et recommande avec insistance l’établissement de nouvelles lignes directrices avec une attention particulière portée à la prévention des risques psychosociaux et des troubles musculosquelettiques (33).

3.21.

Une étude d’Eurofound a révélé que les personnes qui travaillent depuis leur bureau à domicile ont fait état d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée que les travailleurs sur site (34). Du point de vue de l’égalité entre les hommes et les femmes, le CESE fait observer que, selon un document de travail de l’EU-OSHA (35), le télétravail et la flexibilité du travail à distance sont susceptibles d’améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée et la situation des femmes sur le marché du travail. Dans le même temps, le télétravail a une incidence négative disproportionnée sur les femmes s’agissant des conflits liés à la vie professionnelle, du stress et des résultats en matière de santé, ce qui entraîne le risque que les rôles traditionnels entre les hommes et les femmes soient consolidés et que les activités de soins non rémunérées effectuées par des femmes augmentent.

3.22.

Une enquête par échantillonnage menée par Eurofound et portant sur les conditions de travail liées à la pandémie de COVID-19 a montré que les travailleurs à distance sont plus susceptibles d’être confrontés à des facteurs de stress pouvant entraîner une baisse du bien-être physique et mental. La présence constante de la technologie a pour effet que les travailleurs à distance éprouvent souvent des difficultés à «se déconnecter» du travail (36). Bien qu’il ne s’agisse pas d’une question de SST en tant que telle, le CESE prend note des orientations politiques de la Commission, qui indiquent que cette dernière proposera l’introduction du droit à la déconnexion.

3.23.

Le droit à la déconnexion n’est pas une panacée. Le CESE estime que la réglementation du droit à la déconnexion devrait être liée à des actions qui favorisent une culture de flexibilité et d’autonomie parmi les employeurs et les travailleurs, en créant des ressources et un soutien pour les travailleurs à distance et en les encourageant à assurer un équilibre sain entre vie personnelle, familiale et professionnelle. Le CESE invite la Commission à mobiliser des ressources pour poursuivre cet objectif.

Bruxelles, le 26 mars 2025.

Le président

du Comité économique et social européen

Oliver RÖPKE


(1) JO L 183 du 29.6.1989, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/1989/391/oj.

(2) Commission européenne, COM/2004/0062 final.

(3) Conclusions du sommet sur la sécurité et la santé au travail (SST) — Commission européenne.

(4) Conclusions du sommet sur la sécurité et la santé au travail (SST) — Commission européenne.

(5) Eurofound, The changing structure of employment in the EU: Annual review 2023, document de recherche, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg, 2024.

(6) Contribution du Comité économique et social européen au programme de travail 2025 de la Commission européenne.

(7) Commission européenne, The future of European competitiveness part B — In-depth analysis of recommendations, 2024, p. 232.

(8) OCDE, Les adultes possèdent-ils les compétences nécessaires pour s’épanouir dans un monde en mutation? — Évaluation des compétences des adultes 2023, études de l’OCDE sur les compétences, Éditions OCDE, Paris, 2024.

(9) https://www.bruegel.org/system/files/2024-06/Bruegel_factsheet_2024_0.pdf.

(10) Directive 2002/14/CE du Parlement européen et du Conseil du 11 mars 2002 établissant un cadre général relatif à l'information et la consultation des travailleurs dans la Communauté européenne — Déclaration conjointe du Parlement européen, du Conseil et de la Commission sur la représentation des travailleurs (JO L 80 du 23.3.2002, p. 29, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2002/14/oj).

(11) Eurofound, Ethical digitalisation at work: From theory to practice, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg, 2023.

(12) Avis du CESE «Évaluation des rapports Letta et Draghi sur le fonctionnement et la compétitivité du marché unique de l’Union européenne» (non encore paru au Journal officiel).

(13) Avis du CESE «Évaluation des rapports Letta et Draghi sur le fonctionnement et la compétitivité du marché unique de l’Union européenne» (non encore paru au Journal officiel).

(14) Voir Work organisation and job quality in the digital age, Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail.

(15) Stacey, N., Ellwood, P., Bradbrook, S., Reynolds, J., Williams, H. et Lye, D., Foresight on new and emerging occupational safety and health risks associated with digitalisation by 2025, Observatoire européen des risques, 2018.

(16) Moja, F., Digitalisation and psychosocial risks, 2024. Disponible en ligne à l’adresse suivante: https://oshwiki.osha.europa.eu/en/themes/digitalisation-and-psychosocial-risks.

(17) Eurofound, Ethical digitalisation at work: From theory to practice, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg, 2023.

(18) Eurofound, Human–robot interaction: What changes in the workplace?, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg, 2024, p. 35 et 36, ainsi que les autres études d’Eurofound qui y sont citées.

(19) JO C, C/2025/1185, 21.3.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/1185/oj.

(20) JO C 105 du 4.3.2022, p. 114.

(21) JO C 105 du 4.3.2022, p. 114.

(22) Comité des hauts responsables de l’inspection du travail, Opinion on future EU OSH enforcement priorities contributing to a renewed EU OSH Strategy .

(23) JO C 440 du 6.12.2018, p. 1.

(24) JO C 194 du 12.5.2022, p. 50.

(25) JO C 194 du 12.5.2022, p. 50.

(26) JO C 374 du 16.9.2021, p. 6.

(27) Stacey, N., Ellwood, P., Bradbrook, S., Reynolds, J., Williams, H. et Lye, D., Foresight on new and emerging occupational safety and health risks associated with digitalisation by 2025, Observatoire européen des risques, 2018.

(28) JO C 105 du 4.3.2022, p. 114 et JO C 194 du 12.5.2022, p. 50.

(29) JO C 517 du 22.12.2021, p. 61.

(30) JO C 440 du 6.12.2018, p. 1.

(31) JO C 517 du 22.12.2022, p. 61 et JO C 194 du 12.5.2022, p. 50.

(32) JO C 105 du 4.3.2022, p. 114.

(33) JO C 194 du 12.5.2022, p. 50.

(34) Eurofound, Working conditions in the time of COVID-19: Implications for the future, série de 2021 de l’enquête européenne sur les conditions de travail, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg, 2022, voir fig. 76.

(35) EU-OSHA, document de réflexion Exploring the gender dimension of telework: implications for occupational safety and health, https://osha.europa.eu/fr/publications/exploring-gender-dimension-telework-implications-occupational-safety-and-health.

(36) Eurofound, Psychosocial risks to workers’ well-being: Lessons from the COVID-19 pandemic, série de 2021 de l’enquête européenne sur les conditions de travail, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg, 2023.


ANNEXE

Les amendements suivants, qui ont recueilli au moins le quart des suffrages exprimés, ont été rejetés au cours des débats (article 75, paragraphe 3, du règlement intérieur):

AMENDEMENT 1

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 2.4

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Le CESE est bien conscient que, compte tenu des possibles débordements de l’intelligence artificielle et de nouvelles technologies émergentes, l’approche à adopter doit consister à éviter que les travailleurs ne subissent des effets dommageables en raison de l’utilisation de ces technologies. Les initiatives législatives devraient s’attaquer aux lacunes en matière de protection des droits des travailleurs sur leur lieu de travail[1] , et des dispositions en matière de SST devraient être adaptées aux nouveaux défis posés par l’IA et faire prévaloir le principe voulant que les êtres humains gardent la main dans toutes leurs interactions avec la machine.

Le CESE est bien conscient que, compte tenu des possibles débordements de l’intelligence artificielle et de nouvelles technologies émergentes, l’approche à adopter doit consister à éviter que les travailleurs ne subissent des effets dommageables en raison de l’utilisation de ces technologies. Au besoin, des initiatives appropriées devraient s’attaquer aux lacunes avérées en matière de protection des droits des travailleurs sur leur lieu de travail[1] et des dispositions en matière de SST devraient être appliquées aux nouveaux défis posés par l’IA, et il convient de faire prévaloir le principe voulant que les êtres humains gardent la main dans toutes leurs interactions avec la machine , tel que décrit dans l’accord-cadre de 2020 sur la numérisation .

[1]

Avis du CESE «Évaluation des rapports Letta et Draghi sur le fonctionnement et la compétitivité du marché unique de l’Union européenne» (non encore paru au Journal officiel).

[1]

Avis du CESE «Évaluation des rapports Letta et Draghi sur le fonctionnement et la compétitivité du marché unique de l’Union européenne» (non encore paru au Journal officiel).

Exposé des motifs

La directive-cadre couvre l’intégralité des risques qui se posent en matière de SST, y compris ceux qui découlent de l’IA. Dès lors, l’objectif doit consister à en appliquer efficacement les dispositions et à soutenir les États membres et les partenaires sociaux dans les démarches qu’ils entreprennent en ce sens.

Résultat du vote:

Voix pour:

88

Voix contre:

130

Abstentions:

10

AMENDEMENT 2

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 2.7

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Parmi les nouveaux risques recensés par l’ERO figurent des défis auxquels est confronté le marché du travail qui ont une incidence sur la SST, notamment:

L’étude prospective de l’ERO [1] a énuméré certains défis qui sont susceptibles de se retrouver — à des degrés divers et avec des effets variables — dans les quatre scénarios définis aux fins de l’étude et qui pourraient avoir une incidence sur la SST, notamment:

le nombre croissant de travailleurs traités , à raison ou à tort , comme des travailleurs indépendants et susceptibles de ne pas être couverts par la réglementation existante en matière de SST;

les travailleurs traités à tort comme des travailleurs indépendants , qui devraient être couverts par la réglementation existante en matière de SST mais ne le sont pas toujours ;

la modification des modèles d’entreprise et des hiérarchies en matière d’emploi en raison de l’augmentation du travail en ligne et flexible et de l’introduction de la gestion algorithmique et de l’IA, qui pourraient perturber les mécanismes actuels de gestion de la SST;

l’évolution des modèles d’entreprise et des hiérarchies en matière d’emploi en raison de l’augmentation du travail en ligne et flexible et de l’introduction de la gestion algorithmique et de l’IA, lesquelles pourraient perturber les mécanismes actuels de gestion de la SST;

les travailleurs qui ne possèdent pas les compétences nécessaires pour utiliser les TIC, s’adapter au changement et gérer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée;

les travailleurs qui ne possèdent pas les compétences nécessaires pour pouvoir utiliser les technologies fondées sur les TIC, s’adapter au changement et gérer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée;

les changements d’emploi plus fréquents et l’allongement de la vie professionnelle.

les changements d’emploi plus fréquents et l’allongement de la vie professionnelle.

[1]

Stacey, N., Ellwood, P., Bradbrook, S., Reynolds, J., Williams, H. et Lye, D., Foresight on new and emerging occupational safety and health risks associated with digitalisation by 2025, Observatoire européen des risques, p. 6.

Exposé des motifs

Il est proposé de préciser que la liste couvre des questions que l’étude prospective de l’ERO considère comme des défis qui sont susceptibles de se retrouver — à des degrés divers et avec des effets variables — dans les quatre scénarios définis aux fins de ladite étude et qui pourraient avoir une incidence sur la SST. Il est également proposé de reprendre la formulation exacte de cette étude. En outre, il existe une raison pour laquelle les travailleurs indépendants ne relèvent pas du champ d’application de la réglementation en matière de SST. Les changements d’emploi et l’allongement de la vie professionnelle ne constituent pas des risques.

Résultat du vote:

Voix pour:

91

Voix contre:

132

Abstentions:

8

AMENDEMENT 3

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 2.8

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Seuls 33 % des emplois technologiques et 8 % des postes d’encadrement sont occupés par des femmes. Cette situation indique qu’il convient de s’attaquer aux stéréotypes sexistes , ainsi qu’aux défis , tels que le harcèlement et le manque d’accès au financement, auxquels les femmes sont confrontées dans des environnements de travail dominés par les hommes .

Seuls 33 % des emplois technologiques et 8 % des postes d’encadrement sont occupés par des femmes. Selon un article de McKinsey[1], les femmes n’occupent que 22 % de tous les postes technologiques dans les entreprises européennes, et le pourcentage de femmes dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM) marque un net recul à deux moments en particulier: lors de la transition entre l’enseignement primaire et secondaire et l’université, où il chute de 18 %, et lors du passage de l’université au monde du travail, où il baisse à nouveau de 15 %. Cette situation indique qu’il convient de s’attaquer aux stéréotypes sexistes ainsi qu’aux différents défis liés à l’augmentation de la proportion de femmes dans ces emplois et ces postes .

[1]

https://www.mckinsey.com/capabilities/mckinsey-digital/our-insights/women-in-tech-the-best-bet-to-solve-europes-talent-shortage#/.

Exposé des motifs

Il est regrettable qu’aucune référence ne soit fournie concernant la première phrase. Nous proposons de compléter le paragraphe (et d’ajouter une source) afin d’apporter des informations supplémentaires sur la situation des femmes dans le secteur technologique européen. Enfin, la dernière phrase devrait être formulée de manière plus générale (et plus neutre) en évoquant la nécessité de relever les différents défis liés à l’augmentation de la proportion de femmes dans ces emplois, étant entendu que le manque supposé d’accès au financement auquel seraient confrontées les femmes n’est lié ni à l’IA ni à la SST.

Résultat du vote:

Voix pour:

100

Voix contre:

128

Abstentions:

12

AMENDEMENT 4

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 2.9

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Lorsque les travailleurs ne savent pas qu’ils interagissent avec des systèmes d’IA, il peut être difficile de déterminer si ces outils améliorent les performances humaines ou encouragent une dépendance excessive à l’égard de suggestions automatisées. Dans ce cas, les possibilités de participation des travailleurs et de négociation avec leurs représentants en vue de leur introduction sont également limitées [1].

Selon un rapport d’Eurofound [1] , qui s’est penché sur des études de cas dans trois entreprises différentes, l’adoption de nouvelles technologies n’a, contrairement aux attentes, accru l’intensité de travail dans aucun des trois établissements examinés. En ce qui concerne le niveau d’autonomie en atelier, les résultats étaient variables[2]. Le rapport indique également que, s’il est admis que les nouvelles technologies numériques sont susceptibles d’améliorer la productivité, l’efficacité et la précision, les effets secondaires négatifs qu’ont les technologies nouvelles et émergentes sur le travail et l’emploi lorsqu’elles ne sont pas conçues, développées et déployées sur le lieu de travail de manière éthique suscitent des préoccupations croissantes[3].

[1]

Eurofound, Ethical digitalisation at work: From theory to practice, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg, 2023, p. 46.

[1]

Eurofound, Ethical digitalisation at work: From theory to practice, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg, 2023.

[2]

Dans l’établissement finlandais étudié, le déploiement de technologies avancées a également accru la dépendance des opérateurs en atelier à l’égard des ingénieurs ou techniciens spécialisés dans l’automatisation pour la résolution des problèmes techniques, ce qui est perçu comme une réduction de leur autonomie. Cette évolution a également favorisé un sentiment d’impuissance parmi les opérateurs face aux problèmes techniques, car les solutions à apporter sont de nature technique et sortent donc du cadre de leurs compétences. En revanche, chez Wicro Plastics, les opérateurs en atelier, qui ont vu leurs tâches se rapprocher de celles associées au contrôle de la qualité, estiment que la prise de décision individuelle a augmenté, car ils sont plus souvent amenés à évaluer si un produit répond aux normes de qualité. Il en a également résulté un plus grand nombre d’interactions entre les opérateurs et leurs supérieurs hiérarchiques en lien avec le contrôle de la qualité des produits. Voir à ce sujet Eurofound, Ethical digitalisation at work: From theory to practice, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg, 2023, p. 46.

[3]

Eurofound, Ethical digitalisation at work: From theory to practice, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg, 2023 , p. 49 .

Exposé des motifs

Nous restons d’avis que ce paragraphe n’a aucun rapport avec la SST. Néanmoins, s’il devait reprendre des éléments du rapport cité par le rapporteur, ceux-ci devraient s’appuyer clairement sur les conclusions du rapport (lesquelles reposent sur les études de cas).

Résultat du vote:

Voix pour:

105

Voix contre:

131

Abstentions:

6

AMENDEMENT 6

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 2.11

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Le CESE estime que sa recommandation, selon laquelle la législation devrait s’attaquer aux lacunes en matière de protection des droits des travailleurs au travail et faire prévaloir le principe selon lequel les êtres humains restent aux commandes dans toutes leurs interactions avec la machine, devrait également s’appliquer dans le contexte de la prévention des risques en matière de SST . Il considère en outre qu’il convient de joindre des lignes directrices explicites aux dispositions juridiques en vigueur de l’Union touchant à l’utilisation de l’IA sur le lieu de travail[1] .

Le CESE considère qu’en vue de soutenir efficacement l’adoption de l’IA, en particulier dans les PME, il convient d’appliquer et d’exécuter efficacement la législation et les orientations qui ont été arrêtées, afin d’assurer la protection des droits des travailleurs au travail et de faire prévaloir le principe selon lequel les êtres humains restent aux commandes dans toutes leurs interactions avec la machine, tout en évitant à tout prix d’introduire des exigences supplémentaires et parfois contradictoires ou de multiplier les obligations de déclaration, qui sont sources de confusion. Cette même logique devrait également s’appliquer dans le contexte de la prévention des risques en matière de SST.

[1]

Avis du CESE sur le thème «Une intelligence artificielle au service des travailleurs: leviers pour exploiter le potentiel et atténuer les risques de l’IA dans le cadre des politiques de l’emploi et du marché du travail» (non encore paru au Journal officiel).

Exposé des motifs

Au chapitre 1 de l’avis, il est clairement indiqué que nous devons remédier à la compétitivité anémique de l’Europe en renforçant l’adoption de l’IA. C’est dans cet esprit que ce paragraphe a été modifié, pour tenir compte du double objectif consistant à accélérer l’adoption de l’IA et à veiller à ce qu’il soit fait usage du cadre juridique et des orientations connexes pour garantir la SST, et dans le même temps à éviter d’imposer des charges indues. Nous proposons de supprimer la référence à l’avis SOC/803, étant donné qu’il est particulièrement controversé dès lors qu’un contravis lui est annexé (vote pour le contravis: 112/136/11; vote pour l’avis: 142/103/14).

Résultat du vote:

Voix pour:

101

Voix contre:

140

Abstentions:

11

AMENDEMENT 7

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 3.10

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Le CESE réitère sa proposition visant à ce que la Commission lance des initiatives législatives sur la santé mentale au travail et sur la prévention des risques psychosociaux au travail[1] , et souligne qu’il convient d’élargir la notion de SST pour encadrer de manière adéquate le bien-être et la gestion de ces risques .

Le CESE réitère son soutien au lancement, par la Commission , d’une initiative non législative sur la santé mentale au travail et sur la prévention des risques psychosociaux au travail , conformément au cadre stratégique en matière de SST pour la période 2021-2027 [1].

[1]

JO C 105 du 4.3.2022, p. 114, et JO C 194 du 12.5.2022, p. 50.

[1]

JO C 105 du 4.3.2022, p. 114, et JO C 194 du 12.5.2022, p. 50.

Exposé des motifs

La Commission prévoit le lancement d’une initiative non législative dans le cadre stratégique en matière de SST. Elle a par ailleurs lancé son «approche globale de la santé mentale», qui comporte notamment l’engagement de mettre en place une initiative sur la santé mentale au travail. Ces engagements devraient recevoir le soutien du CESE. En outre, l’objectif du présent dossier est de rendre un avis sur la SST telle qu’elle est définie dans la directive-cadre, laquelle constitue, comme indiqué au paragraphe 1.1 de l’avis, le mètre étalon en matière de prévention. Par conséquent, il ne serait pas approprié de proposer de changer la définition de la SST.

Résultat du vote:

Voix pour:

107

Voix contre:

132

Abstentions:

10

AMENDEMENT 8

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 3.13

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Le CESE préconise à nouveau que des évaluations de la conformité par des tiers soient obligatoires pour toutes les formes d’IA à haut risque, y compris certaines de celles qui s’appliquent au travail[1].

Le CESE réaffirme que les formes d’IA à haut risque, y compris certaines de celles qui s’appliquent au travail , sont soumises à des évaluations de la conformité réalisées par des tiers ou en interne [1].

[1]

JO C 517 du 22.12.2022, p. 61, et JO C 194 du 12.5.2022, p. 50.

[1]

JO C 517 du 22.12.2022, p. 61, et JO C 194 du 12.5.2022, p. 50.

Exposé des motifs

Étant donné que le règlement sur l’IA a été adopté, ce paragraphe devrait refléter les dispositions qu’il contient. Jusqu’à preuve du contraire, il n’y a aucune raison de penser que les évaluations de la conformité réalisées en interne seraient insuffisantes.

Résultat du vote:

Voix pour:

102

Voix contre:

137

Abstentions:

11

AMENDEMENT 9

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 3.16

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

L’ utilisation des technologies de l’IA dans les ressources humaines est susceptible de nuire aux femmes et à d’autres groupes souvent confrontés à des discriminations lorsque des outils d’IA fondés sur des pratiques et des données historiques sont utilisés. En revanche, la technologie de l’IA peut être utilisée pour analyser les déséquilibres entre les femmes et les hommes et les discriminations.

Si elle ne se déroule pas conformément aux règles applicables, l’ utilisation des technologies de l’IA dans les ressources humaines est susceptible de nuire aux femmes et à d’autres groupes pouvant être confrontés à des discriminations lorsque des outils d’IA fondés sur des pratiques et des données historiques sont utilisés. En revanche, la technologie de l’IA peut être utilisée pour analyser les déséquilibres entre les femmes et les hommes et les discriminations.

Exposé des motifs

Il est important de noter que la discrimination fondée sur le sexe ou d’autres facteurs arbitraires n’est pas autorisée par le cadre réglementaire actuel. Le préjudice allégué ne peut provenir que du non-respect des règles applicables, et il est nécessaire de le souligner.

Résultat du vote:

Voix pour:

110

Voix contre:

137

Abstentions:

5

AMENDEMENT 10

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 3.18

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Le CESE réitère sa recommandation de lancer en temps utile une étude mobilisant la Commission, les experts et les partenaires sociaux, dans le but de dégager la solution qui permette au mieux que les travailleurs indépendants puissent eux aussi disposer d’un environnement de travail sûr et sain [1].

Le CESE renvoie à la recommandation du Conseil de 2003 [1] qui, dans ses considérants, indique qu’en règle générale, les travailleurs indépendants ne sont pas couverts par les directives communautaires touchant à la santé et à la sécurité au travail, notamment la directive-cadre 89/391/CEE, et ne sont donc pas couverts par la législation applicable en matière de SST dans certains États membres . Le Conseil recommande aux États membres de promouvoir, dans le cadre de leurs politiques de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, la sécurité et la santé des travailleurs indépendants tout en tenant compte des risques spécifiques qui existent dans certains secteurs et de la nature particulière de la relation entre les entreprises contractantes et les travailleurs indépendants.

[1]

JO C 105 du 4.3.2022, p. 114 .

[1]

Recommandation du Conseil du 18 février 2003 portant sur l’amélioration de la protection de la santé et de la sécurité au travail des travailleurs indépendants.

Exposé des motifs

Les travailleurs indépendants ne relèvent pas du champ d’application de la directive-cadre, comme le précise également la recommandation du Conseil de 2003 portant sur l’amélioration de la protection de la santé et de la sécurité au travail des travailleurs indépendants, disponible à l’adresse https://eur-lex.europa.eu/eli/reco/2003/134/oj/eng?eliuri=eli%3Areco%3A2003%3A134%3Aoj&locale=fr. Il convient de noter que ladite recommandation encourage les États membres à promouvoir, dans le cadre de leurs politiques de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, la sécurité et la santé des travailleurs indépendants tout en tenant compte des risques spécifiques qui existent dans certains secteurs et de la nature particulière de la relation entre les entreprises contractantes et les travailleurs indépendants.

Résultat du vote:

Voix pour:

110

Voix contre:

140

Abstentions:

4

AMENDEMENT 11

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 3.19

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Étant donné que la transition numérique implique une augmentation de la productivité et de l’efficacité des processus de travail, le CESE recommande au Conseil, à la Commission et aux partenaires sociaux de suivre ce processus et d’adopter des mesures de nature législative ou relevant de la négociation collective pour garantir que le contrôle du travail soit assuré par l’homme et que les modalités d’exercice du travail restent empreintes d’humanité.

Étant donné que la transition numérique implique une augmentation de la productivité et de l’efficacité des processus de travail, le CESE recommande au Conseil, à la Commission et aux partenaires sociaux de suivre ce processus ainsi que d’apporter leur soutien aux évolutions numériques et d’en rendre possible l’avènement, étant entendu qu’il convient dans le même temps d’appliquer l’approche fondée sur les risques de la directive-cadre 89/391/CEE afin de prévenir les risques largement reconnus que ces mêmes évolutions seraient susceptibles d’induire dans le domaine de la SST. Le CESE recommande de recueillir des informations sur les différentes mesures de nature législative ou relevant de la négociation collective pour garantir que le contrôle du travail soit assuré par l’homme et que les modalités d’exercice du travail restent empreintes d’humanité.

Exposé des motifs

Force est de faire valoir la démarche nécessaire qui consiste à soutenir et rendre possibles les évolutions numériques, tout en veillant dans le même temps à ce que la directive-cadre sur la SST soit effectivement appliquée afin de réduire les risques.

Résultat du vote:

Voix pour:

103

Voix contre:

136

Abstentions:

7

AMENDEMENT 12

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 3.20

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Le CESE s’inquiète de l’augmentation des risques en matière de SST qu’entraîne la séparation des tâches de travail et du poste de travail physique. Il estime que la garantie du respect des normes ergonomiques et de l’adéquation des équipements de travail est une responsabilité des employeurs qui devrait continuer à s’imposer, dans le contexte des nouvelles formes de travail, avec le même niveau d’exigence que celui qui s’applique dans le cadre d’emplois conventionnels. Le CESE reste persuadé que l’accord-cadre européen de 2002 ne permet pas de répondre aux nouveaux défis posés par le télétravail et recommande avec insistance l’établissement de nouvelles lignes directrices avec une attention particulière portée à la prévention des risques psychosociaux et des troubles musculosquelettiques[1] .

Le CESE relève que lorsqu’ils pratiquent le télétravail, certains travailleurs peuvent se retrouver à passer du temps à des postes de travail non conventionnels (à domicile, dans des espaces publics qui n’ont pas été pensés spécifiquement pour le travail, etc.) qui ne répondent pas toujours aux normes d’ergonomie. Il souligne que c’est à l’employeur qu’incombe la responsabilité générale d’évaluer et de prévenir les risques en matière de SST, que le travailleur soit présent sur le lieu de travail ou qu’il exerce son activité à distance en vertu d’un accord existant entre les parties. Cela pose toutefois problème lorsque le travailleur effectue son travail depuis son domicile ou un autre endroit que l’employeur ne peut contrôler ou auquel il n’a pas accès. Le CESE reste persuadé que l’accord-cadre européen de 2002 continue d’apporter une réponse valable aux nouveaux défis posés par le télétravail.

[1]

JO C 194 du 12.5.2022, p. 50.

Exposé des motifs

Les modifications proposées tiennent dûment compte des différentes exigences auxquelles l’employeur est tenu de se conformer, ce qui permet de recontextualiser la position selon laquelle, lu conjointement avec le reste du cadre applicable, l’accord-cadre de 2002 sur le télétravail est suffisant.

Résultat du vote:

Voix pour:

101

Voix contre:

136

Abstentions:

6

AMENDEMENT 14

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 3.22

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Une enquête par échantillonnage menée par Eurofound et portant sur les conditions de travail liées à la pandémie de COVID-19 a montré que les travailleurs à distance sont plus susceptibles d’être confrontés à des facteurs de stress pouvant entraîner une baisse du bien-être physique et mental . La présence constante de la technologie a pour effet que les travailleurs à distance éprouvent souvent des difficultés à «se déconnecter» du travail [1]. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une question de SST en tant que telle, le CESE prend note des orientations politiques de la Commission, qui indiquent que cette dernière proposera l’introduction du droit à la déconnexion.

Une enquête par échantillonnage menée par Eurofound et portant sur les conditions de travail liées à la pandémie de COVID-19 a montré que les travailleurs à distance sont plus susceptibles d’être confrontés à des facteurs de stress pouvant entraîner une baisse du bien-être physique et mental[1]. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une question de SST en tant que telle, le CESE prend note des orientations politiques de la Commission, qui indiquent que cette dernière proposera l’introduction du droit à la déconnexion.

[1]

Eurofound, Psychosocial risks to workers’ well-being: Lessons from the COVID-19 pandemic, série de 2021 de l’enquête européenne sur les conditions de travail, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg, 2023.

[1]

Eurofound, Psychosocial risks to workers’ well-being: Lessons from the COVID-19 pandemic, série de 2021 de l’enquête européenne sur les conditions de travail, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg, 2023.

Exposé des motifs

Nous proposons de supprimer cette phrase, car le paragraphe 3.21 montre que l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée est sensiblement meilleur chez les personnes travaillant depuis leur domicile, tandis que le paragraphe 3.22 souligne qu’un échantillon étudié du temps de la COVID-19 a été confronté à des facteurs de stress. Dans l’ensemble, l’on ne saurait dès lors affirmer que la difficulté à «se déconnecter» du travail persiste après la COVID-19, où le télétravail a lieu, dans une bien plus large mesure, sur une base volontaire.

Résultat du vote:

Voix pour:

106

Voix contre:

138

Abstentions:

2

AMENDEMENT 15

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 3.23

Supprimer le paragraphe:

Avis de section

Amendement

Le droit à la déconnexion n’est pas une panacée. Le CESE estime que la réglementation du droit à la déconnexion devrait être liée à des actions qui favorisent une culture de flexibilité et d’autonomie parmi les employeurs et les travailleurs, en créant des ressources et un soutien pour les travailleurs à distance et en les encourageant à assurer un équilibre sain entre vie personnelle, familiale et professionnelle. Le CESE invite la Commission à mobiliser des ressources pour poursuivre cet objectif.

Exposé des motifs

Nous proposons de supprimer ce paragraphe, qui est sans rapport avec la SST. En outre, le droit à la déconnexion est déjà couvert par le paragraphe 3.22, qui affirme que, si celle-ci n’est pas une question de SST en tant que telle, le CESE prend note des orientations politiques de la Commission, qui indiquent que cette dernière proposera l’introduction du droit à la déconnexion.

Résultat du vote:

Voix pour:

108

Voix contre:

135

Abstentions:

5

AMENDEMENT 16

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 1.4

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

La numérisation ouvre des perspectives et pose des défis à plusieurs niveaux; elle est susceptible d’éliminer, de réduire ou de modifier les risques existants, ou encore d’en créer de nouveaux, qui devront être gérés. Cette situation nécessite une vigilance réglementaire et l’adoption, le cas échéant, de mesures juridiques et de mesures négociées entre les partenaires sociaux.

La numérisation ouvre des perspectives et pose des défis à plusieurs niveaux; elle est susceptible d’éliminer, de réduire ou de modifier les risques existants, ou encore d’en créer de nouveaux, qui devront être gérés. Cette situation nécessite une vigilance réglementaire ainsi que la mise en œuvre et l’application en bonne et due forme du cadre réglementaire existant, et peut entraîner la nécessité d’évaluer si des mesures juridiques et /ou de nouvelles mesures négociées entre les partenaires sociaux s’imposent .

Exposé des motifs

Nous proposons de nous en tenir à une grille de lecture plus générale tout en faisant aussi référence à la mise en œuvre et à l’application des règles existantes. En outre, plutôt que de faire référence à l’adoption de nouvelles mesures, qu’elles soient juridiques ou négociées entre les partenaires sociaux, le texte devrait évoquer la nécessité d’évaluer si de telles nouvelles mesures s’imposent.

Résultat du vote:

Voix pour:

107

Voix contre:

136

Abstentions:

4

AMENDEMENT 17

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 1.6

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Le CESE souligne la nécessité d’agir au niveau approprié pour garantir que les travailleurs disposent des compétences numériques nécessaires sur le marché du travail moderne. Cette mesure est importante compte tenu du risque de déqualification (deskilling) , susceptible de réduire l’autonomie des travailleurs, de leur faire perdre certaines compétences nécessaires pour accomplir des tâches professionnelles et de les soumettre à des systèmes de gestion du travail fondés sur des algorithmes et sur l’IA.

Le CESE souligne la nécessité d’agir au niveau approprié pour garantir que les travailleurs disposent des compétences numériques nécessaires sur le marché du travail moderne. Cette mesure est importante pour prévenir le risque de déqualification (deskilling) et éviter que les travailleurs ne perdent certaines compétences nécessaires pour accomplir des tâches professionnelles . Le déploiement généralisé de l’IA offrira en outre davantage de moyens à l’encadrement et aux travailleurs pour améliorer la SST, en favorisant une évaluation des risques impartiale et fondée sur des données probantes ainsi qu’un meilleur ciblage des inspections en matière de SST, et il contribuera effectivement à mieux cerner les problèmes, notamment les risques psychosociaux, qui requièrent des interventions. Il s’agit notamment de mieux prévenir les accidents du travail[1]. Dans le même temps, un recours plus large à l’IA au sein du monde du travail suscite des craintes et des préoccupations. Sont notamment redoutés une intensification du travail synonyme de stress accru, un renforcement du suivi et du contrôle, un manque de surveillance par l’humain, une perte d’autonomie, ainsi que l’obsolescence rapide des compétences acquises .

[1]

Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail (EU-OSHA), note d’orientation «Incidences de l’intelligence artificielle sur la sécurité et la santé au travail», 2021.

Exposé des motifs

S’il peut être justifié de faire référence à l’importance des compétences numériques dans ce contexte, il convient néanmoins de préciser que le présent avis met l’accent sur la SST, ainsi que sur la question qui fait l’objet de la directive-cadre 89/391/CEE (1) sur la sécurité et la santé au travail (directive-cadre) et sur les avantages de l’IA dans le domaine de la SST. Les modifications proposées renvoient également, d’une manière générale, aux craintes et aux risques liés à un recours plus large à l’IA dans le monde du travail.

Résultat du vote:

Voix pour:

109

Voix contre:

135

Abstentions:

3

AMENDEMENT 18

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 1.7

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Le CESE recommande à l’UE et aux États membres d’adopter des politiques qui garantissent à tous les travailleurs, en particulier ceux des plateformes en ligne, une formation tout au long de la vie adaptée à la transition numérique , un contrôle des algorithmes par l’humain, ainsi que le droit à l’information et à la consultation en ce qui concerne l’utilisation de l’IA dans la gestion du travail .

Le CESE recommande à l’UE , aux États membres et aux partenaires sociaux de veiller à ce que tous les travailleurs, y compris ceux des plateformes en ligne (lorsqu’ils sont salariés), aient accès, à des fins de perfectionnement et de reconversion professionnels, à une formation de qualité qui soit efficace et adaptée pour répondre aux défis posés par la transition numérique . Cette démarche implique de donner accès à des formations idoines qui répondent aux besoins des employeurs et des travailleurs, pour les aider notamment à tirer le meilleur parti possible des technologies numériques qui sont mises en place. Elle s’avère également importante pour garantir que le développement, le déploiement et l’utilisation de l’IA respectent toujours le principe de «l’humain aux commandes» .

Exposé des motifs

Tout d’abord, le texte doit faire référence au rôle que les partenaires sociaux jouent en matière de formation, de reconversion et de perfectionnement professionnels. Étant donné que la proposition d’amendement du paragraphe 1.6 renvoie, d’une manière générale, aux craintes et aux risques liés à l’utilisation de l’IA dans la vie professionnelle, il est proposé de souligner également dans le présent paragraphe l’importance des formations idoines pour garantir l’objectif général selon lequel le développement, le déploiement et l’utilisation de l’IA respectent toujours le principe de «l’humain aux commandes».

Résultat du vote:

Voix pour:

108

Voix contre:

126

Abstentions:

7

AMENDEMENT 19

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 1.12

Supprimer le paragraphe:

Avis de section

Amendement

Le CESE attire l’attention de la Commission, du Conseil et des partenaires sociaux sur la nécessité d’adapter la réglementation du travail au risque d’insécurité de l’emploi et de précarité résultant de modèles d’entreprise existants dans des secteurs où la numérisation a déjà progressé, modèles qui pourraient s’étendre à l’ensemble de l’économie et dans lesquels le recours abusif au travail indépendant, les contrats de courte durée et l’absence de perspectives de carrière sont courants.

Exposé des motifs

Il est proposé de supprimer l’intégralité de ce paragraphe, qui est sans rapport avec la SST. Dans sa demande d’élaboration du présent avis exploratoire, la présidence polonaise du Conseil de l’UE décrit le résultat de l’avis comme suit: «Les enjeux de santé et de sécurité au travail doivent évoluer parallèlement aux progrès de la science et de la technique. Le CESE est invité à formuler ses observations concernant les directions que pourraient prendre les questions de santé et de sécurité au travail à la lumière des changements que les progrès scientifiques et technologiques impriment dans le monde du travail.»

Résultat du vote:

Voix pour:

99

Voix contre:

132

Abstentions:

5

AMENDEMENT 20

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 1.13

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Le CESE estime qu’il est nécessaire de renforcer la capacité de suivi, de collecte , de comparaison et d’analyse des données afin de comprendre les enjeux et les possibilités que présentent les changements en cours en matière de SST, et recommande à l’Union et aux États membres de prendre les dispositions adéquates.

Le CESE estime qu’il est nécessaire de renforcer la capacité de suivi, de collecte et d’analyse de données comparables afin de comprendre les enjeux et les possibilités que présentent les changements en cours en matière de SST, et recommande à l’Union et aux États membres de soutenir les organismes compétents dans le travail qu’ils effectuent sur la base des dispositions adéquates.

Exposé des motifs

Nous proposons de préciser qu’il est nécessaire de disposer de données comparables et que l’UE et les États membres devraient soutenir les organismes compétents dans le travail qu’ils effectuent sur la base de l’adoption de dispositions adéquates.

Résultat du vote:

Voix pour:

108

Voix contre:

136

Abstentions:

4

AMENDEMENT 22

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 1.15

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Le CESE est préoccupé par le respect du caractère privé, de la propriété et de la sécurité des données collectées dans un contexte professionnel et, faisant observer que l’UE garantit déjà un niveau élevé de protection, recommande à la Commission, au Conseil et au Parlement européen d’adopter une législation au niveau de l’Union, y compris en ce qui concerne la transparence des algorithmes. La surveillance électronique accroît le risque de cyberharcèlement (cyberbullying).

Le CESE prend acte des inquiétudes concernant le respect du caractère privé, de la propriété et de la sécurité des données collectées dans un contexte professionnel et, faisant observer que l’UE garantit déjà un niveau élevé de protection, notamment au moyen du RGPD, recommande que la législation existante soit correctement et efficacement mise en œuvre et appliquée, notamment les dispositions du règlement sur l’IA qui traitent de la question de la transparence des algorithmes. La surveillance électronique peut accroître le risque de cyberharcèlement (cyberbullying) , cet aspect étant abordé dans la directive-cadre .

Exposé des motifs

Le texte devrait indiquer qu’il importe d’appliquer de manière correcte et efficace les dispositions de la législation de l’Union, telles que le règlement sur l’IA.

Résultat du vote:

Voix pour:

109

Voix contre:

140

Abstention:

1

AMENDEMENT 23

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 1.16

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Le CESE estime que toute forme de surveillance électronique des travailleurs qui , par un contrôle intrusif, porte atteinte à leur vie privée devrait être interdite dans l’Union. Il souligne également que la surveillance électronique contribue à améliorer la santé et la sécurité, par exemple dans le domaine des transports, ainsi qu’à réaliser des évaluations impartiales des risques sur les chantiers de construction. Il recommande, par conséquent, que l’efficacité des instruments juridiques existants au niveau de l’Union et à l’échelon national soit contrôlée à cette fin et que l’on envisage l’adoption d’autres mesures qui apparaîtraient nécessaires.

Le CESE relève que toute forme de surveillance électronique des travailleurs qui ne se déroulerait pas conformément aux règles applicables, et qui par exemple porterait atteinte à leur vie privée en les soumettant illégalement à un contrôle intrusif, est interdite dans l’Union. Il note que les règles applicables dans l’UE abordent déjà la question, qu’il s’agisse des articles 7 et 8 de la charte des droits fondamentaux, des dispositions du règlement RGPD (2016/679) relatives à l’intérêt légitime, au consentement et à la transparence, ou encore de l’article 4 de la directive 2002/14/CE concernant l’obligation d’information et de consultation sur les décisions susceptibles d’entraîner des modifications importantes dans l’organisation du travail. Il souligne également que la surveillance électronique contribue à améliorer la santé et la sécurité, par exemple dans le domaine des transports, ainsi qu’à réaliser des évaluations impartiales des risques sur les chantiers de construction. Il recommande, par conséquent, que l’efficacité des instruments juridiques existants au niveau de l’Union et à l’échelon national soit contrôlée à cette fin et que l’on envisage l’adoption d’autres mesures de soutien qui apparaîtraient nécessaires.

Exposé des motifs

Il serait incorrect de sous-entendre que l’Union européenne autorise à l’heure actuelle un contrôle intrusif, dès lors que la charte des droits fondamentaux garantit le droit à la vie privée et que le RGPD encadre par des dispositions strictes les cas dans lesquels il est possible de recueillir et de traiter des données. En outre, si des modifications substantielles de l’organisation du travail sont proposées, elles feront l’objet d’une information et d’une consultation, conformément à la directive 2002/14/CE. La modification proposée tient compte de ces éléments.

Résultat du vote:

Voix pour:

104

Voix contre:

137

Abstentions:

4

AMENDEMENT 24

SOC/818 — Santé et sécurité au travail

Paragraphe 1.18

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Compte tenu du fait que le nombre de conventions collectives qui intègrent des questions éthiques dans l’utilisation de l’IA est faible [1] , le CESE invite les partenaires sociaux à jouer un rôle actif dans l’adoption d’une approche de l’IA centrée sur l’humain dans le contexte du travail. Il demande en particulier que les négociations sur la réglementation appropriée de l’IA sur le lieu de travail soient intensifiées .

Selon Eurofound, «des efforts supplémentaires sont nécessaires pour renforcer la capacité des partenaires sociaux nationaux à traiter efficacement les problèmes découlant de la numérisation du travail. L’accord-cadre de 2020 conclu par les partenaires sociaux européens sur la transformation numérique est un instrument important pour coordonner ces efforts et promouvoir l’échange d’informations en vue d’intégrer l’éthique numérique dans la négociation collective et le dialogue social» [1] . Le CESE invite les partenaires sociaux à continuer de jouer un rôle actif dans l’adoption d’une approche de l’IA centrée sur l’humain dans le contexte du travail. Il demande en particulier de poursuivre les négociations au niveau approprié — lorsque les partenaires sociaux le jugent nécessaire — sur la question de l’IA sur le lieu de travail.

[1]

Eurofound, Ethical digitalisation at work: From theory to practice, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg, 2023.

[1]

Eurofound, Ethical digitalisation at work: From theory to practice, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg, 2023.

Exposé des motifs

Nous proposons d’utiliser une citation directe du rapport d’Eurofound, qui confirme que l’accord-cadre des partenaires sociaux établit des principes convenus par ceux-ci concernant le déploiement sous contrôle humain de l’IA sur le lieu de travail. L’amendement souligne également l’importance du renforcement des capacités.

Résultat du vote:

Voix pour:

111

Voix contre:

131

Abstentions:

5


(1) Directive 89/391/CEE du Conseil, du 12 juin 1989, concernant la mise en oeuvre de mesures visant à promouvoir l'amélioration de la sécurité et de la santé des travailleurs au travail (JO L 183 du 29.6.1989, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/1989/391/oj).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/2958/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)