Avis institutionnel52024AE3947

Avis du Comité économique et social européen — Le temps de travail au regard de l’efficacité de l’économie et du bien-être des travailleurs (notamment dans le contexte de la mutation numérique et de l’automatisation du travail): analyse juridique et comparative de la situation au sein des États membres de l’Union européenne (avis exploratoire à la demande de la présidence polonaise)

CELEX52024AE3947
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 26 mars 2025

Résumé IA

Cet avis exploratoire du CESE, sollicité par la présidence polonaise, analyse l'impact de la numérisation et de l'automatisation sur le temps de travail dans l'UE. Il examine les équilibres juridiques et comparatifs entre l'efficacité économique et le bien-être des travailleurs, en vue d'éclairer d'éventuelles évolutions du cadre normatif européen.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2025/2960

16.6.2025

Avis du Comité économique et social européen

Le temps de travail au regard de l’efficacité de l’économie et du bien-être des travailleurs (notamment dans le contexte de la mutation numérique et de l’automatisation du travail): analyse juridique et comparative de la situation au sein des États membres de l’Union européenne

(avis exploratoire à la demande de la présidence polonaise)

(C/2025/2960)

Rapporteure:

María del Carmen BARRERA CHAMORRO

Conseillers

Cristóbal MOLINA NAVARRETE (pour la rapporteure, groupe II)

Anna KWIATKIEWICZ (pour le groupe I)

Demande de la présidence polonaise du Conseil

13.11.2024

Base juridique

Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté»

Adoption en section

11.3.2025

Adoption en session plénière

26.3.2025

Session plénière no

595

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

146/89/4

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le Comité économique et social européen (CESE) estime que parmi les différents aspects du travail, les horaires constituent l’un de ceux qui exercent l’incidence la plus élevée sur la qualité de vie de la population, c’est-à-dire son bien-être, et qu’ils jouent un rôle essentiel pour que les entreprises organisent leur activité économique de manière efficace. Grâce à des dispositifs appropriés en matière de temps de travail, elles peuvent gagner en durabilité et améliorer leur productivité. Les partenaires sociaux partagent cette appréciation. Le CESE entend par «réduction du temps de travail» une diminution du nombre d’heures de travail par période de référence qui préserve le même niveau de salaire, et est d’avis qu’il convient à cet égard d’établir une distinction claire entre les journées de travail plus courtes sous forme de travail à temps partiel et celles qui sont comprimées, en l’occurrence lorsque le même nombre d’heures de travail est réparti sur moins de jours, par exemple quatre journées de dix heures.

1.2.

Le CESE relève que les innovations technologiques qui ont leur source dans la numérisation de l’économie et de la vie sociale génèrent toute une série de défis à relever et de possibilités à exploiter du point de vue de la croissance économique, tout comme pour l’amélioration du bien-être des travailleurs. À cet égard, les expériences qui visent à réduire le temps de travail sur une base volontaire, en vertu d’un accord passé entre les partenaires sociaux au niveau de l’entreprise, sont susceptibles d’améliorer le bien-être physique et psychologique des travailleurs.

1.3.

Le CESE se félicite de la communication interprétative que la Commission a publiée à propos de la directive 2003/88/CE, dans le double objectif d’apporter une contribution pour assurer que la législation existante de l’Union européenne soit dûment appliquée, mise en œuvre et respectée et, par ailleurs, d’améliorer la sécurité juridique des entreprises en ce qui concerne le spectre de leurs obligations touchant au temps de travail et la marge dont elles disposent pour le gérer de manière flexible.

1.4.

Bien que selon les éléments fournis par Eurostat, la durée de la semaine de travail moyenne s’établisse à 37,1 heures en Europe, le CESE relève qu’elle présente de fortes disparités d’un pays ou secteur d’activité à l’autre. D’après les données scientifiques disponibles, fondées sur des projets pilotes, il pourrait exister un rapport positif entre le raccourcissement des horaires d’activité hebdomadaires et la productivité, laquelle est d’autant plus élevée que la semaine de travail est courte. Dans ce contexte, il convient de soumettre à un examen plus poussé les expérimentations à caractère sectoriel et les projets pilotes concernant la relation entre réduction du temps de travail hebdomadaire et productivité. S’agissant de réduire ces horaires de travail, les diverses expériences qui ont été menées dans différents pays ont débouché sur des résultats variables et les solutions qu’elles requièrent sont elles aussi hétérogènes. D’une manière générale, ces essais ont fait l’objet d’évaluations très positives pour ce qui est d’améliorer le bien-être des travailleurs et d’accroître la productivité, même si des disparités considérables existent entre les secteurs, les entreprises et les pays.

1.5.

Le CESE reconnaît que dans la mesure où la majeure partie d’entre elles présentent un caractère sectoriel ou sont axées sur une entreprise donnée, ces initiatives expérimentales ont pu être promues par le truchement de la négociation collective. Il estime que les partenaires sociaux constituent les intervenants privilégiés pour favoriser des mesures qui garantissent qu’un maximum de secteurs et d’entreprises adoptent les dispositifs qu’ils jugent appropriés. Il convient toutefois de garder à l’esprit qu’ils ne disposent pas dans tous les pays ou dans toutes les branches d’activité de capacités similaires à conclure de tels accords. De l’avis du Comité, les institutions de l’Union européenne et les États membres devraient être encouragés à adopter des mesures, de type incitatif ou législatif, afin de créer des conditions favorables pour les secteurs ou les entreprises qui souhaitent expérimenter ou adopter ces dispositifs. Cette proposition ne saurait en aucun cas être comprise comme un appel à accroître encore le travail à temps partiel, en particulier de type contraint, lequel a un effet négatif sur les salaires et les retraites.

1.6.

S’agissant d’organiser les horaires d’activité, le CESE encourage à instaurer des formules souples qui prennent en considération la situation des divers groupes vulnérables et s’accompagnent de garanties en matière de travail décent, offrant éventuellement aux intéressés des possibilités plus étendues d’opérer leurs propres choix. Des études scientifiques montrent qu’une gestion du temps de travail qui répond aux besoins des travailleurs aux différents stades de leur existence les aide à réaliser un équilibre entre leur vie professionnelle et privée. Entre autres avantages, ces modèles qui assurent une gestion souple du temps de travail donnent la possibilité de tenir compte d’autres impératifs, qu’il s’agisse, par exemple, d’assurer la formation ou la reconversion professionnelles, ou de ménager une transition plus progressive vers la retraite pour des travailleurs qui, à défaut, pourraient abandonner totalement le marché du travail. Leurs répercussions sur les salaires et les droits à pension doivent faire l’objet d’un suivi attentif.

1.7.

Le CESE constate qu’une majorité d’entreprises organisent le temps de travail conformément aux législations européenne et nationale en vigueur, y compris pour ce qui est des dérogations qui y sont prévues. Il convient de mettre un terme à tout manquement aux règles applicables. Les partenaires sociaux ont, à tous les niveaux, un rôle important à jouer pour discuter de modalités de travail flexibles, y compris en rapport avec la réduction du temps de travail. Le CESE juge indispensable d’encourager et de soutenir activement les partenaires sociaux, par tous les moyens nécessaires, afin d’étendre les avantages que des horaires de travail plus courts ou d’une souplesse accrue présentent du point de vue de la santé, de l’équilibre entre activité professionnelle et vie privée et de la productivité.

1.8.

Étant intimement convaincu de la valeur ajoutée qu’apporte la mise en place de nouveaux modèles d’organisation flexible du travail qui sont approuvés par les partenaires sociaux, y compris sous la forme de la semaine de quatre jours d’activité ou d’une réduction du temps de travail, le CESE recommande aussi de promouvoir de tels processus, de manière à favoriser un équilibre entre travail et vie privée. La flexibilité du temps de travail ménage un équilibre entre l’intérêt des employeurs, qui entendent accroître la productivité, et celui des travailleurs, qui souhaitent améliorer l’équilibre entre leurs vies professionnelle et privée et avoir une influence sur l’aménagement de leur temps de travail. Elle est essentielle pour attirer et retenir les talents dans les entreprises.

1.9.

Parmi les projets pilotes en matière de réduction du temps de travail, le CESE met en avant celui de la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound) qui est intitulé «Réduction du temps de travail axée sur la semaine de quatre jours» et sur lequel elle a porté, dans ses premières conclusions, le jugement suivant: «La réduction du temps de travail améliore la productivité, est favorable à la santé mentale et réduit le stress, et elle joue un rôle essentiel pour parvenir à un équilibre durable dans le contexte actuel de transformation numérique. En outre, elle contribue à prévenir les maladies en rapport avec le travail et à renforcer le bien-être général des travailleurs.» À cet égard, le Comité souligne les effets positifs qu’une réduction du temps de travail produit pour la société, par exemple du point de vue du renouveau démographique, de l’égalité entre les hommes et les femmes, de l’allègement de la charge pesant sur le système de soins de santé, ou encore de la possibilité de maintenir plus longtemps les travailleurs dans le milieu professionnel, créant ainsi un environnement propice à la créativité et à l’innovation. Un climat social favorable est bénéfique non seulement pour l’État mais aussi pour les entreprises et les travailleurs.

1.10.

Le CESE exhorte les institutions de l’Union européenne, les gouvernements nationaux et les partenaires sociaux à faire reconnaître de manière accélérée que la déconnexion numérique constitue un droit pour tous les travailleurs européens. Selon la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne, telle qu’exprimée dans son arrêt du 19 décembre 2024 dans l’affaire C-531/23 Loredas (1), les politiques relatives à cette déconnexion et les systèmes qui enregistrent le temps de travail au sein des organisations représentent des garanties essentielles pour assurer une application effective des règles concernant les horaires de travail, ainsi que, le cas échéant, de celles qui portent sur leur réduction.

2. Contexte général

2.1.

Le CESE estime que parmi les différents aspects du travail, les horaires exercent une très forte incidence sur la qualité de vie de la population. Selon différentes études de l’Organisation internationale du travail (OIT) (2), ils jouent également un rôle capital pour que les entreprises organisent leur activité économique de manière efficace. Dans le droit afférent de l’Union européenne, une place éminente revient à la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil (3), concernant certains aspects de l’aménagement du temps de travail, qu’il y a lieu de développer et d’améliorer par le truchement de la négociation collective, ainsi qu’à la vaste jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne à laquelle elle a donné lieu, dans un sens protecteur (4).

2.2.

Le CESE fait observer que l’organisation appropriée du temps de travail constitue une question présentant de multiples facettes, qui contribuent à lui conférer une forte complexité, du point de vue réglementaire et sous l’angle de la gestion, et que, de ce fait, elle n’est pas déterminée uniquement par la directive-cadre sur la santé et la sécurité au travail (directive 89/391/CEE (5)) mais que d’autres directives, plus récentes, produisent également des répercussions en ce qui la concerne: tel est le cas de la directive (UE) 2019/1158 (6) du 20 juin 2019, pour ce qui est d’encourager un bon équilibre entre la vie professionnelle et privée grâce à des congés et dispositifs de travail flexible, ainsi que de la directive (UE) 2019/1152 (7) du 20 juin 2019 relative à des conditions de travail transparentes et prévisibles dans l’Union européenne.

2.3.

Le CESE relève que le 24 mars 2023, la Commission européenne a publié, sous la référence COM(2023) 72 final, une version actualisée de son rapport sur la mise en œuvre par les États membres de la directive 2003/88/CE concernant certains aspects de l’aménagement du temps de travail (8). Elle y fait le constat que d’une manière générale et pour la plupart d’entre eux, les États membres se conforment aux exigences minimales de la directive, et que certains poussent même la démarche plus avant. Par ailleurs, le Comité se félicite de la communication interprétative que la Commission a publiée à propos de cette même directive 2003/88/CE (9).

2.4.

Il y a lieu de souligner, de l’avis du CESE, que l’article 2, paragraphe 1, de la charte sociale européenne impose aux États européens qui l’ont ratifiée l’obligation légale de «fixer une durée raisonnable au travail journalier et hebdomadaire, la semaine de travail devant être progressivement réduite pour autant que l’augmentation de la productivité et les autres facteurs entrant en jeu le permettent».

2.5.

Le Comité relève que si les deux dernières décennies du XXe siècle ont été marquées par des débats sur l’établissement d’un équilibre entre la vie professionnelle et privée, prenant notamment la forme de dispositions ad hoc en matière de temps de travail, voire, dans certains États membres, de partage de l’emploi, par exemple avec la loi Aubry en France, l’on a constaté qu’au début du XXIe siècle, certains pays de l’Union ont modifié leur législation pour permettre tout à la fois des augmentations et des diminutions du temps de travail (10). Le temps de travail a également constitué un point mis à l’ordre du jour de la négociation collective, le but étant d’y introduire la numérisation et de le gérer d’une manière qui soit profitable pour le travailleur comme pour l’employeur. Des discussions ont aussi été menées sur des modalités appropriées en matière de déconnexion. Progressivement, toutes ces évolutions ont eu pour effet que les questions de bien-être et d’équilibre entre la vie professionnelle et privée ont pris place parmi les enjeux majeurs des politiques relatives au temps de travail, notamment lors des négociations collectives menées dans les divers pays de l’Union, dans l’optique de servir les intérêts tant des entreprises que de leurs salariés.

2.6.

Le CESE relève que depuis 2015, l’on a pu constater que les initiatives de réduction du temps de travail se sont multipliées dans divers pays et de différentes manières, par exemple avec l’action 4 Day Week Global (11). Il en est résulté que la durée moyenne de la semaine de travail en Europe se situe, selon les données d’Eurostat (12), à 37,1 heures, même si elle présente, selon les pays et les secteurs d’activité, de fortes variations, comme l’ont montré les études de la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound) (13).

2.7.

Dans un contexte qui est marqué par de profonds bouleversements technologiques et organisationnels, dus notamment à l’intensité de la numérisation, ainsi que par un débat sur la réduction du temps de travail qui se répand en Europe comme au-delà de ses frontières, la Pologne a demandé au CESE d’élaborer un avis exploratoire sur le thème «Temps de travail, efficacité de l’économie et bien-être des travailleurs». Le Comité reconnaît que bon nombre d’États membres de l’Union, à l’instar de l’Espagne, s’emploient à mener un débat sur la réforme des horaires de travail (14).

2.8.

Dans son avis sur «Les défis du télétravail: organisation du temps de travail, équilibre entre vie professionnelle et vie privée et droit à la déconnexion» (15), le CESE a déjà émis la proposition que dans le respect de la législation européenne et nationale en matière de télétravail et des conventions collectives conclues à l’échelon national, régional, sectoriel ou à leur propre niveau, les entreprises soient tenues d’utiliser des mécanismes appropriés pour mesurer les heures de travail normales et supplémentaires. Il a également affirmé que dans le secteur du transport, de passagers comme de biens, un équilibre doit être dégagé entre la vie professionnelle et familiale des travailleurs (16).

2.9.

Le CESE prend acte des données scientifiques probantes qu’invoquent l’Organisation internationale du travail (OIT) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour établir que les longs horaires de travail, excédant les 55 heures hebdomadaires, ont pour effet d’augmenter dans des proportions significatives le risque d’occurrence d’accidents physiques sur le lieu d’activité, ainsi que d’accidents vasculaires cérébraux et de coronaropathies, de même qu’ils sont corrélés de manière significative avec une augmentation des problèmes de santé mentale (17). Toutefois, lorsque les heures de travail et les pauses sont d’une longueur adéquate et qu’elles sont correctement organisées, elles assument une fonction de protection du bien-être, en réduisant l’incidence des facteurs néfastes pour la santé, tout en contribuant à améliorer les performances des entreprises (18).

2.10.

Le CESE rappelle que les Nations unies et leur programme à l’horizon 2030 établissent un lien entre un bon aménagement du temps de travail et les objectifs de développement durable, en particulier la quatrième cible de l’objectif 5, s’agissant de mettre en place des services, infrastructures et politiques, par exemple sous la forme de limitations du temps de travail, qui dégagent davantage de temps pour que les femmes et les hommes puissent assumer de manière plus équitable des tâches non rémunérées de soins aux personnes ou d’ordre domestique, ainsi que la huitième cible de l’objectif 8, consistant à «défendre les droits des travailleurs, promouvoir la sécurité sur le lieu de travail et assurer la protection de tous les travailleurs».

3. Observations générales

3.1.

Le CESE note que des données Eurostat (19), combinées aux résultats d’une étude sur la productivité (20), révèlent un rapport inversement proportionnel entre le nombre d’heures ouvrées et la productivité: selon des éléments datant de 2023, les pays où l’horaire moyen de travail est moindre, qu’il s’agisse de temps plein ou de temps partiel, présentent une productivité plus forte, tandis qu’elle se situe à un niveau plus faible dans ceux où l’on travaille en moyenne plus longtemps. Le Comité est convaincu qu’une réglementation adéquate de l’organisation du temps de travail et de ses limites constitue une démarche nécessaire pour assurer une conciliation de la vie professionnelle, familiale et personnelle des travailleurs et une protection de leur santé physique et mentale qui, bien loin de nuire à la productivité, auront au contraire pour effet de l’améliorer. C’est de ce constat que procède l’approche, gagnante pour les deux parties prenantes, qui, s’agissant des horaires de travail et de leur organisation, est illustrée par la directive 2003/88/CE et l’article 2, paragraphe 1, de la charte sociale européenne dans sa version révisée.

3.2.

Au cours des deux décennies écoulées, la réglementation et la gestion du temps de travail ont été influencées par les nouvelles formes d’organisation en matière d’activité et d’emploi et ont subi l’impact des innovations technologiques, comme dans le cas, parmi bien d’autres exemples, du travail mobile, à la demande, sur plateformes, à distance, flexible ou intelligent, de la montée en puissance de l’activité exercée sous statut d’indépendant, ou encore des situations où une seule et même personne travaille sous plusieurs types de contrat.

3.3.

Le CESE observe que ces changements sont provoqués, ou accélérés, par la numérisation de l’économie. S’ils ne sont pas gérés de manière appropriée, les horaires d’activité flexibles et la numérisation peuvent brouiller les frontières séparant le travail des autres aspects de l’existence et sont susceptibles d’aboutir à le morceler davantage encore, dans l’espace comme dans le temps. S’agissant de contrôler ces horaires de travail, les technologies offrent de nouvelles possibilités, qui présentent des avantages pour les employeurs et les travailleurs.

3.4.

Ainsi qu’en témoignent les études menées sur le sujet par la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail, la pandémie mondiale de COVID-19 a elle aussi affecté profondément le monde du travail, puisqu’elle a répandu le télétravail à domicile, en combinaison avec la présence sur site, de sorte que les travailleurs mènent de plus en plus leur activité sous la forme d’un «travail hybride» (21). C’est pendant la pandémie que le télétravail s’est répandu, et s’il a enregistré un recul notable en rapport avec le cours de la crise de la COVID-19, il n’a toutefois pas disparu et reste une option dans le cadre de l’organisation du travail.

3.5.

Plus récemment encore, les effets du changement climatique d’origine anthropique ont mis en évidence les nouveaux défis qui se posent en matière d’organisation du temps de travail, s’agissant notamment de garantir la santé et la sécurité des travailleurs et de s’assurer que l’activité puisse être organisée de manière sûre et salubre. Cet enjeu est illustré par le cataclysme dévastateur que l’Espagne a subi sous l’effet d’une dépression coupée de haute altitude, ou «goutte froide», et par les réglementations arrêtées par le gouvernement de ce pays. Bien que d’autres pays aient connu des événements tragiques en lien avec des urgences climatiques, qu’il s’agisse de sécheresses ou d’inondations, l’exemple espagnol est particulièrement significatif, tant à cause du nombre de ses victimes, puisqu’il a provoqué la mort de 226 personnes et en a touché des milliers d’autres, que par la solution adoptée à sa suite, laquelle est fondée sur des modifications législatives d’importance majeure, prenant par exemple la forme du décret-loi royal 7/2024, en date du 11 novembre (22). Par ailleurs, une étude publiée dans la revue Nature Medicine (23) a calculé que les vagues de chaleur qui se multiplient ont provoqué en Europe 47 000 décès durant l’année 2023, laquelle a constitué la plus chaude jamais enregistrée au niveau mondial, tandis que sur le continent européen, elle vient en deuxième position dans ce classement.

3.6.

Le CESE met en garde contre le danger résultant de visions «court-termistes»: si dans une phase initiale, une entreprise peut augmenter sa production et améliorer aussi sa situation financière lorsque ses salariés travaillent selon des horaires de travail plus longs, il s’avère en pratique que cette productivité tendra à baisser à moyenne échéance, cependant que ses travailleurs seront exposés à des risques accrus en ce qui concerne leur santé (24). Des études scientifiques fournissent de solides arguments pour établir que des limites appropriées en matière de temps de travail produisent des effets positifs non seulement pour les travailleurs mais aussi pour des tiers, par exemple des patients et des clients, sous la forme d’une amélioration dans la qualité des services fournis. Les employeurs y trouvent leur profit grâce à une utilisation plus efficace des ressources, ils évitent le risque de perdre des clients, du fait de la baisse qualitative de leurs prestations, des pertes de production et des gaspillages qui se produisent lorsque leur personnel est surchargé de travail, et ils se prémunissent du danger que les accidents du travail n’augmentent (25).

3.7.

Le CESE constate que si nombre d’entreprises cultivent des politiques bénéfiques en matière de temps de travail, on relève par ailleurs certaines pratiques inquiétantes. Il fait observer qu’une mauvaise organisation du temps de travail peut avoir pour effet non seulement d’induire des problèmes de santé pour leur main-d’œuvre mais aussi de leur infliger des pertes de productivité. Des études montrent que des entreprises qui pratiquent des horaires de travail inadéquats peuvent contrevenir aux textes de loi qui sont d’application et se trouver exposées à des risques opérationnels du fait d’heures d’activité excessives. Pareille situation peut elle-même avoir pour conséquence d’amener leur personnel à les quitter, de réduire leur productivité et de les affecter de taux d’absentéisme et de maladie plus élevés En outre, leur image de marque sera sérieusement écornée lorsque ces problèmes deviennent de notoriété publique.

3.8.

Le CESE se félicite du débat ouvert dans tous les États membres (26), ainsi que des expériences pilotes qui s’y déroulent, afin de mettre au banc d’essai de nouveaux modèles de réduction ou de réorganisation des horaires de travail. Les publications de la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail montrent qu’il existe différents dispositifs pour diminuer le temps de travail, donnant un nouvel élan au débat sur sa réduction et son réaménagement. Ils comprennent notamment les modèles suivants: d’une part, celui où l’on travaillera, par semaine, six journées de cinq heures, et d’autre part, celui, dit de la «semaine de travail comprimée», qui se compose de quatre jours ouvrés hebdomadaires, de huit ou neuf heures chacun en moyenne. Il importe de noter que, dans ses principales conclusions, la fondation susmentionnée rapporte que, si l’analyse bibliographique relève que la baisse du nombre d’heures ouvrées est perçue comme un facteur positif du point de vue du bien-être et de la santé du travailleur, ses effets sur l’emploi, la productivité et l’environnement apparaissent plus incertains (27).

3.9.

Le CESE relève que les projets pilotes qui font intervenir une semaine ouvrée de quatre jours, avec réduction des heures de travail et maintien de la rémunération, ont fait l’objet d’évaluations (28) dont la couverture géographique est des plus vastes dans le cas de certaines entreprises, s’étendant à l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud, mais qui restent toutefois dispersées, tandis que la palette des secteurs qu’elles concernent est bien plus diversifiée encore, même si l’informatique et les services aux entreprises y sont davantage représentés que le domaine industriel. Étant donné que pour la plupart, lesdits projets revêtent une nature sectorielle ou se rapportent à une entreprise en particulier, il a été possible de passer par la négociation collective lorsqu’il s’est agi de débattre de leur viabilité pour le secteur ou la firme concernés. Le CESE n’en souhaite pas moins inciter les institutions de l’Union et les États membres à réfléchir à la manière dont il serait possible de soutenir au niveau national une réduction du temps de travail qui soit bénéfique pour les travailleurs comme pour les employeurs, en prenant des mesures, de type incitatif ou législatif, propres à jouer un rôle de facilitation afin que les branches d’activité et les entreprises qui expérimentent ces dispositifs, chaque fois qu’il est opportun d’agir en ce sens, soient aussi nombreux que faire se peut.

3.10.

Le CESE souligne qu’il s’impose d’inclure dans les projets pilotes les groupes de population qui présentent les besoins les plus importants, comme les personnes handicapées. Sans prendre position sur les différents projets pilotes, le CESE relève toutefois que les entreprises pourraient être confrontées à une augmentation des coûts. S’agissant de réduire le temps de travail, il met en avant un certain nombre de développements concrets.

Le gouvernement allemand, dont le pays se situe au-dessus de la moyenne de l’Union européenne en matière de productivité, a soutenu un programme expérimental qui, visant à promouvoir le modèle 100-80-100, à savoir 100 % du salaire, 80 % de l’horaire de travail et 100 % de performance, a fait l’objet d’un audit de 4 Day Week Global (29) aboutissant à la conclusion que le dispositif avait préservé la productivité et l’avait même légèrement augmentée. Parmi les 41 entreprises qui ont participé à l’expérience, 73 % ont adopté le mécanisme à titre définitif et n’envisagent pas de revenir à celui utilisé antérieurement.

En Irlande, un programme pilote a fait, en 2023, la promotion de la semaine de quatre jours auprès des entreprises participantes. Ses résultats ont confirmé, en 2024, que des progrès avaient été réalisés sur le plan de l’égalité entre les hommes et les femmes, que la santé mentale des travailleurs s’était améliorée, avec une réduction de 35 % du stress et de l’anxiété d’origine professionnelle, et qu’un effet positif avait été constaté en ce qui concerne la diminution de la pollution.

L’Islande a étendu, en la faisant passer de 1 à plus de 86 %, la part de sa population ayant accès à un programme pilote en rapport avec la semaine de quatre jours de travail.

En novembre 2022, le gouvernement portugais a soutenu un projet pilote, intitulé «la semaine de quatre jours» et conçu pour une durée d’application de six mois, durant lequel des entreprises du secteur privé avaient la possibilité de ramener leurs horaires de travail hebdomadaires à 32, 34 ou 36 heures.

3.11.

Le CESE relève également qu’en Grèce, la possibilité de travailler un sixième jour par semaine a été instaurée par la voie législative, en l’occurrence au moyen des articles 25 et 26 de la loi 5053/2023, qui a pris effet le 1er juillet 2024. Cette disposition a été introduite dans le but de lutter contre le travail non déclaré, ainsi que d’accroître le salaire des travailleurs, la rémunération étant augmentée de 40 % pour cette sixième journée. La mesure concerne essentiellement des entreprises qui fonctionnent sur une base de cinq journées par semaine, 24 heures sur 24, avec un système de travail posté en rotation. Le dispositif bénéficie du soutien des employeurs mais suscite l’opposition des syndicats.

3.12.

Le CESE fait observer qu’avec 39,8 heures, la Grèce présente la durée hebdomadaire moyenne de travail la plus élevée de l’Union européenne, devant la Pologne et Chypre. C’est aux Pays-Bas que la semaine de travail est la plus courte, s’établissant à 32,2 heures pour l’emploi principal (30).

3.13.

Le CESE note que des données Eurostat (31), combinées aux résultats d’une étude sur la productivité (32), révèlent un rapport inversement proportionnel entre le nombre d’heures ouvrées et la productivité: selon des éléments datant de 2023, les pays où l’horaire moyen de travail est moindre, qu’il s’agisse de temps plein ou de temps partiel, présentent une productivité plus forte, tandis qu’elle se situe à un niveau plus faible dans ceux où l’on travaille en moyenne plus longtemps (33).

4. Observations particulières

4.1.

Le CESE fait observer que l’on relève tout à la fois des possibilités à exploiter et des défis à relever dans les formules flexibles régissant l’organisation du temps de travail, comme les semaines de travail écourtées, les mécanismes d’échelonnement des plages de travail, les décomptes d’activité annualisés, l’horaire flexible, ou encore le travail comportant des périodes de garde et d’astreinte. Dans ce contexte, il se félicite de la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne, qui exige que quand bien même certains dispositifs, comme les temps de garde, ne sont pas rangés dans la catégorie du travail effectif, les dispositifs en matière d’horaires professionnels soient tenus de respecter non seulement la directive 2023/88/CE mais également la directive-cadre sur la santé et la sécurité, de manière à prévenir les risques de stress professionnel. Il estime toutefois plus opportun que ces problématiques soient abordées, au niveau adéquat, par la voie du dialogue social et de la négociation collective.

4.2.

Le CESE relève que les expériences de temps de travail hebdomadaire de 30 heures sur six jours ou 32 heures sur quatre journées ont pour objectif premier de parvenir à un meilleur équilibre entre le bien-être des salariés et une augmentation de l’efficacité des entreprises; bon nombre de tels dispositifs visant à réduire le temps de travail au niveau de l’entreprise ont pour but d’attirer de la main-d’œuvre qualifiée (34).

4.3.

Le CESE réaffirme que l’expérience de terrain a montré que des mécanismes bien conçus en matière de temps de travail, y compris s’agissant de le réduire, si un accord en ce sens a été conclu au niveau approprié, peuvent être avantageux pour les deux parties, les travailleurs comme l’entreprise elle-même, dans la mesure où ses employés pourront ainsi parvenir à mieux équilibrer leur activité rémunérée et leur vie personnelle, sans qu’elle n’ait à en souffrir du point de vue de sa productivité. À cet égard, la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail estime que si un temps de travail qui a été réduit produit assurément un effet optimal sur cet équilibre entre le travail et la vie privée, il peut également avoir un impact positif sur ce même rapport dès lors qu’il est organisé d’une manière qui soit flexible tout en étant prévisible, en tenant compte des besoins des travailleurs (35).

4.4.

En outre, les entreprises peuvent gagner en durabilité et améliorer leur productivité grâce à des dispositifs appropriés en matière de temps de travail. Ce point de vue est partagé tant par les organisations d’employeurs, qui privilégient la négociation collective, menée au niveau approprié, que par les syndicats, lesquels souhaitent en outre que l’action publique et la réglementation interviennent avec plus de vigueur afin de renforcer les potentialités que recèle le dialogue social pour réduire le temps de travail et le réaménager. Le CESE note que les évaluations des projets pilotes menés à ce jour concernant ces nouveaux cadres nationaux, de nature législative ou incitative, confirment qu’ils produisent des effets positifs tant pour la santé physique et mentale des personnes que pour les performances des entreprises.

4.5.

Le CESE fait observer que par rapport à un temps de travail hebdomadaire de 55 heures ou plus, un horaire de travail de 35 à 40 heures par semaine diminue le risque de coronaropathie et d’accident vasculaire cérébral dans des proportions significatives, de 40 et 19 % respectivement (36). Il est convaincu que l’Union européenne, agissant dans le cadre de ses compétences, et les États membres, par le truchement d’un dialogue social adéquat, se doivent de créer les conditions de toute nature, notamment juridique, économique, organisationnelle et technique, qui sont nécessaires afin que le temps de travail flexible sous ses différentes formes, y compris s’agissant de le réduire, puisse faire l’objet d’un débat au sein de la population et être mis en œuvre.

4.6.

Le CESE estime que les partenaires sociaux devraient être associés à toute discussion portant sur les aménagements du temps de travail. Une telle participation ouvre également la voie à des solutions qui épouseront mieux les spécificités de chaque secteur ou entreprise et déboucheront dès lors sur plus de souplesse et d’efficacité. On se doit d’avoir à l’esprit que ces mécanismes qui réduisent et réorganisent les horaires d’activité sont très prisés par les travailleurs, bien conscients des avantages qu’ils recèlent. Si leur conception est adéquate, ils recueillent également l’adhésion des employeurs, car ils contribuent à la productivité des entreprises et à une gestion efficace des ressources humaines.

4.7.

Le CESE prend note des expériences qui montrent que la semaine de travail de quatre jours peut servir de levier pour induire d’autres changements au sein des organisations, en incitant les entreprises à optimiser leurs processus, afin qu’ils deviennent plus efficaces et productifs.

4.8.

Le CESE est intimement persuadé de la valeur ajoutée qu’apportent l’élaboration et l’expérimentation de différents schémas en matière d’organisation du temps de travail, notamment sous la forme d’une semaine de quatre jours d’activité, dès lors que les partenaires sociaux se sont accordés en ce sens. Si l’on considère qu’une forte pénurie de main-d’œuvre règne aujourd’hui, que la population en âge de travailler baisse et que l’aspiration à un équilibre entre travail et vie privée se fait de plus en plus prégnante, l’offre d’horaires d’activité flexibles devient un paramètre important pour aider à attirer les talents.

Bruxelles, le 26 mars 2025.

Le président du Comité économique et social européen

Olivier RÖPKE


(1) Arrêt de la Cour dans l'affaire C-531/23 [Loredas].

(2) Organisation internationale du travail, Working time and the future of work («Temps de travail et avenir du travail»), 2018.

(3) Directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003 concernant certains aspects de l'aménagement du temps de travail (JO L 299 du 18.11.2003, p. 9, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2003/88/oj).

(4) Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), Rest breaks from work — Overview of regulations, research and practice («Les pauses dans le monde du travail — Aperçu des réglementations, de la recherche et des pratiques»), 2019.

(5) Directive 89/391/CEE du Conseil, du 12 juin 1989, concernant la mise en oeuvre de mesures visant à promouvoir l'amélioration de la sécurité et de la santé des travailleurs au travail (JO L 183 du 29.6.1989, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/1989/391/oj).

(6) Directive (UE) 2019/1158 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 concernant l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et des aidants et abrogeant la directive 2010/18/UE du Conseil (JO L 188 du 12.7.2019, p. 79, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2019/1158/oj).

(7) Directive (UE) 2019/1152 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 relative à des conditions de travail transparentes et prévisibles dans l’Union européenne (JO L 186 du 11.7.2019, p. 105, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2019/1152/oj).

(8) COM(2023) 72 final.

(9) Rectificatif à la communication de la Commission Communication interprétative relative à la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil concernant certains aspects de l’aménagement du temps de travail (JO C 143 du 26.4.2023, p. 8).

(10) Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), Working time reduction with a focus on the four-day week — Literature review («La réduction du temps de travail, en particulier dans la perspective de la semaine de quatre jours: examen bibliographique»), Introduction, p. 1, 2024.

(11) Business Insider, Why the four-day workweek works («Semaine de quatre jours: les raisons de son efficacité»), 2023.

(12) Eurostat, Nombre moyen d’heures de travail habituellement prestées par semaine dans l’activité principale, par sexe, âge, statut professionnel, temps plein/temps partiel et activité économique .

(13) Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), Temps de travail en 2021-2022 , 2023.

(14) Voir les liens connexes qui sont repris sur la page web du présent avis.

(15) JO C 220 du 9.6.2021, p. 1.

(16) Avis du CESE sur «Le temps de conduite et les périodes de repos, le temps de travail et le détachement de travailleurs», JO C 197 du 8.6.2018, p. 45.

(17) Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), Psychosocial risks to workers’ well-being — Lessons from the COVID-19 pandemic («Risques psychosociaux pour le bien-être des travailleurs: enseignements tirés de la pandémie de COVID-19)», chapitre 5, 2023.

(18) Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), Working time reduction with a focus on the four-day week: Literature review («La réduction du temps de travail, en particulier dans la perspective de la semaine de quatre jours: examen bibliographique»), 2024.

(19) Eurostat, Actual and usual hours of work («Durée effective et normale du travail»), 2024.

(20) Fondation BBVA, IVIE, Los diez países de la UE-27 con mejores cifras de productividad por hora trabajada disponen de una comisión para impulsar su mejora («Les dix pays de l’EU-27 qui affichent la meilleure productivité par heure travaillée disposent d’un organe chargé de favoriser la croissance de la productivité»), 2024.

(21) Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), The rise in telework – Impact on working conditions and regulations («L’essor du télétravail: incidence sur les conditions de travail et la réglementation»), p. 71, 2022, avec mise à jour en 2023.

(22) Voir ce lien: https://www.boe.es/buscar/act.php?lang=en&id=BOE-A-2024-23422&tn=1&p=.

(23) Nature Medicine, Heat-related mortality in Europe during 2023 and the role of adaptation in protecting health («La mortalité liée à la chaleur en Europe en 2023 et le rôle de l’adaptation en matière de protection de la santé»), 2024.

(24) Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), Overtime in Europe — Regulation and practice («Les heures supplémentaires en Europe: la réglementation et la pratique»), 2022.

(25) Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), Opting out of the European Working Time Directive («La dérogation à la directive sur le temps de travail»), 2015.

(26) Voir les liens connexes qui sont repris sur la page web du présent avis.

(27) Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), Working time reduction with a focus on the four-day week: Literature review («La réduction du temps de travail, en particulier dans la perspective de la semaine de quatre jours: examen bibliographique»), 2024.

(28) Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), Working time reduction with a focus on the four-day week: Literature review («La réduction du temps de travail, en particulier dans la perspective de la semaine de quatre jours: examen bibliographique»), 2024.

(29) 4 Day Week Global: https://www.4dayweek.com/.

(30) Eurostat, How many hours per week do Europeans work? («Combien d’heures par semaine travaillent les Européens?»), 2024.

(31) Eurostat, Actual and usual hours of work («Durée effective et normale du travail»), 2024.

(32) Fondation BBVA, IVIE, Los diez países de la UE-27 con mejores cifras de productividad por hora trabajada disponen de una comisión para impulsar su mejora («Les dix pays de l’EU-27 qui affichent la meilleure productivité par heure travaillée disposent d’un organe chargé de favoriser la croissance de la productivité»), 2024.

(33) Fondation BBVA, IVIE, Los diez países de la UE-27 con mejores cifras de productividad por hora trabajada disponen de una comisión para impulsar su mejora («Les dix pays de l’EU-27 qui affichent la meilleure productivité par heure travaillée disposent d’un organe chargé de favoriser la croissance de la productivité»), 2024.

(34) Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), Working time reduction with a focus on the four-day week: Literature review («La réduction du temps de travail, en particulier dans la perspective de la semaine de quatre jours: examen bibliographique»), p. 55-56, 2024; Japan Labor Issues, vol. 3, no 16, juillet 2019, Current State of Working Hours and Overwork in Japan: Part I: How Has It Changed Over the Years? («Temps de travail et surmenage au Japon — Partie I: Comment la situation a-t-elle évolué au fil des ans?»).

(35) Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), Striking a balance — Reconciling work and life in the EU («Trouver un équilibre: concilier vie professionnelle et vie privée dans l’UE»), 2018.

(36) Organisation mondiale de la santé (OMS) et Organisation internationale du travail (OIT), Les longues heures de travail augmentent la mortalité liée aux maladies cardiaques et aux accidents vasculaires cérébraux , 2021.


ANNEXE

Les amendements suivants, qui ont recueilli au moins le quart des suffrages exprimés, ont été rejetés au cours des débats (article 75, paragraphe 3, du règlement intérieur):

AMENDEMENT 1

SOC/819 — Temps de travail, efficacité de l’économie et bien-être des travailleurs

Paragraphe 3.5

Modifier comme suit

Avis de section

Amendement

Plus récemment encore, les effets du changement climatique d’origine anthropique ont mis en évidence les nouveaux défis qui se posent en matière d’organisation du temps de travail, s’agissant notamment de garantir la santé et la sécurité des travailleurs et de s’assurer que l’activité puisse être organisée de manière sûre et salubre. Cet enjeu est illustré par le cataclysme dévastateur que l’Espagne a subi sous l’effet d’une dépression coupée de haute altitude, ou «goutte froide», et par les réglementations arrêtées par le gouvernement de ce pays. Bien que d’autres pays aient connu des événements tragiques en lien avec des urgences climatiques, qu’il s’agisse de sécheresses ou d’inondations, l’exemple espagnol est particulièrement significatif, tant à cause du nombre de ses victimes, puisqu’il a provoqué la mort de 226 personnes et en a touché des milliers d’autres, que par la solution adoptée à sa suite, laquelle est fondée sur des modifications législatives d’importance majeure, prenant par exemple la forme du décret-loi royal 7/2024, en date du 11 novembre[1]. Par ailleurs, une étude publiée dans la revue Nature Medicine [2] a calculé que les vagues de chaleur qui se multiplient ont provoqué en Europe 47 000 décès durant l’année 2023, laquelle a constitué la plus chaude jamais enregistrée au niveau mondial, tandis qu’en Europe, elle vient en deuxième position dans ce classement.

Plus récemment encore, les effets du changement climatique d’origine anthropique ont mis en évidence les nouveaux défis qui se posent en matière d’organisation du temps de travail, s’agissant notamment de garantir la santé et la sécurité des travailleurs et de s’assurer que l’activité puisse être organisée de manière sûre et salubre. Cet enjeu est illustré par le cataclysme dévastateur que l’Espagne a subi sous l’effet d’une dépression coupée de haute altitude, ou «goutte froide», et par les réglementations arrêtées par le gouvernement de ce pays. Bien que d’autres pays aient connu des événements tragiques en lien avec des urgences climatiques, qu’il s’agisse de sécheresses ou d’inondations, l’exemple espagnol est particulièrement significatif, tant à cause du nombre de ses victimes, puisqu’il a provoqué la mort de 226 personnes et en a touché des milliers d’autres, que par la solution adoptée à sa suite, laquelle est fondée sur des modifications législatives d’importance majeure, prenant par exemple la forme du décret-loi royal 7/2024, en date du 11 novembre[1]. Par ailleurs, même si les conclusions afférentes ne sont pas liées au temps de travail, le CESE attire l’attention sur une étude[2] qui, ayant recouru à des modèles épidémiologiques basés sur les relevés de température et de mortalité dans 823 régions contiguës de 35 pays pour estimer la mortalité liée à la chaleur en Europe en 2023, en fonction de l’âge et du sexe, et pour quantifier la charge de mortalité évitée grâce à l’adaptation de la société à la hausse des températures depuis 2000, a calculé que les vagues de chaleur qui se multiplient ont provoqué en Europe 47 000 décès durant l’année 2023, laquelle a constitué la plus chaude jamais enregistrée au niveau mondial, tandis qu’en Europe, elle vient en deuxième position dans ce classement.

[1]

Voir ce lien.

[1]

Voir ce lien.

[2]

Nature Medicine, Heat-related mortality in Europe during 2023 and the role of adaptation in protecting health («La mortalité liée à la chaleur en Europe en 2023 et le rôle de l’adaptation en matière de protection de la santé»), 2024.

[2]

Nature Medicine, Heat-related mortality in Europe during 2023 and the role of adaptation in protecting health («La mortalité liée à la chaleur en Europe en 2023 et le rôle de l’adaptation en matière de protection de la santé»), 2024.

Exposé des motifs

Il est proposé de préciser que l’indication du nombre de décès provoqués par les vagues de chaleur provient d’une étude qui a recouru à des modèles épidémiologiques basés sur les relevés de température et de mortalité dans 823 régions contiguës de 35 pays pour estimer la mortalité liée à la chaleur en Europe en 2023, en fonction de l’âge et du sexe, et pour quantifier la charge de mortalité évitée grâce à l’adaptation de la société à la hausse des températures depuis 2000.

Résultat du vote:

Voix pour:

77

Voix contre:

132

Abstentions:

6

AMENDEMENT 2

SOC/819 — Temps de travail, efficacité de l’économie et bien-être des travailleurs

Paragraphe 3.11

Modifier comme suit

Avis de section

Amendement

Le CESE relève également qu’en Grèce, la possibilité de travailler un sixième jour par semaine a été instaurée par la voie législative, en l’occurrence au moyen de la loi 5053/2023, articles 25 et 26, qui a pris effet le 1er juillet 2024. Cette disposition a été introduite dans le but de lutter contre le travail non déclaré, ainsi que d’accroître le salaire des travailleurs, la rémunération étant augmentée de 40 % pour cette sixième journée. La mesure concerne essentiellement des entreprises qui fonctionnent sur une base de cinq journées par semaine, 24 heures sur 24, avec un système de travail posté en rotation. Le dispositif bénéficie du soutien des employeurs mais suscite l’opposition des syndicats.

Le CESE relève également qu’en Grèce, la possibilité de travailler un sixième jour par semaine a été instaurée par la voie législative, en l’occurrence au moyen de la loi 5053/2023, articles 25 et 26, qui a pris effet le 1er juillet 2024. Cette disposition a été introduite dans le but de lutter contre le travail non déclaré, ainsi que d’accroître le salaire des travailleurs, la rémunération étant augmentée de 40 % pour cette sixième journée. La mesure concerne essentiellement des entreprises qui fonctionnent sur une base de cinq journées par semaine, 24 heures sur 24, avec un système de travail posté en rotation. Le dispositif bénéficie du soutien des employeurs mais suscite l’opposition des syndicats. Il convient de mentionner que cette option, facultative, donne aux salariés qui en font usage la possibilité d’augmenter leurs revenus[1].

[1]

Voir BBC News, Greece starts six-day working week («La Grèce lance la semaine de six jours»), juillet 2024. La législation ne s’applique qu’à certains secteurs industriels et indique clairement que la possibilité de travailler jusqu’à 48 heures est optionnelle pour les travailleurs, qui perçoivent un supplément de 40 % pour les heures supplémentaires qu’ils effectuent.

Exposé des motifs

Selon certaines sources d’information (voir l’article de la BBC intitulé Greece starts six-day working week ), cette nouvelle législation, entrée en vigueur début juillet, s’applique à certains secteurs industriels et permet aux salariés de travailler jusqu’à 48 heures par semaine plutôt que 40. Elle ne s’applique qu’à certains secteurs industriels et est facultative pour les travailleurs, qui perçoivent un supplément de 40 % pour les heures supplémentaires qu’ils effectuent. Les travailleurs qui font usage de cette possibilité peuvent par conséquent augmenter leurs revenus.

Résultat du vote:

Voix pour:

86

Voix contre:

128

Abstentions:

7

AMENDEMENT 3

SOC/819 — Temps de travail, efficacité de l’économie et bien-être des travailleurs

Paragraphe 1.1

Modifier comme suit

Avis de section

Amendement

Le Comité économique et social européen (CESE) estime que parmi les différents aspects du travail, les horaires constituent l’un de ceux qui exercent l’incidence la plus élevée sur la qualité de vie de la population, c’est-à-dire son bien-être, et qu’ils jouent un rôle essentiel pour que les entreprises organisent leur activité économique de manière efficace. Grâce à des dispositifs appropriés en matière de temps de travail, elles peuvent gagner en durabilité et améliorer leur productivité. Les partenaires sociaux partagent cette appréciation. Le CESE entend par «réduction du temps de travail» une diminution du nombre d’heures de travail par période de référence qui préserve le même niveau de salaire , et est d’avis qu’il convient à cet égard d’établir une distinction claire entre les journées de travail plus courtes sous forme de travail à temps partiel et celles qui sont comprimées, en l’occurrence lorsque le même nombre d’heures de travail est réparti sur moins de jours, par exemple quatre journées de dix heures.

Le Comité économique et social européen (CESE) estime que parmi les différents aspects du travail, les horaires constituent l’un de ceux qui exercent l’incidence la plus élevée sur la qualité de vie de la population, c’est-à-dire son bien-être, et qu’ils jouent un rôle essentiel pour que les entreprises organisent leur activité économique de manière efficace. Grâce à des dispositifs appropriés en matière de temps de travail, elles peuvent gagner en durabilité et améliorer leur productivité. Les partenaires sociaux partagent cette appréciation. Le CESE entend par «réduction du temps de travail» une diminution du nombre d’heures de travail par période de référence, et est d’avis qu’il convient à cet égard d’établir une distinction claire entre les journées de travail plus courtes sous forme de travail à temps partiel et celles qui sont comprimées, en l’occurrence lorsque le même nombre d’heures de travail est réparti sur moins de jours, par exemple quatre journées de dix heures.

Exposé des motifs

Il est proposé de supprimer la référence au même niveau de salaire, étant donné qu’il appartient aux partenaires sociaux, le cas échéant, de décider d’éventuels régimes de réduction du temps de travail et, le cas échéant, d’en définir les contours.

Résultat du vote:

Voix pour:

92

Voix contre:

131

Abstentions:

3

AMENDEMENT 4

SOC/819 — Temps de travail, efficacité de l’économie et bien-être des travailleurs

Paragraphe 1.9

Modifier comme suit

Avis de section

Amendement

Parmi les projets pilotes en matière de réduction du temps de travail, le CESE met en avant celui de la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound) qui est intitulé « Réduction du temps de travail axée sur la semaine de quatre jours» et sur lequel elle a porté, dans ses premières conclusions, le jugement suivant: «La réduction du temps de travail améliore la productivité, est favorable à la santé mentale et réduit le stress, et elle joue un rôle essentiel pour parvenir à un équilibre durable dans le contexte actuel de transformation numérique. En outre, elle contribue à prévenir les maladies en rapport avec le travail et à renforcer le bien-être général des travailleurs.» À cet égard, le Comité souligne les effets positifs qu’une réduction du temps de travail produit pour la société, par exemple du point de vue du renouveau démographique, de l’égalité entre les hommes et les femmes, de l’allègement de la charge pesant sur le système de soins de santé, ou encore de la possibilité de maintenir plus longtemps les travailleurs dans le milieu professionnel, créant ainsi un environnement propice à la créativité et à l’innovation. Un climat social favorable est bénéfique non seulement pour l’État mais aussi pour les entreprises et les travailleurs.

Le CESE attire l’attention sur le document de travail publié par la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), qui est intitulé « La réduction du temps de travail , en particulier dans la perspective de la semaine de quatre jours : examen bibliographique»[1] et qui présente quelques expériences de réduction du temps de travail. À cet égard, le Comité souligne que la réduction du temps de travail hebdomadaire, si elle est convenue par les partenaires sociaux au niveau de l’entreprise, peut avoir des effets positifs pour la société, par exemple du point de vue du renouveau démographique, de l’égalité entre les hommes et les femmes, de l’allègement de la charge pesant sur le système de soins de santé, ou encore de la possibilité de maintenir plus longtemps les travailleurs dans le milieu professionnel, créant ainsi un environnement propice à la créativité et à l’innovation. Un climat social favorable est bénéfique non seulement pour l’État mais aussi pour les entreprises et les travailleurs.

[1]

Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), Working time reduction with a focus on the four-day week — Literature review («La réduction du temps de travail, en particulier dans la perspective de la semaine de quatre jours: examen bibliographique»), 2024. Il y est précisé que le document n’est pas passé par toutes les étapes du processus d’évaluation, d’édition et de publication d’Eurofound.

Exposé des motifs

Si ce paragraphe fait référence au document de travail d’Eurofound intitulé Working-time reduction with a focus on the four-day week — Literature review , il convient de le préciser. D’une part, il n’existe aucune information accessible au public sur le projet pilote d’Eurofound évoqué ici, et d’autre part, nous n’avons pas pu retrouver dans l’analyse bibliographique le passage cité dans ce paragraphe. Il est également proposé de souligner que toute réduction de la semaine de travail devrait reposer sur un accord entre partenaires sociaux au niveau de l’entreprise, étant donné qu’ils sont les seuls à être en mesure de décider quel type d’aménagement du temps de travail est compatible avec le mode de gestion de l’entreprise.

Résultat du vote:

Voix pour:

97

Voix contre:

126

Abstentions:

7

AMENDEMENT 5

SOC/819 — Temps de travail, efficacité de l’économie et bien-être des travailleurs

Paragraphe 1.10

Modifier comme suit

Avis de section

Amendement

Le CESE exhorte les institutions de l’Union européenne, les gouvernements nationaux et les partenaires sociaux à faire reconnaître de manière accélérée que la déconnexion numérique constitue un droit pour tous les travailleurs européens . Selon la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne, telle qu’exprimée dans son arrêt du 19 décembre 2024 dans l’affaire C-531/23 Loredas[1], les politiques relatives à cette déconnexion et les systèmes qui enregistrent le temps de travail au sein des organisations représentent des garanties essentielles pour assurer une application effective des règles concernant les horaires de travail, ainsi que, le cas échéant, de celles qui portent sur leur réduction.

Le CESE exhorte les gouvernements nationaux et les partenaires sociaux , en particulier au niveau des entreprises, à poursuivre les discussions sur la manière de promouvoir un droit à la déconnexion qui, pour certains types d’emplois, peut contribuer à une meilleure gestion du temps de travail, tant pour les travailleurs que pour les employeurs . Dans le même temps, le Comité estime que le droit à la déconnexion ne résoudra pas le problème de l’utilisation excessive des outils numériques à des fins privées.

[1]

Voir ce lien.

Exposé des motifs

Il est proposé de reformuler ce paragraphe afin de le clarifier et d’établir un lien entre les discussions sur le droit à la déconnexion et la gestion du temps de travail. Il est question de droit à la déconnexion et non d’organisation du temps de travail.

Nous proposons également de supprimer la référence à l’affaire C-531/23 Loredas. Contrairement à ce qu’affirme le texte, cette affaire ne semble pas être liée aux politiques de déconnexion numérique. Elle n’apparaît dès lors pas pertinente dans le contexte de ce paragraphe. Cette affaire concerne le travail domestique et dans sa question préjudicielle, la juridiction de renvoi demande, en substance, si les articles 3, 5 et 6 de la directive 2003/88/CE, lus en combinaison avec les directives 2000/78/CE (1), 2006/54/CE (2) et 2010/41/UE (3), ainsi qu’avec les articles 20, 21 et l’article 31, paragraphe 2, de la Charte, doivent être interprétés en ce sens qu’ils s’opposent à une réglementation nationale en vertu de laquelle les employeurs domestiques sont exonérés de l’obligation d’établir un système permettant de mesurer la durée du temps de travail effectué par les employés de maison.

Résultat du vote:

Voix pour:

90

Voix contre:

126

Abstentions:

4

AMENDEMENT 6

SOC/819 — Temps de travail, efficacité de l’économie et bien-être des travailleurs

Annexe I

Supprimer la totalité de l’annexe I

Avis de section

Amendement

ANNEX I: PILOT PROJECTS FOR THE REDUCTION OF WORKING TIME: STATE OF PLAY

[...]

This initiative reflects Lithuania’s commitment to advance progressive labour policies adapted to the needs of today’s society.

Exposé des motifs

Il est proposé de supprimer la totalité de l’annexe.

Premièrement, l’annexe a été ajoutée au texte après la première réunion du groupe d’étude, sans avoir fait l’objet d’aucune discussion.

Par manque de temps, son contenu n’a pas été examiné lors de la deuxième réunion du groupe d’étude.

Les propositions écrites présentées à la suite de la deuxième réunion par les membres du groupe d’étude appartenant au groupe I ont été pour la plupart rejetées. Les amendements déposés par les membres du groupe I lors de la réunion de la section SOC ont été présentés et votés en un bloc, de sorte que le contenu de l’annexe n’a pas non plus fait l’objet d’une discussion approfondie en section.

Il a été affirmé, lors de la réunion de la section SOC, que le texte de l’annexe est factuel et neutre, alors qu’en réalité, soit il donne une appréciation positive, soit il évoque des «défauts». Par exemple, dans le cas de la réforme belge, qui permet aux salariés de travailler quatre jours tout en conservant le même nombre d’heures de travail hebdomadaires, le texte de l’annexe considère comme un problème «l’absence d’une véritable réduction du temps de travail».

Tous les amendements de section déposés par les membres du groupe I ont été rejetés par la rapporteure et lors du vote en section, y compris ceux visant uniquement à rendre le texte plus neutre ou à le clarifier et ceux proposant d’ajouter du texte avec citation des sources: tel est le cas, pour ne citer que deux exemples, de celui proposant d’ajouter, dans la partie sur l’Allemagne, du texte provenant du site «4 Day Week Global», également évoqué par la rapporteure, et de celui qui préconisait une adjonction provenant des conclusions des Assises nationales du travail de 2023 en France.

Dans ces conditions, et étant donné, en particulier, que l’annexe n’a été examinée lors d’aucune des réunions du groupe d’étude, il est proposé de la supprimer dans sa totalité.

Résultat du vote:

Voix pour:

93

Voix contre:

129

Abstentions:

3


(1) Directive 2000/78/CE du Conseil du 27 novembre 2000 portant création d'un cadre général en faveur de l'égalité de traitement en matière d'emploi et de travail (JO L 303 du 2.12.2000, p. 16, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2000/78/oj).

(2) Directive 2006/54/CE du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2006 relative à la mise en œuvre du principe de l'égalité des chances et de l'égalité de traitement entre hommes et femmes en matière d'emploi et de travail (JO L 204 du 26.7.2006, p. 23, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2006/54/oj).

(3) Directive 2010/41/UE du Parlement européen et du Conseil du 7 juillet 2010 concernant l’application du principe de l’égalité de traitement entre hommes et femmes exerçant une activité indépendante, et abrogeant la directive 86/613/CEE du Conseil (JO L 180 du 15.7.2010, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2010/41/oj).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/2960/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)