Avis du Comité économique et social européen — Proposition de directive du Conseil modifiant la directive 2011/16/UE du Conseil relative à la coopération administrative dans le domaine fiscal [COM(2024) 497 final — 2024/0276 (CNS)]
| CELEX | 52024AE4551 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 26 février 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2025/2020 | 30.4.2025 |
Avis du Comité économique et social européen
Proposition de directive du Conseil modifiant la directive 2011/16/UE du Conseil relative à la coopération administrative dans le domaine fiscal
[COM(2024) 497 final — 2024/0276 (CNS)]
(C/2025/2020)
Rapporteur:
Krister ANDERSSON| Conseiller | Samuel CORNELLA (pour le rapporteur) |
| Consultation | Conseil de l’Union européenne, 7.11.2024 |
| Base juridique | Articles 113, 115 et 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale» |
| Adoption en section | 6.2.2025 |
| Adoption en session plénière | 26.2.2025 |
| Session plénière no | 594 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 203/1/2 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le CESE se félicite de la proposition de directive du Conseil modifiant la directive 2011/16/UE relative à la coopération administrative dans le domaine fiscal (DAC 9) (1). |
| 1.2. | Le CESE relève qu’il s’agit d’une transposition du cadre inclusif sur le BEPS de l’OCDE et du G20 (2), qui a déjà été approuvé. |
| 1.3. | Le CESE fait observer que la sécurité juridique et la clarté pour les entreprises multinationales et les administrations fiscales ne peuvent être garanties que par l’élaboration d’un ensemble unique de règles applicables à tous les États membres. |
| 1.4. | Le CESE tient pour essentiel que les informations recueillies dans le cadre de la DAC9 soient utilisées uniquement et exclusivement selon les modalités prévues par la proposition de la Commission et non à d’autres fins, qui pourraient permettre aux entreprises de pays tiers d’accéder à des informations sensibles, ce qui nuirait à la position concurrentielle des entreprises européennes. |
| 1.5. | Le CESE regrette qu’aucune analyse d’impact ni aucun contrôle de la compétitivité n’aient été réalisés pour cette proposition. Il aurait été intéressant de savoir si la proposition nous rapproche de l’objectif général de la Commission de réduire la charge administrative de 25 %. |
| 1.6. | Le CESE souligne la nécessité de maintenir les règles en parfaite conformité avec les travaux en cours de l’OCDE. |
2. Proposition de la Commission et contexte
| 2.1. | La proposition de directive du Conseil modifiant la directive 2011/16/UE relative à la coopération administrative dans le domaine fiscal (DAC9) est liée à la directive (UE) 2022/2523 du Conseil du 14 décembre 2022 visant à assurer un niveau minimum d’imposition mondial pour les groupes d’entreprises multinationales et les groupes nationaux de grande envergure dans l’Union (directive relative au pilier deux) (3) (4). |
| 2.2. | La proposition DAC9 simplifie le processus de déclaration et de dépôt dans le cadre du pilier deux, en cherchant à réduire la charge administrative pour les entreprises soumises à la directive 2022/2523. |
| 2.3. | La DAC9 établit un système permettant l’échange d’informations entre les autorités en introduisant un formulaire type, largement fondé sur celui déjà élaboré par le cadre inclusif OCDE/G20, que les grands groupes d’entreprises multinationales (EMN) et les groupes nationaux de grande envergure (GNGE) devront remplir pour déclarer les informations d’ordre fiscal dont elles sont redevables. |
| 2.4. | Plus précisément, la DAC9 transpose le modèle standard de l’OCDE en droit de l’Union en faisant de ce document la déclaration d’information pour l’impôt complémentaire mentionnée à l’article 44 de la directive relative au pilier deux (5). L’article 44 modifié de la directive relative au pilier deux établira des règles simplifiées pour les obligations de déclaration, ce qui permettra un dépôt central par une entité désignée pour le compte de l’ensemble du groupe au lieu d’exiger des dépôts individuels par chaque entité constitutive. |
| 2.5. | En d’autres termes, sans la proposition DAC9, les entreprises soumises au cadre du pilier deux devraient chacune déposer une déclaration d’information pour l’impôt complémentaire dans le pays où elles sont établies, ce qui pourrait entraîner des complications et des formalités administratives inutiles. |
| 2.6. | Selon la Commission, la proposition devrait réduire considérablement la charge administrative, soutenant ainsi la mise en œuvre en temps utile des règles fixées par la directive relative au pilier deux. Les États membres sont tenus d’adopter et de publier, au plus tard le 31 décembre 2025, les dispositions législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour se conformer à la directive DAC9. |
3. Observations générales et particulières
| 3.1. | Le CESE accueille favorablement la proposition de la Commission relative à la DAC9 et note qu’elle s’appuie pleinement sur le cadre inclusif OCDE/G20, qui a déjà été approuvé. |
| 3.2. | Le Comité partage l’avis de la Commission selon lequel la sécurité juridique et la clarté pour les EMN, les GNGE et les administrations fiscales ne peuvent être garanties que par l’élaboration d’un ensemble unique de règles uniformes applicables à tous les États membres, par opposition à un système dans lequel les États membres mettraient en œuvre des obligations de déclaration différentes au niveau national. |
| 3.3. | Le CESE fait observer que, «[c]ompte tenu de la nature technique de la proposition et de l’urgence de son adoption», la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen a approuvé, le 12 décembre 2024, la proposition de la Commission sans modifications, selon une procédure simplifiée (6). |
| 3.4. | Le CESE tient pour essentiel que les informations recueillies dans le cadre de la DAC9 soient utilisées uniquement et exclusivement selon les modalités prévues par la proposition de la Commission et non à d’autres fins, qui pourraient permettre aux entreprises de pays tiers d’accéder à des informations sensibles, ce qui nuirait à la position concurrentielle des entreprises européennes. |
| 3.5. | Le CESE estime qu’il aurait été judicieux, dans le cadre de cette proposition, de mener une analyse d’impact et un contrôle de la compétitivité, bien qu’ils ne fussent pas requis au sens strict. S’il est vrai que «[l]a proposition met en œuvre l’article 44 de la directive relative au pilier deux d’une manière parfaitement compatible avec les initiatives menées au niveau mondial et les reproduit fidèlement» et qu’«[a]ucune autre option stratégique n’est proposée», il aurait été utile de disposer d’une vision plus claire de l’incidence réelle de la proposition et de réaliser un contrôle de la compétitivité. À cet égard, il serait intéressant, par exemple, de savoir si la proposition nous rapproche de l’objectif général de la Commission de réduire la charge administrative de 25 %. |
| 3.6. | Pour terminer, le CESE fait valoir que, les travaux de l’OCDE n’étant pas encore achevés, il demeure important d’un point de vue stratégique de surveiller de près toute modification qui pourrait intervenir lors de ces négociations afin d’adapter en conséquence le cadre de l’UE en la matière de telle manière qu’il reste pleinement conforme aux travaux en cours de l’OCDE. |
Bruxelles, le 26 février 2025.
Le président
du Comité économique et social européen
Oliver RÖPKE
(1) Proposition de directive du Conseil modifiant la directive 2011/16/UE relative à la coopération administrative dans le domaine fiscal.
(2) Cadre inclusif sur le BEPS de l’OCDE et du G20.
(3) Directive (UE) 2022/2523 du Conseil du 14 décembre 2022 visant à assurer un niveau minimum d’imposition mondial pour les groupes d’entreprises multinationales et les groupes nationaux de grande envergure dans l’Union (JO L 328 du 22.12.2022, p. 1).
(4) JO C, C/2024/4059, 12.7.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4059/oj.
(5) Directive (UE) 2022/2523 du Conseil du 14 décembre 2022 visant à assurer un niveau minimum d’imposition mondial pour les groupes d’entreprises multinationales et les groupes nationaux de grande envergure dans l’Union, chapitre VIII (dispositions administratives), article 44 (obligations d’information) (JO L 328 du 22.12.2022, p. 1).
(6) Projet de rapport sur la proposition de directive du Conseil modifiant la directive 2011/16/UE relative à la coopération administrative dans le domaine fiscal [COM(2024)0497 — C10-0169/2024 — 2024/0276(CNS)] élaboré par la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/2020/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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