Acte préparatoire52024DC0435

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS sur la mise en œuvre de la communication «Donner la priorité aux citoyens, assurer une croissance durable et inclusive, libérer le potentiel des régions ultrapériphériques de l’Union»

CELEX52024DC0435
TypeActe préparatoire
Datejeudi 3 octobre 2024

Résumé IA

Ce rapport de la Commission évalue la mise en œuvre de la stratégie actualisée pour les régions ultrapériphériques (RUP) de l'UE, adoptée en 2022. Il dresse un bilan des actions menées pour améliorer les conditions de vie des citoyens, stimuler une croissance durable et inclusive, et exploiter les atouts spécifiques de ces territoires. Le texte identifie les progrès réalisés et les défis persistants, servant de base pour orienter les futures politiques européennes envers ces régions.

Texte intégral

Bruxelles, le 3.10.2024

COM(2024) 435 final

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

sur la mise en œuvre de la communication «Donner la priorité aux citoyens, assurer une croissance durable et inclusive, libérer le potentiel des régions ultrapériphériques de l’Union»

{SWD(2024) 227 final}


INTRODUCTION

Cinq millions de citoyens de l’UE vivent dans les régions ultrapériphériques, à savoir les zones les plus reculées de l’Union européenne: la Guyane française, la Guadeloupe, la Martinique, Mayotte, La Réunion et Saint-Martin (France), les Açores et Madère (Portugal) et les îles Canaries (Espagne). Ces neuf régions font partie intégrante de l’UE et sont situées dans l’océan Atlantique et l’océan Indien, dans le bassin des Caraïbes et en Amérique du Sud.

Les régions ultrapériphériques possèdent des atouts uniques, qui profitent à l’ensemble de l’UE: une situation géographique stratégique à proximité de pays tiers; des caractéristiques géographiques exceptionnelles pour les activités spatiales et astrophysiques; des sources d’énergie renouvelables; une riche biodiversité; et de vastes zones maritimes. Dans le même temps, ces régions font face à des contraintes permanentes, telles que leur extrême éloignement, leur insularité, leur superficie relativement faible, leur vulnérabilité au changement climatique et leur dépendance économique vis-à-vis d’un petit nombre de secteurs. À cet égard, le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (article 349) prévoit des mesures spécifiques pour soutenir les régions ultrapériphériques, notamment l’application adaptée du droit, des politiques et des programmes de l’Union dans ces régions. C’est dans cet esprit que, depuis 2004, la Commission adopte des stratégies dédiées pour ces régions.

Depuis 2019, la Commission a pris en compte les spécificités des régions ultrapériphériques dans une centaine de politiques, d’actes législatifs et de programmes de l’UE. En 2022, elle a adopté une communication intitulée «Donner la priorité aux citoyens, assurer une croissance durable et inclusive, libérer le potentiel des régions ultrapériphériques de l’Union» 1 , qui affiche un niveau d’ambition plus élevé que les stratégies précédentes, avec un champ d’application plus large. Cette communication propose près de 80 actions spécifiques sur mesure pour soutenir les régions ultrapériphériques. Elle présente également des recommandations à l’intention des administrations régionales et nationales, qui jouent un rôle primordial dans leur développement.

Les fonds de la politique de cohésion jouent un rôle clé dans le soutien aux régions ultrapériphériques. Dans le cadre du Fonds européen de développement régional (FEDER) 2 , du Fonds de cohésion 3 et du Fonds social européen plus (FSE+) 4 , ces régions bénéficient des taux de cofinancement les plus élevés, d’une allocation spécifique supplémentaire et d’exceptions pour des investissements tels que ceux concernant les ports, les aéroports et le traitement des déchets résiduels. Dans le cadre du budget de l’UE pour la période 2021-2027, la Commission a affecté 16 milliards d’EUR aux régions ultrapériphériques au titre des fonds de la politique de cohésion, de l’agriculture et de la pêche, soit une augmentation de taille par rapport aux 13 milliards d’EUR de la période 2014-2020.

Toutefois, des défis majeurs subsistent en ce qui concerne les conditions de vie, les perspectives et le développement dans les régions ultrapériphériques. Comme le souligne le neuvième rapport sur la cohésion 5 , la plupart de ces régions souffrent encore d’un faible PIB par habitant 6 (inférieur à 75 % de la moyenne de l’UE), de disparités économiques, d’un taux de chômage plus élevé (en particulier chez les jeunes) et d’un niveau d’instruction plus faible. Mayotte, qui est devenue la dernière région ultrapériphérique en 2014, est la région la plus pauvre de l’UE. La plupart de ces régions sont également confrontées à des défis démographiques, tels que le vieillissement de la population et l’exode des jeunes. C’est pourquoi l’objectif principal de la communication de 2022 est de «donner la priorité aux citoyens».

La mise en œuvre de la communication de 2022 est en constante progression, concrétisant ainsi de nombreux engagements pris par la Commission. L’importance de sa mise en œuvre intégrale a été soulignée par le Parlement européen (résolution de 2023 sur la communication) 7 , le Conseil (conclusions de 2022 sur les régions ultrapériphériques) 8 et le Comité des régions (avis de 2023) 9 .

Le présent rapport fait le point sur les progrès significatifs accomplis par la Commission dans la mise en œuvre de la communication de 2022 dans le cadre de nombreuses politiques, fonds, programmes et outils de l’UE. Quelque deux tiers des actions ont en effet déjà été exécutées ou sont en cours de mise en œuvre. Il met également en lumière les initiatives prises par les régions ultrapériphériques et leurs États membres respectifs, conformément aux recommandations qui leur ont été adressées dans la communication. Le document de travail des services de la Commission qui accompagne le présent rapport met l’accent sur le soutien essentiel de la politique de cohésion dans les régions ultrapériphériques. Ce faisant, il se concentre plus particulièrement sur certains secteurs où les besoins sont particulièrement criants et où les retombées sont les plus importantes.

REPRISE

La crise de la COVID-19 a eu une incidence majeure dans les régions ultrapériphériques, notamment en ce qui concerne les transports, le tourisme, l’éducation, la formation et l’emploi, ainsi que l’accès aux services 10 . En outre, les régions ultrapériphériques sont exposées à une hausse des prix de l’énergie à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Ces régions peinent à se redresser, quoique dans une moindre mesure pour les Açores, Madère et les îles Canaries.

Les fonds de la politique de cohésion ont joué un rôle essentiel dans la reprise de ces régions et continuent de soutenir leur développement. Pendant la crise de la COVID-19, les régions ultrapériphériques ont bénéficié de 2 milliards d’EUR supplémentaires, au titre de la politique de cohésion, provenant du soutien à la reprise en faveur de la cohésion et des territoires de l’Europe (REACT-EU) 11 . La facilité pour la reprise et la résilience (FRR) a soutenu des investissements publics et des réformes visant à construire des économies plus fortes et plus résilientes dans ces régions. D’autres fonds de l’UE, tels que ceux de la politique agricole commune et le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture (Feampa), contribuent également à leur reprise.

La Commission a proposé un instrument du marché unique pour les situations d’urgence visant à remédier à la vulnérabilité des régions ultrapériphériques aux pénuries de biens et de services nécessaires en cas de crise. En vertu du règlement sur les situations d’urgence et la résilience du marché intérieur 12 , la Commission peut recommander aux États membres de distribuer des biens et des services nécessaires en cas de crise dans les zones particulièrement touchées par des perturbations de la chaîne d’approvisionnement, y compris dans les régions ultrapériphériques.

1.REPRISE ET CROISSANCE DURABLES ET INCLUSIVES

1.1.Donner la priorité aux citoyens: des perspectives justes et équitables pour tous

Lutte contre la pauvreté, promotion de l’égalité et de l’inclusion

La plupart des régions ultrapériphériques souffrent d’un niveau bas du PIB par habitant, d’une faible productivité du travail et de performances en matière d’innovation peu élevées, tandis que leur taux de chômage, de pauvreté et de décrochage scolaire sont plus élevés que les moyennes de leurs États membres et de l’UE. Ces difficultés ont été systématiquement mises en évidence dans les rapports par pays publiés dans le paquet de printemps du Semestre européen 13 .

Afin de contribuer à réduire la pauvreté et les inégalités sociales, la Commission vient en aide aux régions ultrapériphériques dans la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux, notamment dans le cadre des fonds de la politique de cohésion et de la FRR. Dans certaines de ces régions, le FSE+ soutient les services chargés de favoriser le vieillissement actif, de prévenir les maladies, d’accompagner les enfants et les jeunes présentant un risque d’exclusion sociale (Madère, Mayotte, Guyane française, Guadeloupe, Martinique, La Réunion), d’assurer des soins de longue durée (Açores) et de lutter contre la précarité énergétique (îles Canaries) 14 .

La Commission soutient en outre la participation des régions ultrapériphériques à l’initiative «Régions européennes de l’économie sociale». En 2023, la section outre-mer de la chambre française de l’économie sociale et solidaire (ESS France Outre-mer) et les îles Canaries ont rejoint ce réseau. En outre, Mayotte, la Guyane française, La Réunion et Saint-Martin consacrent des fonds de la politique de cohésion au développement de l’économie sociale (par exemple, création d’entreprises et formation liée à l’économie sociale).

La Commission surveille également les mesures visant à réduire la pauvreté, à améliorer l’intégration et l’égalité et à prévenir la violence à l’égard des femmes dans ces régions. Comme cela leur était recommandé dans la communication de 2022, les États membres et les régions ultrapériphériques ont adopté des initiatives. Parmi celles-ci figurent la stratégie française de réduction de la pauvreté pour la période 2021-2030, qui comporte des mesures ciblant les régions ultrapériphériques, les stratégies en faveur des personnes handicapées et les plans d’égalité des Açores et de Madère, ainsi que l’approche de l’accessibilité mise en œuvre à San Cristóbal de la Laguna (îles Canaries), récompensé par le prix Access City de la Commission en 2024.

En outre, la Commission surveille la prise en considération des régions ultrapériphériques dans les plans d’action nationaux pertinents mettant en œuvre la garantie européenne pour l’enfance. Les plans d’action de la France et du Portugal comprennent des mesures en faveur du bien-être des enfants et de l’égalité des chances dans ces régions. L’Espagne collabore avec l’Unicef pour piloter la garantie aux îles Canaries.

Accès à un logement décent, à l’eau, à l’internet, aux transports et à l’énergie à un coût abordable

La Commission aide les régions ultrapériphériques et leurs États membres à dégager des synergies entre les fonds nationaux et européens afin d’améliorer les conditions de vie dans ces régions, étant donné que la plupart d’entre elles ont encore beaucoup de chemin à faire en matière d’accès aux besoins essentiels.

En 2024, la Commission a publié une étude indépendante sur l’accès des citoyens au logement, à l’eau potable et à l’assainissement, à l’électricité ainsi qu’aux connexions internet et téléphoniques dans les régions ultrapériphériques 15 . Malgré les progrès accomplis, notamment grâce aux investissements réalisés (2014-2020) et prévus (2021-2027) du FEDER, elle conclut qu’il subsiste des besoins importants, en particulier dans certaines régions ultrapériphériques françaises.

L’étude recommande d’investir davantage dans les logements sociaux afin d’offrir à chacun un logement décent dans un contexte de prix élevés et de pression démographique. Pour ce faire, les Açores et Madère consacrent des aides du FEDER et du FSE+ à la réhabilitation du parc de logements sociaux existant et à la lutte contre le dénuement matériel. La FRR soutient également les efforts visant à remédier aux pénuries de logements, par exemple la mise à disposition de logements sociaux pour les familles défavorisées à Madère ou encore de logements durables au Tampon, à La Réunion.

L’étude sur les conditions de vie recommande de consacrer des ressources supplémentaires aux infrastructures afin d’améliorer l’accès à l’eau potable dans les régions ultrapériphériques françaises et d’investir dans des systèmes de stockage et des solutions techniques de réutilisation de l’eau. À Mayotte, qui a connu une grave crise de l’eau en 2023, le FEDER va plus que doubler les investissements dans les infrastructures hydriques, qui passeront de 20 millions d’EUR pour la période 2014-2020 à 47,5 millions d’EUR pour la période 2021-2027. En outre, le plan français Plan Eau DOM aide les régions ultrapériphériques françaises à améliorer leurs services de traitement des eaux usées et l’accès à l’eau potable.

Si les connexions internet connaissent une nette tendance à la hausse dans les régions ultrapériphériques, notamment grâce au soutien du FEDER, la plupart de ces régions sont confrontées à des débits plus faibles que la métropole et à un manque d’infrastructures de connexion dans les zones rurales. Les allocations spécifiques supplémentaires allouées au titre du FEDER permettent de financer le coût des obligations de service public dans les transports, renforçant ainsi les liens entre les zones rurales et urbaines et entre les îles.

Toutes les régions ultrapériphériques sont confrontées à des difficultés dues à la crise énergétique, qui sont exacerbées par leurs vulnérabilités intrinsèques. En outre, dans certaines régions, le revenu moyen des ménages a augmenté moins rapidement que les prix de l’énergie. La modification des mesures de soutien à l’énergie abordable (SAFE) au titre du règlement REPowerEU a introduit une certaine flexibilité dans les règles de la politique de cohésion afin d’aider les ménages vulnérables à lutter contre la précarité énergétique. Le plan pour la reprise et la résilience (PRR) français finance 70 % de l’initiative MaPrimeRenov, qui vise à renforcer l’efficacité énergétique des logements privés, y compris dans les régions ultrapériphériques.

Accès aux soins de santé

La Commission complète les efforts déployés par les États membres pour rendre les systèmes de santé plus résilients et plus accessibles et pour réduire les inégalités, y compris dans les régions ultrapériphériques qui ont été particulièrement touchées par la crise de la COVID-19 16 .

Les régions ultrapériphériques engagent des fonds au titre des fonds de la cohésion et de la FRR afin de renforcer leurs systèmes de santé, par exemple en étendant le réseau d’infrastructures et de services de soins de longue durée (Madère) ou en développant une plateforme de télémédecine pour le suivi des plaies chroniques (Saint-Martin). La Guadeloupe accueille un membre d’EuroBloodNet, l’un des réseaux européens de référence pour les maladies rares et complexes, qui travaille sur les maladies hématologiques. Certaines régions ultrapériphériques et leurs pays voisins développent des projets Interreg 17 sur la prévention et le traitement des maladies, tels que le projet CUREMA dans le bassin amazonien ou encore le projet MACbioIDi2 en Macaronésie.

En 2023, la Commission a encouragé les échanges entre les services de santé des régions ultrapériphériques et les autorités sanitaires nationales françaises, portugaises et espagnoles afin de faciliter la participation de ces régions au programme EU4Health et la prise en compte de leurs besoins. Elle a également incité les acteurs régionaux à participer à des consultations publiques 18 dans le cadre de la plateforme sur la politique de santé. Les programmes de travail EU4Health 2023 et 2024 répondent aux besoins spécifiques des régions ultrapériphériques, par exemple en matière de capacité de surveillance des eaux usées et d’élaboration de stratégies de constitution de stocks.

En outre, l’Autorité de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire vise à garantir la disponibilité de contre-mesures médicales dans la préparation aux pandémies dans l’ensemble de l’UE, y compris dans les régions ultrapériphériques, qui sont exposées à des menaces transfrontières sur la santé.

Perspectives pour les jeunes: éducation, formation, aide à l’emploi et entrepreneuriat

Les jeunes des régions ultrapériphériques sont confrontés à des difficultés supplémentaires en matière d’éducation, de formation et d’emploi par rapport à ceux qui vivent en Europe continentale. Les régions ultrapériphériques présentent ainsi des taux d’emploi des jeunes parmi les plus faibles de l’UE, et des taux élevés de jeunes sans emploi qui ne suivent ni études ni formation (NEET) 19 .

Pour remédier à ces problèmes, la Commission a pris plusieurs mesures. En 2023, elle a notamment créé un programme de subventions de 1 million d’EUR au titre du FEDER pour soutenir des projets à petite échelle menés par des jeunes ou des organisations de jeunesse dans les régions ultrapériphériques, afin qu’ils participent activement à la vie de leurs communautés locales, en mettant l’accent sur la promotion de l’égalité et de l’inclusion. Sur les quelque 200 demandes reçues par la Commission dans le cadre de ce programme, environ 70 actions devraient être mises en œuvre entre septembre 2024 et juin 2025.

À la suite d’une proposition de la Commission visant à relever les défis en matière d’éducation, tels que le décrochage scolaire, le Conseil a adopté en 2022 une recommandation concernant l’initiative «Passeport pour la réussite scolaire» 20 , dans laquelle il soulignait l’importance de développer des politiques adaptées aux besoins des régions ultrapériphériques. Le FSE+ soutient la lutte contre le décrochage scolaire au moyen d’initiatives de conseil et de soutien scolaire.

Dans les programmes de travail Erasmus+ pour 2023 et 2024 21 , la Commission a accordé une attention particulière aux jeunes des régions éloignées ou ultrapériphériques, en fournissant un soutien financier plus élevé aux participants de ces régions 22 . Une approche semblable est suivie avec le corps européen de solidarité. Les régions ultrapériphériques participent également aux initiatives phares d’Erasmus+ 23 . En 2023, dans le cadre de l’action d’inclusion DiscoverEU, la Commission a octroyé des subventions à 11 organisations issues de ces régions, ce qui a permis à plus de 180 jeunes de voyager dans toute l’Europe.

La décision relative à l’Année européenne des compétences 24 , fondée notamment sur le pacte pour les compétences 25 , met en évidence les difficultés liées au fait que l’accès au marché du travail et les possibilités de reconversion et de perfectionnement dans ces régions sont limités. Les régions ultrapériphériques consacrent des fonds du FSE+ à la formation (par exemple, des cours d’internationalisation pour les diplômés des îles Canaries et des stages au centre d’intelligence artificielle de Madère) et à la promotion de l’entrepreneuriat pour l’emploi des jeunes. En France, l’Agence de l’outre-mer pour la mobilité favorise la mobilité internationale au service de la formation dans les régions ultrapériphériques.

Présenté dans le cadre de la communication intitulée «Mettre à profit les talents dans les régions européennes» 26 , le mécanisme de valorisation des talents peut aider les régions ultrapériphériques à remédier à la faiblesse de l’enseignement supérieur et à l’émigration de leurs jeunes qualifiés. La Guadeloupe fait partie de l’un des groupes de travail relevant de ce mécanisme. En 2024, la Commission a sélectionné les Açores en tant que région risquant de tomber dans un «piège de développement des talents» 27 . Cette région bénéficiera ainsi d’un soutien sur mesure dans le cadre du mécanisme. Dans le cadre de la garantie renforcée pour la jeunesse, le FSE+ soutient des initiatives visant à promouvoir l’emploi des jeunes, par exemple aux îles Canaries, grâce à une offre de formation spécifique, qui recense les possibilités et les perspectives d’emploi (62 millions d’EUR). Les jeunes des régions ultrapériphériques françaises ont bénéficié d’un soutien au titre de la FRR dans le cadre du plan «1 jeune 1 solution». Le PRR portugais soutient les Açores dans la qualification et le renforcement des compétences de ses habitants par la formation et l’apprentissage tout au long de la vie.



1.2.Tirer parti des atouts, remédier aux contraintes, mettre l’accent sur les secteurs clés

Recherche, innovation et spécialisation intelligente

Les atouts uniques des régions ultrapériphériques les dotent d’un immense potentiel de recherche et d’innovation. Dans le cadre du programme Horizon Europe 28 , les sujets pertinents pour les régions ultrapériphériques ont été inclus dans les pôles thématiques. En outre, les entités de ces régions sont éligibles aux actions «Élargir la participation et propager l’excellence» 29 , qui contribuent au renforcement des capacités de recherche et d’innovation dans les pays en retard de développement. En conséquence, la participation des régions ultrapériphériques s’est intensifiée dans le cadre d’Horizon Europe 30 . En outre, les régions ultrapériphériques bénéficient d’un soutien au titre de l’«élargissement» pour 21 projets visant à renforcer leur capacité d’innovation et à établir un réseau avec les principaux homologues de l’UE dans le domaine de la recherche, par exemple le centre d’excellence QCIRCLE dans le domaine de la science quantique (îles Canaries, financement de l’UE à hauteur de 14,5 millions d’EUR) et le projet TwinSolar visant à renforcer les activités de mise en réseau dans le domaine de l’énergie (La Réunion, financement de l’UE à hauteur de 1,5 million d’EUR).

Certaines régions ultrapériphériques participent à la mission «Restaurer notre océan et notre milieu aquatique d’ici à 2030», dont Madère, les Açores, les îles Canaries et La Réunion, qui participent au projet BlueMissionAA (3 millions d’EUR financés par l’UE). L’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT) propose des activités pour la création d’entreprises, le développement des compétences et des projets de recherche axés sur l’innovation 31 . En 2024, l’EIT a publié une stratégie pour les régions ultrapériphériques de l’UE 32 et, d’ici à 2025, il ambitionne de mettre en place trois «pôles communautaires» dans le cadre de son programme régional d’innovation afin de favoriser les interactions entre les acteurs locaux de l’innovation dans les régions ultrapériphériques.

Afin de soutenir davantage la capacité d’innovation et la participation aux chaînes de valeur de l’UE, la Commission accorde une attention particulière aux régions ultrapériphériques dans le cadre de l’instrument relatif aux investissements en matière d’innovation interrégionale (I3) 33 (points de bonus pour les projets auxquels participe une région ultrapériphérique), et ces régions participent désormais à six projets. La Commission a également financé un projet mené par l’OCDE afin de favoriser la participation de ces régions aux chaînes de valeur internationales (agroalimentaire, bioéconomie, énergies renouvelables, économie bleue et industries créatives) 34 .

En outre, dans le cadre de la communauté de pratique de la spécialisation intelligente, la Commission aide La Réunion, les Açores et Madère à concevoir et à mettre en œuvre leurs stratégies d’innovation, connues sous le nom de «stratégies de spécialisation intelligente».

Mobilité, transports

Plusieurs fonds de l’UE soutiennent la mobilité dans les régions ultrapériphériques, en tenant compte de leur dépendance à l’égard des transports aériens et maritimes.

Au cours de la période 2021-2027, le FEDER devrait investir 559 millions d’EUR dans la mobilité et les transports, dont 338 millions d’EUR en lien avec les transports publics dans les zones urbaines des régions ultrapériphériques. Dans ces régions, le FEDER finance à titre exceptionnel les infrastructures aéroportuaires, par exemple l’extension de l’aéroport Roland Garros de La Réunion, avec la première aérogare bioclimatique. Les investissements dans les ports sont également éligibles, et la Guadeloupe a modifié son programme FEDER-FSE+ pour la période 2021-2027 afin d’y inclure son grand port maritime. Outre le soutien aux infrastructures, l’allocation spécifique supplémentaire du FEDER pour les régions ultrapériphériques contribue à compenser les coûts de fonctionnement élevés des transports. Le PRR portugais finance l’achat de nouveaux autobus à émissions nulles pour les transports publics à Madère et de transbordeurs électriques aux Açores.

Le programme de travail du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) et ses appels à propositions encouragent spécifiquement les candidatures émanant des régions ultrapériphériques, en particulier lorsque celles-ci portent sur les infrastructures portuaires maritimes, et leur octroient des taux de cofinancement plus élevés 35 . L’appel à propositions de 2024 au titre du mécanisme de financement d’une infrastructure pour carburants alternatifs prévoit un taux de cofinancement de 70 % pour ces régions. Adoptée en 2024, la version révisée du règlement sur le réseau transeuropéen de transport (RTE-T) 36 augmente le nombre de ports et d’aéroports dans les régions ultrapériphériques. Elle inclut en outre les nœuds urbains dans le réseau global. Ce faisant, elle les rend éligibles à un financement au titre du MIE et elle accroît les possibilités qu’offriront les futurs appels au titre du MIE.

La Commission a encouragé les États membres et les régions ultrapériphériques à utiliser les outils de l’UE tels que l’assistance conjointe à la préparation de projets dans les régions européennes (JASPERS) afin de soutenir les capacités de développement de grands projets, par exemple dans le domaine des transports. JASPERS vient ainsi en aide à la Guyane française pour les investissements routiers et prévoit un soutien similaire pour Saint-Martin. Il soutient également l’élaboration d’un plan de transport aux îles Canaries et aux Açores pour la reconstruction du port 37 de l’île de Flores à la suite de l’ouragan Lorenzo de 2019.

Tourisme, culture

La Commission soutient le tourisme dans les régions ultrapériphériques, qui est l’une de leurs principales activités économiques. Le FEDER verse ainsi des aides en faveur du tourisme durable aux îles Canaries (40,5 millions d’EUR), du tourisme et du patrimoine culturel aux Açores (7 millions d’EUR), et du tourisme et de la culture à La Réunion (121 millions d’EUR) et en Guyane française (10 millions d’EUR).

La Commission a lancé un appel pour soutenir le tourisme maritime et côtier durable dans les régions ultrapériphériques dans le cadre du Feampa (financement de l’UE à hauteur de 2 millions d’EUR). Cet appel a donné lieu à deux projets, l’un sur le tourisme bleu (îles Canaries, Madère, Açores et Martinique), l’autre sur le patrimoine archéologique sous-marin (Açores, Madère, Guadeloupe et Martinique). Le PRR espagnol alloue 75 millions d’EUR au tourisme durable aux îles Canaries.

La Commission lance actuellement des appels à engagements dans le cadre du parcours de transition pour le tourisme. Au titre de cette initiative, les Açores se sont engagées à stimuler le tourisme durable et ont adopté une charte visant à promouvoir un modèle économique et de gouvernance plus durable.

Le FEDER soutient les secteurs uniques de la culture et de la création dans toutes les régions ultrapériphériques. La Commission a également octroyé des subventions pour deux projets, aux Açores et aux îles Canaries, dans le cadre du programme «Europe créative». Au cours de la période 2021-2023, l’UE a cofinancé le projet pilote Archipel.eu (1 million d’EUR) 38 , qui a soutenu 51 projets en faveur du patrimoine culturel immatériel des régions ultrapériphériques et des pays et territoires d’outre-mer (PTOM).

Biodiversité

Plusieurs stratégies régionales et nationales visent à renforcer la protection de la biodiversité, par exemple le programme «Açores bleues» ou la stratégie nationale biodiversité 2030 de la France, qui comprend des feuilles de route pour la restauration de la biodiversité dans chaque région.

Afin de protéger la valeur exceptionnelle des régions ultrapériphériques sur le plan de la biodiversité, certaines de ces régions bénéficient d’un soutien au titre du programme LIFE, qui accorde une attention particulière et des points de bonus aux candidatures émanant de régions ultrapériphériques. C’est le cas des régions ultrapériphériques françaises avec le projet ARTISAN 39 (financement de l’UE de 10 millions d’EUR), axé sur la recherche de solutions fondées sur la nature, ou le projet BIODIV’OM (financement de l’UE de 5,6 millions d’EUR), qui vise à protéger les espèces menacées.

En 2023, la Commission a lancé le programme de subventions BESTLIFE2030 dans le cadre de LIFE, avec un taux de cofinancement de 95 %, afin de favoriser la préservation de la biodiversité dans les régions ultrapériphériques et les PTOM. Elle a proposé d’accroître son soutien en incluant, dans le cadre du programme de travail LIFE pour la période 2025-2027, au taux de cofinancement maximal (75 %), des projets destinés à protéger les habitats ou espèces prioritaires et les espèces récemment décrites considérées comme menacées, notamment dans les régions ultrapériphériques, compte tenu de leur richesse exceptionnelle sur le plan de la biodiversité. Elle a également étendu le projet pilote MOVE-ON qui se concentre sur la cartographie et l’évaluation des écosystèmes dans les régions ultrapériphériques et les PTOM.

D’autres fonds de l’UE œuvrent en faveur de la protection de la biodiversité: le PRR espagnol, par exemple, soutient les technologies de surveillance des écosystèmes ou l’étude des invasions biologiques dans les îles Canaries (23 millions d’EUR).

Adopté en 2024, le règlement relatif à la restauration de la nature 40 souligne la nécessité de tenir compte de la situation propre des régions ultrapériphériques, conformément à la stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 41 .

Économie bleue

Les régions ultrapériphériques disposent d’un potentiel d’économie bleue unique grâce à leurs vastes zones économiques exclusives. La plupart des régions ultrapériphériques ont adopté des stratégies durables en faveur de l’économie bleue afin de stimuler les chaînes de valeur bleues traditionnelles et émergentes, et exploitent les synergies offertes par les mesures d’aide de l’UE pour les mettre en œuvre.

La Commission a tenu compte des spécificités de ces régions dans son cadre juridique révisé pour les aides d’État dans le secteur de la pêche et de l’aquaculture. En 2023, la Commission a modifié le règlement de minimis applicable au secteur de la pêche et de l’aquaculture afin de répondre aux préoccupations urgentes en matière de sécurité de la flotte de petite pêche côtière dans les régions ultrapériphériques 42 . Elle a, à ce titre, permis à ses États membres de soutenir l’achat, la modernisation ou la construction de navires de pêche d’une longueur inférieure à 12 mètres. Des aides de minimis d’un montant maximal de 40 000 EUR par entreprise peuvent être octroyées sans contrôle préalable de la Commission, à condition que les États membres mettent en place un registre central.

Depuis 2018, les lignes directrices concernant les aides d’État dans les secteurs de la pêche et de l’aquaculture prévoient la possibilité d’octroyer des aides au renouvellement de la flotte dans les régions ultrapériphériques, à condition que la capacité de pêche du segment de flotte concerné soit en équilibre avec les possibilités de pêche existant pour ce segment, comme démontré par le dernier rapport national en date sur la flotte 43 . En 2023, ces lignes directrices révisées concernant les aides d’État 44 ont introduit la possibilité d’octroyer des aides pour les investissements dans des équipements qui contribuent à renforcer la sécurité des petits navires de pêche dans ces régions. En vertu de ces lignes directrices, la Commission a autorisé des régimes d’aides d’État visant à soutenir le renouvellement de la flotte de pêche dans une région ultrapériphérique portugaise et dans cinq régions ultrapériphériques françaises, à condition que les États membres démontrent qu’il existe un équilibre entre les stocks halieutiques et la capacité de pêche de la flotte. En 2024, la Commission n’a pas remis en cause l’évaluation de l’équilibre dans trois segments de flotte en Martinique, deux à La Réunion, un en Guadeloupe et un à Madère, autorisant ainsi l’octroi d’aides dans ces régions dans le cadre de ces régimes. En outre, en raison de circonstances extraordinaires liées à la sûreté et à la sécurité, la Commission a également autorisé en 2024, à titre exceptionnel, une aide pour les navires d’une longueur maximale de 24 mètres en Guyane.

La Commission soutient activement les États membres dans la collecte de données relatives à la pêche, en tenant compte des besoins spécifiques des régions ultrapériphériques, tels qu’ils ressortent des plans de travail nationaux pour la collecte de données, et sur la base d’une étude thématique de 2022. La communication 45 adoptée en 2024 en vue de compléter les lignes directrices existantes pour l’analyse de l’équilibre de la flotte, spécifiquement pour les régions ultrapériphériques, tient compte de leurs spécificités. En 2024, la Commission a également réactivé le groupe d’experts sur les questions relatives aux régions ultrapériphériques, dans le cadre du comité scientifique, technique et économique de la pêche, afin de faciliter la fourniture de conseils sur ces régions.

La Commission continue de tenir compte des intérêts des régions ultrapériphériques lors de la négociation avec des pays tiers d’accords bilatéraux de partenariat dans le domaine de la pêche durable. Il s’agit de garantir que les régions ultrapériphériques (les îles Canaries ou La Réunion, par exemple) puissent tirer parti de l’activité générée par de tels accords, afin que leurs flottes bénéficient d’une part équitable des possibilités de pêche obtenues dans les eaux d’autres pays. Renouvelé en 2022, l’accord entre l’UE et la République des Seychelles favorise ainsi la durabilité de la pêche dans les eaux de Mayotte.

Dans le cadre du Feampa 2021-2027, la Commission soutient la pêche et l’aquaculture durables, ainsi que l’économie bleue dans les régions ultrapériphériques, avec un budget de près de 330 millions d’EUR. Elle tient également compte des spécificités de ces régions afin de compenser leurs coûts supplémentaires au moyen d’un budget spécifique (183 millions d’EUR). La Commission a approuvé un plan d’action formel pour chaque région ultrapériphérique afin de veiller à ce que le soutien de l’UE soit adapté aux besoins de chaque région. En outre, la Commission a inclus des analyses territoriales spécifiques dans l’Observatoire de l’économie bleue de l’UE et dans le rapport 2024 sur l’économie bleue. De plus, la stratégie de bassin maritime pour l’Atlantique et son plan d’action favorisent une économie bleue durable dans les régions ultrapériphériques, dans la région de Macaronésie et dans les Caraïbes. Conformément à la directive relative à la planification de l’espace maritime, le Feampa a également soutenu l’adoption de programmes de planification de l’espace maritime aux Açores, à Madère, aux îles Canaries et en Guyane française 46 .

Les États membres et les régions ultrapériphériques déploient des efforts en matière de collecte de données afin d’améliorer la connaissance des ressources halieutiques (par exemple, le projet français ACCOBIOM financé par le Feampa). La France a renforcé sa coopération avec les pays voisins pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée dans les eaux de la Guyane française. Afin de soutenir les décisions en matière de planification de l’espace, de déploiement de projets et d’investissements, le Centre commun de recherche de la Commission cartographie actuellement le potentiel des énergies renouvelables en mer dans les régions ultrapériphériques.

Agriculture et développement rural

Le secteur agricole des régions ultrapériphériques est essentiel pour garantir leur autonomie alimentaire. La Commission a travaillé en étroite collaboration avec les États membres afin de veiller à ce que les plans stratégiques de la France, du Portugal et de l’Espagne adoptés dans le cadre de la politique agricole commune répondent aux besoins spécifiques de leurs régions ultrapériphériques. Adoptés en 2022, ces plans comportent une dimension régionale. En outre, la plupart des régions ultrapériphériques françaises ont adopté des plans d’autonomie alimentaire.

Le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) 47 et la FRR soutiennent les transitions écologique et numérique de l’agriculture dans ces régions. Ces fonds financent des initiatives telles que la modernisation des exploitations agricoles ou le soutien aux initiatives agroenvironnementales et à l’agriculture biologique (par exemple, des infrastructures d’irrigation aux îles Canaries, à La Réunion et à Madère). Le Feader facilite en outre des projets de recherche et de développement (par exemple, une variété de canne à sucre résistante à la sécheresse) et des projets visant à développer le tourisme, les entreprises et les services de base.

Le programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité (POSEI) 48 a pour mission de soutenir l’agriculture dans les régions ultrapériphériques. En 2022, la Commission a lancé une évaluation du programme POSEI afin d’analyser l’efficacité, l’efficience et la valeur ajoutée européenne de sa mise en œuvre au cours de la période de programmation 2014-2020. Cette évaluation – qui sera publiée en 2025 – contribuera à la réflexion sur la manière de pérenniser le secteur agricole dans les régions ultrapériphériques 49 .

Par l’intermédiaire du Feader et du POSEI, la Commission a également contribué à réparer les dommages causés par l’éruption du volcan de La Palma. Le programme de développement rural 2014-2022 50 des îles Canaries a été modifié en 2022 et 2023 afin d’ajouter une contribution nationale totale de 20 millions d’EUR de l’Espagne pour restaurer les exploitations touchées et relancer la production. Le programme POSEI des îles Canaries a été modifié de manière à permettre aux producteurs (principalement dans le secteur de la banane) de continuer à bénéficier d’une aide au revenu. L’Espagne a reçu une contribution financière supplémentaire de 9,5 millions d’EUR du Fonds de solidarité de l’UE pour soutenir des opérations essentielles d’urgence et de remise en état.

En 2022, la Commission a adopté une version révisée des lignes directrices concernant les aides d’État dans le secteur agricole 51 et du règlement d’exemption par catégorie dans le secteur agricole 52 . Les lignes directrices révisées font passer l’intensité de l’aide dans les régions ultrapériphériques de 75 % à 80 % pour plusieurs types d’investissements et maintiennent des dispositions spécifiques, telles que des aides au fonctionnement destinées à compenser le surcoût du transport des denrées agricoles produites dans ces régions. Ces règles spécifiques permettent également l’octroi d’aides au cas par cas pour d’autres coûts supplémentaires.

1.3.Agir dans le bon sens: favoriser la transition écologique et numérique

1.3.1. Transition écologique: vers une économie durable

Action pour le climat

Les régions ultrapériphériques sont particulièrement vulnérables au changement climatique et dépendent fortement de la connectivité des transports. C’est la raison pour laquelle la Commission a accordé une attention particulière à leurs besoins en matière de connectivité dans le cadre du système révisé d’échange de quotas d’émission (SEQE) 53 .

Afin d’assurer la continuité territoriale, les vols et les trajets maritimes intérieurs entre une région ultrapériphérique et tout autre aéroport ou port du même État membre – y compris les vols et les voyages maritimes à l’intérieur de la même région ultrapériphérique – sont exemptés du SEQE jusqu’en 2030. Environ 1,6 milliard d’EUR ont été prélevés sur les recettes du SEQE pour couvrir la différence de prix entre l’utilisation de carburants durables d’aviation admissibles et de kérosène fossile jusqu’en 2030. Une attention particulière est accordée aux aéroports des régions ultrapériphériques, où ces fonds peuvent couvrir la totalité de la différence de prix avec le kérosène fossile. La Commission présentera un rapport en 2024, puis tous les deux ans, sur la mise en œuvre de l’extension du SEQE au transport maritime, en tenant dûment compte des régions ultrapériphériques. En 2026, elle évaluera la connectivité aérienne des îles et des territoires éloignés, tels que les régions ultrapériphériques.

La Commission a également accordé une attention particulière aux régions ultrapériphériques au titre du Fonds social pour le climat 54 , qui prévoit que les États membres devraient tenir compte des spécificités géographiques, y compris des régions ultrapériphériques, dans leurs plans sociaux pour le climat.

Dans le cadre de la stratégie de l’Union en matière d’adaptation 55 , la Commission a organisé dix ateliers dans les différents bassins des régions ultrapériphériques. L’objectif était d’encourager les échanges sur les solutions d’adaptation au changement climatique entre ces régions et les pays voisins, par exemple en ce qui concerne la résilience côtière, l’agriculture, la biodiversité, la gestion des ressources en eau et le tourisme. Elle a publié un recueil présentant les bonnes pratiques les plus innovantes 56 en la matière.

Dans sa communication intitulée «Gestion des risques climatiques – protection des personnes et de la prospérité» 57 , adoptée en mars 2024, la Commission a mis en évidence les risques climatiques spécifiques aux régions ultrapériphériques. L’évaluation européenne des risques climatiques 58 qui complète la communication comprend un chapitre spécifique consacré aux régions ultrapériphériques détaillant les risques climatiques auxquels ces régions sont confrontées.

Le FEDER soutient les investissements en faveur de l’adaptation au changement climatique et de la prévention des risques dans toutes les régions ultrapériphériques (334 millions d’EUR pour la période 2021-2027), par exemple en Guadeloupe et en Martinique pour des investissements dans la réhabilitation sismique des écoles, et à La Réunion pour des mesures de lutte contre l’érosion et les inondations des berges des rivières.

Certaines régions ultrapériphériques mettent en œuvre des projets visant à lutter contre le changement climatique, tels que le projet Adapt’Island financé par LIFE sur des techniques innovantes et reproductibles en vue de restaurer les écosystèmes côtiers et marins dans les Caraïbes. Plusieurs régions ont également adopté des initiatives législatives, telles que la loi sur le changement climatique et la transition énergétique des îles Canaries.

Énergie renouvelable et efficacité énergétique

La Commission soutient la transition des régions ultrapériphériques vers un bouquet énergétique plus écologique afin de libérer leur potentiel en matière d’énergies renouvelables, comme par exemple leurs vastes ressources solaires et éoliennes en mer. Elle a souligné leur potentiel en matière d’énergie solaire dans la stratégie de l’UE pour l’énergie solaire 59 . La Commission soutient la production d’énergie renouvelable au moyen de divers fonds de l’UE. Ainsi, les îles Canaries consacrent 42 millions d’EUR au titre du FEDER au soutien des énergies renouvelables, et le PRR portugais finance de nombreux investissements dans les énergies renouvelables dans les régions ultrapériphériques, tels que des incitations pour les ménages et les PME à acheter des systèmes photovoltaïques aux Açores (projet SOLENERGE).

Le FEDER soutient l’efficacité énergétique des bâtiments privés et publics. La Martinique alloue 5 millions d’EUR de fonds du FEDER à la rénovation de bâtiments résidentiels et publics, tandis que les Açores consacrent des fonds du FEDER à l’efficacité énergétique (16,3 millions d’EUR) et au développement de systèmes énergétiques intelligents, de réseaux et de projets de stockage (7,5 millions d’EUR). Les programmes Interreg favorisent les échanges entre les régions ultrapériphériques et leurs pays voisins sur la question de la gestion de l’énergie.

Dans le cadre de l’initiative en faveur d’une énergie propre pour les îles de l’Union, la Commission a apporté un soutien ciblé et encouragé le renforcement des capacités dans les régions ultrapériphériques, par exemple avec le projet de valorisation énergétique des déchets (projet PI) à Saint-Martin, une étude sur le système de stockage d’énergie par batterie à La Palma (îles Canaries) et le projet H2PortoSanto visant à transformer la biomasse résiduelle en hydrogène propre à Madère.

La Commission assiste plusieurs régions dans l’élaboration de plans de décarbonation de leurs systèmes énergétiques 60 et met actuellement au point des orientations concernant l’accès des sources d’énergie renouvelables aux réseaux et la gestion du réseau dans les îles non interconnectées de l’Union, qui couvrent quatre régions ultrapériphériques 61 . Dans le cadre de l’initiative NESOI (New Energy Solutions Optimised for Islands), en faveur de solutions énergétiques optimisées pour les îles, la Commission a facilité la transition vers une énergie propre, par l’intermédiaire de la communauté d’énergie locale de La Palma (îles Canaries) et du projet H2 aux Açores.

Les régions ultrapériphériques ont commencé à explorer le potentiel de l’hydrogène. Par exemple, la Banque européenne d’investissement a financé la feuille de route de la Guadeloupe pour l’hydrogène (660 millions d’EUR), et le projet Hyguane en Guyane française vise à générer 110 tonnes d’hydrogène vert à partir de 2027, dans le but d’alimenter le centre spatial guyanais et le secteur des transports.

Plusieurs régions ont adopté des stratégies visant à accroître la production d’énergie renouvelable, à promouvoir l’efficacité énergétique et à réduire la dépendance à l’égard des combustibles fossiles. Parmi celles-ci figurent entre autres la stratégie énergétique des Açores pour 2030, liée au sucre, l’interconnexion des réseaux électriques entre les îles Canaries et les programmes énergétiques pluriannuels des régions ultrapériphériques françaises.

Économie circulaire

Les régions ultrapériphériques possèdent un immense potentiel dans la mise au point de solutions d’économie circulaire. La politique de cohésion favorise le développement de l’économie circulaire dans les régions ultrapériphériques. Le FEDER et Interreg soutiennent la gestion et le recyclage des déchets, par exemple à La Réunion, avec 18 millions d’EUR de financement du FEDER consacrés à l’économie circulaire, et dans les Caraïbes dans le cadre du projet Interreg SARGOOD (450 000 EUR) portant sur la récolte et la valorisation de la sargasse. Les régions ultrapériphériques bénéficient également d’aides au titre du programme LIFE (par exemple, le projet AgriLoop, qui vise à transformer les résidus sous-exploités en bioproduits réutilisables à haute valeur ajoutée).

Afin de faciliter les échanges et de promouvoir les bonnes pratiques en matière d’économie circulaire, une collaboration est en cours en vue d’organiser un webinaire sur la circularité dans les régions ultrapériphériques dans le cadre de la plateforme des acteurs européens de l’économie circulaire, un point de contact unique pour les manifestations, les possibilités de financement et les bonnes pratiques en matière d’économie circulaire.

Plusieurs régions ultrapériphériques ont élaboré des stratégies visant à promouvoir la prévention des déchets, à améliorer leur valorisation et leur gestion et à gérer les déchets dangereux. Parmi celles-ci figurent le plan régional de prévention et de gestion des déchets de la Guyane française et la stratégie régionale pour la gestion des déchets à Madère. Plusieurs régions ultrapériphériques ont élaboré des stratégies tenant compte des spécificités de leurs régions, telles que la conférence des Açores sur l’économie circulaire.

1.3.2. Favoriser la transition numérique: créer de nouvelles perspectives

La Commission soutient activement les régions ultrapériphériques pour répondre à leurs besoins en matière de connectivité numérique en raison de leur éloignement de l’Europe continentale.

Dans le cadre du volet numérique du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE), la Commission prévoit des taux de cofinancement plus élevés pour les projets qui concernent les régions ultrapériphériques et a approuvé le financement d’infrastructures de câbles sous-marins dans ces régions pour un montant supérieur à 125 millions d’EUR. Un projet financé conjointement par le MIE (30 millions d’EUR) et le FEDER (10 millions d’EUR) connectera la Guyane française au réseau câblé EllaLink qui relie l’Amérique latine à l’Europe. Un autre projet (40 millions d’EUR au titre du MIE) soutient l’installation de nouveaux câbles sous-marins reliant Lisbonne aux Açores et les Açores à Madère. Le MIE financera également des infrastructures de câbles sous-marins dans les îles Canaries (36 millions d’EUR) et dans les régions ultrapériphériques françaises des Caraïbes (20,6 millions d’EUR) 62 .

Dans son paquet «connectivité» 63 , la Commission a mis en évidence la dépendance des régions ultrapériphériques à l’égard des données transmises par câbles sous-marins. Elle a recommandé aux États membres de définir des actions ciblées reliant un État membre à ses régions ultrapériphériques en tant que «projets de câbles d’intérêt européen».

Le règlement de l’Union pour une connectivité sécurisée 64 souligne qu’en l’absence de systèmes de communications terrestres, les services de télécommunications spatiaux par satellite constituent l’option la plus viable. Le programme de l’Union pour une connectivité sécurisée devrait permettre une connectivité dans l’ensemble de l’Union, y compris dans les régions ultrapériphériques, et dans le monde entier.

Les infrastructures au sol dans les régions ultrapériphériques sont essentielles pour l’espace, la sécurité et la défense, compte tenu de leurs situations géographiques stratégiques et de leurs capacités uniques, comme indiqué dans la communication conjointe sur la stratégie spatiale de l’UE pour la sécurité et la défense 65 . Ainsi, le centre spatial guyanais et d’autres nouveaux projets de ports spatiaux dans les régions ultrapériphériques contribuent à renforcer l’accès autonome de l’UE à l’espace et la résilience de ses systèmes spatiaux.

La Commission encourage l’utilisation d’outils numériques dans les régions ultrapériphériques dans le cadre du réseau des pôles européens d’innovation numérique et des pôles spécifiques dans les régions ultrapériphériques financés par le programme pour une Europe numérique (DIGITAL), qui offrent des possibilités de formation et de mise en réseau 66 . La FRR peut fournir un financement complémentaire pour les pôles (Smart Island Hub à Madère) 67 ou investir dans le développement de nouveaux secteurs (eGames Lab pour développer une industrie du jeu vidéo à Madère).

Dans son premier rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique 68 , la Commission a recommandé aux États membres de compléter les investissements privés afin de combler les lacunes en matière de connectivité de leurs régions ultrapériphériques et de favoriser les compétences numériques. Plusieurs instruments de financement de l’UE sont disponibles pour favoriser la numérisation de l’éducation. Le FEDER aide les îles Canaries à mettre en œuvre leur plan en matière d’éducation numérique. Le PRR portugais soutient l’équipement numérique et la formation des enseignants à Madère (22 millions d’EUR). Dans le cadre de son initiative Guyane Connectée, combler les écarts, la Guyane française entend améliorer la connectivité par satellite et sécuriser l’approvisionnement en électricité dans les salles de classe.

La Commission a encouragé la participation des régions ultrapériphériques aux webinaires du réseau des bureaux de compétences en matière de haut débit sur les câbles sous-marins intelligents, sur la connectivité par satellite et sur les appels à propositions numériques du MIE. Ce réseau a produit des vidéos sur le développement du haut débit à La Réunion et aux îles Canaries. Deux webinaires consacrés aux possibilités offertes par le paquet «connectivité» ont eu lieu en 2024.

2.COOPÉRATION AVEC D’AUTRES RÉGIONS EUROPÉENNES, LES PAYS VOISINS ET D’AUTRES PAYS PLUS LOINTAINS

Interreg et coopération avec le programme IVCDCI – Europe dans le monde et les instruments de financement des pays et territoires d’outre-mer

La situation géographique des régions ultrapériphériques est un atout essentiel pour les intérêts de l’UE à l’échelle internationale. Par conséquent, la Commission a accordé une attention particulière aux régions ultrapériphériques dans la révision des stratégies et des accords de partenariat entre l’UE et les parties du monde où sont situées ces régions, encourageant ainsi la coopération avec les PTOM.

Le nouveau programme pour les relations entre l’UE et l’Amérique latine et les Caraïbes (ALC) met en avant la présence de l’UE dans l’ALC à travers les régions ultrapériphériques, comme un atout pour ce partenariat 69 et envisage de renforcer la coopération entre l’ALC, les régions ultrapériphériques et les PTOM 70 . Dans le cadre de l’accord de partenariat entre l’UE et l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique 71 , signé en 2023, les protocoles pour l’Afrique et les Caraïbes encouragent la coopération régionale avec les régions ultrapériphériques et les PTOM.

La Commission a renforcé la dimension extérieure des programmes Interreg 2021-2027 pour les régions ultrapériphériques 72 en prévoyant que les projets devraient associer au moins un pays partenaire voisin 73 et/ou PTOM. Au cours de la période 2014-2020, les régions ultrapériphériques ont développé plusieurs projets Interreg pour relever des défis communs, par exemple la lutte contre les sargasses ou un système d’intervention d’urgence intégré en cas de catastrophes régionales. Ces projets se poursuivent dans le cadre des programmes 2021-2027, qui consacrent plus de 19 millions d’EUR à l’adaptation au changement climatique.

Afin de permettre le financement d’actions conjointes par Interreg et les instruments de financement extérieur, le règlement Interreg, le règlement IVCDCI – Europe dans le monde et la décision d’association outre-mer incluant le Groenland (DOAG), offrent la possibilité de combiner les financements. En particulier, les services de la Commission sont en train de fixer les conditions pour qu’un budget estimatif supplémentaire (15 millions d’EUR) soit inclus au titre de l’IVCDCI dans les programmes Interreg Madère-Açores-Canaries (MAC) et Océan Indien. Le projet ATLANTE, adopté par les partenaires du programme MAC 74 , sera essentiel pour atteindre cet objectif. La Commission a également approuvé un budget de 15 millions d’EUR provenant de la dotation de la DOAG afin de favoriser la coopération intrarégionale entre les PTOM et leurs voisins, dont les régions ultrapériphériques. La Commission a initié des discussions (par exemple lors du forum UE-PTOM de 2024) sur des actions prioritaires communes dans les domaines de la connectivité numérique (des infrastructures) et de l’économie bleue et verte.

Avec le soutien de programmes tels qu’Horizon Europe et Interreg Atlantique, les Açores, Madère et les îles Canaries coopèrent avec d’autres régions atlantiques de l’UE en matière de gestion des déchets marins (projet Free LitterAT) et de décarbonation des ports (projet ENEPORTS).

Commerce

Conformément à l’article 349 du traité, compte tenu de la dépendance économique des régions ultrapériphériques vis-à-vis d’un petit nombre de produits, il convient d’accorder une attention particulière à leurs relations commerciales avec des pays voisins ou des pays produisant des biens similaires, avec, dans certains cas, des coûts moindres et des normes moins élevées en matière de santé, de sécurité et de protection de l’environnement.

La Commission a continué de tenir compte des intérêts des régions ultrapériphériques dans les négociations sur les accords commerciaux et d’examiner toute incidence potentielle sur celles-ci, notamment dans le cadre des analyses d’impact ex ante relatives au développement durable et des évaluations ex post. L’évaluation de l’impact sur le développement durable de 2023 à l’appui des négociations entre l’UE et les pays partenaires d’Afrique orientale et australe en vue d’approfondir l’accord de partenariat économique (APE) intérimaire existant met en évidence les spécificités de la situation des régions ultrapériphériques en ce qui concerne les produits agricoles et la pêche. Les évaluations de l’impact sur le développement durable de 2024 à l’appui des négociations UE-Inde ont rappelé les préoccupations des régions ultrapériphériques en ce qui concerne le sucre et ont inclus une étude de cas sur ce secteur, en tenant compte de la contribution de La Réunion à la consultation publique. En 2023, les documents relatifs à l’évaluation de l’impact des accords d’association UE-Amérique centrale et UE-Colombie, Équateur et Pérou n’excluaient pas une incidence négative potentielle sur la banane et le sucre dans les régions ultrapériphériques et concluaient qu’une évaluation plus approfondie serait nécessaire afin de déterminer cette incidence. L’évaluation de l’APE entre l’UE et la Communauté de développement de l’Afrique australe (CDAA), actuellement en cours, prévoit une analyse d’impact de l’accord sur ces régions.

La plupart des accords commerciaux prévoient une clause de sauvegarde bilatérale, qui couvre généralement tous les produits. En outre, certains accords comportent des dispositions particulières pour les produits agricoles, et la majorité d’entre eux contiennent également des dispositions de sauvegarde spécifiques pour les régions ultrapériphériques. Par ailleurs, l’accès préférentiel au marché de l’UE pour les produits agricoles sensibles (par exemple le sucre) n’est accordé que sous la forme de contingents tarifaires, sauf dans le cas des APE conclus avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Ces produits sont parfois même exclus de la libéralisation dans les accords bilatéraux (par exemple, le sucre et les bananes dans l’accord-cadre avancé et l’accord intérimaire sur le commerce UE-Chili).

Le commerce et le marché de la banane de l’UE font l’objet d’un suivi régulier par la Commission au moyen de rapports de marché accessibles au public afin d’accroître la transparence du marché, et des mesures pertinentes sont prises pour protéger la production de l’UE (et celle des régions ultrapériphériques) et garantir une concurrence loyale, notamment à l’égard des pays tiers. En 2022, la Commission a réalisé une étude sur le marché de la banane. Son rapport final concluait qu’il existait un équilibre global entre les intérêts des producteurs de bananes de l’UE (y compris dans les régions ultrapériphériques), ceux des pays ACP (avec un accès historique en franchise de droits en vue de leur développement) et la réduction des droits pour les exportateurs d’Amérique latine. Selon cette évaluation, ces obligations internationales incombant à l’UE n’ont pas déstabilisé la production de bananes de l’UE dans les régions ultrapériphériques ni le marché de la banane de l’Union. Le programme POSEI et les programmes de développement rural ont joué un rôle crucial dans le soutien aux producteurs de bananes des régions ultrapériphériques et dans la préservation de la production de l’UE.

Enfin, la Commission a encouragé la participation de parties prenantes des régions ultrapériphériques aux dialogues avec la société civile 75 et aux ateliers Access2Markets (en 2023 et 2024), afin de faciliter les échanges avec les pays tiers et de mieux faire connaître les accords commerciaux.

Migration

Certaines régions ultrapériphériques sont confrontées à une forte pression migratoire. C’est notamment le cas des îles Canaries, de Mayotte et de la Guyane française. La Commission soutient ces régions au moyen de plusieurs fonds européens qui peuvent augmenter et compléter les financements nationaux. La Commission a ainsi prévu la possibilité de financer des actions visant à intégrer les migrants, telles que l’accès au marché du travail et d’autres mesures garantissant leur intégration sociale à long terme, par exemple dans les domaines du logement, des soins de santé, de la traduction ou de la formation, par l’intermédiaire des fonds de la politique de cohésion – l’action de cohésion pour les réfugiés en Europe (CARE) et l’assistance flexible aux territoires (FAST-CARE).

Les trois principaux fonds de l’UE destinés à la migration, à la gestion des frontières et à la sécurité sont le Fonds «Asile, migration et intégration» (FAMI), l’instrument relatif à la gestion des frontières et aux visas (IGFV, pour l’espace Schengen) et le Fonds pour la sécurité intérieure (FSI). Les États membres devraient s’assurer que leurs programmes nationaux au titre du FAMI, de l’IGFV et du FSI répondent aux problèmes spécifiques auxquels les régions ultrapériphériques sont confrontées. En outre, les mécanismes thématiques relevant de ces fonds allouent des financements en cas de besoins nouveaux ou imprévus, y compris pour les régions ultrapériphériques. La Commission a également encouragé les États membres à associer les autorités régionales afin de mieux répondre à leurs préoccupations. Le programme Interreg MAC 2021-2027 (politique de cohésion) soutiendra la mobilité et la gestion des migrations (contribution de 8,5 millions d’EUR) afin de compléter les fonds du FAMI et du FSE+ en faveur des mineurs non accompagnés, de l’accueil aux frontières et des campagnes de sensibilisation.

Le programme de la France au titre du FAMI met l’accent sur le rôle des collectivités locales et régionales, notamment dans le domaine de l’intégration des réfugiés et des migrants, avec un taux de cofinancement plus élevé et un seuil financier réduit (de 500 000 à 200 000 EUR) pour les projets éligibles dans les régions ultrapériphériques. Dans le cadre du programme portugais, le FAMI finance la création de centres d’accueil temporaires dans les aéroports de Madère et des Açores et prévoit de soutenir des projets d’intégration des migrants dans les deux régions. Dans le cadre de l’IGFV, des fonds ont été alloués à la rénovation des postes de surveillance des frontières et à leur interconnexion avec le système national (continental) de surveillance des frontières. En 2023 et 2024, l’Espagne a sollicité un soutien financier au titre de l’aide d’urgence des mécanismes thématiques afin de soulager la pression sur le système d’accueil des îles Canaries (20 millions d’EUR, FAMI) et de renforcer la capacité de cette région à aider et à recenser les immigrants arrivant sur ses côtes (17,5 millions d’EUR, IGFV). La Commission a accédé à sa demande.

La Commission surveille la situation migratoire, soutient la sensibilisation et encourage l’utilisation des fonds de l’UE destinés à la migration. Les comités de suivi des fonds pour la migration des trois États membres ayant des régions ultrapériphériques comprennent des représentants de ces régions. En 2022 et 2023, la Commission a organisé des réunions avec l’Espagne et les îles Canaries afin de discuter de l’augmentation du nombre d’arrivées dans l’archipel, et plus particulièrement du nombre élevé de mineurs non accompagnés.

Frontex et l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (EUAA) épaulent les autorités espagnoles en ce qui concerne la gestion des frontières extérieures et l’accueil des migrants, grâce à du personnel déployé aux îles Canaries. Depuis 2023, l’EUAA aide l’Espagne, y compris les îles Canaries, à renforcer son système d’accueil des mineurs non accompagnés. En 2023, la Commission a présenté un plan d’action pour les routes migratoires de la Méditerranée occidentale et de l’Atlantique comportant des mesures axées sur la coopération avec les pays d’origine et de transit des migrants en situation irrégulière.

Ces efforts sont intensifiés aux niveaux régional et national. L’Espagne a signé un accord de coopération (50 millions d’EUR) avec les îles Canaries dans le cadre du budget national 2022 afin de faire face à l’afflux croissant de mineurs non accompagnés. Les îles Canaries ont alloué des fonds propres pour compléter le financement de l’UE en faveur des mineurs non accompagnés et ont élaboré des programmes spécifiques pour leur transition vers l’âge adulte.

3.RENFORCEMENT DU PARTENARIAT, DU DIALOGUE ET DU SOUTIEN

La Commission a considérablement renforcé le dialogue avec les régions ultrapériphériques en organisant des dialogues formels annuels par région au niveau des commissaires. Ces rencontres permettent de discuter de la stratégie de développement de chaque région et de la manière dont l’UE peut la soutenir, ainsi que de rechercher des solutions pour surmonter les obstacles en matière de réglementation ou de financement. La Commission organise également de nombreuses réunions qui rassemblent plusieurs services de la Commission ainsi que des représentants de la région et de l’État membre concernés afin de discuter d’actions concrètes et adaptées à leur situation propre.

La Commission a tenu son engagement d’aider les régions ultrapériphériques à bénéficier des diverses possibilités de soutien qu’offre l’Union. Elle a ainsi mis au point une série d’ateliers spécialisés sur les programmes de l’UE en faveur de la compétitivité (mécanisme pour l’interconnexion en Europe, Europe numérique, LIFE; Erasmus+, Horizon Europe, Europe créative et le programme en faveur du marché unique), a fourni des informations sur tous les appels à projets pertinents et a créé un outil de conseil 76 exclusivement à l’intention de ces régions. Le nouvel outil de conseil à la demande a guidé un large éventail d’acteurs publics et privés dans l’élaboration ou la mise en œuvre des stratégies de développement régional et leur a permis de dégager des synergies entre les possibilités offertes par les fonds et les programmes de l’UE. La Commission a approuvé le soutien apporté à 23 demandes de services de conseil dans un grand nombre de domaines.

Les régions ultrapériphériques doivent continuer à renforcer leurs capacités administratives 77 , notamment en ce qui concerne les programmes de la politique de cohésion, avec le soutien de leurs États membres et en utilisant pleinement le budget d’assistance technique mis à leur disposition dans le cadre de ces programmes. Les capacités administratives sont également essentielles pour pouvoir entreprendre les réformes nécessaires afin de tirer le meilleur parti des investissements.

La Commission a encouragé les régions ultrapériphériques à demander un soutien au titre de l’instrument d’appui technique, notamment à l’occasion des événements de 2023 et 2024 organisés en France, au Portugal et en Espagne. En 2023, la Commission a apporté un soutien technique aux régions ultrapériphériques françaises dans le cadre d’un projet de soutien aux réformes. Celui-ci visait à renforcer la capacité des régions ultrapériphériques à accéder aux financements au titre des programmes horizontaux de l’UE. Elle a lancé une initiative phare intitulée «Surmonter les obstacles à la croissance régionale», qui encourage plus particulièrement les régions ultrapériphériques à soumettre des candidatures. En 2024, la Commission aidera les régions ultrapériphériques françaises à améliorer les connaissances de leurs citoyens en matière de finance numérique, notamment par la fourniture de contenus éducatifs.

Aides d’État

La Commission reste attentive aux spécificités des régions ultrapériphériques, de manière à soutenir leurs économies de petite taille, et les a prises en compte dans la révision des règlements et lignes directrices en matière d’aides d’État, tous secteurs confondus. Ainsi, dans l’encadrement temporaire de crise et de transition révisé de 2023, la Commission a prévu la possibilité d’apporter un soutien plus important aux investissements dans les régions ultrapériphériques. Dans la révision de 2023 du règlement général d’exemption par catégorie, la Commission a prévu une prime de 15 % de l’intensité de l’aide en faveur de projets de recherche industrielle et expérimentale dans les régions ultrapériphériques dans certaines zones assistées, facilitant ainsi un soutien accru aux projets de R&D; elle a maintenu des dispositions favorables en matière d’aides régionales permettant à la fois de compenser les coûts opérationnels supplémentaires supportés par les entreprises de ces régions et d’augmenter l’intensité des aides à l’investissement. En 2023, la Commission a par ailleurs adopté un nouveau règlement de minimis général 78 et un nouveau règlement de minimis relatif aux services d’intérêt économique général 79 , portant les plafonds par entreprise respectivement de 200 000 EUR à 300 000 EUR et de 500 000 EUR à 750 000 EUR sur trois ans, ce qui profitera aux entreprises des régions ultrapériphériques. En outre, les lignes directrices concernant les aides d’État à finalité régionale ont été modifiées afin de permettre une intensité d’aide accrue allant jusqu’à 10 % pour les projets relevant du champ d’application du règlement relatif à la plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe» (STEP) 80 .

CONCLUSIONS

La mise en œuvre de la communication de la Commission intitulée «Donner la priorité aux citoyens, assurer une croissance durable et inclusive, libérer le potentiel des régions ultrapériphériques de l’Union» est en bonne voie. En un peu plus de deux ans, la Commission a tenu bon nombre de ses engagements en prenant en considération les spécificités des régions ultrapériphériques dans de nombreux projets, politiques, propositions législatives et initiatives. Les régions ultrapériphériques et leurs États membres contribuent également à la mise en œuvre de la communication de 2022 et de ses recommandations, en développant diverses initiatives régionales ou nationales, telles que des réformes, des lois et des plans, des régimes de soutien financier et des projets.

Les investissements financés par la politique de cohésion ont joué et continuent de jouer un rôle clé dans les régions ultrapériphériques. D’autres fonds et programmes de l’UE, tels que la facilité pour la reprise et la résilience, le mécanisme pour l’interconnexion en Europe, le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture, les programmes POSEI et LIFE, ont eu des impacts positifs importants dans ces régions, dans les domaines des transports, de la numérisation, de l’agriculture et de l’environnement.

En outre, la Commission a inscrit les spécificités des régions ultrapériphériques dans bon nombre de politiques de l’UE, telles que l’action pour le climat (système d’échange de quotas d’émission), la pêche (aides de minimis en faveur des petites flottes de pêche), les aides d’État (règlement général d’exemption par catégorie), la numérisation (paquet «connectivité»), la connectivité des transports (réseau transeuropéen de transport) et le commerce (évaluations de l’impact sur le développement durable). La Commission a également créé des outils et des moyens spécifiques (par exemple, un outil de conseil et des ateliers spécialisés, un projet pour la jeunesse) afin d’aider les régions ultrapériphériques à saisir les différentes possibilités de soutien de l’UE, dont elles bénéficient de plus en plus.

Il importe de poursuivre ces efforts. Comme le souligne le neuvième rapport sur la cohésion, la plupart des régions ultrapériphériques ont un PIB par habitant inférieur à 75 % de la moyenne de l’UE, et certaines de ces régions sont prises dans un piège de développement régional (ou risquent d’y tomber) 81 . Pour combler l’écart entre leurs conditions de vie et celles de l’Europe continentale, il est essentiel de continuer à investir dans la couverture des besoins essentiels, tels que l’eau et le logement, et de lutter contre la précarité (énergétique).

Conformément à l’article 349 du traité, la Commission continuera d’accorder une attention particulière aux régions ultrapériphériques et de prendre des mesures adaptées aux contraintes permanentes auxquelles ces dernières sont confrontées 82 . Un soutien adapté de l’UE est essentiel pour que les régions ultrapériphériques et leurs citoyens puissent se développer et tirer profit de leur appartenance au marché unique. Cela suppose notamment de relever les défis des transitions écologique, numérique et démographique et de tirer le meilleur parti des possibilités qu’elles offrent. Cet aspect est particulièrement important pour ces régions et pour l’UE dans son ensemble, qui peut bénéficier de leur potentiel dans des secteurs stratégiques tels que l’espace, les énergies renouvelables, la biodiversité ou l’économie bleue, ainsi que des possibilités qu’elles offrent de s’ouvrir à d’autres continents et régions du monde. Pour libérer ce potentiel, la Commission continuera de soutenir les régions ultrapériphériques dans des domaines tels que les transports, l’agriculture, la pêche, le commerce, la migration et les questions sociales, entre autres.

Les efforts déployés par l’UE pour soutenir le développement des régions ultrapériphériques et améliorer leur situation économique et sociale doivent être relayés par les régions elles-mêmes et leurs États membres. Des stratégies de développement, des réformes et des investissements appropriés sont encore nécessaires afin de réduire les disparités avec le reste de l’UE. Il est ainsi crucial de soutenir les services publics et la création d’emplois dans ces régions, notamment en renforçant les capacités administratives grâce aux possibilités offertes aux niveaux national et de l’UE. Par ailleurs, le soutien de l’UE et des États membres à la coopération avec les pays voisins est essentiel pour veiller à ce que les régions ultrapériphériques soient bien intégrées dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.

(1)

COM(2022) 198 final.

(2)

La dotation du FEDER en faveur des régions ultrapériphériques pour la période 2014-2020 s’élevait à 4,7 milliards d’EUR (sans les montants REACT-EU); celle de la période 2021-2027 s’élève à 5,3 milliards d’EUR.

(3)

Dans le cas des Açores et de Madère, la dotation totale du Fonds de cohésion pour la période 2014-2020 s’élevait à 462 millions d’EUR; pour la période 2021-2027, elle s’élève à 396 millions d’EUR.

(4)

La dotation du FSE en faveur des régions ultrapériphériques pour la période 2014-2020 avoisinait les 2,1 milliards d’EUR (y compris l’initiative pour l’emploi des jeunes, sans les montants REACT-EU); la dotation du FSE+ pour la période 2021-2027 s’élève à 2,4 milliards d’EUR.

(5)

COM(2024) 149 final.

(6)

Le PIB par habitant mesuré en standards de pouvoir d’achat, en pourcentage de la moyenne de l’UE en 2022, reste particulièrement faible dans les régions ultrapériphériques. Il variait de 30 % à Mayotte et 40 % en Guyane française à 64 % à La Réunion, 66 % en Guadeloupe, 68 % aux îles Canaries, 70 % en Martinique, 71 % aux Açores et 79 % à Madère (pas de données disponibles pour Saint-Martin) (Source: Eurostat).

(7)

C(2024) 480 final.

(8)

Conclusions du Conseil (21 juin 2022) 10513/22.

(9)

COTER-VII/23, 153e session plénière des 8 et 9 février 2023.

(10)

Le PIB par habitant des régions ultrapériphériques a diminué de 3,8 % entre 2019 et 2021 (source: neuvième rapport sur la cohésion, calculs fondés sur les données d’Eurostat).

(11)

Le montant total alloué au FEDER et au FSE au titre de REACT-EU pour la période 2021-2022 s’élevait à 2 milliards d’EUR.

(12)

À la suite de l’accord politique intervenu en février 2024 (adoption finale prévue pour la fin de l’année 2024).

(13)

Voir également le document de travail des services de la Commission intitulé «Regional Trends for Growth and Convergence in the EU», SWD(2023) 173 final.

(14)

Groupe consultatif sur la précarité énergétique.

(15)

ISBN 978-92-68-11899-3.

(16)

Ainsi, entre 2019 et 2020, le PIB a chuté de 11 % aux îles Canaries et de 7 % à Madère, contre une baisse de 7 % en Espagne et de 3 % au Portugal.

(17)

Objectif «Coopération territoriale européenne» (Interreg) soutenu par le FEDER et les instruments de financement extérieur.

(18)

La Conférence des présidents des régions ultrapériphériques a apporté sa contribution à la consultation sur le programme de travail «L’UE pour la santé» (EU4Health) pour 2024.

(19)

Comme souligné dans la proposition de rapport conjoint sur l’emploi 2024 de la Commission – COM(2023) 904 final.

(20)

Recommandation C(2022) 469/01 du Conseil.

(21)

C(2022) 6002 final; C(2023) 6157.

(22)

Dans ses conclusions de 2024 sur des sociétés inclusives pour la jeunesse, le Conseil invite les États membres à faciliter la mobilité durable des jeunes, y compris ceux qui vivent dans des zones rurales, reculées, périphériques ou moins développées et dans les régions ultrapériphériques (13 mai 2024, doc. 9849/24).

(23)

Deux établissements d’enseignement supérieur des îles Canaries ont été sélectionnés pour faire partie des universités européennes en 2023. Trois organisations des îles Canaries participent au centre d’excellence professionnelle pour l’industrie du tourisme.

(24)

Décision (UE) 2023/936 du Parlement européen et du Conseil du 10 mai 2023.

(25)

Le pacte pour les compétences est une initiative phare de la stratégie européenne en matière de compétences pour 2020. Il promeut une action commune en vue de maximiser l’effet des investissements dans la reconversion et le perfectionnement professionnels. Certaines parties prenantes aux îles Canaries, aux Açores, à Madère et en Guadeloupe ont adhéré à ce pacte.

(26)

COM(2023) 32 final.

(27)

On entend par «piège de développement des talents» le fait, pour les régions, d’être confrontées à un fort déclin de la population en âge de travailler, à une faible proportion de diplômés de l’enseignement supérieur et universitaire ou à une mobilité négative de leurs habitants âgés de 15 à 39 ans. La Martinique et la Guadeloupe sont déjà prises dans ce piège; La Réunion, les Açores et Madère risquent d’y tomber.

(28)

Règlement (UE) 2021/695 du Parlement européen et du Conseil du 28 avril 2021.

(29)

C(2023) 2178 final.

(30)

À ce jour, les projets relevant d’Horizon Europe (2021-2027) impliquant les régions ultrapériphériques s’élèvent déjà à plus de 84 millions d’EUR, contre quelque 89 millions d’EUR pour l’ensemble de la période Horizon 2020 (2014-2020).

(31)

Parmi les projets associant les régions ultrapériphériques figurent le projet INCORE de l’initiative de l’EIT relative aux établissements d’enseignement supérieur (EES), le projet InnoFinRES financé par la communauté de la connaissance «Climat» de l’EIT et le projet Rethink Medical financé par la communauté de la connaissance «Santé» de l’EIT.

(32)

Stratégie de l’EIT pour les régions ultrapériphériques de l’UE.

(33)

Article 13 du règlement (UE) 2021/1058 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021.

(34)

Transformer les économies dans les régions ultrapériphériques de l’UE, convention de délégation de l’UE 2020CE160AT067.

(35)

Pour toutes les régions ultrapériphériques, 50 % pour les études, 70 % pour les travaux; pour les régions ultrapériphériques portugaises, jusqu’à 85 % au titre de l’enveloppe «cohésion».

(36)

COM(2021) 812 final.

(37)

Avec un financement du FEDER de 168 millions d’EUR.

(38)

Ce projet a été mis en œuvre par l’Institut français en partenariat avec l’Association des pays et territoires d’outre-mer (OCTA) et l’Agência de Promoção da Cultura Atlântica (APCA).

(39)

Accroître la résilience des territoires au changement climatique par l’incitation aux solutions d’adaptation fondées sur la nature.

(40)

Règlement (UE) 2024/1991 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2024. Celui-ci prévoit que les États membres concernés incluent dans leurs plans de restauration une section présentant les mesures adaptées à ces régions, le cas échéant.

(41)

COM(2020) 380 final.

(42)

Règlement (UE) 2023/2391 de la Commission du 4 octobre 2023.

(43)

Les rapports nationaux sont élaborés sur la base des lignes directrices communes pour l’évaluation de la flotte – C(2014) 545 final.

(44)

C(2023) 1598 final.

(45)

COM(2024) 223 final.

(46)

Projet «Faciliter la mise en œuvre de la planification de l’espace maritime dans l’UE» (2021-2024, 2 millions d’EUR).

(47)

Le Feader soutient les régions ultrapériphériques à hauteur de près de 1,3 milliard d’EUR (2023-2027): en France (906 millions d’EUR), en Espagne (102,5 millions d’EUR) et au Portugal (316 millions d’EUR).

(48)

Le budget du programme POSEI s’élève à près de 3,3 milliards d’EUR (2023-2027).

(49)

En mai 2024, la Commission a publié l’étude sur les régimes de l’UE en faveur de l’agriculture dans les régions ultrapériphériques (POSEI) et les îles mineures de la mer Égée, qui alimentera le rapport d’évaluation de la Commission.

(50)

Les programmes de développement rural sont cofinancés par le Feader et les budgets nationaux.

(51)

C(2022) 9120 final.

(52)

Règlement (UE) 2022/2472 de la Commission du 14 décembre 2022.

(53)

Directive 2003/87/CE du Parlement européen et du Conseil du 13 octobre 2003.

(54)

Règlement (UE) 2023/955 du Parlement européen et du Conseil du 10 mai 2023.

(55)

COM(2021) 82 final.

(56)

Recueil de bonnes pratiques et de solutions d’adaptation au changement climatique dans les régions ultrapériphériques de l’UE.

(57)

COM(2024) 91 final.

(58)

Agence européenne pour l’environnement, Évaluation européenne des risques climatiques, rapport nº 1/2024 de l’AEE.

(59)

COM(2022) 221 final.

(60)

Madère – Pico, Faial et São Jorge (Açores) – La Graciosa et La Palma (îles Canaries).

(61)

Les îles Canaries, les Açores, Madère et La Réunion.

(62)

De nouveaux câbles sous-marins entre les îles d’El Hierro et de Tenerife (13 millions d’EUR) et entre la Grande Canarie, Lanzarote et Fuerteventura (23 millions d’EUR) aux îles Canaries, ainsi que deux projets de câbles impliquant les régions ultrapériphériques françaises des Caraïbes – CELIA (17 millions d’EUR) et Caribbean Connect (3,6 millions d’EUR).

(63)

COM(2024) 81 final; C(2024) 1181 final.

(64)

Règlement (UE) 2023/588 du Parlement européen et du Conseil du 15 mars 2023.

(65)

JOIN (2023) 9, stratégie spatiale de l’Union européenne pour la sécurité et la défense du 10 mars 2023.

(66)

Par exemple, le pôle CIDIHUB sur la numérisation des entreprises aux îles Canaries, le pôle européen d’innovation numérique dans le domaine de la cybersécurité à La Réunion, financé par le programme pour une Europe numérique, et le pôle AzDIH aux Açores.

(67)

Budget de 598 886 EUR, cofinancé par la FRR à hauteur de 74 %.

(68)

Commission européenne, direction générale des réseaux de communication, du contenu et des technologies, Décennie numérique 2030 – Rapport 2023 sur l’état d’avancement de la décennie numérique, Office des publications de l’Union européenne, 2023.

(69)

JOIN(2023) 17 final du 7.6.2023.

(70)

Déclaration du sommet UE-CELAC 2023, Bruxelles, 18 juillet 2023.

(71)

Accord de Samoa (JO L 2023/2862 du 28.12.2023).

(72)

Macaronésie, canal du Mozambique, Caraïbes, océan Indien et Amazonie.

(73)

Un pays ou territoire couvert par une zone géographique relevant de l’IVCDCI, et qui bénéficie d’une aide des instruments de financement extérieur de l’Union [article 2 du règlement (UE) 2021/1059 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021].

(74)

Açores, Madère, îles Canaries, Cap-Vert, Sénégal, Mauritanie, Ghana, Gambie, Côte d’Ivoire, São Tomé e Príncipe.

(75)

UE-Inde en 2023 et 2024; évaluation ex post de l’APE UE-CDAA en 2023 et 2024, et relations commerciales avec l’Amérique latine en 2024.

(76)

Outil de conseil pour les régions ultrapériphériques de l’UE sur Inforegio.

(77)

Indicateurs de gouvernance dans le neuvième rapport sur la cohésion.

(78)

Règlement (UE) 2023/2831 de la Commission du 13 décembre 2023.

(79)

Règlement (UE) 2023/2832 de la Commission du 13 décembre 2023.

(80)

Règlement (UE) 2024/795 du Parlement européen et du Conseil du 29 février 2024.

(81)

Par «piège de développement régional», on entend «l’état d’une région en incapacité de conserver son dynamisme économique sur le plan des revenus, de la productivité et de l’emploi, tout en étant également moins performante que ses pairs nationaux et européens sur ces mêmes dimensions» (Diemer et al., 2022: 489, notre traduction). Les îles Canaries sont prises dans un piège de développement régional, tandis que la Guyane française risque d’y tomber.

(82)

Dans ses conclusions de 2024 sur le neuvième rapport sur la cohésion, le Conseil a rappelé la situation économique et sociale structurelle des régions ultrapériphériques, reconnue à l’article 349 du TFUE, et le rôle que la politique de cohésion doit jouer pour soutenir leur développement et leur intégration régionale [conclusions du Conseil (18 juin 2024) 11347/24].