Avis du Comité économique et social européen — Une intelligence artificielle au service des travailleurs: leviers pour exploiter le potentiel et atténuer les risques de l’IA dans le cadre des politiques de l’emploi et du marché du travail (avis d’initiative)
| CELEX | 52024IE1024 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 22 janvier 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2025/1185 | 21.3.2025 |
Avis du Comité économique et social européen
Une intelligence artificielle au service des travailleurs: leviers pour exploiter le potentiel et atténuer les risques de l’IA dans le cadre des politiques de l’emploi et du marché du travail
(avis d’initiative)
(C/2025/1185)
Rapporteure:
Franca SALIS-MADINIER| Conseillers | Odile CHAGNY (pour la rapporteure) Isaline OSSIEUR (pour le groupe I) Etzerodt CLEMENS ØRNSTRUP (pour le groupe I) Aïda PONCE DEL CASTILLO (pour le groupe II) Anthony BOCHON (pour le groupe III) |
| Décision de l’assemblée plénière | 15.2.2024 |
| Base juridique | Article 52, paragraphe 2, du règlement intérieur |
| Compétence | Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté» |
| Adoption en section | 17.12.2024 |
| Adoption en session plénière | 22.1.2025 |
| Session plénière no | 593 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 142/103/14 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le CESE soutient la déclaration commune des partenaires sociaux publiée lors du dernier sommet du G7 en Italie (1), selon laquelle «l’évolution rapide des systèmes d’intelligence artificielle (IA), y compris l’IA générative, est sans aucun doute l’une des tendances les plus marquantes qui touchent le monde du travail et, plus largement, nos sociétés. L’avenir nous dira si cette transformation se produira pour le meilleur ou pour le pire. Le tour qu’elle prendra dépendra des décisions des responsables politiques s’agissant d’adopter des mesures ambitieuses et efficaces ainsi que des cadres réglementaires qui favorisent le progrès social, l’inclusivité, l’égalité, la prospérité économique, la durabilité des entreprises, la continuité de leurs opérations et leur résilience, la création d’emplois décents, le respect des institutions démocratiques et des droits des travailleurs [...]. Le dialogue social joue un rôle déterminant à cet égard». |
| 1.2. | Le dialogue social et la participation des travailleurs jouent un rôle essentiel pour préserver les droits fondamentaux des travailleurs et pour favoriser une IA «digne de confiance» dans le monde du travail. L’un des leviers pour réduire au minimum les risques et les incidences néfastes des systèmes d’IA réside dans une participation accrue des travailleurs et de leurs représentants. |
| 1.3. | Le CESE insiste sur le fait que toute initiative, qu’elle soit législative ou qu’elle vise à modifier le droit en vigueur, devrait s’attaquer aux lacunes en matière de protection des droits des travailleurs au travail et faire prévaloir le principe selon lequel les êtres humains restent aux commandes dans toutes leurs interactions avec la machine. |
| 1.4. | Il convient de joindre des lignes directrices explicites aux dispositions juridiques en vigueur de l’Union touchant à l’utilisation de l’IA sur le lieu de travail. |
| 1.5. | Le CESE est favorable à ce que l’on mette en œuvre rapidement l’article 4 du règlement sur l’IA (2), qui prévoit que les fournisseurs et les déployeurs de systèmes d’IA prennent des mesures pour garantir un niveau suffisant de maîtrise de l’IA pour leur personnel. |
| 1.6. | Les pouvoirs publics doivent mettre en place des initiatives visant à développer les compétences des travailleurs de telle façon que les systèmes d’intelligence artificielle améliorent les performances des êtres humains plutôt que de les remplacer. |
| 1.7. | Le CESE recommande vivement que les politiques publiques de l’Union et de ses États membres développent des modules d’IA dans le cadre de l’éducation et de la formation et mettent du matériel de sensibilisation sur l’IA à la disposition des citoyens. Il convient de dispenser l’éducation formelle aux technologies de l’IA à un stade précoce pour permettre à tous les citoyens de se familiariser avec elles. |
| 1.8. | Afin d’éviter l’éparpillement des initiatives actuelles des États membres et de garantir des conditions de concurrence équitables sur le marché unique, le CESE lance un appel pressant à mettre en place, au moyen d’un instrument juridique ad hoc de l’Union, un dialogue social effectif sur le déploiement des systèmes d’IA. Cet instrument doit prévoir des dispositions visant à faire valoir plus efficacement les impératifs suivants:
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| 1.9. | Le CESE demande au Bureau européen de l’intelligence artificielle de nouer une étroite coopération avec les partenaires sociaux européens interprofessionnels, afin de s’assurer que les lignes directrices qu’il édictera tiennent compte de manière adéquate du rôle que joue le dialogue social et d’apporter des clarifications pour tous les systèmes d’IA. Le Bureau de l’IA et les DG EMPL et Connect de la Commission européenne devraient établir entre eux des canaux de coordination approfondis, solides et clairement structurés. |
2. Observations générales
| 2.1. | Le présent avis d’initiative vise à formuler des recommandations et des propositions claires à l’intention des décideurs politiques de l’échelon tant européen que national en vue de créer un environnement propice au déploiement dans de bonnes conditions des systèmes et outils d’IA dans le monde du travail. Pour tenir compte de la demande de la future présidence polonaise du Conseil, il comprend un chapitre qui s’attachera spécifiquement à examiner les leviers pour exploiter le potentiel de l’IA et en atténuer les risques dans le cadre des politiques de l’emploi et du marché du travail. Il s’appuie sur les contributions recueillies dans le cadre de deux ateliers organisés au CESE selon la méthodologie de prospective du Centre commun de recherche, et auxquels ont participé des experts européens et internationaux. |
| 2.2. | L’IA est considérée comme une technologie «d’usage général» (8) permettant de faire fonctionner des applications numériques transformatrices qui sont fortement susceptibles de produire des incidences sociales et économiques (9). L’IA, les mégadonnées et le calcul à haute performance entretiennent des liens étroits. L’IA générative comprend des systèmes tels que de grands modèles de langage sophistiqués qui peuvent créer de nouveaux contenus, que ce soit du texte ou des images, grâce à leurs capacités d’apprentissage à partir de données d’entraînement abondantes. Le présent avis adopte une approche large pour examiner à la fois les systèmes de gestion algorithmique et l’utilisation plus générale des technologies numériques sur le lieu de travail, telles que les outils de surveillance et les plateformes numériques de gestion des ressources humaines qui ont des incidences significatives sur les travailleurs. |
| 2.3. | Si les estimations relatives au degré d’adoption des outils d’IA par les entreprises européennes mettent en évidence une accélération de ce phénomène depuis l’apparition des outils d’IA générative, des disparités importantes apparaissent à cet égard entre les grandes entreprises et les PME (10). Bien que l’on manque de données et de connaissances cohérentes sur la manière précise dont l’IA se développera, on peut raisonnablement escompter qu’elle touchera le monde du travail de multiples manières et qu’elle pourrait prendre une place éminente dans l’emploi de nombreuses personnes (11). |
| 2.4. | Les scénarios étudiés lors de nos ateliers sur l’avenir de l’IA au sein du monde du travail (12) ont montré qu’il est encore temps d’influer sur le développement de l’IA au travail de sorte à s’assurer qu’elle est mise en œuvre dans l’intérêt de tous. Un scénario défini comme le «scénario idéal» a montré qu’adapter le droit de l’Union et renforcer le dialogue social à l’échelon le plus approprié peut jouer un rôle important lorsqu’il s’agit d’élaborer des utilisations fiables de l’IA au travail et d’encourager ce faisant les entreprises européennes à investir dans la recherche, le développement et l’innovation. |
| 2.5. | L’incidence de l’IA sur le monde du travail est abordée indirectement par la législation de l’Union européenne touchant aux questions sociales (13). Les institutions européennes ont par ailleurs investi d’importantes ressources pour concevoir dans le domaine numérique une stratégie commune et un marché unique. |
| 2.6. | Dans le droit fil de la proposition de la présidente de la Commission européenne d’inclure des initiatives pour étudier la manière dont la numérisation influe sur le monde du travail, que ce soit en matière de gestion par l’IA ou encore de télétravail, et à la suite de la récente déclaration des partenaires sociaux lors du sommet du G7, le CESE affirme que toute initiative législative devrait s’attaquer aux lacunes qui existent dans la protection des droits des travailleurs prévue par la législation en vigueur pertinente pour l’IA, et faire en sorte que le principe du «contrôle par l’humain» soit appliqué dans les faits. |
| 2.7. | Le CESE demande à la Commission européenne de veiller à joindre des lignes directrices explicites aux dispositions juridiques en vigueur touchant à l’utilisation de l’IA sur le lieu de travail. |
| 2.8. | Les partenaires sociaux et les citoyens ont un rôle essentiel à jouer pour protéger les droits fondamentaux des travailleurs et favoriser une IA «digne de confiance» au sein du monde du travail et de la société dans son ensemble (14). |
3. Définition des systèmes d’IA dans le cadre du présent avis
3.1. Aux fins du présent avis, le CESE recommande d’employer la définition posée par le règlement sur l’IA (15)
| 3.2. | Selon l’article 3, point 1), du règlement sur l’IA, on entend par «“système d’IA” un système automatisé qui est conçu pour fonctionner à différents niveaux d’autonomie et peut faire preuve d’une capacité d’adaptation après son déploiement, et qui, pour des objectifs explicites ou implicites, déduit, à partir des entrées qu’il reçoit, la manière de générer des sorties telles que des prédictions, du contenu, des recommandations ou des décisions qui peuvent influencer les environnements physiques ou virtuels». |
| 3.3. | Cette définition est suffisamment ample pour englober les trois caractéristiques essentielles des systèmes d’IA, à savoir que ces derniers:
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| 3.4. | En outre, le CESE met en relief les trois principales caractéristiques propres aux systèmes d’IA utilisés sur le lieu de travail qui distinguent ceux-ci des technologies numériques antérieures:
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4. L’incidence de l’IA sur le marché du travail et les conditions de travail
4.1. Incidence sur l’emploi
| 4.1.1. | En raison des mutations rapides de l’IA, de l’incertitude qui entoure son intégration dans les processus de production, et de ses effets sur les organisations et les travailleurs, il n’est pas possible de déterminer à l’avance quelles seront ses conséquences sur l’emploi et les travailleurs. L’objectif poursuivi grâce à l’adoption de l’IA, qu’il s’agisse d’optimiser les processus, de réduire les coûts, de gagner en efficacité ou encore de favoriser l’innovation, détermine également dans quelle mesure celle-ci crée, transforme, soutient ou détruit des emplois. |
| 4.1.2. | L’IA peut s’avérer précieuse pour: 1) faire correspondre les profils d’emploi avec des candidats potentiels et améliorer ce faisant l’efficacité des politiques de l’emploi, 2) recruter les candidats idoines, 3) accélérer les démarches d’intégration, 4) gérer les performances, 5) concevoir des méthodes efficaces de formation personnalisée et identifier les lacunes en matière de compétences numériques, 6) collecter et analyser les mégadonnées, 7) rédiger des procès-verbaux, 8) rédiger des descriptions de poste et 9) gérer la rétention et les mouvements de personnel et prévoir les besoins futurs d’embauche (21). |
| 4.1.3. | Il est probable que la principale avancée que puisse produire l’IA sur le plan économique résultera d’une productivité accrue (22), car elle permet notamment d’automatiser des tâches routinières et fastidieuses (23), de compléter les capacités des travailleurs et de libérer leur attention pour qu’ils se concentrent sur des travaux plus stimulants qui procurent une valeur ajoutée supérieure (24). Les évolutions technologiques récentes permettent aux systèmes d’IA de remplacer ou de compléter les humains dans les fonctions qu’ils occupent dans un éventail de domaines bien plus large que les technologies précédentes, y compris pour les tâches non routinières et cognitives (25), notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation. |
| 4.1.4. | Des études récentes mettent en évidence les possibilités de «compléter» l’humain (26) qu’offrent les technologies d’IA générative. L’Organisation internationale du travail (OIT) estime (27) que dans les pays à revenu élevé, le potentiel de transformation est plus du double de celui de l’automatisation (respectivement 13,4 % et 5,1 %). Les constats empiriques ne permettent toutefois pas de tirer des conclusions définitives pour ce qui est des effets sur l’emploi et la productivité (28). L’ampleur réelle des gains de productivité est incertaine (29) et pourrait s’avérer exagérée (30). Si on prend l’IA générative, l’incertitude règne pour une proportion élevée de métiers (31) (11,6 % dans les pays à haut revenu (32)) sur les possibilités réelles de les automatiser et de les compléter. L’IA générative peut offrir aux personnes handicapées de meilleures possibilités d’accéder à un emploi (33), mais elle pourrait également automatiser les emplois qu’elles occupent. |
4.2. L’IA et son incidence significative sur les besoins en compétences (34)
| 4.2.1. | D’un côté, l’IA reproduira certaines des compétences manuelles et des capacités psychomotrices fines, ainsi que des compétences cognitives telles que la compréhension, la planification et le conseil. D’un autre côté, les compétences nécessaires pour développer et entretenir des systèmes d’IA, ainsi que celles requises pour adopter des applications d’IA, les utiliser et interagir avec elles, gagneront en importance. La demande de compétences numériques de base et de celles touchant aux sciences des données (35) augmentera. Il sera nécessaire de disposer de compétences cognitives et transférables qui complètent au mieux l’IA, notamment la résolution créative de problèmes et l’originalité, et d’autres compétences transférables telles que les compétences sociales et de gestion (36). Les compétences et les connaissances des cadres et des dirigeants d’entreprise importeront également dans le contexte de l’adoption de l’IA (37). Il existe des données qui prouvent qu’un manque de compétences adéquates liées à l’IA constitue un obstacle à son utilisation au travail (38). Il est aussi possible d’utiliser l’IA pour améliorer les systèmes d’éducation et de formation des adultes. |
4.3. Conditions de travail
| 4.3.1. | Les conditions de travail constituent le domaine pour lequel les incidences des systèmes d’IA présentent le plus d’ambiguïté (39). Ces systèmes sont en effet susceptibles de transformer profondément les activités menées et le contrôle exercé au niveau d’une organisation et de sa direction (40), ainsi que de repenser de manière radicale les processus organisationnels (41). |
| 4.3.2. | S’ils sont utilisés de manière judicieuse, les outils fondés sur l’IA pourraient améliorer les conditions de santé et de sécurité au travail, en aidant à alléger la charge de travail des travailleurs (42) ainsi qu’à améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée (43) et la santé mentale au travail (44). Les outils d’IA pourraient aider à supprimer ou à réduire les tâches dangereuses et à éviter les troubles musculo-squelettiques. S’il est redistribué de manière équitable, le temps que les travailleurs économisent sur l’exécution de leurs tâches peut contribuer à améliorer leur bien-être. Lorsque les outils d’IA sont utilisés pour remplacer l’être humain dans des tâches répétitives et fastidieuses, ils peuvent accroître la satisfaction au travail (45). Recourir à des applications d’IA peut déboucher sur des décisions et des pratiques de meilleure qualité, plus équitables et non discriminatoires (46). |
| 4.3.3. | Les applications d’IA peuvent garantir une diffusion plus complète d’informations de meilleure qualité, fournir une compréhension profonde des données et améliorer la qualité de décisions bien définies. |
| 4.3.4. | En revanche, certains risques sont susceptibles de se présenter si les conditions d’un déploiement en toute confiance des systèmes d’IA au travail ne sont pas remplies (47). |
| 4.3.5. | Les systèmes de gestion algorithmique autorisent des formes de contrôle permanent bien plus puissantes que toutes celles qui ont pu les précéder, qui peuvent avoir des effets néfastes sur les travailleurs (48). Les données recueillies jusqu’à présent (49) montrent les effets négatifs que peut avoir la gestion algorithmique sur la santé et la sécurité des travailleurs, et dans le même temps le peu d’intérêt que portent les entreprises à l’emploi de telles technologies afin d’améliorer les conditions qui prévalent dans ces domaines sur le lieu de travail. |
| 4.3.6. | Les travailleurs peuvent se trouver confrontés à la surveillance abusive, à la discrimination, à la perte d’autonomie et aux risques psychosociaux (50). Les outils d’IA peuvent perturber les collectifs de travail et exacerber le sentiment d’isolement parmi les employés. |
| 4.3.7. | Les systèmes d’IA peuvent aggraver les asymétries d’information entre la direction et les travailleurs (51). |
4.4. Lutte contre les inégalités
| 4.4.1. | De récentes études portant sur l’IA générative montrent que ces systèmes recèlent des possibilités de réduire les inégalités, mais aussi de les perpétuer, voire de créer de nouveaux risques à cet égard. |
| 4.4.1.1. | Une réduction des inégalités entre les travailleurs hautement qualifiés et ceux qui le sont moins est un scénario envisageable. La plupart des études s’accordent pour affirmer que l’adoption de l’IA générative fera peser de plus gros risques en matière d’emploi sur les métiers les plus qualifiés occupés par les «cols blancs» (52). Si l’IA générative est déployée en vue d’accroître l’innovation dans les entreprises, d’améliorer l’organisation du travail et de favoriser des emplois de qualité, les principaux bénéficiaires de tels outils seront les travailleurs moins qualifiés et moins expérimentés, grâce à des modèles d’IA qui feront connaître aux nouvelles recrues les bonnes pratiques des travailleurs expérimentés (53). |
| 4.4.1.2. | Les femmes, les travailleurs peu qualifiés et les travailleurs âgés constituent les groupes vulnérables les plus touchés par l’IA (54). Comme les emplois de bureau sont les plus exposés aux risques d’automatisation, cette dernière n’affectera pas de la même façon l’emploi des hommes et celui des femmes. De fait, les femmes sont proportionnellement plus de deux fois plus susceptibles que les hommes d’être touchées par ce phénomène (55), et elles sont également plus souvent concernées par les possibilités de transformation de leur emploi. |
| 4.4.1.3. | La faible proportion de femmes que l’on constate dans certains pays parmi les diplômés dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM) ou des sciences informatiques et des technologies de l’information pose dans le contexte de l’essor de l’IA d’importants problèmes d’inégalités entre les hommes et les femmes sur le plan de l’emploi et des salaires (56). Il s’impose de mieux aborder à tous les niveaux la question de l’égalité entre les femmes et les hommes. Pour anticiper ces évolutions, il est essentiel de mener un dialogue social et de meilleures politiques. |
4.4.2. De nouvelles inégalités mondiales
| 4.4.2.1. | Le développement de l’IA s’appuie sur des travailleurs invisibles, qui résident pour la plupart dans des pays à faibles revenus et accomplissent leurs tâches dans de mauvaises conditions (57). |
4.5. Le dialogue social et la participation des travailleurs sont déterminants pour exploiter le potentiel de l’IA.
| 4.5.1. | Du fait des caractéristiques propres aux systèmes d’IA et de leur incidence sur les questions organisationnelles, l’acceptation de l’IA, sa fiabilité et la confiance dans son développement et son adoption sont essentielles pour en promouvoir les effets positifs (58). |
| 4.5.2. | Il est démontré que consulter les représentants des travailleurs permet d’améliorer les performances et les conditions de travail (59). Lorsque ceux-ci recourent au système de «voix collective» qu’est la codécision, ils contribuent ainsi à protéger la vie privée des travailleurs, leur autonomie et leur libre arbitre contre les technologies de gestion de la main-d’œuvre (60). |
| 4.5.3. | Afin d’assurer un dialogue social efficace dans toutes les entités où l’IA est déployée, le CESE demande que des lignes directrices explicites soient jointes aux textes pertinents, qu’ils soient juridiques ou non. |
| 4.5.4. | La population et les parties prenantes devraient déterminer les utilisations et la finalité de l’IA dans nos sociétés et au travail. Il convient d’associer les partenaires sociaux et les citoyens aux débats publics, aux mesures destinées à favoriser la maîtrise de l’IA, ainsi qu’à la formation. |
4.6. La préparation à l’IA, un élément essentiel (61)
| 4.6.1. | Pour tirer parti du déploiement de l’IA au travail, le CESE invite la Commission européenne à encourager: |
| 4.6.1.1. | le réexamen des politiques en matière de compétences par les décideurs politiques de tous les échelons, afin de garantir que les systèmes d’IA émergents compléteront les travailleurs plutôt que de les remplacer; |
| 4.6.1.2. | l’adoption de politiques publiques visant à développer des modules d’IA dès les premières années de l’éducation et dans le cadre de la formation, ainsi qu’à mettre du matériel de sensibilisation sur l’IA à la disposition des citoyens. Ces politiques devraient fournir une éducation formelle en matière de technologies de l’IA à un stade précoce et permettre ainsi à tous les citoyens de se familiariser avec elles; |
| 4.6.1.3. | la mise en œuvre rapide de l’article 4 du règlement sur l’IA, en vertu duquel les fournisseurs et les déployeurs de systèmes d’IA doivent prendre des mesures pour garantir un niveau suffisant de maîtrise de l’IA pour leur personnel. |
5. Application et adaptation de la législation en vigueur de l’Union européenne
5.1. Le RGPD (62) n’est pas conçu spécifiquement pour traiter des questions de protection des données sur le lieu de travail.
| 5.1.1. | Les bases juridiques du RGPD, qui constitue une réglementation autonome, ne suffisent pas à atténuer le risque que des systèmes d’IA ne s’avèrent préjudiciables sur le lieu de travail, car elles méconnaissent la nature spécifique de ces systèmes lorsqu’il s’agit de traiter des données à caractère personnel dans le contexte de l’emploi et du lieu de travail. |
| 5.1.2. | Il existe un consensus pour affirmer que ni le consentement de l’employé ni l’intérêt légitime ne constituent une base valable du traitement des données dans le cadre de la dynamique d’asymétrie du pouvoir à l’œuvre sur le lieu de travail (63). Il ressort d’une enquête menée récemment auprès de 6 300 travailleurs des pays nordiques que les abus interviennent dans tous les secteurs couverts par l’étude (64) lorsque se présentent de telles situations d’asymétrie du pouvoir. |
| 5.1.3. | L’article 15, paragraphe 1, point h), du RGPD relatif aux exigences de transparence n’a qu’un champ d’application limité, car il exclut la prise de décision semi-automatisée. |
| 5.1.4. | Les travailleurs peuvent être davantage affectés par le traitement de données collectées auprès d’autres travailleurs que par celles qui le sont à leur sujet (65). Les syndicats ou les représentants des travailleurs n’ont que des droits limités en matière de contrôle de la collecte et du traitement des données. Le présupposé selon lequel les atteintes à la vie privée présentent toujours un caractère individuel constitue une faiblesse significative dans le contexte des systèmes de gestion algorithmique. En outre, les dispositions touchant aux analyses d’impact relatives à la protection des données sont insuffisantes. |
| 5.1.5. | L’article 88 du RGPD prévoit que le traitement des données à caractère personnel dans le cadre des relations de travail doit être régi par des «règles plus spécifiques», que les États membres se doivent d’établir par la loi ou par des conventions collectives (66). Depuis l’entrée en vigueur du RGPD, cette disposition n’a été qu’imparfaitement appliquée et elle est restée lettre morte dans presque tous les États membres (67). |
| 5.1.6. | Afin de donner plus de pouvoir aux travailleurs concernant leurs données, le CESE demande à la Commission européenne d’adopter des mesures visant à garantir une application effective de l’article 88 du RGPD. |
5.2. Le règlement sur l’intelligence artificielle
| 5.2.1. | Le règlement sur l’IA se donne pour objectif premier de stimuler l’adoption et la diffusion de l’IA au sein de l’Union européenne en avançant un cadre juridique uniforme pour une «IA digne de confiance», en s’appuyant sur le raisonnement selon lequel tenir compte des risques associés à l’utilisation de l’IA permettra d’en accroître l’adoption. Ce règlement, qui revêt un caractère transversal, fait valoir un certain nombre d’objectifs impérieux, tels qu’un niveau élevé de protection de la santé, de la sécurité et des droits fondamentaux. Sa base juridique s’ancre avant tout dans les dispositions du TFUE relatives au marché unique. Le règlement sur l’IA n’est pas conçu spécifiquement pour traiter des problèmes qui se posent sur le lieu de travail (68). |
| 5.2.2. | Le règlement sur l’IA impose des limitations à l’utilisation de l’IA sur le lieu de travail en posant l’interdiction de certains systèmes et des exigences strictes pour la fourniture ou le déploiement de systèmes d’IA, en particulier ceux qui sont classés comme étant à haut risque au titre de leur application dans les domaines de l’emploi, de la gestion des travailleurs et de l’accès au travail indépendant. À cet égard, il constitue une avancée importante dans la bonne direction. |
| 5.2.3. | Le CESE relève que le règlement sur l’IA présente plusieurs lacunes, notamment en matière de respect des droits fondamentaux sur le lieu de travail. |
| 5.2.3.1. | Le règlement sur l’IA concède qu’il ne suffit pas de définir ex ante le risque pour se protéger contre les atteintes que peuvent causer les systèmes d’IA et qu’il est impossible de déterminer ce risque au préalable, car il dépend également du contexte du déploiement (69). Les systèmes de gestion des risques associés aux systèmes d’IA à haut risque doivent se dérouler sur l’ensemble du cycle de vie du système (article 9). Toutefois, le règlement sur l’IA reconnaît explicitement la possibilité qu’un système d’IA, même s’il est conforme au sens de ce règlement, comporte néanmoins un risque pour la santé ou la sécurité des personnes ou pour les droits fondamentaux (article 82) (70). |
| 5.2.3.2. | Pour ce qui est des systèmes à haut risque, l’obligation de réaliser une analyse d’impact sur les droits fondamentaux ne s’applique qu’aux organismes de droit public, qu’aux entités privées fournissant des services publics, ainsi qu’aux entités bancaires ou d’assurance (article 27). |
| 5.2.3.3. | Les représentants des travailleurs n’ont que le droit d’être informés, et non celui d’être consultés (article 26, paragraphe 7). Les bacs à sable réglementaires (article 57) et les essais en conditions réelles des systèmes à haut risque (article 60) sont autorisés uniquement avant la mise en service du système. |
| 5.2.3.4. | Le CESE estime que l’expérimentation est déterminante pour permettre aux organisations de mettre en évidence les risques, de tester les conséquences imprévues et d’affiner les algorithmes dans un environnement contrôlé avant de les déployer à grande échelle. Le règlement sur l’IA devrait pouvoir s’appuyer sur des lignes directrices explicites afin d’apporter une clarté juridique et de garantir qu’il sera appliqué et exécuté sans ambiguïté. |
| 5.2.4. | Afin de remédier à ces problèmes, le CESE demande au Bureau européen de l’intelligence artificielle («Bureau de l’IA») de nouer une étroite coopération avec les partenaires sociaux européens interprofessionnels lorsque celui-ci concevra ses premières lignes directrices, afin de s’assurer de la clarté de ces documents et d’apporter un surcroît d’explication quant aux systèmes d’IA qui déduisent les émotions des personnes physiques. Le Bureau de l’IA et les DG EMPL et Connect de la Commission européenne devraient établir entre eux des canaux de coordination approfondis, solides et clairement structurés. |
| 5.2.5. | Le CESE estime que pour les systèmes à haut risque, il appartient aux fournisseurs de réaliser une analyse d’impact ex ante sur les droits fondamentaux, c’est-à-dire avant leur déploiement dans toutes les entités. |
| 5.2.6. | Le CESE demande d’incorporer des lignes directrices claires sur les modalités du recours aux bacs à sable réglementaires et aux essais en conditions réelles. |
5.3. La directive relative à l’information et à la consultation des travailleurs, la directive concernant la sécurité et la santé des travailleurs au travail et l’accord-cadre autonome des partenaires sociaux européens sur la numérisation
| 5.3.1. | La directive 2002/14/CE (71) garantit des droits collectifs en matière d’information et de consultation pour les représentants des travailleurs et elle couvre toute mesure d’anticipation qui constitue une menace sur l’emploi, ainsi que toute décision entraînant des «modifications importantes» dans l’organisation du travail (article 4). En vertu de la directive 89/391/CE (72), il incombe aux employeurs de garantir la sécurité et la santé des travailleurs dans tous les aspects liés au travail, de leur fournir des informations et des formations et de consulter leurs représentants en matière de santé et de sécurité. Toutefois, la manière opaque dont sont introduits les outils d’IA, leur caractère évolutif et les difficultés inhérentes à la définition des «modifications importantes» exigent de consolider ces directives au moyen de lignes directrices explicites. |
| 5.3.2. | La dimension de la nature itérative et dynamique des systèmes d’IA trouve son pendant dans le processus itératif de dialogue prévu par l’accord-cadre des partenaires sociaux européens sur la numérisation (73). |
| 5.3.3. | Toutefois, cet accord ne traite que de manière marginale des questions liées à l’IA. Dans le cadre de sa mise en œuvre, les partenaires sociaux nationaux ont certes pris des mesures spécifiquement liées à l’IA, mais celles-ci ne revêtent qu’une portée relativement limitée, puisque la plupart d’entre elles ne portent que sur des questions liées au télétravail et au droit à la déconnexion. |
| 5.3.4. | Le CESE demande à la Commission européenne d’aborder clairement le contexte de l’IA dans un instrument ad hoc, de sorte à tenir compte de la dimension dynamique du dialogue social et des évaluations que prévoit l’accord autonome en matière de risques pour la santé et la sécurité des systèmes d’IA. |
5.4. La directive sur le travail via une plateforme (74)
| 5.4.1. | La directive sur le travail via une plateforme prévoit certaines dispositions propres à réglementer efficacement les systèmes automatisés de surveillance et de prise de décision. En particulier, son chapitre III (75):
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| 5.4.2. | Les dispositions du chapitre III de la directive sur le travail via une plateforme s’appliquent uniquement aux personnes qui accomplissent un tel travail. Or, les pratiques de gestion algorithmique sur des lieux de travail traditionnels sont d’ores et déjà une réalité (76), par exemple pour composer et optimiser les équipes de travail, pour passer au crible et évaluer des candidats à un emploi, pour évaluer des performances en matière d’emploi et pour résoudre des problèmes de ressources humaines. Le CESE invite la Commission européenne à élargir le champ d’application des dispositions du chapitre III de la directive sur le travail via une plateforme, de sorte qu’il couvre tous les travailleurs. |
Bruxelles, le 22 janvier 2025.
Le président
du Comité économique et social européen
Oliver RÖPKE
(1) Shaping the advancement of Artificial Intelligence through social dialogue («Donner forme aux progrès de l’intelligence artificielle grâce au dialogue social»).
(2) JO L, 2024/1689, 12.7.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/1689/oj.
(3) JO L 119 du 4.5.2016, p. 1.
(4) JO L, 2024/2831, 11.11.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2024/2831/oj.
(5) JO L 80 du 23.3.2002, p. 29.
(6) JO L 183 du 29.6.1989, p. 1.
(7) Accord-cadre sur la numérisation | centre des ressources de la CES (en anglais).
(8) Forum économique mondial, Markets of Tomorrow: Pathways to a New Economy («Les marchés de demain: des trajectoires vers une nouvelle économie»), 2020.
(9) McKinsey, Shaping the digital transformation in Europe («Donner forme à la transformation numérique en Europe»), 2020.
(10) Voir ce lien (europa.eu).
(11) Étude du Comité de l’avenir de la science et de la technologie (prospective scientifique) sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la gestion du lieu de travail (en anglais), 2022.
(13) Voir l’annexe I (en anglais).
(15) JO L, 2024/1689, 12.7.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/1689/oj.
(16) Kellogg, K. C., Valentine, M. A., Christin, A., Algorithms at Work: The New Contested Terrain of Control («Les algorithmes au travail: le nouveau terrain disputé du contrôle»), 2020.
(17) C’est le cas de l’ensemble des outils d’IA fondés sur l’apprentissage automatique adaptatif. Voir la définition mise à jour de l’OCDE (en anglais).
(18) OCDE, The impact of Artificial Intelligence on productivity, distribution and growth («Les effets de l’intelligence artificielle sur la productivité, la répartition et la croissance»), OECD Artificial Intelligence Papers, no 15, avril 2024.
(19) Kellogg, K. C. et al., 2020; Cazzaniga et al., Gen-AI: Artificial Intelligence and the Future of Work («Intelligence artificielle générative: l’intelligence artificielle et l’avenir du travail»), 2024.
(20) Babina, T. et al., Firm Investments in Artificial Intelligence Technologies and Changes in Workforce Composition («Les investissements des entreprises dans les technologies de l’intelligence artificielle et les changements dans la composition de la main-d’œuvre»), 2024.
(21) Parlement européen, direction générale des services de recherche parlementaire, AI and digital tools in workplace management and evaluation («L’IA et les outils numériques dans la gestion du lieu de travail et l’évaluation»), 2022; Tambe, P. et al., Artificial Intelligence in Human Resources Management: Challenges and a Path Forward («L’intelligence artificielle dans la gestion des ressources humaines: problèmes et voie à suivre»), California Management Review, 2019.
(22) PwC, Sizing the prize («Mesurer le prix»), 2017.
(23) Parlement européen, direction générale des services de recherche parlementaire, 2022; Hmoud, B., Laszlo, V. L., Will Artificial Intelligence Take Over Human Resources Recruitment and Selection? («L’intelligence artificielle se chargera-t-elle du recrutement et de la sélection des ressources humaines?»), Network Intelligence Studies, 2019.
(24) PwC, 2017.
(25) OCDE, 2024.
(26) Comunale, M., Manera, A, The Economic Impacts and the Regulation of AI: A Review of the Academic Literature and Policy Actions («Les incidences économiques et la réglementation de l’IA: une vue d’ensemble des travaux universitaires et des mesures politiques»), IMF Working Paper no 2024/65, Fonds monétaire international, 2024.
(27) Gmyrek, P., Berg, J., Bescond, D., Generative AI and jobs: A global analysis of potential effects on job quantity and quality («IA générative et emploi: une analyse d’ensemble des incidences possibles sur le nombre et la qualité des emplois»), document de travail 96 de l’OIT, 2023.
(28) Comunale, M., et al., 2024.
(29) Comunale, M., et al., 2024.
(30) Acemoglu, D., The Simple Macroeconomics of AI («Les aspects macroéconomiques évidents de l’IA»), Massachusetts Institute of Technology, 2024.
(31) Gmyrek, P. et al., 2023.
(32) Gmyrek, P. et al., 2023, p. 37.
(33) OCDE, Who will be the workers most affected by AI? («Qui seront les travailleurs les plus touchés par l’IA?»), OECD AI Working Paper no 26, 2024.
(34) OCDE, Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2023 , Éditions OCDE, Paris, 2023.
(35) Rapport du comité de l’intelligence artificielle générative, 2024.
(36) Alekseeva, L. et al., The demand for AI skills in the labor market («La demande de compétences en matière d’IA sur le marché du travail»), Labour Economics, vol. 71, 2021.
(37) OCDE, Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2023, Éditions OCDE , Paris, 2023.
(38) Lane, M. et al., The impact of AI on the workplace: Main findings from the OECD AI surveys of employers and workers («Les incidences de l’IA sur le lieu de travail: principales conclusions des enquêtes de l’OCDE sur l’IA auprès des employeurs et des travailleurs»), OCDE, 2023.
(39) Böhmer, N., Schinnenburg, H., Critical exploration of AI-driven HRM to build up organizational capabilities («Une étude critique de la gestion des ressources humaines guidée par l’IA pour renforcer les capacités organisationnelles»), Employee Relations, vol. 45 no 5, pp. 1057-1082, 2023.
(40) Kellogg, K. C. et al., 2020; Adams-Prassl, J, Abraha, H. H. et al., Regulating algorithmic management: A blueprint («Un schéma directeur pour réglementer la gestion des algorithmes»), European Labour Law Journal, 2023, vol. 14(2), pp. 124-151.
(41) Nurski, L., AI at Work, why there’s more to it than task automation («L’IA au travail: pourquoi il ne s’agit pas seulement d’automatiser les tâches»), CEPS Explainer 2024-06, 2024.
(42) SRPE, 2022; CIPD et PA Consulting, People and machines: from hype to reality («Des hommes et des machines: de l’effet de mode à la réalité»), Chartered Institute of Personnel and Development, 2019.
(43) Parlement européen, Improving working conditions using artificial intelligence («Améliorer les conditions de travail à l’aide de l’intelligence artificielle»), 2021.
(44) Workplace Intelligence, AI at Work 2020 Study («Étude 2020 sur l’IA au travail»).
(45) OCDE, Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2023 , Éditions OCDE, Paris, 2023.
(46) Pessach, D., Singer, G., Avrahami, D. et al., Employees recruitment: A prescriptive analytics approach via machine learning and mathematical programming («Recruter des salariés: une approche d’analyse prescriptive au moyen de l’apprentissage automatique et de la programmation mathématique»), Decision Support Systems, vol. 134, juillet 2020.
(47) Mandinaud, V., Ponce del Castillo, A., AI systems, risks and working conditions («Systèmes d’IA, risques et conditions de travail»), in: Artificial intelligence, labour and society («Intelligence artificielle, travail et société»), ETUI, 2024.
(48) Kellogg, K. C. et al., 2020.
(49) Agence de l’UE pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA), Worker management through AI — From technology development to the impacts on workers and their safety and health, («Gérer les travailleurs grâce à l’IA — De l’évolution technologique aux incidences sur les travailleurs et leur sécurité et leur santé»), 2024.
(50) EU-OSHA, Le pouls de la SST: la sécurité et la santé professionnelles sur les lieux de travail après la pandémie , 2022.
(51) OCDE, 2023.
(52) Eloundou, T. et al., GPTs are GPTs: An Early Look at the Labor Market Impact Potential of Large Language Models («Les transformeurs génératifs pré-entraînés sont ce qu’ils sont: un premier regard sur les effets possibles des grands modèles de langage sur le marché du travail»), 2023.
(53) Comunale, M., et al., 2024; Brynjolfsson, E., Li D., Raymond, L. R., Generative AI at work («L’intelligence artificielle générative sur le lieu de travail»), National Bureau of Economic Research, NBER Working Paper 31161, 2023.
(54) OCDE, 2024.
(55) Enquête mondiale de l’OIT sur les microtravailleurs, 2017; Tubaro, P., Casilli, A. A., Coville, M., 2020. The trainer, the verifier, the imitator: Three ways in which human platform workers support artificial intelligence («Le formateur, le vérificateur, l’imitateur: les trois modalités du soutien des travailleurs humains des plateformes à l’intelligence artificielle»), Big Data & Society, vol. 7, no 1, 2020. The trainer, the verifier, the imitator: Three ways in which human platform workers support artificial intelligence («Le formateur, le vérificateur, l’imitateur: les trois modalités du soutien des travailleurs humains des plateformes à l’intelligence artificielle»), Big Data & Society, vol. 7, no 1, 2020.
(56) Rapport du comité de l’intelligence artificielle générative, 2024.
(57) À l’échelle mondiale, le développement de l’IA s’appuie sur des travailleurs invisibles, qui résident pour la plupart dans des pays à faibles revenus et qui subissent de mauvaises conditions de travail. Tubaro, P. et al., 2020.
(58) OCDE, 2024.
(59) Lane, M. et al., The impact of AI on the workplace: Main findings from the OECD AI surveys of employers and workers («Les incidences de l’IA sur le lieu de travail: principales conclusions des enquêtes de l’OCDE sur l’IA auprès des employeurs et des travailleurs»), OCDE, 2023.
(60) Fondation européenne d’études progressistes (FEPS), Algorithm by and for the workers («Des algorithmes par les travailleurs et pour les travailleurs»), 2024.
(61) Cazzaniga et al., 2024.
(62) JO L 119 du 4.5.2016, p. 1.
(63) SRPE, 2022.
(64) FEPS, 2024.
(65) Tisné, M., The Data Delusion: protecting individual data isn’t enough when the harm is collective («L’illusion des données: protéger les données individuelles ne suffit pas lorsque le préjudice est collectif»), Luminate, Stanford University’s Cyber Policy Center.
(66) L’article 88 demeure largement inutilisé dans les États membres de l’Union européenne.
(67) Abraha, H. H., Hauptpersonalrat der Lehrerinnen: Article 88 GDPR and the Interplay between EU and Member State Employee Data Protection Rules («Comité central du personnel des professeures: l’article 88 du RGPD et l’interaction des règles de l’UE et d’un État membre en matière de protection des données d’un salarié»), The Modern Law Review, 2023.
(68) Ponce Del Castillo, A., The EU’s AI Act: governing through uncertainties and complexity, identifying opportunities for action («Le règlement de l’Union sur l’IA: maintenir le cap au travers des incertitudes et de la complexité et mettre en évidence des possibilités pour agir»), global workplace law and policy, kluwerlawonline.com, 2024.
(69) Kusche, I, Possible harms of artificial intelligence and the EU AI act: fundamental rights and risk («Possibles préjudices de l’intelligence artificielle et le règlement de l’Union sur l’IA: droits fondamentaux et risques»), Journal of Risk Research, 2024.
(70) Kusche, I., 2024.
(71) JO L 80 du 23.3.2002, p. 29.
(72) JO L 183 du 29.6.1989, p. 1.
(73) Site internet de la Confédération européenne des syndicats, https://resourcecentre.etuc.org/agreement/framework-agreement-digitalisation (en anglais).
(74) JO L, 2024/2831, 11.11.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2024/2831/oj.
(75) Adams-Prassl, J, Abraha, H. et al., 2023.
(76) Pôle scientifique de l’UE, Algorithmic management practices in regular workplaces are already a reality («Les pratiques de gestion algorithmique sur les lieux de travail traditionnels sont déjà une réalité»), 2024.
ANNEXE I
L’amendement ci-après, qui a recueilli au moins le quart des suffrages exprimés, a été rejeté au cours des débats (article 14, paragraphe 3, du règlement intérieur):
AMENDEMENT 1
SOC/803
Une intelligence artificielle au service des travailleurs
Remplacer intégralement l’avis présenté par la section SOC par le texte ci-après (l’exposé des motifs figure à la fin du document):
| Amendement | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| 1. Conclusions et recommendations
2. Les possibilités et les défis de l’IA pour l’économie de l’Union européenne
2.7. Les possibilités et les défis de l’IA au sein du monde du travail
3. Le cadre européen couvrant l’utilisation de l’IA au travail 3.1. Le cadre législatif actuel de l’Union
3.2. Le rôle du dialogue social
3.3. Évaluation de la situation actuelle
|
Exposé des motifs
Le texte ci-dessus constitue un amendement qui vise à exprimer une position globalement divergente par rapport à l’avis présenté par la section, et doit donc être considéré comme un contravis. Il expose les motifs pour lesquels le CESE estime qu’il n’est nul besoin de textes législatifs supplémentaires concernant l’IA dans le monde du travail, ainsi que les raisons pour lesquelles la Commission devrait laisser aux entreprises une marge de manœuvre pour concevoir des approches responsables et éthiques pour travailler avec les technologies de l’IA en s’en tenant au cadre légal actuel.
Résultat du vote
Pour: 112
Contre: 136
Abstention: 11
(1) Commission européenne, The future of European competitiveness part A a competitiveness strategy for Europe («L’avenir de la compétitivité européenne — Partie A — Une stratégie de compétitivité pour l’Europe»), 2024.
(2) Service de recherche du Parlement européen, AI investment: EU and global indicators («Les investissements dans l’IA: indicateurs dans l’UE et dans le monde»), 2024.
(3) Commission européenne, The future of European competitiveness part A a competitiveness strategy for Europe («L’avenir de la compétitivité européenne — Partie B — Analyse approfondie des recommandations»), 2024.
(4) Banque centrale européenne, https://www.ecb.europa.eu/pub/economic-bulletin/articles/2024/html/ecb.ebart201902_01~9c8418b554.en.html (en anglais uniquement).
(5) Banque centrale européenne, https://www.ecb.europa.eu/press/economic-bulletin/focus/2024/html/ecb.ebbox202404_01~3ceb83e0e4.en.html (en anglais uniquement).
(6) Voir, par exemple, le site sur le monde de l’IA du Centre d’études de la politique européenne (CEPS): Navigate Tomorrow's Intelligence Today/AI World.
(7) OCDE, Perspectives de l’économie numérique de l’OCDE 2024 (Volume 1): Cap sur la frontière technologique, Éditions OCDE, Paris, 2024, https://doi.org/10.1787/e34abd55-fr.
(8) Voir par exemple: Lane, M., Williams, M., Broecke, S., The impact of AI on the workplace: Main findings from the OECD AI surveys of employers and workers («Les incidences de l’IA sur le lieu de travail: principales conclusions des enquêtes de l’OCDE sur l’IA auprès des employeurs et des travailleurs»), OECD Social, Employment and Migration Working Papers, No 288, Éditions OCDE, Paris, 2023.
(9) Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail (EU-OSHA), note d’orientation «Incidences de l’intelligence artificielle sur la sécurité et la santé au travail» , 2021.
(10) Bruegel_factsheet_2024_0.pdf.
(11) Pour d’autres références, voir la partie 3 du présent contravis.
(12) Se reporter au texte de la lettre de mission de Roxana Mînzatu, vice-présidente exécutive de la Commission.
(13) L’avis exploratoire à la demande de la présidence polonaise s’intitulait «Intelligence artificielle — potentiel et risques dans le contexte des politiques de l’emploi et du marché du travail».
(14) OCDE, Perspectives de l’économie numérique de l’OCDE 2024 (Volume 1): Cap sur la frontière technologique, Éditions OCDE, Paris, 2024, https://doi.org/10.1787/e34abd55-fr .
(15) Voir, par exemple, le site sur le monde de l’IA du Centre d’études de la politique européenne (CEPS): Navigate Tomorrow's Intelligence Today/AI World.
(16) Orientations politiques pour la prochaine Commission européenne 2024-2029.
(17) En 2023, 8 % des entreprises dans l’Union utilisaient les technologies de l’intelligence artificielle. Pour les grandes d’entre elles, ce chiffre s’élevait à 30,4 %. Voir Eurostat: Use of artificial intelligence in enterprises - Statistics Explained («Statistiques expliquées: l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les entreprises»)..
(18) Eurostat, Use of artificial intelligence in enterprises - Statistics Explained («Statistiques expliquées: l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les entreprises»).
(19) Commission européenne, The future of European competitiveness part A a competitiveness strategy for Europe («L’avenir de la compétitivité européenne — Partie A — Une stratégie de compétitivité pour l’Europe»), 2024.
(20) Commission européenne, The future of European competitiveness part A a competitiveness strategy for Europe («L’avenir de la compétitivité européenne — Partie B — Analyse approfondie des recommandations»), 2024.
(22) The AI Index report, voir également ici.
(23) McKinsey, The state of AI in early 2024: Gen AI adoption spikes and starts to generate value («Où en est l’IA au début de l’année 2024? L’essor de l’adoption de l’IA et le début de la création de valeur»), 2024.
(24) Boston Consulting Group, Turning GenAI Magic into Business Impact («Transformer la magie de l’IA en résultats commerciaux», 2023.
(25) McKinsey, The state of AI in early 2024: Gen AI adoption spikes and starts to generate value («Où en est l’IA au début de l’année 2024? L’essor de l’adoption de l’IA et le début de la création de valeur»), 2024.
(26) Cette mutation apparaît dans les rapports et les études sur l’évolution des métiers, tels que le rapport sur l’avenir des métiers (édition 2025) du Forum économique mondial (voir: Future of Jobs Report 2025: These are the fastest growing and declining jobs | World Economic Forum).
(27) The AI Index report, voir également ici.
(28) Forum économique mondial (en anglais).
(29) Voir par exemple: EURES, Comment l’IA peut améliorer le processus d’acquisition des talents , 2024.
(30) FMI, Gen-AI: Artificial Intelligence and the Future of Work («Intelligence artificielle générative: l’intelligence artificielle et l’avenir du travail»), 2024.
(31) Forum économique mondial, Future of Jobs Report 2025 («Rapport 2025 sur l’avenir des métiers»), janvier 2025.
(32) Lane, M., Williams, M., Broecke, S., The impact of AI on the workplace: Main findings from the OECD AI surveys of employers and workers («Les incidences de l’IA sur le lieu de travail: principales conclusions des enquêtes de l’OCDE sur l’IA auprès des employeurs et des travailleurs»), OECD Social, Employment and Migration Working Papers, No 288, Éditions OCDE, Paris, 2023.
(33) Workplace Intelligence, AI at Work 2020 Study («Étude 2020 sur l’IA au travail»), 2020; CIPD et PA Consulting, People and machines: from hype to reality («Des hommes et des machines: de l’effet de mode à la réalité»), Chartered Institute of Personnel and Development, 2019.
(34) Parlement européen, Improving working conditions using artificial intelligence («Améliorer les conditions de travail à l’aide de l’intelligence artificielle»), 2021.
(35) Workplace Intelligence, AI at Work 2020 Study («Étude 2020 sur l’IA au travail»).
(36) Lane, M., Williams, M., Broecke, S., The impact of AI on the workplace: Main findings from the OECD AI surveys of employers and workers («Les incidences de l’IA sur le lieu de travail: principales conclusions des enquêtes de l’OCDE sur l’IA auprès des employeurs et des travailleurs»), OECD Social, Employment and Migration Working Papers, No 288, Éditions OCDE, Paris, 2023.
(37) Pessach, D., Singer, G., Avrahami, D., Chalutz Ben-Gal, H., Shmueli, E., Ben-Gal, I., Employees recruitment: A prescriptive analytics approach via machine learning and mathematical programming («Recruter des salariés: une approche d’analyse prescriptive au moyen de l’apprentissage automatique et de la programmation mathématique»), Decision Support Systems, vol. 134, juillet 2020.
(38) Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (OSHA), Artificial intelligence for worker management: an overview («L’intelligence artificielle pour la gestion des travailleurs: un aperçu»), 2022.
(39) Voir: Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), page internet Work organisation and job quality in the digital age («Organisation du travail et qualité de l’emploi à l’ère numérique»).
(40) Baiocco, S., Fernandez Macias, E., Rani, U., Pesole, A., The Algorithmic Management of work and its implications in different contexts («La gestion algorithmique du travail et ses implications dans divers contextes»), Commission européenne, 2022, JRC129749.
(41) Le règlement sur la cyberrésilience renforce les obligations des fabricants de produits connectés s’agissant de veiller à ce que les vulnérabilités soient traitées et corrigées, et de renforcer la protection des dispositifs et des machines.
(42) Se reporter par exemple au site web de la Commission européenne.
(44) Se reporter au texte de la lettre de mission de Roxana Mînzatu, vice-présidente exécutive de la Commission.
(45) Pour ce qui est des risques, voir: Baiocco, S., Fernandez Macias, E., Rani, U., Pesole, A., The Algorithmic Management of work and its implications in different contexts («La gestion algorithmique du travail et ses implications dans divers contextes»), Commission européenne, 2022, JRC129749.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/1185/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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