Initiative législative52024IR2105

Avis du Comité européen des régions — Soutenir les PME dans les chaînes de valeur régionales — promouvoir l’économie de proximité

CELEX52024IR2105
TypeInitiative législative
Datejeudi 20 février 2025

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions propose des recommandations pour renforcer l'intégration des PME dans les chaînes de valeur régionales, en mettant l'accent sur le développement de l'économie de proximité. Il préconise des mesures visant à améliorer l'accès des petites et moyennes entreprises aux marchés publics, à favoriser les circuits courts et à adapter les instruments de financement européens aux spécificités territoriales. Pour un professionnel du droit français, ce texte souligne l'importance des collectivités territoriales dans la mise en œuvre des politiques de soutien aux PME et invite à une réflexion sur les outils juridiques et financiers mobilisables à l'échelle locale.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2025/1704

26.3.2025

Avis du Comité européen des régions — Soutenir les PME dans les chaînes de valeur régionales — promouvoir l’économie de proximité

(C/2025/1704)

Rapporteur

:

Oszkár SESZTÁK (HU/ECR), Membre d’une Assemblée Régionale: Assemblée De comitat De Szabolcs-Szatmár-Bereg

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR)

Compétitivité et chaînes de valeur mondiales

1.

constate qu’après des décennies de croissance alimentées par l’intensification des échanges internationaux et de la mondialisation, le monde entre dans un nouveau «mégacycle» économique, que l’on peut caractériser par une hausse du protectionnisme et une augmentation de la concurrence mondiale pour les marchés et les ressources, dans un contexte de montée en puissance de l’intelligence artificielle et d’ambitions inégales en matière de décarbonation;

2.

reconnaît que dans le sillage de la pandémie de COVID-19, de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et d’autres tensions géopolitiques, que viennent encore renforcer les évolutions technologiques, les pouvoirs publics et les acteurs économiques sont de plus en plus à la recherche de sécurité et de résilience, pesant le pour et le contre des chaînes de valeur mondiales; cette démarche passe par une diversification de la base d’approvisionnement, la relocalisation et la délocalisation à proximité des capacités de production et l’optimisation des modèles économiques;

3.

estime que la tendance mondiale consistant à rapprocher les chaînes de valeur des marchés nationaux, en faisant en sorte que ces chaînes de valeur dépendent des fournisseurs et des clients locaux et reposent sur une production «dans la région et pour la région», peut créer de nouvelles possibilités de croissance, et que le transfert (ou la réorientation) de la production et de la consommation vers les marchés locaux et régionaux est susceptible de libérer le potentiel économique endogène;

4.

s’inquiète des piètres performances et de la baisse de compétitivité de l’économie européenne et, en particulier, de ses PME, qui sont confrontées à des incertitudes sans précédent liées à la volatilité du contexte économique mondial actuel, caractérisé notamment par les contraintes pesant sur les chaînes d’approvisionnement, les pénuries de main-d’œuvre et de compétences ainsi que les pratiques de concurrence déloyale, auxquelles s’ajoutent les prix élevés de l’énergie et la charge réglementaire croissante en Europe, qui compliquent la tâche des PME dans l’exercice de leurs activités commerciales;

5.

se félicite des rapports Letta et Draghi sur l’avenir du marché unique et de la compétitivité de l’UE, et espère que les diagnostics sévères qu’ils posent concernant l’état des performances économiques et les perspectives d’avenir de l’Union créeront le sentiment d’urgence nécessaire pour renforcer sa compétitivité et son marché unique; accueille favorablement la Déclaration de Budapest sur le nouveau pacte pour la compétitivité européenne adoptée par les dirigeants de l’Union (1) et l’engagement qu’elle contient visant à rendre l’Union plus compétitive, plus productive, plus innovante et plus durable, en prenant appui sur la cohésion économique, sociale et territoriale, et en assurant la convergence et des conditions de concurrence équitables tant au sein de l’Union qu’à l’échelle mondiale;

6.

soutient fermement la proposition, figurant dans le rapport Draghi, visant à défendre un marché unique solide et à recentrer les travaux de l’Union en donnant la priorité aux politiques et aux actions dans lesquelles l’Union apporte la plus grande valeur ajoutée; est convaincu que cette démarche conduira à une plus grande autonomie des États membres, des régions et des villes, en leur permettant d’adapter les politiques et les objectifs européens de manière à ce qu’ils s’ajustent au mieux à leurs pratiques opérationnelles et à la dynamique de leur territoire;

7.

déplore les effets négatifs du nombre croissant de textes législatifs de l’Union sur les PME et la compétitivité; réitère l’appel lancé par le rapport Draghi, qui préconise que la Commission, avant d’adopter une nouvelle législation, procède systématiquement au début de chaque mandat à une évaluation et à un test de résistance de toutes les lois et réglementations existantes de l’Union. Il conviendra ensuite de procéder à une codification et une consolidation de la législation de l’Union par domaine d’action, qui consisteront notamment à la simplifier et à supprimer les chevauchements et les incohérences tout au long de la chaîne législative, afin de faciliter l’avènement d’un environnement plus concurrentiel dans lequel les PME puissent prospérer;

8.

se félicite de l’appel figurant dans les lettres de mission envoyées par la présidente de la Commission européenne aux commissaires désignés, les enjoignant à veiller à ce que les règles existantes soient adaptées à l’objectif poursuivi et visent à réduire les charges administratives et à simplifier la législation, contribuant ainsi à réduire les obligations de communication d’informations d’au moins 25 %, et d’au moins 35 % pour les PME (2); accueille avec enthousiasme l’engagement pris par la Commission d’élargir cette réduction de la charge de 25 % et 35 % pour englober les coûts de toutes les charges administratives et l’invite à publier sans délai les prochains paquets omnibus sur la simplification, afin d’apporter aux PME en particulier la réduction de la charge réglementaire qu’elles attendent depuis si longtemps (3);

9.

soutient les objectifs associés au nouveau concept de «liberté de rester chez soi» énoncé par Enrico Letta, et propose d’étayer celui-ci par de solides mesures à l’appui des raisons économiques qui incitent à rester, en associant aux réformes du marché unique qui s’imposent de toute urgence des instruments destinés à promouvoir la convergence régionale et la cohésion territoriale; considère la politique de cohésion de l’UE et les services d’intérêt général comme les instruments stratégiques appropriés pour atteindre ces objectifs; préconise d’adopter des mesures qui encourageront les gens à ne pas déserter les petites villes et les établissements ruraux, tout en garantissant un tissu de PME dynamique et concurrentiel dans les régions où les entreprises fournissent de l’emploi et des biens et services facilement accessibles sur l’ensemble du territoire de l’Union;

Soutien aux petites et moyennes entreprises

10.

est favorable à l’intégration d’une forte dimension territoriale dans le développement économique, par la voie de laquelle les PME locales, qui revêtent fréquemment un caractère familial, pourront devenir des acteurs économiques importants et, souvent, les fournisseurs de grandes entreprises multinationales au niveau régional, en produisant conformément aux dernières tendances technologiques et en jouant un rôle pionnier en matière de respect des normes environnementales et de formation professionnelle. Pour elles, il est essentiel que la région attire des investissements étrangers directs (IED) et reçoive le plus de commandes de fournisseurs possible. À cette fin, il est particulièrement important que les administrations régionales et locales lancent des initiatives spécifiques visant à canaliser les talents et les investissements internationaux vers les PME de leurs territoires respectifs, en facilitant leur participation aux chaînes de valeur mondiales, la création d’emplois à haute valeur ajoutée et la génération à l’échelon local du pouvoir d’achat nécessaire pour favoriser une économie de proximité prospère;

11.

est favorable au développement de chaînes de valeur interrégionales européennes par le soutien à une intégration et une collaboration plus poussées entre les écosystèmes d’innovation territorialisés; estime que le financement par l’Union, notamment par l’intermédiaire d’Horizon Europe et du programme pour une Europe numérique, joue un rôle majeur à cette fin, mais s’inquiète de la fragmentation de ce financement, lequel doit être rationalisé davantage pour que les bénéficiaires locaux et régionaux puissent en tirer pleinement parti; fait valoir qu’il y a lieu, dans le cadre de toutes ces mesures, de respecter le principe de subsidiarité;

12.

appelle de ses vœux une cohérence et une convergence plus fortes des politiques aux niveaux européen, national et régional ainsi qu’un recours accru aux pratiques transfrontières, y compris au moyen d’instruments de l’Union tels que le réseau Entreprise Europe (EEN) et le jumelage de villes, tout en réaffirmant l’importance du principe de subsidiarité;

13.

conformément à son avis sur le thème «Renforcer la résilience des économies locales et régionales» (4), insiste sur le rôle essentiel des PME pour diversifier les économies et chaînes d’approvisionnement régionales et contribuer de ce fait à la résilience économique régionale, dans la mesure où les régions qui dépendent d’un petit nombre de grands employeurs sont plus susceptibles de subir des chocs économiques en cas de cession de ces entreprises; signale, dans le même temps, que les PME sont souvent les plus durement touchées par les crises;

14.

souhaite une intégration plus poussée des PME dans les chaînes de valeur régionales; recommande de s’appuyer sur l’intelligence collective des groupements et réseaux industriels territorialisés de l’UE pour mettre en œuvre les composantes clés du plan industriel du pacte vert et rendre les chaînes de valeur et d’approvisionnement plus résilientes, en établissant des synergies et une coopération avec les PME; le moyen le plus adéquat de parvenir à ces objectifs réside dans la mise en œuvre de politiques de promotion des groupements d’entreprises au niveau local et régional;

15.

s’inquiète néanmoins du fait que les microentreprises les plus petites et les plus vulnérables sont confrontées à des défis uniques, notamment accéder aux nouveaux marchés régionaux, nationaux et internationaux, assurer une succession sans heurts, bénéficier d’un accès suffisant au financement, se faire une place parmi les concurrents internationaux et mondiaux, composer avec l’augmentation des loyers dans les villes, se développer, adopter les innovations et s’adapter à la numérisation; réitère sa demande que les initiatives du train de mesures de soutien aux PME soient mises en œuvre dans le cadre d’un partenariat étroit avec les collectivités locales et régionales et d’autres acteurs territoriaux, qui sont à l’avant-garde de la création de stratégies spécifiques de dynamisation économique et de soutien aux PME, aux jeunes pousses et aux indépendants, et les aident à obtenir les ressources nécessaires et à s’adapter face à l’évolution du paysage économique; estime que la proposition à venir concernant un 28e régime juridique (5), visant à aider les entreprises à investir et à exercer leurs activités au sein du marché unique sans devoir composer avec 27 régimes différents, permettrait de surmonter bon nombre de ces obstacles, surtout pour les jeunes pousses et les entreprises en expansion;

16.

invite la Commission à redoubler d’efforts pour réduire la charge réglementaire pesant sur les PME et à reconnaître pleinement que le principe «penser en priorité aux PME» constitue un véritable paradigme couvrant tout le cycle législatif de l’UE; espère vivement que la Commission et les colégislateurs l’adopteront et l’appliqueront intégralement au cours du nouveau mandat législatif et s’engageront à réduire les effets cumulés des législations européenne et nationales sur les PME; salue la proposition à venir de nouvelle définition des petites entreprises à moyenne capitalisation (6), qui bénéficieront des simplifications de la réglementation dans le même esprit que les PME, mais souligne que la création de cette nouvelle catégorie d’entreprises ne doit pas compromettre les efforts de simplification menés spécifiquement en faveur des PME;

Favoriser l’économie de proximité dans les régions et les villes de l’Union européenne

17.

accueille favorablement l’initiative de la Commission visant à étudier plus avant les performances socio-économiques de l’économie de proximité, ses chevauchements et ses synergies avec l’économie sociale, collaborative et circulaire, ainsi que les efforts déployés pour mettre en place un cadre de suivi;

18.

constate que l’économie de proximité constitue un écosystème fondé sur des chaînes de valeur courtes au sein d’une zone géographique proche englobant les activités de l’industrie locale et des petites entreprises opérant dans différents secteurs économiques; qu’il s’agisse des entreprises familiales inscrivant leurs réflexions dans une perspective multigénérationnelle, des microentreprises proposant des services spécifiques à leur localité ou des petites et moyennes entreprises agissant en tant que principaux employeurs d’un territoire, leur orientation à long terme en tant que membres de la communauté locale favorise la résilience ainsi qu’une croissance et un développement économiques soutenus et à long terme;

19.

souligne qu’un développement urbain fondé sur la proximité favorise la résilience économique et la durabilité sociale et environnementale; constate que le développement économique d’une ville est étroitement lié à sa politique d’urbanisme et que le déploiement des «villes du quart d’heure» est fortement susceptible de stimuler un développement économique fondé sur la proximité;

20.

fait valoir qu’il y a lieu de mettre à la disposition des entreprises locales certaines infrastructures, que ce soit dans des parcs industriels, des pépinières d’entreprises ou des laboratoires. Un facteur clé pour permettre la création et l’essor des entreprises locales est de leur donner accès à un prix abordable à un espace où elles pourront mener leurs activités. Le Comité insiste également sur la nécessité de disposer d’infrastructures de transport et d’une connectivité de qualité, en particulier pour les régions rurales et périphériques;

21.

regrette que l’émergence des grands acteurs du commerce électronique ait eu un effet négatif sur le commerce local; considère la montée en puissance de l’économie de proximité comme une occasion de relancer la vie économique en encourageant les petites entreprises à se réinventer et à expérimenter de nouveaux modèles d’entreprise numériques et à faibles émissions de carbone;

22.

a conscience qu’un tel processus nécessitera également un changement d’état d’esprit des consommateurs et appelle à promouvoir des habitudes de consommation plus durables et davantage axées sur le territoire; souligne que les certifications et les marques peuvent renforcer la dimension locale et accroître l’attractivité des produits locaux; encourage les collectivités locales et régionales à promouvoir davantage la visibilité des produits locaux à l’échelon international;

23.

convient que le développement de l’économie de proximité au niveau local et régional est conforme aux objectifs clés de l’Union pour ce qui est de promouvoir une croissance économique compétitive, résiliente et durable tout en renforçant l’autonomie stratégique de l’Union; la promotion de l’économie de proximité implique de mettre davantage l’accent sur le développement territorialisé, la mobilisation des communautés locales et la promotion des pratiques commerciales durables dans un contexte de «glocalisation» et d’accroissement du rôle des villes, non seulement en tant que prestataires de services publics, mais aussi en tant que moteurs de l’économie qui jouent un rôle de premier plan dans la création de réseaux de partenariats public-privé;

24.

invite la Commission à intégrer de manière adéquate la notion d’économie de proximité dans les initiatives appropriées de l’UE, telles que la stratégie de spécialisation intelligente (S3) et le nouveau programme européen d’innovation, et à encourager ainsi les régions, les communautés rurales et les zones urbaines à raccrocher ce concept à leurs stratégies régionales; demande également que les acteurs et parties prenantes de l’économie de proximité bénéficient d’un financement accru;

25.

demande à la Commission de sensibiliser aux différents modèles d’entreprise de l’économie de proximité dans les différents écosystèmes industriels; si les approches peuvent varier selon les secteurs (par exemple, accent sur l’innovation territorialisée pour le secteur manufacturier, accent sur l’efficacité des ventes pour le secteur agroalimentaire, accent sur la circularité pour le secteur de la construction, accent sur le financement par les acteurs locaux pour le secteur énergétique, etc.), elles illustrent collectivement une vision partagée de l’autonomisation des communautés locales et de la création de valeur à l’échelon local;

26.

insiste sur le fait que l’économie de proximité nécessite une administration locale forte pour mettre en place à l’échelon local et régional des conditions favorables grâce à une combinaison de mesures axées sur la réglementation, la planification et l’économie; soutient le recours à la collaboration interrégionale pour l’élaboration de nouvelles politiques et l’échange de bonnes pratiques;

27.

encourage les collectivités locales à créer des quartiers «complets» offrant une concentration et une diversité de services et d’équipements qui assurent à leurs résidents une meilleure qualité de vie, par exemple en promouvant des «zones de centralisation» périphériques qui contribuent au rééquilibrage territorial des villes; en investissant dans les entreprises locales et en les soutenant, les villes peuvent contribuer à maintenir le pouvoir d’achat sur leur territoire, à créer des emplois, à attirer des habitants et des touristes, à renforcer la cohésion urbaine et leur identité propre et à entretenir un environnement urbain dynamique;

28.

met l’accent sur le rôle stratégique des marchés publics lorsqu’il s’agit d’inciter les marchés à mettre au point de nouveaux produits et services innovants et durables et de faciliter l’accès au marché pour les entreprises de proximité; suggère, dans la perspective de la révision de la directive de l’Union sur les marchés publics, d’envisager des mesures qui permettraient de stimuler la participation des PME et de leur faire prendre en compte les aspects de proximité, tout en insistant sur l’importance des conditionnalités sociales pour garantir des normes de travail équitables et une croissance inclusive. Depuis son arrêt du 27 octobre 2005 dans l’affaire C-234/03, Contse, la Cour de justice de l’Union européenne rappelle que les clauses de proximité ne sont pas interdites par le droit de l’Union. Les achats de proximité contribuent à réduire sensiblement l’empreinte environnementale, évitent les graves problèmes d’approvisionnement liés aux fermetures des chaînes de transport et de distribution récemment subies à la suite de la pandémie de COVID-19 ou du conflit armé en Ukraine, et constituent enfin un instrument de cohésion territoriale qui atténue le phénomène de dépeuplement croissant des environnements ruraux;

29.

invite les collectivités locales et régionales à encourager l’entrepreneuriat ainsi que la transmission d’entreprises de manière à faciliter celle-ci pour les entreprises courant le risque de disparaître, en aidant les entrepreneurs locaux à adapter leur modèle à l’économie de proximité, en encourageant la production et la consommation locales, ainsi qu’en investissant dans la mise en réseau et la collaboration entre les entreprises locales et en aidant ces dernières à accéder au marché;

30.

constate que les conditions propices au développement de l’économie de proximité sont très différentes dans les régions présentant des handicaps naturels et démographiques, telles que les régions ultrapériphériques, qui sont géographiquement éloignées des chaînes de valeur européennes, ainsi que les zones périphériques et rurales, tout en considérant que l’économie des chaînes de valeur courtes ouvre également des possibilités; fait observer que le secteur agroalimentaire a mis au point des bonnes pratiques remarquables s’agissant des chaînes d’approvisionnement de proximité, qui peuvent être reproduites dans de nombreux territoires ruraux avec la participation active des collectivités locales;

31.

souligne qu’il est essentiel d’attirer et de conserver les compétences pour que l’économie de proximité puisse prospérer; rappelle que les difficultés à trouver des employés possédant les compétences adéquates ont été citées comme un obstacle majeur par une majorité de micro, petites et moyennes entreprises dans la dernière enquête Eurobaromètre (7);

32.

insiste sur la nécessité de développer les compétences de gestion qui sont essentielles au développement des entreprises et à la création d’entreprises par les jeunes, en particulier dans les secteurs caractérisés par une activité entrepreneuriale inférieure à la moyenne; demande le financement de projets comprenant des possibilités d’apprentissage entre pairs, des services de mentorat accessibles et le transfert de connaissances au niveau local, ainsi que des programmes éducatifs à l’intention des jeunes pour favoriser l’acquisition des connaissances, aptitudes et attitudes qui sont la base de l’esprit d’entreprise et faciliteront leur entrée sur le marché du travail;

33.

souligne qu’il est essentiel d’intégrer les politiques d’apprentissage et celles de l’emploi pour aligner les compétences de la main-d’œuvre sur les exigences de l’industrie, et que le meilleur moyen d’y parvenir est d’établir une collaboration étroite entre les pouvoirs publics, les établissements d’enseignement et les industries, dans le cadre d’écosystèmes entrepreneuriaux territorialisés;

34.

encourage les acteurs locaux et régionaux à contribuer à relever le défi de la succession auquel sont confrontées de nombreuses entreprises de l’économie de proximité; invite l’Union et les autorités nationales à créer des cadres d’action cohérents pour les transmissions d’entreprises et préconise d’intensifier la sensibilisation régionale et l’échange transfrontière de bonnes pratiques en matière de facilitation des écosystèmes de transmission d’entreprises; recommande, à cet effet, que des programmes spécifiques, ciblant les jeunes et les jeunes adultes, soient proposés dans le cadre de l’enseignement général et en dehors de celui-ci;

Alimenter la double transition de l’économie de proximité

35.

souligne que l’économie sociale complète l’économie de proximité avec des objectifs similaires, visant à créer une valeur économique qui profite aux communautés locales; est convaincu de la nécessité d’un soutien sur mesure à la transition écologique et numérique du secteur de l’économie sociale et de proximité par l’intermédiaire du programme pour le marché unique; suggère également qu’un volet d’action spécifique du projet en cours «Défi des villes intelligentes» soit consacré à fournir aux communes européennes désireuses de développer en leur sein l’économie de proximité des possibilités de consultation, d’apprentissage et de collaboration sur mesure et que ce projet soit complété par des initiatives qui, au niveau local, promeuvent l’économie sociale;

36.

met en évidence les liens stratégiques qui unissent l’économie de proximité et l’économie circulaire, qui sont essentiels pour promouvoir des activités circulaires fondées sur la réutilisation, la réparation et le recyclage; relève en particulier le rôle important que jouent les organisations de l’économie sociale dans la poursuite du développement des pratiques de l’économie circulaire au niveau local; se félicite, à cet égard, des appels récemment publiés dans le cadre du programme pour le marché unique (8) portant sur le renforcement des capacités des PME de l’économie sociale et sur le développement de partenariats pour des chaînes de valeur circulaires;

37.

souligne qu’en plus d’assurer une meilleure utilisation des matériaux stratégiques, d’économiser les matières premières et de produire moins de déchets, l’économie circulaire permet d’accroître l’autonomie stratégique de l’Union en réduisant la nécessité de nouvelles importations de produits et de ressources primaires, et donc la dépendance à leur égard, rendant ainsi nos territoires et notre modèle de croissance plus durables, compétitifs et résilients;

38.

est convaincu que la numérisation peut revigorer le potentiel de l’économie de proximité et renforcer sa croissance, même si de nombreuses PME et microentreprises opérant dans des écosystèmes locaux ont besoin d’un soutien et d’orientations supplémentaires pour transformer le défi numérique en possibilités; insiste sur l’importance des partenariats locaux entre les secteurs public et privé et les universités pour faire progresser la numérisation et l’adoption de l’intelligence artificielle et souligne la nécessité de promouvoir des programmes intégrant des acteurs de la transformation numérique afin de conseiller les entreprises de l’intérieur et leur expliquer comment mettre en œuvre leurs processus de numérisation au moyen d’une approche concrète et réaliste;

39.

invite la Commission à fournir des orientations techniques et un soutien financier pour le déploiement de solutions numériques au service des communautés locales. Investir dans les villes et les communautés intelligentes et promouvoir et soutenir l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies locales spécifiques en la matière contribuerait au développement des infrastructures numériques locales et à celui des compétences. En encourageant les applications fondées sur les données ouvertes dans tous les secteurs industriels, la poursuite du déblocage de l’économie européenne des données conduira à une plus grande dynamique d’innovation dans les écosystèmes locaux et à des retombées plus importantes sur les économies locales;

40.

constate que le secteur de l’économie de proximité, et plus encore celui de l’économie sociale, créent une valeur ajoutée considérable en développant les initiatives Tech4Good et les plateformes numériques collaboratives, qui libèrent le pouvoir de l’innovation sociale pour répondre aux besoins essentiels de la société, tout en remédiant aux inadéquations spatiales entre la productivité, l’innovation et les tendances du marché du travail;

41.

souligne que les collectivités locales et régionales peuvent cultiver un écosystème technologique plus diversifié et plus compétitif, notamment en lançant ou en soutenant des plateformes numériques locales et des groupements d’entreprises en tant qu’outils clés de l’économie de la connaissance. Cet investissement stratégique garantit un secteur des technologies de proximité dynamique et inclusif, dans lequel les petites plateformes et entreprises peuvent prospérer et apporter des contributions précieuses aux communautés locales dans lesquelles elles évoluent;

42.

invite la Commission à associer pleinement le Comité européen des régions au nouveau «mécanisme de contrôle concernant l’incidence sur la compétitivité et sur les PME» qui sera conçu dans les mois à venir, ainsi qu’aux futurs dialogues sur la mise en œuvre (9) avec les parties prenantes, qui auront lieu deux fois par an afin d’aligner sur les réalités du terrain la mise en œuvre de la réglementation de l’Union ayant des répercussions sur les entreprises.

43.

invite la Commission européenne à veiller à ce que tout ce qui précède soit mis en œuvre sans réglementation supplémentaire, sans frais supplémentaires pour le contribuable européen et sans alourdir la bureaucratie supportée par des PME déjà fragilisées dans l’Union européenne.

Bruxelles, le 20 février 2025.

La présidente

du Comité européen des régions

Kata TÜTTŐ


(1) https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2024/11/08/the-budapest-declaration/.

(2) Lettre de mission d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, à Raffaele Fitto.

(3) Communication de la Commission européenne relative à la boussole pour la compétitivité.

(4) Avis du CdR sur le thème «Vers des régions européennes résistantes aux chocs: renforcer la résilience des économies locales et régionales dans le cadre de l’évolution stratégique du marché unique» [rapporteur: Ilpo Heltimoinen (FI/ECR)].

(5) Programme de travail 2025 de la Commission.

(6) Communication de la Commission européenne relative à la boussole pour la compétitivité.

(7) Année européenne des compétences — Pénuries de compétences et stratégies de recrutement et de fidélisation dans les petites et moyennes entreprises — septembre 2023 — enquête Eurobaromètre (europa.eu).

(8) Entreprises de l’économie sociale: renforcement des capacités et perspectives commerciales pour les entreprises sociales circulaires (appel à propositions publié en anglais uniquement).

(9) Lettre de mission d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, à Raffaele Fitto.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/1704/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)