Avis du Comité européen des régions — Renforcer la compétitivité agricole régionale au sein de l’UE: une stratégie globale alliant conditions commerciales équitables et sécurité phytosanitaire
| CELEX | 52024IR2564 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 3 avril 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2025/3172 | 20.6.2025 |
Avis du Comité européen des régions — Renforcer la compétitivité agricole régionale au sein de l’UE: une stratégie globale alliant conditions commerciales équitables et sécurité phytosanitaire
(C/2025/3172)
| Rapporteur : Carlos MAZÓN GUIXOT (Espagne/PPE), président de la Généralité valencienne |
RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS
Programme stratégique 2024-2029
| 1. | se félicite de l’adoption du programme stratégique 2024-2029 par le Conseil européen et du rapport sur le dialogue à haut niveau qui a été mené avec les parties prenantes sur l’avenir de l’agriculture, et estime qu’il est d’une importance stratégique d’inclure parmi les objectifs de ce programme l’amélioration de la compétitivité et de la rentabilité du secteur agricole ainsi que le renforcement de sa durabilité et de sa résilience; |
| 2. | se fait l’écho des objectifs du programme stratégique 2024-2029 et du dialogue stratégique relatifs à l’eau, laquelle subit un stress croissant du fait du changement climatique et de l’augmentation de la demande dans différents secteurs; souligne l’importance que revêt la dimension régionale et locale pour ce qui touche à la production du secteur primaire et à la résilience dans le domaine de l’eau, dans la perspective de garantir la continuité et la sécurité de la production alimentaire dans toute l’Union européenne; |
| 3. | se félicite que le bien-être des populations rurales et le renforcement de la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire soient pris en considération dans les objectifs du programme stratégique 2024-2029, mais souligne néanmoins l’importance cardinale que revêt la dimension régionale et locale pour les objectifs en question; réitère cependant les propositions qu’il avait formulées dans son avis sur «L’avenir de la politique agricole commune», dans lequel il soulignait que ces objectifs ne pourront être atteints qu’en renforçant la gouvernance multiniveaux et en intensifiant la gestion partagée et la décentralisation de la politique, permettant ainsi d’adopter une approche spécifique à chaque territoire; |
| 4. | souligne qu’il importe de veiller à ce que les politiques de développement rural soutiennent à la fois l’utilisation durable des terres et la compétitivité du secteur agricole, en encourageant l’innovation technologique, la modernisation des pratiques agricoles et la flexibilité dans l’adoption d’approches durables; met en exergue la nécessité de promouvoir une utilisation efficace des intrants agricoles, y compris les engrais et les produits phytosanitaires, afin d’améliorer la productivité et de réduire les incidences sur l’environnement, de promouvoir la biodiversité et de réduire les émissions de gaz à effet de serre; rappelle que la promotion d’une combinaison d’approches conventionnelles et écologiques durables, dans le respect de la diversité des pratiques agricoles dans les différents États membres, sera essentielle pour garantir la compétitivité et la durabilité à long terme du secteur; fait valoir que si l’eau pourvoit aux besoins de la santé humaine, de la production alimentaire, des écosystèmes et de la régulation du climat, elle subit néanmoins de nombreuses menaces, notamment celles des substances chimiques d’origines diverses, de la pollution par les matières plastiques et d’autres encore, ainsi que les effets marqués du changement climatique; souligne qu’il s’impose de revoir la manière dont l’eau est actuellement gérée afin de garantir la résilience de cette ressource, y compris pour l’agriculture, ainsi que pour l’atténuation du changement climatique et la prévention des catastrophes naturelles; |
| 5. | se félicite des «Orientations politiques pour la prochaine Commission européenne 2024-2029», qui soulignent la nécessité d’améliorer la sécurité de l’approvisionnement hydrique en Europe et de présenter rapidement la stratégie européenne attendue de longue date sur la résilience dans le domaine de l’eau, afin d’assurer une gestion durable des ressources et de remédier à leur pénurie en tenant compte des spécificités de l’agriculture locale, dont, en particulier, les besoins présents dans le sud de l’Europe, et de faire en sorte d’accroître les avantages de l’industrie européenne de l’eau sur le plan de la compétitivité et de l’innovation en encourageant comme il se doit une augmentation des investissements dans des infrastructures hydrauliques qui soient efficaces du point de vue de la sobriété hydrique et de la consommation énergétique; invite instamment la Commission à dialoguer efficacement avec les collectivités locales et régionales lors de ses préparatifs en vue d’une stratégie européenne ambitieuse et globale dans le domaine de l’eau afin d’intégrer cette dernière dans toutes les politiques de l’Union; |
| 6. | constate cependant avec inquiétude que les initiatives susmentionnées qui visent à remédier aux pénuries de compétences et de main-d’œuvre font abstraction des éléments dont le secteur primaire aurait impérativement besoin pour se moderniser et devenir plus écologique, renvoie à cet égard aux recommandations plus détaillées figurant dans le rapport sur le dialogue stratégique et signale par ailleurs qu’il convient de continuer d’observer les normes de travail les plus élevées; |
| 7. | relaie une fois de plus l’inquiétude déjà exprimée dans une série d’avis du Comité (1) quant à l’effet clairement négatif que les entorses aux accords commerciaux et l’insuffisance des contrôles effectués sur les marchandises entrant dans le marché unique en provenance de pays tiers ont sur le secteur primaire des économies régionales, ce qui suscite des conditions de concurrence inégales entre différentes régions de l’Union; |
| 8. | convient que la politique commerciale de l’Union européenne se doit d’être ambitieuse, solide, ouverte et durable, et constituer dans le même temps un instrument permettant d’ouvrir les marchés des pays tiers aux entreprises de l’Union, comme le propose le programme stratégique 2024-2029; réitère cependant les positions et propositions qu’il a formulées dans son avis sur la «Mise en œuvre des accords de libre-échange (ALE): le point de vue local et régional» (2), dans lequel il relevait que «certains secteurs économiques, de même que les régions qui les hébergent, sont susceptibles d’être affectés négativement» par la mise en œuvre desdits accords, et suggère que soit mise en place une nouvelle politique commerciale pour éviter que les produits importés ne fassent une concurrence déloyale aux produits européens, en particulier dans le secteur agricole; fait observer que les productions de l’agriculture européenne ne sauraient servir de monnaie d’échange, destinée à faciliter les exportations de produits non agricoles de l’Union; rappelle par ailleurs qu’il est essentiel de procéder à des analyses de l’impact territorial dans l’Union pour repérer et quantifier en amont les éventuels effets asymétriques que ces accords commerciaux pourraient produire; renvoie à cet égard aux recommandations détaillées contenues dans le rapport sur le dialogue stratégique, qui insistent notamment sur la nécessité d’améliorer la coordination pour assurer la cohérence de l’ensemble des objectifs poursuivis par l’Union dans les négociations commerciales internationales, et d’inclure dans les analyses d’impact des informations concrètes concernant l’incidence des accords proposés sur les producteurs agricoles, l’environnement, la santé, le travail, le bien-être animal, les entreprises de la chaîne d’approvisionnement et les consommateurs, tant dans l’Union que dans les pays partenaires (3); |
| 9. | demande aux institutions de l’Union de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter que des pays tiers n’adoptent des mesures contraires aux règles de l’Organisation mondiale du commerce aux fins d’entraver les importations de produits en provenance de l’Union, comme c’est le cas actuellement pour les importations d’olives noires aux États-Unis; |
| 10. | attire l’attention sur les effets qui pourraient découler, pour les régions de l’Union européenne, d’éventuels droits de douane imposés par les États-Unis sur des productions agricoles comme le vin et les spiritueux, les pâtes, les produits laitiers et l’huile d’olive; demande que des actions résolues soient entreprises contre les entraves posées de manière indue à la liberté des échanges et à leur équité, de manière à protéger les entreprises, les travailleurs et les consommateurs européens contre de tels droits non justifiés; |
Une stratégie globale est nécessaire pour stimuler la compétitivité agricole régionale dans l’Union européenne
| 11. | réaffirme l’importance du secteur agroalimentaire en Europe, fondement de l’autonomie alimentaire stratégique de l’Union et moteur essentiel pour dynamiser l’emploi et un développement durable dans les zones rurales, en prêtant une attention particulière à celles qui sont situées dans des environnements soumis à des contraintes géographiques naturelles, comme les régions insulaires; |
| 12. | rappelle que la santé des sols, la salubrité de l’eau et le bon fonctionnement des écosystèmes sont des facteurs critiques pour assurer la compétitivité à long terme de l’agriculture. La crise climatique, le recul de la biodiversité et la dégradation des écosystèmes mettent en péril l’activité des exploitants et le secteur agricole dans son ensemble, entraînant une baisse de la productivité et de la résilience. Si l’on n’apporte pas de réponses à ces problèmes, la viabilité des pratiques agricoles sera compromise, occasionnant des pertes importantes tant pour les producteurs que pour les consommateurs; |
| 13. | relève que ce secteur a fait preuve d’une grande résilience durant les crises qui se sont succédé récemment et qu’il recèle un formidable potentiel pour contribuer de façon essentielle à la transition écologique, tout en étant confronté dans le même temps à des défis tels que le changement climatique, le stress hydrique et la concurrence qui règne sur un marché mondial asymétrique; |
| 14. | considère que l’Union européenne s’est efforcée, ces dernières années, d’apporter des réponses aux profonds changements qui sont intervenus dans l’arène du commerce mondial et qui ont mis en évidence l’impact de certaines politiques et pratiques sur les écosystèmes régionaux de l’Europe; |
| 15. | se félicite que l’Union européenne ait fortement insisté sur la nécessité pour elle de se défendre contre les pratiques commerciales déloyales, moyennant des instruments de défense renforcés, une surveillance accrue des investissements directs étrangers et un accès élargi aux marchés publics étrangers; relève cependant avec inquiétude que les nouveaux accords commerciaux devraient mieux refléter la nécessité de protéger le secteur primaire et que, afin d’en assurer la protection, les instruments de défense susmentionnés devraient être renforcés; |
| 16. | juge malgré tout nécessaire et urgent que les stratégies de l’Union soient coordonnées, adaptées et alignées pour traiter efficacement les problématiques actuelles qui touchent à la fois le secteur primaire et les autres secteurs, et parmi lesquelles on pourra citer les mutations géopolitiques, la volatilité des marchés, l’impact du changement climatique, les incertitudes qui pèsent sur le commerce ou encore les mouvements démographiques. Il est essentiel que l’Union conserve et approfondisse une vision stratégique, en anticipant ces dynamiques et en y répondant par des politiques flexibles et adaptables qui garantissent la résilience et la compétitivité à long terme des régions agricoles d’Europe; |
| 17. | fait observer que, depuis 2019 au moins, les présidences tournantes du Conseil et les autres institutions européennes ont défendu l’idée de réserver dans le cadre du commerce international un traitement prioritaire aux intérêts agricoles, de les protéger et de les promouvoir; il a été proposé d’encourager l’innovation dans le secteur primaire ainsi que sa modernisation, et de réviser et renforcer la législation relative à la sécurité phytosanitaire. Toutefois, les résultats obtenus ont produit dans l’Union des effets inégaux aux niveaux régional et local et l’on n’y trouve nulle trace de mesures en faveur de l’innovation et de la modernisation. Le Comité considère que l’on ne pourra traiter ces questions de manière efficace et efficiente que dans le cadre d’une stratégie européenne globale qui tienne compte de la compétitivité de l’agriculture et qui en renforce la dimension et l’importance régionales; |
| 18. | se félicite des chiffres de l’Eurobaromètre de juin 2024 (4) montrant que 62 % des Européens estiment être gagnants du commerce international, de leur point de vue de consommateurs, citant parmi les raisons qui l’expliquent le plus grand choix offert aux consommateurs ou encore des produits au prix plus abordable; juge cependant regrettable et préoccupant que l’on ne publie pas d’Eurobaromètres sectoriels portant sur la perception que les producteurs agroalimentaires de l’Union ont de sa politique commerciale; |
| 19. | constate avec inquiétude l’impact considérable du changement climatique sur les économies régionales de l’Union européenne et sur la production agricole, du fait en particulier des épisodes de stress hydrique aigu causés par l’absence ou l’excès de précipitations et des pénuries d’eau qui en résultent; estime qu’il serait opportun d’envisager la mise en œuvre, au niveau européen, de programmes, de pratiques et d’initiatives pour mieux relier bassins excédentaires et bassins déficitaires afin de compenser ces déséquilibres; se félicite de l’adoption de programmes européens qui promeuvent des techniques avancées d’irrigation, la réutilisation de l’eau, la lutte contre la pollution des eaux et la mise en œuvre de pratiques de gestion de l’eau plus durables aux niveaux régional et local, qui s’attachent à réduire la demande en eau et à préserver l’intégrité des écosystèmes d’eau douce tout en maintenant la productivité agricole et en évitant des restrictions inutiles de l’utilisation des ressources en eau. La promotion de technologies économes en eau et de solutions innovantes qui optimisent la gestion hydrique et favorisent la résilience dans le domaine de l’eau ainsi que la modernisation des infrastructures seront essentielles pour assurer un équilibre entre durabilité et compétitivité dans le secteur agricole, en particulier dans des régions du sud de l’Europe ainsi que dans certaines autres, ultrapériphériques, qui sont particulièrement affectées par le manque d’eau; |
| 20. | rappelle que les perturbations des cycles naturels de l’eau engendrent des inondations, des sécheresses, la disparition d’écosystèmes et la dégradation des sols, et exacerbent ce faisant les rivalités pour des ressources rares; estime par conséquent qu’il est essentiel de restaurer ces cycles et les écosystèmes naturels aquatiques pour favoriser la rétention hydrique, la santé des sols et la résilience de la diversité biologique, et de soutenir ainsi en fin de compte la compétitivité à long terme de l’agriculture; |
| 21. | rappelle, comme il l’avait déjà indiqué dans son avis sur «La diplomatie climatique de l’Union européenne» (5), que l’Union «doit reconnaître l’importance que revêt l’alignement des politiques commerciales sur ses objectifs ambitieux en matière de climat et sa diplomatie climatique», et souligne qu’il serait nécessaire d’inclure dans les négociations mondiales sur le climat un volet qui soit spécifiquement consacré au commerce international des produits agricoles; |
| 22. | fait observer que dans les programmes qu’elles met en œuvre pour lutter contre les situations de stress hydrique, en lançant des politiques visant à économiser les ressources existantes en la matière et à les utiliser de manière judicieuse, ainsi qu’en envisageant la possibilité de les partager dans le cadre de stratégies de coopération entre ses territoires et en réutilisant les eaux usées traitées, il convient que les caractéristiques spécifiques et les particularités que présentent ses zones insulaires pour ce qui est de mettre ces démarches en place soient prises en compte par l’Union européenne en plus d’autres facteurs qui leur garantissent un apport en eau grâce auquel elles puissent maintenir leur activité agricole; |
| 23. | demande à la Commission européenne et aux États membres de renforcer les partenariats et la coopération dans le domaine agricole avec les pays méditerranéens du voisinage méridional afin d’améliorer l’échange d’informations et de données, d’accroître l’engagement dans des programmes conjoints de recherche, l’échange de bonnes pratiques régionales et locales et le déploiement de solutions technologiques innovantes qui atténuent les conséquences de la rareté de l’eau; |
| 24. | souligne qu’il est important, dans le cadre des stratégies déployées par l’Union européenne dans les domaines de l’agriculture, du commerce et de la durabilité, d’encourager de manière coordonnée la diversification des cultures et des marchés. Non seulement la diversification contribue-t-elle à réduire les risques économiques et climatiques, mais elle renforce aussi la résilience des exploitations agricoles et améliore leur capacité à pouvoir s’adapter à l’évolution de la demande sur le marché mondial, en particulier dans les régions ultrapériphériques, grâce à l’implantation de cultures qui dégagent une forte valeur ajoutée et présentent une bonne résistance aux conditions qui y prévalent; relève en outre qu’il importe de garantir un soutien équitable à toutes les exploitations agricoles, mais toujours en tenant compte de leur taille, en promouvant un accès équitable aux ressources et aux possibilités de modernisation et d’innovation, afin que tant les petites que les grandes exploitations agricoles puissent contribuer au développement durable du secteur, étant entendu par ailleurs que celles rangées dans la catégorie des petites et moyennes exploitations peuvent prétendre à être soutenues dans une plus large mesure; fait également valoir qu’afin de diversifier leurs sources de revenus, il est important d’encourager d’autres activités dans les exploitations agricoles, comme le tourisme agroalimentaire ou les crédits nature; |
| 25. | estime qu’il importe de promouvoir des initiatives et des campagnes d’information et de sensibilisation à l’échelle européenne à l’intention de nos agriculteurs afin d’encourager la diffusion de méthodes de culture qui favorisent une utilisation efficace et plus durable de l’eau, en soutenant des technologies d’irrigation intelligentes et d’efficacité hydrique, en particulier dans les zones où les disponibilités en eau sont faibles, comme les régions du sud de l’Europe ou certaines autres, ultrapériphériques; |
| 26. | estime que la faible compétitivité de certains produits agricoles et la diminution du nombre d’agriculteurs et d’éleveurs sont en partie imputables à la surréglementation et aux charges administratives trop lourdes imposées dans certains cas dans l’Union. Nous demandons une simplification des règles et des exigences; |
| 27. | réaffirme que, pour que les produits européens puissent concurrencer ceux de l’extérieur sur un pied d’égalité, les consommateurs doivent être informés en détail de la provenance et de la qualité desdits produits, qu’il est dès lors indispensable de préciser par un étiquetage approprié, étant entendu qu’il y a lieu de promouvoir en ce sens des initiatives et des campagnes d’information et de sensibilisation menées à l’échelle de l’Union et s’adressant à ses citoyens; |
| 28. | note que notre agriculture subit les conséquences du changement climatique (sécheresses, organismes nuisibles, températures, etc.). Les mesures visant à favoriser l’adaptation au changement climatique doivent donc être une priorité et mettre l’accent sur l’agriculture biologique, l’agroécologie et les principes de l’économie circulaire qui permettent de réduire les déchets et de promouvoir les chaînes d’approvisionnement locales; réaffirme la nécessité de réglementer les nouvelles techniques génomiques dans un souci de strict respect du principe de précaution et de faire de la disponibilité des ressources hydriques une priorité, en garantissant le caractère durable des pratiques d’irrigation et l’efficacité de l’utilisation des eaux; |
| 29. | demande que davantage de mesures soient prises pour mieux structurer le secteur primaire afin qu’il puisse ainsi devenir plus compétitif par rapport aux produits extérieurs. Un mouvement de concentration dans la gestion de l’offre et l’organisation commune des marchés devraient aider l’Union à garantir des prix et des conditions qui soient en adéquation avec le marché, ainsi qu’à assurer les moyens de subsistance de ses agriculteurs, ce qui renforcera la résilience des exploitations agricoles européennes; |
| 30. | estime que pour devenir plus compétitifs, nous devons mettre en œuvre et utiliser des technologies innovantes, favoriser les pratiques de l’agriculture biologique et faire nôtre une culture entrepreneuriale, objectifs qui seront plus faciles à atteindre avec de nouveaux agriculteurs plus qualifiés et plus volontaristes. Il convient de donner la priorité à la politique de renouvellement générationnel et à une augmentation de la participation des femmes, en mettant l’accent sur la rentabilité des exploitations concernées; |
Garantir le caractère juste et équitable du commerce et de l’accès au marché
| 31. | appelle de ses vœux une nouvelle génération d’accords commerciaux internationaux afin d’éviter que des produits importés ne fassent une concurrence déloyale aux produits européens, grâce à des clauses miroirs qui devront être rigoureusement appliquées pour garantir des conditions équitables d’accès aux marchés agricoles; |
| 32. | est d’avis qu’il y a lieu d’encourager la remise en exploitation des terres qui ont été délaissées ou sont sous-utilisées et de les affecter à une production alimentaire de niveau local, afin de favoriser une économie à petite échelle, de maintenir sur place la population des zones rurales et de prévenir les incendies de forêt. Le soutien à la commercialisation de produits de proximité revêt une importance fondamentale, en ce que cette action améliore la résilience des territoires et fait baisser l’empreinte carbone des activités, contribuant ainsi à atténuer le changement climatique; |
| 33. | invite la Commission européenne à reconnaître, conformément à l’article 349 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, les caractéristiques et besoins agricoles spécifiques des régions ultrapériphériques de l’Union, lesquelles nécessitent un traitement particulier, s’agissant d’accroître leur compétitivité, de s’adapter aux effets du changement climatique et de protéger leur production dans le cadre des accords commerciaux internationaux, ainsi que de moduler la réglementation phytosanitaire en fonction des spécificités et de la taille de leurs productions; |
| 34. | recommande de développer, renforcer et rendre plus facilement accessibles les mécanismes de défense commerciale, actuels et futurs, destinés à protéger le secteur agricole contre les pratiques commerciales déloyales dans les régions de l’Union, et de veiller ainsi à ce que leur mise en œuvre ne s’opère pas sans égard pour les territoires; |
| 35. | renouvelle l’appel qu’il a lancé à l’Union européenne pour qu’elle use de son influence en tant que premier marché d’importation et d’exportation de denrées alimentaires au monde pour faire évoluer les règles internationales du commerce de produits agricoles introduites en 1994 dans le cadre de l’OMC, afin de promouvoir plus d’équité, de réciprocité et de solidarité dans les relations commerciales, conformément au programme de développement durable à l’horizon 2030 et aux recommandations issues du dialogue stratégique, lesquelles insistent également sur le fait que l’Union doit continuer d’observer des normes élevées dans le domaine social et sur le plan de l’environnement et de la durabilité; |
| 36. | souligne également qu’il importe que l’Union européenne promeuve des pratiques commerciales justes et équitables favorisant le développement agricole durable tant dans l’Union que dans les pays tiers. En procédant à des analyses d’impact de ses accords commerciaux, l’Union doit veiller à ce que ses politiques commerciales respectent la réciprocité, sans créer de distorsions du marché susceptibles de nuire aux économies locales, et qu’elles contribuent ainsi à un commerce équilibré qui stimule la croissance durable et favorise la sécurité alimentaire mondiale; |
| 37. | comprend la nécessité d’importer des denrées alimentaires et des matières premières, mais estime néanmoins qu’il faut impérativement leur imposer les mêmes conditions de production et de sécurité alimentaires ainsi que les mêmes normes relatives à l’environnement et au travail que celles auxquelles les aliments et intrants sont soumis quand ils sont produits dans l’Union; |
| 38. | considère que l’inclusion de clauses miroirs dans les accords commerciaux conclus par l’Union européenne avec des pays tiers est le seul moyen de s’assurer que les produits importés respectent les mêmes normes environnementales, phytosanitaires et de sécurité que celles imposées à leurs équivalents produits dans l’Union et d’empêcher l’entrée de maladies et de nuisibles dont l’agriculture européenne est exempte; |
| 39. | invite dès lors la Commission européenne à introduire des clauses miroirs dans tous les accords commerciaux en vigueur comme dans ceux qui sont en cours de révision ou le seront prochainement, afin de garantir une concurrence loyale et de générer, au niveau de l’Union européenne, des avantages pour les agriculteurs, les travailleurs, les entreprises, les citoyens, la durabilité et le bien-être animal; |
| 40. | préconise un contrôle plus fréquent et plus efficace du respect des engagements contraignants souscrits au titre des accords commerciaux en matière de durabilité et de conditions de travail dans la production; |
| 41. | demande que soit encouragé et contrôlé le respect attentif des quotas et contingents fixés dans les accords commerciaux de l’Union, afin de garantir que les producteurs européens puissent accéder aux marchés internationaux de manière juste et équitable, et réclame que ces mêmes marchés présentent la transparence nécessaire pour que tous les opérateurs de l’Union européenne aient connaissance de cette information, de manière à être en mesure de la prendre en considération dans leurs stratégies de marché; souligne dans le même temps que l’Union européenne a pour responsabilité de veiller à ce que ses politiques agricoles et ses accords commerciaux ne portent pas atteinte aux marchés des pays tiers, en particulier dans le «Sud global»; |
| 42. | juge indispensable que soit mis en place un cadre réglementaire portant sur la chaîne agroalimentaire pour faciliter des mécanismes de défense commerciale préventifs, renforcer la protection contre les pratiques déloyales et garantir le respect des quotas et des contingents fixés; |
| 43. | recommande de promouvoir et d’encourager la collaboration entre tous les maillons de la chaîne d’approvisionnement des produits importés afin d’apporter une réponse globale et à plusieurs niveaux aux défis qui se posent dans le commerce international des produits agricoles et de tirer parti des possibilités que celui-ci offre par ailleurs; |
| 44. | demande à la Commission européenne de contrôler les normes de bien-être animal établies dans les accords commerciaux et les pratiques agricoles et de veiller à ce qu’elles soient observées, afin de garantir le respect et la protection des animaux à toutes les étapes de la production des produits importés; |
| 45. | souligne la nécessité de suivre de près les tendances à l’œuvre en matière de concentration des terres, d’accès aux terres et d’abandon des terres dans les espaces moins productifs, qui contribuent à réduire le nombre des petites et moyennes exploitations agricoles et à amoindrir la diversité biologique; demande des conditions de travail équitables pour les agriculteurs européens et un soutien pour assurer le renouvellement des générations, car ces mesures sont déterminantes pour maintenir la stabilité et la compétitivité de l’agriculture européenne (6); |
Renforcer les contrôles phytosanitaires et promouvoir l’innovation
| 46. | recommande, au regard du changement climatique et des possibilités qu’il offre à de nouveaux organismes nuisibles de prendre pied, la mise en place d’initiatives pour promouvoir la mise en œuvre plus efficace, aux niveaux régional et local, de mesures destinées à améliorer la détection et la prévention des maladies et des nuisibles provenant de la production agricole extérieure; |
| 47. | considère que la Commission européenne doit s’engager à encourager et renforcer les activités commerciales au niveau local qui, en plus de contribuer au développement économique des communautés, produisent également des effets bénéfiques pour protéger l’environnement et nouer des liens plus étroits entre les producteurs et les consommateurs. Le commerce durable qui s’effectue au niveau local joue un rôle essentiel pour promouvoir une économie plus résiliente et garantir la protection environnementale. S’attachant à produire et écouler des biens et des services à ce niveau local, pareille approche contribue à réduire l’empreinte écologique qui résulte des transports et des modes de production à grande échelle; |
| 48. | tient pour nécessaire que, par des limites qu’elle fixera horizontalement, l’Union européenne impose que les produits agricoles importés soient exempts de substances actives qui ne sont pas autorisées sur son territoire et que, le cas échéant, l’on encourage une coopération internationale pour traiter le problème du contrôle, au niveau mondial, des substances actives non autorisées dans les pays qui importent les produits concernés; |
| 49. | reconnaît l’engagement dont les producteurs agricoles des régions de l’Union font preuve en vue d’adopter des modes de production plus durables et régénérateurs pour l’environnement, et estime que les programmes de recherche européens devraient appuyer les efforts déployés pour trouver d’autres solutions efficaces, durables, résilientes et abordables en remplacement des méthodes de production moins respectueuses de l’environnement et accroître le niveau de connaissance et de sensibilisation concernant la gestion intégrée des organismes nuisibles et les autres techniques de substitution qui sont disponibles; |
| 50. | propose que la Commission européenne réexamine en vue de les adapter d’urgence les réglementations phytosanitaires afin d’apporter une juste reconnaissance aux cultures mineures et très mineures ou encore à celles qui présentent une diffusion plus restreinte dans l’Union européenne, et qu’elle apporte son soutien à des plans phytosanitaires d’urgence qui seront spécifiquement destinés auxdites cultures et prévoiront notamment la création de centres de diagnostic et de prévention concernant les organismes nuisibles. Cette reconnaissance devrait permettre aux producteurs d’utiliser des produits spécifiques de manière ponctuelle et temporaire pour protéger ces cultures contre les ravageurs et les maladies, et garantir ainsi leur viabilité économique et leur compétitivité sur le marché, mais aussi la transition vers des pratiques durables de protection des végétaux; |
| 51. | estime que l’on devrait encourager et renforcer la coopération interrégionale et la coopération entre États membres en matière de recherche et de connaissances scientifiques dans le domaine phytosanitaire, afin d’aborder efficacement les contrôles et d’améliorer la prévention des risques externes pour l’agriculture dans les territoires de l’Union; |
| 52. | juge indispensable de déployer sans plus attendre l’agriculture 4.0, qui, en plus de rendre la production agricole plus durable, plus résiliente et plus intelligente, renforcera aussi la connectivité des territoires ruraux et les compétences de leurs habitants dans le domaine du numérique, grâce à des programmes de formation et de numérisation, et apportera des réponses aux défis climatiques, environnementaux, commerciaux et compétitifs que l’agriculture dans les régions de l’Union devra affronter dans les années qui viennent; |
| 53. | demande que soient mises en place des initiatives dans le cadre de l’agriculture de précision pour simplifier, diffuser et faciliter l’application, aux niveaux régional et local, de nouvelles technologies et d’instruments permettant d’analyser des données en temps réel et de renforcer ainsi la prise de décisions éclairées, l’optimisation des ressources, les modèles prédictifs et l’automatisation des processus agricoles, en tenant dûment compte de la protection des données sensibles; |
Progresser dans le déploiement de la technologie de la chaîne de blocs et d’autres technologies innovantes pour asseoir la compétitivité de l’agriculture dans les régions d’Europe
| 54. | considère que l’Union européenne doit progresser dans le déploiement de la technologie de la chaîne de blocs (blockchain) pour renforcer la protection des consommateurs européens, la sécurité du marché unique et la transparence de la chaîne d’approvisionnement en denrées alimentaires importées, et pour promouvoir la durabilité du commerce international, en s’attachant notamment à faciliter l’accès des petits exploitants à des technologies de ce type; |
| 55. | propose de créer, en favorisant leur accessibilité pour les petites et moyennes exploitations, des plateformes européennes utilisant la technologie de la chaîne de blocs pour certifier et vérifier la traçabilité des produits agricoles et alimentaires, qu’ils soient produits dans l’Union ou dans des pays tiers, depuis leur lieu d’origine jusqu’au consommateur final; |
| 56. | estime qu’il serait utile d’utiliser la technologie de la chaîne de blocs pour certifier et contrôler les pratiques relevant de la durabilité et du bien-être animal dans la production alimentaire, dans l’Union comme dans les pays tiers, et pour contrôler l’utilisation de pesticides appropriés, les substances actives non autorisées dans l’Union, la gestion durable de l’eau et les conditions de vie des animaux, de manière à garantir le respect des normes européennes en matière d’environnement et de bien-être; |
| 57. | suggère de promouvoir des programmes de certification des pratiques agricoles durables dans les pays tiers au moyen de la technologie de la chaîne de blocs, afin de garantir que les produits importés respectent les normes de l’Union en matière de sécurité alimentaire, de durabilité et de responsabilité environnementale; |
| 58. | estime qu’il est impératif de dispenser des formations aux acteurs régionaux et locaux et d’en simplifier la mise en pratique dans leurs activités quotidiennes, ainsi que d’harmoniser et de mettre à jour celles qui sont fournies aux divers utilisateurs de produits phytosanitaires et portent sur leur usage durable, en insistant sur les risques, menaces et retombées qu’ils induisent pour la santé humaine et l’environnement; |
| 59. | est d’avis qu’il serait utile pour l’Union européenne de proposer et de promouvoir, en collaboration avec les organisations internationales et les pays exportateurs, une plateforme mondiale permettant à tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement d’enregistrer et de vérifier, au moyen de cette technologie, les données relatives à la production et à la transformation des produits alimentaires; |
| 60. | estime qu’il est important d’encourager la recherche en ce qui concerne la commercialisation des produits de l’agriculture et de l’élevage, de manière à analyser la structure des coûts de production dans ce secteur, la viabilité de nouveaux produits et le développement de nouveaux marchés, afin de repérer de nouveaux débouchés et d’améliorer la compétitivité et la rentabilité du secteur agroalimentaire européen; |
| 61. | recommande à l’Union européenne d’encourager l’adoption d’autres technologies innovantes et durables, qui améliorent la rentabilité et la compétitivité de la production agricole et qui contribuent dans le même temps à une utilisation efficace des ressources naturelles, comme c’est le cas par exemple du photovoltaïque agricole, pour autant que ces technologies n’entrent pas en concurrence avec la production alimentaire et qu’elles ne déstabilisent pas davantage des écosystèmes agricoles déjà fragiles; |
| 62. | souligne qu’il est urgent de développer davantage les énergies renouvelables dans l’agriculture, par des mesures incitatives en faveur des exploitants agricoles, afin d’asseoir une compétitivité durable, de faire baisser les coûts de l’énergie pour les agriculteurs, de favoriser des pratiques respectueuses de l’environnement et de réduire les émissions de carbone, contribuant ainsi à rendre le secteur plus écologique. L’adoption des énergies renouvelables renforce aussi la compétitivité des zones rurales en créant de nouveaux débouchés économiques et en favorisant la résilience sur le long terme; |
| 63. | préconise la promotion et l’accessibilité de technologies d’éclairage efficaces, actuelles et futures, dans les installations agricoles de l’Union, comme les lampes LED ou UV. Ces technologies peuvent non seulement réduire significativement les coûts énergétiques, mais aussi améliorer la productivité et l’état sanitaire des plantes, concourant ainsi à une agriculture plus durable et plus compétitive, tout en sachant néanmoins qu’il est essentiel de limiter le risque de pollution lumineuse. |
Bruxelles, le 3 avril 2025.
La présidente
du Comité européen des régions
Kata TÜTTŐ
(1) Voir notamment les avis «De la ferme à la table — La dimension locale et régionale», Guido Milana (IT/PSE), (2021/C 37/04); «Examen de la politique commerciale», Willy Borsus (BE/Renew Europe), (2021/C 175/04); «Les futures règles de l’Union européenne relatives aux aides d’État destinées à l’agriculture, aux zones rurales et à la sylviculture» (2022/C 301/10) et «L’avenir de la politique agricole commune», Isilda Gomes (PT/PSE) et Piotr Całbecki (PL/PPE), NAT-VII/042.
(2) Avis du Comité européen des régions — Mise en œuvre des accords de libre-échange (ALE): le point de vue local et régional (JO C 324 du 1.10.2020, p. 21).
(3) Rapport du dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture, p. 48.
(4) https://data.europa.eu/data/datasets/s2993_100_3_sp544_eng?locale=fr.
(5) Avis du Comité économique et social européen sur «La diplomatie climatique de l’Union européenne» (avis d’initiative) (JO C, C/2024/1575, 5.3.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/1575/oj).
(6) Avis du CdR sur «L’avenir de la politique agricole commune», JO C, C/2024/5363, 17.9.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5363/oj.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/3172/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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