Initiative législative52024IR3723

Avis du Comité européen des régions — Les régions métropolitaines et les zones urbaines fonctionnelles en tant que moteurs socio-économiques des investissements durables dans le cadre de la politique de cohésion 2021-2027

CELEX52024IR3723
TypeInitiative législative
Datemercredi 14 mai 2025

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions souligne le rôle clé des régions métropolitaines et des zones urbaines fonctionnelles dans la mise en œuvre de la politique de cohésion 2021-2027. Il préconise une meilleure intégration de ces territoires dans les stratégies d'investissement durable, en insistant sur la nécessité de renforcer leur gouvernance et leur capacité à mobiliser des financements européens. Pour le praticien français, ce texte invite à une réflexion sur l'articulation entre les dispositifs de droit commun (CPER, contrats de ville) et les objectifs de la politique de cohésion, notamment en matière de transition écologique et de développement économique local.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2025/3478

16.7.2025

Avis du Comité européen des régions — Les régions métropolitaines et les zones urbaines fonctionnelles en tant que moteurs socio-économiques des investissements durables dans le cadre de la politique de cohésion 2021-2027

(C/2025/3478)

Rapporteur

:

Carmine PACENTE (IT/Renew Europe), conseiller municipal de Milan

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR)

1.

fait valoir que 75 % de la population de l’Union vit à l’heure actuelle dans des zones urbaines, que ce soit dans des villes, cités ou banlieues, une proportion dont l’on escompte qu’elle atteigne 84 % d’ici à 2050; fait observer que de ce fait, les zones urbaines sont appelées inéluctablement à exercer une incidence croissante sur le développement durable de l’Union européenne et sur le bien-être des Européens, et qu’il convient de prendre dûment en compte cette évolution dans la politique de cohésion et la politique urbaine pour l’après 2027, sans préjudice du rôle et des compétences des pouvoirs publics régionaux dans le système de gestion de la politique de cohésion, dont l’échelon le plus pertinent pour la déployer est la région de niveau 2 de la nomenclature des unités territoriales statistiques (NUTS 2);

2.

relève que les zones urbaines et métropolitaines sont les principaux moteurs de la croissance économique et constituent des pôles d’innovation et de développement économique, qui attirent les citoyens grâce aux possibilités accrues qu’elles offrent en matière d’emploi, d’éducation et de services publics;

3.

relève que les zones urbaines et métropolitaines subissent des contraintes croissantes qui exacerbent les disparités socio-économiques et qui suscitent également des problèmes budgétaires et territoriaux, alors même que croît la demande de services publics de qualité;

4.

est conscient qu’en dépit de leur PIB plus important, les zones urbaines et métropolitaines se débattent avec l’insuffisance de leurs recettes publiques, car leur réussite économique n’a pas systématiquement pour effet de leur assurer un financement adéquat; en effet, le PIB par habitant ne fournit pas une vue complète du niveau de développement des territoires ni de leurs besoins réels; aussi convient-il de recourir à des indicateurs plus larges, notamment un indice de progrès social, des objectifs de développement durable (ODD) et un indice de développement humain, de sorte à répartir les financements de manière plus équitable et à s’assurer ce faisant que les quartiers qui rencontrent les plus grandes difficultés bénéficient de moyens adéquats;

5.

réaffirme la nécessité de solides stratégies urbaines et métropolitaines pour faire face à l’évolution démographique, aux transitions écologique, numérique et industrielle, aux inégalités sociales, à l’impératif de l’intégration, aux pénuries de logements d’un prix abordable, aux soins de santé, à la mobilité, à la pollution atmosphérique et au changement climatique;

6.

souligne que les concentrations élevées de population dues à des soldes migratoires positifs peuvent également entraîner une détérioration de la qualité de vie, une augmentation des risques de pauvreté et l’exclusion sociale, autant de phénomènes qui appellent une aide à même de s’adapter à ces enjeux;

7.

reconnaît le rôle que jouent l’interconnexion entre les zones urbaines et rurales et la coopération au sein des zones métropolitaines à titre d’instrument pour favoriser un développement territorial équilibré et fournir une assistance spécifique aux petites et moyennes municipalités;

8.

souligne l’importance croissante des zones urbaines fonctionnelles dans les politiques de l’Union et invite à porter une plus grande attention à la notion de zone fonctionnelle dans le cadre des discussions stratégiques à tous les échelons de gouvernance et au sein des institutions de l’Union;

9.

met en relief le rôle que jouent les régions métropolitaines pour élaborer des solutions intégrées qui se fondent sur des synergies et sur les besoins des territoires, et qui apportent un surcroît de valeur ajoutée à l’ensemble de la zone géographique considérée;

10.

constate que la coordination par-delà les frontières administratives pose souvent des difficultés, au regard desquelles il convient de favoriser des initiatives, qu’elles se fondent sur des instruments de réglementation ou d’incitation, tels que des moyens financiers plus importants ou des taux plus élevés de cofinancement, afin d’encourager les différentes administrations à œuvrer de concert; leur coopération est en effet nécessaire pour relever les défis qui se présentent en permanence pour les zones urbaines en matière de durabilité écologique, d’inégalités sociales et territoriales, de logement abordable et de mobilité durable;

11.

reconnaît l’importance des outils de développement territorial intégré pour appuyer le développement urbain durable, stimuler l’innovation en facilitant la coopération intersectorielle, exploiter le potentiel local, promouvoir des stratégies de croissance qui confortent la cohésion et favoriser le renforcement des liens entre les zones urbaines et rurales, et veiller ce faisant à ce que les zones urbaines métropolitaines et fonctionnelles concourent au développement équilibré des autres zones urbaines et des régions environnantes;

12.

souligne que les fonds de la politique de cohésion demeurent une importante source de financement des investissements dans le développement urbain durable, et tient pour positif le signal qu’a constitué le renforcement de la dimension urbaine au cours de la période 2021-2027 grâce à une enveloppe de 24,35 milliards d’euros provenant du Fonds européen de développement régional en faveur de projets d’investissement fondés sur des stratégies territoriales;

13.

apprécie hautement le soutien que procure la politique de cohésion au développement territorial intégré au titre de l’objectif stratégique 5 «Une Europe plus proche des citoyens» (OS 5), qui s’attaque aux enjeux économiques, environnementaux, climatiques, démographiques et sociaux des territoires, en s’appuyant sur des stratégies de développement local territorial ou participatif, lesquelles intégreront pleinement les objectifs de protection des paysages et de gestion durable des ressources naturelles, tout en optimisant les services écosystémiques au bénéfice des collectivités locales et de la résilience territoriale globale;

14.

fait observer que l’approche adoptée de gestion centralisée des fonds, également pour celle de la facilité pour la reprise et la résilience, pourrait conduire les gouvernements nationaux à négliger les priorités locales, et insiste sur le fait que pour en pallier les limites, les futurs cadres de programmation devraient associer systématiquement et à part entière les échelons local, régional, national et européen à la conception des politiques, et faire ainsi en sorte que les zones urbaines et métropolitaines participent d’entrée de jeu aux processus de prise de décision;

15.

est conscient de l’importance que revêtent les programmes en gestion partagée pour fournir des financements réguliers et constants aux villes et aux zones métropolitaines, en mettant encore plus en vedette la notion de zones fonctionnelles; demande d’établir, par la voie d’une coopération entre partenaires avec les pouvoirs publics de l’échelon régional qui seront responsables des futurs programmes régionaux, des normes communes pour ce qui est de créer et de financer lesdites zones fonctionnelles urbaines et métropolitaines, afin de conférer un socle stable à leur bon fonctionnement;

16.

met en garde contre de nouvelles réductions du cofinancement apporté par l’Union européenne, alors que les villes et les régions métropolitaines sont d’ores et déjà confrontées à des charges administratives et aux conditions restrictives en matière de thématique et d’éligibilité régissant les financements de l’Union, qui ont pour effet de réduire le taux effectif du cofinancement que celle-ci apporte; une nouvelle diminution affaiblirait considérablement leur capacité d’absorption et les empêcherait d’exploiter pleinement les possibilités que présente leur territoire; il s’impose donc de maintenir et, le cas échéant, de renforcer les taux de cofinancement de l’Union afin que les régions métropolitaines puissent continuer à jouer leur rôle moteur en matière d’investissement durable et de croissance socio-économique;

17.

relève toutefois que les acteurs des zones urbaines et métropolitaines remettent en cause l’efficacité des instruments actuels de transformation urbaine, car ils les tiennent pour inadaptés en raison de leurs budgets limités et de l’éparpillement de leurs dispositifs de financement;

18.

attire l’attention sur les effets négatifs qu’entraîne pour les villes et les régions l’éparpillement des fonds et des procédures, car il accroît la charge administrative qui pèse sur les pouvoirs publics urbains et régionaux, et demande de rationaliser les initiatives en lien avec la politique territoriale dans le cadre d’un corpus unique de règles;

19.

met en avant la nécessité, pour l’après-2027, d’une politique de cohésion et de croissance forte, souple et réformée, qui soit à même de continuer à réduire les disparités régionales et d’accroître la compétitivité dans chaque région d’Europe, et de relever ce faisant les nouveaux défis, et notamment de réagir aux catastrophes climatiques ou d’accompagner l’évolution démographique;

20.

renouvelle sa demande d’évaluer plus systématiquement ex ante l’impact sur les territoires de toute nouvelle politique et législation de l’Union dès sa phase de conception, et notamment son impact sur les régions et sur les zones métropolitaines et urbaines qu’elles abritent, afin de ne pas exacerber les disparités régionales et de ne pas attiser le mécontentement dans l’Union;

21.

insiste sur le rôle déterminant que jouent les villes pour réaliser les ODD et asseoir le caractère inclusif, sûr, résilient et durable des établissements humains, mais aussi sur le fait que les pouvoirs publics urbains manquent souvent de capacités lorsqu’il s’agit de tirer le meilleur parti des incitations aux financements de l’Union et des mécanismes de mise en œuvre territoriale, tels que les investissements territoriaux intégrés (ITI) et le développement local participatif (DLP);

22.

estime que les activités que mène la Commission européenne afin de renforcer les capacités et qui fournissent une assistance technique en gestion directe et indirecte, telles que l’initiative urbaine européenne, procurent un surcroît incontestable de valeur ajoutée lorsqu’il s’agit de permettre aux praticiens d’échanger des pratiques et de coordonner leurs activités à l’échelon de l’Union; fait néanmoins valoir que ces mesures ne sauraient se substituer aux actions que les États membres de l’Union et les autorités de gestion sont tenus de mener à l’échelon infranational approprié;

23.

souligne que les programmes de coopération territoriale européenne (Interreg) renforcent la capacité administrative des pouvoirs publics locaux et urbains grâce à des activités très diverses qui favorisent la coopération et le partage des connaissances; de la même manière, le programme URBACT contribue à renforcer les capacités techniques et administratives des villes en les dotant du savoir-faire nécessaire pour mettre en œuvre les politiques de développement urbain durable, en faisant connaître les méthodes et les outils;

24.

invite les États membres de l’Union et les autorités de gestion à intensifier leurs initiatives visant à renforcer les capacités dans le cadre de programmes en gestion partagée et pour ce faire, à recourir davantage à l’assistance technique dispensée à cette même fin, notamment auprès de celles des parties prenantes qui emploient des mécanismes territoriaux de mise en œuvre (ITI et DLP);

25.

se félicite de l’intention de la Commission européenne de publier un programme politique ambitieux en faveur des villes, de sorte à tirer parti des atouts dont celles-ci disposent pour jouer le rôle de moteur de l’innovation, de la croissance et de la compétitivité, et souligne que chaque ville compte, quelle que soit sa taille, lorsqu’il s’agit d’atteindre l’objectif commun de réduire les disparités régionales en Europe;

26.

estime que le renforcement des capacités stratégiques et opérationnelles des villes et l’adoption des principes de la nouvelle charte de Leipzig contribuent à un développement régional harmonieux et favorisent une gouvernance plus inclusive et participative;

27.

estime que le renouvellement de la charte de Leipzig en novembre 2020 a constitué l’occasion de renforcer la convergence entre les programmes urbains et territoriaux, mais reconnaît qu’il demeure nécessaire d’accroître les synergies et la complémentarité entre le programme urbain de l’Union, l’agenda territorial et la politique de cohésion pour l’après-2027;

28.

invite la Commission européenne à mettre au point son futur programme politique pour les villes en s’appuyant sur les approches territoriales et sur les mécanismes de coopération qui ont fait leurs preuves dans le cadre de la politique de cohésion, ainsi qu’à renforcer ce faisant le dialogue avec les villes, les zones métropolitaines, les zones urbaines fonctionnelles et les régions;

29.

plaide en faveur de la poursuite de l’agenda territorial en l’axant plus stratégiquement sur l’aménagement intersectoriel du territoire, lequel permet d’articuler la politique de cohésion et d’autres domaines d’intervention de l’Union; invite la Commission européenne à intégrer la dimension territoriale et le principe consistant à «ne pas nuire à la cohésion» dans l’ensemble des politiques et programmes de l’Union, et à asseoir plus efficacement l’agenda territorial sur la politique de cohésion et la politique urbaine de l’Union;

30.

demande de faire respecter le principe de partenariat et de conformer le cadre législatif qu’élabore la Commission européenne pour l’après-2027 aux dispositions de son règlement délégué (UE) no 240/2014 du 7 janvier 2014 relatif au code de conduite européen sur le partenariat dans le cadre des Fonds structurels et d’investissement européens (1);

31.

est d’avis qu’il s’impose de parfaire et de renforcer plus avant le programme urbain de l’Union européenne; bien que ce dernier ait favorisé les partenariats stratégiques et le dialogue entre la Commission européenne, les États membres et les autorités locales, il n’a pas permis de parvenir à coordonner et à intégrer de manière suffisamment adéquate les perspectives urbaines dans la législation de l’Union et il n’a pas bénéficié de financements;

32.

demande d’imprimer un nouvel élan au programme urbain pour l’Union, qui encourage la Commission européenne à lancer des consultations préliminaires pour les nouvelles initiatives qui ont une incidence directe ou indirecte sur les collectivités locales et régionales;

33.

demande d’associer les cités, les villes et les collectivités locales et régionales à toutes les étapes du cycle de l’action politique et de l’élaboration du programme politique pour les villes, et en s’appuyant sur des documents tels que la charte de Leipzig, le pacte d’Amsterdam, le manifeste du Réseau des régions et des aires métropolitaines d’Europe (Metrex), la déclaration des pouvoirs publics de métropoles d’Europe (EMA) de 2024, la déclaration de Bruxelles des maires européens et le document de position d’Eurocities sur «Une politique de cohésion forte qui favorise la transformation urbaine», de faire en sorte d’intensifier la coopération des zones urbaines et métropolitaines et des institutions européennes et de renforcer leur capacité à répondre ensemble et plus efficacement aux changements que connaissent actuellement les cités et les villes;

34.

demande à la Commission de conférer à son futur programme politique pour les villes une approche horizontale et large sur le plan thématique, qui s’axe sur la compétitivité, la durabilité, la numérisation, la cohésion sociale, le logement, la mobilité et la résilience au changement climatique, car il s’agit là de quelques-uns des domaines de compétence où la réalisation des objectifs de l’Union risque d’être compromise; tout en faisant valoir la nécessité de respecter le principe de subsidiarité, plaide également pour encourager de nouveaux investissements intégrés qui confortent une croissance cohésive et les liens entre les zones urbaines et rurales;

35.

insiste pour que le nouveau programme politique de la Commission pour les villes prévoie des instruments visant à favoriser les zones urbaines fonctionnelles car celles-ci sont mieux à même de définir et de réaliser des objectifs que des initiatives individuelles; parmi ces instruments devraient figurer des mécanismes qui procurent des moyens financiers plus importants ou des taux de cofinancement plus élevés;

36.

s’oppose fermement à toute tentative de centraliser les politiques de l’Union qui sont actuellement mises en œuvre en gestion partagée, et fait valoir qu’il est nécessaire, pour le cadre qui prévaudra après 2027, d’assurer une plus grande décentralisation grâce à la participation des pouvoirs publics régionaux et locaux aux processus de prise de décision;

37.

estime qu’il est essentiel de disposer d’une solide structure de gouvernance pour aligner les priorités locales, régionales et nationales, mais constate que nombre de zones urbaines et métropolitaines n’ont toujours pas de cadres administratifs adéquats;

38.

invite les États membres à expérimenter des dispositifs d’incitation qui permettent de réorienter les fonds non utilisés des politiques centralisées, par la voie de procédures négociées et/ou de mise en concurrence, directement à l’échelon de la programmation régionale intégrée, et d’en faire bénéficier notamment les zones urbaines et métropolitaines dans le but d’atteindre des objectifs prédéterminés;

39.

souhaite que des formes de coordination et/ou de complémentarité des instruments soient mises en évidence au sein de la rubrique d’un «cadre urbain européen commun» dans le futur cadre financier pluriannuel; il convient de mettre spécifiquement en place un mécanisme financier inséré dans le cadre de la programmation régionale intégrée, élaboré de concert avec les régions et en coopération avec toutes les autorités urbaines/métropolitaines et leurs réseaux, afin de contribuer à accroître la simplicité, la cohérence et la clarté des initiatives;

40.

demande de relever le taux minimal de 8 % de la dotation nationale du FEDER prévue en faveur du développement urbain, puisque ce taux a d’ores et déjà été dépassé au cours du cadre financier pluriannuel en vigueur, en sus de renforcer l’intégration des initiatives axées sur les zones urbaines dans la programmation de la politique de cohésion, afin d’assurer également l’appui nécessaire aux nouvelles priorités européennes, notamment en matière de logement abordable et de sécurité;

41.

demande d’assurer l’extension des possibilités des zones urbaines et métropolitaines d’accéder aux financements de l’Union en gestion partagée, dans le cadre d’une programmation régionale intégrée qui soit renforcée et assortie d’une réserve financière obligatoire (dans le cadre des programmes régionaux), afin d’appuyer les investissements régionaux intersectoriels qui répondent aux défis urbains et régionaux d’aujourd’hui et renforcent les liens entre les zones urbaines et rurales;

42.

demande d’établir une réserve minimale de 5 % du Fonds social européen plus (FSE+) à l’intention de stratégies urbaines et territoriales visant à lutter contre le creusement des inégalités, la pauvreté et les disparités en matière d’éducation au sein des zones métropolitaines et à faire face aux contraintes qu’exercent des problèmes démographiques accrus et de satisfaire la demande croissante de services;

43.

appelle de ses vœux un nouveau programme urbain qui encourage l’agrégation des zones fonctionnelles et métropolitaines par-delà les frontières de chaque municipalité afin de mieux relever les défis futurs; propose que tous les programmes de cohésion prévoient des incitations importantes en faveur des projets qui dépassent les frontières des municipalités et favorisent ainsi un développement urbain et métropolitain coordonné;

44.

demande de renforcer le rôle des collectivités régionales, en collaboration étroite avec les zones urbaines et métropolitaines, dans la planification stratégique des territoires et des investissements, et d’aller plus loin que les stratégies territoriales afin d’établir un cadre de programmation adapté aux particularités et aux besoins propres à chaque territoire, tout en veillant à l’alignement sur les priorités thématiques de l’Union au moyen de mécanismes flexibles qui tiennent compte des niveaux de développement local; estime en outre que les régions doivent impérativement promouvoir et coordonner des systèmes effectifs de suivi et d’évaluation des incidences territoriales des politiques et projets financés, notamment en ayant recours à des données satellitaires et à d’autres instruments d’analyse géospatiale, de sorte à mesurer objectivement les transformations territoriales et à évaluer l’efficacité des stratégies s’agissant de réaliser les objectifs de développement durable;

45.

demande d’instaurer un dialogue direct, structuré et obligatoire entre la Commission européenne, les régions et les villes, de sorte à s’assurer d’une participation directe des pouvoirs publics régionaux et urbains à la définition et à la mise en œuvre des nouveaux instruments de l’Union tels que le soutien régional d’urgence à la reconstruction (Restore) et l’initiative en faveur d’un logement abordable;

46.

propose de s’attacher davantage aux zones urbaines fonctionnelles, et ce faisant, de tenir compte de la dynamique territoriale et économique plus large qui transcende les villes prises individuellement et qui permet d’apporter des réponses coordonnées aux possibilités et aux enjeux communs;

47.

encourage les États membres, dans le cadre de l’examen à mi-parcours, à introduire dans leurs programmes nationaux en gestion partagée des réserves financières destinées aux zones urbaines et métropolitaines, de sorte à soutenir les investissements, en particulier dans les secteurs où se présentent des questions sensibles (à savoir l’environnement, le logement et l’inclusion sociale), comme le suggère la récente proposition de la Commission d’introduire des «mesures spécifiques visant à relever les défis stratégiques»;

48.

estime que donner les moyens aussi bien aux «villes phares» qu’aux villes de taille moyenne de jouer le rôle de pôles régionaux et nationaux de croissance peut favoriser un modèle de «réseaux de villes», et combler dans le même temps l’écart entre la conception des politiques et leur mise en œuvre; recommande de tirer parti des capacités administratives, techniques et financières dont font preuve les zones urbaines métropolitaines lors de la mise en œuvre des politiques de cohésion et du dispositif de la facilité pour la reprise et la résilience, et de reconnaître ainsi le rôle qu’elles jouent pour réaliser les objectifs stratégiques de l’Union et mettre en œuvre efficacement les mesures axées sur la performance; fait valoir la nécessité de se garder de centraliser à l’excès les processus de planification, et met ce faisant en relief la capacité pratique des pouvoirs publics urbains à mettre en œuvre des politiques tout en renforçant les modèles de gouvernance à plusieurs niveaux qui allient des approches axées sur la performance et l’aménagement stratégique du territoire.

Bruxelles, le 14 mai 2025.

La présidente

du Comité européen des régions

Kata TÜTTŐ


(1) JO L 74 du 14.3.2014, p. 1.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/3478/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)