| CELEX | 52024XC05991 |
| Type | Communication |
| Date | jeudi 3 octobre 2024 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2024/5991 | 3.10.2024 |
COMMUNICATION DE LA COMMISSION
Lignes directrices relatives au calcul des corrections financières dans le cadre des procédures d’apurement de conformité et d’apurement des comptes
(C/2024/5991)
Avertissement: Le présent document expose l’avis de la Commission sur l’interprétation des dispositions juridiques pour le calcul des corrections financières dans le cadre des procédures d’apurement de conformité et d’apurement des comptes. Élaboré à des fins d’orientation générale, il n’est pas juridiquement contraignant. Il ne peut en aucun cas remplacer des dispositions réglementaires ni préjuger d’éventuelles décisions de la Cour de justice, qui est seule compétente pour se prononcer de façon juridiquement contraignante sur l’interprétation des actes adoptés par les institutions de l’Union.
Il est en outre rappelé qu’il incombe aux États membres d’appliquer correctement la législation agricole.
TABLE DES MATIÈRES
| Partie A | Dépenses entrant dans le champ d’application du plan stratégique relevant de la PAC visé dans le règlement (UE) 2021/2115 | 3 |
| 1. | Introduction | 3 |
| 1.1. | Définitions et dispositions pertinentes | 3 |
| 1.2. | Accès à l’information | 4 |
| 2. | Détermination des corrections financières conformément à l’article 15 du règlement délégué (UE) 2022/127 | 4 |
| 2.1. | Déficiences graves | 4 |
| 2.1.1. | Première catégorie de déficiences graves | 5 |
| 2.1.2. | Deuxième catégorie de déficiences graves | 6 |
| 2.2. | Dépenses à risque | 7 |
| 2.2.1. | Interventions au titre du plan stratégique relevant de la PAC | 7 |
| 2.2.2. | Conditionnalité | 7 |
| 2.2.3. | Conditionnalité sociale | 7 |
| 2.3. | Quantification du risque financier | 8 |
| 2.3.1. | Estimation du risque par l’organisme de certification dans le cadre de son opinion d’audit | 8 |
| 2.3.2. | Calcul par l’État membre | 9 |
| 2.3.3. | Extrapolation par l’État membre | 9 |
| 2.3.4. | Correction forfaitaire | 10 |
| 2.3.5. | Estimation par la Commission | 10 |
| 2.3.6. | Autres éléments à prendre en considération dans la quantification | 11 |
| 2.4. | Autres considérations | 12 |
| 2.4.1. | Difficultés d’interprétation de la législation de l’Union | 12 |
| 2.4.2. | Communication initiale du niveau de la correction financière | 12 |
| 2.4.3. | Période de la correction | 12 |
| 2.4.4. | Montants recouvrés et retenus par l’État membre | 13 |
| 2.4.5. | Double correction | 13 |
| 2.4.6. | Taux de suspension en cas de plans d’action | 13 |
| Partie B | Dépenses ne relevant pas du champ d’application du plan stratégique relevant de la PAC visé dans le règlement (UE) 2021/2115 ou pour l’aide spécifique au coton et l’aide pour la retraite anticipée | 13 |
| 3. | Introduction | 13 |
| 3.1. | Définitions et dispositions pertinentes | 14 |
| 3.2. | Accès à l’information | 15 |
| 4. | Détermination des corrections financières conformément à l’article 14 du règlement délégué (UE) 2022/127 | 15 |
| 4.1. | Principes essentiels | 15 |
| 4.2. | Dépenses à risque | 16 |
| 4.3. | Quantification du risque financier | 16 |
| 4.3.1. | Critères et méthodologie pour les corrections financières calculées et extrapolées | 16 |
| 4.3.2. | Corrections financières forfaitaires | 18 |
| 4.3.3. | Autres éléments à prendre en considération dans la quantification | 18 |
| 5. | Détermination des corrections financières en cas de déficiences dans le contrôle des opérations prévu au titre IV, chapitre III, du règlement (UE) 2021/2116 | 22 |
| Partie C | Dépenses entrant et n’entrant pas dans le champ d’application du plan stratégique relevant de la PAC visé dans le règlement (UE) 2021/2115 | 22 |
| 6. | Détermination des corrections financières pour des déficiences en matière de respect des conditions d’agrément par les organismes payeurs | 22 |
| 6.1. | Conditions d’application des corrections financières | 23 |
| 6.2. | Dépenses à risque | 24 |
| 6.3. | Niveaux de correction | 24 |
| 7. | Détermination des corrections financières pour des déficiences dans la gestion des irrégularités et des créances | 24 |
| 8. | Corrections financières découlant de la procédure d’apurement financier | 25 |
| 9. | Corrections positives dans la décision de conformité | 25 |
| 9.1. | Principes | 25 |
| 9.2. | Correction positive après une décision d’apurement financier annuel | 25 |
| 9.3. | Correction positive après une décision de conformité | 25 |
| 9.4. | Correction positive liée à des suspensions | 26 |
Abréviations utilisées
| BCAE: | norme relative aux bonnes conditions agricoles et environnementales des terres |
| CSP: | plan stratégique relevant de la PAC |
| EBU: | exigence de base de l’Union |
| ERMG: | exigence réglementaire en matière de gestion |
| OC: | organisme de certification |
| OP: | organisme payeur |
| SGC: | systèmes de gestion et de contrôle |
PARTIE A
DÉPENSES ENTRANT DANS LE CHAMP D’APPLICATION DU PLAN STRATÉGIQUE RELEVANT DE LA PAC VISÉ DANS LE RÈGLEMENT (UE) 2021/2115
1. INTRODUCTION
La présente partie fournit des orientations sur le calcul des corrections financières dans le cadre de la procédure de conformité visée à l’article 55 du règlement (UE) 2021/2116 du Parlement européen et du Conseil (1) pour les dépenses entrant dans le champ d’application du plan stratégique relevant de la PAC décrit à l’article 1er, point c), du règlement (UE) 2021/2115 du Parlement européen et du Conseil (2) , (3), à appliquer en cas de déficiences graves affectant le bon fonctionnement des systèmes de gouvernance des États membres.
La présente partie s’applique aux procédures de conformité et aux suspensions de paiements lancées après la date d’adoption des présentes lignes directrices (c’est-à-dire les procédures dans lesquelles la lettre de constatations est envoyée à l’État membre concerné après cette date).
Le règlement délégué (UE) 2022/127 de la Commission (4) et le règlement d’exécution (UE) 2022/128 de la Commission (5) fixent les règles relatives à la détermination des corrections financières et à la suspension des paiements.
Les « lignes directrices pour la détermination des corrections financières à appliquer aux dépenses financées par l’Union en cas de non-respect des règles en matière de marchés publics » sont définies dans la décision C(2019)3452 de la Commission du 14 mai 2019.
Les corrections financières appliquées conformément au règlement (UE) 2021/2116 sont sans préjudice d’autres mécanismes susceptibles d’être déclenchés pour préserver les intérêts financiers de l’Union. Elles ne s’opposent pas non plus à ce que la Commission engage une procédure en vertu des articles 258, 259 et 260 du traité.
1.1. Définitions et dispositions pertinentes
Systèmes de gouvernance: au sens de l’article 2, point b), du règlement (UE) 2021/2116, les «systèmes de gouvernance» désignent les « organes de gouvernance visés au titre II, chapitre II, du présent règlement et les exigences de base de l’Union, y compris les obligations qui incombent aux États membres en ce qui concerne la protection efficace des intérêts financiers de l’Union visée à l’article 59 du présent règlement ainsi que la mise en œuvre, conformément à l’article 9 du règlement (UE) 2021/2115, de leurs plans stratégiques relevant de la PAC tels qu’ils sont approuvés par la Commission, et le système d’établissement de rapports mis en place aux fins du rapport annuel de performance visé à l’article 134 dudit règlement ».
Exigences de base de l’Union: au sens de l’article 2, point c), du règlement (UE) 2021/2116, les «exigences de base de l’Union» désignent les « exigences de l’Union fixées dans le règlement (UE) 2021/2115, dans le présent règlement, dans le règlement financier et dans la directive 2014/24/UE du Parlement européen et du Conseil [sur la passation des marchés publics]».
Intervention: au sens de l’article 3, paragraphe 3, du règlement (UE) 2021/2115, et aux fins de la présente partie des lignes directrices, une «intervention» désigne « un instrument d’aide assorti d’une série de conditions d’admissibilité spécifiées par un État membre dans son plan stratégique relevant de la PAC sur la base d’un type d’intervention prévu par le présent règlement ».
Déficience grave affectant le bon fonctionnement des systèmes de gouvernance: au sens de l’article 2, point d), du règlement (UE) 2021/2116, une «déficience grave affectant le bon fonctionnement des systèmes de gouvernance» désigne « l’existence d’une faiblesse systémique, compte tenu de sa récurrence, de sa gravité et de ses conséquences préjudiciables quant à l’exactitude des déclarations de dépenses, l’établissement de rapports de performance, ou le respect du droit de l’Union ».
Procédure de conformité: l’article 55 du règlement (UE) 2021/2116 dispose que:
«1. Lorsque la Commission estime que les dépenses visées à l’article 5, paragraphe 2, et à l’article 6 n’ont pas été effectuées en conformité avec le droit de l’Union, elle adopte des actes d’exécution déterminant les montants à exclure du financement de l’Union. Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure consultative visée à l’article 103, paragraphe 2.
Toutefois, en ce qui concerne les types d’intervention visés dans le règlement (UE) 2021/2115, les exclusions du financement de l’Union visées au premier alinéa du présent paragraphe ne s’appliquent qu’en cas de déficiences graves affectant le bon fonctionnement des systèmes de gouvernance des États membres. Le premier alinéa ne s’applique pas aux cas de non-respect des conditions d’éligibilité pour les bénéficiaires individuels établies dans les plans stratégiques relevant de la PAC et les règles nationales.»
Récurrence des déficiences dans différentes enquêtes: l’article 15, paragraphe 3, point c), du règlement délégué (UE) 2022/127 de la Commission fait référence à des circonstances dans lesquelles «des déficiences similaires dans le même secteur sont détectées dans un État membre lors d’une enquête faisant suite à une enquête au cours de laquelle ces déficiences avaient été détectées et communiquées à l’État membre pour la première fois, compte tenu toutefois des éventuelles mesures correctives ou compensatrices prises par l’État membre».
On parle de « conséquences préjudiciables » quand la déficience grave compromet l’exactitude des déclarations de dépenses, le bon établissement de rapports de réalisation ou le respect des exigences obligatoires du droit de l’Union, avec une incidence financière potentielle.
Par « systèmes de gestion et de contrôle », on entend tous les contrôles que doivent réaliser les États membres « afin de garantir le respect de la législation de l’Union régissant les interventions de l’Union », comme prévu à l’article 59, paragraphes 1 et 2, du règlement (UE) 2021/2116.
Par « système de contrôle gravement déficient », on entend un système qui expose le Fonds européen agricole de garantie (FEAGA) et le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) à un risque important d’irrégularités et d’autres manquements préjudiciables au budget de l’Union et pour lequel des améliorations importantes sont requises.
1.2. Accès à l’information
La Commission a le droit, conformément à l’article 50 du règlement (UE) 2021/2116, d’obtenir toutes les informations nécessaires au bon fonctionnement du FEAGA et du Feader et d’examiner tous les documents ayant trait aux dépenses financées par ces Fonds.
L’article 5, paragraphe 4, du règlement d’exécution (UE) 2022/128 de la Commission impose à l’organisme de certification d’établir un rapport de ses constatations.
Le non-respect de l’obligation de transmettre le rapport de l’organisme de certification, conformément à l’article 33, paragraphe 1, point c), du règlement d’exécution (UE) 2022/128, est considéré comme une violation des dispositions susmentionnées et comme un manquement à l’obligation de fournir la preuve que les audits nécessaires ont été réalisés correctement et avec l’efficacité requise. Ce manquement nuit à la capacité des services de la Commission à acquérir une assurance quant à l’exactitude des dépenses déclarées au FEAGA et au Feader et, le cas échéant, des réalisations correspondantes.
2. DÉTERMINATION DES CORRECTIONS FINANCIÈRES CONFORMÉMENT À L’ARTICLE 15 DU RÈGLEMENT DÉLÉGUÉ (UE) 2022/127
2.1. Déficiences graves
Dans le cadre de la politique agricole commune (PAC) 2023-2027, les systèmes de gouvernance de l’État membre font l’objet d’une évaluation et, lorsque des déficiences graves affectant le bon fonctionnement des systèmes de gouvernance entraînent une situation dans laquelle il est estimé que les dépenses financées par le FEAGA et le Feader « n’ont pas été effectuées en conformité avec le droit de l’Union », la Commission propose d’exclure certaines dépenses du financement de l’Union conformément à l’article 55, paragraphe 1, du règlement (UE) 2021/2116.
Bien que, conformément à l’article 55, paragraphe 1, troisième alinéa, du règlement (UE) 2021/2116, la Commission n’exclue pas du financement de l’UE les dépenses en cas de non-respect des conditions d’éligibilité pour les bénéficiaires individuels établies dans les plans stratégiques relevant de la PAC et les règles nationales, elle devra obtenir l’assurance que les systèmes de gestion et de contrôle sont mis en place de manière que toutes les conditions d’éligibilité soient correctement contrôlées par les autorités nationales et que les intérêts financiers de l’Union soient protégés conformément à l’article 59, paragraphes 1 et 2, dudit règlement.
Si une déficience prend naissance dès sa survenance et sa détection, la conclusion relative à sa gravité doit, entre autres facteurs, prendre en considération la conséquence préjudiciable réelle et son incidence financière, ainsi qu’elle est établie à l’issue de la procédure contradictoire complète menée avec l’État membre. Compte tenu de ce principe, on ne sait pas d’emblée si une déficience est grave ou non. Le point de départ est la probabilité d’une déficience grave susceptible d’entraîner une procédure de conformité au titre de l’article 55, paragraphe 3, du règlement (UE) 2021/2116. Quant à la manière de détecter une déficience grave potentielle, elle a été expliquée dans le document intitulé « Identifying potential serious deficiencies for the purpose of Directorate H’s mission to provide assurance » (6) (Identification des déficiences graves potentielles aux fins de la mission d’assurance de la direction H), partagé avec les États membres.
Les présentes lignes directrices couvrent la situation dans laquelle la Commission conclut, à la suite de la procédure contradictoire avec l’État membre, qu’il existe une conséquence préjudiciable ayant une incidence financière et que, par conséquent, la déficience est effectivement (et non plus seulement potentiellement) considérée comme grave.
Pour rappel, une non-conformité de l’État membre avec la législation de l’Union constitue une déficience qui pourrait être considérée comme une déficience grave. Dans la mesure où il n’y aurait pas de préjudice financier (pas d’incidence financière) pour le FEAGA ou le Feader et donc pas de correction financière à appliquer, cela pourrait toujours constituer un motif suffisant pour engager une procédure EU Pilot ou une procédure d’infraction au titre de l’article 258 du traité. Ces procédures ne relèvent pas du champ d’application des présentes lignes directrices.
Presque tous les éléments des systèmes de gouvernance sont perfectibles, et l’une des responsabilités de la Commission consiste à recommander des améliorations afin de donner une assurance supplémentaire quant au bon fonctionnement des systèmes de gouvernance. Toutefois, le fait que la manière dont fonctionne un élément des systèmes de gouvernance soit perfectible ne suffit pas en soi pour justifier une correction financière. Il doit y avoir une déficience grave affectant le bon fonctionnement des systèmes de gouvernance mis en place par l’État membre.
Les déficiences graves sont divisées en deux catégories.
2.1.1. Première catégorie de déficiences graves
La première catégorie («catégorie 1») de déficiences graves couvre tous les cas de non-conformité dans la conception ou la mise en place des systèmes de gouvernance, y compris les systèmes de gestion et de contrôle, tant au niveau de l’État membre qu’au niveau de l’organisme payeur. Une déficience grave de la première catégorie se produirait lorsque:
| a) | une ou plusieurs dispositions et exigences énoncées dans le règlement (UE) 2021/2115, dans le règlement (UE) 2021/2116, dans le règlement financier et dans la directive 2014/24/UE du Parlement européen et du Conseil [ci-après les «exigences de base de l’Union», telles que définies à l’article 2, point c), du règlement (UE) 2021/2116] ou une ou plusieurs conditions d’éligibilité énoncées dans le plan stratégique relevant de la PAC approuvé (7) n’ont pas été mises en œuvre par l’État membre. Il s’agit alors d’une déficience grave, étant donné que les systèmes sous-jacents n’ont pas été mis en place (8); |
| b) | le système de gestion et de contrôle n’est pas conçu pour contrôler le respect de toutes les dispositions et exigences relevant des exigences de base de l’Union (y compris toutes les exigences en matière de conditionnalité) et de toutes les conditions d’éligibilité énoncées dans le plan stratégique relevant de la PAC. Il s’agit, dans ce cas, d’une déficience dans la mise en place d’un élément clé des systèmes de gouvernance qui devrait garantir que toutes les conditions prévues par la législation de l’Union et par le plan stratégique relevant de la PAC sont prises en considération dans les paiements. |
Dans le cadre de cette première catégorie de déficiences graves, il convient de préciser que:
| a) | un non-respect par l’État membre des règles établies dans son plan stratégique relevant de la PAC qui sont plus strictes que les règles fixées dans le cadre juridique de l’Union, mais pas incompatibles avec celles-ci, doit également être considéré en principe comme une déficience grave; |
| b) | un non-respect par l’État membre d’une condition d’éligibilité qui n’est pas imposée par la législation de l’Union mais requise dans le plan stratégique relevant de la PAC doit également être considéré comme une déficience grave. |
2.1.2. Deuxième catégorie de déficiences graves
La deuxième catégorie («catégorie 2») de déficiences graves a trait au bon fonctionnement des systèmes de gouvernance, y compris les systèmes de gestion et de contrôle tant au niveau de l’État membre qu’au niveau de l’organisme payeur.
Conformément à l’article 59, paragraphe 2, du règlement (UE) 2021/2116, les États membres doivent mettre en place des systèmes de gestion et de contrôle efficaces afin de garantir le respect de la législation de l’Union régissant les interventions de l’Union. En outre, les États membres doivent prendre les mesures nécessaires pour garantir le bon fonctionnement de leurs systèmes de gestion et de contrôle, ainsi que la légalité et la régularité des dépenses déclarées à la Commission.
Le règlement (UE) 2021/2116 n’exige pas un niveau particulier de contrôles administratifs et de contrôles sur place (sauf dans le cas de la conditionnalité), mais il impose des systèmes de gestion et de contrôle efficaces. Par ailleurs, il convient également de garder à l’esprit que les systèmes de gestion et de contrôle qui reposent sur des interventions humaines, entre autres, peuvent ne pas fonctionner correctement à 100 % tout le temps, que ce soit en raison du comportement du bénéficiaire, d’une erreur humaine commise par des inspecteurs ou d’autres agents responsables des opérations de gestion et de contrôle, ou de cas soumis à interprétation. Cela ne signifie pas que l’absence de régime de contrôle pour certains bénéficiaires ou certaines interventions serait acceptable.
Une marge plus réduite pour les anomalies (9) , (10) en ce qui concerne l’ampleur des écarts (11) est réputée acceptable pour les résultats des tests de contrôle relatifs aux exigences de base de l’Union, étant donné que celles-ci sont tellement cruciales que leur non-respect est susceptible de compromettre le fonctionnement de l’ensemble du système et donc de compromettre gravement les intérêts financiers de l’Union et la réalisation des objectifs de la PAC (ce qui entraîne également des risques en termes de réputation). C’est le cas, par exemple, pour les contrôles concernant les terres à disposition, les conflits d’intérêts, la création artificielle de conditions pour recevoir une aide ou le double financement.
Pour les interventions présentant un degré élevé de complexité intrinsèque, lorsque la marge d’anomalie en ce qui concerne l’ampleur des écarts dans le fonctionnement du système de gestion et de contrôle au niveau de l’intervention est supérieure à la marge acceptable prévue dans les « lignes directrices de l’organisme de certification relatives à l’audit annuel de certification pour les dépenses du FEAGA/Feader » (ci-après les « lignes directrices de l’organisme de certification ») (12), la procédure de conformité détermine la gravité de la déficience en tenant compte des critères suivants:
| i. | le système de gestion et de contrôle de l’organisme payeur/de l’État membre a repéré l’anomalie; |
| ii. | l’organisme de certification a confirmé cette anomalie; |
| iii. | l’État membre a pris des mesures correctives après avoir détecté l’anomalie; |
| iv. | l’anomalie ne concerne pas les exigences de base de l’Union, qui sont tellement cruciales que leur non-respect est susceptible de compromettre le fonctionnement de l’ensemble du système et donc de compromettre gravement les intérêts financiers de l’Union et la réalisation des objectifs de la PAC (ce qui entraîne également des risques pour la réputation). |
2.2. Dépenses à risque
2.2.1. Interventions au titre du plan stratégique relevant de la PAC
Pour rappel, les États membres conservent l’obligation de veiller à la légalité et à la régularité des opérations au niveau des bénéficiaires conformément à l’article 59, paragraphe 1, point a), du règlement (UE) 2021/2116. Lorsque le système de gestion et de contrôle de l’État membre ne garantit pas correctement la légalité et la régularité des opérations au niveau du bénéficiaire, comme l’exige l’article 59, paragraphe 2, du règlement (UE) 2021/2116, il s’agit d’une déficience grave du système en lui-même, puisque celui-ci ne peut garantir que les dépenses remboursées par la Commission sont conformes à l’article 37 du règlement (UE) 2021/2116.
Lors de l’évaluation du fonctionnement des systèmes de gouvernance, les erreurs éventuelles dans les réalisations et les dépenses ou les exceptions dans la conduite des contrôles devraient être évaluées non seulement au regard de la population contrôlée par l’organisme payeur, mais aussi au regard de toute population non contrôlée. Cela se justifie, étant donné que les États membres, qui conservent par ailleurs la liberté de concevoir leurs systèmes de contrôle et de sanctions, devraient veiller à ce que leurs systèmes de gestion et de contrôle fonctionnent dans leur ensemble et couvrent ainsi les dépenses totales pour chaque intervention déclarées au FEAGA et au Feader.
2.2.2. Conditionnalité
La non-application par les États membres du dispositif de sanctions administratives prévu par la législation de l’Union en matière de conditionnalité (13) entraîne un préjudice financier pour le budget de l’Union au niveau des pertes de recettes affectées. Par conséquent, les sanctions administratives non perçues devraient relever du champ d’application des corrections financières.
Dans le cadre du système de sanctions prévu par le règlement (UE) 2021/2116, le montant total des dépenses à risque pour une année donnée résulte d’une combinaison de premiers cas de non-respect du droit de l’Union (en principe des sanctions administratives de 3 % du montant de la dépense) et de cas répétés de non-respect à différents stades (sanctions administratives de 10 %, 15 % ou plus du montant de la dépense). Dans le cas où le système de contrôle ou de sanctions mis en place par un État membre présente des déficiences, il est impossible de déterminer clairement l’importance respective de ces différents taux dans les sanctions administratives évitées. En outre, il convient de tenir compte du fait que, si un État membre ne contrôle pas correctement le respect par les bénéficiaires des exigences réglementaires en matière de gestion (ERMG) et des normes relatives aux bonnes conditions agricoles et environnementales des terres (ci-après les «normes relatives aux BCAE»), ou n’applique pas la sanction administrative réglementaire de manière appropriée, les cas de non-conformité se reproduiront dans une moindre mesure au cours d’une année ultérieure ou devront être considérés comme intentionnels, entraînant des sanctions plus élevées dans un cas comme dans l’autre. Par conséquent, le montant auquel seraient appliquées les éventuelles corrections forfaitaires visées au point 2.3.4 des présentes lignes directrices est fixé, à compter de l’année de demande 2024, à 5 % du montant total de l’aide payée aux bénéficiaires concernés, sous réserve du respect des ERMG et/ou des normes relatives aux BCAE. Ce pourcentage est fixé à 3 % pour l’année de demande 2023. Cette différence s’explique par le fait que la première année d’application de la conditionnalité au titre du règlement (UE) 2021/2115 est l’année de demande 2023.
2.2.3. Conditionnalité sociale
Compte tenu des dispositions de l’article 89 du règlement (UE) 2021/2116, par analogie avec le point 2.2.2 des présentes lignes directrices, le montant auquel les éventuelles corrections forfaitaires prévues au point 2.3.4 des présentes lignes directrices seraient appliquées est fixé à 3 % du montant total de l’aide payée aux bénéficiaires concernés au cours de la première année de mise en œuvre et, à compter de la deuxième année, à 5 % du montant total de l’aide payée aux bénéficiaires concernés soumis au mécanisme de conditionnalité sociale.
2.3. Quantification du risque financier
L’article 55, paragraphe 2, du règlement (UE) 2021/2116 dispose que la Commission « évalue les montants à exclure au vu de la gravité des déficiences constatées. Dans ce contexte, elle tient dûment compte de la nature de ces déficiences, ainsi que du préjudice financier causé à l’Union ».
En outre, conformément à l’article 15, paragraphe 3, du règlement délégué (UE) 2022/127, la Commission « tient spécifiquement compte d’une ou de plusieurs des circonstances suivantes, qui indiquent un degré de gravité plus élevé des lacunes constatées et, partant, un risque accru de perte pour le budget de l’Union:
| a) | des déficiences graves dans un ou plusieurs éléments des systèmes de gouvernance; |
| b) | l’application par l’État membre d’un élément du système de gouvernance est jugée absente et il existe des preuves d’irrégularités et de négligence importantes dans la lutte contre les pratiques irrégulières ou frauduleuses; |
| c) | des déficiences similaires dans le même secteur sont détectées dans un État membre lors d’une enquête faisant suite à une enquête au cours de laquelle ces déficiences avaient été détectées et communiquées à l’État membre pour la première fois, compte tenu toutefois des éventuelles mesures correctives ou compensatrices prises par l’État membre». |
En vertu de l’article 15, paragraphe 1, du règlement délégué (UE) 2022/127, «la Commission se fonde sur ses propres conclusions et prend en considération les informations mises à disposition par les États membres lors de la procédure de conformité [...]. Le montant à exclure du financement de l’Union correspond autant que possible à la perte financière réelle ou au risque financier pour le budget de l’Union».
À cette fin, la législation prévoit les possibilités suivantes:
| a) | une estimation par l’organisme de certification, conformément à l’article 12 du règlement (CE) 2021/2116; |
| b) | un calcul par l’État membre, conformément à l’article 15, paragraphe 5, du règlement délégué (UE) 2022/127; |
| c) | une extrapolation par l’État membre, conformément à l’article 15, paragraphe 5, du règlement délégué (UE) 2022/127; |
| d) | des corrections forfaitaires, conformément à l’article 15, paragraphes 2 et 3, du règlement délégué (UE) 2022/127. |
Afin de se conformer aux dispositions de l’article 55, paragraphe 2, du règlement (UE) 2021/2116 et de l’article 15, paragraphe 1, du règlement délégué (UE) 2022/127, et en particulier d’évaluer les montants à exclure au vu de la gravité des déficiences constatées et de veiller à ce que ces montants correspondent autant que possible à la perte financière réelle ou au risque financier pour le budget de l’Union, la Commission peut estimer le montant à exclure lorsqu’elle considère que les méthodes énumérées ci-dessus ne couvrent pas de manière adéquate le risque pour le FEAGA et le Feader.
Compte tenu de la définition d’une déficience grave donnée à l’article 2, point d), du règlement (UE) 2021/2116 (voir également le point 2.1), sauf en cas de faiblesses dans la conception ou la mise en place des systèmes (catégorie 1), aucune correction financière ne sera proposée lorsque le fonctionnement du système de gestion et de contrôle peut être évalué de manière fiable à 3 ou 4 (14) conformément aux objectifs d’audit 2 et 3 (et à l’annexe 3) énoncés dans les « lignes directrices de l’organisme de certification » (15) applicables.
2.3.1. Estimation du risque par l’organisme de certification dans le cadre de son opinion d’audit
Pour que les organismes de certification puissent émettre une opinion d’audit en application de l’article 12, paragraphe 2, point b), du règlement (UE) 2021/2116, ils doivent tester la conception et le fonctionnement des systèmes de gouvernance de l’État membre conformément aux objectifs d’audit 2 et 3 énoncés dans les « lignes directrices de l’organisme de certification » applicables, élaborées par la Commission conformément à l’article 6, paragraphe 4, du règlement d’exécution (UE) 2022/128.
Afin de permettre une évaluation homogène par tous les organismes de certification au niveau de l’Union, la Commission a élaboré des critères de référence dans les « lignes directrices de l’organisme de certification » (16) permettant de déterminer si un système a fonctionné correctement ou non, et donc s’il présente des déficiences graves potentielles. Ces critères de référence sont fondés sur le nombre de fois où un contrôle n’a pas fonctionné correctement (écarts), sur l’incidence financière qu’il a sur les dépenses (ampleur des écarts) et sur les réalisations correspondantes déclarées.
Lorsque l’organisme de certification a établi l’incidence financière (l’ampleur des écarts) pour une intervention donnée à un niveau supérieur au niveau fixé dans les « lignes directrices de l’organisme de certification » applicables, la Commission tient compte de cette quantification lorsqu’elle détermine le niveau de la correction financière, pour autant que les conditions suivantes soient remplies:
| a) | le travail de l’organisme de certification est considéré comme fiable; |
| b) | l’organisme de certification a évalué intégralement l’incidence financière de ses constatations, comme indiqué au point 2.2, à la fois en ce qui concerne les erreurs possibles dans les réalisations et les dépenses. |
Cette évaluation de l’incidence financière par l’organisme de certification peut prendre la forme d’un examen de tous les cas concernés par la déficience (erreur connue), d’une évaluation raisonnable du risque maximal visée au point 2.3.2, ou d’une extrapolation visée au point 2.3.3.
2.3.2. Calcul par l’État membre
L’État membre a la possibilité, sur la base de ses travaux, de quantifier les paiements indus causés par la déficience grave, conformément à l’article 15, paragraphe 5, du règlement délégué (UE) 2022/127. Il est important de rappeler que cette quantification devrait être le résultat d’un examen des différents cas potentiellement concernés par la déficience et couvrir l’ensemble des dépenses pour chacune des interventions concernées.
Afin de se conformer à l’article 55, paragraphe 2, du règlement (UE) 2021/2116 et à l’article 15, paragraphe 1, du règlement délégué (UE) 2022/127, la Commission peut déterminer le montant à exclure du financement de l’Union en tenant compte du calcul effectué par l’État membre, calcul qui pourrait prendre la forme d’une évaluation raisonnable du risque maximal fondée sur des hypothèses standard précisées sur la base de la déficience grave constatée.
L’organisme de certification doit confirmer le calcul du risque effectué par l’État membre à la lumière de la méthode, des données sous-jacentes et des hypothèses posées.
2.3.3. Extrapolation par l’État membre
Cette possibilité prévue à l’article 15, paragraphe 5, du règlement délégué (UE) 2022/127 nécessite une évaluation du risque, fondée sur un échantillon statistiquement valide et représentatif de la population concernée par la déficience. Cette possibilité n’est offerte que lorsqu’il est impossible pour l’État membre de calculer les montants indûment dépensés (voir point 2.3.2) en déployant des efforts proportionnés. L’organisme de certification doit confirmer le calcul du risque effectué par l’État membre à la lumière de la méthode, des données sous-jacentes et des hypothèses posées.
La Commission considère que les efforts proportionnés sont déterminés à l’aune du temps nécessaire pour effectuer le calcul sans compromettre l’adoption dans les délais de l’acte d’exécution visé à l’article 55, paragraphe 1, du règlement (UE) 2021/2116, afin de protéger le budget de l’Union.
En ce qui concerne l’échantillon, comme le prévoient les « lignes directrices de l’organisme de certification » (17) applicables, la Commission est d’avis que, pour garantir la protection du budget de l’Union, il convient, en règle générale, d’atteindre un niveau de confiance de 95 % (18) et un seuil de signification de 2 % pour le calcul du risque. Lorsque l’évaluation est effectuée en utilisant des niveaux de confiance plus bas, l’erreur la plus probable (extrapolée) ne peut pas être appliquée; une limite d’erreur supérieure devrait alors être déterminée afin d’évaluer correctement le risque maximal pour le Fonds concerné.
2.3.4. Correction forfaitaire
Lorsque, dans le cadre de la procédure contradictoire, la quantification du risque pour le Fonds n’est pas possible par les moyens visés aux points 2.3.1, 2.3.2 ou 2.3.3, la Commission évalue le risque pour le ou les Fonds et détermine les montants à exclure du financement de l’Union en appliquant des corrections forfaitaires. Dans ce contexte, et sur la base des catégories de déficiences graves visées au point 2.1, qu’il s’agisse des exigences de base de l’Union ou des systèmes de gouvernance, les corrections financières forfaitaires suivantes seront appliquées au niveau de l’intervention ou des interventions concernées.
Lorsqu’une ou plusieurs déficiences graves de la catégorie 1 (voir point 2.1.1) sont constatées, l’évaluation des systèmes de gouvernance concernés par ces déficiences au sein de l’État membre correspond à un classement dans la catégorie «1» (19). Dans ce cas, une correction de 10 % est justifiée, car il peut raisonnablement être conclu que la Commission ne peut pas obtenir le niveau attendu de garantie quant aux systèmes de gouvernance de l’organisme payeur ou de l’État membre et que le risque existe que le Fonds concerné subisse un préjudice financier important.
Il en va de même lorsqu’un élément des systèmes de gouvernance ne fonctionne pas correctement (catégorie 2, voir point 2.1.2) et que l’évaluation du fonctionnement de cet élément au niveau de l’intervention correspond à une catégorie 1.
Lorsqu’un élément des systèmes de gouvernance ne fonctionne pas correctement (catégorie 2) et que l’évaluation du fonctionnement de cet élément au niveau de l’intervention correspond à une catégorie 2 (20), une correction de 5 % au niveau de l’intervention ou des interventions concernées est justifiée, car il peut raisonnablement être conclu que la Commission ne peut pas obtenir le niveau attendu de garantie quant aux systèmes de gouvernance de l’organisme payeur ou de l’État membre et que le risque pour le Fonds concerné est important.
Le niveau de correction forfaitaire est établi en tenant compte notamment du type de déficience grave constatée (21). À cet effet, il est tenu compte des éléments des systèmes de gouvernance qui sont concernés par les déficiences graves. Ces éléments des systèmes de gouvernance seraient notamment les suivants: les systèmes garants du respect des exigences de base de l’Union dans lesquels des faiblesses sont constatées; les organismes ou services de l’organisme payeur qui ne fonctionnent pas correctement au sein de l’organisme payeur ou de l’ensemble du système de gestion et de contrôle.
Conformément à l’article 15, paragraphe 2, troisième alinéa, du règlement délégué (UE) 2022/127, les taux forfaitaires de correction ne sont pas cumulés, étant donné que la déficience la plus grave est considérée comme une indication des risques présentés par le système de gestion et de contrôle dans son ensemble. Toutefois, étant donné que les exigences en matière de conditionnalité s’ajoutent aux conditions d’admissibilité, toute correction proposée pour non-respect des règles fixées par la législation de l’Union en matière de conditionnalité serait ajoutée aux corrections relatives à l’admissibilité.
2.3.5. Estimation par la Commission
Lorsque l’organisme de certification ou l’État membre n’est pas en mesure de déterminer intégralement l’incidence financière de la déficience, la Commission détermine les montants à exclure du financement de l’Union en se fondant sur ses propres conclusions et en prenant en considération les informations mises à disposition par les États membres lors de la procédure de conformité.
Dans ce contexte, et en lieu et place des calculs indiqués aux points 2.3.1 à 2.3.4, la Commission peut procéder à sa propre évaluation du risque pour le Fonds concerné.
En ce qui concerne l’application de cette possibilité, il convient de rappeler que, conformément à l’article 55, paragraphe 2, du règlement (UE) 2021/2116 et à l’article 15, paragraphe 1, du règlement délégué (UE) 2022/127, le montant à exclure du financement de l’Union doit correspondre autant que possible à la perte financière réelle ou au risque financier pour le budget de l’Union. Par conséquent, lorsque l’estimation de la Commission fait apparaître une perte plus élevée que celle déterminée aux points 2.3.1 à 2.3.4 pour une intervention, c’est l’évaluation de la Commission qui prévaut.
En revanche, si la Commission conclut que les éléments présentés par l’État membre sont conformes aux exigences énoncées à l’article 15, paragraphe 4, du règlement délégué (UE) 2022/127, ce qui démontrerait que la perte pour le Fonds est inférieure au taux forfaitaire proposé, un taux forfaitaire réduit peut être appliqué, à condition que ce taux forfaitaire réduit ne soit pas inférieur à la perte maximale pour le Fonds.
Dans tous les cas où la situation dans d’autres États membres est connue, il convient d’effectuer une comparaison afin de garantir un même traitement lors de l’évaluation des taux de correction.
2.3.6. Autres éléments à prendre en considération dans la quantification
2.3.6.1. Dépenses à exclure du financement de l’Union
En cas de déficiences graves relevant de la catégorie 2, les dépenses à exclure du financement de l’Union couvrent les montants supérieurs à la marge acceptable d’anomalie prévue dans les « lignes directrices de l’organisme de certification » (22).
Indépendamment du premier alinéa, il est rappelé que les États membres ont en principe (23) l’obligation de recouvrer les paiements indus conformément à l’article 59, paragraphe 1, point e), du règlement (UE) 2021/2116.
2.3.6.2. Récurrence des déficiences dans différentes enquêtes
Lorsque des déficiences graves potentiellement similaires sont détectées dans la conception, dans la structure ou dans le fonctionnement d’un élément des systèmes de gouvernance dans le même secteur lors d’une enquête faisant suite à une enquête au cours de laquelle ces déficiences avaient été détectées et communiquées à l’État membre pour la première fois, conformément à l’article 37 du règlement d’exécution (UE) 2022/128, des taux forfaitaires plus élevés sont justifiés en raison de cette récurrence [voir article 15, paragraphe 3, point c), du règlement délégué (UE) 2022/127]. La Commission applique les taux suivants lorsqu’une récurrence est constatée pour la première fois:
| a) | pour une déficience grave de catégorie 1 répétée, un taux forfaitaire de 15 % est justifié; |
| b) | pour une déficience grave de catégorie 2 répétée, un taux forfaitaire de 7 % est justifié. |
Lorsque la récurrence est à nouveau constatée, en l’absence d’une quantification satisfaisante par l’État membre, la Commission porte ces taux à 25 % et 10 % respectivement. Ces taux sont également appliqués lorsqu’une correction forfaitaire a été proposée au cours de la période d’enquête précédente, comme indiqué au point 2.3.4.
Lorsque la correction proposée lors de l’enquête précédente n’était pas forfaitaire, en l’absence d’une quantification satisfaisante par l’État membre dans l’enquête qui a établi la récurrence, la correction forfaitaire légèrement supérieure à la correction de l’enquête précédente sera considérée comme justifiée pour l’application du taux de correction correspondant à la récurrence de la déficience conformément au tableau 1.
Ce point ne s’applique qu’aux nouvelles constatations établies à partir du 1er janvier 2023.
2.3.6.3. Irrégularités importantes
Lorsque l’application par l’État membre d’un élément des systèmes de gouvernance est jugée absente et qu’il existe des preuves d’irrégularités et de négligences importantes dans la lutte contre les pratiques irrégulières ou frauduleuses, des corrections plus élevées sont justifiées conformément à l’article 15, paragraphe 3, point b), du règlement délégué (UE) 2022/127. Dans ce cas, une correction de 25 % est justifiée.
Il y a lieu de considérer qu’une irrégularité importante se produit lorsque, dans le cadre de la procédure contradictoire, il est démontré que le niveau des anomalies en termes monétaires est supérieur à 20 % et qu’il est combiné à une procédure qui n’a pas fonctionné correctement dans plus de 30 % des cas. Par exemple, une négligence dans la lutte contre les pratiques irrégulières ou frauduleuses serait réputée exister lorsque ces taux découlent de l’absence de mise en œuvre d’un régime de contrôle et de sanctions requis pendant au moins 2 ans.
2.3.6.4. Risque financier dépassant les taux forfaitaires
L’article 55, paragraphe 2, du règlement (UE) 2021/2116 et l’article 15, paragraphe 1, du règlement délégué (UE) 2022/127 imposent à la Commission d’évaluer les montants à exclure au vu de la gravité des déficiences constatées et prévoient que ces montants correspondent autant que possible à la perte financière réelle ou au risque financier pour le budget de l’Union. Lorsque la Commission dispose d’éléments prouvant que le risque financier est supérieur au taux forfaitaire qui s’appliquerait conformément aux points 2.3.4, 2.3.6.2 ou 2.3.6.3 des présentes lignes directrices, la Commission est donc en droit de proposer un niveau de correction forfaitaire plus élevé et, dans des cas flagrants d’extrême gravité, d’exclure toutes les dépenses concernées.
Le tableau 1 donne une vue d’ensemble des taux forfaitaires. Ils sont conformes à ceux appliqués au cours de la période précédente et qui ont fait l’objet d’un contrôle de la Cour de justice de l’Union européenne ces dernières années. Ils sont appliqués au niveau de chaque intervention concernée par la déficience.
Tableau 1
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| 1re année | Récurrence | Irrégularités importantes | |
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| 1re récurrence | 2e récurrence |
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| Catégorie 1 | 10 % | 15 % | 25 % | 25 % |
| Catégorie 2 | 5 % | 7 % | 10 % | S.O. |
| Catégories 3/4 | 0 % | 0 % | 0 % | S.O. |
2.4. Autres considérations
2.4.1. Difficultés d’interprétation de la législation de l’Union
Lorsque les déficiences ont découlé de difficultés dans l’interprétation de la législation de l’Union et que les autorités nationales ont pris des mesures efficaces pour remédier aux déficiences aussitôt que celles-ci ont été décelées, cette circonstance atténuante peut être prise en considération et un taux de correction inférieur peut être proposé, voire pas de correction du tout.
Toutefois, cette circonstance atténuante n’est pas prise en considération lorsqu’on pouvait raisonnablement s’attendre à ce que l’État membre ait porté ces difficultés d’interprétation à l’attention de la Commission.
2.4.2. Communication initiale du niveau de la correction financière
Lorsque la Commission considère que des dépenses n’ont pas été effectuées conformément à la législation de l’Union, elle doit, en vertu de l’article 37, paragraphe 2, du règlement d’exécution (UE) 2022/128, « communique[r] ses conclusions [...] en indiquant le niveau provisoire de correction financière qu’elle considère approprié par rapport à ses conclusions à ce stade de la procédure ».
En l’absence de chiffres fournis par l’organisme de certification dans le cadre de son avis conformément à l’article 12 du règlement (UE) 2021/2116, ou lorsque cet avis n’est pas disponible, et compte tenu des « lignes directrices de l’organisme de certification » (24), les taux forfaitaires indiqués aux points 2.3.4, 2.3.6.2 ou 2.3.6.3 des présentes lignes directrices sont utilisés pour honorer l’obligation légale énoncée à l’article 37, paragraphe 2, du règlement d’exécution (UE) 2022/128.
2.4.3. Période de la correction
La correction financière doit s’appliquer aux dépenses effectuées au cours de la période déterminée conformément à l’article 55, paragraphe 4, du règlement (UE) 2021/2116 et à l’article 37, paragraphe 7, du règlement d’exécution (UE) 2022/128. Les dépenses qui se rapportent à la période postérieure à la communication écrite visée à l’article 37, paragraphe 2, du règlement d’exécution (UE) 2022/128 devraient également être corrigées, jusqu’à ce que la déficience grave cesse d’avoir une incidence négative sur la déclaration correcte des dépenses, l’établissement de rapports de performance ou le respect du droit de l’Union.
Pour la période qui sert à établir la récurrence au point 2.3.6.2, l’intervalle de temps est de N + 2. Cela signifie que le niveau plus élevé des corrections forfaitaires ne s’applique que pour la deuxième année suivant celle au cours de laquelle la déficience grave potentielle a été signalée à l’État membre [au moyen de la lettre de constatations visée à l’article 37 du règlement d’exécution (UE) 2022/128 au cours de l’année N], et uniquement si l’État membre n’a pas remédié dans l’intervalle à ladite déficience grave potentielle. Au cours de la période intermédiaire, la quantification visée aux points 2.3.1 à 2.3.5 s’applique.
2.4.4. Montants recouvrés et retenus par l’État membre
Les montants effectivement recouvrés auprès des bénéficiaires et crédités au Fonds concerné avant une date déterminée fixée dans le cadre de la procédure de conformité doivent être déduits du montant que la Commission décide d’exclure du financement de l’Union conformément à l’article 55 du règlement (UE) 2021/2116.
Les montants que l’État membre a retenus conformément à l’article 86 du règlement (UE) 2021/2116 seront déduits de la correction financière proposée.
Les montants correspondant à la retenue visée à l’article 56, paragraphe 3, du règlement (UE) 2021/2116 ne sont pas déduits du montant de la correction financière proposée, étant donné qu’une telle correction financière est considérée comme imputable aux autorités administratives ou autres organes officiels de l’État membre.
2.4.5. Double correction
Lorsque la Commission propose une correction financière, elle veille à ce qu’il n’y ait pas de double correction en procédant à une compensation appropriée des montants proposés dans le cadre d’une procédure de conformité antérieure, ou des montants proposés dans le cadre de la même procédure de conformité. L’État membre doit fournir les informations nécessaires pour permettre à la Commission de déterminer la correction financière dans les délais légaux (voir effort proportionné au point 2.3.3).
2.4.6. Taux de suspension en cas de plans d’action
Lorsque la Commission a demandé un plan d’action conformément à l’article 42 du règlement (UE) 2021/2116 en cas de déficiences graves affectant le bon fonctionnement des systèmes de gouvernance, ce plan d’action devrait comprendre les mesures correctives nécessaires, un délai de mise en œuvre prévu et des indicateurs clairs d’avancement.
Lorsqu’elle constate que l’État membre n’a pas présenté ou n’a pas mis en œuvre le plan d’action, ou que ce plan d’action est manifestement insuffisant pour remédier à la situation, la Commission peut adopter des actes d’exécution suspendant les paiements.
Afin de garantir un traitement cohérent et proportionné par la Commission, les montants suspendus en raison de déficiences graves devraient être comparables aux montants des corrections financières imposées en raison de déficiences graves. Par conséquent, les taux de suspension sont conformes aux taux forfaitaires qui s’appliqueraient conformément au point 2.3.4.
PARTIE B
DÉPENSES NE RELEVANT PAS DU CHAMP D’APPLICATION DU PLAN STRATÉGIQUE RELEVANT DE LA PAC VISÉ DANS LE RÈGLEMENT (UE) 2021/2115 OU POUR L’AIDE SPÉCIFIQUE AU COTON ET L’AIDE POUR LA RETRAITE ANTICIPÉE
3. INTRODUCTION
La présente partie fournit des orientations sur le calcul des corrections financières dans le cadre de la procédure de conformité visée à l’article 55 du règlement (UE) 2021/2116 (25) , (26) lorsque les déficiences suivantes sont constatées:
| a) | des déficiences dans les systèmes de gestion et de contrôle aux fins de la vérification de la légalité et de la régularité des opérations financées en dehors du champ d’application du règlement (UE) 2021/2115 ou pour l’aide spécifique au coton et l’aide pour la retraite anticipée (27); |
| b) | des déficiences dans le contrôle des opérations (28). |
Le règlement délégué (UE) 2022/127 de la Commission (29) et le règlement d’exécution (UE) 2022/128 de la Commission (30) fixent des règles relatives à la détermination des corrections financières.
La présente partie s’applique aux procédures de conformité lancées après la date d’adoption des présentes lignes directrices (31) (c’est-à-dire les procédures dans lesquelles la lettre de constatations correspondante est envoyée à l’État membre concerné après cette date).
Pour les procédures de conformité lancées avant la date d’adoption des présentes lignes directrices, les « lignes directrices relatives au calcul des corrections financières dans le cadre des procédures d’apurement de conformité et d’apurement des comptes » — C(2015)3675 du 8 juin 2015 (32) (ci-après les «lignes directrices de 2015») s’appliquent.
Les lignes directrices pour la détermination des corrections financières à appliquer aux dépenses financées par l’Union en cas de non-respect des règles en matière de marchés publics sont définies dans la décision C(2019)3452 de la Commission du 14 mai 2019 (33).
Les corrections financières appliquées conformément au règlement (UE) 2021/2116 sont sans préjudice d’autres mécanismes susceptibles d’être déclenchés pour préserver les intérêts financiers de l’Union. Elles ne s’opposent pas non plus à ce que la Commission engage une procédure d’infraction en vertu des articles 258, 259 et 260 du traité.
3.1. Définitions et dispositions pertinentes
Procédure de conformité: L’article 55 du règlement (UE) 2021/2116 dispose que:
«1. Lorsque la Commission estime que les dépenses visées à l’article 5, paragraphe 2, et à l’article 6 n’ont pas été effectuées en conformité avec le droit de l’Union, elle adopte des actes d’exécution déterminant les montants à exclure du financement de l’Union. Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure consultative visée à l’article 103, paragraphe 2.»
Récurrence des déficiences dans différentes enquêtes: l’article 14, paragraphe 7, point d), du règlement délégué (UE) 2022/127 fait référence à des circonstances dans lesquelles «des déficiences similaires dans le même secteur sont détectées dans un État membre lors d’une enquête faisant suite à une enquête au cours de laquelle ces déficiences avaient été détectées et communiquées à l’État membre pour la première fois, compte tenu toutefois des éventuelles mesures correctives ou compensatrices prises par l’État membre».
Par « systèmes de gestion et de contrôle », on entend tous les contrôles à effectuer par les États membres « afin de garantir le respect de la législation de l’Union régissant les interventions de l’Union », comme prévu à l’article 59, paragraphes 1 et 2, du règlement (UE) 2021/2116.
Par « système de contrôle gravement déficient », on entend un système qui expose le FEAGA et le Feader à un risque important d’irrégularités et d’autres manquements préjudiciables au budget de l’Union et pour lequel des améliorations importantes sont requises.
Contrôles clés: au sens de l’article 14, paragraphe 6, du règlement délégué (UE) 2022/127, les contrôles clés sont «les vérifications administratives et les vérifications sur le terrain, nécessaires pour établir l’admissibilité de l’aide et l’application correspondante de réductions et de sanctions». Les contrôles clés sont des vérifications administratives et des vérifications sur le terrain requises pour vérifier les éléments essentiels, notamment l’existence de l’objet de la demande, l’identification des doubles demandes pour un même objet, la quantité, les conditions qualitatives incluant le respect des délais, etc., nécessaires, afin de garantir le calcul exact du montant dû au bénéficiaire.
Contrôles secondaires: au sens de l’article 14, paragraphe 6, du règlement délégué (UE) 2022/127, les contrôles secondaires recouvrent « toutes les autres opérations administratives requises pour traiter correctement les demandes ».
Un inventaire non exhaustif des contrôles clés et des contrôles secondaires est mis à disposition par les services de la Commission et mis à jour, le cas échéant (34). Le système de gestion et de contrôle des dépenses n’entrant pas dans le champ d’application du règlement (UE) 2021/2115 ainsi que de l’aide spécifique au coton et de l’aide pour la retraite anticipée se compose de contrôles clés et de contrôles secondaires.
Élément d’un contrôle clé/secondaire: chaque caractéristique ou obligation individuelle au sein d’un contrôle clé/secondaire.
Déficience du système de contrôle: un contrôle secondaire qui a totalement échoué ou un contrôle clé qui n’a pas été exécuté avec le nombre, la fréquence ou la rigueur préconisés par la législation de l’Union ou qui n’est pas appliqué, ou si mal appliqué ou si rarement qu’il est jugé inefficace pour déterminer l’admissibilité de la demande.
On parle de « conséquences préjudiciables » quand la déficience compromet l’exactitude des déclarations de dépenses ou le respect des exigences du droit de l’Union, avec une incidence financière potentielle.
3.2. Accès à l’information
La Commission a le droit, conformément à l’article 50 du règlement (UE) 2021/2116, d’obtenir toutes les informations nécessaires au bon fonctionnement du FEAGA et du Feader et d’examiner tous les documents ayant trait aux dépenses financées par ces Fonds.
L’article 33, paragraphe 1, point c), du règlement d’exécution (UE) 2022/128 impose aux États membres d’adresser à la Commission le rapport établi par l’organisme de certification. En vertu de l’article 81 du règlement (UE) 2021/2116, les agents de la Commission ont accès à tous les documents préparés en vue ou à la suite des contrôles, y compris aux rapports de contrôle visés à l’article 80, paragraphe 2, point b), du règlement (UE) 2021/2116.
Le non-respect de l’obligation de transmettre le rapport de l’organisme de certification, conformément à l’article 33, paragraphe 1, point c), du règlement d’exécution (UE) 2022/128, et le rapport de contrôle, conformément à l’article 80, paragraphe 2, point b), du règlement (UE) 2021/2116, est considéré comme une violation des dispositions susmentionnées et comme un manquement à l’obligation de fournir la preuve que les audits nécessaires ont été réalisés correctement et avec l’efficacité requise. Ce manquement nuit à la capacité des services de la Commission à acquérir une assurance quant à l’exactitude des dépenses déclarées au FEAGA et au Feader.
4. DÉTERMINATION DES CORRECTIONS FINANCIÈRES CONFORMÉMENT A L’ARTICLE 14 DU REGLEMENT DÉLÉGUÉ (UE) 2022/127
4.1. Principes essentiels
Lorsqu’elle estime que des dépenses « n’ont pas été effectuées en conformité avec le droit de l’Union », la Commission propose d’exclure certaines dépenses du financement de l’Union dans le cadre d’une procédure de conformité. Dans ce cas, des corrections financières doivent être appliquées, conformément à l’article 55, paragraphe 1, du règlement (UE) 2021/2116.
Les présentes lignes directrices couvrent la situation dans laquelle la Commission conclut, à la suite de la procédure contradictoire avec l’État membre, qu’il existe un effet préjudiciable sur la déclaration correcte des dépenses ou sur le respect du droit de l’Union. Il y a donc une incidence financière.
4.2. Dépenses à risque
La correction financière devrait être appliquée à la partie des dépenses à risque due à une faiblesse dans le fonctionnement des systèmes de gestion et de contrôle.
Lorsque la défaillance résulte de la non-adoption, par l’État membre, d’un système de contrôle et de gestion approprié, la correction doit concerner toutes les dépenses relevant de la mesure concernée. Il convient d’inclure les régimes d’aide ou les mesures de développement rural qui n’entraient pas dans le champ d’application de l’audit conformément à la notification de la Commission annonçant l’audit lorsque le même système de gestion et de contrôle s’applique à ces régimes ou mesures et que le contrôle défectueux a été effectué par le même organisme de contrôle. La communication prévue à l’article 37, paragraphe 2, du règlement d’exécution (UE) 2022/128 indique tous les régimes d’aide ou mesures de développement rural considérés comme concernés par la déficience constatée.
4.3. Quantification du risque financier
L’article 55, paragraphe 2, du règlement (UE) 2021/2116 dispose que la Commission « évalue les montants à exclure au vu de la gravité des déficiences constatées. Dans ce contexte, elle tient dûment compte de la nature de ces déficiences, ainsi que du préjudice financier causé à l’Union ».
Lorsqu’un État membre ne respecte pas les dispositions de l’article 59, paragraphes 1 et 2, du règlement (UE) 2021/2116 en ce qui concerne la vérification de la légalité et de la régularité des opérations, ce seul manquement signifie que les paiements n’ont pas été effectués conformément au droit de l’Union applicable à la mesure concernée, ni d’ailleurs conformément à l’obligation générale visée à l’article 59 du règlement (UE) 2021/2116 qu’ont les États membres de détecter, de prévenir et de corriger les irrégularités et les fraudes. Cela ne signifie pas nécessairement que toutes les demandes ayant fait l’objet d’un paiement sont irrégulières, mais indique en revanche que le risque de paiements indus à charge du budget de l’Union existe.
Tandis que, dans des cas flagrants d’extrême gravité, la Commission peut refuser toutes les dépenses concernées lorsque les contrôles requis par un cadre juridique ne sont pas effectués conformément au droit de l’Union, dans un certain nombre de cas, le montant en question excéderait, selon toute probabilité, le préjudice financier causé à l’Union. Une évaluation du préjudice financier doit donc être effectuée par la Commission lors de la détermination des corrections financières.
Lorsque les montants à exclure du financement de l’Union ne peuvent être calculés ou extrapolés, la Commission doit appliquer des corrections forfaitaires appropriées, en tenant compte de la nature et de la gravité de l’infraction et de sa propre estimation du risque de préjudice financier pour le budget de l’Union.
Conformément à l’article 14, paragraphe 1, du règlement délégué (UE) 2022/127, « la Commission se fonde sur ses propres conclusions et prend en considération les informations mises à disposition par les États membres lors de la procédure [...] de conformité ». Il s’ensuit que la Commission doit refuser de financer des dépenses lorsque, sur la base de ses propres conclusions et/ou d’autres éléments de preuve (35) et de toutes les informations fournies, dans les délais applicables, par l’État membre, elle éprouve des doutes sérieux et raisonnables quant à l’exécution de la mesure en cause conformément à la législation de l’Union applicable.
Si la Commission n’est pas en mesure d’identifier les montants indûment dépensés en déployant des efforts proportionnés, en particulier si elle ne dispose pas des informations nécessaires pour calculer les montants indûment dépensés, l’État membre est tenu de fournir les éléments nécessaires pour identifier ces montants ou pour extrapoler le préjudice financier. La Commission applique des taux forfaitaires si l’État membre ne fournit pas ces éléments en temps utile ou si les éléments fournis ne répondent pas aux exigences énoncées à l’article 14, paragraphes 2 à 5, du règlement délégué (UE) 2022/127.
4.3.1. Critères et méthodologie pour les corrections financières calculées et extrapolées
Lorsque la Commission constate qu’un paiement spécifique concerne une demande qui ne satisfait pas à la législation de l’Union, un préjudice financier est causé au budget de l’Union et la Commission doit refuser le financement.
Lorsque la Commission ne peut déterminer les montants indûment dépensés en déployant des efforts proportionnés, l’État membre peut, dans le respect des délais prévus par la Commission durant la procédure d’apurement de conformité, soumettre des données relatives à la vérification de ces montants sur la base d’un examen des différents cas potentiellement concernés par la non-conformité. La vérification doit couvrir l’ensemble des dépenses effectuées en violation de la législation applicable et imputées au budget de l’Union. L’État membre doit prouver qu’il a examiné en détail chacun des membres (dossier/transaction) de la population à risque et qu’il a recalculé les montants indûment versés, y compris le montant des sanctions qui auraient dû être appliquées.
La Commission considère que les efforts proportionnés sont déterminés à l’aune du temps nécessaire pour effectuer le calcul sans compromettre l’adoption dans les délais de l’acte d’exécution visé à l’article 55, paragraphe 1, du règlement (UE) 2021/2116, afin de protéger le budget de l’Union.
Conformément à l’article 14, paragraphes 2 et 3, du règlement délégué (UE) 2022/127, lorsque les montants indûment dépensés ne peuvent être mis en évidence en déployant des efforts proportionnés, la Commission peut fonder l’évaluation du préjudice financier sur l’examen effectué par l’État membre sur un échantillon représentatif de dossiers et sur l’extrapolation des résultats à l’ensemble de la population dans laquelle la non-conformité constatée peut raisonnablement s’être produite.
Conformément à l’article 14, paragraphe 4, du règlement délégué (UE) 2022/127, afin de prendre en considération les résultats soumis par les États membres aux fins de l’application d’une correction financière calculée ou extrapolée, la Commission doit être en mesure:
| a) | «d’évaluer les méthodes utilisées pour la détermination ou l’extrapolation, qui sont clairement décrites par les États membres; |
| b) | de contrôler la représentativité de l’échantillon visé au paragraphe 3; |
| c) | de vérifier le contenu et les résultats de la détermination ou de l’extrapolation qui lui est soumise; |
| d) | d’obtenir des éléments probants pertinents et en quantité suffisante en ce qui concerne les données sous-jacentes». |
En ce qui concerne l’échantillon, comme le prévoient les « lignes directrices de l’organisme de certification relatives à l’audit annuel de certification pour les dépenses du FEAGA/Feader » (les « lignes directrices de l’organisme de certification ») (36), la Commission est d’avis que, pour garantir la protection du budget de l’Union, il convient, en règle générale, d’atteindre un niveau de confiance de 95 % et un seuil de signification de 2 % pour le calcul du risque. Lorsque l’évaluation est effectuée en utilisant des niveaux de confiance plus bas, l’erreur la plus probable (extrapolée) ne peut pas être appliquée; une limite d’erreur supérieure devrait alors être déterminée afin d’évaluer correctement le risque maximal pour le Fonds concerné.
Lorsqu’il applique des corrections extrapolées, conformément à l’article 14, paragraphe 5, du règlement délégué (UE) 2022/127, l’État membre a également la possibilité d’utiliser:
| — | «les statistiques de contrôle des organismes payeurs, confirmées par l’organisme de certification» ou |
| — | «l’évaluation du niveau d’erreur effectuée par [l’]organisme [de certification] dans le cadre de son audit visé à l’article 12 du règlement (UE) 2021/2116 ». |
Les travaux de l’organisme de certification sont pris en considération lors de l’établissement de la correction financière, à condition que ces travaux soient fiables et que l’organisme de certification ait établi intégralement l’incidence financière de la constatation en ce qui concerne les mesures ou régimes concernés par la faiblesse.
Si l’organisme payeur, ou tout autre organisme, établit un taux d’erreur pour la mesure/le régime en question, l’organisme de certification peut être invité à vérifier ce résultat.
Conformément à l’article 55, paragraphe 2, du règlement (UE) 2021/2116 et à l’article 14, paragraphe 1, du règlement délégué (UE) 2022/127, la Commission peut, afin d’évaluer les montants à exclure au vu de la gravité des déficiences constatées et du préjudice financier causé à l’Union, déterminer le montant à exclure du financement de l’Union en tenant compte du calcul effectué par l’État membre. Ce calcul pourrait prendre la forme d’une évaluation raisonnable du risque maximal fondée sur des hypothèses standard précisées sur la base de la faiblesse constatée.
4.3.2. Corrections financières forfaitaires
4.3.2.1. Principes généraux
Les corrections forfaitaires doivent être envisagées lorsque les informations résultant de l’enquête ne permettent pas à la Commission d’évaluer le préjudice financier causé au budget de l’Union par les méthodes de calcul ou d’extrapolation exposées au point 4.3.1, mais lui permettent de conclure que l’État membre a omis d’effectuer les vérifications adéquates de la légalité et de la régularité des demandes ayant donné lieu à un paiement.
Pour déterminer si une correction financière est appropriée et, dans l’affirmative, à quel taux, la Commission apprécie le risque de préjudice financier auquel le budget de l’Union a été exposé du fait de la déficience du système de contrôle. Les éléments particuliers à prendre en considération sont notamment les suivants:
| a) | si la déficience concerne l’efficacité du système de gestion et de contrôle en général, ou l’exécution d’un ou de plusieurs contrôles dans le cadre du système; |
| b) | si la déficience concerne un contrôle clé ou un contrôle secondaire; |
| c) | le nombre de déficiences dans le fonctionnement du même système de gestion et de contrôle; |
| d) | la sensibilité des mesures à la fraude, tout particulièrement compte tenu de l’incitation économique en cause; |
| e) | la récurrence de la non-conformité dans différentes enquêtes (voir point 4.3.3.1). |
Les corrections forfaitaires doivent être envisagées lorsque la Commission constate un manquement aux obligations d’effectuer convenablement un contrôle expressément prévu par la législation de l’Union, ou implicitement requis pour garantir le respect d’une règle explicite (limitation d’une aide à un produit d’une certaine qualité, par exemple). Lorsque des contrôles sont effectués, mais de manière imparfaite, la gravité de la déficience doit alors être évaluée. Presque toutes les procédures de contrôle sont perfectibles et il incombe notamment à la Commission de recommander des améliorations ainsi que des contrôles additionnels qui, bien que n’étant pas prescrits par la législation de l’Union, donnent la garantie supplémentaire nécessaire quant à la légalité et à la régularité des dépenses dans les circonstances particulières de l’État membre concerné.
Toutefois, le fait qu’une procédure de contrôle soit perfectible ne suffit pas en soi pour justifier une correction financière. Il faut que le contrôle soit caractérisé par une déficience qui entraîne un non-respect des dispositions de la législation de l’Union, et que cette déficience expose le FEAGA et le Feader à un risque de préjudice financier ou d’irrégularité.
4.3.3. Niveau de la correction forfaitaire
Dans ce contexte, les corrections financières forfaitaires décrites ci-après sont appliquées.
| 1. | Lorsqu’un État membre effectue correctement les contrôles clés mais omet complètement d’effectuer un ou deux contrôles secondaires, il convient alors d’appliquer une correction à hauteur de 2 %, compte tenu du risque plus faible de préjudice financier pour le budget de l’Union et de la moindre gravité de l’infraction. |
| 2. | Lorsqu’un ou deux contrôles clés ne sont pas effectués en respectant le nombre, la fréquence ou la rigueur préconisés par le cadre juridique, il convient alors d’appliquer une correction à hauteur de 5 %, car il peut raisonnablement être conclu que les systèmes de gestion et de contrôle des États membres n’offrent pas un niveau attendu de garantie quant à la légalité et à la régularité des demandes et que le risque pour le FEAGA et le Feader était significatif. |
Conformément à l’article 14, paragraphe 7, du règlement délégué (UE) 2022/127, la Commission « tient spécifiquement compte d’une ou de plusieurs des circonstances suivantes, qui indiquent un degré de gravité plus élevé des lacunes constatées et, partant, un risque accru de perte pour le budget de l’Union »:
| a) | «un ou plusieurs contrôles clés ne sont pas effectués ou sont si mal ou si rarement réalisés qu’ils sont jugés inefficaces pour déterminer l’admissibilité d’une demande ou pour prévenir les irrégularités»; dans ce cas, une correction de 10 % est justifiée, car il peut raisonnablement être conclu qu’il existait un risque élevé de préjudice financier important pour le budget de l’Union; |
| b) | «trois lacunes ou plus sont détectées pour le même système de contrôle»; dans ce cas, les corrections financières suivantes sont justifiées:
|
| c) | «l’application par l’État membre d’un système de contrôle est jugée absente ou gravement déficiente, et il existe des preuves d’irrégularités et de négligence importantes dans la lutte contre les pratiques irrégulières ou frauduleuses»; dans ce cas, une correction de 25 % est justifiée, car on peut raisonnablement s’attendre à ce que la liberté de présenter des demandes irrégulières sans conséquences causera un préjudice financier exceptionnellement élevé au budget de l’Union; |
| d) | le taux de correction peut être fixé à un niveau encore plus élevé lorsque cela se justifie pour respecter l’article 55, paragraphe 2, du règlement (UE) 2021/2116 et l’article 14, paragraphe 1, du règlement délégué (UE) 2022/127 et pour veiller à ce que le montant à exclure corresponde au risque réel pour le budget de l’Union. Ce sera le cas lorsque, sur la base d’informations fournies par l’État membre, la population à risque a été (très) restreinte. |
Si la Commission en conclut que les éléments présentés par l’État membre sont conformes aux dispositions de l’article 14, paragraphe 8, du règlement délégué (UE) 2022/127, un taux forfaitaire inférieur doit être choisi parmi les taux suivants: 2 %, 3 %, 5 %, 7 %, 10 %, 15 % et 25 %, en tenant compte du fait que le montant de la correction financière forfaitaire correspondante, bien que supérieur à la perte maximale prévue par l’État membre, doit être le plus proche possible de ce montant.
Conformément à l’article 14, paragraphe 6, troisième alinéa, du règlement délégué (UE) 2022/127, les corrections forfaitaires ne sont pas cumulées, étant donné que la déficience la plus grave dans les contrôles clés et secondaires est considérée comme une indication des risques présentés par le système de gestion et de contrôle dans son ensemble et que seule la correction forfaitaire la plus élevée doit alors s’appliquer pour chacune des populations concernées par la déficience.
Ces corrections forfaitaires sont appliquées aux dépenses restant après déduction des montants déjà corrigés par les États membres pour chaque cas individuel.
Le tableau 2 résume les situations possibles décrites au point 4.3.2.2 et la correction forfaitaire correspondante:
Tableau 2
| Contrôles clés Contrôles secondaires | Aucune déficience | Une | Deux | Trois ou plus | Un/plusieurs contrôle(s) absent(s) ou inefficace(s) | Système de contrôle complètement absent/gravement déficient |
| Non-respect du nombre, de la fréquence ou de la rigueur préconisés | ||||||
| Aucune déficience | N/D | 5 % | 5 % | 10 % | 10 % | 25 % ou plus |
| Un contrôle a totalement échoué | 2 % | 5 % | 7 % | 10 % | 10 % | |
| Deux contrôles ont totalement échoué | 2 % | 7 % | 7 % | 10 % | 10 % | |
| Trois contrôles ou plus ont totalement échoué | 3 % | 7 % | 7 % | 10 % | 10 % | |
Lorsque les déficiences touchent différents éléments du même contrôle secondaire/clé, il est nécessaire, afin d’appliquer le taux forfaitaire approprié, de déterminer si les déficiences ont pour conséquence:
| a) | que le contrôle secondaire échoue complètement; |
| b) | que le contrôle clé est effectué sans respecter le nombre, la fréquence ou la rigueur préconisés par le cadre juridique applicable, ou |
| c) | que le contrôle clé est inefficace pour déterminer l’admissibilité de la demande ou pour prévenir les irrégularités. |
4.3.4. Autres éléments à prendre en considération dans la quantification
4.3.4.1. Récurrence des déficiences dans différentes enquêtes
Conformément à l’article 14, paragraphe 7, point d), du règlement délégué (UE) 2022/127, dans les circonstances où des déficiences similaires dans le même secteur sont détectées dans un État membre lors d’une enquête faisant suite à une enquête au cours de laquelle ces déficiences avaient été détectées et communiquées à l’État membre pour la première fois, conformément à l’article 37, paragraphe 2, du règlement d’exécution (UE) 2022/128, des taux forfaitaires plus élevés sont justifiés, compte tenu toutefois des éventuelles mesures correctives ou compensatrices prises par l’État membre.
Ce point ne s’applique qu’aux nouvelles constatations établies à partir du 1er janvier 2023.
L’augmentation du taux forfaitaire sera calculée d’après l’analyse du risque de préjudice financier.
En l’absence de mesures correctives ou compensatoires et lorsque le niveau réel des paiements indus, et donc le montant du préjudice financier causé à l’Union, ne peut être déterminé, les pourcentages suivants sont appliqués à la première récurrence:
| a) | dans le cas d’un taux forfaitaire précédemment fixé à 2 %: un taux d’au moins 3 % sur la nouvelle période d’enquête concernée, ce taux pouvant atteindre 5 % si l’on peut raisonnablement conclure que la persistance de lacunes dans les contrôles secondaires entraîne une diminution de l’efficacité des contrôles clés; |
| b) | dans le cas d’un taux forfaitaire précédemment fixé à 3 %: un taux de 5 % sur la nouvelle période d’enquête concernée; |
| c) | dans le cas d’un taux forfaitaire précédemment fixé à 5 % ou 7 %: un taux de 10 % sur la nouvelle période d’enquête concernée; |
| d) | dans le cas d’un taux forfaitaire précédemment fixé à 10 %: un taux d’au moins 15 %, en fonction de la gravité de l’augmentation du risque, sur la nouvelle période d’enquête concernée. En cas de nouvelle récurrence ultérieure, le taux sera porté à 25 %; |
| e) | dans le cas d’un taux forfaitaire précédemment fixé à 25 % ou plus, la majoration sera établie au cas par cas. |
Lorsque la correction proposée lors de l’enquête précédente n’était pas forfaitaire, en l’absence d’une quantification satisfaisante par l’État membre dans l’enquête qui a établi la récurrence, la correction forfaitaire juste au-dessus de la correction de l’enquête précédente sera prise comme base pour l’application de la récurrence visée au point 4.3.2.2.
4.3.4.2. Risque financier dépassant les taux forfaitaires
Conformément à l’article 14, paragraphes 1 et 6, du règlement délégué (UE) 2022/127 et à l’article 55, paragraphe 2, du règlement (UE) 2021/2116, exigeant de la Commission qu’elle évalue les montants à exclure au vu de la gravité des déficiences constatées et du préjudice financier causé à l’Union, lorsque la Commission dispose d’éléments prouvant que le risque financier est supérieur au taux forfaitaire qui s’appliquerait conformément aux points 4.3.2.2 ou 4.3.3.1 des présentes lignes directrices, la Commission est en droit de proposer un niveau de correction forfaitaire plus élevé et, dans des cas flagrants d’extrême gravité, d’exclure toutes les dépenses concernées.
4.3.4.3. Cas limites
Lorsqu’il manque à l’État membre 10 % du nombre de contrôles requis par la législation de l’Union ou que la correction résultant de la stricte application des présentes lignes directrices serait nettement disproportionnée, la Commission peut proposer un taux de correction inférieur, voire ne pas imposer de correction, pour autant que la procédure de contrôle ait été correcte par ailleurs.
4.3.4.4. Difficultés d’interprétation de la législation de l’Union
Lorsque les déficiences ont découlé de difficultés dans l’interprétation de la législation de l’Union et que les autorités nationales ont pris des mesures efficaces pour remédier aux déficiences aussitôt qu’elles ont été décelées, cette circonstance atténuante peut être prise en considération et un taux de correction inférieur peut être proposé, voire pas de correction du tout.
Toutefois, cette circonstance atténuante n’est pas prise en considération lorsqu’on pouvait raisonnablement s’attendre à ce que l’État membre ait porté ces difficultés d’interprétation à l’attention de la Commission.
4.3.4.5. Communication initiale du niveau de la correction financière
Lorsque la Commission considère que des dépenses n’ont pas été effectuées conformément à la législation de l’Union, elle doit, en vertu de l’article 37, paragraphe 2, du règlement d’exécution (UE) 2022/128, « communique[r] ses conclusions [...] en indiquant le niveau provisoire de correction financière qu’elle considère approprié par rapport à ses conclusions à ce stade de la procédure ».
Lorsque les conditions pour le calcul ou l’extrapolation des montants à exclure du financement de l’Union ne sont pas remplies, les taux forfaitaires définis au point 4.3.2.2 sont utilisés pour satisfaire à l’obligation légale en question.
4.3.4.6. Période de la correction
La correction financière doit s’appliquer aux dépenses effectuées au cours de la période déterminée conformément à l’article 55, paragraphe 4, du règlement (UE) 2021/2116 et à l’article 37, paragraphe 7, du règlement d’exécution (UE) 2022/128. Les dépenses qui se rapportent à la période postérieure à la communication écrite visée à l’article 37, paragraphe 2, du règlement d’exécution (UE) 2022/128 devraient également être corrigées, jusqu’à ce que la déficience cesse d’avoir une incidence négative sur la déclaration correcte des dépenses ou le respect du droit de l’Union.
Pour la période qui sert à établir la récurrence au point 4.3.3.1, la Commission s’en tient au principe de N + 2. Cela signifie que le niveau plus élevé des corrections forfaitaires ne s’applique que pour la deuxième année suivant celle au cours de laquelle la faiblesse a été signalée à l’État membre [au moyen de la lettre de constatations visée à l’article 37, paragraphe 2, du règlement d’exécution (UE) 2022/128 au cours de l’année N], et uniquement si les constatations n’ont pas été corrigées dans l’intervalle.
4.3.4.7. Double correction
Lorsque la Commission propose une correction financière, elle veille à ce qu’il n’y ait pas de double correction en procédant à une compensation appropriée des montants proposés dans le cadre d’une procédure de conformité antérieure, ou des montants proposés dans le cadre de la même procédure de conformité. L’État membre doit fournir les informations nécessaires pour permettre à la Commission de déterminer la correction financière dans les délais légaux (voir effort proportionné au point 4.3.1).
4.3.4.8. Incidence des sanctions administratives sur les corrections financières
La non-application par les États membres du dispositif de sanctions administratives prévu par la législation de l’Union entraîne un préjudice financier pour le budget de l’Union, que ce soit au niveau des paiements indus ou au niveau des pertes de recettes affectées. Par conséquent, les sanctions administratives devraient relever du champ d’application des corrections financières.
4.3.4.9. Montants recouvrés et retenus par l’État membre
Les montants effectivement recouvrés auprès des bénéficiaires et crédités au Fonds concerné avant une date déterminée (37) fixée dans le cadre de la procédure de conformité doivent être déduits du montant que la Commission décide d’exclure du financement de l’Union conformément à l’article 55 du règlement (UE) 2021/2116.
Les recouvrements liés à la non-conformité détectée par la Commission, effectués après la date déterminée fixée, doivent être enregistrés et conservés pour les budgets nationaux. Les montants correspondant à la retenue visée à l’article 56, paragraphe 3, du règlement (UE) 2021/2116 ne sont pas déduits de la correction financière proposée, étant donné qu’une telle correction financière est considérée comme imputable aux autorités administratives ou autres organes officiels de l’État membre.
5. DÉTERMINATION DES CORRECTIONS FINANCIÈRES EN CAS DE DÉFICIENCES DANS LE CONTRÔLE DES OPÉRATIONS PRÉVU AU TITRE IV, CHAPITRE III, DU RÈGLEMENT (UE) 2021/2116
Le contrôle des opérations prévu au titre IV, chapitre III, du règlement (UE) 2021/2116 constitue une série de contrôles qui viennent s’ajouter aux contrôles administratifs et contrôles sur place de premier niveau. Étant donné que ces contrôles «ex post» font partie du système de gestion et de contrôle, toute déficience dans leur exécution devrait être prise en considération lors de la détermination du préjudice financier causé à l’Union conformément à l’article 55 du règlement (UE) 2021/2116. C’est pourquoi la Commission applique les principes directeurs décrits ci-après lors du traitement de telles déficiences.
| 1.a) | Lorsque des corrections financières sont imposées en raison de déficiences dans les contrôles de premier niveau, toute déficience constatée dans le contrôle des opérations réalisé dans le secteur concerné doit être prise en considération lors de la détermination des corrections financières pour des déficiences dans les contrôles clés dans le cadre des contrôles de premier niveau et des déficiences dans les contrôles clés dans le cadre des contrôles «ex post», conduisant à l’application d’une majoration de 10 % de la correction forfaitaire ou extrapolée, c’est-à-dire 5,5 %, 11 % ou 27,5 %. Pour rappel, l’article 14, paragraphe 6, troisième alinéa, du règlement délégué (UE) 2022/127 ne s’applique pas dans ce cas, étant donné que les déficiences dans le contrôle des opérations procèdent des déficiences dans les contrôles de premier niveau et ne peuvent pas être considérées comme des cas de non-conformité différents. |
| 1.b) | Lorsqu’une correction pour des déficiences dans les contrôles de premier niveau pour la même période a déjà été apportée dans une décision de conformité ad hoc, toute correction supplémentaire pour des déficiences dans le contrôle des opérations doit tenir compte de la correction précédente conformément aux principes énoncés au point 1.a). |
| 2) | Si le secteur concerné ne fait l’objet d’aucune correction financière pour des déficiences dans les contrôles de premier niveau et que, de ce fait, les corrections financières envisagées portent uniquement sur des déficiences constatées dans le contrôle des opérations, le taux de correction doit en principe être de 10 % des taux indiqués dans le tableau figurant au point 4.3.2.2. |
En ce qui concerne le champ d’application des corrections, l’article 55, paragraphe 5, point c), du règlement (UE) 2021/2116 prévoit que les corrections financières liées au contrôle des opérations peuvent couvrir les dépenses liées au rapport de contrôle de l’État membre, à condition que la Commission notifie ses conclusions par écrit à l’État membre (lettre de constatations) dans un délai de 12 mois à compter de la réception du rapport annuel de contrôle visé à l’article 80, paragraphe 2, point b), du règlement (UE) 2021/2116. En général, les dépenses à risque sont les dépenses liées aux entreprises sélectionnées aux fins du contrôle, c’est-à-dire les dépenses totales telles qu’elles sont déclarées dans le rapport de contrôle conformément à l’annexe VII, point 2, du règlement d’exécution (UE) 2022/128: « Vue d’ensemble des contrôles (par article du budget ou numéro de poste) », colonne C du tableau, « Total des dépenses concernant les entreprises sélectionnées à des fins de contrôle ».
PARTIE C
DÉPENSES ENTRANT ET N’ENTRANT PAS DANS LE CHAMP D’APPLICATION DU PLAN STRATÉGIQUE RELEVANT DE LA PAC VISÉ DANS LE RÈGLEMENT (UE) 2021/2115
6. DÉTERMINATION DES CORRECTIONS FINANCIÈRES POUR DES DÉFICIENCES EN MATIÈRE DE RESPECT DES CONDITIONS D’AGRÉMENT PAR LES ORGANISMES PAYEURS
La présente section établit des lignes directrices pour le calcul des corrections financières proposées par la Commission en vertu de l’article 55 du règlement (UE) 2021/2116 (38), lu conjointement avec l’article 2 du règlement d’exécution (UE) 2022/128 (39), en cas de non-respect des règles de l’Union relatives à l’agrément des organismes payeurs, couvrant toutes les dépenses du FEAGA et du Feader à compter du 1er janvier 2023.
6.1. Conditions d’application des corrections financières
L’article 2, paragraphes 3 à 6, du règlement d’exécution (UE) 2022/128 dispose ce qui suit:
«3. Lorsque l’autorité compétente a établi qu’un organisme payeur agréé ne respecte plus une ou plusieurs conditions d’agrément d’une manière qui est susceptible de gêner la réalisation des tâches définies à l’article 1er, paragraphe 1, du règlement délégué (UE) 2022/127, l’autorité compétente soumet sans délai l’agrément de l’organisme payeur à une phase de test. Elle doit élaborer un plan assorti d’un calendrier incluant des mesures permettant de remédier aux déficiences constatées dans un délai à fixer en fonction de la gravité du problème, qui ne doit pas dépasser 12 mois à compter de la date à laquelle l’agrément est soumis à la phase de test. Dans certains cas dûment justifiés, la Commission peut, sur demande de l’État membre concerné, autoriser la prolongation de ce délai.
4. L’autorité compétente informe la Commission de sa décision de soumettre l’agrément d’un organisme payeur à une phase de test, du plan élaboré conformément au paragraphe 3 et, par la suite, des progrès accomplis dans la mise en œuvre de ce plan.
5. En cas de retrait de l’agrément, l’autorité compétente procède sans délai à l’agrément d’un autre organisme payeur qui remplit les conditions établies à l’article 9, paragraphe 2, du règlement (UE) 2021/2116 afin d’éviter toute interruption des paiements au profit des bénéficiaires.
6. Si la Commission constate que l’autorité compétente n’a pas rempli son obligation d’élaborer un plan correctif conformément au paragraphe 3 ou que l’organisme payeur continue à être agréé sans avoir pleinement mis en œuvre un tel plan dans le délai déterminé, elle demande à l’autorité compétente de retirer l’agrément de l’organisme payeur en question à moins que les modifications nécessaires ne soient apportées dans un délai à fixer par la Commission en fonction de la gravité du problème. Dans une telle situation, la Commission peut décider de poursuivre les déficiences au moyen de la procédure de conformité conformément à l’article 55 du règlement (UE) 2021/2116.»
Conformément au document « Identifying potential serious deficiencies for the purpose of Directorate H’s mission to provide assurance » (40), lorsque l’État membre ne respecte pas les obligations qui lui incombent en vertu de l’article 2, paragraphes 3 et 6, du règlement d’exécution (UE) 2022/128 en ce qui concerne la phase de test et le plan d’action visant à remédier aux déficiences constatées, ce non-respect est également considéré comme une déficience grave potentielle et le risque financier est examiné dans le cadre d’une procédure de conformité conformément à l’article 55 du règlement (UE) 2021/2116. Il en va de même pour les dépenses qui ne relèvent pas du plan stratégique relevant de la PAC (voir point 3.1 des présentes lignes directrices).
Cela signifie que la procédure de conformité peut être engagée lorsque les deux conditions suivantes sont remplies:
| a) | une ou plusieurs conditions d’agrément ne sont plus remplies, ou le sont de manière tellement insuffisante qu’elles compromettent la capacité de l’organisme à exécuter les tâches indiquées à l’article 1er, paragraphe 1, du règlement (UE) 2022/127 (41); |
| b) | l’autorité compétente n’a pas rempli l’une de ses obligations, à savoir:
|
6.2. Dépenses à risque
La correction financière est appliquée aux dépenses relatives à l’intervention concernée par le non-respect des conditions d’agrément définies à l’annexe I du règlement délégué (UE) 2022/127.
6.3. Niveaux de correction
En ce qui concerne la quantification du risque financier, les options visées au point 2.3 s’appliquent.
7. DÉTERMINATION DES CORRECTIONS FINANCIÈRES POUR DES DÉFICIENCES DANS LA GESTION DES IRRÉGULARITÉS ET DES CRÉANCES
Les grands principes relatifs au recouvrement des paiements indus résultant d’irrégularités restent inchangés au cours de la période 2023-2027 de la PAC. Comme expliqué dans les lignes directrices no 5 (42) relatives à la gestion des créances et à l’établissement de rapports, les États membres sont censés maintenir les procédures et systèmes de gestion des créances nécessaires, mais les exigences en matière d’établissement de rapports ont changé.
Par ailleurs, les États membres continuent de suivre les créances liées à des paiements indus au cours des périodes de la PAC antérieures à 2023-2027, conformément à l’article 54 du règlement (UE) no 1306/2013 (43). En ce qui concerne les déficiences constatées conformément au chapitre 11 des « lignes directrices relatives au calcul des corrections financières dans le cadre des procédures d’apurement de conformité et d’apurement des comptes » — C(2015)3675 du 8 juin 2015 (44), où il est fait référence au chapitre 3 desdites lignes directrices, les points 2.3.1 à 2.3.4 des présentes lignes directrices s’appliquent.
Les systèmes de gestion des irrégularités et des créances doivent respecter les principes et les exigences énoncés à l’article 56, à l’article 57 et à l’article 59, paragraphe 1, du règlement (UE) 2021/2116, à l’article 1er et à l’annexe I du règlement délégué (UE) 2022/127, en particulier au point 2, F), ainsi qu’aux articles 30 et 31 du règlement d’exécution (UE) 2022/128, qui imposent à l’État membre, en particulier, de:
| a) | prévenir, détecter et corriger les irrégularités et la fraude; |
| b) | imposer des sanctions et recouvrer les paiements indus et les intérêts; |
| c) | enregistrer les montants correspondants dans ses livres et les faire figurer dans les comptes annuels visés à l’article 32, paragraphe 1, points f) et g), du règlement (UE) 2022/128; |
| d) | recouvrer les montants perdus à la suite d’un non-respect de la législation de l’Union ou de négligences imputables aux autorités de l’État membre. |
Les présentes lignes directrices s’appliquent aux procédures de conformité lancées après leur date d’adoption (c’est-à-dire les procédures dans lesquelles la lettre de constatations correspondante est envoyée à l’État membre concerné après cette date).
En cas de déficiences constatées dans les systèmes de gestion des irrégularités et des créances, lorsque les méthodes de calcul visées aux points 2.3.1, 2.3.2 et 2.3.3 n’ont rien donné, une correction forfaitaire doit être appliquée conformément au point 2.3.4. Par conséquent, une correction est appliquée de manière cohérente à la population à risque en cas de déficiences dans les systèmes de gestion des irrégularités et des créances de l’État membre, comme suit:
| a) | lorsque les déficiences concernent la gestion des créances (c’est-à-dire des déficiences dans les procédures de recouvrement, qui doivent être menées de manière appropriée et en temps utile, et dans leur suivi, des cas corrigés, annulés ou mis en non-valeur), le taux forfaitaire est appliqué soit au solde conformément à l’annexe II/annexe III du règlement (UE) no 908/2014 en ce qui concerne les dépenses antérieures à la PAC 2023-2027 et conformément à l’annexe V du règlement d’exécution (UE) 2022/128 en ce qui concerne les dépenses effectuées au titre de la PAC 2023-2027; soit à la partie du grand livre des débiteurs concernée (45); et |
| b) | lorsque les déficiences concernent l’exhaustivité du grand livre des débiteurs et/ou des annexes des comptes en ce qui concerne les créances et les recouvrements, avec pour effet qu’aucune procédure de recouvrement n’est engagée pour les irrégularités détectées, le taux forfaitaire est appliqué aux dépenses relatives à l’intervention/à la mesure concernée par la déficience constatée dans le système de gestion et de contrôle. |
Lorsque la Commission propose une correction financière pour des déficiences au titre du présent chapitre, elle veille à ce qu’il n’y ait pas de double correction en procédant à une compensation appropriée des montants exclus dans le cadre d’une procédure de conformité antérieure, ou des montants proposés à l’exclusion dans le cadre de la même procédure de conformité. L’État membre doit fournir les informations nécessaires pour permettre à la Commission de déterminer la correction financière en déployant des efforts proportionnés dans les délais légaux.
8. CORRECTIONS FINANCIÈRES DECOULANT DE LA PROCÉDURE D’APUREMENT FINANCIER
Aux fins de la décision d’apurement financier annuel, l’organisme de certification doit fournir une assurance quant à l’image fidèle des comptes annuels au moyen d’un audit de ces comptes et des procédures de contrôle, respectivement, au titre de l’objectif d’audit no 1 des « lignes directrices de l’organisme de certification relatives à l’audit annuel de certification pour les dépenses du FEAGA/Feader » applicables (les « lignes directrices de l’organisme de certification »).
Conformément à l’article 55 du règlement (UE) 2021/2116 et compte tenu du chapitre 10 des « lignes directrices de l’organisme de certification » applicables, la Commission peut lancer une procédure de conformité pour des inexactitudes financières significatives. En outre, dans ce cas précis, aucun apurement des comptes ne peut être proposé tant que la procédure de conformité n’est pas arrivée à son terme.
La quantification du risque financier est fondée sur la quantification fournie par l’organisme de certification conformément au chapitre 10 des « lignes directrices de l’organisme de certification » applicables, ou sur les informations à communiquer par les États membres au plus tard le 15 février suivant l’exercice concerné.
9. CORRECTIONS POSITIVES DANS LA DÉCISION DE CONFORMITÉ
9.1. Principes
On entend par «correction positive» le remboursement d’un montant à l’État membre qui a fait l’objet d’une décision antérieure de la Commission en vertu de l’article 53 ou de l’article 55 du règlement (UE) 2021/2116. Une correction positive doit être effectuée dans le cadre d’une procédure de conformité.
Le remboursement d’un montant donné à un État membre conformément à une décision de conformité ne peut pas être utilisé pour contourner les règles applicables en ce qui concerne la gestion et l’apurement financiers ni pour contourner le caractère définitif des décisions prises précédemment.
Un remboursement ne doit jamais excéder 100 % du montant initial concerné.
Dans le cas de «corrections positives», le taux de change utilisé doit être le même que celui utilisé pour la décision initiale afin de garantir qu’il n’y ait pas d’incidence financière.
9.2. Correction positive après une décision d’apurement financier annuel
Une correction positive sous la forme d’un remboursement à l’État membre par la voie d’une décision de conformité d’un montant précédemment apuré dans le cadre de l’apurement financier annuel, conformément à l’article 53 du règlement (UE) 2021/2116, ne peut avoir lieu que dans des cas exceptionnels et individuels, dans lesquels les conditions suivantes doivent être remplies:
| a) | des preuves étayant la position de l’État membre doivent être mises à disposition et, si nécessaire, une vérification sur place doit être effectuée par la Commission; |
| b) | l’information pour l’apurement des comptes étant certifiée, les nouvelles informations fournies par l’État membre doivent elles aussi être certifiées; |
| c) | l’erreur ne doit pas être le résultat d’une négligence. Les fautes de frappe ne sont pas considérées comme relevant de la négligence; |
| d) | il faut établir la preuve que l’État membre a agi avec diligence dans la procédure de recouvrement. |
9.3. Correction positive après une décision de conformité
Le remboursement à l’État membre ne doit pas être examiné au regard d’informations supplémentaires fournies par cet État membre qui auraient dû être transmises dans le cadre de la procédure de conformité dans les délais applicables, mais au regard d’informations qui ne seraient disponibles qu’après que la Commission a adopté la décision de conformité.
Le remboursement est autorisé dans les cas suivants:
| a) | un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne a annulé en tout ou en partie une décision de la Commission; |
| b) | des erreurs ont été commises par la Commission; |
| c) | une double correction a été imposée parce que tant la Commission que l’État membre ont omis de prendre en considération des informations qui étaient disponibles avant ou à la date de la décision de conformité, sans préjudice de l’article 37, paragraphe 6, du règlement d’exécution (UE) 2022/128. |
9.4. Correction positive liée à des suspensions
Un remboursement à l’État membre peut être exigé dans une décision de conformité adoptée en vertu de l’article 55 du règlement (UE) 2021/2116 lorsque des dépenses ont été précédemment suspendues en vertu de l’article 42 dudit règlement et que cette décision de conformité impose une correction financière en raison de déficiences graves dans les systèmes de gouvernance qui ont déclenché la suspension.
(1) Règlement (UE) 2021/2116 du Parlement européen et du Conseil du 2 décembre 2021 relatif au financement, à la gestion et au suivi de la politique agricole commune et abrogeant le règlement (UE) no 1306/2013 (JO L 435 du 6.12.2021, p. 187, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/2116/oj).
(2) Règlement (UE) 2021/2115 du Parlement européen et du Conseil du 2 décembre 2021 établissant des règles régissant l’aide aux plans stratégiques devant être établis par les États membres dans le cadre de la politique agricole commune (plans stratégiques relevant de la PAC) et financés par le Fonds européen agricole de garantie (FEAGA) et par le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader), et abrogeant les règlements (UE) no 1305/2013 et (UE) no 1307/2013 (JO L 435 du 6.12.2021, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/2115/oj).
(3) À l’exclusion de l’aide spécifique au coton et de l’aide pour la retraite anticipée, qui relèvent de la partie B.
(4) Règlement délégué (UE) 2022/127 de la Commission du 7 décembre 2021 complétant le règlement (UE) 2021/2116 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les organismes payeurs et autres entités, la gestion financière, l’apurement des comptes, les garanties et l’utilisation de l’euro (JO L 20 du 31.1.2022, p. 95 , ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_del/2022/127/oj).
(5) Règlement d’exécution (UE) 2022/128 de la Commission du 21 décembre 2021 portant modalités d’application du règlement (UE) 2021/2116 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les organismes payeurs et autres entités, la gestion financière, l’apurement des comptes, les contrôles, les garanties et la transparence (JO L 20 du 31.1.2022, p. 131, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_impl/2022/128/oj).
(6) Circabc/European Commission/Agriculture/Audit of agricultural expenditure (ex-EAGGF)/Library/Audit of agriculture expenditure/FCGL reference documents - https://circabc.europa.eu/ui/group/d9d57ada-2d34-4c85-9e3c-7ce690099d5d/library/fbabf972-31d3-46ef-9460-806d76de4eea?p=1&n=10&sort=modified_DESC.
(7) C’est toujours de la version en vigueur du plan stratégique relevant de la PAC approuvé dont il faut tenir compte.
(8) Il convient de souligner que l’approbation par la Commission du plan stratégique relevant de la PAC ne saurait fonder une confiance légitime dans le cas où ledit plan ne serait pas conforme à une disposition univoque de la législation de l’Union. (voir l’arrêt du 17 novembre 2022, Avicarvil, C-443/21, EU:C:2022:899, point 41: « Toutefois, il découle d’une jurisprudence constante que le principe de protection de la confiance légitime ne peut pas être invoqué à l’encontre d’une disposition précise d’un texte du droit de l’Union et que le comportement d’une autorité nationale chargée d’appliquer le droit de l’Union, qui est en contradiction avec ce dernier, ne saurait fonder, dans le chef d’un justiciable, une confiance légitime à bénéficier d’un traitement contraire au droit de l’Union. »).
(9) La norme ISA 450 « Évaluation des anomalies relevées au cours de l’audit » fournit la définition suivante d’une «anomalie»: «différence entre le montant, le classement, la présentation ou l’information fournie concernant un élément des états financiers et le montant, le classement, la présentation ou l’information fournie qui est exigée pour ce même élément afin d’être en conformité avec le référentiel comptable applicable. Les anomalies peuvent résulter d’erreurs ou provenir de fraudes. » En d’autres termes, une anomalie se produit lorsqu’il existe une différence entre les montants déclarés et ce qui est censé être déclaré.
(10) La marge d’anomalie indique le nombre d’anomalies qui pourraient être acceptées avant de considérer que les dépenses contiennent une anomalie significative. Elle doit être examinée dans le contexte de la norme ISA320 « Caractère significatif lors de la planification et de la réalisation d’un audit ».
(11) Un écart est une situation dans laquelle le résultat réel d’un contrôle ne correspond pas à celui attendu ou souhaité, sur la base des objectifs et des critères du contrôle. Il peut s’agir d’une exception dans les procédures et contrôles appliqués/conçus, ou d’une erreur/défaillance dans les contrôles. Lorsqu’un contrôle n’a pas fonctionné correctement, on parle d’écarts. L’incidence financière de tous les écarts sur les dépenses et les réalisations correspondantes déclarées est décrite comme l’ampleur des écarts.
(12) Circabc/European Commission/Agriculture/Audit of agricultural expenditure (ex-EAGGF)/Library/Audit of agriculture expenditure/FCGL reference documents - https://circabc.europa.eu/ui/group/d9d57ada-2d34-4c85-9e3c-7ce690099d5d/library/fbabf972-31d3-46ef-9460-806d76de4eea?p=1&n=10&sort=modified_DESC.
(13) Titre IV, chapitre IV, du règlement (UE) 2021/2116.
(14) Évaluation des systèmes et échelle de notation: fonctionne bien: 4; fonctionne: 3; fonctionne en partie: 2; ne fonctionne pas ou présente une déficience grave: 1.
(15) Circabc/European Commission/Agriculture/Audit of agricultural expenditure (ex-EAGGF)/Library/Audit of agriculture expenditure/FCGL reference documents - https://circabc.europa.eu/ui/group/d9d57ada-2d34-4c85-9e3c-7ce690099d5d/library/fbabf972-31d3-46ef-9460-806d76de4eea?p=1&n=10&sort=modified_DESC.
(16) Comme indiqué dans la ligne directrice no 2 relative à l’audit annuel de certification pour les dépenses du FEAGA/Feader.
(17) Circabc/European Commission/Agriculture/Audit of agricultural expenditure (ex-EAGGF)/Library/Audit of agriculture expenditure/FCGL reference documents - https://circabc.europa.eu/ui/group/d9d57ada-2d34-4c85-9e3c-7ce690099d5d/library/fbabf972-31d3-46ef-9460-806d76de4eea?p=1&n=10&sort=modified_DESC.
(18) Dans les statistiques, le niveau de confiance indique la probabilité avec laquelle une estimation fondée sur un échantillon statistique est vraie pour la population.
(19) Conformément aux objectifs d’audit 2 et 3 de la ligne directrice no 2 relative à l’audit annuel de certification pour les dépenses du FEAGA/Feader, ainsi qu’aux annexes 1 et 6 de celle-ci.
(20) Fait référence au nombre d’écarts constatés et à leur ampleur, conformément aux objectifs d’audit 2 et 3 figurant dans la ligne directrice no 2 relative à l’audit annuel de certification pour les dépenses du FEAGA/Feader, disponible à l’adresse suivante: Circabc/European Commission/Agriculture/Audit of agricultural expenditure (ex-EAGGF)/Library/Audit of agriculture expenditure/FCGL reference documents - https://circabc.europa.eu/ui/group/d9d57ada-2d34-4c85-9e3c-7ce690099d5d/library/fbabf972-31d3-46ef-9460-806d76de4eea?p=1&n=10&sort=modified_DESC.
(21) On entend par «type» de déficience grave la catégorie de déficience grave visée au point 2.1.
(22) Circabc/European Commission/Agriculture/Audit of agricultural expenditure (ex-EAGGF)/Library/Audit of agriculture expenditure/FCGL reference documents - https://circabc.europa.eu/ui/group/d9d57ada-2d34-4c85-9e3c-7ce690099d5d/library/fbabf972-31d3-46ef-9460-806d76de4eea?p=1&n=10&sort=modified_DESC.
(23) Ordonnance du 12 octobre 2023, Schrom Farms, T-507/22, non encore publiée au Recueil, notamment point 22.
(24) Circabc/European Commission/Agriculture/Audit of agricultural expenditure (ex-EAGGF)/Library/Audit of agriculture expenditure/FCGL reference documents - https://circabc.europa.eu/ui/group/d9d57ada-2d34-4c85-9e3c-7ce690099d5d/library/fbabf972-31d3-46ef-9460-806d76de4eea?p=1&n=10&sort=modified_DESC.
(25) Règlement (UE) 2021/2116 du Parlement européen et du Conseil du 2 décembre 2021 relatif au financement, à la gestion et au suivi de la politique agricole commune et abrogeant le règlement (UE) no 1306/2013 (JO L 435 du 6.12.2021, p. 187, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/2116/oj).
(26) Dépenses effectuées à partir du 1er janvier 2023 dans le cadre de la PAC 2023-27. Les « lignes directrices relatives au calcul du montant des corrections financières dans le cadre des procédures d’apurement de conformité et d’apurement des comptes » – C(2015)3675 continuent de s’appliquer aux procédures de conformité engagées en vertu de l’article 52 du règlement (UE) no 1306/2013.
(27) Titre III, chapitre II, section 3, sous-section 2, et article 155, paragraphe 2, du règlement (UE) 2021/2115.
(28) Titre IV, chapitre III, du règlement (UE) 2021/2116.
(29) Règlement délégué (UE) 2022/127 de la Commission du 7 décembre 2021 complétant le règlement (UE) 2021/2116 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les organismes payeurs et autres entités, la gestion financière, l’apurement des comptes, les garanties et l’utilisation de l’euro (JO L 20 du 31.1.2022, p. 95 , ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_del/2022/127/oj).
(30) Règlement d’exécution (UE) 2022/128 de la Commission du 21 décembre 2021 portant modalités d’application du règlement (UE) 2021/2116 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les organismes payeurs et autres entités, la gestion financière, l’apurement des comptes, les contrôles, les garanties et la transparence (JO L 20 du 31.1.2022, p. 131, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_impl/2022/128/oj).
(31) Pour les procédures de conformité liées au contrôle des opérations, les présentes lignes directrices seront utilisées à partir de la période de contrôle 2025/2026.
(32) Circabc/European Commission/Agriculture/Audit of agricultural expenditure (ex-EAGGF)/Library/Audit of agriculture expenditure/FCGL reference documents - https://circabc.europa.eu/ui/group/d9d57ada-2d34-4c85-9e3c-7ce690099d5d/library/fbabf972-31d3-46ef-9460-806d76de4eea?p=1&n=10&sort=modified_DESC.
(33) https://ec.europa.eu/regional_policy/information-sources/publications/decisions/2019/commission-decision-of-14-5-2019-laying-down-the-guidelines-for-determining-financial-corrections-to-be-made-to-expenditure-financed-by-the-union-for-non-compliance-with-the-applicable-rules-on-public-procurement_fr.
(34) Circabc/European Commission/Agriculture/Audit of agricultural expenditure (ex-EAGGF)/Library/Audit of agriculture expenditure/New guidelines on the calculation of financial corrections/ lists of key and ancillary controls/final lists https://circabc.europa.eu/ui/group/d9d57ada-2d34-4c85-9e3c-7ce690099d5d/library/1a04cfdd-a296-441d-8588-96008302a5e4?p=1&n=10&sort=modified_DESC.
(35) Éléments de preuve résultant des rapports d’autres organismes compétents tels que: la Cour des comptes, l’OLAF, l’organisme de certification, etc.
(36) Circabc/European Commission/Agriculture/Audit of agricultural expenditure (ex-EAGGF)/Library/Audit of agriculture expenditure/FCGL reference documents - https://circabc.europa.eu/ui/group/d9d57ada-2d34-4c85-9e3c-7ce690099d5d/library/fbabf972-31d3-46ef-9460-806d76de4eea?p=1&n=10&sort=modified_DESC.
(37) Cette date est communiquée à l’État membre avec les conclusions de la procédure de conformité correspondante conformément à l’article 37, paragraphes 3 ou 4, du règlement d’exécution (UE) 2022/128.
(38) Règlement (UE) 2021/2116 du Parlement européen et du Conseil du 2 décembre 2021 relatif au financement, à la gestion et au suivi de la politique agricole commune et abrogeant le règlement (UE) no 1306/2013 (JO L 435 du 6.12.2021, p. 187, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/2116/oj).
(39) Règlement délégué (UE) 2022/127 de la Commission du 7 décembre 2021 complétant le règlement (UE) 2021/2116 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les organismes payeurs et autres entités, la gestion financière, l’apurement des comptes, les garanties et l’utilisation de l’euro (JO L 20 du 31.1.2022, p. 95 , ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_del/2022/127/oj).
(40) Circabc/European Commission/Agriculture/Audit of agricultural expenditure (ex-EAGGF)/Library/Audit of agriculture expenditure/FCGL reference documents - https://circabc.europa.eu/ui/group/d9d57ada-2d34-4c85-9e3c-7ce690099d5d/library/fbabf972-31d3-46ef-9460-806d76de4eea?p=1&n=10&sort=modified_DESC.
(41) Règlement délégué (UE) 2022/127 de la Commission du 7 décembre 2021 complétant le règlement (UE) 2021/2116 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les organismes payeurs et autres entités, la gestion financière, l’apurement des comptes, les garanties et l’utilisation de l’euro (JO L 20 du 31.1.2022, p. 95 , ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_del/2022/127/oj).
(42) Les lignes directrices no 5 relatives à la gestion des créances et à l’établissement de rapports clarifient les exigences applicables lors de la période précédente et lors de la période 2023-2027 de la PAC; elles sont disponibles à l’adresse suivante: Circabc/European Commission/Agriculture/Audit of agricultural expenditure (ex-EAGGF)/Library/Audit of agriculture expenditure/FCGL reference documents - https://circabc.europa.eu/ui/group/d9d57ada-2d34-4c85-9e3c-7ce690099d5d/library/fbabf972-31d3-46ef-9460-806d76de4eea?p=1&n=10&sort=modified_DESC.
(43) Ces créances doivent être déclarées conformément à l’article 32, paragraphe 1, point f), deuxième phrase, et point g), du règlement d’exécution (UE) 2022/128.
(44) Circabc/European Commission/Agriculture/Audit of agricultural expenditure (ex-EAGGF)/Library/Audit of agriculture expenditure/FCGL reference documents - https://circabc.europa.eu/ui/group/d9d57ada-2d34-4c85-9e3c-7ce690099d5d/library/fbabf972-31d3-46ef-9460-806d76de4eea?p=1&n=10&sort=modified_DESC.
(45) Couvrant toutes les périodes de la PAC.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5991/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
Mise à jour des modèles de cartes délivrées par les ministères des affaires étrangères des États membres aux membres accrédités des missions diplomatiques et des représentations consulaires, ainsi qu’à leur famille, visés à l’article 20, paragraphe 2, du règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil concernant un code de l’Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen)
31/12/2024
Informations communiquées par les États membres concernant la fermeture de pêcheries
31/12/2024
Publication des éléments essentiels de la décision relative à l’insolvabilité et à la liquidation des biens de la coopérative WPB Capital, spořitelní družstvo v likvidaci, conformément à l’article 13 de la directive 2001/24/CE du Parlement européen et du Conseil concernant l’assainissement et la liquidation des établissements de crédit
31/12/2024
Résumé des décisions de l'Union européenne relatives aux autorisations de mise sur le marché des médicaments du 1 novembre 2024 au 30 novembre 2024 (Publié en vertu de l'article 13 ou de l'article 38 du règlement (CE) n° 726/2004 du Parlement européen et du Conseil ou de L’article 5 du règlement (UE) 2019/6 du Parlement européen et du Conseil)
30/12/2024