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AccueilDroit européen52024XC06792
Communication52024XC06792

Communication de la Commission sur l’interprétation de certaines dispositions juridiques de la directive 2013/34/UE (directive comptable), de la directive 2006/43/CE (directive sur le contrôle légal des comptes), du règlement (UE) no 537/2014 (règlement sur le contrôle légal des comptes), de la directive 2004/109/CE (directive sur la transparence), du règlement délégué (UE) 2023/2772 (première série de normes européennes d’information en matière de durabilité ou premier acte délégué ESRS) et du règlement (UE) 2019/2088 (règlement sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers ou SFDR) en ce qui concerne l’information en matière de durabilité

CELEX52024XC06792
TypeCommunication
Datemercredi 13 novembre 2024

Résumé IA

Cette communication de la Commission européenne clarifie l'interprétation des dispositions clés des directives comptable, d'audit et de transparence, ainsi que des règlements sur le contrôle légal des comptes, les normes ESRS et le SFDR, en matière d'information en matière de durabilité. Elle vise à harmoniser la mise en œuvre de ces textes pour les entreprises soumises à la directive CSRD, en précisant notamment le champ d'application, les liens entre les obligations de publication et les responsabilités des organes de direction. Pour un professionnel du droit français, ce texte offre un guide pratique pour sécuriser la conformité des rapports de durabilité et anticiper les contrôles des autorités compétentes.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/6792

13.11.2024

Communication de la Commission sur l’interprétation de certaines dispositions juridiques de la directive 2013/34/UE (directive comptable), de la directive 2006/43/CE (directive sur le contrôle légal des comptes), du règlement (UE) no 537/2014 (règlement sur le contrôle légal des comptes), de la directive 2004/109/CE (directive sur la transparence), du règlement délégué (UE) 2023/2772 (première série de normes européennes d’information en matière de durabilité ou «premier acte délégué ESRS») et du règlement (UE) 2019/2088 (règlement sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers ou «SFDR») en ce qui concerne l’information en matière de durabilité

(C/2024/6792)

La présente série de questions fréquemment posées (FAQ) clarifie l’interprétation de certaines dispositions introduites par la directive sur la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises [directive (UE) 2022/2464 ou «CSRD»] dans la directive comptable (directive 2013/34/UE), la directive sur le contrôle légal des comptes (directive 2006/43/CE), le règlement sur le contrôle légal des comptes [règlement (UE) no 537/2014] et la directive sur la transparence (directive 2004/109/CE), dans le but de faciliter leur mise en œuvre par les entreprises. Elle clarifie également certaines dispositions du règlement sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers («SFDR») [règlement (UE) 2019/2088].

Ces questions-réponses comprennent aussi quelques clarifications concernant l’interprétation de certaines dispositions de la première série de normes européennes d’information en matière de durabilité («ESRS») [règlement délégué (UE) 2023/2772 de la Commission], pour lesquelles une interprétation juridique de la Commission a été jugée nécessaire. Les entreprises et les autres parties prenantes peuvent aussi consulter les orientations sur la mise en œuvre des ESRS publiées par l’EFRAG, l’organe consultatif multipartite chargé de conseiller la Commission sur les ESRS (1).

La présente série de questions-réponses découle de la volonté de la Commission de faciliter le respect au moindre coût des exigences réglementaires par les parties prenantes et de garantir la facilité d'utilisation et la comparabilité des informations publiées sur la durabilité. En apportant plus de clarté et de sécurité aux entreprises, elle contribuera à la réalisation de l’objectif de la Commission consistant à réduire la charge administrative que représente la publication de ces informations pour les entreprises (2). La Commission pourra mettre à jour ces questions et leurs réponses s’il y a lieu.

Les réponses aux questions fréquemment posées que contient la présente communication clarifient les dispositions déjà présentes dans la législation applicable. Elles n’étendent en aucune manière les droits et obligations découlant de cette législation et n’introduisent aucune exigence supplémentaire. Ces questions-réponses visent uniquement à aider les entreprises à mettre en œuvre les dispositions légales concernées. La Cour de justice de l’Union européenne est seule compétente pour donner une interprétation du droit de l’Union faisant autorité. Les points de vue exprimés dans la présente communication ne préjugent pas de la position que la Commission pourrait adopter devant les juridictions de l’Union et les juridictions nationales.

Table des matières

Section I —

Glossaire des termes pertinents et de la législation applicable 3

Section II —

Vue d’ensemble des obligations d’information en matière de durabilité introduites par la CSRD 4
OBLIGATIONS EN MATIÈRE DE DURABILITÉ APPLICABLES AUX ENTREPRISES DÉCLARANTES 5
EXIGENCES APPLICABLES AUX CONTRÔLEURS LÉGAUX DES COMPTES ET AUX PRESTATAIRES DE SERVICES D’ASSURANCE INDÉPENDANTS (IASP) 13

Section III —

Questions fréquemment posées sur les informations en matière de durabilité à publier en vertu des articles 19 bis et 29 bis de la directive comptable (état de durabilité individuel et consolidé) 15
CHAMP D’APPLICATION ET DATES D’APPLICATION 15
RÈGLES D’EXEMPTION 19
ESRS 23
CHAÎNE DE VALEUR 24
PUBLICATION D’INFORMATIONS AU TITRE DE L’ARTICLE 8 DU RÈGLEMENT ÉTABLISSSANT LA TAXINOMIE 27
EXIGENCES LINGUISTIQUES 27
NUMÉRISATION (FORMAT ET BALISAGE NUMÉRIQUE) 28
PUBLICATION 28
SURVEILLANCE 29

Section IV —

Questions fréquemment posées sur les informations en matière de durabilité publiées en vertu de l’article 40 bis de la directive comptable 29
CHAMP D’APPLICATION ET DATE D’APPLICATION 29
ESRS 30
PUBLICATION D’INFORMATIONS AU TITRE DE L’ARTICLE 8 DU RÈGLEMENT ÉTABLISSANT LA TAXINOMIE 30
RÈGLES D’EXEMPTION 31
LANGUE ET FORMAT 31
PUBLICATION 31
SURVEILLANCE 32

Section V —

Questions fréquemment posées sur l’assurance de l’information en matière de durabilité 32
AGRÉMENT DES CONTRÔLEURS LÉGAUX DES COMPTES ET DES CABINETS D’AUDIT 32
ACCRÉDITATION ET AGRÉMENT DES PRESTATAIRES DE SERVICES D’ASSURANCE INDÉPENDANTS 34
TIERS INDÉPENDANT ACCRÉDITÉ 35
PRESTATAIRES DE SERVICES D’ASSURANCE INDÉPENDANTS 35
PRESTATAIRES DE SERVICES D’ASSURANCE DE PAYS TIERS 36
CONFIDENTIALITÉ 36
SERVICES D’ASSURANCE 36
HONORAIRES 36
ASSURANCE DE L’ÉTAT DE DURABILITÉ ÉTABLI CONFORMÉMENT AUX ARTICLES 19 bis ET 29 bis DE LA DIRECTIVE COMPTABLE 37
SERVICES AUTRES QUE D’ASSURANCE 39
ASSURANCE DU RAPPORT DE DURABILITÉ ÉTABLI CONFORMÉMENT À L’ARTICLE 40 bis DE LA DIRECTIVE COMPTABLE 39

Section VI —

Questions fréquemment posées sur les ressources incorporelles essentielles 40

Section VII —

Questions fréquemment posées complémentaires sur les exigences applicables aux entreprises de pays tiers 41

Section VIII —

Question fréquemment posée sur le SFDR 42

SECTION I

GLOSSAIRE DES TERMES PERTINENTS ET DE LA LÉGISLATION APPLICABLE

Terme

Définition / référence juridique

Directive comptable

Directive 2013/34/UE (3).

Directive sur le contrôle légal des comptes

Directive 2006/43/CE (4).

Règlement sur le contrôle légal des comptes

Règlement (UE) no 537/2014 (5).

Directive sur le droit des sociétés

Directive (UE) 2017/1132 (6).

CSRD

Directive (UE) 2022/2464 (directive sur la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises) (7).

Paquet ESAP

—

Règlement (UE) 2023/2859 établissant un point d’accès unique européen (ESAP) fournissant un accès centralisé aux informations publiées utiles pour les services financiers, les marchés des capitaux et la durabilité (Règlement ESAP) (8);

—

Règlement (UE) 2023/2869 modifiant certains règlements en ce qui concerne l’établissement et le fonctionnement du point d’accès unique européen (Règlement omnibus ESAP) (9);

—

Directive (UE) 2023/2864 modifiant certaines directives en ce qui concerne l’établissement et le fonctionnement du point d’accès unique européen (Directive omnibus ESAP) (10);

Règlement délégué ESEF

Règlement délégué (UE) 2019/815 de la Commission sur le format électronique unique européen (ESEF) (11).

ESRS PME cotées

Normes européennes d’information en matière de durabilité (ESRS) que les petites et moyennes entreprises (PME) cotées, à l’exception des microentreprises, doivent utiliser en lieu et place des ESRS pour élaborer leur état de durabilité en application de l’article 19 bis de la directive comptable. Ces ESRS doivent être adoptées par la Commission sur la base de l’article 29 quater de la directive comptable.

ESRS concernant certaines entreprises de pays tiers

Normes européennes d’information en matière de durabilité (ESRS) que les entreprises de pays tiers soumises à l’article 40 bis de la directive comptable doivent utiliser pour élaborer leur rapport de durabilité. Ces ESRS doivent être adoptées par la Commission sur la base de l’article 40 ter de la directive comptable.

ESRS

Normes européennes d’information en matière de durabilité (ESRS) que les entreprises soumises aux articles 19 bis et 29 bis de la directive comptable doivent utiliser pour élaborer leur état de durabilité conformément aux articles 19 bis et 29 bis de la directive comptable. Ces ESRS comprennent d’une part la première série d’ESRS non sectorielles [adoptées par le règlement délégué (UE) 2023/2772 de la Commission (12)] et d’autre part les ESRS sectorielles (à adopter par la Commission pour le 30 juin 2026).

PME

Petites et moyennes entreprises, telles que définies à l’article 3, paragraphes 1, 2 et 3 de la directive comptable.

SFDR

Règlement (UE) 2019/2088 (règlement sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers) (13).

Rapport de durabilité concernant certaines entreprises de pays tiers

Informations en matière de durabilité à publier en application de l’article 40 bis de la directive comptable.

État de durabilité

Informations en matière de durabilité à publier en application de l’article 19 bis (état de durabilité individuel) et de l’article 29 bis (état de durabilité consolidé) de la directive comptable.

Règlement établissant la taxinomie

Règlement (UE) 2020/852 (14).

Directive sur la transparence

Directive 2004/109/CE (15).

SECTION II

VUE D’ENSEMBLE DES OBLIGATIONS D’INFORMATION EN MATIÈRE DE DURABILITÉ INTRODUITES PAR LA CSRD

La CSRD [directive sur la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises - directive (UE) 2022/2464] a introduit de nouvelles obligations d’information en matière de durabilité pour certaines entreprises en modifiant la directive comptable (directive 2013/34/UE), la directive sur le contrôle légal des comptes (directive 2006/43/CE), le règlement sur le contrôle légal des comptes [règlement (UE) no 537/2014] et la directive sur la transparence (directive 2004/109/CE).

En résumé (16), ces dispositions obligent certaines entreprises à publier des informations en matière de durabilité, qui doivent être préparées conformément à des normes spécifiques d’information en matière de durabilité et, le cas échéant, respecter un format numérique. Ces informations en matière de durabilité sont soumises à une obligation d’assurance et doivent être accompagnées, lors de leur publication, du rapport d’assurance correspondant.

Dans l’ensemble, ces obligations d’information en matière de durabilité s’appliquent aux entreprises relevant du droit d’un État membre (17) qui sont:

—

des grandes entreprises;

—

les PME (à l’exclusion des microentreprises) dont les valeurs mobilières sont admises à la négociation sur un marché réglementé de l’UE; et

—

des entreprises mères de grands groupes.

Elles s’appliquent également aux entreprises relevant du droit d’un pays tiers dont les valeurs mobilières sont admises à la négociation sur un marché réglementé de l’UE (à l’exclusion des microentreprises) ou dont les activités sur le territoire de l’Union dépassent certains seuils (18).

Les règles visant à déterminer la taille d’une entreprise et le périmètre de consolidation aux fins de l’information en matière de durabilité reposent sur les règles existantes relatives à l’information financière, qui sont énoncées dans les mesures nationales transposant la directive comptable préexistante. Les seuils de la directive comptable pour la détermination de la taille de chaque catégorie d’entreprises sont indiqués dans l’encadré ci-dessous intitulé « Logigramme pour la détermination des obligations d’information en matière de durabilité applicables à chaque type d'entreprise et de leurs dates d’application respectives ».

La date d’entrée en application de ces obligations d’information en matière de durabilité varie selon les informations requises et la catégorie d’entreprises. La date d’entrée en application de chaque obligation est indiquée dans la section suivante intitulée « Obligations en matière de durabilité applicables aux entreprises déclarantes ».

Ces obligations étant introduites par la voie d’une directive, les règles spécifiques applicables aux entreprises sont celles énoncées dans la législation nationale transposant la directive comptable modifiée par la CSRD (19), ainsi que par la directive déléguée (UE) 2023/2775 de la Commission (20), qui a ajusté les critères de taille applicables à la définition des micro-, petites, moyennes et grandes entreprises ou groupes pour tenir compte des effets de l’inflation, réduisant ainsi le nombre d’entreprises soumises aux obligations d’information en matière de durabilité et, dans une certaine mesure, aux obligations d’information financière.

La CSRD ne réglemente pas la publication volontaire d’informations en matière de durabilité par les entreprises qui n'entrent dans son champ d’application (par exemple, les PME non cotées sur un marché réglementé de l’UE), et cette publication n’est pas soumise à des obligations au niveau de l’Union.

OBLIGATIONS EN MATIÈRE DE DURABILITÉ APPLICABLES AUX ENTREPRISES DÉCLARANTES

1. Élaboration, assurance et publication des informations en matière de durabilité à publier en vertu des articles 19 bis et 29 bis de la directive comptable (état de durabilité)

1.1. Informations en matière de durabilité à publier au niveau individuel en vertu de l’article 19 bis de la directive comptable (état de durabilité)

Conformément à l’article 19 bis de la directive comptable, une entreprise relevant du droit d’un État membre qui est:

—

une grande entreprise (21); ou

—

des PME (22), à l’exclusion des microentreprises (23), dont les valeurs mobilières (24) sont admises à la négociation sur un marché réglementé de l’UE;

doivent publier des informations en matière de durabilité au niveau individuel (état de durabilité individuel) concernant leur impact sur les enjeux de durabilité et la manière dont ces enjeux influent sur l’évolution de leurs affaires, de leurs résultats et de leur situation.

L’état de durabilité individuel doit respecter les exigences suivantes:

(i)

il doit figurer dans une section spécifique du rapport de gestion de l’entreprise;

(ii)

il doit être élaboré conformément aux normes européennes d’information en matière de durabilité (ESRS) adoptées par voie d’actes délégués de la Commission (25). Les PME (à l’exclusion des microentreprises) dont les valeurs mobilières sont admises à la négociation sur un marché réglementé de l’UE peuvent également élaborer leur état de durabilité individuel conformément à un ensemble spécifique d’ESRS proportionnées (26), adoptées par voie d’actes délégués de la Commission (ESRS PME cotées) (27);

(iii)

il doit être balisé conformément à une taxinomie numérique (28) adoptée au moyen d’une modification du règlement délégué de la Commission sur le format électronique unique européen (ESEF) (29), et le rapport de gestion qui inclut l’état de durabilité doit être établi au format XHTML (30);

(iv)

il doit faire l’objet d’une mission d’assurance (31), qui doit être effectuée par des contrôleurs légaux des comptes ou, si l’État membre concerné les y autorise, par des prestataires de services d’assurance indépendants, sur la base de normes d’assurance limitée (32);

(v)

le rapport de gestion qui inclut l’état de durabilité est publié conformément aux règles de publication existantes qui lui sont applicables (33), accompagné de l’avis d’assurance sur l’état de durabilité (34).

Ces exigences doivent être respectées sur la base de l’approche progressive suivante (35):

—

en ce qui concerne les exercices commençant le 1er janvier 2024 ou après cette date (c’est-à-dire avec publication en 2025): les grandes entreprises qui sont des entités d’intérêt public (36) dépassant, à la date de clôture de leur bilan, le nombre moyen de 500 salariés sur l’exercice;

—

en ce qui concerne les exercices commençant le 1er janvier 2025 ou après cette date (c’est-à-dire avec publication en 2026): les autres grandes entreprises (c’est-à-dire les grandes entreprises qui ne sont pas « des entités d’intérêt public dépassant, à la date de clôture de leur bilan, le nombre moyen de 500 salariés sur l’exercice »);

—

en ce qui concerne les exercices commençant le 1er janvier 2026 ou après cette date (c’est-à-dire avec publication en 2027):

—

les PME (à l’exclusion des microentreprises) dont les valeurs mobilières sont admises à la négociation sur un marché réglementé de l’UE;

—

les établissements de petite taille et non complexes (37), pour autant qu’il s’agisse de grandes entreprises ou de PME (à l’exclusion des microentreprises) dont les valeurs mobilières sont admises à la négociation sur un marché réglementé de l’UE;

—

les entreprises captives d’assurance (38) et les entreprises captives de réassurance (39), pour autant qu’il s’agisse de grandes entreprises ou de PME (à l’exclusion des microentreprises) dont les valeurs mobilières sont admises à la négociation sur un marché réglementé de l’UE.

Les PME (à l’exclusion des microentreprises) dont les valeurs mobilières sont admises à la négociation sur un marché réglementé de l’UE peuvent déroger à ces exigences jusqu’aux exercices commençant avant le 1er janvier 2028, pour autant qu’elles indiquent brièvement dans leur rapport de gestion pourquoi les informations en matière de durabilité n’ont pas été fournies (40).

L’entreprise est exemptée de l’obligation de publier un état de durabilité individuel lorsque ces informations sont incluses dans l’état de durabilité consolidé d’une entreprise mère, pour autant que certaines conditions soient remplies en ce qui concerne le contenu du rapport de gestion de l’entreprise exemptée et la publication des informations en matière de durabilité par l’entreprise mère (41). Les grandes entreprises dont les valeurs mobilières sont admises à la négociation sur un marché réglementé de l’UE — y compris les établissements de petite taille et non complexes, les entreprises captives d’assurance et les entreprises captives de réassurance, et y compris les entreprises de pays tiers — ne peuvent pas bénéficier de cette exemption (42).

1.2. Informations en matière de durabilité à publier au niveau consolidé en vertu de l’article 29 bis de la directive comptable (état de durabilité consolidé)

Conformément à l’article 29 bis de la directive comptable, une entreprise relevant du droit d’un État membre qui est une entreprise mère d’un grand groupe (43) doit publier des informations en matière de durabilité au niveau consolidé (état de durabilité consolidé) concernant les impacts de l’entreprise sur les enjeux de durabilité et la manière dont les enjeux de durabilité influent sur l’évolution des affaires, les résultats et la situation de l’entreprise.

L’état de durabilité consolidé doit satisfaire aux mêmes exigences que celles spécifiées pour l’état de durabilité individuel [point 1.1 ci-dessus, i) à v)] (44).

Ces exigences doivent être respectées sur la base de l’approche progressive suivante (45):

—

en ce qui concerne les exercices commençant le 1er janvier 2024 ou après cette date (c’est-à-dire avec publication en 2025): les entités d’intérêt public qui sont l’entreprise mère d’un grand groupe dépassant sur une base consolidée, à la date de clôture de son bilan, le nombre moyen de 500 salariés sur l’exercice;

—

en ce qui concerne les exercices commençant le 1er janvier 2025 ou après cette date (c’est-à-dire avec publication en 2026): les autres entreprises mères d’un grand groupe (c’est-à-dire les entreprises mères d’un grand groupe qui ne sont pas des « entités d’intérêt public et/ou dont le groupe ne dépasse pas, sur une base consolidée, à la date de clôture du bilan, le nombre moyen de 500 salariés sur l’exercice »).

Une entreprise mère qui publie un état de durabilité consolidé est exemptée de l’obligation de publier son état de durabilité individuel (46). Une entreprise mère qui est aussi une filiale est exemptée de l'obligation de publier un état de durabilité consolidé si ces informations sont incluses dans l’état de durabilité consolidé, ou dans l’information consolidée en matière de durabilité, d’une autre entreprise mère, pour autant que certaines conditions soient remplies quant au contenu du rapport de gestion de l’entreprise exemptée et la publication d'informations en matière de durabilité par l’entreprise mère (47). Les grandes entreprises dont les valeurs mobilières sont admises à la négociation sur un marché réglementé de l’UE — y compris les établissements de petite taille et non complexes, les entreprises captives d’assurance et les entreprises captives de réassurance, et y compris les entreprises de pays tiers — ne peuvent pas bénéficier de cette exemption (48).

1.3. Informations en matière de durabilité à publier au niveau individuel (état de durabilité) ou — pour les entreprises mères de grands groupes — au niveau consolidé (état de durabilité consolidé) en vertu de l’article 4, paragraphe 5, de la directive sur la transparence, par les émetteurs de valeurs mobilières admises à la négociation sur un marché réglementé de l’UE)

Conformément à l’article 4, paragraphe 5, de la directive sur la transparence, qui renvoie aux articles 19 bis et 29 bis de la directive comptable, les émetteurs de valeurs mobilières admises à la négociation sur un marché réglementé de l’UE (49) (qu’ils soient régis par le droit d’un État membre ou par le droit d’un pays tiers), à l’exclusion des microentreprises, doivent inclure dans leurs rapports financiers annuels un rapport de gestion incluant des informations en matière de durabilité au niveau individuel (état de durabilité) ou — pour les entreprises mères de grands groupes — au niveau consolidé (état de durabilité consolidé) conformément aux mêmes exigences que celles énoncées au point 1.1 ci-dessus, points i) à v). Les règles de publication sont celles établies pour le rapport financier annuel conformément à l’article 4 de la directive sur la transparence (50).

Les émetteurs de valeurs mobilières admises à la négociation sur un marché réglementé de l’UE qui sont des grandes entreprises ou des PME (à l’exclusion des microentreprises) ou des entreprises mères de grands groupes tels que définis dans la directive comptable devront également publier un rapport de gestion conformément aux exigences énoncées dans la directive comptable et précisées dans les points 1.1 et 1.2 ci-dessus. Les règles d’exemption prévues à l’article 19 bis, paragraphes 8 et 9, de la directive comptable s’appliquent aussi.

Ces exigences doivent être respectées sur la base de l’approche progressive suivante (51):

—

en ce qui concerne les exercices commençant le 1er janvier 2024 ou après cette date (c’est-à-dire avec publication en 2025): les émetteurs qui sont des grandes entreprises dépassant, à la date de clôture du bilan, le nombre moyen de 500 salariés sur l’exercice, ainsi que les émetteurs qui sont des entreprises mères d’un grand groupe dépassant, sur une base consolidée, à la date de clôture du bilan, le nombre moyen de 500 salariés sur l’exercice;

—

en ce qui concerne les exercices commençant le 1er janvier 2025 ou après cette date (c’est-à-dire avec publication en 2026): les autres émetteurs qui sont des grandes entreprises, ainsi que les autres émetteurs qui sont des entreprises mères d’un grand groupe;

—

en ce qui concerne les exercices commençant le 1er janvier 2026 ou après cette date (c’est-à-dire avec publication en 2027):

—

les émetteurs qui sont des PME (à l’exclusion des microentreprises);

—

les émetteurs définis comme des établissements de petite taille et non complexes, pour autant qu’il s’agisse de grandes entreprises ou de PME (à l’exclusion des microentreprises) dont les valeurs mobilières sont admises à la négociation sur un marché réglementé de l’UE; et

—

les émetteurs définis comme des entreprises captives d’assurance et des entreprises captives de réassurance, pour autant qu’il s’agisse de grandes entreprises ou de PME (à l’exclusion des microentreprises) dont les valeurs mobilières sont admises à la négociation sur un marché réglementé de l’UE.

2. Élaboration, assurance et publication des informations en matière de durabilité à publier en vertu de l’article 40 bis de la directive comptable (rapport de durabilité pour certaines entreprises de pays tiers)

Sur la base de l’article 40 bis de la directive comptable, lorsqu’une entreprise de pays tiers qui réalise un chiffre d’affaires net supérieur à 150 millions d’EUR dans l’Union (pour chacun des deux derniers exercices consécutifs) a une filiale dans l’Union qui est soumise aux articles 19 bis et 29 bis de la directive comptable, ou, en l’absence d’une telle filiale, une succursale dans l’Union qui a réalisé un chiffre d’affaires net supérieur à 40 millions d’EUR (sur l’exercice précédent), cette filiale ou succursale devra publier et rendre accessibles des informations en matière de durabilité au niveau du groupe de l’entreprise mère de pays tiers.

Ce rapport de durabilité à fournir en vertu de l’article 40 bis de la directive comptable a un contenu limité par rapport à l’«état de durabilité» à fournir au titre des articles 19 bis et 29 bis de la directive comptable. Certaines informations requises dans l’état de durabilité ne sont pas requises dans le rapport de durabilité, en particulier les informations sur la résilience, les opportunités et les risques, étant donné qu’il s’agit avant tout d’axer le rapport de durabilité sur les impacts en matière de durabilité (52).

Le rapport de durabilité doit respecter les exigences suivantes:

—

il doit être établi conformément aux ESRS applicables à certaines entreprises de pays tiers qui auront été adoptées par voie d’actes délégués de la Commission (53);

—

il doit faire l’objet d’un avis d'assurance (54);

—

il doit être publié par les filiales ou succursales concernées établies ou situées dans l’Union accompagné de l’avis d’assurance sur le rapport de durabilité (55).

Si l’entreprise mère de pays tiers établit le rapport de durabilité conformément aux ESRS (au lieu des ESRS définies pour certaines entreprises de pays tiers), la filiale ou la succursale n’est pas tenue d’établir de rapport de durabilité conformément aux ESRS définies pour certaines entreprises de pays tiers. Dans ce cas, les exemptions prévues à l’article 19 bis, paragraphe 9, et à l’article 29 bis, paragraphe 8, s’appliqueraient.

Ces exigences doivent être respectées pour chaque exercice commençant le 1er janvier 2028 ou après cette date (56).

Logigramme pour la détermination des obligations d’information en matière de durabilité applicables à chaque type d'entreprise et de leurs dates d’application respectives

Le logigramme ci-dessous illustre le processus permettant de déterminer si une entité est soumise à des obligations d’information en matière de durabilité et à partir de quel exercice.

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