Avis institutionnel52025AB0010

Avis de la Banque centrale européenne du 8 mai 2025 sur des propositions de modification des obligations relatives à la publication d’informations et au devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (CON/2025/10)

CELEX52025AB0010
TypeAvis institutionnel
Datejeudi 8 mai 2025

Résumé IA

Cet avis de la Banque centrale européenne (BCE) évalue des propositions législatives visant à modifier les obligations des entreprises en matière de publication d'informations (reporting) et de devoir de vigilance (due diligence) sur les enjeux de durabilité. La BCE y exprime son point de vue sur l'impact de ces modifications pour le secteur financier et la stabilité monétaire, notamment en ce qui concerne la charge administrative et la cohérence avec le cadre réglementaire existant. Pour un professionnel du droit français, cet avis est un élément clé pour anticiper l'évolution des normes de reporting extra-financier et les obligations de vigilance applicables aux entreprises, en particulier dans le secteur bancaire et financier.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2025/3667

8.7.2025

AVIS DE LA BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE

du 8 mai 2025

sur des propositions de modification des obligations relatives à la publication d’informations et au devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité

(CON/2025/10)

(C/2025/3667)

Introduction et fondement juridique

Le 26 février 2025, la Commission européenne a publié une proposition de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant les directives (UE) 2022/2464 et (UE) 2024/1760 en ce qui concerne les dates à partir desquelles les États membres doivent appliquer certaines obligations relatives à la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises et au devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (1) (ci-après la «proposition de report de la CSRD et de la CSDD») et une proposition de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant les directives 2006/43/CE et 2013/34/UE, (UE) 2022/2464 et (UE) 2024/1760 en ce qui concerne certaines obligations relatives à la publication d’informations en matière de durabilité et au devoir de vigilance applicables aux entreprises (2) (ci-après les «propositions de modification de la CSRD et de la CSDD» et, avec la proposition de report de la CSRD et de la CSDD, les «propositions de directives»).

La Banque centrale européenne (BCE) a décidé, de sa propre initiative, de rendre un avis sur les propositions de directive. La BCE a compétence pour émettre un avis en vertu de l’article 127, paragraphe 4, et de l’article 282, paragraphe 5, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, étant donné que les propositions de directive contiennent des dispositions relevant du champ de compétence de la BCE, et notamment, de la mise en œuvre de la politique monétaire, en application de l’article 127, paragraphe 2, premier tiret, et de l’article 282, paragraphe 1, du traité, de la surveillance prudentielle des établissements de crédit conformément à l’article 127, paragraphe 6, du traité, et de la contribution à la bonne conduite des politiques menées par les autorités compétentes en ce qui concerne la stabilité du système financier au sens de l’article 127, paragraphe 5, du traité, et la collecte d’informations statistiques en vertu de l’article 5 des statuts du Système européen de banques centrales et de la Banque centrale européenne (ci-après les «statuts du SEBC»). Conformément à l’article 17.5, première phrase, du règlement intérieur de la Banque centrale européenne, le conseil des gouverneurs a adopté le présent avis.

1. Observations générales

1.1.

La BCE soutient l’objectif de la Commission visant à renforcer la compétitivité à long terme de l’économie européenne, tout en maintenant les objectifs du pacte vert pour l’Europe (3) et du plan d’action sur la finance durable (4). Une croissance économique durable et à long terme ainsi que la résilience favorisent la stabilité des prix et l’efficacité de la politique monétaire de la BCE. À cette fin, la BCE soutient les efforts déployés par la Commission pour rationaliser et simplifier les obligations relatives à la publication d’informations et au devoir de vigilance en matière de durabilité, et pour garantir ainsi que les coûts de mise en conformité des entreprises soient proportionnés.

1.2.

La BCE soutient également l’approche globale de la Commission en vue du renforcement de la compétitivité européenne. S’appuyant sur les rapports Letta (5) et Draghi (6), la communication de la Commission sur une «Boussole pour la compétitivité» de l’UE (7) établit une feuille de route concrète pour soutenir l’innovation, la décarbonation et la sécurité économique en Europe. Des progrès dans des domaines clés, tels que la mise en place d’une union de l’épargne et des investissements (8) (UEI) et la réduction des obstacles au marché unique, sont essentiels pour atteindre ces objectifs et favoriser la compétitivité. La simplification du cadre réglementaire peut également jouer un rôle important, pour autant que soient préservés les objectifs fondamentaux de la législation applicable.

1.3.

En simplifiant la législation en matière de durabilité, il importe de trouver le juste équilibre afin de garantir que les avantages de la publication d’informations en matière de durabilité soient préservés pour l’économie européenne et pour le système financier, tout en veillant à ce que le cadre soit proportionné. Des obligations bien définies relatives à la publication d’informations en matière de durabilité peuvent soutenir les priorités de l’Union, y compris celles énoncées dans la «Boussole pour la compétitivité». En particulier, la disponibilité d’informations harmonisées, normalisées et fiables en matière de durabilité contribue à la réalisation des objectifs de l’UEI en veillant à ce que les investisseurs aient accès à des données solides pour que leurs décisions d’investissement soient prises en connaissance de cause (9). Cela est essentiel pour faciliter l’affectation de capitaux aux projets les plus avantageux dans l’ensemble de l’Union. Le pacte pour une industrie propre (10) nécessitera des investissements importants dans les technologies propres, les énergies renouvelables et les infrastructures à performance énergétique, ainsi que la mise en place d’incitations pour soutenir les industries à forte intensité énergétique dans leur transition climatique. Le cadre pour la publication d’informations en matière de durabilité, en particulier les normes de publication d’informations sur le changement climatique, fournit des indicateurs précieux pour orienter les investissements dans les secteurs à faible intensité de carbone, les projets liés aux énergies renouvelables, le financement de la transition et d’autres initiatives propres et vertes, soutenant ainsi à la fois la compétitivité et la réalisation des objectifs de l’Union en matière climatique. La publication d’informations harmonisées, plutôt que la collecte de données individuelles fragmentées, et l’interopérabilité avec les normes internationales, permettent d’éviter des coûts de mise en conformité inutiles tant pour les entreprises publiant des informations que pour les utilisateurs de données. Une approche harmonisée permet une compréhension globale des risques éventuels et des opportunités au bénéfice des entreprises, des acteurs du marché et des décideurs politiques, facilitant ainsi une prise de décision stratégique et éclairée.

1.4.

Outre le soutien à la compétitivité, un cadre bien calibré pour la publication d’informations en matière de durabilité est essentiel pour que les acteurs du marché comprennent et évaluent les risques financiers liés à la durabilité. En garantissant une qualité et une quantité appropriées d’informations en matière de durabilité au niveau de l’entreprise, le cadre de publication d’information peut garantir que les investisseurs, les établissements de crédit, les autres acteurs des marchés financiers et les autorités publiques, y compris les banques centrales et les autorités de surveillance prudentielle, disposent d’informations importantes, fiables et comparables. Par ailleurs, un tel cadre peut permettre d’éviter que les décisions d’investissement ne soient prises sur la base d’informations incomplètes, garantissant ainsi que ces décisions tiennent dûment compte des risques liés à la durabilité. En revanche, l’absence d’informations en matière de durabilité pourrait engendrer des risques systémiques qui menacent la stabilité financière. Les problèmes liés à la disponibilité, à la qualité et à la granularité des données environnementales, sociales et de gouvernance (ESG), ainsi qu’au manque de comparabilité et de transparence de ces données, demeurent un problème majeur non seulement pour les investisseurs, mais aussi pour les établissements financiers et de crédit ainsi que les autorités publiques (11) . Par conséquent, la BCE considère qu’un cadre bien calibré de publication d’informations en matière de durabilité est essentiel pour combler les lacunes des données dans les cadres de politique en matière de durabilité, d’évaluation des risques et de suivi des risques pour le secteur financier, conformément aux objectifs du cadre de l’Union en matière de finance durable (12). À cet égard, il est essentiel que, lorsque les modifications proposées de la directive (UE) 2022/2464 du Parlement européen et du Conseil (13) (ci-après la «directive sur la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises» (CSRD)) visent à réduire les coûts de publication d’informations pour les entreprises, y compris tout au long de la chaîne de valeur, elles continuent de soutenir l’application de politiques et de mesures liées à l’identification et à la gestion des risques pesant sur le secteur financier.

1.5.

Afin de contribuer à la réalisation des objectifs de la Commission et de veiller à ce que le cadre de publication d’informations en matière de durabilité soit calibré de manière appropriée et proportionnée, la BCE formule des observations et des suggestions techniques spécifiques sur les propositions de modification de la CSRD et de la CSDD, afin d’améliorer plus avant le cadre révisé.

1.6.

En outre, la BCE soutient les efforts supplémentaires consentis par la Commission pour rationaliser et simplifier le cadre en matière de finance durable, afin de réduire les coûts de publication d’informations des entreprises, d’accroître son utilité pour les investisseurs et les utilisateurs finaux et de soutenir les investissements verts (14). Premièrement, la prochaine révision du règlement (UE) 2019/2088 du Parlement européen et du Conseil (15) et du règlement délégué (UE) 2021/2178 de la Commission (16) offrira d’importantes possibilités de rationalisation. Deuxièmement, l’intégration des informations sur la durabilité dans le point d’accès unique européen (European Single Access Point - ESAP) offre la possibilité de réduire considérablement les obstacles à l’accès et, en fin de compte, de réduire les coûts liés à la collecte et à l’analyse des informations sur la durabilité (17). Troisièmement, la BCE rappelle qu’elle soutient l’exigence selon laquelle les données doivent être publiées conformément au format de publication électronique unique (18). Cela facilitera le traitement des données et la normalisation des logiciels informatiques institutionnels, ce qui favorisera la réduction des coûts de publication des entreprises. Afin de tirer pleinement profit des avantages du format de publication électronique unique, la BCE recommande à la Commission d’examiner les possibilités de mettre l’ensemble des données à la disposition des utilisateurs finaux à des fins d’analyse dans un format approprié, notamment pour faciliter à la fois l’échange de données en masse et l’accès direct via un portail de base de données approprié. Il serait possible d’atteindre cet objectif, par exemple, en renforçant davantage les caractéristiques du ESAP.

1.7.

La BCE encourage les législateurs de l’Union à trouver un accord sur les propositions, dès que possible et au plus tard fin 2025. En outre, la BCE invite les États membres à transposer la CSRD en temps utile et soutient l’intention de la Commission de préparer et d’adopter les actes délégués nécessaires dans les meilleurs délais avant l’entrée en vigueur des directives proposées. Ces mesures sont essentielles pour garantir la sécurité juridique des entreprises en ce qui concerne la publication d’informations en matière de durabilité et pour faire en sorte que les entreprises relevant de la directive (UE) 2024/1760 du Parlement européen et du Conseil (19) (ci-après la «directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité») disposent de suffisamment de temps pour se préparer à l’obligation de vigilance en matière de durabilité et mettre en place des plans de transition dans le cadre de la CSDD en temps utile.

2. Pertinence des directives proposées au regard des objectifs et des missions de la BCE et de l’Eurosystème

2.1.

Les questions liées à la durabilité, notamment les crises climatiques et environnementales, peuvent influer sur la manière dont les banques centrales s’acquittent de leurs missions, en particulier dans les domaines de la surveillance bancaire, de la stabilité financière, de la politique monétaire et de la collecte d’informations statistiques (20).

2.2. Pertinence au regard de la supervision bancaire

2.2.1.

Dans le cadre de ses missions de surveillance prudentielle et de sa contribution à la stabilité financière, la BCE a soutenu sans relâche les efforts de la politique de l’Union européenne visant à améliorer l’identification et la gestion des risques financiers liés à la durabilité, en vue de renforcer la sécurité et la solidité des établissements de crédit ainsi que la stabilité du système financier (21)

2.2.2.

À cette fin, la BCE a fermement soutenu les initiatives législatives visant à renforcer les exigences relatives aux risques ESG pour les établissements de crédit et le mandat correspondant des autorités compétentes (22). En particulier, les autorités compétentes, dont la BCE, sont tenues de veiller à ce que les établissements de crédit disposent de dispositifs solides de gouvernance et de gestion des risques pour identifier, mesurer, gérer et suivre les risques ESG à court, moyen et long terme, et à ce que les établissements de crédit testent leur résilience face aux incidences négatives à long terme des facteurs ESG (23). Il s’agit notamment de comprendre et de gérer les incidences en termes de risques financiers d’un large éventail de facteurs environnementaux, notamment la perte de biodiversité et la dégradation de la nature (24). En outre, les autorités compétentes doivent évaluer et suivre les plans des établissements de crédit pour faire face aux risques financiers découlant du processus d’ajustement et de transition, conformément aux objectifs réglementaires pertinents de l’Union, des États membres et, le cas échéant, des pays tiers, en particulier l’objectif de neutralité climatique (25).

2.2.3.

Dans ce contexte, la disponibilité d’informations de haute qualité en matière de durabilité, tant au niveau granulaire qu’au niveau agrégé, est essentielle pour identifier, évaluer et gérer correctement les risques financiers liés aux ESG. En outre, la disponibilité de ces informations facilitera également la fixation du prix du marché de ces risques, conformément au principe d’économie de marché ouverte. Il est essentiel que toute simplification des exigences en matière de publication d’informations en matière de durabilité et de devoir de vigilance ne gêne pas la collecte de données par les établissements de crédit dans le cadre de leurs activités et processus de gestion des risques, ni n’entrave les activités des autorités de surveillance prudentielle.

2.3. Pertinence au regard de la stabilité financière

Comme l’ont souligné la BCE et le Comité européen du risque systémique (CERS) dans plusieurs rapports, des informations fiables, cohérentes et comparables, provenant d’un éventail suffisamment large d’entreprises, sur l’exposition des entreprises de différents secteurs aux risques liés à la durabilité sont une condition préalable à une évaluation précise des risques financiers découlant des crises climatiques et environnementales, ainsi qu’à l’ajustement des entreprises vers une économie plus durable (26). Ces informations sont essentielles pour renforcer la capacité de la BCE et des autorités de stabilité financière à surveiller et traiter l’incidence des risques liés à la durabilité, en particulier les risques posés par les crises climatiques et environnementales sur la stabilité financière (27). Pour tirer pleinement parti du cadre de publication d’informations en matière de durabilité, il convient de veiller à la fois à ce que les informations soient publiées par un éventail suffisamment large d’entreprises et à ce que la norme de publication soit simple et correctement ciblée. Cette approche peut favoriser l’efficacité du cadre et contribuer à éviter que des informations clés ne soient masquées, garantissant ainsi que les rapports soient correctement ciblés et que le cadre ne soit pas excessivement complexe.

2.4. Pertinence au regard de la politique monétaire

2.4.1.

Les risques physiques et de transition liés aux crises climatiques et environnementales ont d’importantes répercussions sur la stabilité des prix et sur la stabilité financière du fait de leurs incidences sur la structure et la dynamique conjoncturelle de l’économie et du système financier. La BCE doit par conséquent tenir compte des incidences de ces crises pour déterminer l’orientation appropriée de la politique monétaire et remplir son mandat de maintien de la stabilité des prix (28). La disponibilité d’informations en matière de durabilité est une exigence minimale pour qu’elle puisse y parvenir (29).

2.4.2.

À la suite de l’évaluation de la stratégie de politique monétaire de la BCE en 2021, la BCE a annoncé, en juillet 2022, plusieurs mesures visant à inclure les considérations liées au climat dans ses opérations de politique monétaire (30). En outre, en mars 2024, la BCE a par ailleurs annoncé que la conception du cadre opérationnel viserait à intégrer les considérations liées au climat dans les futures opérations structurelles de politique monétaire (31). Le cadre de publication d’informations en matière de durabilité sert à la conception de ces mesures de politique monétaire, car il peut fournir des informations sur, entre autres, les émissions de gaz à effet de serre (GES), les plans de transition et les objectifs de décarbonation, les investissements verts et l’utilisation d’instruments de financement verts au niveau des entreprises. Les mesures prévues annoncées par la BCE pourraient donc être touchées par les propositions de modification de la CSRD. En particulier, la réduction du périmètre des entreprises soumises aux obligations de publication d’informations en matière de durabilité en vertu de la directive CSRD limiterait la disponibilité des données au niveau de l’entreprise, réduisant ainsi la capacité de l’Eurosystème à procéder à une évaluation granulaire des risques financiers liés au climat dans le cadre de ses opérations de politique monétaire. En outre, la capacité de l’Eurosystème à mettre en œuvre les mesures qu’il a annoncées précédemment pourrait être compromise par des retards dans la transposition de la CSRD dans les législations nationales des États membres de la zone euro et par la proposition de report de la CSRD et de la CSDD.

2.4.3.

Enfin, dans le cadre du plan de la BCE en matière climatique et environnementale (32), la BCE s’est engagée à évaluer les conséquences de la dégradation de la nature — et ses interactions avec le climat — sur l’économie et le système financier, et à évaluer sa propre exposition aux risques connexes par le biais de ses portefeuilles détenus à son bilan. Pour ce faire, la BCE doit avoir accès à des données solides, comprenant plus particulièrement les obligations de publication d’informations en matière de durabilité au titre de la CSRD relatives à la biodiversité et aux écosystèmes. Bien que récemment conçues, les données relatives à d’autres facteurs environnementaux, tels que la pollution, les ressources en eau et en mer, l’utilisation des ressources et l’économie circulaire, pourraient également être prises en compte dans les évaluations de la BCE.

2.5. Pertinence à l’égard de la collecte d’informations statistiques

Pour s’acquitter de ses missions et de ses activités, la BCE s’appuie autant que possible sur les données officielles existantes pour limiter la charge imposée aux agents déclarants. Dans ce contexte, la disponibilité d’informations hautement standardisées en matière de durabilité provenant d’un éventail suffisamment large d’entreprises permettrait à la BCE de mieux remplir ses fonctions en établissant des indicateurs statistiques de couverture et de qualité plus élevées relatifs à la finance durable, aux émissions de carbone et aux risques physiques.

3. Publication d’informations par les entreprises en matière de durabilité

3.1. Champ d’application de l’obligation de publication d’informations

3.1.1.

Dans le cadre des propositions de modification de la CSRD, le champ d’application de l’obligation de publication d’informations en matière de durabilité se limitera aux grandes entreprises et aux entreprises mères de grands groupes, avec une moyenne de plus de 1 000 salariés sur l’exercice (33).

3.1.2.

La BCE estime que certains éléments du changement apporté au champ d’application présentent des avantages. Du point de vue de l’UEI, la suppression de la distinction entre les entreprises cotées et les entreprises non cotées pourrait avoir des effets positifs. Il est important que les entreprises aient accès à un financement adéquat à différents stades de leur cycle de vie, et que l’introduction en bourse puisse jouer un rôle important, en particulier aux stades ultérieurs de la croissance (34). Il convient donc de veiller à ce que le coût associé au respect des exigences en matière de CSRD n’ait pas d’effet dissuasif sur les entreprises qui envisagent une introduction en bourse.

3.1.3.

Toutefois, la BCE fait observer que la proposition de réduction du champ d’application représente une modification significative de la CSRD. Comme il est indiqué dans la proposition, le nombre d’entreprises soumises à des obligations de publication d’informations en matière de durabilité serait réduit d’environ 80 %. Cette modification pourrait limiter considérablement l’accès des parties prenantes à des informations importantes et pourrait déboucher sur les résultats indésirables exposés ci-après.

3.1.4.

Premièrement, la proposition de réduction du champ d’application réduirait la disponibilité, dans son ensemble, des informations relatives à la durabilité, y compris des informations sur les émissions de GES des entreprises. Par exemple, le champ d’application actuel de la CSRD ne devrait couvrir que 37 % environ des émissions de CO2 des entreprises de l’Union (35). La proposition de réduction du champ d’application réduira davantage ce pourcentage et pourrait même faire en sorte que certains émetteurs importants — y compris les entreprises de combustibles fossiles — ne relèvent pas de l’obligation de publication d’informations. L’absence de données qui en résulte peut masquer le risque financier lié au climat. Plus généralement, cela peut réduire le rôle joué par les informations en matière de durabilité pour soutenir les priorités de l’Union, y compris celles énoncées dans la boussole de compétitivité, comme il est indiqué au point 1.3.

3.1.5.

Deuxièmement, les propositions de modification de la CSRD conduiront à ce que certaines entreprises qui publient actuellement des informations en vertu de la directive 2014/95/UE du Parlement européen et du Conseil (36) (ci-après la «directive sur la publication d’informations non financières») ne soient plus soumises à des obligations de publication d’informations en matière de durabilité. La directive sur la publication d’informations non financières a défini des obligations de publication d’informations en matière de durabilité pour les grandes entreprises qui sont des entités d’intérêt public comptant en moyenne plus de 500 salariés au cours de l’exercice. Ces entreprises représentent une part importante du chiffre d’affaires global des grandes entreprises dans l’Union, estimé à 77 %. C’est le cas même si ces entreprises ne représentent qu’une minorité, estimée à 33 %, de la galaxie des grandes entreprises (37),.

3.1.6.

Troisièmement, la réduction du champ d’application de l’obligation de publication d’informations aura une incidence sur le champ d’application des établissements de crédit soumis à des obligations de publication d’informations en matière de durabilité. En vertu de la CSRD actuelle, tous les établissements de crédit sont soumis à des obligations de publication d’informations en matière de durabilité (38). Toutefois, la BCE estime que la proposition de réduction du champ d’application de la CSRD conduirait à ce qu’environ un établissement important sur huit et la grande majorité des établissements moins importants ne soient plus soumis à des obligations de publication d’informations en matière de durabilité. Cela aboutirait à un ensemble incomplet d’informations ESG accessibles au public provenant du secteur bancaire, ce qui entraverait l’objectif du cadre de l’Union en matière de finance durable, à savoir garantir une transparence globale vis-à-vis des marchés financiers. En outre, pour évaluer correctement les risques ESG auxquels sont confrontés les établissements de crédit et les marchés financiers, les autorités de surveillance doivent obtenir des données adéquates et suffisamment granulaires auprès de tous les établissements exposés à ces risques. À cet égard, il convient de noter que les risques ESG ne sont pas nécessairement proportionnés à la taille d’un établissement. À cet égard, les informations publiées en matière de durabilité par les établissements importants fourniraient des informations supplémentaires par rapport à la publication d’informations au titre du pilier 3 du cadre prudentiel (39), notamment sur les risques ESG qui vont au-delà du climat. Pour ces raisons, la BCE recommande qu’au moins tous les établissements importants, quel que soit le nombre de salariés, restent soumis à des obligations de publication d’informations en matière de durabilité.

3.1.7.

Compte tenu de ces inconvénients, la BCE invite les législateurs de l’Union à poursuivre l’examen de la portée de la publication d’informations en matière de durabilité, afin de s’assurer qu’elle demeure bien calibrée. D’autres options pourraient soutenir l’objectif de simplification de la Commission, tout en conservant une plus grande part des avantages de la publication d’informations en matière de durabilité pour la compétitivité et pour la gestion des risques liés au climat et à l’environnement. Une option serait l’inclusion dans les propositions de modification de la CSRD d’une obligation d’information pour les grandes entreprises et pour les entreprises mères de grands groupes, ayant un nombre moyen de salariés supérieur à 500 mais inférieur à 1 000 sur l’exercice (ci-après les «entreprises moyennes à grandes») (40). Les moyennes et grandes entreprises pourraient être soumises à une obligation de publication d’informations conformément à des normes simplifiées spécifiques de publication d’informations en matière de durabilité qui soient proportionnées et adaptées aux capacités et aux caractéristiques de ces entreprises ainsi qu’à l’ampleur et à la complexité de leurs activités. En outre, comme il est indiqué au point 3.1.6, la BCE suggère qu’au moins tous les établissements importants soient soumis à des obligations de publication d’informations en matière de durabilité. Cela inclut les établissements importants de moins de 500 salariés, qui devraient être soumis aux mêmes exigences que les entreprises de taille moyenne.

3.1.8.

Cette option aurait l’avantage de combiner un large éventail d’entreprises soumises à des obligations d’information avec des normes de publication d’informations simplifiées et proportionnées en matière de durabilité. Ce faisant, elle peut améliorer considérablement la disponibilité et la fiabilité des informations, tout en réduisant les efforts des entreprises en matière de publication d’informations. En outre, les propositions de modification de la CSRD introduisent un «effet falaise» pour la publication d’informations en matière de durabilité. Il en résulte un risque que les grandes entreprises et les entreprises mères de grands groupes comptant en moyenne plus de 1 000 salariés au cours de l’exercice financier puissent externaliser le travail, réduisant ainsi artificiellement le nombre de salariés en dessous de ce seuil, afin d’éviter la publication d’informations en matière de durabilité. En proposant une approche plus échelonnée de l’obligation de publication d’informations, l’introduction de normes simplifiées de publication d’informations pour les entreprises de taille moyenne pourrait effectivement limiter les incitations des entreprises à réduire artificiellement le nombre de salariés déclarés.

3.1.9.

Enfin, la BCE note que le champ d’application de l’obligation de publications en matière de durabilité a également été réduit pour les entreprises de pays tiers, en relevant considérablement les seuils de chiffre d’affaires net pour la publication d’informations en matière de durabilité (41). Ces modifications signifieraient qu’un plus grand nombre d’entreprises de pays tiers exerçant des activités dans l’Union ne seraient pas tenues de se conformer aux exigences de publication d’informations en matière de durabilité, que cela n’est actuellement le cas en vertu de la directive CSRD. Cela augmenterait l’écart de disponibilité des données entre les entreprises de l’Union et celles de pays tiers, et aurait des conséquences négatives sur la gestion des risques des établissements financiers. À court terme, cela peut également créer un désavantage concurrentiel pour les grandes entreprises dont le siège est situé dans l’Union. Par conséquent, la BCE recommande que les seuils de chiffre d’affaires des entreprises de pays tiers ne soient pas modifiés.

3.2. Normes de publication volontaire d’informations

3.2.1.

La BCE salue les propositions de modification de la CSRD établissant des normes de publication volontaire d’informations pour les entreprises qui ne sont pas soumises à la publication d’informations en matière de durabilité en vertu de la CSRD (42). Ces normes de publication volontaire d’informations devraient être conçues pour aider les entreprises à fournir les informations les plus importantes en matière de durabilité sous une forme structurée et harmonisée. Toutefois, la publication volontaire d’informations présente des inconvénients importants si l’ensemble des entreprises qui appliquent des normes de publication volontaire est trop grand et hétérogène en termes de taille et de complexité.

3.2.2.

Ces inconvénients peuvent avoir une incidence négative sur la qualité, la disponibilité et la fiabilité des données relatives à la durabilité, tant au niveau individuel qu’au niveau agrégé. Premièrement, la publication volontaire d’informations peut créer un biais par auto-sélection puisque les entreprises qui obtiennent de bons résultats concernant les questions de durabilité publieront volontairement des informations, alors que celles qui n’obtiennent pas de bons résultats s’abstiendront de le faire. Deuxièmement, dans la mesure où la norme de publication volontaire autorise une publication facultative, il existe un risque d’écoblanchiment: les entreprises peuvent publier de manière sélective des informations et ainsi donner une image trompeuse de leur performance en matière de durabilité. Troisièmement, il convient de souligner que la publication volontaire d’informations ne fera l’objet d’aucune forme de vérification, telle qu’une vérification limitée des auditeurs. Quatrièmement, la qualité et la comparabilité limitées des données peuvent exposer les entreprises à davantage de risques juridiques. Ces problèmes peuvent entraîner un biais systématique et non quantifiable dans le calcul des informations agrégées en matière de durabilité par les utilisateurs de données, y compris les entreprises, les investisseurs, les établissements de crédit et les autorités publiques. Par exemple, il se peut que les entreprises qui sont soumises aux obligations de publication d’information en matière de durabilité au titre de la directive CSRD doivent s’appuyer sur des approximations, qui doivent être mesurées, pour combler les lacunes des données Il est important que ces approximations soient calculées de manière fiable, car si elles sont fondées sur des moyennes sectorielles biaisées et peu fiables, les données publiées seront de qualité médiocre, ce qui entravera la capacité de l’entreprise à comprendre ses risques, ses incidences et ses possibilités en matière de durabilité. Une dépendance excessive à l’égard des publications volontaires d’informations pourrait donc entraîner un manque systémique de données solides et comparables. Cela peut créer des difficultés pour les banques centrales et les autorités de surveillance pour obtenir des données agrégées précises, ce qui est essentiel à l’accomplissement de leurs missions. En outre, le manque de données solides et comparables peut limiter la capacité des établissements de crédit à gérer efficacement les risques en matière de durabilité, ce qui entraîne des risques pour la stabilité financière et pour l’ensemble de l’économie.

3.2.3.

Pour ces raisons, la BCE recommande un meilleur calibrage du champ d’application de la publication obligatoire d’informations en matière de durabilité afin de prendre en compte une population déclarante suffisamment importante, comme cela est proposé à la section 3.1.

3.3. Plafond de la chaîne de valeur

3.3.1.

La BCE prend acte de l’objectif du plafond de la chaîne de valeur introduit par les propositions de modification de la CSRD (43). Le plafond de la chaîne de valeur précise que, aux fins de la publication d’informations en matière de durabilité, comme l’exige la directive CSRD, les États membres doivent veiller à ce que les entreprises ne cherchent pas à obtenir des entreprises de leur chaîne de valeur toute information qui excède les informations spécifiées dans les normes volontaires, à l’exception des informations partagées dans ce secteur. Il est conçu pour réduire l’effet de contagion des obligations de publication d’informations en matière de durabilité sur les petites entreprises.

3.3.2.

Il est essentiel que les acteurs des marchés financiers soient en mesure de prendre des décisions éclairées en matière de prêt et d’investissement et de mener des activités et des processus de gestion des risques appropriés. Pour cette raison, la BCE se félicite que la rédaction du plafond de la chaîne de valeur n’empêche pas les entreprises de demander des informations en matière de durabilité à des fins autres que la publication d’informations en matière de durabilité dans le cadre de la CSRD. Il semblerait que les entreprises puissent continuer à demander de telles informations, en particulier pour l’évaluation et la gestion efficaces des risques en matière de durabilité. La BCE recommande des suggestions rédactionnelles afin de clarifier ce point.

3.4. Normes d’information en matière de durabilité

3.4.1.

La BCE salue l’intention de la Commission d’adopter un acte délégué visant à réviser et à rationaliser la première série de normes européennes d’information en matière de durabilité (European Sustainability Reporting Standards, ci-après «ESRS») (44). La publication d’informations conformément aux ESRS peut s’avérer difficile pour certaines entreprises, notamment au cours des premières années de mise en œuvre, et en particulier pour les entités qui n’étaient pas précédemment soumises à des obligations de publication d’informations en matière de durabilité (45). Compte tenu du caractère novateur et de la complexité des ESRS, ainsi que de l’évolution rapide du cadre réglementaire et des pratiques en matière de publication d’informations, des améliorations ciblées des normes sont utiles pour combler toute lacune qui apparaît au fil du temps lorsque les entreprises, les auditeurs et les utilisateurs acquièrent plus d’expérience. La BCE soutient un vaste effort de simplification et de rationalisation de l’architecture de l’ESRS afin d’améliorer son utilisation et de réduire les redondances (46). Ces efforts devraient faire l’objet d’un examen minutieux et d’un processus de consultation. À cette fin, la BCE se tient prête à contribuer aux travaux de la Commission concernant la révision des ESRS, l’élaboration d’une norme simplifiée de présentation d’informations pour les entreprises de taille moyenne, comme cela est recommandé au point 3.1.7, et l’élaboration de normes volontaires dans le cadre des propositions de modification de la directive CSRD.

3.4.2.

Il importe que les efforts visant à rationaliser et à simplifier les ESRS conservent des points de données pertinents sous l’angle prudentiel et de la politique monétaire. À cette fin, la BCE recommande que la plupart des points de données relevant de l’ESRS E1 (changement climatique) soient conservés, de même que les points de données les plus importants dans le cadre des ESRS E4 (biodiversité et écosystèmes). Les points de données dans le cadre de ces ESRS sont importants pour évaluer et gérer les risques physiques et de transition auxquels les entreprises et les établissements financiers sont exposés, et pour mettre au point des techniques de gestion des risques afin de faire face aux risques liés au climat et à l’environnement. Premièrement, les informations fournies dans le cadre de la publication d’informations en matière de durabilité, telles que les données de géolocalisation relatives aux actifs d’entreprise, peuvent aider à identifier les actifs et les revenus exposés à des risques physiques et à estimer les pertes causées par des phénomènes météorologiques extrêmes. Deuxièmement, en ce qui concerne les risques de transition, il est essentiel de disposer d’informations sur, entre autres, les effets financiers anticipés des politiques de transition, ainsi que des données sur les émissions, les objectifs de réduction des émissions, l’efficacité énergétique et les actifs irrécupérables. En outre, des informations sur les plans de transition des entreprises, y compris sur les leviers de décarbonation et sur les investissements et les ressources allouées au plan, sont essentielles pour gérer les risques de transition. Cela inclut également l’obligation, pour les plans de transition publiés, de veiller à ce que le modèle et la stratégie économiques de l’entreprise soient compatibles avec la transition vers une économie durable et avec les objectifs de limitation du réchauffement climatique à 1,5 C conformément à l’accord de Paris, et d’atteindre la neutralité climatique dans l’Union d’ici à 2050, comme le prévoit la loi européenne sur le climat (47). Cela étant, la BCE recommande de revoir d’autres parties de l’ESRS afin d’améliorer l’orientation, la pertinence et l’application des normes. En outre, la BCE se félicite que les révisions visent à fournir davantage d’orientations sur l’application du principe d’importance relative et à clarifier davantage la distinction entre les points de données obligatoires et volontaires dans le cadre des ESRS (48).

3.4.3.

La BCE salue avec grande satisfaction les travaux déjà réalisés pour garantir l’interopérabilité entre les ESRS et les normes et cadres internationaux pour la publication d’informations en matière de durabilité (49). Un niveau élevé d’interopérabilité facilite l’intégration et la comparaison des cadres et des systèmes de publication d’informations et réduit de manière tangible les coûts de présentation d’informations pour les entreprises, en particulier celles qui exercent leurs activités dans plusieurs pays. La BCE recommande que toute simplification du cadre de l’Union pour la publication d’informations en matière de durabilité ne conduise pas à une baisse du niveau d’interopérabilité. Toute révision des ESRS devrait viser à préserver ou à améliorer le niveau d’interopérabilité entre les normes de l’Union et les normes internationales, sans préjudice des objectifs du pacte vert pour l’Europe et du plan d’action sur la finance durable.

3.5. Mission d’assurance limitée

3.5.1.

Les propositions de modification de la CSRD suppriment le délai dans lequel la Commission doit adopter des normes de mission d’assurance limitée d’ici à octobre 2026 et suppriment la disposition habilitant la Commission à adopter des normes d’assurance raisonnable (50). Au lieu de cela, la Commission publiera des lignes directrices sur la mission d’assurance limitée d’ici à 2026.

3.5.2.

La BCE souligne l’importance d’un processus de vérification solide et harmonisé en ce qui concerne la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises, y compris les exigences relatives à l’audit (51). Ces exigences sont essentielles pour apporter suffisamment de certitude à toutes les parties prenantes et garantir la crédibilité et la fiabilité des informations publiées par les entreprises. Une plus grande fiabilité des informations favorisera le développement et l’approfondissement ultérieur des marchés financiers, non seulement en ce qui concerne le financement de la transition, mais aussi la gestion, par les entreprises et les établissements de crédit, de leurs risques en matière de durabilité.

3.5.3.

C’est pourquoi la BCE recommande que les lignes directrices de la Commission relatives à la mission d’assurance limitée soient adoptées et publiées dès que possible. Idéalement, ces lignes directrices devraient être rapidement suivies de normes contraignantes relatives à la mission d’assurance limitée. En outre, la BCE recommande que la Commission conserve la possibilité d’améliorer plus avant le processus de vérification en adoptant des normes relatives à la mission d’assurance raisonnable. La Commission devrait envisager la possibilité de le faire à l’issue d’un délai suffisant après les premières années de présentation d’informations au titre de la CSRD.

3.6. Normes sectorielles

3.6.1.

Les propositions de modification de la CSRD suppriment l’habilitation de la Commission à adopter des normes sectorielles (52).

3.6.2.

La conception du cadre de publication d’informations en matière de durabilité conformément à la CSRD comprend trois niveaux: des normes extérieures au secteur, des normes sectorielles et des normes propres à l’entité. Cette conception visait à faire en sorte que la publication d’informations puisse être harmonisée et comparable, tout en veillant à ce que les informations puissent prendre en compte les éléments communs des risques, des opportunités et des incidences auxquels sont confrontées les entreprises dans des secteurs donnés. Le rôle des normes sectorielles était de permettre la comparabilité des informations publiées par les entreprises du même secteur, ce qui est précieux pour les investisseurs, les autorités publiques et les autres utilisateurs des informations en matière de durabilité. La comparabilité de la publication d’informations limite les différences d’interprétations du même point de données ESRS par les entreprises appartenant au même secteur, favorisant ainsi des conditions de concurrence équitables pour les entreprises, ainsi que la possibilité pour les utilisateurs et les pouvoirs publics de générer des données ESG agrégées et des indicateurs statistiques utiles. Les avantages des normes sectorielles seraient particulièrement utiles aux établissements financiers, en tant qu’agrégateurs d’informations provenant de nombreux secteurs économiques. Premièrement, des normes sectorielles permettraient aux établissements financiers d’effectuer une différenciation intersectorielle des risques ESG, c’est-à-dire d’évaluer et de comparer les entreprises d’un secteur donné, et ainsi d’orienter les investissements vers les entreprises les mieux préparées à la transition. Deuxièmement, des normes sectorielles pour le secteur financier atténueraient le risque que chaque institution financière adopte et applique des interprétations et des approches divergentes lors de l’élaboration de ses propres informations à publier. Ces avantages favoriseraient à leur tour une surveillance prudentielle efficace et efficiente par les autorités compétentes.

3.6.3.

Compte tenu des avantages des normes sectorielles, la BCE, en cas de suppression de l’habilitation de la Commission à adopter des normes sectorielles, encouragerait néanmoins la Commission à envisager la possibilité d’adopter des lignes directrices sectorielles afin de favoriser une approche commune de mise en œuvre des ESRS au sein des différents secteurs.

4. Devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité

4.1. Plans de transition

4.1.1.

La BCE salue le maintien de l’obligation, prévue par la CSDDD, faite aux entreprises d’adopter et de mettre en œuvre des plans de transition clairs et de haute qualité pour atténuer le changement climatique. Une planification solide de la transition est un outil important non seulement pour permettre aux entreprises de structurer, d’articuler et de suivre leur stratégie globale d’adaptation de leurs activités à la transition vers une économie à faible intensité de carbone, mais aussi pour mettre en place les pratiques de gestion des risques nécessaires à la gestion des risques financiers correspondants. La disponibilité d’informations prospectives issues des plans de transition des sociétés non financières peut permettre à la BCE de comprendre les mesures que chaque entreprise s’engage à prendre sur la voie de la décarbonation, ainsi que les risques de transition auxquels sont confrontées les entreprises et l’économie dans son ensemble. Par conséquent, ces informations peuvent constituer une donnée importante dans l’élaboration des mesures de politique monétaire. En outre, ces informations sont utiles au développement des activités et aux processus de gestion des risques des établissements financiers. Disposer de ces informations permet aux établissements financiers de comprendre les besoins et les risques de transition de leurs clients et de les aider à adapter leur offre de produits. En outre, les plans de transition permettent aux établissements financiers, aux investisseurs, aux banques centrales et aux autorités de surveillance prudentielle d’évaluer les éventuels risques financiers découlant du décalage entre leurs portefeuilles et les objectifs réglementaires pertinents de l’Union. Enfin, les plans de transition constituent une source d’information essentielle pour les autorités dans l’exercice de leurs compétences dans les domaines de la surveillance prudentielle (53) et de la stabilité financière (54).

4.1.2.

La BCE craint que les propositions de modification de la CSDD qui adaptent la disposition concernée relative aux plans de transition ne soient la source d’ambiguïtés (55). Il existe un risque que la rédaction révisée soit interprétée de manière erronée en ce sens que les entreprises sont tenues d’adopter des plans de transition, et non de les mettre en œuvre. Cela pourrait compromettre l’objectif de l’exigence, augmenter le risque d’écoblanchiment et réduire l’utilité des plans de transition pour les investisseurs et les établissements financiers en tant que moyen d’orienter les investissements vers les entreprises qui se préparent à la transition. Aussi, la BCE recommande que la rédaction de la disposition concernée soit clarifiée dans les propositions de modification de la CSDD afin de garantir la mise en œuvre des plans de transition.

4.2. Clause de révision pour le secteur financier

4.2.1.

Les propositions de modification de la CSDDD suppriment la clause de réexamen imposant à la Commission de présenter, au plus tard le 26 juillet 2026, un rapport au Parlement européen et au Conseil sur la nécessité de fixer des exigences supplémentaires relatives au devoir de vigilance en matière de durabilité qui soient adaptées aux entreprises financières réglementées (56). La BCE convient que le calendrier de préparation du rapport ne laisse pas suffisamment de temps pour le réexamen.

4.2.2.

Cela dit, la BCE considère que les entreprises financières réglementées ne devraient pas être traitées différemment des entreprises d’autres secteurs, y compris dans le cadre de la CSDDD. Pour que le financement privé gère efficacement les risques et soutienne la transition écologique de l’économie réelle, il est essentiel que les exigences réglementaires et législatives soient cohérentes d’un secteur à l’autre. En particulier, les exigences relatives au devoir de vigilance imposées par la CSDD peuvent contribuer à garantir que les établissements financiers intègrent systématiquement les questions de durabilité dans leurs pratiques décisionnelles et dans leurs pratiques en matière de gestion des risques. Cela contribuera également à apporter davantage de certitude quant aux obligations des établissements financiers dans ce domaine et aux risques de contentieux liés au climat et à l’environnement pour le secteur financier (57).

4.2.3.

Pour ces raisons, la BCE recommande le maintien de la clause de réexamen dans la CSDD, mais propose de fixer un délai plus long pour l’élaboration du rapport par la Commission

Lorsque la BCE recommande la modification des propositions, des suggestions de rédaction particulières, accompagnées d’une explication, figurent dans un document de travail technique séparé. Le document de travail technique peut être consulté en anglais sur le site internet EUR-Lex.

Fait à Francfort-sur-le-Main, le 8 mai 2025.

La présidente de la BCE

Christine LAGARDE


(1) COM(2025) 80 final, 26 février 2025.

(2) COM(2025) 81 final, 26 février 2025.

(3) Communication de la Commission, «Le pacte vert pour l’Europe», COM(2019) 640 final, du 11 décembre 2019.

(4) Communication de la Commission sur la «Stratégie pour le financement de la transition vers une économie durable», COM/2021/390 final, du 6 juillet 2021.

(5) Enrico Letta, « Much more than a market », avril 2024, disponible sur le site internet du Conseil à l’adresse www.consilium.europa.eu.

(6) Mario Draghi, « The future of European competitiveness », septembre 2024, disponible sur le site internet de la Commission à l’adresse www.commission.europa.eu.

(7) Communication de la Commission, «Une boussole pour la compétitivité de l’UE», COM(2025) 30 final, du 29 janvier 2025.

(8) Communication de la Commission, «Union de l’épargne et des investissements»: Une stratégie destinée à promouvoir la richesse des citoyens et la compétitivité économique dans l’UE », COM(2025) 124 final, du 19 mars 2025.

(9) Voir le point 1.4 de l’avis de la Banque centrale européenne du 7 septembre 2021 sur une proposition de directive modifiant les directives 2013/34/UE, 2004/109/CE et 2006/43/CE ainsi que le règlement (UE) no 537/2014 en ce qui concerne la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (CON/2021/27) (JO C 446, du 3.11.2021, p. 2). Tous les avis de la BCE sont publiés sur EUR-Lex.

(10) Communication de la Commission, «Le pacte pour une industrie propre: une feuille de route commune pour la compétitivité et la décarbonation», COM(2025) 85 final, du 26 février 2025.

(11) Voir également le document de l’Autorité bancaire européenne intitulé « Report on data availability and feasibility of common methodology for ESG exposures », EBA/REP/2025/06, 24 février 2024, disponible sur le site internet de l’Autorité bancaire européenne à l’adresse www.eba.europa.eu.

(12) Voir point 1.3 de l’avis CON/2021/27.

(13) Directive (UE) 2022/2464 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 modifiant le règlement (UE) no 537/2014 et les directives 2004/109/CE, 2006/43/CE et 2013/34/UE en ce qui concerne la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (JO L 322, du 16.12.2022, p. 15, ELI: https://data.europa.eu/eli/dir/2022/2464/oj).

(14) Document de la BCE intitulé « Investing in Europe’s green future, Green investment needs, outlook and obstacles to financing the gap », Occasional Paper no 367, 5 février 2025, disponible sur le site internet de la BCE à l’adresse www.ecb.europa.eu.

(15) Règlement (UE) 2019/2088 du Parlement européen et du Conseil du 27 novembre 2019 sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (JO L 317 du 9.12.2019, p. 1, ELI: https://data.europa.eu/eli/reg/2019/2088/oj).

(16) Règlement délégué (UE) 2021/2178 de la Commission du 6 juillet 2021 complétant le règlement (UE) 2020/852 du Parlement européen et du Conseil par des précisions concernant le contenu et la présentation des informations que doivent publier les entreprises soumises à l’article 19 bis ou à l’article 29 bis de la directive 2013/34/UE sur leurs activités économiques durables sur le plan environnemental, ainsi que la méthode à suivre pour se conformer à cette obligation d’information (JO L 443, du 10.12.2021, p. 9, ELI: https://data.europa.eu/eli/reg_del/2021/2178/oj).

(17) Voir aussi point 1.3 de l’avis CON/2022/20 de la Banque centrale européenne, du 7 juin 2022 sur l’établissement et le fonctionnement du point d’accès unique européen (ESAP) (JO C 307, du 12.8.2022, p. 3).

(18) Article 2, point 9, des propositions de modification de la CSRD et de la CSDD remplaçant l’article 29 quinquies de la directive 2013/34/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative aux états financiers annuels, aux états financiers consolidés et aux rapports y afférents de certaines formes d’entreprises, modifiant la directive 2006/43/CE du Parlement européen et du Conseil et abrogeant les directives 78/660/CEE et 83/349/CEE du Conseil (JO L 182 du 29.6.2013, p. 19, ELI: https://data.europa.eu/eli/dir/2013/34/oj).

(19) Directive (UE) 2024/1760 du Parlement européen et du Conseil du 13 juin 2024 sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité et modifiant la directive (UE) 2019/1937 et le règlement (UE) 2023/2859 (JO L 2024/1760, du 5.7.2024, ELI: https://data.europa.eu/eli/dir/2024/1760/oj).

(20) Voir point 2.4 de l’avis CON/2021/12 et point 2 de l’avis CON/2021/27.

(21) Voir point 2 de l’avis CON/2021/27, point 1.1 de l’avis CON/2022/16 de la Banque centrale européenne du 27 avril 2022 sur une proposition de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant la directive 2013/36/UE en ce qui concerne les pouvoirs de surveillance, les sanctions, les succursales de pays tiers et les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance (JO C 248 du 30.06.2022) et point 1.2 de l’avis de la Banque centrale européenne du 16 janvier 2023 sur une proposition de directive sur la performance énergétique des bâtiments (JO C 89 du 10.3.2023, p. 1).

(22) Point 1.1 de l’avis CON/2022/16.

(23) Voir article 87 bis, paragraphes 1 à 3 de la directive 2013/36/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, concernant l’accès à l’activité des établissements de crédit et la surveillance prudentielle des établissements de crédit, modifiant la directive 2002/87/CE et abrogeant les directives 2006/48/CE et 2006/49/CE (JO L 176, du 27.6.2013, p. 338, ELI: https://data.europa.eu/eli/dir/2013/36/oj).

(24) Voir article 4, paragraphe 1, points 52 quinquies à 52 octies, du règlement (UE) n o575/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, concernant les exigences prudentielles applicables aux établissements de crédit et modifiant le règlement (UE) no 648/2012 (JO L 176, du 27.6.2013, p. 1, ELI: https://data.europa.eu/eli/reg/2013/575/oj). Voir également «Notre plan sur le climat et la nature 2024-2025 en bref», disponible sur le site internet de la BCE à l’adresse www.ecb.europa.eu.

(25) Voir article 87 bis, paragraphe 4, de la directive 2013/36/UE.

(26) Voir les rapports suivants: « Positively green: measuring climate change risks to financial stability », juin 2020, « Climate-related risk and financial stability », juillet 2021, « The macroprudential challenge of climate change « », juillet 2022, et « Towards macroprudential frameworks for management climate risk », décembre 2023, disponibles sur le site internet du CERS à l’adresse www.esrb.europa.eu.

(27) Voir document du Conseil de stabilité financière intitulé « Assessment of Climate-related Vulnerabilities: Analyse framework and toolbox », 16 janvier 2025, disponible sur le site internet du Conseil de stabilité financière (CSF) à l’adresse www.fsb.org.

(28) Voir document «Une vue d’ensemble de la stratégie de politique monétaire de la BCE», 8 juillet 2021, disponible sur le site internet de la BCE à l’adresse www.ecb.europa.eu.

(29) Voir point 2 de l’avis CON/2021/27 et point 2.1 de l’avis CON/2023/30 de la Banque centrale européenne du 4 octobre 2023 sur la transparence et l’intégrité des activités de notation environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) (JO C, C/2023/1354, du 1.12.2023, p. 1, ELI: https://data.europa.eu/eli/C/2023/1354/oj).

(30) Voir le communiqué de presse de la BCE du 4 juillet 2022, «La Banque centrale européenne prend de nouvelles mesures visant à intégrer le changement climatique à ses opérations de politique monétaire», disponible sur le site internet de la BCE à l’adresse www.ecb.europa.eu.

(31) Voir la déclaration du Conseil des gouverneurs du 13 mars 2024, «Modifications du cadre opérationnel pour la mise en œuvre de la politique monétaire», disponible sur le site internet de la BCE à l’adresse www.ecb.europa.eu.

(32) Voir document de la BCE, «Notre plan sur le climat et la nature 2024-2025 en bref», disponible sur le site internet de la BCE à l’adresse www.ecb.europa.eu.

(33) Article 2, points 2 et 4, des propositions de modification de la CSRD et de la CSDD, modifiant l’article 19 bis, paragraphe 1, et l’article 29 bis, paragraphe 1, de la directive 2013/34/UE.

(34) Voir le document de la BCE intitulé « Capital markets union: a deep dive », Occasional Paper no 369, 10 mars 2025, disponible sur le site internet de la BCE à l’adresse www.ecb.europa.eu.

(35) Les petites et moyennes entreprises (PME) représentent ensemble environ 63 % de toutes les émissions de CO2 et GES des entreprises. Voir les documents de la Commission intitulés « « Statement by the Chair of the Platform on Sustainable Finance: Facilitating Access to Sustainable Finance for SMEs », 27 mai 2024, et « Eurobarometer: EU SMEs work towards sustainability », 28 mars 2022, disponibles sur le site internet de la Commission à l’adresse www.commission.europa.eu.

(36) Directive (UE) 2014/95 du Parlement européen et du Conseil du 22 octobre 2014 modifiant la directive (UE) 2013/34 en ce qui concerne la publication d’informations non financières et d’informations relatives à la diversité par certaines grandes entreprises et certains groupes (JO L 330, du 15.11.2014, p. 1, ELI: https://data.europa.eu/eli/dir/2014/95/oj).

(37) Document de la Commission européenne intitulé, Study on the Non-Financial Reporting Directive: Final Report, avril 2021, disponible à l’adresse https://op.europa.eu/en.

(38) Les établissements de crédit peuvent relever de la définition des grandes entreprises qui sont des «entités d’intérêt public» au sens de l’article 1er, paragraphe 3, et de l’article 2, paragraphe 1, de la directive 2013/34/UE, et de l’article 5, paragraphe 2, de la directive (UE) 2022/2464 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 modifiant le règlement (UE) no 537/2014, la directive 2004/109/CE, la directive 2006/43/CE et la directive 2013/34/UE, en ce qui concerne la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (JO L 322, du 16.12.2022, p. 15, ELI: https://data.europa.eu/eli/dir/2022/2464/oj). Par ailleurs, les établissements de crédit peuvent relever de la définition des établissements de petite taille et non complexes, au sens de l’article 4, paragraphe 1, point 145), du règlement (UE) no 575/2013. Les établissements de petite taille et non complexes sont soumis aux obligations d’information en matière de durabilité applicables aux PME en vertu de l’article 19 bis, paragraphe 6, de la directive 2013/34/UE.

(39) Voir article 449 bis du règlement (UE) no 575/2013.

(40) Cela serait cohérent avec l’initiative présentée dans la Boussole pour la compétitivité visant à créer une petite catégorie d’entreprises à capitalisation moyenne, que la Banque européenne d’investissement (BEI) considère comme étant «essentielle à la transition économique». Voir document de la BEI intitulé « Hidden champions, missed opportunities: Mid-caps' crucial role in Europe's economic transition », 10 janvier 2024, disponible sur le site internet de la BEI à l’adresse www.eib.org.

(41) Article 2, point 12, des propositions de modification de la CSRD et de la CSDD, modifiant l’article 40 bis de la directive 2013/34/UE.

(42) Article 2, point 8, des propositions de modification de la CSRD et de la CSDD, intégrant l’article 29 bis dans la directive 2013/34/UE.

(43) Article 2, point 2) b), et point 4) b), des propositions de modification de la CSRD et de la CSDD, modifiant respectivement l’article 19 bis, paragraphe 3, et l’article 29 bis, paragraphe 3, de la directive 2013/34/UE.

(44) Règlement délégué (UE) 2023/2772 de la Commission du 31 juillet 2023 complétant la directive 2013/34/UE du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les normes d’information en matière de durabilité (JO L, 2023/2772, du 22.12.2023, ELI:https://data.europa.eu/eli/reg_del/2023/2772/oj).

(45) Document de la BCE intitulé « ECB staff Opinion on the first set of European Sustainability Reporting Standards», janvier 2023, disponible sur le site internet de la BCE à l’adresse www.ecb.europa.eu.

(46) Document de la BCE intitulé « ECB response to the EFRAG’s public consultation on the first set of European Sustainability Reporting Standards », 22 juillet 2022, disponible sur le site internet de la BCE à l’adresse www.ecb.europa.eu.

(47) Règlement (UE) 2021/1119 du Parlement européen et du Conseil du 30 juin 2021 établissant le cadre pour parvenir à la neutralité climatique et modifiant les règlements (CE) no 401/2009 et (UE) 2018/1999 («Loi européenne sur le climat») (JO L 243, du 9.7.2021, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/1119/oj).

(48) Document de la BCE intitulé « ECB staff Opinion on the first set of European Sustainability Reporting Standards », janvier 2023, disponible sur le site internet de la BCE à l’adresse www.ecb.europa.eu.

(49) Document de la International Financial Reporting Standards Foundation et du European Financial Reporting Advisory Group, intitulé « ESRS-ISSB Standards: Interoperability Guidance », 2 mai 2024, disponible sur le site internet de l’IFRS à l’adresse www.ifrs.org; document de la Taskforce on Nature-related Financial Disclosures (TNFD) et de l’EFRAG intitulé « Correspondence Mapping »’, 20 juin 2024, disponible sur le site internet de l’EFRAG à l’adresse www.efrag.org.

(50) Article 1 de la proposition de directive, modifiant la directive 2006/43/CE du Parlement européen et du Conseil du 17 mai 2006 concernant les contrôles légaux des comptes annuels et des comptes consolidés et modifiant les directives 78/660/CEE et 83/349/CEE du Conseil, et abrogeant la directive 84/253/CEE du Conseil (JO L 157, du 9.6.2006, p. 87, ELI: https://data..europa.eu/eli/dir/2006/43/oj).

(51) Voir point 8 de l’avis CON/2021/27.

(52) Article 2, point 6, des propositions de modification de la CSRD et de la CSDD, modifiant l’article 29 ter de la directive 2013/34/UE.

(53) Voir document du Network for Greening the Financial System (NGFS) intitulé « Stocktake on Financial Institutions’ Transition Plans and their Relevance to Micro-prudential Authorities », 3 janvier 2025, disponible sur le site internet du NGFS à l’adresse www.ngfs.net.

(54) Voir document du Conseil de stabilité financière (CSF) intitulé « The Relevance of Transition Plans for Financial Stability », 14 janvier 2025, disponible sur le site internet du CSF à l’adresse www.fsb.org.

(55) Article 4, point 10, propositions de modification de la CSRD et de la CSDD, modifiant l’article 22, paragraphe 1, de la directive (UE) 2024/1760.

(56) Article 4, point 13, des propositions de modification de la CSRD et de la CSDD, modifiant l’article 36 de la directive (UE) 2024/1760.

(57) Document intitulé « Making finance fit for Paris: achieving “negative splits ” » discours inaugural prononcé par Franck Elderson à la conférence intitulée « The decade of sustainable finance: half-time evaluation » organisée par S&D et QED, Bruxelles, 14 novembre 2023, disponible sur le site internet de la BCE à l’adresse www.ecb.europa.eu.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/3667/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)