Avis institutionnel52025AE0853

Avis du Comité économique et social européen — Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) no 909/2014 en ce qui concerne un cycle de règlement plus court dans l’Union [COM(2025) 38 final — 2025/0022(COD)]

CELEX52025AE0853
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 30 avril 2025

Résumé IA

Cet avis du Comité économique et social européen (CESE) soutient la proposition de la Commission visant à raccourcir le cycle de règlement des transactions sur titres dans l'Union européenne, en passant de T+2 à T+1. Il approuve l'objectif d'harmonisation et de modernisation du marché des post-marché pour renforcer la compétitivité et la stabilité financière, tout en soulignant la nécessité d'une mise en œuvre progressive et d'un accompagnement technique pour les acteurs concernés. Pour un professionnel du droit français, ce texte confirme l'orientation législative vers un alignement sur les standards internationaux, avec des implications directes sur les obligations de règlement et les infrastructures de marché.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2025/3203

2.7.2025

Avis du Comité économique et social européen

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) no 909/2014 en ce qui concerne un cycle de règlement plus court dans l’Union

[COM(2025) 38 final — 2025/0022(COD)]

(C/2025/3203)

Rapporteur général:

Philip VON BROCKDORFF

Conseiller

Christian STIEFMUELLER

Consultation

Parlement européen, 10.3.2025

Conseil de l’Union européenne, 13.3.2025

Base juridique

Articles 114 et 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale»

Adoption en session plénière

30.4.2025

Session plénière no

596

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

157/0/1

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le Comité économique et social européen (CESE) accueille favorablement la proposition de la Commission européenne (1) visant à modifier le règlement concernant les dépositaires centraux de titres (ci-après le «règlement sur les DCT») (2) dans l’objectif de raccourcir le délai de règlement pour la plupart des transactions sur valeurs mobilières exécutées sur des plateformes de négociation dans l’Union européenne (UE), en faisant passer ce délai de deux jours ouvrables après la négociation (T+2) à un jour ouvrable après la négociation (T+1). Cette mesure est conforme aux meilleures pratiques internationales et devrait rendre les marchés des capitaux de l’UE plus attractifs aux yeux à la fois des investisseurs et des émetteurs. En outre, elle devrait également éliminer les coûts induits par le décalage entre le cycle de règlement de l’UE et celui d’autres grands marchés d’importance mondiale. Elle s’inscrit dans le prolongement des propositions de la Commission relatives à une «union de l’épargne et des investissements» et l’on s’attend à ce qu’elle apporte aux acteurs du marché de l’UE des avantages considérables sur le long terme.

1.2.

Le CESE approuve le calendrier proposé, avec une date cible fixée au 11 octobre 2027. Cette date cible proposée par la Commission a été choisie à l’issue d’une large consultation des autres institutions de l’UE, notamment la Banque centrale européenne (BCE) et l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF), des autorités de régulation, des représentants des États membres, des acteurs du marché et d’autres parties prenantes. Elle prévoit une période préparatoire d’environ 32 mois (à compter de la date de publication de la proposition), qui se situe tout à fait dans la fourchette de 24 à 36 mois qu’avaient indiquée les acteurs du secteur et les associations professionnelles.

1.3.

Le CESE convient que le «règlement à T+1» devrait être introduit simultanément pour toutes les valeurs mobilières relevant du champ d’application du règlement sur les DCT.

1.4.

Le CESE est d’avis que le «règlement à T+1» devrait s’appliquer à tous les types de transaction relevant du champ d’application du règlement sur les DCT.

1.5.

Le CESE ne voit pas la nécessité, pour le moment, de modifier les dispositions du règlement sur les DCT relatives à la «discipline en matière de règlement», mais il fait néanmoins observer qu’il conviendrait d’analyser les causes sous-jacentes des défauts de règlement et d’y remédier.

1.6.

Le CESE désapprouve le fait que le comité sectoriel prenne position sur des sujets qui dépassent le cadre de son mandat, concernant par exemple l’exemption de certaines opérations de financement sur titres (OFT) de l’exigence de règlement à T+1 ou la suspension, le cas échéant, du régime de sanctions pécuniaires prévu par le règlement sur les DCT durant la transition vers le T+1.

1.7.

Aux fins d’améliorer la neutralité et la transparence des deux comités techniques chargés de la gouvernance du projet T+1, le CESE invite la Commission et l’AEMF à envisager de nommer au sein du comité sectoriel des experts techniques et des chercheurs indépendants, si nécessaire, ainsi que des représentants des investisseurs de détail. Nous recommandons également de nommer des experts techniques et des chercheurs au sein du comité de coordination.

1.8.

Le CESE observe que l’environnement des infrastructures des marchés financiers dans l’UE reste très fragmenté. Il est par ailleurs probable que les opérateurs d’infrastructures de marché devront, au même titre que d’autres acteurs du marché, assumer des coûts liés aux mises à niveau qui seront nécessaires pour mettre en œuvre le projet T+1. Le CESE est d’avis que le passage à un intervalle de règlement à T+1 qui est proposé offre aux opérateurs d’infrastructures de l’UE une bonne occasion de se pencher sur les moyens pour eux de coopérer plus étroitement, grâce par exemple à la mise au point de plateformes techniques interopérables, à un partage des ressources ou au déploiement d’infrastructures communes pour atténuer la charge financière.

2. Observations générales

2.1.

Il y a maintenant dix ans que le règlement sur les dépositaires centraux de titres (règlement sur les DCT) est entré en vigueur et a harmonisé le cycle de règlement des titres dans l’UE, fixant un délai maximal de deux jours ouvrables après la date de transaction (cycle de règlement appelé «T+2») pour certaines transactions sur les marchés secondaires. À la suite de cette transition opérée par l’UE à la fin de l’année 2014, de nombreux pays ou territoires se sont alignés sur l’UE et sont passés à un règlement plus court. Ainsi, les États-Unis sont passés à T+2 en 2017. Depuis, plusieurs grandes places internationales ont continué dans cette voie: ainsi, la Chine, l’Inde, les États-Unis et le Canada ont tous raccourci la date de règlement, qui est désormais d’un jour ouvrable au plus tard après la date de transaction («T+1»). C’est en particulier le passage des États-Unis au règlement à T+1 en mai 2024 qui a incité d’autres juridictions à envisager de suivre le même exemple. Vu d’Europe, ce passage à un règlement à T+1 à l’échelle mondiale crée toutefois des décalages entre les marchés financiers de l’UE et les marchés financiers mondiaux; il pourrait potentiellement entraîner un désavantage concurrentiel pour les marchés des capitaux de l’UE et, compte tenu de l’intrication des marchés financiers mondiaux, il pourrait entraîner une hausse des coûts opérationnels supportés par les acteurs du marché de l’UE.

2.2.

En décembre 2023, le réexamen le plus récent du règlement sur les DCT a conduit à charger l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF), en étroite coopération avec les membres du Système européen de banques centrales (SEBC), d’évaluer l’opportunité d’un raccourcissement du cycle de règlement dans l’UE et de présenter une feuille de route sur les modalités d’une telle transition. Dans leur déclaration conjointe du 15 octobre 2024 (3), l’AEMF, la Commission et la Banque centrale européenne (BCE) ont insisté sur la nécessité pour l’UE d’agir d’urgence au moyen d’une approche coordonnée afin d’éviter les effets négatifs du décalage de ses cycles de règlement par rapport aux grandes places boursières internationales, et de mettre en place une union de l’épargne et des investissements efficiente et compétitive. L’AEMF a ensuite publié un rapport, le 18 novembre 2024 (4), dans lequel elle recommande que l’UE passe à T+1 au plus tard le 11 octobre 2027.

2.3.

Chaque jour, plus de 4 000 milliards d’euros de titres sont réglés par des dépositaires centraux de titres (DCT) de l’UE (5). Plus le délai de règlement est long, i) plus la durée d’exposition des acheteurs et des vendeurs au risque de marché et de contrepartie augmente; ii) plus les investisseurs doivent attendre avant que le produit en espèces de leur vente ou les titres qu’ils ont achetés leur soient livrés; et iii) plus le «coût d’opportunité» qui découle de l’impossibilité d’utiliser les actifs concernés pour conclure d’autres transactions est élevé (6). En conséquence, le passage au T+1 apporterait des avantages considérables aux investisseurs et renforcerait l’attractivité des marchés des capitaux de l’UE.

2.4.

Réduire la durée du cycle de règlement des titres devrait produire un effet positif pour les contreparties, les contreparties centrales et les marchés de manière générale, en réduisant le risque de marché et de contrepartie. Il est attendu que le passage au T+1 procure des avantages financiers tangibles aux acteurs du marché, notamment en réduisant le laps de temps pendant lequel les positions d’une contrepartie centrale résultant des transactions sur titres compensées restent ouvertes dans ses livres. Le raccourcissement de cet intervalle permet en retour de réduire le montant des expositions qui font l’objet d’une garantie de la contrepartie centrale et de réduire en conséquence les marges dont la contrepartie centrale a besoin pour couvrir le risque de marché et de contrepartie potentiel lié à ces expositions. Une analyse préliminaire de l’AEMF indique que le passage au T+1 pourrait avoir une incidence significative sur les positions ouvertes et les exigences de marge des contreparties centrales. L’AEMF a conclu que ces positions seraient réduites d’environ 47 %, ce qui se traduirait par des réductions d’environ 30 milliards d’euros pour les produits en actions et de quelque 25 milliards d’euros pour les obligations (7). Les liquidités ainsi libérées pourraient servir à financer de potentiels investissements sur les marchés des capitaux de l’UE.

2.5.

La proposition à l’examen est conforme à l’objectif de la Commission consistant à mettre en place une union de l’épargne et des investissements, afin de faciliter la circulation des capitaux dans l’ensemble de l’UE au bénéfice des consommateurs, des investisseurs et des entreprises. Un règlement rapide, efficient et fiable est une condition préalable essentielle à la mise en place de l’union de l’épargne et des investissements. Un cycle de règlement plus court renforcerait l’attractivité des marchés de l’UE et apporterait des avantages considérables, notamment en réduisant les risques, en permettant de réaliser des économies de marge et en réduisant les coûts liés au décalage des marchés européens par rapport aux autres grandes places mondiales.

2.6.

Le CESE a bien conscience que l’adoption d’un règlement à T+1 pourrait imposer aux acteurs du marché de devoir assumer certains coûts initiaux, liés par exemple à la mise à niveau des infrastructures informatiques et des effectifs. Il a cependant toute confiance dans le fait que ces coûts seront plus que compensés en temps utile par les avantages que procurera un règlement accéléré, s’agissant par exemple de la réduction du risque de contrepartie, de l’abaissement des coûts de transaction et de l’augmentation des volumes d’échange, surtout si ces coûts sont étalés sur une phase de préparation suffisamment longue.

2.7.

Le nombre d’infrastructures est plus élevé dans l’Espace économique européen (EEE) que dans d’autres pays et territoires, avec 90 plateformes de négociation, 14 contreparties centrales et 34 dépositaires centraux de titres (8). La coexistence de 11 monnaies différentes ajoute encore une couche de complexité. Il est donc essentiel de se laisser suffisamment de temps pour se préparer à la transition. La Commission et l’AEMF ont mené de larges consultations auprès des parties prenantes pour arrêter un calendrier réaliste permettant aux acteurs du marché de procéder aux ajustements et aux mises à niveau nécessaires dans leurs structures et leurs processus. Un délai de 24 à 36 mois à compter de l’annonce de la transition prévue a été largement considéré comme un horizon réaliste.

2.8.

Le CESE reconnaît que les processus et les pratiques en matière de négociation et de règlement varient d’un instrument à l’autre. L’AEMF relève qu’aujourd’hui déjà, le règlement des transactions à T+1 et même T+0 est une pratique prédominante pour certaines classes d’actifs, comme la dette souveraine, et que pour d’autres, comme les actions et les organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM), il s’agit aussi d’une pratique courante, sans qu’elle soit systématique (9). Même si l’alignement sur un délai à T+1 pourrait se révéler plus difficile pour certains acteurs du marché, comme les gestionnaires d’actifs qui devront ajuster en conséquence leurs cycles d’émission et de remboursement pour les fonds de placement et les fonds cotés (ETF), il ne semble pas y avoir d’obstacles structurels majeurs. En revanche, une introduction échelonnée du délai à T+1 rendrait le processus plus complexe, engendrerait de l’incertitude chez les investisseurs et pourrait, en définitive, augmenter les coûts de la transition tout en annulant certains de ses avantages. Le CESE convient que le «règlement à T+1» devrait être introduit simultanément pour toutes les valeurs mobilières relevant du champ d’application du règlement sur les DCT.

2.9.

Le CESE n’est pas sans savoir qu’il existe des différences dans les processus et les pratiques en matière de règlement, surtout pour les opérations de financement sur titres (OFT) comme les opérations de pension livrée («repo») ou les prêts et emprunts de titres, qui suivent des conventions différentes. Ce sont souvent des transactions accessoires qui en facilitent d’autres, et beaucoup font, aujourd’hui déjà, l’objet d’un règlement à T+1 ou même T+0 (10). Le passage au T+1 de l’opération en espèces sous-jacente aura implicitement pour effet de raccourcir encore les délais cibles de règlement pour ces transactions accessoires. Vu l’expérience d’autres grandes places internationales, le CESE est toutefois confiant quant au fait que ces processus puissent encore être adaptés au cours de la période préparatoire. Selon l’AEMF, il n’y a eu aucun effet détectable sur le fonctionnement des marchés des OFT aux États-Unis depuis le passage au T+1 (11).

2.10.

Le CESE reconnaît que certains acteurs du marché se sont dits inquiets que l’introduction du délai à T+1 puisse entraîner une dégradation globale de l’efficacité des règlements, c’est-à-dire de la fréquence et/ou de la gravité des défauts de règlement. Le règlement sur les DCT prévoit l’application d’un mécanisme harmonisé de sanctions pécuniaires dans le cas où le règlement d’une transaction n’est pas intervenu à la date de règlement convenue. Par conséquent, les acteurs du marché pourraient potentiellement être exposés à des sanctions pécuniaires plus importantes si l’objectif plus exigeant d’un délai à T+1 n’était pas tenu. Ces inquiétudes ne semblent pas être étayées par les faits: les premiers rapports qui nous viennent des États-Unis, où le passage au T+1 s’est achevé en mai 2024, ne mettent en évidence aucune inflexion significative dans les taux de défaut de règlement à l’issue de la transition (12). Qui plus est, les chiffres contenus dans le rapport de l’AEMF sur le raccourcissement du cycle de règlement montrent bien que le règlement des transactions à T+1 est déjà largement répandu pour certaines classes d’actifs, comme les actions liquides ou la dette souveraine. Le CESE fait en conséquence observer que la «discipline en matière de règlement» prévue par le règlement sur les DCT joue un rôle essentiel dans le maintien de normes élevées en matière d’efficacité des règlements dans l’UE, et il semblerait contre-productif d’édulcorer ce cadre au moment même où le passage au T+1 est envisagé très précisément pour relever encore le niveau d’exigence de ces normes déjà élevées. Par conséquent, le CESE ne voit pas la nécessité, pour le moment, de modifier les dispositions du règlement sur les DCT relatives à la «discipline en matière de règlement».

2.11.

Comme le CESE l’avait déjà fait observer dans l’avis qu’il a rendu concernant le réexamen du règlement sur les dépositaires centraux de titres (13), il conviendrait d’analyser les causes sous-jacentes des défauts de règlement et d’y remédier. Plus précisément, le CESE recommande qu’avant l’entrée en vigueur du régime T+1, l’AEMF et les autorités nationales compétentes analysent les causes des défauts de règlement tout au long de la chaîne de transaction. Pour ce faire, elles devraient exploiter les points de données recueillis auprès des acteurs du marché et faire une description hautement détaillée de ces causes, afin d’y distinguer les schémas qui se dégagent le plus clairement. Le CESE demande à la Commission et à l’AEMF de prendre les mesures adéquates pour lutter contre les défauts de règlement, plutôt que de transiger sur la discipline à laquelle il convient de s’astreindre en matière de règlements telle qu’elle est décrite dans le règlement sur les DCT, en dispensant certains types de transactions et certaines classes d’actifs, que ce soit de façon permanente ou même temporaire, du passage au T+1.

2.12.

Une structure de gouvernance a été instituée et placée sous la tutelle de l’AEMF pour superviser la phase préparatoire précédant la transition vers un délai à T+1 le 11 octobre 2027. Elle comporte deux comités: un comité sectoriel et un comité de coordination. Le CESE fait observer qu’aux termes du mandat qui a été confié au comité sectoriel (14), celui-ci a vocation à formuler des conseils ou des recommandations sur la mise en œuvre de la législation pertinente. Le CESE désapprouve le fait que le comité sectoriel prenne position sur des sujets qui dépassent le cadre de ce mandat (15), concernant par exemple l’exemption de certaines opérations de financement sur titres (OFT) de l’exigence de règlement à T+1 ou la suspension, le cas échéant, du régime de sanctions pécuniaires prévu par le règlement sur les DCT durant la transition vers le T+1 (16). Le CESE estime que le comité sectoriel doit en toute circonstance focaliser ses efforts sur le mandat qui est le sien.

2.13.

Le CESE relève également que la composition des deux comités ne semble pas assurer une représentation adéquate des investisseurs de détail, qui sont des utilisateurs finaux importants des infrastructures financières dans l’UE et qui ne seront pas moins touchés que leurs homologues institutionnels par la transition vers le T+1. Il déplore aussi que les comités n’incluent pas en leur sein d’experts techniques indépendants et issus du monde de la recherche. L’absence de tels profils est de nature à jeter un doute supplémentaire sur la neutralité et l’impartialité des modalités de gouvernance arrêtées pour ce projet important de l’Union. Par conséquent, le CESE invite la Commission et l’AEMF à envisager de nommer au sein du comité sectoriel des experts techniques indépendants et si nécessaire des chercheurs, également indépendants, ainsi que des représentants des investisseurs de détail. Nous recommandons également de nommer des experts techniques et éventuellement des chercheurs en tant que membres supplémentaires du comité de coordination.

2.14.

Il est largement reconnu que la fragmentation des marchés des capitaux de l’UE constitue l’un des principaux obstacles à l’efficacité des flux de capitaux au sein du marché unique. Il a été rappelé à maintes reprises, dans des rapports élaborés ou commandés par la Commission, l’AEMF, des associations sectorielles et/ou des groupes d’experts indépendants, qu’il est nécessaire de remédier à cette fragmentation, y compris et même surtout dans le domaine des services post-marché (c’est-à-dire la compensation, le règlement et la conservation). Entre 2001 et 2003, un groupe d’experts nommé par la Commission et présidé par Alberto Giovannini a recensé quinze obstacles opérationnels, juridiques et fiscaux à l’intégration des marchés financiers en Europe dans l’espace de compensation et de règlement (17). Un autre bilan a été réalisé plus récemment par le forum européen du post-marché (EPTF) qui, en 2017, a mis en évidence le fait que, malgré les progrès indéniables qui ont été accomplis dans de nombreux domaines, bon nombre des obstacles qui avaient été recensés dans le rapport Giovannini restent d’actualité (18). Si la poursuite de l’harmonisation des normes techniques au niveau européen pourrait constituer une base de convergence, la coopération active des États membres et des acteurs du marché sera indispensable si l’on veut réaliser des progrès significatifs. Dans ce contexte, l’automatisation et l’harmonisation des processus de post-marché qui seront nécessaires pour réussir le passage au règlement à T+1 marqueront une étape importante, bien qu’insuffisante, sur la voie d’une plus grande intégration des marchés des capitaux de l’UE, conformément à la vision d’une union de l’épargne et des investissements.

Bruxelles, le 30 avril 2025.

Le président

du Comité économique et social européen

Oliver RÖPKE


(1) COM(2025) 38 final, 12 février 2025.

(2) Règlement (UE) n ° 909/2014 du Parlement européen et du Conseil du 23 juillet 2014 concernant l’amélioration du règlement de titres dans l’Union européenne et les dépositaires centraux de titres, et modifiant les directives 98/26/CE et 2014/65/UE ainsi que le règlement (UE) n ° 236/2012 ( JO L 257 du 28.8.2014, p. 1).

(3) AEMF, Commission européenne et BCE, déclaration conjointe sur le raccourcissement du cycle de règlement normal des titres dans l’Union européenne et ses prochaines étapes, 15 octobre 2024.

(4) AEMF, rapport d’évaluation sur le raccourcissement du cycle de règlement dans l’Union européenne, 18 novembre 2024.

(5) SWD(2025) 37 final.

(6) SWD(2025) 37 final.

(7) AEMF, rapport d’évaluation sur le raccourcissement du cycle de règlement dans l’Union européenne, 18 novembre 2024.

(8) AEMF, rapport d’évaluation sur le raccourcissement du cycle de règlement dans l’Union européenne, 18 novembre 2024.

(9) AEMF, rapport d’évaluation sur le raccourcissement du cycle de règlement dans l’Union européenne, 18 novembre 2024.

(10) AEMF, rapport d’évaluation sur le raccourcissement du cycle de règlement dans l’Union européenne, 18 novembre 2024.

(11) AEMF, rapport d’évaluation sur le raccourcissement du cycle de règlement dans l’Union européenne, 18 novembre 2024.

(12) SIFMA, ICI, DTCC, rapport d’analyse rétrospective sur le passage au délai à T+1 aux États-Unis, septembre 2024.

(13) Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) no 909/2014 en ce qui concerne la discipline en matière de règlement, la fourniture transfrontière de services, la coopération en matière de surveillance, la fourniture de services accessoires de type bancaire et les exigences applicables aux dépositaires centraux de titres de pays tiers [COM(2022) 120 final — 2022/0074 (COD)] ( JO C 443 du 22.11.2022, p. 87.

(14) Comité sectoriel du projet T+1, mandat, janvier 2025.

(15) Comité sectoriel du projet T+1, mandat, janvier 2025.

(16) Comité sectoriel du projet T+1, mandat, janvier 2025.

(17) Premier rapport Giovannini sur la compensation et le règlement transfrontières dans l’Union européenne, 22 novembre 2001.

Deuxième rapport Giovannini sur les modalités de compensation et de règlement dans l’Union européenne, 15 avril 2003.

(18) Rapport du forum européen du post-marché (EPTF), 15 mai 2017.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/3203/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)