Avis du Comité économique et social européen — Start-up et scale-up européennes (avis exploratoire)
| CELEX | 52025AE1043 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 18 septembre 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/20 | 16.1.2026 |
Avis du Comité économique et social européen
Start-up et scale-up européennes
(avis exploratoire)
(C/2026/20)
Rapporteure:
Mira-Maria DANISMAN| Conseillère | Tellervo KYLÄ-HARAKKA-RUONALA (pour la rapporteure) |
| Consultation | Présidence danoise du Conseil, 7.2.2025 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Marché unique, production et consommation» |
| Adoption en section | 2.9.2025 |
| Adoption en session plénière | 18.9.2025 |
| Session plénière no | 599 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 96/0/1 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Dans le présent avis, demandé par la présidence danoise du Conseil de l’UE, le Comité économique et social européen (CESE) évalue l’environnement opérationnel des start-up et scale-up européennes, met en avant les mesures nécessaires pour leur permettre de surmonter les difficultés qu’elles rencontrent et exploiter les possibilités qui s’offrent à elles, et commente la stratégie en faveur des start-up et des scale-up (1) récemment adoptée par la Commission européenne. |
| 1.2. | Le CESE souligne que pour prospérer, les start-up et les scale-up dépendent d’un accès concurrentiel aux ressources et aux marchés de produits ainsi que d’un environnement réglementaire et fiscal favorable à l’innovation, à l’investissement et au commerce. Il accueille favorablement la stratégie de la Commission à cet égard, notamment l’introduction de définitions communes, mais insiste sur la nécessité de déployer des efforts supplémentaires pour promouvoir plus largement l’esprit d’entreprise et le développement économique. Le Comité estime en outre nécessaire que la dimension d’expansion soit prise en compte dans toutes les futures initiatives politiques et réglementaires liées aux entreprises. |
| 1.3. | Le CESE souligne qu’un marché unique européen performant est indispensable à la croissance et au développement des entreprises, ainsi qu’au dynamisme des écosystèmes de start-up. Il est urgent de prendre des mesures pour supprimer les obstacles réglementaires qui continuent d’entraver les libertés du marché unique et pour faire appliquer efficacement les règles existantes qui régissent ce même marché. |
| 1.4. | Le CESE insiste sur l’importance du principe du «mieux légiférer», reposant sur des analyses d’impact approfondies qui couvrent l’ensemble des chaînes de valeur et toutes les étapes du processus. À cet égard, il demande que le test de résistance lié à l’innovation et le contrôle de la compétitivité fassent l’objet d’une mise en œuvre et d’un suivi adéquats. |
| 1.5. | Le CESE préconise de simplifier le cadre réglementaire et de rationaliser les processus administratifs tout en préservant les normes sociales, environnementales et de gouvernance pour promouvoir la durabilité économique, sociale et environnementale globale. Les bacs à sable réglementaires sont un facteur important pour accélérer l’adoption par le marché de produits et technologies innovants. |
| 1.6. | Les financements tant privés que publics contribuent de manière décisive à améliorer l’accès au financement pour les start-up et les scale-up. Les fonds de l’UE devraient mobiliser et sécuriser les investissements privés. Le Comité souligne que les besoins financiers des scale-up nécessitent des solutions immédiates tout au long de la chaîne d’investissement, sans attendre le prochain cadre financier pluriannuel (CFP). |
| 1.7. | Afin de renforcer l’esprit d’entreprise dans toute l’Europe et de réduire la stigmatisation associée à la faillite, le CESE réclame une évaluation approfondie dont le but serait de recenser et d’éliminer les obstacles, législatifs ou non, qui empêchent les entrepreneurs européens de bénéficier d’une seconde chance après la faillite de leur entreprise. |
| 1.8. | Le CESE demande par ailleurs que l’on examine comment les conditions fiscales peuvent être améliorées pour les start-up et les scale-up, notamment en réalisant une étude des meilleures pratiques dans les États membres et une analyse comparative du traitement des fonds propres des start-up aux États-Unis et dans d’autres économies concurrentes. |
| 1.9. | Des efforts soutenus s’avèrent nécessaires pour renforcer les compétences dans le domaine des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM) et pour intégrer les compétences et aptitudes entrepreneuriales à tous les niveaux d’enseignement. Le CESE recommande par ailleurs de renforcer le dynamisme du marché de l’emploi, d’améliorer la mobilité transfrontière des talents au sein de l’Union et de rationaliser les procédures administratives pour les travailleurs hautement qualifiés ainsi que les créateurs de start-up et entrepreneurs issus de pays tiers. |
| 1.10. | Le CESE estime qu’il est essentiel que les start-up aient accès à des infrastructures de recherche et de technologie de haut niveau, y compris des infrastructures numériques avancées telles que les supercalculateurs et les fabriques d’intelligence artificielle (IA). Le Comité demande en outre que les nouvelles entreprises bénéficient d’un soutien sur mesure pour pouvoir commercialiser leurs produits, comprenant notamment des efforts ciblés pour améliorer leur accès à des écosystèmes d’entreprises et des possibilités de collaboration. Le CESE met également l’accent sur le fait qu’un accès aisé aux marchés intérieurs et internationaux est une condition préalable essentielle au développement des entreprises. |
| 1.11. | Le CESE plaide en faveur de l’élaboration progressive d’indicateurs clés de performance (ICP), afin de permettre un suivi plus complet et axé sur les résultats des activités des start-up et des scale-up et de permettre la fixation d’objectifs plus spécifiques. |
2. Contexte et portée de l’avis
| 2.1. | Le présent avis exploratoire, demandé par la présidence danoise du Conseil, porte sur le rôle des start-up et des scale-up dans l’économie de l’UE et expose le point de vue du Comité sur la stratégie de l’UE en faveur des start-up et des scale-up publiée par la Commission européenne durant l’élaboration de l’avis. |
| 2.2. | Bien qu’il n’existe pas encore de définition juridique des start-up et des scale-up à l’échelle de l’UE, le terme «start-up» désigne généralement une jeune entreprise innovante qui vise une croissance rapide, est largement axée sur l’innovation et dépend souvent du capital-investissement et du capital-risque. Les scale-up sont quant à elles des entreprises qui ont dépassé la phase de démarrage et connaissent une croissance importante. La Commission définit les scale-up comme des entreprises dont la croissance annuelle moyenne, mesurée par le nombre de salariés ou le chiffre d’affaires, est supérieure à 20 % par an sur trois ans (2). |
| 2.3. | Les start-up et les scale-up jouent un rôle fondamental dans l’économie en renforçant l’innovation, la productivité et la croissance. Si les start-up et scale-up européennes possèdent de nombreux atouts, en particulier dans les domaines des technologies financières, de l’IA et des technologies axées sur la durabilité, elles font également face à un certain nombre de difficultés qui pourraient les empêcher de se développer et de rester dans l’UE. La stratégie de la Commission vise à leur permettre de prospérer dans l’Union et de surmonter les obstacles du marché unique, en particulier ceux liés à la finance, à l’environnement réglementaire, aux talents, aux infrastructures et à l’adoption par le marché. |
3. Observations générales
| 3.1. | Pour prospérer, les start-up et les scale-up dépendent des mêmes conditions préalables que toute autre entreprise, à savoir un accès concurrentiel aux ressources et aux marchés de produits, un environnement réglementaire et fiscal favorable à l’innovation, à l’investissement et au commerce, ainsi qu’un climat sociétal propice à l’esprit d’entreprise, en plus de leur propre créativité et volonté de prendre des risques. |
| 3.2. | Le CESE félicite la Commission pour sa stratégie, qui intègre bon nombre des idées figurant dans le présent avis. Le CESE est convaincu que grâce à la stratégie, l’UE sera en bonne voie d’améliorer l’environnement offert aux start-up et scale-up européennes. Il importe toutefois de ne pas considérer les start-up et les scale-up indépendamment des autres entreprises: elles font partie intégrante des écosystèmes d’entreprises et des chaînes de valeur. |
| 3.3. | Si les start-up et les scale-up sont indispensables pour l’économie, il n’en est pas moins nécessaire que l’UE promeuve la réussite de tous les types d’entreprises. Le CESE note également que les entreprises à forte croissance ne sont pas toutes des entreprises de haute technologie, et qu’il faut prendre des mesures intersectorielles (3). L’écart de productivité croissant entre les PME et les grandes entreprises en Europe requiert de vastes mesures pour stimuler la productivité de toutes les PME (4). Il faudrait aussi s’attacher tout particulièrement à améliorer la diversité des start-up et des scale-up, notamment en ce qui concerne les entrepreneurs de tout âge et les femmes entrepreneures. |
| 3.4. | Outre les start-up, il existe aussi des restart-up, c’est-à-dire des start-up existantes transférées à de nouveaux propriétaires. Celles-ci affichent souvent des taux de croissance plus élevés que les autres entreprises et dépassent systématiquement les start-up traditionnelles en ce qui concerne le taux de survie, les recettes, la rentabilité, l’innovation et la création d’emplois. |
| 3.5. | Le CESE soutient la mise en place d’un tableau de bord des start-up et des scale-up qui mesurera les performances des écosystèmes. Dénombrer les start-up, scale-up, centaures et licornes constitue un bon point de départ, mais, à un stade ultérieur, l’Union devrait élaborer un ensemble d’ICP plus complets et axés sur les résultats, mesurant entre autres les taux de survie des start-up, les taux de croissance des scale-up et la disponibilité du capital-risque, afin de permettre une évaluation plus approfondie de l’activité entrepreneuriale en Europe, en quantité comme en qualité. Les ICP permettraient également de fixer des objectifs plus spécifiques et quantitatifs. |
4. Un cadre réglementaire favorable
| 4.1. | Étant donné que les start-up sont principalement considérées comme des petites et moyennes entreprises (PME), le présent avis examine également des questions pertinentes du point de vue plus large de ces dernières. Bien que les start-up et les scale-up présentent des caractéristiques distinctes, en particulier en ce qui concerne leurs trajectoires de croissance et leurs priorités en matière d’innovation, elles partagent la nécessité d’un environnement réglementaire favorable, prévisible et encourageant, tout comme les PME traditionnelles qui ne recherchent pas une croissance rapide et forte. |
| 4.2. | Le CESE estime que la dimension d’expansion devrait être prise en compte dans toutes les initiatives politiques et réglementaires liées aux entreprises, en plus de la stratégie spécifique en faveur des start-up et des scale-up. Cette démarche devrait s’appliquer à la fois à la mise en œuvre des initiatives existantes et à l’élaboration de toute initiative future. |
| 4.3. | Il est essentiel que le marché unique de l’Union fonctionne bien pour permettre la croissance des entreprises européennes et favoriser un écosystème dynamique de start-up et scale-up. Il est urgent d’agir pour supprimer les obstacles réglementaires qui entravent la libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux, et de faciliter l’accès aux ressources et l’adoption des produits par le marché. Il importe de mieux appliquer les règles du marché unique en vigueur afin de prévenir la fragmentation du marché et de garantir une concurrence loyale. En outre, la normalisation joue un rôle crucial dans la facilitation des activités transfrontières. |
| 4.4. | L’introduction d’un «28e régime», que propose la stratégie de la Commission, faciliterait également le développement du marché unique. Elle devrait débuter par une phase pilote. Tout en simplifiant les opérations transfrontières des entreprises grâce à des règles à l’échelle de l’UE, le régime devrait, conformément à la répartition des compétences, garantir le respect des normes du travail, y compris un dialogue social adéquat. |
| 4.5. | Le principe du «mieux légiférer», reposant sur des analyses d’impact approfondies couvrant l’ensemble des chaînes de valeur et des étapes législatives, devrait orienter tous les travaux réglementaires de l’UE. Le CESE attire l’attention sur ses avis antérieurs concernant un test de résistance lié à l’innovation (5) et un contrôle de la compétitivité (6) , et exhorte les colégislateurs à mettre pleinement en œuvre ces instruments. |
| 4.6. | Il est essentiel de simplifier la réglementation et de réduire la charge administrative sans compromettre les normes sociales, environnementales et de gouvernance afin de promouvoir la durabilité économique, sociale et environnementale globale. Les trains de mesures «omnibus» de la Commission visent à réduire les coûts administratifs, qui sont estimés à 150 milliards d’euros par an, et prévoient des mesures spécifiques en faveur des PME (7). |
| 4.7. | Les bacs à sable réglementaires sont nécessaires pour permettre aux start-up de tester leurs produits et d’accélérer la pénétration des innovations sur le marché. Le CESE se félicite de l’intention de la Commission de doter ce concept d’une définition juridique commune. Il est aussi primordial d’accélérer les procédures d’autorisation et les procédures administratives grâce à la numérisation, tout en garantissant la transparence. Le portefeuille européen d’identité numérique pour les entreprises et le système de brevet unitaire devraient être pleinement mis en œuvre afin de réduire les charges administratives. |
5. Améliorer l’accès au financement
| 5.1. | Le CESE souligne les difficultés croissantes auxquelles sont confrontées les PME européennes pour accéder au financement. Selon la Banque centrale européenne (BCE), les banques de la zone euro ont durci les critères d’accès au crédit pour les entreprises en raison des risques économiques accrus (8). Certains entrepreneurs et microentreprises éprouvent même des difficultés à obtenir des services bancaires de base, tels que l’ouverture d’un compte. Il est indispensable de s’attaquer à ces problèmes pour soutenir la croissance et l’expansion des entreprises en Europe. |
| 5.2. | L’accès au financement reste un obstacle majeur pour les scale-up européennes, les fonds de capital-risque européens restant bien moins développés qu’aux États-Unis. Le CESE soutient l’appel lancé dans le rapport Draghi (9) en faveur d’un renforcement de l’écosystème de financement de l’Europe, qu’il s’agisse d’investisseurs providentiels ou de marchés des capitaux à l’échelle de l’UE, en passant par des marchés boursiers plus attrayants pour les introductions en bourse. L’accès au financement doit être garanti tout au long de la chaîne d’investissement, de la recherche-développement à l’internationalisation, en passant par l’expansion du marché. Un 28e régime pourrait également contribuer à la constitution de fonds de capital-risque plus importants. |
| 5.3. | Les fonds tant privés que publics jouent un rôle crucial dans l’amélioration de l’accès au financement. Les fonds de l’UE, tels que le Fonds européen pour la compétitivité, devraient mobiliser et sécuriser les financements privés dans les start-up et les scale-up, directement ou par l’intermédiaire de fonds de capital-risque. Des mesures urgentes — comme le déploiement du Fonds «Scale-up Europe» — sont toutefois nécessaires pour répondre aux besoins financiers des scale-up sans attendre le nouveau CFP. Le développement des technologies de rupture (deep tech) et transformatrices requiert une approche particulièrement patiente et résolue, étant donné que les gains financiers ne pourraient être réalisés qu’à long terme. Des garanties appropriées sont également vitales pour les activités à haut risque. |
| 5.4. | Le CESE invite instamment l’Union à étudier plus avant les mesures fiscales permettant d’encourager les start-up. Des délais stricts dans lesquels il est possible de déduire les pertes des bénéfices peuvent entraver les start-up, qui ont souvent besoin de plus de temps pour devenir rentables. La fiscalité du capital devrait également soutenir les jeunes créateurs de start-up et les investisseurs providentiels. Bien que la fiscalité relève de la compétence nationale, il serait utile de réaliser une étude comparative des pratiques sur le territoire de l’Union et d’évaluer dans quelle mesure le traitement favorable des fonds propres aux États-Unis, tant au niveau des salariés qu’à celui de l’entreprise, influence la délocalisation des start-up. |
| 5.5. | Afin de bâtir un écosystème florissant pour les start-up, l’Union devrait exploiter les bonnes pratiques des États membres et mettre un terme à la stigmatisation associée à la faillite, de façon à faciliter l’accès des entrepreneurs à une seconde chance et à transformer l’échec en atout pour l’étape suivante. Dans le passé, le CESE a déjà demandé à la Commission d’évaluer les obstacles, législatifs ou non, qui, dans les États membres, empêchent les entrepreneurs européens de bénéficier d’une seconde chance (10). |
| 5.6. | Les start-up peuvent être acquises à des fins de croissance ou d’innovation, mais certains acheteurs pourraient également procéder à des «acquisitions prédatrices» pour mettre un terme à l’innovation et bloquer la concurrence. Il convient dès lors de mener une politique de concurrence équilibrée qui empêche les consolidations anticoncurrentielles tout en soutenant l’innovation, l’expansion et la compétitivité à l’échelle mondiale. |
6. Faciliter l’accès aux talents
| 6.1. | Environ trois PME européennes sur quatre ont déclaré (11) être confrontées à des pénuries de compétences pour au moins une fonction au sein de leur entreprise et éprouver des difficultés à recruter des travailleurs possédant les compétences adéquates. En outre, plus de la moitié des PME peinent à retenir leurs travailleurs qualifiés. Les start-up, qui sont souvent à la pointe de l’innovation, sont particulièrement touchées par ces pénuries. Compte tenu de l’évolution rapide des start-up et scale-up, les marchés du travail européens manquent souvent du dynamisme requis pour suivre leur rythme, ce qui entrave la capacité des entreprises innovantes à attirer les talents nécessaires à leur expansion. |
| 6.2. | Il est crucial d’augmenter le niveau global d’éducation et de soutenir l’apprentissage tout au long de la vie — en particulier pour les start-up, qui dépendent souvent de technologies et de concepts entièrement nouveaux et innovants — ainsi que l’accès à des travailleurs hautement qualifiés. Les efforts doivent être axés sur le renforcement des compétences STIM, et le plan stratégique pour l’éducation dans les STIM constitue une étape positive à cet égard. Alors qu’il est capital, pour la croissance des start-up et des scale-up, de doter les futurs entrepreneurs des capacités nécessaires grâce à l’éducation, seuls 50 % des étudiants de l’Union sont familiarisés à l’apprentissage de l’entrepreneuriat. Les États membres devraient intégrer les compétences et aptitudes entrepreneuriales dans l’enseignement à tous les niveaux. |
| 6.3. | Le recours à des possibilités de compensation flexibles est l’un des moyens d’attirer et de retenir les talents. Les options sur actions pour le personnel peuvent être une solution pertinente pour les start-up, tant du point de vue de leurs salariés que des fondateurs. Des outils plus traditionnels tels que les primes et les avantages financiers ou en nature peuvent également contribuer à attirer des personnes qualifiées. |
| 6.4. | L’amélioration de la mobilité transfrontière est indispensable pour remédier aux pénuries de talents dans l’UE. La rationalisation des procédures administratives pour l’embauche de travailleurs hautement qualifiés et pour les créateurs de start-up et entrepreneurs issus de pays tiers contribuerait à remédier aux pénuries de main-d’œuvre dans des secteurs critiques tels que l’IA, le développement de logiciels et l’ingénierie, tout en stimulant l’esprit d’entreprise. Des visas selon une procédure accélérée pour les travailleurs des start-up et des scale-up et les entrepreneurs ainsi que la simplification des procédures d’octroi de permis permettraient aux entreprises d’attirer et de retenir les talents dont elles ont besoin sans avoir à subir de lenteurs administratives. La stratégie de l’Union en matière de visas prévue par la Commission constitue un pas dans la bonne direction. |
| 6.5. | Les start-up hautement innovantes, en particulier dans les secteurs des technologies de rupture, des technologies de la santé et de l’ingénierie de pointe, dépendent souvent beaucoup de personnes ayant achevé des études universitaires poussées, telles que des chercheurs, des titulaires de doctorat et des doctorants. Il convient dès lors de renforcer les liens entre les instituts de recherche et les écosystèmes entrepreneuriaux. |
| 6.6. | La coopération internationale dans le cadre de programmes de recherche de haut niveau est l’un des principaux moyens de recruter les talents du monde entier et de renforcer les écosystèmes européens de recherche et d’innovation. Le CESE se félicite du lancement récent de l’initiative «Choisir l’Europe pour la science» pour attirer des chercheurs internationaux de haut niveau grâce à un financement à long terme et à de meilleures conditions de recherche. |
7. Des conditions plus favorables à l’innovation et à l’adoption par le marché
| 7.1. | Les investissements dans la recherche et le développement (R&D) sont essentiels pour les start-up, car elles jouent souvent un rôle moteur dans la création de nouvelles connaissances, de nouvelles compétences et de nouveaux modèles d’entreprise. Par conséquent, un financement suffisant, tant au niveau de l’Union qu’à l’échelon national, est essentiel pour soutenir l’écosystème des start-up et favoriser une croissance axée sur l’innovation. Afin d’encourager véritablement l’innovation de rupture et le développement de start-up de haute technologie, et de concurrencer avec succès les autres économies, l’Union devrait sensiblement accroître les investissements qu’elle consacre à la R&D. |
| 7.2. | La recherche universitaire génère souvent des connaissances et des technologies de pointe mais, sans liens étroits avec le secteur privé, bon nombre de ces avancées restent sous-utilisées. Les pépinières universitaires et les entreprises, en particulier les start-up, peuvent contribuer à traduire la recherche en applications réelles en créant des produits, des services et des processus qui répondent à de nombreux types de besoins sociétaux, notamment en matière de santé, de sécurité et d’environnement. L’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT) y contribue en facilitant les partenariats entre divers acteurs dans toute l’Europe. |
| 7.3. | Alors que l’UE renouvelle l’Espace européen de la recherche (EER), il importe de reconnaître le rôle des start-up innovantes à la fois en tant qu’utilisatrices et productrices de recherche de haut niveau. De puissantes synergies entre les entreprises et la recherche sont indispensables à la réussite des écosystèmes régionaux d’innovation, des pôles de connaissances, des pépinières d’entreprises et des grappes industrielles. Il pourrait être intéressant, en vue de partager les stratégies de réussite, d’évaluer les pratiques opérationnelles efficaces des incubateurs d’entreprises au sein des établissements d’enseignement supérieur. |
| 7.4. | Le CESE estime qu’il est crucial de doter les entreprises innovantes, en particulier les start-up, des capacités nécessaires pour leur permettre d’accéder aux infrastructures de recherche et de technologie de haut niveau, telles que les supercalculateurs et les fabriques d’IA, tout en bénéficiant de cadres réglementaires adaptés. Des infrastructures numériques fiables, un accès sécurisé à de vastes ensembles de données, une énergie propre et des matières premières critiques sont autant d’éléments indispensables à la compétitivité des environnements technologiques de haute performance. |
| 7.5. | Les liens internationaux et les partenariats dans le domaine de la recherche et de la technologie stimulent l’excellence européenne. Dans le même temps, il y a lieu de préserver la sécurité économique de l’Union, y compris la protection des droits de propriété intellectuelle de ses entreprises. |
| 7.6. | Outre des conditions favorables à l’innovation, les nouvelles entreprises ont besoin d’un soutien sur mesure pour pouvoir commercialiser leurs produits. Il convient d’axer des efforts spécifiques sur l’amélioration de leur accès à la coopération dans les écosystèmes d’entreprises, le réseau européen d’entreprises proposé dans la stratégie de la Communication pouvant offrir de précieuses possibilités de collaboration. Le CESE reconnaît le rôle d’envergure joué par les organismes de recherche et de technologie (12) dans la production de technologies de pointe et de technologies dérivées, tout en permettant par ailleurs aux start-up de la deep tech de collaborer avec des partenaires industriels et en soutenant leur entrée sur le marché. |
| 7.7. | Les organisations de promotion des entreprises et du commerce, quant à elles, aident les start-up et les scale-up à se développer et à accéder à de nouveaux marchés, par exemple en fournissant des services et des informations sur les conditions d’activité des entreprises et la demande sur les marchés étrangers. Si le marché unique est essentiel au développement des entreprises au sein de l’UE, les accords commerciaux et les partenariats internationaux sont indispensables pour contribuer à leur expansion vers les marchés mondiaux. |
| 7.8. | Les innovations apportées par les start-up et les scale-up peuvent être adoptées plus rapidement par le marché si les marchés publics donnent la priorité aux produits et solutions innovants, en utilisant des critères transparents pour garantir une concurrence loyale. |
Bruxelles, le 18 septembre 2025.
Le président
du Comité économique et social européen
Oliver RÖPKE
(2) Scaleups drive innovation, 2021. https://data.europa.eu/doi/10.2826/78141.
(3) JO C 288 du 31.8.2017, p. 20.
(4) Rapport annuel sur les PME européennes 2023-2024.
(5) JO C, C/2024/2098, 26.3.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/2098/oj.
(6) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Un contrôle de la compétitivité pour bâtir une économie de l’UE plus forte et plus résiliente», JO C 100 du 16.3.2023, p. 76.
(8) The Euro Area Bank Lending Survey — First Quarter of 2025.
(9) L’avenir de la compétitivité européenne — Une stratégie de compétitivité pour l’Europe , 2024.
(10) Avis du CESE sur le thème «Avis général “Appel en faveur d’un pacte bleu pour l’Europe” », JO C, C/2024/869, 6.2.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/869/oj.
(11) Enquête Eurobaromètre 537: PME et pénuries de compétences , novembre 2023.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/20/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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