Avis du Comité économique et social européen — Comment garantir des compétences vertes et plaider en faveur d’établissements de formation professionnelle verts (avis exploratoire à la demande de la présidence danoise du Conseil de l’UE)
| CELEX | 52025AE1268 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 18 septembre 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/23 | 16.1.2026 |
Avis du Comité économique et social européen
Comment garantir des compétences vertes et plaider en faveur d’établissements de formation professionnelle verts
(avis exploratoire à la demande de la présidence danoise du Conseil de l’UE)
(C/2026/23)
Rapporteure:
Nicoletta MERLOCorapporteur:
Jean-Michel POTTIER| Conseiller | Francis PETEL (pour le corapporteur, groupe I) |
| Saisine du Comité par la présidence danoise de l’UE | Lettre du 7.2.2025 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté» |
| Adoption en section | 3.9.2025 |
| Adoption en session plénière | 18.9.2025 |
| Session plénière no | 599 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 96/0/2 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social européen (CESE) préconise une approche systémique de la formation aux compétences vertes qui intègre une gouvernance à plusieurs niveaux, des investissements ciblés et des modèles d’éducation inclusifs. La souplesse dans la définition des compétences doit se traduire par des mesures concrètes, notamment l’autonomisation des collectivités locales et régionales et la mise en place effective de mécanismes existants, tels que le système européen de suivi des compétences vertes et les observatoires territoriaux. Ces mesures garantissent un cadre solide pour ce qui est de suivre et d’anticiper les besoins en compétences vertes, en s’appuyant sur des instruments établis plutôt qu’en en créant de nouveaux. |
| 1.2. | Le CESE prône une utilisation stratégique des fonds européens afin de moderniser l’enseignement et la formation professionnels (EFP), de soutenir l’apprentissage tout au long de la vie et d’améliorer les qualifications des formateurs. Il convient d’encourager les incitations fiscales et de définir clairement les investissements dans la formation, y compris en ce qui concerne le traitement du financement et de la comptabilité ainsi que le suivi des résultats. Le Comité estime également qu’il s’impose d’encourager les partenariats public-privé en faveur du développement des compétences vertes et de soutenir de manière adéquate les petites et moyennes entreprises (PME) dans la mise en œuvre de programmes de formation. En outre, il est essentiel de veiller à ce que des ressources suffisantes soient allouées pour assurer une formation écologique et numérique efficace. |
| 1.3. | Afin de garantir que la transition écologique soit véritablement inclusive, le CESE suggère que soit élaboré un cadre clair pour la mise en œuvre des microcertifications et que soit encouragée l’adoption généralisée de parcours de formation modulaires et flexibles, en particulier ceux fondés sur l’apprentissage mixte. Il y a lieu d’accorder une attention particulière à l’accessibilité de ces parcours aux apprenants adultes et aux travailleurs peu qualifiés. Ces efforts doivent être soutenus par des services d’orientation et de soutien individualisés qui renforcent les compétences transversales et favorisent la motivation en faveur de l’apprentissage tout au long de la vie. |
| 1.4. | Le CESE suggère que la durabilité soit intégrée de manière systémique dans l’éducation et la formation grâce à la coopération transfrontière, à la mobilité des étudiants et des enseignants, et à l’échange de bonnes pratiques. Le programme Erasmus+ joue un rôle essentiel en soutenant la transition écologique et numérique dans l’EFP et il doit être financé et soutenu de manière adéquate, car il constitue un outil unique pour promouvoir la mobilité des étudiants et des enseignants, ce qui est indispensable pour favoriser la collaboration transfrontière, l’innovation dans les programmes d’études et l’échange de bonnes pratiques. |
| 1.5. | Le CESE recommande de mettre pleinement en œuvre le premier principe du socle européen des droits sociaux et de veiller à ce que toute personne ait droit à une éducation, une formation et un apprentissage tout au long de la vie inclusifs et de qualité, afin de maintenir ou d’acquérir des compétences lui permettant de participer pleinement à la société et de gérer avec succès les transitions sur le marché du travail. Il est nécessaire de promouvoir la reconnaissance des compétences acquises dans des contextes non formels et informels et d’encourager des discussions régulières entre les partenaires sociaux afin d’établir des plans de développement professionnel conformes aux besoins des entreprises et aux aspirations individuelles. |
| 1.6. | Les travailleurs devraient bénéficier d’une formation professionnelle de qualité tout au long de leur carrière, notamment à l’aide d’outils d’orientation et d’évaluation des compétences. Le CESE estime qu’il est nécessaire de se concentrer sur des parcours de formation rapides afin de permettre aux travailleurs de passer à des emplois verts et numériques ou de s’y adapter, et qu’il s’impose d’utiliser divers formats de formation flexibles, ainsi que développer, pour les groupes vulnérables, des formations personnalisées, assorties de mesures de soutien actif à l’emploi et de systèmes d’orientation tout au long de la vie. En outre, une approche européenne commune est indispensable pour évaluer l’incidence de la formation et diffuser les bonnes pratiques, y compris par le dialogue social et la négociation collective, dans le respect des pratiques nationales. |
| 1.7. | Le CESE demande que l’intelligence artificielle (IA) soit utilisée comme un outil pour mieux adapter la formation professionnelle aux besoins de la transition écologique, en anticipant les besoins émergents en matière de formation, en mettant rapidement à jour les programmes d’études et en personnalisant les parcours d’apprentissage. Toutefois, il est essentiel de veiller à ce que son utilisation soit éthique et durable, en s’assurant que les enseignants et les formateurs reçoivent une formation adéquate. |
2. Introduction
| 2.1. | La transition écologique et numérique constitue, pour l’Union européenne, à la fois une occasion unique et un défi stratégique majeur, qui a une incidence sur l’environnement, l’économie, la société et l’emploi. Pour qu’elle soit menée à bien, il convient de doter les travailleurs et les entreprises des compétences nécessaires pour s’adapter, innover et mettre en œuvre des solutions durables. Étant donné que la transition vers la neutralité climatique transforme les secteurs, crée de nouveaux emplois et redéfinit les emplois existants, il est fondamental de promouvoir et de soutenir l’emploi vert, la croissance, l’innovation et la compétitivité. Cette démarche nécessite également de prendre des mesures en ce qui concerne la formation et la reconversion des travailleurs et d’anticiper les changements sur les lieux de travail de demain. Dans ce contexte, il est crucial de soutenir le pacte pour le climat (1), qui fait suite aux activités de l’Union dans le domaine des emplois verts et qui aidera activement les organisations de travailleurs, les établissements d’enseignement et les pouvoirs publics à soutenir les personnes à la recherche d’un emploi dans l’économie verte. |
| 2.2. | Une pénurie généralisée de compétences vertes sévit, en particulier dans les PME et les secteurs clés tels que la construction, les transports, la gestion des déchets, l’énergie et l’ingénierie (2). Ce manque de compétences au sein de la main-d’œuvre est de plus en plus préoccupant, et les efforts déployés en matière de formation et de reconversion ne parviennent toujours pas à répondre à la demande (3). Il est essentiel de combler ces lacunes, notamment en intégrant les compétences vertes dans le programme de formation initiale de tous les jeunes ainsi que des groupes sous-représentés, afin que l’UE puisse atteindre ses objectifs en matière de climat et de durabilité et assurer une transition équitable et inclusive vers une économie verte (4). |
| 2.3. | La réalisation des objectifs du pacte vert pour l’Europe — tels que la neutralité climatique et l’économie circulaire — dépend de la capacité qu’ont les systèmes d’éducation et de formation à donner des moyens d’action à des citoyens bien informés, à des consommateurs avertis et à des travailleurs qualifiés. L’éducation et la formation, y compris la reconversion et le perfectionnement professionnels, jouent un rôle essentiel pour ce qui est d’améliorer la sensibilisation aux questions environnementales, de stimuler la réflexion systémique, de développer les compétences techniques et transversales, et d’encourager l’action collective en faveur de la durabilité. Il s’impose de disposer d’une approche systémique fondée sur le cycle de vie, englobant toutes les formes d’éducation, de l’enseignement scolaire obligatoire à la formation professionnelle en passant par l’enseignement supérieur et l’apprentissage tout au long de la vie, et intégrant de manière appropriée la durabilité environnementale, économique et sociale dans les programmes d’études et la gouvernance, ainsi que les partenariats avec les municipalités et les régions et avec les entreprises. |
| 2.4. | Dans ce contexte, les établissements d’enseignement et formation professionnels (EFP) jouent un rôle crucial pour accompagner la transformation des secteurs productifs et assurer une transition équitable. En outre, pour les entreprises, investir dans les compétences vertes signifie stimuler la compétitivité, innover en ce qui concerne les modèles de production et attirer des talents. Pour les travailleurs, cette mesure devrait se traduire par l’accès à de nouvelles possibilités professionnelles, à de meilleures qualifications et à des conditions de travail plus stables. Le présent avis exploratoire, demandé par la présidence danoise, vise à soutenir le changement de paradigme nécessaire pour faire de l’EFP un outil stratégique en faveur d’une transition équitable et inclusive axée sur l’excellence et la qualité. Un dossier connexe du CESE (SOC/826) (5) le complète. |
3. Observations générales
| 3.1. | Les «compétences vertes» peuvent être définies comme les compétences dont la main-d’œuvre a besoin, dans tous les secteurs et à tous les niveaux, afin de soutenir l’adaptation des produits, des services et des processus aux changements induits par le changement climatique et les exigences et réglementations environnementales (6). Elles comprennent à la fois les compétences techniques (scientifiques, technologiques et d’ingénierie) et les compétences non techniques (prise de décision, créativité, pensée critique, collaboration interdisciplinaire, citoyenneté active, culture de la durabilité, gestion de projets et esprit d’entreprise) nécessaires à la transition vers le «zéro net» et alignées sur les objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies. |
| 3.2. | Au-delà des pénuries de compétences vertes, il existe une inadéquation plus large entre les systèmes de formation et l’évolution des besoins du marché du travail, exacerbée par la double transition écologique et numérique. Comme le stipule l’initiative relative à l’union des compétences, le perfectionnement et la reconversion professionnels sont essentiels tout au long de la vie et de la carrière des citoyens; pourtant, un adulte sur cinq a des difficultés à lire et à écrire, et moins de 40 % de la population adulte suit un enseignement ou une formation, ce qui est bien en deçà de l’objectif de 60 % fixé pour 2030. Cette proportion est beaucoup plus faible chez les adultes peu qualifiés (18,4 %). Près de la moitié de la population adulte ne possède pas de compétences numériques de base, bien qu’elles soient nécessaires dans plus de 90 % des emplois. Les contraintes de temps, les considérations financières, les responsabilités familiales et la motivation sont autant d’obstacles qui empêchent les adultes de continuer à se former. |
| 3.3. | Malgré les efforts déployés par l’UE pour renforcer l’EFP (7), il est nécessaire de mettre l’accent sur la mise à jour continue des programmes d’études en tant que catalyseurs des compétences pertinentes sur le marché du travail qui sont importantes pour tous les travailleurs, afin d’éviter le risque que la formation reste fragmentée, obsolète et inaccessible aux groupes vulnérables. Il est également essentiel de fournir aux jeunes des orientations plus claires sur leurs perspectives d’emploi afin de soutenir des choix d’éducation et de carrière éclairés et tournés vers l’avenir. Les disparités régionales et locales en matière de qualité de l’éducation menacent encore davantage la compétitivité européenne, la cohésion et la réussite de la transition écologique et numérique (8), et il convient d’y remédier de manière appropriée. |
| 3.4. | La perception sociale de l’EFP demeure un obstacle: en Europe, seuls 48 % des élèves de l’enseignement secondaire supérieur optent pour cette filière (9), ce qui reflète son statut inférieur en comparaison avec l’enseignement universitaire. Il s’impose d’opérer un changement culturel afin de renforcer l’attractivité de l’EFP et de les reconnaître comme un élément essentiel pour l’innovation, la durabilité et l’inclusion, compte tenu également du fait que la transition vers des sociétés à faible intensité de carbone crée de nouvelles spécialisations et revitalise des rôles jusqu’ici négligés (10). L’année de l’EFP, organisée au Danemark, est un exemple d’initiative visant à mieux faire comprendre au public les possibilités qu’offre l’EFP (11). |
| 3.5. | Le plan industriel du pacte vert (12) souligne que «[l]a transition écologique doit être centrée sur les personnes et inclusive afin de garantir des résultats équitables et justes, de créer des emplois de qualité et de ne laisser personne sur le côté». Il s’agit d’un aspect essentiel de la transition écologique, indispensable pour créer la légitimité requise et éviter de donner l’impression que les conditions et les droits des travailleurs sont sacrifiés. Une question suscite en outre le débat, celle de savoir si les travailleurs dont les domaines de travail sont en déclin pourront facilement accéder aux nouveaux emplois, qui se trouvent généralement ailleurs et nécessitent des compétences différentes (13). |
4. Observations particulières
| 4.1. | Une transition neutre du point de vue du climat nécessite une approche systémique de la formation aux compétences vertes qui intègre des modèles de gouvernance, d’investissement et d’éducation inclusive. Il est essentiel, pour déterminer les nouveaux profils d’emplois, d’intégrer les compétences vertes dans les plans nationaux et le dialogue structuré entre les institutions, les partenaires sociaux, les organisations de la société civile, les prestataires de formation et la communauté scientifique. La gouvernance à plusieurs niveaux, soutenue par des outils tels que des observatoires territoriaux et des partenariats public-privé, permet de mieux recenser les besoins et d’élaborer des stratégies plus ciblées, tandis que des systèmes d’EFP et de transition de l’enseignement vers la vie active plus solides sont indispensables à l’intégration des jeunes dans les secteurs qui connaissent une forte croissance écologique et numérique. Comme le souligne l’initiative relative à l’union des compétences, les cadres de gouvernance doivent associer explicitement toutes les parties prenantes concernées afin de veiller à ce que les politiques et les programmes de formation soient pleinement conformes aux exigences de la transition écologique. |
| 4.2. | Il s’impose également de donner aux collectivités locales et régionales les moyens d’agir en matière de planification de la formation pour répondre aux besoins régionaux et locaux, en adaptant la formation aux contextes économiques et sociaux locaux. La souplesse dont il convient de faire montre lorsqu’il s’agit de définir les compétences requises, de concevoir les parcours de formation et de déterminer les qualifications pertinentes exigées par le marché doit aller au-delà de simples annonces d’intention. Cette souplesse doit, au contraire, devenir une priorité pour les établissements de formation. |
| 4.3. | Le CESE a souligné l’importance de la formation continue dans les secteurs stratégiques de l’économie verte, en insistant sur le rôle des services professionnels (14). Il est en outre d’avis qu’un système européen de suivi des compétences vertes fondé sur les instruments existants est nécessaire pour anticiper les nouveaux besoins de formation et y répondre de manière proactive. Un outil d’établissement régulier de rapports et d’évaluation comparative renforcerait la transparence et orienterait des améliorations continues. Ce système devrait comprendre des données ventilées par âge et des études prospectives afin de fournir une vision à moyen et à long terme des tendances du marché du travail. |
| 4.4. | Les investissements et les incitations sont essentiels. Il est également fondamental de recourir de façon stratégique aux fonds de l’UE (15) pour moderniser l’EFP, améliorer les infrastructures, soutenir l’apprentissage tout au long de la vie et former les enseignants. Il convient d’encourager les incitations fiscales en faveur des entreprises qui investissent dans les compétences vertes, ainsi que de stimuler les partenariats public-privé pour développer des pôles de formation innovants (par exemple, dans le domaine des énergies renouvelables et de la construction durable). Ces investissements nécessitent des changements réglementaires et comptables adéquats ainsi qu’un suivi des résultats, conformément aux pratiques nationales des États membres de l’Union. |
| 4.5. | La transition écologique doit être inclusive et promouvoir des parcours de formation accessibles, flexibles et modulaires, tels que ceux fondés sur la microcertification (pour laquelle un cadre de mise en œuvre clair est nécessaire) et l’apprentissage mixte, afin de soutenir les travailleurs adultes et moins qualifiés, en particulier dans les secteurs dont les émissions sont élevées. Il sera par ailleurs primordial de garantir des services d’orientation et de soutien individualisés qui renforcent les compétences transversales et favorisent la motivation en faveur de l’apprentissage tout au long de la vie. Il conviendra de développer, pour les groupes vulnérables, des formations personnalisées, complétées par des mesures de soutien actif à l’emploi et des systèmes d’orientation tout au long de la vie. L’apprentissage pour adultes, tel qu’il est mis en œuvre avec succès dans des pays comme le Danemark, la Finlande et l’Allemagne, joue un rôle stratégique grâce à des programmes modulaires, à des formats à temps partiel, à la reconnaissance formelle de l’expérience antérieure et à un soutien financier, et permet à la main-d’œuvre d’être plus résiliente, compétente et inclusive. |
| 4.6. | Afin de mieux promouvoir l’intégration systémique de la durabilité dans l’éducation et la formation en Europe, il est nécessaire de favoriser la coopération transfrontière, la mobilité des étudiants et des enseignants, ainsi que l’échange de bonnes pratiques. Pour ce faire, il sera important de promouvoir les synergies entre les écoles, les entreprises et les centres de recherche, en renforçant les spécificités régionales et en contribuant au développement de véritables écosystèmes locaux de formation capables de relier l’éducation, l’innovation et l’inclusion sociale (16). |
| 4.7. | Le programme Erasmus+ joue un rôle crucial dans le soutien à la transformation écologique et numérique de l’EFP dans toute l’Europe. Grâce à des mesures stratégiques telles que la création de centres d’excellence professionnelle (CEP), des partenariats en faveur de la coopération au titre de l’action clé no 2 (AC 2) (17) et des projets de mobilité pour les apprenants et les enseignants, Erasmus+ favorise la collaboration transfrontière, l’innovation dans les programmes d’études et l’échange de bonnes pratiques. Il est essentiel qu’Erasmus+ continue d’être fortement soutenu et financé de manière adéquate au cours de la prochaine période de programmation, afin de veiller à ce que son incidence positive ne soit pas compromise. |
| 4.8. | Comme le consacre le principe 1 du socle européen des droits sociaux, toute personne a droit à un apprentissage tout au long de la vie inclusif et de qualité afin d’acquérir et de maintenir des compétences lui permettant de participer pleinement à la société et de gérer sans heurts les transitions sur le marché du travail. Cette mesure implique d’adopter des programmes de mise à jour continue pour les enseignants et formateurs de la formation professionnelle, en mettant l’accent sur des méthodes d’enseignement innovantes et des contenus actualisés (18). En outre, il est essentiel d’encourager la reconnaissance des compétences acquises dans des contextes non formels et informels au moyen de systèmes transparents de validation et de certification, et de la rendre accessible à tous les travailleurs. L’organisation d’entretiens de carrière entre employeurs et salariés serait l’occasion de partager un plan de développement professionnel, dans le but d’aligner les aspirations des salariés en matière de développement professionnel sur les besoins de leur entreprise s’agissant des compétences. |
| 4.9. | L’EFP devrait être accessible aux travailleurs tout au long de leur carrière, et comprendre des outils d’orientation et des évaluations des compétences. La reconnaissance de l’investissement dans le capital humain doit devenir un levier stratégique pour la compétitivité et la cohésion sociale. Les systèmes de formation en entreprise (qu’ils soient organisés en interne ou en externe, en ligne ou sur site) nécessitent un cadre défini et une traçabilité pour être efficaces. Il s’impose de disposer d’une approche européenne commune pour évaluer les effets des formations et diffuser les bonnes pratiques. Cette approche devrait notamment être établie au moyen du dialogue social et de la négociation collective conformément aux pratiques nationales, et pourrait comprendre des dispositions spécifiques sur des compétences stratégiques. Les systèmes d’EFP doivent être adaptés aux besoins des entreprises et la formation sur le lieu de travail doit devenir un outil essentiel pour développer de nouvelles compétences numériques et vertes. Des informations claires, un suivi de la qualité et une traçabilité sont essentiels pour garantir l’accès et l’efficacité. |
| 4.10. | Renforcer l’éducation à la citoyenneté écologique, établir des liens entre le contenu et les expériences locales concrètes, et adopter des méthodes interdisciplinaires seront autant d’éléments déterminants pour une véritable internalisation des principes de durabilité. L’éducation à la durabilité devrait commencer dès la petite enfance afin de favoriser une bonne compréhension des responsabilités écologiques et civiques. Une synergie totale entre les systèmes d’éducation formelle, non formelle et informelle renforcera également la participation civique, l’apprentissage par la pratique et l’éducation par les pairs. |
| 4.11. | L’intelligence artificielle (IA) peut être un puissant allié pour adapter l’EFP aux besoins découlant de la transition écologique et rendre ce secteur plus réactif aux rapides évolutions technologiques et réglementaires (19). Elle peut contribuer à prédire les besoins de formation émergents, à mettre rapidement à jour les programmes d’études et à personnaliser les parcours d’apprentissage. Toutefois, sa mise en œuvre exige que les établissements d’enseignement l’utilisent d’une façon éthique, équitable, et durable, qui soit axée sur le développement, et que les enseignants et formateurs de l’EFP disposent de compétences à jour, notamment s’agissant d’intégrer l’IA dans leurs cours. En outre, l’ensemble des programmes d’EFP et des professions devraient inclure un module spécifique consacré aux compétences vertes et numériques, afin de garantir que les travailleurs soient pleinement préparés à l’évolution des exigences du marché du travail. Pour y parvenir, des outils technologiques adéquats doivent être mis à la disposition des apprenants comme des enseignants. |
| 4.12. | Les éventuels obstacles à la formation dans les entreprises devraient être réexaminés, en particulier pour les PME (obstacles financiers, psychologiques et organisationnels, remplacement des salariés qui suivent des formations, etc.). Pour les petites entreprises, l’objectif consiste à éviter de perturber leur organisation et d’entraîner une perte de chiffre d’affaires induite par la difficulté de remplacer les salariés en formation. Pour les salariés, le sentiment de devoir retourner à l’«école» constitue un obstacle psychologique majeur qui nécessite des méthodes pédagogiques appropriées. |
Le CESE, ainsi que les organisations de la société civile (y compris les organisations de défense de l’environnement et de jeunesse) aux niveaux national et local peuvent jouer un rôle décisif pour contribuer à promouvoir une transition écologique plus juste, plus inclusive et plus participative.
Bruxelles, le 18 septembre 2025.
Le président
du Comité économique et social européen
Oliver RÖPKE
(2) https://www.cedefop.europa.eu/it/publications/4213.
(3) Rapport 2024 sur l’évolution de l’emploi et de la situation sociale en Europe — Direction générale de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion (DG EMPL) (en anglais uniquement).
(4) https://www.weforum.org/stories/2023/05/europe-green-skills-solar-wind/.
(5) Avis du Comité économique et social européen — Comment l’apprentissage et les dispositifs de formation en alternance peuvent soutenir les compétences attendues des entreprises face aux défis de la transformation numérique et écologique (avis d’initiative) (JO C, C/2026/11, 16.1.2026, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/11/oj).
(6) OCDE/Cedefop (2014), «Greener Skills and Jobs», Études de l’OCDE sur la croissance verte, Éditions OCDE.
(7) Recommandation du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2009 relative à l'établissement d'un cadre européen de référence pour l'assurance de la qualité dans l'enseignement et la formation professionnels (JO C 155 du 8.7.2009, p. 1), https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32009H0708(01) et Recommandation du Conseil du 24 novembre 2020 en matière d’enseignement et de formation professionnels (EFP) en faveur de la compétitivité durable, de l’équité sociale et de la résilience (JO C 417 du 2.12.2020, p. 1), https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:32020H1202(01).
(8) «Stratégie européenne en matière de compétences en faveur de la compétitivité durable, de l’équité sociale et de la résilience», Commission européenne (2020) et «Empowering adults through upskilling and reskilling pathways», Cedefop (2023).
(9) «The future of vocational education and training in Europe», Cedefop (2023).
(10) https://eures.europa.eu/green-transition-transforming-jobs-are-you-ready-2024-10-24_fr.
(11) https://www.cedefop.europa.eu/en/tools/vet-in-europe/systems/denmark-u3.
(13) «Assessing and Anticipating Skills for the Green Transition», OCDE, 2023.
(14) https://www.eesc.europa.eu/fr/our-work/opinions-information-reports/opinions/les-services-professionnels-dans-la-transition-ecologique.
(15) Fonds social européen plus, NextGenerationEU et InvestEU.
(16) Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions intitulée «Stratégie européenne en matière de compétences en faveur de la compétitivité durable, de l’équité sociale et de la résilience» [COM(2020) 274 final] et la proposition de recommandation du Conseil en matière d’enseignement et de formation professionnels (EFP) en faveur de la compétitivité durable, de l’équité sociale et de la résilience [COM(2020) 275 final] ( JO C 10 du 11.1.2021, p. 40).
(17) https://erasmus-plus.ec.europa.eu/fr/programme-guide/part-b/key-action-2.
(18) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Éducation et formation des adultes» (Avis exploratoire à la demande de la présidence slovène) ( JO C 374 du 16.9.2021, p. 16).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/23/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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