Avis du Comité économique et social européen — Un nouveau pacte pour la Méditerranée (avis exploratoire)
| CELEX | 52025AE1275 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 18 septembre 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/28 | 16.1.2026 |
Avis du Comité économique et social européen
Un nouveau pacte pour la Méditerranée
(avis exploratoire)
(C/2026/28)
Rapporteur:
Thomas WAGNSONNERCorapporteure:
Lidija PAVIĆ-ROGOŠIĆ| Conseillers | Karol ZABAWA (pour le rapporteur, groupe II) Rim FILALI MEKNASSI (pour la corapporteure, groupe III) Maria GAVOUNELI (pour le groupe I) |
| Saisine du Comité par la | Commission européenne, 20.3.2025 |
| Base juridique | Article 52, paragraphe 2, du règlement intérieur |
| Compétence | Relations extérieures |
| Adoption en section | 9.7.2025 |
| Adoption en session plénière | 18.9.2025 |
| Session plénière no | 599 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 160/1/2 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | La région méditerranéenne est une zone stratégique pour l’Union européenne (UE), non seulement pour des raisons géopolitiques, mais aussi compte tenu des importantes possibilités économiques, culturelles et de développement qu’elle offre en matière de coopération et dans l’intérêt mutuel de l’ensemble de la population euro-méditerranéenne. |
| 1.2. | Le Comité économique et social européen (CESE) attend du nouveau pacte pour la Méditerranée (ci-après le «pacte») qu’il promeuve activement la paix, la démocratie, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, l’état de droit, l’égalité d’accès à la justice, la prospérité et la stabilité inclusives, les espaces civiques et les droits de l’homme et des travailleurs, et qu’il favorise le respect du droit humanitaire international. Le CESE soutient également fermement le renouvellement du multilatéralisme dans les relations politiques et commerciales et met en relief la possibilité de conclure, dans un contexte multilatéral, des accords bilatéraux qui devraient mettre l’accent, entre autres, sur le potentiel croissant pour l’esprit d’entreprise. |
| 1.3. | Le CESE considère le pacte comme un nouveau modèle de développement, assorti de partenariats partagés et de débouchés commerciaux susceptibles de générer de la croissance économique et de l’innovation, et offrant des emplois et des perspectives de qualité, en particulier pour les jeunes et les femmes, qui œuvrent activement au développement de sociétés inclusives et socialement stables. Le CESE souhaite donc devenir un partenaire institutionnel à part entière dans ce processus. Il invite également la Commission européenne à envisager de transformer l’actuel comité de suivi Euromed du CESE en un organe inclusif composé de membres issus des pays partenaires, qui jouera un rôle clé dans le suivi et l’évaluation du pacte. |
| 1.4. | Le CESE demande que le pacte soit accompagné d’évaluations des politiques et stratégies antérieures qui seront réalisées par la Commission. |
| 1.5. | Le CESE souligne que le suivi et l’évaluation du pacte doivent être participatifs dès le départ, et qu’il convient de veiller à ce que les organisations de la société civile (OSC) et les partenaires sociaux jouent un rôle actif dans l’élaboration des indicateurs, la vérification des données et l’interprétation des conclusions, et qu’ils soient consultés en ce qui concerne la mise en œuvre. |
| 1.6. | Le CESE plaide pour que le pacte prévoie un soutien ciblé aux mécanismes et organisations de dialogue social et civil. Il demande en outre de renforcer et de garantir le rôle que jouent, au sein du pacte, les conseils économiques et sociaux (CES) et les organes similaires de la région euro-méditerranéenne, notamment le Conseil méditerranéen de la jeunesse, et soutient la création de tels conseils et organes dans les pays qui ne disposent pas de pareilles structures. |
| 1.7. | Le CESE souligne qu’il importe d’inclure et de soutenir, dans les processus formels de prise de décision, la voix des personnes et groupes non traditionnels et marginalisés. Il fait observer qu’il n’existe actuellement aucune perspective de genre rationalisée dans le discours concernant le pacte et met en relief le rôle des jeunes dans son élaboration conjointe. |
| 1.8. | Les conflits internes et régionaux sont une réalité dans la région. Le CESE insiste sur le rôle que joueront le pacte et la future stratégie de l’UE pour le Proche-Orient pour ce qui est de refondre l’approche de l’Union en matière de résolution des conflits et de reconstruction après un conflit, laquelle peut servir de fondement à des politiques inclusives sur le plan social. Les OSC et les partenaires sociaux doivent participer à l’élaboration de ces stratégies. |
| 1.9. | Le CESE fait valoir qu’il convient de disposer d’une approche différenciée de la migration de la main-d’œuvre, qui sépare ce sujet des questions de sécurité. Il demande également que les cadres actuels et futurs adoptent une approche équilibrée qui tienne dûment compte des risques et des avantages pour l’UE et les pays partenaires (1). |
| 1.10. | Le CESE plaide en faveur d’investissements ciblés dans les projets d’infrastructure, ce qui nécessite un cadre financier interrégional équitable et inclusif. À l’heure actuelle, la coopération entre les grandes banques de développement et les autres bailleurs de fonds est entachée par une fragmentation et une coordination inadéquate. La mise en place d’un mécanisme formel de coordination des investissements, tel qu’une banque ou un fonds d’investissement régional associant activement tous les pays partenaires et la société civile, faciliterait la mobilisation de ressources et le financement de projets d’infrastructure clés et favoriserait une croissance inclusive et verte. |
| 1.11. | L’entrepreneuriat reste essentiel pour le développement durable de la région méditerranéenne. Les micro, petites et moyennes entreprises (MPME), qui constituent l’épine dorsale du développement économique et social dans l’ensemble de la région, ont besoin d’un soutien pour renforcer leurs capacités dans le cadre de l’économie numérique et pouvoir bénéficier de la connectivité de l’énergie et des infrastructures, tant dans les corridors Nord-Sud que Sud-Sud (2). |
| 1.12. | Le CESE souligne que le pacte est susceptible d’approfondir les relations commerciales avec les pays partenaires et d’établir une zone euro-méditerranéenne de libre-échange. Il convient de relancer les négociations sur une nouvelle génération d’accords commerciaux. Le CESE considère qu’il est impératif que ces négociations prévoient des chapitres relatifs au développement durable, une gestion conjointe de la mobilité et un suivi par la société civile organisée par l’intermédiaire de groupes consultatifs internes (GCI). |
| 1.13. | Les outils de l’Union tels qu’Erasmus+ et Interreg doivent introduire des lignes de financement spécifiques pour la société civile, en tenant compte des circonstances locales particulières lors de l’élaboration des critères d’éligibilité, et assortir ces lignes de demandes simplifiées et d’options de financement à long terme. Il s’impose également de mettre à profit les mécanismes de réaffectation des fonds qui ont été mis en œuvre avec succès dans les Balkans occidentaux (Fonds pour les Balkans occidentaux et pôle régional de développement de la société civile), afin d’améliorer l’accès au financement. |
| 1.14. | Le CESE plaide en faveur de mécanismes de participation à l’échelle locale tels que des forums régionaux et des incubateurs de la société civile rurale, ainsi que de subventions simplifiées pour les vrais acteurs de terrain. Afin de promouvoir la cohésion territoriale, il préconise que des mesures d’incitation soient prises en faveur de la collaboration entre les zones urbaines et rurales dans des domaines tels que l’alimentation, l’énergie et la mobilité, et que ces mesures soient soutenues par un financement ciblé en faveur des zones rurales, en s’appuyant sur des modèles tels que l’approche «LEADER/développement local participatif» de l’UE. |
| 1.15. | Le CESE fait observer qu’une fois intégrés dans les systèmes d’éducation formelle, le renforcement des capacités et l’éducation civique jouent un rôle déterminant pour ce qui est d’accroître la gouvernance participative et la promotion des politiques. L’éducation non formelle joue un rôle crucial et devrait être soutenue. |
| 1.16. | Le présent avis a été élaboré en collaboration avec des représentants de la jeunesse (Pablo Pastor Vidal, Abdullatif Sleibi, Layal Beyhum). Le CESE recommande d’associer les jeunes à toutes les étapes du processus d’élaboration des politiques, de la prise des décisions jusqu’à leur mise en œuvre et leur évaluation. À chacune de ces étapes, il est capital de mettre en place des mécanismes robustes de suivi, de retour d’information et de reddition de comptes (3). Le rôle des jeunes, notamment issus de différents milieux socio-économiques et contextes régionaux, dans l’élaboration conjointe du pacte est essentiel pour garantir une participation inclusive et remédier aux difficultés qu’ils éprouvent à participer aux processus décisionnels. |
| 1.17. | Le CESE préconise de soutenir l’élargissement de l’Union des universités de la Méditerranée (UNIMED) à tous les pays de la région euro-méditerranéenne et de créer des outils financiers pour appuyer ce processus et favoriser les capacités de rotation des étudiants et des chercheurs. |
| 1.18. | Le CESE accueille favorablement le plan arabe de redressement et de reconstruction de Gaza présenté le 4 mars 2025 et invite la Commission à aligner les financements de l’UE sur celui-ci, ainsi qu’à plaider pour que la société civile palestinienne soit associée en tant que partenaire à part entière à l’élaboration, à la mise en œuvre et au suivi de ce plan dans le cadre du pacte. |
| 1.19. | Le pacte devrait s’appuyer sur le processus de Naples pour la collaboration culturelle en Europe et élaborer des stratégies communes afin de protéger et de renforcer la culture en tant que bien commun pour la région et outil important pour les relations extérieures de l’Union. Le CESE soutient le lancement d’un fonds culturel euro-méditerranéen correspondant. |
2. Thèmes abordés et objectifs
| 2.1. | Le pacte, tel que décrit dans les communications et discours officiels de l’UE (4), vise à établir un cadre stratégique centré sur les personnes, en vue d’approfondir la coopération entre l’Union et les pays du sud de la Méditerranée. Son objectif est de faire face à l’évolution des circonstances géopolitiques grâce à un engagement politique et des partenariats plus solides, en mettant l’accent sur des priorités communes. Il inclura les dix pays du voisinage méridional. Le CESE se félicite des principaux domaines d’action mentionnés dans le document d’orientation, à savoir «l’énergie, les technologies propres, la résilience dans le domaine de l’eau, la préparation au changement climatique, l’agriculture, le commerce et les investissements, ainsi que les minéraux de terres rares, la gestion des migrations, le développement des talents, des compétences et des emplois, la mobilité, l’enseignement supérieur, la culture, le sport, la connectivité numérique et en matière de transports (dont les ports), la sécurité et la défense». |
| 2.2. | Le pacte devrait se fonder sur la communication conjointe intitulée «Un partenariat renouvelé avec le voisinage méridional — Un nouveau programme pour la Méditerranée » et le plan économique et d’investissement qui l’accompagne, publiés en février 2021. Le CESE a adopté l’avis correspondant sur le thème «Un nouveau programme pour la Méditerranée (5)» en juillet 2021 et réaffirme que les recommandations qui y sont formulées devraient être intégrées dans le nouveau pacte. |
| 2.3. | Le CESE a adopté plusieurs avis (6) concernant la région euro-méditerranéenne (voir annexe) et souligne l’importance de les intégrer dans le pacte et d’autres stratégies pertinentes (par exemple, la stratégie méditerranéenne pour le développement durable 2016-2025). |
| 2.4. | Les dernières déclarations ministérielles adoptées par les États membres de l’Union pour la Méditerranée (UpM) dans des domaines tels que l’environnement, le climat, l’énergie, l’économie bleue, le développement urbain durable, l’emploi, le travail et l’autonomisation des femmes demeurent des stratégies régionales clés sur lesquelles le pacte doit s’aligner. |
3. Observations générales
Gouvernance et démocratie
| 3.1. | Le CESE reconnaît les efforts entrepris par la Commission pour élaborer le pacte et souligne qu’il importe de le fonder sur la communication intitulée «Un partenariat renouvelé avec le voisinage méridional — Un nouveau programme pour la Méditerranée». Le CESE attend du pacte qu’il promeuve activement la paix, la démocratie, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, l’état de droit, l’égalité d’accès à la justice, la compétitivité, la croissance et la prospérité inclusives, les espaces civiques et les droits de l’homme et des travailleurs, et qu’il favorise le respect du droit humanitaire international et le rôle des Nations unies dans la région. L’accès aux fonds pour toute initiative incluse dans le pacte doit être subordonné au respect de ces engagements. |
| 3.2. | Afin d’assurer la cohérence et de faciliter le recensement des enseignements tirés, il est essentiel d’évaluer les politiques antérieures et les raisons de l’échec des précédents accords concernant une stratégie globale pour la Méditerranée. Cette évaluation devrait être résumée dans un rapport qui sera publié parallèlement au pacte. Le CESE invite la société civile (OSC et partenaires sociaux) à jouer un rôle dans l’élaboration de ce rapport, ainsi que dans la mise au point de mesures de suivi et d’évaluation. Ces mesures comprendront des critères de référence explicites, des dotations budgétaires et des évaluations régulières, et elles devront être incluses dans les futurs accords de partenariat bilatéraux. Il s’impose que les rapports sur les résultats élaborés par des mécanismes et des organismes d’évaluation indépendants formulent des recommandations sur la base desquelles les instances de gouvernance du pacte seront tenues d’agir dans un délai précis. |
| 3.3. | Le CESE reconnaît le défi que représente la disponibilité de données fiables, en particulier dans les pays partenaires, et invite la Commission à soutenir les efforts en matière de collecte de données exhaustives dans toute la région. En outre, le Comité plaide en faveur de la création d’outils analytiques avancés reposant sur des données solides afin de fournir une base pour les mesures stratégiques et les projets déployés dans le cadre du pacte. Soulignant le potentiel de transformation que recèle la technologie, le CESE invite instamment la Commission à envisager l’intégration et le développement d’outils d’IA et d’applications de mégadonnées pour améliorer l’analyse des données et la prise de décision afin de parvenir à des solutions politiques plus précises, plus adaptatives et plus efficaces dans la région. |
| 3.4. | Le CESE exprime son soutien au processus consultatif entrepris, en soulignant qu’il importe de disposer d’approches ascendantes (locales et innovantes) et d’associer la société civile, dans l’Union et les pays partenaires, en tant que partenaire stratégique du nouveau pacte. Toutefois, le processus manque d’une approche claire, de transparence et de méthode. La société civile doit être reconnue comme co-autrice du pacte et responsable de sa mise en œuvre, ce qui contribuera à établir l’approche du pacte en tant que partenariat d’égal à égal entre l’Union et les pays partenaires. |
| 3.5. | Les OSC et les partenaires sociaux doivent être associés aux mécanismes de protection de l’UE, étant donné que ces groupes mènent des réformes fondées sur les droits, notamment des initiatives en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, et qu’ils doivent être habilités à assurer le suivi des violations. Le CESE plaide en faveur de la création d’un fonds pour les organisations et les personnes à risque, qui offre un soutien juridique et financier ainsi qu’une aide à la relocalisation. |
Cadre institutionnel
| 3.6. | Les processus de dialogue social et civil constituent une pierre angulaire de la participation démocratique. Toutefois, les OSC et les organisations de partenaires sociaux éprouvent des difficultés à prendre part aux processus décisionnels. Le CESE plaide pour que le pacte prévoie un soutien ciblé aux mécanismes et organisations de dialogue social et civil, en particulier dans les situations où des obstacles structurels empêchent une participation effective. Ce soutien garantira des processus démocratiques allant au-delà des élections et fondés, dans la pratique, sur les libertés civiques, sur les normes internationales en matière de droits de l’homme et de droits des travailleurs, ainsi que sur l’accès inclusif à l’information et aux possibilités. |
| 3.7. | Le dialogue social est essentiel à l’élaboration des politiques économiques, sociales et du travail, ainsi qu’à la promotion de la résilience, de la compétitivité et d’une croissance inclusive. Le CESE plaide en faveur de la mise en œuvre des principales conventions de l’OIT (C098, C135, C087 et C154), ce qui renforcera le dialogue bipartite et tripartite et garantira ainsi la justice sociale et économique. |
| 3.8. | Le dialogue civil entre les OSC et avec les gouvernements est essentiel au pacte, car il favorise la confiance, la coopération et le développement durable. Il garantit que des voix diverses sont entendues, soutient l’autonomisation au niveau local et promeut des solutions pacifiques et inclusives. |
| 3.9. | Les CES et organes similaires (par exemple, le Conseil méditerranéen de la jeunesse) de la région euro-méditerranéenne sont des plateformes stables de dialogue politique et jouent un rôle crucial dans la promotion d’une élaboration inclusive et durable des politiques. Ils sont susceptibles de stimuler l’action environnementale, climatique et sociale sur le terrain, sont des partenaires essentiels dans les initiatives qui font progresser les objectifs de développement durable (ODD) et soutiennent la transition juste vers des sociétés et des économies inclusives. Le CESE demande que le rôle des CES soit renforcé et garanti dans le cadre du nouveau pacte et appelle à soutenir la création de CES et d’organes similaires dans les pays qui ne disposent pas de telles structures. |
Mobilité
| 3.10. | Le CESE met en relief l’importance d’encourager la collaboration interrégionale de la société civile. Cette collaboration devrait aller au-delà de l’assistance technique Nord-Sud conventionnelle, afin d’intégrer dans le nouveau pacte les collaborations régionales, Sud-Sud et triangulaires. À cet égard, l’une des possibilités qui se présentent consiste à donner aux communautés de la diaspora les moyens de diriger ou de codiriger des initiatives avec leurs pays d’origine et d’agir ainsi en tant qu’ambassadrices d’une plus grande intégration et d’une meilleure coopération. |
| 3.11. | Le CESE reconnaît que la société civile du sud de la Méditerranée, les médias indépendants et la mobilité des jeunes dans l’ensemble de la région méditerranéenne sont indispensables pour renforcer la compréhension mutuelle, la confiance et la coopération, et il souligne que les politiques restrictives en matière de visas restent un obstacle majeur. La stratégie annoncée par l’UE en matière de visas devrait être l’occasion d’envisager un cadre juridique complet soutenant la collaboration à long terme, les visites récurrentes et les échanges Sud-Sud-Nord, ainsi que l’amélioration de la mobilité des jeunes. |
| 3.12. | Les conflits internes et régionaux sont une réalité dans la région. Il est essentiel d’adopter une approche au cas par cas lorsqu’il s’agit de s’attaquer activement aux causes profondes des déplacements forcés, en résolvant les conflits et en relevant les défis socio-économiques. Le CESE souligne le rôle que joueront le pacte et la future stratégie de l’UE pour le Proche-Orient dans la refonte de l’approche de l’Union en matière de résolution des conflits et de reconstruction après un conflit. La société civile doit être activement associée à l’élaboration de ces stratégies et son rôle doit être élargi étant donné qu’elle se trouve en première ligne dans ces situations. En outre, la création d’un fonds supervisé par la société civile et destiné au renforcement des capacités des garde-côtes méditerranéens dans le cadre de patrouilles communes et d’opérations de recherche, de sauvetage et de lutte contre la traite des êtres humains contribuerait à faire respecter les droits de l’homme. |
| 3.13. | Les financements destinés à améliorer les voies de migration légale ou à lutter contre l’immigration clandestine doivent reposer sur des exigences strictes. Le CESE invite la Commission à veiller à ce que le pacte assure une obligation de rendre des comptes effective à l’égard de ces fonds et mette en œuvre des mesures solides visant à prévenir leur mauvaise gestion, en particulier de la part des pays de première entrée et des pays d’origine. Il est essentiel de donner les moyens d’agir à la société civile locale, y compris les syndicats, et de lui fournir les outils et l’accès nécessaires au suivi et à l’évaluation des fonds et des politiques en matière de migration. |
| 3.14. | Les déplacements fondés uniquement sur des causes environnementales ne constituent pas des motifs d’asile ou de protection internationale. Compte tenu de la contribution historique des États membres de l’Union à la crise climatique, il convient que ceux-ci fournissent une protection juridique aux personnes déplacées en raison de causes environnementales. Le CESE recommande que ces causes soient incluses dans le champ d’application de la directive relative à la protection temporaire. |
| 3.15. | Le CESE fait valoir qu’il convient de disposer, en ce qui concerne la migration et la mobilité de la main-d’œuvre, d’une approche différenciée qui sépare ce sujet des questions de sécurité. Il demande également que les cadres actuels et futurs adoptent une approche équilibrée qui tienne dûment compte des risques et des avantages pour les deux parties. Il s’agit notamment d’atténuer le risque de fuite des cerveaux, de mettre en œuvre des systèmes de réintégration qui fonctionnent correctement dans le cadre de programmes efficaces de «circulation des cerveaux», de préserver l’égalité des droits pour les travailleurs migrants issus de pays tiers à tous les niveaux de compétences, de garantir des procédures de recrutement équitables et éthiques, et d’offrir une protection solide aux groupes vulnérables. |
Cohésion sociale et inclusion
| 3.16. | Le CESE fait observer qu’il n’existe actuellement aucune perspective de genre rationalisée dans le discours concernant le pacte. Le CESE souligne qu’il importe d’inclure et de soutenir la voix des personnes et groupes non traditionnels et marginalisés, tels que les organisations de jeunesse, les collectifs féministes, les réseaux LGBTIQ+, les personnes handicapées, les migrants en situation de vulnérabilité et les minorités ethniques et religieuses. Ces groupes se trouvent réprimés et exclus des processus décisionnels formels. En outre, la mise à disposition d’espaces indépendants garantirait leur protection et leur sécurité lorsqu’ils effectuent des activités de contrôle et de vigilance. |
| 3.17. | Le CESE demande que l’accent soit mis sur les investissements dans la cohésion sociale, l’inclusion, la gouvernance participative et l’innovation sociale, en particulier dans les zones fragiles ou mal desservies. En soutenant les acteurs de l’économie sociale tels que les entreprises sociales, les coopératives sociales, les initiatives locales et les prestataires de services publics communautaires, le pacte peut contribuer à autonomiser les femmes, les jeunes et les communautés marginalisées tout en promouvant l’emploi décent. |
| 3.18. | Le rôle des jeunes dans l’élaboration conjointe du pacte est essentiel pour garantir une participation inclusive et remédier aux difficultés qu’ils éprouvent à participer aux processus décisionnels. Le CESE se félicite des efforts visant à associer les jeunes aux processus de consultation et demande des actions et des objectifs plus concrets afin d’éviter les mesures purement symboliques et la cooptation élitiste. Il y a lieu, en particulier, d’associer des jeunes issus de différents milieux socio-économiques et contextes régionaux, ainsi que de faire suivre et évaluer les résultats des consultations et des propositions par des organismes indépendants, afin de garantir le respect de l’obligation de rendre des comptes. |
| 3.19. | Le présent avis a été élaboré de concert avec des représentants de la jeunesse. Le CESE recommande d’associer les jeunes à toutes les étapes du processus d’élaboration des politiques, de la prise des décisions jusqu’à leur mise en œuvre et leur évaluation. À chacune de ces étapes, il est capital de mettre en place des mécanismes robustes de suivi, de retour d’information et de reddition de comptes. |
4. Observations spécifiques
Participation de la société civile
| 4.1. | Le CESE fait valoir qu’il est nécessaire que tous les acteurs sociaux concernés, les partenaires sociaux et les OSC de l’Union et des pays partenaires soient associés au pacte sur une base structurée et permanente, en allant au-delà des consultations ad hoc vers une participation institutionnalisée à tous les niveaux de gouvernance. Il s’agit notamment de prévoir un organe directeur ou consultatif permanent, une représentation au sein des groupes de travail et des comités d’évaluation des projets, ainsi qu’une représentation garantie lors de manifestations officielles et des mécanismes de suivi établis. Le CESE invite également la Commission à envisager de transformer l’actuel comité de suivi Euromed du CESE en un organe inclusif composé de membres issus des pays partenaires, qui jouera un rôle dans le suivi et l’évaluation du pacte. |
| 4.2. | Le CESE insiste pour que la participation de la société civile soit intégrée dans le processus politique formel. Cette mesure s’applique en particulier à la participation des jeunes et à leur intégration dans les principaux processus et débats politiques. De plus, le Comité met en relief la nécessité de mener des consultations sur le terrain des deux parties avant les réunions politiques de haut niveau, et ainsi d’empêcher les approches purement descendantes. |
| 4.3. | Le CESE souligne que le suivi et l’évaluation doivent être participatifs dès le départ, et qu’il convient de veiller à ce que la société civile s’emploie activement à élaborer les indicateurs, vérifier les données et interpréter les conclusions, et qu’elle soit consultée en ce qui concerne la mise en œuvre. Il fait remarquer qu’il est nécessaire de mettre en place ces processus lors du lancement du pacte, afin de garantir un engagement significatif. Le CESE demande la création de voies de retour innovantes, y compris des évaluations indépendantes et des rapports parallèles, pour fournir des informations complémentaires et garantir le respect des droits de l’homme et des droits des travailleurs. |
Entreprises, investissements et échanges commerciaux
| 4.4. | Le CESE plaide en faveur d’investissements ciblés dans les projets d’infrastructure tels que le corridor économique Inde — Moyen-Orient — Europe (IMEC), afin notamment de mettre en place un gazoduc acheminant de l’hydrogène d’origine renouvelable et des dérivés, reliant l’Afrique du Nord, le Golfe et l’Europe, aux côtés de plateformes de traitement de l’ammoniac à Oman ou en Égypte, sous la gouvernance commune de l’Union européenne et du Conseil de coopération du Golfe, ou de mener des projets conjoints dans le domaine du dessalement et des énergies renouvelables sur les côtes de la Méditerranée orientale et de l’Afrique du Nord. La production d’énergie renouvelable, grâce au photovoltaïque, à l’éolien ou à l’hydrogène, et les réseaux énergétiques connexes pourraient apporter des avantages remarquables à la région. La gestion durable de l’eau et le développement d’infrastructures d’approvisionnement en eau offrent d’excellentes possibilités de coopération et présentent un important facteur d’incidence bénéfique pour les femmes et les filles. L’agriculture et le tourisme durables pourraient très bien créer un écosystème de développement dans les domaines de l’hébergement et de l’alimentation, ainsi que de la production et de l’offre d’artisanat et de produits traditionnels. Le CESE fait observer que, l’adaptation au changement climatique et la sécurité alimentaire étant au cœur du pacte, il convient d’en renforcer l’accès en milieu rural au moyen de ressources et de financements spécifiques, en favorisant la connectivité, entre autres priorités. |
| 4.5. | Les projets et les investissements ciblés soutenant la transition écologique et juste ainsi que le développement économique durable à long terme apportant une valeur ajoutée aux communautés locales nécessitent un cadre financier interrégional équitable et inclusif. La coopération actuelle entre les grandes banques de développement (Banque européenne d’investissement, Banque européenne pour la reconstruction et le développement, Banque mondiale, Banque islamique de développement) et les autres bailleurs de fonds (Fonds monétaire international, agences des Nations unies, etc.) est entachée par une fragmentation et une coordination inadéquate, l’intégration des intérêts des pays partenaires et leur représentation équilibrée ne faisant pas l’objet d’une attention cohérente. La mise en place d’un mécanisme formel de coordination des investissements, tel qu’une banque ou un fonds d’investissement régional associant activement les pays partenaires et la société civile, faciliterait la mobilisation de ressources pour des projets d’infrastructure clés et favoriserait une croissance inclusive et verte. |
| 4.6. | L’entrepreneuriat reste essentiel pour le développement durable de la région méditerranéenne. Les MPME, qui constituent l’épine dorsale du développement économique dans l’ensemble de la région, ont besoin d’un soutien pour renforcer les capacités de l’économie numérique et s’appuyer sur la connectivité de l’énergie et des infrastructures, tant dans les corridors Nord-Sud que Sud-Sud. Les projets de partenariat tels qu’EBSOMED et la stratégie «Global Gateway» de l’UE sont des outils importants pour aider les entreprises à se développer et à réussir dans la région et au-delà. |
| 4.7. | Le CESE réclame l’adoption dans le cadre du pacte de mesures stratégiques visant à favoriser le développement et le maintien en activité des entreprises locales de premier plan, en particulier pendant leurs phases critiques d’expansion. Afin de renforcer les entreprises dirigées par des jeunes, le Comité propose de concevoir un train de mesures de soutien aux «scale-up» qui étende l’incubation au-delà de la phase d’amorçage, en proposant des subventions en phase de croissance, un mentorat et des services régionaux d’entrée sur le marché. En outre, il recommande que soit lancée une plateforme de préparation pour les MPME dans le cadre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). En partenariat avec les organismes professionnels de l’Union, cette initiative offrirait une formation technique, une coordination des subventions et une feuille de route claire pour le déploiement du MACF, en veillant à ce que les MPME soient bien préparées à suivre l’évolution du paysage réglementaire. |
| 4.8. | Le CESE constate que, malgré l’engagement visant à approfondir les relations commerciales avec les pays partenaires et à mettre en place une zone de libre-échange euro-méditerranéenne, les négociations sur une nouvelle génération d’accords de libre-échange (ALE) tels que les accords de libre-échange approfondi et complet n’ont toujours pas été conclues. Il plaide en outre résolument pour que le pacte relance les négociations sur une nouvelle génération d’ALE, qui prévoient des chapitres relatifs au développement durable, une gestion conjointe de la mobilité exploitant les possibilités d’emploi découlant de ces ALE, ainsi qu’un suivi par la société civile organisée par l’intermédiaire de GCI. À tout le moins, le CESE invite instamment la Commission à s’engager en faveur d’une extension des ALE en vigueur lors des négociations au titre du pacte, afin d’y inclure des chapitres relatifs au développement durable, ainsi qu’un mécanisme de suivi similaire aux GCI. Il convient d’envisager avec prudence l’intégration, telle qu’elle est mentionnée dans le document d’orientation, des pays partenaires dans le marché unique européen. |
Développement durable et régional
| 4.9. | Le CESE demande que la société civile soit pleinement associée aux initiatives de l’Équipe Europe susceptibles de contribuer à la définition des priorités, de défendre la transparence, la responsabilité et la collaboration intersectorielle, et de faire en sorte que les politiques répondent aux besoins humains et sociaux. Reconnaissant le succès de structures telles que le Forum de la société civile pour le partenariat oriental et le dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse, le CESE souligne que ces plateformes de participation structurées et bien financées peuvent servir de modèles précieux. |
| 4.10. | Le CESE plaide en faveur d’un soutien accru pour renforcer les échanges commerciaux entre les pays partenaires, en plus de leurs relations commerciales avec l’Union dans le cadre du pacte. Ce soutien proactif est essentiel pour favoriser la stabilité et l’interconnectivité dans l’ensemble de la région, ce qui encouragerait la croissance et la prospérité et permettrait d’attirer les compétences et les investissements. Toutefois, il est indispensable de reconnaître que la paix est le fondement sur lequel repose cette stabilité. Par conséquent, le Comité appelle de ses vœux un cadre général englobant la paix, la sécurité et la stabilité. Cette stabilité non seulement profiterait à la région méditerranéenne, mais elle sous-tendrait également l’autonomie stratégique de l’UE. Pour que cette vision se concrétise, le Comité demande, en plus des accords bilatéraux, la création de plateformes multilatérales solides qui garantissent une coopération qui soit visible pour tous les pays concernés. |
| 4.11. | Les outils de l’Union tels qu’Erasmus+ et Interreg doivent introduire des lignes de financement spécifiques pour la société civile, assorties de critères d’éligibilité souples, de demandes simplifiées et d’options de financement à long terme. Il s’impose également de mettre à profit les mécanismes de réaffectation des fonds qui ont été mis en œuvre avec succès dans les Balkans occidentaux (Fonds pour les Balkans occidentaux et pôle régional de développement de la société civile), afin d’améliorer l’accès au financement. En outre, la mise en place de mécanismes et de programmes d’assistance technique peut aider les acteurs de terrain à obtenir et à gérer des fonds de l’UE. |
| 4.12. | Le CESE insiste sur la nécessité de définir clairement la notion d’emplois et de compétences verts en y incluant les compétences non techniques, en particulier les compétences sociales et émotionnelles, afin de formuler des politiques efficaces et percutantes favorisant la transition écologique dans l’ensemble des économies. Cette transformation ne se limite pas aux changements techniques ou économiques; elle englobe les changements politiques et culturels, ce qui exige de traiter les questions environnementales de manière intersectionnelle. Pour y parvenir, il est urgent d’adopter une vision plus écologique de la société, qui favorise une transformation globale combinant les politiques en matière de compétences, d’énergie et d’emploi. Le Comité préconise de soutenir l’idée selon laquelle le développement économique et les emplois verts décents sont également réalisables dans les pays à revenu faible et intermédiaire. En outre, il invite la Commission à allouer des fonds suffisants au titre du pacte pour faciliter une transition écologique mutuellement bénéfique dans l’ensemble de la région méditerranéenne. |
| 4.13. | Le CESE souligne le rôle clé des collectivités locales, en particulier dans les zones sous-développées. Il préconise également la mise en place de pôles permanents de mise en œuvre dans les pays partenaires, cofinancés par l’Union et gérés conjointement avec la société civile, qui soutiendront les budgets participatifs, les stratégies en matière d’ODD, l’innovation et le suivi. Afin de promouvoir la cohésion territoriale, le CESE préconise que des mesures d’incitation soient prises en faveur de la collaboration entre les zones urbaines et rurales sur des questions telles que l’adaptation au changement climatique, l’alimentation, l’énergie et la mobilité, et que ces mesures soient soutenues par un financement ciblé en faveur des zones rurales, en s’appuyant sur des modèles tels que l’approche «LEADER/développement local participatif» de l’UE. Le CESE préconise la mise en place de pôles permanents de mise en œuvre réunissant l’ensemble des secteurs concernés dans les pays partenaires, afin d’élaborer des budgets participatifs et des stratégies localisées, d’intensifier l’innovation et la coopération, de renforcer les capacités et de soutenir des projets thématiques dans tous les domaines. Dans le même temps, le CESE insiste sur la nécessité d’adapter les mécanismes de participation aux réalités distinctes que connaissent, à l’échelon local, la société civile urbaine et la société civile en milieu rural. Il s’agit notamment de forums régionaux, d’incubateurs de la société civile rurale et de subventions simplifiées pour les acteurs de terrain. |
| 4.14. | Le CESE accueille favorablement le plan arabe de redressement et de reconstruction de Gaza présenté le 4 mars 2025 et invite la Commission à aligner les financements de l’UE sur celui-ci, ainsi qu’à plaider pour que la société civile palestinienne soit associée en tant que partenaire à part entière à l’élaboration, à la mise en œuvre des dispositions et à l’établissement de rapports parallèles indépendants sur toute obstruction de l’aide. |
| 4.15. | La culture joue un rôle central dans la région méditerranéenne et peut servir de base à une coopération stratégique, notamment en ce qui concerne la préservation du patrimoine culturel, l’atténuation des crises climatiques, la reconstruction après un conflit, la création d’emplois, l’innovation dans les secteurs créatifs générant croissance économique et cohésion sociale, les investissements dans les compétences et les entreprises créatives, ainsi que la coopération régionale étroite entre les musées, les universités et les festivals. Le CESE fait valoir que le pacte devrait s’appuyer sur le processus de Naples pour la collaboration culturelle en Europe et élaborer des stratégies communes afin de protéger et de renforcer la culture en tant que bien commun pour la région et outil important pour les relations extérieures de l’Union. En outre, il soutient le lancement d’un fonds culturel euro-méditerranéen correspondant. |
Éducation, formation et emploi
| 4.16. | Le CESE souligne le rôle crucial que jouent le renforcement des capacités et l’éducation civique qu’il convient d’intégrer dans les systèmes d’éducation formelle. Il appelle également de ses vœux des programmes globaux qui dotent la société civile et les collectivités locales d’outils en matière d’obligation de rendre des comptes, en s’appuyant sur des initiatives couronnées de succès, telles que le mécanisme de la société civile pour la Méditerranée, afin de garantir une incidence à long terme. Le CESE met en relief la nécessité de formations modulaires et multilingues, accessibles et ciblant les communautés marginalisées, combinant l’apprentissage en ligne, le mentorat sur le terrain et les échanges entre pairs. |
| 4.17. | La région méditerranéenne est confrontée à des taux de chômage disproportionnés, surtout chez les femmes et les jeunes. La part élevée de travail non déclaré affaiblit les conditions de travail et la protection sociale. Il est impératif que le pacte comprenne des mesures transversales en faveur de l’autonomisation des femmes afin de faciliter leur inclusion sur le marché du travail et de prévenir toute forme de discrimination, de harcèlement et de mauvais traitements tout en libérant leur potentiel grâce au perfectionnement professionnel et à la formation. Les mesures devraient également encourager les femmes à occuper des postes de premier plan en politique, dans les entreprises et dans le secteur civil afin qu’elles soient des modèles. |
| 4.18. | Le CESE demande que la coopération en matière d’éducation dans le cadre du pacte s’étende au-delà de l’enseignement supérieur. Il souligne qu’il s’impose d’apporter un soutien ciblé au renforcement des capacités et à l’enseignement professionnel axés sur les jeunes, qui renforcent les compétences et l’habileté numériques, ainsi qu’à la formation des jeunes sans emploi qui ne suivent ni études ni formation (NEET), des femmes et des personnes handicapées, en garantissant un accès équitable aux possibilités. |
| 4.19. | Le CESE soutient les investissements dans l’habileté numérique qui tiennent compte des besoins variables des différents groupes d’âge. Il souligne également qu’il reste nécessaire de mettre en œuvre des recommandations relatives à des mécanismes efficaces en matière de transition numérique. Il s’agit notamment d’initiatives de formation sur les compétences numériques, de cours qui respectent les lignes directrices de la Fondation européenne pour la formation en matière d’habileté numérique face à la désinformation, ainsi que de projets d’infrastructure et de coopération dans le domaine numérique menés par des organismes tels que l’UpM. |
| 4.20. | L’enseignement non formel joue un rôle crucial dans la région méditerranéenne, en particulier pour l’épanouissement des jeunes, le renforcement des compétences, l’inclusion sociale et l’apprentissage tout au long de la vie, et il convient donc de soutenir en permanence les activités éducatives en dehors de l’enseignement traditionnel. |
| 4.21. | Le CESE souligne qu’il importe de renforcer les structures actuelles dans le domaine de l’enseignement supérieur, telles que l’UNIMED et les deux universités euro-méditerranéennes (au Maroc et en Slovénie) et suggère que la coopération soit étendue. Le CESE préconise de soutenir l’élargissement de l’UNIMED à tous les pays de la région euro-méditerranéenne et de créer des outils financiers pour appuyer cet élargissement et favoriser les capacités de rotation des étudiants et des chercheurs. La mise en place d’un système d’ambassadeurs méditerranéens de la jeunesse renforcerait les échanges systématiques entre les OSC des niveaux scolaire et universitaire. |
Bruxelles, le 18 septembre 2025.
Le président
du Comité économique et social européen
Oliver RÖPKE
(1) Avis du Comité économique et social européen — Favoriser la migration légale et organisée de la main-d’œuvre vers l’Union européenne (avis d’initiative) (JO C, C/2025/4204, 20.8.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/4204/oj).
(2) Avis du Comité économique et social européen — Favoriser une croissance durable et des emplois de qualité dans la région euro-méditerranéenne (avis d’initiative) (JO C, C/2026/19, 16.1.2026, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/19/oj).
(3) Avis du Comité économique et social européen — La participation des jeunes au dialogue social et civil dans la région méditerranéenne (avis d’initiative) (JO C, C/2025/1189, 21.3.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/1189/oj).
(4) Voir la lettre de mission adressée par Ursula von der Leyen à la commissaire à la Méditerranée, le discours prononcé par la commissaire Dubravka Šuica lors du Forum sur l’avenir de la Méditerranée, l’allocution de Mme Šuica à l’occasion de la table ronde organisée dans le cadre des journées d’étude du groupe PPE et le document d’orientation intitulé «Vers le nouveau pacte pour la Méditerranée».
(5) "Avis du Comité économique et social européen sur le thème “Un partenariat renouvelé avec le voisinage méridional — Un nouveau programme pour la Méditerranée” [JOIN(2021) 2 final] (JO C 374 du 16.9.2021, p. 79).
(6) Avis du Comité économique et social européen — Favoriser une croissance durable et des emplois de qualité dans la région euro-méditerranéenne (avis d’initiative) (JO C, C/2026/19, 16.1.2026, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/19/oj); Avis du Comité économique et social européen — Favoriser la migration légale et organisée de la main-d’œuvre vers l’Union européenne (avis d’initiative) (JO C, C/2025/4204, 20.8.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/4204/oj); Avis du Comité économique et social européen — Politique de l’eau: donner les moyens d’agir aux jeunes, aux femmes et aux communautés autochtones et locales (avis d’initiative) (JO C, C/2025/769, 11.2.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/769/oj); Avis du Comité économique et social européen — La participation des jeunes au dialogue social et civil dans la région méditerranéenne (avis d’initiative) (JO C, C/2025/1189, 21.3.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/1189/oj); Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Politiques et stratégies énergétiques dans la région euro-méditerranéenne» (avis d’initiative) (JO C, C/2024/877, 6.2.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/877/oj); Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Transition numérique dans la région euro-méditerranéenne» (avis d’initiative) (JO C 100 du 16.3.2023, p. 68); Avis du Comité économique et social européen sur le thème «La diplomatie culturelle en tant que vecteur des relations extérieures de l’UE — Nouveaux partenariats et rôle des OSC» (avis d’initiative) (JO C 75 du 28.2.2023, p. 122); Avis du Comité économique et social européen sur le thème «COVID-19: le rôle de la société civile dans la reconstruction et la résilience de la région euro-méditerranéenne» (avis d’initiative) (JO C 140 du 21.4.2023, p. 14); rapport d’information du CESE intitulé «Le développement durable dans la région méditerranéenne.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/28/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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