Avis institutionnel52025AE1682

Avis du Comité économique et social européen — Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant les règlements (UE) 2021/694, (UE) 2021/695, (UE) 2021/697, (UE) 2021/1153, (UE) 2023/1525 et (UE) 2024/795 en ce qui concerne l’incitation aux investissements liés à la défense dans le budget de l’UE pour mettre en œuvre le plan ReArm Europe [COM(2025) 188 final — 2025/0103 (COD)]

CELEX52025AE1682
TypeAvis institutionnel
Datejeudi 18 septembre 2025

Résumé IA

Cet avis du Comité économique et social européen (CESE) porte sur la proposition de la Commission visant à modifier plusieurs règlements clés des programmes de financement de l'UE (notamment Horizon Europe, le Fonds européen de la défense et le Mécanisme pour l'interconnexion en Europe) afin d'y intégrer des incitations budgétaires pour les investissements liés à la défense, dans le cadre du plan ReArm Europe. Pour un professionnel du droit français, ce texte examine la compatibilité de ces modifications avec les règles budgétaires et les objectifs des programmes existants, en évaluant l'impact sur la flexibilité des fonds et les conditions de leur réaffectation vers le secteur de la défense. Il s'agit d'un avis consultatif qui influencera le processus législatif, mais qui n'a pas de force contraignante directe.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2026/31

16.1.2026

Avis du Comité économique et social européen

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant les règlements (UE) 2021/694, (UE) 2021/695, (UE) 2021/697, (UE) 2021/1153, (UE) 2023/1525 et (UE) 2024/795 en ce qui concerne l’incitation aux investissements liés à la défense dans le budget de l’UE pour mettre en œuvre le plan «ReArm Europe»

[COM(2025) 188 final — 2025/0103 (COD)]

(C/2026/31)

Rapporteur:

Jacek KRAWCZYK

Corapporteur:

Florian MARIN

Procédure législative

EU Law Tracker

Consultations

Parlement européen, 16.6.2025

Conseil de l’Union européenne, 5.6.2025

Base juridique

Articles 114, 164, 172, 173, 175, paragraphe 3, 176, 177, 178, 182, 183, 188, 192, paragraphe 1, et 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Document de la Commission

COM(2025) 188 final — 2025/0103 (COD)

Résumé du document COM(2025) 188 final — 2025/0103 (COD)

Objectifs de développement durable (ODD) pertinents

ODD 9 — Industrie, innovation et infrastructure

ODD 16 — Paix, justice et institutions efficaces

Compétence

Section «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale»

Adoption en section

5.9.2025

Adoption en session plénière

18.9.2025

Session plénière no

599

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

95/0/1

1. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

1.1.

Le Comité économique et social européen (CESE) souligne que la paix doit rester une priorité essentielle de l’UE et met en garde contre le fait de se concentrer exclusivement sur les menaces militaires tout en négligeant d’autres risques graves pour la vie humaine. Il insiste sur l’importance de la diplomatie pour la résolution des conflits et la prévention des crises chaque fois que cela est possible.

1.2.

Comme il l’a déjà indiqué dans un autre avis (1), le Comité est favorable à une stratégie européenne de défense globale et inclusive, qui complète la préparation militaire par la préparation civile. Il approuve le livre blanc conjoint de la Commission européenne «Préparation de la défense européenne à l’horizon 2030» et appelle de ses vœux une approche coordonnée de l’UE qui traite la défense, la paix et la sécurité comme des biens publics partagés, s’appuyant sur des cadres juridiques, institutionnels et financiers solides et soumis à un contrôle démocratique.

1.3.

Le CESE prend acte de la présentation diligente de la proposition relative à l’incitation aux investissements liés à la défense dans le budget de l’UE pour mettre en œuvre le plan «ReArm Europe» (ci-après dénommée «proposition» (2)) et souscrit à son principal objectif consistant à continuer de promouvoir et de faciliter les investissements dans le domaine de la défense en permettant des investissements plus flexibles et coordonnés en faveur de la base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE) en vue de concrétiser la préparation de la défense dans un délai de cinq ans.

1.4.

Toutefois, après un examen attentif, le CESE recommande de faire preuve d’une plus grande ambition, au moyen notamment des mesures suivantes:

1.4.1.

Inclure le renseignement et la communication par satellite dans les modifications qu’il est proposé d’apporter à l’article 4 du règlement (UE) 2021/694 (3) [programme pour une Europe numérique] et qui sont énoncées à l’article 1er de la proposition de la Commission.

1.4.2.

Modifier l’article 3 de la proposition de la Commission afin de tenir compte des impératifs liés à l’interopérabilité, à l’ensemble des besoins de l’Union en matière de défense et de couverture territoriales, ainsi qu’à l’accès et au contrôle par les États membres. Il convient également de prendre en considération la nécessité d’équilibrer les investissements entre les pays et les régions.

1.4.3.

Modifier l’article 5 de la proposition de la Commission de sorte qu’il prévoie une approbation par les comités de suivi des programmes nationaux lors du transfert des fonds, et le plafonnement du pourcentage de fonds transférés.

1.4.4.

Modifier l’article 6 afin d’y mentionner spécifiquement les applications à double usage. Cet amendement est nécessaire pour tenir compte de la structure des financements de la plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe» (STEP).

1.4.5.

Modifier l’article 3 de la proposition de la Commission, en limitant les ressources pouvant être transférées à un maximum de 50 % et en précisant la nécessité d’une approbation par les comités de suivi des programmes nationaux.

1.4.6.

S’assurer qu’une flexibilité suffisante soit prévue pour les contrats existants, en ajoutant une approche à double usage et des projets susceptibles d’être mis en œuvre sur deux périodes de programmation ou davantage, compte tenu de la nature spécifique des investissements dans des projets à double usage et de la nécessité d’une bonne absorption.

1.4.7.

Ajouter, au chapitre 1.3.4 de la fiche financière et numérique législative de la proposition de règlement, un indicateur de performance relatif à la territorialité des investissements, en tenant compte des besoins immédiats en matière de sécurité et de la proximité avec l’Ukraine.

1.5.

Mettre en place une stratégie européenne commune concernant les mécanismes de compensation («offset»), une plus grande transparence quant aux montants versés aux entreprises extra-européennes et un registre commun de l’UE pour les investissements dans le domaine de la défense et dans des projets à double usage.

1.6.

Créer des complémentarités avec le Fonds social européen: il convient d’adopter une stratégie en matière de compétences pour l’industrie de la défense sur la base d’une approche fondée sur le double usage, et d’y prévoir que l’anticipation du changement et l’investissement dans la reconversion et le perfectionnement professionnels figurent parmi les conditions pour la prochaine période de programmation. Des mécanismes de soutien à la transition pour les travailleurs devront également être mis en place compte tenu de la volatilité de la demande dans le secteur de la défense et des caractéristiques du marché. Chaque investissement dans l’industrie de la défense doit être soumis à des conditions sociales et les projets d’un montant supérieur à 25 millions d’EUR devraient prévoir une évaluation des incidences sociales et économiques.

1.7.

Assurer la complémentarité avec l’instrument «Agir pour la sécurité de l’Europe» (SAFE), accorder l’importance requise à des options telles qu’un «kill switch» (dispositif de désactivation) ou un contrôle total de la capacité opérationnelle, compte tenu des fournisseurs et de leur rôle, et veiller à ce que la coopération entre les États membres porte principalement sur les performances des produits et les résultats des projets. Le CESE est d’avis qu’un organe européen spécifique devrait être créé pour coordonner les achats et l’innovation, faire en sorte que la demande atteigne un seuil critique et consolider le marché intérieur afin de mettre en place un système de défense commun.

2. INTRODUCTION

2.1.

L’UE est confrontée à des défis exceptionnels en matière de sécurité, résultant de tensions géopolitiques ainsi que de menaces pesant sur sa sécurité dans son voisinage direct: la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine. Dans ses conclusion du 6 mars 2025, le Conseil européen a souligné que «[l]a guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et ses répercussions sur la sécurité européenne et mondiale dans un environnement en mutation constituent un défi existentiel pour l’Union européenne».

2.2.

Pour relever les défis croissants, l’UE a déjà mis en œuvre une politique de défense commune fondée sur la coopération et la coordination avec l’OTAN, tout en développant ses propres capacités.

2.3.

Dans son avis intitulé «Le financement de la défense dans l’Union européenne» (4), le CESE convient qu’en ce qui concerne la sécurité, l’Union européenne devrait s’orienter vers une politique de défense commune, dans le cadre de sa politique étrangère et de sécurité commune, et fonder un solide pilier européen de la défense, et il juge urgent de prendre les mesures législatives et financières nécessaires à cet effet.

2.4.

Le livre blanc conjoint intitulé «Préparation de la défense européenne à l’horizon 2030» présente des solutions pour combler les lacunes critiques en matière de capacités et construire une base industrielle de défense solide grâce à des investissements massifs dans le domaine de la défense, à l’acquisition de systèmes de défense et au renforcement de la préparation de l’industrie de la défense de l’UE, tout en continuant à aider l’Ukraine à se défendre contre l’agression russe. Le plan «ReArm Europe»/Préparation à l’horizon 2030 permet de mobiliser plus de 800 milliards d’EUR.

2.5.

Le CESE se félicite de la présentation diligente de la proposition relative à l’incitation aux investissements liés à la défense dans le budget de l’UE pour mettre en œuvre le plan «ReArm Europe» (5).

2.6.

La proposition vise à encourager les investissements liés à la défense dans le budget de l’UE et à apporter un certain nombre de modifications aux règlements relatifs aux fonds existants de l’UE, notamment: la Plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe» (STEP), le Fonds européen de la défense (FED), l’action de soutien à la production de munitions (ASAP), le programme pour une Europe numérique, Horizon Europe et le mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE).

2.7.

Le CESE se félicite des partenariats de l’UE avec l’Ukraine et souligne que la position de premier plan de ce pays en ce qui concerne les compétences et l’innovation dans les industries de la défense revêtira une importance stratégique pour la sécurité de l’Union dans les décennies à venir.

3. OBSERVATIONS GÉNÉRALES

3.1.

Le CESE accueille favorablement la proposition, qui constitue un mécanisme essentiel pour renforcer la base industrielle et technologique de la défense de l’UE conformément au plan «ReArm Europe».

3.2.

La proposition devrait permettre:

d’accroître les investissements dans la défense conformément aux objectifs du plan «ReArm Europe»;

de renforcer la base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE);

d’améliorer la préparation, les capacités et la mobilité militaires;

de soutenir les PME et les jeunes entreprises en ouvrant l’Accélérateur du Conseil européen de l’innovation (CEI) et le programme EIC STEP Scale Up aux technologies à double usage et de défense.

3.3.

Grâce à la proposition à l’examen, les États membres devraient jouir d’une flexibilité accrue dans le financement de la sécurité et de la défense et l’industrie européenne de la défense devrait bénéficier de nouvelles possibilités et parfaire la préparation en matière de défense dans les cinq prochaines années.

4. OBSERVATIONS SPÉCIFIQUES

4.1.

L’UE travaille déjà à la mise en place de l’infrastructure de résilience, d’interconnectivité et de sécurité par satellite (IRIS), dont le lancement est prévu en 2027, mais il sera nécessaire à cette fin de disposer de beaucoup plus que 290 satellites et de prévoir des investissements supplémentaires dans l’interconnexion, notamment pour couvrir les zones blanches. Des investissements accrus sont également nécessaires, d’une part, pour renforcer les capacités des États membres concernant l’utilisation des satellites dans le cadre d’IRIS afin de mettre en place des opérations de défense communes reposant sur des capacités de communication et de renseignement en temps réel pour détecter, suivre et répondre aux menaces tant internes qu’externes et, d’autre part, pour assurer l’interopérabilité requise par l’approche fondée sur le double usage. Une capacité commune de communication et de renseignement en temps réel, à laquelle tous les États membres ont accès, est essentielle pour assurer une défense commune de l’UE.

4.2.

Le CESE souligne la fragmentation du marché de la défense et insiste sur la nécessité de garantir la cohérence, l’efficacité et la complémentarité entre les États membres dans le développement de technologies de rupture dans le domaine de la défense. Les dépenses de défense devraient tenir compte des disparités budgétaires, étant donné que certains États membres enregistrent des déficits et peuvent avoir du mal à accéder directement aux financements du FED. Néanmoins, en vertu des valeurs de l’UE et du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), ils devraient bénéficier des équipements financés par ce fonds. Il importe en outre que la répartition des fonds soit également à la hauteur des différents besoins en matière de défense et des défis auxquels sont confrontés les pays situés à proximité des zones de conflit et dans le voisinage de l’État agresseur.

4.3.

Le CESE regrette l’absence d’analyse d’impact, notant que la réaffectation des fonds à des fins militaires aura des conséquences économiques et sociales directes. Si aucune limite n’est fixée, une telle réaffectation pourrait compromettre des objectifs clés au titre de l’article 3 du TFUE. La politique de cohésion, en tant qu’outil de développement à long terme, n’est pas facilement conciliable avec les dépenses de défense. Les transferts de fonds au profit de la défense ne devraient être autorisés que s’ils soutiennent clairement le développement régional et n’entravent pas le progrès local. Un plafond de 50 % est proposé afin de garantir une répartition équilibrée et d’éviter la prépondérance des dépenses militaires, sur la base des taux actuels d’absorption et de passation des marchés de l’UE. La société civile doit être associée aux décisions relatives à ces transferts par l’intermédiaire des comités de suivi des programmes, comme le recommande le code de conduite européen sur le partenariat.

4.4.

Si de nouveaux fonds sont alloués au titre des propositions de la Commission, le principe du double usage devrait être appliqué de manière transversale afin d’éviter de perdre de vue les objectifs initiaux de l’instrument. Il convient de s’assurer que lors de l’évaluation des projets, les problèmes liés aux informations militaires sensibles soient pris en compte dans des programmes tels que la plateforme STEP, étant donné que les procédures applicables aux projets à double usage doivent être adaptées lorsque des informations sensibles ou confidentielles sont traitées. Les systèmes de gestion ne sont pas nécessairement équipés pour traiter des informations confidentielles au niveau du projet et il y a lieu de remédier à cette lacune.

4.5.

Le règlement devrait tenir compte des contrats existants: dans la mesure du possible, une approche fondée sur le double usage pourrait également être prévue ici. Il est important de modifier les contrats existants ou d’assurer une synergie claire entre les différents projets futurs afin de garantir une bonne absorption et une plus grande efficacité. En outre, en raison de la nature spécifique des produits de défense, du temps nécessaire pour passer de la recherche aux produits finaux et du retard qu’accuse l’UE par rapport aux États-Unis et à la Chine en matière de progrès technologiques, la législation devrait prévoir le financement de projets sur deux périodes de programmation ou davantage. Le CESE propose également d’inclure une liste de projets stratégiques au niveau de l’UE qui seraient consacrés aux besoins critiques en matière de défense et pourraient être mis en œuvre au cours d’au moins une période de programmation.

4.6.

Un accès équitable et équilibré aux fonds revêt une importance cruciale, car il existe une inadéquation claire entre les capacités des États membres et les possibilités offertes par la Commission dans le secteur de la défense, dont tous les États membres devraient pouvoir bénéficier. La relation entre le développement et l’allocation des fonds militaires et à double usage doit intégrer des principes tels que: 1) la territorialité, pour compenser le déséquilibre entre les besoins des régions et des pays; 2) la complémentarité entre les investissements et les capacités opérationnelles; 3) le principe de concurrence, afin de garantir un accès équitable aux fonds entre les pays, en tenant compte de la répartition des besoins en matière de sécurité et de développement, tout en appliquant un principe de partenariat, étant donné que garantir l’éligibilité et la cohérence législative ne conduira pas nécessairement à une approche qui réponde à la fois aux besoins en matière de sécurité et au développement des États.

4.7.

Garantir l’interopérabilité et une approche intégrée de la défense de l’UE dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques implique d’envisager la possibilité d’acheter des équipements militaires ou des composants utilisés dans les produits finaux de ce type auprès de pays tiers ou d’entreprises de ces pays. L’établissement d’une approche commune concernant les options de compensation («offset») requiert une implication future manifeste de la part de la Commission, principalement pour garantir la complémentarité et une plus grande efficacité dans la mise en œuvre de ces différentes options, mais aussi pour apporter un soutien accru à l’industrie de la défense de l’UE tout en tenant compte de l’offre et de la demande sur le marché de la défense.

4.8.

Le renforcement de la compétitivité de l’industrie de la défense et la réduction des dépendances nécessitent une stratégie globale en matière de compétences, assortie d’un soutien à l’industrie et aux applications à double usage. Si la plateforme STEP a permis d’avancer, les progrès restent insuffisants. Au cours de la prochaine période de programmation, le renforcement des compétences dans le domaine de la défense devrait être une condition ex ante pour soutenir l’innovation, la production et la maintenance. Le problème des chevauchements entre les instruments, comme dans le cas de la formation qui relève à la fois de l’ASAP et de la plateforme STEP, est en cours de traitement. Les investissements dans le domaine de la défense ne doivent pas porter atteinte au modèle social de l’UE. Les propositions en la matière, en particulier celles dont le budget dépasse 25 millions d’EUR, devraient être évaluées au regard de leur impact positif sur les aspects sociaux, économique et de cohésion. Le CESE rappelle que le financement des objectifs sociaux doit être protégé contre toute diminution résultant d’une réaffectation au profit d’initiatives en matière de défense ou de sécurité, et devrait au contraire être revu à la hausse.

4.9.

Un cadre clair assurant la complémentarité entre l’instrument SAFE et la proposition à l’examen est nécessaire. En outre, la mise en place de systèmes de gestion plurifonds s’impose pour favoriser une plus grande complémentarité entre le FED, STEP et Horizon Europe. Les pays qui ont une approche monofonds auront du mal à exploiter efficacement les possibilités offertes par le règlement à l’examen. Une plus grande complémentarité et la possibilité de combiner les sources de financement avec des fonds de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et de la Banque européenne d’investissement (BEI) devraient être prévues en vue de développer davantage de synergies et de bâtir des marchés de la défense mieux intégrés. La défense relevant de la compétence des États membres, une structure européenne spécifique est nécessaire pour surveiller, entre autres, la relation de dépendance avec les pays tiers et les entreprises de ces pays, en particulier en ce qui concerne l’option «kill switch» et le contrôle total exercé sur l’utilisation des types d’équipements et les capacités de défense de l’UE.

5. AMENDEMENTS PROPOSÉS À LA PROPOSITION LÉGISLATIVE DE LA COMMISSION

Amendement 1

lié à la recommandation 1.1

Texte proposé par la Commission

Amendement du CESE

À l’article 4, paragraphe 1, le point suivant est ajouté:

À l’article 4, paragraphe 1, le point suivant est ajouté:

«d)

déployer et exploiter les fabriques d’IA et la nouvelle génération de gigafabriques d’IA spécialisées dans le développement, l’entraînement et l’exploitation des modèles et applications d’IA les plus complexes et de très grande taille, y compris le matériel et les logiciels nécessaires à ce déploiement.».

«d)

déployer et exploiter les fabriques d’IA et la nouvelle génération de gigafabriques d’IA spécialisées dans le développement, l’entraînement et l’exploitation des modèles et applications d’IA les plus complexes et de très grande taille , le renseignement et la communication par satellite , y compris le matériel et les logiciels nécessaires à ce déploiement.».

Exposé des motifs

L’amendement vise à inclure le renseignement et la communication par satellite dans les modifications qu’il est proposé d’apporter à l’article 4 du règlement (UE) 2021/694 (programme pour une Europe numérique) et qui sont énoncées à l’article 1er de la proposition de la Commission.

Amendement 2

lié à la recommandation 1.2

Texte proposé par la Commission

Amendement du CESE

Article 6

Article 6

Soutien à des technologies de rupture en matière de défense [...]

Soutien à des technologies de rupture en matière de défense [...]

Les programmes de travail définissent les formes de financement les plus adaptées, les critères et procédures de sélection et d’attribution ainsi que la mise en œuvre pour les technologies de rupture en matière de défense.

Les programmes de travail définissent les formes de financement les plus adaptées, les critères et procédures de sélection et d’attribution ainsi que la mise en œuvre pour les technologies de rupture en matière de défense , en tenant compte de l’interopérabilité, de l’ensemble des besoins de l’Union en matière de défense et de couverture territoriales, ainsi que de la nécessité d’un contrôle par les États membres et d’un accès équitable aux fonds .

Exposé des motifs

Il s’agit de modifier l’article 3 de la proposition de la Commission afin de tenir compte de l’interopérabilité, de l’ensemble des besoins de l’Union en matière de défense et de couverture territoriales, ainsi que de l’accès et du contrôle par les États membres. Il convient également de prendre en considération la nécessité d’équilibrer les investissements entre les pays et les régions.

Amendement 3

lié à la recommandation 1.3

Texte proposé par la Commission

Amendement du CESE

Article 5

Article 5

Le règlement (UE) 2023/1525 [ASAP] est modifié comme suit: [...]

Le règlement (UE) 2023/1525 [ASAP] est modifié comme suit: [...]

3 ter. Les ressources allouées aux États membres dans le cadre de la gestion partagée peuvent, à la demande des États membres concernés, être transférées à l’instrument, sous réserve du respect des conditions énoncées dans les dispositions pertinentes du règlement (UE) 2021/1060. La Commission exécute ces ressources en mode direct, conformément à l’article 62, paragraphe 1, premier alinéa, point a), du règlement financier, ou en mode indirect, conformément au point c) dudit alinéa. Ces ressources sont utilisées au profit de l’État membre concerné.

3 ter. Un maximum de 50 % des ressources allouées aux États membres dans le cadre de la gestion partagée peuvent, à la demande des États membres concernés, être transférées à l’instrument, sous réserve du respect des conditions énoncées dans les dispositions pertinentes du règlement (UE) 2021/1060 , avec l’approbation des comités de suivi conformément à son article 38 . La Commission exécute ces ressources en mode direct, conformément à l’article 62, paragraphe 1, premier alinéa, point a), du règlement financier, ou en mode indirect, conformément au point c) dudit alinéa. Ces ressources sont utilisées au profit de l’État membre concerné.

Exposé des motifs

L’amendement vise à modifier l’article 5 de la proposition de la Commission afin d’y inclure l’approbation par les comités de suivi des programmes nationaux lors du transfert des fonds et de plafonner le pourcentage des fonds transférés.

Amendement 4

lié à la recommandation 1.4

Texte proposé par la Commission

Amendement du CESE

À l’article 2, paragraphe 1, point a), du règlement (UE) 2024/795, [plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe» (STEP)], le point suivant est ajouté:

À l’article 2, paragraphe 1, point a), du règlement (UE) 2024/795, [plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe» (STEP)], le point suivant est ajouté:

«iv)

technologies de défense;».

«iv)

technologies de défense , l’accent étant mis sur le double usage ;».

Exposé des motifs

Il s’agit de modifier l’article 6 afin d’y mentionner spécifiquement les applications à double usage. Cela est nécessaire pour tenir compte de la structure des financements au titre de la plateforme STEP.

Amendement 5

lié à la recommandation 1.5

Texte proposé par la Commission

Amendement du CESE

«Article 8 bis

«Article 8 bis

Financement cumulé et transferts de ressources [...]

Financement cumulé et transferts de ressources [...]

2. Les ressources allouées aux États membres dans le cadre de la gestion partagée peuvent, à la demande de l’État membre concerné, être transférées au programme, sous réserve du respect des conditions énoncées dans les dispositions pertinentes du règlement (UE) 2021/1060 pour la période 2021-2027. La Commission exécute ces ressources en mode direct, conformément à l’article 62, paragraphe 1, premier alinéa, point a), du règlement financier, ou en mode indirect, conformément au point c) dudit alinéa. Ces ressources sont utilisées au profit de l’État membre concerné.

2. Un maximum de 50 % des ressources allouées aux États membres dans le cadre de la gestion partagée peuvent, à la demande de l’État membre concerné, être transférées au programme, sous réserve du respect des conditions énoncées dans les dispositions pertinentes du règlement (UE) 2021/1060 pour la période 2021-2027. La Commission exécute ces ressources en mode direct, conformément à l’article 62, paragraphe 1, premier alinéa, point a), du règlement financier, ou en mode indirect, conformément au point c) dudit alinéa. Ces ressources sont utilisées au profit de l’État membre concerné et l’approbation des comités de suivi, conformément à l’article 38 du règlement (UE) 2021/1060 pour la période 2021-2027, est requise .

Exposé des motifs

Il s’agit de modifier l’article 3 de la proposition de la Commission en limitant les ressources pouvant être transférées à un maximum de 50 % et en précisant la nécessité d’une approbation par les comités de suivi des programmes nationaux.

Bruxelles, le 18 septembre 2025.

Le président

du Comité économique et social européen

Oliver RÖPKE


(1) Avis du Comité économique et social européen — Livre blanc conjoint — Préparation de la défense européenne à l’horizon 2030 [JOIN(2025) 120 final] (JO C, C/2025/5162, 28.10.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/5162/oj).

(2) COM(2025) 188 final — 2025/0103 (COD).

(3) Règlement (UE) 2021/694 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2021 établissant le programme pour une Europe numérique et abrogeant la décision (UE) 2015/2240 (JO L 166 du 11.5.2021, p. 1).

(4) Avis du Comité économique et social européen — Le financement de la défense dans l’Union européenne (avis exploratoire à la demande de la présidence polonaise) (JO C, C/2025/2013, 30.4.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/2013/oj).

(5) COM(2025) 188 final — 2025/0103 (COD).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/31/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)