Avis du Comité économique et social européen — Le bouclier européen de la démocratie (avis exploratoire à la demande de la présidence danoise du Conseil de l’UE) — Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions relative au bouclier européen de la démocratie [comme annoncé dans la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Programme de travail 2025 de la Commission (COM(2025) 45 final)]
| CELEX | 52025AE1683 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 18 septembre 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/25 | 16.1.2026 |
Avis du Comité économique et social européen
Le bouclier européen de la démocratie (avis exploratoire à la demande de la présidence danoise du Conseil de l’UE)
Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions relative au bouclier européen de la démocratie
[comme annoncé dans la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Programme de travail 2025 de la Commission
(COM(2025) 45 final)]
(C/2026/25)
Rapporteur:
Christian MOOSCorapporteur:
José Antonio MORENO DÍAZ| Conseillers | Julian PLOTTKA (pour le rapporteur, groupe III) Steven FORTI (pour le corapporteur, groupe II) |
| Demande de la présidence danoise du Conseil de l’UE | Lettre du 7.2.2025 |
| Consultation | Commission européenne, 6.6.2025 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne Avis exploratoire |
| Compétence | Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté» |
| Adoption en section | 3.9.2025 |
| Adoption en session plénière | 18.9.2025 |
| Session plénière no | 599 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 91/3/1 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Dans un contexte où la démocratie, l’état de droit, les droits fondamentaux et les valeurs européennes sont la cible d’attaques massives provenant à la fois de l’étranger — principalement d’autorités publiques de pays tiers et d’entreprises technologiques en tant qu’assaillants — et de l’intérieur de l’Union — notamment des gouvernements de certains États membres, de partis extrémistes et populistes, plus particulièrement d’extrême droite, ainsi que de la «société incivile», le CESE invite la Commission et les législateurs européens à adopter des mesures plus efficaces et plus globales pour protéger la démocratie européenne. Tout en reconnaissant que d’importantes mesures ont déjà été prises, il reste fermement convaincu que les défis croissants nécessitent des efforts accrus. |
| 1.2. | Le CESE invite la Commission européenne à intégrer dans sa politique d’élargissement tous les efforts qu’elle déploie en vue de défendre la démocratie, l’état de droit et les valeurs européennes, de manière à aider les pays candidats dans leurs réformes démocratiques, notamment pour ce qui concerne la défense de leurs démocraties contre les menaces émanant de l’intérieur et de l’étranger. |
| 1.3. | Le CESE est prêt et disposé à renforcer la démocratie européenne en offrant à la société civile organisée et aux partenaires sociaux une plateforme (1) qui leur permettra de s’engager dans la politique européenne et de soutenir ces défenseurs de la démocratie, et il invite le Comité des régions à mobiliser également les pouvoirs publics aux niveaux régional et local afin de soutenir la démocratie en Europe (2). |
| 1.4. | Le CESE plaide également en faveur d’une collaboration accrue avec les organisations de la société civile afin de lutter contre la désinformation et la propagande. |
| 1.5. | Le CESE demande aux législateurs européens de simplifier les procédures de demande de financement européen pour la société civile organisée, de réduire les obligations de déclaration et d’étendre ou de mettre en place une véritable approche forfaitaire du financement de projets par l’Union. |
| 1.6. | Le CESE invite la Commission à faire appliquer plus rigoureusement les normes en matière d’état de droit dans tous les États membres et à analyser les effets de la législation européenne sur les espaces civiques afin de mettre un terme à leur rétrécissement. |
| 1.7. | Le CESE demande l’adoption d’un nouveau cadre financier pluriannuel (CFP) qui défende, soutienne et renforce la démocratie. Il y a lieu d’utiliser efficacement le régime actuel de conditionnalité afin qu’il soit appliqué de manière stricte et respectueuse des normes démocratiques, de l’état de droit et des valeurs européennes. En outre, en cas de non-respect, il convient de refuser les fonds aux gouvernements nationaux ou régionaux dans les États membres en question, tout en s’assurant que la société civile et les collectivités régionales et locales respectueuses des valeurs européennes n’en pâtissent pas grâce à l’ouverture de voies de financement fiables pour elles, totalement indépendantes de leur gouvernement. |
| 1.8. | Le CESE invite l’UE et ses États membres à mettre en place des programmes éducatifs qui aident les entreprises, les pouvoirs publics, les organisations non gouvernementales et les autres institutions à former leur personnel à la sensibilisation aux risques et aux contre-mesures. |
| 1.9. | Le CESE invite donc l’ensemble des gouvernements des États membres et des pays candidats à faire de l’éducation aux médias une matière prioritaire dans les programmes scolaires et à mettre en place des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie équivalentes pour toutes les générations. |
| 1.10. | Le CESE demande à la Commission et à tous les gouvernements des États membres d’investir dans des plateformes européennes de services numériques et dans le développement de l’IA afin de mettre fin à la dépendance numérique de l’Union à l’égard des fournisseurs de services de pays tiers. |
| 1.11. | Le CESE plaide en faveur d’une application rigoureuse des réglementations existantes sur les médias sociaux et les très grandes plateformes en ligne, d’une évaluation continue de leur efficacité et, le cas échéant, de la poursuite du développement de la base juridique. Il met en garde contre tout affaiblissement de la réglementation actuelle dans le cadre des négociations commerciales. |
| 1.12. | Le CESE recommande à la Commission européenne de renforcer l’initiative EuroStack (3) dans le but de construire un véritable modèle européen d’innovation technologique et numérique démocratique. |
| 1.13. | Le CESE appelle à intensifier ces efforts et à prévoir des fonds supplémentaires à cette fin au titre du prochain CFP, y compris pour les centres EuropeDirect, afin de disposer d’un réseau de fournisseurs d’informations factuelles à l’échelle de l’UE. |
| 1.14. | Le CESE invite les gouvernements nationaux à revoir leurs réglementations en matière de dons aux partis et à mettre en œuvre des réformes qui, en remédiant aux failles existantes, garantissent des niveaux plus élevés de transparence et interdisent le soutien d’acteurs de pays tiers aux partis politiques. |
| 1.15. | Le CESE propose d’envisager, à la fin de la législature du Parlement européen, la possibilité de créer une commission de défense et de renforcement de la démocratie en Europe à titre permanent. |
2. Observations générales
| 2.1. | La démocratie, l’état de droit tel que défini à l’article 2 du règlement 2020/2092 (4) et les droits fondamentaux tels que définis dans la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne sont des valeurs essentielles du projet d’intégration européenne, conformément à l’article 2 du traité sur l’Union européenne. Par conséquent, toute menace pour la démocratie en Europe et l’état de droit constitue également une menace pour l’avenir de l’Union elle-même, alors que des acteurs malveillants ont pour ambition de détruire le projet d’intégration régionale. L’UE est actuellement la cible d’attaques massives depuis l’étranger et à l’intérieur de ses frontières. |
| 2.2. | La guerre hybride que la Russie et, peut-être de manière plus subtile, la Chine mènent contre les démocraties en général, et l’Union en particulier, représente une menace majeure, tout comme l’ingérence étrangère d’autres pays tiers autoritaires. |
| 2.3. | L’abandon par l’administration américaine actuelle de son rôle traditionnel de gardien d’un ordre mondial fondé sur des règles donne un nouvel élan aux ennemis de la démocratie et de l’état de droit en Europe et dans le monde. Par conséquent, il est urgent que l’UE passe à l’action, pour se défendre et protéger son ordre démocratique, faire en sorte que ses systèmes démocratiques soient résilients et renforcer la coalition des démocraties. |
| 2.4. | Le CESE s’inquiète du fait que certains gouvernements et partis politiques européens agissent comme des chevaux de Troie et pactisent avec des puissances étrangères antidémocratiques. Leur objectif est de déstabiliser l’UE. Par conséquent, renforcer la résilience de l’Union face aux forces antidémocratiques européennes contribue également à endiguer l’ingérence étrangère. |
| 2.5. | Le CESE réaffirme sa reconnaissance du fait que l’UE a entrepris des démarches considérables pour protéger et consolider la démocratie et l’état de droit en Europe (5). Toutefois, les défis croissants nécessitent d’adopter de toute urgence des mesures supplémentaires, qui devront être d’une ampleur sans précédent. Le Comité se félicite dès lors de l’invitation que lui a adressée la présidence danoise du Conseil à donner son avis sur les moyens d’améliorer la capacité de l’Union à protéger et à renforcer les démocraties en Europe. |
| 2.6. | Le CESE se félicite que la présidente de la Commission européenne ait inclus dans ses orientations politiques l’initiative de dix organisations de la société civile visant à créer un bouclier européen de la démocratie (6), et qu’elle publiera à l’automne 2025 une communication proposant de nouvelles actions pour protéger les démocraties en Europe. Il convient avec la Commission que la lutte contre l’ingérence étrangère, le développement d’un écosystème d’information solide, la résilience des élections européennes et l’autonomisation de la société civile sont des domaines prioritaires pour la sauvegarde de la démocratie en Europe. En plus des défis que la Commission européenne entend relever dans le cadre de son bouclier de la démocratie, le CESE invite celle-ci à se pencher également sur les causes sociales de la régression démocratique. |
| 2.7. | Le bouclier européen de la démocratie vient compléter les initiatives en cours en matière de préparation, de sécurité et de défense afin de rendre la démocratie européenne résiliente. Ensemble, ces initiatives définissent une vision fondée sur une approche «tous risques», pangouvernementale et mobilisant la société dans son ensemble, les menaces et les crises étant souvent complexes et interconnectées. Leur force dépend toutefois de la capacité à garantir une approche intégrée, globale et multipartite. |
| 2.8. | Le CESE salue la décision du Parlement européen de créer une commission spéciale sur le bouclier européen de la démocratie et travaillera en étroite collaboration avec ses membres pour protéger la démocratie européenne. Il recommande de mettre en place cette commission à titre permanent. |
| 2.9. | Certains pays tiers, comme d’ailleurs certains gouvernements et forces politiques au sein de l’UE, sapent la démocratie en Europe et déstabilisent les systèmes politiques européens afin de renforcer leur position géopolitique. La désinformation, la propagande, la manipulation des débats en ligne et le contrôle des plateformes en ligne, des médias sociaux et des algorithmes, les attaques hybrides et les cyberattaques, ainsi que les financements et d’autres formes de soutien apportés aux forces antidémocratiques au sein de l’UE, sont les principaux moyens auxquels ils ont recours pour atteindre ces objectifs. |
| 2.10. | Malgré des avancées récentes telles que le règlement sur les marchés numériques, le règlement sur les services numériques et le règlement sur l’intelligence artificielle, qui doivent être correctement mis en œuvre, le pouvoir dont disposent certaines grandes entreprises technologiques continue de porter atteinte à la démocratie en Europe dès lors que celles-ci définissent les règles applicables aux activités en ligne sur les plateformes de médias sociaux, manipulent les débats politiques en ligne et la réception d’informations par les internautes, et facilitent la manipulation de textes, d’images et de supports audio et audiovisuels au moyen des technologies d’intelligence artificielle qu’elles mettent à leur disposition. Certaines d’entre elles sont même allées jusqu’à diffuser explicitement des discours extrémistes et des discours de haine ou à soutenir des partis extrémistes et antidémocratiques lors de campagnes électorales dans des pays de l’Union. En résumé, la révolution numérique pose de nouvelles questions fondamentales concernant le fonctionnement des espaces publics et fournit de nouveaux instruments aux forces antidémocratiques en possession des technologies qui leur permettent de s’ingérer dans les processus démocratiques. Pour remédier à cette situation, il importe de veiller à une application rigoureuse de la législation et d’assurer une évaluation continue de son efficacité. |
| 2.11. | Les forces antidémocratiques et les partis populistes et extrémistes, en particulier à l’extrême droite, affaiblissent la démocratie en diffusant leurs idéologies racistes et en légitimant la violence en tant que tactique acceptable en politique. En polarisant les débats politiques, ils sapent la solidarité au sein des sociétés européennes. Pour la première fois depuis 1945, ces partis occupent actuellement des postes ministériels dans certains États membres. Parmi leurs tactiques les plus courantes figurent:
Les crises multiples, qui constituent autant de défis pour la démocratie, nécessitent de développer une culture de la préparation, de l’anticipation et de la prévention à tous les niveaux de la société. Pour y parvenir et rendre les démocraties européennes résilientes, il convient de s’attaquer aux causes sous-jacentes des conflits sociétaux, en garantissant l’obligation de rendre des comptes, la dignité, l’égalité des chances et le progrès social entre les individus et les groupes de la société. |
| 2.12. | Les systèmes démocratiques européens sont mal préparés à relever ces défis, étant donné que la plupart d’entre eux reposent sur le postulat que les partisans de la démocratie, et non ses ennemis, constituent la majorité. Les démocraties en Europe doivent renforcer leur résilience en se dotant de stabilisateurs automatiques leur permettant de se défendre contre les attaques des ennemis d’un tel modèle. La société civile organisée, qui fonctionne également comme une «école de la démocratie», et les partenaires sociaux sont des alliés essentiels de l’UE dans la défense et la protection de la démocratie en Europe. Pour soutenir les efforts de l’Union, celle-ci doit elle-même être soutenue dans son rôle et protégée contre des attaques qui se multiplient, et qui depuis peu proviennent également des institutions de l’UE et des États membres. La société civile organisée a également besoin d’un plus grand espace civique, lequel n’a cessé de se réduire dans un trop grand nombre d’États membres. |
| 2.13. | Compte tenu de ces défis croissants, le CESE plaide en faveur d’une approche globale mobilisant la société dans son ensemble (8) et s’appuyant sur des initiatives concrètes en vue de défendre les démocraties en Europe, une approche qui permette de lutter contre les attaques en cours depuis l’intérieur et l’extérieur de l’Union, de rendre les démocraties et les systèmes d’état de droit en Europe résilients, ainsi que de renforcer et de développer davantage la démocratie en Europe. |
3. Défendre les démocraties européennes contre l’ingérence étrangère
| 3.1. | Le CESE invite instamment les États membres à recourir plus souvent au vote à la majorité qualifiée (VMQ) et à l’introduire dans le domaine de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), afin d’éviter que des États membres influencés par l’agenda de pays tiers puissent s’opposer aux décisions et porter atteinte à la démocratie européenne. Il est crucial d’apporter des solutions efficaces aux problèmes urgents pour accroître la légitimité de l’UE et le soutien à celle-ci. |
| 3.2. | Le CESE réitère son soutien aux objectifs de la proposition de directive établissant des exigences harmonisées en matière de représentation d’intérêts exercée pour le compte de pays tiers, mais invite les législateurs européens à trouver des moyens plus appropriés pour les atteindre (9). La défense de la démocratie en Europe ne devrait pas entraver l’environnement opérationnel de la société civile organisée dans l’Union européenne, et encore moins stigmatiser celle-ci. |
| 3.3. | Les cyberattaques constituent une menace pour la démocratie en Europe, mais aussi pour les entreprises, la société civile et les syndicats européens, qui soit font l’objet d’un chantage après que leurs serveurs ont été piratés, soit sont victimes d’espionnage industriel. Le moyen le plus efficace de prévenir les cyberattaques est d’accroître la sensibilisation aux risques et de déceler ces attaques à un stade précoce. |
| 3.4. | L’ingérence étrangère dans les processus démocratiques européens ne se limite plus aux acteurs étatiques. Depuis la deuxième élection de Donald Trump au poste de président des États-Unis, des acteurs privés américains ont de plus en plus utilisé les plateformes de services numériques dont ils sont propriétaires pour intervenir dans l’UE. Des infrastructures numériques et un marché des services numériques autonomes sont essentiels à la souveraineté et à la résilience de l’Europe et recèlent un potentiel de croissance économique dans l’UE. |
| 3.5. | Dans le même temps, l’UE ne peut être traitée comme un vase clos sur le plan de l’information. Il est impossible d’empêcher les Européens d’être exposés à des informations provenant de plateformes en ligne situées en dehors de l’Union. Il est impératif de promouvoir l’esprit critique et, dès le plus jeune âge, de former nos concitoyens à l’analyse des données et au contrôle croisé des sources, tout en les sensibilisant aux différentes motivations qui sous-tendent celles-ci et en les encourageant à poser des questions critiques (10). L’apprentissage tout au long de la vie est essentiel pour y parvenir, en particulier en ce qui concerne les générations plus âgées, qui sont en grande partie relativement peu familiarisées avec les nouvelles technologies. |
| 3.6. | Le CESE reconnaît le travail précieux accompli par la task force East Stratcom (11) et d’autres initiatives en matière de détection de la propagande et de la désinformation et de vérification des faits. La détection de la manipulation de l’information, de la propagande et de la désinformation devrait être complétée par une stratégie de communication de plus en plus proactive sur la valeur ajoutée et les avantages de l’intégration européenne. Elle devrait également aller de pair avec la préservation d’un écosystème d’information solide et le soutien à celui-ci, afin de disposer d’informations fiables et de lancer un débat de réflexion sur les politiques européennes dominantes dans les espaces publics. |
4. Garantir un écosystème d’information solide sur l’internet et dans les médias traditionnels
| 4.1. | La liberté et le pluralisme des médias sont essentiels à un écosystème d’information solide et nécessaires pour garantir la liberté d’information, comme le prévoit la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Par conséquent, le CESE réitère ses propositions visant à garantir la liberté et la diversité des médias en Europe, qui sont des conditions préalables à la résilience des écosystèmes d’information face aux attaques provenant de l’intérieur et de l’extérieur de l’UE (12). |
| 4.2. | Plus particulièrement, les médias de service public peuvent jouer un rôle crucial dans la fourniture d’informations pertinentes et fiables dans l’ensemble des États membres. Ils fournissent un bien public et, pour peu qu’ils soient véritablement indépendants de toute influence gouvernementale ou partisane, ils constituent des alliés essentiels dans la lutte contre la désinformation et la mésinformation. Toutefois, leur indépendance est de plus en plus menacée dans l’ensemble de l’UE par des acteurs politiques qui, notamment, remettent en question ou réduisent leur financement. Par conséquent, l’Union devrait étudier les moyens de garantir leur indépendance ainsi qu’un financement suffisant pour les médias de service public indépendants. Le CESE réitère également sa proposition de créer un service public européen de radiodiffusion totalement indépendant (13). |
| 4.3. | Si, sur le marché des médias audiovisuels, les médias de service public jouent un rôle essentiel dans la fourniture du bien public que constituent des informations fiables, leur rôle sur le marché des médias en ligne et de la presse écrite est beaucoup plus limité. Sur ces derniers marchés en particulier, les entreprises de médias sont soumises à une pression économique et à une concurrence croissantes, qui entraînent une détérioration de la qualité journalistique et du pluralisme des médias, comme le montre une nouvelle fois l’édition 2025 du rapport de Reporters sans frontières (14). Par conséquent, le CESE est favorable à ce que les médias de service public fournissent des informations fiables également sur ces marchés. |
| 4.4. | Le CESE se félicite des initiatives menées par la Commission dans le cadre du plan d’action européen pour les médias et l’audiovisuel (15) afin de soutenir la relance des entreprises de médias face aux répercussions économiques de la pandémie, leur transition numérique et écologique et la facilitation de l’innovation sur le marché. Toutefois, il souligne que le principal défi à relever pour parvenir à un écosystème d’information solide est la nécessaire mise en place de modèles d’entreprise durables sur le marché des médias qui permettent la fourniture continue, par un ensemble divers d’entreprises de médias, du bien public que constituent des informations de qualité. |
| 4.5. | Le CESE souligne l’importance du rôle des journalistes et des autres acteurs du débat public (16), et rappelle ses travaux sur diverses propositions visant à les protéger et à leur donner les moyens de faire office de mécanisme de contrôle contre la désinformation, la mésinformation et la manipulation des débats publics (17). Dans le même temps, il attire l’attention sur le fait que la crise que traversent les entreprises de médias a eu une incidence manifeste sur la rémunération et les conditions des contrats des journalistes. Des salaires décents et un environnement de travail garantissant la sécurité individuelle sont des facteurs essentiels pour permettre aux journalistes d’exercer leur métier (18). |
| 4.6. | Le CESE salue le règlement sur les services numériques (DSA) et le règlement sur l’IA, qui constituent des progrès considérables sur la voie de la création d’un écosystème d’information solide. Toutefois, les technologies continuent d’évoluer alors que ce cadre réglementaire est déployé. À la lumière des menaces susmentionnées qui pèsent sur la démocratie, le Comité considère la création d’un écosystème d’information solide comme un objectif évolutif qui nécessite une évaluation régulière et, éventuellement, des mises à jour du cadre réglementaire. |
| 4.7. | Le CESE est fermement convaincu que les normes réglementaires relatives aux services numériques et à l’intelligence artificielle protégeant la démocratie européenne ne peuvent faire l’objet de négociations dans le cadre d’accords commerciaux. La démocratie européenne n’est pas à vendre. |
| 4.8. | Le CESE s’inquiète du fait que l’application du cadre réglementaire de l’UE visant à garantir un écosystème d’information solide ait été confiée à de multiples autorités dans les États membres de l’Union, parmi lesquelles le Bureau européen de l’IA. L’espace de l’information sur l’internet revêtant, par définition, un caractère transfrontière, le Comité demande que le cadre réglementaire soit appliqué de manière cohérente par des autorités actives à l’échelle de l’UE, afin d’éviter la fragmentation du marché commun des médias et des services numériques. |
| 4.9. | Le CESE considère que le réexamen auquel la Commission est tenue de procéder en vertu de l’article 91 du DSA, qui doit porter notamment sur les interactions entre ledit règlement et d’autres actes juridiques et qui doit être réalisé pour novembre 2025, offre l’occasion d’organiser un processus de consultation inclusif pour discuter de l’état de la défense de la démocratie en Europe sur l’internet. |
| 4.10. | Le CESE estime que la transparence des algorithmes est essentielle pour garantir un internet et un espace de l’information conviviaux. Les utilisateurs devraient avoir le droit d’être informés des décisions prises par les algorithmes lorsque ceux-ci leur fournissent des contenus spécifiques. Il demande une nouvelle fois de veiller à ce que les citoyens disposent d’une liberté de choix en ce qui concerne la conception des algorithmes (19). |
| 4.11. | Le CESE considère l’habileté numérique et l’éducation aux médias comme des instruments essentiels pour rendre les citoyens résilients face à la mésinformation et à la désinformation. Il s’agit d’une responsabilité collective dans le cadre de laquelle les citoyens devraient être associés par la voie d’un véritable engagement civique. L’UE doit promouvoir l’esprit critique, l’engagement en faveur de la démocratie, l’éducation aux médias et le recoupement des informations dans tous les types d’enseignement. Il demande à la Commission européenne d’allouer un financement suffisant, au titre du prochain CFP, aux projets donnant aux enseignants les moyens d’éduquer les élèves aux médias, ainsi qu’aux initiatives mettant en œuvre les recommandations de la conférence sur l’avenir de l’Europe dans ce domaine. |
5. Rendre les élections résilientes face à l’ingérence étrangère
| 5.1. | Le CESE est préoccupé par le fait que les règles régissant les dons aux partis et les autres formes de soutien aux campagnes électorales ne sont pas cohérentes d’un État membre de l’UE à l’autre, ce qui se traduit par des niveaux de transparence différents. Il estime que la meilleure solution consisterait à adopter une approche cohérente en matière de réglementation des dons aux partis dans tous les États membres. |
| 5.2. | Le CESE fait part de son inquiétude quant au fait qu’un nombre croissant d’élus politiques, de candidats se présentant aux élections, de représentants de la société civile et de journalistes sont victimes de violences physiques et psychologiques. Cette évolution menace le droit de vote et celui d’être candidat aux élections, la liberté d’association et la participation à toute autre forme d’activité politique. |
| 5.3. | Le CESE est préoccupé par les récentes ingérences étrangères dans les élections présidentielles en Roumanie et demande une application plus stricte des règles relatives à la publicité à caractère politique sur les plateformes internet. Il se félicite de la procédure formelle ouverte par la Commission contre TikTok au titre du DSA en ce qui concerne les risques liés à l’intégrité des élections et demande l’adoption de normes réglementaires s’appliquant à l’ensemble des plateformes de médias sociaux, empêchant que les mesures politiques d’un candidat deviennent prioritaires et garantissant une concurrence électorale équitable. Le Comité accueille favorablement le règlement (UE) 2024/900 (20) relatif à la transparence et au ciblage de la publicité à caractère politique comme un outil permettant aux citoyens, aux journalistes, aux partis politiques et aux organisations de la société civile de jouer un rôle actif dans le signalement des publicités à caractère politique non conformes et dans le renforcement de la transparence du processus démocratique (21). |
| 5.4. | Le CESE invite tous les États membres à réexaminer et, le cas échéant, à adapter leur législation électorale nationale afin de s’assurer que des enquêtes impartiales soient menées en cas d’ingérence étrangère potentielle dans les élections et que des procédures judiciaires soient engagées en cas de suspicion d’ingérence. Plus particulièrement, les tribunaux et organes impartiaux compétents ont besoin de capacités suffisantes pour être en mesure d’enquêter sur l’ingérence numérique étrangère et doivent pouvoir accéder aux informations classifiées concernant l’ingérence électorale. L’octroi de l’accès aux documents pertinents ne peut faire l’objet d’une décision politique. |
6. Donner à la société civile les moyens de défendre la démocratie en Europe
| 6.1. | Le CESE souligne la nécessité de protéger et de développer les espaces civiques, qui sont des espaces sûrs pour les pratiques, la participation et l’inclusion démocratiques. Ils revêtent une importance cruciale pour permettre à la société civile et aux partenaires sociaux d’agir en tant que défenseurs de la démocratie européenne et appartiennent aux infrastructures critiques des démocraties. Il incombe aux niveaux européen, national, régional et local de protéger les espaces civiques contre les attaques croissantes, de développer ceux qui existent déjà et d’en créer de nouveaux pour stimuler la participation politique. |
| 6.2. | La société civile joue un rôle crucial dans la défense et la promotion d’une démocratie solide et résiliente, en offrant un espace pour une citoyenneté et une participation actives, en promouvant la responsabilité et la transparence, en défendant les droits de l’homme et les valeurs démocratiques et en renforçant la confiance et la cohésion sociale. |
| 6.3. | Les espaces civiques européens ne cessent de se réduire, en raison non seulement des mesures nationales, mais aussi de la législation européenne. L’impôt spécial imposé par la Hongrie aux OSC travaillant avec des migrants en est un exemple. Le fait que l’ensemble du secteur non marchand italien soit désormais soumis aux mêmes règles que les entités commerciales en ce qui concerne la TVA, en raison d’une mise en œuvre rigide de la législation européenne en la matière, constitue un autre exemple récent. Cela met en péril son rôle de fournisseur d’un bien public fondé sur un engagement civique volontaire au service d’une société participative démocratique et inclusive. |
| 6.4. | Le CESE invite tous les partis politiques représentés au Parlement européen à respecter la contribution essentielle et précieuse de la société civile organisée au fonctionnement de la démocratie représentative. L’une de ses principales fonctions consiste à demander des comptes aux responsables politiques élus en évaluant de manière critique leur travail, leurs politiques et leurs autres activités. Toute attaque à son encontre est une attaque contre la démocratie représentative elle-même. |
| 6.5. | Le CESE appelle la Commission à modifier son approche de simplification de la législation de l’UE ainsi que son programme pour une meilleure réglementation, visant à améliorer la qualité de la législation européenne afin de rendre l’Europe plus compétitive, en procédant également à un examen systématique des effets de la législation sur la société civile organisée et le fonctionnement de la démocratie. L’attention spécifique accordée actuellement dans les analyses de la Commission aux incidences sur les charges administratives pour les citoyens, les administrations et les entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises, devrait être étendue de manière à couvrir la charge administrative qui pèse sur les OSC. |
| 6.6. | Le CESE note la récente initiative de la Commission visant à organiser régulièrement des dialogues avec les citoyens sur des politiques spécifiques, lesquels créent de nouveaux espaces publics permettant à ceux-ci et à la société civile de participer à l’action politique de l’Union. Il est favorable à la poursuite du développement de tels formats afin de compléter la démocratie représentative par des forums supplémentaires qui permettent aux citoyens d’avoir leur mot à dire. |
| 6.7. | Le CESE rappelle son avis (22) sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil relative aux associations transfrontalières européennes (23) et la résolution législative du Parlement européen du 13 mars 2024 (24), et invite le Conseil de l’UE à adopter la directive étant donné qu’une association transfrontalière peut offrir une sécurité réglementaire en application du droit national aux associations qui sont confrontées à des pressions de la part des gouvernements nationaux. |
| 6.8. | Le CESE demande que la stratégie en faveur de la société civile qui sera présentée (25) en même temps que le bouclier de la démocratie renforce systématiquement la société civile organisée dans le processus démocratique. Sa contribution à la démocratie participative est inestimable. |
7. Un nouveau cadre financier pluriannuel pour soutenir la défense de la démocratie en Europe
| 7.1. | Le CESE reconnaît que le régime général de conditionnalité pour la protection du budget de l’Union (26) a constitué une première étape s’agissant de protéger les démocraties européennes contre la corruption et la régression démocratique. Il demande instamment à la Commission européenne d’utiliser de toute urgence tous les instruments existants pour contrer les attaques ciblant la démocratie et les organisations de la société civile. Conformément aux recommandations de la conférence sur l’avenir de l’Europe, il invite également la Commission, le Parlement européen, le Conseil de l’UE et les membres du Conseil européen à développer davantage le régime et à étendre son applicabilité à toute violation des valeurs de l’Union, de l’état de droit et des normes démocratiques dans les États membres de l’UE avant l’adoption du nouveau CFP. |
| 7.2. | Le CESE invite la Commission, le Parlement européen et le Conseil à continuer d’appliquer le régime général de conditionnalité afin de garantir le respect des normes démocratiques, de l’état de droit, des droits de l’homme et des valeurs européennes. Le Comité s’est également félicité de l’intention de la Commission d’établir un lien plus étroit entre les recommandations du rapport sur l’état de droit et le financement au titre du budget de l’UE, et de soutenir le renforcement de l’application du mécanisme prévu par l’article 7 du traité. Il a exhorté la Commission à tenir rapidement sa promesse de prévenir toute nouvelle détérioration de l’état de droit dans les États membres et, pour autant que cela soit tenu pour nécessaire afin d’atteindre ces objectifs, a demandé de réformer le règlement relatif à la conditionnalité liée à l’état de droit afin de le compléter en élargissant son application restreinte aux violations des principes de l’état de droit qui portent atteinte à la bonne gestion financière du budget de l’Union et de l’arrimer de manière plus affirmée aux autres bases juridiques utilisées pour suspendre les fonds de l’Union (27). |
| 7.3. | Le CESE demande instamment à la Commission de systématiser et d’accroître l’allocation directe des fonds aux bénéficiaires lorsque des États membres ou des gouvernements étrangers cherchent à interférer dans le processus de financement. Il convient que la Commission mette également en place des mécanismes d’aide et de renforcement des capacités pour les organisations de la société civile, les défenseurs des droits de l’homme et des droits civiques, les syndicalistes et les journalistes confrontés à une telle ingérence et à des actes de répression et de violence de la part de pays tiers, en leur offrant notamment la possibilité de déménager dans des lieux de refuge au sein de l’Union. |
| 7.4. | Le CESE invite les autorités budgétaires de l’UE à augmenter considérablement le budget consacré au soutien aux organisations de la société civile au sein de l’Union et dans les pays candidats dans le cadre du prochain CFP. Les priorités en matière de dépenses devraient être le soutien structurel aux organisations de la société civile, le renforcement de leurs capacités, les fonds d’urgence pour la protection et l’accompagnement juridique de ces organisations et des militants contre l’ingérence étrangère, les poursuites-bâillons et d’autres formes de harcèlement, et les projets dans les domaines des droits de l’homme, de l’état de droit, de la démocratie, de la lutte contre la corruption, de la participation politique, de l’égalité entre les hommes et les femmes, des droits LGBTQ+, de la mémoire, de la lutte contre l’extrémisme politique, de la résilience sociétale, des valeurs européennes, ainsi que de l’habileté numérique et de l’éducation aux médias et à l’IA. |
| 7.5. | Le CESE demande aux autorités budgétaires de l’UE de mettre en place un programme de financement pour soutenir un journalisme de qualité dans l’Union et les pays candidats. Les priorités en matière de dépenses devraient être le soutien aux académies de journalisme, les projets d’enseignement dans le domaine des études européennes et les initiatives de promotion de l’habileté numérique et de la maîtrise de l’IA pour les journalistes, l’aide à la protection des journalistes et l’assistance juridique à ceux-ci contre l’ingérence étrangère, les poursuites-bâillons et d’autres formes de harcèlement, en accordant une attention particulière aux indépendants, et l’aide budgétaire en faveur de médias de qualité. |
| 7.6. | Le CESE invite les autorités budgétaires de l’UE à accroître le financement de la recherche sur la régression de la démocratie et de l’état de droit et les moyens de prévenir celle-ci, sur l’ingérence étrangère et la guerre hybride contre les démocraties et sur la manière de les combattre, sur les effets des services numériques, des technologies de l’IA et du manque de liberté et de diversité dans les médias sur l’écosystème d’information et les démocraties, sur les processus d’autocratisation en cours et les réponses démocratiques nécessaires pour les interrompre et les inverser, sur le rôle de la société civile et la manière de mieux protéger celle-ci et les espaces civiques, ainsi que sur le fonctionnement de la démocratie libérale à l’ère de l’après-vérité et les recommandations à suivre pour rendre la démocratie en Europe résiliente face aux risques systémiques. |
| 7.7. | À la suite de la priorité de la Commission concernant la simplification de la législation européenne et la réduction des formalités administratives, la société civile organisée devrait également être renforcée au moyen de procédures administratives simplifiées et en réduisant la bureaucratie inutile. L’extension des périodes de financement à un minimum de trois à cinq ans réduira également considérablement la charge administrative. Les procédures de demande et les obligations de déclaration actuelles font peser une charge excessive sur de nombreuses organisations de la société civile, ce qui revient à les exclure du financement de l’UE. Il en résulte une attribution inéquitable des fonds, qui bénéficie principalement aux organisations disposant des meilleures capacités administratives et de lobbying (28). La Commission doit inverser la tendance dangereuse que constitue la «marchandisation» de la société civile (29). |
| 7.8. | Outre ce qui précède, le CESE rappelle que toutes ces mesures ne suffiront pas à elles seules à protéger la démocratie dans l’UE. Il est essentiel et urgent de réduire parallèlement les inégalités sociales existantes. Comme l’ont démontré de nombreuses études universitaires (30), les partis populistes et extrémistes, en particulier ceux d’extrême droite, ont augmenté leurs scores en raison du ressentiment et de la frustration grandissants et de la crainte d’être laissés pour compte que suscitent les inégalités existantes chez de nombreux citoyens, ainsi que de la méfiance croissante à l’égard des institutions qui ne parviennent pas à réduire ces inégalités. Il est donc essentiel d’agir également dans ce domaine et d’élaborer une stratégie globale qui s’attaque simultanément à différents problèmes, afin de renforcer nos démocraties. |
Bruxelles, le 18 septembre 2025.
Le président
du Comité économique et social européen
Oliver RÖPKE
(1) Avis du Comité économique et social européen — Stratégie de l’UE visant à soutenir et protéger la société civile, ainsi qu’à lui donner les moyens d’agir (avis élaboré à la demande de la Commission européenne) (JO C, C/2025/5160, 28.10.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/5160/oj).
(2) Avis du Comité économique et social européen sur «Principes des services publics pour la stabilité du régime démocratique» (avis exploratoire à la demande de la présidence allemande) (JO C 56 du 16.2.2021, p. 29).
(4) Règlement (UE, Euratom) 2020/2092 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2020 relatif à un régime général de conditionnalité pour la protection du budget de l’Union (JO L 433 I du 22.12.2020, p. 1).
(5) Avis du Comité économique et social européen — Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions relative à la défense de la démocratie [COM(2023) 630 final] — Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant les règlements (UE) no 1024/2012 et (UE) 2018/1724 en ce qui concerne certaines exigences fixées par la directive (UE) XXXX/XXXX [COM(2023) 636 final] — Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil établissant des exigences harmonisées dans le marché intérieur en matière de transparence de la représentation d’intérêts exercée pour le compte de pays tiers et modifiant la directive (UE) 2019/1937 [COM(2023) 637 final] (JO C, C/2024/4061, 12.7.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4061/oj).
(6) https://about.make.org/articles-en/raising-the-democratic-shield-safeguarding-the-2024-european-parliament-elections.
(7) Le terme «société incivile» désigne les organisations bénévoles et de terrain qui ont pour objectif de saper la société libérale.
(9) Avis du Comité économique et social européen — Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions relative à la défense de la démocratie [COM(2023) 630 final] — Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant les règlements (UE) no 1024/2012 et (UE) 2018/1724 en ce qui concerne certaines exigences fixées par la directive (UE) XXXX/XXXX [COM(2023) 636 final] — Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil établissant des exigences harmonisées dans le marché intérieur en matière de transparence de la représentation d’intérêts exercée pour le compte de pays tiers et modifiant la directive (UE) 2019/1937 [COM(2023) 637 final] (JO C, C/2024/4061, 12.7.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4061/oj).
(10) Avis Comité économique et social européen — Protéger la démocratie contre la désinformation (avis d’initiative) (JO C, C/2024/4052, 12.7.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4052/oj).
(11) https://euvsdisinfo.eu/fr/.
(12) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Garantir la liberté et le pluralisme des médias en Europe» (avis d’initiative) (JO C 517 du 22.12.2021, p. 9).
(13) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Garantir la liberté et le pluralisme des médias en Europe» (avis d’initiative) (JO C 517 du 22.12.2021, p. 9).
(14) Reporters sans frontières, «Classement mondial 2025 de la liberté de la presse de RSF: la fragilité économique est l’une des principales menaces pour la liberté de la presse» (en anglais uniquement). Disponible en ligne à l’adresse suivante: https://rsf.org/en/rsf-world-press-freedom-index-2025-economic-fragility-leading-threat-press-freedom.
(16) Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil sur la protection des personnes qui participent au débat public contre les procédures judiciaires manifestement infondées ou abusives («poursuites stratégiques altérant le débat public») [COM(2022) 177 final — 2022/0117 (COD)] (JO C 75 du 28.2.2023, p. 143).
(17) Avis du CESE sur le thème « Les droits des journalistes et des professionnels des médias en matière de travail, en tant que garanties d’indépendance et d’information véridique » (en cours d’élaboration).
(18) Avis du CESE sur le thème « Les droits des journalistes et des professionnels des médias en matière de travail, en tant que garanties d’indépendance et d’information véridique » (en cours d’élaboration).
(19) Avis Comité économique et social européen — Protéger la démocratie contre la désinformation (avis d’initiative) (JO C, C/2024/4052, 12.7.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4052/oj), (paragraphe 1.13).
(20) Règlement (UE) 2024/900 du Parlement européen et du Conseil du 13 mars 2024 relatif à la transparence et au ciblage de la publicité à caractère politique (JO L, 2024/900, 20.3.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/900/oj).
(21) Conformément au règlement (UE) 2024/900 relatif à la transparence et au ciblage de la publicité à caractère politique, les éditeurs de ce type de publicité sont tenus de mettre en place des mécanismes permettant aux personnes physiques ou morales de leur signaler qu’une annonce publicitaire à caractère politique qu’ils ont publiée n’est pas conforme au règlement. Outre les citoyens, les journalistes et les partis politiques, les organisations de la société civile peuvent également jouer un rôle important à cet égard.
(22) Avis du Comité économique et social européen sur a) la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant les règlements (UE) no 1024/2012 et (UE) 2018/1724 en ce qui concerne l’utilisation du système d’information du marché intérieur et du portail numérique unique aux fins de certaines exigences prévues par la directive (UE) …/… du Parlement européen et du Conseil concernant les associations transfrontalières européennes [COM(2023) 515 final — 2023/0314 (COD)] et b) la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil relative aux associations transfrontalières européennes [COM(2023) 516 final — 2023/0315 (COD)] (JO C, C/2024/2102, 26.3.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/2102/oj).
(25) Avis du Comité économique et social européen — Stratégie de l’UE visant à soutenir et protéger la société civile, ainsi qu’à lui donner les moyens d’agir (avis élaboré à la demande de la Commission européenne) (JO C, C/2025/5160, 28.10.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/5160/oj).
(26) Règlement (UE) 2020/2092.
(27) Avis du Comité économique et social européen — Évaluation des rapports annuels de la Commission européenne sur l’état de droit dans l’Union européenne (avis d’initiative) (JO C, C/2025/1184, 21.3.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/1184/oj), (paragraphes 2.5.2.3 et 2.5.2.4).
(28) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Soutien et financement en faveur de la société civile dans le domaine des droits fondamentaux, de l’état de droit et de la démocratie» (avis d’initiative) (JO C, C/2023/861, 8.12.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/861/oj).
(29) https://www.lecese.fr/actualites/renforcer-le-financement-des-associations-une-urgence-democratique-le-cese-adopte-lavis.
(30) Voir, par exemple, Stoetzer, L. F., Giesecke, J., & Klüver, H. (2021), «How does income inequality affect the support for populist parties?», Journal of European Public Policy, 30(1), 1–20. https://doi.org/10.1080/13501763.2021.1981981; Engler, S., & Weisstanner, D. (2020), «The threat of social decline: income inequality and radical right support», Journal of European Public Policy, 28(2), 153–173. https://doi.org/10.1080/13501763.2020.1733636; Gidron, N., & Hall, P. A. (2017), «The politics of social status: Economic and cultural roots of the populist right», The British Journal of Sociology, 68(S1), 57–84. https://doi.org/10.1111/1468-4446.12319.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/25/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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