Avis du Comité économique et social européen — Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale [COM (2025) 173 final – 2025/90 COD]
| CELEX | 52025AE2043 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 16 juillet 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2025/5157 | 28.10.2025 |
Avis du Comité économique et social européen
Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale
[COM (2025) 173 final – 2025/90 COD]
(C/2025/5157)
Rapporteur:
Javier GARAT PÉREZ| Conseiller | Daniel VOCES DE ONAÍNDI (pour le rapporteur) |
| Procédure législative | |
| Consultation | Parlement européen, 7.7.2025 Conseil de l’Union européenne, 5.6.2025 |
| Base juridique | Article 192, paragraphe 1, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Documents de la Commission | Résumé du document COM(2025) 173 final |
| Objectifs de développement durable (ODD) pertinents | ODD 14 — Vie aquatique; ODD 16 — Paix, justice et institutions efficaces |
| Compétence | «Agriculture, développement rural et environnement» |
| Adoption en section | 25.6.2025 |
| Adoption en session plénière | 16.7.2025 |
| Session plénière no | 598 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 183/1/3 |
1. RECOMMANDATIONS
Le Comité économique et social européen (CESE):
| 1.1. | se félicite de la proposition de directive visant à intégrer dans le droit de l’Union l’accord international sur la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (BBNJ). Son principal objectif est de protéger les océans, de promouvoir l’utilisation durable des ressources marines, de prévenir la dégradation de l’environnement, de lutter contre le changement climatique et d’enrayer la perte de biodiversité. Cet accord, également connu sous le nom de traité sur la haute mer, contribuera à la réalisation des objectifs généraux et spécifiques fixés dans le cadre mondial de Kunming-Montréal en matière de biodiversité, dans la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et dans le programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies, en particulier l’objectif 14 (vie aquatique); |
| 1.2. | soutient la position de la Commission européenne visant à transposer strictement l’accord BBNJ dans l’acquis de l’UE, en maintenant une mise en œuvre uniforme et des conditions de concurrence équitables pour tous les acteurs opérant depuis le territoire de l’UE. Cette approche entraînera une accélération des procédures et une simplification administrative efficace. L’accord permettra de mettre en place des outils de gestion de l’espace, y compris des zones marines protégées en haute mer, d’exiger des évaluations environnementales pour de nouvelles activités, de réglementer le partage équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques marines et de soutenir les pays en développement par le financement, le renforcement des capacités et le transfert de technologies; |
| 1.3. | recommande de veiller à ce que l’accord BBNJ soit pleinement cohérent avec le cadre européen et les évaluations environnementales, ainsi qu’avec les accords multilatéraux en matière d’environnement auxquels l’Union européenne et ses États membres sont parties, de manière à garantir l’harmonisation et l’efficacité des politiques environnementales aux niveaux européen et international; |
| 1.4. | recommande, à cet égard, que, conformément aux règles du réseau Natura 2000 et à la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin», les mesures à prendre tiennent compte de la production alimentaire et des exigences économiques, sociales et culturelles, ainsi que des caractéristiques régionales et locales; |
| 1.5. | estime qu’il est essentiel de veiller à ce que la directive soutienne des transitions équitables et inclusives pour les secteurs potentiellement touchés par de nouvelles mesures de conservation ou de gestion spatiale; |
| 1.6. | partage l’avis de la Commission européenne selon lequel la transposition de l’accord BBNJ dans le droit de l’Union devrait être alignée sur les règles et politiques sectorielles de l’Union; |
| 1.7. | recommande que le nouveau cadre BBNJ agisse de manière coordonnée et complémentaire avec les organismes internationaux existants, tels que les organisations régionales de gestion des pêches (ORGP), la FAO et l’Organisation maritime internationale. À cet égard, comme le souligne l’accord lui-même, il convient de ne pas porter atteinte aux fonctions, mandats ou pouvoirs de ces organismes. Il convient de donner la priorité à la complémentarité et à la coordination afin d’éviter les chevauchements réglementaires et d’assurer la cohérence des politiques maritimes internationales; |
| 1.8. | demande, conformément au nouveau cadre mondial de Kunming-Montréal en matière de biodiversité, que d’ici à 2030, au moins 30 % des eaux de haute mer soient conservées et gérées de manière efficace au moyen de systèmes d’aires protégées qui soient écologiquement représentatives, bien connectées et gérées équitablement, ainsi que par d’autres mesures de conservation efficaces par zone. Ces actions devraient dans le même temps garantir l’exploitation durable des espèces sauvages, reconnaître et respecter les droits des peuples autochtones et des communautés locales et générer des avantages sociaux, économiques et environnementaux pour les populations; |
| 1.9. | souligne que de nombreuses ORGP mettent déjà en œuvre des mesures de gestion spatiale, y compris des aires marines protégées, et ont commencé à recenser d’autres mesures de conservation efficace par zone (AMCEZ), conformément aux objectifs 30 x 30. Cette expérience accumulée devrait être pleinement exploitée pour servir de base à la mise en œuvre effective et pratique de la BBNJ, en veillant à ce que la durabilité de la pêche ne soit pas compromise. Conformément à ses recommandations antérieures (1), le CESE demande la désignation de zones de protection stricte (zones de non-extraction) sur la base de critères scientifiques, évalués au cas par cas, en tenant compte des spécificités de chaque région et en assurant un juste équilibre entre la conservation de la biodiversité et la continuité des activités économiques; |
| 1.10. | souligne l’importance d’une coordination efficace entre les différentes institutions participant à la mise en œuvre de l’accord BBNJ. La transposition de la directive et sa mise en œuvre par les États membres devraient être assurées par plusieurs ministères et directions générales de la Commission européenne: environnement, affaires maritimes et pêche et transports, dans le cadre d’une approche intégrée et globale telle que promue par le nouveau pacte européen pour les océans, et dans le respect des compétences de chaque service et du principe de subsidiarité, en fonction de l’activité concernée. Il est donc recommandé de mettre en place des mécanismes de coopération interinstitutionnelle clairs afin de garantir une mise en œuvre cohérente, efficace et alignée sur les objectifs de l’UE en matière d’environnement, de transport et de pêche. |
2. NOTES EXPLICATIVES
Arguments à l’appui de la recommandation 1.4
| 2.1. | Le CESE estime opportun de suivre l’interprétation exposée par la Commission dans sa réponse au rapport de la Cour des comptes (2), dans laquelle elle affirme que «[l]a désignation de ZMP ne doit pas conduire à une restriction totale des activités humaines mais plutôt à l’instauration de mesures de gestion efficaces en fonction des objectifs de conservation de ces zones et en se fondant sur les meilleurs avis scientifiques disponibles». On retrouve cette même logique dans la directive «Habitats», où il est précisé que «[l]es mesures prises en vertu de la présente directive tiennent compte des exigences économiques, sociales et culturelles, ainsi que des particularités régionales et locales» (article 2, paragraphe 3), en plus de la nécessité de réaliser dans tous les cas une évaluation des incidences et de prendre des mesures dûment motivées (article 6, paragraphe 3). |
3. AMENDEMENTS PROPOSÉS À LA PROPOSITION LÉGISLATIVE DE LA COMMISSION
Amendement 1 — Considérant 7
(lié à la recommandation 1.3)
| Texte proposé par la Commission | Amendement du CESE | ||||
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Exposé des motifs
La directive devrait faire référence à des cadres juridiques qui reflètent les engagements et priorités actuels de l’Union en matière d’environnement, de mer et de climat.
Amendement 2 — Considérant 5
Lié à la recommandation 1.4
| Texte proposé par la Commission | Amendement du CESE | ||||
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Exposé des motifs
L’article 2, paragraphe 1, point b), de l’accord de Paris dispose que les efforts visant à faire face au changement climatique doivent être déployés «d’une manière qui ne menace pas la production alimentaire».
Amendement 3 — Article 17, paragraphe 3: nouveau point k)
(lié aux recommandations 1.4 et 1.5)
| Texte proposé par la Commission | Amendement du CESE | ||
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Exposé des motifs
Selon la législation environnementale européenne et le programme «Mieux légiférer» de l’UE, toute mesure de gestion proposée devrait évaluer les conséquences socio-économiques, y compris l’incidence sur la production alimentaire (conformément à l’accord de Paris).
Amendement 4 — Article 4, paragraphe 2, point a)
Lié à la recommandation 1.6
| Texte proposé par la Commission | Amendement du CESE | ||||
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Exposé des motifs
La directive devrait reconnaître non seulement les activités régies par les réglementations internationales en matière de pêche, mais aussi la législation européenne dans ce domaine.
Amendement 5 — Article 18, paragraphe 2
Lié à la recommandation 1.7
| Texte proposé par la Commission | Amendement du CESE |
| Les États membres encouragent , selon qu’il convient, l’adoption de mesures au titre des instruments et cadres juridiques pertinents et des organes mondiaux, régionaux, sous-régionaux et sectoriels pertinents dont ils sont membres, afin de soutenir la mise en œuvre des décisions prises et des recommandations formulées par la conférence des parties au titre de la partie III de l’accord BBNJ. | Lorsqu’ils prennent des décisions en vertu du présent chapitre, les États membres et la Commission européenne respectent les compétences des instruments et cadres juridiques pertinents et des organes mondiaux, régionaux, sous-régionaux et sectoriels pertinents et ne leur portent pas atteinte. Le cas échéant, ils encouragent l’adoption de mesures au sein de ces cadres et organes dont ils sont membres, afin de soutenir et faciliter la mise en œuvre des décisions prises et des recommandations adoptées par la conférence des parties au titre de la partie III de l’accord BBNJ. |
Exposé des motifs
Le CESE estime qu’il importe de faire référence aux dispositions de l’article 22, paragraphe 2, de l’accord BBNJ afin de garantir le bon fonctionnement et la coordination des instances internationales ainsi que la cohérence du système législatif international.
Amendement 6 — Nouvel article 3 bis
Lié à la recommandation 1.7
| Texte proposé par la Commission | Amendement du CESE |
|
| Article 3 bis |
|
| La présente directive est interprétée et appliquée d’une manière qui ne porte atteinte ni aux instruments et cadres juridiques pertinents, ni aux organes mondiaux, régionaux, sous-régionaux et sectoriels pertinents, et qui favorise la cohérence et la coordination avec ces instruments, cadres et organes. |
Exposé des motifs
Le CESE estime qu’il est important de faire référence aux dispositions de l’article 5, paragraphe 2, de l’accord BBNJ afin de garantir le bon fonctionnement et la coordination des instances internationales ainsi que la cohérence du système législatif international.
Bruxelles, le 16 juillet 2025.
Le président
du Comité économique et social européen
Oliver RÖPKE
(1) Avis du Comité économique et social européen — Recommandations de la société civile en vue d’un pacte européen pour les océans (avis exploratoire à la demande de la Commission européenne) (JO C, C/2025/2961, 16.6.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/2961/oj) et Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — «Plan d’action de l’UE: protéger et restaurer les écosystèmes marins pour une pêche durable et résiliente» [COM(2023) 102 final] ( JO C 349 du 29.9.2023, p. 127).
(2) Rapport spécial 26/2020, Cour des comptes européenne, p. 68: https://www.eca.europa.eu/Lists/ECADocuments/SR20_26/SR_Marine_environment_FR.pdf.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/5157/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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