Avis du Comité économique et social européen — Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) 2021/1119 établissant le cadre requis pour parvenir à la neutralité climatique [COM(2025) 524 final]
| CELEX | 52025AE2119 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 18 septembre 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/37 | 16.1.2026 |
Avis du Comité économique et social européen
Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) 2021/1119 établissant le cadre requis pour parvenir à la neutralité climatique
[COM(2025) 524 final]
(C/2026/37)
Rapporteur:
Teppo SÄKKINEN| Procédure législative | |
| Consultation | Parlement européen, 7.7.2025 Conseil, 15.7.2025 |
| Base juridique | Article 192, paragraphe 1, et article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Documents de la Commission | |
| Objectifs de développement durable (ODD) pertinents | ODD 13 — Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques |
| Compétence | Section «Agriculture, développement rural et environnement» |
| Adoption en section | 8.9.2025 |
| Adoption en session plénière | 18.9.2025 |
| Session plénière no | 599 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 169/4/3 |
1. RECOMMANDATIONS
| 1.1. | Le Comité économique et social européen (CESE) se félicite de la modification attendue de la loi sur le climat, qui propose un objectif contraignant de réduction des émissions nettes de gaz à effet de serre de 90 % d’ici à 2040 par rapport aux niveaux de 1990. Le CESE réaffirme son soutien à un objectif climatique consistant à réduire les émissions nettes de 90 % à l’horizon 2040, car il est conforme à l’évaluation scientifique de ce qui constitue la contribution équitable de l’Europe aux efforts à déployer pour respecter l’objectif de 1,5 °C (1). L’Europe étant le continent qui se réchauffe le plus rapidement, il est dans son intérêt de s’engager résolument en faveur d’une action mondiale pour le climat. |
| 1.2. | Le CESE approuve l’approche adoptée par la Commission qui inclut, à l’article 1er de la modification de la loi sur le climat, des lignes directrices pour un cadre facilitateur, conformément à la demande antérieure du CESE appelant à des politiques propices pour garantir la compétitivité des industries européennes et une transition juste, ainsi qu’à une utilisation rentable de toutes les technologies à émissions faibles ou nulles de carbone, seul moyen d’atteindre l’objectif ambitieux de 90 %. |
| 1.3. | Afin de maximiser l’influence diplomatique de l’Europe à la veille de la COP 30 et d’éviter une nouvelle érosion de sa crédibilité, le CESE demande au Conseil et au Parlement de s’entendre sur l’objectif climatique pour 2040 et les CDN associées, respectivement d’ici septembre et début octobre au plus tard. Cette échéance permettrait à l’Union européenne d’établir un dialogue constructif avec ses partenaires internationaux et d’autres grands émetteurs, en s’érigeant en chef de file de l’ambition mondiale. |
| 1.4. | Le CESE estime que la réduction des émissions au sein de l’Union devrait être la principale priorité de l’action pour le climat, reflétant le plus haut degré d’ambition. Le CESE reconnaît que les crédits internationaux pourraient offrir la flexibilité nécessaire à la réalisation de l’objectif pour 2040. Toutefois, leur utilisation devrait être strictement conditionnée à des critères d’intégrité élevés et se fonder sur le droit de l’Union et le mécanisme d’attribution de crédits de l’accord de Paris, afin de répondre aux préoccupations légitimes entourant leur intégrité et d’éviter qu’ils ne se substituent aux mesures nationales en faveur du climat ou ne causent un préjudice social ou environnemental. Les crédits devraient également être en phase avec les autres politiques extérieures et intérieures de l’Union. Le CESE recommande de créer, à l’échelle européenne, une entité chargée d’acheter les crédits, de les contrôler et d’en garantir la qualité. Les crédits internationaux ne devraient pas être autorisés à des fins de conformité au système d’échange de quotas d’émission (SEQE). |
| 1.5. | Le CESE relève qu’un futur élargissement de l’Union européenne coïncidera probablement avec le calendrier fixé pour l’objectif 2040. Il invite la Commission à clarifier l’incidence d’un tel élargissement sur l’objectif climatique à l’horizon 2040, en précisant notamment la manière dont l’année de référence 1990 et l’objectif de 90 % devront être calculés dans l’hypothèse d’une Union élargie. Le CESE encourage également la Commission à renforcer son soutien aux pays candidats afin qu’ils s’adaptent de manière anticipée aux politiques climatiques et énergétiques de l’Union. |
| 1.6. | Le CESE propose de donner la priorité aux crédits internationaux générés dans les pays candidats à l’adhésion. Ces pays étant susceptibles de devenir des États membres, il est probable que les projets concernés contribuent directement aux objectifs climatiques de l’Union. Sur la base de ce potentiel et du calendrier d’élargissement, le CESE propose d’autoriser, à partir de 2031, la prise en compte des crédits internationaux issus de pays candidats dans les efforts de contribution à l’objectif 2040. |
| 1.7. | Afin de soutenir l’élaboration du cadre d’action pour 2040, le CESE demande à la Commission de fournir une synthèse d’analyse d’impact centrée sur l’objectif de 90 %, incluant les effets d’un recours aux crédits internationaux. |
| 1.8. | Pour progresser sur la voie d’objectifs climatiques qui soutiennent la compétitivité européenne et la création d’emplois de qualité, le CESE recommande d’inclure l’exportation de technologies propres dans la modification de la loi sur le climat et de créer un tableau de bord pour une industrie propre qui mesurerait la croissance de l’emploi, de l’innovation et des exportations dans les secteurs «zéro net», afin d’orienter les mécanismes de contrôle de la compétitivité européenne et de privilégier des trajectoires de décarbonation axées sur les exportations. |
| 1.9. | Étant donné que le secteur agroalimentaire européen est particulièrement touché par le changement climatique, tout en subissant une concurrence mondiale soumise à des normes environnementales moins strictes, le CESE propose d’inclure la sécurité alimentaire dans la modification de la loi sur le climat afin d’en tenir compte dans les propositions législatives ultérieures. Le CESE insiste sur le rôle unique que peuvent jouer les agriculteurs et les propriétaires forestiers en tant que gardiens des puits de carbone terrestres. Des pratiques agricoles durables contribuent à réduire les émissions et à renforcer la résilience, tout en favorisant la préservation des ressources naturelles, de la biodiversité et d’écosystèmes sains, ainsi qu’en générant des effets positifs sur la production et la qualité de vie des collectivités rurales. |
| 1.10. | Le CESE souligne qu’il importe, pour s’assurer que le public soutienne la politique climatique de l’Europe et gagner à la cause tous les pans de la société, d’entretenir un large dialogue avec les parties prenantes, notamment tous les secteurs pertinents, les partenaires sociaux et la société civile, lors de l’élaboration du cadre pour l’après-2030 et des politiques qui l’accompagneront. Plus précisément, la lutte contre la précarité énergétique devrait faire l’objet d’une reconnaissance dans la modification de la loi sur le climat. |
| 1.11. | Conscient de l’urgence de renforcer la défense et la sécurité européennes, le CESE encourage la Commission à recenser et promouvoir des solutions technologiques à double usage qui servent à la fois les intérêts de la défense et du climat, telles que les énergies propres pour les infrastructures critiques, une énergie propre décentralisée pour la logistique militaire et des matériaux à faibles émissions de carbone pour les équipements et la construction. Ces synergies devraient être intégrées tant dans les stratégies climatiques que dans les stratégies industrielles. |
2. NOTES EXPLICATIVES
| 2.1. | Le Comité économique et social européen a été le premier organe européen à prendre position, dès 2024, sur l’objectif pour 2040. Il réaffirme les positions adoptées dans l’avis NAT/931 (2), notamment son soutien à un objectif climatique de 90 % à l’horizon 2040. Selon l’avis du conseil scientifique consultatif européen sur le changement climatique (ESABCC), un objectif de réduction nette des émissions intérieures compris entre 90 et 95 % d’ici à 2040 «place l’Union sur une trajectoire crédible et réaliste vers la neutralité climatique» (3). |
| 2.2. | Tout comme dans l’avis NAT/931, le CESE souligne que cet objectif est ambitieux et qu’il ne pourra être atteint que si les politiques propices sont mises en place pour garantir la compétitivité des industries européennes et une transition juste, et si toutes les technologies à émissions faibles ou nulles de carbone sont utilisées de manière rentable. En outre, les turbulences géopolitiques au cours de l’année écoulée ont amplifié la nécessité de renforcer la défense et la sécurité européennes. La fin progressive de sa dépendance aux importations de combustibles fossiles constitue également un enjeu de sécurité pour l’Europe. |
| 2.3. | Un objectif ambitieux pour 2040 suppose que l’objectif de réduire d’au moins 55 % les émissions nettes d’ici à 2030 aura été rempli. Le CESE se félicite de la récente évaluation (4) des plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC) réalisée par la Commission, dont il ressort que les États membres ont pratiquement comblé l’écart observé dans la réalisation des objectifs en matière d’énergie et de climat à l’horizon 2030. Le CESE invite à s’employer sans relâche à mettre en œuvre la législation «Ajustement à l’objectif 55» et à aider les entreprises et les ménages en Europe à s’adapter au nouvel environnement réglementaire. |
| 2.4. | La communication de la Commission de 2024 était accompagnée d’analyses d’impact portant sur l’objectif climatique à l’horizon 2040. L’objectif proposé de 90 % se situe entre deux possibilités de fourchettes analysées, à savoir 85-90 % et 90-95 %. Afin de soutenir l’élaboration du cadre d’action pour 2040, le CESE demande à la Commission de fournir une synthèse d’analyse axée sur l’objectif de 90 %, incluant les effets d’un recours aux crédits internationaux. |
| 2.5. | Dans son avis NAT/931, le CESE exposait plus largement ses préoccupations et propositions stratégiques concernant l’objectif climatique pour 2040. À l’appui de ces éléments, le présent avis se concentrera sur la modification proposée de la loi sur le climat et sur de nouvelles considérations apparues depuis l’adoption de l’avis précédent. |
L’objectif pour 2040 et la politique climatique mondiale
| 2.6. | Lors de sa session plénière de juillet 2025, le CESE a mis en avant les corrélations entre le climat, la paix et la sécurité, appelant l’Union européenne à se positionner comme chef de file crédible et résilient de la diplomatie climatique mondiale (REX/599). L’UE ne représentant que 6 % des émissions mondiales, l’atténuation des effets du changement climatique visant à limiter la hausse des températures à 1,5 °C exige de dialoguer avec d’autres grands émetteurs, en plus de mener une action climatique solide à l’échelle de l’Union. |
| 2.7. | L’objectif pour 2040 constitue la base de la nouvelle contribution déterminée au niveau national (CDN) de l’UE, qui devrait être soumise en septembre au plus tard pour la COP 30 au Brésil. Le CESE demande instamment au Conseil et au Parlement de procéder sans délai à l’adoption de l’objectif pour 2040 et de la CDN associée, incluant un objectif indicatif à l’horizon 2035. L’échec de l’Europe à soumettre une CDN a d’ores et déjà terni sa réputation dans le cadre des négociations mondiales sur le climat et affaibli sa capacité à faire pression sur d’autres grandes économies pour qu’elles adoptent des CDN ambitieuses. |
| 2.8. | Le paysage mondial de la diplomatie climatique ne cesse de se complexifier, en particulier depuis le retrait, pour la deuxième fois, des États-Unis de l’accord de Paris. Des évolutions positives sont toutefois à souligner. Le CESE relève en particulier l’accord historique de l’Organisation maritime internationale (OMI) sur la réglementation «zéro net» pour le transport maritime mondial, qui crée de fait le tout premier mécanisme mondial de tarification des émissions (5). |
| 2.9. | La Chine est le premier émetteur mondial et ses émissions historiques cumulées ont dépassé en 2023 celles de l’Union européenne (6). Cependant, les émissions chinoises pourraient atteindre leur plafond en 2025, grâce au déploiement important d’énergies propres dans le pays (7). Ce pic pourrait également annoncer celui des émissions mondiales durant les années 2020, conformément aux projections de l’Agence internationale de l’énergie dans l’édition 2023 de ses perspectives énergétiques mondiales (8). Toutefois, de nouveaux facteurs de consommation énergétique, tels que les centres de données et l’IA, pourraient entraver cette évolution s’ils s’appuient sur la production d’énergies fossiles. La Chine prévoit de soumettre, pour l’ensemble de son économie, une CDN qui englobe tous les gaz à effet de serre. |
| 2.10. | Bien que concurrente économique et rivale systémique de l’Union européenne, la Chine n’en est pas moins un partenaire incontournable pour atténuer les effets du changement climatique. L’UE et la Chine pourraient agir comme le «double moteur» (9) de la gouvernance climatique internationale et de la décarbonation, en lieu et place de la coopération entre la Chine et les États-Unis qui avait été essentielle à l’obtention de l’accord de Paris. Parallèlement, réduire les risques d’une dépendance excessive à l’égard de la Chine et de ses technologies, composants et matières premières critiques demeure une priorité stratégique pour l’Europe. L’Union devrait profiter de l’établissement d’un objectif climatique solide à l’horizon 2040 pour inciter la Chine à se doter d’un objectif tout aussi ambitieux. |
| 2.11. | Un éventuel recours à l’article 6 de l’accord de Paris pour contribuer à la réalisation d’une partie de l’objectif 2040 de l’UE pourrait servir de levier au renforcement de la coopération Nord-Sud en matière climatique, en plus du financement de l’action climatique. Le retrait des États-Unis de la coopération bilatérale et multilatérale en matière de climat et d’énergie ne doit pas laisser la Chine se positionner comme seul partenaire des pays en développement pour leur transition vers une énergie propre. |
Élargissement de l’Union et objectif climatique pour 2040
| 2.12. | Le CESE relève qu’un futur élargissement de l’Union européenne coïncidera probablement avec le calendrier fixé pour l’objectif 2040. Si l’adhésion de nouveaux États membres entraînera une augmentation des émissions totales de l’UE, elle sera aussi l’occasion de stimuler la transformation de leurs secteurs de l’énergie et de l’industrie, en les intégrant dans l’architecture de la politique climatique de l’Union. L’élargissement de l’Union européenne peut donc se révéler un puissant instrument au service de l’action pour le climat. De nouveaux États membres peuvent contribuer à la décarbonation de l’ensemble de l’Union, en ouvrant l’accès aux ressources naturelles, aux capacités industrielles et à l’expertise énergétique. Dans le même temps, les pays candidats pourraient éprouver des difficultés à se conformer aux politiques européennes en matière de climat et d’énergie, comme le SEQE. |
| 2.13. | Les pays candidats engagés actuellement dans des négociations d’association — les Balkans occidentaux, l’Ukraine et la Moldavie — représentent 10 à 15 % des émissions totales de l’UE. Alors que les émissions sont restées stables dans de nombreux pays candidats, il est possible qu’elles repartent à la hausse pendant que celles de l’Union continuent de diminuer. L’Ukraine est durement touchée par la guerre d’agression brutale que lui mène la Russie. Le CESE souligne que l’absence de progrès en matière d’émissions dans de futurs États membres ne manquera pas d’affecter la capacité de l’Union européenne à atteindre ses objectifs climatiques, en particulier ceux à l’horizon 2040 et 2050, ainsi que ses CDN. Il est dès lors dans son intérêt de soutenir la décarbonation des pays candidats. |
| 2.14. | Le CESE invite la Commission à clarifier l’incidence d’un élargissement sur l’objectif climatique à l’horizon 2040, en précisant notamment la manière dont l’année de référence 1990 et l’objectif de 90 % devront être calculés dans l’hypothèse d’une Union élargie. Il invite également la Commission à renforcer son soutien aux pays candidats pour les aider à s’adapter de manière anticipée aux politiques climatiques et énergétiques de l’Union. L’utilisation éventuelle de crédits internationaux dans le cadre de l’objectif climatique à l’horizon 2040 pourrait constituer un moyen efficace de soutenir les pays candidats, tout en contribuant directement aux CDN et aux objectifs climatiques de l’UE. |
Les crédits internationaux dans le cadre de l’objectif pour 2040 et de la politique climatique de l’UE
| 2.15. | Dans la modification de la loi sur le climat, la Commission propose, à partir de 2036, une éventuelle contribution limitée des crédits carbone internationaux de haute qualité, visés à l’article 6 de l’accord de Paris, à la réalisation de l’objectif pour 2040, correspondant à 3 % maximum des émissions nettes de l’Union en 1990. L’article 6 permet aux parties de coopérer et de procéder à des échanges de réductions et d’absorptions d’émissions. Les règles et directives en suspens concernant l’article 6 ont enfin été adoptées en 2024 lors de la COP 29 de Bakou. |
| 2.16. | Bien qu’il ait été possible de recourir aux crédits internationaux dans le cadre du système européen d’échange de quotas d’émission jusqu’en 2020, le cadre actuel de la politique climatique de l’Union ne permet pas de les utiliser pour atteindre son objectif climatique. Toutefois, certains États membres prévoient de recourir à l’article 6 pour atteindre leurs objectifs climatiques nationaux qui dépassent le cadre des obligations de l’UE. |
| 2.17. | La coopération internationale et l’article 6 peuvent ouvrir la voie à un renforcement de l’action et des ambitions climatiques en permettant aux parties de soutenir des projets d’atténuation lorsque le gain climatique le plus élevé peut être atteint au coût le plus bas. L’article 6 peut également servir de levier au renforcement de la coopération Nord-Sud en matière de climat et soutenir les objectifs de développement durable. Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement, 60 pays ont déjà signé des accords bilatéraux prévoyant d’utiliser l’article 6, soit en tant que bailleurs de fonds, soit en tant que pays hôtes des résultats d’atténuation (10). |
| 2.18. | Le CESE reconnaît qu’un recours limité aux crédits internationaux pourrait offrir la flexibilité nécessaire pour atteindre l’objectif ambitieux de 90 %. Toutefois, l’intégrité des crédits émis au titre de l’article 6 soulève de vives préoccupations. Les projets financés par des crédits carbone ont été critiqués pour leur manque de transparence, d’additionnalité et d’implication des populations locales. Le CESE note que l’ESABCC a déconseillé (11) de recourir à des crédits internationaux pour atteindre l’objectif 2040, car cela risquerait de détourner certains financements au détriment d’investissements sur le territoire européen et de compromettre l’intégrité environnementale. |
| 2.19. | Le CESE estime dès lors nécessaire que l’origine, les critères de qualité et les autres conditions relatives à l’acquisition et à l’utilisation de crédits carbone internationaux soient régis par le droit de l’Union, comme l’envisage la Commission. Il est essentiel de surveiller de près l’utilisation des crédits carbone internationaux afin de s’assurer du respect des conditions juridiques préalablement établies. Le recours à ces crédits devrait reposer sur une analyse d’impact approfondie. |
| 2.20. | Le CESE recommande que toute intégration des crédits internationaux dans l’architecture climatique de l’Union soit strictement conditionnée à des critères d’intégrité élevés. Ces exigences devraient être définies en collaboration avec l’ESABCC et l’organe de supervision visé à l’article 6, paragraphe 4, de l’accord de Paris, sur la base du mécanisme d’attribution de crédits. Afin de renforcer la transparence et d’éviter de compromettre les ambitions européennes, ces crédits ne doivent pas se substituer aux efforts sectoriels déployés au sein de l’Union au moyen de solutions de décarbonation présentant un bon rapport coût-efficacité. De même, ils ne devraient être acceptés que dans le cadre de projets dont l’additionnalité et les garanties sociales et environnementales peuvent être démontrées. |
| 2.21. | Au-delà des critères d’intégrité, le recours aux crédits internationaux devra aussi respecter les autres objectifs de politique intérieure et extérieure de l’Union, y compris pour ce qui concerne le type et le contenu des projets et leurs pays hôtes. Il conviendra d’éviter tout projet susceptible de financer directement des concurrents stratégiques des industries européennes. Les projets devront également viser des retombées en matière de développement durable, comme l’éradication de la précarité énergétique, et s’attacher à promouvoir l’emploi et l’exportation de solutions climatiques et technologies propres européennes. |
| 2.22. | Le choix des pays hôtes pour les projets au titre de l’article 6 peut servir à renforcer les partenariats extérieurs de l’Union. Afin de créer des synergies stratégiques et d’en accroître l’impact, il serait judicieux de privilégier des projets dans des pays hôtes associés à des initiatives telles que les partenariats pour des échanges et des investissements propres, les partenariats pour une transition énergétique juste, la politique européenne de voisinage, ou encore l’aide aux pays les moins avancés. Comme le relève la Commission, l’utilisation des crédits internationaux devrait susciter des CDN plus ambitieuses dans les pays hôtes. |
| 2.23. | Le CESE invite en particulier à explorer la piste d’une coopération au titre de l’article 6 avec les pays candidats, car cela pourrait favoriser leur parcours d’adhésion et contribuer directement à la réalisation des CDN et des objectifs climatiques de l’Union. Ainsi, les crédits internationaux générés dans les pays candidats seront moins susceptibles de se substituer à des mesures en faveur du climat prises à l’échelle européenne. Sur la base de ce potentiel et du calendrier d’élargissement, le CESE propose d’autoriser, à partir de 2031, la prise en compte des crédits internationaux issus de pays candidats dans les efforts de contribution à l’objectif 2040. Ces crédits devraient répondre aux mêmes normes de qualité élevées que les autres crédits autorisés. En vue de faciliter une transformation systémique et l’alignement sur les politiques européennes en matière de climat et d’énergie, l’attribution de crédits d’action politique devrait être envisagée (12). |
| 2.24. | Un organe ou une plateforme à l’échelle européenne pourrait mettre en commun la demande, accroître les retombées et gains climatiques des projets, ainsi que surveiller et garantir la qualité des projets par rapport à ceux acquis individuellement par les États membres. Le CESE recommande de procéder à une analyse comparative d’exemples internationaux, tels que le mécanisme de crédit conjoint du Japon ou la Fondation Klik en Suisse, et d’examiner l’opportunité de créer une entité similaire au sein de l’Union. |
| 2.25. | Il existe plusieurs manières d’intégrer la coopération internationale au cadre d’action de l’UE en matière de climat, par exemple par secteur (SEQE, RRE et UTCATF) et par acteur (la Commission, l’État membre ou les entreprises). Le CESE souscrit à la proposition de la Commission, qui s’oppose à ce que ces crédits internationaux soient utilisés pour se conformer au SEQE. Les crédits internationaux devraient dès lors être principalement utilisés par les États membres, avec le soutien de la Commission. |
| 2.26. | Le SEQE est le principal instrument dont dispose l’UE pour réduire ses émissions et atteindre ses objectifs climatiques à l’horizon 2030 et 2040. La prévisibilité du prix du carbone est essentielle pour assurer la rentabilité des investissements dans la décarbonation. Par conséquent, le CESE souligne la nécessité de préserver l’intégrité du système et met en garde contre la réintroduction des crédits internationaux dans le SEQE, sous peine de perturber le marché. Un meilleur moyen d’améliorer le SEQE serait d’y arrimer de solides mesures d’absorption de carbone prises au niveau national. |
Rôle des absorptions et flexibilités
| 2.27. | Le CESE met l’accent sur les réductions effectives des émissions de carbone moyennant la sortie progressive des combustibles fossiles. Si les absorptions de carbone jouent un rôle grandissant pour atteindre les objectifs climatiques de l’Union dans le cadre de la décarbonation, s’en remettre de façon excessive à des puits terrestres et industriels entraîne des incertitudes et le risque d’un enfermement dans la dépendance aux ressources fossiles ou de la disparition de puits en raison de feux de forêt, d’organismes nuisibles ou d’autres aléas. Les absorptions remplissent un rôle complémentaire important. Bien que la flexibilité entre les secteurs puisse contribuer à la réalisation des objectifs climatiques par des moyens économiquement efficaces, la priorité doit être donnée aux réductions d’émissions. |
| 2.28. | Dans son avis NAT/931, le CESE invitait la Commission à procéder à une évaluation scientifique et économique de l’équilibre entre réductions et absorptions. Une récente modélisation effectuée par l’ESABCC et le centre commun de recherche (JRC) (13) laisse planer une grande incertitude sur la capacité estimée des puits terrestres au-delà de 2030, en raison de leur vulnérabilité croissante aux changements climatiques. Le CESE suggère dès lors d’inclure dans l’objectif pour 2040 un indice de précaution pour les absorptions de carbone terrestres, qui ne dépasserait pas 5 % de l’effort total, par exemple. Cette mesure de précaution veillerait à donner la priorité aux réductions d’émissions directes, tout en réaffirmant la nécessité de maintenir et de gérer les puits de carbone. |
| 2.29. | Le CESE insiste sur le rôle unique que peuvent jouer les agriculteurs et les propriétaires forestiers en tant que gardiens des puits de carbone terrestres, ceux-ci étant tout à la fois capables d’intensifier les captures de carbone atmosphérique et de produire de la biomasse pour remplacer les matières fossiles. Le cadre de certification relatif aux absorptions de carbone et à l’agrostockage de carbone (CRCF) devrait être mis en œuvre d’urgence pour encourager ces pratiques. Les solutions naturelles, allant de l’agroforesterie aux zones humides en passant par la végétalisation de l’espace urbain, comportent également leur lot d’avantages en matière d’adaptation et de biodiversité. |
| 2.30. | Le CESE souligne que la sécurité alimentaire doit rester au cœur de la politique climatique et agricole, d’autant plus que les effets du changement climatique mettent en péril la production alimentaire dans le monde entier. Il réitère ainsi son appel, formulé dans l’avis NAT/931, à établir un objectif indicatif de réduction des émissions pour le secteur agroalimentaire, en concertation étroite avec les agriculteurs et autres parties prenantes. |
| 2.31. | Le CESE soutient l’inclusion de solides mesures d’absorptions industrielles dans le SEQE, comme le propose la Commission. Il relève que, selon l’analyse d’impact, des émissions résiduelles demeurent dans le secteur relevant du SEQE, même selon les scénarios les plus ambitieux. Par conséquent, l’inclusion des absorptions permanentes, principalement au moyen des technologies BECCS et DACCS, peut contribuer à gérer la liquidité du marché en recul, à compenser les émissions difficiles à réduire et à fournir des mesures d’incitation pour intensifier le captage du carbone. |
Politiques propices à l’objectif climatique pour 2040
| 2.32. | Un objectif climatique ambitieux doit aller de pair avec des politiques propices à la compétitivité européenne, à une transition juste et à une utilisation rentable de toutes les technologies à émissions faibles ou nulles de carbone. Par conséquent, le CESE se félicite de l’approche de la Commission consistant à inclure dans la modification de la loi sur le climat des lignes directrices pour les propositions législatives à venir. Ces lignes directrices reflètent, dans l’ensemble, les considérations économiques, sociales et environnementales nécessaires à la réalisation des objectifs climatiques de l’Union européenne. Elles doivent orienter la préparation de l’architecture de la politique climatique après 2030, et notamment d’analyses d’impact approfondies, et s’attacher à la mise en œuvre. |
| 2.33. | Le CESE se réjouit du regain d’attention accordé à la compétitivité européenne dans le pacte pour une industrie propre. Dans son avis NAT/931, il invitait la Commission à élargir le contrôle de la compétitivité pour établir une comparaison avec d’autres grandes économies, notamment avec leurs politiques climatiques, énergétiques et industrielles ainsi qu’avec leurs indicateurs économiques. À la lumière des évolutions récentes aux États-Unis, dont le démantèlement des subventions à l’industrie et l’énergie propres dans le cadre de la loi sur la réduction de l’inflation (IRA), l’Union européenne pourrait se profiler comme la destination privilégiée pour les investissements dans la fabrication de technologies et matériaux propres. L’Europe devrait également s’efforcer d’accroître systématiquement les exportations de son secteur des technologies propres, qui ont augmenté plus rapidement que celles des États-Unis mais restent à la traîne derrière la Chine, comme indiqué dans la communication intitulée «Mettre en œuvre le pacte pour une industrie propre» (14). Un tableau de bord pour une industrie propre pourrait être créé pour mesurer la croissance de l’emploi, de l’innovation et des exportations dans les secteurs «zéro net». |
| 2.34. | Le maintien d’une base industrielle européenne dynamique est une composante essentielle d’une autonomie stratégique ouverte et un fondement indispensable à la fabrication de technologies et matériaux propres. Selon une analyse des données d’Eurostat (15), les pays de l’Union ont perdu plus de 850 000 emplois industriels entre 2019 et 2023. Le CESE souligne la nécessité de se prémunir contre les fuites de carbone et de promouvoir des conditions de concurrence équitables grâce à des accords multilatéraux, à des négociations commerciales et aux politiques de l’Union. Le CESE appelle une nouvelle fois de ses vœux un train de mesures en faveur d’une transition juste dans le monde du travail par l’anticipation et la gestion du changement, avec comme principes directeurs le dialogue social et la négociation collective (16). |
| 2.35. | La politique climatique n’est pas seulement un moteur pour l’industrie et l’innovation: elle revêt également une dimension cruciale sur le plan social. Il est essentiel de lutter contre la précarité énergétique et de renforcer la cohésion sociale pour faire en sorte que la transition soit acceptée du public et qu’elle soit équitable, et ainsi renforcer la crédibilité et la durabilité de l’action climatique. Le Fonds social pour le climat doit impérativement être mis en œuvre de façon efficace, afin de protéger les ménages et les populations vulnérables des coûts liés à la transition. |
| 2.36. | Le CESE reconnaît qu’il est urgent pour l’Europe de renforcer sa défense, sa sécurité et sa préparation, tout en s’efforçant d’atteindre ses objectifs climatiques. Selon Bruegel (17), plusieurs synergies peuvent être trouvées entre le climat et la défense, par exemple dans les domaines de l’énergie propre, de l’innovation, de la transition juste et de la préparation. Le CESE invite la Commission à définir et promouvoir activement toute piste soutenant que l’indispensable attention à accorder à la défense et à l’industrie de la défense peut également contribuer aux objectifs climatiques. En outre, une action décisive en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique est tout aussi essentielle à la sécurité et à la préparation européennes. Selon l’analyse d’impact, les efforts visant à réduire les émissions de 90 % pourraient limiter radicalement la dépendance de l’Union européenne envers les importations d’énergie — de plus de 55 % à 25 % — et contribuer ainsi à l’arrêt progressif des importations d’énergie russe. |
3. AMENDEMENTS PROPOSÉS À LA PROPOSITION LÉGISLATIVE DE LA COMMISSION
Amendement 1
lié à la recommandation 1.4
| Texte proposé par la Commission | Amendement du CESE |
| À partir de 2036, une éventuelle contribution limitée des crédits internationaux de haute qualité, visés à l’article 6 de l’accord de Paris, à la réalisation de l’objectif pour 2040, correspondant à 3 % des émissions nettes de l’Union en 1990, en vue d’aider l’Union et les pays tiers à réaliser des trajectoires de réduction des émissions nettes de gaz à effet de serre compatibles avec l’objectif de l’accord de Paris consistant à contenir l’élévation de la température moyenne de la planète bien en deçà de 2 °C et à poursuivre les efforts visant à limiter la hausse des températures à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, l’origine, les critères de qualité et les autres conditions relatives à l’acquisition et à l’utilisation de ces crédits étant régis par le droit de l’Union; | À partir de 2036, et à partir de 2031 pour les crédits issus de pays candidats à l’adhésion en phase active de négociations d’association, une éventuelle contribution limitée des crédits internationaux de haute qualité, visés à l’article 6 de l’accord de Paris, à la réalisation de l’objectif pour 2040, correspondant à 3 % des émissions nettes de l’Union en 1990, en vue d’aider l’Union et les pays tiers à réaliser des trajectoires de réduction des émissions nettes de gaz à effet de serre compatibles avec l’objectif de l’accord de Paris consistant à contenir l’élévation de la température moyenne de la planète bien en deçà de 2 °C et à poursuivre les efforts visant à limiter la hausse des températures à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, l’origine, les critères de qualité et les autres conditions relatives à l’acquisition et à l’utilisation de ces crédits étant régis par le droit de l’Union; |
Exposé des motifs
Énoncé dans les chapitres «Élargissement de l’Union et objectif climatique pour 2040» et «Les crédits internationaux dans le cadre de l’objectif pour 2040 et de la politique climatique de l’UE».
Amendement 2
lié à la recommandation°1.4
| Texte proposé par la Commission | Amendement du CESE |
| À partir de 2036, une éventuelle contribution limitée des crédits internationaux de haute qualité, visés à l’article 6 de l’accord de Paris, à la réalisation de l’objectif pour 2040, correspondant à 3 % des émissions nettes de l’Union en 1990, en vue d’aider l’Union et les pays tiers à réaliser des trajectoires de réduction des émissions nettes de gaz à effet de serre compatibles avec l’objectif de l’accord de Paris consistant à contenir l’élévation de la température moyenne de la planète bien en deçà de 2 °C et à poursuivre les efforts visant à limiter la hausse des températures à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, l’origine, les critères de qualité et les autres conditions relatives à l’acquisition et à l’utilisation de ces crédits étant régis par le droit de l’Union; | À partir de 2036, une éventuelle contribution limitée , excluant leur utilisation aux fins de se conformer au SEQE, des crédits internationaux de haute qualité, visés à l’article 6 de l’accord de Paris, à la réalisation de l’objectif pour 2040, correspondant à 3 % des émissions nettes de l’Union en 1990, en vue d’aider l’Union et les pays tiers à réaliser des trajectoires de réduction des émissions nettes de gaz à effet de serre compatibles avec l’objectif de l’accord de Paris consistant à contenir l’élévation de la température moyenne de la planète bien en deçà de 2 °C et à poursuivre les efforts visant à limiter la hausse des températures à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, l’origine, les critères de qualité , les outils de suivi, de rapportage, de transparence et de responsabilité, et les autres conditions relatives à l’acquisition et à l’utilisation de ces crédits étant régis par le droit de l’Union; |
Exposé des motifs
Énoncé dans les chapitres «Élargissement de l’Union et objectif climatique pour 2040» et «Les crédits internationaux dans le cadre de l’objectif pour 2040 et de la politique climatique de l’UE».
Amendement 3
lié à la recommandation°1.4
| Texte proposé par la Commission | Amendement du CESE | ||||
|
|
Exposé des motifs
Énoncé dans le chapitre «Politiques propices à l’objectif climatique pour 2040».
Amendement 4
lié à la recommandation 1.8
| Texte proposé par la Commission | Amendement du CESE | ||||
|
|
Exposé des motifs
Énoncé dans le chapitre «Politiques propices à l’objectif climatique pour 2040».
Amendement 5
lié à la recommandation 1.9
| Texte proposé par la Commission | Amendement du CESE | ||
| ajouter un nouveau point (x) à l’article 1er, paragraphe 5 |
|
Exposé des motifs
Énoncé dans le chapitre «Rôle des absorptions et flexibilités».
Bruxelles, le 18 septembre 2025.
Le président
du Comité économique et social européen
Oliver RÖPKE
(1) Avis du Comité économique et social européen — Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions Garantir notre avenir — Objectif climatique de l’Europe pour 2040 et voie vers la neutralité climatique à l’horizon 2050 pour une société durable, juste et prospère [COM(2024) 63 final] (JO C, C/2024/4667, 9.8.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4667/oj).
(2) Avis du Comité économique et social européen — Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions Garantir notre avenir — Objectif climatique de l’Europe pour 2040 et voie vers la neutralité climatique à l’horizon 2050 pour une société durable, juste et prospère [COM(2024) 63 final] (JO C, C/2024/4667, 9.8.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4667/oj).
(3) ESABCC 2025, Poursuivre l’action climatique est essentiel à la sécurité et à la compétitivité de l’Union européenne, https://climate-advisory-board.europa.eu/reports-and-publications/scientific-advice-for-amending-the-european-climate-law-setting-climate-goals-to-strengthen-eu-strategic-priorities/fr-loi-europeenne-sur-le-climat_communique-de-presse.pdf.
(4) https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_25_1337.
(5) https://www.imo.org/fr/MediaCentre/PressBriefings/pages/IMO-approves-netzero-regulations.aspx.
(6) Carbon Brief 2024, Analysis: China’s emissions have now caused more global warming than EU, https://www.carbonbrief.org/analysis-chinas-emissions-have-now-caused-more-global-warming-than-eu/.
(7) Carbon Brief 2025, https://www.carbonbrief.org/analysis-clean-energy-just-put-chinas-co2-emissions-into-reverse-for-first-time/.
(8) Agence internationale de l’énergie 2023, World Energy Outlook 2023, https://www.iea.org/reports/world-energy-outlook-2023.
(9) IPEE, CGTN Europe 2025, Powering the Twin Engines: Navigating China-EU Climate Cooperation, https://ieep.eu/wp-content/uploads/2025/06/Powering-the-Twin-Engines-Navigating-China-EU-Climate-Cooperation-2025.pdf.
(10) https://unepccc.org/article-6-pipeline/.
(11) Poursuivre l’action climatique est essentiel à la sécurité et à la compétitivité de l’Union européenne.
(12) Perspectives Climate Group 2025, Methodologies for policy crediting under the Paris Agreement Crediting Mechanism, https://perspectives.cc/publication/methodologies-for-policy-crediting-under-the-paris-agreement-crediting-mechanism/.
(13) ESABCC 2025 https://climate-advisory-board.europa.eu/reports-and-publications/2025-02-21-scaling-up-carbon-dioxide-removals-recommendations-for-navigating-opportunities-and-risks-in-the-eu.pdf/@@download/file; JRC 2025 https://joint-research-centre.ec.europa.eu/jrc-news-and-updates/european-forest-carbon-sink-declining-can-we-reverse-trend-2025-07-30_en.
(14) Commission européenne 2025, COM(2025) 378; https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:52025DC0378&qid=1756291864704.
(15) Confédération européenne des syndicats (CES) 2024: L’UE perd près d’un million d’emplois dans l’industrie manufacturière en seulement quatre ans, https://www.etuc.org/fr/pressrelease/lue-perd-pres-dun-million-demplois-dans-lindustrie-manufacturiere-en-seulement-quatre.
(16) Avis du Comité économique et social européen — Vers une proposition législative sur la transition juste et des outils stratégiques de l’UE à même de renforcer la dimension sociale du pacte vert pour l’Europe (avis d’initiative) (JO C, C/2025/772, 11.2.2025, ELI: https://eur-lex.europa.eu/eli/C/2025/772/oj).
(17) Bruegel 2025, https://www.bruegel.org/analysis/defence-and-climate-seven-points-common-agenda.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/37/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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