Avis institutionnel52025AE2179

Avis du Comité économique et social européen — Proposition de règlement du parlement européen et du conseil relatif à la suppression progressive des importations de gaz naturel russe et à l’amélioration de la surveillance des dépendances énergétiques potentielles, et modifiant le règlement (UE) 2017/1938 [COM(2025) 828 final]

CELEX52025AE2179
TypeAvis institutionnel
Datejeudi 18 septembre 2025

Résumé IA

Le Comité économique et social européen (CESE) approuve la proposition de règlement visant à supprimer progressivement les importations de gaz naturel russe, tout en renforçant la surveillance des dépendances énergétiques des États membres. Cet avis souligne la nécessité d'une transition énergétique coordonnée et sécurisée, en veillant à la protection des consommateurs et à la compétitivité des entreprises européennes. Il modifie le règlement (UE) 2017/1938 sur la sécurité de l'approvisionnement en gaz pour intégrer ces nouvelles obligations de suivi et de réduction des dépendances.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2026/40

16.1.2026

Avis du Comité économique et social européen

Proposition de règlement du parlement européen et du conseil relatif à la suppression progressive des importations de gaz naturel russe et à l’amélioration de la surveillance des dépendances énergétiques potentielles, et modifiant le règlement (UE) 2017/1938

[COM(2025) 828 final]

(C/2026/40)

Rapporteur:

Jacek KRAWCZYK

Procédure législative

EU Law Tracker

Saisine du Comité

Conseil de l’Union européenne, 9.7.2025

Parlement européen, 8.9.2025

Base juridique

Article 194 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Documents de la Commission

Résumé du document COM(2025) 828 final

Compétence

Section «Transports, énergie, infrastructures et société de l’information»

Adoption en section

4.9.2025

Adoption en session plénière

18.9.2025

Session plénière no

599

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

88/0/7

PRÉAMBULE

L’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie a ébranlé le monde entier, la souveraineté et l’intégrité territoriale des pays étant inscrites dans les principes fondamentaux du droit international. Dans sa résolution de mars 2022, le Comité économique et social européen (CESE) a fermement condamné l’agression unilatérale contre l’Ukraine ordonnée par le président de la Fédération de Russie (1). La Russie représente la principale menace pour la sécurité européenne dans un avenir proche.

1. RECOMMANDATIONS

Le Comité économique et social européen (CESE):

1.1.

accueille favorablement la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à la suppression progressive des importations de gaz naturel russe et à l’amélioration de la surveillance des dépendances énergétiques potentielles, et modifiant le règlement (UE) 2017/1938 (2) (ci-après, la «proposition»). L’abandon complet des importations de gaz et de pétrole russes est à la fois un impératif pour l’UE et un objectif techniquement réalisable. Les années 2023 et 2024 ont montré que l’Europe pouvait couvrir ses besoins en gaz et en pétrole en recourant à des sources alternatives, en s’appuyant sur les infrastructures existantes et en déployant des énergies propres;

1.2.

encourage les législateurs européens à traiter rapidement la proposition à l’examen afin de permettre sa mise en œuvre immédiate. Il est hautement souhaitable de raccourcir les délais de suppression progressive proposés;

1.3.

est conscient que l’UE doit accorder la priorité à l’abandon progressif du gaz et du pétrole russes en 2026, en veillant à ce que cet objectif soit pleinement et définitivement atteint d’ici la fin de l’année 2027 au plus tard, et reconnaît qu’il est urgent de cesser de financer l’effort de guerre de la Russie et de placer la sécurité de l’UE au-dessus des gains financiers à court terme supposés de quelques États membres. Le budget de la Russie est un budget de guerre. Les importations de combustibles fossiles russes par l’Union ont atteint 21,9 milliards d’EUR en 2024, ce qui dépasse les 18,7 milliards d’EUR d’aide financière fournie à l’Ukraine;

1.4.

se félicite que la proposition repose sur un cadre juridique robuste, sachant que c’est là un élément essentiel qui fournira aux entreprises et aux États membres une base solide pour mettre fin aux contrats en cours, en anticipant d’éventuelles actions en justice. Le CESE invite instamment le Conseil et le Parlement à tout mettre en œuvre, dans le cadre de la finalisation de la proposition, afin de s’assurer que la législation comporte le moins de failles possible;

1.5.

prend acte du fait que, malheureusement, la proposition ne prévoit aucune interdiction immédiate des contrats pétroliers nouveaux ou existants ou des produits dérivés du pétrole. Elle comprend des mesures et un calendrier visant à éliminer les importations de pétrole russe seulement d’ici le 1er janvier 2028. Le nouvel article 7 proposé ci-dessous par le CESE mettrait les importations de pétrole sur un pied d’égalité avec les importations de gaz;

1.6.

accueille favorablement les instruments plus puissants proposés pour le suivi des dépendances énergétiques; suggère toutefois que ces mécanismes fassent l’objet d’un contrôle parlementaire renforcé; recommande d’associer les partenaires sociaux et la société civile organisée à l’évaluation des dépendances stratégiques;

1.7.

propose de supprimer la possibilité de dérogation prévue à l’article 15 de la proposition, laquelle compromet en effet les finalités stratégiques de la proposition en diluant son objectif principal, à savoir la suppression progressive complète et définitive des importations directes et indirectes de gaz et de pétrole russes dans l’UE;

1.8.

demande que la Commission procède à un examen complet de la mise en œuvre du règlement proposé sur la base des résultats obtenus à la mi-2029;

1.9.

prie instamment la Commission de poursuivre une approche proactive et coordonnée afin de continuer à déceler et à éliminer les opérations des flottes fantômes car cela revêt une importance cruciale. Le Comité invite la Commission à améliorer le suivi et l’identification des fournisseurs dans les terminaux de GNL afin de surveiller plus étroitement et de restreindre les importations russes illégales. Le démantèlement du gazoduc Nord Stream — en tant que menace potentielle pour la mise en œuvre du règlement relatif à la suppression progressive — serait justifié d’un point de vue juridique et stratégique;

1.10.

souligne que les importations de combustibles fossiles russes ne devraient pas être simplement remplacées par des combustibles fossiles provenant d’autres sources (en particulier de pays connaissant des problèmes majeurs en matière de droits de l’homme). La transition écologique vers une Union européenne neutre en carbone réduit automatiquement la dépendance à l’égard des importations d’énergie fossile en provenance de Russie et d’autres pays non démocratiques. Les mesures visant à atteindre les objectifs climatiques de l’Union constituent des étapes importantes pour réduire la dépendance à l’égard des importations d’énergie russes;

1.11.

fait observer qu’il est impératif d’assurer une transition juste pour tous les travailleurs concernés dans le cadre de la suppression progressive des importations de gaz naturel et de pétrole russes. Les mesures d’accompagnement visant à garantir l’emploi, la reconversion et des changements structurels socialement amortis doivent faire partie intégrante du règlement;

1.12.

reconnaît qu’il est possible de découpler les propositions législatives relatives aux mesures concernant le gaz et/ou le pétrole de celles relatives aux mesures dans le secteur nucléaire. Toutefois, il est important d’introduire des dispositions visant l’uranium, ses dérivés et la technologie et l’expertise qui y sont associées le plus rapidement possible et en toute sécurité;

1.13.

invite la Commission à élaborer une stratégie géopolitique d’importation d’énergie avant de proposer des partenariats énergétiques avec des pays politiquement imprévisibles, en tenant compte des situations d’urgence en matière d’atténuation du changement climatique et d’énergie. Il y a lieu de dresser un inventaire des gisements de gaz et de pétrole inutilisés en Europe.

2. NOTES EXPLICATIVES

Arguments à l’appui du préambule

2.1.

Depuis longtemps, le gaz naturel et le pétrole constituent une arme géopolitique puissante pour la Russie. Le Kremlin les utilise comme instruments de politique étrangère. Le travail de sape contre l’unité de l’UE et l’influence sur la politique intérieure des États membres, notamment, figurent parmi les pratiques récurrentes de la «diplomatie du gaz» russe.

2.2.

L’agression illégale lancée à grande échelle par la Russie contre l’Ukraine en 2022 a démontré une fois de plus que les questions liées au gaz, au pétrole, au charbon et à l’uranium ne revêtent pas seulement une dimension économique, mais aussi géopolitique. La dépendance à l’égard de régimes autoritaires non seulement sape la souveraineté de l’Union, mais aide aussi les dictatures à financer des politiques hostiles et antidémocratiques et, en bout de chaîne, la guerre et la terreur. Alors même que certains pays de l’UE (comme la Pologne et les États baltes) mettent en garde depuis longtemps contre cette instrumentalisation, l’invasion de l’Ukraine en 2022 a rendu cette menace indéniable.

Arguments à l’appui des recommandations 1.1, 1.2 et 1.3

2.3.

Pour éliminer le risque géopolitique lié aux pratiques abusives d’exportation russes, l’Union a décidé d’étendre la diversification de son approvisionnement énergétique. Ce processus se concentre sur la réduction de la dépendance à l’égard de la Russie en tant que fournisseur unique, renforçant ainsi la sécurité énergétique, la stabilité économique et la résilience de l’UE face aux perturbations. Le plan REPowerEU (3) est la pierre angulaire d’une nouvelle approche européenne; il a permis de réduire considérablement les importations de gaz, de pétrole, de charbon et de combustible nucléaire russes, de s’approvisionner en énergie auprès de nouveaux fournisseurs et de redoubler d’efforts pour déployer une énergie propre.

2.4.

Les perturbations causées par l’agression russe en Ukraine ont entraîné la crise d’accès au gaz la plus grave de l’histoire de l’Union européenne avant 2022, privant ses États membres de 20 % de leur approvisionnement (30 % des importations). Les perturbations de l’approvisionnement en gaz ont provoqué des effets en cascade dans le domaine de l’approvisionnement en pétrole. Un grand nombre d’États membres ont été touchés et plusieurs parmi eux ont subi d’importantes répercussions économiques (4).

2.5.

La proposition à l’examen s’appuie sur la communication REPowerEU de 2022 (5) ainsi que sur la déclaration de Versailles des chefs d’État et de gouvernement de l’UE, qui ont appelé à mettre fin à la dépendance de l’Europe à l’égard des importations d’énergie russe. La proposition a finalement été annoncée dans la communication de la Commission du 6 mai 2025 intitulée «Feuille de route en vue de mettre un terme aux importations d’énergie russe».

Arguments à l’appui des recommandations 1.4 et 1.8

2.6.

La mise en œuvre intégrale de la proposition est confrontée à des risques graves, de nature juridique, économique, politique et logistique. La Commission devra donc procéder à un examen complet de la mise en œuvre du règlement proposé sur la base des résultats obtenus à la mi-2029.

Le cadre de transparence introduit par la proposition constituera la pierre angulaire du suivi de l’exposition de l’UE au gaz et au pétrole directement ou indirectement originaires de Russie. Ce n’est qu’après son instauration que l’Union sera en mesure de combler les lacunes réglementaires actuelles qui permettent encore aux États membres d’importer du pétrole, du gaz par gazoduc ou du gaz naturel liquéfié (GNL) russe par le truchement d’intermédiaires qui en dissimulent l’origine, et qu’elle pourra ainsi cesser de verser des milliards d’euros qui viennent alimenter le budget de la Russie consacré à la guerre.

Arguments à l’appui de la recommandation 1.5

2.7.

En 2021, les importations totales de gaz russe dans l’Union (gaz acheminé par gazoduc + GNL) s’élevaient à environ 150 milliards de m3 (6) (environ 45 % des importations totales de gaz de l’UE, dont le volume est d’environ 336 milliards de m3). Au premier trimestre 2025, la Russie comptait encore pour environ 18 % des importations de gaz de l’Union.

2.7.1.

Si les importations par gazoduc ont fortement diminué, celles de GNL en provenance de Russie ont considérablement augmenté après 2022 (leur volume était de 16 milliards de m3 en 2021, de 22 milliards de m3 en 2022 et de 21,7 milliards de m3 en 2023). Bien que cette dépendance soit regrettable, elle constitue aussi une opportunité, étant donné que, d’un point de vue technique, les importations de GNL en provenance de Russie peuvent être remplacées plus rapidement par des importations en provenance d’autres sources.

2.8.

En 2021, la Russie a fourni quelque 3,5 millions de barils par jour (MB/j) de brut à l’Union. En sus de cela, elle a exporté environ 1,2 MB/j de produits pétroliers raffinés vers les marchés de l’UE, pour un total d’environ 4,7 millions de barils par jour, soit environ 170 millions de tonnes par an (environ 60 % des exportations russes).

2.8.1.

Fin 2024, le pétrole brut russe ne représentait qu’environ 3 % des importations totales de brut de l’Union, contre 27 % début 2022. Produits raffinés: en mars 2023, les importations de ces produits avaient diminué d’environ 92 % par rapport à janvier 2022.

2.8.2.

Cette même année 2024, seuls trois pays de l’Union (la Hongrie, la Slovaquie et la Tchéquie) importaient encore de gros volumes, principalement par l’oléoduc Droujba. La Tchéquie a achevé son projet d’oléoduc TAL-PLUS en avril 2025, ce qui lui permet de remplacer cet approvisionnement en pétrole russe par d’autres sources.

2.9.

Plusieurs États membres ont déjà démontré que, malgré la dépendance antérieure, une suppression progressive rapide est possible et réalisable au moyen d’actions décisives:

2.9.1.

la Tchéquie et la Pologne (cette dernière par l’entremise de la société Orlen) ont toutes deux annoncé mettre un terme définitif à leurs importations de pétrole russe (la Tchéquie grâce à des améliorations de son réseau d’oléoducs, la Pologne à compter du 1er juillet 2025);

2.9.2.

les États baltes se sont déconnectés du réseau russo-biélorussien et ils ont été totalement synchronisés avec le réseau électrique de l’UE en février 2025;

2.9.3.

la Finlande a cessé les importations de gaz, d’électricité, de copeaux de bois, de pétrole brut et de charbon russes, et elle adopte une législation nationale interdisant l’importation de GNL russe au moins jusqu’en 2035.

Arguments à l’appui de la recommandation 1.6

2.10.

La proposition introduit un nouvel outil pour faciliter la suppression progressive définitive des importations de gaz et de pétrole russes. Les États membres doivent présenter des plans nationaux de diversification du gaz et du pétrole (le cas échéant) au plus tard le 1er mars 2026. Les plans doivent comprendre:

les informations disponibles sur les volumes de gaz naturel/pétrole importés de Russie;

une description des mesures en place ou prévues au niveau national pour remplacer les importations de gaz naturel/pétrole en provenance de Russie; et

le repérage de tout obstacle technique, contractuel ou réglementaire potentiel s’opposant au remplacement des importations de gaz naturel/pétrole en provenance de Russie.

2.11.

La Commission, en coopération avec l’Agence de l’Union européenne pour la coopération des régulateurs de l’énergie (ACER), examinera les plans nationaux de diversification et émettra des recommandations lorsqu’un État membre risquera de ne pas respecter le délai fixé par la proposition. L’État membre concerné devra mettre à jour son plan de diversification dans un délai de trois mois, en tenant compte des recommandations de la Commission. Des rapports sur les progrès accomplis seront publiés annuellement. Le CESE est préoccupé par l’absence de contrôle parlementaire au niveau de l’UE. Les délais proposés ne peuvent en aucun cas être dépassés; un engagement politique est donc également nécessaire.

2.12.

La proposition établit un nouveau cadre de transparence et de suivi en modifiant l’article 14 du règlement (UE) 2017/1938, qui impose aux importateurs de gaz naturel et de pétrole d’origine russe de fournir des informations contractuelles détaillées à la Commission et aux autorités nationales compétentes. Des informations complètes sur les dépendances en matière d’approvisionnement sont essentielles pour évaluer la sécurité de l’approvisionnement en gaz dans l’UE. Les conclusions de cette analyse devraient être partagées avec le Parlement européen.

Arguments à l’appui de la recommandation 1.7

2.13.

L’article 15 du règlement proposé permet à la Commission d’autoriser un ou plusieurs États membres à poursuivre les importations d’énergie russe en contradiction avec l’objectif de la proposition. Les conditions ne sont pas précisées au moyen d’indicateurs clairs et mesurables, ce qui crée une brèche potentielle dans la législation. Par conséquent, le CESE propose de supprimer cette possibilité et de faire en sorte que l’article porte principalement sur le suivi.

Arguments à l’appui de la recommandation 1.9

2.14.

En dépit des interdictions, le gaz et le pétrole russes continuent d’entrer indirectement sur le marché européen.

2.14.1.

Les raffineries de pays comme l’Inde, la Turquie ou la Chine transforment le brut russe et exportent des produits raffinés vers l’UE.

2.14.2.

La Russie a recours à une «flotte fantôme», à savoir un réseau opaque et non réglementé de pétroliers vieillissants, pour contourner les sanctions et transporter du pétrole sanctionné. Outre l’évitement des sanctions, cette «flotte fantôme» représente un risque important pour la sécurité navale et environnementale. Elle constitue aussi une menace importante pour les intérêts géopolitiques de l’UE.

2.14.3.

Un volume conséquent de gaz russe continue d’entrer sur le marché européen par l’intermédiaire du gazoduc TurkStream et des importations de GNL, à la faveur d’exemptions stratégiques et de lacunes logistiques.

2.15.

La proposition reconnaît le rôle essentiel que le GNL jouera pour garantir l’approvisionnement futur en gaz. L’interdiction des importations de gaz est donc complétée par une interdiction de fournir des services de terminaux GNL aux entités russes, afin de garantir que les infrastructures d’importation ne soient pas bloquées par les clients russes. Étant donné qu’une part importante de la capacité d’importation de GNL dans certains États membres est contrôlée par des entités russes, la proposition élimine le risque que la Russie puisse faire obstacle aux importations en provenance d’autres sources.

2.16.

Les analystes confirment que les importations de gaz russe dans l’UE ont en fait augmenté en 2024, contribuant au financement de la guerre menée par la Russie en Ukraine. Les importations de gaz russe en 2024 ont augmenté de 19 % par rapport à l’année précédente. Depuis qu’il a cessé de transiter par l’Ukraine en 2025, le gaz russe représente, selon les estimations, quelque 13 % des importations de gaz de l’UE pour cette même année. Malgré la réduction substantielle de la dépendance à l’égard de la Russie, l’Union reste menacée. Le volume provenant de Russie ne devrait pas être considéré comme négligeable.

Arguments à l’appui de la recommandation 1.10

2.17.

La transition écologique vers une Union européenne neutre en carbone réduit automatiquement la dépendance à l’égard des importations d’énergie fossile en provenance de Russie et d’autres pays non démocratiques. Les mesures visant à atteindre les objectifs climatiques de l’Union constituent des étapes importantes pour réduire la dépendance à l’égard des importations d’énergie russes. L’accélération de l’abandon progressif des combustibles fossiles, parallèlement à la suppression des subventions en faveur de ces combustibles, constitue une stratégie économique et géopolitique solide pour soutenir et financer un processus de décarbonation accéléré (7). Celle-ci devrait être menée de manière à ce que les nouvelles sources d’énergie contribuent à réduire les coûts pour les ménages et les entreprises. Elle devrait également inclure une augmentation de la production de biométhane dans l’UE.

Arguments à l’appui de la recommandation 1.11

2.18.

La suppression progressive des importations de gaz naturel et de pétrole russes est nécessaire tant à des fins géopolitiques que du point de vue de la politique énergétique. Dans le même temps, une transition juste doit être assurée pour tous les travailleurs concernés. Les mesures d’accompagnement visant à garantir l’emploi, la reconversion et des changements structurels socialement amortis doivent faire partie intégrante du règlement.

Arguments à l’appui de la recommandation 1.13

2.19.

L’UE doit diversifier davantage les sources d’approvisionnement en gaz et en pétrole de manière stratégique. La diversification étant susceptible d’entraîner une hausse des prix de l’énergie, la Commission devrait suivre de près l’évolution des prix du gaz, du pétrole et de l’électricité, et adopter des mesures contre les hausses de prix injustifiées, qui ont une incidence négative sur la compétitivité de l’UE et pourraient entraîner une nouvelle crise du coût de la vie.

Arguments à l’appui de la recommandation 1.12

2.20.

La Russie fournit également à l’UE diverses matières nucléaires, ce qui expose le secteur de la production d’énergie nucléaire européenne et d’autres secteurs connexes à des risques pour la sécurité économique, similaires à ceux qui ont frappé le gaz naturel et le pétrole. Le CESE reconnaît dès lors qu’il est possible de découpler les propositions législatives relatives aux mesures concernant le gaz et/ou le pétrole de celles relatives aux mesures dans le secteur nucléaire. Toutefois, il est important d’introduire des dispositions visant l’uranium, ses dérivés et la technologie et l’expertise qui y sont associées le plus rapidement possible et en toute sécurité.

3. AMENDEMENTS PROPOSÉS À LA PROPOSITION LÉGISLATIVE DE LA COMMISSION

Amendement 1

lié aux recommandations 1.3 et 1.5

Texte proposé par la Commission

Amendement du CESE

Article 1er

Article 1er

Objet

Objet

Le présent règlement établit, en vue de l’élimination effective de l’exposition de l’Union à des risques importants pour le commerce et la sécurité résultant de la fourniture de gaz par la Fédération de Russie, un cadre qui comporte:

Le présent règlement établit, en vue de l’élimination effective de l’exposition de l’Union à des risques importants pour le commerce et la sécurité résultant de la fourniture de gaz et de pétrole par la Fédération de Russie, un cadre qui comporte:

a)

une interdiction par étapes des importations de gaz naturel en provenance de la Fédération de Russie et de la fourniture de services de terminaux GNL;

a)

une interdiction par étapes des importations de gaz naturel en provenance de la Fédération de Russie et de la fourniture de services de terminaux GNL;

b)

des règles pour la mise en œuvre et la surveillance de l’application de cette interdiction ainsi que pour l’élimination progressive des importations de pétrole en provenance de Russie;

b)

des règles pour la mise en œuvre et la surveillance de l’application de cette interdiction ainsi que pour l’élimination progressive des importations de pétrole en provenance de Russie;

c)

des dispositions pour une meilleure évaluation de la sécurité des approvisionnements énergétiques de l’Union.

c)

des dispositions pour une meilleure évaluation de la sécurité des approvisionnements énergétiques de l’Union.

Exposé des motifs

L’UE doit accorder la priorité à l’abandon progressif du gaz et du pétrole russes en 2026, en veillant à ce qu’il soit pleinement et définitivement achevé d’ici la fin de l’année 2027 au plus tard, en reconnaissant qu’il est urgent de cesser de financer l’effort de guerre de la Russie et en plaçant la sécurité de l’UE au-dessus des gains financiers à court terme supposés de quelques États membres.

Amendement 2

lié à la recommandation 1.5

Texte proposé par la Commission

Amendement du CESE

Chapitre II

Chapitre II

INTERDICTION PAR ÉTAPES DES IMPORTATIONS DE GAZ NATUREL EN PROVENANCE DE LA FÉDÉRATION DE RUSSIE

INTERDICTION PAR ÉTAPES DES IMPORTATIONS DE GAZ NATUREL ET DE PÉTROLE EN PROVENANCE DE LA FÉDÉRATION DE RUSSIE

Exposé des motifs

Les raffineries de pays comme l’Inde, la Turquie ou la Chine transforment le brut russe et exportent des produits raffinés vers l’UE. La Russie a eu recours à une «flotte fantôme», à savoir un réseau opaque et non réglementé de pétroliers vieillissants, pour contourner les sanctions et transporter du pétrole sanctionné. La suppression progressive des exportations directes et indirectes de pétrole russe vers l’UE — bien que difficile à mettre en œuvre — est indispensable. L’Union ne doit laisser aucune marge de manœuvre à la Russie pour reconstruire discrètement son approvisionnement énergétique vers l’Europe à l’avenir.

Amendement 3

lié à la recommandation 1.5

Texte proposé par la Commission

Amendement du CESE

Article 7 (nouvel article)

Interdiction des importations de pétrole en provenance de la Fédération de Russie

L’importation de pétrole originaire ou exporté directement ou indirectement de la Fédération de Russie est interdite à partir du 1er janvier 2027.

Exposé des motifs

Les raffineries de pays comme l’Inde, la Turquie ou la Chine transforment le brut russe et exportent des produits raffinés vers l’UE. La Russie a recours à une «flotte fantôme», à savoir un réseau opaque et non réglementé de pétroliers vieillissants, pour contourner les sanctions et transporter du pétrole sanctionné. La suppression progressive des exportations directes et indirectes de pétrole russe vers l’UE — bien que difficile à mettre en œuvre — est indispensable.

Amendement 4

Lié à la recommandation 1.8

Texte proposé par la Commission

Amendement du CESE

Article 10

Article 10

Échange d’informations

Échange d’informations

Les autorités douanières échangent les informations reçues des importateurs de gaz naturel avec les autorités de régulation, les autorités compétentes, l’ACER et la Commission dans la mesure nécessaire pour assurer une évaluation efficace du respect des conditions énoncées aux articles 3 à 6 du présent règlement. Les autorités douanières d’États membres différents échangent les informations reçues des importateurs de gaz naturel dans la mesure nécessaire et coopèrent entre elles afin d’éviter tout contournement. Elles utilisent les outils et bases de données existants permettant d’échanger efficacement les informations pertinentes entre les autorités nationales de leur État membre et les autorités d’autres États membres, ou mettent en place de tels outils si nécessaire.

Les autorités douanières échangent les informations reçues des importateurs de gaz naturel avec les autorités de régulation, les autorités compétentes, l’ACER et la Commission dans la mesure nécessaire pour assurer une évaluation efficace du respect des conditions énoncées aux articles 3 à 6 du présent règlement. Les autorités douanières d’États membres différents échangent les informations reçues des importateurs de gaz naturel dans la mesure nécessaire et coopèrent entre elles afin d’éviter tout contournement. Elles utilisent les outils et bases de données existants permettant d’échanger efficacement les informations pertinentes entre les autorités nationales de leur État membre et les autorités d’autres États membres, ou mettent en place de tels outils si nécessaire.

Au plus tard le 31 août 2026 et le 31 août 2027, l’ACER publie, sur la base des données reçues au titre du présent règlement et de ses propres informations, un rapport fournissant une vue d’ensemble des contrats de fourniture de gaz originaire ou exporté directement ou indirectement de Russie, et évaluant l’incidence de la diversification sur les marchés de l’énergie.

Au plus tard le 31 août 2026 et le 31 août 2027, l’ACER publie, sur la base des données reçues au titre du présent règlement et de ses propres informations, un rapport fournissant une vue d’ensemble des contrats de fourniture de gaz originaire ou exporté directement ou indirectement de Russie, et évaluant l’incidence de la diversification sur les marchés de l’énergie.

La Commission et l’ACER partagent avec les autorités douanières, le cas échéant, les informations pertinentes sur les contrats d’importation de gaz russe en leur possession afin de faciliter le contrôle de l’application du présent règlement.

La Commission et l’ACER partagent avec les autorités douanières, le cas échéant, les informations pertinentes sur les contrats d’importation de gaz russe en leur possession afin de faciliter le contrôle de l’application du présent règlement.

Sur la base des résultats obtenus à la mi-2029, la Commission élabore un rapport sur la mise en œuvre du règlement.

Elle fournit les rapports et les analyses d’impact au Parlement européen.

Exposé des motifs

Le CESE est préoccupé par l’absence de contrôle parlementaire au niveau de l’UE. Les délais proposés ne peuvent en aucun cas être dépassés; un engagement politique en faveur du suivi de la mise en œuvre du règlement est donc également nécessaire.

La mise en œuvre intégrale de la proposition est confrontée à des risques graves, de nature juridique, économique, politique et logistique. La Commission devrait donc procéder à un examen complet de la mise en œuvre du règlement proposé sur la base des résultats obtenus à la mi-2029.

Amendement 5

lié aux recommandations 1.6 et 1.8

Texte proposé par la Commission

Amendement du CESE

Article 12

Article 12

1. Lorsque les États membres reçoivent des importations de pétrole originaire ou exporté directement ou indirectement de la Fédération de Russie, ils établissent un plan de diversification décrivant les mesures, les étapes et les obstacles potentiels à la diversification de leurs approvisionnements en pétrole, afin de mettre un terme, au plus tard le 1er janvier 2028 , aux importations de pétrole originaire ou exporté directement ou indirectement de la Fédération de Russie.

1. Lorsque les États membres reçoivent des importations de pétrole originaire ou exporté directement ou indirectement de la Fédération de Russie, ils établissent un plan de diversification décrivant les mesures, les étapes et les obstacles potentiels à la diversification de leurs approvisionnements en pétrole, afin de mettre un terme, au plus tard le 1er janvier 2027 , aux importations de pétrole originaire ou exporté directement ou indirectement de la Fédération de Russie.

Exposé des motifs

La Commission, en coopération avec l’ACER, examinera les plans nationaux de diversification et émettra des recommandations lorsqu’un État membre risque de ne pas respecter le délai fixé par la proposition. L’État membre concerné devra mettre à jour son plan de diversification, en tenant compte des recommandations de la Commission. Il n’y a aucune raison que les règles relatives aux plans de diversification pour le gaz soient différentes de celles concernant les importations de pétrole.

Amendement 6

lié aux recommandations 1.6 et 1.8

Texte proposé par la Commission

Amendement du CESE

Article 12

Article 12

5. Lorsque le plan national de diversification du pétrole fait apparaître un risque que l’objectif d’élimination progressive du pétrole russe d’ici au 1er janvier 2028 ne soit pas atteint, la Commission peut , après évaluation du plan, adresser une recommandation à l’État membre concerné sur la manière de parvenir à cette élimination en temps utile. À la suite de cette recommandation, l’État membre met à jour son plan de diversification dans un délai de trois mois, en tenant compte de la recommandation de la Commission.

5. Lorsque le plan national de diversification du pétrole fait apparaître un risque que l’objectif d’élimination progressive du pétrole russe d’ici au 1er janvier 2027 ne soit pas atteint, la Commission, après évaluation du plan, adresse une recommandation à l’État membre concerné sur la manière de parvenir à cette élimination en temps utile. À la suite de cette recommandation, l’État membre met à jour son plan de diversification dans un délai de trois mois, en tenant compte de la recommandation de la Commission.

Exposé des motifs

La Commission, en coopération avec l’ACER, examinera les plans nationaux de diversification et émettra des recommandations lorsqu’un État membre risque de ne pas respecter le délai fixé par la proposition. L’État membre concerné devra mettre à jour son plan de diversification dans un délai de trois mois, en tenant compte des recommandations de la Commission. Il n’y a aucune raison que les règles relatives aux plans de diversification pour le gaz soient différentes de celles concernant les importations de pétrole.

Amendement 7

Lié à la recommandation 1.7

Texte proposé par la Commission

Amendement du CESE

Article 15

Suivi et réexamen

La Commission suit en permanence l’évolution du marché de l’énergie de l’Union, notamment en ce qui concerne les dépendances potentielles en matière d’approvisionnement en gaz ou d’autres risques en matière de sécurité de l’approvisionnement en relation avec les importations d’énergie en provenance de la Fédération de Russie. En cas d’événements soudains et importants menaçant gravement la sécurité de l’approvisionnement d’un ou de plusieurs États membres, la Commission peut autoriser un ou plusieurs États membres à suspendre temporairement, en tout ou en partie, l’application du chapitre II du présent règlement. La décision de la Commission peut contenir certaines conditions, notamment pour faire en sorte que toute suspension soit limitée au strict nécessaire pour faire face à la menace.

Article 15

Suivi et réexamen

La Commission suit en permanence l’évolution du marché de l’énergie de l’Union, notamment en ce qui concerne les dépendances potentielles en matière d’approvisionnement en gaz ou d’autres risques en matière de sécurité de l’approvisionnement en relation avec les importations d’énergie en provenance de la Fédération de Russie.

Exposé des motifs

Une clause dérogatoire telle qu’initialement proposée à l’article 15 affaiblirait la résilience collective de l’Europe et laisserait entendre que certains États membres auraient la possibilité de retarder les mesures qui s’imposent, ce qui entraînerait des différends internes et réduirait la pression exercée sur la Russie en sapant l’unité européenne. L’Union ne doit laisser aucune marge de manœuvre à la Russie pour reconstruire discrètement son approvisionnement énergétique vers l’Europe à l’avenir.

Bruxelles, le 18 septembre 2025.

Le président

du Comité économique et social européen

Oliver RÖPKE


(1) Résolution du Comité économique et social européen (CESE) sur la guerre en Ukraine et ses conséquences économiques, sociales et environnementales, 24 mars 2022.

(2) Règlement (UE) 2017/1938 du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2017 concernant des mesures visant à garantir la sécurité de l'approvisionnement en gaz naturel et abrogeant le règlement (UE) no 994/2010 (Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE.) (JO L 280 du 28.10.2017, p. 1).

(3) Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions intitulée «Plan REPowerEU» [COM(2022) 230 final] et sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) 2021/241 en ce qui concerne les chapitres REPowerEU des plans pour la reprise et la résilience et modifiant le règlement (UE) 2021/1060, le règlement (UE) 2021/2115, la directive 2003/87/CE et la décision (UE) 2015/1814 [COM(2022) 231 final — 2022/0164 (COD)] (JO C 486 du 21.12.2022, p. 185).

(4) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/fr/TXT/PDF/?uri=CELEX:52009SC0977.

(5) Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — «REPowerEU: Action européenne conjointe pour une énergie plus abordable, plus sûre et plus durable» [COM(2022) 108 final] (JO C 323 du 26.8.2022, p. 123).

(6) milliards de mètres cubes.

(7) Avis du Comité économique et social européen — Supprimer progressivement les subventions aux combustibles fossiles tout en garantissant la compétitivité européenne, en atténuant la crise du coût de la vie et en promouvant une transition juste (avis d’initiative) (JO C, C/2025/3191, 2.7.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/3191/oj).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/40/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)