COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 11.12.2025
COM(2025) 750 final
COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS
sur le plan d’action révisé de la stratégie macrorégionale de l’Union européenne pour la région alpine
{SWD(2025) 403 final}
Table des matières
1. INTRODUCTION
2. RÉALISATIONS DE LA STRATÉGIE
3. LE PLAN D’ACTION RÉVISÉ
4. PILIERS THÉMATIQUES ET ACTIONS DANS LE CADRE DE LA STRATÉGIE
5. GOUVERNANCE ET MISE EN ŒUVRE DE LA STRATÉGIE
6. CONCLUSION
1.INTRODUCTION
Entre 2009 et 2015, le Conseil européen a approuvé la création de quatre stratégies macrorégionales de l’Union européenne. En donnant aux pays les moyens de mettre en commun leurs ressources et d’adopter une approche de la coopération intersectorielle et à plusieurs niveaux en matière de gouvernance, ces stratégies permettent de relever des défis qu’aucun pays ne pourrait relever individuellement de manière efficace. Toutes les stratégies macrorégionales produisent des résultats qui favorisent les transitions écologique et numérique équitables, le développement régional et la croissance. Ces stratégies portent leurs fruits depuis plus d’une décennie. La notion de macrorégion est intéressante et bénéficie d’une attention particulière de la part des parties prenantes issues des secteurs politique, public, privé, universitaire et de la société civile dans toute l’Europe.
La Commission européenne a adopté la stratégie de l’Union européenne pour la région alpine en juillet 2015, à la demande des sept pays participants. La stratégie a été approuvée par le Conseil européen le 28 juin 2016. En tant que stratégie macrorégionale européenne, elle vise à utiliser plus efficacement les ressources financières existantes, à renforcer la coordination entre les institutions et les politiques et à améliorer la coordination de la législation existante.
La région alpine compte 80 millions de personnes (environ 15 % de la population totale de l’Union) et comprend 48 régions réparties dans cinq États membres de l’Union (l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Autriche et la Slovénie) et deux pays tiers (le Liechtenstein et la Suisse). Située au cœur de l’Europe, elle comprend un réseau solide de grandes métropoles et de villes et villages alpins, ce qui en fait l’une des régions les plus riches, les plus attractives, les plus compétitives, les plus innovantes et les plus productives d’Europe. Grâce à ses particularités géographiques et naturelles exceptionnelles, la région abrite certaines des ressources en eau les plus importantes d’Europe et constitue l’un des principaux sanctuaires du continent en matière de biodiversité. En raison de ses caractéristiques uniques, la région alpine est confrontée à des défis spécifiques, allant des graves conséquences du changement climatique – fonte des glaciers, augmentation des aléas naturels et perturbation des cycles de l’eau – à des problèmes socio-économiques tels que le vieillissement des populations, l’exode des jeunes et l’inégalité des infrastructures.
Le principal objectif de la stratégie est d’instaurer un cadre pour la coopération gouvernementale et non gouvernementale entre différentes parties prenantes, qui favorise les approches stratégiques, les projets, le travail en réseau et la coopération transfrontières sur des sujets essentiels au profit de l’ensemble de la région alpine. La stratégie offre ainsi un cadre de coopération amélioré lorsque des besoins ou des intérêts collectifs transalpins se font jour.
Le plan d’action pour la stratégie, adopté en 2015, met l’accent sur le renforcement de la solidarité mutuelle entre les régions alpines afin d’accroître l’attractivité et la compétitivité de la région, d’assurer la préservation et la gestion durable de son environnement naturel unique et de réduire les inégalités sociales et régionales. Le document fondateur de la stratégie a ouvert la voie à de nouveaux rapports entre les zones métropolitaines, périmontagneuses, montagneuses et reculées, en se concentrant sur trois priorités:
(1)la compétitivité et l’innovation;
(2)la mobilité et la connectivité respectueuses de l’environnement;
(3)la gestion durable des ressources énergétiques, naturelles et culturelles.
Dix ans après l’adoption de la stratégie, le monde a considérablement changé. Le climat géopolitique devient de plus en plus instable, dans un contexte marqué par la poursuite de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, les effets socio-économiques persistants de la pandémie de COVID-19 et des progrès technologiques rapides. Les effets du changement climatique sont plus visibles que jamais, avec des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, des hivers enneigés relativement rares et une augmentation des catastrophes naturelles dues à des précipitations intenses. Ces nouvelles conditions externes, associées à des priorités et initiatives nouvelles ou actualisées de l’Union européenne, telles que le pacte pour une industrie propre et l’union des compétences, rendent nécessaire la mise à jour du plan d’action et la réévaluation de la mise en œuvre de la stratégie afin de garantir son adéquation avec les défis politiques et géopolitiques auxquels est confrontée la région. En outre, après dix ans de mise en œuvre, les processus et structures internes ont évolué et de nouveaux organes et mécanismes de gouvernance sont apparus au sein de la macrorégion.
Le nouveau plan d’action est une version actualisée et recentrée du plan d’action initial, qui se concentre sur les questions d’importance politique et stratégique. Le plan actualisé soutiendra la stratégie dans la résolution des défis à venir, en encourageant les échanges et les solutions transfrontières pour une région alpine durable et prospère.
La présente communication présente le plan d’action révisé élaboré par les partenaires stratégiques. Elle explique le contexte, les fondements, ce qui a changé et la manière dont le plan permettra à la stratégie de faire face aux changements nouveaux et futurs.
2.RÉALISATIONS DE LA STRATÉGIE
Obtenir des résultats en ce qui concerne les principales priorités de l’UE
La stratégie a donné des résultats positifs dans plusieurs domaines, en renforçant la coopération régionale et le travail en réseau dans le cadre de ses trois objectifs thématiques. Au cours des dix dernières années, elle a permis de faire progresser les priorités de l’Union dans la région, et a notamment contribué aux transitions écologique et numérique de l’Europe ainsi qu’à l’adaptation au changement climatique et à l’atténuation de ses effets. Ces résultats ont été obtenus grâce à une approche intersectorielle fondée sur une gouvernance à plusieurs niveaux et une vaste participation des parties prenantes. En outre, la stratégie a permis d’adapter des initiatives majeures de l’Union aux besoins spécifiques de la région.
Le lancement de la stratégie a marqué une étape importante dans la coordination des efforts internationaux visant à relever les défis auxquels est confrontée la région alpine. Réputée pour la richesse de sa biodiversité et ses paysages culturels dynamiques, la région joue un rôle économique, environnemental et social essentiel en Europe. La région alpine est confrontée depuis toujours à des défis particuliers, qu’il s’agisse de vulnérabilités environnementales ou de disparités socio-économiques, entre autres. Depuis sa création, la stratégie a facilité des projets transfrontières fructueux qui ont fait avancer la protection de l’environnement, le développement des infrastructures et l’intégration socio-économique, consolidant ainsi le statut de macrorégion européenne clé. Ces efforts collectifs ont jeté les bases solides d’une collaboration sur laquelle le plan d’action révisé entend s’appuyer pour aller plus loin.
Financement de la stratégie
L’intégration de la stratégie dans plusieurs sources de financement est essentielle à la réussite de sa mise en œuvre. Afin d’assurer une mise en œuvre et une appropriation efficaces à tous les niveaux, il est essentiel de mobiliser des fonds provenant de différentes sources, telles que l’Union, les autorités nationales et régionales et le secteur privé. Une coordination stratégique de ces possibilités de financement à différents niveaux permettra d’optimiser les effets. Historiquement, un soutien important a été apporté par le programme Interreg Espace alpin, mais la diversification active des sources de financement permettra d’accroître encore la portée et l’efficacité de la stratégie. Cette approche peut libérer tout le potentiel de la stratégie et favoriser des progrès significatifs.
Étant donné que la stratégie adopte une approche régionale, tous les instruments de financement ayant une dimension régionale claire devraient être pris en considération pour soutenir la mise en œuvre, conjointement aux instruments thématiques qui pourraient être utilisés plus efficacement s’ils étaient coordonnés à l’échelle de la région. Outre le programme Interreg Espace alpin, financé par le Fonds européen de développement régional, les sources de financement possibles comprennent: d’autres programmes nationaux et régionaux financés par le Fonds européen de développement régional, le Fonds social européen plus et le Fonds européen agricole pour le développement rural. Parmi les autres sources de financement possibles figurent les programmes thématiques de l’Union, tels qu’Erasmus+ et InvestEU. Enfin, les prêts, les fonds propres et les garanties fournis par la Banque européenne d’investissement peuvent également constituer des sources de financement.
Les principaux partenaires des parties prenantes de la stratégie sont les autorités de gestion des programmes de l’Union. Un «dialogue financier» entre les responsables de la mise en œuvre de la stratégie et les gestionnaires de programmes est donc essentiel pour que les uns et les autres puissent comprendre et harmoniser leurs besoins respectifs. Dans ce contexte, le réseau de dialogue financier de la stratégie a contribué à relier les activités de la stratégie aux financements disponibles en favorisant le dialogue et en améliorant l’échange d’informations entre les organismes chargés de gérer les possibilités de financement.
3.LE PLAN D’ACTION RÉVISÉ
Le processus de révision du plan d’action a mis en évidence la nécessité de s’attaquer à de nouveaux défis ou de traiter les défis les plus urgents, de définir une vision plus ciblée de la mise en œuvre de la stratégie et d’adopter une approche plus systématique afin de favoriser une meilleure connaissance et une plus grande appropriation de la stratégie dans tous les pays participants. Dans le même temps, il est apparu nécessaire de veiller au maintien d’une certaine continuité en ce qui concerne les piliers thématiques de la politique et les actions de la stratégie.
La région alpine subit de plein fouet les effets du changement climatique. La hausse des températures provoque la fonte des glaciers, ce qui accroît le risque de catastrophes naturelles telles que les avalanches et les glissements de terrain. Ces changements perturbent le cycle de l’eau et font peser des menaces sur la biodiversité, la stabilité économique et la sécurité, ce qui a des conséquences non seulement pour la région alpine, mais aussi pour les pays en aval. En outre, des questions socio-économiques telles que le vieillissement de la population, l’exode rural des jeunes et les disparités en matière d’infrastructures et de connectivité nécessitent des interventions réfléchies. La fracture numérique accentue encore ces problèmes, d’où la nécessité d’améliorer les infrastructures technologiques et les compétences numériques pour garantir un développement équitable.
En réponse à ces défis, le plan d’action révisé fixe des objectifs globaux visant à favoriser la résilience, l’innovation, l’inclusion et la gouvernance durable dans la région.
Depuis 2023, les pays participants et la Commission travaillent conjointement, à plusieurs niveaux et de manière coordonnée, à l’élaboration d’un plan d’action révisé qui tienne compte de l’évolution de la situation politique et géopolitique depuis le lancement de la stratégie. Le plan d’action révisé reflète également les enseignements tirés de la mise en œuvre de la stratégie au fil des ans et intègre les changements apportés en matière de gouvernance et de gestion de la stratégie au cours de la dernière décennie.
Ces travaux ont abouti au plan d’action révisé accompagnant la présente communication, qui présente plus précisément les besoins et les possibilités de la région et fournit un cadre plus solide qui permettra aux pays participants de collaborer plus efficacement pour atteindre les objectifs de la stratégie.
Quelles sont les nouveautés?
Le plan d’action révisé s’appuie sur la version précédente; les deux principaux changements introduits concernent les aspects suivants:
a) une approche axée sur les missions, qui vise à relever les grands défis propres à l’ensemble de la région alpine en fixant des objectifs ambitieux mais réalistes, tout en fournissant les orientations politiques et la visibilité nécessaires à la mise en œuvre de la stratégie. Les missions sont conçues de sorte à faciliter les synergies et à promouvoir une meilleure articulation entre les actions et les projets dans un domaine donné. Elles associent plus étroitement le niveau politique en désignant comme rapporteur de mission un ou une mandataire élu(e), nommé(e) par l’assemblée générale. En poursuivant des objectifs transversaux, elles permettent de regrouper les projets et les initiatives autour d’un même but, d’où une plus grande cohérence entre les niveaux politique et technique.
Les missions s’appuient sur le plan d’action et sont préparées en étroite coopération avec le conseil exécutif et les groupes d’action, avec la participation de diverses parties prenantes;
b) un système de gouvernance de la stratégie revu: au cours de la dernière décennie, les procédures et la gouvernance de la stratégie ont considérablement évolué, et le plan d’action révisé comprend désormais un aperçu complet des structures en place. Ces structures sont notamment les suivantes:
Le conseil des responsables des groupes d’action et le trio de présidences. À la suite de consultations avec les parties prenantes, la gouvernance de la stratégie a également été renforcée au fil du temps par la création de ces nouveaux organes. Les responsables des groupes d’action sont chargés de mettre en œuvre des projets concrets, tandis que le conseil facilite les synergies et la coopération. Le trio de présidences assure la continuité entre trois présidences successives.
Le conseil de la jeunesse. Créé en 2021, le conseil de la jeunesse participe à tous les niveaux de gouvernance. Il contribue à la stratégie au moyen de projets et favorise les liens entre les jeunes de la région alpine.
La structure d’appui technique et le secrétariat. Un autre changement important dans la gouvernance a été la mise en place, en 2023, de la structure d’appui technique et de son secrétariat. La structure est financée par le programme Interreg Espace alpin. Le secrétariat soutient à la fois les organes de décision de la stratégie et les responsables de sa mise en œuvre, c’est-à-dire les groupes d’action.
4.PILIERS THÉMATIQUES ET ACTIONS DANS LE CADRE DE LA STRATÉGIE
Piliers et objectifs thématiques
Bien que les défis de la coopération dans la région alpine n’aient pas fondamentalement changé ces dernières années, la stratégie a jeté les bases nécessaires pour répondre au besoin urgent d’adaptation à divers processus de transformation en mettant clairement l’accent sur des thèmes spécifiques et en leur accordant la priorité. Le plan d’action révisé maintient l’accent initial sur les trois piliers thématiques suivants: la croissance économique et l’innovation; la mobilité et la connectivité; et l’environnement et l’énergie. Chaque pilier correspond à l’un des objectifs de la stratégie. En réponse aux défis actuels dans la région alpine et aux documents stratégiques les plus récents, ces piliers comportent neuf actions.
Chaque action est divisée en trois à sept thèmes, qui constituent la base des travaux des groupes d’action. Si les actions elles-mêmes restent cohérentes avec la version précédente du plan d’action, leur formulation et leur orientation ont évolué. Les groupes d’action favorisent un fort sentiment d’appropriation parmi les participants de la région en opérant au sein d’un vaste réseau et en alignant la coopération sur les objectifs politiques.
Croissance économique et innovation
L’objectif de ce pilier de la stratégie est de construire une économie compétitive et innovante dans la région alpine, qui soit à la fois circulaire et neutre pour le climat. Cela est essentiel pour soutenir les activités humaines et maintenir un équilibre durable avec l’environnement.
Les trois actions relevant de ce pilier sont axées sur:
1.le renforcement d’un écosystème de recherche et d’innovation efficace en favorisant un environnement propice à la recherche et à l’innovation qui stimule la croissance, en particulier dans des secteurs tels que l’agriculture de montagne, la sylviculture et l’énergie;
2.l’augmentation du potentiel économique des secteurs stratégiques en déterminant et en exploitant la valeur des secteurs clés et en transformant la recherche en avantages tangibles grâce à un transfert de technologie efficace; et
3.l’amélioration de la pertinence des politiques du marché du travail, de l’éducation et de la formation pour les secteurs stratégiques en veillant à ce que le marché du travail soit aligné sur les besoins des entreprises, en soulignant l’importance de l’éducation et de la formation, et en renforçant la coopération transfrontière.
Mobilité et connectivité
L’objectif de ce pilier est de créer une région alpine plus accessible et mieux interconnectée en promouvant des solutions de transport et de mobilité durables et en tirant pleinement parti de la numérisation et des nouvelles technologies.
Les deux actions relevant de ce pilier sont axées sur:
1.la promotion de l’intermodalité et de l’interopérabilité dans le transport de passagers et de marchandises, en répondant au besoin de systèmes de transport efficaces et durables à différents niveaux afin de permettre un transport efficace tant des personnes que des marchandises; et
2.la connexion numérique des personnes et la promotion de l’accessibilité des services publics, en mettant l’accent sur le renforcement de la connectivité numérique afin de faciliter l’accès aux services publics, de façon à améliorer l’intégration socio-économique et à favoriser la croissance et le développement régionaux.
Environnement et énergie
L’objectif de ce pilier est de créer un niveau élevé de connectivité écologique et une région durable sur le plan environnemental, prête à s’adapter au changement climatique et à en atténuer les effets.
Les quatre actions relevant de ce pilier sont axées sur:
1.la préservation et la valorisation des ressources naturelles et culturelles en mettant l’accent sur l’équilibre entre préservation et utilisation durable, avec une attention particulière accordée à la restauration et à la gestion durable des sols et des ressources en eau;
2.le développement de la connectivité écologique dans la région alpine par la conservation, l’amélioration et la restauration de la biodiversité et des services écosystémiques et la promotion des infrastructures bleues et vertes afin de créer des connexions fluides entre les différentes zones;
3.l’amélioration de la gestion des risques et une meilleure gestion du changement climatique grâce à la compréhension et à la gestion des risques posés par la dégradation de l’environnement et le changement climatique et à l’encouragement à la coopération pour faire face aux catastrophes naturelles et aux phénomènes météorologiques extrêmes, en priorité au moyen de solutions fondées sur la nature; et
4.la transformation de la région alpine en un modèle d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables, en mettant l’accent sur l’efficacité énergétique et l’utilisation de ressources renouvelables compatibles avec l’environnement alpin, qui sont essentielles pour atténuer les effets du changement climatique.
Les changements induits par le changement climatique dans le cycle de l’eau, notamment la fonte des glaciers, auront des conséquences non seulement pour la région alpine, mais aussi pour les pays en aval. Une gestion conjointe et bien coordonnée des cours d’eau transfrontières est essentielle pour garantir une protection, une amélioration et une restauration intégrées des ressources en eau et de leurs écosystèmes, et elle est fondamentale pour la résilience et la sécurité hydriques de l’Europe. L’utilisation accrue de solutions fondées sur la nature peut contribuer à rétablir le cycle de l’eau et à améliorer l’adaptation au changement climatique, y compris une meilleure protection contre les inondations et la rareté de l’eau, renforçant ainsi la résilience de l’ensemble de la région.
Ensemble, ces trois piliers favorisent une approche équilibrée qui non seulement encourage le développement économique et une meilleure connectivité, mais garantit également la protection de l’environnement, renforçant ainsi la résilience de la région alpine afin que celle-ci puisse s’adapter et prospérer dans un contexte de défis mondiaux.
5.GOUVERNANCE ET MISE EN ŒUVRE DE LA STRATÉGIE
Le cadre de gouvernance de la stratégie comprend divers organes et outils qui orientent et dirigent ses activités. Leur composition détaillée et leur mode d’interaction sont définis dans le plan d’action et dans leurs règlements intérieurs respectifs.
La gouvernance de la stratégie est conçue pour faciliter le renforcement des capacités. Elle est claire et axée sur les résultats, renforçant ainsi la coopération alpine. Elle assure la participation active des parties prenantes nationales, régionales et locales, ainsi que des représentants du secteur économique, du monde universitaire, de la société civile et du grand public, en particulier des jeunes. Elle garantit que les principaux responsables de la mise en œuvre de la stratégie sont dûment habilités et dotés d’un mandat clair leur permettant d’assumer leurs responsabilités. Elle assure également une communication claire et complète à tous les niveaux concernant les résultats et la valeur ajoutée de la stratégie.
Au cours de la dernière décennie, le cadre de gouvernance a évolué, reflétant la ferme volonté des parties prenantes de mettre en œuvre la stratégie. Cela souligne la nécessité d’améliorer encore la coordination au sein des actions et entre celles-ci et de renforcer davantage le leadership politique assuré aux niveaux de coordination de la stratégie.
Organes
Assemblée générale. L’assemblée générale est l’organe décisionnel politique suprême de la stratégie, qui définit les priorités et les objectifs stratégiques. Elle se compose de représentants politiques de haut niveau des États et des régions participants, ainsi que d’observateurs tels que le Conseil de la jeunesse, la convention alpine et le programme Interreg Espace alpin. La Commission européenne participe en tant que facilitateur et coprésident, veillant à la conformité avec la législation de l’Union, mais sans droit de vote. L’assemblée générale approuve les plans d’action, suit les progrès réalisés dans leur mise en œuvre et facilite la coopération interrégionale.
Présidence. La présidence est assurée à tour de rôle chaque année par les États partenaires. Elle joue un rôle essentiel dans la présidence de l’assemblée générale et des réunions du conseil exécutif, dans l’élaboration du programme de travail annuel et dans l’organisation de réunions ministérielles sectorielles.
Conseil exécutif. Le conseil exécutif est responsable de la mise en œuvre du plan d’action et comprend des coordonnateurs nationaux et des représentants des régions et des États participants. La Commission européenne, en tant que facilitatrice et coprésidente, vérifie la conformité avec la législation de l’Union et l’alignement sur les priorités de l’Union. Le Conseil de la jeunesse, la convention alpine et d’autres organes observent ses travaux. Le conseil supervise les groupes d’action, coordonne les réunions de l’assemblée générale et promeut la cohérence dans la mise en œuvre de la stratégie.
Coordinateurs nationaux. Les coordinateurs nationaux jouent un rôle crucial dans la supervision et l’accompagnement de la conception et de la mise en œuvre de la stratégie, ainsi que dans la promotion de la participation des parties prenantes. Ils sont membres du conseil exécutif et gèrent les délégations nationales. Ils sont également le principal point de contact au niveau national et coordonnent la stratégie dans leur pays. Ils sont nommés par leur gouvernement ou leur institution de rattachement et représentent soit le niveau national, soit le niveau régional.
Groupes d’action. Les groupes d’action sont chargés de la mise en œuvre au jour le jour de la stratégie dans les différents domaines thématiques. Constitués d’experts et de parties prenantes, les groupes d’action coordonnent les actions d’une manière globale et les intègrent au niveau des régions. Ils élaborent des projets et des politiques qui contribuent à la réalisation des objectifs de la stratégie. Les responsables des groupes d’action assurent la communication et animent les activités du groupe conformément à leurs programmes de travail respectifs.
Comme décrit à la section 3, de nouvelles structures viennent compléter ces organes: le trio de présidences, le conseil des responsables des groupes d’action, le conseil de la jeunesse, la structure d’appui technique et le secrétariat de la stratégie.
Mise en œuvre de la stratégie
La mise en œuvre des activités de la stratégie est guidée par le plan d’action, qui s’articule autour de trois niveaux stratégiques: les piliers et objectifs thématiques, les actions et les projets. Le plan d’action sert de cadre de référence à l’assemblée générale, au conseil exécutif et aux groupes d’action, les aidant à élaborer leurs programmes de travail sur la base des missions approuvées par l’assemblée générale.
Les programmes de travail, établis pour trois années, sont élaborés dans le but de traduire en résultats concrets les objectifs énoncés dans le plan d’action et les missions approuvées par l’assemblée générale. Ils assurent la cohérence des politiques entre le plan d’action et les projets et initiatives mis en œuvre par les groupes d’action. Les programmes de travail sont ciblés et réalistes et reflètent les ambitions de la stratégie, en intégrant les orientations de l’assemblée générale et du conseil exécutif. Ils seront complétés par le nouvel outil des missions décrit plus haut dans la présente communication.
6.CONCLUSION
Chaque stratégie macrorégionale reflète les contextes géographiques, économiques et politiques propres à sa région respective et s’adapte aux atouts et aux défis particuliers que présente chaque macrorégion. En tant qu’initiatives intergouvernementales, elles ne sont soumises à aucune règle ex ante concernant les structures de mise en œuvre ou l’organisation des projets. Au lieu de cela, chaque stratégie évolue et s’adapte de manière organique à ses propres circonstances.
Depuis 2015, la stratégie alpine a mis en place un modèle de gouvernance sophistiqué, largement représentatif des différents secteurs de la société. La mise à jour complète de son système de gouvernance dans le plan d’action révisé reflète les rôles et les responsabilités des nouveaux organes et structures, tels que le trio de présidences, le conseil des responsables des groupes d’action, le Conseil de la jeunesse, la structure d’appui technique et le secrétariat. Ces nouveaux organes, qui ont vu le jour au cours de la dernière décennie, ont considérablement amélioré le fonctionnement de la stratégie.
Les auteurs de la stratégie alpine ont choisi de ne pas apporter de modifications significatives à ses priorités et objectifs. Au lieu de cela, ils ont opté pour la continuité, reflétant ainsi le large consensus des partenaires stratégiques selon lequel les priorités et les objectifs retenus il y a dix ans restent valables et pertinents pour la région alpine. Cependant, la stratégie a introduit une nouvelle approche fondée sur les missions, dans l’intention claire de renforcer les synergies, d’accroître l’appropriation et la responsabilité politiques et d’améliorer sa visibilité globale.
Dans l’ensemble, grâce à ces nouveaux éléments, la stratégie peut renforcer et développer davantage l’attractivité, la résilience et la compétitivité de la région alpine et améliorer la qualité de vie de ses habitants. La Commission estime que le plan d’action révisé offre un cadre tourné vers l’avenir pour promouvoir la croissance durable, la compétitivité, la protection de l’environnement et le renforcement de la coopération dans la région. Le plan d’action révisé permettra à la région alpine de relever efficacement les défis et de saisir les occasions qui se présentent à elle, afin qu’elle puisse continuer à servir de modèle en matière de coopération en Europe.