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AccueilDroit européen52025DC0771
Acte préparatoire52025DC0771

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS Le programme pour une Europe numérique: principales conclusions de l’évaluation intermédiaire

CELEX52025DC0771
TypeActe préparatoire
Datejeudi 18 décembre 2025

Résumé IA

Ce rapport de la Commission présente les conclusions de l'évaluation intermédiaire du programme pour une Europe numérique, qui finance des projets dans les domaines de l'intelligence artificielle, de la cybersécurité, des compétences numériques et des infrastructures. Il dresse un bilan des réalisations depuis 2021 et identifie les ajustements nécessaires pour atteindre les objectifs de souveraineté numérique et de transition numérique de l'UE d'ici 2027. Pour un professionnel du droit français, ce document est utile pour anticiper les futures priorités de financement et les évolutions réglementaires liées au numérique.

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 18.12.2025

COM(2025) 771 final

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

Le programme pour une Europe numérique: principales conclusions de l’évaluation intermédiaire

{SWD(2025) 420 final}


Table des matières

1. Introduction

2. Vers une compétitivité et une autonomie numérique accrues: réalisations phares du programme

3. Un programme très pertinent et flexible dans un contexte qui évolue rapidement

4. Avantages du programme pour les organisations dans l’UE et au-delà

5. Investissements stratégiques visant à créer une valeur ajoutée européenne

6. Synergies avec d’autres programmes de financement de l’UE

7. Participation au programme

8. Simplification

9. À l’avenir

9.1 Transformation numérique dans un nouveau contexte

9.2 Futurs investissements numériques

9.3 Le numérique dans le prochain CFP

10. Conclusions



Glossaire

Abréviation

Terme

FEC

Fonds européen pour la compétitivité

EDIC

Consortiums pour une infrastructure numérique européenne

EDIH

Pôles européens d’innovation numérique

FEDER

Fonds européen de développement régional

CHP

Calcul à haute performance

EC

Entreprise commune

CFP

Cadre financier pluriannuel

OS

Objectif spécifique

STEP

Plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe»

TEF

Installations d’essai et d’expérimentation

FRR

Facilité pour la reprise et la résilience

1.Introduction

Le programme pour une Europe numérique 1 prévoit des investissements stratégiques dans le déploiement d’infrastructures et de technologies numériques, contribuant ainsi à la transformation numérique de l’UE et au renforcement de l’autonomie numérique et de la compétitivité de l’UE sur la scène mondiale.

Le programme pour une Europe numérique est doté d’un budget total de 8,16 milliards d’EUR (2021-2027), ce qui est relativement modeste au regard de son objectif ambitieux consistant à favoriser le déploiement de technologies et d’infrastructures numériques clés, leur utilisation optimale pour les secteurs critiques et le développement des compétences numériques avancées correspondantes, l’objectif global étant de contribuer à accroître l’autonomie stratégique, la sécurité et la compétitivité dans l’ensemble de l’UE. Pour atteindre ces objectifs généraux, le programme soutient des activités qui s’articulent autour de six objectifs spécifiques, à savoir i) calcul à haute performance (CHP), ii) informatique en nuage, données et intelligence artificielle (IA), iii) cybersécurité, iv) compétences numériques avancées, v) adoption et meilleure utilisation des technologies numériques clés et vi) semi-conducteurs.

Les activités financées par le programme pour une Europe numérique ont également soutenu la mise en œuvre des règlements et directives de l’UE, tels que le règlement sur les puces 2 , le règlement sur l’intelligence artificielle 3 , le règlement sur la cyberrésilience 4 , le règlement sur la cybersolidarité 5 , la directive SRI 2 6 , le règlement sur les services numériques 7 , le règlement sur les marchés numériques 8 et le règlement pour une Europe interopérable 9 . Le programme a également contribué à des initiatives stratégiques majeures de l’UE, telles que le plan d’action pour un continent de l’IA 10 et la stratégie pour l’application de l’IA 11 .

Avant le lancement du programme pour une Europe numérique en 2021, il n’existait pas de programme au niveau de l’UE ciblant spécifiquement le déploiement numérique pour compléter les programmes de financement de la recherche et de l’innovation (R&I) existants. Par conséquent, il y a eu un déficit d’investissement de l’UE dans la phase de déploiement et d’adoption du numérique, en particulier pour les déploiements à grande échelle et plurinationaux de technologies et d’infrastructures numériques, ainsi qu’un large soutien au développement de compétences numériques avancées, afin de renforcer systématiquement la compétitivité de l’UE.

Au moment du lancement du programme en 2021, les supercalculateurs financés par l’UE ne figuraient pas dans le top 10 mondial, ce qui témoignait du grand manque de compétitivité dont souffrait l’Europe en matière de calcul à haute performance à l’échelle mondiale. Il existait également un obstacle à l’accès à des données ayant fait l’objet d’un contrôle de qualité et aucune approche coordonnée n’était mise en place pour renforcer l’expertise en matière d’IA et stimuler l’adoption de l’IA dans l’ensemble de l’UE. L’UE était aussi très dépendante de fournisseurs de pays tiers pour ses besoins en semi-conducteurs, sa part du marché mondial des semi-conducteurs n'étant que de 10 %, contre 33 % pour les États-Unis et 26 % pour la Chine 12 . En outre, aucune approche coordonnée n’existait entre les États membres pour garantir une meilleure préparation et lutter contre les cyberattaques à grande échelle de manière coordonnée. Enfin, l’UE était confrontée à une forte pénurie de compétences numériques et les solutions numériques n'étaient pas suffisamment utilisées dans des domaines d’intérêt public.

Depuis le lancement du programme pour une Europe numérique, l’intensification des investissements dans ces domaines technologiques clés s’est révélée très efficace. Par exemple, trois des supercalculateurs à haute performance financés par l’UE comptent désormais parmi les plus rapides au monde et le premier supercalculateur exaflopique JUPITER, récemment déployé, occupe la quatrième place 13 du classement TOP500 14 . Depuis le début du programme, des progrès notables ont également été accomplis en ce qui concerne l’accroissement des capacités de l’UE en matière d’IA et de cybersécurité, la promotion de l’adoption des technologies numériques et la constitution d’une main-d’œuvre dotée de compétences numériques avancées.

Le programme pour une Europe numérique complète d’autres programmes de financement de l’UE. Il est cohérent avec le volet numérique du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (volet numérique du MIE2), Erasmus+ 15 , la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) et le Fonds européen de développement régional (FEDER). Les synergies sont particulièrement fortes avec Horizon Europe, qui complète et étend les activités du programme en comblant le fossé entre la recherche et le déploiement. Par exemple, les travaux de recherche dans le domaine des technologies quantiques au titre d’Horizon Europe sont directement intégrés dans l’infrastructure d’informatique quantique dont le programme pour une Europe numérique a permis l’achat et le déploiement. De même, les espaces de données sectoriels financés au titre du programme pour une Europe numérique tirent parti des innovations issues d’Horizon Europe, par exemple des projets qui mettent au point des technologies, des méthodes, des architectures et des processus numériques pour une collecte, un stockage et un traitement de données conviviaux, sûrs, fiables, transparents et durables sur le plan environnemental.

La proposition relative au Fonds européen pour la compétitivité (FEC) 16 dans le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) vise à consolider ce parcours de la recherche au déploiement dans le volet d’action «numérique» du Fonds, répondant ainsi aux souhaits des acteurs concernés qui appelaient à raccourcir les délais entre la recherche et la mise en œuvre. Le programme Horizon Europe pour la recherche et l’innovation restera un programme autonome, mais sa structure est étroitement liée au FEC, apportant un soutien ininterrompu aux chercheurs et aux innovateurs, de l’idée initiale à la start-up, puis à l’entreprise en expansion.

2.Vers une compétitivité et une autonomie numérique accrues: réalisations phares du programme

Le programme pour une Europe numérique a produit des réalisations phares essentielles pour chacun de ses objectifs spécifiques.

Les investissements au titre de l’objectif spécifique 1 (CHP) ont permis de mettre en place des capacités de calcul à haute performance compétitive pour l’UE en investissant, avec les États membres, dans l’acquisition et la mise à niveau des infrastructures, en soutenant les compétences et l’expertise connexes et en facilitant les déploiements de CHP à forte incidence.

ØDigital Europe a financé le premier supercalculateur exaflopique JUPITER 17 – le premier supercalculateur dans l’UE à dépasser le seuil d’un trillion 18 de calculs par seconde –, qui occupe la quatrième position du classement TOP500 des supercalculateurs les plus rapides au monde 19 et la première place du classement des systèmes de supercalcul les plus économes en énergie (Green500) 20 .

En outre, deux déploiements à forte incidence dans le domaine du CHP ont été lancés.

ØPremièrement, 19 fabriques d’IA 21 sont déployées dans l’ensemble de l’UE, ainsi que des antennes de fabriques d’IA 22 dans les États membres, en Islande, en Suisse, en Moldavie, en Macédoine, en Serbie et au Royaume-Uni, afin de fournir aux start-up de l’IA et à d’autres organisations un accès au CHP, d’aider les petites et moyennes entreprises (PME) et d’autres organisations à adopter le CHP, d’assurer la coopération entre les secteurs public et privé afin de favoriser un écosystème d’IA et d’élaborer des produits et services fondés sur l’IA.

ØDeuxièmement, la plateforme Destination Earth a été lancée en été 2024. Elle fournit des modèles numériques de la Terre avec une résolution spatiale sans précédent, qui permettent aux utilisateurs de prévoir et de gérer en temps voulu les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes. Les caractéristiques uniques de Destination Earth confortent l’Europe dans son rôle de chef de file mondial en matière d’adaptation au changement climatique et d’atténuation de ses effets.

Les investissements au titre de l’objectif spécifique 2 (informatique en nuage, données et IA) soutiennent l’adoption de l’IA dans les secteurs public et privé. Comme pour l’objectif spécifique 1, l’accent a été mis à la fois sur la construction d’infrastructures essentielles et sur l’accélération concrète du déploiement.

ØEn ce qui concerne les infrastructures, quatre installations sectorielles d’essai et d’expérimentation de l’IA à grande échelle 23 ont été mises en place. Elles fournissent des environnements réels à grande échelle pour tester et affiner des modèles d’IA, en veillant à ce que le modèle d’IA soit validé, optimisé et préparé au déploiement. Les quatre installations d’essai et d’expérimentation existantes opèrent dans les domaines de la santé, de l’industrie manufacturière, des villes intelligentes (y compris les transports urbains et la mobilité) et de l’agriculture.

ØEn outre, des espaces européens communs des données ont été déployés ou sont en cours de déploiement dans plusieurs domaines/secteurs du patrimoine culturel, de la santé, des langues, de la mobilité, des médias, de l’industrie manufacturière, des communautés intelligentes, de l’énergie, du tourisme, des compétences, de l’agriculture et du pacte vert pour l’Europe 24 . Ces espaces de données, qui, dans le même temps, améliorent l’échange et l’utilisation de données essentielles et respectent les règles et les valeurs de l’UE en matière de protection des données à caractère personnel et des consommateurs, favorisent des transactions de données fiables entre les participants et permettent aux utilisateurs de données de créer des produits et des services innovants ou de mettre au point des outils d’intelligence artificielle.

ØEn outre, la plateforme d’IA à la demande , qui propose des outils d’IA fiables, une expertise et des solutions prêtes à être commercialisées, et la place du marché de l’informatique en nuage de l’UE , qui propose des services en nuage fiables, fournissent, notamment aux start-up, aux PME et aux services publics, une assistance pour l’adoption de l’IA.

ØLes activités actuelles et futures du programme soutiennent le développement d’applications d’IA générative et leur adoption par les entreprises et le secteur public afin d’appuyer la mise en œuvre de la stratégie pour l’application de l’IA 25 . Le programme de travail 2025-2027, par exemple, finance l’intégration de l’IA générative dans les installations sectorielles d’essai et d’expérimentation, des activités visant à renforcer les applications de l’IA générative dans le secteur public, à soutenir l’utilisation de l’IA dans le domaine de la santé et le développement de bancs d’essai de mondes virtuels.

Les investissements au titre de l’objectif spécifique 3 (cybersécurité) ont permis de renforcer les capacités en matière de cybersécurité, ainsi que le déploiement de solutions avancées en matière de cybersécurité.

ØEn ce qui concerne les capacités, 26 infrastructures de cybersécurité ont été acquises avec succès (cyberpôles), dont deux cyberpôles transfrontières, conformément aux objectifs. Un réseau de 27 centres nationaux de coordination (CNC) a été mis en place dans l’ensemble de l’UE afin de renforcer les capacités en matière de cybersécurité. Les acteurs concernés par les CNC ont indiqué que les avantages les plus tangibles découlant jusqu’à présent de l’intervention de l’UE dans le domaine de la cybersécurité comprennent la normalisation des pratiques, le renforcement de la cybersécurité et l’amélioration de la collaboration transfrontière.

ØEn ce qui concerne le déploiement de solutions, les douze premiers outils complexes de cybersécurité fournissant des services essentiels, tels que l’analyse de la vulnérabilité des infrastructures et des applications ainsi que l’atténuation de l’hameçonnage et des attaques par déni de service, ont été déployés, les premières communautés d’utilisateurs du secteur de la santé ayant accès à ces outils.

Les investissements au titre de l’objectif spécifique 4 (compétences numériques avancées) ont soutenu la conception et la mise en œuvre de programmes de formation et d’éducation aux compétences numériques avancées, également en conformité avec les objectifs du plan d’action en matière d’éducation numérique (2021-2027). Il s’agit notamment de programmes d’enseignement spécialisés, de placements professionnels, de formations de courte durée, des compétences dans le domaine des semi-conducteurs, de l’Académie des compétences en matière de cybersécurité et d’activités visant à renforcer les compétences numériques des jeunes, en particulier les filles.

ØÀ la fin 2024, plus de 50 programmes de master et 530 formations de courte durée étaient proposés. Plus de 20 700 personnes ont été formées dans des domaines hautement spécialisés du numérique, tels que l’IA, la cybersécurité, les semi-conducteurs ou la robotique. Une étude montre que les personnes évaluent ces activités de formation (au-delà des contributions des utilisateurs) entre 656 et 1 015 EUR, les PME estimant ces formations entre 6 500 et 14 400 EUR, ce qui montre que ces initiatives en matière de compétences ont une valeur perçue par les utilisateurs.

ØEn outre, dans le contexte du développement des compétences numériques avancées, un vaste écosystème de plus de 430 universités et prestataires de formation dans les États membres a été mis en place, ouvrant la voie à l’accréditation transfrontière, à la coopération industrielle et à la mobilité des étudiants et des enseignants.

Les investissements au titre de l’objectif spécifique 5 ont encouragé l’adoption et l’utilisation de technologies numériques clés dans trois principaux axes de travail: le lancement des pôles européens d’innovation numérique (EDIH), le renforcement de l’interopérabilité et de la transformation numérique du secteur public et la mise en place de centres, de systèmes informatiques et de plateformes pour un internet plus sûr.

ØPlus de 150 EDIH ont été créés dans 90 % des régions européennes à la fin de 2024, ainsi que dans les pays candidats et candidats potentiels 26 , offrant des services tels que les essais préalables à l’investissement et d’autres services. Les EDIH ont réuni plus de 800 000 participants lors de 5 794 événements, fournissant plus de 29 000 services à plus de 54 600 entreprises liés à la formation (30 %), à la mise en réseau (27 %), aux essais technologiques (25 %) et au financement (17 %). Les utilisateurs ont un avis positif quant au niveau et à la qualité des services reçus et estiment la valeur perçue de ces services entre 8 000 et 15 300 EUR par organisation.

ØLe portefeuille européen d’identité numérique a fait l’objet d’un projet pilote auquel ont participé environ 360 organisations publiques et privées de 26 États membres ainsi que d’Islande, de Norvège et d’Ukraine pour onze cas d’utilisation (y compris l’identification pour les services publics et l’ouverture de compte bancaire, les paiements, les permis de conduire mobiles et les signatures électroniques) 27 .

ØLe volet «Europe interopérable» a jeté des bases solides pour la transformation numérique du secteur public (en 2024, le portail «Europe interopérable» a diffusé plus de 2 900 solutions d’interopérabilité pour les administrations publiques) et a renforcé la collaboration transfrontière (par exemple, par l’intermédiaire de l’accord-cadre de partenariat GovTech4all 28 réunissant 32 partenaires numériques de 20 pays européens), permettant aux gouvernements de mettre au point des services publics numériques centrés sur les citoyens et à l’épreuve du temps.

ØLe réseau de centres pour un internet plus sûr , le portail «Un internet mieux adapté aux enfants» et l’ Observatoire européen des médias numériques ont été mis en place dans l’ensemble de l’UE afin de garantir un environnement numérique sûr pour les enfants et de lutter contre la désinformation.

Les investissements au titre de l’objectif spécifique 6 ont renforcé les capacités de l’Europe en matière de semi-conducteurs.

ØUn investissement de 3,7 milliards d’EUR a été réalisé dans des installations de pointe pour tester, expérimenter et valider des technologies et des conceptions de puces avancées couvrant un large éventail de technologies allant des puces à nœuds de pointe à l’intégration hétérogène (lignes pilotes de puces).

Ø 30 centres de compétences dans tous les États membres et en Norvège ont été mis en place pour renforcer l’expertise technique et constituer une main-d’œuvre qualifiée pour le secteur des semi-conducteurs. Ces centres fournissent aux entreprises, en particulier aux PME et aux start-up, des ressources essentielles pour développer des solutions de semi-conducteurs, y compris un soutien, une formation et un accès à des installations d’infrastructure à grande échelle, telles que les lignes pilotes et la future plateforme de conception .

Soutien aux start-up et aux PME

Outre les subventions et les marchés publics, le programme pour une Europe numérique, combiné à la garantie InvestEU, apporte un soutien financier aux start-up et aux PME numériques innovantes au moyen de fonds propres et de quasi-fonds propres.

ØFin 2024, 83,63 millions d’EUR avaient été engagés au titre de la plateforme d’investissement pour les technologies numériques stratégiques en faveur de sept fonds de capital-risque, qui soutenaient 38 organisations innovantes (opérant principalement dans le domaine de l’IA).

ØEn outre, 67 millions d’EUR ont été engagés au titre du fonds «Semi-conducteurs» pour soutenir 19 petites organisations et start-up spécialisées dans les semi-conducteurs.

Activités transversales

Un instrument juridique spécifique, les consortiums pour une infrastructure numérique européenne (EDIC), a été introduit par la décision établissant le programme d’action pour la décennie numérique 29 , afin d’élargir l’éventail des outils permettant de mettre en œuvre des projets multinationaux. Les EDIC sont flexibles et relativement rapides à mettre en place, et contribuent à la mise en commun des ressources entre les États membres et l’UE. Les trois premiers EDIC ont été mis en place dans le domaine des grands modèles de langage, des villes intelligentes et des chaînes de blocs (l’EDIC dénommé «Alliance pour les technologies des langues» 30 , l’EDIC intitulé «Networked Local Digital Twins Towards the CitiVERSE» 31 et l’EDIC dénommé «partenariat européen des chaînes de blocs et infrastructure européenne de la chaîne de blocs») 32 .

Les infrastructures de pointe étant désormais opérationnelles, allant du CHP aux environnements d’essai de l’IA et aux espaces de données fiables, en passant par les installations de semi-conducteurs permettant à l’industrie de tester, d’expérimenter et de valider de nouvelles technologies transformatrices, les organisations publiques et privées européennes sont en mesure d’innover plus rapidement 33 , de diminuer les coûts en adoptant des technologies avancées 34 et de réduire leur dépendance à l’égard de fournisseurs de pays tiers 35 . Cet accès élargi aux capacités et infrastructures de pointe dans l’ensemble des États membres de l’UE donne aux organisations, en particulier aux PME et aux administrations publiques, les moyens d’être compétitives sur des marchés où la rapidité, la qualité et le respect des normes de l’UE sont des avantages concurrentiels essentiels.

Les programmes de travail définitifs au titre du programme pour une Europe numérique (2025-2027) investiront 3,2 milliards d’EUR dans la poursuite des six objectifs spécifiques tout en introduisant de nouvelles activités pour répondre, par exemple, à l’évolution rapide de la technologie de l’IA générative.

Tableau 1: aperçu de l’état d’avancement

3.Un programme très pertinent et flexible dans un contexte qui évolue rapidement

L’évaluation intermédiaire du programme pour une Europe numérique souligne que ce programme est très pertinent pour relever les défis existants et ceux qui se font jour. Pour les six objectifs spécifiques (OS) du programme pour une Europe numérique, le rôle que joue le programme dans le pilotage de la transformation numérique de l’Europe et le maintien de sa compétitivité à l’échelle mondiale est largement reconnu. Tous les objectifs sont en grande partie ou très pertinents pour les besoins des parties prenantes, qu’ils soient existants ou émergents, et les acteurs concernés sont particulièrement favorables aux actions dans le domaine de la cybersécurité et des compétences numériques.

En plus de répondre aux besoins des parties prenantes, le programme pour une Europe numérique s’est révélé flexible et adapté aux évolutions technologiques, sociétales et économiques.

ØAu cours de la mise en œuvre du programme pour une Europe numérique, il a été constaté que l’Europe souffrait d’un déficit considérable – exacerbé par la pandémie de COVID-19 et les perturbations connexes de la chaîne d’approvisionnement – dans les capacités de semi-conducteurs. Pour y remédier, le règlement sur les puces 36 a introduit un nouvel objectif spécifique dans le programme, intégrant le développement des semi-conducteurs dans ses priorités stratégiques et renforçant la résilience de l’Europe dans les technologies critiques.

ØLa guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et le risque accru de menaces de cybersécurité à grande échelle qui en découle ont conduit à soutenir le règlement de l’UE sur la cybersolidarité 37 , qui a introduit le mécanisme européen d’urgence en matière de cybersécurité dans le programme pour une Europe numérique afin d’améliorer la préparation et la réaction aux incidents de cybersécurité majeurs.

ØPlus récemment, la nécessité de développer davantage les capacités en matière d’IA dans les supercalculateurs financés par l’UE a donné lieu aux initiatives «fabriques d’IA» 38 et «gigafabriques d’IA», qui s’appuient sur les progrès réalisés quant à l’OS 1 (CHP).

Par conséquent, trois des principales réorientations budgétaires de ce CFP ont été absorbées par le programme pour une Europe numérique, ce qui démontre l’importance stratégique et la pertinence du programme et de ses domaines d’investissement dans un contexte qui évolue rapidement. Les activités financées par le programme pour une Europe numérique ont également soutenu la mise en œuvre des règlements de l’UE adoptés dans le domaine du numérique en réponse aux nouveaux défis qui se posent au cours du CFP. Le programme a, par exemple, facilité le respect du règlement sur l’IA en finançant des services et des outils permettant aux fournisseurs d’IA de se conformer au règlement sur l’IA (accélérateur d’innovation dans le domaine de l’IA), des mécanismes d’essai (bacs à sable réglementaires de l’IA et installations d’essai et d’expérimentation) et une base de données de l’UE sur les systèmes d’IA à haut risque. Le programme a soutenu le règlement sur les services numériques et le règlement sur les marchés numériques en finançant des systèmes informatiques afin de contribuer à leur application, par exemple pour faciliter la collaboration entre les États membres, la Commission et les coordinateurs pour les services numériques, la collecte et l’analyse de données et la mise en place d’une plateforme de transparence, qui rassemble les exposés des motifs (déclarations des services d’hébergement destinés à informer les utilisateurs des décisions qu’ils prennent en matière de modération des contenus et à expliquer les raisons qui motivent ces décisions). Le programme pour une Europe numérique a également aidé les organisations, en particulier les PME et les start-up, à se conformer à la directive SRI 2 et au règlement sur la cyberrésilience. En outre, le programme pour une Europe numérique contribue également aux programmes d’action de l’UE. Tout d’abord, il met en œuvre les projets plurinationaux du programme d’action pour la décennie numérique 39 et contribue à la réalisation des objectifs de la décennie numérique à l’horizon 2030. L’objectif spécifique 4 du programme contribue également au plan d’action en matière d’éducation numérique. Par ailleurs, le programme a également soutenu le certificat COVID numérique délivré plus de 2,3 milliards de fois afin de faciliter les déplacements en toute sécurité et de soutenir le secteur européen du tourisme pendant la pandémie. Dans l’ensemble, le programme pour une Europe numérique a montré combien il est important de disposer d’un programme axé sur les politiques qui puisse soutenir les politiques de l’UE dans des domaines particuliers.

4.Avantages du programme pour les organisations dans l’UE et au-delà

Les bénéficiaires 40 du programme et les utilisateurs des infrastructures et des services qu’il finance indiquent que des avantages tangibles sont déjà apparus, et s’attendent à des effets encore plus importants dans un avenir proche. Une enquête ciblée menée à la mi-2024 révèle que cette initiative a non seulement facilité une approche paneuropéenne unifiée dans le domaine numérique, mais a également ouvert des possibilités de déploiement précédemment inaccessibles aux organisations participantes.

En outre, les bénéficiaires ont constaté des avantages significatifs dans des domaines tels que le positionnement sur le marché, la mise en réseau et le développement organisationnel. Par exemple, 58 % ont amélioré leur réputation institutionnelle, 55 % ont renforcé leurs partenariats stratégiques au niveau de l’UE et au niveau international, 53 % ont eu accès à de nouveaux partenaires universitaires, 46 % à de nouveaux partenaires industriels, 44 % ont augmenté leur main-d’œuvre et 38 % ont lancé des produits ou services innovants.

Si la phase initiale du programme s’est concentrée sur la mise en place d’infrastructures, de services et d’outils numériques, dans les années à venir l’accent sera plutôt mis non seulement sur l’amélioration et l’expansion de ces infrastructures, mais aussi sur la garantie de leur accessibilité et de leur adoption à grande échelle dans l’ensemble de l’UE (et, dans certains cas, au-delà). Ce changement de stratégie devrait faire fortement augmenter le taux d’adoption par les utilisateurs, à mesure que le programme passe du développement fondamental à l’utilisation généralisée des nouvelles infrastructures et des nouveaux services. Les premiers utilisateurs ont déjà commencé à faire état d’avantages mesurables, ce qui montre que l’incidence pourrait être de plus grande amplitude à l’avenir.

Les utilisateurs des infrastructures, outils et services financés par le programme pour une Europe numérique ont connu un renforcement des possibilités de collaboration et de mise en réseau (69 %), un meilleur accès aux essais technologiques et au soutien à l’innovation (65 %), ainsi qu’aux technologies de l’IA (49 %), et une efficacité et une automatisation accrues des processus (48 %).

En ce qui concerne les objectifs plus larges, les parties prenantes estiment que le programme est efficace pour stimuler la compétitivité mondiale de l’UE, transformer numériquement les organisations publiques et garantir l’autonomie stratégique de l’UE. Si, à ce jour, les proportions dans lesquelles le programme produit ces avantages restent modestes, on s’attend à ce qu’elles s’accroissent au cours des cinq prochaines années.

5.Investissements stratégiques visant à créer une valeur ajoutée européenne

Le programme pour une Europe numérique ne se borne pas à soutenir le déploiement de solutions numériques individuelles: il met en œuvre des investissements stratégiques, créant ainsi des écosystèmes numériques, avec une vision stratégique de la transformation numérique dans l’ensemble de l’UE afin de garantir son autonomie numérique et sa compétitivité sur la scène mondiale. Le programme a soutenu des déploiements complexes à grande échelle que les États membres ne pouvaient pas réaliser seuls, a assuré la coopération entre les États membres pour relever les défis transfrontières et a offert des services complets dans l’ensemble de l’UE par l’intermédiaire de ses réseaux.

En particulier, le programme pour une Europe numérique apporte une additionnalité financière en mettant en commun et en mobilisant des ressources à une échelle qui pourrait ne pas être facilement accessible aux États membres ou être prioritaire au niveau national, en particulier pour les initiatives transfrontières et les projets à grande échelle visant à accroître la capacité numérique au niveau de l’UE.

Les parties prenantes ont également indiqué que le programme pour une Europe numérique fournit des moyens financiers à une échelle et avec une cohérence qui ne sont pas souvent disponibles dans les programmes et mesures nationaux et régionaux. À l’inverse, le programme n’est pas considéré comme offrant de meilleures conditions de financement par rapport aux instruments nationaux/régionaux, tant par les demandeurs que par les bénéficiaires.

L’additionnalité comportementale, c’est-à-dire l’incidence positive du programme pour une Europe numérique sur le comportement des organisations soutenues par le programme – prend forme et devrait s’accroître au fur et à mesure de la poursuite de la mise en œuvre des activités du programme. Elle s’est principalement concrétisée sous la forme d’une coopération transfrontière accrue, qui est au cœur de nombreuses activités financées par le programme pour une Europe numérique, telles que les EDIC.

Les parties prenantes ont également indiqué que le programme pour une Europe numérique améliorait l’accès aux partenaires d’autres pays de l’UE et au-delà et la coopération avec ceux-ci, et qu’il soutenait la création d’un écosystème européen pour les technologies numériques.

L’additionnalité comportementale s’est également concrétisée sous la forme d’un alignement des grands et des petits États membres sur les stratégies de l’UE dans les secteurs stratégiques. Les grands États membres et les principaux acteurs industriels, souvent dotés de stratégies et d’infrastructures existantes, s’alignent sur les initiatives européennes (par exemple, l’IMEC belge ou la participation des instituts Fraunhofer allemands à l’initiative «Semi-conducteurs pour l’Europe») et tirent parti des cadres juridiques, tels que le règlement sur les puces, pour consolider leurs objectifs nationaux. Dans le même temps, les petits États membres sont influencés par ces cadres européens afin de faire de certaines technologies critiques une priorité (par exemple, le pôle national tchèque des semi-conducteurs 41 , la stratégie nationale finlandaise «Chips from the North» ou le programme maltais «Chip Start EU») 42 .

Il existe également quelques premiers éléments de preuve de l’additionnalité des résultats. Par exemple, l’enquête auprès des utilisateurs finaux a révélé que près de la moitié des étudiants ou des participants à des formations aux compétences interrogés sont tout à fait d’accord avec le fait que les formations financées par le programme pour une Europe numérique sont uniques dans l’UE, et 64 % sont tout à fait d’accord avec le fait qu’elles sont plus abordables que les autres options. Environ 61 % des utilisateurs de différents services (CHP, compétences, EDIH et installations sectorielles d’essai et d’expérimentation) sont (tout à fait) d’accord avec le fait que les services sont plus abordables que les autres options et qu’ils sont uniques dans l’UE (54 %).

6.Synergies avec d’autres programmes de financement de l’UE

Outre le programme pour une Europe numérique, l’UE alloue également des fonds importants à la transformation numérique par d’autres moyens. Une estimation des dépenses de l’UE en faveur de la transition numérique 43 a montré que 208,1 milliards d’EUR du budget de l’UE (y compris NextGenerationEU) ont été consacrés à la transition numérique entre 2021 et 2024, soit près de 15,1 % du budget total de l’UE pour cette période, la quasi-totalité des programmes de financement de l’UE contribuant dans une certaine mesure à la transformation numérique. Les programmes dans lesquels le montant du financement consacré à la transformation numérique est le plus élevé étaient la FRR, la politique régionale et Horizon Europe.

Alors que le programme pour une Europe numérique est conçu comme une initiative stratégique paneuropéenne qui adopte une démarche systématique à l’égard de la transformation numérique de l’UE visant à favoriser l’autonomie stratégique, l’approche des politiques régionales et de la FRR en matière de numérisation est plus fragmentée et localisée, donnant souvent la priorité aux besoins immédiats propres à chaque pays plutôt qu’à la création d’écosystèmes numériques cohésifs et transfrontières.

Qui plus est, les synergies avec Horizon Europe sont essentielles pour faire en sorte que les avancées scientifiques et technologiques les plus récentes soient rapidement mises en pratique, déployées dans l’ensemble des secteurs et adoptées par les acteurs publics et privées. Elles sont profondément ancrées dans la conception des programmes de travail «Europe numérique» 44 . Les synergies dès la conception sont particulièrement marquées dans les objectifs spécifiques 1 (CHP), 2 (solutions d’informatique en nuage et de périphérie, espaces de données, IA), 5 (technologies/solutions pour soutenir la circularité) et 6 (semi-conducteurs).

En ce qui concerne l’intelligence artificielle, si le programme pour une Europe numérique a soutenu le déploiement et l’adoption de l’IA par des installations sectorielles d’essai et d’expérimentation de l’IA et d’autres services, tels que les EDIH, Horizon Europe soutient les progrès scientifiques dans ce domaine, par exemple en renforçant l’alignement au sein de l’écosystème européen de R&I dans le domaine de l’IA, en promouvant la précision, la robustesse et la fiabilité des systèmes d’IA afin de satisfaire aux exigences industrielles en matière d’autonomie, de précision et de sécurité et en intégrant les technologies de l’IA dans la robotique et l’automatisation industrielle (par exemple dans l’automobile).

En ce qui concerne l’IA, le CHP et les semi-conducteurs, ces synergies sont amplifiées par la structure de gouvernance du programme. L’entreprise commune EuroHPC bénéficie de fonds au titre du programme pour une Europe numérique, d’Horizon Europe et du volet numérique du MIE), qui ont été exploités pour être complémentaires et se renforcer mutuellement. Par exemple, les fabriques d’IA 45 récemment lancées sont financées par le programme pour une Europe numérique (qui soutient l’acquisition et la mise à niveau de ressources informatiques spécialisées dans l’IA) et par Horizon Europe (qui finance la mise en place et l’exploitation des fabriques d’IA ainsi que l’alignement des initiatives européennes et nationales dans ce domaine).

En ce qui concerne le CHP et l’informatique quantique, Horizon Europe soutient, par exemple, la mise au point de processeurs et d’accélérateurs européens à basse consommation et la création d’un simulateur quantique. En outre, plus de douze centres d’excellence ont été créés dans toute l’Europe afin d’améliorer les performances des algorithmes dans les domaines stratégiques et d’adapter les applications aux progrès futurs. Qui plus est, le programme pour une Europe numérique soutient l’acquisition et la mise à niveau d’infrastructures de supercalcul et de supercalculateurs quantiques hybrides, ainsi que les déploiements à fort impact (voir section 2).

De même, dans le secteur des semi-conducteurs, l’entreprise commune «Semi-conducteurs» combine des ressources provenant d’Horizon Europe et du programme pour une Europe numérique. Les initiatives de recherche ont soutenu les activités de R&I initialement lancées dans le cadre d’Horizon 2020 par l’intermédiaire de l’entreprise commune ECSEL, son successeur, l’entreprise commune «Technologies numériques clés», ainsi que la transition en 2023 vers l’entreprise commune «Semi-conducteurs» et son alignement sur l’initiative «Semi-conducteurs pour l’Europe» du règlement européen sur les puces. Les activités actuelles se concentrent sur la création des infrastructures et capacités fondamentales nécessaires à l’innovation dans le domaine des semi-conducteurs et à la production de prototypes. Par ailleurs, le programme pour une Europe numérique garantit le transfert de la recherche vers des plateformes d’innovation dans le domaine des semi-conducteurs au moyen de lignes pilotes, qui permettent aux entreprises européennes d’établir des prototypes de dispositifs en matière de processus de fabrication de semi-conducteurs de pointe.

Le programme pour une Europe numérique bénéficie de réseaux établis, dans le cadre desquels les bénéficiaires ont précédemment collaboré à d’autres initiatives financées par l’UE ou œuvré en tant que partenaires de consortium, et qui permettent, dans le même temps, l’arrivée de nouveaux participants, contribuant ainsi à un changement de soutien bien ancré dans les écosystèmes: environ la moitié des bénéficiaires de subventions au titre du programme pour une Europe numérique ont participé à Horizon Europe et/ou à Horizon 2020. Dans l’enquête auprès des bénéficiaires, 41 % des répondants ont indiqué que leurs activités s’appuyaient directement sur des activités financées dans le cadre d’autres programmes de financement de l’UE.

Le programme pour une Europe numérique complète d’autres programmes de l’UE en soutenant la transformation numérique dans des secteurs spécifiques, dans la mesure où les outils et approches horizontaux promus par le programme pour une Europe numérique (par exemple, les espaces de données) sont adaptés aux exigences sectorielles spécifiques.

7.Participation au programme

Le programme pour une Europe numérique est ouvert à tous les États membres ainsi qu’à la Norvège, au Liechtenstein et à l’Islande. En outre, neuf autres pays tiers (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Moldavie, Monténégro, Macédoine du Nord, Serbie, Turquie, Ukraine et, récemment, Suisse) bénéficient d’un financement au titre du programme pour une Europe numérique. Le programme s’est révélé être un instrument essentiel pour assister les pays candidats et candidats potentiels dans les domaines de l’identité numérique, des compétences numériques et de l’innovation numérique, illustrant ainsi concrètement les possibilités d’intégration progressive dans le marché unique numérique de l’UE. Il a ainsi été à l'origine d'une coopération mutuellement avantageuse entre les États membres de l’UE, les pays candidats et les pays candidats potentiels dans des domaines clés, qui constitue un investissement géostratégique en faveur de la paix, de la stabilité et de la prospérité dans toute l’Europe. Des fonds sont mis à la disposition des pays associés pour tous les objectifs spécifiques, à l’exception de l’objectif spécifique 3 (cybersécurité), et certaines activités relevant des objectifs spécifiques 1, 2 et 6 nécessitent une évaluation du contrôle de la propriété pour les entités établies hors de l'UE et/ou contrôlées depuis l’extérieur de l’UE. Ces restrictions de participation (fondées sur l’article 12, paragraphes 5 et 6, du règlement 46 ) protègent la sécurité et l’intégrité des infrastructures critiques et réduisent le risque de fuite de technologies.

Les consultations des parties prenantes et d’autres évaluations [par exemple, l’avis de la plateforme «Prêts pour l’avenir» sur le programme pour une Europe numérique 47 et l’évaluation du Comité économique et social européen (CESE) 48 ] soulignent que, étant donné que le programme est nouveau pour ce CFP au moment des consultations, il était encore possible d’améliorer la connaissance du programme, les niveaux de sensibilisation étant très variables d’un État membre à l’autre.

Le cofinancement, qui est un élément clé du programme, constitue un autre facteur ayant une incidence sur la participation au programme, la plupart des subventions nécessitant un cofinancement de 50 % pour encourager les dépenses nationales, régionales et privées en faveur de la transformation numérique. Certains pays ont mis en place des mécanismes nationaux spécifiques de cofinancement pour compléter le financement du programme pour une Europe numérique. Toutefois, les mécanismes de cofinancement varient considérablement d’un État membre de l’UE à l’autre. Des pays, tels que les Pays-Bas, le Danemark et l’Autriche, ont mis en place des mécanismes structurés spécifiquement adaptés aux priorités du programme pour une Europe numérique, offrant aux demandeurs des voies claires pour obtenir un financement national complémentaire. Ces mécanismes définissent souvent des thèmes prioritaires, tels que la cybersécurité, l’IA ou les infrastructures numériques, garantissant ainsi une approche ciblée. D’autres pays offrent un soutien fragmenté ou ad hoc par l’intermédiaire de ministères ou de programmes existants, tandis que de nombreux pays ne disposent pas de mécanismes structurés de cofinancement du programme pour une Europe numérique.

Le programme affiche un taux de réussite global relativement élevé pour les subventions, qui était d’environ un sur deux (49 %, avec de nombreuses variations entre les thèmes), avec des taux globaux pour Horizon Europe (12,9-15 %). Pour un certain nombre de thèmes dans le cadre du programme pour une Europe numérique, moins de candidatures ont été enregistrées que dans le cadre d’Horizon Europe, car il existe moins d’organisations ou de consortiums qui peuvent espérer prétendre à un seul projet financé, en rassemblant toute l’expertise, le savoir-faire et la capacité nécessaires pour apporter le cofinancement nécessaire.

Dans l’ensemble, les activités de communication – y compris le site web du programme pour une Europe numérique , les événements d’information organisés par la Commission et la foire aux questions figurant sur le portail «Financements et appels d’offres» 49 – ont été évaluées de manière positive. Qui plus est, le dialogue avec les points de contact nationaux (PCN) du programme pour une Europe numérique a été limité. Le réseau des PCN 50 a été mis en place en 2023 et n’a bénéficié d’un financement de l’UE qu’à partir de septembre 2024, raison pour laquelle les enquêtes menées en 2024 montrent une participation relativement faible. Dans l’ensemble, ces initiatives jouent un rôle déterminant dans la promotion du programme dans l’ensemble de l’UE, car elles mobilisent des réseaux selon une approche territorialisée, en dialoguant directement avec les PME au sein de leurs écosystèmes locaux. Afin de renforcer le réseau des PCN, la Commission a investi dans le renforcement des capacités des PCN au moyen de sessions d’information spécifiques; par conséquent, on peut s’attendre à un élargissement de la portée et à des services de qualité dans les années à venir.

8.Simplification

Les demandeurs sont généralement satisfaits du contenu et des aspects liés au processus de gestion des subventions et des marchés publics, tels que la clarté du champ d’application, la description des appels, les règles et les critères d’éligibilité, les instructions relatives aux demandes ainsi que le calendrier et la programmation des appels. Toutefois, ils sont moins satisfaits des conditions de financement, en particulier du taux de financement. Étant donné qu’il s’agit d’un programme de déploiement, les appels lancés dans le cadre du programme sont souvent très spécifiques et assortis d’exigences concrètes, ce qui nécessite des ressources plus importantes pour préparer les demandes que pour des programmes comparables, tels qu’Horizon Europe. Dans le même temps, le taux de financement est inférieur à celui d’Horizon Europe. La «subvention simple», qui est largement utilisée et dont le taux de cofinancement est de 50 %, a été introduite dans le but de constituer un outil important pour la mobilisation de financements dans le domaine du numérique auprès des États membres et des parties prenantes dans l’ensemble de l’UE pour de telles actions proches du marché, mais elle a posé problème à certains types d'acteurs, tels que les administrations publiques, les universités et les PME.

Les consultations ont mis en lumière trois principaux goulets d’étranglement auxquels les parties prenantes sont confrontées, les deux premiers étant étroitement liés à l’obtention d’un financement supplémentaire pour compléter le taux de cofinancement de 50 %:

1.la combinaison de fonds nationaux, régionaux et européens présente des complexités juridiques, notamment la nécessité de se conformer à des règles différentes, qui créent une incertitude pour les parties prenantes et entrave les co-investissements nationaux. En outre, de nombreuses parties prenantes (acteurs au niveau des politiques de l’UE, bénéficiaires) ont également souligné que les instruments de financement de l’UE et ceux des États membres n'étaient pas alignés (règles, calendriers, etc. différents). Il devient dès lors difficile, pour les demandeurs, de s'orienter dans les différents paysages de financement, ce qui entraîne une charge administrative et des retards dans le démarrage des projets;

2.les États membres et d’autres parties prenantes ont également souligné les difficultés rencontrées par les demandeurs dans l’utilisation du financement cumulé, c’est-à-dire la mobilisation de fonds provenant d’autres programmes de financement de l’UE tels que le FEDER ou la FRR en combinaison avec le programme pour une Europe numérique. L’exigence stricte de distinction ex ante des coûts pour mettre en œuvre une combinaison de financement entre la FRR et d’autres programmes en gestion directe a rendu impossible, dans la pratique, la conciliation avec le programme pour une Europe numérique, dans le cadre duquel les bénéficiaires reçoivent une part spécifique des coûts éligibles (approche fondée sur les coûts). La complexité de la combinaison du financement du programme pour une Europe numérique avec celui du FEDER découle de l’obligation de coordination avec les autorités de gestion et de la disparité des règles applicables aux deux programmes (par exemple, en ce qui concerne la présentation des coûts);

3.les restrictions en matière de sécurité, telles que définies à l’article 12, paragraphes 5 et 6, sont essentielles pour protéger la sécurité de l’UE, mais elles nécessitent des informations et des processus supplémentaires dans le cadre de la mise en œuvre, ce qui entraîne des retards et des modifications des conventions de subvention. Les évaluations du contrôle de propriété représentent une lourde charge administrative pour les demandeurs et, dans certains cas, peuvent conduire les partenaires à abandonner les consortiums ou à retarder le processus de signature de la convention de subvention. Les bénéficiaires ont fait état de difficultés liées à la déclaration dans le cadre du contrôle de propriété, en particulier pour les grandes entreprises multinationales, et de difficultés à obtenir des lettres de soutien de la part des États membres.

À mesure que le programme pour une Europe numérique a évolué, la Commission a intégré à plusieurs reprises les enseignements tirés, ce qui s’est traduit par de nombreuses simplifications de la mise en œuvre du programme liées aux trois aspects susmentionnés:

1.Règles en matière d’aides d’État: afin de faciliter le cofinancement national, la Commission a introduit une annexe spécifique sur les aides d’État, ainsi que les taux de financement les plus favorables dans le programme de travail 2025-2027 51 , afin d’apporter des éclaircissements sur l’intensité de l’aide que peuvent fournir les États membres en plus du soutien du programme pour une Europe numérique.

2.Combinaison de financements: en raison des conditions très strictes à respecter pour que le programme pour une Europe numérique et la FRR paient les coûts d’un même projet au prorata 52 , il n’est plus prévu de combiner un financement au titre du programme pour une Europe numérique et un financement au titre de la FRR. Bien qu’il s’agisse d’une procédure complexe, la combinaison de financements entre le programme pour une Europe numérique et le FEDER est possible. La Commission a organisé des séminaires à l’intention des États membres et des bénéficiaires, ainsi que des discussions avec les autorités de gestion du FEDER afin de faciliter la combinaison des financements. En outre, la plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe» (STEP) 53 a été mise en place par la Commission pour faciliter l’accès au financement dans le cadre de onze programmes de l’UE, par exemple au moyen du label STEP, un label pour les projets de haute qualité.

3.Restrictions en matière de sécurité: En outre, afin d’aider également les demandeurs et les autorités nationales à comprendre la nature spécifique des restrictions en matière de sécurité, plusieurs activités de sensibilisation, formations et ateliers, y compris, par exemple, des ateliers pour le comité du programme, les PCN et les experts désignés en matière de sécurité nationale, ont été organisées.

La Commission a mis en œuvre plusieurs mesures de simplification pour les subventions. Dans l’ensemble, l’utilisation du modèle de convention de subvention et l’alignement sur d’autres programmes en ce qui concerne les règles et procédures, ainsi que l’utilisation d’outils informatiques internes, simplifient l’expérience utilisateur et consolident et enrichissent les offres d’orientation et de formation. Les conventions de subvention apportent une simplification supplémentaire, par exemple en prévoyant la possibilité d’utiliser des coûts unitaires pour certaines catégories de coûts personnels et autres, le taux forfaitaire de 7 % pour les coûts indirects et, plus récemment, des subventions forfaitaires pour certaines activités. Une grande partie des bénéficiaires ont estimé que ces mesures de simplification étaient efficaces pour réduire la charge administrative. En outre, la Commission améliore et simplifie également l’expérience des utilisateurs de son principal point d’entrée pour les programmes de financement et les options en matière de passation de marchés gérés par la Commission européenne et d’autres institutions et agences de l’Union (portail «Financements et appels d’offres» de l’UE).

9.À l’avenir

9.1 Transformation numérique dans un nouveau contexte

Si le programme a bien progressé dans la réalisation de ses objectifs, le nouveau contexte géopolitique et technologique a rendu plus importants que jamais les investissements dans la transformation numérique.

Au cours de la durée de vie du programme, le paysage sociopolitique et technologique a connu une transformation importante, amplifiant le caractère critique de la sécurité économique et de la souveraineté technologique en plus de la compétitivité.

Le contexte actuel est déterminé par trois facteurs interdépendants:

·l’accélération numérique post-COVID, qui a intégré la transformation numérique dans le tissu de résilience économique et sociétale;

·la montée des tensions géopolitiques, y compris la reprise de la guerre en Europe, l’évolution des relations entre les États-Unis et l’UE et l’instrumentalisation des dépendances dans les chaînes d’approvisionnement mondiales;

·l’émergence et la montée en puissance de l’IA générative, qui a libéré des capacités technologiques sans précédent mais a également introduit des défis complexes en matière d’action politique, allant de la gouvernance éthique à la perturbation de la main-d’œuvre.

Dans ce nouveau contexte, les déséquilibres mis en évidence dans l’analyse d’impact de 2021 54 sont devenus plus critiques. Les domaines clés tels que le calcul à haute performance, l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs et la cybersécurité ne sont plus des priorités éventuelles, mais des impératifs existentiels pour garantir l’autonomie stratégique de l’UE.

La récente révolution de l’IA générative et des grands modèles de langage a souligné l’importance stratégique des investissements dans les infrastructures numériques réalisés par le programme de l’UE pour une Europe numérique: le supercalcul, l’informatique en nuage et les espaces de données, ainsi que les installations d’essai et d’expérimentation de l’IA.

En outre, le développement d’une résilience collective en matière de cybersécurité et de la capacité d’anticiper, de repérer et de réagir à des cyberattaques de plus en plus sophistiquées est devenu essentiel pour notre avenir dans le nouveau contexte géopolitique.

Toutefois, l’UE reste à la traîne. Comme le souligne le rapport Draghi 55 , l’UE dépend de pays étrangers pour plus de 80 % des produits numériques, ainsi que pour des services, des infrastructures et de la propriété intellectuelle. Alors que les États-Unis et la Chine transforment leurs modèles économiques en technologies de l’information et de la communication (TIC) depuis le début des années 2000, l’Europe n’a pas suivi le rythme. La part de marché mondiale de l’UE dans le secteur des TIC a chuté de 11 points de pourcentage (de 21,8 % à 10,8 %) entre 2013 et 2023, tandis que la part de marché mondiale des États-Unis dans le secteur des TIC est passée de 26,8 % à 38 % au cours de la même période 56 .

L’UE accuse un retard important par rapport aux États-Unis et à la Chine en ce qui concerne les investissements industriels dans la recherche et le développement dans le domaine des TIC, tant pour les logiciels que pour le matériel informatique 57 . Les investissements américains dans les logiciels TIC sont plus de douze fois supérieurs à ceux de l’UE. Les États-Unis sont également en tête en ce qui concerne le nombre d’entreprises du secteur des logiciels TIC, avec 54,3 % d’entreprises américaines, 22,7 % d’entreprises chinoises et seulement 8 % d’entreprises établies dans l’UE 58 .

Comme le souligne l’analyse d’impact accompagnant la proposition de règlement relatif au Fonds européen pour la compétitivité (FEC) 59 , l’UE souffre d’un déficit de financement et d’investissement aux derniers stades de l’innovation, du développement et de l’expansion des entreprises 60 , dans des secteurs stratégiques essentiels pour soutenir la compétitivité de l’économie de l’UE, et notamment du problème d’expansion appelé «vallée de la mort» 61 . Les start-up européennes sont souvent confrontées à deux «vallées de la mort» critiques. La première est la situation où les innovations ne peuvent pas devenir des produits commercialisables; la seconde, particulièrement risquée en Europe, est la période de temps pendant laquelle les entreprises peinent à se développer 62 .

L’Europe dispose d’un écosystème florissant de start-up en phase de démarrage, le nombre de créateurs d’entreprises ayant même dépassé celui des États-Unis. En 2015, l’Europe comptait moins de 8 000 entreprises technologiques en phase de démarrage, tandis qu’en 2024, ce nombre a plus que quadruplé, dépassant les 35 000 63 , ce qui témoigne d’un paysage entrepreneurial dynamique. Toutefois, cette croissance coexiste avec des défis structurels. La complexité des réglementations, les obstacles bureaucratiques et la fragmentation du marché de l’UE continuent de saper l’attractivité de l’Europe en tant que lieu de création et d’expansion d’une entreprise technologique 64 . Au cours de la phase de démarrage, les entreprises de l’UE sont légèrement plus susceptibles de lever des fonds que les entreprises des États-Unis. Toutefois, à mesure que les entreprises acquièrent davantage de capitaux, l’écart en matière d’investissement se creuse nettement. Les entreprises américaines sont deux fois plus susceptibles que leurs homologues européennes d’obtenir un financement de 15 millions d’USD ou plus 65 . Cette disparité se reflète dans les nombres de licornes 66 : l’Europe comptait 286 licornes en 2024, contre près de 400 en Chine et plus de 1 600 aux États-Unis. Il existe également d’importantes disparités dans la concentration des licornes en Europe, l’Allemagne, la France, la Suède et les Pays-Bas affichant les concentrations les plus élevées 67 .

Les marchés financiers de l’UE, caractérisés par une fragmentation associée à une culture générale réfractaire à la prise de risque, continuent d’entraver les investissements dans les secteurs à fort potentiel de croissance et d’innovation. En outre, l’approche de précaution de l’UE fondée sur une réglementation ex ante peut également entraver l’innovation. Le rapport Draghi indique qu’une centaine de réglementations axées sur les technologies et 270 régulateurs interviennent dans le secteur des réseaux numériques, ce qui a désavantagé les entreprises européennes sur un marché technologique guidé par une «dynamique hégémonique» 68 . Toutefois, la position proactive de l’UE sur les normes réglementaires dans des domaines émergents tels que l’IA et la gouvernance des données constitue une occasion stratégique. En harmonisant les règles et en promouvant des cadres reconnus au niveau mondial, l’UE pourrait se positionner comme un chef de file pour façonner l’avenir de la technologie, en transformant la rigueur réglementaire en avantage concurrentiel plutôt qu’en contrainte.

Un autre défi à relever concerne la dépendance croissante de l’avenir numérique de l’UE à l’égard d’un approvisionnement énergétique cohérent. La consommation d’électricité des centres de données devrait presque doubler pour atteindre 945 térawatt-heures (TWh) d’ici à 2030, dépassant légèrement la consommation totale d’électricité actuelle du Japon, principalement en raison de l’IA et de la demande croissante de services numériques 69 . Les dépenses énergétiques élevées de l’Europe entravent l’expansion de certains secteurs numériques, ce qui augmente les coûts des investissements dans les infrastructures numériques et ralentit le rythme de la transformation numérique.

En outre, la complexité croissante des défis auxquels nous sommes confrontés, tels que l’utilisation abusive à des fins criminelles de la désinformation numérique, les cyberattaques, les trucages vidéo ultra-réalistes et la manipulation au moyen d’algorithmes, souligne la nécessité urgente de généraliser l’habileté numérique et de disposer d’une main-d’œuvre compétente dans le domaine des TIC. Seule un peu plus de la moitié des Européens (55,6 %) possède des compétences numériques de base, qui sont essentielles pour la compétitivité et la résilience de la société face aux menaces en ligne, telles que celles ciblant l’intégrité de l’information, la santé mentale et la sécurité des mineurs. L’offre de professionnels des TIC possédant une expertise avancée reste limitée, et l’importante disparité entre les hommes et les femmes complique encore la situation 70 .

Par conséquent, un «changement transformateur dans le paysage des investissements» 71 est nécessaire pour atteindre les objectifs numériques de l’UE. Pour le prochain CFP, le déficit d’investissement dans le numérique a été estimé dans le rapport Draghi à 150 milliards d’EUR par an. Le rapport souligne que l’effet multiplicateur de l’investissement privé doit être beaucoup plus important pour que ce déficit puisse être comblé. Cela exige également de prendre en considération les défis en matière de sécurité économique et de souveraineté technologique dans le cadre d’un financement davantage axé sur le marché.

9.2 Futurs investissements numériques

Dans toutes les consultations, les parties prenantes soulignent qu’il est urgent de concevoir un programme qui contribue à la transition écologique, traite de l’incidence environnementale des technologies numériques avancées et soutient l’optimisation de leur efficacité énergétique. Les citoyens, les entreprises et les organisations non gouvernementales (ONG) de l’UE ont également plaidé en faveur d’un programme plus accessible et plus inclusif favorisant la confiance du public et renforçant l’habileté numérique. Selon eux, accorder la priorité à l’inclusivité, aux pratiques éthiques, à l’accessibilité et à la double transition pourrait accroître l’impact du programme pour une Europe numérique et renforcer encore son rôle de moteur essentiel de l’avenir numérique de l’Europe.

Interrogées sur les futures priorités de financement, les parties prenantes soulignent la nécessité de donner la priorité aux technologies de l’IA (80 %) en tant que pierre angulaire de l’innovation et de la compétitivité. Outre l’IA, la connectivité avancée, les systèmes de navigation, les technologies numériques, la robotique et les systèmes autonomes sont reconnus comme des secteurs critiques en ce qui concerne le soutien stratégique.

Pour ce qui est des priorités des parties prenantes, la plupart des répondants ont insisté sur manque d’accès aux ressources de calcul et aux applications d’IA avancées susceptibles de stimuler l’innovation et d’améliorer les services dans différents secteurs, le manque de compétences et de capacités numériques avancées, ainsi que le manque de cybersécurité et de confiance dans les systèmes numériques.

Les parties prenantes soulignent également la nécessité pour le programme pour une Europe numérique de réduire la dépendance à l’égard des technologies non européennes afin de maximiser ses avantages stratégiques. Elles ont suggéré d’exploiter toute la puissance du code source ouvert, un bien public qui permet l’utilisation, la modification et la redistribution gratuites des technologies, et d’activer le potentiel de la communauté dynamique des logiciels ouverts, qui pourrait renforcer la souveraineté technologique et réduire la dépendance à l’égard des pays tiers.

Les conclusions préliminaires de deux autres études sur les futurs besoins d’investissement dans la recherche et le déploiement numériques 72 soulignent également la nécessité d’investir dans des technologies critiques pour la résilience, telles que:

Øl’IA, les données, la cybersécurité (dans l’IA digne de confiance et explicable, l’IA d’avant-garde, l’IA agentique, les applications d’IA, par exemple dans les soins de santé intelligents, le secteur public fondé sur les données, la mobilité connectée fondée sur les données et les solutions de cybersécurité connexes);

Øla microélectronique et la photonique (en particulier «more than Moore», RISC-V, architectures de micropuces et modulaires, empilage 3D et encapsulation au niveau de la tranche, encapsulation avancée, intégration 3D et électronique verte);

Øle déploiement futur des technologies quantiques (informatique quantique, distribution quantique de clés, IRM quantiques, gravimétrie quantique, etc.),

Øl’internet de nouvelle génération;

Øla réalité étendue (pour la simulation dans les domaines de la science, de la formation, de l’éducation et des jumeaux numériques);

Øles technologies d’interopérabilité (par exemple, pour l’échange transfrontière sécurisé de données); et

Øle déploiement intertechnologique, par exemple en combinant le CHP, l’IA et l’informatique quantique ou l’informatique en nuage, l’informatique de périphérie, l’internet des objets, l’IA et les données dans des applications automobiles.

En ce qui concerne la mise en œuvre du programme, l’évaluation souligne la possibilité d’étendre les programmes de soutien financier à des tiers afin d’élargir le champ d’action à un plus large éventail de bénéficiaires. Ce mécanisme pourrait servir d’outil pour distribuer des fonds publics afin d’aider des entités telles que les start-up, les entreprises en expansion, les PME et les entreprises à moyenne capitalisation à élaborer et à adopter des innovations numériques.

En outre, les consultations révèlent la nécessité de raccourcir les délais entre la recherche au déploiement afin de veiller à ce que les résultats de pointe pertinents soient déployés et mis sur le marché sans autres complications administratives pour les entreprises qui introduisent une demande ni retards dans le financement ultérieur.

Les marchés publics innovants et les achats publics avant commercialisation pourraient servir d’outils stratégiques pour renforcer la souveraineté numérique. En tirant parti de ces mécanismes, l’UE peut directement stimuler le développement de technologies adaptées à ses besoins uniques, en veillant à ce que les infrastructures critiques restent sous contrôle européen.

Une conférence sur l’avenir des investissements numériques dans l’UE organisée dans le cadre de la présidence danoise du Conseil de l’Union européenne 73 a également souligné l’importance des marchés publics et a conclu que les investissements futurs dans le déploiement numérique devaient être plus unifiés, en fusionnant les programmes actuels et en appliquant des règles simplifiées. Les conclusions de l’événement ont fait écho à l’importance de l’augmentation des investissements privés mise en évidence dans le rapport Draghi et ont souligné le rôle du financement public dans la réduction des risques liés aux investissements privés.

9.3 Le numérique dans le prochain CFP

Le 16 juillet 2025, la Commission européenne a publié ses propositions pour le prochain CFP. Plusieurs des lacunes recensées dans la présente évaluation ont été traitées lors de la conception du futur Fonds européen pour la compétitivité 74 . L’un des quatre volets d’action de la proposition relative au FEC (leadership numérique) est axé sur le numérique, de la recherche à l’expansion et au déploiement. Les activités numériques peuvent également être soutenues dans différents secteurs par l’intermédiaire des autres volets d’action de la proposition. La proposition de FEC répond aux défis recensés:

Øen simplifiant le cycle de vie des investissements: assurer une transition en douceur entre la recherche et l’innovation, d’une part, et la fabrication et le déploiement à grande échelle, d’autre part;

Øen améliorant la capacité d’adaptation: offrir une certaine souplesse pour répondre aux priorités émergentes et à l’évolution des paysages technologiques;

Øen mobilisant les capitaux privés: mobiliser des prêts et des instruments de fonds propres pour attirer les investissements du secteur privé parallèlement aux fonds publics;

Øen rationalisant la gouvernance: réduire la complexité administrative grâce à un corpus réglementaire unique et à des règles de financement harmonisées pour les demandeurs (par exemple, pour un soutien alternatif, combiné et cumulé).

En outre, afin de soutenir la combinaison de financements, la proposition relative au FEC permet aux actions qui ont reçu une contribution d’un autre programme de recevoir également une contribution au titre des fonds du FEC 75 .

10.Conclusions

L’évaluation intermédiaire du programme pour une Europe numérique met en évidence les progrès importants accomplis par le programme pour faire progresser les capacités numériques de l’UE grâce au déploiement d’infrastructures à grande échelle et à l’adoption de technologies de pointe. Parmi les principales réalisations figurent le financement de l’un des supercalculateurs les plus rapides et les plus économes en énergie au monde (JUPITER), la mise en place d’installations d’essai et d’expérimentation d’IA de pointe et le développement d’infrastructures pour entraîner des modèles d’IA à grande échelle tout en soutenant l’intégration de l’IA par les PME. Le programme a également établi des cadres pour la préparation transfrontière en matière de cybersécurité, formé des professionnels aux compétences numériques avancées et piloté la transformation numérique au sein des services publics.

Le programme pour une Europe numérique a été mis en œuvre de manière efficace, générant des avantages tangibles pour un nombre croissant d’organisations dans l’ensemble de l’UE et au-delà, y compris dans le contexte de l’accélération du processus d’adhésion à l’UE. Toutefois, des difficultés subsistent, notamment une sensibilisation limitée aux possibilités de financement, des exigences complexes en matière de cofinancement et des charges administratives. La Commission s’est penchée de manière proactive sur ces questions en introduisant des mesures ciblées visant à rationaliser les processus, à accroître l’accessibilité et à améliorer le cadre général de mise en œuvre.

L’évaluation met l’accent sur l’adaptation du programme aux besoins actuels et en évolution des parties prenantes, sur sa flexibilité pour tenir compte des tendances émergentes et sur sa réactivité aux priorités sectorielles. Les enseignements tirés de la phase de programmation et de la phase de mise en œuvre ont été utilisés lors de la conception du prochain CFP et devraient continuer à éclairer les négociations législatives en cours. Les évolutions récentes, telles que l’importance accrue de la résilience numérique après la pandémie, l’émergence de l’IA générative et l’évolution du paysage géopolitique, ont mis en évidence la nécessité urgente d’accroître les investissements dans les infrastructures numériques souveraines, la cybersécurité et les compétences numériques avancées. Ces évolutions ont encore renforcé l’impératif stratégique consistant à garantir l’autonomie stratégique de l’UE en atténuant les dépendances critiques à l’égard de technologies et de systèmes externes, ce qui nécessite des investissements nettement plus importants à l’avenir.

(1) Programme de travail pour une Europe numérique (2021-2027) | EUR-Lex
(2) Règlement (UE) 2023/1781 – FR – EUR-Lex .
(3) Règlement (UE) 2024/1689 – FR – EUR-Lex .
(4) Règlement (UE) 2024/2847 – FR – EUR-Lex .
(5) Règlement (UE) 2025/38 – FR – EUR-Lex .
(6) Directive (UE) 2022/2555 – FR – EUR-Lex .
(7) Règlement (UE) 2022/2065 – FR – EUR-Lex .
(8) Règlement (UE) 2022/1925 – FR – EUR-Lex .
(9) Règlement (UE) 2024/903 – FR – EUR-Lex .
(10) The AI Continent Action Plan | Shaping Europe’s digital future (Plan d’action pour un continent de l’IA | Façonner l’avenir numérique de l’Europe).
(11) Apply AI Strategy | Shaping Europe’s digital future (Stratégie pour l’application de l’IA | Façonner l’avenir numérique de l’Europe).
(12) BCG-x-SIA-Strengthening-the-Global-Semiconductor-Value-Chain-April-2021_1.pdf .
(13) June 2025 | TOP500
(14) Home | TOP500 (Accueil | TOP500).
(15) Au titre de l’objectif spécifique 4, le programme pour une Europe numérique complète la priorité horizontale numérique du programme Erasmus+.
(16) La stratégie de l’UE en faveur des start-up et des scale-up – Choisir l’Europe pour démarrer et se développer: EUR-Lex – 52025SC0555 – EN – EUR-Lex .
(17) JUPITER – Exascale for Europe (JUPITER – Supercalculateur exaflopique pour l’Europe).
(18) Un milliard de milliards de calculs par seconde.
(19) Home | TOP500 (Accueil | TOP500).
(20) June 2025 | TOP500
(21) Sept fabriques d’IA sélectionnées en décembre 2024, six en mars 2025 et six en octobre 2025.
(22) Les antennes coopéreront étroitement avec les fabriques d’IA afin de fournir aux communautés nationales de l’IA un accès à distance sécurisé à des ressources de supercalcul de classe mondiale optimisées pour l’IA.
(23) Sectorial AI Testing and Experimentation Facilities under the Digital Europe Programme | Shaping Europe’s digital future (Installations sectorielles d’essai et d’expérimentation de l’IA au titre du programme pour une Europe numérique | Façonner l’avenir numérique de l’Europe).
(24) Le processus de déploiement de l’espace des données du pacte vert pour l’Europe a commencé par le lancement du projet SAGE en mars 2025, le déploiement sur la base des cas d’utilisation déterminés étant prévu pour février 2028.
(25) Apply AI Strategy | Shaping Europe’s digital future (Stratégie pour l’application de l’IA | Façonner l’avenir numérique de l’Europe).
(26) En juillet 2024, 18 EDIH proposant une vaste palette de services spécialisés de transformation numérique ont été invités à rejoindre le réseau des EDIH, en provenance des pays suivants: Albanie, Kosovo, Monténégro, Macédoine du Nord, Serbie, Turquie et Ukraine.
(27) Une deuxième série de projets pilotes a été lancée en septembre 2025, ce qui représente au total, avec la première série de projets pilotes, 500 autorités publiques et entreprises privées dans presque tous les États membres ainsi qu’en Ukraine, en Moldavie, en Bosnie-Herzégovine, en Islande et en Norvège. Ces projets pilotes couvrent une vingtaine de cas d’utilisation différents (y compris l’identification pour les services publics et l’ouverture de comptes bancaires, les paiements, les permis de conduire mobiles, les authentifiants de voyage numériques et les signatures électroniques).
(28)

GovTech4All | portail «Europe interopérable» .

(29) Décision (UE) 2022/2481 – FR – EUR-Lex .
(30) Alliance pour les technologies du langage (ALT-EDIC) .
(31) Décision d’exécution (UE) 2024/459 – FR – EUR-Lex .
(32) Décision d’exécution (UE) 2024/1432 – FR – EUR-Lex .
(33) Par exemple, 56 % des organisations utilisant les services des EDIH et 52 % des bénéficiaires ont fait état d’une augmentation des taux de croissance de l’innovation et de la productivité.
(34) Par exemple, 39,1 % des utilisateurs des EDIH et 48,1 % des bénéficiaires ont déclaré des coûts inférieurs en raison de la numérisation résultant de leur participation au programme.
(35) Par exemple, 16 % des utilisateurs finaux des EDIH et 41,7 % des bénéficiaires déclarent une diminution de leur dépendance à l’égard de fournisseurs de pays tiers.
(36) Règlement (UE) 2023/1781 – FR – EUR-Lex .
(37) Règlement (UE) 2025/38 – FR – EUR-Lex .
(38) AI Factories | Shaping Europe’s digital future (Fabriques d’IA | Façonner l’avenir numérique de l’Europe) https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/ai-factories .
(39) Programme d’action pour la décennie numérique à l’horizon 2030 | EUR-Lex
(40) Les bénéficiaires sont les organisations qui reçoivent (en l’occurrence, au titre du programme pour une Europe numérique) des subventions, tandis que les utilisateurs (finaux) sont des particuliers ou des organisations utilisant les infrastructures, services et outils financés.
(41) CNSC – Pôle national tchèque des semi-conducteurs .
(42) Programme «Chip Start EU» | Malta Enterprise
(43) Digital tracking (Suivi numérique) – Commission européenne .
(44) The DIGITAL Europe Programme – Work Programmes | Shaping Europe’s digital future (Programme pour une Europe numérique – Programmes de travail | Façonner l’avenir numérique de l’Europe).
(45) AI Factories | Shaping Europe’s digital future (Fabriques d’IA | Façonner l’avenir numérique de l’Europe).
(46) Règlement (UE) 2021/694 – FR – EUR-Lex .
(47) Adopted opinions (Avis adoptés) – Commission européenne .
(48) Programme pour une Europe numérique | CESE .
(49) Portail «Financements et appels d’offres» de l’UE .
(50) Portail «Financements et appels d’offres» de l’UE .
(51) The DIGITAL Europe Programme – Work Programmes | Shaping Europe’s digital future (Programme pour une Europe numérique – Programmes de travail | Façonner l’avenir numérique de l’Europe).
(52) Chaque programme prend en charge une partie des coûts du projet à concurrence de 100 % des coûts éligibles. Cette approche est considérée comme un double financement par la Cour des comptes européenne. L’approche au prorata a été autorisée dans quelques cas qui sont restés exceptionnels.
(53) Plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe» – Union européenne (STEP)
(54) EUR-Lex – 52018SC0305 – EN – EUR-Lex .
(55) The Draghi report on EU competitiveness (Rapport Draghi sur la compétitivité de l’Union européenne).
(56) Global market share of the ICT market from 2013 to 2024 | Statista (Part de marché mondiale dans le secteur des TIC de 2013 à 2024 | Statista).
(57) Répertoire des publications du JRC – The 2024 EU Industrial R&D Investment Scoreboard (Édition 2024 du tableau de bord de l’UE sur les investissements en R&D industrielle).
(58) Répertoire des publications du JRC – The 2024 EU Industrial R&D Investment Scoreboard (Édition 2024 du tableau de bord de l’UE sur les investissements en R&D industrielle).
(59) La stratégie de l’UE en faveur des start-up et des scale-up – Choisir l’Europe pour démarrer et se développer: EUR-Lex – 52025SC0555 – EN – EUR-Lex .
(60) Par exemple, des lignes de production pilotes pour les puces avancées.
(61)

La «vallée de la mort» est une expression qui désigne une défaillance du marché. Il est fait référence ici à la «deuxième vallée de la mort», c’est-à-dire la situation que connaissent les entreprises qui éprouvent des difficultés à obtenir le financement nécessaire à leur croissance. Les investisseurs privés ne sont pas convaincus que ces entreprises puissent se développer rapidement et générer des flux de liquidités, ce qui a un effet dissuasif. La «première vallée de la mort» désigne l'étape du développement d’un produit avant sa commercialisation, lorsque les risques techniques restent élevés et que la capacité à générer des revenus n'est pas prouvée. Dans les deux cas, les investissements sont jugés trop risqués par les investisseurs privés et ne sont donc souvent pas financés.

(62) Stratégie de l’UE en faveur des start-up et des scale-up – Choisir l’Europe pour démarrer et se développer, COM(2025) 270 final.
(63) État des technologies européennes 2024: soet2024_report.pdf .
(64) Ibid.
(65) Ibid.
(66) On entend par «licorne» une start-up privée évaluée à 1 milliard d’USD ou plus.
(67) State of the Digital Decade 2025 report | Shaping Europe’s digital future (Rapport de l’état d’avancement de la décennie numérique 2025 | Façonner l’avenir numérique de l’Europe).
(68) Par exemple, The Draghi report on EU competitiveness (Rapport Draghi sur la compétitivité de l’Union européenne).
(69) Energy and AI – Analysis – IEA (Énergie et IA – Analyse – Agence internationale de l’énergie).
(70) 2025 State of the Digital Decade package | Shaping Europe’s digital future (État d’avancement du train de mesures pour la décennie numérique 2025 | Façonner l’avenir numérique de l’Europe).
(71) State of the Digital Decade 2025 report | Shaping Europe’s digital future (Rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique 2025 | Façonner l’avenir numérique de l’Europe).
(72) Publication prévue au premier trimestre 2026.
(73) Conference | Future of Digital Investments in the EU (Conférence | L’avenir des investissements numériques dans l’UE), rapport final attendu en octobre 2025.
(74) EUR-Lex – 52025PC0555 – EN – EUR-Lex .
(75) Ibid.

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