COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 25.11.2025
COM(2025) 951 final
COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL ET À LA BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE
Faire refléter le cadre de gouvernance économique dans la politique budgétaire nationale
{SWD(2025) 951 final}
Introduction
Le paquet d’automne présenté aujourd’hui s’inscrit dans un contexte de défis majeurs dans l’Union européenne comme à l’échelle planétaire, mais selon les prévisions, l’économie de l’UE devrait néanmoins rester résiliente et conserver un taux de croissance modeste. Étant l’une des économies les plus ouvertes au monde, l’UE est exposée à la montée des restrictions au commerce mondial, aux tensions internationales et, souvent, à une concurrence déloyale de la part d’autres partenaires commerciaux, ce qui aggrave l’incertitude liée à la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine. Selon des données récentes, l’activité économique s’est développée à un rythme plus rapide que prévu au premier semestre 2025, en partie en raison de la production et de l’exportation anticipées de biens dans la perspective d’une augmentation des droits de douane américains. Alors que la dynamique devrait s’être ralentie au second semestre de l’année, le PIB réel de la zone euro devrait croître de 1,3 % en 2025, ce qui est légèrement supérieur aux projections figurant dans les prévisions de la Commission du printemps 2025. Bien que le rythme de croissance devrait ralentir en 2026, la bonne tenue des dépenses de consommation et des investissements devrait soutenir une croissance du PIB réel de 1,2 %.
Maintenir la stabilité budgétaire est essentiel pour favoriser une croissance durable et la résilience. Le cadre budgétaire réformé de l’UE, qui est entré en vigueur en 2024, est désormais pleinement opérationnel. Le paquet d’automne présenté aujourd’hui marque une étape importante dans la mise en œuvre de ce cadre. Tous les États membres ont présenté leurs plans budgétaires et structurels à moyen terme et le Conseil a adopté des recommandations fixant des trajectoires des dépenses nettes pour chacun d’eux.
La présente communication fait le point sur l’évolution des finances publiques des États membres en 2025 et leurs perspectives budgétaires pour 2026, en évaluant le respect du cadre budgétaire de l’UE. Elle couvre l’ensemble des États membres, l’accent étant mis en particulier sur la zone euro. Les États membres de la zone euro ont présenté leurs projets de plan budgétaire (PPB) pour 2026 à l’Eurogroupe et à la Commission, et cette dernière a ensuite adopté des avis sur chacun de ces PPB. En outre, la présente communication examine si les États membres qui font l’objet d’une procédure concernant les déficits excessifs (PDE) ont engagé une action suivie d’effets en réponse aux recommandations du Conseil les concernant.
Le cadre budgétaire de l’UE prend en compte l’augmentation nécessaire des dépenses de défense. Face au contexte géopolitique actuel et aux défis sécuritaires accrus découlant de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, la Commission a invité les États membres à demander l’activation de la clause dérogatoire nationale pour la défense dans le cadre des initiatives «Préparation à l’horizon 2030». Les clauses dérogatoires nationales offrent aux États membres la possibilité d’augmenter leurs dépenses de défense sans être immédiatement tenus de financer cette augmentation par des réductions de dépenses ou des mesures d’accroissement des recettes. Cette flexibilité donne ainsi aux États membres le temps nécessaire pour intégrer des dépenses de défense plus élevées dans leurs budgets nationaux. Elle permet aux États membres de s’écarter temporairement de la trajectoire des dépenses nettes recommandée par le Conseil, à condition que ces écarts soient liés à des augmentations des dépenses de défense ne dépassant pas 1,5 % du PIB sur les quatre prochaines années. À ce jour, le Conseil a activé la clause dérogatoire nationale pour 16 États membres (Belgique, Bulgarie, Croatie, Tchéquie, Danemark, Estonie, Finlande, Allemagne, Grèce, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Portugal, Slovaquie et Slovénie).
La présente communication est divisée en deux sections. La section I donne un aperçu de la situation budgétaire dans la zone euro, y compris les perspectives pour les années à venir, sur la base des PPB présentés par les États membres et des prévisions de la Commission de l’automne 2025. Elle examine l’orientation budgétaire globale et ses composantes sous-jacentes, dans la zone euro dans son ensemble, et évalue si cette orientation budgétaire est adéquate. Dans la section II, la Commission évalue le respect par les États membres des plafonds de croissance des dépenses nettes recommandés par le Conseil. Pour les États membres de la zone euro, l’évaluation tient compte des informations que ceux-ci ont fournies dans leurs projets de plan budgétaire. Pour les États membres faisant l’objet d’une PDE, l’évaluation tient compte des informations qu’ils ont communiquées sur les mesures prises en réponse aux recommandations du Conseil les concernant. Enfin, la section II comporte une synthèse du rapport établi au titre de l’article 126, paragraphe 3, du TFUE, sur la base duquel la Commission examine les nouveaux cas pouvant mener à l’ouverture d’une PDE. Les annexes fournissent l’analyse et les données sous-jacentes.
I.Évolutions budgétaires et orientation budgétaire au sein de la zone euro
Le déficit public agrégé de la zone euro devrait légèrement augmenter tant en 2025 qu’en 2026. Selon les prévisions de la Commission de l'automne 2025, le déficit public agrégé de la zone euro devrait se creuser pour atteindre 3,2 % du PIB en 2025 (contre 3,1 % du PIB en 2024). Sur la base des politiques actuelles, le déficit devrait augmenter pour atteindre 3,3 % du PIB en 2026.
Après avoir fortement diminué les années précédentes, le ratio agrégé de la dette au PIB de la zone euro a commencé à augmenter en 2025 et devrait atteindre 89,8 % du PIB à la fin de 2026, contre environ 88 % à la fin de 2024. Cette augmentation est due à la persistance de déficits primaires et à certains ajustements stocks-flux de nature à accroître la dette. En outre, le différentiel entre taux d’intérêt et taux de croissance («effet boule de neige») devrait devenir moins favorable, étant donné que le taux d’intérêt implicite payé sur la dette augmente alors que l’inflation (déflateur du PIB) continue de ralentir. Quatre États membres devraient afficher des ratios d’endettement supérieurs à 100 % l’année prochaine.
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| Graphique 1. Orientation budgétaire de la zone euro et composantes, 2024-2026 (en % du PIB) |
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