Avis du Comité économique et social européen — Les déterminants commerciaux de la santé (avis d’initiative)
| CELEX | 52025IE0420 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 18 septembre 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/3 | 16.1.2026 |
Avis du Comité économique et social européen
Les déterminants commerciaux de la santé
(avis d’initiative)
(C/2026/3)
Rapporteur:
Alain COHEURCorapporteur:
Christophe LEFÈVRE| Conseillers | Martini HAGIEFSTRATIOU (pour le rapporteur) |
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| Aymeric BOILLOT (pour le corapporteur) |
| Décision de l’assemblée plénière | 23.1.2025 |
| Base juridique | Article 52, paragraphe 2, du règlement intérieur Avis d’initiative |
| Compétence | Section «Marché unique, production et consommation» |
| Adoption en section | 2.9.2025 |
| Adoption en session plénière | 18.9.2025 |
| Session plénière no | 599 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 95/0/5 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social européen (CESE) insiste sur la nécessité d’adopter une approche de la santé, globale, préventive et fondée sur les droits humains fondamentaux, et le concept d’exposome, face aux déterminants commerciaux de la santé (DCS). Ces derniers sont définis comme les stratégies et les pratiques d’acteurs privés qui influencent négativement la santé et les équilibres démocratiques. |
| 1.2. | Le CESE réaffirme le rôle central que l’Union européenne (UE) et ses États membres (EM) doivent jouer à travers des politiques ambitieuses, des plans d’action ciblés et des financements stratégiques. En particulier, le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034 doit prioriser la santé et son virage préventif comme pilier de la résilience européenne et, aussi, répondre aux vulnérabilités sanitaires, sociales, économiques, professionnelles et environnementales, aggravées par les pandémies, les crises multidimensionnelles et les inégalités structurelles. |
| 1.3. | Le CESE souligne que la prise en compte globale de la santé, dans toutes ses dimensions, s’aligne parfaitement avec les impératifs économiques, ces derniers peuvent s’articuler avec les objectifs de santé publique et s’envisager dans une perspective d’intérêt général. À ce titre, le CESE encourage un cadre d’action équilibré, offrant aux entreprises européennes les conditions nécessaires pour évoluer vers des modèles plus vertueux sur le plan sanitaire. En intégrant le principe de précaution, ainsi que des clauses de transparence et de vigilance dans les politiques publiques, l’UE peut mieux protéger la santé des citoyens, mais aussi libérer le potentiel d’innovation des entreprises européennes et contribuer activement à une UE pionnière de l’économie du bien-être, conjuguant performance économique, cohésion sociale, solidarité sanitaire et prospérité durable. |
| 1.4. | Le CESE s’inscrit dans la volonté de soutenir une UE compétitive non pas par la course au moins-disant sanitaire ou social, mais en faisant de l’Europe le premier continent mondial du bien-vivre, pilier du projet européen. |
| 1.5. | Le CESE attire également l’attention sur la nécessité de garantir une approche forte en matière de santé et de sécurité au travail, en cohérence avec le dixième principe du socle européen des droits sociaux. Il est urgent de renforcer les cadres existants pour prévenir les risques professionnels, face aux environnements et formes d’organisation du travail qui ont un impact négatif sur la santé; une approche centrée sur la qualité des conditions de travail renforce à la fois la compétitivité des entreprises et le bien-être des travailleurs, et ce dans une logique de prospérité partagée. |
| 1.6. | Le CESE met en lumière plusieurs projets européens qui illustrent la nécessité d’une action face aux DCS, notamment le renforcement de la gouvernance européenne en matière de soins de faible valeur («low-value care»), en intégrant les DCS dans l’évaluation des systèmes de santé, conformément aux travaux d’évaluation de la performance des systèmes de santé («Health systems performance assessment» — HSPA) de la Commission européenne. Le CESE reprend l’analyse d’EuroHealthNet afin de parvenir à un encadrement strict des pratiques industrielles favorisant la surconsommation de soins et de produits de santé sans bénéfice démontré pour les patients. Le CESE soutient les initiatives telles que l’action conjointe «Prevent-NCD» [de prévention des cancers et autres les maladies non transmissibles (MNT)], qui promeuvent des politiques coordonnées pour réguler les industries nocives, taxer les produits délétères et limiter leur marketing. Il encourage également l’adoption d’approches transversales, inspirées de modèles internationaux tels que celui du Canada, afin d’intégrer les DCS dans toutes les politiques publiques et de garantir un système de santé durable, équitable et fondé sur la qualité des soins. |
| 1.7. | Le CESE plaide en faveur de la professionnalisation du personnel de santé et l’investissement dans la formation éthique et scientifique, comme le recommande la feuille de route conjointe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Association des écoles de santé publique de la région européenne (ASPHER). Un personnel compétent est indispensable pour garantir l’efficacité des politiques préventives. |
| 1.8. | Le CESE recommande de renforcer le rôle stratégique du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) en élargissant son mandat actuel et ses moyens au-delà des seules maladies transmissibles, afin d’y inclure les DCS et les MNT. Ce renforcement vise à doter l’UE d’une capacité d’analyse prospective et indépendante, à la hauteur des défis contemporains en matière de santé publique. Dans cette perspective, le CESE soutient la création, sous l’égide de l’ECDC et en coordination avec les autres agences compétentes (EMA, EU-OSHA, Eurostat, etc.), d’un Observatoire européen des déterminants commerciaux de la santé tel que décrit au paragraphe 6.3. |
| 1.9. | Le CESE soutient les financements alloués à la santé dans la proposition de cadre financier pluriannuel 2028-2034, notamment au moyen du Fonds pour la compétitivité et de la taxe sur le tabac, mais déplore l’absence d’un programme santé dédié, réduisant la visibilité des priorités sanitaires. Le CESE appelle à intégrer la prévention, l’éducation à la santé et le renforcement des systèmes de santé dans les enveloppes nationales et régionales (plans de partenariat nationaux et régionaux — NRPP), avec une gouvernance renforcée pour appréhender les DCS. |
| 1.10. | Le CESE souligne le rôle déterminant que les EM pourraient jouer, appuyant une coalition d’États volontaires promouvant un encadrement plus strict du marketing agressif, y compris dans l’espace numérique. |
| 1.11. | Le CESE préconise la création d’un label européen «Entreprise responsable pour la santé», attribué sur la base de critères rigoureux, vérifiés de manière indépendante. Ce label mettrait en évidence les entreprises engagées dans la réduction de la promotion des produits nocifs pour la santé, la transparence sur les filières et le financement de campagnes de prévention, tout en encadrant les initiatives contradictoires de «health washing». Dans ce domaine, les pratiques de l’économie sociale et solidaire peuvent être inspirantes. |
| 1.12. | Le CESE plaide pour une implication active et systématique de la société civile et des organisations de patients à toutes les étapes de l’élaboration, de la mise en œuvre et de l’évaluation des politiques de santé au prisme des déterminants commerciaux de la santé (DCS), à l’échelle européenne comme internationale. Parallèlement, il souligne l’importance d’une évaluation rigoureuse des liens financiers entre les associations de patients et les industries qui impactent la santé, en renforçant l’obligation de transparence des mécanismes de financement. Cette démarche vise à analyser l’impact de ces liens sur les politiques publiques, notamment dans les procédures d’agrément, de remboursement et de recherche, tout en garantissant une représentation effective des besoins des citoyens. |
| 1.13. | Le CESE recommande que l’UE renforce son rôle dans la gouvernance mondiale de la santé publique, notamment dans les travaux de l’OMS, du G7, du G20 et de l’ONU. |
2. Une approche intégrée pour répondre aux déterminants de la santé
| 2.1. | Droit humain fondamental, la santé est façonnée par un ensemble complexe de déterminants sociaux, économiques, commerciaux, environnementaux et numériques, qui influencent plus de 70 % de l’état de santé, contre seulement 10 % pour les comportements individuels. L’ensemble des expositions environnementales subies tout au long de la vie et leurs impacts sur la santé est résumé par le concept d’exposome. Le CESE encourage des politiques publiques qui reposent sur une approche systémique prenant en compte ces déterminants. |
| 2.2. | Les MNT — maladies cardiovasculaires, cancers, affections respiratoires chroniques, diabète — représentent près de 90 % des décès et 85 % des incapacités en Europe. Le CESE souligne qu’il est indispensable d’agir sur leurs causes structurelles, en sus de la prévention et de l’accès aux soins, afin de garantir une meilleure santé pour toutes et tous. |
| 2.3. | Le CESE s’appuie sur les travaux de l’OMS, notamment son étude sur les DCS (1), qui définit les déterminants commerciaux de la santé comme les stratégies d’acteurs privés maximisant leurs profits au détriment de la santé publique. L’OMS en appelle à une régulation stricte, une taxation dissuasive des produits nocifs et une surveillance renforcée des pratiques commerciales nuisibles. |
| 2.4. | Les industries du tabac, de l’alcool, de l’agroalimentaire et des énergies fossiles, comme les plateformes numériques vectrices de désinformation, exercent une influence considérable sur la santé publique, non seulement par les produits qu’elles commercialisent, mais aussi par leurs stratégies de lobbying, leur influence sur la recherche scientifique et leur capacité à influer sur les politiques publiques à leur avantage. |
| 2.5. | Le CESE met en exergue l’importance de la coopération multiacteurs et intersectorielle. Il ne suffit pas d’agir sur un seul levier: il faut articuler les politiques publiques pour transformer les environnements de vie, réduire les inégalités sociales de santé et réorienter l’influence des acteurs économiques dont les intérêts vont à l’encontre de la santé publique vers une économie du bien-être. |
| 2.6. | L’UE, en tant que modèle de société équilibrée où la compétitivité économique et le bien-être social se renforcent mutuellement, se doit d’adopter une approche intégrée en matière de régulation et de prévention des impacts négatifs des DCS. |
3. Comprendre l’impact des déterminants commerciaux
Des analyses étayées des institutions internationales et européennes
| 3.1. | Les pratiques commerciales de certaines industries ont été relevées par l’OMS: le marketing agressif ciblant les enfants et populations précaires (80 % des publicités pour aliments ultratransformés visant les jeunes), l’influence sur la recherche par des financements industriels biaisés (comme la dissimulation des dangers du tabac), le lobbying intensif (mobilisant des ressources conséquentes pour empêcher l’adoption de politiques publiques bénéfiques pour la population), l’externalisation des coûts des maladies sur la société, et les stratégies de transfert de responsabilité (promouvant, par exemple, faussement la cigarette électronique comme moins nocive), qui aggravent les impacts sanitaires et environnementaux. |
| 3.2. | Au vu des dernières estimations disponibles (2), les maladies cardiovasculaires, l’obésité, et les méfaits du tabac et de l’alcool engendrent des coûts économiques et sanitaires majeurs, estimés à plus de 700 milliards d’EUR par an pour les systèmes de santé européens, avec des impacts spécifiques pour le tabac (700 000 décès, 98-130 milliards d’EUR, jusqu’à 1,39 % du PIB), l’alcool (255 000 décès, 125 milliards d’EUR), l’obésité (plus de 10 milliards d’EUR en soins de santé), et les dépenses des industries nocives (telles que 30 millions d’EUR pour freiner les taxes sur le sucre). Les substances nocives (tabac, alcool, aliments ultratransformés) causent environ 2,7 millions de décès par an en Europe, soit 25 % de la mortalité totale (≃ 7 400 décès quotidiens). |
| 3.3. | Le CESE réaffirme que la sécurité et la santé au travail, consacrées par le principe 10 du socle européen des droits sociaux, restent une priorité; les arrêts de travail liés aux pathologies chroniques et aux risques psychosociaux représentent un coût d’environ 2,5 % à 4 % du PIB de l’UE, soit entre 470 et 750 milliards d’EUR par an, selon les études incluant les coûts directs et indirects (3). |
| 3.4. | Le CESE insiste sur la prévention des maladies neurodégénératives comme Parkinson, prônant une évaluation des risques renforcée, l’indépendance scientifique et le principe de précaution (4). |
| 3.5. | L’OMS (5) met en évidence le lien fondamental entre santé publique et stabilité économique, promouvant des politiques et des outils de modélisation interconnectés. |
4. Encourager un cercle vertueux pour les entreprises européennes
| 4.1. | Loin d’être un frein à la compétitivité, une transition vers des pratiques commerciales saines et responsables constitue une opportunité majeure pour les entreprises européennes. En s’éloignant des produits nocifs et en intégrant la prévention des MNT dans leur modèle économique, les entreprises peuvent non seulement réduire les risques réglementaires et réputationnels, mais aussi stimuler l’innovation et renforcer leur attractivité auprès des consommateurs et des investisseurs. |
| 4.2. | Le développement et l’adoption de produits plus sains et durables permettent d’ancrer un cercle vertueux, dans lequel les entreprises bénéficient d’une stabilité réglementaire, d’une demande croissante pour des alternatives responsables et d’un alignement avec les attentes sociétales en matière de santé publique. Toutefois, à l’instar de l’écoblanchiment («greenwashing»), le «health-washing» constitue un risque réel. Une certification crédible, européenne, «Entreprise responsable pour la santé», assortie de critères transparents et rigoureux, est donc nécessaire. L’UE et ses EM pourraient promouvoir l’innovation responsable par des mécanismes d’incitation fiscale et dans les procédures de marchés publics. |
| 4.3. | En cessant de dépendre de la commercialisation de produits à risque et en investissant dans des alternatives innovantes, les entreprises peuvent non seulement anticiper les évolutions réglementaires, mais aussi renforcer leur compétitivité sur le long terme. L’innovation en santé publique — produits, services, modes de consommation — devient un levier stratégique de croissance économique. À l’échelle de l’UE, encourager cette transition s’inscrit pleinement dans la volonté de bâtir une compétitivité fondée sur l’excellence, l’innovation responsable et la durabilité, dans un contexte géopolitique qui exige une souveraineté sanitaire, une indépendance industrielle et une attractivité sociale renforcées. |
Repenser la prévention comme levier stratégique de l’Union européenne
| 4.4. | Le coût de la prévention ne saurait être appréhendé comme une contrainte ou une menace commerciale. Il constitue au contraire un levier d’investissement essentiel, tant en matière de soutenabilité des systèmes de santé que de bien-être des populations, caractère distinctif du modèle européen et de sa compétitivité. Le CESE soutient un système de taxation ciblée des produits nocifs comme le tabac, l’alcool et les aliments ultratransformés pour financer les actions de prévention des systèmes de santé. |
| 4.5. | Un personnel de santé publique (PSP) bien formé est crucial pour lutter contre les DCS dans l’UE. Sans compétences ni éthique, les efforts de prévention, de régulation des industries nocives et de mise en œuvre de politiques fondées sur des données probantes seront insuffisants. Le CESE soutient la feuille de route OMS-ASPHER pour renforcer les capacités du PSP, essentiel à la résilience des systèmes de santé, à la gouvernance éthique et à la protection contre les influences commerciales. |
Créer un écosystème favorable
| 4.6. | L’UE a tout intérêt à accélérer cette transition vers une économie de la santé durable en mettant en place des incitations financières, un cadre réglementaire cohérent et des partenariats public-privé exigeants dans les secteurs de l’alimentation, de la pharmacie, du numérique et du bien-être. En construisant un écosystème propice à l’innovation sociale et à la santé, l’UE peut faire de la prévention des MNT un véritable moteur de croissance et de résilience. Cette logique intègre aussi l’amélioration des traitements existants et la réduction des maladies évitables, telles que certaines formes de cancer ou la maladie de Parkinson, lorsqu’elles sont détectées et prises en charge précocement. |
| 4.7. | Dans la lignée de la protection des données à caractère personnel, le CESE préconise une transparence accrue sur les finalités réelles de l’exploitation des données de santé et de consommation, particulièrement lorsqu’elles alimentent des systèmes d’algorithmes publicitaires ou des outils d’optimisation comportementale. Il est nécessaire d’interdire les usages des données de santé qui renforcent les modèles commerciaux nuisibles (suggestion algorithmique de produits ultratransformés ou polluants). Le CESE appelle à un encadrement strict des systèmes de ciblage fondés sur la fragilité médicale ou sociale des publics, ainsi qu’à un marquage des plateformes et entreprises selon leur niveau de conformité éthique (principe de «responsabilité numérique sanitaire»). |
| 4.8. | Les associations de patients, porteuses du vécu des citoyens, et les organisations de la société civile constituent des acteurs démocratiques clés et essentiels pour la démocratie sanitaire aux côtés du dialogue social. Afin de préserver cette légitimité, le CESE recommande de garantir un environnement propice et transparent leur permettant de remplir pleinement leur rôle de vigie, de plaidoyer et de relais de l’intérêt général dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques de santé. |
5. Prendre en considération des revendications et des expériences concrètes
| 5.1. | Le CESE souligne l’importance de mieux prendre en compte les expériences concrètes et les recommandations issues d’initiatives européennes récentes. Le rapport du groupe HSPA de la Commission européenne (6) alerte sur la persistance des «soins de faible valeur» («low-value care»), c’est-à-dire des interventions médicales sans bénéfice prouvé, promues par des stratégies commerciales agressives, au détriment de la qualité des soins et de la soutenabilité financière des systèmes de santé. De même, les réseaux européen «EuroHealthNet» et mondial «NCD Alliance» (7) plaident pour une régulation renforcée des industries nocives (tabac, alcool, aliments ultratransformés) et alertent sur la capacité de celles-ci à influencer les politiques publiques au moyen du lobbying et du marketing ciblé, notamment numérique. Le CESE partage ces constats et appelle à une gouvernance plus rigoureuse des DCS. |
| 5.2. | S’inscrivant dans cette dynamique, le CESE soutient l’action conjointe «Prevent-NCD» (8), une initiative européenne coordonnée qui vise à intégrer les DCS dans les politiques de prévention des maladies non transmissibles. Il en reprend les propositions clés que sont la taxation des produits nocifs, la limitation de leur marketing, la création de régulations indépendantes et le renforcement de la coopération européenne. À l’instar du Canada, qui a mis en œuvre une cartographie des déterminants de la santé et un plan pour une économie du bien-être, le CESE appelle l’UE à se doter d’un cadre similaire permettant une action transversale. Il recommande l’adoption d’une stratégie européenne globale de lutte contre les DCS, ancrée dans l’équité, la prévention et la résilience des systèmes publics. |
6. Vers le renforcement d’un cadre européen de l’économie du bien-être
| 6.1. | Face aux défis posés par les DCS, l’UE doit mettre en place un cadre de bien-être ambitieux et structuré, intégrant la santé comme un pilier fondamental des politiques publiques. Cela passe par une approche globale combinant gouvernance renforcée, suivi des engagements des entreprises, incitations économiques et coopération internationale. |
| 6.2. | Appliquer le principe de précaution dans toutes les politiques commerciales et industrielles affectant la santé:
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| 6.3. | Étendre le mandat et les moyens du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), comme sa coordination avec d’autres agences européennes (EMA pour les médicaments, EU-OSHA pour la santé au travail):
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| 6.4. | Intégrer la prévention dans le prochain cadre financier pluriannuel européen:
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| 6.5. | Créer une certification européenne «Entreprise responsable pour la santé» en s’inspirant de l’économie sociale et solidaire:
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| 6.6. | Aligner les politiques européennes avec les objectifs de l’OMS et de l’ONU:
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Bruxelles, le 18 septembre 2025.
Le président
du Comité économique et social européen
Oliver RÖPKE
(1) OMS, Commercial Determinants of Health, 2023.
(2) Commission européenne (2021 et suivantes): Initiative «En meilleure santé ensemble»; EU NCD Initiative: prévention des maladies non transmissibles; Organisation mondiale de la santé (2024): Rapport sur les déterminants commerciaux des maladies non transmissibles; Commission européenne et OCDE (2024): Health at a Glance: Europe 2024: facteurs de risque et prévention des MNT; Commission européenne (2021): Plan européen de lutte contre le cancer; Eufic (2025): Obesity in Europe; Task Force on Fiscal Policy for Health (2024): Rapport sur les pressions industrielles: lobbying des industries du sucre.
(3) European Trade Union Institute (ETUI) (2025): The cost of psychosocial exposure in the workplace; Commission européenne et OCDE (2024): Health at a Glance: Europe 2024; EU-OSHA (2017): An international comparison of the cost of work-related accidents and illnesses; Commission européenne, DG Emploi (2011): Socio-economic costs of accidents at work and work-related ill health.
(4) Shan, L, Heusinkveld, H. J., Paul, K. C. et al. « Towards improved screening of toxins for Parkinson’s risk », npj Parkinsons Dis. 9, 169 (2023).
(5) WHO, Shifting towards fiscally resilient, healthy societies, 2024.
(6) https://ec.europa.eu/newsroom/sante/newsletter-archives/60029.
(7) https://ncdalliance.org/resources/dispelling-health-harming-industry-myths-ncds.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/3/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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