Initiative législative52025IE0634

Avis du Comité économique et social européen — Un défi pour le marché unique: une politique européenne de défense bien équilibrée par rapport aux besoins des citoyens (avis d’initiative)

CELEX52025IE0634
TypeInitiative législative
Datejeudi 18 septembre 2025

Résumé IA

Cet avis d'initiative du Comité économique et social européen (CESE) examine comment la politique européenne de défense peut être développée sans compromettre les principes fondamentaux du marché unique ni les besoins des citoyens. Il souligne la nécessité de trouver un équilibre entre les impératifs de sécurité et de défense, d'une part, et la préservation des libertés économiques, de la concurrence et des droits sociaux, d'autre part. Pour un professionnel du droit français, ce texte anticipe les futures tensions juridiques entre les règles du marché intérieur et les mesures de défense, notamment en matière de marchés publics, d'aides d'État et de libre circulation.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2026/4

16.1.2026

Avis du Comité économique et social européen

Un défi pour le marché unique: une politique européenne de défense bien équilibrée par rapport aux besoins des citoyens

(avis d’initiative)

(C/2026/4)

Rapporteur:

Angelo PAGLIARA

Conseiller

Simone D’ALESSANDRO (pour le rapporteur)

Décision de l’assemblée plénière

23.1.2025

Base juridique

Article 52, paragraphe 2, du règlement intérieur

Compétence

Section «Marché unique, production et consommation»

Adoption en section

2.9.2025

Adoption en session plénière

18.9.2025

Session plénière no

599

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

134/0/2

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le CESE rappelle que le renforcement des capacités de défense de l’Union européenne doit avoir lieu dans le respect de ses valeurs fondamentales, qui sont au cœur de la cohésion économique, sociale et territoriale, conformément à l’article 3 du traité sur l’Union européenne. Une politique de défense ne sera efficace que si elle s’inscrit dans un projet européen axé sur le bien-être des citoyens.

1.2.

Le CESE estime que, du point de vue de la sécurité, l’Union européenne doit se doter d’une politique de défense conjointe, dans le cadre d’une politique étrangère et de sécurité commune, et construire un solide pilier européen de la défense pour dépasser les modèles nationaux et la répartition fragmentée des dépenses qui en résulte. Les mesures législatives et financières nécessaires pour y parvenir devraient être adoptées de toute urgence et dans un cadre commun, compte tenu également des risques auxquels sont confrontés les pays européens limitrophes de la Russie et de la Biélorussie.

1.3.

Le CESE plaide en faveur d’une approche intégrée de la sécurité européenne comprenant non seulement les besoins militaires mais également des dimensions sociale, industrielle, environnementale et sanitaire. De fait, la résilience de l’Union repose sur des systèmes publics robustes et sur la confiance des citoyens. Le bien-être des citoyens européens ne peut être garanti dans le contexte géopolitique actuel en l’absence d’un niveau adéquat de capacités de défense et de préparation de la société. Une résilience véritable repose sur la capacité à réagir aux agressions extérieures et sur la solidité des systèmes publics pour protéger les citoyens dans tous les aspects de leur vie.

1.4.

Le CESE souligne qu’il est urgent de renforcer le marché unique en surmontant la fragmentation du marché de la défense en promouvant une politique industrielle européenne commune qui renforce la compétitivité de l’industrie dans le respect des principes de transparence, d’efficacité et de durabilité. Le Comité demande également l’adoption d’instruments spécifiques de financement conjoint.

1.5.

Le CESE recommande que les investissements en matière de défense visent à renforcer la base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE), en y associant activement les partenaires sociaux et les petites et moyennes entreprises (PME) en tant qu’ils sont des acteurs clés des filières territoriales. Il est indispensable de promouvoir l’emploi qualifié et de prévenir les pratiques préjudiciables que constituent le dumping ou la délocalisation, afin de garantir des effets positifs généralisés sur le tissu productif européen.

1.6.

Le CESE estime essentiel d’assurer une coordination adéquate entre les instruments de financement européens et le cadre budgétaire de l’UE en prévoyant des règles visant à exclure du calcul du déficit les investissements stratégiques, y compris dans le domaine de la défense, sous la forme de clauses de sauvegarde budgétaire compatibles avec les objectifs de l’Union.

1.7.

Le CESE invite la Commission et les États membres à garantir une transparence totale en ce qui concerne l’origine, la destination et la gouvernance des fonds destinés à la défense, de manière à ce que ces dépenses n’augmentent pas au détriment d’autres objectifs clés de l’Union, des services publics et de la santé.

1.8.

Le CESE encourage la création d’un observatoire interinstitutionnel intégré de la sécurité (auquel participeraient le CESE, le CdR, la Commission européenne et le Parlement européen) dans le but de mesurer l’impact des politiques européennes de défense à l’échelon territorial et de recueillir systématiquement la perception du public et le niveau de confiance des citoyens.

2. Observations générales

2.1.

L’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022 et les événements géopolitiques de ces derniers mois ont incité les institutions européennes à placer le thème de la défense européenne au cœur de leur calendrier politique. La guerre a mis en évidence la dépendance de l’Europe à l’égard de l’aide des États-Unis pour assurer sa défense, tout en révélant les lacunes qui affectent ses propres capacités. Dans le même temps, l’incertitude préoccupante qui prévaut dans les relations transatlantiques a souligné la manière dont l’Union est acculée à la nécessité de s’attaquer rapidement et de manière soudée à une multitude d’enjeux et de menaces potentielles en matière militaire, commerciale, technologique et d’approvisionnement. Dans ce contexte, il convient d’accorder une attention particulière aux États membres de l’Union européenne limitrophes de la Russie et de la Biélorussie, car ils sont les plus directement exposés aux crises imminentes et aux menaces hybrides.

2.2.

L’Union européenne a derrière elle une longue histoire de tentatives d’intégration infructueuses dans le domaine de la défense, depuis la communauté européenne de défense (CED) de 1954. Le présent avis a pour objectif de contribuer au débat européen étant donné que le contexte géopolitique requiert des mesures décisives pour renforcer un système commun de défense, mais dans le même temps, il convient de trouver de quelle manière investir dans une défense commune et achever le marché unique sans compromettre la cohésion sociale et les investissements en faveur du bien-être des citoyens européens, tout en garantissant le respect des traités.

2.3.

L’article 3 du traité sur l’Union européenne indique que celle-ci a pour but de promouvoir le bien-être de ses citoyens, la cohésion économique et sociale et le développement équilibré et harmonieux de ses États membres. En ce sens, la politique de défense européenne est supposée intégrer ces aspects afin de soutenir la réalisation de ces objectifs, de manière à garantir aux citoyens de l’Union qu’ils pourront mener une vie pacifique et sûre.

2.4.

Dans le cadre du présent avis, le CESE se place dans la continuité de nombreux autres documents qu’il a déjà adoptés ou qui sont en cours d’élaboration dans le domaine de la défense et de la sécurité, et en particulier d’un certain nombre d’avis qui abordent le sujet de manière approfondie et détaillée (1). Ces avis fournissent un cadre global et cohérent en ce qui concerne le rôle de la défense dans la construction d’une souveraineté européenne compatible avec les valeurs de paix, de démocratie et de justice sociale.

2.5.

La capacité de l’Union à renforcer sa défense commune et à relever les défis géopolitiques et industriels est étroitement liée au renforcement de l’intégration européenne. Le CESE invite la Commission et le Conseil à explorer tous les mécanismes prévus par les traités pour lancer dans les plus brefs délais un processus de réforme institutionnelle et achever le processus d’intégration.

2.6.

Les débats politiques et les divisions au sein de l’Union, liés aux récentes propositions de la Commission en matière de défense, montrent que l’équilibre entre les dépenses de défense et les investissements sociaux est crucial. Une Union plus forte sur le plan militaire doit également être une Union qui propose davantage d’égalité, de cohésion et de résilience aux citoyens.

3. Observations particulières

3.1.

Le rapport Draghi (2) montre qu’entre 2022 et 2023, 78 % des dépenses militaires européennes étaient destinées à des fournisseurs de pays tiers, dont 63 % sont allés aux États-Unis. Cette dépendance limite l’autonomie stratégique de l’Union européenne, augmentant donc les risques géopolitiques et rendant la sécurité européenne tributaire de choix industriels et politiques d’acteurs extérieurs. En outre, la fragmentation des achats entre les différents États membres entrave la création d’un marché unique de la défense, ce qui place l’industrie européenne en position de subordination par rapport aux grandes puissances mondiales et empêche l’établissement des normes communes nécessaires à l’interopérabilité et à l’efficacité industrielle.

3.2.

L’absence de coordination des achats en matière de défense aboutit à une distorsion du marché intérieur en faveur d’industries situées en dehors de l’Europe, et limite la croissance de la production et de la recherche en Europe. Selon l’Observatoire italien des comptes publics, les dépenses militaires totales de l’Union européenne ont, en 2024, significativement dépassé les dépenses russes en parité de pouvoir d’achat (PPA) (3); toutefois, l’absence de stratégie commune entre les États membres en réduit globalement l’efficacité. La fragmentation de la production et de l’approvisionnement va à l’encontre d’une utilisation stratégique des ressources, ce qui rend le secteur européen de la défense moins compétitif que celui de la Russie, qui est davantage centralisé. Dans ce contexte, l’absence de normalisation des exigences techniques et des systèmes d’armes constitue un obstacle concret à l’interopérabilité, à l’efficacité logistique et à la réduction des coûts (à cet égard, il est tout aussi important d’aligner ceux-ci sur les normes de l’OTAN). Si l’on veut réduire cette dépendance et renforcer l’autonomie stratégique de l’Union européenne, il faut avant tout accélérer l’achèvement du marché unique de la défense en harmonisant les réglementations, en investissant dans la recherche et le développement, en améliorant l’interopérabilité entre les systèmes nationaux et en mettant en place un mécanisme stable d’adjudications conjointes qui permette aux États membres de donner la priorité aux fournisseurs européens tout en évitant d’éparpiller les ressources.

3.3.

L’Union européenne a besoin d’un cadre de défense solide pour faire face aussi bien aux crises ponctuelles qu’aux enjeux à long terme. Il faut pour cela disposer d’une base industrielle robuste, capable de soutenir le développement technologique, de garantir l’autonomie stratégique et de veiller à ce que les investissements produisent un effet positif sur la croissance économique et sur l’emploi. En l’absence d’une politique industrielle bien définie, les plans de défense risquent d’être inefficaces. Le CESE souligne qu’il s’impose de renforcer les investissements dans les politiques industrielles, en créant notamment un fonds européen souverain qui soit à même de financer des projets stratégiques communs.

3.4.

En outre, une stratégie industrielle européenne de la défense devrait associer le CESE et le Comité des régions de manière structurée, en favorisant la création de chaînes de production territoriales et résilientes. Le potentiel d’emploi de cette reconversion industrielle ne peut se traduire par des emplois stables et de qualité que si l’on évite les pratiques de délocalisation et de dumping social, de manière à garantir à tous les acteurs économiques européens des conditions équitables et inclusives.

3.5.

Le CESE estime que les mesures législatives et financières nécessaires pour renforcer la défense européenne devraient être adoptées dans un cadre communautaire. Un système commun de financement, fondé sur la coordination des dépenses et sur l’optimisation des ressources, renforcerait le marché intérieur, éviterait les pertes et maximiserait l’efficacité des investissements, tout en réduisant la dépendance à l’égard des fournisseurs non européens. Les prévisions macroéconomiques les plus récentes indiquent que les dépenses en matière de défense ne sont pas en mesure, à elles seules, de produire des effets structurels significatifs sur l’économie. C’est pourquoi leur impact doit être considéré comme s’inscrivant dans une stratégie plus large comprenant des investissements publics coordonnés dans les domaines sociaux et industriels (4).

3.6.

En dix ans, les dépenses militaires en Europe ont augmenté de 50 % en moyenne, passant de 145 milliards d’EUR en 2014 à 215 milliards d’EUR en 2023 (5). Le CESE souligne qu’à la faveur du renforcement des capacités de défense de l’UE, il serait également opportun de relancer la base industrielle et technologique de l’Europe. Un certain nombre d’analyses, notamment le rapport Draghi et les prévisions économiques publiées par la Commission européenne au printemps 2025, suggèrent qu’augmenter de manière coordonnée les dépenses en matière de défense pourrait contribuer à la croissance du PIB, à la création d’emplois et à l’innovation. Par exemple, une simulation utilisant le modèle QUEST estime qu’accroître progressivement les dépenses de défense des États membres jusqu’à 1,5 % du PIB d’ici à 2028 pourrait générer une augmentation du PIB de l’Union d’environ 0,5 % à la fin de cette période, accompagnée d’une hausse parallèle d’environ 2 points de pourcentage du taux d’endettement. Toutefois, l’efficacité de ces dépenses n’a rien d’automatique: leur impact dépend fortement du degré de coordination industrielle et de développement d’un marché intérieur intégré de la défense. En l’absence d’une stratégie commune, le multiplicateur économique des dépenses de défense risque de rester faible, particulièrement en raison de la part élevée des importations en provenance de pays tiers, comme le montrent les récentes analyses entrées-sorties (voir la note de bas de page no6). Des normes communes, l’interopérabilité et des mécanismes de passation conjointe de marchés sont essentiels pour garantir que les investissements dans le domaine de la défense génèrent des avantages durables et contribuent de manière significative à l’autonomie stratégique de l’Union.

3.7.

Les investissements dans le secteur de la défense doivent s’inscrire dans une stratégie visant à renforcer les chaînes de production de l’Union, à stimuler l’innovation et à attirer une main-d’œuvre qualifiée. Une coordination industrielle accrue au niveau européen — grâce à des normes communes, à l’interopérabilité et à la passation conjointe de marchés — pourrait accroître l’effet économique multiplicateur des dépenses en matière de défense. En l’absence d’une coordination de ce type, cet effet multiplicateur risque de rester limité du fait de la proportion élevée des importations en provenance de pays tiers, comme l’ont démontré de récentes études fondées sur les analyses entrées-sorties (6). Mettre en place un marché intérieur intégré de la défense doit donc être une priorité pour soutenir l’autonomie stratégique de l’Union.

3.8.

Les données du dernier rapport de 2024 sur les conditions de vie montrent qu’elles se sont globalement détériorées: 19,1 % des ménages européens peinent à faire face à leurs dépenses quotidiennes (contre 16,8 % en 2020); le nombre de personnes exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale a augmenté pour atteindre 16,5 % (contre 14,3 % en 2019); les inégalités de revenus sont passées de 28,7 % à 29,6 %; le taux de privation matérielle et sociale aiguë a encore augmenté, passant de 6,7 % à 6,8 %; 33,5 % des ménages ne sont pas en mesure de couvrir des dépenses imprévues (ils étaient 30,2 % en 2020). L’espérance de vie est passée de 81,3 ans en 2019 à 80,1 ans en 2023 (7). Cette dégradation de la situation est également confirmée par l’enquête Eurobaromètre 2024 du Parlement, selon laquelle les principales préoccupations des citoyens européens sont l’augmentation des prix et du coût de la vie (42 %) et la situation économique (41 %). Ces chiffres font état d’une détérioration des conditions sociales qui, si elle n’est pas prise en compte, risque d’éroder les fondements mêmes de la sécurité européenne.

3.9.

Le renforcement du système de santé européen devrait être conçu comme le pilier d’un système de défense européen. Les derniers rapports disponibles montrent que les systèmes de santé nationaux sont toujours confrontés à des problèmes structurels critiques: pénuries de personnel, infrastructures insuffisantes et inégalités d’accès aux services (8). Le CESE estime, compte tenu du contexte géopolitique actuel, que la nécessité de renforcer les investissements dans le domaine de la santé est incompatible avec l’actuel pacte de stabilité et de croissance, qui représente un obstacle à la poursuite des objectifs de l’Union en matière de sécurité et de résilience sociale.

3.10.

En temps de crise, il est fondamental que les institutions bénéficient du soutien de la population européenne et de la société civile. Le CESE invite la Commission à étudier la possibilité de créer un Observatoire interinstitutionnel composé du CESE, du CdR, de la Commission et du Parlement européen, et doté de la mission spécifique de vérifier la manière dont les décisions européennes sont perçues sur le terrain, et de promouvoir un concept de défense européenne commune qui intègre les dimensions sociale, économique et sanitaire. La transparence, la responsabilité démocratique et l’engagement civique sont des conditions essentielles pour forger la confiance des citoyens dans les institutions européennes. Sans elle, même les politiques de sécurité les plus poussées risquent de perdre tant leur efficacité que leur légitimité. L’Observatoire devrait contribuer à mesurer non seulement l’impact territorial, mais aussi la confiance du public et la perception sociétale des choix européens en matière de défense.

3.11.

Le CESE souligne que la sécurité européenne repose sur une approche intégrée, dans laquelle les capacités de défense vont de pair avec l’importance du «soft power» de l’Union européenne: coopération, diplomatie, promotion du développement et de la stabilité. Préserver et renforcer cet équilibre est capital pour que l’Union joue un rôle crédible et autonome sur la scène mondiale.

Bruxelles, le 18 septembre 2025.

Le président

du Comité économique et social européen

Oliver RÖPKE


(1) JO C 100 du 16.3.2023, p. 132; JO C, C/2024/4663, 9.8.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4663/oj; JO C, C/2024/4662, 9.8.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4662/oj; JO C, C/2025/2013, 30.4.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/2013/oj; JO C, C/2024/2489, 23.4.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/2489/oj; JO C, C/2024/4056, 12.7.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4056/oj; JO C 486 du 21.12.2022, p. 168; JO C, C/2025/5162, 28.10.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/5162/oj.

(2) Le rapport Draghi sur la compétitivité européenne.

(3) Facciamo chiarezza: nel 2024 la spesa militare europea eccedeva quella russa del 58 % [«Soyons clairs: en 2024, les dépenses militaires européennes dépassaient celles de la Russie de 58 %»].

(4) Commission européenne (2025), «The economic impact of higher defence expenditure», chapitre spécial figurant dans les prévisions économiques du printemps 2025.

(5) Stamegna, M., Bonaiuti, C., Maranzano, P. et Pianta, M. (2024). «The economic impact of arms spending in Germany, Italy, and Spain» [L’impact économique des dépenses d’armement en Allemagne, en Italie et en Espagne]. Peace Economics, Peace Science and Public Policy, 30 (4), p. 393-422.

(6) Stamegna, M., Bonaiuti, C., Maranzano, P. et Pianta, M. (2024). «The economic impact of arms spending in Germany, Italy, and Spain» [L’impact économique des dépenses d’armement en Allemagne, en Italie et en Espagne]. Peace Economics, Peace Science and Public Policy, 30 (4), p. 393-422.

(7) Chiffres clés sur les conditions de vie en Europe — édition 2024.

(8) Chiffres clés sur les conditions de vie en Europe — édition 2024.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/4/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)