Initiative législative52025IE0737

Avis du Comité économique et social européen — Diplomatie bleue et coopération dans le domaine de l’eau — Voies pour alléger la pression des migrations provoquées par le climat (avis d’initiative)

CELEX52025IE0737
TypeInitiative législative
Datejeudi 18 septembre 2025

Résumé IA

Cet avis d'initiative du Comité économique et social européen explore le lien entre la gestion de l'eau, le changement climatique et les migrations. Il propose des pistes pour une "diplomatie bleue" visant à atténuer les pressions migratoires liées au climat, en promouvant la coopération internationale et des stratégies d'adaptation. Pour un professionnel du droit français, ce texte constitue une source de soft law éclairant les futures orientations politiques de l'UE en matière de droit de l'environnement et d'asile climatique.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2026/18

16.1.2026

Avis du Comité économique et social européen

Diplomatie bleue et coopération dans le domaine de l’eau — Voies pour alléger la pression des migrations provoquées par le climat

(avis d’initiative)

(C/2026/18)

Rapporteure:

Milena ANGELOVA

Corapporteur:

Ioannis VARDAKASTANIS

Conseillers

Ioannis PAPADIMOS (conseiller de la rapporteure, groupe I)

Ioannis N. GRIGORIADIS (conseiller du corapporteur, groupe III)

Décision de l’assemblée plénière

22.1.2025

Base juridique

Article 52, paragraphe 2, du règlement intérieur

Compétence

Section «Relations extérieures»

Adoption en section

9.7.2025

Adoption en session plénière

18.9.2025

Session plénière no

599

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

129/0/2

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le CESE conclut qu’il existe un manque général de compréhension et observe une confusion et une mauvaise utilisation de la terminologie dans le traitement de la question de la mobilité humaine dans le contexte des catastrophes, du changement climatique et de la dégradation de l’environnement. Cela a une incidence sur la collecte des données et leur qualité. Par conséquent, il recommande d’adopter au niveau de l’UE une définition unique des migrations provoquées par le climat.

1.2.

Aucune donnée n’est disponible sur le nombre de migrants entrant dans l’UE après avoir quitté leur pays d’origine pour des raisons liées au climat. Pour combler cette lacune, le CESE préconise d’encourager et de financer davantage la recherche dans le cadre de projets, en reconnaissant la complexité et le caractère multidimensionnel des migrations, et d’étudier la possibilité de modifier les protocoles de collecte de données sur les personnes entrant dans les pays de destination.

1.3.

En dépit de cadres juridiques restés inchangés, certaines juridictions ont évolué dans leur interprétation afin de reconnaître le phénomène des migrations induites par le climat. Le CESE demande que des efforts soient déployés pour encourager le dialogue entre les praticiens de la justice et les professionnels de la migration afin de favoriser l’échange des différentes interprétations du cadre juridique au sein des États membres et d’un État membre à l’autre. En outre, le Comité invite la Commission européenne à élaborer un recueil de la jurisprudence pertinente et souligne la nécessité d’encourager l’utilisation de la Boîte à outils pratique sur la protection internationale pour les personnes déplacées à travers les frontières dans le contexte du changement climatique et des catastrophes.

1.4.

Le CESE constate un manque de synergies entre les politiques environnementale et migratoire actuelles de l’UE, à savoir le pacte vert et le pacte sur la migration et l’asile. Pour remédier à cette situation, il demande que des efforts soient consentis pour favoriser la création de synergies entre ces politiques en intégrant davantage l’approche associant l’aide humanitaire, le développement et la paix dans la politique en matière de mobilité climatique et en ancrant la question de la migration en tant qu’adaptation dans son approche de cette mobilité.

1.5.

Le CESE estime qu’il est nécessaire d’établir un lien plus étroit entre la politique environnementale et l’action humanitaire dans les pays partenaires. Par conséquent, il invite la Commission européenne à approfondir sa coopération avec ces pays, à faciliter l’accès aux fonds internationaux afin de les soutenir dans leurs efforts en matière de résilience et de préparation au changement climatique, et à respecter les engagements pris.

1.6.

Le CESE souligne que les déplacements motivés uniquement par des causes environnementales ne satisfont pas aux conditions prévues pour l’octroi de l’asile ou de la protection internationale. Toutefois, la protection juridique des migrants climatiques doit être renforcée. En conséquence, le Comité recommande que le champ d’application de la directive relative à la protection temporaire soit étendu aux migrants fuyant des pays fortement touchés par les catastrophes et le changement climatique.

2. La migration induite par le climat — une réalité alarmante

2.1.

En tant qu’acteur mondial de premier plan en matière de défense de l’environnement et des droits de l’homme, l’UE s’efforce de s’attaquer aux questions liées au changement climatique et à la dégradation écologique. Dans ce cadre, elle a notamment présidé récemment la plateforme sur les déplacements liés aux catastrophes (1). Cependant, le CESE relève une lacune importante dans cet engagement (2): la migration induite par le climat et les migrants environnementaux ne sont pas mentionnés dans les politiques européennes relatives au changement climatique et à la gestion des migrations. S’appuyant sur les travaux antérieurs du CESE (3), le présent avis d’initiative invite la Commission à élaborer une stratégie proactive, multiforme et globale qui mette en évidence l’importance de la synergie entre les preuves scientifiques, la prise de décision et la mise en œuvre des politiques, de manière à remédier à cette lacune. La raison d’être de cette démarche réside dans la forte probabilité d’un scénario dans lequel une crise migratoire majeure provoquée par le climat affectera l’UE au cours des deux prochaines décennies.

2.1.1.

Il n’existe pas de définition universellement acceptée de la migration induite par le climat. Si certaines définitions se concentrent sur les facteurs environnementaux des migrations, d’autres soulignent les causes multiples qui sous-tendent ce phénomène ou encore ses implications juridiques et politiques. Le présent avis utilise le terme «migration induite par le climat» pour se pencher sur le phénomène de migration plutôt que celui de déplacement interne, et souligner le fait que les données existantes ne permettent pas de distinguer si les événements concernés sont liés ou non au changement climatique, voire au climat. Il accepte donc la définition de l’Organisation internationale pour les migrations, qui décrit la migration induite par le climat comme «le mouvement d’une personne ou de groupes de personnes qui, principalement pour des raisons de changement soudain ou progressif de l’environnement dû au changement climatique, sont obligés de quitter leur lieu de résidence habituel, ou choisissent de le faire, de manière temporaire ou permanente, au sein d’un État ou à travers une frontière internationale» (4).

2.1.2.

Il existe un vaste cadre juridique international et européen en matière de migration et de protection internationale. Bien qu’il ne mentionne pas explicitement les facteurs environnementaux comme motif d’octroi du statut de réfugié ou de la protection subsidiaire, une réponse plus large à la migration induite par le climat existe également (5). Au niveau de l’UE, les instruments existants (6) pourraient offrir d’autres solutions de protection, bien qu’ils présentent des lacunes en ce qui concerne l’octroi d’une protection aux personnes déplacées pour des raisons environnementales.

2.1.3.

La définition actuelle du terme «réfugié» (7) offre une protection aux personnes fuyant des persécutions fondées sur la race, la religion, la nationalité, l’appartenance à un certain groupe social ou des opinions politiques, mais elle n’inclut pas explicitement les personnes déplacées uniquement en raison de facteurs environnementaux tels que le changement climatique. Il en découle que les personnes déplacées en raison de phénomènes climatiques ne remplissent généralement pas les conditions requises pour bénéficier du statut de réfugié en vertu des cadres juridiques existants. Toutefois, la nécessité de combler cette lacune est de plus en plus reconnue (8). Le Parlement européen (9) a reconnu l’absence de définition claire des «réfugiés climatiques» et l’insuffisance des protections actuelles pour les personnes déplacées en raison de facteurs environnementaux. Bien que des discussions soient en cours, il est clair que le rôle et l’incidence du changement climatique en ce qui concerne la migration et les déplacements devraient être considérés comme un «multiplicateur de menace» ou un facteur contributif.

2.1.4.

Les migrations induites par le climat concernent de manière disproportionnée des régions telles que l’Afrique subsaharienne et l’Amérique du Sud, qui ont le moins contribué aux émissions mondiales, tout en étant les plus durement touchées par la dégradation de l’environnement. L’élargissement de la définition juridique aux réfugiés climatiques constituerait une reconnaissance de ces inégalités systémiques. Toutefois, la reconnaissance juridique à elle seule est insuffisante si on ne s’attaque pas aux causes sous-jacentes (par exemple, l’exploitation environnementale historique et les déséquilibres de pouvoir au niveau mondial) qui sont à l’origine de la vulnérabilité climatique (et hydrique).

2.1.5.

Le CESE invite la Commission européenne et les États membres à commencer rapidement à réfléchir à la manière dont cela pourrait être traduit dans le contexte juridique et politique européen, en s’appuyant sur les bonnes pratiques (10) de certains États membres qu’il serait judicieux de reproduire et de développer plus avant (11). En Italie, par exemple, il existe des dispositions générales empêchant le retour dans certaines conditions pouvant inclure les catastrophes environnementales, mais les définitions qu’elles contiennent manquent de clarté. En outre, il convient d’examiner comment des instruments tels que le «statut de protection temporaire» des États-Unis, dont le champ d’application inclut les personnes touchées par des catastrophes environnementales, pourraient être utiles dans le contexte de l’UE.

2.2.

Les migrations provoquées par le climat ne sont pas un scénario du pire hypothétique: elles ont déjà lieu et pourraient bientôt prendre des proportions sans précédent si des mesures politiques ne sont pas prises rapidement. La désertification en Afghanistan et au Pakistan est l’une des principales raisons des vagues croissantes de migration vers l’Europe. De même, le rétrécissement de lacs internationaux tels que le lac Tchad au Sahel et le lac Aral en Asie centrale, et la chute des niveaux d’eau dans les bassins hydrographiques comme ceux du Nil et du Congo en Afrique provoquent des catastrophes environnementales d’une ampleur historique, qui sont également susceptibles de déstabiliser les relations diplomatiques régionales et d’entraîner des conflits et de nouvelles vagues de migration. Les données scientifiques issues de la climatologie, des études sur les migrations et de la modélisation économique confirment l’affirmation selon laquelle le changement climatique entraîne des déplacements de populations dans le monde entier (12). Cependant, il interagit souvent avec d’autres facteurs (par exemple, la pauvreté, les conflits ou les problèmes de gouvernance), ce qui rend difficile de mettre en avant le climat comme seule cause des migrations. Quoi qu’il en soit, la tendance est claire: à mesure que les conditions climatiques s’aggraveront, une population de plus en plus importante sera contrainte de se déplacer. 1,2 milliard de personnes, soit environ un dixième de la population mondiale, pourraient être déplacées d’ici à 2050 (13).

2.3.

Alors que les États membres et les pays candidats collectent déjà des données complètes sur les flux migratoires internationaux à destination et en provenance de ces pays, la collecte de données sur les migrations dues au changement climatique reste limitée. Selon des études récentes (14), plus de 376 millions de personnes dans le monde ont été déplacées de force par des inondations, des tempêtes, des tremblements de terre ou des sécheresses depuis 2008, avec un record de 32,6 millions pour la seule année 2022. Depuis 2020, le nombre total des déplacés en raison d’une catastrophe a été en hausse chaque année, avec une augmentation de 41 % par rapport à la décennie précédente. Cette tendance à la hausse est alarmante. Le changement climatique étant le principal catalyseur, le nombre de «réfugiés climatiques» augmentera de façon exponentielle. Les dernières années ont connu une augmentation du nombre de migrants en situation irrégulière entrés dans l’UE, des facteurs tels que les troubles géopolitiques et le changement climatique contribuant à l’augmentation des flux migratoires. En outre, les régions de la Méditerranée et du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) sont particulièrement sensibles aux effets du changement climatique, parmi lesquels la pénurie d’eau et les phénomènes météorologiques extrêmes (15). À la lumière de ces éléments, le CESE suggère qu’au lieu de mettre l’accent sur la probabilité que la migration représente une menace, les politiques devraient donner la priorité à la lutte contre les causes profondes des déplacements, à la protection juridique des personnes concernées et au soutien à l’adaptation au changement climatique dans les régions vulnérables.

2.4.

Il convient de s’attacher tout particulièrement à comprendre l’incidence des évolutions lentes sur les décisions et les schémas migratoires. La déforestation, la désertification, la dégradation des sols, l’élévation du niveau de la mer, l’érosion côtière et le nombre de chocs climatiques subis comptent parmi les nombreux facteurs qui risquent d’avoir une incidence négative sur les moyens de subsistance des populations au cours des prochaines décennies. Par ailleurs, la prise en compte de facteurs tels que les tendances en matière d’urbanisation et la croissance démographique, en particulier sur le continent africain, devrait permettre d’évaluer les tendances futures.

3. Stress hydrique et migration induite par le climat

3.1.

Le changement climatique accélère les crises de l’eau à l’échelle mondiale, en renforçant, avec un niveau d’intensité différent suivant les régions du monde, les sécheresses, les inondations et la pénurie d’eau, lesquelles aggravent à leur tour la pression migratoire. La rareté et la mauvaise gestion de l’eau sont devenues des facteurs majeurs de déplacement, en particulier dans les régions fortement dépendantes de l’agriculture et de la pêche, et où la désertification complique l’accès aux ressources en eau potable. Le CESE constate qu’il est urgent d’adopter une approche globale de la diplomatie bleue, qui intègre la coopération dans le domaine de l’eau dans les stratégies de politique étrangère et de développement de manière à atténuer les migrations forcées causées par l’insécurité hydrique liée au climat.

3.1.1.

Le CESE souligne que l’utilisation rationnelle et durable de l’eau devrait être un élément central de la diplomatie bleue de l’UE (16) si nous voulons réduire la pression sur les ressources en eau, atténuer les effets des sécheresses liées au changement climatique et garantir la disponibilité des ressources hydriques pour les générations futures. La coopération internationale devrait être davantage développée et renforcée grâce à l’échange de bonnes pratiques et de technologies d’utilisation rationnelle de l’eau, et la mise en place de partenariats plus solides avec les pays de la région méditerranéenne et de la région MENA devrait être accélérée, en particulier en ce qui concerne le lien eau-énergie-alimentation-écosystèmes (WEFE).

3.1.2.

Il convient de mettre l’accent sur une utilisation équitable et raisonnable de l’eau, en veillant, dans le cas des pratiques agricoles, à ce que la sécurité alimentaire locale et la durabilité environnementale soient la priorité absolue. Une attention particulière devrait être accordée à la diffusion des pratiques agricoles économes en eau dans tous les États membres. L’UE doit également se pencher sur la manière dont ses politiques commerciales et les demandes des consommateurs influent sur les modes d’utilisation de l’eau au-delà de ses frontières. En outre, il y a lieu d’élargir la définition de la «diplomatie bleue» de l’Union de manière à insister sur le fait qu’elle devrait également comprendre l’utilisation de la politique pour réduire les tensions sur l’eau et l’utilisation de l’eau pour réduire les tensions politiques, dans le respect des principes du droit international (17).

3.2.

Le CESE se félicite de l’engagement pris par l’UE d’exceller dans la gestion transfrontière de l’eau et d’élargir celle-ci aux régions en crise hydrique. La coopération transfrontalière dans le domaine de l’eau ne doit pas être considérée uniquement sous l’angle technique, mais aussi comme une occasion de favoriser la paix et de promouvoir le développement durable et la stabilité régionale. L’UE pourrait jouer un rôle de premier plan en encourageant le dialogue et l’échange de connaissances entre régions confrontées à des défis transfrontières.

3.2.1.

Le CESE souligne le potentiel de l’approche des plans de gestion des bassins hydrographiques (18), qui consiste à prendre en considération l’ensemble de l’écosystème lors de l’élaboration des stratégies relatives à l’eau et à promouvoir une gestion intégrée des bassins hydrographiques par-delà les frontières nationales, ce qui permettra de parvenir à des résultats plus durables et plus équitables.

3.2.2.

L’UE est partie à divers accords internationaux axés sur la coopération transfrontalière dans le domaine de l’eau, tels que la convention de 1992 sur la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontières et des lacs internationaux. Ces conventions fournissent des cadres juridiques précieux qui facilitent la collaboration entre les pays partageant des ressources hydriques, et leur potentiel devrait être davantage exploité et développé.

3.2.3.

L’UE a mis en œuvre des stratégies macrorégionales, telles que la stratégie pour la région de la mer Baltique et la stratégie pour la région du Danube (19), qui répondent à des défis communs dans certaines régions géopolitiques. Ces stratégies encouragent la coopération entre les pays afin d’améliorer la qualité de l’eau et la prestation de services et de gérer efficacement les ressources, et devraient être émulées de manière à couvrir davantage de régions.

3.2.4.

Des accords régionaux tels que la convention sur la protection du Danube et la convention du Rhin ont renforcé ce cadre de gouvernance en créant des organes institutionnels permanents chargés de superviser la mise en œuvre, le respect des règles et l’élaboration conjointe des politiques (20).

3.3.

Le CESE note qu’en ce qui concerne les régions disposant de faibles ressources hydriques, l’expérience de l’UE souligne l’importance de mettre en place des cadres juridiquement contraignants qui établissent des droits et des responsabilités clairs en ce qui concerne les ressources hydriques partagées, tout en alignant les politiques nationales dans le cadre de stratégies à l’échelle du bassin. L’institutionnalisation d’autorités hydrographiques conjointes et de mécanismes de gouvernance multipartites favorise la responsabilisation, réduit les frictions géopolitiques et garantit le respect des normes convenues. Des protocoles de partage de données transparents et normalisés, ainsi que des procédures de notification et de consultation préalables pour les projets d’infrastructures hydriques, atténuent les risques d’actions unilatérales susceptibles d’exacerber le stress hydrique existant. De plus, la mise en place de programmes d’investissement partagés (que ce soit au moyen de réservoirs cofinancés, de transferts d’eau entre bassins ou d’initiatives coordonnées de restauration des écosystèmes) peut constituer une incitation puissante à la coopération, en particulier dans les régions où les tensions hydropolitiques sont élevées.

4. Facteurs à l’origine des migrations climatiques

4.1.

Le changement climatique a des conséquences qui peuvent prendre des formes multiples. Les conditions météorologiques extrêmes, les crises de santé publique dues à la propagation de maladies infectieuses, la destruction des habitations et des moyens de subsistance provoquée par des inondations ou la désertification, ainsi que la famine et la malnutrition causée par de mauvaises récoltes en sont quelques exemples. Il contraint souvent les populations à quitter des régions économiquement fragiles à la recherche d’un meilleur niveau de vie. Le changement climatique est également un multiplicateur de menace en ce qu’il favorise les conflits, les inégalités socio-économiques et les tensions, provoquant des conflits exponentiels autour des ressources naturelles. Des régions telles que l’Afrique subsaharienne, l’Amérique du Sud, la région MENA et l’Asie centrale sont particulièrement vulnérables à ces risques.

4.2.

Les migrations provoquées par le climat peuvent être directes ou indirectes. La migration directe se produit lorsque les facteurs d’incitation au départ sont directement causés par le changement climatique, comme un ouragan, une inondation ou une sécheresse. La migration indirecte a lieu lorsque les effets du changement climatique ont de graves répercussions sur l’économie ou provoquent des troubles ou des guerres autour de ressources limitées, qui entraîneront indirectement des migrations. La plupart des migrants climatiques se déplacent d’abord à l’intérieur de leur pays (des zones rurales vers les zones urbaines). Lorsque les centres urbains ne parviennent plus à les absorber, ils migrent au niveau régional (par exemple du Sahel vers l’Afrique du Nord ou de l’Afghanistan vers la Turquie). Lorsqu’ils constatent que leurs possibilités d’emploi et conditions de vie restent médiocres, ils tentent de traverser la Méditerranée ou de trouver d’autres moyens pour se rendre dans l’Union européenne.

4.3.

Le CESE met également l’accent sur l’interconnexion avec les conséquences socio-économiques du changement climatique, plutôt que de se concentrer uniquement sur les répercussions environnementales. Étant donné qu’il n’existe pas de définition claire du «réfugié climatique» et que les personnes concernées ne sont pas couvertes par la Convention des Nations unies de 1951 sur les réfugiés, le Comité est préoccupé par le fait que les événements climatiques extrêmes et les catastrophes ne peuvent actuellement être invoqués comme motifs pour demander l’asile ou le statut de réfugié, bien que le deuxième objectif du Pacte mondial pour les migrations de 2018 mentionne bien le climat parmi les raisons potentielles de migration. Si l’UE ne reconnaît pas officiellement les «réfugiés climatiques», elle a toutefois fait part de ses préoccupations croissantes et pris des mesures pour soutenir et développer la résilience dans les pays les plus vulnérables aux facteurs de stress liés au climat.

4.4.

Dans cette optique, la Convention de Kampala (21) pour la protection et l’assistance des personnes déplacées en Afrique stipule que «les États parties prennent les mesures nécessaires pour assurer protection et assistance aux personnes victimes de déplacement interne en raison de catastrophes naturelles ou humaines y compris du changement climatique». En outre, les réponses du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au questionnaire sur le suivi de la résolution A/HRC/35/20 portant sur les droits de l’homme et le changement climatique précisent qu’«en l’absence de protection des réfugiés, les personnes fuyant le changement climatique ou les catastrophes liées au climat devraient bénéficier, au minimum, de formes complémentaires de protection dans le cadre de la protection temporaire, en particulier lorsque le pays d’accueil connaît des afflux massifs de personnes ou lorsque la situation dans le pays d’origine est fluctuante ou incertaine» (22).

5. Intégrer la diplomatie bleue dans la politique étrangère de l’UE afin de relever les défis actuels liés à l’eau et au climat

5.1.

L’intégration de la diplomatie bleue dans la politique étrangère de l’UE peut contribuer à relever les défis liés à l’eau dans des régions aussi importantes que la Méditerranée et la région MENA en alignant les objectifs de gestion et de gouvernance de l’eau sur les politiques existantes telles que la politique européenne de voisinage et l’Union pour la Méditerranée (UpM) et, surtout, en les intégrant résolument dans les nouveaux instruments politiques comme le futur pacte pour la Méditerranée. L’UE peut promouvoir une utilisation durable de l’eau au moyen d’accords commerciaux comprenant des normes environnementales et prévoyant une aide au développement pour les infrastructures hydriques et le renforcement des capacités, ainsi que des partenariats de recherche sur des solutions innovantes telles que le dessalement et une agriculture résiliente au changement climatique. En outre, la participation à des dialogues régionaux renforce la coopération sur les défis communs liés à l’eau, en garantissant une réponse mieux coordonnée et plus efficace.

5.2.

Dans ce contexte, la diplomatie bleue devrait se concentrer sur le partage équitable de l’eau, la prestation de services, la sauvegarde du droit humain à l’eau et à l’assainissement, et la protection permanente de cette ressource et des infrastructures hydriques, y compris pendant les conflits armés. En ce qui concerne le partage équitable de l’eau, la politique étrangère européenne devrait promouvoir les efforts diplomatiques visant à soutenir des dispositifs de partage de l’eau à l’échelle des bassins et résilients face au changement climatique, et des mécanismes coopératifs de partage de l’eau, avec pour objectif ultime de réduire les tensions entre les États riverains et de promouvoir la paix.

5.3.

Le CESE affirme que l’amélioration de l’efficacité de la gestion et de l’utilisation de l’eau dans l’agriculture est une priorité absolue. Il est nécessaire de poursuivre la recherche et les investissements dans les technologies qui optimisent l’utilisation de l’eau.

5.4.

La diplomatie bleue devrait faire partie intégrante des efforts et stratégies de l’UE en matière de prévention et de résolution des conflits et de consolidation de la paix. L’Union devrait demander des comptes à toutes les parties pour les violations du droit international humanitaire, telles que la destruction disproportionnée et délibérée des réseaux de distribution d’eau. Cela s’applique de façon universelle, qu’il s’agisse des bombardements contre les installations d’approvisionnement en eau en Ukraine ou de la destruction des mêmes infrastructures dans les territoires palestiniens occupés. En outre, la diplomatie bleue pourrait évaluer de manière critique la manière dont les politiques commerciales et de développement de l’UE contribuent à l’insécurité hydrique dans d’autres régions et donner la priorité à des approches collaboratives et axées sur la justice en matière de gouvernance de l’eau.

5.5.

La sécurité de l’approvisionnement en eau est de plus en plus étroitement liée à la stabilité internationale, aux flux migratoires et à la prévention des conflits. La politique étrangère et de sécurité commune de l’UE et sa stratégie «Global Gateway» devraient explicitement intégrer la diplomatie bleue en tant que pilier du renforcement de la résilience dans les régions fragiles et en situation de stress hydrique afin de réduire les migrations dues au climat. Cela implique notamment les mesures suivantes:

intégrer la diplomatie de l’eau dans les partenariats stratégiques de l’UE, en particulier en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie centrale, où les bassins hydrographiques transfrontaliers (par exemple, ceux du Nil, du Tigre et de l’Euphrate ou de l’Indus) sont autant de poudrières potentielles de conflit. L’Union devrait élargir son rôle de médiateur neutre dans les négociations relatives aux ressources hydriques, en tirant parti de son expérience en matière de gouvernance transfrontière de l’eau (par exemple, pour le Danube et le Rhin), afin de faciliter la médiation et le règlement des différends;

intégrer la sécurité de l’eau dans la facilité européenne pour la paix et les mécanismes de prévention des conflits gérés par l’UE. Lorsque la pénurie d’eau exacerbe l’instabilité politique, l’Union devrait déployer des systèmes d’alerte précoce liés à l’eau, des interventions hydro-diplomatiques et des programmes de renforcement des capacités pour la gouvernance de l’eau dans les États vulnérables;

renforcer la résilience dans le domaine de l’eau en tant que stratégie de sécurité dans le cadre du lien entre climat et sécurité promu par l’UE. Le SEAE devrait reconnaître explicitement les risques liés à l’eau dans le cadre des politiques de sécurité climatique, en veillant à ce que les délégations de l’UE surveillent de manière proactive les situations de stress hydrique dans les zones exposées aux conflits et intègrent la résilience dans le domaine de l’eau dans les missions de stabilisation;

utiliser la politique commerciale comme un levier pour encourager une gestion durable de l’eau, en particulier dans les régions où les importations de l’UE contribuent au stress hydrique par le commerce indirect de l’eau (dans les secteurs agricole et des textiles, par exemple). Parmi les principales mesures devraient figurer l’utilisation des accords commerciaux et des politiques d’investissement de l’Union pour promouvoir une gouvernance hydrique durable, l’application de mécanismes de diligence raisonnable pour empêcher l’exploitation de l’eau dans les chaînes d’approvisionnement mondiales et le recours à des incitations commerciales pour récompenser l’utilisation circulaire de cette ressource et la réutilisation des eaux usées.

6. Exploiter le potentiel de la diplomatie bleue pour réduire les migrations induites par le climat

6.1.

Le CESE se félicite des mesures rapides prises par la Commission européenne et le Parlement européen, notamment la nomination d’une commissaire spécifiquement chargée de l’eau, la décision de placer la stratégie de résilience pour l’eau au premier rang de ses priorités afin de promouvoir la compétitivité, et l’approche transversale adoptée par le Parlement européen en réponse à l’appel pour un Pacte bleu européen (23). Le Comité souligne en outre l’importance de la diplomatie bleue, notamment en ce qui concerne les efforts internationaux visant à promouvoir la coopération dans le domaine de l’eau et la gestion durable des ressources hydriques en tant que moyens de prévenir les conflits et de favoriser la stabilité régionale. L’eau est une ressource stratégique, dont la gestion équitable est essentielle pour garantir la résilience face au changement climatique et aux pressions migratoires. L’UE doit jouer un rôle de chef de file mondial dans le renforcement de la gouvernance internationale de l’eau en déployant les efforts diplomatiques nécessaires à cette fin, en renforçant les capacités et en investissant dans la coopération transfrontalière dans le domaine de l’eau. Le CESE a déclaré que l’eau n’était pas une simple marchandise, mais un bien public essentiel à la vie humaine. Un accès facile et abordable à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène (WASH) pour tous est impératif pour la santé publique et le développement humain (24).

6.2.

Afin de suivre et d’évaluer efficacement l’incidence des initiatives en matière de diplomatie bleue et de la coopération dans le domaine de l’eau sur la réduction des migrations induites par le climat, l’UE devrait établir des cadres globaux de surveillance assortis d’indicateurs clairs sur la disponibilité, la qualité et les incidences socio-économiques de l’eau. Les plateformes de partage de données peuvent améliorer la transparence, tandis que les analyses d’impact contribuent au suivi des tendances migratoires liées aux initiatives dans le domaine de l’eau. Les consultations des parties prenantes associant les communautés locales, les gouvernements et les ONG garantissent la capacité d’adaptation, et les audits indépendants fournissent des évaluations objectives. Des organisations telles que le Centre international pour le développement des politiques migratoires peuvent apporter leur contribution en menant des recherches sur les migrations, en élaborant des recommandations stratégiques et en soutenant la coopération transfrontière pour gérer les risques de déplacement. En intégrant ces mécanismes, l’UE peut renforcer la responsabilisation et améliorer l’efficacité de la diplomatie de l’eau en matière d’atténuation des migrations dues au climat.

6.3.

L’UE est l’un des principaux donateurs mondiaux pour les projets dans le domaine de l’eau, et la diplomatie bleue peut contribuer à un meilleur alignement de l’aide au développement sur les objectifs géostratégiques relatifs à l’eau. Une telle ambition suppose de:

cibler les régions vulnérables et disposant de faibles ressources hydriques dans le cadre du financement européen du développement. Le futur pacte pour la Méditerranée et l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI — Europe dans le monde) devraient donner la priorité à la résilience dans le domaine de l’eau dans des régions du monde telles que la région MENA, l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud, où les pénuries d’eau sont à l’origine de crises humanitaires, de migrations et de conflits. L’augmentation des investissements dans la gestion intégrée des ressources hydriques, les traités sur les eaux transfrontières et les programmes d’adaptation au changement climatique peuvent contribuer à ce que les différends dans le domaine de l’eau ne se transforment pas en crises géopolitiques;

aligner la diplomatie bleue sur le financement de l’action climatique et les projets d’adaptation au changement climatique. Les contributions du Fonds vert de l’UE pour le climat et les partenariats pour une transition énergétique juste devraient garantir que la sécurité de l’approvisionnement en eau soit un élément central des stratégies d’adaptation au changement climatique, en particulier dans les régions vulnérables aux sécheresses et à la désertification. Les solutions fondées sur la nature soutenues par l’Union, telles que la restauration des zones humides, la gestion des bassins versants et la reforestation, peuvent accroître la disponibilité de l’eau tout en offrant des avantages connexes pour la biodiversité, la séquestration du carbone et les économies locales;

compte tenu du rôle moteur joué par l’UE en matière de gouvernance environnementale multilatérale, façonner activement la diplomatie mondiale dans le domaine de l’eau en s’appuyant sur des organisations internationales et des plateformes de gouvernance, notamment en renforçant l’engagement de l’Union dans la diplomatie mondiale de l’eau par l’intermédiaire des Nations unies, du G20, de la COP et de l’OMC, en élaborant une initiative mondiale pour la résilience dans le domaine de l’eau emmenée par l’UE, en positionnant l’Union comme chef de file en matière de normes internationales dans le domaine de l’eau et en développant les partenariats UE-Afrique et UE-Asie en matière de gouvernance transfrontière de l’eau. En mobilisant les canaux diplomatiques en Afrique et en Asie, l’UE peut renforcer les accords bilatéraux sur les cours d’eau partagés, financer des infrastructures hydriques communes et faciliter les efforts de médiation en cas de conflits transfrontaliers liés à l’eau.

6.4.

La diplomatie bleue et la coopération dans le domaine de l’eau doivent être des piliers centraux de la politique étrangère de l’UE afin de s’attaquer aux causes profondes des migrations provoquées par le climat. Grâce à un engagement proactif, à des investissements dans des solutions durables dans le domaine de l’eau et au renforcement des cadres juridiques, l’UE sera en mesure de prendre les rênes des efforts déployés au niveau mondial pour atténuer les crises de l’eau et garantir la stabilité dans les régions vulnérables. Une approche globale et coordonnée permettra non seulement d’alléger la pression migratoire, mais aussi de favoriser le développement économique et la paix dans le monde.

6.5.

Il est primordial d’engager un dialogue avec la société civile et les jeunes. Assister les initiatives citoyennes européennes, collaborer avec les acteurs locaux et se concentrer sur des solutions ascendantes dans les pays les plus touchés par la pression migratoire provoquée par le climat renforcerait à la fois l’efficacité et la légitimité des instruments de la diplomatie bleue.

6.6.

Une stratégie efficace en matière de diplomatie bleue nécessite un engagement coordonné des gouvernements, des organisations régionales (par exemple l’Union pour la Méditerranée, l’Union africaine, l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est et le MERCOSUR), des commissions pour les bassins hydrographiques et des institutions transfrontalières (par exemple, la Commission internationale pour la protection du Danube, la Commission internationale pour la protection du Rhin, la Commission du Mékong et l’Autorité du bassin hydrographique du Niger), des institutions européennes (par exemple, le SEAE, la Commission européenne et l’Agence européenne pour l’environnement), des organisations internationales (par exemple, ONU-Eau, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, l’ONUDI et la FAO), des ONG (par exemple, WaterAid, UICN, SIWI), des acteurs du secteur privé (par exemple les secteurs agricole ou énergétique et les industries manufacturières) et des communautés locales, en veillant à ce que la gouvernance de l’eau soit alignée sur la résilience au changement climatique, le commerce, la prévention des conflits (par exemple, la médiation du SEAE dans le bassin du Nil et le soutien de l’UE à l’organisation du bassin du fleuve Sénégal) et le financement (par exemple IVCDCI — Europe dans le monde, le Fonds vert pour le climat, les partenariats pour une transition énergétique juste, la Banque mondiale).

6.7.

Le renforcement des institutions et de la gouvernance est souvent la clé de voûte de la sécurité de l’eau: même les lois les mieux conçues ou les meilleures technologies tendent à porter peu de fruit sans institutions compétentes. Adopter des principes de gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) implique une gestion globale de l’eau dans tous les secteurs et à tous les niveaux, en reconnaissant l’interconnexion entre les fleuves, les aquifères, l’utilisation des sols et les écosystèmes. L’ODD 6.5 des Nations unies prône l’application de la GIRE à tous les niveaux, mais, au rythme actuel, le monde n’atteindra cet objectif qu’avec plusieurs décennies de retard: sur la trajectoire actuelle, la gestion durable de l’eau ne sera pas réalisée avant 2049, soit bien au-delà de l’objectif de 2030. Pour combler cet écart, les gouvernements devraient clarifier les rôles et les responsabilités des agences (eau, agriculture, énergie, environnement) et mettre en place de puissants organes de coordination (par exemple, des conseils nationaux de l’eau ou des commissions nationales spécifiques). La réussite des réformes passe souvent par la consolidation d’agences fragmentées en une seule institution chef de file pour l’eau ou par la création d’autorités au niveau des bassins qui gèrent la planification de manière intégrée dans les régions concernées.

Bruxelles, le 18 septembre 2025.

Le président

du Comité économique et social européen

Oliver RÖPKE


(1) https://disasterdisplacement.org/what-we-do/, document de travail des services de la Commission européenne intitulé «Addressing displacement and migration related to disasters, climate change and environmental degradation» [Répondre aux déplacements et aux migrations liés aux catastrophes, au changement climatique et à la dégradation de l’environnement], juillet 2022.

(2) Le CESE apprécie les contributions apportées au présent avis par l’UpM, le Geneva Water Hub, l’EPC, WES et bien d’autres parties prenantes, qui ont été intégrées dans le texte.

(3) Avis du Comité économique et social européen — Résilience dans le domaine de l’eau et double transition: approches industrielles traitant de la relation entre l’eau, la numérisation et la décarbonation (JO C, C/2026/15, 16.1.2026, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/15/oj); JO C, C/2025/769, 11.2.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/769/oj; JO C, C/2024/4659, 9.8.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4659/oj; JO C, C/2024/878, 6.2.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/878/oj; JO C, C/2023/862, 8.12.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/862/oj; JO C 349 du 29.9.2023, p. 74; JO C 349 du 29.9.2023, p. 60; JO C 349 du 29.9.2023, p. 87; JO C 349 du 29.9.2023, p. 80; JO C 349 du 29.9.2023, p. 50; JO C 349 du 29.9.2023, p. 18; avis du CESE intitulé Gestion intégrée de l’eau — Listes révisées des polluants des eaux de surface et des eaux souterraines; JO C 146 du 27.4.2023, p. 35; JO C, C/2025/1189, 21.3.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/1189/oj.

(4) Organisation internationale pour les migrations (2019), «Glossary on Migration» (Glossaire de la migration), p. 31.

(5) Voir l’accord de Cancún de 2010 ou le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

(6) Comme, par exemple, la directive relative aux conditions que doivent remplir les demandeurs d’asile, la directive relative à la protection temporaire, ou encore la protection contre le refoulement consacrée dans la directive «retour».

(7) Convention de 1951 relative au statut des réfugiés.

(8) Addressing displacement and migration related to disasters, climate change and environmental degradation (Répondre aux déplacements et aux migrations liés aux catastrophes, au changement climatique et à la dégradation de l’environnement), DG ECHO.

(9) https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/BRIE/2021/698753/EPRS_BRI(2021)698753_EN.pdf.

(10) Addressing displacement and migration related to disasters, climate change and environmental degradation (Répondre aux déplacements et aux migrations liés aux catastrophes, au changement climatique et à la dégradation de l’environnement), DG ECHO.

(11) Fiche d'information du REM 2023.

(12) https://www.un.org/fr/observances/desertification-day.

(13) https://sdgs.un.org/partnerships/water-scarcity-and-human-immobility-identifying-internal-migration-patterns-driven; JO C, C/2023/862, 8.12.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/862/oj https://www.europarl.europa.eu/thinktank/fr/document/EPRS_BRI(2021)698753.

(14) Service de recherche du Parlement européen (EPRS), The concept of «climate refugee» (Le concept de «réfugié climatique»), auteurs: Joanna Apap, Sami James Harju; infographie: Stéphanie Pradier, Samy Chahri. Service de recherche pour les députés, PE 698.753 — octobre 2023.

(15) https://journals.ametsoc.org/view/journals/clim/33/14/JCLI-D-19-0910.1.xml.

(16) L’agriculture est l’un des plus grands consommateurs de ressources en eau douce. Selon l’Agence européenne pour l’environnement, le secteur agricole est le plus grand consommateur d’eau dans l’UE, puisqu’il utilise 59 % de l’approvisionnement, contre 13 % pour les ménages et les services. Cela peut entraîner un gaspillage considérable et d’importantes dégradations de l’environnement.

(17) Suggestion du Genève Water Hub, qui rejoint également le paragraphe 1.13 de l’avis, JO C, C/2023/862, 8.12.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/862/oj.

(18) Inscrite dans la directive-cadre de l’UE sur l’eau.

(19) https://ec.europa.eu/regional_policy/policy/cooperation/macro-regional-strategies_en.

(20) La Commission internationale pour la protection du Danube (CIPD), par exemple, harmonise les efforts dans 14 pays, en assurant une coordination à l’échelle du bassin en matière de lutte contre la pollution, de gestion des risques d’inondation et de surveillance hydrologique. De la même manière, la Commission internationale pour la protection du Rhin (CIPR) a contribué à faire progresser la coopération en amont et en aval, notamment en ce qui concerne l’atténuation de la pollution, la régulation de l’utilisation industrielle de l’eau et la prévention des inondations grâce à des investissements transfrontières dans les infrastructures.

(21) Union africaine (2009), article 5 de la Convention de l’Union africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique (convention de Kampala) adoptée lors du sommet extraordinaire de l’Union à Kampala, en Ouganda, le 23 octobre 2009 et entrée en vigueur le 6 décembre 2012; siège de l’Union africaine, Addis-Abeba, Éthiopie.

(22) EXCOM, «Providing International Protection Including Through Complementary Forms of Protection» (Fournir une protection internationale, y compris par le biais de formes complémentaires de protection), 2 juin 2005, EC/55/SC/CRP.16, disponible à l’adresse suivante: http://www.unhcr.org/refworld/docid/47fdfb49d.html.

(23) Comité économique et social européen, «Déclaration en vue d’un pacte bleu pour l’Europe», CESE-2023-81-EN, © Union européenne, 2023.

(24) JO C 349 du 29.9.2023, p. 18.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/18/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)