Avis du Comité économique et social européen — Appel en vue d’organiser une concurrence loyale en ce qui concerne les plateformes de pays tiers (avis d’initiative)
| CELEX | 52025IE0882 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 18 septembre 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/6 | 16.1.2026 |
Avis du Comité économique et social européen
Appel en vue d’organiser une concurrence loyale en ce qui concerne les plateformes de pays tiers
(avis d’initiative)
(C/2026/6)
Rapporteure:
Antje GERSTEIN| Conseiller | Stephan TROMP (pour la rapporteure) |
| Décision de l’assemblée plénière | 27.2.2025 |
| Base juridique | Article 52, paragraphe 2, du règlement intérieur |
| Compétence | Section «Marché unique, production et consommation» |
| Adoption en section | 2.9.2025 |
| Adoption en session plénière | 18.9.2025 |
| Session plénière no | 599 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 132/1/1 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Les plateformes de commerce électronique de pays tiers telles que Temu et Shein ont renforcé leur présence sur le marché de l’Union de manière inédite, entraînant ainsi des défis considérables en matière de concurrence loyale, de protection des consommateurs et de respect de la réglementation. Entre 2016 et 2022, la part de consommateurs européens effectuant des achats auprès de vendeurs de pays tiers a augmenté de 36 %. |
| 1.2. | La boîte à outils de l’UE pour un commerce électronique sûr et durable (1), publiée en février 2025, contient des propositions précieuses, mais elle ne prend pas la mesure de l’urgence. Elle devrait être mise en œuvre dès que possible afin de protéger notre marché unique. Il est aujourd’hui nécessaire d’adopter une approche coordonnée et de renforcer l’application des règles existantes aux niveaux européen, national et régional. Une action harmonisée est essentielle pour que les plateformes de pays tiers soient tenues responsables de la concurrence déloyale, de l’évasion fiscale et du non-respect des normes de l’Union en matière de sécurité des produits, de déchets, de durabilité et de droits des consommateurs et des travailleurs. |
| 1.3. | Il s’impose de mettre en œuvre la réforme douanière de l’UE (2) dans les plus brefs délais. Ce constat vaut en particulier pour la partie relative au commerce électronique. Le Comité économique et social européen (CESE) invite instamment les États membres de l’Union à donner sans tarder à la Commission européenne le mandat de mettre au point la plateforme des données douanières. |
| 1.4. | Les pouvoirs publics peinent souvent à appliquer des règles aux acteurs qui ne relèvent pas de leur compétence et à recenser les parties responsables du commerce électronique transfrontière. Les plateformes de pays tiers doivent donc désigner un opérateur économique responsable établi dans l’UE qui assume pleinement la responsabilité juridique et elles doivent être reconnues comme des actrices centrales de la chaîne d’approvisionnement. La plateforme de coopération en matière de protection des consommateurs (CPC) devrait être utilisée à cette fin. |
| 1.5. | De nombreuses plateformes de pays tiers manquent de transparence en ce qui concerne les chaînes d’approvisionnement, les droits des travailleurs, les conditions de travail et les normes environnementales. Les actes législatifs de l’Union relatifs au devoir de vigilance, tels que la directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (CSDD) et la directive sur la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (CSRD), visent à faire face à ces risques. |
| 1.6. | Le CESE plaide en faveur d’une application plus stricte de la législation en matière de protection des consommateurs et de la directive relative à l’indication des prix en réponse aux violations répétées commises par des plateformes telles que Shein et Temu. Ces plateformes négligent également les règles de l’UE en matière de déchets et d’emballages, en transférant les coûts d’élimination vers d’autres acteurs, en ne désignant pas de représentants autorisés. |
| 1.7. | Le CESE propose des mesures à court, moyen et long terme qui conduiront à une concurrence loyale et répondront ainsi aux exigences d’une économie sociale de marché énoncées à l’article 3, paragraphe 3, du traité sur l’Union européenne (3). |
2. Observations générales
2.1. Contexte du cadre réglementaire de l’UE et situation du marché
| 2.1.1. | L’Union européenne est, conformément aux traités, fondée sur les principes d’une économie sociale de marché, qui soutient la haute compétitivité de ses entreprises (article 3, paragraphe 3, du traité UE). Cette compétitivité ne peut être assurée que si elle repose sur des règles équitables et des conditions de concurrence équitables par rapport aux concurrents extérieurs à l’Union. |
| 2.1.2. | Les plateformes de commerce électronique de pays tiers telles que Temu et Shein ont renforcé leur présence sur le marché de l’Union de manière inédite, entraînant ainsi des défis considérables en matière de concurrence loyale, de protection des consommateurs et de respect de la réglementation. Entre 2016 et 2022, la part de consommateurs européens effectuant des achats auprès de vendeurs de pays tiers a augmenté de 36 % (4). L’ampleur du défi est sans précédent: chaque jour, environ 400 000 colis de Shein et Temu sont expédiés rien que vers l’Allemagne (5). En 2024, 4,6 milliards de colis de faible valeur sont entrés dans l’UE, soit 12 millions par jour, c’est-à-dire plus de trois fois le volume de 2022. Plus de 91 % des colis d’une valeur inférieure à 150 EUR provenaient de Chine, où Temu et Shein (6) fabriquent et expédient la plupart de leurs produits (7). |
| 2.1.3. | Le CESE note qu’une grande partie des envois provenant de ces plateformes sont sous-évalués ou non déclarés, ou ne respectent pas les normes de l’UE (8). |
| 2.1.4. | Dans ce contexte, le CESE affirme qu’il existe des lacunes en matière de réglementation et de mise en œuvre et estime qu’un appel urgent à l’action s’impose. Il se félicite que la Commission européenne ait récemment annoncé (9) la mise en place d’une taxe de traitement pour les colis provenant de pays tiers. |
| 2.1.5. | La boîte à outils de l’UE pour un commerce électronique sûr et durable, publiée en février 2025, contient des propositions précieuses, mais elle ne prend pas la mesure de l’urgence. Il est aujourd’hui nécessaire d’adopter une approche coordonnée et de renforcer l’application des règles existantes aux niveaux européen, national et régional. Une action harmonisée est essentielle pour que les plateformes de pays tiers soient tenues responsables de la concurrence déloyale, de l’évasion fiscale et du non-respect des normes de l’Union en matière de sécurité des produits, de déchets, de durabilité et de droits des consommateurs et des travailleurs. Les réponses nationales telles que le plan d’action de l’Allemagne sur le commerce électronique (10) ou la lettre de la Pologne à Shein (11) montrent que les États membres prennent déjà des mesures, mais que des actions fragmentées ne suffisent pas. |
| 2.1.6. | Dans ce contexte, le CESE invite instamment les institutions de l’UE à prendre de nouvelles mesures rapides et décisives pour préserver l’intégrité du marché intérieur. |
2.2. Arbitrage réglementaire par les plateformes de pays tiers
| 2.2.1. | Les consommateurs font confiance aux plateformes en ligne pour fournir des produits sûrs et conformes (12), mais cette confiance est souvent malavisée:
|
| 2.2.2. | Des études suggèrent que les subventions publiques chinoises (17) soutiennent l’entrée de ces plateformes numériques sur le marché européen, ce qui leur permet d’opérer à un coût largement moindre. Ces avantages, combinés à une surveillance réglementaire plus faible, créent un arbitrage réglementaire et faussent la concurrence au sein du marché unique de l’UE. |
| 2.2.3. | Les audits montrent un potentiel recours abusif au guichet unique pour les importations (IOSS), y compris l’utilisation frauduleuse de numéros IOSS et des tactiques telles que la sous-évaluation et le fractionnement des expéditions afin d’éviter les droits de douane (18). Rien qu’aux Pays-Bas, en 2023, sur plus d’un milliard de déclarations en douane, plus de 718 millions provenaient du commerce électronique, ce qui représente des capacités d’exécution étourdissantes (19). En raison d’un manque de ressources, seul un pourcentage minime de ces envois peut être contrôlé, ce qui pousse les acteurs établis en dehors de l’UE à sous-déclarer leurs marchandises, afin de rester sous le seuil de franchise douanière de 150 EUR (20). Il importe d’élargir et de numériser la surveillance du marché et l’application de la législation douanière. Le CESE invite instamment l’Union à investir dans des systèmes douaniers numériques et à doter les autorités nationales des moyens permettant de mieux détecter et prévenir la fraude (21). À cet effet, il s’impose de mettre en œuvre la réforme douanière de l’UE (22) dans les plus brefs délais. Ce constat vaut en particulier pour la partie relative au commerce électronique. Pour assurer un dédouanement coordonné des colis en provenance de pays tiers destinés aux consommateurs finaux européens, il convient de mettre au point la plateforme des données douanières. |
| 2.2.4. | Les capacités d’exécution des autorités nationales de surveillance du marché varient considérablement. Le CESE plaide en faveur d’une coordination au niveau de l’UE et estime qu’un financement est nécessaire pour réduire les lacunes en matière d’application de la législation. Les pouvoirs publics peinent souvent à appliquer des règles aux acteurs qui ne relèvent pas de leur compétence et à recenser les parties responsables du commerce électronique transfrontière (23) , (24). Les plateformes de pays tiers doivent donc désigner un opérateur économique responsable établi dans l’UE qui assume pleinement la responsabilité juridique et elles doivent être reconnues comme des actrices centrales de la chaîne d’approvisionnement. Le modèle de l’«importateur présumé» assurerait l’application du principe de responsabilité en ce qui concerne l’ensemble des obligations liées aux importations. |
| 2.2.5. | De nombreuses plateformes de pays tiers manquent de transparence en ce qui concerne les chaînes d’approvisionnement, les droits des travailleurs, les conditions de travail et les normes environnementales. Des enquêtes ont révélé des conditions de travail extrêmes, telles que des périodes de 18 heures de travail et l’absence de contrats de travail, en particulier en Chine, où a lieu la majeure partie de la production (25). Des plateformes comme Shein sont fortement exposées aux risques de travail forcé et de travail des enfants (26), en particulier en ce qui concerne le coton provenant de la région du Xinjiang, qui fournit 90 % du coton chinois (27). Les modèles d’approvisionnement fondés sur des algorithmes compromettent encore davantage les droits des travailleurs, ce qui contribue à une résurgence des conditions de travail similaires à celles constatées dans les ateliers clandestins. Les actes législatifs de l’Union relatifs au devoir de vigilance, tels que la CSDD et la CSRD, visent à faire face à ces risques. En outre, la Chine produit chaque année plus de 26 millions de tonnes de déchets textiles, dont la plupart sont mises en décharge, ce qui exacerbe le coût environnemental de la mode ultra-éphémère (28). |
| 2.2.6. | Le CESE souligne les risques en matière de protection des données et l’utilisation, par des plateformes telles que Temu et Shein, de tactiques de conception manipulatrices («interfaces truquées»), comme la fausse urgence (29) et la ludification (30) pour influencer le comportement des consommateurs. Les consommateurs, en particulier les plus jeunes, doivent être sensibilisés et avoir la possibilité de reconnaître les incitations aux ventes manipulatrices mises en place par les plateformes de pays tiers. Ces pratiques peuvent enfreindre le règlement sur les services numériques (31). Les plaintes introduites par le gouvernement polonais (32) et le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) (33) soulignent ces préoccupations. Le CESE soutient les procédures actuelles relatives au règlement sur les services numériques et demande que des enquêtes plus larges soient menées sur les plateformes à haut risque. |
| 2.2.7. | Le CESE plaide en faveur d’une application plus stricte de la législation en matière de protection des consommateurs et de la directive relative à l’indication des prix (34) en réponse aux violations répétées commises par des plateformes telles que Shein et Temu. Les pouvoirs publics et le réseau CPC ont recensé de fausses remises, des ventes agressives, des informations trompeuses en matière de sécurité et des produits dangereux. Ces plateformes négligent également les règles de l’UE en matière de déchets et d’emballages, en transférant les coûts d’élimination vers d’autres acteurs, en ne désignant pas de représentants autorisés. Le manque de transparence, l’opacité des politiques de retour et les faux avis désavantagent d’autant plus les consommateurs, en particulier les utilisateurs plus jeunes et sensibles aux prix, ciblés par une conception manipulatrice. Le CESE demande instamment une application coordonnée, un suivi numérique et des règles claires en matière de responsabilité afin de combler ces lacunes réglementaires. |
3. Recommandations politiques spécifiques
Le CESE propose des mesures à court, moyen et long terme qui conduiront à une concurrence loyale et répondront ainsi aux exigences d’une économie sociale de marché énoncées à l’article 3, paragraphe 3, du traité sur l’Union européenne.
3.1. Mesures à court terme
3.1.1. Exiger des plateformes de pays tiers qu’elles désignent un opérateur économique responsable établi dans l’UE qui assume pleinement la responsabilité juridique.
Le CESE est favorable à l’obligation de désigner, dans l’Union, un opérateur économique financièrement et juridiquement responsable pour toutes les plateformes de pays tiers. Cette personne ou entité doit être pleinement responsable de la conformité des produits, de la réception des documents officiels et de la réponse aux mesures d’exécution. Cette disposition comble les lacunes en matière d’application de la législation et garantit un recours juridique en cas de préjudice causé aux consommateurs ou de violation de la réglementation.
3.1.2. Supprimer la franchise douanière de 150 EUR afin d’éviter les sous-déclarations systématiques
Le seuil d’exonération de franchise douanière de 150 EUR est régulièrement exploité au moyen d’un fractionnement artificiel des envois et d’une sous-évaluation, privant l’UE de recettes publiques et faussant la concurrence loyale. La suppression de ce seuil éliminerait une incitation essentielle à la fraude et permettrait d’aligner les droits de douane sur la valeur réelle des marchandises importées.
3.1.3. Faire respecter le recours au guichet unique pour les importations et améliorer le suivi en temps réel des déclarations en douane
Le système du guichet unique pour les importations (IOSS) rationalise la perception de la TVA pour les importations de faible valeur, mais il importe de prendre des mesures en ce qui concerne sa nature facultative et le risque d’utilisation abusive. L’approche récemment approuvée par le Conseil Ecofin (35) consistant à encourager le recours à l’IOSS pour toutes les plateformes de pays tiers, associée à une vérification renforcée et au partage de données en temps réel entre les autorités douanières et fiscales, est susceptible de combler d’importantes lacunes en matière de conformité, tandis qu’il reste difficile d’imposer l’utilisation de l’IOSS en raison de difficultés d’application et de la nécessité d’un système harmonisé de sanctions et de pénalités. Dans ce contexte également, le CESE invite instamment les États membres de l’Union à donner sans tarder à la Commission européenne le mandat de mettre au point la plateforme des données douanières.
3.1.4. Faire respecter la protection du droit d’auteur et poursuivre le plagiat à grande échelle
Il existe des preuves crédibles d’atteintes généralisées à la propriété intellectuelle commises par des plateformes de pays tiers, en particulier dans les secteurs de la mode et du design (36). Les autorités de l’Union devraient collaborer avec les titulaires de droits pour enquêter sur les violations et les sanctionner rapidement, en garantissant une protection équitable aux petites et moyennes entreprises (PME) et aux créateurs européens. Le CESE est favorable à un renforcement des mécanismes de protection des droits de propriété intellectuelle.
3.1.5. Traiter les plaintes formelles concernant les pratiques anticoncurrentielles telles que les prix de vente imposés
Les données disponibles indiquent que certaines plateformes restreignent, au moyen de contrats ou d’algorithmes, la capacité des vendeurs à fixer librement leurs prix et contreviennent ainsi à la législation de l’UE en matière de concurrence. Le CESE soutient la préparation et le dépôt de plaintes formelles auprès des autorités de concurrence afin de mettre un terme à ce comportement déloyal et anticoncurrentiel.
3.2. Mesures à moyen terme
3.2.1. Mettre en œuvre le modèle de l’importateur présumé dans l’ensemble de l’UE
L’approche de l’importateur présumé (37) transfère la responsabilité des consommateurs vers les plateformes, en veillant à ce que l’entité qui met le produit sur le marché de l’Union soit responsable de toutes les obligations douanières et fiscales. Ce modèle renforce le caractère contraignant des obligations et simplifie les procédures tant pour les autorités de réglementation que pour les consommateurs.
3.2.2. Œuvrer en faveur d’un enregistrement obligatoire de facto auprès de l’IOSS pour les plateformes de pays tiers
Les plateformes qui facilitent les ventes d’entreprise à particulier dans l’UE devraient être systématiquement redevables de la TVA à l’importation afin de s’enregistrer auprès de l’IOSS et de déclarer la TVA de manière transparente. Cette mesure renforcerait l’équité fiscale, réduirait le risque de fraude et améliorerait l’exactitude des données aux fins de la perception de l’impôt et de l’application de la fiscalité.
3.2.3. Coordonner les contrôles en matière de TVA et les audits douaniers et permettre les enquêtes transfrontières
Une coordination plus étroite entre les autorités fiscales et douanières est nécessaire pour lutter contre la fraude transfrontière. Le seuil de 150 EUR découle à la fois de la législation douanière et de la législation en matière de TVA, ce qui crée des lacunes. La proposition de la Commission de 2023 visant à supprimer le seuil de TVA et à appliquer la règle du fournisseur présumé à toutes les importations améliorerait la conformité et réduirait les charges administratives. Une mise en œuvre coordonnée est essentielle pour combler les lacunes et garantir une application cohérente dans tous les États membres (38).
3.2.4. Renforcer le personnel des douanes et de la surveillance du marché et développer les outils numériques
Les douanes et les agences de surveillance du marché ont besoin d’un important renforcement de leurs capacités pour faire face au volume et à la complexité croissants des importations liées au commerce électronique. Des investissements dans le personnel, la formation et les systèmes de suivi fondés sur l’intelligence artificielle sont nécessaires.
3.3. Mesures à long terme
3.3.1. Accélérer considérablement la réforme du code des douanes de l’UE
Il est inquiétant de constater que le calendrier prévu pour la mise en œuvre des volets du code des douanes relatifs au commerce électronique en 2028 est trop lent pour suivre le rythme de l’évolution actuelle du commerce électronique mondial. La réforme doit être avancée et inclure des mécanismes de suivi, de traçage et de vérification des colis provenant des plateformes de pays tiers, notamment au moyen d’une meilleure collecte de données et d’infrastructures numériques transfrontières.
3.3.2. Mettre au point un système numérique unifié de contrôle des douanes et de la conformité
L’UE a besoin d’une plateforme numérique harmonisée qui intègre les données relatives aux douanes, à la fiscalité et à la sécurité des produits, afin de garantir un suivi cohérent des marchandises importées. Un tel système devrait permettre un profilage des risques en temps réel et rationaliser les mesures d’exécution dans tous les États membres.
3.3.3. Harmoniser les règles en matière de responsabilité des plateformes dans l’ensemble de l’UE afin de garantir une application cohérente
La fragmentation des dispositions législatives nationales en matière de responsabilité des plateformes entrave l’application de la législation et engendre de l’insécurité juridique. L’Union devrait adopter un cadre réglementaire harmonisé qui clarifie les responsabilités des plateformes de pays tiers en ce qui concerne la protection des consommateurs, la sécurité des produits et les obligations fiscales, en garantissant la prévisibilité et l’équité pour tous les acteurs du marché. Des réformes structurelles à long terme, y compris la mise en œuvre accélérée de la version révisée du code des douanes de l’UE, sont nécessaires pour faire face à l’ampleur et à la complexité croissantes du commerce électronique international.
Bruxelles, le 18 septembre 2025.
Le président
du Comité économique et social européen
Oliver RÖPKE
(3) Traité sur l’Union européenne.
(4) « Study for further evaluation of the geo-blocking regulation », Commission européenne, juillet 2024.
(5) Kumar, A., et Zheng, S., « Industry Insights: Decoding Shein and Temu », Coresight Research, 2024.
(6) « Shein », The Guardian, avril 2025.
(7) Commission européenne, communiqué de presse, « La Commission annonce des mesures en faveur d’importations sûres et durables issues du commerce électronique », 2025.
(8) Dans les résultats 2023 du système Safety Gate de l’UE, la Commission européenne a indiqué qu’en 2023, 3 412 produits dangereux avaient été signalés à Safety Gate, ce qui constitue une augmentation de 60 % par rapport à l’année précédente. Parmi les produits dangereux signalés, 37 % provenaient de Chine.
(9) Intervention du commissaire Šefčovič lors de la réunion de la commission IMCO du Parlement européen, le 20 mai 2025.
(10) Plan d’action du gouvernement fédéral allemand sur le commerce électronique (en anglais), janvier 2025.
(11) Lettre du gouvernement polonais à Shein (en anglais), 27 mai 2024.
(12) Une enquête de la fédération allemande des organisations de consommateurs (vzbv), publiée le 28 novembre 2024, a révélé que 93 % des consommateurs attendent des plateformes qu’elles garantissent la conformité, mais que, dans la pratique, de nombreux produits présentent des risques pour la santé, pour la sécurité ou sur le plan juridique.
(13) Kallio, I., et Kurjenoja, J., « Competitive advantage of Asian e-commerce — Test purchases from the Temu.com marketplace », 17 septembre 2024.
(14) « 95 % of toys bought from new online platform break EU safety rules», 20 février 2024.
(15) Commission européenne, communiqué de presse, « La Commission et les autorités nationales demandent instamment à Temu de respecter la législation de l’UE en matière de protection des consommateurs », 8 novembre 2024.
(16) Greenpeace, « Taking the Shine off Shein », 13 novembre 2022.
(17) Sarek, L.: Party-state Support for Chinese E-commerce Export Development, 2024.
(18) HDE et ibi research, « Les détaillants de pays tiers et leur influence sur le commerce de détail allemand » (en allemand), septembre 2024.
(19) Autorités douanières néerlandaises, « Rapport d’avancement » (en néerlandais), 2024.
(20) HDE et ibi research, « Les détaillants de pays tiers et leur influence sur le commerce de détail allemand » (en allemand), septembre 2024.
(23) Kallio, I., et Kurjenoja, J., « Competitive advantage of Asian e-commerce — Test purchases from the Temu.com marketplace », 17 septembre 2024.
(24) Autorités douanières néerlandaises, « Rapport d’avancement » (en néerlandais), 2024.
(25) Note d’information, « Shein, Temu and Chinese e-Commerce: Data Risks, Sourcing violations and Trade Loopholes », 14 avril 2023.
(26) OIT, « Observatoire du travail forcé » (en anglais).
(27) Uyghur Human Rights Project, « Shein, Temu’s Forced Labor Risks Detailed in Congressional Report », 23 juin 2023.
(28) The Economic Times, « China’s landfills brim with textile waste », 10 juillet 2024.
(29) Handelsverband, communiqué de presse « Plainte contre la place de marché en ligne Temu pour violation de la loi allemande contre la concurrence déloyale » (en allemand), 4 septembre 2024.
(30) HDE et ibi research, « Les détaillants de pays tiers et leur influence sur le commerce de détail allemand » (en allemand), septembre 2024.
(31) JO L 277 du 27.10.2022, p. 1.
(32) Lettres du gouvernement polonais à Temu et Shein (en anglais), 27 mai 2024.
(33) BEUC, « Taming Temu: Why the fast-growing online marketplace fails to comply with the EU Digital Services Act », 16 mai 2024.
(34) JO L 80 du 18.3.1998, p. 27.
(35) Communiqué de presse du Conseil de l’Union européenne, 27 juin 2025.
(36) Note d’information, « Shein, Temu and Chinese e-Commerce: Data Risks, Sourcing violations and Trade Loopholes », 14 avril 2023.
(37) L’«importateur présumé» est une construction juridique proposée dans le cadre de laquelle les plateformes numériques qui facilitent la vente de biens provenant de pays tiers aux consommateurs de l’UE sont désignées comme étant les importateurs responsables pour ce qui est des questions douanières et fiscales. Autrement dit, la plateforme — et non le consommateur final — est juridiquement responsable du respect de toutes les obligations liées aux importations (par exemple, la TVA, les droits de douane, la conformité des produits). Ce concept vise à combler les lacunes en matière d’application de la législation et à transférer la responsabilité vers la partie qui contrôle les infrastructures des transactions.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/6/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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