Initiative législative52025IP0027

P10_TA(2025)0027 — Fonds social européen plus après 2027 — Résolution du Parlement européen du 11 mars 2025 sur le Fonds social européen plus après 2027 (2024/2077(INI))

CELEX52025IP0027
TypeInitiative législative
Datemardi 11 mars 2025

Résumé IA

Le Parlement européen, par cette résolution, définit ses orientations politiques pour la refonte du Fonds social européen plus (FSE+) après 2027. Il plaide pour un renforcement du budget, une simplification des règles de gestion et un recentrage sur les priorités clés comme l'emploi des jeunes, la lutte contre la pauvreté et l'inclusion sociale. Ce texte constitue une prise de position préparatoire qui influencera la proposition législative formelle de la Commission européenne pour la prochaine période de programmation.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2025/3146

20.6.2025

P10_TA(2025)0027

Fonds social européen plus après 2027

Résolution du Parlement européen du 11 mars 2025 sur le Fonds social européen plus après 2027 (2024/2077(INI))

(C/2025/3146)

Le Parlement européen,

vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et notamment son article 46, point d), son article 149, son article 153, paragraphe 2, point a), et ses articles 164, 175 et 349,

vu le règlement (UE) 2021/1057 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 instituant le Fonds social européen plus (FSE+) (1),

vu le règlement (UE) 2024/3236 du Parlement européen et du Conseil du 19 décembre 2024 modifiant les règlements (UE) 2021/1057 et (UE) 2021/1058 en ce qui concerne le soutien régional d’urgence à la reconstruction (RESTORE) (2),

vu la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées (CNUDPH), entrée en vigueur le 21 janvier 2011 conformément à la décision 2010/48/CE du Conseil du 26 novembre 2009 concernant la conclusion, par la Communauté européenne, de la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées (3),

vu le socle européen des droits sociaux proclamé et signé par le Conseil, le Parlement et la Commission le 17 novembre 2017,

vu la déclaration de La Hulpe sur l’avenir du socle européen des droits sociaux, signée par le Parlement, la Commission, le Comité économique et social européen et le Conseil le 16 avril 2024,

vu la déclaration de Liège du 5 mars 2024 intitulée «un logement abordable, décent et durable pour tous»,

vu la communication de la Commission du 27 mars 2024 sur le 9e rapport sur la cohésion (COM(2024)0149),

vu la communication de la Commission du 20 mars 2024 intitulée «Pénuries de main-d’œuvre et de compétences dans l’UE: plan d’action»,

vu la recommandation du Conseil du 12 mars 2021 sur l’égalité, l’inclusion et la participation des Roms (4),

vu la communication de la Commission du 4 mars 2021 intitulée «Plan d’action sur le socle européen des droits sociaux» (COM(2021)0102) et les grands objectifs proposés pour 2030 en matière d’emploi, de formation et de réduction de la pauvreté,

vu la communication de la Commission du 7 octobre 2020 intitulée «Une Union de l’égalité: cadre stratégique de l’UE pour l’égalité, l’inclusion et la participation des Roms» (COM(2020)0620),

vu les rapports annuels de la Cour des comptes européenne sur la performance du budget de l'UE pour 2019 et 2021,

vu sa résolution du 23 novembre 2023 sur la création d’emplois – transition juste et investissements d’impact (5),

vu sa résolution du 21 novembre 2023 sur «Les enfants d’abord – renforcer la garantie pour l’enfance, deux ans après son adoption» (6),

vu sa résolution du 13 décembre 2022 vers l’égalité des droits pour les personnes handicapées (7),

vu sa résolution du 29 avril 2021 sur la garantie européenne pour l’enfance (8),

vu sa résolution du 10 février 2021 sur la réduction des inégalités, avec une attention particulière à la pauvreté des travailleurs (9),

vu sa résolution du 21 janvier 2021 sur l’accès à un logement décent et abordable pour tous (10),

vu sa résolution du 21 janvier 2021 sur la stratégie de l’Union européenne en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes (11),

vu sa résolution du 24 novembre 2020 sur la réduction du taux de sans-abrisme dans l’Union européenne (12),

vu sa résolution du 8 octobre 2020 sur la garantie pour la jeunesse (13),

vu sa résolution du 5 juillet 2022 vers une action européenne commune en matière de soins (14),

vu sa résolution du 18 juin 2020 sur la stratégie européenne en faveur des personnes handicapées pour l’après-2020 (15),

vu le rapport de Mario Draghi du 9 septembre 2024 sur l’avenir de la compétitivité européenne,

vu le rapport d’Enrico Letta du 10 avril 2024 intitulé «Much more than a market»,

vu l’article 55 de son règlement intérieur,

vu l’avis de la commission du développement régional,

vu le rapport de la commission de l’emploi et des affaires sociales (A10-0014/2025),

A.

considérant que le Fonds social européen plus (FSE+) soutient et complète les politiques des États membres visant à garantir l’égalité des chances, l’égalité d’accès au marché du travail, des conditions de travail équitables et de qualité et la protection et l’inclusion sociales et qu’il apporte une valeur ajoutée à ces politiques, un accent particulier étant mis sur une éducation et une formation inclusives et de qualité, l’apprentissage tout au long de la vie, l’investissement dans l’enfance et la jeunesse et l’accès aux services de base;

B.

considérant que le FSE+ est le seul fonds de l’Union principalement axé sur les politiques sociales, qu’il est donc unique en soi et qu’il est extrêmement efficace et essentiel pour parvenir à l’inclusion sociale, et ce avec la politique de cohésion; que le FSE+ doit être utilisé le plus efficacement possible pour procéder à des transformations systémiques au moyen de réformes structurelles en accordant une attention particulière à sa complémentarité avec les budgets des États membres de façon à encourager ces derniers à avoir recours au Fonds pour ces réformes, sans oublier qu’il est également essentiel de définir des politiques sociales plus globales au niveau de l’Union pour lutter contre les inégalités et l’exclusion;

C.

considérant que la politique de cohésion, les Fonds structurels et d’investissement européens et, notamment, le FSE+ constituent des outils puissants pour renforcer la cohésion entre les États membres, les régions et les zones, et notamment les zones urbaines et rurales;

D.

considérant que la situation et les besoins de chaque région de l’Union sont différents; que les collectivités locales sont les bénéficiaires directs du FSE+ et qu’il est indispensable que les acteurs régionaux et locaux participent directement à la conception de cet instrument; que le développement local participatif est un mécanisme permettant aux citoyens à l’échelon local de participer à la définition des réponses aux défis sociaux, environnementaux et économiques d’aujourd’hui et qu’il constitue donc un instrument important pour faciliter la mise en œuvre du FSE+; que la mise en œuvre du FSE+ à l'échelle nationale s'accompagne souvent de formalités administratives inutiles et de règles compliquées ou inefficaces;

E.

considérant que les diverses personnes se trouvant en situation de vulnérabilité ont des besoins différents, comme les enfants, les familles monoparentales et les familles nombreuses, les femmes en situation en pauvreté, les chômeurs et les travailleurs précaires, les migrants, les travailleurs migrants et les victimes de la traite des êtres humains, les enfants, les personnes handicapées, les jeunes et les personnes âgées, les sans-abri et les Roms; que la transition numérique et écologique est absolument nécessaire et offre de nombreuses possibilités, mais entraîne aussi des défis pour tous, comme le déficit de compétences numériques ou l'écart numérique entre les hommes et les femmes, et la nécessité d’une reconversion de la main-d’œuvre, et que pour y parvenir, l’Union doit garantir une transition juste qui ne laisse personne de côté; qu’il existe dans l’Union des personnes en situation de vulnérabilité qui restent en marge des politiques sociales et des programmes financés par le FSE+; que des efforts extraordinaires et des changements structurels sont nécessaires pour atteindre toutes les personnes en situation de vulnérabilité ainsi que pour empêcher que leur nombre n’augmente;

F.

considérant que quelque 100 millions de personnes dans l’Union présentent une forme de handicap; que seule la moitié de ces personnes ont un emploi; que 28,8 % des personnes handicapées sont exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale (16); que les personnes handicapées vivant dans l’Union continuent d’être confrontées à des formes multiples et intersectionnelles de discrimination dans tous les domaines de leur vie, y compris le refus d’un logement décent; que les personnes handicapées ont le droit de jouir de leurs droits fondamentaux sur un pied d’égalité et de participer de manière pleine et effective à tous les domaines de la vie et de la société;

G.

considérant que 22,3 % des femmes vivent dans la pauvreté, contre 20,3 % des hommes, et que les femmes restent davantage touchées par la pauvreté et le risque d’exclusion sociale que les hommes (17); que, dans l’Union, les femmes gagnent 12,7 % de moins que les hommes en moyenne et qu’au fil des ans, cet écart salarial s’est traduit par un écart de 29,5 % entre les femmes et les hommes en termes de retraite, donnant lieu à une inégalité entre les femmes âgées et les hommes âgés en termes d’indépendance financière; que près de la moitié des mères célibataires vivent dans la pauvreté ou sont menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale;

H.

considérant qu’en 2023, 94,6 millions de personnes dans l’Union (21,4 % de la population) vivaient dans des ménages menacés de pauvreté ou d’exclusion sociale, avec un taux de risque de pauvreté ou d’exclusion sociale de 24,8 % pour l’EU-27 (18); qu’en 2020, environ 14 % des ménages avec enfants (7,8 millions de ménages) sont composés de parents isolés; que près de la moitié (48 %) des mères célibataires et un tiers (32 %) des pères célibataires sont menacés de pauvreté ou d’exclusion sociale (19); que près d’un enfant sur quatre dans l’ensemble de l’Union est donc exposé au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale; que le taux de chômage des jeunes dans l’Union s’élève à près de 15 %; que le fait d’être au chômage, en particulier lorsqu’on est jeune, peut entraîner des difficultés financières ainsi qu’un isolement social, des problèmes de santé mentale et une perte de joie de vivre;

I.

considérant que l’augmentation globale de l’espérance de vie en Europe et le vieillissement de la population entraînent une augmentation de la demande de soins dans toutes les tranches d’âge; que 80 % des soins de longue durée sont dispensés par des aidants informels, principalement des femmes; que le secteur des soins fait face à une pénurie croissante de travailleurs dans tous les États membres; que la stratégie européenne en matière de soins vise à garantir des services de soins de qualité, abordables et accessibles, ainsi que de meilleures conditions de travail et un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée pour les aidants dans l’ensemble de l’Union; que le FSE+ soutient des programmes, des projets et des actions qui encouragent le vieillissement actif et les liens intergénérationnels; que le FSE+ est le principal instrument de financement de l’Union destiné à soutenir les États membres dans la mise en œuvre des règles de l’Union relatives à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et des aidants;

J.

considérant que la disponibilité de logements décents à un coût abordable diminue; que le logement est avant tout une compétence des États membres, conformément au principe de subsidiarité; que les raisons de la situation actuelle du logement peuvent différer d’un État membre à l’autre, comme la libéralisation excessive du marché, la spéculation immobilière, l’absence de réglementation des locations de courte durée, la chute du pouvoir d’achat des personnes en situation de pauvreté ou l’absence de logements sociaux publics, et qu’il s’agit d’un des grands problèmes que connaissent les Européens aujourd’hui; que nous sommes loin d’atteindre l’objectif visant à éliminer le sans-abrisme d’ici 2030; que l’Union disposera pour la première fois d’un commissaire chargé de la lutte contre les crises du logement et que le premier plan européen pour des logements abordables et durables est attendu en 2025; que ce plan devrait cibler spécifiquement les enfants sans domicile; que, conformément au principe de subsidiarité, ces propositions doivent s'accompagner de mesures nationales destinées à améliorer l'accès à des logements durables et abordables et la qualité de l’existence quotidienne, comme des mesures concernant les locations de courte durée ou d’autres interventions du marché dans les zones très tendues;

K.

considérant qu’un enfant sur quatre reste exposé au risque de pauvreté et d’exclusion sociale dans l’Union (20) et que la tendance actuelle ne permettra pas d’atteindre l’objectif consistant à réduire d’au moins 5 millions le nombre d’enfants en situation de pauvreté d’ici 2030; que la garantie européenne pour l’enfance vise à prévenir et à combattre la pauvreté des enfants et l’exclusion sociale des enfants dans le besoin en garantissant un accès effectif et gratuit à des structures d’éducation et d’accueil de la petite enfance de qualité, à l'éducation, aux activités périscolaires, à au moins un repas sain gratuit chaque jour d’école et aux soins de santé, ainsi qu’un accès effectif à une alimentation saine et à un logement adéquat; que la vice-présidente exécutive de la Commission chargée des droits sociaux et des compétences, des emplois de qualité et de l'état de préparation est responsable du renforcement de la garantie pour l’enfance; qu’à elles seules, les ressources du FSE+ ne sont pas suffisantes pour relever le défi de la pauvreté des enfants dans l’Union et que par conséquent, conformément au principe de subsidiarité, cette question devrait être réglée d’urgence par les États membres en priorité et l’échange et la coordination des bonnes pratiques devraient être renforcés tout en étant complétés par le FSE+ au niveau de l’Union;

L.

considérant qu’il convient d’améliorer l’intégration sociale et économique des migrants, y compris des travailleurs migrants, des réfugiés et des victimes de la traite des êtres humains, afin de garantir leur inclusion dans nos sociétés; que la réussite de l’inclusion passe non seulement par l’égalité d’accès au marché du travail, mais aussi par une participation complète à la société; qu’une attention particulière devrait être accordée aux migrants originaires de pays extérieurs à l’Union et aux migrants sans papiers; que différents fonds de l’Union, dont le FSE+ et le Fonds «Asile, migration et intégration», jouent le rôle qui est le leur à cet égard;

M.

considérant que la population de l’Union diminue; qu’un dépeuplement a lieu dans certaines régions et que l’on constate une concentration croissante de la population dans certaines zones urbaines; que des actions devraient être menées pour renforcer le développement et la cohésion de ces zones; que l’évolution démographique entraînera une diminution de la main-d’œuvre, ce qui nécessitera le perfectionnement, la reconversion et l’expansion de la main-d’œuvre;

N.

considérant que le rapport de Mario Draghi sur l’avenir de la compétitivité européenne met en garde contre l’important déficit de compétences auquel l’Union européenne est confrontée, 77 % des entreprises de l’Union déclarant que même les travailleurs nouvellement recrutés ne disposent pas des compétences nécessaires, et 42 % des Européens ne disposant pas des compétences numériques de base; que le rapport déplore le nombre insuffisant de travailleurs bénéficiant d’une formation et l’absence de progrès dans ce domaine, plus de 50 millions de travailleurs ayant besoin de formation pour atteindre l’objectif de participation annuelle des adultes à la formation; que les travailleurs ayant reçu une formation professionnelle et les personnes possédant des compétences pratiques sont essentiels pour les sociétés européennes; que la poursuite du renforcement de la compétitivité européenne ne peut se faire sans le renforcement du capital humain; que des investissements rapides dans la reconversion et le perfectionnement des travailleurs qui risquent de perdre leur emploi ou dont les compétences sont devenues obsolètes peuvent notamment contribuer à les empêcher de se retrouver piégés dans la pauvreté;

O.

considérant qu’il convient d’accorder une attention particulière, notamment par des mesures spécifiques répondant aux besoins sur le terrain, le cas échéant, aux zones rurales, aux zones où s’opère une transition industrielle, aux régions ultrapériphériques et aux régions qui souffrent de handicaps naturels, économiques ou démographiques graves et permanents, comme les régions à faible densité de population, les îles, les zones montagneuses et les régions transfrontières;

P.

considérant que la Commission a proposé des objectifs minimaux pour 2030 afin de garantir des progrès en matière d’égalité, d’inclusion et de participation des Roms dans le cadre du plan décennal de soutien aux Roms dans l’Union européenne; que ces objectifs visent, entre autres, à réduire d’un tiers au moins l’écart en matière de privation de logement, à réduire de moitié au moins la proportion d’enfants roms fréquentant des écoles primaires ségréguées dans les États membres comptant une importante population rom, et à réduire de moitié au moins l’écart de pauvreté entre les Roms et la population en général; que le FSE+ demeurera le principal instrument financier pour atteindre ces objectifs à l’horizon 2030 concernant les Roms;

Principes du FSE+ après 2027

1.

insiste sur le fait que le FSE+ doit rester le principal instrument clé pour aider les États membres, les régions, les collectivités locales et les citoyens à renforcer la dimension sociale de l’Union et à poursuivre un développement socio-économique qui ne laisse personne de côté;

2.

souligne que le FSE+ doit relever des défis sociaux tels que les conséquences du changement climatique et la numérisation, contribuer à y faire face et s’y adapter, tout en s’attaquant aux défis sociaux tels que la hausse du coût de la vie et des salaires qui ne progressent pas aussi vite, en promouvant la résilience sociale, en réduisant les inégalités et en protégeant les personnes les plus vulnérables; insiste sur le fait que le FSE+ devrait promouvoir les investissements et la croissance à long terme en mettant l’accent sur la cohésion sociale et territoriale, tout en appuyant la transformation structurelle à travers l’Union et en favorisant la convergence entre les États membres;

3.

insiste sur le fait que le FSE+ doit continuer à renforcer la convergence sociale ascendante, en particulier pour les personnes les plus démunies, et à investir dans le capital humain, dans l’emploi, dans le développement des compétences et dans l’inclusion sociale, tout en encourageant l’entrepreneuriat et l’innovation sociale, en investissant dans les enfants, en s’attaquant à la transition numérique et écologique et aux défis démographiques ainsi qu’en aidant les régions touchées par des crises, et notamment par la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine;

4.

insiste sur le fait que le FSE+ doit continuer à améliorer les possibilités d’emploi, à faciliter la mobilité équitable de la main-d’œuvre, à promouvoir la création d’emplois de qualité, à garantir des conditions de travail décentes et à améliorer le taux de participation à l’emploi, notamment des femmes, des personnes handicapées et des autres personnes en situation de vulnérabilité, afin de renforcer la résilience sociale et économique et de contribuer ainsi à l’adaptation aux mutations industrielles, notamment grâce à la formation, à la reconversion et au perfectionnement;

5.

souligne que le FSE+ doit être fondé sur une stratégie d’investissement social et une approche tout au long de la vie en soutenant des mesures susceptibles d’offrir aux personnes des solutions à moyen et à long terme;

6.

insiste sur le fait que les objectifs du FSE+ devraient être de parvenir à l’inclusion sociale, à des niveaux d’emploi élevés assortis d’emplois durables de qualité, à des salaires adéquats, à des conditions de travail décentes, dont le bien-être des travailleurs, à des environnements de travail sains, à des régimes de sécurité sociale équitables dans les États membres ainsi qu’à des possibilités d’éducation et de formation professionnelles et d’apprentissage tout au long de la vie pour tous, en tenant compte des besoins spécifiques des personnes en situation de vulnérabilité, afin de constituer une main-d’œuvre qualifiée, compétitive et résiliente, prête à faire face à la double transition et au monde du travail de demain, et de bâtir des protections sociales équitables et des sociétés inclusives et cohésives, dans le but d’éradiquer la pauvreté, de lutter contre les inégalités et de mettre en œuvre les principes et les grands objectifs énoncés dans le socle européen des droits sociaux;

7.

appelle de ses vœux un FSE+ solide, renforcé et indépendant, doté d’un soutien public bien plus important en faveur des instruments dans les États membres, afin d’aider les personnes en situation de vulnérabilité et les personnes qui en ont le plus besoin dans nos sociétés, d’investir dans les gens et les compétences, d’aider les personnes à sortir de la pauvreté et de l’exclusion sociale et de stimuler l’investissement social et l’entrepreneuriat social; souligne par conséquent que pour atteindre les objectifs du FSE+ après 2027, il faudra augmenter considérablement et de manière justifiée le budget du FSE+ dans l’enveloppe financière du FSE+ 2028-2034;

8.

invite la Commission à fournir un financement accru, spécifique et correctement affecté pour atteindre les objectifs du FSE+ et ceux du socle européen des droits sociaux, de son plan d’action et de ses grands objectifs; se dit dès lors préoccupé par les tentatives de scinder le FSE+ actuel ou de le fusionner avec d’autres fonds car cela pourrait gravement compromettre la mise en œuvre non seulement de ses objectifs, mais aussi de ceux du socle européen des droits sociaux, de son plan d’action et de ses grands objectifs; met en garde contre le fait que le regroupement, la rationalisation, la centralisation ou la fusion des fonds ne permet pas forcément d’en améliorer l’efficacité; souligne à cet égard que tout remodelage éventuel du Fonds doit préserver l’efficacité et le but du FSE+ en favorisant les objectifs de promotion de l’emploi, d’inclusion sociale, d’éducation, de formation et de développement des compétences, et que sa gestion doit avoir lieu au plus près des bénéficiaires;

9.

estime que le FSE+ devrait continuer de s’inscrire dans le modèle de gouvernance de la gestion partagée et qu’il convient donc d’éviter qu’une gouvernance différente du FSE+ ait pour conséquence de ne plus donner la priorité aux aspects sociaux, et notamment aux projets en matière d’emploi, d’éducation, de compétences, de formation et d’inclusion sociale, de ne plus se concentrer sur l’essentiel et d’empêcher le financement d’atteindre le niveau local, les personnes en situation de vulnérabilité et ceux qui en ont le plus besoin tout en augmentant le risque de réaffectation des fonds à d’autres fins;

10.

appelle la Commission et les États membres à garantir la participation, l’information et la consultation des partenaires sociaux, des organisations de la société civile (OSC), dont les services sociaux à but non lucratif, les entreprises sociales et les prestataires d’enseignement et de formation, ainsi que des représentants des groupes cibles lors des étapes de conception, de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation du FSE+, à allouer un financement adéquat à cette fin et à éviter l’exclusion des petits acteurs; demande à la Commission de respecter le principe de partenariat au niveau de l’Union car il est essentiel à la réussite du FSE+ et il doit être maintenu dans le prochain cadre financier pluriannuel (CFP); demande que les OSC participent au comité du FSE+ étant donné qu’elles sont les principaux partenaires de la mise en œuvre du Fonds;

11.

souligne que le modèle de gouvernance du FSE+ doit permettre, tout en assurant un niveau élevé de transparence, de tenir pleinement compte des spécificités et des défis nationaux, régionaux et locaux dans les programmes opérationnels, notamment en prenant dûment en considération l’expertise des parties prenantes nationales et régionales, y compris la société civile, et en garantissant que le financement aille aux organisations et aux activités ciblant les personnes dans le besoin;

12.

souligne que la disponibilité de services publics de qualité, comme l’éducation et l’accueil de la petite enfance, l’enseignement et la santé, l'accès universel à ces services ainsi que l’accès à un logement adéquat, abordable et décent et à des services essentiels tels qu’une énergie abordable, l’assainissement, l’eau et une alimentation saine, sont des conditions nécessaires pour assurer l’égalité des chances, renforcer les niveaux d’emploi, améliorer les conditions de vie et de travail et lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale; souligne le rôle que le FSE+ peut jouer à cet égard; attire plus particulièrement l’attention sur la situation des personnes âgées qui, en raison de la hausse du coût de la vie et de l’érosion du pouvoir d’achat de leurs retraites, vivent dans une grande pauvreté ou risquent d’y sombrer, ce qui entraîne souvent une privation des besoins fondamentaux tels que l’alimentation, le logement et l’accès aux structures de soins, compromettant ainsi leur dignité sociale;

13.

fait observer que le programme actuel du FSE+ a été adopté avant l’apparition des crises qui ont entraîné une inflation élevée et une hausse du coût de la vie, et qui, de ce fait, nécessitent des investissements publics et sociaux plus importants, si bien que le FSE+ actuel n’est pas en mesure de répondre aux besoins actuels; demande par conséquent à la Commission de veiller à ce qu’un budget global, stable et à grande échelle fondé sur les besoins et les droits, qui tienne compte de l’inflation, de la hausse du coût de la vie, des indicateurs de pauvreté et d'un accès garanti à un logement abordable, soit garanti pour le FSE+ dans le prochain CFP;

14.

souligne que le FSE+ après 2027 devrait investir dans la résolution des défis sociaux persistants et ne pas s’éloigner des objectifs généraux et spécifiques énoncés dans le FSE+ actuel tout en étant en mesure de réagir et de s’adapter à l’évolution des réalités socio-économiques; insiste sur l’importance des principes du Fonds que sont la gestion partagée, les objectifs clairs et les concentrations thématiques, et sur la nécessité d’en dépenser l’essentiel au plus près des personnes qui y recourent, en étroite collaboration avec les autorités et organisations locales et régionales; souligne la nécessité de partager les bonnes pratiques pour garantir la mise en œuvre la plus efficace et la plus transparente du FSE+; souligne qu’il faut évaluer en permanence l’impact et l’efficacité des initiatives du FSE;

15.

souligne que le FSE+ après 2027 devrait avant tout répondre aux défis sociaux et économiques structurels; se dit préoccupé par le fait que le FSE+ a été systématiquement utilisé comme un outil d’intervention d’urgence et souligne que ce mode d’action fait peser un risque sur les objectifs stratégiques et d’investissement à plus long terme de la politique de cohésion et risque également de ne pas suffisamment venir en aide aux personnes auxquelles la politique de cohésion est destinée;

16.

demande par conséquent à la Commission de protéger l’enveloppe budgétaire du FSE+ afin qu’il soit en mesure de poursuivre ses grands objectifs et d’aider ses principaux bénéficiaires, et de proposer, en complément du FSE+ et des autres fonds de cohésion, un instrument de réserve financière permettant à l’Union de réagir rapidement et de manière flexible aux urgences sociales et aux situations de crise, soit en s’inspirant de la réussite de l’instrument européen de soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence (SURE) lancé en 2020, soit sous la forme d’un régime européen de réassurance chômage, soit en se fondant sur le Fonds de solidarité de l’Union européenne, afin qu’il puisse être mobilisé pour réparer les dommages causés par des catastrophes naturelles ou des urgences de santé publique; demande donc à la Commission de s’assurer que son financement soit suffisant compte tenu des risques accrus que le changement climatique fait peser dans ces domaines;

Objectifs, priorités et budget

17.

souligne que les principes horizontaux, tels que l’égalité entre les hommes et les femmes, la lutte contre les discriminations fondées sur le sexe, le genre, l’orientation sexuelle, l’âge, la religion ou les convictions, la nationalité ou l’origine raciale ou ethnique (21), et la liberté de circulation, devraient faire partie intégrante du FSE+; souligne l’importance d’une approche intersectionnelle tout au long de l’élaboration, de la mise en œuvre, du suivi et de l’évaluation du Fonds;

18.

souligne l’importance que revêt l’inclusion sociale des personnes handicapées et insiste par conséquent pour que le FSE+ soutienne l’emploi des personnes handicapées au moyen de stages de travail et de postes de formation, notamment en facilitant le passage des ateliers protégés au marché du travail ouvert;

19.

souligne que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour que les personnes handicapées puissent accéder à un soutien de qualité et jouir de leurs droits, tels que définis par la CNUDPH; souligne que le prochain FSE+ devrait continuer à privilégier l’existence autonome et le passage de soins institutionnels à des soins de proximité et faciliter les programmes d’aide à domicile et d’aide individuelle; demande que le FSE+ soutienne la stratégie européenne relative aux droits des personnes handicapées 2021-2030 et qu’il facilite notamment la mise en œuvre des prochaines orientations de l’Union sur la vie autonome et l’inclusion dans la communauté, du prochain cadre pour des services sociaux d’excellence destinés aux personnes handicapées et du train de mesures visant à améliorer les perspectives des personnes handicapées sur le marché du travail;

20.

insiste sur le fait que le FSE+ devrait cibler les personnes défavorisées de nos sociétés, en particulier les personnes et les communautés marginalisées telles que les enfants en situation de vulnérabilité et les personnes âgées, les minorités ethniques, les Roms, les personnes handicapées ou souffrant de maladies chroniques, les sans-abri, les groupes à faible revenu, les chômeurs de longue durée ainsi que les personnes vivant dans les zones rurales, les îles ou les régions éloignées, qui sont confrontées à des difficultés socio-économiques uniques; souligne que le FSE+ ne doit exclure personne et accorder une attention particulière à tous les types de familles, aux personnes et aux familles des zones dépeuplées où l'accès aux services et aux possibilités est susceptible d’être plus limité, ainsi qu'aux enfants privés de soins parentaux; souligne en outre que le FSE+ devrait encourager l’adoption de mesures visant à empêcher la séparation des familles en situation précaire, et notamment des programmes d’éducation parentale, des thérapies axées sur la famille et des formations à l’emploi;

21.

souligne que le FSE+ devrait investir dans des projets visant l’emploi des femmes et l’inclusion sociale et économique des femmes, en accordant une attention particulière aux mères isolées et aux ménages dirigés par des femmes; insiste pour que le FSE+ soutienne les femmes qui sont en situation de vulnérabilité et qui ont besoin d’un soutien supplémentaire pour intégrer ou réintégrer la société et le marché de l’emploi, y compris les femmes qui sont victimes de violences sexistes, et notamment de violences économiques; appelle à une perspective transversale de genre (22) dans le cadre du FSE+;

22.

appelle la Commission, compte tenu des défis actuels, à inclure dans les objectifs spécifiques du FSE+ la promotion d’une transition juste, la fin du sans-abrisme, la promotion des entreprises sociales dans l'économie sociale et l’intégration socio-économique des personnes en situation de vulnérabilité, y compris les migrants, les jeunes, les personnes âgées et les personnes qui vivent dans des zones touchées par le déclin démographique et les personnes handicapées ou souffrant de maladies chroniques, ainsi que les personnes qui reviennent sur le marché du travail après une absence prolongée;

23.

souligne qu’il devient difficile d’atteindre les objectifs du socle européen des droits sociaux en matière de pauvreté, à moins d’accorder un soutien spécifique à l’élaboration de solutions à moyen et à long terme pour sortir les personnes de la pauvreté et s’attaquer aux causes structurelles des inégalités afin de les rendre plus résilientes aux défis à venir, de remédier aux lacunes actuelles des systèmes nationaux de protection sociale et de renforcer ainsi les systèmes de protection sociale, et d’atténuer les conséquences sociales des crises d’une manière ciblée; insiste sur la nécessité d’un soutien ciblé afin d’assurer des conditions de vie décentes qui ne laissent personne de côté et l’accès à des services publics essentiels de qualité; demande que la stratégie de l’Union en matière de lutte contre la pauvreté, exposée dans les orientations politiques de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen pour la législature 2024-2029, ne se cantonne pas aux propositions politiques et améliore, dans le prochain CFP, le financement consacré à la justice sociale dans l’ensemble des fonds et facilite la mise en œuvre du FSE+ sur le terrain; souligne le rôle du FSE+ dans la mise en œuvre de la stratégie;

24.

souligne que la lutte contre la pauvreté des enfants nécessite des mesures globales et intégrées, dotées d’un financement suffisant, ainsi que la mise en œuvre efficace de la garantie européenne pour l’enfance au niveau national, insiste sur la nécessité pour les États membres, conformément au principe de subsidiarité, de régler cette question d’urgence au moyen de ressources budgétaires solides et se dit prêt à améliorer la coordination et l’échange de bonnes pratiques au niveau de l’Union tout en continuant d’apporter un soutien complémentaire par l’intermédiaire du FSE+; insiste, en outre, pour que tous les États membres allouent au moins 5 % de leurs ressources au titre du FSE+ pour lutter contre la pauvreté des enfants et pour que les États membres dont le taux d’enfants exposés au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale est supérieur à la moyenne de l’Union allouent un montant plus élevé pour s’attaquer plus efficacement au problème; insiste sur l’utilisation transparente et efficace du budget de la garantie européenne pour l’enfance au plus près des groupes cibles et en coopération avec l’ensemble des acteurs et des organisations locales;

25.

invite instamment la Commission, conformément aux deux objectifs généraux du Fonds et en vue de refléter leur importance équivalente, en réponse à l’augmentation du coût de la vie et des denrées alimentaires, à porter au-delà des 25 % actuels la dotation en faveur de l’insertion sociale et à 5 % la dotation en faveur de l’aide alimentaire et de l’assistance matérielle de base aux personnes les plus démunies;

26.

salue l’annonce, par la présidente de la Commission, d’un plan européen en faveur de logements abordables et du lancement d’une plateforme d’investissement paneuropéenne sur le logement durable et abordable; partage l’ambition de donner la priorité à la lutte contre la crise du logement, conformément au principe de subsidiarité, et souligne que le FSE+ après 2027 devrait renforcer l’égalité d’accès en temps utile à des services abordables, décents, accessibles, inclusifs, durables et de qualité favorisant l’accès au logement et comportant des mesures telles que des programmes de logement social et de location abordable; estime que tous les États membres doivent investir un montant suffisant de leurs ressources au titre du FSE+ dans la lutte contre le sans-abrisme et demande à la Commission de proposer une enveloppe significative à cette fin;

27.

souligne la nécessité de garantir un financement suffisant du FSE+ après 2027 afin d’assurer une éducation et une formation publiques, accessibles et de qualité pour tous, ainsi que le droit social des travailleurs de participer au développement des compétences, au perfectionnement, à la reconversion et à l’apprentissage tout au long de la vie, et de remédier aux pénuries de compétences et à la fuite des cerveaux, en veillant à ce que chacun et chacune puisse s’adapter aux évolutions du marché du travail sans subir aucune forme de discrimination, en particulier les travailleurs touchés par la transition numérique et écologique, et en promouvant des initiatives spécifiques pour les travailleurs âgés afin de tirer le meilleur parti des talents et de l’expérience des seniors; demande, dans ce contexte, une collaboration étroite entre les principaux acteurs, notamment les établissements d’enseignement, les employeurs, les travailleurs, les gouvernements et les autorités locales;

28.

souligne la capacité du FSE+ à stimuler l’innovation et les compétences numériques tout en aidant les travailleurs touchés par la transition numérique et écologique en adaptant les programmes d’éducation et de formation de manière ciblée aux besoins en constante évolution des secteurs clés ainsi qu’en garantissant l’accès à des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie, qui permettent aux travailleurs de tous âges d’adapter en permanence leurs compétences pour répondre aux nouveaux besoins en matière d’emploi d’une économie en mutation rapide; souligne qu’il faut davantage de subventions et de développement de programmes qui aident les travailleurs au cours de la transition numérique et écologique, dont des programmes de requalification et de reconversion des travailleurs;

29.

insiste sur l’importance de concevoir les mesures visant à améliorer l’accès au marché du travail et à promouvoir l’acquisition de compétences de manière à valoriser et à renforcer l’autonomie des personnes, à anticiper les futurs besoins en matière de compétences et à cibler les travailleurs qui risquent de perdre leur emploi à l’avenir; rappelle, dans ce contexte, l’existence de nombreuses initiatives de renforcement des compétences entreprises au niveau de l’Union, qui peuvent offrir des orientations précieuses pour l’élaboration de programmes d’éducation et de formation au niveau national et régional;

30.

appelle à renforcer les efforts visant à soutenir la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse; demande instamment à la Commission de proposer une dotation supérieure aux 12,5 % actuels de leurs ressources au titre du FSE+ afin que tous les États membres soutiennent des actions ciblées et des réformes structurelles qui ont pour objectif de promouvoir l’emploi de qualité pour les jeunes, l’éducation et la formation professionnelles, notamment les stages et les apprentissages, et le passage de l’école à l’emploi, les parcours de réintégration dans l’enseignement ou la formation et l’éducation de la deuxième chance; appelle une nouvelle fois les États membres, dans ce contexte, à interdire les pratiques d’exploitation, et notamment les stages non rémunérés; souligne la nécessité de mettre en place des mécanismes de suivi et d’évaluation pour en garantir l’incidence et l’efficacité à long terme;

31.

insiste sur l’importance, pour le FSE+, de se concentrer sur différents groupes ayant des besoins différents; souligne par conséquent l’importance d’accorder notamment un soutien à des projets d’intégration sociale des personnes handicapées, des Roms, de la population vieillissante dans la société, des femmes et des enfants ainsi que des ménages et des familles nombreuses et dirigées par des femmes, mais aussi à l’intégration socio-économique des migrants, y compris des travailleurs migrants, en accordant une attention particulière aux migrantes; souligne en outre que le FSE+ devrait soutenir les projets ayant des objectifs sociaux et éducatifs et l’amélioration des compétences dans les régions connaissant un dépeuplement important; insiste sur la nécessité, pour le FSE+ après 2027, d’intégrer d’autres aspects de l’inclusion sociale, tels que le logement, la santé et la situation familiale, ainsi que le soutien aux services publics et de proximité; précise qu’il n’existe pas de solution unique et que les moyens permettant de répondre à ces besoins peuvent varier d’une région à l’autre;

32.

souligne que le volet «Emploi et innovation sociale» du FSE+ soutient les initiatives qui s’attaquent à la situation précaire des travailleurs mobiles et garantit le financement de conseils liés aux syndicats, en insistant sur l’importance des représentants des travailleurs dans les négociations collectives; invite la Commission et les États membres à prévoir le financement stable d’un réseau européen de services de conseil syndical nationaux et transnationaux pour ces travailleurs afin d’améliorer la mobilité équitable de la main-d’œuvre;

33.

rappelle que le FSE+ devrait également viser à mettre en place un environnement de travail sain et bien adapté afin de répondre aux risques pour la santé liés à l’évolution des formes de travail et aux besoins d’une main-d’œuvre vieillissante; fait observer que la pandémie de COVID-19 a accéléré l’émergence de nouvelles réalités et de nouvelles formes de travail engendrées par la numérisation, y compris l’intelligence artificielle (IA), lesquelles ont eu une incidence sur la sécurité et la santé des travailleurs sur le lieu de travail; appelle de ses vœux, dans ce contexte, un soutien et un financement suffisant afin de garantir une action efficace en faveur de la protection des travailleurs contre les substances dangereuses et nocives;

34.

demande que le FSE+ stimule la mise en œuvre effective de la stratégie européenne en matière de soins dans tous les États membres en investissant dans des services et des infrastructures de soins de proximité et de soins à domicile de qualité, dans les soins de longue durée et l’aide aux personnes handicapées et aux personnes âgées ayant besoin d’une aide, et dans des dispositifs d’éducation et d’accueil de la petite enfance de qualité grâce à des systèmes publics de soins de proximité, centrés sur l’enfant et la personne, de qualité, abordables et accessibles qui favorisent l’autonomie des personnes ayant besoin de soins ainsi que leur dignité et celle des aidants; demande de nouveaux investissements en faveur des aidants, formels et informels, tout en garantissant des conditions de travail décentes aux travailleurs du secteur des soins, y compris des salaires adéquats, au moyen d’un pacte pour les soins; invite les États membres à tirer pleinement parti des fonds du FSE+ pour élargir et achever le processus de désinstitutionalisation, de façon à ce que chaque personne puisse vivre dans un environnement familial ou communautaire;

35.

rappelle que des dépenses publiques sont nécessaires pour garantir une convergence sociale ascendante; souligne que la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux et les réformes préconisées par les recommandations par pays qui s’y rapportent dans le cadre du Semestre européen dépendent également du soutien résolu du FSE+ à certaines mesures stratégiques, en particulier celles liées au renforcement des systèmes de protection sociale, à la garantie d’une éducation et d’une formation publiques, inclusives, accessibles et de qualité, à des systèmes de soins et à des services de santé, y compris pour la santé mentale, à la réduction de la pauvreté des enfants et à l’éradication du sans-abrisme, ainsi que celles relatives à l’égalité de traitement et des chances entre les femmes et les hommes, qui doivent être garanties et renforcées dans tous les domaines, dont la participation au marché du travail, les conditions d’emploi et la promotion professionnelle;

36.

rappelle que les politiques de l’Union sont susceptibles d’atteindre leur plein potentiel lorsqu’elles sont coordonnées avec des instruments de financement et d’autres cadres stratégiques tels que le Semestre européen et ses recommandations spécifiques par pays; observe que l’efficacité des interventions financées par le FSE+ dépend de la réussite des réformes mises en œuvre;

37.

souligne que le dialogue social et les conventions collectives sont essentiels au bien-être sur le lieu de travail et à la réduction de la pauvreté des travailleurs, de l’exclusion sociale et des inégalités salariales; demande à la Commission d’allouer des ressources financières cohérentes, adéquates et suffisantes au renforcement des capacités, de façon à donner aux partenaires sociaux les moyens de jouer un rôle pertinent dans leurs domaines de compétence, à accroître leur capacité à prendre part au dialogue social tant au niveau de l’Union qu’au niveau national et à renforcer les actions des partenaires sociaux au moyen d'une obligation minimale appropriée dans tous les États membres, ainsi que d’inclure une assistance technique à ces trois fins; insiste en outre sur la nécessité de garantir aux OSC et aux organisations à but non lucratif un accès minimum au financement, sur un pied d’égalité, afin de poursuivre les objectifs du FSE+ dans les États membres et d’y contribuer; souligne par ailleurs la nécessité de développer la capacité institutionnelle par l’intermédiaire d’une administration solide et professionnelle ainsi que de favoriser l’innovation dans le domaine de la gestion du secteur public;

38.

souligne l’importance de coopératives détenues par les travailleurs, d’entreprises sociales et d’autres modèles alternatifs d’entreprises pour atteindre les objectifs de l’Union en matière d’inclusion; souligne qu’il est de la plus haute importance que les petites entreprises sociales, les services sociaux à but non lucratif et les OSC aient accès au FSE+ dans tous ses aspects; demande un taux de cofinancement d’au moins 90 % pour les mesures qui ciblent les personnes les plus démunies et d’au moins 70 % pour toutes les autres actions mises en œuvre par de petites entités aux capacités limitées, comme les OSC, les services sociaux à but non lucratif et les entreprises sociales, afin qu’elles aient accès au financement tout en préservant un nombre minimum de taux de cofinancement différents;

Fonctionnement du Fonds

39.

appelle les États membres à assurer la coordination entre les autorités et organisations régionales et locales et leur participation aux projets financés par les budgets nationaux et insiste sur la nécessité de préserver la logique de partenariat qui caractérise l’actuel FSE+, celle-ci étant essentielle pour améliorer la qualité des programmes financés au titre du FSE+; rappelle qu’il faut adopter des règles pour que le Fonds soit géré en collaboration avec des acteurs locaux qui sont les mieux placés pour répondre aux besoins de la population et qui sont susceptibles de définir des solutions locales convenant au mieux à leurs territoires spécifiques; souligne qu’il faut associer les acteurs régionaux et locaux à la mise en œuvre du Fonds;

40.

insiste sur le fait que les règles régissant le recours au FSE+ et la mise en œuvre de celui-ci doivent garantir et renforcer le respect de l’état de droit, de l’acquis de l’Union, des normes sociales, des droits sociaux et des principes démocratiques de l’Union les plus élevés, et être alignées sur le socle européen des droits sociaux, les objectifs de développement durable des Nations unies, les droits fondamentaux et les droits des travailleurs, qui figurent également dans la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne;

41.

demande que les règles régissant le FSE+ n’autorisent l’octroi de fonds publics qu’aux employeurs qui respectent les droits des travailleurs et les règles applicables aux conditions de travail; encourage la Commission à constituer une base de données complète, en complément des données d’Eurostat, afin de permettre un suivi fiable et en temps utile de l’évolution de l’emploi, des conditions de vie et des relations industrielles;

42.

constate avec inquiétude que la bonne mise en œuvre du FSE+ est souvent entravée par les gouvernements nationaux, qui imposent des formalités administratives inutiles ou empêchent les acteurs locaux de se charger de la gestion de l’aide venant du Fonds ou des possibilités de financement; demande la réduction de la charge administrative et de la bureaucratie, notamment en simplifiant les procédures de demande d’accès aux fonds et les procédures de déclaration applicables aux organisations, en particulier les organisations de la société civile et de l’économie sociale, ainsi que celles de petite taille; souligne que les bénéficiaires, et notamment les prestataires de services sociaux à but non lucratif, devraient être consultés pour l’élaboration des mesures de simplification; demande instamment que la simplification respecte les principes fondamentaux de la gestion partagée, de la transparence, de l’obligation de rendre des comptes et du contrôle indépendant, ainsi que les principes de partenariat, afin d’assurer la bonne administration des fonds publics;

43.

reconnaît qu’une focalisation excessive sur des indicateurs tels que le taux d’erreur risque d’augmenter la charge administrative; souligne que des indicateurs différents, tels que la mesure des entrées, des sorties, des performances ou des mesures qualitatives, pourraient être adaptés à des objectifs et à des interventions de natures diverses;

44.

demande à la Commission d’être cohérente dans son soutien et sa communication à l’égard des États membres afin de les aider à établir des projets individuels de manière efficace et transparente, assortis de conditions transparentes et prévisibles, qui apportent clarté juridique et prévisibilité aux demandeurs, ainsi qu’aux bénéficiaires finaux du financement;

45.

demande à la Commission d’assurer une évaluation plus approfondie de l’efficacité des interventions individuelles sans imposer de nouvelles charges importantes aux prestataires, par exemple en simplifiant l’échange d’informations entre les États membres et la Commission et en créant des bureaux d’évaluation au niveau de l’Union et au niveau national;

46.

réaffirme que la numérisation constitue l’un des outils essentiels pour réduire la charge administrative et pour simplifier les demandes de financement et qu’à ce titre, il faudrait l’encourager et renforcer les compétences numériques des personnes; met toutefois en garde contre le fait que toutes les personnes ne sont pas préparées à la numérisation et que certains groupes de personnes, en particulier les plus vulnérables, comme les personnes âgées et celles qui vivent dans des zones dépeuplées où l’accès aux services et aux opportunités peut être plus limité, et les projets qui s’adressent à elles, ainsi que les OSC, les services sociaux à but non lucratif et les entreprises sociales, pourraient ainsi passer à côté de possibilités de financement;

47.

constate qu’il convient de redoubler d’efforts pour permettre aux organisations et aux citoyens de connaître toutes les possibilités que le FSE+ peut offrir; insiste pour que la Commission et les États membres sensibilisent, informent et conseillent les organisations sur les possibilités offertes par le FSE+ en mettant en place des campagnes d’information; constate qu’il subsiste toujours un déficit important de connaissances et de compétences nécessaires, en particulier pour les services sociaux, pour pouvoir accéder au FSE+ actuel et gérer des projets financés par l’Union; estime en particulier que le futur règlement relatif au FSE+ devrait prévoir un budget d’assistance technique pour la création d’un réseau de guichets d’assistance nationaux ou de points d’information à bas seuil proposant des services tels que des bureaux d’orientation professionnelle sans rendez-vous, coordonnés à l’échelle paneuropéenne, afin d’offrir de manière efficace formations, conseils et soutien aux organisations opérant sur le terrain;

48.

invite la Commission et les États membres à renforcer les synergies à tous les niveaux entre les projets soutenus par le FSE+ et les projets soutenus par d’autres fonds de l’Union;

°

° °

49.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au Comité économique et social européen et au Comité européen des régions.

(1) JO L 231 du 30.6.2021, p. 21, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/1057/oj.

(2) JO L, 2024/3236, 23.12.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/3236/oj.

(3) JO L 23 du 27.1.2010, p. 35, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2010/48(1)/oj.

(4) JO C 93 du 19.3.2021, p. 1.

(5) JO C, C/2024/4224, 24.7.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4224/oj.

(6) JO C, C/2024/4212, 24.7.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4212/oj.

(7) JO C 177 du 17.5.2023, p. 13.

(8) JO C 506 du 15.12.2021, p. 94.

(9) JO C 465 du 17.11.2021, p. 62.

(10) JO C 456 du 10.11.2021, p. 145.

(11) JO C 456 du 10.11.2021, p. 208.

(12) JO C 425 du 20.10.2021, p. 2.

(13) JO C 395 du 29.9.2021, p. 101.

(14) JO C 47 du 7.2.2023, p. 30.

(15) JO C 362 du 8.9.2021, p. 8.

(16) https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Disability_statistics_-_poverty_and_income_inequalities&action=statexp-seat&lang=fr.

(17) https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Gender_pay_gap_statistics&action=statexp-seat&lang=fr.

(18) https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Living_conditions_in_Europe_-_poverty_and_social_exclusion&action=statexp-seat&lang=fr.

(19) https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-eurostat-news/-/edn-20210601-2?etrans=fr.

(20) https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-eurostat-news/w/ddn-20240719-1?etrans=fr.

(21) Article 10 du traité FUE.

(22) Communication de la Commission du 5 mars 2020 intitulée «Une Union de l’égalité: stratégie en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes 2020-2025», (COM(2020)0152).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/3146/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)