Initiative législative52025IP0032

P10_TA(2025)0032 — Semestre européen pour la coordination des politiques économiques: priorités sociales et en matière d’emploi pour 2025 — Résolution du Parlement européen du 12 mars 2025 sur le Semestre européen pour la coordination des politiques économiques: priorités sociales et en matière d’emploi pour 2025 (2024/2084(INI))

CELEX52025IP0032
TypeInitiative législative
Datemercredi 12 mars 2025

Résumé IA

Cette résolution du Parlement européen définit les priorités sociales et d'emploi pour le cycle 2025 du Semestre européen, en insistant sur la nécessité de renforcer la dimension sociale de l'Union. Elle appelle à une meilleure coordination des politiques économiques nationales pour promouvoir des emplois de qualité, lutter contre les inégalités et garantir une protection sociale adéquate, dans le prolongement du socle européen des droits sociaux. Pour un professionnel du droit français, ce texte oriente l'interprétation des recommandations par pays et pourrait influencer les futures réformes nationales en matière de droit du travail et de sécurité sociale.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2025/3149

20.6.2025

P10_TA(2025)0032

Semestre européen pour la coordination des politiques économiques: priorités sociales et en matière d’emploi pour 2025

Résolution du Parlement européen du 12 mars 2025 sur le Semestre européen pour la coordination des politiques économiques: priorités sociales et en matière d’emploi pour 2025 (2024/2084(INI))

(C/2025/3149)

Le Parlement européen,

vu l’article 3 du traité sur l’Union européenne (traité UE),

vu les articles 9, 121, 148 et 149 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE),

vu le socle européen des droits sociaux (SEDS) proclamé et signé par le Conseil, le Parlement et la Commission le 17 novembre 2017,

vu la communication de la Commission du 4 mars 2021 intitulée «Plan d’action sur le socle européen des droits sociaux» (COM(2021)0102) et les grands objectifs proposés pour 2030 en matière d’emploi, de compétences et de réduction de la pauvreté,

vu la communication de la Commission du 17 décembre 2024 intitulée «Semestre européen 2025 – Paquet d’automne» (COM(2024)0700),

vu la communication de la Commission du 26 novembre 2024 intitulée «Semestre européen 2025: donner vie au nouveau cadre de gouvernance économique» (COM(2024)0705),

vu la proposition de rapport conjoint sur l’emploi de la Commission et du Conseil, présentée le 17 décembre 2024 par la Commission (COM(2024)0701),

vu la recommandation de la Commission du 17 décembre 2024 pour une recommandation du Conseil concernant la politique économique de la zone euro (COM(2024)0704),

vu le rapport de la Commission du 17 décembre 2024 intitulé «Rapport 2025 sur le mécanisme d’alerte» (COM(2024)0702),

vu le document de travail des services de la Commission du 26 novembre 2024 intitulé «Fiscal statistical tables providing relevant background data for the assessment of the 2025 draft budgetary plans» (Tableaux statistiques budgétaires fournissant des données contextuelles utiles pour l’évaluation des projets de plans budgétaires pour 2025) (SWD(2024)0950),

vu le projet de document de travail des services de la Commission du 17 décembre 2024 sur les modifications apportées au tableau de bord de la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques dans le contexte du processus d’examen périodique (SWD(2024)0702),

vu sa résolution du 22 octobre 2024 concernant la position du Conseil sur le projet de budget rectificatif no 4/2024 de l’Union européenne pour l’exercice 2024: mise à jour des recettes (ressources propres) et ajustements relatifs à certains organismes décentralisés (1),

vu le rapport de Mario Draghi du 9 septembre 2024 intitulé «The future of European competitiveness» (L’avenir de la compétitivité européenne),

vu le rapport d’Enrico Letta d’avril 2024 sur l’avenir du marché unique (2),

vu la déclaration de La Hulpe sur l’avenir du socle européen des droits sociaux, signée par le Parlement, la Commission, le Comité économique et social européen et le Conseil le 16 avril 2024,

vu le règlement (UE) 2023/955 du Parlement européen et du Conseil du 10 mai 2023 établissant un Fonds social pour le climat et modifiant le règlement (UE) 2021/1060 (3),

vu le règlement (UE) 2024/1263 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2024 relatif à la coordination efficace des politiques économiques et à la surveillance budgétaire multilatérale et abrogeant le règlement (CE) no 1466/97 du Conseil, et notamment ses articles 3, 4, 13 et 27 (4),

vu la communication de la Commission du 17 janvier 2023 intitulée «Mettre à profit les talents dans les régions européennes» (COM(2023)0032),

vu la communication de la Commission du 20 mars 2024 intitulée «Pénuries de main-d’œuvre et de compétences dans l’UE: plan d’action», (COM(2024)0131),

vu la stratégie européenne en matière de compétences de 2020,

vu la communication de la Commission du 7 septembre 2022 sur la stratégie européenne en matière de soins (COM(2022)0440),

vu la recommandation du Conseil sur l’accès à des soins de longue durée abordables et de qualité (5),

vu le tableau de bord social de l’Union européenne et ses indicateurs principaux et secondaires,

vu la communication de la Commission du 3 mars 2021 intitulée «Union de l’égalité: stratégie en faveur des droits des personnes handicapées 2021-2030» (COM(2021)0101),

vu le rapport de la Commission du 19 septembre 2024 intitulé «Employment and Social Developments in Europe (ESDE)» upward social convergence in the EU and the role of social investment» (Évolution de l’emploi et de la situation sociale en Europe: convergence sociale ascendante dans l’UE et rôle de l’investissement social),

vu la décision du Conseil relative aux lignes directrices pour l’emploi, adoptée par le Conseil «Emploi, politique sociale, santé et consommateurs» le 2 décembre 2024, qui établit des priorités en matière d’emploi et de politique sociale alignées sur les principes du socle européen des droits sociaux,

vu la déclaration tripartite pour un dialogue social européen fructueux et vu le pacte à venir sur le dialogue social,

vu la directive (UE) 2022/2041 du Parlement européen et du Conseil du 19 octobre 2022 relative à des salaires minimaux adéquats dans l’Union européenne (6) (directive sur les salaires minimaux adéquats),

vu la charte sociale européenne, visée dans le préambule du socle européen des droits sociaux,

vu le cadre stratégique de l’Union pour l’égalité, l’inclusion et la participation des Roms pour la période 2020-2030,

vu les objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies,

vu la stratégie en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes 2020-2025,

vu le plan d’action de l’UE contre le racisme 2020-2025,

vu la stratégie en faveur de l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ pour la période 2020-2025,

vu l’article 55 de son règlement intérieur,

vu le rapport de la commission de l’emploi et des affaires sociales (A10-0023/2025),

A.

considérant que des progrès ont été accomplis dans la réalisation des objectifs de l’Union en matière d’emploi, à savoir qu’au moins 78 % des personnes âgées de 20 à 64 ans devraient avoir un emploi d’ici 2030, malgré l’incertitude suscitée par la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine et l’incidence d’une inflation élevée; que, selon les prévisions économiques de l’automne 2025 de la Commission, le taux d’emploi dans l’Union européenne a atteint 75,3 %; que la croissance de l’emploi dans l’Union est restée soutenue en 2023; que dans les deux tiers des États membres, la croissance de l’emploi en 2023 était en bonne voie pour atteindre l’objectif national de 2030; que de graves problèmes persistent néanmoins, tels que des taux de chômage élevés dans certains États membres, en particulier chez les jeunes et les personnes handicapées, ainsi que de fortes inégalités entre les secteurs et les régions, qui peuvent compromettre la cohésion sociale et le bien-être des citoyens européens à long terme;

B.

considérant que le Semestre européen regroupe différents instruments dans un cadre intégré de coordination et de surveillance multilatérales des politiques économiques, sociales et de l’emploi au sein de l’Union et qu’il doit devenir un outil essentiel pour favoriser une convergence sociale ascendante; que le cadre de convergence sociale constitue un outil essentiel pour évaluer les problèmes sociaux et la convergence ascendante dans le cadre du Semestre européen et pour suivre les disparités sociales entre les États membres, tout en apportant une réponse aux questions soulevées dans le rapport conjoint sur l’emploi (RCE);

C.

considérant que l’Union s’est fixé, pour 2030, l’objectif de réduire d’au moins 15 millions le nombre de personnes menacées de pauvreté et d’exclusion sociale par rapport à 2019, dont au moins 5 millions d’enfants; que dans près de la moitié des États membres, la tendance évolue dans le sens inverse; qu’un enfant sur quatre dans l’Union est toujours menacé de pauvreté et d’exclusion sociale; que la tendance actuelle ne permettra pas d’atteindre l’objectif de 2030; que les dépenses publiques allouées aux enfants et aux jeunes ne devraient pas être considérées uniquement comme des dépenses sociales mais comme un investissement dans l’avenir; que la seule manière de promouvoir une croissance économique forte, durable et solidaire est de permettre à la prochaine génération de déployer tout son potentiel éducatif afin de se préparer à un marché du travail en pleine évolution; que pour atteindre les objectifs de Barcelone de 2030 en matière d’éducation et d’accueil de la petite enfance, l’Union devra investir 11 milliards d’euros supplémentaires par an (7);

D.

considérant que malgré une réduction minime du nombre de personnes menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale dans l’Union en 2023, environ une personne sur cinq reste exposée à ce risque, avec des disparités notables pour les enfants, les jeunes et les personnes âgées, les personnes handicapées, les LGTBI, les personnes nées en dehors de l’Union et les communautés roms;

E.

considérant que de fortes disparités sont observées parmi les enfants issus de l’immigration ou de minorités ethniques et les enfants handicapés; que 83 % des enfants roms vivent dans des ménages exposés au risque de pauvreté; que les ressources européennes et nationales actuellement déployées ne sont en aucun cas suffisantes pour résoudre le problème de la pauvreté des enfants dans l’Union et que, par conséquent, un instrument de financement spécial affecté à la garantie européenne pour l’enfance ainsi que des synergies avec d’autres fonds européens et nationaux sont de la plus haute importance;

F.

considérant que le SEDS doit être le fil conducteur des politiques sociales et économiques de l’Union; que la Commission devrait suivre les progrès de sa mise en place à l’aide du tableau de bord social et du cadre de convergence sociale;

G.

considérant que les emplois de mauvaise qualité sont disproportionnellement répandus chez les travailleurs indépendants, alors que le taux de travailleurs indépendants est en baisse, y compris chez les jeunes;

H.

considérant que dans l’Union, 1,4 million de personnes vivent encore en institution; qu’elles sont isolées de la société au sens large et qu’elles ne maîtrisent pas suffisamment le cours de leur vie ni des décisions qui les concernent; que, bien que l’Union européenne se soit engagée depuis longtemps dans le processus de désinstitutionnalisation, des mesures sont encore nécessaires, tant au niveau européen qu’au niveau national, pour permettre aux groupes vulnérables de vivre de manière indépendante dans un environnement social;

I.

considérant que les enjeux démographiques, notamment le vieillissement de la population, la baisse de la natalité et l’exode rural, en particulier des jeunes vers les zones urbaines, pèsent lourdement sur la vitalité économique et l’attractivité des territoires de l’Union, sur les marchés du travail et, par conséquent, sur la pérennité des systèmes de protection sociale, et aggravent les disparités régionales au sein de l’Union, ce qui pose un problème d’ordre structurel à l’économie de l’Union; que, comme le souligne le rapport Draghi, la croissance durable et la compétitivité en Europe dépendent dans une large mesure de l’adaptation des systèmes d’éducation et de formation à l’évolution des besoins en compétences, de la priorité accordée à l’éducation et à la formation des adultes ainsi qu’à l’éducation et à la formation professionnelles, de l’intégration de la population active sur le marché du travail et d’un système de protection sociale solide;

J.

considérant que 70 % des travailleurs en Europe occupent des emplois de bonne qualité, tandis que 30 % occupent des emplois soumis à de fortes contraintes où les exigences sont plus nombreuses que les ressources disponibles pour les équilibrer, ce qui se traduit par une qualité d’emploi globalement médiocre; que dans de nombreuses professions souffrant de pénuries chroniques de main-d’œuvre, la proportion d’emplois de piètre qualité est supérieure à 30 %;

K.

considérant que le rapport Letta fait état d’une baisse du taux de natalité, et souligne l’importance de créer un cadre d’aide à l’intention de toutes les familles dans le contexte d’une stratégie de croissance solidaire conforme au SEDS; que, selon le rapport, la libre circulation des personnes reste la moins développée des quatre libertés et qu’il convient de réduire les obstacles à la mobilité professionnelle au sein de l’Union tout en répondant aux enjeux sociaux, économiques et politiques auxquels sont confrontés les États membres d’origine et leurs régions les plus défavorisées, ainsi qu’en garantissant le droit de séjour; qu’il convient de promouvoir des politiques favorables à la famille et à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, en garantissant des systèmes de soins accessibles et professionnels ainsi qu’un enseignement public de qualité, des congés à des fins familiales et des modalités de travail flexibles, conformément à la stratégie européenne en matière de soins;

L.

considérant que l’inflation a alourdi le fardeau économique qui pèse sur les ménages, avec une incidence particulièrement négative sur les personnes en situation de vulnérabilité, tels que les parents isolés, les familles nombreuses, les personnes âgées ou les personnes handicapées; que le coût du logement et la précarité énergétique restent des problèmes majeurs; que le logement devient inabordable pour les ménages dont les dépenses de logement représentent 40 % du revenu disponible total; que les investissements dans les services sociaux, l’offre de logements, y compris les logements sociaux, et les politiques qui rendent les logements plus accessibles et plus abordables jouent un rôle clé dans la réduction de la pauvreté des ménages vulnérables;

M.

considérant que dans l’Union, les micro, petites et moyennes entreprises sont confrontées à des enjeux particuliers, comme rester compétitives face aux acteurs des pays tiers, maintenir les niveaux de production malgré la hausse des coûts de l’énergie et trouver les compétences nécessaires pour les transitions écologique et numérique; qu’elles ont besoin d’un soutien financier et technique pour se conformer aux exigences réglementaires et tirer parti des possibilités offertes par la double transition;

N.

considérant que les pénuries de main-d’œuvre et de compétences restent un problème omniprésent, relevé par des entreprises de toutes tailles et de tous secteurs; que ces pénuries sont exacerbées par le manque de candidats aux postes importants dans des secteurs clés tels que l’éducation, la santé, les transports, les sciences, la technologie, l’ingénierie et la construction, en particulier dans les zones touchées par la dépopulation; que ces pénuries peuvent résulter de plusieurs facteurs, comme des conditions de travail difficiles, des salaires peu attractifs, la demande de nouvelles compétences et le manque de formations adaptées, l’absence de services publics, les obstacles à l’accès à l’enseignement moyen et supérieur et le défaut de reconnaissance des compétences et des qualifications;

O.

considérant que l’Union s’est fixé pour objectif que d’ici 2030, au moins 60 % des adultes participent chaque année à une formation; que les États membres se sont engagés à atteindre des objectifs nationaux pour réaliser cet objectif global et que la majorité d’entre eux ont pris du retard dans la réalisation de ces objectifs nationaux; que de nouvelles initiatives sont nécessaires pour garantir la mise en place de politiques de formation de qualité qui favorisent l’apprentissage tout au long de la vie et facilitent l’accès à ces politiques; que les programmes de perfectionnement, de reconversion et de formation doivent être proposés à tous les travailleurs, y compris aux travailleurs handicapés, et qu’il convient de les adapter aux besoins et aux capacités des travailleurs;

P.

considérant qu’en 2022, le score moyen du programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) dans l’ensemble de l’OCDE pour évaluer l’acquisition des compétences de base (lecture, mathématiques et sciences) des jeunes de 15 ans a chuté de 10 points par rapport à la dernière vague d’évaluations de 2018; que les sous-performances sont fréquentes parmi les apprenants défavorisés, ce qui témoigne d’un creusement des inégalités en matière d’éducation; que cette détérioration préoccupante appelle des réformes et des investissements;

Q.

considérant que la capacité de l’Union à faire face, à l’avenir, aux bouleversements et aux crises, simples ou multiples, tout en menant les transitions démographique, numérique et écologique, dépendra largement des conditions dans lesquelles les travailleurs essentiels pourront s’acquitter de leurs tâches; que pour remédier aux pénuries et retenir tous les types d’employés qualifiés, il faut des conditions de travail décentes, l’accès à des systèmes de protection sociale et des possibilités de développement des compétences adaptées aux besoins; qu’il est essentiel de remédier aux pénuries de compétences pour réaliser les transitions numérique et écologique, ainsi que pour garantir une croissance solidaire et durable et stimuler la compétitivité de l’Union;

R.

considérant qu’il est essentiel de promouvoir la mobilité au sein de l’Union et d’envisager d’attirer des travailleurs qualifiés en provenance de pays tiers, tout en veillant au respect et à l’application des droits du travail et des droits sociaux et d’orienter les ressortissants de pays tiers entrant dans l’Union par des voies d’immigration légales vers des professions en situation de pénurie, en s’appuyant sur une politique d’intégration efficace, pleinement complémentaire d’une mobilisation de talents au sein de l’Union;

S.

considérant que les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes restent considérables dans la plupart des États membres de l’Union et que les responsabilités familiales constituent un facteur important qui continue à contraindre les femmes à travailler à temps partiel ou à les exclure du marché du travail, ce qui a pour effet d’accroître l’écart entre les hommes et les femmes en matière d’emploi;

T.

considérant que le RCE met l’accent sur le droit à la déconnexion, en particulier dans le contexte du télétravail, en reconnaissant le rôle essentiel de ce droit pour assurer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée dans un contexte de numérisation croissante et de travail à distance;

U.

considérant que les difficultés rencontrées par plusieurs secteurs comme la construction automobile et les industries grandes consommatrices d’énergie sont devenues évidentes en 2024, et que plusieurs entreprises ont annoncé des restructurations à grande échelle;

V.

considérant que les disparités dans la portée des services sociaux, y compris les soins de longue durée, la protection de l’enfance, le soutien à la violence domestique et l’aide aux sans-abri, doivent être corrigées dans le cadre du Semestre européen,

W.

considérant qu’il n’existe actuellement aucune collecte régulière de données à l’échelle de l’Union sur l’investissement dans les services sociaux et sur leur portée; que la collecte de ces données est essentielle pour une étude factuelle des politiques sociales nationales dans le cadre de l’analyse du Semestre européen; que cette question devrait être traitée selon des critères et des normes de collecte de données convenus d’un commun accord pour l’analyse des investissements dans les services sociaux et de la portée de ces derniers dans les États membres; que l’indice des services sociaux du Réseau social européen est un exemple de la contribution que cette collecte de données peut apporter à l’analyse du Semestre européen;

X.

considérant que la crise du renouvellement des générations, les changements démographiques et l’insuffisance des investissements dans les services publics ont accru le risque de pauvreté et d’exclusion sociale, qui touche particulièrement les enfants et les personnes âgées, les familles monoparentales et nombreuses, les travailleurs pauvres, les personnes handicapées et les personnes issues de milieux marginalisés; qu’une stratégie européenne ambitieuse de lutte contre la pauvreté sera essentielle pour inverser cette tendance et apporter des réponses au phénomène multidimensionnel de la pauvreté;

Y.

considérant que les recherches d’Eurofound montrent que les taux de suicide augmentent progressivement depuis 2021, après avoir diminué pendant des décennies; qu’il reste encore beaucoup à faire pour s’attaquer aux causes des problèmes de santé mentale dans l’environnement de travail et dans le cadre de vie (notamment l’inclusion sociale), et que les personnes souffrant de problèmes de santé mentale ont toujours du mal à trouver de l’aide;

Z.

considérant que plus de 3 300 accidents mortels et près de 3 millions d’accidents non mortels ont encore eu lieu dans l’EU-27 en 2021; que plus de 200 000 travailleurs meurent chaque année de maladies en lien avec le travail; que, ces données ne tenant pas compte de tous les accidents survenant dans le cadre du travail informel, il est raisonnable de penser que les chiffres réels sont vraisemblablement nettement plus élevés que les chiffres officiels; qu’en 2017, selon les données d’Eurofound, 20 % des emplois en Europe étaient de qualité médiocre et qu’ils exposaient la santé physique ou mentale des travailleurs à un risque accru; que 14 % des travailleurs ont été exposés à un niveau élevé de risques psychosociaux; que 23 % des travailleurs européens estiment que leur sécurité ou leur santé est menacée du fait de leur travail;

AA.

considérant que les résultats de l’enquête Eurobaromètre d’avril 2024 sur l’Europe sociale souligne que 88 % des citoyens européens estiment que l’Europe sociale est importante pour eux à titre personnel; que ce résultat a été confirmé par l’enquête postélectorale de l’Union de 2024, dans laquelle les citoyens européens ont cité la hausse des prix et du coût de la vie (42 %) et la situation économique (41 %) parmi les principaux sujets qui les ont incités à voter lors des élections européennes de 2024;

AB.

considérant que, selon l’article 3 du traité UE, le progrès social dans l’Union est l’un des objectifs d’une économie sociale de marché hautement compétitive, au même titre que le plein emploi, un niveau élevé de protection et l’amélioration de la qualité de l’environnement; que l’article 3 du traité UE dispose également que l’Union lutte contre l’exclusion sociale et les discriminations et promeut la justice et la protection sociales, l’égalité entre les femmes et les hommes, la solidarité entre les générations et la protection des droits de l’enfant;

AC.

considérant que le nouveau cadre de gouvernance économique de l’Union est entré en vigueur en avril 2024 et qu’il vise à promouvoir une croissance durable et solidaire ainsi qu’à donner plus d’importance à l’investissement social et à la réalisation des objectifs du SEDS; que, pour la première fois, la révision inclut un cadre de convergence sociale en tant que partie intégrante du Semestre européen;

AD.

considérant que, dans le nouveau cadre de gouvernance économique de l’Union, tous les États membres doivent inclure dans leurs plans à moyen terme des réformes et des investissements répondant aux priorités communes de l’Union et aux difficultés identifiées dans les recommandations par pays dans le contexte du Semestre européen; que les priorités communes de l’Union comprennent la résilience sociale et économique, y compris le SEDS;

AE.

considérant que les investissements publics devraient augmenter en 2025 dans presque tous les États membres, sous l’effet notamment de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) de NextGenerationEU et des fonds de l’Union, et contribuer aux dépenses sociales, à hauteur d’environ 25 % des dépenses totales estimées au titre de la FRR, ce qui garantira la croissance et la résilience économique (8); que les investissements sociaux et les réformes dans des domaines clés peuvent stimuler l’emploi, l’insertion sociale, la compétitivité et la croissance économique (9); que les partenaires sociaux sont essentiels pour concevoir et mettre en œuvre des politiques qui favorisent une croissance durable et solidaire, un travail décent et de qualité, ainsi que des transitions équitables, et qu’ils doivent être associés à tous les niveaux de gouvernance conformément au traité FUE;

AF.

considérant que, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les professions les plus exposées à l’automatisation représentent en moyenne environ 28 % de l’emploi dans les pays de l’OCDE (10); que le dialogue social et la négociation collective sont essentiels dans ce contexte pour garantir une vision participative de la gestion du changement induit par les évolutions technologiques, en répondant aux éventuelles inquiétudes, tout en favorisant l’adaptation des travailleurs (y compris par l’apport de compétences); que la numérisation, la robotisation, l’automatisation et l’intelligence artificielle (IA) doivent bénéficier aux travailleurs et à la société en améliorant les conditions de travail et la qualité de vie, en assurant un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée, en créant de meilleures perspectives d’emploi et en contribuant à la convergence socioéconomique; que les travailleurs et leurs syndicats joueront un rôle essentiel pour anticiper et maîtriser les risques découlant de ces difficultés;

AG.

considérant que le dialogue social et la négociation collective sont essentiels pour la compétitivité, la productivité du travail et la cohésion sociale de l’Union;

1.

estime que la Commission et le Conseil devraient redoubler d’efforts pour mettre en œuvre le SEDS, conformément au plan d’action de mars 2021 et à la déclaration de La Hulpe, afin que les grands objectifs de 2030 soient atteints; invite la Commission à veiller à ce que le RCE 2026 analyse la mise en œuvre de tous les principes du SEDS conformément au règlement (UE) 2024/1263 et comporte une analyse de la dimension sociale des plans structurels budgétaires nationaux à moyen terme liés à la résilience sociale, y compris le SEDS; se félicite à cet égard de l’annonce d’un nouveau plan d’action sur la mise en œuvre du SEDS (11) pour 2025 afin de donner un nouvel élan au progrès social; se félicite que presque tous les États membres prévoient d’augmenter les investissements publics en 2025, ce qui est nécessaire pour garantir l’accès à des services publics de qualité et atteindre les objectifs du SEDS; rappelle que les États membres peuvent mobiliser la FRR, dans le cadre défini par le règlement (UE) 2021/241 (12), jusqu’au 31 décembre 2026, en faveur des politiques de croissance durable et solidaire et de la prochaine génération;

2.

souligne l’importance que revêtent le tableau de bord social et le cadre de convergence sociale pour recenser les risques et suivre les progrès dans la réduction des inégalités, le renforcement des systèmes de protection sociale ainsi que la défense de conditions de travail décentes et de mesures de soutien aux travailleurs pour gérer les transitions; souligne qu’à cet égard, il est nécessaire de garantir une Europe durable, juste et solidaire, où les droits sociaux sont pleinement protégés et garantis au même titre que les libertés économiques; rappelle que pour les citoyens de l’Union, l’Europe sociale est l’une de leurs priorités;

3.

déplore le manque de données et d’analyses sur l’inégalité et la concentration des richesses dans l’Union, car il s’agit de l’un des principaux facteurs déterminants de la pauvreté; souligne que, selon les comptes de distribution de la richesse, ensemble de données mis au point par le Système européen de banques centrales, la part de la richesse détenue par les 10 % les plus riches s’élevait à 56 % au quatrième trimestre de 2023, tandis que la moitié la plus pauvre n’en détenait que 5 %;

4.

se félicite que le RCE 2025 comprenne une analyse de la contribution positive des ODD et des stratégies européennes en matière d’égalité et invite la Commission à veiller à ce que le RCE 2026 contienne à la fois une section analysant les progrès accomplis dans la réalisation des ODD liés à l’emploi et à la politique sociale, et une autre sur les progrès accomplis dans l’élimination des discriminations sociales et professionnelles, conformément à la stratégie pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2020-2025, au plan d’action de l’Union contre le racisme 2020-2025, au cadre stratégique de l’Union pour l’égalité, l’inclusion et la participation des Roms 2020-2030, à la stratégie pour l’égalité des personnes LGBTIQ 2020-2025 et à la stratégie pour les droits des personnes handicapées 2021-2030;

5.

invite les États membres à appliquer les lignes directrices pour l’emploi dans leur version actualisée, en mettant l’accent sur l’éducation et la formation pour tous, les nouvelles technologies telles que l’IA, et les récentes initiatives politiques en matière de travail via des plateformes, de logements abordables et décents et de lutte contre les pénuries de main-d’œuvre et de compétences, en vue de renforcer le processus décisionnel démocratique;

6.

réaffirme qu’il importe d’investir pour développer les compétences de la main-d’œuvre et la formation professionnelle et de garantir des emplois de qualité, en mettant l’accent sur le droit individuel à la formation et à l’apprentissage tout au long de la vie; invite instamment les États membres à élaborer des mesures de perfectionnement professionnel et de reconversion en collaboration avec les acteurs locaux, y compris les organismes d’éducation et de formation et les partenaires sociaux, afin de renforcer le lien entre les systèmes d’éducation et de formation, d’une part, et le marché du travail, d’autre part, et d’anticiper les besoins de ce dernier; se félicite que les perspectives d’emploi des jeunes diplômés de l’enseignement et de la formation professionnels (EFP) continuent de s’améliorer dans l’ensemble de l’Union; s’inquiète de la baisse des performances scolaires des jeunes, notamment dans les compétences de base; se félicite à cet égard de l’annonce d’un plan d’action sur les compétences de base et d’un plan stratégique pour l’éducation dans les STIM; invite les États membres à investir dans des programmes visant à doter les apprenants des compétences de base, numériques et transversales nécessaires pour le monde du travail et sa numérisation, ainsi que pour les aider à contribuer utilement à la société; rappelle le rôle important que le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation peut jouer pour aider les travailleurs licenciés à la suite d’une restructuration majeure et leur permettre de se reconvertir professionnellement;

7.

salue l’annonce d’une feuille de route pour des emplois de qualité afin de garantir une transition juste pour tous; invite la Commission à inclure dans cette feuille de route des considérations relatives aux mesures liées à l’utilisation de l’IA et de la gestion algorithmique dans le monde du travail, afin que les nouvelles technologies servent à améliorer les conditions de travail et la productivité, tout en respectant les droits des travailleurs et l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, comme le préconise le RCE (13);

8.

souligne que la réponse aux pénuries de main-d’œuvre dans l’Union passe également par une mobilité accrue et facilitée de la main-d’œuvre au sein de l’Union; invite les États membres à renforcer et à faciliter la reconnaissance des compétences et des qualifications dans l’Union, y compris pour les ressortissants de pays tiers; invite la Commission à analyser l’efficacité de la plateforme relative à un réseau européen des services de l’emploi (EURES) en vue de réviser éventuellement son fonctionnement;

9.

relève que le nombre de jeunes qui quittent prématurément le système éducatif et de formation, de personnes ayant un faible niveau d’instruction, de jeunes ne travaillant pas et ne suivant ni études ni formation (NEET) et, parmi eux, ceux appartenant à des groupes vulnérables, tels que les Roms, les femmes, les personnes âgées, les personnes peu ou moyennement qualifiées, les personnes handicapées et les personnes issues de l’immigration ou de minorités, reste élevé dans plusieurs États membres, malgré une tendance à la baisse dans l’Union; invite les États membres à renforcer la garantie pour la jeunesse, comme indiqué dans le principe 4 du SEDS, afin d’accompagner les jeunes en difficulté tout au long de leur développement personnel et professionnel; réaffirme le rôle essentiel que joue l’EFP dans l’acquisition des connaissances, des aptitudes et des compétences nécessaires aux jeunes qui entrent sur le marché du travail; souligne la nécessité d’investir dans la qualité et l’attractivité de l’EFP par l’intermédiaire du Fonds social européen plus (FSE+); rappelle, par conséquent, la nécessité de remédier à cette situation et de trouver des solutions pour que les jeunes continuent à étudier, à se former ou à travailler, ainsi que l’importance de leur garantir l’accès à des stages et à des formations en apprentissage, afin de leur permettre d’acquérir une première expérience professionnelle et de faciliter leur transition de l’éducation à l’emploi, et de créer des conditions de travail qui permettent à une main-d’œuvre dont l’âge augmente de rester sur le marché du travail;

10.

estime que, malgré des améliorations, les personnes handicapées, en particulier les femmes, se heurtent encore à des obstacles importants sur le marché du travail et qu’il est donc nécessaire de mettre en place des formations professionnelles et numériques, tout en favorisant l’intégration des personnes handicapées, en ciblant la main-d’œuvre inactive et les catégories peu présentes sur le marché du travail, notamment les femmes, les jeunes, les travailleurs âgés et les personnes atteintes de maladies chroniques; invite la Commission à actualiser la stratégie de l’Union européenne en faveur des personnes handicapées en y intégrant de nouvelles initiatives et actions phares à partir de 2025, telles qu’une garantie européenne pour l’emploi et les compétences des personnes handicapées et le partage des meilleures pratiques, comme la carte d’invalidité, en particulier pour favoriser l’insertion sociale et l’autonomie des personnes handicapées, en garantissant également qu’elles puissent accéder à une éducation, une formation et un emploi de qualité grâce à des conseils sur le droit à conserver les allocations d’invalidité;

11.

se déclare préoccupé par le fait que les Roms continuent à se heurter à des obstacles importants en matière d’emploi en raison de préjugés tenaces qui limitent leurs perspectives; note que le cadre stratégique de l’Union européenne pour l’égalité, l’inclusion et la participation des Roms met en évidence l’absence de progrès en matière d’accès à l’emploi ainsi que la proportion croissante de jeunes Roms qui n’ont pas d’emploi, ne suivent pas d’études ou de formation; souligne l’objectif du cadre de réduire de moitié l’écart en matière d’emploi entre les Roms et la population générale et de veiller à ce qu’au moins 60 % des Roms occupent un emploi rémunéré d’ici à 2030; invite instamment les États membres à opter pour une stratégie concertée et axée sur l’égalité, et à veiller à ce que les politiques et les services publics s’adressent effectivement à tous les Roms, y compris ceux qui vivent dans des zones rurales reculées;

12.

souligne la nécessité de prêter attention aux aspects sociaux et environnementaux de la compétitivité, en insistant sur la nécessité d’investir dans l’éducation et la formation pour tous afin de garantir un accès universel à des programmes publics d’éducation et de formation professionnelle de grande qualité, ainsi que des pratiques durables pour favoriser une croissance solidaire; souligne que les partenaires sociaux devraient jouer un rôle clé pour recenser les besoins en compétences dans l’Union et y répondre;

13.

invite la Commission et les États membres à inclure des recommandations spécifiques sur l’accessibilité financière du logement dans le Semestre européen et à promouvoir les investissements dans le logement; invite instamment les États membres à veiller à ce que les investissements dans le logement soutiennent des solutions de logement de qualité à long terme qui soient réellement abordables pour les ménages à faibles et moyens revenus, tout en soulignant que les investissements dans des logements sociaux et abordables sont primordiaux pour garantir et améliorer la qualité de vie de tous; souligne qu’il faut mieux utiliser les financements de l’Union, par exemple en ayant recours aux instruments financiers de la Banque européenne d’investissement, en particulier pour soutenir les investissements en vue d’accroître l’efficacité énergétique des bâtiments; invite la Commission et les États membres à prendre des mesures décisives afin de procéder à une évaluation des politiques, des fonds et des goulets d’étranglement de l’Union qui devrait faciliter la construction, la conversion et la rénovation de logements accessibles, abordables et efficaces sur le plan énergétique, y compris des logements sociaux, qui répondent aux besoins des jeunes, des personnes à mobilité réduite, des groupes à revenus faibles et moyens, des familles à risque et des personnes dans des situations plus vulnérables, tout en protégeant les propriétaires et les personnes qui souhaitent accéder à la propriété d’une autre réduction de l’offre;

14.

se félicite de l’annonce d’un plan européen pour des logements abordables visant à aider les États membres à faire face à la crise du logement et à la flambée des prix des loyers; demande à la Commission d’évaluer et de rendre publics les obstacles éventuels concernant les règles relatives aux aides d’État qui touchent l’accessibilité des logements; rappelle que le Fonds social pour le climat vise à fournir une aide financière aux États membres à partir de 2026 pour soutenir les ménages vulnérables, en particulier avec des mesures et des investissements destinés à accroître l’efficacité énergétique des bâtiments, la décarbonation du chauffage et de la climatisation des bâtiments et l’intégration dans les bâtiments de la production et du stockage d’énergie renouvelable;

15.

estime que le sans-abrisme est un problème social dramatique dans l’Union; demande une définition unique du sans-abrisme dans l’Union qui permettrait de comparer et d’évaluer systématiquement l’ampleur de ce problème dans les différents États membres de l’Union; invite la Commission à élaborer une stratégie et à prendre des mesures afin de mettre un terme au sans-abrisme dans l’Union d’ici à 2030 en promouvant l’accès à des logements abordables et décents ainsi qu’à des services sociaux de qualité; presse les États membres de mieux utiliser les instruments de l’Union disponibles à cet égard, notamment le FSE+ (14);

16.

invite les États membres à élaborer des stratégies nationales de lutte contre le sans-abrisme; se félicite de l’intention d’élaborer une recommandation du Conseil sur le sans-abrisme (15); demande instamment à la Commission d’augmenter encore les ambitions de la plateforme européenne sur la lutte contre le sans-abrisme;

17.

considère qu’une action urgente de l’Union est nécessaire pour lutter contre les niveaux élevés et constants de pauvreté et d’exclusion sociale dans l’Union, en particulier chez les enfants, les jeunes et les personnes âgées, les personnes handicapées, les personnes qui ne sont pas nées dans un pays de l’Union, les LGTBI et les communautés roms; souligne qu’il conviendrait d’accorder la priorité à l’accès à des services sociaux de qualité, et d’assurer la sécurité énergétique des ménages vulnérables; invite la Commission à adopter la toute première stratégie européenne de lutte contre la pauvreté;

18.

rappelle l’objectif de l’Union consistant à passer d’une prise en charge en institution à une prise en charge au sein de la communauté ou de la famille; invite la Commission à présenter un plan d’action sur la désinstitutionalisation; souligne que ce plan d’action devrait couvrir tous les groupes vivant encore dans des institutions, y compris les enfants, les personnes handicapées, les personnes présentant des problèmes de santé mentale, les personnes sans-abri et les personnes âgées; invite les États membres à utiliser pleinement les fonds du FSE+, ainsi que d’autres fonds européens et nationaux pertinents, afin de finaliser le processus de désinstitutionalisation et de garantir ainsi que chaque citoyen de l’Union pourra vivre dans un environnement familial ou communautaire;

19.

demande à la Commission d’élaborer un plan d’action européen pour la santé mentale, conformément à ses recommandations récentes (16); invite les États membres à renforcer l’accès de tous, en particulier des enfants, des jeunes et des personnes âgées, aux services de santé mentale et aux programmes de soutien moral; demande que les indicateurs du tableau de bord social soient mieux utilisés afin de lutter contre les effets des conditions de vie précaires et de l’incertitude sur la santé mentale;

20.

demande à la Commission de lutter contre la solitude en promouvant une stratégie globale de l’Union sur la solitude et l’accès aux soins de santé professionnels; demande également que cette stratégie de l’Union apporte une solution à l’incidence socio-économique de la solitude sur la productivité et le bien-être en luttant contre des problèmes tels que l’isolement en milieu rural; invite instamment les États membres à poursuivre la mise en œuvre de la recommandation du Conseil sur l’accès à des soins de longue durée abordables et de qualité, en vue de garantir l’accès à des soins de qualité tout en assurant des conditions de travail décentes aux travailleurs du secteur des soins, ainsi qu’aux aidants informels;

21.

reconnaît que 44 millions d’Européens sont fréquemment des aidants informels de longue durée, la majorité d’entre eux étant des femmes (17);

22.

reconnaît le rôle unique des aidants dans la société et le fait que, bien que la définition des aidants professionnels ne soit pas harmonisée dans l’Union, le secteur des soins de longue durée emploie 6,4 millions de personnes dans l’Union;

23.

est préoccupé par le fait qu’en 2023, 94,6 millions de personnes dans l’Union étaient toujours menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale; souligne que sans un changement de paradigme dans l’approche de la lutte contre la pauvreté, l’Union européenne et ses États membres n’atteindront pas leurs objectifs visant à la réduire; estime que l’annonce de la toute première stratégie européenne de lutte contre la pauvreté est un pas dans la bonne direction pour inverser la tendance, mais qu’elle doit prévoir une approche globale pour traiter les aspects multidimensionnels de la pauvreté et de l’exclusion sociale, avec des actions concrètes et une mise en œuvre et un suivi rigoureux; demande que cette stratégie englobe toutes les personnes en situation de pauvreté et d’exclusion sociale, en premier lieu les plus défavorisées, mais aussi des mesures spécifiques pour différents groupes tels que les travailleurs pauvres, les sans-abri, les personnes handicapées, les familles monoparentales et surtout les enfants, afin de briser de manière durable le cycle de la pauvreté; souligne que la transposition de la directive relative aux salaires minimaux sera essentielle pour prévenir et combattre les risques de pauvreté parmi les travailleurs tout en renforçant les incitations au travail, et se félicite que plusieurs États membres aient modifié ou prévoient de modifier leurs cadres relatifs aux salaires minimaux; est préoccupé par l’augmentation des formes d’emploi atypiques dans lesquelles les travailleurs risquent davantage d’être confrontés à la pauvreté au travail et de se trouver dépourvus de protections juridiques adéquates;

24.

demande une nouvelle fois à la Commission de suivre de près la mise en œuvre de la garantie pour l’enfance dans tous les États membres dans le cadre du Semestre européen et des recommandations par pays; demande à nouveau une augmentation du financement de la garantie européenne pour l’enfance afin de la doter d’un budget spécifique d’au moins 20 milliards d’EUR, et invite tous les États membres à consacrer à la lutte contre la pauvreté infantile et à la promotion du bien-être des enfants au moins 5 % des fonds du FSE+ qui leur sont alloués; estime que les recommandations par pays devraient prendre en considération le respect par les États membres du principe budgétaire concernant l’affectation minimale de fonds requise en faveur de la lutte contre la pauvreté infantile définie dans le règlement relatif au FSE+ (18); invite la Commission à prévoir un budget ambitieux pour la garantie pour l’enfance dans le prochain CFP afin de réagir au problème croissant de la pauvreté et de l’exclusion sociale des enfants;

25.

est préoccupé par les politiques nationales qui créent des écarts en matière de couverture santé en augmentant les inégalités au sein des États membres et entre eux; prévient que cela compromet également la mise en œuvre du principe 16 du socle européen des droits sociaux et de l’ODD 3.8 sur la couverture sanitaire universelle, ainsi que l’objectif général du socle européen des droits sociaux visant à promouvoir une convergence sociale ascendante dans l’Union en ne laissant personne de côté; estime que les indicateurs utilisés dans le tableau de bord social ne donnent pas une compréhension globale de l’accessibilité financière des soins de santé;

26.

souligne que les employeurs doivent favoriser les liens intergénérationnels dans les entreprises et l’apprentissage intergénérationnel entre les jeunes travailleurs et les travailleurs plus âgés, et vice versa; fait remarquer qu’une main-d’œuvre plus âgée peut aider une entreprise à concevoir de nouveaux produits et services pour s’adapter aux besoins d’une société vieillissante de manière plus créative et plus productive; demande, en outre, la mise en place de mesures d’incitation pour favoriser le bénévolat et le tutorat afin d’encourager la transmission de connaissances entre les générations;

27.

prévient que, selon les rapports de la Banque centrale européenne, les salaires réels sont toujours inférieurs à leur niveau d’avant la pandémie, alors que la productivité est restée approximativement identique; convient que cela crée une certaine marge pour une reprise non inflationniste des salaires réels et prévient que si les salaires réels n’augmentent pas, cela accentuerait le risque d’une faiblesse économique prolongée, qui pourrait avoir des effets traumatisants et réduirait encore la productivité dans la zone euro par rapport à d’autres parties du monde; estime qu’une meilleure application des salaires minimaux et l’élargissement des secteurs pratiquant la négociation collective peuvent avoir un effet bénéfique sur les niveaux d’inégalité salariale, en particulier en aidant les travailleurs plus vulnérables situés au bas de l’échelle des salaires, qui sont de plus en plus laissés pour compte;

28.

invite les États membres à garantir des conditions de travail décentes, comprenant notamment des salaires décents, l’accès à la protection sociale, des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie, la santé et la sécurité au travail, un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée et le droit à la déconnexion, un temps de travail raisonnable, la représentation des travailleurs, la démocratie sur le lieu de travail et les conventions collectives; presse les États membres de favoriser la démocratie au travail, le dialogue social et la négociation collective, de protéger les droits des travailleurs, en particulier dans le contexte des transitions écologique et numérique, de garantir l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes, d’améliorer la transparence des rémunérations et de lutter contre les inégalités fondées sur le genre afin de combler l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes dans l’Union;

29.

rappelle qu’il importe d’améliorer l’accès des travailleurs non salariés à la protection sociale et invite la Commission à suivre les plans nationaux adoptés par les États en vue de mettre en œuvre la recommandation du Conseil du 8 novembre 2019 relative à l’accès des travailleurs salariés et non salariés à la protection sociale (19) dans le cadre des recommandations par pays; rappelle à cet égard, alors que le taux de professionnels non salariés dans les secteurs de la culture et de la création est plus de deux fois supérieur à celui de la population générale, les 13 initiatives énoncées dans la réponse donnée le 21 février 2024 par la Commission à la résolution du Parlement européen du 21 novembre 2023 sur un cadre de l’Union pour la situation sociale et professionnelle des artistes et des travailleurs des secteurs de la culture et de la création (20), et demande à la Commission de commencer à les mettre en œuvre en coopération avec les États membres;

30.

demande que des politiques promouvant l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée et le droit à la déconnexion soient mises en œuvre dans le but d’améliorer la qualité de vie de toutes les familles et de tous les travailleurs, et ce afin de garantir l’application de la directive concernant l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée (21) et de la stratégie européenne en matière de soins; demande à la Commission de présenter une proposition relative au télétravail et au droit à la déconnexion, ainsi qu’une proposition en vue de la création d’une carte européenne pour tous les types de familles nombreuses et d’un plan d’action européen pour les parents isolés, qui offriraient des avantages éducatifs et sociaux; demande enfin que des initiatives soient prises pour lutter contre l’exclusion de la main-d’œuvre résultant de congés de maladie de longue durée, pour adapter le lieu de travail, pour promouvoir des conditions de travail flexibles et pour élaborer des stratégies visant à soutenir le retour des travailleurs après des absences de longue durée;

31.

demande que la priorité soit donnée aux problèmes démographiques dans la politique de cohésion de l’Union et que des actions concrètes soient entreprises au niveau de l’Union et au niveau national; demande à la Commission de proclamer une «Année européenne de la démographie» et d’accorder la priorité à l’élaboration de sa communication intitulée «Mettre à profit les talents dans les régions européennes» et du «mécanisme de valorisation des talents» afin de promouvoir la cohésion sociale et d’accroître le financement en faveur des zones et des régions rurales et ultrapériphériques où le taux de dépeuplement est élevé, en soutenant la création d’emplois de qualité, les services publics, les projets de développement locaux et les infrastructures de base favorables au «droit de rester» de la population, en particulier dans le cas des jeunes; souligne qu’il importe d’introduire des mesures spécifiques pour lutter contre les inégalités régionales en matière d’éducation et de formation, en garantissant l’égalité d’accès à une éducation de qualité et abordable pour tous;

32.

est préoccupé par le fait qu’en dépit d’améliorations, plusieurs groupes de population sont toujours considérablement sous-représentés sur le marché du travail de l’Union, notamment les femmes, les personnes âgées, les personnes peu ou moyennement qualifiées, les personnes handicapées et les personnes issues de l’immigration ou de minorités; prévient que les inégalités en matière d’éducation se sont creusées, ce qui a exacerbé les vulnérabilités des étudiants issus de groupes défavorisés et de l’immigration; souligne que, selon le rapport conjoint sur l’emploi, les personnes issues de l’immigration ou de minorités peuvent largement bénéficier de mesures ciblées afin de remédier à l’inadéquation des compétences, d’améliorer leurs connaissances linguistiques et de lutter contre la discrimination; souligne qu’il importe de renforcer les mesures de mise en œuvre du plan d’action en faveur de l’intégration et de l’inclusion pour la période 2021–2027, qui prévoit un cadre stratégique commun visant à aider les États membres à élaborer des politiques nationales d’intégration des migrants;

33.

demande à la Commission et au Conseil d’accorder la priorité à la réduction des charges administratives dans un but de simplification tout en respectant les normes sociales et du travail; pense qu’un soutien renforcé en faveur des PME et des entrepreneurs actifs et potentiels augmentera la compétitivité et la viabilité à long terme de l’Union, stimulera l’innovation et créera des emplois de qualité; constate que les PME et les professionnels non salariés dans tous les secteurs sont essentiels à la croissance économique de l’Union et, partant, au financement des politique sociales; demande instamment la mise en œuvre de recommandations spécifiques pour améliorer le marché unique; prend acte de la publication par la Commission de la «boussole pour la compétitivité» le 29 janvier 2025 (22);

34.

invite la Commission à effectuer des contrôles de compétitivité sur chaque nouvelle proposition législative, en tenant compte de l’incidence globale de la législation de l’Union sur les entreprises, ainsi que sur les autres politiques et programmes de l’Union;

35.

considère que l’économie sociale est une composante essentielle de l’économie sociale de marché de l’Union et un moteur de la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux et de ses objectifs, en fournissant souvent des emplois aux groupes vulnérables et exclus; invite la Commission et les États membres à renforcer leur appui en faveur de toutes les entreprises de l’économie sociale, et plus particulièrement des entreprises à but non lucratif, ainsi que le soulignent le plan d’action pour l’économie sociale de 2021 et la feuille de route de Liège pour l’économie sociale, afin de promouvoir un travail de qualité, décent et inclusif ainsi que l’économie circulaire, d’encourager les États membres à faciliter l’accès aux financements et d’accroître la visibilité des acteurs de l’économie sociale; demande à la Commission d’envisager des mécanismes de financement innovants pour soutenir le développement de l’économie sociale en Europe (23) et favoriser un environnement entrepreneurial dynamique et inclusif;

36.

estime qu’en cette année de transition, où les règles de gouvernance économique révisées sont mises en œuvre, les États membres devraient combiner responsabilité budgétaire et croissance et emploi durables et inclusifs; note que les partenaires sociaux devraient participer davantage, notamment à l’élaboration de plans budgétaires et structurels à moyen terme, afin de contribuer aux objectifs du nouveau cadre de gouvernance économique;

37.

se félicite que, dans le nouveau cadre de gouvernance économique, les plans budgétaires et structurels nationaux à moyen terme doivent inclure les réformes et les investissements répondant aux principales difficultés identifiées dans le contexte du Semestre européen et garantir la soutenabilité de la dette tout en investissant stratégiquement dans les principes du socle européen des droits sociaux dans le but de favoriser la convergence sociale ascendante;

38.

est préoccupé par le fait que le respect des recommandations par pays reste faible; demande dès lors de nouveau aux États membres de mettre réellement en œuvre les recommandations par pays afin de promouvoir les soins de santé et des régimes de retraite durables, conformément aux principes 15 et 16 du socle européen des droits sociaux, ainsi que la prospérité à long terme pour tous les citoyens, en tenant compte de la vulnérabilité des travailleurs dont les carrières sont interrompues, intermittentes et soumises à des transitions professionnelles; insiste pour que la Commission renforce ses dialogues avec les États membres sur la mise en œuvre des recommandations existantes et des lignes directrices pour l’emploi, ainsi que sur les mesures stratégiques actuelles ou futures visant à régler les difficultés constatées;

39.

se félicite de la mise en place d’un cadre permettant d’identifier les risques pour la convergence sociale dans le cadre du Semestre européen, que le Parlement avait demandé avec force; rappelle que, dans ce cadre, la Commission évalue les risques pesant sur la convergence sociale ascendante dans les États membres et suit les progrès accomplis dans la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux sur la base du tableau de bord social et des principes du cadre de convergence sociale; se félicite que le rapport conjoint sur l’emploi de 2025 fournisse une analyse par pays fondée sur les principes du cadre de convergence sociale; invite la Commission à poursuivre le développement d’outils d’analyse quantitative et qualitative innovants au titre de ce nouveau cadre afin d’en faire une utilisation optimale dans les futurs cycles du Semestre européen;

40.

se félicite que la première analyse fondée sur les principes du cadre de convergence sociale indique une convergence ascendante sur le marché du travail en 2023 (24); note avec préoccupation que les résultats en matière d’emploi des groupes sous-représentés doivent encore s’améliorer et que des risques pesant sur la convergence ascendante persistent au niveau européen en ce qui concerne le développement des compétences – de l’éducation des jeunes enfants à l’apprentissage tout au long de la vie – et les retombées sociales des taux de risque de pauvreté et d’exclusion sociale; invite la Commission à approfondir l’examen de ces risques pour la convergence sociale ascendante dans la deuxième phase de l’analyse et à examiner avec les États membres concernés les mesures prises ou prévues pour faire face à ces risques;

41.

reconnaît la crise du coût de la vie, qui a alourdi la charge des ménages, et l’augmentation du coût du logement, qui, combinée à des coûts élevés de l’énergie, contribue à des niveaux élevés de précarité énergétique dans l’ensemble de l’Union; appelle dès lors la Commission et les États membres à s’attaquer aux causes profondes de cette crise en donnant la priorité aux politiques qui favorisent la résilience économique, la cohésion sociale et le développement durable;

42.

met en garde contre les risques sociaux découlant de la crise du secteur automobile, qui est confronté à une pression sans précédent due à des facteurs externes et internes; invite la Commission à prêter attention à ce secteur et à renforcer le dialogue social et la participation des travailleurs aux processus de transition; souligne qu’il est urgent que l’Union réponde à la crise actuelle de manière coordonnée par l’intermédiaire d’une force d’intervention pour les situations d’urgence composée de syndicats et d’employeurs;

43.

invite la Commission à suivre les données relatives aux restructurations et à leurs effets sur l’emploi, par exemple au moyen de l’outil de veille sur les restructurations d’entreprises, à faciliter les mesures de soutien aux restructurations et aux transitions sur le marché du travail, et à envisager de mettre en évidence les mesures nationales soutenant un mode de restructuration socialement responsable dans le cadre du Semestre européen;

44.

est préoccupé par la révision du tableau de bord de la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques (PDM) effectuée par la Commission, notamment par la réduction des indicateurs sociaux et en matière d’emploi, qui sont essentiels pour évaluer la situation sociale et la situation sur le marché du travail dans les États membres; regrette que le chômage des jeunes ne soit plus considéré comme un indicateur principal, malgré son importance pour identifier et relever les défis spécifiques sur le plan du marché du travail et adopter des politiques publiques adéquates; souligne qu’il conviendrait d’accorder une attention redoublée aux indicateurs relatifs aux normes sociales dans le processus décisionnel; regrette que la Commission n’ait pas dûment consulté le Parlement et lui rappelle son obligation de coopérer étroitement avec celui-ci, avec le Conseil et avec les partenaires sociaux préalablement à l’élaboration du tableau de bord de la PDM et de l’ensemble d’indicateurs macroéconomiques et macrofinanciers pour les États membres; souligne que la mise en œuvre des principes du socle européen des droits sociaux doit faire partie du tableau de bord de la PDM;

45.

considère que la cohésion territoriale et sociale est une composante essentielle de l’agenda en matière de compétitivité et que des actes législatifs tels que l’instrument européen de soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence (SURE) restent un exemple positif qui devrait inspirer les futures initiatives de l’Union;

46.

estime que la Commission et les États membres devraient veiller à ce que les politiques budgétaires menées dans le cadre du Semestre européen soutiennent les investissements alignés sur le socle européen des droits sociaux, en particulier dans des domaines tels que le logement décent et abordable, les soins de santé de qualité, l’éducation et les systèmes de protection sociale, car ces éléments sont essentiels pour assurer la cohésion sociale et la viabilité économique à long terme et pour régler les difficultés identifiées au moyen des indicateurs sociaux;

47.

souligne qu’il faut prendre en considération les problèmes essentiels identifiés dans le tableau de bord social comme «critiques» et «à surveiller», notamment les enfants menacés de pauvreté ou d’exclusion sociale, l’écart du taux d’emploi entre les femmes et les hommes, la surcharge du coût du logement, l’accueil de l’enfance, les soins de longue durée, l’écart entre le taux d’emploi des personnes handicapées et celui des autres personnes, l’incidence des transferts sociaux sur la réduction de la pauvreté, et les compétences numériques de base (25);

48.

souligne les effets négatifs de la crise du coût de la vie sur les personnes handicapées;

49.

invite instamment les États membres à envisager des politiques solides qui garantissent des salaires équitables et améliorent les conditions de travail, en particulier pour les travailleurs à faibles revenus et les travailleurs précaires;

50.

souligne la nécessité de disposer de données actualisées et harmonisées sur les politiques sociales afin d’améliorer l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes et les investissements sociaux ciblés; demande que des améliorations soient apportées au tableau de bord social afin de couvrir les 20 principes du socle européen des droits sociaux en y introduisant des indicateurs qui reflètent les tendances et les causes des inégalités, tels que l’emploi de qualité, la répartition des richesses, l’accès aux services publics, les retraites adéquates, le taux de sans-abrisme, la santé mentale et le chômage; rappelle que l’indicateur du taux de risque de pauvreté ou d’exclusion sociale (AROPE) ne révèle pas les causes d’inégalités complexes; invite la Commission et les États membres à élaborer un cadre européen de collecte de données sur les services sociaux afin de contrôler l’investissement dans les services sociaux et la couverture de ces derniers;

51.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.


(1) JO C, C/2025/491, 29.1.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/491/oj.

(2) Letta, E., Much more than a market – Speed, security, solidarity – Empowering the Single Market to deliver a sustainable future and prosperity for all EU Citizens (Bien plus qu’un marché – Rapidité, sécurité, solidarité – Donner au marché unique les moyens d’assurer un avenir durable et la prospérité de tous les citoyens de l’UE), avril 2024.

(3) JO L 130 du 16.5.2023, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2023/955/oj.

(4) JO L, 2024/1263, 30.4.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/1263/oj.

(5) JO C 476 du 15.12.2022, p. 1.

(6) JO L 275 du 25.10.2022, p. 33, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2022/2041/oj.

(7) Commission européenne, «Employment and Social Developments in Europe» («L’évolution de l’emploi et de la situation sociale en Europe»), septembre 2024.

(8) Semestre européen 2025: Proposition de rapport conjoint de la Commission et du Conseil sur l’emploi présentée le 17 décembre 2024 par la Commission (COM(2024)0701).

(9) Commission européenne, «Employment and Social Developments in Europe» («L’évolution de l’emploi et de la situation sociale en Europe»), septembre 2024.

(10) Documents de travail de l’OCDE sur les questions sociales, l’emploi et les migrations, no 282

(11) von der Leyen, U., «Le choix de l’Europe, orientations politiques pour la prochaine commission européenne, 2024-2029», 18 juillet 2024.

(12) Règlement (UE) 2021/241 du Parlement européen et du Conseil du 12 février 2021 établissant la facilité pour la reprise et la résilience (JO L 57 du 18.2.2021, p. 17, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/241/oj).

(13) Proposition de rapport conjoint sur l’emploi de la Commission et du Conseil présentée le 17 décembre 2024 par la Commission (COM(2024)0701).

(14) Avis du Comité économique et social européen du 13 décembre 2023 sur le thème «Vers un cadre européen pour les stratégies nationales relatives à la lutte contre le sans-abrisme fondées sur le principe du “logement avant tout” » (JO C, C/2024/1567, 5.3.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/1567/oj).

(15) Avis du Comité économique et social européen du 13 décembre 2023 sur le thème «Vers un cadre européen pour les stratégies nationales relatives à la lutte contre le sans-abrisme fondées sur le principe du “logement avant tout” ».

(16) Communication de la Commission du 7 juin 2023 sur une approche globale en matière de santé mentale (COM(2023)0298).

(17) Commission européenne: direction générale de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion, Long-term care report – Trends, challenges and opportunities in an ageing society. volume I, Office des publications, 2021, https://data.europa.eu/doi/10.2767/677726.

(18) Article 7, paragraphe 3, du règlement (UE) 2021/1057 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 instituant le Fonds social européen plus (FSE+) (JO L 231 du 30.6.2021, p. 21, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/1057/oj).

(19) JO C 387 du 15.11.2019, p. 1.

(20) Résolution du Parlement européen du 21 novembre 2023 contenant des recommandations à la Commission sur un cadre de l’Union pour la situation sociale et professionnelle des artistes et des travailleurs des secteurs de la culture et de la création (JO C, C/2024/4208, 24.7.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4208/oj).

(21) Directive (UE) 2019/1158 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 concernant l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et des aidants et abrogeant la directive 2010/18/UE du Conseil (JO L 188 du 12.7.2019, p. 79, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2019/1158/oj).

(22) Communication de la Commission du 29 janvier 2025 intitulée «Une boussole pour la compétitivité de l’UE» (COM(2025)0030).

(23) Résolution du 6 juillet 2022 sur le plan d’action de l’Union européenne pour l’économie sociale ( JO C 47 du 7.2.2023, p. 171).

(24) Proposition de rapport conjoint sur l’emploi de la Commission et du Conseil présentée le 17 décembre 2024 par la Commission (COM(2024)0701).

(25) Proposition de rapport conjoint sur l’emploi de la Commission et du Conseil présentée le 17 décembre 2024 par la Commission (COM(2024)0701).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/3149/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)