P10_TA(2025)0039 — Les aspects sociaux et liés à l’emploi des processus de restructuration: nécessité de protéger les emplois et les droits des travailleurs — Résolution du Parlement européen du 13 mars 2025 sur les aspects sociaux et liés à l’emploi des processus de restructuration: nécessité de protéger les emplois et les droits des travailleurs (2024/2829(RSP))
| CELEX | 52025IP0039 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 13 mars 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2025/3156 | 20.6.2025 |
P10_TA(2025)0039
Les aspects sociaux et liés à l’emploi des processus de restructuration: nécessité de protéger les emplois et les droits des travailleurs
Résolution du Parlement européen du 13 mars 2025 sur les aspects sociaux et liés à l’emploi des processus de restructuration: nécessité de protéger les emplois et les droits des travailleurs (2024/2829(RSP))
(C/2025/3156)
Le Parlement européen,
| — | vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et notamment ses articles 151 et 153, |
| — | vu le socle européen des droits sociaux, |
| — | vu sa résolution du 5 octobre 2016 sur la nécessité d’une politique de réindustrialisation européenne dans le contexte des récentes affaires Caterpillar et Alstom (1), |
| — | vu sa résolution du 15 janvier 2013 concernant des recommandations à la Commission sur l’information et la consultation des travailleurs, l’anticipation et la gestion des restructurations (2), |
| — | vu sa résolution du 16 décembre 2021 sur la démocratie au travail: un cadre européen pour les droits de participation des travailleurs et la révision de la directive sur le comité d’entreprise européen (3), |
| — | vu sa résolution du 23 novembre 2023 sur la création d’emplois – transition juste et investissements d’impact (4), |
| — | vu sa résolution du 2 février 2023 contenant des recommandations à la Commission sur la révision de la directive sur les comités d’entreprise européens (5), |
| — | vu les principes directeurs de l’Organisation internationale du travail (OIT) de 2015 pour une transition juste vers des économies et des sociétés écologiquement durables pour tous, |
| — | vu la déclaration de La Hulpe concernant l’avenir du socle européen des droits sociaux, du 16 avril 2024, |
| — | vu la déclaration tripartite pour un dialogue social européen fructueux, de janvier 2024 (6), |
| — | vu la recommandation du Conseil du 16 juin 2022 visant à assurer une transition équitable vers la neutralité climatique (7), |
| — | vu la communication de la Commission du 11 décembre 2019 intitulée «Le pacte vert pour l’Europe» (COM(2019)0640), |
| — | vu le règlement (UE) 2021/1056 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 établissant le Fonds pour une transition juste (8), |
| — | vu la communication de la Commission du 1er juillet 2020 intitulée «Stratégie européenne en matière de compétences en faveur de la compétitivité durable, de l’équité sociale et de la résilience» (COM(2020)0274), |
| — | vu l’avis du Comité européen des régions du 25 mai 2023 intitulé «Zéro chômage de longue durée: la perspective locale et régionale» (9), |
| — | vu la communication de la Commission du 1er février 2023 intitulée «Un plan industriel du pacte vert pour l’ère du zéro émission nette» (COM(2023)0062), |
| — | vu l’article 136, paragraphe 2, de son règlement intérieur, |
| — | vu la proposition de résolution de la commission de l’emploi et des affaires sociales, |
| A. | considérant que la transition vers une économie européenne verte, numérique et compétitive est nécessaire pour préserver le modèle social européen, mais qu’elle ne peut s’opérer que si les personnes sont suffisamment protégées contre les éventuelles répercussions sociales négatives des grandes mutations économiques; que la protection de l’environnement et du climat est indispensable pour garantir la prospérité et le bien-être à long terme; |
| B. | considérant que le dialogue social, la négociation collective ainsi qu’une forte participation syndicale sont essentiels pour garantir le droit des travailleurs à être informés et consultés lors des processus de restructuration; que la participation des travailleurs, qui passe par le partage de l’information, la consultation et le fait d’être associés aux processus décisionnels des entreprises, est plus importante que jamais si l’on veut garantir une transition juste et équitable ainsi que la compétitivité et la croissance économique des entreprises, assurer la protection des emplois et des intérêts collectifs des travailleurs, notamment des conditions de travail décentes, une rémunération équitable et l’égalité de traitement; que la transition juste consiste à soutenir la justice sociale et la convergence sociale ascendante ainsi qu’à garantir un partage équitable de la charge tout en assurant une économie durable, efficace dans l’utilisation des ressources et compétitive, qui permette de parvenir à la neutralité climatique et de lutter contre le changement climatique; |
| C. | considérant que les processus de restructuration peuvent entraîner aussi bien des pertes que des créations d’emplois, et présenter de multiples formes, telles que la restructuration interne, l’expansion des activités, la fermeture, la faillite, la fusion/l’acquisition, la délocalisation, l’externalisation, la relocalisation et le rapatriement de la production; que les directives 98/59/CE (10), 2001/23/CE (11) et 2002/14/CE (12) du Conseil établissent les droits des travailleurs à être informés et consultés en cas de restructuration de l’entreprise; |
| D. | considérant que seuls 40 % des syndicats européens déclarent disposer de ressources suffisantes pour représenter efficacement les travailleurs lors des processus de restructuration (13); que les représentants syndicaux formés aux négociations de restructuration sont 50 % plus efficaces pour préserver les emplois (14); que, d’après Eurofound, le manque de ressources, de compétences et de temps constituent les principaux obstacles à la participation des partenaires sociaux à la transition juste, en particulier aux niveaux local et régional; que la capacité des comités d’entreprise européens d’influencer les processus de restructuration est limitée et qu’elle doit encore être renforcée; |
| E. | considérant qu’il est essentiel de garantir la création d’emplois et des conditions de travail décentes, en soutenant la transition vers une économie durable et rentable, la viabilité économique à long terme et la durabilité environnementale; considérant que la transformation de notre base industrielle est l’occasion de renforcer l’autonomie de l’Europe, d’inverser la tendance à la désindustrialisation et de créer des emplois sûrs et stables, et qu’elle peut nous aider à atteindre les objectifs climatiques et environnementaux tout en protégeant les droits des travailleurs et les personnes au cœur d’une Europe sociale; que la gestion du financement de la reconversion professionnelle des travailleurs licenciés à la suite de restructurations à grande échelle a été effectuée par le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation, dont bénéficient des milliers de travailleurs européens; |
| F. | considérant que les entreprises qui procèdent à des restructurations devraient donner la priorité à des objectifs à long terme, tels que la viabilité économique et la stabilité de l’emploi à long terme, en combinaison avec d’autres objectifs tels que le profit économique, tout en renforçant la participation syndicale et la responsabilité sociale des entreprises dans leurs plans de restructuration; qu’il convient en particulier de soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) dans ce domaine; |
| G. | considérant que la pénurie de travailleurs qualifiés – notamment d’experts dotés d’une formation professionnelle – dans les secteurs clés entrave fortement la compétitivité de l’économie de l’Union et sa capacité à mener à bien les transitions écologique et numérique; |
| H. | considérant que l’industrie manufacturière, notamment les secteurs de l’automobile, de l’acier et celui des microprocesseurs et des semiconducteurs, est l’un des piliers économiques essentiels en Europe; que ces secteurs fournissent des millions d’emplois directs et indirects; |
| I. | considérant qu’il importe de réaliser des progrès en vue de la décarbonation des transports routiers, qui doit s’effectuer de manière à éviter les pertes d’emplois dans l’industrie automobile et en associant l’ensemble des parties prenantes et des partenaires sociaux au processus de transformation; qu’il convient de soutenir les travailleurs concernés en leur offrant des possibilités de perfectionnement, de reconversion et de formation, ainsi que des filets de sécurité en cas de chômage temporaire; |
| 1. | souligne les principes du socle européen des droits sociaux, et en particulier le principe 5 sur le droit à un emploi sûr et adaptable, y compris le droit à un traitement équitable et égal concernant les conditions de travail, le principe 7 sur les informations concernant les conditions d’emploi et la protection en cas de licenciements, et le principe 8 sur le dialogue social et la participation des travailleurs; insiste sur le fait qu’il est urgent de mettre en place une politique industrielle européenne ambitieuse et compétitive, assortie d’investissements importants qui favoriseront les services d’intérêt général (15) et l’innovation tout en réduisant la charge administrative dans les États membres et garantiront des emplois de qualité dans chaque région et chaque secteur, renforceront le progrès social et permettront de réaliser les objectifs en matière de climat; souligne que cette politique devrait être combinée à des services publics nationaux solides et résilients, tels que l’accès à la protection sociale, à un logement décent et abordable, à des transports abordables, efficaces et neutres pour le climat, à des services de garde d’enfants abordables et accessibles, à des soins aux personnes âgées et à un soutien aux personnes handicapées; |
| 2. | souligne que l’Union doit réformer son économie afin de préserver sa compétitivité et de réaliser les transitions écologique et numérique, y compris au moyen d’une politique industrielle européenne; se félicite de la création d’un Fonds européen pour la compétitivité, comme l’envisage la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen; demande une nouvelle fois que le cadre de gouvernance économique soit renforcé par un instrument d’investissement commun (16) au niveau de l’Union afin de réaliser les priorités actuelles et futures de l’Union, y compris la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux; estime qu’un tel instrument devrait garantir la disponibilité des ressources nécessaires dans tous les secteurs pertinents pour l’élaboration d’une politique industrielle et pour des politiques qui soutiennent la protection et la création d’emplois de qualité tout en contribuant à la convergence sociale ascendante; demande une nouvelle fois à la Commission et au Conseil de renforcer l’instrument européen de soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence (SURE) afin de soutenir les régimes de chômage partiel, les revenus des travailleurs et les travailleurs licenciés dans le cadre de la transition écologique, tout en tenant compte des résultats du rapport définitif d’évaluation et du fait que SURE a permis le sauvetage de 40 millions d’emplois (17); |
| 3. | souligne que la mise en œuvre d’une politique industrielle européenne pour des emplois de qualité nécessite la pleine participation des partenaires sociaux et doit être appliquée dans le cadre du dialogue social et de la négociation collective; invite la Commission à présenter une feuille de route ambitieuse pour des emplois de qualité et à mettre en œuvre les principes du socle européen des droits sociaux; demande à la Commission de veiller à ce que les partenaires sociaux soient pleinement consultés et associés à l’élaboration et à la mise en œuvre du prochain pacte européen pour une industrie propre et de veiller à inclure l’objectif général de garantie de la qualité et de la stabilité de l’emploi à l’échelon européen; |
| 4. | demande à l’Union d’adopter des politiques commerciales qui promeuvent et protègent les emplois de qualité; souligne que les futurs accords commerciaux doivent comporter des clauses liées au travail et conformes aux normes de l’OIT afin de garantir que le commerce mondial protège les travailleurs et les PME; |
| 5. | prie instamment la Commission, dans le contexte de la prochaine révision de la directive européenne sur la passation des marchés publics (18) , d’encourager davantage le recours à la négociation collective et à la clause sociale, ainsi qu’un traitement préférentiel pour les entreprises dont les travailleurs sont couverts par des conventions collectives; souligne que les pouvoirs adjudicateurs doivent exclure des appels d’offres publics les opérateurs économiques qui se livrent à des activités criminelles; réaffirme que les marchés publics devraient renforcer de manière stratégique la responsabilité sociale des entreprises; insiste sur l’importance de veiller à ce que les fonds de l’Union et des États soient utilisés pour faciliter la transition vers une économie neutre pour le climat, y compris au moyen de la promotion du dialogue social et des négociations collectives; considère, en outre, qu’aucun soutien financier de l’Union ne devrait être accordé aux entreprises qui ne respectent pas les conditions de travail et d’emploi applicables et/ou les obligations des employeurs résultant du droit du travail de l’Union ou national ou des conventions collectives applicables; estime que ce soutien devrait également servir à renforcer la compétitivité industrielle européenne et la création d’emplois de qualité dans l’Union, et à promouvoir la négociation collective ainsi que le respect des droits des travailleurs et du droit du travail établis au niveau de l’Union et des États membres, notamment des conditions de travail décentes; demande que le financement de l’Union et les aides d’État versées par les États membres soient alignés avec une politique industrielle européenne afin d’offrir des emplois de qualité, de promouvoir la négociation collective, de faire respecter les droits et les normes du travail de l’Union, d’accroître la compétitivité des entreprises européennes et de garantir de meilleures conditions de travail; |
| 6. | appelle de ses vœux des investissements européens dans des secteurs et des produits essentiels afin de renforcer l’autonomie stratégique de l’Union ainsi que les transitions numérique et écologique, tels que les transports à émissions nulles, les énergies renouvelables, les technologies propres et les technologies numériques, y compris l’intelligence artificielle; insiste sur le fait que ces investissements doivent pleinement respecter la législation existante, les droits des travailleurs et le développement communautaire; |
| 7. | invite la Commission à observer l’évolution des restructurations et leur incidence sur l’emploi en utilisant des données fournies par des outils tels que l’Outil de veille sur les restructurations d’entreprises et l’observatoire européen de la transition équitable, qui devrait être fondé en 2025, afin de suivre le nombre d’emplois créés ou supprimés et les entreprises concernées; |
| 8. | reconnaît que la réalisation des objectifs numériques et écologiques créera des possibilités et pourrait, dans le même temps, nécessiter des transformations ou des processus de restructuration dans de nombreux secteurs; souligne que le dialogue social lors de l’anticipation et de la gestion de ces processus est essentiel pour préserver et créer des emplois de qualité ainsi que pour répondre aux pertes d’emplois inévitables au moyen d’un soutien suffisant, et qu’il peut contribuer à la réalisation d’une économie neutre pour le climat qui respecte ses normes sociales, économiques et environnementales; attire l’attention sur le fait que les processus de restructuration doivent respecter les droits fondamentaux des travailleurs tels que les droits d’information et de consultation; invite la Commission et les États membres à prendre des mesures pour renforcer et promouvoir la négociation collective dans le plein respect de l’autonomie des partenaires sociaux ainsi que du droit à la négociation collective; insiste sur le fait que les travailleurs devraient bénéficier des restructurations, y compris lorsqu’ils sont transférés vers un poste au moins équivalent dans leur entreprise ou secteur actuels, ou lors qu’ils effectuent une reconversion professionnelle en vue de leur transfert dans un secteur d’avenir, tout en étant convenablement accompagnés et indemnisés; |
| 9. | souligne que les évolutions qui porteront vers des processus de restructuration devraient être anticipées autant que possible par la direction, et que la planification des changements devrait commencer le plus tôt possible afin d’éviter l’insolvabilité et les pertes d’emplois, et que les représentants des travailleurs et les syndicats devraient y être associés à un stade précoce afin de garantir un dialogue social constructif, y compris en ce qui concerne les cadres de restructuration préventive prévus dans la directive (UE) 2019/1023 (19); invite la Commission et les États membres à travailler en étroite collaboration avec les partenaires sociaux en vue de détecter les risques à un stade précoce et d’élaborer des plans complets pour répondre aux besoins en matière d’emploi et de stabilité économique; soutient à cet égard l’investissement dans la formation et le renforcement des capacités des syndicats et des représentants des travailleurs qui participent aux processus de restructuration; |
| 10. | précise que les processus de restructuration ont également une incidence sur la chaîne d’approvisionnement et peuvent représenter un risque considérable pour l’emploi indirect dans l’ensemble de l’Union; invite la Commission et les États membres à aider les entreprises, y compris les PME, en cours de restructuration à intégrer dans leurs plans ses incidences sur les autres entreprises européennes de leur chaîne d’approvisionnement; invite en outre la Commission et les États membres à soutenir les entreprises indirectement touchées par ces processus de restructuration afin d’en atténuer les conséquences sur l’emploi; |
| 11. | souligne que l’Union doit remédier aux pénuries de travailleurs qualifiés dans les secteurs stratégiques afin de renforcer sa compétitivité; signale que la lutte contre les pénuries de compétences et le soutien aux travailleurs qui doivent changer d’emploi à la suite d’un processus de restructuration sont des objectifs complémentaires; souligne que pour réussir la transition vers un nouvel emploi dans un autre secteur, il est nécessaire de disposer de suffisamment de possibilités de reconversion et de perfectionnement professionnels; prie instamment la Commission d’en tenir compte dans ses propositions relatives au pacte pour une industrie propre et à l’Union des compétences, notamment en élargissant le rôle des centres d’excellence professionnelle; invite la Commission à améliorer la reconnaissance des compétences dans l’ensemble des États membres et à veiller à ce que ses programmes répondent mieux aux besoins des experts formés à la profession; |
| 12. | souligne que les processus de restructuration ne doivent pas servir de prétexte pour violer les droits d’information et de consultation des travailleurs ainsi que le droit à la négociation collective et les droits des syndicats (20); déplore la violation des droits fondamentaux que sont la négociation collective, l’information et la consultation avant toute prise de décision; estime que les syndicats devraient être dotés de ressources et de capacités suffisantes pour évaluer la décision d’une entreprise de se restructurer et d’obtenir le soutien d’un expert indépendant; invite la Commission, les États membres et les partenaires sociaux à mettre en place des garde-fous supplémentaires qui préservent la négociation collective et empêchent le recours abusif aux processus de restructuration visant à se soustraire aux obligations qui incombent aux employeurs; observe que des sanctions devraient être imposées en cas d’infraction et de non-respect; |
| 13. | s’inquiète du fait que les dispositions du droit européen des sociétés, ainsi que leur interprétation dans certaines affaires juridiques, créent des failles et permettent de contourner les règles nationales contraignantes en matière de participation au conseil d’administration (21); |
| 14. | souligne que l’un des moyens les plus efficaces d’empêcher le besoin de restructuration est d’anticiper et de gérer le changement de manière proactive grâce à la négociation collective, à l’information et à la consultation; prie instamment les États membres de garantir une formation de qualité pour le perfectionnement ou la reconversion professionnels, l’apprentissage tout au long de la vie, la formation des travailleurs et le soutien à l’évolution de carrière; souligne que le perfectionnement et la reconversion professionnels devraient, dans la mesure du possible, être envisagés en priorité, avant toute réduction d’emplois; |
| 15. | relève que l’égalité entre les femmes et les hommes devrait faire partie intégrante des stratégies de transition et devrait être intégrée à l’ensemble des mesures politiques et législatives afin de renforcer l’équité de nos sociétés; estime qu’il est essentiel de garantir l’égalité de traitement et l’égalité d’accès aux possibilités économiques pour les femmes, en accordant une attention particulière aux plus vulnérables, telles que les femmes handicapées, les mères célibataires, les femmes appartenant à des minorités et les migrantes; |
| 16. | estime qu’un plan industriel convenu avec les partenaires sociaux est essentiel pour favoriser la viabilité économique des entreprises industrielles européennes et, dans le pire des cas, prévenir les fermetures et les licenciements forcés; invite la Commission et les États membres à soutenir les entreprises, en particulier les PME, afin de prévenir les licenciements forcés; invite la Commission et les États membres à mettre en place des mécanismes qui contribuent à éviter les licenciements forcés, tels que des programmes de soutien temporaire visant à protéger l’emploi pendant les transitions ainsi qu’à éviter la perte de capacités industrielles stratégiques et de main-d’œuvre qualifiée; demande aux entreprises et aux employeurs européens en cours de restructuration de concevoir des plans à un stade précoce afin d’éviter les réductions d’emplois et de préserver des conditions de travail décentes et des normes sociales élevées, dans la mesure du possible; demande des protections renforcées contre les licenciements abusifs et demande le soutien nécessaire aux travailleurs touchés par les restructurations afin de leur donner accès à des possibilités de reconversion et à une aide, telles qu’une aide au revenu, y compris dans le cadre de la recherche d’un nouvel emploi; réaffirme que la dignité des travailleurs, tout comme la durabilité économique et financière de l’entreprise, sont des objectifs importants à prendre en considération dans le cadre des processus de restructuration; |
| 17. | se félicite de l’annonce de la Commission selon laquelle elle proposera un accord pour une industrie propre qui, en plus d’accélérer la décarbonation, préservera et crée des emplois de qualité dans les secteurs vert et numérique de l’Union; souligne que l’accord pour une industrie propre devrait se concentrer sur les industries stratégiques, en évitant la délocalisation de la production et la perte d’emplois, tout en renforçant le modèle social et la justice sociale européens; |
| 18. | invite la Commission, en étroite collaboration avec les partenaires sociaux, à envisager la mise en place d’une directive-cadre pour relever les défis et les complexités liés aux obligations des employeurs dans les chaînes de sous-traitance et des intermédiaires du marché du travail en Europe afin de garantir des conditions de travail décentes et le respect des droits des travailleurs; demande que la directive-cadre comprenne des mesures qui régissent le rôle des intermédiaires du marché du travail, autres que les agences de travail intérimaire, et qu’elle introduise un cadre juridique général de l’Union qui limite la sous-traitance et garantisse la responsabilité solidaire tout au long de la chaîne de sous-traitance, afin de mettre un terme à la sous-traitance abusive et de protéger les droits des travailleurs et leurs créances dans des situations telles que les arriérés de salaires, le non-paiement des cotisations sociales, les faillites, les disparitions et les «sociétés-écrans de sous-traitance» qui ne paient pas ce qui a été convenu; demande que cette directive comprenne des dispositions qui garantissent le respect des droits à l’information et à la consultation et du droit de négociation collective, y compris pour les travailleurs sous-traitants; |
| 19. | invite la Commission et les États membres à soutenir les partenaires sociaux dans leurs efforts pour inclure les questions liées à la transition écologique dans les négociations collectives aux niveaux appropriés; souligne que les conventions collectives peuvent porter sur l’incidence des activités d’une entreprise sur l’environnement, la protection des travailleurs contre les effets du changement climatique et l’incidence de la transition écologique sur les conditions de travail; invite l’Union et les États membres à continuer de soutenir les actions et les initiatives qui inciteront les employeurs et les travailleurs à s’adapter à la transition écologique et à faire de la négociation collective un outil essentiel pour garantir des modèles de production équilibrés qui protègent l’environnement et créent des emplois de qualité; |
| 20. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission. |
(1) JO C 215 du 19.6.2018, p. 21.
(2) JO C 440 du 30.12.2015, p. 23.
(3) JO C 251 du 30.6.2022, p. 104.
(4) JO C, C/2024/4224, 24.7.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4224/oj.
(5) JO C 267 du 28.7.2023, p. 2.
(6) Commission européenne, sommet des partenaires sociaux de Val Duchesse, https://employment-social-affairs.ec.europa.eu/policies-and-activities/european-employment-strategy/social-dialogue/val-duchesse-social-partner-summit_en?prefLang=fr.
(7) JO C 243 du 27.6.2022, p. 35.
(8) JO L 231 du 30.6.2021, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/1056/oj.
(9) JO C 257 du 21.7.2023, p. 18.
(10) Directive 98/59/CE du Conseil du 20 juillet 1998 concernant le rapprochement des législations des États membres relatives aux licenciements collectifs, JO L 225 du 12.8.1998, p. 16, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/1998/59/oj.
(11) Directive 2001/23/CE du Conseil du 12 mars 2001 concernant le rapprochement des législations des États membres relatives au maintien des droits des travailleurs en cas de transfert d’entreprises, d’établissements ou de parties d’entreprises ou d’établissements, JO L 82 du 22.3.2001, p. 16, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2001/23/oj.
(12) Directive 2002/14/CE du Parlement européen et du Conseil du 11 mars 2002 établissant un cadre général relatif à l’information et la consultation des travailleurs dans la Communauté européenne (JO L 80 du 23.3.2002, p. 29), ELI http://data.europa.eu/eli/dir/2002/14/oj.
(13) Institut syndical européen pour la recherche, 2021.
(14) Organisation internationale du travail, 2022.
(15) Les services d’intérêt général se répartissent en trois catégories différentes: les services économiques (services de base fournis contre rémunération, tels que les services postaux), les services non économiques (tels que la police, les systèmes judiciaires et les régimes légaux de sécurité sociale) et les services sociaux (qui répondent aux besoins des citoyens vulnérables, fondés sur les principes de solidarité et d’égalité d’accès, tels que les régimes de sécurité sociale, l’éducation, les soins de santé, les services de l’emploi et le logement social). Communication de la Commission du 20 décembre 2011 intitulée «Un cadre de qualité pour les services d’intérêt général en Europe» (COM(2011)0900).
(16) Position du Parlement européen du 23 avril 2024 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à la coordination efficace des politiques économiques et à la surveillance budgétaire multilatérale et abrogeant le règlement (CE) no 1466/97 du Conseil, textes adoptés de cette date, P9_TA(2024)0311.
(17) Rapport de la Commission du 2 juin 2023 sur l’instrument européen de soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence (SURE) engendrée par la propagation de la COVID-19 au titre de l’article 14 du règlement (UE) 2020/672 du Conseil – SURE après son extinction: rapport semestriel final (COM(2023)0291).
(18) Directive 2014/24/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 sur la passation des marchés publics et abrogeant la directive 2004/18/CE (JO L 94 du 28.3.2014, p. 65), ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2014/24/oj.
(19) Directive (UE) 2019/1023 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 relative aux cadres de restructuration préventive, à la remise de dettes et aux déchéances et aux mesures à prendre pour augmenter l’efficacité des procédures en matière de restructuration, d’insolvabilité et de remise de dettes, et modifiant la directive (UE) 2017/1132 (JO L 172 du 26.6.2019, p. 18), ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2019/1023/oj.
(20) Étude – «Study on monitoring the implementation of the EU Quality Framework for anticipation of change and restructuring» (Étude sur le suivi de l’application du cadre de qualité de l’Union européenne pour l’anticipation des changements et des restructurations), Commission européenne, direction générale de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion, Office des publications de l’Union européenne, 2018, https://op.europa.eu/en/publication-detail/-/publication/1c22896d-4e10-11ea-aece-01aa75ed71a1/language-en.
(21) «European Court of Justice jurisprudence on the transfer of de facto company head offices» (Jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne sur le transfert des sièges de sociétés de fait), https://worker-participation.eu/european-court-justice-jurisprudence-transfer-de-facto-company-head-offices.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/3156/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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