Initiative législative52025IP0057

P10_TA(2025)0057 — Mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune – rapport annuel 2024 — Résolution du Parlement européen du 2 avril 2025 sur la mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune – rapport annuel 2024 (2024/2080(INI))

CELEX52025IP0057
TypeInitiative législative
Datemercredi 2 avril 2025

Résumé IA

Cette résolution du Parlement européen évalue la mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) en 2024, en soulignant les défis géopolitiques majeurs et la nécessité de renforcer la cohérence et l'efficacité de l'action extérieure de l'UE. Elle appelle à une meilleure coordination entre les États membres et les institutions européennes, notamment face aux crises en Ukraine et au Proche-Orient, et insiste sur le respect des valeurs fondamentales de l'UE dans ses relations internationales. Pour un professionnel du droit français, ce texte offre un cadre d'interprétation politique des orientations de la PESC, utile pour anticiper les évolutions normatives et les positions de l'UE en matière de sanctions ou d'accords internationaux.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2025/4388

9.9.2025

P10_TA(2025)0057

Mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune – rapport annuel 2024

Résolution du Parlement européen du 2 avril 2025 sur la mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune – rapport annuel 2024 (2024/2080(INI))

(C/2025/4388)

Le Parlement européen,

vu le traité sur l’Union européenne (traité UE), notamment ses articles 14, 16, 21, 24, 36 et 41,

vu l’accord interinstitutionnel, du 16 décembre 2020, entre le Parlement européen, le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne sur la discipline budgétaire, la coopération en matière budgétaire et la bonne gestion financière, ainsi que sur de nouvelles ressources propres, comportant une feuille de route en vue de la mise en place de nouvelles ressources propres (1),

vu le rapport du vice-président de la Commission et haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (VP/HR), du 20 juin 2024, intitulé «Common Foreign and Security Policy – Our priorities in 2024»,

vu la «Boussole stratégique en matière de sécurité et de défense – Pour une Union européenne qui protège ses citoyens, ses valeurs et ses intérêts, et qui contribue à la paix et à la sécurité internationales», avalisée par le Conseil européen le 21 mars 2022,

vu le concept stratégique 2022 de l’OTAN, adopté le 29 juin 2022,

vu les conclusions du Conseil du 22 mars 2024, du 18 avril 2024, du 27 juin 2024, du 19 décembre 2024, du 6 mars 2025 et du 20 mars 2025,

vu les conclusions du Conseil européen des affaires étrangères du 18 mars 2024, du 22 avril 2024, du 24 mai 2024, du 24 juin 2024, du 22 juillet 2024, du 14 octobre 2024, du 18 novembre 2024, du 16 décembre 2024, du 27 janvier 2025, du 24 février 2025 et du 17 mars 2025,

vu la déclaration du sommet entre l’Union européenne et la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes (CELAC) adoptée le 18 juillet 2023,

vu la décision (PESC) 2021/509 du Conseil, du 22 mars 2021, établissant une facilité européenne pour la paix, et abrogeant la décision (PESC) 2015/528 (2),

vu les orientations politiques de la présidente de la Commission pour la période 2019-2024,

vu les rapports sur l’élargissement de 2024 présentés par la Commission le 30 octobre 2024,

vu la communication de la Commission du 30 octobre 2024 intitulée «Communication de 2024 sur la politique d’élargissement de l’UE» (COM(2024)0690),

vu le règlement (UE) 2024/1449 du Parlement européen et du Conseil du 14 mai 2024 établissant une facilité pour les réformes et la croissance en faveur des Balkans occidentaux (3),

vu le règlement (UE) 2025/535 du Parlement européen et du Conseil du 18 mars 2025 établissant une facilité pour les réformes et la croissance en faveur de la République de Moldavie (4),

vu le rapport de Sauli Niinistö du 30 octobre 2024 intitulé «Renforcer la préparation et l’état de préparation civils et militaires de l’Europe»,

vu les orientations de l’Union concernant les défenseurs des droits de l’homme, adoptées en 2004, révisées en 2008 et complétées en 2020 par une note d’orientation sur la mise en œuvre desdites orientations,

vu ses résolutions sur des cas de violation des droits de l’homme, de la démocratie et de l’état de droit adoptées conformément à l’article 150 de son règlement intérieur,

vu la communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 20 juin 2023 sur la stratégie européenne de sécurité économique (JOIN(2023)0020),

vu la communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 16 décembre 2020 intitulée «La stratégie de cybersécurité de l’UE pour la décennie numérique» (JOIN(2020)0018),

vu la recommandation de la Commission du 3 octobre 2023 relative aux domaines technologiques critiques pour la sécurité économique de l’UE en vue d’une évaluation approfondie des risques avec les États membres (C(2023)6689),

vu la décision (PESC) 2019/797 du 17 mai 2019 du Conseil concernant des mesures restrictives contre les cyberattaques qui menacent l’Union ou ses États membres (5),

vu sa résolution du 1er juin 2023 sur l’ingérence étrangère dans l’ensemble des processus démocratiques de l’Union européenne, y compris la désinformation (6),

vu sa résolution du 9 octobre 2024 sur le renforcement de la résilience de la Moldavie face à l’ingérence russe dans la perspective des prochaines élections présidentielles et du référendum constitutionnel sur l’intégration européenne (7),

vu sa résolution du 24 octobre 2024 sur l’interprétation erronée de la résolution 2758 de l’ONU par la République populaire de Chine et les provocations militaires constantes de celle-ci autour de Taïwan (8),

vu sa résolution du 17 janvier 2024 sur les implications en matière de sécurité et de défense de l’influence de la Chine sur les infrastructures critiques dans l’Union européenne (9),

vu ses résolutions du 24 octobre 2024 sur la situation en Azerbaïdjan, la violation des droits de l’homme et du droit international, et les relations avec l’Arménie (10), et du 5 octobre 2023 sur la situation au Haut-Karabakh après l’attaque menée par l’Azerbaïdjan et la persistance des menaces contre l’Arménie (11),

vu ses résolutions sur la mémoire historique, notamment celles du 2 avril 2009 sur la conscience européenne et le totalitarisme (12), du 19 septembre 2019 sur l’importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe (13), et du 15 décembre 2022 intitulée «90 ans après l’Holodomor: reconnaître que le massacre par la famine constitue un génocide» (14) et celle du 17 janvier 2024 sur la conscience historique européenne (15),

vu le rapport du 9 mai 2022 sur les résultats finaux de la conférence sur l’avenir de l’Europe,

vu le plan d’action sur l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes dans l’action extérieure de l’Union européenne 2021-2025 (GAP III),

vu la convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique («convention d’Istanbul»), qui est entrée en vigueur dans l’Union européenne le 1er octobre 2023,

vu la résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 25 septembre 2015 lors du sommet de l’ONU sur le développement durable qui s’est tenu à New York et intitulée «Transformer notre monde: le programme de développement durable à l’horizon 2030» (programme 2030), qui établit les objectifs de développement durable (ODD),

vu la résolution de l’ONU adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 8 décembre 1949 sur l’aide aux réfugiés de Palestine,

vu la résolution du 22 novembre 1967 du Conseil de sécurité de l’ONU sur un règlement pacifique et accepté de la situation au Moyen-Orient,

vu la résolution du 11 août 2006 du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation au Proche-Orient,

vu la convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948 et la résolution 43/29 du 22 juin 2020 du Conseil des droits de l’homme des Nations unies sur la prévention du génocide,

vu le statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI),

vu l’accord de coopération et d’assistance entre la Cour pénale internationale et l’Union européenne du 28 avril 2006 (16),

vu l’avis consultatif demandé à la Cour internationale de justice par l’Assemblée générale des Nations unies dans sa résolution du 30 décembre 2022 sur les «Pratiques israéliennes affectant les droits humains du peuple palestinien dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est»,

vu la communication conjointe de la Commission et de la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 19 mars 2025 intitulée «Joint White Paper for European Defence Readiness 2030» (livre blanc conjoint pour une défense européenne – Préparation à l’horizon 2030) (JOIN(2025)0120),

vu l’article 55 de son règlement intérieur,

vu le rapport de la commission des affaires étrangères (A10-0010/2025),

A.

considérant que le monde connaît des bouleversements géopolitiques rapides et que des puissances autocratiques, tant à titre individuel que dans le cadre d’efforts coordonnés, contestent activement l’ordre international fondé sur des règles et ses institutions multilatérales, le droit international, les institutions et les sociétés démocratiques, ainsi que nos alliances; que tous les moyens de pression de l’Union devraient être évalués afin de dissuader les pays de soutenir l’agression de la Russie;

B.

considérant que le sommet des BRICS qui s’est tenu à Kazan (Russie) du 22 au 24 octobre 2024 a mis en évidence l’utilisation par Vladimir Poutine de plateformes internationales pour lutter contre l’isolement et nouer des alliances; qu’une réponse unifiée et stratégique de l’Union est nécessaire pour faire respecter les principes de l’ordre international fondé sur des règles;

C.

considérant que l’Union et les États membres devraient reconsidérer l’aide au développement accordée aux gouvernements des pays qui soutiennent ouvertement la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et surveiller leurs votes sur les résolutions pertinentes des Nations unies;

D.

considérant que la confrontation géopolitique entre démocraties et régimes autoritaires et dictatoriaux s’intensifie, que les conflits se multiplient et que le recours à la force est de plus en plus considéré comme un outil standard pour poursuivre des objectifs politiques; que la force est exercée non seulement par les États, mais aussi par un éventail croissant d’acteurs non étatiques; que l’Union doit renforcer les relations transatlantiques et établir des partenariats constructifs avec des partenaires du Sud global partageant les mêmes idées;

E.

considérant que le contexte géopolitique dans lequel l’Union européenne agit a accentué le besoin d’une action plus ambitieuse, crédible, décisive et cohérente de l’Union et d’une politique étrangère européenne à part entière sur la scène internationale, et a souligné la nécessité pour les États membres de faire preuve de la volonté politique nécessaire pour reconstruire leurs capacités de défense, tout en renforçant les liens transatlantiques de l’Union et les partenariats avec des pays partageant les mêmes idées; que la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) doit devenir une politique européenne à part entière grâce à laquelle l’Union pourra répondre aux principaux enjeux géopolitiques; que l’action extérieure de l’Union devrait reposer sur les valeurs et des principes énoncés à l’article 2, à l’article 3, paragraphe 5, et à l’article 21 du traité UE, qui ont présidé à la création, au développement et à l’élargissement de l’Union, qu’il est dans l’intérêt de l’Union de défendre comme il se doit les valeurs, les normes et les principes universels tels que la liberté et les normes démocratiques, mais aussi les droits de l’homme, l’état de droit, la justice internationale et l’Acte final d’Helsinki, en particulier en ce qui concerne l’inviolabilité des frontières internationales;

F.

considérant que l’Union est confrontée à une rapide augmentation de nouvelles menaces à ses frontières et sur son territoire qui déstabilisent son fonctionnement, notamment la désinformation ciblée, les cyberattaques et les attaques hybrides, l’instrumentalisation des flux migratoires, ainsi que le terrorisme international et le radicalisme religieux;

G.

considérant que l’autonomie stratégique exige de l’Union qu’elle agisse de manière indépendante sur la scène mondiale lorsque cela est nécessaire, en particulier en matière de politique étrangère et de sécurité; que l’Union a admis qu’elle devait réduire sa dépendance excessive à l’égard d’acteurs extérieurs pour préserver ses intérêts dans un monde imprévisible et multipolaire;

H.

considérant que l’Union doit développer une diplomatie européenne indépendante et autonome, y compris une diplomatie publique et culturelle, économique, climatique, numérique et en ligne, conduite par un service diplomatique de l’Union européenne animé par une culture diplomatique commune;

I.

considérant que l’agression russe contre l’Ukraine viole l’ordre international fondé sur des règles, les principes fondamentaux du droit international tels que consacrés par la charte des Nations unies ainsi que des conventions et résolutions essentielles, l’Acte final d’Helsinki et la Convention européenne des droits de l’homme;

J.

considérant que la Russie a violé la convention relative au traitement des prisonniers de guerre, notamment en exécutant des prisonniers, en refusant aux organisations humanitaires l’accès aux prisonniers et en refusant aux prisonniers l’accès à des soins médicaux;

K.

considérant que la CPI a délivré un mandat d’arrêt à l’encontre de Vladimir Poutine et de Maria Lvova-Belova, commissaire russe aux droits de l’enfant, pour leur implication dans l’enlèvement d’enfants ukrainiens vers la Russie; que la Russie, aidée par le régime biélorusse, entreprend de rééduquer les enfants ukrainiens et d’effacer leur identité ukrainienne; que le régime d’Alexandre Loukachenko en Biélorussie doit être tenu pleinement responsable de sa complicité dans la guerre d’agression contre l’Ukraine et des crimes de guerre tels que l’enlèvement de milliers d’enfants ukrainiens;

L.

que la CPI a en outre émis des mandats d’arrêt à l’encontre des dirigeants militaires russes Sergueï Choïgou, Valeri Guerassimov, Viktor Sokolov et Sergueï Kobylach, accusés d’avoir dirigé des attaques contre des cibles civiles;

M.

considérant que le gouvernement hongrois bloque le fonds d’assistance à l’Ukraine de 5 milliards d’euros, créé en mars 2024 dans le cadre de la facilité européenne pour la paix (FEP); considérant que le gouvernement hongrois bloque depuis mai 2023 la huitième tranche des remboursements au titre de la FPE pour les États membres qui ont fourni une aide militaire à l’Ukraine;

N.

considérant que les pétroliers de la flotte fantôme russe représentent un risque considérable pour la sécurité maritime et environnementale lorsqu’ils désactivent ou manipulent leurs systèmes d’identification automatique; considérant que ces pétroliers alimentent chaque mois le budget de la Russie consacré à la guerre à hauteur d’environ 12 milliards de dollars, finançant ainsi directement ses opérations militaires agressives;

O.

que le régime de Vladimir Poutine a instrumentalisé l’histoire pour tenter de s’assurer la loyauté de la population russe en suscitant la nostalgie de la grandeur supposée de l’empire soviétique, en falsifiant l’histoire de la Russie et de l’Ukraine, en rejetant la politique de Nikita Khrouchtchev qui était de reconnaître et de condamner les crimes staliniens, en revenant sur la reconnaissance et la condamnation du pacte Molotov-Ribbentrop par Mikhail Gorbatchev, et en déclarant que l’effondrement de l’Union soviétique était la plus grande tragédie du siècle dernier;

P.

considérant que la Russie et d’autres acteurs malveillants dans les pays voisins promeuvent une rhétorique anti-occidentale et clivante et exploitent les tensions ethniques dans les Balkans occidentaux afin d’attiser les conflits et de diviser les communautés, notamment par l’instrumentalisation de l’Église orthodoxe serbe;

Q.

considérant que 2024 marque le 20e anniversaire de l’élargissement de grande ampleur qui a vu dix pays rejoindre l’Union; considérant que l’élargissement revêt une importance stratégique capitale pour l’Union, car il représente un investissement géostratégique à long terme dans la paix, la démocratie, la stabilité, la sécurité, la protection du climat et la prospérité pour le continent, ce qui est d’autant plus vrai au vu de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine; que la préparation de l’élargissement nécessite des réformes au sein de l’Union et que l’Union devrait mener le processus d’élargissement parallèlement aux réformes institutionnelles et décisionnelles nécessaires en vue de préserver la capacité d’intégration de l’Union;

R.

considérant que l’Union doit maintenir la dynamique d’accélération de sa politique d’élargissement à mesure que les pays candidats à l’adhésion poursuivent leurs réformes et satisfont aux critères requis par l’acquis communautaire; qu’un message cohérent et une voie clairement tracée vers l’intégration des pays candidats sont essentiels pour préserver la perspective pro-européenne;

S.

considérant que l’avenir des Balkans et des pays du voisinage oriental réside dans l’Union;

T.

considérant que l’Union est fondée sur les valeurs de démocratie, d’état de droit et de respect des droits de l’homme, qui font partie des critères de Copenhague, lesquels constituent l’ensemble essentiel de critères pour l’adhésion à l’Union; que le processus d’adhésion est fondé sur le mérite et est réversible;

U.

considérant que l’adhésion à l’Union nécessite une harmonisation de la politique étrangère, y compris l’adoption d’une ligne commune sur le vote des résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies, le soutien à l’Ukraine et l’alignement sur les sanctions à l’encontre de la Russie; que la plupart des pays des Balkans occidentaux, à l’exception notable de la Serbie, ont largement aligné leurs politiques sur la PESC;

V.

considérant que la Macédoine du Nord a conclu l’accord de Prespa avec la Grèce et le traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération avec la Bulgarie;

W.

considérant que les citoyens de Géorgie ont fait montre de leur attachement aux valeurs démocratiques et aux progrès de leur pays sur la voie de l’intégration à l’Union; que les reculs démocratiques en Géorgie doivent être inversés; que les autorités géorgiennes devraient écouter la volonté du peuple géorgien de rejoindre l’Union et, par conséquent, garantir des élections libres et régulières, cesser les reculs démocratiques, abandonner les lois qui mettent en péril l’avenir européen de la Géorgie et engager des réformes démocratiques proeuropéennes; que la Géorgie devrait s’aligner sur la PESC de l’Union, ainsi que sur les sanctions adoptées à l’unanimité à l’encontre de la Russie;

X.

considérant que le fait que tout accord de partenariat entre l’Union européenne et l’Azerbaïdjan – y compris dans le domaine de l’énergie – doit être assorti de conditions strictes en ce qui concerne le respect du droit international, des droits fondamentaux et des obligations internationales, en particulier le fait que l’Azerbaïdjan doit faire des progrès substantiels vers un accord de paix global et durable avec l’Arménie;

Y.

considérant que la Méditerranée revêt une grande importance pour l’Union, tant sur le plan historique que géographique; que les pays du voisinage méridional ont un rôle important à jouer en veillant à ce que les flux migratoires irréguliers soient gérés conformément aux principes de solidarité, d’équilibre, de responsabilité partagée et dans le plein respect du droit de l’Union et international applicables, en particulier du droit humanitaire et des droits de l’homme;

Z.

considérant que les partenariats et accords stratégiques entre l’Union et les pays d’origine et de transit, tels que ceux conclus entre l’Union et la Mauritanie, s’avèrent être un modèle de réussite pour la prévention de la migration irrégulière et la lutte contre les passeurs de migrants;

AA.

considérant que la fourniture de milliers de drones Shahed par la République islamique d’Iran à la Russie a encore renforcé le rôle de l’Iran en tant qu’État paria; que la Corée du Nord et la Chine font une nouvelle fois preuve de leur mépris sans faille des lois et des normes internationales;

AB.

considérant que la Norvège, l’Irlande et l’Espagne ont reconnu l’État palestinien le 28 mai 2024 et que le Parlement slovène a décidé de faire de même le 4 juin 2024;

AC.

considérant que la Chine se considère comme un «État proche de l’Arctique» et s’efforce de développer, en partenariat étroit avec la Russie, une route de la soie polaire;

AD.

considérant que l’initiative connue en Chine sous le nom de «une ceinture, une route» met en péril les intérêts de l’Union;

AE.

considérant que le 14 octobre 2024, la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et le ministre britannique des affaires étrangères sont convenus de lancer des consultations stratégiques sur des questions telles que la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, la région indopacifique, les Balkans occidentaux ainsi que les menaces hybrides;

AF.

considérant que toutes les agences des Nations unies incarnent l’ordre international fondé sur des règles, puisqu’elles défendent et mettent en œuvre à la fois la lettre et l’esprit de la charte des Nations unies, à laquelle tous les États membres des Nations unies doivent se conformer;

AG.

considérant que la crédibilité et la cohérence de l’Union sont une condition essentielle à la bonne mise en œuvre de son action extérieure, car elles renforcent la confiance des différents acteurs et des pays tiers à l’égard de l’Union; que l’efficacité des actions de l’Union dans le monde dépend de la garantie d’un haut degré de coordination et de cohérence dans l’action extérieure de l’Union; qu’il convient de renforcer la coordination entre la Commission et le Service européen pour l’action extérieure (SEAE), notamment en raison de l’absence de budget opérationnel du SEAE;

AH.

considérant que la mise en œuvre de l’égalité entre les hommes et les femmes et du programme en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité nécessite des initiatives visant à promouvoir un leadership sensible au genre, à protéger les droits des femmes et à lutter contre les violences sexuelles et sexistes dans les situations de conflit et d’après-conflit; que ces initiatives doivent absolument être financées pour soutenir les organisations locales de la société civile et apporter un soutien centré sur les survivants;

AI.

considérant que les défenseurs des droits de l’homme sont les principaux alliés de l’Union dans la défense et la promotion des droits de l’homme à l’étranger; qu’ils sont de plus en plus exposés à des attaques et à des menaces de la part d’acteurs étatiques et non étatiques; que le Parlement a constamment réclamé une application appropriée et coordonnée des orientations de l’Union européenne sur les défenseurs des droits de l’homme (2008); que les États membres, aux côtés des institutions de l’Union, se sont également engagés à mettre en œuvre ces orientations, qui comprennent une série d’engagements spécifiques, tels que l’établissement de rapports réguliers, la coordination et l’action en faveur des défenseurs des droits de l’homme;

AJ.

considérant que les conséquences du changement climatique se feront de plus en plus sentir dans les divers aspects de la vie humaine, y compris l’ordre géopolitique et la stabilité dans le monde; qu’il est d’une importance cruciale que la lutte contre le changement climatique, la nécessité d’une action en faveur du climat et l’aide aux personnes les plus durement touchées par ses retombées deviennent un élément fondamental de la PESC; que, dans le cadre d’une stratégie commune, la Commission et les États membres doivent jouer un rôle fondamental pour faire progresser la diplomatie climatique à l’échelle mondiale;

AK.

considérant que le rapport intitulé «Plus sûrs ensemble: renforcer la préparation et l’état de préparation civils et militaires de l’Europe» de Sauli Niinistö, conseiller spécial de la Présidente de la Commission européenne, contient des recommandations stratégiques visant à renforcer la préparation civile et militaire de l’Europe face à l’escalade des menaces sécuritaires et à leur complexité;

AL.

considérant que le présent rapport passe d’abord en revue le rapport annuel du VP/HR sur la PESC et le complète ensuite par les positions du Parlement sur les objectifs de la PESC en 2025; que, ce faisant, le rapport approfondit en particulier 1) les conséquences mondiales de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, 2) le conflit et la paix au Moyen-Orient, 3) la coopération avec des partenaires attachés aux mêmes principes et 4) la visibilité et l’influence en général de l’action de l’Union à l’étranger; que la position tournée vers l’avenir du Parlement en matière de PESC est en définitive mise en évidence par ses principales demandes concernant le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) et le contrôle parlementaire du CFP; qu’il est nécessaire de défendre et de renforcer l’ordre international fondé sur des règles, les normes, valeurs et principes universels de la charte des Nations unies, tels que les droits de l’homme et la justice internationale, le multilatéralisme et l’Acte final d’Helsinki, en particulier en ce qui concerne la non-violation des frontières internationales;

1.

souligne que ses résolutions sur la mise en œuvre de la PESC sont un élément essentiel de sa contribution à l’élaboration de la politique étrangère de l’Union; souligne que ces résolutions reflètent les conséquences concrètes du droit de regard renforcé dans le domaine de la politique étrangère conféré au Parlement par le traité de Lisbonne; rappelle que la résolution de 2024 est la première de cette nature de la législature actuelle et qu’elle doit guider l’exécutif de l’Union dans la définition des priorités de politique étrangère pour cette législature; souligne que, dans un environnement international de plus en plus instable, l’Union doit relever simultanément de nombreux défis de politique étrangère qui l’affectent directement ou indirectement, tels que la guerre d’agression menée actuellement par la Russie contre l’Ukraine, les conflits au Moyen-Orient, la concurrence croissante entre les grandes puissances, les tentatives constantes de saper l’ordre international multilatéral fondé sur des règles et les interactions croissantes entre les crises étrangères et intérieures; est fermement convaincue que, pour rester influente sur la scène internationale, l’Union doit mener une politique étrangère déterminée, disciplinée et ferme, qui réponde à ses propres objectifs stratégiques, et continuer à définir, à faire valoir et à défendre ses intérêts dans le monde; rappelle que l’action extérieure de l’Union devrait être guidée par les valeurs et les principes énoncés à l’article 2, à l’article 3, paragraphe 5, et à l’article 21 du traité UE, qui ont inspiré la création, le développement et l’élargissement de l’Union, à savoir la démocratie, l’état de droit, l’universalité et l’indivisibilité des droits de l’homme et des libertés fondamentales, le respect de la dignité humaine et les principes d’égalité et de solidarité; estime en outre que la PESC devrait garantir la mise en œuvre du programme des Nations unies à l’horizon 2030 et des ODD;

2.

souligne que les principes fondamentaux de la PESC de l’Union sont ancrés dans l’attachement sans faille de l’Union à un ordre international multilatéral fondé sur des règles, tel qu’il est consacré par la charte des Nations unies, et dans la nette préférence de l’Union pour une coopération diplomatique pacifique entre tous ses États membres; encourage toutes les parties à régler les différends par le dialogue, dans le respect mutuel du droit international, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale; réaffirme son engagement à faire progresser la paix et la stabilité mondiales en favorisant des initiatives diplomatiques visant à prévenir et à résoudre les conflits ainsi qu’à stimuler la collaboration internationale sur les principaux enjeux mondiaux, tels que le changement climatique, les droits de l’homme et le développement économique durable; préconise des partenariats permanents avec des acteurs internationaux afin de garantir l’efficacité des efforts mondiaux de maintien et de consolidation de la paix;

I. Le rapport annuel 2024 du VP/HR

3.

note que le rapport a été présenté au Parlement européen le 20 juin 2024; rappelle que le rapport devrait être de nature prospective; commente ci-après plusieurs évolutions soulignées par la HR/VP dans celui-ci;

4.

salue en particulier:

les sociétés civiles locales dynamiques dans les pays visés par l’élargissement qui jouent un rôle constructif dans les processus d’intégration à l’Union, tout en soulignant que le rôle vital de la société civile dans la promotion de la démocratie et du pluralisme, de la bonne gouvernance et du progrès social, ainsi que la nécessité pour les pays de l’élargissement de veiller à ce qu’un cadre de coopération favorable et approprié soit mis en place pour garantir leur participation significative à ces processus;

la finalisation réussie, fin 2023, du processus d’examen analytique de l’Albanie et l’ouverture des négociations sur les «fondamentaux» et sur les relations extérieures (groupe 6) en 2024; salue l’ambition de l’Albanie de conclure rapidement les négociations d’adhésion; souligne la nécessité d’accélérer encore les réformes pour remédier aux manquements qui persistent en ce qui concerne les «fondamentaux», en particulier l’état de droit et la lutte contre la corruption et la criminalité organisée; met en garde contre toute atteinte au travail d’institutions indépendantes telles que la structure spéciale de lutte contre la corruption et la criminalité organisée (SPAK); souligne l’importance d’un pluralisme politique viable et d’une opposition crédible et plaide pour à un dialogue et des échanges constructifs entre la majorité et l’opposition afin de dépasser la forte polarisation politique du pays et de favoriser des processus démocratiques inclusifs qui respectent toutes les parties, y compris les minorités grecque, rom et égyptienne du pays; salue l’alignement complet et régulier du pays sur la politique étrangère et de sécurité de l’Union, y compris les mesures de restriction prises par l’Union à l’encontre de la Russie et de la Biélorussie;

la décision d’ouvrir les négociations d’adhésion avec la Bosnie-Herzégovine; encourage les autorités à prendre toutes les mesures pertinentes énoncées dans la recommandation de la Commission du 12 octobre 2022; invite instamment les dirigeants politiques du pays à mettre en œuvre l’ensemble substantiel de réformes, y compris les réformes électorales, conformément aux décisions des tribunaux nationaux et internationaux afin de garantir à tous les citoyens et tous les peuples constitutifs les principes d’égalité et de non-discrimination, tels qu’ils sont consacrés dans sa constitution et dans le plein respect des arrêts des tribunaux nationaux et internationaux, y compris tous les arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme concernant la Bosnie-Herzégovine; dénonce la rhétorique incendiaire constante et les réglementations et politiques sécessionnistes des dirigeants de l’entité de Republika Srpska (RS), y compris la célébration, le 9 janvier 2025, de la «Journée de la RS», jugée inconstitutionnelle; invite les États membres et les représentants de la communauté internationale en Bosnie-Herzégovine à encourager et à soutenir l’application de ces arrêts; prend acte de l’arrêt rendu par la Cour de Bosnie-Herzégovine dans l’affaire Milorad Dodik le 26 février 2025 et condamne ses attaques sans précédent contre les institutions de la Bosnie-Herzégovine, ainsi que les dirigeants de la RS, et l’intimidation de l’opposition à la RS; réitère son appel en faveur de sanctions ciblées à l’encontre des acteurs déstabilisateurs en Bosnie-Herzégovine, notamment Milorad Dodik ainsi que d’autres hauts fonctionnaires de la RS et des fonctionnaires serbes qui fournissent un soutien politique et matériel aux politiques sécessionnistes; approuve la déclaration faite par le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, le 10 mars 2025 à Sarajevo et appelle à un dialogue entre toutes les parties afin de préserver la stabilité dans le pays; invite tous les États membres à veiller à ce que le Conseil puisse adopter de telles sanctions, ainsi qu’à les imposer de manière bilatérale ou en coopération avec d’autres États membres si une telle adoption au Conseil n’est pas possible; se félicite de l’accord conclu en vue de prolonger le mandat de la force de l’Union dans le cadre de l’opération Althea en Bosnie-Herzégovine jusqu’en novembre 2025, et rappelle que cette mission joue toujours un rôle central dans la sécurité et la stabilité de la Bosnie-Herzégovine; se félicite de l’arrivée des forces de réserve de l’EUFOR Althea; demande instamment à la mission militaire de l’Union de prévenir activement les défilés illégaux et autres provocations ainsi que les menaces à l’encontre de toutes ceux qui s’emploient à aider les victimes de génocide et s’investissent dans la réconciliation interethnique ainsi que dans un avenir pacifique pour le pays; demande que la sécurité soit assurée au centre du Mémorial de Srebrenica-Potočari;

les avancées dans le dialogue entre Belgrade et Pristina, en particulier dans les domaines de la liberté de circulation et de l’énergie; invite le Kosovo et la Serbie à poursuivre ledit dialogue de bonne foi et dans un esprit de compromis, afin de parvenir à un accord global et juridiquement contraignant sur la normalisation de leurs relations, fondé sur la reconnaissance mutuelle, conformément au droit international; regrette, dans ce contexte, l’absence d’avancées dans la mise en œuvre de la voie de la normalisation et demande que des efforts soient entrepris et des moyens mis en place pour développer au dialogue mené grâce à la médiation de l’Union; s’engage par conséquent à collaborer étroitement avec le représentant spécial sortant de l’Union européenne pour le dialogue entre Belgrade et Pristina et les autres questions régionales concernant les Balkans occidentaux et avec le prochain représentant spécial; invite la HR/VP à tirer parti du nouveau mandat de la Commission pour sortir de l’impasse et donner un nouvel élan au dialogue et à proposer une nouvelle approche innovante et équilibrée de la médiation;

le rapport de 2024 sur l’élargissement à la Serbie, présenté par la Commission le 31 octobre 2024; réitère sa position selon laquelle les négociations d’adhésion de la Serbie ne devraient progresser que si le pays s’aligne sur les sanctions de l’Union à l’encontre de la Russie et réalise des progrès significatifs dans ses réformes relatives à l’Union, en particulier dans le domaine des «fondamentaux» rappelle aux autorités serbes que le bon fonctionnement des institutions démocratiques du pays est au cœur du processus d’adhésion de la Serbie à l’Union et des modalités d’adhésion à l’Union; rappelle dans ce contexte sa position selon laquelle les élections législatives et locales serbes tenues le 17 décembre 2023 n’étaient pas conformes aux normes internationales et aux engagements pris par la Serbie en faveur d’élections libres et régulières; réitère sa vive inquiétude face à ces irrégularités et au climat général des élections, qui n’ont pas été à la hauteur des normes attendues d’un pays candidat à l’adhésion à l’Union; exhorte les dirigeants politiques serbes à garantir un dialogue constructif et inclusif parmi tous les groupes politiques et à mener à bien les réformes nécessaires pour que la Serbie progresse sur la voie de l’adhésion à l’Union; a suivi de près la forte mobilisation d’étudiants, rejoints par d’autres groupes de citoyens à la suite de l’incident tragique de la gare ferroviaire de Novi Sad; rappelle que la liberté de réunion est un droit fondamental et défend une politique de tolérance zéro envers la violence à l’encontre de manifestants pacifiques; condamne les cas signalés d’attaques abusives, de surveillance numérique et de harcèlement à l’encontre de journalistes, de défenseurs des droits de l’homme et d’organisations de la société civile en Serbie, dont dernièrement des perquisitions visant quatre organisations majeures de la société civile le 25 février 2025, prétendument au motif d’une utilisation abusive de fonds de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID); demande qu’une enquête approfondie, impartiale et rapide soit menée sur les allégations de violence à l’encontre des manifestants et sur les manquements commis par la police au cours des manifestations; exprime sa solidarité avec les participants aux manifestations pacifiques, notamment à celle du 15 mars 2025, la plus grande manifestation de masse de l’histoire moderne de la Serbie; déplore l’approche d’apaisement adoptée par la Commission à l’égard de la Serbie, malgré des années de recul en matière d’état de droit, de démocratie et de droits fondamentaux, ainsi que son influence déstabilisatrice sur l’ensemble de la région; prie instamment la Commission, y compris au plus haut niveau, d’utiliser un langage plus clair à l’égard de la Serbie et d’aborder systématiquement ses lacunes importantes, son manque de progrès et même son recul, afin de défendre les valeurs fondamentales de l’Union;

la demande d’adhésion du Kosovo à l’Union et le rapport 2024 sur le Kosovo et invite une nouvelle fois les États membres réunis au sein du Conseil européen de charger la Commission de présenter le questionnaire et de soumettre son avis quant au bien-fondé de la demande du pays; rappelle que la candidature du Kosovo au statut de pays candidat sera évaluée sur la base de ses mérites propres et de sa capacité à satisfaire aux critères de Copenhague conditionnant l’adhésion à l’Union; se félicite, toutefois, de la levée de l’obligation de visa pour les citoyens du Kosovo; déplore les mesures restrictives prises par le Conseil à l’encontre du Kosovo et demande leur levée immédiate, comme proposé par la HR/VP;

les progrès accomplis par le Monténégro pour ce qui est de satisfaire aux critères provisoires fixés pour les chapitres 23 et 24 de l’acquis de l’Union; encourage le pays à continuer de progresser sur la voie d’une mise en œuvre rapide des réformes liées à l’Union; se déclare néanmoins préoccupé par les idées controversées exprimées publiquement de propositions législatives concernant la citoyenneté et les agents étrangers; souligne qu’il importe que le nouveau gouvernement ait la capacité et la volonté de promouvoir les réformes liées à l’Union et de maintenir le Monténégro fermement sur la voie stratégique de l’Union; s’attend à ce que le pays commence à clôturer des chapitres de chapitres dans les négociations d’adhésion et soit prêt à rejoindre l’Union dans les deux prochaines années;

la finalisation réussie, fin 2023, du processus d’examen analytique de la Macédoine du Nord; prie instamment le gouvernement de Macédoine du Nord d’obtenir des résultats tangibles dans le respect de l’obligation qui lui incombe en vertu du cadre de négociation de l’Union et des conclusions de la réunion du Conseil européen du 18 juillet 2022, y compris les changements constitutionnels pertinents, conformément aux engagements pris par le pays;

la reprise réussie du dialogue sur la PESC entre l’Union européenne et ses partenaires dans les Balkans occidentaux et l’importance de ces partenariats pour la paix et la sécurité; rappelle que l’élargissement de l’Union est un investissement géostratégique qui exige un engagement tant de l’Union que des pays concernés par l’élargissement et en voie d’adhésion; rappelle, dans ce contexte, la nécessité de poursuivre les réformes concernant l’état de droit, les droits fondamentaux et l’administration publique, ainsi que de s’aligner sur la PESC, notamment en ce qui concerne les sanctions et la politique de l’Union en matière de visas; souligne, en outre, les menaces que représentent les ingérences étrangères malveillantes dans la région et souligne l’importance de lutter contre la désinformation afin d’endiguer la rhétorique anti-occidentale et clivante qui vise à exploiter et à exacerber les tensions ethniques dans la région; met en garde contre des relations avec les rivaux systémiques de l’Union qui pourraient mettre en péril l’avenir prospère, durable et sûr offert par l’adhésion à l’Union; rappelle à cet égard la valeur ajoutée des investissements réalisés par l’Union européenne dans le cadre de l’instrument d’aide de préadhésion III, de la facilité pour les réformes et la croissance en faveur des Balkans occidentaux nouvellement établie et du plan de croissance, ainsi que du cadre d’investissement en faveur des Balkans occidentaux; invite les pays des Balkans occidentaux à utiliser toutes les ressources mises à leur disposition pour soutenir leur alignement sur l’acquis de l’Union; invite le commissaire chargé de l’élargissement à renforcer la visibilité de l’action de l’Union dans les Balkans;

la décision d’ouvrir des négociations d’adhésion avec l’Ukraine et la Moldavie; se réjouit du fait que le taux d’alignement de la Moldavie sur la PESC ait considérablement augmenté, passant de 54 % en 2022 à 86 % en 2024, et encourage l’Ukraine et la Moldavie à poursuivre cette tendance positive vers un alignement complet; demande l’accélération du processus d’examen analytique et l’organisation en temps utile des conférences intergouvernementales ultérieures;

la décision de l’Arménie de suspendre sa participation à l’Organisation du traité de sécurité collective et de cesser tout versement à son budget en 2024, à la suite de l’échec de la Russie à aider l’Arménie contre l’agression militaire de l’Azerbaïdjan, et de rechercher une architecture de sécurité plus fiable; soutient la demande officielle de l’Arménie de demander à la Fédération de Russie de retirer de son aéroport national et de la frontière entre l’Arménie et l’Iran ses gardes-frontières affiliés au Service fédéral de sécurité; se félicite des réunions régulières organisées dans le cadre du dialogue politique et de sécurité UE-Arménie et du Conseil de partenariat UE-Arménie et salue la décision d’adopter des mesures d’assistance au titre de la FEP pour soutenir les forces armées arméniennes, respectivement le 13 juin et le 22 juillet 2024;

la conclusion fructueuse des négociations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan sur le texte intégral du projet d’accord de paix et d’établissement de relations interétatiques; félicite l’Arménie, qui a ouvert la voie à la finalisation du texte, et invite instamment les autorités azerbaïdjanaises à signer et à mettre en œuvre l’accord de paix de bonne foi, comme demandé en conclusion des négociations; encourage à réaliser de nouveaux progrès dans le cadre du processus de délimitation des frontières entre les l’Arménie et l’Azerbaïdjan, qui ont conduit à un accord concernant plusieurs segments de la frontière; réaffirme son attachement à la souveraineté et à l’intégrité territoriale aussi bien de l’Arménie que de l’Azerbaïdjan et soutient vivement la normalisation de leurs relations sur la base des principes de la reconnaissance mutuelle de l’intégrité territoriale et de l’inviolabilité des frontières, conformément à la déclaration d’Alma-Ata de 1991; demande une nouvelle fois le retrait des troupes azerbaïdjanaises de l’ensemble du territoire souverain de l’Arménie et la libération des 23 otages arméniens restants;

les activités de la mission civile de l’Union européenne en Arménie (EUMA) au titre de la politique de sécurité et de défense commune, qui contribuent à renforcer la sécurité dans la région en réduisant fortement le nombre d’incidents dans les zones frontalières et touchées par les conflits, et réduisent ainsi le niveau de risque pour la population vivant dans ces zones; salue l’assistance apportée par l’Arménie aux activités de l’EUMA sur son territoire; se félicite de la décision du Conseil d’accroître le nombre d’observateurs déployés ainsi que les capacités de la mission et de prolonger son calendrier de déploiement; demande un nouvel élargissement et une présence renforcée dans la région; appelle la Commission à aider l’Arménie dans les opérations de déminage;

la poursuite des travaux du SEAE visant à faire face aux activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger (FIMI) et à les contrer au moyen de la boîte à outils FIMI de l’Union, de l’établissement des task forces StratCom et d’une coopération étroite avec les États membres, les partenaires internationaux, la société civile et d’autres acteurs pertinents; réitère son appel à promouvoir un flux continu de renseignements des États membres vers le SEAE sur les questions de politique étrangère et de sécurité survenant en dehors de l’Union; prône à cet égard le renforcement de l’INTCEN, du centre de réaction aux crises du SEAE et du Centre satellitaire de l’Union européenne en augmentant leur personnel, leurs ressources financières et leurs capacités;

la proposition du HR/VP relative à un régime de sanctions anticorruption, qui permettrait à l’Union de cibler les actes graves de corruption commis dans le monde; demande son adoption rapide par le Conseil;

5.

condamne, en particulier:

la guerre d’agression illégale et injustifiable actuellement menée par la Russie contre l’Ukraine et les attaques russes, sans cesse plus nombreuses, contre des cibles et infrastructures civiles en Ukraine; demande que la Russie et ses forces supplétives cessent toute action militaire et que la Fédération de Russie retire immédiatement et sans condition son équipement et ses troupes d’Ukraine et de tous les autres pays dont ces dernières occupent illégalement le territoire, ou des parties de celui-ci; réaffirme sa politique de non-reconnaissance de l’occupation temporaire par la Russie de territoires ukrainiens, y compris, mais pas exclusivement, de la péninsule de Crimée; condamne toutes les attaques hybrides menées par la Russie en Ukraine et condamne fermement la diffusion de la propagande russe sur sa guerre en Ukraine;

le rôle du régime illégitime d’Alexandre Loukachenko qui a permis à la Russie d’utiliser la Biélorussie comme base militaire en abandonnant de fait au Kremlin la souveraineté nationale afin qu’il puisse maintenir son emprise sur le Belarus, tout en opprimant brutalement la population bélarusse pour se maintenir au pouvoir; déplore les graves violations des droits de l’homme commises à l’approche du simulacre d’élections organisé le 26 janvier 2025; s’inquiète de l’instrumentalisation de la migration par le régime de Poutine et de Loukachenko, en particulier à la lumière de l’afflux en Pologne, en Lituanie et en Lettonie de milliers de migrants, orchestré par la Russie et la Biélorussie afin de forcer leur passage dans l’Union européenne; déplore l’instrumentalisation politique de la migration par le régime de Poutine, qui a conduit à la fermeture de la frontière finlandaise avec la Russie;

l’implication illégale de la Corée du Nord dans la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine par l’envoi en Russie d’équipement militaire et de munitions, ainsi que par l’envoi de milliers de soldats pour rejoindre le combat contre l’Ukraine;

la poursuite par la Corée du Nord de tests d’armement et du développement de son programme nucléaire, qui aggrave les tensions dans la région indopacifique; demande à la Corée du Nord d’abandonner ses programmes d’armes de destruction massive et de missiles balistiques de manière complète, vérifiable et irréversible; demande instamment aux autorités de la Corée du Nord de mettre fin aux crimes contre l’humanité perpétrés actuellement et d’engager un processus de réforme dans le cadre duquel tous les droits de l’homme seront respectés et protégés;

l’augmentation des activités malveillantes, de l’ingérence et de la guerre hybride déployées par la Fédération de Russie, ses institutions et ses forces supplétives pour saper et mettre à bas la stabilité démocratique et la souveraineté de la Géorgie et de la République de Moldavie, et plus particulièrement la récente ingérence dans le référendum constitutionnel sur l’adhésion à l’Union européenne et dans les élections présidentielles;

l’attaque menée contre des officiers de police kosovars par des troupes paramilitaires bien organisées à Banjska/Banjskë dans le nord du Kosovo, qui a eu lieu le 24 septembre 2023, au cours de laquelle le policier kosovar Afrim Bunjaku est décédé et deux autres policiers ont été blessés; condamne l’attentat terroriste odieux perpétré contre des infrastructures critiques près de Zubin Potok; souligne que les auteurs de ces funestes attaques doivent en répondre sans délai devant la justice;

l’occupation illégale continue, au regard du droit international, par la Turquie, pays membre de l’OTAN, de 37 % de Chypre, État membre de l’Union;

les attentats terroristes barbares et aveugles commis par le Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui ont donné lieu à une riposte militaire israélienne et un conflit à Gaza qui a un effet dévastateur sur les civils et a provoqué une situation humanitaire catastrophique;

le fait que le Hamas a pris et détient toujours des personnes innocentes, y compris des femmes et des enfants, en tant qu’otages, et demande la libération immédiate et inconditionnelle des otages;

l’alimentation délibérée et malintentionnée d’une situation exceptionnellement tendue, au moyen d’attaques répétées ciblant Israël depuis le 7 octobre 2023, par des acteurs étatiques et non étatiques dans la région, l’Iran en étant le premier instigateur, mais aussi les houthis au Yémen et le Hezbollah au Liban qui agissent comme certains de ses supplétifs;

la violation persistante par l’Iran des obligations relatives au contrôle qui lui incombent en vertu de son accord de garanties généralisées et de ses engagements au titre du plan d’action global commun (PAGC), et condamne en outre le développement de son programme nucléaire au-delà de toute justification civile crédible, ainsi que la déstabilisation du Moyen-Orient que cela entraîne, y compris par le truchement de ses supplétifs, ses attaques contre Israël et le financement du terrorisme et de conflits civils; les attaques et tentatives d’attaques perpétrées sur le territoire de l’Union par des organisations terroristes et des réseaux inféodés à l’Iran;

la détention injustifiée de citoyens européens en Iran, l’exécution d’un citoyen européen ayant la double nationalité allemande et iranienne, Jamshid Sharmahd, le 29 octobre 2024 et l’oppression brutale du peuple iranien, en particulier des femmes; réitère son soutien indéfectible aux femmes d’Iran, qui sont toujours soumises à de violations flagrantes de leurs droits fondamentaux, deux ans après la répression brutale du mouvement «Femmes, vie, liberté»; exhorte la HR/VP à faire tout son possible pour libérer ces citoyens et mettre un terme à la pratique de la diplomatie des otages par laquelle l’Iran retient des civils étrangers et binationaux, notamment en encourageant les États membres à recommander à leurs citoyens de s’abstenir de se rendre en Iran;

la coopération militaire croissante entre l’Iran et la Russie, en particulier leur intention de conclure un traité portant un partenariat stratégique global, et la fourniture par l’Iran de drones et de missiles balistiques à la Russie en vue de leur utilisation contre l’Ukraine et son peuple;

l’adoption récente de la loi sur «la promotion de la vertu et la prévention du vice» en Afghanistan, ainsi que la violation systématique des droits de l’homme et des libertés fondamentales, en particulier l’interprétation extrême de la charia qui exclut les femmes de la vie publique, leur interdit de travailler, les empêche d’accéder à tous les lieux publics, à moins d’être accompagnées par un homme, et à l’éducation au-delà de la sixième année, ce qui équivaut à une ségrégation fondée sur le genre; demande aux autorités de facto de l’Afghanistan de lever toutes les restrictions fondées sur le genre à l’endroit des femmes et met l’accent sur le fait que cela constitue nécessairement une condition clé pour tout engagement de la communauté internationale avec les talibans; souligne qu’il faut continuer à subordonner les relations avec les talibans à des conditions strictes, fondées sur cinq critères fixés par le Conseil au regard du dialogue avec les autorités de fait de l’Afghanistan, et à veiller à ce que les auteurs des graves violations des droits des filles et des femmes aient à répondre de leurs actes, y compris au moyen de mesures restrictives;

l’ampleur et l’intensité croissantes des opérations, y compris les cyberattaques et la manipulation d’informations étrangères menées par le gouvernement chinois, ainsi que les navires et les aéronefs qui tentent d’intimider les voisins de la Chine, ce qui viole la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan et les eaux internationales environnantes et entrave les droits de liberté de navigation de toutes les autres parties; condamne fermement les déclarations du président chinois selon lesquelles la République Populaire de Chine ne renoncera jamais au droit d’utiliser la force contre Taïwan, et insiste sur le fait que l’emploi de mesures de coercition pour parvenir à l’unification est contraire au droit international;

le système de travail forcé dirigé par le gouvernement et les violations persistantes des droits de l’homme, en particulier la répression systématique des Ouïgours dans la province du Xinjiang; observe avec inquiétude la répression intense des minorités ethniques au Tibet, à Hong Kong et à Macao, la répression transnationale contre les dissidents chinois, ainsi que la présence persistante de bureaux de police chinois sur le territoire de l’Union; relève et condamne le fait que la République populaire de Chine (RPC) n’ait pas mis en œuvre les recommandations du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH); invite la République populaire de Chine à permettre au HCDH d’accéder de manière indépendante à la région autonome ouïghoure du Xinjiang et invite le HCDH à publier une mise à jour complète de la situation et un plan d’action pour que la République populaire de Chine soit tenue responsable; demande à tous les États membres de suspendre leurs traités d’extradition avec Hong Kong et avec la République populaire de Chine et de protéger les victimes de harcèlement et de persécution;

la détérioration de la stabilité au Sahel, une situation exacerbée par les nombreux coups d’État militaires dans la région ces dernières années; rappelle que la stabilité du Sahel a des répercussions directes sur la sécurité des frontières extérieures de l’Europe et la gestion des flux migratoires en provenance du continent africain; souligne que l’Union devrait urgemment réviser sa stratégie régionale concernant le Sahel;

les coups d’État au Burkina Faso et au Niger, avec la détention du président Bazoum et la suspension de la constitution; est de plus en plus préoccupé par la décision des régimes militaires du Sahel central au Burkina Faso, au Mali et au Niger de quitter la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), plongeant ainsi cette dernière dans une crise politique profonde; condamne, de plus, l’attaque physique perpétrée le 29 septembre 2024 contre un député de la CEDEAO et d’autres participants dans un rassemblement d’opposition officiellement déclaré à Lomé; invite les autorités togolaises à assurer la promotion et la protection des principes fondamentaux des droits de l’homme et des peuples, consacrés à l’article 4 du traité révisé de la CEDEAO, comme le droit au rassemblement pacifique et la liberté d’association, de croyance et d’expression; invite les autorités de la CEDEAO et ses États membres à soutenir les efforts nécessaires pour protéger les principes de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples dans l’ensemble de la sous-région; prend acte de la fermeture de la mission de partenariat militaire de l’Union européenne au Niger (EUMPM Niger) et de la mission de l’Union européenne visant au renforcement des capacités au Niger (EUCAP Sahel Niger), ainsi que du non-renouvellement de la mission de formation de l’Union européenne au Mali (EUTM); constate avec inquiétude que la Russie a intensifié le développement de ses relations interétatiques et de ses initiatives de coopération avec des États africains par la coopération militaire et l’engagement à coopérer pour le développement de l’énergie nucléaire; condamne l’augmentation des attentats terroristes et les lourdes pertes de vies civiles au Sahel, ainsi que la présence et les activités prédatrices des paramilitaires russes, qui ont entraîné le déplacement de populations et l’afflux de réfugiés, également en raison de l’instabilité dans la région; déplore que le vide laissé par le personnel de maintien de la paix des Nations unies ait été comblé par des mercenaires du groupe Wagner et par les armées russe et turque, dont les industries fournissent des armes aux capitales du Sahel;

la guerre civile au Soudan, les conséquences dévastatrices pour la population civile et les atrocités commises à leur encontre et, en particulier, l’utilisation à grande échelle abjecte du viol comme arme de guerre;

les contraintes tactiques et techniques imposées à la dernière minute par les autorités de la République démocratique du Congo (RDC), qui ont empêché la mission d’observation électorale de l’Union de surveiller les élections présidentielles; condamne les violences commises par le mouvement rebelle M23 soutenu par le Rwanda, qui déstabilisent l’est de la RDC; demande le réexamen de la stratégie de l’Union pour la région des Grands Lacs;

le régime autoritaire de Daniel Ortega et Rosario Murillo, qui portent systématiquement atteinte aux structures démocratiques du Nicaragua; rappelle que le régime nicaraguayen entretient des liens étroits avec d’autres autocraties, telles que celles de l’Iran, du Venezuela et de Cuba; condamne les violations systématiques des droits de l’homme et les atteintes à ces droits commises par le régime cubain; condamne fermement et rejette catégoriquement la fraude électorale orchestrée par le régime vénézuélien et demande au gouvernement Maduro de cesser sa politique de répression et d’attaques contre la société civile et l’opposition; rappelle que, le 19 septembre 2024, le Parlement a reconnu Edmundo González Urrutia comme président légitime et démocratiquement élu du Venezuela et María Corina Machado comme cheffe des forces démocratiques du pays; souligne que plusieurs États démocratiques, dans la région et dans le reste du monde, ont reconnu Edmundo González Urrutia comme président élu; rappelle que ce dernier aurait dû prêter serment le 10 janvier 2025; se réjouit que, le 17 décembre 2024, le Parlement européen ait décerné le prix Sakharov 2024 pour la liberté de l’esprit à María Corina Machado, cheffe des forces démocratiques au Venezuela, et à Edmundo González Urrutia, président élu du Venezuela, représentant tous les Vénézuéliens qui, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, luttent pour le rétablissement de la liberté et de la démocratie;

l’emploi de la «brigade médicale cubaine» dans certains pays européens comme une forme de violation des droits et libertés fondamentaux et une forme d’esclavage et de travail forcé;

le risque d’effondrement des structures étatiques et la situation humanitaire difficile en Haïti en raison de la violence omniprésente des gangs;

le fait que la République populaire de Chine, la Russie, l’Iran et d’autres régimes totalitaires ou autoritaires aient recours à la manipulation de l’information et à l’ingérence malveillante en tant qu’instruments à part entière pour exercer une pression sur les institutions multilatérales et les valeurs et normes démocratiques, pour commettre des abus de pouvoir, pour accroître l’incidence et la gravité des violations des droits de l’homme, pour restreindre l’espace dévolu à la société civile, museler les médias indépendants et réprimer les mouvements d’opposition démocratique, pour diffuser la désinformation antioccidentale et pour utiliser diverses formes de répression transnationale afin d’intimider la société civile, les médias indépendants et les mouvements d’opposition démocratique dans la diaspora et de restreindre l’espace qui leur est dévolu;

l’augmentation des attaques, du harcèlement, des détentions arbitraires, de la torture et des meurtres dont sont victimes les défenseurs des droits de l’homme dans le monde entier, en particulier ceux qui plaident en faveur des droits de l’environnement, des peuples autochtones, des femmes, des personnes LGBTQI+ et de la lutte contre la corruption; relève en outre les tactiques de plus en plus sophistiquées employées par les acteurs étatiques et non étatiques, notamment la surveillance numérique et des campagnes de diffamation, dans le but de faire taire les défenseurs des droits de l’homme; souligne la nécessité urgente de protéger les défenseurs des droits de l’homme, qui jouent eux aussi un rôle crucial dans la défense de la démocratie et de l’état de droit dans le monde entier; demande des mécanismes de soutien de protection renforcés pour les défenseurs des droits de l’homme qui sont confrontés à des menaces, à du harcèlement et à des violences, en particulier ceux qui travaillent dans les zones à risque ou sur des questions sensibles comme les droits de l’environnement, des peuples autochtones et des femmes;

les tentatives de contourner les sanctions internationales et de l’Union, étant donné que ces stratégies constituent une menace directe à l’ordre international fondé sur des règles;

le non-respect par l’Azerbaïdjan de l’ordonnance du 17 novembre 2023 de la Cour internationale de justice, qui énonçait des mesures provisoires concernant le retour sûr, rapide et sans obstacle des 100 000 personnes d’origine ethnique arménienne qui avaient fui le Haut-Karabakh après l’attaque militaire préméditée et injustifiée de septembre 2023 par l’Azerbaïdjan, ainsi que le refus par les autorités azerbaïdjanaises de libérer les 23 prisonniers de guerre arméniens qu’elle détient actuellement; souligne la nécessité de soutenir toutes les initiatives et activités qui pourraient conduire à une paix durable entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan; demande, à cette fin, le retrait des troupes azerbaïdjanaises de l’intégralité du territoire sous souveraineté arménienne et avertit, dans le même temps, que toute nouvelle action militaire contre l’Arménie serait inacceptable et aurait de graves conséquences pour le partenariat UE-Azerbaïdjan; souligne que les problèmes de connectivité de l’Azerbaïdjan avec son enclave du Nakhitchevan devraient être résolus dans le plein respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Arménie; répète que l’Union européenne devrait être prête à imposer des sanctions à toute personne et entité menaçant la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Arménie; souligne que les multiples avertissements du Parlement quant à la situation n’ont conduit à aucun changement dans la position de l’Union à l’égard de l’Azerbaïdjan; demande à l’Union européenne de mettre un terme à sa dépendance à l’égard des exportations de gaz en provenance d’Azerbaïdjan; invite la Commission à suspendre le protocole d’accord de 2022 sur un partenariat stratégique dans le domaine de l’énergie et à prendre les mesures qui s’imposent; réclame que tout futur accord de partenariat entre l’Union et l’Azerbaïdjan soit subordonné à la libération de tous les prisonniers politiques et à l’amélioration de la situation dans le pays en matière de droits de l’homme; condamne le blanchiment de gaz russe par le truchement de l’Azerbaïdjan et l’aide apportée par les autorités azerbaïdjanaises au contournement par la Russie des sanctions de l’Union; demande à l’Union européenne de mettre un terme à toute assistance technique et financière en faveur de l’Azerbaïdjan qui pourrait contribuer au renforcement de ses capacités militaires ou en matière de sécurité; demande aux États membres de geler les exportations de tous les équipements militaires et de sécurité à destination de l’Azerbaïdjan; condamne les tentatives répétées de l’Azerbaïdjan de dénigrer et de déstabiliser les États membres, notamment par l’intermédiaire du «groupe d’initiative de Bakou»; condamne la détérioration persistante de la situation en matière de droits de l’homme dans le pays.

6.

est d’accord avec:

la nécessité d’améliorer les relations avec la Turquie; se félicite de l’apaisement partiel des tensions en Méditerranée orientale et en mer Égée, mais réitère sa préoccupation de ce que la politique étrangère de la Turquie continue d’être en porte-à-faux avec les priorités de l’Union dans le cadre de la PESC; rappelle, dans ce contexte, la signature et l’évocation du protocole d’accord entre la Turquie et la Libye sur une coopération globale en matière militaire et de sécurité et sur la délimitation des zones maritimes;

l’appel lancé à la Turquie pour qu’elle œuvre en faveur d’une approche constructive, et pas assertive ou agressive, dans son voisinage, y compris dans le Caucase du Sud; regrette que la Turquie continue de contester la souveraineté et les droits souverains d’États membres de l’Union; rappelle que le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union est subordonné au plein respect des critères de Copenhague et à la normalisation de ses relations avec tous les États membres de l’Union, notamment la République de Chypre; demande que soient respectés le statut de la zone tampon et le mandat de la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre; prie instamment la Turquie et les dirigeants chypriotes turcs de cesser et d’abandonner toutes les activités unilatérales de ce type et de s’abstenir de toute nouvelle action ou provocation; demande que des négociations pacifiques soient engagées sous l’égide des Nations unies et que de réels progrès soient réalisés dans les pourparlers de règlement de la question chypriote, strictement dans le cadre convenu des Nations unies, qui est le seul cadre accepté par l’Union et la communauté internationale, et dans le respect du droit, des valeurs et des principes de l’Union;

l’évaluation selon laquelle, en l’absence d’un changement de cap radical de la part du gouvernement turc et de la reconnaissance de la République de Chypre en tant qu’État souverain, le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union ne peut pas reprendre; s’alarme de la récente arrestation d’Ekrem İmamoğlu, maire de la municipalité métropolitaine d’Istanbul, membre du Parti républicain du peuple (CHP), qui s’est produite quelques jours avant qu’il ne soit désigné candidat de son parti aux prochaines élections présidentielles, et déplore les attaques permanentes contre les opposants politiques;

la nécessité urgente pour l’Union et le gouvernement turc de progresser sur la voie d’un processus de réflexion commun, notamment d’un accord d’association modernisé, débouchant sur un partenariat mutuellement bénéfique, plus dynamique et plus stratégique, avec une stricte conditionnalité sur le respect de l’état de droit, des droits fondamentaux, du droit international, y compris la Convention des Nations unies sur le droit de la mer; et des relations de bon voisinage, compte tenu du rôle clé joué par la Turquie, par exemple, dans la région de la mer Noire et de son importance en tant qu’allié de l’OTAN;

le fait que la Turquie ne déploie pas d’efforts suffisants pour s’aligner sur la PESC de l’Union, notamment en ce qui concerne les sanctions et la lutte contre le contournement des sanctions, ainsi que sur la nécessité pour la Turquie de coopérer étroitement avec l’envoyé spécial de l’Union pour les sanctions; réprouve comme inacceptables la solidarité et le soutien publiquement apportés par le président turc à l’organisation terroriste Hamas; exprime de nouveau son inquiétude quant à l’actuelle détérioration des normes démocratiques en Turquie; rappelle que la Turquie est également à l’origine d’activités de manipulation et d’ingérence menées depuis l’étranger au sein de l’Union, et que son gouvernement envisage de mettre en place une loi sur les acteurs étrangers inspirée de la Russie; souligne l’incompatibilité entre la candidature de la Turquie aux BRICS+ et la PESC de l’Union;

l’inquiétude suscitée par le recul de la démocratie en Géorgie, qui s’est manifesté par le fait que les élections législatives du 26 octobre 2024 ne respectaient pas les normes internationales en matière d’élections démocratiques ni ses engagements en tant que membre de l’OSCE à organiser des élections libres et régulières, ce qui altère la légitimité des résultats et la confiance de l’opinion dans le gouvernement; souligne que les atteintes à l’intégrité électorale sont incompatibles avec les normes attendues d’un pays candidat à l’adhésion à l’Union; rejette toute reconnaissance des élections législatives et estime que l’État géorgien est prisonnier du régime illégitime du parti du Rêve géorgien, et rejette de ce fait toute décision prise par l’organe qui a pris le contrôle du pays, telle que l’adoption précipitée de modifications du code des infractions administratives, du code pénal et de la loi sur les rassemblements et les manifestations; demande instamment que des élections anticipées se déroulent dans un environnement électoral amélioré, sous la surveillance d’une administration électorale indépendante et impartiale et d’une observation internationale généralisée, afin de garantir un processus véritablement libre, régulier et transparent qui représenterait la volonté du peuple géorgien; souscrit aux conclusions du Conseil européen du 27 juin 2024 selon lesquelles le fait de ne pas revenir sur la ligne de conduite actuelle, y compris la loi sur la transparence de l’influence étrangère, la loi sur les valeurs familiales et la protection des mineurs, ainsi que les modifications apportées au code électoral, compromet la trajectoire de la Géorgie vers l’Union européenne, ce qui entraîne de facto un arrêt du processus d’adhésion; considère toujours Salomé Zourabichvili comme la présidente légitime de la Géorgie et la représentante légitime du peuple géorgien; salue ses efforts pour ramener pacifiquement le pays sur la voie démocratique et européenne du développement; demande au président du Conseil européen d’inviter la présidente Zourabichvili à représenter la Géorgie lors d’une prochaine réunion du Conseil européen et du prochain sommet de la Communauté politique européenne; réaffirme son soutien sans faille aux aspirations européennes légitimes du peuple géorgien trahies par le gouvernement géorgien; exige la libération immédiate de toutes les personnes détenues pour avoir protesté pacifiquement contre les récentes décisions de la Géorgie de suspendre le processus d’adhésion de la Géorgie à l’Union européenne; demande que les mécanismes de financement de l’Union soient adaptés pour tenir compte des besoins qui apparaissent dans un cadre plus hostile et plus anti-démocratique; souligne qu’il est urgent de soutenir la société civile, compte tenu de la recrudescence des répressions ainsi que de la suspension des activités de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), et demande dès lors instamment à la Commission de renforcer sans attendre son soutien; maintient que les mesures prises jusqu’à présent par l’Union face au recul démocratique flagrant et aux manquements aux engagements antérieurs sont encore insuffisantes compte tenu de la gravité de la situation en Géorgie et des dernières évolutions; se félicite de la décision du Conseil de suspendre l’exemption de visa pour les diplomates et les responsables géorgiens, mais juge nécessaire d’ouvrir une réflexion sur une éventuelle suspension du régime d’exemption de visa accordé à la Géorgie, pour non-respect des critères relatifs aux droits fondamentaux; déplore l’obstruction des gouvernements hongrois et slovaque aux décisions du Conseil visant à instaurer des sanctions à l’encontre des individus responsables du recul démocratique en Géorgie; demande à la Commission d’utiliser les 120 millions d’euros gelés, et initialement destinés à soutenir les autorités géorgiennes, pour renforcer le soutien de l’Union à la société civile géorgienne, en particulier au secteur non gouvernemental et aux médias indépendants, qui subissent de plus en plus de pressions indues de la part du parti politique au pouvoir et des autorités, ainsi que pour soutenir des programmes contribuant à la résilience démocratique et à l’intégrité électorale; encourage vivement l’Union et ses États membres à introduire des sanctions personnelles à l’encontre des principales personnalités du régime, ainsi que de membres de leur famille et de ceux qui, au sein de l’administration, du monde des affaires, des médias, du système judiciaire et des autorités répressives, permettent au régime d’exister; demande à l’Union de geler, en coopération avec d’autres États, notamment le Royaume-Uni, les avoirs financiers de Bidzina Ivanhvili et; encourage les États membres et les principales organisations régionales à éviter de légitimer activement les autorités autoproclamées du parti du Rêve géorgien et à demander, à cet égard, la suspension du Conseil d’association UE-Géorgie;

l’observation selon laquelle la Russie et la Chine sont devenues des acteurs majeurs dans le voisinage méridional, notamment en Afrique du Nord, tandis que la Turquie et les États du Golfe, à commencer par le Royaume d’Arabie saoudite, l’État du Qatar et les Émirats arabes unis, ont pris une place d’acteurs régionaux; soutient que l’idée d’un unique «voisinage» pour l’Europe de l’Est et du Sud ignore les défis distincts qu’elles connaissent; convient en outre de l’importance stratégique du voisinage méridional, de sa stabilité, de son développement économique et de sa prospérité; rappelle que l’instabilité et l’insécurité dans le voisinage méridional demeurent un défi permanent pour la gestion des frontières extérieures de l’Europe; attire l’attention sur l’ingérence de concurrents stratégiques dans la région et demande instamment à l’Union d’envoyer un message politique fort et clair en faveur d’une coopération renouvelée avec les pays du voisinage méridional; invite la HR/VP et la Commission à publier d’urgence le nouveau pacte pour la Méditerranée et à garantir des ressources suffisantes pour sa mise en œuvre rapide et effective; réaffirme qu’un réseau dynamique de partenariats spécifiques adapté aux besoins et aux aspirations spécifiques de chaque pays de notre voisinage méridional devrait être au cœur de ce nouveau pacte; estime, dans ce contexte, que l’Union devrait procéder à un réexamen approfondi de sa structure d’incitations actuelle, qui allie la promesse d’aide financière et des avantages commerciaux en échange de réformes politiques et économiques, et veiller à ce qu’elle soit conforme aux objectifs plus larges de l’Union, notamment la promotion des droits de l’homme et des valeurs démocratiques; souligne qu’outre la priorité donnée à la coopération bilatérale, l’Union devrait également continuer de favoriser la coopération régionale au moyen des cadres existants, comme l’Union pour la Méditerranée, qui offre une plateforme précieuse pour la promotion du dialogue et de l’action conjointe sur des sujets d’intérêt commun;

les préoccupations concernant les pressions exercées par la Russie et la Chine en Asie centrale et attire l’attention sur la nécessité de renforcer la présence de l’Union dans la région en réaction à celles-ci, compte tenu de son importance géostratégique; attire l’attention sur l’hésitation des États d’Asie centrale à soutenir la guerre d’agression menée par la Russie, compte tenu de l’effet de cette guerre sur l’ensemble de la région; souligne l’intérêt pour l’Union de renforcer les relations économiques et d’intensifier les relations politiques avec les pays d’Asie centrale, en partie pour remédier au contournement des sanctions infligées à la Russie et à la Biélorussie; invite les autorités des États d’Asie centrale, en particulier le Kazakhstan, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan, à coopérer étroitement avec l’Union, et en particulier son envoyé chargé des sanctions; encourage la Commission et les États membres à continuer de promouvoir des réformes politiques et économiques qui renforcent l’état de droit, la démocratie, la bonne gouvernance et le respect des droits de l’homme;

le fait que l’Arctique revêt une importance géostratégique en ce qui concerne l’expansion des routes maritimes potentielles, l’accès aux ressources naturelles, la préservation du climat et les revendications territoriales; relève que son importance est renforcée non seulement par l’expansion militaire de la Russie dans le Grand Nord, mais aussi par la présence croissante de la Chine dans cette région et son intérêt grandissant pour celle-ci, et par son autoproclamation en tant qu’«État proche de l’Arctique»; insiste sur la nécessité de garantir la liberté et la sécurité de la navigation dans un contexte d’influence et de militarisation croissantes de ces deux États; souligne l’importance de préserver la sécurité, la stabilité et la coopération dans l’Arctique; met l’accent sur le fait que la région doit rester à l’abri des tensions militaires et de l’exploitation des ressources naturelles, dans le respect des droits des populations autochtones; réaffirme la nécessité d’inclure la politique arctique de l’Union dans la PSDC et d’entamer une coopération efficace avec l’OTAN; demande que la question de l’Arctique soit régulièrement abordée lors des réunions du Comité politique et de sécurité et du Conseil;

l’importance stratégique du détroit de Taïwan et de la région indopacifique à la lumière de l’intimidation croissante qu’y exerce la Chine, y compris par des moyens militaires et hybrides, et insiste sur la nécessité d’y accroître la présence de l’Union en réponse; souligne l’intérêt pour l’Union de renforcer les relations économiques et d’intensifier les relations politiques significatives avec des partenaires partageant les mêmes valeurs, y compris Taïwan; demande à la Commission et aux États membres de suivre une stratégie coordonnée à l’échelle de l’Union qui consiste à préparer et à anticiper les scénarios envisageables dans le détroit de Taïwan, ainsi que d’informer régulièrement le Parlement et de lui communiquer une analyse d’impact;

l’efficacité de la mise en place d’une stratégie pour le Golfe, en avançant dans le cadre d’un accord de partenariat stratégique avec chaque pays du Golfe collaborant pour promouvoir la stabilité et la prospérité régionales et mondiales;

l’accent mis sur la réalisation de la responsabilité dans le cyberespace, par la mise en service de la boîte à outils de diplomatie numérique et l’attention donnée au renforcement de la cyberrésilience mondiale; appelle à renforcer l’accent mis sur le renforcement de la capacité de cyberrésilience des démocraties en développement, qui font face à des menaces hybrides à leurs systèmes électoraux; appelle à une multiplication des exercices conjoints de cyberdéfense entre l’Union et l’OTAN afin d’améliorer l’interopérabilité et la préparation à la lutte contre les menaces hybrides;

l’engagement à placer la promotion de la démocratie au premier plan de la PESC et à garantir le rôle proactif de l’Union à cet égard, en s’appuyant sur les enseignements tirés des précédentes actions de soutien à la démocratie, en particulier en faveur de la société civile, des défenseurs des droits de l’homme, des voix critiques, de l’opposition démocratique et des médias;

la nécessité de lutter contre l’impunité et de renforcer les efforts en faveur de la responsabilité à l’échelle mondiale, notamment à travers la CPI, ainsi que de défendre le droit international et le droit humanitaire international; demeure profondément préoccupé par la tendance de représentants étatiques à affaiblir les décisions des institutions internationales et leurs employés; fait part de sa plus vive préoccupation quant aux sanctions prises par les États-Unis contre la CPI, ses procureurs, ses juges et ses agents, lesquelles constituent une atteinte grave au système judiciaire international; demande à la Commission d’activer de toute urgence la loi de blocage et aux États membres de renforcer sans délai leur action diplomatique pour protéger et sauvegarder la CPI, pierre angulaire indispensable du système judiciaire international; déplore le fait que certains États membres de la CPI n’aient pas exécuté des mandats d’arrêt de la CPI, sapant de ce fait le travail de la CPI;

le besoin urgent et persistant de promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes dans toutes les actions extérieures de l’Union, une politique étrangère qui tienne compte de l’intégration de la dimension de genre, conformément au troisième plan d’action de l’Union européenne sur l’égalité entre les hommes et les femmes, en particulier à la lumière du recul des droits des femmes observé à l’échelle mondiale; relève qu’au rythme actuel des avancées, l’égalité hommes-femmes ne sera atteinte dans le monde que dans 131 ans, ce qui met en évidence l’importance capitale d’accélérer les efforts pour protéger et faire protéger les droits et les perspectives des femmes;

II. Objectifs en matière de PESC en 2025

7.

définit, dans la partie suivante, les objectifs du Parlement en matière de PESC en 2025, et complète ainsi les points de vue exprimés dans le rapport annuel du VP/HR sur la PESC;

Faire face aux conséquences mondiales de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine

8.

souligne que la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, et ses conséquences, notamment l’incertitude économique, l’insécurité alimentaire et les prix élevés de l’énergie, associée au comportement révisionniste de la Fédération de Russie à l’égard d’un certain nombre d’États voisins de la mer Noire, déstabilise et menace le voisinage oriental et les Balkans occidentaux, ce qui érode l’architecture européenne de sécurité; souligne, dans ce contexte, la nécessité de renforcer les capacités de l’Union à soutenir les institutions démocratiques dans notre voisinage immédiat; insiste, également, sur l’importance de protéger la frontière orientale de l’Union, pour contribuer à la sécurité de toute l’Union; fait observer que le bouclier oriental et la ligne de défense de la Baltique devraient constituer les projets phares de l’Union en vue de renforcer la dissuasion et de surmonter les menaces potentielles provenant de l’Est, et qu’ils pourraient être à la base d’un système intégré de gestion des frontières terrestres conçu de sorte à renforcer la frontière terrestre extérieure de l’Union avec la Russie et la Biélorussie face aux menaces militaires et hybrides;

9.

constate que la réaction de l’Union à la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine est suivie de près par des acteurs autocratiques dans le monde entier, et qu’elle aura une influence décisive sur le comportement que ces régimes adopteront sur la scène internationale; est préoccupé par la coopération et la coordination grandissantes entre les régimes autocratiques, notamment au moyen de leur soutien, matériel ou autre, à l’agression russe de l’Ukraine; prie instamment le Conseil d’imposer des mesures restrictives à l’encontre des pays qui livrent des biens militaires, tels que des drones et des missiles sol-sol, à la Fédération de Russie pour qu’elle les utilise contre des cibles civiles; rappelle que l’utilisation de ces biens militaires contre des cibles civiles constitue un crime de guerre; constate avec une vive inquiétude la coopération de plus en plus étroite entre la Fédération de Russie et la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et souligne que l’emploi de troupes nord-coréennes par la Russie accroît l’ampleur du conflit; insiste, de même, sur la nécessité urgente d’imposer de nouvelles sanctions à l’encontre de la Biélorussie, à l’image de toutes celles prises à l’encontre de la Russie;

10.

estime que l’Union et ses États membres sont désormais les seuls alliés stratégiques de l’Ukraine et, par conséquent, demande à l’Union et à ses États membres d’accroître et d’accélérer significativement le soutien militaire et économique, l’aide humanitaire, ainsi que l’aide financière par tous les moyens possibles afin de placer l’Ukraine en position de force pour libérer l’ensemble de sa population et pour dissuader toute nouvelle agression russe après un éventuel accord de cessez-le-feu; suggère, pour ce faire, de renforcer la mission d’assistance militaire de l’Union européenne à l’appui de l’Ukraine, qui a formé environ 75 000 militaires ukrainiens, souligne la nécessité urgente de doter l’Ukraine de capacités accrues de défense aérienne et de défense sol-sol pour défendre ses infrastructures énergétiques critiques, et invite les États membres à lever immédiatement les restrictions à l’utilisation des systèmes d’armes occidentaux, tels que les missiles à longue portée Taurus, livrés à l’Ukraine contre des cibles militaires légitimes situées sur le territoire russe, ce qui serait pleinement conforme au droit à la légitime défense de l’Ukraine en vertu de la charte des Nations unies;

11.

réaffirme son engagement à soutenir le souhait de l’Ukraine de parvenir à une paix juste et durable ainsi que le plan de paix et le plan pour la victoire présentés par le président ukrainien Volodymyr Zelensky; rappelle que toute initiative, en particulier les solutions diplomatiques, visant à mettre un terme à la guerre d’agression russe et à instaurer une paix juste et durable doit se fonder sur les conditions et les contributions formulées par l’Ukraine et être finalement acceptée par le peuple ukrainien; se dit vivement préoccupé, dans ce contexte, par le changement apparent de position à l’égard de la guerre d’agression russe de la part des États-Unis, lesquels ont notamment accusé ouvertement l’Ukraine de la poursuite de la guerre, suspendu l’aide militaire américaine et tenté de forcer l’Ukraine à renoncer à son droit légitime à l’autodéfense; déplore vivement toute tentative de chantage ciblant les dirigeants ukrainiens pour les forcer à se rendre à l’agresseur russe à la seule fin d’annoncer un soi-disant accord de paix et estime que la tentative actuelle de l’administration américaine de négocier un cessez-le-feu et un accord de paix sans associer les États européens, qui devront au final en supporter les conséquences, est contre-productive car elle donne l’avantage à l’État russe belliqueux, montrant ainsi qu’une politique agressive n’est pas sanctionnée mais au contraire récompensée; réserve son optimisme en ce qui concerne la proposition d’accord de cessez-le-feu de 30 jours; rappelle qu’un cessez-le-feu peut être un outil efficace de suspension des hostilités, mais uniquement si l’agresseur y adhère pleinement; attend donc de la Russie qu’elle l’accepte et le respecte en cessant toutes les attaques contre l’Ukraine, ses positions militaires, sa population civile, ses infrastructures et son territoire; conclut néanmoins que, compte tenu des précédentes violations d’accords antérieurs par la Russie, la paix ne pourra être obtenue qu’en donnant à l’Ukraine des garanties solides en matière de sécurité; estime, à l’inverse, que tout règlement qui porterait atteinte aux aspirations légitimes de l’Ukraine, comme son droit de choisir ses propres dispositifs de sécurité, ou qui serait dépourvu de garanties de sécurité crédibles risquera d’exposer l’Ukraine et d’autres pays européens à une nouvelle agression russe; réclame donc que l’Union prenne des engagements en matière de sécurité à l’égard de l’Ukraine, comme le recommande le pacte de sécurité de Kiev, afin de dissuader la Russie d’une nouvelle agression;

12.

met en avant que le soutien financier apporté par l’Union et ses États membres à l’Ukraine dépasse celui de tout autre pays, ce qui témoigne de la volonté inégalée de l’Union de défendre l’Ukraine; insiste sur le fait que le rôle de l’Union dans toute négociation ayant une incidence sur la sécurité de l’Europe doit être à la mesure de son poids politique et économique; réaffirme qu’il ne peut y avoir de négociations sur la sécurité européenne en l’absence de l’Union européenne;

13.

attend des États membres qu’ils maintiennent leurs sanctions à l’encontre de la Russie aussi longtemps que nécessaire pour garantir une paix juste et durable et jusqu’à ce que les responsabilités soient établies; demande, d’ici là, à l’Union et aux États membres de renforcer l’efficience et les effets de leurs trains de sanctions adoptés jusqu’à présent et d’en convenir de nouveaux dès que la nécessité s’en fera sentir; attire l’attention, à cet égard, sur des secteurs revêtant une importance particulière pour l’économie russe, en particulier les secteurs bancaire, métallurgique, nucléaire, chimique et agricole, ainsi que sur les matières premières telles que l’aluminium, l’acier, l’uranium, le titane et le nickel; demande une interdiction ou des droits de douane ciblés sur les importations russes dans l’Union afin de couper complètement la circulation de céréales, de potasse et d’engrais; rappelle que la mise en œuvre stricte et l’application uniforme des mesures restrictives dans tous les États membres est une condition sine qua non à la crédibilité et à l’efficacité de l’action extérieure de l’Union; souligne dès lors l’importance de mettre fin à toutes les importations d’énergie russe dans l’Union et de soutenir l’action du G7 en vue d’abaisser le plafond des prix du pétrole; invite la Commission à imposer des sanctions à toutes les entreprises européennes qui continuent à faire des affaires avec la Fédération de Russie, ainsi qu’à continuer à évaluer et à combattre le contournement des sanctions;

14.

plaide pour une diplomatie proactive avec les pays tiers afin de minimiser le contournement de ces sanctions; invite la Commission à évaluer de manière critique l’aide de l’Union aux pays tiers qui soutiennent activement l’agression de la Russie contre l’Ukraine et invite instamment le Conseil à imposer des sanctions aux pays tiers qui ont facilité la guerre d’agression de la Russie, soit en permettant à cette dernière de contourner les sanctions, soit en lui apportant une assistance militaire directe, comme dans le cas de la Biélorussie, de l’Iran ou de la Corée du Nord; demande à tous les pays de s’aligner pleinement sur l’ensemble des sanctions de l’Union;

15.

déplore le partenariat «sans limites» entre la Russie et la Chine, en particulier l’engagement renouvelé de renforcer leurs liens militaires; se félicite de la décision du Conseil de sanctionner des entreprises chinoises pour avoir soutenu la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine;

16.

est très préoccupée par la surveillance et le sabotage des infrastructures maritimes critiques, telles que les câbles de communication sous-marins et les installations de production d’énergie en mer, par la Russie et la Chine; et particulièrement préoccupée par les dommages causés en moins de 24 heures, les 17 et 18 novembre 2024, à deux câbles de communication sous-marins, l’un reliant la Finlande à l’Allemagne et l’autre la Suède à la Lituanie, ainsi qu’au câble EstLink2 entre l’Estonie et la Finlande, le 25 décembre 2024, par un navire-citerne de la flotte fantôme russe; invite l’Union européenne à mettre en place des systèmes de contrôle et de surveillance efficaces et à recourir à la coopération entre les garde-côtes régionaux pour assurer la prévention et la détection rapide des attaques contre ces infrastructures; se félicite à cet égard du lancement de l’opération OTAN Baltic Sentry, à laquelle participent plusieurs États membres et qui vise à mieux protéger les infrastructures sous-marines essentielles en mer Baltique; demande instamment aux États membres de respecter pleinement les engagements de la déclaration conjointe de New York sur la sécurité et la résilience des câbles sous-marins; rappelle également que des activités de sabotage semblables contre des infrastructures sous-marines critiques sont menées dans le détroit de Taïwan;

17.

demande à l’Union et à ses États membres d’exercer un contrôle strict sur les flottes fantômes de la Russie, de les éviter et de limiter leurs activités, car, en plus de violer les sanctions de l’Union et du G7, elles constituent une énorme menace écologique pour l’écosystème en raison de ses défaillances techniques et de ses pannes fréquentes; prie instamment la Commission de prendre rapidement des mesures, dans le cadre de la coopération de l’Union avec l’Organisation maritime internationale, et de prévoir des sanctions plus ciblées contre la flotte fantôme dans le prochain train de sanctions contre la Russie; précise que ces sanctions devraient désigner tous les navires individuels potentiels de la flotte fantôme, ainsi que leurs propriétaires, leurs opérateurs, leurs gestionnaires, etc.; recommande d’interdire la vente de pétroliers aux pays facilitant les échanges commerciaux avec la Russie; note que les États du pavillon qui contribuent à la flotte fantôme russe participent ainsi également à l’effort de guerre russe;

18.

demande à nouveau que les mesures nécessaires soient prises pour assurer le retour des enfants ukrainiens déportés de force et adoptés illégalement en Russie ou dans les territoires ukrainiens occupés;

19.

demande que la Commission et le Conseil inscrivent le groupe militaire privé Wagner, financé par l’État russe, sur la liste des organisations terroristes; attire l’attention sur le groupe «Africa Corps», qui a été créé après la mort de l’ancien dirigeant du groupe Wagner, Evgueni Prigojine, en août 2023, et placé directement sous la tutelle du ministère russe de la défense, dans le but de regrouper les éléments du groupe Wagner sous le contrôle du gouvernement;

20.

rappelle une nouvelle fois que l’Ukraine, en tant que victime d’une agression, dispose du droit naturel à la légitime défense, en vertu de l’article 51 de la charte des Nations unies; invite la HR/VP, la Commission, le Conseil et les États membres concernés à permettre à l’Ukraine de prendre des mesures de lutte efficaces contre la Russie; rappelle que la Russie a violé le droit international et que la saisie complète des avoirs russes gelés constitue une étape appropriée pour faire respecter l’obligation de la Russie de se conformer au droit international et de dédommager l’Ukraine et les autres parties lésées pour les pertes causées par la guerre d’agression menée par la Russie; demande à la Commission de mettre en place un régime juridique solide pour la confiscation des avoirs publics russes gelés par l’Union; rappelle à la Commission qu’une telle proposition n’enlève rien à la nécessité de continuer à apporter un soutien financier, politique, militaire et humanitaire; demande que tous les actifs de l’État russe, des autorités locales russes, des entreprises publiques russes et des personnes physiques soient inscrits sur la liste des sanctions de l’Union et utilisés pour indemniser l’Ukraine des dommages causés par cette guerre;

21.

signale que, selon la dernière évaluation rapide des dommages et des besoins, au moins 506 milliards d’EUR seront nécessaires au cours des dix prochaines années pour le redressement et la reconstruction de l’Ukraine; se félicite de la facilité pour l’Ukraine, dotée d’un budget de près de 50 milliards d’EUR, et du mécanisme de coopération pour les prêts à l’Ukraine, de l’Union, qui propose des prêts à l’Ukraine à concurrence de 45 milliards d’EUR, qui répond à une demande du Parlement et s’appuie sur la décision du Conseil d’affecter des recettes extraordinaires provenant d’actifs publics russes immobilisés au fonds d’assistance à l’Ukraine et à la facilité pour l’Ukraine, ainsi que sur la décision du G7 d’octroyer à l’Ukraine un prêt de 50 milliards d’USD garanti par des actifs publics russes immobilisés; est convaincu que le nouveau mécanisme de coopération pour les prêts à l’Ukraine constitue une mesure importante pour que la Russie répare financièrement les dégâts considérables qu’elle continue de provoquer en Ukraine;

22.

dénonce l’utilisation abusive, par le gouvernement hongrois, de son pouvoir de veto pour retarder ou bloquer de manière efficace l’octroi de l’aide essentielle de l’Union à l’Ukraine, dans une tentative de saper la position unifiée de l’Union sur l’Ukraine; demande à la VP/HR et au président du Conseil, ainsi qu’aux États membres, d’utiliser tous les outils disponibles pour empêcher de nouveaux blocages d’aide de la part du gouvernement hongrois;

23.

prie instamment la HR/VP et les autres États membres de surmonter le blocage de la décision de financement et de décaissement de la FEP par le gouvernement hongrois, en l’occurrence le blocage du versement de 450 millions d’EUR à la Pologne en compensation de livraisons d’équipements à l’Ukraine, et de veiller à ce que le seul instrument de l’Union soutenant l’aide militaire à l’Ukraine redevienne pleinement opérationnel; demande à la HR/VP de présenter des propositions visant à empêcher de tels blocages à l’avenir, ou de trouver un mécanisme alternatif qui soit entièrement fiable;

24.

souligne que l’Union et les États membres doivent d’urgence œuvrer à la création d’un tribunal international spécial ayant compétence pour diligenter des enquêtes et engager des poursuites pour le crime d’agression perpétré contre l’Ukraine par les dirigeants politiques et militaires de la Fédération de Russie et leurs alliés; condamne l’exécution de prisonniers de guerre ukrainiens par les forces russes; insiste sur le fait qu’il n’y aura pas de paix durable sans justice; se félicite de la création du centre international chargé des poursuites pour le crime d’agression contre l’Ukraine basé à La Haye; exprime son soutien à toutes les activités de la CPI et de la Cour internationale de justice dans le cadre des poursuites engagées pour les crimes commis sur le territoire ukrainien; se félicite de la ratification par l’Ukraine du statut de Rome de la CPI, qui lui a permis d’en devenir un État partie en janvier 2025;

25.

félicite l’Ukraine pour les progrès accomplis, malgré l’état de guerre, dans le processus d’examen analytique dans le cadre des négociations d’adhésion et l’invite à poursuivre ses progrès sur la voie de l’adhésion à l’Union en utilisant toutes les ressources mises à sa disposition au titre de la facilité pour l’Ukraine et à assurer la participation significative de sa société civile aux phases de mise en œuvre et de suivi de celle-ci; rappelle que l’adhésion à l’Union est un processus strictement fondé sur le mérite qui exige le respect des critères de Copenhague pour l’adhésion à l’Union, y compris ceux concernant la démocratie, l’état de droit, les valeurs fondamentales et la lutte contre la corruption;

26.

estime que l’adhésion de l’Ukraine comme de la Moldavie à l’Union européenne constituerait un investissement mutuellement bénéfique en faveur d’une Europe unie et forte; se félicite du plan de croissance pour la République de Moldavie, ainsi que de l’adoption de la facilité pour les réformes et la croissance en faveur de la République de Moldavie, dotée d’1,9 milliard d’EUR, qui visent à accélérer les réformes liées à l’Union; est préoccupé par les conséquences dommageables pour la Moldavie de la suspension de l’USAID; estime qu’il convient de pallier ce manque dans la mesure du possible au moyen de sources de l’Union, du Fonds européen pour la démocratie et d’autres mécanismes; encourage la HR/VP à continuer de renforcer le partenariat avec l’Ukraine et la Moldavie en matière de PESC et, dans ce contexte, se félicite de la signature du partenariat de sécurité et de défense entre l’Union et la Moldavie en mai 2024; rappelle que la sécurité de la République de Moldavie est inextricablement liée à la sécurité de l’Ukraine; souligne, par conséquent, la nécessité d’augmenter les contributions financières de la FEP afin de renforcer encore les capacités de défense de la Moldavie;

27.

félicite la Moldavie d’avoir organisé les élections présidentielles et le référendum de manière professionnelle et avec un sens extraordinaire du devoir et du dévouement, en dépit de l’ingérence massive et continue de la Russie et de ses auxiliaires; se félicite du résultat du référendum de 2024 sur l’adhésion de la Moldavie à l’Union européenne, qui a consacré dans la constitution du pays l’engagement d’adhérer à l’Union européenne; exprime son soutien à la Moldavie dans la défense de sa démocratie; condamne fermement les tentatives constantes et coordonnées de la Fédération de Russie, des oligarques pro-russes et des exécutants locaux soutenus par la Russie pour déstabiliser la République de Moldavie, semer la division au sein de la société moldave et détourner le pays de sa marche vers l’Europe au moyen d’attaques hybrides, d’une instrumentalisation de l’approvisionnement énergétique, de campagnes de désinformation, d’alertes à la bombe, de mises en scène de manifestations, de menaces ou de violences; salue la mise en place et les opérations de la mission de partenariat de l’UE en Moldavie, qui ont renforcé les capacités des autorités moldaves à répondre à l’ingérence russe; invite le Conseil, la Commission et le SEAE à fournir les ressources supplémentaires, y compris les ressources humaines et financières, ainsi que les équipements et les experts civils nécessaires pour poursuivre la mise en œuvre du mandat de la mission au-delà de mai 2025;

28.

souligne l’importance que revêt la FEP du point de vue du renforcement de la capacité de l’Union à éviter les conflits ainsi qu’à consolider la paix et la sécurité internationale;

29.

se félicite de la création du groupe consultatif entre l’Union et la Biélorussie pour permettre un dialogue permanent entre l’Union et les forces démocratiques biélorusses; réaffirme son soutien à la libération de tous les prisonniers politiques et des courageux militants et journalistes qui, en Biélorussie, continuent de résister au régime de leur dirigeant illégitime malgré la répression en cours, en particulier le refus de renouveler les passeports des citoyens biélorusses à l’étranger, et qui ont exprimé leur souhait de parvenir au développement démocratique de la Biélorussie et à son adhésion à l’Union, notamment lors de la nouvelle conférence sur la Biélorussie qui s’est tenue à Varsovie en août 2023; souligne que ces efforts démontrent le rôle fondamental que joue la société civile dans le renforcement de la démocratie;

Résoudre les conflits et encourager la paix au Moyen-Orient

30.

affirme qu’Israël a le droit de se défendre, conformément au droit international et dans les limites prescrites par ce dernier; rappelle qu’Israël a l’obligation de faire face au risque de famine généralisée et d’épidémies à Gaza; rappelle qu’Israël a également l’obligation de protéger les civils et que les opérations militaires doivent être proportionnées et conformes au droit international humanitaire; exprime son inquiétude face à l’action militaire des forces de défense israéliennes dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et au Liban; réclame un cessez-le-feu immédiat et permanent, ainsi que la libération sans condition de tous les otages;

31.

regrette profondément l’échec du cessez-le-feu à Gaza, qui s’est traduit par de nombreuses victimes civiles lors des récentes frappes aériennes; déplore, dans ce contexte, le refus du Hamas de remettre les otages encore détenus; demande le retour immédiat à l’application intégrale de l’accord de cessez-le-feu et de libération des otages et insiste sur la nécessité de réaliser des progrès en vue de la deuxième phase de l’accord; salue l’engagement des médiateurs, y compris les États-Unis, l’Égypte et le Qatar, dont les efforts ont été déterminants pour obtenir l’accord de cessez-le-feu et de libération des otages en premier lieu; se tient prêt à participer à des discussions sur les contributions concrètes qui seront nécessaires pour favoriser un cessez-le-feu; juge essentiel que toutes les obligations souscrites dans le cadre de l’accord soient respectées, afin de garantir la libération de tous les otages et l’arrêt durable des violences, ainsi que de permettre à l’aide humanitaire et médicale d’être acheminée sans entrave et d’être distribuée de manière continue dans la bande de Gaza; se félicite, dans cette perspective, du redéploiement, le 31 janvier 2025, de l’EU BAM Rafah afin d’aider l’Autorité palestinienne à faciliter les passages en vue d’évacuations médicales; est troublé par la récente fermeture jusqu’à nouvel ordre du point de passage de Rafah du fait des opérations militaires lancées sur Gaza le 18 mars 2025; demande à toutes les parties de s’engager pleinement à respecter leurs obligations et de privilégier la protection des civils; prie instamment tous les acteurs européens et internationaux de superviser activement l’application du cessez-le-feu et de demander des comptes à ceux qui ne le respectent pas;

32.

estime que la réunion du Conseil d’association avec Israël, qui s’est tenue à Bruxelles le 24 février 2025, a constitué une première étape vers la reprise de discussions franches et ouvertes avec le Premier ministre israélien, qui devra être suivie d’autres; constate l’intérêt d’un dialogue avec Israël pour renforcer le rôle de l’Union au Moyen-Orient, tout en soulignant que ce partenariat doit être fondé sur le plein respect des droits et des valeurs; rappelle que le respect de l’article 2 de l’accord d’association est un élément central de ce partenariat et demande le suivi et l’évaluation continus de sa mise en application par le gouvernement israélien; se félicite du dialogue de haut niveau anticipé avec le Premier ministre palestinien, qui se tiendra en avril 2025;

33.

réaffirme son soutien sans faille à une solution négociée à deux États, dans le respect des frontières de 1967, avec deux États souverains et démocratiques en tant que voisins pacifiques et avec Jérusalem pour capitale commune, solution qui reste la voie la plus viable vers une paix et une sécurité durables pour les Israéliens comme pour les Palestiniens; demande à la VP/HR de soutenir tous les efforts déployés à cette fin, et en particulier l’Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution à deux États; invite toutes les parties à redoubler d’efforts pour lever les obstacles à cette solution et pour engager un dialogue en vue de parvenir à une entente et à un respect mutuels; se félicite de la perspective d’un retour de l’Autorité palestinienne à Gaza; déplore que l’Autorité palestinienne n’ait pas organisé d’élections depuis 2005, ce qui nuit à sa crédibilité, et espère que des élections auront lieu prochainement; est convaincu qu’il ne peut y avoir de perspective de paix, de sécurité, de stabilité et de prospérité pour Gaza ni de réconciliation entre les populations israélienne et palestinienne, tant que le Hamas et d’autres groupes terroristes joueront un rôle dans la bande de Gaza; invite par conséquent le représentant spécial de l’Union européenne pour le processus de paix au Moyen-Orient à soutenir les initiatives de lutte contre la radicalisation des jeunes dans la région; condamne l’accélération de la colonisation illégale des territoires palestiniens par Israël, qui viole le droit international, compromet les initiatives visant à parvenir à une solution à deux États et constitue un obstacle majeur à une paix durable; réaffirme le rôle important des accords d’Abraham en tant que dispositif permettant d’instaurer une paix, une stabilité et une prospérité durables au Moyen-Orient; se félicite du plan arabe de redressement et de reconstruction présenté au sommet du Caire le 4 mars 2025, qui représente une base sérieuse pour les discussions sur l’avenir de la bande de Gaza; encourage la VP/HR et la commissaire à la Méditerranée à dialoguer de façon constructive avec les partenaires arabes afin de parvenir à des solutions crédibles pour la reconstruction, la gouvernance et la sécurité de Gaza; rejette cependant la proposition de Trump pour Gaza, qui ne tient aucun compte de la volatilité des conditions de sécurité au Moyen-Orient; estime que l’ampleur des destructions et des souffrances humaines à Gaza nécessite une action internationale globale dans le cadre de laquelle les États-Unis, avec l’Union européenne, les Nations unies, les États arabes et d’autres partenaires internationaux compléteraient mutuellement leurs efforts pour que les négociations reprennent et soient constructives; se déclare favorable aux futures tentatives de normalisation entre Israël et les États arabes de la région;

34.

soutient une solution équitable et viable à la question des réfugiés palestiniens; souligne que l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) joue un rôle important dans la fourniture de l’aide humanitaire et des services essentiels qui, dans les circonstances actuelles, ne doivent pas souffrir d’interruption, et considère que toutes les agences des Nations unies opérant dans la région doivent être soutenues dans leurs efforts; rappelle toutefois qu’il s’inquiète des graves allégations formulées à l’encontre de membres du personnel de l’UNRWA, selon lesquelles ce dernier aurait employé des membres de l’organisation terroriste Hamas; se félicite des mesures prises par les Nations unies à la suite des allégations concernant le personnel de l’Agence et salue l’engagement total pris par l’UNRWA de mettre en œuvre les recommandations découlant du rapport Colonna; reprend à son compte les conclusions du Conseil européen du 17 octobre 2024 qui condamnent toute tentative d’abroger l’accord de 1967 entre Israël et l’UNRWA; demande instamment que la Commission veille à ce qu’aucun fonds du budget de l’Union ne finance, ne favorise ou ne soutienne les activités du Hamas ou du Hezbollah; souligne que des mesures supplémentaires pourraient être nécessaires à l’avenir pour continuer à renforcer la transparence et l’obligation de rendre des comptes;

35.

se déclare inquiet face à la montée des tensions au Moyen-Orient et exhorte toutes les parties concernées à respecter le droit humanitaire international, à faire preuve de la plus grande retenue et à s’engager à désamorcer la situation, car il faut à tout prix éviter un conflit régional; déplore les milliers de pertes civiles; demande instamment le désarmement du Hezbollah dans le cadre de mesures plus larges visant à réduire les hostilités et à garantir la stabilité régionale; invite la VP/HR à présenter une stratégie globale de l’Union pour le Moyen-Orient, à accroître la présence effective de l’Union dans la région, à promouvoir la stabilité et la paix à long terme dans la région et à renforcer les partenariats avec les principales parties prenantes régionales; souligne que la stratégie doit être précisée au cours des premiers mois du mandat de la nouvelle Commission et qu’elle devrait apparaître dans le prochain CFP pour qu’elle ait des effets tangibles sur une situation qui se détériore rapidement; souligne que les États membres doivent intensifier leurs efforts diplomatiques avec leurs partenaires internationaux, y compris les pays du Golfe, afin d’encourager de toute urgence l’apaisement des tensions et l’instauration d’un véritable dialogue; souligne la nécessité de donner la priorité aux organisations de la société civile de la région et de les renforcer, en particulier celles qui œuvrent pour la protection des droits de l’homme et la consolidation de la paix;

36.

condamnent fermement le rôle déstabilisateur que jouent le régime iranien et son réseau d’acteurs non étatiques dans la région; rappelle que l’Iran ne se cache plus derrière ses supplétifs et condamne les deux attaques directement et ouvertement menées par l’Iran sur le territoire israélien en 2024, auxquelles Israël a riposté à chaque fois, signe d’une escalade sans précédent du conflit; condamne fermement les attaques du Hezbollah contre Israël qui ont conduit à une invasion terrestre israélienne au Liban, et entraîné un grand nombre de victimes civiles, des déplacements forcés et une escalade des violences au Liban; prend acte du cessez-le-feu conclu le 27 novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah pour une période de 60 jours; exhorte Israël à se retirer du Sud-Liban conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies; rappelle que les hostilités doivent définitivement cesser dès que possible afin qu’une solution diplomatique puisse être trouvée le long de la ligne bleue; exige la mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies dans son intégralité, seule voie possible pour désamorcer les tensions et stabiliser durablement la frontière israélo-libanaise ainsi que pour restaurer pleinement la souveraineté, l’intégrité territoriale et la stabilité du Liban; salue la décision du Conseil du 21 janvier 2025 concernant l’adoption d’une troisième mesure d’assistance au titre de la facilité européenne pour la paix, d’un montant de 60 millions d’EUR, en faveur des forces armées libanaises;

37.

invite le Conseil et la VP/HR à ajouter le Hezbollah dans son intégralité à la liste des organisations terroristes établie par l’Union;

38.

prend acte du mandat d’arrêt délivré par la CPI le 21 novembre 2024;

39.

fait écho à l’appel lancé par la présidente de la CPI, la juge Tomoko Akane, pour que l’Union prenne des mesures immédiates pour protéger la CPI et l’état de droit au sein de la communauté internationale, y compris en modifiant rapidement la loi de blocage de l’Union afin de faire entrer la CPI dans son champ d’application;

40.

se félicite de la formation d’un nouveau gouvernement; souhaite que le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam parviennent à concrétiser les aspirations du peuple libanais; s’engage à aider le pays en ce qui concerne la reconstruction des institutions de l’État capables de remplir leur mission au service de tous les citoyens, en poursuivant un programme tourné vers les réformes et l’avenir, en particulier en ce qui concerne les libertés civiles et l’état de droit; soutient les efforts de reconstruction et l’engagement simultané sur la voie de la stabilisation politique et de la reprise socio-économique; invite la VP/HR à relancer le partenariat UE-Liban, notamment par l’organisation prochaine d’un conseil d’association;

41.

condamne fermement les récentes attaques menées par les forces de défense israéliennes et le Hezbollah contre la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL); réaffirme que l’ensemble du personnel et des locaux des Nations unies bénéficient d’une protection inviolable, rappelle le rôle stabilisateur essentiel joué par la FINUL au Sud-Liban, à laquelle seize États membres contribuent, et demande qu’il soit mis fin immédiatement à ces attaques;

42.

se félicite de la décision de l’Union de reconduire les sanctions contre l’Iran jusqu’en juillet 2025, notamment en sanctionnant la production par l’Iran de drones et de missiles et leurs livraisons à la Russie et à la région du Moyen-Orient au sens large; met en évidence les liens étroits entre l’Iran et le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), ses supplétifs tels que les houthis et les milices opérant en Iraq et en Syrie; condamne fermement le grand nombre d’attentats terroristes et d’assassinats, ou de tentatives d’attentats, perpétrés par le CGRI dans le monde entier, y compris sur le sol européen, ces dernières décennies; demande une nouvelle fois que le CGRI soit ajouté de toute urgence à la liste des organisations terroristes établie par l’Union; rappelle que les options de sanction qui n’ont pas encore été épuisées impliquent une démarche beaucoup plus restrictive à l’égard des transferts de technologies effectués par le biais d’exportations de produits qui ne sont pas classés dans la catégorie des produits à «double usage»;

43.

condamne fermement les attaques déstabilisantes menées par les houthis contre les navires commerciaux ainsi que militaires transitant par la mer Rouge; souligne que ces attaques ont considérablement perturbé le commerce mondial, étant donné que les compagnies maritimes sont contraintes de rediriger une grande partie du trafic de la mer Rouge via la pointe méridionale de l’Afrique; préconise une action collective et encourage l’Union à renforcer son rôle et sa coopération internationale, et demande instamment que des mesures soient prises pour garantir la liberté de navigation sur l’une des voies navigables les plus importantes au monde; demande l’arrêt immédiat de ces attaques illégales;

44.

souscrit à l’objectif d’empêcher à tout prix l’Iran de se doter d’armes nucléaires; souligne toutefois que le régime de Téhéran a clairement rejeté une relance du plan d’action global commun (PAGC) et a refusé de coopérer dans le conflit qui l’oppose à l’Agence internationale de l’énergie atomique; précise que, dans le même temps, l’Iran a augmenté ses capacités en matière d’armes nucléaires; regrette l’absence actuelle de stratégie visant à persuader l’Iran de renoncer à se doter d’une capacité nucléaire militaire, ainsi que l’absence de plan d’action pour le cas où l’Iran franchirait le seuil nucléaire; invite la VP/HR à présenter à l’égard de l’Iran une stratégie révisée qui permette de faire face à toute éventualité;

45.

se déclare inquiet des propos provocateurs, alimentés par la désinformation, qui entourent ce conflit, et de leur instrumentalisation par des acteurs malveillants pour semer la méfiance et la haine, y compris au sein des sociétés européennes, comme l’illustre notamment, mais pas uniquement, la montée inquiétante de l’antisémitisme; signale que la lutte menée par l’Union contre la désinformation devrait être axée en priorité sur cette question, et demande à la Commission d’adopter une stratégie coordonnée en tenant compte des dimensions externes et internes de ses politiques, y compris, à titre non exhaustif, le futur plan de communication stratégique visant à promouvoir le rôle de l’Union dans le voisinage méridional;

46.

se réjouit de la chute du régime d’Assad en Syrie, un événement historique; rappelle que ce régime n’a pu tenir aussi longtemps que grâce au soutien de ses alliés russes et iraniens et que son effondrement montre que ces derniers ont perdu de leur force; se félicite du nouveau départ pris par les relations entre l’Union et la Syrie, qu’illustrent la nomination d’un chargé d’affaires de l’UE à Damas, le dialogue diplomatique et les réunions à haut niveau auxquels participent des dirigeants des États membres et de l’Union, ainsi que la neuvième conférence de Bruxelles, qui s’est tenue le 17 mars 2025, avec la participation du ministre intérimaire des affaires étrangères Asaad al-Shibani; considère que l’établissement de relations diplomatiques avec le nouveau pouvoir syrien ne doit pas servir de prétexte pour faire preuve d’indulgence à l’égard des ressortissants des États membres qui ont combattu sous la bannière de groupes islamistes en Syrie; déclare que ces combattants représentent toujours une menace pour les pays dont ils sont ressortissants et pour tous les États membres de l’Union; renouvelle son soutien indéfectible à l’intégrité territoriale de la Syrie et souligne qu’il est urgent de renforcer l’aide humanitaire et la protection des 16,7 millions de personnes qui en dépendent; salue, à cette fin, la prorogation illimitée des exemptions humanitaires et la suspension progressive, mais conditionnelle, des sanctions dans toute une série de secteurs économiques afin de fournir à l’économie syrienne le poumon dont elle a tant besoin; s’engage à suivre de près le processus de transition politique et à demander aux États membres d’annuler la levée des sanctions si les autorités syriennes ne respectent pas leurs engagements déclarés; reconnaît que le risque d’insurrection de la part de groupes armés fidèles à l’ancien régime complique la mise en place ordonnée d’un État et encourage les autorités intérimaires à organiser d’urgence le désarmement des organisations paramilitaires et des civils, en particulier à la suite des mouvements de rétorsion qui visent la communauté alaouite au motif de ses liens supposés avec le régime Assad; invite l’UE et ses États membres à soutenir le processus de mise en œuvre de l’accord entre le gouvernement de transition syrien et l’Administration autonome démocratique du nord et de l’est de la Syrie, dirigée par les Kurdes, afin de garantir la pleine reconnaissance de la communauté kurde et sa participation politique en Syrie; invite toutes les parties à contribuer à une transition politique pacifique pilotée par les Syriens en vue de parvenir à un modèle de gouvernement ouvert et démocratique qui garantisse la représentation, la participation et l’égalité des droits des femmes, des minorités et de tous les membres de la société syrienne, indépendamment de leur appartenance ethnique ou de leur religion, et qui place le bon fonctionnement des institutions de l’État et le bien-être du peuple syrien au cœur de son action; se félicite que le président intérimaire Ahmed al-Charaa reconnaisse la diversité de la Syrie tout en prenant acte du fait que la composition du gouvernement par intérim actuel n’est pas représentative à cet égard; est fermement convaincu que la réussite de la transition politique syrienne, notamment la sauvegarde de la paix civile et l’instauration de la confiance dans les institutions de l’État, réside dans un dispositif de justice transitionnelle et de réconciliation permettant de lutter contre l’impunité de tous ceux qui sont responsables de violations du droit humanitaire international; souligne que la lutte contre l’impunité en Syrie est un impératif moral et politique pour la communauté internationale; invite l’Union et ses États membres à soutenir les travaux du mécanisme international, impartial et indépendant chargé de faciliter les enquêtes sur les violations les plus graves du droit international commises en République arabe syrienne depuis mars 2011 et d’aider à juger les personnes qui en sont responsables; encourage la Syrie à ratifier le statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) et à aligner la législation nationale sur celui-ci, ainsi qu’à conférer à la CPI une compétence rétroactive au moyen d’une déclaration; invite l’Union et ses États membres à réfléchir à la mise en place d’une mission spéciale, en coopération avec des partenaires internationaux, pour recueillir les preuves des crimes graves commis par le régime d’Assad, ainsi que par toutes les autres factions; souligne l’importance de préserver l’intégrité territoriale de la Syrie, en vue également de contribuer à préserver la stabilité dans la région; demande à la VP/HR et aux États membres de prendre immédiatement des mesures pour empêcher que des forces, des paramilitaires ou des services de renseignement russes ne se réinstallent ou ne se renforcent dans le pays;

Encourager la coopération avec les partenaires partageant les mêmes valeurs

47.

constate que l’exigence d’unanimité oblige les États membres à œuvrer sans relâche pour parvenir à un compromis et à l’unité, fondement de l’influence politique de l’Union sur la scène internationale; souligne toutefois qu’il convient d’examiner de façon critique le compromis entre, d’une part, l’idéal d’unité et, d’autre part, le coût élevé de l’unanimité sous l’angle de la crédibilité sur la scène mondiale, en particulier si l’on garde à l’esprit qu’il faut assurer le bon fonctionnement d’une Union élargie;

48.

déplore, dans ce contexte, que certains États membres aient utilisé leur droit de veto pour vider des accords de leur substance, retarder la prise de décision ou faire échouer en bloc toute politique commune; regrette que le potentiel d’action rapide, efficiente et efficace en matière de politique étrangère, de sécurité et de défense, comme prévu notamment par les clauses passerelles du traité UE, n’ait jamais été utilisé;

49.

demande une nouvelle fois au Conseil de passer progressivement au vote à la majorité qualifiée pour les décisions relevant de la PESC qui n’ont pas d’implications militaires ou en matière de défense; prend acte des préoccupations de certains États membres qui craignent une diminution de leur capacité à influencer la politique étrangère et de sécurité au niveau de l’Union; encourage, dans l’attente de la pleine application du vote à la majorité qualifiée aux décisions n’ayant pas d’implications militaires ou en matière de défense, le recours sans réserve à toutes les solutions actuellement disponibles pour renforcer la capacité de décision à cet égard, y compris le recours à l’abstention constructive conformément à l’article 31, paragraphe 1, du traité UE; constate que les progrès réalisés en vue du recours au vote à la majorité qualifiée ne peuvent être que graduels et reposer sur l’élaboration d’une culture stratégique européenne;

50.

souligne que le monde d’aujourd’hui devient plus multipolaire et moins multilatéral; souligne que les enceintes multilatérales, dont les plus importantes sont les Nations unies et leurs agences, devraient être la forme de coopération privilégiée par l’Union; invite les États membres à renforcer les formes inclusives d’action multilatérale et encourage, dans ce contexte, la Commission, le SEAE et le Conseil à intensifier la coopération interinstitutionnelle avec les organisations multilatérales qui font partie intégrante de l’ordre international fondé sur des règles et à protéger ainsi les Nations unies ainsi que le système multilatéral dans son ensemble; s’inquiète, à cet égard, de l’importance croissante des formats de coopération exclusive, qui s’accompagnent d’une concurrence de plus en plus vive; s’inquiète de voir augmenter le nombre de membres des BRICS, qui représente actuellement 45 % de la population mondiale; souligne qu’une telle coopération donne à la Russie les moyens de contourner les mesures destinées à l’isoler politiquement et permet à la Chine d’étendre encore son influence par ses pratiques de financement de projets d’infrastructure; souligne que l’ampleur de l’engagement de la Chine dépendra de sa volonté de faire des concessions en vue d’aborder la gestion et la restructuration de la dette du Sud global; relève, dans le même temps, que les institutions et les normes internationales sont de plus en plus instrumentalisées et fragilisées par les régimes autocratiques; souligne que cette tendance place l’Union dans une position délicate, car elle doit trouver un équilibre entre la nécessité de favoriser une conception large et sans restriction du multilatéralisme et le renforcement la coopération avec des partenaires soigneusement choisis et partageant les mêmes valeurs;

51.

invite la Commission et le Conseil à réévaluer et à réexaminer l’approche de l’Union à l’égard du groupe des pays BRICS et de ses partenaires et à élaborer une politique distincte de l’Union à l’égard des BRICS+;

52.

demande instamment une révision de l’aide financière de l’Union aux pays tiers afin de veiller à ce qu’elle ne soutienne pas les gouvernements qui contestent les valeurs européennes, diffusent une propagande anti-occidentale, soutiennent la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et sapent l’ordre international actuel qui défend la démocratie, les droits de l’homme et la lutte contre la corruption;

53.

souligne, dans ce cadre, que le contexte géopolitique dans lequel l’Union opère reste marqué par des incertitudes profondes et un glissement de la coopération à la concurrence; observe avec inquiétude la manière dont tous les types d’interaction sont instrumentalisés et constate que cette tendance nuit à la coopération internationale à un moment où les transitions mondiales doivent s’accélérer afin de répondre concrètement aux défis mondiaux; rappelle que l’Union ne peut se permettre de se replier sur elle-même et doit rester ouverte et tournée vers le monde pour défendre ses valeurs et ses intérêts; souligne qu’à la lumière des efforts accrus déployés par des pays tiers pour déstabiliser l’ordre international et porter atteinte au multilatéralisme en diffusant des fausses informations, il est essentiel de renforcer la coopération et la coordination avec des partenaires partageant les mêmes valeurs;

54.

invite les institutions de l’Union et les États membres à soutenir activement une réforme institutionnelle globale des institutions multilatérales, au premier chef le système des Nations unies et en particulier le Conseil de sécurité de l’ONU, réforme qui devrait inclure des mesures visant à limiter le recours au veto, à renforcer la représentation régionale, à faire en sorte que l’organe exécutif rende des comptes à l’assemblée qui l’a élu et à redéfinir la composition de cet organe afin de mieux tenir compte de la réalité géopolitique, notamment en créant un siège permanent pour l’Union; souligne que de telles réformes sont essentielles pour renforcer le multilatéralisme, pour améliorer la gouvernance mondiale et les prises de décisions fondées sur des valeurs ainsi que pour relever les défis internationaux de manière plus inclusive et plus réactive;

55.

réitère l’importance d’un partenariat solide et constructif avec le Royaume-Uni, compte tenu non seulement de l’existence d’un accord de commerce et de coopération global sans précédent, et de la base de valeurs communes telles que la démocratie, le soutien en faveur du multilatéralisme et le respect des droits de l’homme, mais aussi de la portée des questions d’intérêt commun dans des domaines tels que la défense, le climat et l’énergie, la gestion des frontières, la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée et la promotion de la paix et de la stabilité; se félicite, en particulier, de la volonté renouvelée du nouveau gouvernement britannique de réfléchir avec l’Union aux possibilités d’une coopération plus étroite et plus pérenne en matière de politique étrangère et de sécurité, qui s’appuierait sur des actions concrètes et s’inspirerait de la bonne coopération au niveau des Nations unies ainsi que de la coordination efficacement menée entre l’Union et le Royaume-Uni pour l’adoption et le respect des sanctions contre la Russie; estime qu’une coordination de ce type apporte une valeur ajoutée à la fois à l’Union et au Royaume-Uni, et se félicite par conséquent de l’accord prévoyant que les deux parties œuvreront à la création d’un partenariat UE-Royaume-Uni en matière de sécurité, fondé sur des intérêts communs et des responsabilités collectives; estime que dans le cadre d’un tel partenariat, certains sujets comme la sécurité maritime devraient faire l’objet de consultations; demande que le Parlement soit dûment informé et associé à ces réflexions avant et après le sommet prévu entre le Royaume-Uni et l’Union;

56.

prend acte du résultat des élections présidentielles et législatives aux États-Unis; se déclare préoccupé de la rapidité avec laquelle la nouvelle administration américaine a renversé les partenariats établis et la tradition diplomatique; fait part de sa consternation face à la politique actuelle qui consiste à s’en prendre à ses alliés traditionnels et à apaiser la Russie; déplore les récents propos du vice-président des États-Unis J.D. Vance, qui mettent en doute les valeurs communes qui sous-tendent le partenariat transatlantique; signale qu’en menant cette politique erratique, l’administration Trump met en péril une denrée rare: la confiance accordée aux États-Unis; estime, néanmoins, que la relation transatlantique reste indispensable à la sécurité des partenaires des deux côtés de l’Atlantique et qu’elle demeure donc digne d’intérêt; juge plus essentiel que jamais de poursuivre le dialogue avec ses homologues américains au niveau fédéral et au niveau des États; encourage les États membres à recourir à des canaux diplomatiques bilatéraux avec leurs homologues américains, en tant que forme de coopération privilégiée par l’administration américaine, et à faire preuve d’unité et d’engagement en faveur d’une position commune de l’Union; rappelle l’importance que revêtent les sommets UE-États-Unis organisés régulièrement afin de dynamiser au plus haut niveau la future coopération; soutient sans réserve le renforcement de la coopération dans le cadre du dialogue transatlantique entre l’Union et les États-Unis, notamment grâce à la diplomatie parlementaire transatlantique;

57.

déplore la décision des États-Unis de mettre soudainement un terme à la majeure partie de leur aide humanitaire et de leur aide au développement, y compris, mais sans s’y limiter, à l’aide fournie jusqu’à présent par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), décision qui a des effets dévastateurs sur la vie d’innombrables personnes, mais qui expose également les droits de l’homme et la sécurité mondiale à de graves conséquences; reconnaît que l’Union ne peut pas remplacer l’USAID, mais qu’elle doit réaffecter les ressources de manière stratégique et intelligente dans le cadre d’une approche «Équipe Europe» afin d’atténuer les incidences, tant dans l’intérêt des pays concernés que dans notre propre intérêt; se félicite de l’annonce de la Commission et du SEAE selon laquelle des efforts sont entrepris pour injecter des liquidités dans les régions gravement touchées, par le redéploiement et l’augmentation des préfinancements; salue la décision de lancer une cartographie au niveau de l’Union, qui devrait également tenir compte des effets secondaires, et demande que les résultats soient communiqués aux États membres et au Parlement; demande à la Commission de publier une déclaration faisant le point sur la réponse globale de l’Union à cette crise;

58.

invite la Commission à resserrer les liens avec le Canada afin de relever les défis mondiaux qui menacent les valeurs, les intérêts, la sécurité et la prospérité que nous avons en commun; estime que le dialogue bilatéral sur la sécurité et la défense ainsi que le partenariat à venir en la matière constituent la base d’une coopération renforcée dans ce domaine, y compris en ce qui concerne les initiatives respectives visant à stimuler la production de l’industrie de la défense;

59.

réaffirme, en tout état de cause, la nécessité pour les États membres de rendre pleinement opérationnel le concept d’autonomie stratégique et de préparation à la défense de l’Union et, à cette fin, de réaliser des investissements collectifs et bien coordonnés dans leur sécurité et leur défense en vue de parvenir à une véritable Union européenne de la défense qui soit interopérable avec l’OTAN, complémentaire de celle-ci et qui puisse agir de manière indépendante en cas de besoin; estime que l’Union doit agir de toute urgence pour réduire ses dépendances à l’égard de pays tiers en ce qui concerne ses capacités de défense, en particulier pour les soutiens stratégiques, et garantir sa propre sécurité autonome; rappelle que la base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE) représente un atout stratégique tant pour la sécurité et la défense de l’Union que pour sa politique étrangère; invite à renforcer cette base de manière significative et à approfondir les partenariats industriels dans le domaine de la défense ainsi qu’à intégrer la base industrielle de partenaires fiables partageant les mêmes valeurs dans la BITDE, en premier lieu l’Ukraine;

60.

promeut des relations étroites avec les pays d’Europe occidentale non membres de l’Union, en particulier la coopération dans certains domaines de l’action extérieure de l’Union; se félicite dans ce contexte de la conclusion des négociations sur un large éventail de mesures relatives aux futures relations entre l’Union et la Suisse, qui marquent une étape importante dans le renforcement et l’approfondissement de ces relations déjà étroites; demande à la Commission de moderniser et d’approfondir les relations bilatérales entre l’Union et la Suisse; souligne l’importance de promouvoir des relations plus approfondies avec la Norvège, en particulier dans le cadre du partenariat en matière de sécurité et de défense, ainsi que pour la gestion coopérative des stocks partagés et la poursuite des activités de pêche qui ont cours depuis longtemps; appelle de ses vœux la signature à bref délai de l’accord d’association entre l’Union européenne, d’une part, et Andorre et Saint-Marin, d’autre part;

61.

se félicite du nouvel essor des relations bilatérales entre l’Union européenne et l’Arménie, que les autorités d’Erevan soutiennent largement; demande à la Commission et au Conseil de soutenir activement le souhait de l’Arménie de coopérer davantage avec l’Union européenne; exprime son soutien plein et entier aux travaux récemment entrepris dans le cadre du programme de partenariat UE-Arménie, qui établit des priorités communes plus ambitieuses en matière de coopération dans tous les domaines;

62.

soutient résolument les activités de la mission de l’Union européenne en Arménie (EUMA) et souligne le rôle important qu’elle joue; invite l’EUMA à continuer de suivre de près l’évolution de la situation en matière de sécurité sur le terrain, à fournir des informations transparentes au Parlement et à contribuer activement aux efforts de résolution des conflits; demande à l’Union et à ses États membres de renforcer le mandat de l’EUMA, d’en augmenter les effectifs et d’en prolonger le mandat; demande aux autorités azerbaïdjanaises d’accepter pareille mission civile de leur côté de la frontière également;

63.

estime que le centre de gravité de l’ordre mondial se déplace vers la région indopacifique et que l’Union doit renforcer son rôle actif et sa présence dans cette région pour préserver ses intérêts, promouvoir la stabilité et défendre un ordre international fondé sur des règles; réaffirme qu’une région indopacifique, stable et fondée sur des règles revêt un intérêt vital pour l’Europe; craint que la concurrence entre grandes puissances n’impose des limites à la capacité de l’Union à promouvoir le multilatéralisme dans la région; souligne, dans ce contexte, que le dialogue Asie-Europe est toujours paralysé en raison des tensions géopolitiques avec la Russie; demande, dans ce contexte, le resserrement des liens en matière de politique étrangère, de sécurité et de défense avec des partenaires partageant les mêmes valeurs dans la région, conformément à la stratégie de l’Union pour la coopération dans la région indopacifique; encourage la VP/HR à promouvoir la visibilité et l’efficacité de l’action extérieure de l’Union avec nos partenaires de la région indopacifique, en particulier l’Australie, l’Inde, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud, le Japon et Taïwan;

64.

rappelle, dans ce contexte, le partenariat stratégique que l’Union entretient avec le Japon et qui devrait servir de modèle pour un partenariat bilatéral fructueux permettant d’élaborer efficacement des politiques dans des contextes multilatéraux; relève que l’Union et le Japon célèbrent en 2024 le cinquantième anniversaire de leurs missions diplomatiques respectives et souligne avec force l’intérêt de l’Union à approfondir et à amplifier ce partenariat bilatéral au cours des cinquante prochaines années; se félicite, à cette fin, de l’accord de partenariat économique UE-Japon ainsi que de l’accord de partenariat stratégique UE-Japon, lequel prévoit, entre autres, des consultations sur le déploiement d’initiatives communes en matière de défense, y compris l’échange d’informations sur les questions liées à l’industrie de la défense, de même que la recherche d’une éventuelle participation mutuelle à des initiatives communes en matière de défense;

65.

constate que les défis géopolitiques ont renforcé l’intérêt commun de l’Union et de l’Inde à garantir la sécurité, la prospérité et le développement durable; demande la tenue d’un sommet Inde-UE afin de maintenir les relations bilatérales au premier rang des priorités; considère que les principaux domaines de coopération sont le changement climatique et la croissance verte, la numérisation et les nouvelles technologies, la recherche et le développement, la connectivité, le commerce et l’investissement, la politique étrangère et la politique de sécurité et de défense; demande, à cet égard, que les États membres s’impliquent davantage; invite également les États membres à développer et à élargir la coopération entre l’Inde et l’Union en matière de sécurité maritime, en réponse à la présence croissante de la Chine dans la région indopacifique; souligne la nécessité de nouer un dialogue avec l’Inde sur sa forte dépendance militaire à l’égard de la Russie ainsi que sur ses livraisons à cette dernière de technologies critiques soumises à restrictions; demande instamment à l’Inde de condamner à la guerre d’agression illégale menée par la Russie contre l’Ukraine et à se joindre à la politique de sanctions prises par l’Union à l’encontre de la Russie;

66.

considère l’Inde comme un partenaire démocratique important et encourage l’Union à dialoguer étroitement avec le gouvernement indien sur le respect des droits de l’homme et de l’état de droit, sur le plan tant intérieur qu’international; préconise la mise en œuvre intégrale de la stratégie de l’Union pour l’Inde de 2018 et de la feuille de route UE-Inde à l’horizon 2025, en étroite coordination avec les propres initiatives des États membres; souligne en particulier la nécessité de promouvoir de plus grandes synergies dans le domaine de la politique étrangère et de la sécurité grâce aux mécanismes de dialogue existants et à d’autres instances de dialogue mises en place dans le cadre de la feuille de route UE-Inde à l’horizon 2025; estime que la visite historique de la présidente de la Commission et du collège des commissaires en Inde les 27 et 28 février 2025 a marqué le début d’un nouveau chapitre de l’histoire des relations entre les deux parties et a réaffirmé l’existence d’un lien stratégique dont le potentiel est inexploité; se félicite de l’annonce d’un prochain programme stratégique UE-Inde;

67.

réaffirme que l’Union reste attachée à sa politique d’une seule Chine, qui constitue l’un des principes des relations entre l’Union et la Chine; rappelle que Taïwan est un partenaire démocratique majeur de l’Union dans la région indopacifique; mesure l’importance de Taïwan pour la sécurité des chaînes d’approvisionnement mondiales, en particulier dans le secteur des hautes technologies, et demande instamment à l’Union et à ses États membres de coopérer plus étroitement avec Taïwan afin de continuer à renforcer les liens économiques, commerciaux et d’investissement; encourage la Commission à prendre sans tarder des mesures pour préparer les négociations d’un accord d’investissement avec Taïwan; souligne que toute tentative de la part de régimes autoritaires visant à faire obstacle à l’évolution positive des relations entre l’Union et Taïwan est inacceptable;

68.

condamne vivement les provocations militaires continues de la Chine à l’encontre de Taïwan, et rejette de nouveau fermement toute modification unilatérale du statu quo dans le détroit de Taïwan; demande à l’Union et à ses États membres de signaler de manière claire et cohérente que toute tentative de modification unilatérale du statu quo dans le détroit de Taïwan, notamment par la force ou la coercition, ne saurait être acceptée et aura un coût élevé; souligne que les revendications territoriales de la Chine n’ont aucun fondement au regard du droit international et que seul le gouvernement démocratiquement élu de Taïwan peut représenter le peuple taïwanais; dénonce, en outre, le fait que la Chine, en dénaturant en permanence la résolution 2758 de l’Assemblée générale des Nations unies, empêche Taïwan de participer concrètement aux organisations multilatérales telles que l’OMS, l’Organisation de l’aviation civile internationale et la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques; demande par conséquent à l’Union et à ses États membres de soutenir la participation effective de Taïwan au sein des organisations internationales;

69.

se déclare profondément préoccupé par les récents changements intervenus dans la position intérieure et militaire de la Chine depuis le vingtième congrès national du Parti communiste chinois; estime que la Chine démontre qu’elle a à la fois l’intention et, de plus en plus, le pouvoir économique, diplomatique, technologique et militaire de redéfinir l’ordre mondial; souligne que la stratégie de fusion militaro-civile en est la preuve; souligne, dans ce contexte, que l’Union doit faire preuve de plus d’assurance et d’unité dans son rapport avec la Chine et invite donc la VP/HR et les États membres à revoir la stratégie à l’égard de la Chine en tenant pleinement compte de ses politiques intérieures de plus en plus oppressives, de sa politique étrangère offensive et du recours à la coercition économique comme moyen d’atteindre ses objectifs; considère que les enjeux liés à la montée en puissance de la Chine en tant qu’acteur mondial appellent une réponse multidimensionnelle équilibrée, fondée sur le principe de la coopération lorsqu’elle est possible, de la concurrence lorsqu’elle est nécessaire et de la confrontation lorsqu’elle est inévitable, grâce à laquelle l’Union maintient un dialogue ciblé avec la Chine en tant que membre permanent du conseil de sécurité des Nations unies sur un certain nombre de questions fondamentales;

70.

souligne que l’attitude de plus en plus agressive de la République populaire de Chine constitue une menace pour la liberté de navigation et compromet la stabilité, laquelle est essentielle au commerce mondial; précise que cette situation est suivie avec inquiétude par un nombre croissant de partenaires qui partagent les mêmes valeurs et sont attachés à la paix et à la stabilité dans la région; insiste sur la nécessité de renforcer la dissuasion contre les comportements déstabilisateurs, notamment par des opérations régulières visant à défendre la liberté de navigation face aux tentatives de la République populaire de Chine de soumettre à son contrôle les eaux internationales et l’espace aérien;

71.

estime que la Chine, en continuant à développer le partenariat stratégique sino-russe, notamment dans les domaines du transfert de technologies et de capacités militaires, permet (indirectement) à la Russie de mener une guerre d’agression contre l’Ukraine;

72.

condamne une nouvelle fois la violation par la Chine de ses engagements internationaux, ses violations des déclarations communes sino-britannique et sino-portugaise, du pacte international relatif aux droits civils et politiques, du principe «un pays, deux systèmes» et de la loi fondamentale de Hong Kong, ainsi que la répression menée contre les figures de la lutte pour l’autonomie de la région administrative spéciale et de l’opposition, parmi lesquelles des membres de la société civile et les membres de leur famille; demande à la Commission d’examiner le statut autonome de Hong Kong et de Macao à la lumière des violations par la Chine des déclarations communes sino-britannique et sino-portugaise et des mesures portant atteinte à l’autonomie de Hong Kong;

73.

s’inquiète du pouvoir économique croissant des entreprises chinoises dans l’Union, y compris dans des secteurs stratégiques tels que la production de batteries; souligne qu’il est urgent de poursuivre la politique de réduction des risques en continuant à diminuer le degré de dépendance économique dans les secteurs critiques, conformément à la stratégie de sécurité économique de l’Union;

74.

rappelle que l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) est un allié essentiel dans le renforcement du multilatéralisme fondé sur des règles; soutient les efforts déployés par l’ANASE pour mener à bien les négociations avec la Chine sur un code de conduite efficace et substantiel en mer de Chine méridionale; encourage l’Union à s’impliquer davantage auprès de l’ANASE et à renforcer, avec cette dernière, la coopération et les initiatives en faveur d’un partenariat stratégique global, en s’appuyant sur les liens économiques et la croissance durable, et en particulier sur la coopération politique en matière de droits de l’homme et de démocratie; demande que le gouvernement d’unité nationale du Myanmar soit davantage soutenu et que les pays de l’ANASE soient plus fortement incités à s’aligner sur les sanctions internationales contre la junte militaire du Myanmar;

75.

demande instamment à la VP/HR et aux États membres de se concentrer sur les relations bilatérales avec les partenaires d’Afrique, notamment l’Afrique du Sud, le Ghana, le Maroc, le Kenya, le Sénégal et la Mauritanie, en tenant compte des besoins et des intérêts mutuels en vue de favoriser des partenariats réels et équilibrés; estime que le principe «donner plus pour recevoir plus» devrait être pleinement intégré dans les relations avec les pays tiers, l’Union développant des partenariats plus solides avec les pays qui respectent les principes de la PESC et de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), ainsi que les valeurs fondamentales de l’Union; est convaincu que l’Union doit continuer à concentrer son attention sur l’Afrique, qui est déjà un continent stratégique et qui jouera un rôle de plus en plus important à l’avenir;

76.

invite l’Union européenne à suspendre à la fois son protocole d’accord sur les matières premières et toute coopération militaire avec le Rwanda, y compris au moyen de la facilité européenne pour la paix ou de tout autre mécanisme, jusqu’à ce que le Rwanda mette fin à son soutien illégal aux groupes armés et respecte pleinement la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo (RDC); condamne les atteintes à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’est de la RDC par les rebelles du M23; condamne la prise de Goma et de Bukavu par le groupe armé M23 et son offensive continue au Sud-Kivu, qui a encore exacerbé la crise humanitaire aiguë et accru le risque de déstabilisation de la RDC et d’une véritable guerre régionale; soutient les processus de paix de Luanda et de Nairobi visant à parvenir à une solution politique au conflit par des moyens diplomatiques et demande instamment à la VP/HR de poursuivre les contacts diplomatiques avec les parties au conflit et les autres parties dans la région et d’accroître la pression sur les parties pour qu’elles reprennent des négociations pacifiques, notamment en reportant les consultations de l’Union en matière de sécurité et de défense avec le Rwanda et en adoptant des sanctions en fonction de la situation sur le terrain et des progrès réalisés dans les processus de médiation régionaux en cours; est vivement préoccupé par la situation humanitaire de milliers de personnes déplacées dans la région; prie instamment la VP/HR de prendre des mesures claires conformément à la stratégie de l’Union pour la région des Grands Lacs afin de rétablir la stabilité et de coopérer avec la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) afin de protéger les civils dans l’est de la RDC;

77.

souligne que les derniers événements survenus en Tunisie ont suscité des inquiétudes quant au respect des droits de l’homme et des normes démocratiques, ainsi qu’en témoignent les informations faisant état d’un manque de transparence, d’une participation limitée de l’opposition et d’une faible concurrence politique lors de l’élection présidentielle; souligne l’engagement et le soutien que l’Union continue d’apporter à la Tunisie en cette période politiquement et socio-économiquement sensible, en gardant le contact à différents niveaux;

78.

souligne que, pour l’Union, la stabilité, la sécurité et la croissance économique du bassin méditerranéen ainsi que, plus largement, des pays voisins du Sud, sont des enjeux directs et vitaux; rappelle que la politique européenne de voisinage a été créée dans le but louable de favoriser la stabilité, la prospérité et de bonnes pratiques de gouvernement dans les pays du sud de la Méditerranée; admet toutefois qu’il est aujourd’hui évident que ses instruments, ses objectifs et ses principes ne sont plus adaptés aux réalités actuelles de la région; déplore que près de trente ans après le début du processus de Barcelone, l’objectif de créer un espace de prospérité, de stabilité et de liberté partagée avec les pays du voisinage sud-méditerranéen n’ait pas été atteint; invite la Commission à présenter un nouveau pacte pour la Méditerranée; estime que l’Union et les pays du voisinage méridional devraient conclure des protocoles d’accord destinés à promouvoir la stabilité, la prospérité et la défense des droits de l’homme, sous réserve d’une coopération en matière de migration; rappelle que l’instabilité et l’insécurité dans le voisinage méridional demeurent un défi permanent pour la gestion des frontières extérieures de l’Europe; affirme que, tout en accordant la priorité aux relations bilatérales avec les pays de la région, l’Union devrait également continuer à encourager la coopération régionale par la voie des instances existantes, tels que l’Union pour la Méditerranée; se félicite de la nomination d’un commissaire chargé de la Méditerranée;

79.

souligne la nécessité pour l’Union européenne de renforcer et d’approfondir sa coopération avec les pays arabes et du Golfe, en réponse aux enjeux géopolitiques, sociaux et économiques urgents auxquels la région est confrontée; souligne qu’une collaboration renforcée devrait donner la priorité à des domaines clés tels que la migration, la transformation numérique, la sécurité, la transition écologique et les échanges culturels afin de mettre en place un partenariat résilient; appelle de ses vœux une vision stratégique qui adapte le dialogue avec chaque pays afin de promouvoir le développement durable et la compréhension mutuelle;

80.

se félicite de la conclusion fructueuse du premier sommet UE-Conseil de coopération du Golfe (CCG) et estime que ce sommet a marqué un tournant dans les relations entre l’Union européenne et ses partenaires du CCG, en soulignant notre engagement mutuel à renforcer les liens dans des domaines stratégiques, économiques et culturels essentiels;

81.

souligne l’importance de défendre et de promouvoir les valeurs démocratiques dans la région; condamne la montée des discours de haine, y compris à l’encontre des institutions européennes, et les atteintes aux libertés individuelles et à l’ordre international, tant dans les États membres qu’à l’étranger;

82.

souligne que les pays de l’Union, d’Amérique latine et des Caraïbes partagent les mêmes idées et les mêmes valeurs, la même langue, la même histoire, la même culture et la même religion, ce qui devrait en faire des partenaires naturels dans le contexte géopolitique actuel; note que la présence de l’Union dans la région s’est réduite au cours des dernières décennies, ce qui a créé un vide face à l’influence croissante de la Chine et de la Russie; invite instamment tous les pays d’Amérique latine à adopter une position plus ferme pour condamner l’agression menée par la Russie contre l’Ukraine; invite les États membres et le SEAE à mener une diplomatie volontariste dans la région, en mettant fortement l’accent sur la défense de l’ordre multilatéral mondial, du droit international et du respect de la démocratie et des droits de l’homme; demande instamment que des initiatives multilatérales soient engagées pour remédier à l’instabilité politique dans les pays les plus fragiles de la région, par exemple en Haïti;

83.

se félicite de la signature de l’accord-cadre avancé UE-Chili et demande qu’il soit rapidement et pleinement ratifié; se félicite également de la conclusion des négociations sur l’accord global modernisé UE-Mexique, annoncé par la Commission le 17 janvier 2025 et pour lequel le Parlement doit encore donner son approbation; met en avant que l’accord renforcerait le partenariat stratégique de l’Union avec le Mexique, reconnaissant le rôle central du pays en Amérique latine et son ambition de diversifier les partenariats commerciaux et politiques afin de réduire la dépendance économique à l’égard des États-Unis;

84.

prend acte de la conclusion de l’accord avec le Mercosur; se dit préoccupé par les conséquences potentiellement négatives de cet accord sur les normes de durabilité et de sécurité de l'Union européenne et sur la compétitivité du secteur agroalimentaire européen, et souligne que le Parlement doit examiner si l'accord respecte les normes de durabilité de l'Union européenne et le principe de réciprocité avant que sa ratification puisse être envisagée;

85.

se félicite de la réunion informelle UE-Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) et des initiatives menées dans le cadre de la feuille de route UE-CELAC 2023-2025 et, à cet égard, souligne la nécessité d’adopter une nouvelle feuille de route ambitieuse lors du sommet de 2025, qui continuera de renforcer notre partenariat et tiendra compte des bonnes pratiques établies jusqu’à présent;

86.

souligne la nécessité d’une position plus ferme pour lutter contre la violence à l’encontre des défenseurs de l’environnement et pour intensifier les efforts de l’Union en vue de favoriser la préservation de la biodiversité et l’adaptation à l’urgence climatique; propose de continuer à renforcer la coopération contre le crime organisé et le trafic de drogue, qui ont également des répercussions sur l’Union; préconise de renforcer considérablement la coopération birégionale dans la lutte contre ce phénomène;

87.

invite la VP/HR à faire en sorte que le travail avec les démocraties partageant les mêmes valeurs devienne une priorité de son mandat, et à systématiser la consultation des partenaires démocratiques et la coopération avec ces derniers afin de promouvoir la démocratie, d’améliorer la préparation commune et l’accès aux ressources de réaction aux crises; rappelle, dans ce contexte, la recommandation d’approfondir les liens avec les organisations régionales telles que l’ANASE ou l’Union africaine en vue de renforcer les structures de coopération en matière de sécurité;

88.

renouvelle son soutien à la communauté politique européenne en tant qu’instance de discussion, de dialogue et de coopération avec des partenaires européens sur la politique étrangère et les difficultés auxquelles nous sommes confrontés en matière de sécurité, dans l’objectif de renforcer la sécurité et la stabilité en Europe et de poursuivre une coopération en matière politique et de sécurité fondée sur des intérêts partagés; demande que le Parlement contribue étroitement à préciser le champ d’action et les futurs travaux de cette communauté; souligne qu’il est nécessaire, pour la réussite et la viabilité de ce format, de parvenir à un certain degré d’harmonisation des valeurs et des principes démocratiques; rappelle que la communauté politique européenne ne peut, en aucun cas, servir de prétexte pour retarder l’adhésion à l’Union des pays candidats;

89.

estime également qu’il importe de nouer de nouvelles alliances, notamment avec les pays de notre voisinage ainsi que dans les pays du Sud global, en tenant compte des besoins et des intérêts mutuels afin de favoriser la mise en place de partenariats réels, équilibrés et équitables; souligne qu’il importe de conclure avec les pays tiers des accords politiques fondés sur des valeurs européennes communes et les droits fondamentaux; invite l’Union à répondre aux attentes des pays partenaires et à conclure rapidement des accords politiques avec eux afin de montrer que l’Union est un partenaire fiable et stratégique et de démontrer que le système international fondé sur des règles est en mesure de relever les défis actuels; demande à la Commission de veiller à ce que le Parlement soit activement associé à la mise en place, à la mise en œuvre et au suivi des futurs partenariats pour des échanges et des investissements propres; demande, dans ce contexte, que des initiatives de collaboration entre l’Union et les pays du Sud global soient mises en place pour évaluer et résoudre la crise de la dette; note que les accords avec les pays du Sud global, en particulier dans le domaine des matières premières, devraient contribuer au développement économique local plutôt que d’accroître la dépendance et l’exploitation excessive des ressources;

Encourager l’action de l’Union européenne à l’étranger

90.

souligne le rôle de facilitatrice que joue la VP/HR entre la PESC et les partenaires étrangers de l’Union afin d’assurer le plus haut niveau de coordination et de cohérence dans l’action extérieure de l’Union; souligne la nécessité pour l’Union de renforcer la visibilité et l’efficacité de son action extérieure et de ses efforts de coopération au développement, mais regrette néanmoins que, dans certains cas, le manque de clarté de l’Union sur la scène internationale entrave sa communication stratégique à l’étranger; souligne la nécessité de définir clairement les compétences des fonctions de VP/HR, de président de la Commission et de président du Conseil européen en ce qui concerne l’action extérieure et la représentation de l’Union, afin que la voix de l’Union soit cohérente et perçue comme telle par nos partenaires; invite la Commission à renforcer sa coordination avec le SEAE dans le domaine de l’action extérieure, notamment en veillant au plein respect de l’article 3, paragraphe 2, et de l’article 9 de la décision SEAE (17), qui pourraient devoir être mis à jour;

91.

demande que le SEAE – tant son siège que les délégations de l’Union – soit renforcé par la mise à disposition de ressources financières et humaines appropriées afin de mieux préparer l’Union européenne aux défis mondiaux actuels et émergents; demande que le SEAE soit en mesure de sélectionner et de recruter son personnel diplomatique permanent de l’Union et de garantir un juste équilibre entre les hommes et les femmes et un équilibre géographique parmi les États membres à tous les niveaux au sein du SEAE; invite la VP/HR à présenter à bref délai des propositions pour la future structure opérationnelle de l’action extérieure de l’Union et, à cette fin, à tenir pleinement compte de la recommandation du Parlement européen du 15 mars 2023 dressant le bilan du fonctionnement du SEAE et plaidant en faveur d’une Union européenne plus forte dans le monde (18); souligne la nécessité de renforcer la communication stratégique et les travaux de l’Union en matière de lutte contre la désinformation au moyen de ressources et de bureaux spécifiques dans les régions et les pays présentant un intérêt stratégique;

92.

rappelle que l’Union a un intérêt stratégique à promouvoir le développement durable, la réduction de la pauvreté et l’égalité dans le monde, étant donné que ces efforts contribuent à la paix et à la sécurité mondiales à long terme; demande à la Commission de recourir effectivement et rapidement à la stratégie «Global Gateway» pour en faire un substitut pérenne à l’initiative chinoise à l’initiative chinoise «une ceinture, une route» et un moyen d’accroître la présence et la visibilité de l’Union dans le monde; rappelle que la stratégie «Global Gateway» doit être comprise comme un concept stratégique intégrant la politique étrangère, la politique économique et la politique de développement, y compris les transitions climatique et numérique, ainsi que les investissements dans les infrastructures afin de renforcer un partenariat étroit fondé sur des intérêts mutuels, le développement économique et des chaînes d’approvisionnement résilientes; souligne, dans ce contexte, que la coordination avec les institutions financières internationales, une participation bien définie du secteur privé et des communications stratégiques adaptées, y compris dans les pays bénéficiaires, sont essentielles pour que l’instrument prenne l’ampleur souhaitée; est préoccupé par les informations selon lesquelles plusieurs projets relevant de la stratégie «Global Gateway» sont mis en œuvre par des entreprises chinoises en violation directe des buts et objectifs de la stratégie, notamment le renforcement de la sécurité économique de l’Union et la promotion du développement économique et des partenariats mutuellement bénéfiques avec les pays tiers; demande dès lors une enquête immédiate et le retrait de toutes les entreprises chinoises participant à la stratégie «Global Gateway»; souligne que le soutien de l’Union devrait compléter d’autres initiatives telles que le partenariat pour les infrastructures et les investissements mondiaux, le corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe et le corridor de Lobito, et devrait en particulier tendre à la réalisation des objectifs de développement durable;

93.

réaffirme que le Parlement joue un rôle à part entière dans la PESC et y contribue de manière spécifique grâce à sa diplomatie parlementaire et à ses instruments, canaux et contacts distincts, notamment ses programmes de soutien à la démocratie, la commission des affaires étrangères, les dialogues parlementaires réguliers et les délégations officielles; souligne que la diplomatie parlementaire dispose d’un grand potentiel pour associer les principaux acteurs politiques et faciliter la gouvernance démocratique; insiste, en particulier, sur la valeur ajoutée de la diplomatie parlementaire dans la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et souligne, à cet égard, la précieuse coopération sur les plans politique et technique entre les parlements ukrainien et européen;

94.

est fermement convaincu que la diplomatie constitue une part importante de l’action de l’Union; préconise, dans cette optique, de renforcer la diplomatie préventive de l’Union en tant qu’outil prospectif de politique extérieure pour anticiper, arbitrer et résoudre pacifiquement les conflits entre les parties, invite le SEAE à intégrer les outils de diplomatie préventive de l’Union dans les mécanismes et actions de prévention structurelle, tels que les accords politiques entre les différents acteurs impliqués dans les conflits, les dialogues nationaux pour la réconciliation, la consolidation de la paix et la justice transitionnelle, ainsi que les commissions vérité et réconciliation; prie instamment le SEAE de mener des exercices consacrés aux «enseignements tirés» afin d’évaluer les efforts diplomatiques, de recenser les domaines à améliorer et d’intégrer les meilleures pratiques dans les futures initiatives; demande que les capacités du SEAE à cet égard soient renforcées, en particulier dans les services compétents en matière de préparation et de réponse aux crises; souligne l’urgence de doubler le budget de l’Union consacré à cette question dans le cadre de l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale et d’intensifier considérablement l’action de l’Union en matière de médiation, de dialogue et de réconciliation;

95.

réaffirme le rôle des représentants spéciaux de l’Union (RSUE), qui promeuvent les politiques et les intérêts de l’Union européenne dans des régions et des pays spécifiques et jouent un rôle important dans le développement d’une PESC plus forte et plus efficace en assurant à l’Union une présence politique active dans les pays et régions clés, en incarnant une «voix» et un «visage» de l’Union et de ses politiques; souligne qu’il importe de doter les RSUE de ressources suffisantes pour leur permettre de s’acquitter efficacement de ces tâches; souligne l’importance pour les RSUE de disposer d’un mandat large et souple, qui puisse s’adapter à des circonstances géopolitiques évolutives dans le but de promouvoir les politiques et les intérêts de l’Union dans des régions et des pays spécifiques et de jouer un rôle actif dans les efforts de diplomatie préventive; demande instamment que les nouveaux RSUE ne soient nommés qu’après avoir été entendus par le Parlement;

96.

souligne que la corruption facilite et aggrave les violations des droits de l’homme, les atteintes à ces droits et l’érosion des principes démocratiques et de l’état de droit; invite l’Union et ses États membres à agir face aux risques que la corruption fait peser sur la stabilité, l’exercice des pouvoirs publics et la paix, ainsi qu’à prévenir et à contrer ces menaces pesant sur les intérêts de l’Union et sur la prospérité et la sécurité mondiales, en particulier dans les pays du voisinage oriental et méridional de l’Union; incite l’Union, ses États membres, ses alliés et ses partenaires à coordonner davantage leurs efforts, dans la mesure du possible, afin de lutter contre la corruption systémique qui renforce les régimes autocratiques, facilite la propagation d’influences malveillantes, prive les sociétés de ressources essentielles et porte atteinte aux valeurs démocratiques, aux droits de l’homme et à l’état de droit; souligne le rôle crucial que jouent la société civile et les journalistes indépendants des pays tiers qui enquêtent sur la corruption et la dénoncent; invite par conséquent l’Union à adopter, dans le cadre de sa politique étrangère, un dispositif global de lutte contre la corruption, qui soit rapidement mis en œuvre et englobe le régime de sanctions de l’Union, la proposition de directive relative à la lutte contre la corruption et la stratégie plus large de l’Union en la matière; invite instamment la VP/HR à proposer des mesures concrètes et ambitieuses à cet égard et soutient la prise en compte de dispositions anticorruption dans les accords commerciaux de l’Union avec les pays tiers;

97.

met l’accent sur les missions et opérations menées par l’Union à l’étranger afin à promouvoir la paix, la sécurité et le progrès en Europe et dans le monde; invite la VP/HR:

à préparer les propositions relatives aux missions PESC qui devront être engagées en 2025, en s’appuyant sur la capacité de déploiement rapide (CDR) de l’Union en tant que renfort militaire préventif; rappelle que les dépenses administratives liées à ces mesures, y compris les dépenses de réserve de la CDR, devraient être imputées sur le budget de l’Union européenne;

à travailler avec Chypre, la Turquie, le Royaume-Uni et les Nations unies pour mettre en œuvre des mesures concrètes de démilitarisation de la zone tampon à Chypre et pour améliorer la sécurité sur l’île, aussi bien pour la communauté chypriote grecque que pour la communauté chypriote turque;

à soutenir le rôle renforcé des deux missions civiles de l’Union relevant de la PSDC, EUPOL COPPS et EUBAM Rafah, conformément aux conclusions du Conseil européen des 21 et 22 mars 2024, en rappelant qu’elles peuvent jouer un rôle important fondé sur le principe de la solution à deux États et de la viabilité d’un futur État palestinien, à participer à la facilitation de l’acheminement de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, améliorer l’efficacité de l’autorité palestinienne en Cisjordanie et à préparer son retour dans la bande de Gaza;

à créer les conditions nécessaires à la réactivation complète de l’EUBAM Rafah afin de lui permettre d’agir en tant que tiers neutre au point de passage de Rafah, en coordination avec l’Autorité palestinienne ainsi qu’avec les autorités israéliennes et égyptiennes; escompte que le renforcement du champ d’application et des mandats de l’EUPOL COPPS et de l’EUBAM Rafah sur le terrain figurera parmi les principales priorités de la future stratégie UE-Moyen-Orient;

à continuer d’augmenter le nombre d’observateurs déployés dans le cadre de la mission civile de l’Union en Arménie (EUMA) du côté arménien de la frontière internationale avec l’Azerbaïdjan, et à rappeler que l’Azerbaïdjan doit coopérer avec la mission et cesser sa campagne de dénigrement à son encontre;

à collaborer avec l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la République de Corée, le Japon, Taïwan et les États membres de l’ANASE au bénéfice de la paix et de la sécurité dans les régions indopacifique et asiatique du Sud-Est;

à élaborer des stratégies de lutte contre les attaques hybrides à la frontière orientale de l’Union et dans les régions ultrapériphériques de l’Union, en particulier celles qui visent à instrumentaliser les migrations comme tactique pour déstabiliser les États membres et exercer une pression politique, à encourager la solidarité parmi les États membres à l’égard des pays exposés à de telles attaques, comme la Pologne et la Lituanie, et à proposer des mesures de rétorsion contre les Comores pour leur instrumentalisation des vagues migratoires à Mayotte;

98.

demande à la VP/HR de donner suite aux exemples d’actions d’évacuation réussies au Soudan et de renforcement de la protection consulaire, et d’œuvrer à la mise en place d’un système global de protection des citoyens de l’Union à l’étranger; souligne que l’impact de crises et de conflits incessants dans le monde peut entraîner un risque de surcharge de la protection et/ou de l’assistance consulaires des États membres et demande, à cet égard, de renforcer les capacités et les ressources du centre de réaction aux crises du SEAE et du mécanisme de protection civile de l’Union; rappelle qu’il défend depuis longtemps l’application d’un niveau de protection similaire pour le personnel local des délégations de l’Union et des missions et opérations de la PESC;

III. Le prochain CFP et son contrôle parlementaire

99.

juge nécessaire de renforcer le contrôle parlementaire institutionnalisé de l’action extérieure de l’Union, y compris l’accès régulier et en temps utile, mais sécurisé, aux informations et notes confidentielles au Parlement européen, conformément à l’article 36 du traité UE; souligne que le SEAE et la VP/HR doivent communiquer davantage d’informations sur les mesures prises et les résultats obtenus, afin de répondre aux recommandations formulées par le Parlement dans ses résolutions sur les affaires étrangères;

100.

souligne que, dans le cadre de la PESC, qui comprend la PSDC, le Parlement européen exerce sa fonction budgétaire conjointement avec le Conseil; rappelle que le Parlement européen exerce également des fonctions de contrôle politique et des fonctions consultatives sur les politiques visées à l’article 36 du traité UE;

101.

rappelle que, conformément à l’article 41 du traité UE, toutes les dépenses administratives et opérationnelles de la PESC et de la PSDC sont à la charge du budget de l’Union européenne, à l’exception des dépenses afférentes à des opérations ayant des implications militaires ou dans le domaine de la défense;

102.

souligne que les décisions en matière de PESC ou de PSDC entraînant des dépenses constituent toujours des choix fondamentaux pour ces politiques et doivent être soumises au contrôle parlementaire; invite la VP/HR à consulter le Parlement avant de proposer des décisions relatives à la PESC ou à la PSDC, en garantissant la transparence et la responsabilité conformément à l’article 36 du traité UE;

103.

rappelle que l’exercice par le Parlement de sa fonction budgétaire est indissociable de ses fonctions de contrôle politique et de ses fonctions consultatives; rappelle que l’article 36 du traité UE établit une relation spécifique entre le VP/HR et le Parlement européen, qui est un prérequis pour l’exercice de ces fonctions par le Parlement, et que le VP/HR devrait soutenir ce dernier à cet égard;

104.

déplore l’insuffisance du budget alloué aux missions civiles de la PSDC; rappelle que le nombre et les tâches de ces missions ont augmenté, que la situation en matière de sécurité est devenue plus complexe et que le coût des opérations a augmenté; invite instamment le Conseil européen à prévoir d’augmenter substantiellement le financement de la PESC en le plaçant sous une rubrique distincte intitulée «PESC civile et gestion des crises»; demande que les fonds alloués aux missions civiles de la PSDC soient utilisés à bon escient, afin que ces missions puissent répondre efficacement aux situations de crise et aux situations imprévues; invite la VP/HR et la Commission à présenter des propositions communes en ce sens;

105.

s’inquiète vivement du sous-financement structurel du SEAE, qui a déjà des conséquences négatives graves et profondes sur l’action extérieure de l’Union et sur les capacités des institutions européennes dans ce domaine; souligne qu’il faut adopter une méthode spécifique pour le budget administratif du SEAE et rappelle que l’absence de mesures correctives risque d’avoir de graves répercussions sur les relations de l’Union avec les pays tiers;

106.

invite la Commission à envisager, dans sa proposition relative au prochain cadre financier pluriannuel, d’inscrire à la rubrique «Action extérieure de l’UE»:

des capacités et des ressources renforcées pour l’action extérieure de l’Union, qui tiennent compte d’une scène internationale de plus en plus complexe, compte tenu de l’importance cruciale qu’il y a à continuer de renforcer le soutien de l’Union aux droits de l’homme, à la démocratie et au développement dans les pays tiers;

des ressources pour la diplomatie numérique de l’Union, compte tenu du contexte actuel de progrès technologiques rapides et de concurrence géopolitique;

des ressources pour la diplomatie verte;

un budget spécialement consacré aux actions de politique étrangère de l’Union en matière d’égalité entre les hommes et les femmes et au programme concernant les femmes, la paix et la sécurité, afin d’intégrer ces questions dans les initiatives diplomatiques et de sécurité humaine de l’Union,

des ressources pour un contrôle préalable des bénéficiaires potentiels afin de s’assurer que les fonds de l’Union ne soutiennent en aucun cas, directement ou indirectement, des activités, des projets ou des publications incitant à la violence et à la haine, y compris l’antisémitisme, et de veiller à ce que tous les bénéficiaires de fonds de l’Union soient contrôlés en conséquence;

107.

invite la Commission à présenter ses propositions pour le prochain CFP au cours du premier semestre de 2025, afin de disposer de suffisamment de temps pour négocier les programmes; souligne la nécessité d’une nomenclature budgétaire plus détaillée dans l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale, dans l’instrument d’aide de préadhésion et dans le budget de la PESC, afin de permettre à l’autorité budgétaire de fixer des priorités politiques et géographiques dans le cadre de la procédure budgétaire annuelle;

108.

souligne que chaque question soulevée ci-dessus nécessite une réponse appropriée de la part de l’exécutif; invite la VP/HR à répondre rapidement et par écrit aux invitations, demandes et préoccupations du Parlement; considère que les déclarations orales en commission ou en séance plénière ne peuvent constituer une réponse suffisante que dans des cas exceptionnels ou urgents souligne que, dans le contexte géopolitique difficile qui prévaut actuellement, une coopération et un partenariat étroits entre le Parlement européen et la VP/HR revêtent une importance stratégique; s’attend à des échanges plus systématiques avant l’adoption de mandats et de stratégies en matière de PESC et à une amélioration du flux d’informations sur les négociations et la mise en œuvre d’accords internationaux, ainsi que de protocoles d’accord; s’attend en outre à ce que le Parlement soit effectivement associé à l’ensemble des politiques et actions extérieures de l’Union, mobilisant ainsi la diplomatie parlementaire pour soutenir les efforts de la VP/HR;

°

° °

109.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil européen, au Conseil, à la Commission, au vice-président de la Commission et haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, ainsi qu’aux gouvernements et parlements des États membres.


(1) JO L 433 I du 22.12.2020, p. 28 , ELI: http://data.europa.eu/eli/agree_interinstit/2020/1222/oj.

(2) JO L 102 du 24.3.2021, p. 14 , ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2021/509/2024-03-18.

(3) JO L, 2024/1449 du 24.5.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/1449/oj.

(4) JO L, 2025/535, 21.3.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2025/535/oj.

(5) JO L 129 I du 17.5.2019, p. 13, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2019/797/oj.

(6) JO C, C/2023/1226 du 21.12.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/1226/oj.

(7) JO C, C/2025/204 du 14.1.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/204/oj.

(8) JO C, C/2025/487 du 29.1.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/487/oj.

(9) JO C, C/2024/5719 du 17.10.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5719/oj.

(10) JO C, C/2025/486 du 29.1.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/486/oj.

(11) JO C, C/2024/1188 du 23.2.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/1188/oj.

(12) JO C 137 E du 27.5.2010, p. 25.

(13) JO C 171 du 6.5.2021, p. 25.

(14) JO C 177 du 17.5.2023, p. 112.

(15) JO C, C/2024/5721 du 17.10.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5721/oj.

(16) JO L 115 du 28.4.2006, p. 50, ELI: http://data.europa.eu/eli/agree_internation/2006/313/oj.

(17) Décision 2010/427/UE du Conseil du 26 juillet 2010 fixant l’organisation et le fonctionnement du service européen pour l’action extérieure, (JO L 201 du 3.8.2010, p. 30, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2010/427/oj).

(18) Recommandation du Parlement européen du 15 mars 2023 au Conseil et au vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité dressant le bilan du fonctionnement du SEAE et plaidant en faveur d’une Union européenne plus forte dans le monde (JO C, C/2023/410 du 23.11.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/410/oj).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/4388/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)