P10_TA(2025)0058 — Mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune – rapport annuel 2024 — Résolution du Parlement européen du 2 avril 2025 sur la mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune – rapport annuel 2024 (2024/2082(INI))
| CELEX | 52025IP0058 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 2 avril 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2025/4389 | 9.9.2025 |
P10_TA(2025)0058
Mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune – rapport annuel 2024
Résolution du Parlement européen du 2 avril 2025 sur la mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune – rapport annuel 2024 (2024/2082(INI))
(C/2025/4389)
Le Parlement européen,
| — | vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE), |
| — | vu le titre V du traité sur l’Union européenne (traité UE), et notamment son chapitre 2, section 2, sur les dispositions concernant la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), |
| — | vu la déclaration de Versailles adoptée le 11 mars 2022 lors d’une réunion informelle des chefs d’État ou de gouvernement, |
| — | vu la «Boussole stratégique en matière de sécurité et de défense – Pour une Union européenne qui protège ses citoyens, ses valeurs et ses intérêts, et qui contribue à la paix et à la sécurité internationales», approuvée par le Conseil le 21 mars 2022 et avalisée par le Conseil européen le 25 mars 2022, |
| — | vu les stratégies nationales de sécurité des États membres de l’Union, |
| — | vu le «Pacte en matière de PSDC civile – Pour une plus grande efficacité des missions civiles», approuvé par le Conseil le 22 mai 2023, |
| — | vu la décision (PESC) 2017/2315 du Conseil du 11 décembre 2017 établissant une coopération structurée permanente (CSP) et fixant la liste des États membres participants (1), |
| — | vu la décision (PESC) 2022/1968 du Conseil du 17 octobre 2022 relative à une mission d’assistance militaire de l’Union européenne en soutien à l’Ukraine (EUMAM Ukraine) (2), |
| — | vu la décision (PESC) 2022/1970 du Conseil du 17 octobre 2022 modifiant la décision 2010/452/PESC concernant la mission d’observation de l’Union européenne en Géorgie (EUMM Georgia) (3), |
| — | vu la décision (PESC) 2022/2507 du Conseil du 19 décembre 2022 modifiant la décision 2010/452/PESC concernant la mission d’observation de l’Union européenne en Géorgie (EUMM Georgia) (4), |
| — | vu la décision (PESC) 2023/162 du Conseil du 23 janvier 2023 relative à une mission de l’Union européenne en Arménie (EUMA) (5), |
| — | vu la décision (PESC) 2024/890 du Conseil du 18 mars 2024 modifiant la décision (PESC) 2021/509 établissant une facilité européenne pour la paix (6), |
| — | vu le règlement (UE) 2019/452 du Parlement européen et du Conseil du 19 mars 2019 établissant un cadre pour le filtrage des investissements directs étrangers dans l’Union (7), |
| — | vu le règlement (UE) 2021/697 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2021 établissant le Fonds européen de la défense et abrogeant le règlement (UE) 2018/1092 (8), |
| — | vu le règlement (UE) 2023/1525 du Parlement européen et du Conseil du 20 juillet 2023 relatif au soutien à la production de munitions (ASAP) (9), |
| — | vu le règlement (UE) 2023/2418 du Parlement européen et du Conseil du 18 octobre 2023 relatif à la mise en place d’un instrument visant à renforcer l’industrie européenne de la défense au moyen d’acquisitions conjointes (Edirpa) (10), |
| — | vu le règlement (UE) 2024/1252 du Parlement européen et du Conseil du 11 avril 2024 établissant un cadre visant à garantir un approvisionnement sûr et durable en matières premières critiques et modifiant les règlements (UE) no 168/2013, (UE) 2018/858, (UE) 2018/1724 et (UE) 2019/1020 (11), |
| — | vu la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant des mesures destinées à renforcer la solidarité et les capacités dans l’Union afin de détecter les menaces et incidents de cybersécurité, de s’y préparer et d’y réagir, présentée par la Commission le 18 avril 2023 (COM(2023)0209), |
| — | vu la communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 10 mars 2023 intitulée «Stratégie spatiale de l’Union européenne pour la sécurité et la défense» (JOIN(2023)0009), |
| — | vu la recommandation (UE) 2023/2113 de la Commission du 3 octobre 2023 relative aux domaines technologiques critiques pour la sécurité économique de l’Union en vue d’une évaluation approfondie des risques avec les États membres (12), |
| — | vu la décision de financement annuelle, qui constitue la première partie du programme de travail annuel pour la mise en œuvre du Fonds européen de la défense pour 2024, adoptée par la Commission le 21 juin 2023 (C(2023)4252), |
| — | vu les conclusions du Conseil du 22 janvier 2018 sur l’approche intégrée à l’égard des conflits et des crises extérieurs, et celles du 24 janvier 2022 sur la situation en matière de sécurité européenne, |
| — | vu la déclaration de Grenade adoptée le 6 octobre 2023 lors d’une réunion informelle des chefs d’État ou de gouvernement, |
| — | vu les conclusions du Conseil du 21 février 2022 prolongeant et renforçant la mise en œuvre du concept de présences maritimes coordonnées dans le golfe de Guinée, |
| — | vu les conclusions du Conseil européen des 21 et 22 mars 2024 concernant la décision d’ouverture des négociations d’adhésion avec la Bosnie-Herzégovine, |
| — | vu les conclusions du Conseil du 27 mai 2024 sur la sécurité et la défense de l’Union, |
| — | vu la communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 10 novembre 2022 intitulée «Plan d’action sur la mobilité militaire 2.0» (JOIN(2022)0048), |
| — | vu la communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 18 mai 2022 sur l’analyse des déficits d’investissement dans le domaine de la défense et sur la voie à suivre (JOIN(2022)0024), |
| — | vu la communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 5 mars 2024 intitulée «Une nouvelle stratégie pour l’industrie européenne de la défense pour préparer l’Union à toute éventualité en la dotant d’une industrie européenne de la défense réactive et résiliente» (JOIN(2024)0010), |
| — | vu le rapport du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 20 juin 2024 intitulé «Common Foreign and Security Policy Report – Our priorities in 2024» (Rapport sur la politique étrangère et de sécurité commune – Nos priorités pour 2024), |
| — | vu les orientations politiques pour la prochaine Commission européenne 2024-2029, publiées le 18 juillet 2024 par Ursula von der Leyen, candidate à la présidence de la Commission européenne, et intitulées «Le choix de l’Europe», |
| — | vu le rapport d’Enrico Letta, publié en avril 2024, qui s’intitule «Much more than a market» (Bien plus qu’un marché), et, en particulier, sa section «Promoting peace and enhancing security: towards a Common Market for the defence industry» (Promouvoir la paix et renforcer la sécurité: vers un marché commun de l’industrie de la défense), |
| — | vu le rapport de Mario Draghi du 9 septembre 2024 sur l’avenir de la compétitivité européenne et son chapitre 4 sur le renforcement de la sécurité et la réduction des dépendances, |
| — | vu le rapport de Sauli Niinistö du 30 octobre 2024 intitulé «Safer Together: Strengthening Europe’s Civilian and Military Preparedness and Readiness (Plus en sécurité ensemble – renforcer la préparation et l’état de préparation civils et militaires de l’Europe), |
| — | vu les partenariats en matière de sécurité et de défense signés respectivement le 21 mai 2024 par l’Union et la Moldavie et le 28 mai 2024 par l’Union et la Norvège, le 1er novembre 2024 par l’Union et le Japon, le 4 novembre 2024 par l’Union et la Corée du Sud, le 19 novembre 2024 par l’Union et la Macédoine du Nord, et le 18 décembre 2024 par l’Union et l’Albanie, |
| — | vu la charte des Nations unies, en particulier son article 2, paragraphe 4, qui interdit l’emploi de la force, et son article 51 relatif au droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, |
| — | vu la convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), |
| — | vu les résolutions 1325 (2000) du 31 octobre 2000, 1889 (2009) du 5 octobre 2009, 2122 (2013) du 18 octobre 2013, 2242 (2015) du 13 octobre 2015 et 2493 (2019) du 29 octobre 2019 du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) sur les femmes, la paix et la sécurité, et ses résolutions 2250 (2015) du 9 décembre 2015, 2419 (2018) du 6 juin 2018 et 2535 (2020) du 14 juillet 2020 sur la jeunesse, la paix et la sécurité, |
| — | vu la résolution 70/1 de l’Assemblée générale des Nations unies du 25 septembre 2015 intitulée «Transformer notre monde: le Programme de développement durable à l’horizon 2030», |
| — | vu le Pacte pour l’avenir, adopté le 23 septembre 2024 par les chefs d’État ou de gouvernement des États membres de l’ONU, et son chapitre II sur la paix et la sécurité internationales, |
| — | vu le traité de l’Atlantique Nord, |
| — | vu la déclaration du sommet de Madrid adoptée par les chefs d’État ou de gouvernement de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) participant à la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord qui s’est tenue à Madrid le 29 juin 2022, |
| — | vu le concept stratégique de l’OTAN de 2022 et le communiqué du sommet de l’OTAN de 2023, qui s’est tenu à Vilnius, |
| — | vu les trois déclarations conjointes sur la coopération UE-OTAN signées le 8 juillet 2016, le 10 juillet 2018 et le 10 janvier 2023, |
| — | vu le neuvième rapport d’étape sur les suites données à l’ensemble de propositions communes entériné le 6 décembre 2016 et le 5 décembre 2017 par le Conseil de l’Union européenne et le Conseil de l’OTAN, présenté conjointement par le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-président de la Commission européenne (HR/VP) et le secrétaire général de l’OTAN au Conseil de l’Union européenne et au Conseil de l’OTAN le 13 juin 2024, |
| — | vu la déclaration du sommet de Washington émise par les chefs d’État ou de gouvernement de l’OTAN participant à la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord qui s’est tenue à Washington le 10 juillet 2024, |
| — | vu sa recommandation du 8 juin 2022 concernant la politique étrangère, de sécurité et de défense de l’Union européenne après la guerre d’agression russe contre l’Ukraine (13), |
| — | vu sa recommandation du 23 novembre 2022 concernant la nouvelle stratégie de l’Union européenne en matière d’élargissement (14), |
| — | vu sa résolution du 23 novembre 2022 sur la désignation de la Fédération de Russie comme État soutenant le terrorisme (15), |
| — | vu sa résolution du 1er juin 2023 sur l’ingérence étrangère dans l’ensemble des processus démocratiques de l’Union européenne, y compris la désinformation (16), |
| — | vu sa résolution du 28 février 2024 sur la mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune – rapport annuel 2023 (17), |
| — | vu sa résolution du 29 février 2024 sur la nécessité d’un soutien sans faille de l’Union à l’Ukraine, après deux ans de guerre d’agression russe contre ce pays (18), |
| — | vu sa résolution du 17 juillet 2024 sur la nécessité d’un soutien continu de l’Union à l’Ukraine (19), |
| — | vu sa résolution du 19 septembre 2024 sur la pérennité du soutien financier et militaire apporté à l’Ukraine par les États membres de l’Union (20), |
| — | vu sa résolution du 17 janvier 2024 sur les implications en matière de sécurité et de défense de l’influence de la Chine sur les infrastructures critiques dans l’Union européenne (21), |
| — | vu sa position du 22 octobre 2024 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant le mécanisme de coopération pour les prêts à l’Ukraine et accordant une assistance macrofinancière exceptionnelle à l’Ukraine (22), |
| — | vu sa résolution du 24 octobre 2024 sur l’interprétation erronée de la résolution 2758 des Nations unies par la République populaire de Chine, et les provocations militaires constantes de celle-ci autour de Taïwan (23), |
| — | vu le plan pour la victoire de l’Ukraine présenté au Conseil européen par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, le 17 octobre 2024, |
| — | vu la proposition «ReArm Europe» du 4 mars 2025, |
| — | vu le livre blanc conjoint intitulé «European Defence Readiness 2030», présenté le 19 mars 2025 (JOIN(2025)0120), |
| — | vu la proposition du 19 mars 2025 de la Commission de règlement du Conseil établissant l’action de sécurité pour l’Europe (SAFE) par le renforcement de l’instrument pour l’industrie européenne de la défense (COM(2025)0122), |
| — | vu la communication de la Commission du 19 mars 2025 intitulée «Concilier une augmentation des dépenses de défense avec le pacte de stabilité et de croissance» (C(2025)2000), |
| — | vu les discours et déclarations tenus lors de la conférence de Munich sur la sécurité du 14 au 16 février 2025, |
| — | vu la réunion des dirigeants qui s’est tenue le 2 mars 2025 à Londres, |
| — | vu les projets de la Commission de mécanisme européen de ventes militaires, |
| — | vu les conclusions du Conseil européen du 20 mars 2025, |
| — | vu l’article 55 de son règlement intérieur, |
| — | vu le rapport de la commission des affaires étrangères (A10-0011/2025), |
| A. | considérant que l’année écoulée a été marquée par la dégradation de la paix et de la sécurité mondiales, résultant, entre autres, de conflits, de rivalités géopolitiques, de la militarisation croissante, du terrorisme et de menaces hybrides, comme le révèle l’indice Normandie 2024 (24); |
| B. | considérant que la guerre d’agression menée actuellement contre l’Ukraine par la Russie, les efforts d’armement permanents déployés par celle-ci et la coopération qu’elle entretient en la matière avec d’autres puissances autoritaires, qui dépassent de loin les stocks et les capacités de production de l’Europe, mais aussi le choix du régime russe de saper l’ordre international fondé sur des règles et l’architecture de sécurité de l’Europe, de faire la guerre à des pays européens ou de chercher à les déstabiliser afin de réaliser sa vision impérialiste du monde, constituent la menace la plus grave, sans précédent, pour la paix mondiale ainsi que pour la sécurité et le territoire de l’Union européenne et de ses États membres; que la Russie produit actuellement trois millions d’obus d’artillerie par an, alors que l’ambition déclarée de l’Union européenne dans le cadre de sa première stratégie pour l’industrie européenne de la défense (EDIS) tend vers une capacité de production de deux millions d’obus par an d’ici à la fin 2025; que le régime russe s’emploie à renforcer ses liens avec les dirigeants autocratiques de la Chine, de l’Iran et de la Corée du Nord pour parvenir à ses fins; |
| C. | considérant que les récentes déclarations de membres de l’administration américaine, associées à la forte pression exercée sur l’Ukraine par les dirigeants américains, témoignent d’un changement dans la politique étrangère des États-Unis, l’administration Trump proposant la normalisation des liens avec la Russie, et qu’il est de plus en plus évident que l’Europe doit renforcer sa sécurité et sa défense pour être en mesure d’aider l’Ukraine et pour se défendre elle-même; |
| D. | considérant que l’Union européenne doit faire face actuellement au faisceau de menaces non militaires le plus complexe et le plus diversifié depuis sa création, qu’amplifie la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, dont les activités de manipulation de l’information et d’ingérence conduites depuis l’étranger, les cyberattaques, les pressions économiques, le chantage alimentaire et énergétique, l’instrumentalisation des migrations et les influences politiques subversives; |
| E. | considérant que la Russie a envahi et annexé illégalement la Crimée et les régions ukrainiennes de Donetsk, Kherson, Louhansk et Zaporijjia; qu’il convient de procurer à l’Ukraine les capacités militaires dont elle a besoin aussi longtemps qu’il le faudra afin de lui permettre de remporter une victoire militaire décisive, de mettre fin à la guerre d’agression illégale de la Russie, de rétablir sa souveraineté et son intégrité territoriale dans ses frontières internationalement reconnues et de décourager toute agression future; qu’en se défendant, l’Ukraine se bat également pour les valeurs européennes et les intérêts européens essentiels en matière de sécurité et les protège; que la Russie occupe toujours illégalement les régions d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud en Géorgie et celle de Transnistrie en Moldavie; |
| F. | considérant que la nouvelle administration américaine a activement tenté d’amener la Russie à convenir d’un accord de paix, mais que, malgré deux appels téléphoniques entre les présidents Trump et Poutine, les 12 février et 18 mars 2025, ainsi que plusieurs cycles de négociations directes entre les États-Unis et la Russie en Arabie saoudite, la Russie a jusqu’à présent évité de répondre clairement à toute proposition de cessez-le-feu et a constamment posé des conditions à un cessez-le-feu; que, malgré ses critiques répétées, l’Union n’a pas été suffisamment représentée jusqu’à présent lors des négociations en vue d’un cessez-le-feu et de la paix en Ukraine; |
| G. | considérant que, mue par l’ambition de devenir une superpuissance mondiale, la Chine sape l’ordre international fondé sur des règles en menant de plus en plus une politique étrangère affirmée et des politiques économiques et concurrentielles hostiles, en exportant des biens à double usage que la Russie emploie sur le champ de bataille contre l’Ukraine, et en menaçant ainsi les intérêts européens; que la Chine s’arme, elle aussi, massivement sur le plan militaire, qu’elle utilise sa puissance économique pour réprimer les critiques dans le monde entier et qu’elle s’efforce de s’affirmer comme puissance dominante dans la région indopacifique; qu’en multipliant les actes de confrontation, d’agression et d’intimidation à l’encontre de certains de ses voisins, en particulier dans le détroit de Taïwan et en mer de Chine méridionale, la Chine fait peser un risque sur la sécurité régionale et mondiale; |
| H. | considérant que, depuis de nombreuses années, la Chine porte un contre-discours qui remet en cause les droits de l’homme, les valeurs démocratiques et l’ouverture des marchés dans les enceintes multilatérales et internationales; que l’influence grandissante de la Chine au sein des organisations internationales a entravé les progrès et a encore plus écarté Taïwan d’une participation légitime et effective à ces organisations; |
| I. | considérant que l’environnement de sécurité de l’Union s’est détérioré non seulement en Europe orientale, mais aussi dans son voisinage méridional et au-delà; |
| J. | considérant que les attentats terroristes abjects commis par le Hamas contre Israël, la guerre en cours à Gaza et les opérations militaires conduites contre le Hezbollah en territoire libanais ont considérablement accru le danger d’un affrontement militaire régional au Proche-Orient et que le risque d’escalade dans la région n’a jamais été aussi grand depuis des décennies; que les attaques actuellement lancées en mer Rouge depuis des régions du Yémen contrôlées par les houthistes, avec le soutien de l’Iran, et les détournements de navires de commerce commis par des pirates somaliens entre la mer Rouge et le nord-ouest de l’océan Indien menacent gravement la liberté de navigation, la sécurité maritime et le commerce international; que d’autres attaques menées en Iraq et en Syrie par diverses milices soutenues par l’Iran aggravent encore le risque d’escalade régionale; que l’Union européenne a lancé sa propre opération militaire, EUNavfor Aspides, afin d’améliorer les conditions de sécurité dans la région; |
| K. | considérant que les pays du voisinage oriental et des Balkans occidentaux doivent faire face de plus en plus à des menaces de diverse nature pour leur sécurité et qu’ils subissent les répercussions de la guerre d’agression faite par la Russie à l’Ukraine et pâtissent de l’affirmation croissante d’acteurs régionaux et planétaires, tels que la Chine; qu’en particulier, des menaces de déstabilisation pèsent sur le Kosovo et sur le dialogue entre Belgrade et Pristina mené grâce à la médiation de l’Union européenne; |
| L. | considérant que les conséquences désastreuses des guerres passées ou actuelles, l’instabilité, l’insécurité, la pauvreté et le changement climatique à l’œuvre au Sahel, en Afrique du Nord-Est et en Libye font peser de graves risques sur la sécurité de l’Union européenne et sur ses intérêts économiques et commerciaux; que l’instabilité et l’insécurité dans le voisinage méridional et au Sahel sont étroitement liées et demeurent un danger permanent pour la gestion des frontières extérieures de l’Union; que la mission d’assistance de l’Union européenne pour une gestion intégrée des frontières en Libye et l’opération EUNavfor MED IRINI contribuent à une paix, à une sécurité et à une stabilité durables en mettant en œuvre l’embargo sur les armes, en luttant contre le trafic d’armes et la traite des êtres humains et en formant les garde-côtes libyens; |
| M. | considérant qu’une partie de Chypre, État membre de l’Union européenne, est toujours occupée illégalement par la Turquie; |
| N. | considérant que la région arctique prend une importance de plus en plus grande dans les domaines de la géopolitique, du développement économique et des transports, mais qu’elle doit faire face en même temps à des défis liés au changement climatique, à la militarisation et à la migration; |
| O. | considérant que le sous-investissement dans la défense qui avait prévalu de la part des États membres de l’Union a engendré un retard d’investissement; que les États membres sont convenus de procéder à des dépenses plus importantes, de meilleure qualité et plus judicieuses en matière de défense; qu’en 2024, selon les prévisions, 16 États membres de l’Union qui sont également des alliés de l’OTAN, contre 9 en 2023, devaient dépasser les lignes directrices de l’OTAN qui prévoient de consacrer au moins 2 % de leur produit intérieur brut (PIB) à la défense; qu’un nombre croissant d’experts estiment que des investissements de 3 % du PIB dans la défense sont un objectif nécessaire, compte tenu de la menace directe que la Russie fait peser sur l’Union et ses États membres; |
| P. | considérant qu’en 2023, le Parlement et le Conseil ont conclu des accords portant sur l’instrument visant à renforcer l’industrie européenne de la défense au moyen d’acquisitions conjointes (Edirpa) et l’action de soutien à la production de munitions (ASAP), dispositifs d’urgence et de courte durée qui tendent à encourager les achats conjoints de produits de défense, à augmenter la capacité de production de l’industrie européenne de la défense, à reconstituer les stocks épuisés et à réduire la fragmentation dans le secteur de la passation de marchés pour la défense; |
| Q. | considérant qu’en 2024, la Commission a publié des propositions tendant à créer une stratégie pour l’industrie européenne de la défense (EDIS) et un programme pour l’industrie européenne de la défense (EDIP), afin de permettre notamment de mettre à niveau les capacités de l’Union en matière de sécurité et de défense; |
| R. | considérant que le renforcement des capacités de défense et leur adaptation aux besoins militaires passent par une culture stratégique commune, une même perception des menaces et l’élaboration et la combinaison de solutions en matière de doctrine et de concepts; |
| S. | considérant que l’exception au principe de financement par le budget de l’Union énoncé à l’article 41, paragraphe 2, du traité UE ne s’applique qu’aux dépenses afférentes à des opérations ayant des implications militaires ou dans le domaine de défense; que, dans tous les autres cas, le HR/VP, conjointement avec la Commission, le cas échéant, devrait proposer que les dépenses liées à la PESC ou à la PSDC soient financées grâce au budget de l’Union; que l’article 14, paragraphe 1, et l’article 16, paragraphe 1, du traité UE établissent un équilibre entre le Parlement et le Conseil en ce qui concerne leurs fonctions budgétaires; que la pratique actuelle n’est pas conforme à cet équilibre; |
| T. | considérant que le rapport Draghi met en lumière une combinaison de faiblesses structurelles affectant la compétitivité de la base industrielle et technologique de défense de l’Union européenne (BITDE) et pointe du doigt la fragmentation, les dépenses publiques insuffisantes dans la défense et l’accès limité au financement; que la politique de prêt de la Banque européenne d’investissement (BEI) exclut le financement des munitions et des armes ainsi que des équipements ou des infrastructures exclusivement destinés à un usage militaire ou policier; |
| U. | considérant que, dans son rapport, Sauli Niinistö souligne que l’Union et ses États membres ne sont pas encore totalement préparés pour les scénarios de crise intersectorielle ou multidimensionnelle les plus graves, compte tenu notamment de la poursuite de la détérioration de l’environnement extérieur; qu’il constate que de nombreuses menaces ont déjà un caractère permanent; qu’il insiste sur le fait que l’Union doit être prête afin de bien faire comprendre à ses adversaires potentiels qu’ils ne pourront pas lui survivre; qu’il déplore que l’Union ne dispose pas de plan commun en cas d’agression armée et met l’accent sur le fait qu’elle doit repenser la manière dont elle définit sa sécurité; qu’il souligne que l’Union doit être prête à intervenir pour soutenir un État membre en cas d’agression armée extérieure et qu’il faut libérer davantage le potentiel de l’Union en matière de renforcement de la coopération civilo-militaire et d’infrastructures et de technologies à double usage, en optimisant l’utilisation des ressources rares et en renforçant les mécanismes de coordination pour les situations de crise les plus graves; |
| V. | considérant que l’intégration de l’intelligence artificielle dans le domaine de la sécurité et de la défense, y compris les technologies d’armement, a une incidence sur les opérations militaires en permettant aux systèmes autonomes, à l’analyse prédictive et aux capacités décisionnelles renforcées de jouer un rôle important sur les champs de bataille; que cette évolution présente à la fois des possibilités sans précédent et des risques considérables; |
| W. | considérant que treize missions civiles, huit opérations militaires et une mission civilo-militaire sont en cours dans le cadre de la PSDC, environ 5 000 personnes étant déployées sur trois continents; que les analyses du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) montrent que ces missions et opérations se ressentent constamment du fait que les États membres ne tiennent pas leurs promesses de fournir du personnel militaire ou civil en suffisance; qu’elles pâtissent aussi souvent de la lenteur de la prise de décisions, mais aussi d’un manque de souplesse et de l’insuffisante adaptation aux besoins locaux particuliers qui s’expriment sur le terrain; que ces obstacles limitent l’efficacité globale des missions et opérations de la PSDC; que l’un des objectifs de la boussole stratégique est de renforcer les missions et opérations civiles et militaires menées par l’Union dans le cadre de la PSDC en leur conférant des mandats plus solides et plus souples, en favorisant des processus décisionnels rapides et plus flexibles ainsi qu’en garantissant une plus grande solidarité financière; que les missions et opérations menées par l’Union sont souvent la cible de menaces hybrides, y compris de la désinformation, qui mettent en péril leur capacité à stabiliser efficacement les pays dans lesquels elles sont déployées et, au contraire, renforcent l’instabilité qui y préexistait, dont les bénéficiaires sont souvent des acteurs non étatiques malveillants; |
| X. | considérant que les missions et opérations de la PSDC renforcent considérablement la résilience et la stabilité du voisinage européen, notamment en Méditerranée, dans les Balkans occidentaux, dans les pays du Partenariat oriental, au Sahel et dans la Corne de l’Afrique, en fournissant des services notamment dans les domaines de l’armée, de la police, des garde-côtes, de la formation à la gestion des frontières et du renforcement des capacités; |
| Y. | considérant que l’aide de l’Union aux garde-côtes libyens est fournie par l’intermédiaire de la mission d’assistance de l’Union européenne pour une gestion intégrée des frontières en Libye (EUBAM Libya) et de l’opération EUNavfor MED IRINI; que l’objectif principal de l’opération EUNavfor MED IRINI est de soutenir la mise en œuvre de l’embargo sur les armes décrété par le Conseil de sécurité de l’ONU envers la Libye; que le Conseil de l’Union européenne a prolongé le mandat de l’opération EUNavfor MED IRINI jusqu’au 31 mars 2025, y compris en ce qui concerne la formation de la marine et des garde-côtes libyens; |
| Z. | considérant que l’opération EUFOR Althea a permis d’ouvrir la voie à la paix, à la stabilisation et à l’intégration européenne de la Bosnie-Herzégovine et qu’elle continue de jouer un rôle central pour garantir la sécurité et la stabilité de la Bosnie-Herzégovine et de la région; qu’au début du mois de mars 2025, 400 soldats supplémentaires ont été déployés pour soutenir l’EUFOR Althea dans un contexte d’incertitude accrue dans le pays à la suite de l’arrêt rendu par la Cour de Bosnie-Herzégovine dans l’affaire Milorad Dodik le 26 février 2025; |
| AA. | considérant que, le 17 mai 2024, l’Union européenne a mis fin au mandat de sa mission de formation au Mali (EUTM); qu’elle a mis un terme, le 30 juin 2024, au mandat de la mission de partenariat militaire de l’Union européenne au Niger (EUMPM) et, le 30 septembre 2024, à la mission terrestre du personnel de la mission PSDC de l’Union européenne au Niger (EUCAP Sahel Niger); |
| AB. | considérant que, pendant la période 2021-2027, l’Union aura consacré 1,5 milliard d’euros à des initiatives de prévention des conflits, de paix et de sécurité aux niveaux national et régional en Afrique subsaharienne; qu’un soutien supplémentaire est également apporté en Afrique au titre de la facilité européenne pour la paix (FEP), qui permet à l’Union de fournir tous les types d’équipements et d’infrastructures aux forces armées de ses partenaires; |
| AC. | considérant que l’Union et ses États membres doivent faire face à un nombre croissant d’attaques hybrides sur leur sol, dont des activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger, des infiltrations politiques et du sabotage, visant à empêcher un débat politique de qualité et à ébranler la confiance des citoyens de l’Union dans les institutions démocratiques, mais aussi à créer des divisions au sein des sociétés européennes et entre les nations; que, dans les années à venir, les menaces hybrides allieront de plus en plus systématiquement la guerre de l’information, les manœuvres de forces agiles, la cyberguerre de masse et les technologies émergentes et de rupture, depuis les fonds marins jusque dans l’espace, avec le déploiement à la fois de systèmes avancés de surveillance spatiale et de frappe, le tout permis par l’intelligence artificielle avancée, l’informatique quantique, les technologies d’essaims de drones de plus en plus «intelligents», les cybercapacités offensives, les systèmes de missiles hypersoniques et la guerre nanotechnologique et biologique; que, manifestement, la Russie et la Chine ont de plus en plus recours aux outils hybrides pour porter atteinte à la sécurité et à la stabilité de l’Union européenne; |
| AD. | considérant que, dans le cadre de son arsenal de guerre hybride, la Fédération de Russie fait appel à des entreprises militaires privées, telles que l’Africa Corps et le groupe Wagner, afin de se ménager la possibilité de fournir un démenti plausible tout en exerçant une influence dans diverses régions et en obtenant un accès aux ressources naturelles et aux infrastructures critiques; que l’Africa Corps et le groupe Wagner auraient commis des atrocités en Ukraine, au Mali, en Libye, en Syrie et en République centrafricaine; que la Fédération de Russie a attisé les sentiments antieuropéens, en particulier dans les pays où la présence européenne est forte ou qui accueillent des missions de la PSDC; |
| AE. | considérant que, le 7 mars 2024, la Suède est devenue membre de l’OTAN, après la Finlande qui avait adhéré en 2023; que la coopération en matière de sécurité et de défense avec les partenaires et les alliés est cruciale pour permettre à l’Union de réaliser son ambition de devenir un garant de la sécurité internationale et qu’elle est un axe à part entière de la PSDC; que la coopération avec l’ONU, l’OTAN, l’Union africaine, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) ainsi que de nombreux alliés et partenaires partageant les mêmes valeurs tels que les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, la Norvège, l’Ukraine, la Moldavie, les pays des Balkans occidentaux, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et certains pays d’Amérique latine, entre autres, est capitale pour la bonne mise en œuvre de la PSDC; |
Conséquences d’un changement de paradigme géopolitique pour la sécurité européenne
| 1. | souligne la gravité des menaces pesant sur la sécurité du continent européen, qui ont atteint un niveau sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale; exprime ses profondes inquiétudes face au creusement des fractures géopolitiques, aux ambitions nouvelles ou réaffirmées de domination impérialiste des puissances autoritaires, à la rivalité systémique des grandes puissances, à l’unilatéralisme nationaliste, à la diffusion du terrorisme, notamment djihadiste, aux déplacements forcés de civils et au ciblage délibéré de personnes et d’infrastructures civiles, et à l’usage que certains acteurs malveillants font de la force et de la violence comme méthode principale et croissante pour servir leurs fins et intérêts politiques et économiques ou pour résoudre des différends; |
| 2. | se dit vivement préoccupé, dans ce contexte, par le changement apparent de position à l’égard de la guerre d’agression russe de la part des États-Unis, lesquels ont notamment accusé ouvertement l’Ukraine de la poursuite de la guerre, suspendu l’aide militaire américaine et tenté de forcer l’Ukraine à renoncer à son droit légitime à l’autodéfense; déplore vivement toute tentative de chantage ciblant les dirigeants ukrainiens pour les forcer à se rendre à l’agresseur russe à la seule fin d’annoncer un «accord de paix» et estime que la tentative actuelle de l’administration américaine de négocier un cessez-le-feu et un accord de paix sans associer l’Union européenne, qui devra au final faire face à ces conséquences, est contre-productive car elle donne l’avantage à la partie belliqueuse, montrant ainsi qu’une politique agressive n’est pas sanctionnée mais au contraire récompensée; réserve son optimisme en ce qui concerne la proposition d’accord de cessez-le-feu de 30 jours; rappelle qu’un cessez-le-feu ne peut être un outil efficace de suspension des hostilités que si l’agresseur y adhère pleinement; attend donc de la Russie qu’elle l’accepte et le respecte en cessant toutes les attaques contre l’Ukraine, ses positions militaires, sa population civile, ses infrastructures et son territoire; conclut néanmoins que, compte tenu des précédentes violations d’accords antérieurs par la Russie, la paix ne pourra être rétablie qu’en donnant à l’Ukraine des garanties solides en matière de sécurité; estime, à l’inverse, que tout règlement qui porterait atteinte aux aspirations légitimes de l’Ukraine, comme son droit de choisir ses propres dispositifs de sécurité, ou qui serait dépourvu de garanties de sécurité crédibles risquera d’exposer l’Ukraine et d’autres pays européens à de nouvelles attaques russes; déplore, à cet égard, les votes du gouvernement américain, alignés sur le gouvernement russe, au sein de l’Assemblée générale des Nations unies et du Conseil de sécurité des Nations unies, sur les résolutions relatives au troisième anniversaire de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine; |
| 3. | estime que les points chauds géopolitiques que sont l’Ukraine, le Proche-Orient, la mer de Chine méridionale et l’Indo-Pacifique sont de plus en plus interconnectés à mesure que la Russie et la Chine, en particulier, resserrent leurs liens, et qu’ils constituent pour la paix et la sécurité mondiales et l’ordre international fondé sur des règles des périls auxquels la communauté internationale doit remédier; attire l’attention sur l’augmentation des attaques et des menaces hybrides qui visent à ébranler les valeurs et les structures démocratiques, notamment à l’occasion des élections, mais aussi à fragiliser la cohésion des citoyens et leur adhésion aux sociétés européennes fondées sur des valeurs et à l’état de droit; estime que cette tendance révèle un changement de paradigme, car elle renverse la logique consistant à construire la sécurité internationale sur la base du respect du droit international, d’un ordre international fondé sur des règles et du multilatéralisme; |
| 4. | est conscient de la nature évolutive des menaces qui pèsent sur la sécurité mondiale et souligne le rôle crucial que jouent la diplomatie, la coopération au développement ainsi que le contrôle des armes et le désarmement parallèlement aux efforts militaires pour garantir la paix et la sécurité internationales à long terme; constate cependant que, dans la période récente, les efforts diplomatiques visant à renforcer la paix et la sécurité n’ont eu qu’un effet limité; souligne que la paix et la stabilité mondiales ne sauraient être établies de manière durable par de seules mesures militaires, mais qu’elles passent par des stratégies d’ensemble permettant de s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité, que sont notamment la pauvreté, les inégalités, les dysfonctionnements de la gouvernance et le changement climatique; insiste sur le fait qu’il convient de mettre l’initiative «Global Gateway» de l’Union et d’autres programmes de développement en phase avec les objectifs de sécurité, pour susciter l’avènement de sociétés résilientes en favorisant une croissance économique inclusive, la bonne gouvernance et les droits de l’homme; |
Réaction de l’Union: une nouvelle ère pour la sécurité et la défense européennes
| 5. | se félicite vivement du livre blanc conjoint intitulé «European Defence Readiness 2030» (25), qui propose une feuille de route solide et ambitieuse pour renforcer la sécurité de l’Europe; invite la Commission et les États membres à en mettre en œuvre les différents éléments ambitieux sans attendre, étant donné que l’Europe se doit d’être en mesure de dissuader les agresseurs et de se défendre sur tous les fronts, de prendre les rênes et d’agir promptement en ce qui concerne les questions de sécurité, et de produire des équipements de défense pour répondre à ses propres besoins; |
| 6. | insiste sur la nécessité absolue pour l’Union de reconnaître et de relever les défis posés par les menaces multiples, en constante évolution, qui pèsent sur sa sécurité et, à cette fin, de mettre en œuvre des politiques et des mesures meilleures et nouvelles lui permettant, ainsi qu’à ses États membres, de renforcer collectivement et de manière cohérente la défense en Europe, afin d’assurer la sécurité de tous les États membres de l’Union et de leurs citoyens, et d’améliorer leur capacité d’action à l’échelle mondiale; |
| 7. | estime que la diplomatie doit rester une pierre angulaire de la politique étrangère de l’Union; |
| 8. | rappelle qu’il importe que l’Union européenne parvienne à une plus grande autonomie stratégique et à un meilleur état de préparation en matière de défense, comme le prévoit la boussole stratégique, afin que ses missions et ses objectifs concordent avec les intérêts collectifs et souverains des États membres et s’inscrivent dans la vision plus large de la sécurité et de la défense européennes; constate à cet égard que certains États membres sont dotés depuis longtemps de politiques de neutralité militaire et respecte le droit de chaque État membre de déterminer sa propre politique de sécurité; |
| 9. | souligne qu’il importe de continuer à traduire sur le plan opérationnel l’article 42, paragraphe 7, du traité UE sur l’assistance mutuelle, d’assurer la solidarité entre les États membres, en particulier ceux que leur situation géographique expose directement à des menaces et périls imminents, qu’ils soient membres de l’OTAN ou non; appelle de ses vœux des mesures concrètes pour mettre au point une véritable politique européenne de solidarité, notamment en précisant les modalités pratiques à suivre en cas d’activation de l’article 42, paragraphe 7, du traité UE par un État membre et la cohérence entre l’article 42, paragraphe 7, et l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord; |
| 10. | prend note des progrès globalement limités et des investissements insuffisants réalisés dans la mise en place d’une capacité de défense, d’une capacité industrielle et d’une préparation en matière de défense européennes communes depuis la création de la PSDC il y a 25 ans; constate avec regret que, en dépit de l’ambition de définir une politique de défense commune de l’Union, prévue à l’article 42, paragraphe 2, du traité UE, des mesures concrètes n’ont toujours pas été prises; |
| 11. | souligne que, alors que nous renforçons notre propre défense, notre alliance et notre coopération avec les États-Unis demeurent extrêmement importantes, tout comme la coordination avec l’OTAN, tant pour ce qui est du développement des capacités que de l’échange d’informations classifiées; constate que les priorités des États-Unis en matière de sécurité ont changé en raison de défis apparus dans d’autres régions, et que ce changement requiert de l’Europe qu’elle assume la pleine responsabilité de sa propre défense; |
| 12. | insiste sur la nécessité d’une approche véritablement commune, de politiques et d’efforts conjoints dans le domaine de la défense ainsi que d’un changement de paradigme dans la PSDC européenne propres à permettre à l’Union d’agir avec décision et efficacité dans son voisinage et sur la scène mondiale, de protéger ses valeurs, ses intérêts et ses citoyens et de favoriser la réalisation de ses objectifs stratégiques; souligne qu’il importe que l’Union se pose en acteur international fort et uni, capable d’agir de manière plus stratégique et autonome, de se défendre contre d’éventuelles attaques ennemies et de soutenir ses partenaires, mais aussi de faire prévaloir la paix, le développement durable et la démocratie; souligne qu’il est indispensable que l’Union et ses États membres continuent d’œuvrer à la création d’une culture stratégique commune dans le domaine de la sécurité et de la défense; insiste pour que les États membres mènent une réflexion collective sur l’avenir de leurs politiques et doctrines de dissuasion ainsi que sur leur adaptation aux mutations de l’environnement de sécurité en Europe; souligne en outre que, si elle veut se doter de politiques étrangères et de défense cohérentes, l’Union doit renforcer ses structures démocratiques et indépendantes, ses processus décisionnels et son autonomie opérationnelle; |
| 13. | se félicite de l’objectif déclaré de la présidente de la Commission d’ouvrir une nouvelle ère pour la sécurité et la défense européennes, en bâtissant une véritable union européenne de la défense; se réjouit de la nomination d’Andrius Kubilius, tout premier commissaire à la défense et à l’espace, chargé de travailler conjointement avec la HR/VP; se félicite de la publication du livre blanc sur l’avenir de la défense européenne; souligne qu’il est indispensable que l’Union et ses États membres, s’employant à définir l’union européenne de la défense, prennent des mesures prioritaires et mettent au point de futures actions afin d’assurer la préparation de l’Union en matière de défense, notamment face à la menace que porte la Russie, et de renforcer la dissuasion et les capacités opérationnelles, qui sont un moyen de défense en temps de guerre, tout en répondant aux besoins civils et humanitaires, mettant ainsi à profit le modèle du «double usage»; |
| 14. | accueille favorablement le plan en cinq volets «ReArm Europe», proposé par la présidente de la Commission le 4 mars 2025; |
| 15. | se félicite des résultats de la réunion extraordinaire du Conseil européen du 6 mars 2025 et des conclusions de la réunion du Conseil européen du 20 mars 2025; |
| 16. | se félicite que le livre blanc ait tenu compte des demandes du Parlement concernant la nécessité d’assurer la protection des frontières terrestres, aériennes et maritimes de l’Union contre les menaces militaires et hybrides; se félicite de l’approbation d’un bouclier aux frontières orientales et réaffirme son soutien à la ligne de défense de la Baltique; |
| 17. | se félicite de la publication de la stratégie pour une union de la préparation et souligne que les actions de l’Union doivent être globales et porter sur toutes les dimensions de la sécurité: extérieure, intérieure, sociale et économique; est fermement convaincu que seule une telle approche globale garantira un soutien public durable à long terme; souligne que les mesures décrites dans le livre blanc et dans la stratégie pour une union de la préparation doivent être complémentaires et se renforcer mutuellement; |
| 18. | invite l’Union et ses États membres à accélérer la mise en œuvre de leurs engagements pris dans la déclaration de Versailles et à assumer une plus grande responsabilité dans leur défense et leur sécurité, y compris en acquérant davantage d’autonomie stratégique et en renforçant leurs capacités de défense et de dissuasion, en particulier sur les frontières orientales de l’Union; souligne que l’OTAN et le partenariat transatlantique avec les États-Unis demeurent les pierres angulaires de la défense collective européenne et que l’Union européenne et l’OTAN jouent des rôles complémentaires, cohérents et se renforçant mutuellement au service de la paix et de la sécurité internationales; rappelle qu’une Union européenne plus forte et plus capable dans le domaine de la sécurité et de la défense contribuera positivement à la sécurité mondiale et transatlantique et est complémentaire à l’OTAN; met l’accent sur la nécessité pour les États membres de l’Union et l’Union dans son ensemble d’intensifier leurs efforts en procédant à des investissements communs accrus et ciblés, à des achats communs de produits de défense qui soient, en majeure partie, conçus et fabriqués dans l’Union, et en mettant en place davantage de capacités communes, notamment par mutualisation et partage, afin de renforcer leurs forces armées à des fins opérationnelles, à l’échelon national ou à celui de l’OTAN ou encore de l’Union; souligne que l’Union et ses États membres doivent veiller à ce qu’une partie substantielle et accrue de leurs équipements militaires ne soit pas soumise à des réglementations restrictives de pays tiers; |
| 19. | souscrit à l’ambition de renforcer le pilier européen au sein de l’OTAN et insiste pour que la mise en place d’une union européenne de la défense aille de pair avec l’approfondissement de la coopération UE-OTAN en tirant pleinement parti des capacités propres à chaque organisation; |
| 20. | insiste sur la nécessité d’assurer, entre l’Union européenne et l’OTAN, une coordination étroite en matière de dissuasion et une collaboration approfondie pour la mise en place de capacités de défense cohérentes, complémentaires et interopérables et pour le renforcement des capacités de production industrielle; souligne que, par pilier européen au sein de l’OTAN, on entend notamment l’acquisition conjointe de capacités de soutien stratégiques ou de systèmes d’armes stratégiques souvent trop onéreux pour un seul État membre, tels que la capacité de ravitaillement en vol, la capacité de commandement et de contrôle, les armes hypersoniques, la défense aérienne multicouche, les capacités de guerre électronique et les systèmes de défense aérienne et antimissile; estime que la valeur ajoutée européenne réside dans le développement ou l’achat conjoints de ces capacités de soutien et systèmes qui font cruellement défaut aux États membres de l’Union pris individuellement; souligne que le développement des capacités de l’Union permet de renforcer le pilier européen au sein de l’OTAN et contribue donc à la sécurité transatlantique; appelle de ses vœux l’instauration d’une conférence régulière entre l’Union et l’OTAN afin d’assurer une coordination et une complémentarité étroites des efforts déployés par les deux organisations et leurs États membres pour renforcer le développement des capacités et les armements, tout en évitant les chevauchements d’activités inutiles et source de dysfonctionnements; invite la Commission et le Conseil à veiller à ce que les efforts de l’Union en matière de développement des capacités de défense soient cohérents avec les objectifs du processus d’établissement des plans de défense de l’OTAN; demande en outre que l’ensemble du soutien accordé au titre de la FEP pour la fourniture d’équipements s’effectue en coordination avec l’OTAN, pour une meilleure efficacité et pour éviter les chevauchements d’activités inutiles; |
Renforcer la sécurité européenne: soutenir l’Ukraine en la dotant de capacités militaires afin de mettre un terme à la guerre d’agression menée par la Russie
| 21. | insiste sur le fait que l’Union doit prendre des engagements en matière de sécurité à l’égard de l’Ukraine, comme le recommande le pacte de sécurité de Kiev, afin de dissuader la Russie d’une nouvelle agression; |
| 22. | met en avant que le soutien financier apporté par l’Union et ses États membres à l’Ukraine dépasse celui de tout autre pays, ce qui témoigne de la volonté inégalée de l’Union de défendre l’Ukraine; insiste sur le fait que le rôle de l’Union dans toute négociation ayant une incidence sur la sécurité de l’Europe doit être à la mesure de son poids politique et économique; réaffirme qu’il ne peut y avoir de négociations sur la sécurité européenne en l’absence de l’Union européenne; |
| 23. | rappelle la conclusion du Conseil européen du 20 mars 2025 qui approuve le principe de la «paix par la force» et souligne que l’Ukraine doit se trouver le plus possible en position de force pour négocier à terme avec la Russie; |
| 24. | souligne qu’un accord de paix global, qui respecte l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, doit s’accompagner de garanties de sécurité solides et crédibles pour l’Ukraine, afin de dissuader la Russie d’une future agression; se félicite des efforts qui ont été entrepris à cet égard avec les partenaires de l’OTAN et ceux partageant les mêmes valeurs; se félicite des conclusions du Conseil européen du 20 mars 2025 qui soulignent que l’Union et ses États membres sont prêts à contribuer aux garanties de sécurité, notamment en soutenant la capacité de l’Ukraine à se défendre efficacement; |
| 25. | réaffirme son soutien sans faille à la solidarité affichée par l’Union et ses États membres avec l’Ukraine face à la guerre d’agression menée par la Russie, ainsi qu’à la fourniture en temps utile à l’Ukraine des moyens militaires dont elle a besoin pour se défendre, repousser les forces armées russes et leurs supplétifs, mettre fin au conflit, protéger sa souveraineté et rétablir son intégrité territoriale à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues; approuve dès lors pleinement la «stratégie du porc-épic» pour l’Ukraine, exposée dans le livre blanc; se félicite des engagements conjoints de l’Union et de l’Ukraine en matière de sécurité ainsi que des accords de sécurité bilatéraux conclus par plusieurs États membres avec l’Ukraine; souligne que ces engagements et accords s’inscrivent dans le cadre plus vaste d’un ensemble de garanties de sécurité instituées pour l’Ukraine et coordonnées au niveau international, dont fait partie notamment le cadre multilatéral de négociation d’engagements et d’arrangements bilatéraux en matière de sécurité pour l’Ukraine, lancé par le G7; estime que, sans un soutien militaire résolu de l’Union, l’Ukraine ne pourra pas être victorieuse de la Russie; exhorte une nouvelle fois les États membres de l’Union à respecter de toute urgence leurs engagements et à livrer des armes, des avions de combat, des drones, des systèmes de défense aérienne, des systèmes d’armement et des munitions à l’Ukraine, y compris des missiles de croisière à lanceur aérien et des systèmes surface-surface, et à accroître de manière importante les quantités correspondantes; prend acte de la bonne livraison à l’Ukraine d’un million d’obus d’artillerie que le Conseil avait approuvée en mars 2023, malgré un retard fâcheux de neuf mois; constate que la capacité de production de munitions d’artillerie de l’Union a connu des progrès notables, qui mettent l’Union en mesure de soutenir l’Ukraine; souligne qu’il importe de renforcer les capacités antidrones de l’Ukraine, y voyant un moyen essentiel de la lutte contre les menaces aériennes et du maintien de la sécurité opérationnelle; demande la fourniture d’équipements spécialisés et d’une expertise pour permettre aux forces ukrainiennes de détecter et de suivre les activités des drones hostiles ainsi que d’y réagir, le tout rapidement, en assurant une protection solide des infrastructures militaires comme civiles; invite les États membres à lever toutes les restrictions empêchant l’Ukraine d’utiliser des systèmes d’armement occidentaux contre des cibles militaires légitimes en Russie, conformément au droit international; invite le Conseil à s’engager à transférer à l’Ukraine tous les équipements militaires ou munitions confisqués dans le cadre d’opérations et de missions de l’Union à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union; réaffirme sa position selon laquelle tous les États membres de l’Union et alliés de l’OTAN devraient, de façon collective et individuelle, s’attacher à soutenir militairement l’Ukraine à hauteur d’au moins 0,25 % de leur PIB par an; |
| 26. | réaffirme le droit naturel de l’Ukraine de choisir son propre destin et rappelle sa demande d’une participation appropriée de l’Ukraine et de l’Union aux négociations en cours entre les États-Unis et la Russie; |
| 27. | loue le modèle danois de soutien à l’Ukraine, qui consiste à fournir des capacités de défense produites directement en Ukraine; invite l’Union et ses États membres à soutenir fermement ce modèle et à exploiter pleinement son potentiel, étant donné que la capacité industrielle de défense de l’Ukraine est sous-utilisée à hauteur d’environ 50 %, et que ce modèle présente de nombreux avantages pour les deux parties, tels que des équipements moins chers, une logistique plus rapide et plus sûre ainsi qu’une plus grande facilité de formation et de maintenance; |
| 28. | demande à l’Union européenne et à ses États membres d’aider l’Ukraine à élargir la coalition internationale soutenant le plan pour la victoire et la formule de paix présentés par le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, qui constitue la seule voie viable pour rétablir la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine sur la base du droit international, et obliger la Russie, ses dirigeants et ses complices, en particulier le régime biélorusse, à répondre de la guerre d’agression qu’ils mènent contre l’Ukraine et des crimes de guerre et du crime d’agression qu’ils ont commis, mais aussi amener la Russie à verser des réparations et à s’acquitter d’autres paiements pour les dommages considérables qu’elle a causés en Ukraine; souligne que toute initiative visant à mettre fin au conflit doit trouver l’agrément de l’Ukraine et, en définitive, de son peuple; |
| 29. | invite la HR/VP à mobiliser davantage de soutien diplomatique en faveur de l’Ukraine et des sanctions imposées à la Russie, en utilisant toute la gamme des outils diplomatiques et en encourageant les États membres de l’Union à envisager de prendre des sanctions secondaires; déplore que certains composants d’origine occidentale aient été retrouvés dans des armes et des systèmes d’armement utilisés par la Russie contre l’Ukraine, et invite l’Union européenne et les États membres à appliquer les sanctions avec plus de rigueur; demande que les États membres prennent de nouvelles mesures et coopèrent pour mettre un terme à la flotte fantôme russe; |
| 30. | condamne vigoureusement le rôle de complice que joue la Corée du Nord dans la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, en permettant la formation de troupes nord-coréennes et leur déploiement en Russie pour participer directement à la guerre ou pour appuyer les forces armées russes; condamne également avec la plus grande fermeté la fourniture, par la Corée du Nord, d’équipements militaires et d’armes qui sont activement déployés sur le champ de bataille, et son implication dans le contournement des sanctions; estime que les actions de la Corée du Nord constituent une violation flagrante des normes internationales et met en garde contre le grand danger d’escalade qu’elles font courir à l’Europe et à la communauté internationale au sens large; souligne avec une vive inquiétude le risque que la Corée du Nord utilise le champ de bataille en Ukraine comme un lieu d’étude de tactiques de combat avancées, dont la guerre de drones, dans l’intention d’appliquer ces techniques dans d’éventuels futurs conflits; constate avec indignation que plusieurs autres États voyous soutiennent activement la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, dont, entre autres, l’Iran condamne à cet égard la cession, par l’Iran à la Russie, de drones Shahed, de munitions et de missiles balistiques, qui rend plus probable le risque d’intervention militaire du Corps des Gardiens de la révolution islamique dans la guerre d’agression faite à l’Ukraine par la Russie; est fermement convaincu que l’Union européenne et la communauté internationale doivent y réagir avec détermination en mettant en œuvre une combinaison de mesures diplomatiques, militaires et économiques et, surtout, en fournissant à l’Ukraine un soutien accru pour lui permettre de renforcer sa défense contre cette alliance d’États voyous que la Russie a mise sur pied; souligne qu’il importe de se concerter avec l’administration américaine 2025-2029 à cet égard; |
| 31. | met l’accent sur le rôle important joué par la FEP, qui a permis d’aider à fournir des capacités militaires et à dispenser des formations aux forces armées ukrainiennes, tout en animant la coordination de l’ensemble des parties prenantes par l’intermédiaire de la cellule de coordination de l’État-major de l’UE; se réjouit de la mise en place du Fonds d’assistance à l’Ukraine dans le cadre de la FEP et demande l’augmentation des ressources financières consacrées à l’assistance militaire à l’Ukraine au titre de cet instrument, tout en ménageant des perspectives financières à moyen terme; prie instamment le gouvernement hongrois de cesser immédiatement ses efforts visant à entraver les actions de l’Union en faveur de l’Ukraine et de lever son veto à la prolongation du délai de renouvellement des sanctions de l’Union et du soutien militaire à l’Ukraine au titre de la FEP, y compris le remboursement accordé aux États membres de l’Union pour l’aide militaire qu’ils ont fournie; relève avec une vive inquiétude que le veto du gouvernement hongrois a bloqué l’ouverture d’une nouvelle tranche des dépenses destinées à soutenir les forces ukrainiennes et a empêché le déblocage de 6,6 milliards d’euros devant servir au remboursement partiel prévu en faveur des États membres de l’Union ayant fourni de l’aide militaire à l’Ukraine; invite instamment le Conseil et la HR/VP à trouver des solutions innovantes susceptibles de lever ces blocages et de compenser ces réductions du financement; encourage les États membres à dresser des inventaires, prévisibles et fondés sur des scénarios, des capacités militaires qui peuvent être fournies dans le cadre de la FEP afin de garantir que les capacités à court terme sont rapidement dégagées dans les États membres et livrées sans délai, et que les capacités à long terme destinées à aider l’Ukraine à rétablir la dissuasion sont fournies dans un délai prévisible, en coordination avec des pays tiers, si nécessaire; souligne que la totalité de l’assistance militaire et des livraisons d’armes assurées dans le cadre de la FEP doivent être pleinement conformes à la position commune de l’Union sur les exportations d’armes, au droit international relatif aux droits de l’homme et au droit humanitaire, tout en garantissant une transparence adéquate et le juste respect de l’obligation de rendre des comptes; |
| 32. | désapprouve la politique du gouvernement hongrois à l’égard de la Russie, son recours aux vétos contre les sanctions de l’Union et son blocage de l’aide financière et en matière de défense de l’Union en faveur de l’Ukraine; estime que les actes du gouvernement hongrois sapent l’unité et la solidarité en Europe; rappelle que, dans le cadre de la FEP, les pays ont le droit à une compensation pour les livraisons d’équipements à l’Ukraine et souligne, à cet égard, que les blocages actuels des remboursements à 25 États membres, parmi lesquels la Pologne se distingue avec un total de 450 millions d’euros en compensations non versées, doivent cesser immédiatement; |
| 33. | attire l’attention sur la déclaration du sommet de l’OTAN de Washington, où il est réaffirmé que l’avenir de l’Ukraine est dans l’OTAN et que l’alliance soutient l’Ukraine dans son droit de choisir ses propres arrangements de sécurité et de décider librement de son avenir, sans ingérence extérieure; convient que l’Union européenne et l’OTAN ont toutes deux fait preuve d’unité politique dans leur solidarité avec l’Ukraine et dans leur attachement à soutenir le pays; réaffirme sa conviction que l’Ukraine est irréversiblement engagée sur la voie de son adhésion à l’OTAN; se félicite de l’engagement pris par les alliés d’aider durablement l’Ukraine à assurer sa sécurité en lui fournissant équipements, assistance et formations militaires; reconnaît que l’OTAN, la coopération UE-OTAN et les alliés de l’OTAN tels que les États-Unis et le Royaume-Uni jouent un rôle essentiel dans la coordination des efforts déployés pour soutenir militairement l’Ukraine sous la forme non seulement de livraisons d’armes, de munitions et d’équipements, mais aussi par la communication de renseignements et de données; |
| 34. | se félicite de la décision du Conseil du 21 mai 2024, qui garantit que les bénéfices nets tirés des recettes exceptionnelles générées par les avoirs de la Banque centrale de Russie (BCR) immobilisés dans l’Union à la suite de la mise en œuvre des mesures restrictives prises par celle-ci sont utilisés pour accroître le soutien militaire à l’Ukraine, renforcer les capacités de son industrie de défense et soutenir sa reconstruction; salue l’accord intervenu avec le Conseil, qui a débouché sur la décision du Conseil du 23 octobre 2024 d’adopter un train de mesures d’assistance financière, dont un prêt d’assistance macrofinancière exceptionnel d’un montant maximal de 35 milliards d’euros et la création d’un mécanisme de coopération pour les prêts à l’Ukraine qui emploiera les contributions tirées des bénéfices découlant des avoirs immobilisés de la BCR pour aider l’Ukraine à rembourser les prêts d’un montant maximal de 45 milliards d’euros accordés par l’Union européenne et ses partenaires du G7; rappelle toutefois que la mobilisation de cette assistance financière se fera au détriment du montant affecté au soutien militaire de l’Union au titre de la facilité pour l’Ukraine, qui ne bénéficiera plus désormais que de 15 % au maximum des bénéfices découlant des avoirs immobilisés de la BCR; |
| 35. | se félicite des résultats obtenus par la mission d’assistance militaire de l’Union européenne en soutien à l’Ukraine (EUMAM), qui, à ce jour, a formé plus de 70 000 soldats ukrainiens sur le territoire de l’Union, faisant de l’Union européenne le plus grand prestataire de formation militaire à l’Ukraine et contribuant de manière importante à renforcer la capacité militaire des forces armées ukrainiennes; prend acte du nouvel objectif prévoyant d’avoir formé 75 000 soldats ukrainiens d’ici à la fin de l’hiver 2024-2025; salue la décision du Conseil du 8 novembre 2024 de prolonger de deux ans le mandat de la mission; demande que les moyens financiers, logistiques et humains de l’EUMAM soient augmentés et adaptés à l’évolution des besoins des forces armées ukrainiennes en matière de formation militaire, y compris dans les domaines de la défense aérienne et maritime, mais aussi aux efforts de réforme de longue haleine à accomplir conformément aux engagements conjoints UE-Ukraine en matière de sécurité; se félicite de la forte participation des États membres à l’EUMAM, dans laquelle on peut voir un modèle pour les futures missions de formation militaire, favorisant la dissuasion grâce au renforcement sensible de l’interopérabilité entre les États membres et les partenaires, et invite les États membres à faire preuve d’une ambition semblable et à apporter des contributions similaires en ce qui concerne d’autres missions et opérations, actuelles et futures, de la PSDC; souligne que l’EUMAM a également vocation à constituer un cadre d’échange des bonnes pratiques permettant aux forces européennes de bénéficier elles aussi des enseignements tirés par les forces armées ukrainiennes sur le champ de bataille; salue le lancement, annoncé lors du sommet de l’OTAN de Washington, du programme OTAN de formation et d’assistance à la sécurité en faveur de l’Ukraine (NSATU), qui coordonne les activités de formation militaire et les livraisons d’équipements militaires effectuées en faveur de l’Ukraine par les alliés de l’OTAN et leurs partenaires et qui apporte un soutien logistique; souligne l’importance d’une coordination étroite entre l’EUMAM et le NSATU; |
| 36. | salue le travail accompli par la mission de conseil de l’Union européenne en Ukraine (EUAM) pour mettre en œuvre, dans des conditions difficiles, son mandat récemment renforcé; exhorte l’Union à assurer le bon fonctionnement de l’EUAM en la dotant de ressources financières, logistiques et humaines expertes suffisantes pour répondre aux besoins de l’Ukraine et salue la participation d’États extérieurs à l’Union à cet égard; souligne l’importance de l’EUAM et sa qualité de principale présence de l’Union sur le terrain, mission qui fournit des conseils stratégiques aux autorités nationales et chargées de la sécurité de l’État en Ukraine; met l’accent sur les tâches essentielles que remplit l’EUAM en ce qui concerne la lutte contre la criminalité organisée et transfrontière, le rétablissement des services publics dans les territoires libérés ainsi que le soutien aux enquêtes et aux poursuites relatives aux crimes internationaux, en mettant à profit sa présence et son expertise; |
| 37. | souligne qu’il importe de coopérer avec l’industrie ukrainienne de la défense et de l’intégrer progressivement dans la base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE) et, à cette fin, demande que la défense de l’Ukraine soit pleinement prise en considération lors de l’élaboration des nouvelles initiatives législatives de la Commission visant à renforcer la BITDE; souligne qu’il convient de prendre des mesures concrètes en vue d’intégrer l’Ukraine dans les politiques et les programmes de l’Union en matière de défense au cours de son processus d’adhésion à l’Union, y compris en adaptant les forces armées ukrainiennes aux exigences de l’Union en matière de capacités et en les faisant participer à des projets et à des programmes transfrontaliers de coopération industrielle et technologique de défense; se félicite à cet égard de l’ouverture du bureau de l’Union pour l’innovation en matière de défense en Ukraine chargé de recenser les besoins et capacités ukrainiens en matière d’innovation dans le domaine de la défense, d’animer des initiatives communes et de favoriser la coopération transfrontière entre les acteurs européens et ukrainiens de l’industrie de la défense, mais aussi de servir d’interlocuteur pour les partenaires ukrainiens et d’être un pôle de coordination et d’information; salue les initiatives en cours prises actuellement par plusieurs États membres de l’Union afin d’approfondir la coopération avec l’Ukraine dans le domaine de la production industrielle et de la recherche en matière de défense et demande que le potentiel innovant de l’Ukraine en matière de défense soit davantage exploité afin de développer des armes et des munitions ainsi que d’accélérer leur production en étroite coopération avec l’Union et d’autres partenaires occidentaux, en recourant aux mécanismes de soutien disponibles; invite les industries militaires des États membres de l’Union à honorer leur engagement d’installer une production militaire sur le territoire ukrainien; |
| 38. | insiste sur la nécessité de renforcer les capacités de déminage en Ukraine afin de remédier à la présence généralisée de munitions non explosées et de mines terrestres et de déminer les zones maritimes ukrainiennes en mer Noire; plaide en faveur de l’attribution de ressources spécifiques pour soutenir une formation complète au déminage, y compris aux techniques avancées de détection et d’élimination; constate que le renforcement de la capacité de déminage permettra non seulement d’améliorer la sécurité des opérations militaires, mais aussi de soutenir la remise en état et la sécurité des zones civiles touchées par la guerre; |
Unir les forces pour accroître les capacités de défense
| 39. | salue l’ambition énoncée dans l’EDIS de permettre à l’Union et à ses États membres de parvenir à un état de préparation de la défense effectif et de renforcer la BITDE; estime que la proposition de la Commission tendant à créer un programme pour l’industrie européenne de la défense (EDIP) est capitale à cet égard; souscrit aux objectifs de renforcement de l’état de préparation de l’industrie de la défense de l’Union, d’amélioration de la planification conjointe de la défense et de facilitation des achats conjoints des États membres conformément aux priorités définies dans le plan de développement des capacités (PDC) et aux domaines de coopération recensés dans l’examen annuel coordonné en matière de défense afin de lancer des projets de défense européens d’intérêt commun, en particulier dans les secteurs intéressant les capacités stratégiques, tels que la défense aérienne et antimissile, ainsi que d’assurer la sécurité de l’approvisionnement et l’accès aux matières premières critiques et de prévenir les pénuries dans la production de défense; est résolument favorable à l’idée de recourir principalement à la coopération à l’échelon de l’Union dans le secteur européen de l’industrie de la défense et souscrit aux objectifs chiffrés concrets en matière de coopération exposés dans l’EDIS, privilégiant notamment les acquisitions conjointes, les États membres étant plus particulièrement invités à acquérir au moins 40 % des équipements de défense de manière collaborative d’ici à 2030, à porter la valeur des échanges commerciaux intra-UE liés à la défense à au moins 35 % de la valeur du marché européen de la défense d’ici à 2030, et à faire en sorte qu’au moins 50 % de leurs investissements en matière de défense soient réalisés au sein de l’Union d’ici à 2030, et 60 % d’ici à 2035; |
| 40. | souligne l’utilité de la coopération structurée permanente (CSP) pour améliorer et harmoniser les capacités de défense de l’Union; constate une nouvelle fois avec regret que les États membres n’utilisent toujours pas pleinement le dispositif de la CSP et que les résultats tangibles dans le cadre des 66 projets en cours actuellement restent limités; relève également avec regret l’insuffisance des informations fournies au Parlement sur les motifs de la clôture de six projets et leurs résultats possibles; souligne que les États membres participants ont adopté vingt engagements contraignants afin de réaliser l’ambition de l’Union en matière de défense; estime qu’il est nécessaire de procéder à un examen approfondi des projets CSP quant à leurs résultats et à leurs perspectives, dans le souci de réduire l’ensemble actuel de projets à un petit nombre de projets prioritaires, tout en clôturant les projets qui ne progressent pas suffisamment; propose d’établir un système de priorités au sein de la CSP afin de traiter efficacement les lacunes et les priorités recensées en matière de capacités; |
| 41. | accueille favorablement la proposition de la Commission concernant l’EDIP; prend note avec préoccupation de l’appréciation de la Cour des comptes européenne selon laquelle l’enveloppe financière de l’EDIP est insuffisante au vu de ses objectifs et réitère dès lors son appel à garantir le financement nécessaire pour la défense; souligne que des efforts budgétaires considérables seront nécessaires pour que l’EDIP ait un effet notable sur le soutien militaire apporté à l’Ukraine, sur la mise en place d’une véritable capacité de défense de l’Union ou sur la compétitivité de la BITDE; se félicite de la révision du PDC réalisée en 2023; déplore les progrès limités accomplis dans le développement des capacités depuis l’adoption du premier PDC en 2008; invite les États membres à accroître de manière importante leurs efforts conjoints afin de réaliser en temps utile des progrès substantiels en utilisant pleinement et de manière cohérente les instruments de l’Union, dont le Fonds européen de la défense (FED), la CSP et l’examen annuel coordonné en matière de défense, ainsi que les instruments présentés dans la proposition relative à l’EDIP; |
| 42. | se félicite des efforts conjoints entrepris jusqu’à présent pour améliorer la préparation de l’Union en matière de défense grâce à des mesures renforçant la BITDE et favorisant son adaptation, notamment au moyen des règlements Edirpa et ASAP, et demande leur mise en œuvre rapide; regrette que l’enveloppe financière de l’Edirpa reste limitée et souligne que le rôle de l’ASAP dans l’ambition de fournir à l’Ukraine un million de munitions a été limité par l’objection du Conseil à l’encontre de ses éléments réglementaires; |
| 43. | salue les efforts et les investissements réalisés jusqu’à présent par les entreprises de la BITDE pour renforcer leur capacité industrielle, y compris avec le soutien des instruments de l’Union; souligne qu’un renforcement supplémentaire et durable de la capacité de la BITDE nécessite avant tout des commandes de la part des États membres, qui devraient être passées conjointement afin d’assurer la préparation de l’Union en matière de défense, d’améliorer l’interopérabilité entre les forces armées des États membres et de réaliser des économies d’échelle, ce qui permettrait de tirer le meilleur parti de l’argent des contribuables de l’Union; invite dès lors les États membres à intensifier leurs efforts d’acquisitions conjointes, en fonction des lacunes en matière de capacités détectées par l’analyse des déficits d’investissement dans le domaine de la défense et des priorités en matière de capacités du PDC; insiste sur le fait que, pour être efficaces, les acquisitions conjointes en lien avec les projets de développement, en particulier dans le cadre du FED, nécessitent une définition commune des exigences militaires des systèmes respectifs, afin de dégager des économies d’échelle suffisantes; invite la Commission, à cet égard, à tirer parti de l’expertise du Comité militaire de l’Union européenne pour produire une définition commune de manière à assurer la cohérence militaire au niveau industriel; invite les États membres à procéder à des acquisitions conjointes en vue d’établir des chaînes de valeur paneuropéennes en répartissant la production dans toute l’Union de façon à accroître l’attrait économique des achats conjoints tout en créant des redondances stratégiques des capacités de production pour améliorer la résilience en cas de conflit armé; invite également les États membres et la Commission à s’employer à renforcer davantage les mécanismes d’acquisitions conjointes et à assurer une coordination suffisante grâce à l’Agence européenne de défense; |
| 44. | insiste sur la nécessité de soutenir davantage le passage des projets de développement à des solutions commercialisables et se félicite de la disposition contenue dans la proposition relative à l’EDIP à cet égard; déplore les chevauchements d’activités inutiles et source de dysfonctionnements en ce qui concerne les projets relatifs au futur char de combat et à l’intercepteur hypersonique; craint que ces chevauchements aillent à l’encontre de l’ambition énoncée dans l’EDIS d’effectuer 60 % des acquisitions auprès de la BITDE d’ici à 2035, étant donné que la dispersion des ressources ne manquera pas d’allonger le délai nécessaire à l’obtention de solutions commercialisables, avec pour conséquence probable la réalisation d’achats auprès des États-Unis; regrette également l’accumulation des retards dans les projets de capacités essentielles, notamment le projet franco-allemand sur le système de combat terrestre principal et le projet franco-germano-espagnol sur le système de combat aérien du futur, ce qui risque également d’aboutir à de futurs achats de solutions américaines; souligne qu’il convient d’utiliser toutes les synergies possibles avec le FED, tout en évitant les chevauchements d’activités; |
| 45. | insiste sur la nécessité d’assurer la cohérence des réalisations entre les processus de planification du développement des capacités respectifs de l’Union européenne et de l’OTAN; demande que l’interopérabilité des équipements militaires des États membres de l’Union et des alliés de l’OTAN soit améliorée et que la coopération industrielle soit encouragée en faisant en sorte que les futures normes juridiques de l’Union applicables aux composants et munitions des produits de défense soient fondées sur les normes de l’OTAN; |
| 46. | se félicite de la proposition de projets de défense européen d’intérêt commun portant sur le développement de capacités communes qui vont au-delà des moyens financiers d’un seul État membre; estime que ces projets devraient servir à soutenir les capacités industrielles et technologiques qui sous-tendent les grandes priorités communes de plusieurs États membres et les capacités dans des domaines tels que la protection et la défense des frontières extérieures, en particulier dans le domaine terrestre, à apporter un soutien aux moyens stratégiques, en particulier dans le domaine spatial et de la défense aérienne européenne, pour agir sur tous les types de menaces, et à améliorer la mobilité militaire, en particulier le transport aérien stratégique et tactique, les frappes en profondeur, les technologies relatives aux drones et les systèmes antidrones, les missiles et munitions et l’intelligence artificielle, afin de développer des infrastructures souveraines et des capacités de soutien stratégique; souligne que le pragmatisme doit l’emporter en raison du seul nombre de priorités et de la nécessité de mobiliser de nouvelles ressources; estime à cet égard que l’Union devrait se concentrer, dans la mesure du possible, sur des technologies européennes disponibles rapidement et ayant fait leurs preuves qui réduisent progressivement sa dépendance et améliore sa sécurité; insiste sur la nécessité de soutenir le développement de chaînes de valeur paneuropéennes dans le cadre de la coopération de l’Union en matière de défense, en y associant des entreprises de toute l’Union, et de stimuler la compétitivité du secteur par divers moyens, tels que les fusions et les entreprises d’excellence; considère, en outre, qu’au lieu de se concentrer sur un juste retour, les politiques de défense de l’Union devraient encourager le développement de centres d’excellence de l’Union; |
| 47. | souligne la nécessité impérieuse de remédier à la fragmentation du paysage industriel de la défense de l’Union et d’achever enfin la mise en place complète du marché intérieur des produits de défense dans l’Union, car la structure actuelle conduit à des doubles emplois inutiles, multiplie les inefficacités dans les investissements de défense et leur utilisation, et nuit d’un point de vue structurel au renforcement de la préparation en matière de défense; s’inquiète du fait que le marché intérieur des produits de défense reste compromis par une application insuffisamment harmonisée de ses règles par les États membres et par un recours disproportionné à l’exemption prévue à l’article 346 du traité FUE; appuie la demande de création d’un véritable marché unique des produits et services de défense, présenté également dans le rapport de M. Niinistö; souligne la nécessité d’un nouveau cadre réglementaire actualisé et efficace visant à réduire les obstacles à l’entrée sur le marché des produits de défense, à permettre la consolidation industrielle de la défense de l’Union et à permettre aux entreprises de l’Union d’exploiter pleinement le potentiel commercial, à encourager l’innovation et une coopération transfrontière, civile et militaire accrue et plus harmonieuse, à stimuler la production, à accroître la sécurité d’approvisionnement et à garantir des investissements publics plus intelligents et plus efficaces dans la BITDE; insiste en parallèle sur l’importance de maintenir une concurrence positive entre les différents concurrents et d’éviter des oligopoles dans lesquels des fournisseurs individuels peuvent déterminer librement les prix et la disponibilité des produits de défense; invite la Commission à présenter des propositions visant à achever la mise en place du marché intérieur de la défense de l’Union, sur la base, notamment, d’une évaluation des règles de l’Union en matière de marchés publics dans le domaine de la défense et de transfert de produits liés à la défense, ainsi que de l’identification et de l’analyse des limites et des lacunes du cadre juridique actuel; demande en outre à la Commission de formuler des suggestions d’interprétation de l’article 346 du traité FUE qui soient conformes à la réalité actuelle d’une architecture de sécurité interdépendante dans l’Union; demande que la mise en œuvre de la directive 2009/81/CE relative à la passation de marchés publics dans le domaine de la défense et de la sécurité (26) et de la directive 2009/43/CE sur les transferts de produits liés à la défense dans la Communauté (27) (la «directive sur les transferts») soit améliorée et, le cas échéant, à la lumière de l’EDIS, que des propositions de révision de ces directives soient présentées; |
| 48. | souligne qu’il importe d’équilibrer l’effort entre la nécessité de renforcer les capacités industrielles existantes des États membres en matière d’armement à court et à moyen terme et de soutenir la recherche et le développement (R&D) en matière d’équipements militaires nouveaux et innovants et d’armements adaptés aux besoins actuels et futurs des forces armées des États membres et aux capacités de défense de l’Union, telles que celles requises par les missions et opérations de la PSDC ainsi que la capacité de déploiement rapide (CDR) de l’Union; insiste sur le fait que la priorité devrait être accordée au maintien et au renforcement de l’avantage technologique au moyen de projets stratégiques ciblés en tant qu’élément clé de la dissuasion par rapport à nos adversaires et à nos concurrents; souligne l’importance d’inclure tous les États membres dans les stratégies de sécurité et de défense, notamment en ce qui concerne le développement de l’industrie de la défense; |
| 49. | souligne la nécessité d’élaborer une politique d’armement efficace au niveau de l’Union, qui comprenne la mise en place d’une dimension commerciale extérieure opérationnelle et efficace, qui vise à soutenir les partenaires confrontés aux menaces de régimes autoritaires agressifs et qui empêche les livraisons d’armes à des régimes agressifs non démocratiques, conformément aux huit critères existants de l’Union; souligne la nécessité de surmonter l’interprétation très étroite et nationale de l’article 346 du traité FUE à cet égard; |
| 50. | souligne que la coopération avec des partenaires internationaux dans le secteur de la défense devrait être limitée à des partenaires partageant les mêmes valeurs et ne devrait pas aller à l’encontre des intérêts de l’Union et de ses États membres en matière de sécurité et de défense; rappelle que les dépendances à l’égard de fournisseurs à haut risque de produits critiques comportant des éléments numériques constituent un risque stratégique qui devrait être traité à l’échelle de l’Union; invite les autorités compétentes des États membres à réfléchir à la manière de réduire ces dépendances et à procéder immédiatement à une évaluation et à un examen des investissements chinois existants dans les infrastructures critiques, y compris les réseaux électriques, le réseau de transport et les systèmes d’information et de communication, afin de déterminer les éventuelles vulnérabilités qui pourraient avoir une incidence sur la sécurité et la défense de l’Union; |
| 51. | se félicite de la révision du règlement de l’Union relatif aux investissements directs étrangers (IDE); souligne la nécessité de renforcer encore les procédures de filtrage des IDE en les assortissant de normes de diligence afin de repérer les effets de levier exercés par les gouvernements d’États à l’égard d’infrastructures critiques de l’Union, comme les ports européens et les câbles sous-marins en mer Baltique, dans la Méditerranée et dans l’océan Arctique, qui contreviendraient aux intérêts de l’Union et de ses États membres en matière de sécurité et de défense, tels qu’établis dans le cadre de la PESC conformément au titre V du traité UE; souligne que cette approche devrait être appliquée également aux pays candidats à l’adhésion à l’Union; estime qu’une législation supplémentaire est nécessaire pour protéger efficacement la sécurité de la chaîne d’approvisionnement européenne des technologies de l’information et de la communication contre les fournisseurs à risque et pour la protéger contre le vol de propriété intellectuelle par voie informatique; appelle de ses vœux la création d’un cadre européen visant à réglementer strictement et à fixer des normes et des conditions minimales relatives à l’exportation de la propriété intellectuelle et des technologies critiques pour la sécurité et la défense de l’Union, y compris les biens à double usage; |
Recherche et développement en matière de technologies et d’équipements de défense
| 52. | est favorable à une augmentation significative des investissements dans la R&D en matière de défense, en mettant particulièrement l’accent sur les initiatives de collaboration, de façon à renforcer la position de chef de file technologique et la compétitivité de l’Union dans le domaine de la défense et à assurer des retombées sur le marché civil; note à cet égard qu’en 2022, les États membres de l’Union ont investi environ 10,7 milliards d’euros dans la R&D en matière de défense; souligne que les progrès technologiques réalisés dans les domaines critiques – aérien, terrestre, maritime, spatial et cybernétique – nécessitent des investissements stables et à long terme dans tous les États membres pour suivre le rythme rapide de l’innovation mondiale; |
| 53. | souligne que les instruments et le financement de la R&D de l’Union doivent être utilisés aussi efficacement que possible afin de combler les lacunes en matière de capacités et de répondre aux priorités en temps utile, comme le prévoient l’analyse des déficits d’investissement dans le domaine de la défense et le plan de développement des capacités (PDC); invite par conséquent la Commission et les États membres à aligner les projets et les financements du FED sur les besoins urgents de l’Union en matière de capacités et à les hiérarchiser en conséquence, ainsi qu’à se concentrer sur les activités de recherche les plus pertinentes et les plus prometteuses; invite en outre la Commission à entreprendre un examen approfondi du FED, dans la perspective de la mise en place d’un instrument financier de suivi révisé pour le prochain cadre financier pluriannuel (CFP); invite la Commission et les États membres à adopter une approche intégrant une faible empreinte énergétique, carbone et environnementale dès la conception lors de la mise en œuvre des fonds pertinents de l’Union et à rendre compte régulièrement des progrès accomplis; rappelle que les actions de R&D peuvent être orientées vers des solutions visant à améliorer l’efficacité, à réduire l’empreinte carbone et à établir de bonnes pratiques durables; salue l’investissement de 133 millions d’euros prévu dans le premier programme de travail annuel, mais constate que cela ne représente que 11 % du budget annuel global du FED; rappelle le rôle de NextGenerationEU dans la lutte contre le changement climatique et invite les États membres à utiliser les ressources provenant des plans de relance nationaux afin d’investir dans le caractère durable de leurs infrastructures militaires; |
Technologies à double usage et technologies émergentes et de rupture
| 54. | souligne la nécessité de faire en sorte que l’Union joue un rôle plus proactif en soutenant les investissements dans les technologies à double usage, applicables dans des contextes tant civils que militaires, en tant que moyen d’améliorer la résilience de l’Union face aux menaces hybrides et émergentes; insiste sur la nécessité de soutenir en particulier les essais de prototypes de nouveaux produits et de se concentrer sur les nouvelles technologies en étroite coopération avec les acteurs ukrainiens de la défense et de la technologie; souligne qu’il importe de veiller à la viabilité financière des entreprises, y compris des petites et moyennes entreprises (PME), qui investissent dans ces innovations; plaide en faveur de la promotion de la commercialisation civile de ces technologies comme moyen d’élargir les débouchés commerciaux et de renforcer la base industrielle européenne, en favorisant les synergies entre le développement militaire et civil; |
| 55. | souligne le rôle important que jouent les technologies de rupture émergentes, telles que l’intelligence artificielle, l’informatique quantique, l’informatique en nuage et la robotique, dans la défense; souligne que le développement et l’exploitation de ces technologies dans le domaine de la défense requièrent davantage d’investissements et d’efforts de recherche coordonnés par l’Union afin que les fournisseurs d’équipements de défense de l’Union se maintiennent à la pointe de l’innovation; note que le règlement FED actuel, avec ses longs cycles de mise en œuvre, ne permet pas à la Commission de financer les projets de recherche en temps utile; demande dès lors une approche plus souple et plus rapide des projets de recherche portant sur les technologies émergentes et de rupture, tenant compte de l’accélération du rythme des évolutions dans ce domaine, en s’appuyant sur les travaux du pôle d’innovation dans le domaine de la défense de l’Agence européenne de défense et en s’inspirant des travaux de l’Agence américaine pour la recherche avancée des projets intéressant la défense; demande par ailleurs que l’Union joue un rôle de premier plan dans la promotion de la recherche sur les applications militaires de l’intelligence artificielle et dans la mise en place de cadres de gouvernance pour le développement et l’utilisation responsables de cette technologie; |
| 56. | demande une nouvelle fois à la Commission de communiquer au Parlement une analyse détaillée des risques liés à l’utilisation abusive, par nos adversaires, de technologies telles que les semi-conducteurs, l’informatique quantique, les chaînes de blocs, l’espace, l’intelligence artificielle et les biotechnologies, y compris la génomique, ainsi que la liste proposée des actions de l’Union dans ces domaines, conformément à la stratégie européenne en matière de sécurité économique; est préoccupé par le rôle joué par des entreprises militaires chinoises dans la collecte de données génétiques de citoyens de l’Union; |
| 57. | invite la Commission à proposer un train de mesures de l’Union sur les drones, centré sur les systèmes de drones, les systèmes antidrones et les capacités auxiliaires, qui prévoit des plans et des fonds afin de stimuler la recherche et le développement, tire les leçons de l’expérience de l’Ukraine, est ouvert à la participation des entreprises ukrainiennes hautement innovantes, et comporte un programme industriel consacré au développement, à la production et à l’achat conjoints de drones et de systèmes antidrones ainsi qu’un règlement sur l’utilisation des drones dans des contextes civils et militaires; |
PME dans le domaine de la défense
| 58. | réaffirme que les PME travaillant dans le domaine de la défense dans toute l’Union constituent l’épine dorsale de l’industrie de la défense et des chaînes d’approvisionnement européennes et sont essentielles à l’innovation dans ces domaines, et souligne la nécessité d’apporter un soutien aux PME et aux startups, en particulier dans le secteur de la défense et du double usage; souligne que l’EDIS et l’EDIP doivent garantir des conditions de concurrence équitables pour tous les acteurs de l’industrie de la défense dans l’Union et promouvoir la coopération entre les grandes et les petites entreprises de tous les États membres, en veillant à ce que l’industrie ne soit pas dominée par quelques grandes entreprises issues d’un nombre limité d’États membres; encourage les États membres à offrir aux PME du secteur européen de la défense des possibilités particulières de participation au processus d’appel d’offres grâce à des mesures telles que la création d’une liste préapprouvée d’entreprises afin d’accélérer le processus d’engagement, l’introduction de sociétés de capital-investissement qui investissent dans les PME dans le cadre du processus de passation de marchés, le soutien de la croissance des PME au moyen de l’incubation et de l’investissement en capital, la réduction des difficultés liées à l’appel d’offres pour les contrats et la mise en place d’actions internes visant à accélérer l’examen des détails des contrats; |
Mobilité militaire
| 59. | souligne qu’il importe de développer, d’entretenir et de protéger les infrastructures nécessaires pour assurer la mobilité militaire rapide et efficace de nos forces armées dans l’ensemble des États membres; insiste sur la nécessité de garantir la résilience des infrastructures critiques qui permettent la mobilité militaire et la fourniture de services essentiels; a conscience que la logistique militaire peut contribuer à la dissuasion en montrant l’état de préparation militaire global de l’Union; s’attend à ce que ces points soient clairement pris en compte dans la communication conjointe de juin 2025 sur la mobilité militaire; |
| 60. | souligne qu’il est urgent d’améliorer significativement la mobilité militaire et d’investir dans celle-ci, en privilégiant les investissements, en supprimant les goulets d’étranglement et en remédiant aux chaînons manquants; souligne à cet égard qu’il importe de mettre les projets et les mesures de réglementation en œuvre rapidement, conformément au plan d’action de l’Union sur la mobilité militaire 2.0; soutient les nouveaux investissements stratégiques dans les infrastructures civiles et militaires, notamment les ports, les aéroports et les autoroutes, qui permettront également de transporter rapidement des unités et du matériel militaires, y compris des forces de réaction rapide, mais aussi de l’équipement lourd, des biens et de l’aide humanitaire; invite la Commission à donner suite aux recommandations du rapport spécial 2025 de la Cour des comptes européenne sur la mobilité militaire; lui demande d’accorder une plus grande importance à l’évaluation militaire dans le processus de sélection des projets à double usage (28); |
| 61. | invite la Commission à élaborer une approche intégrée de la mobilité et de la logistique militaires qui garantisse le respect de l’engagement pris par le Conseil de supprimer tous les obstacles restants d’ici à 2026 et qui coïncide avec des investissements beaucoup plus importants de l’Union dans des aspects clés de la mobilité militaire; demande en outre que le financement approprié de l’Union pour les projets de mobilité militaire en cours et nécessaires soit garanti dans le prochain CFP; invite les États membres à simplifier et à harmoniser davantage les procédures de mobilité militaire et à raccourcir les délais d’octroi des autorisations afin de permettre aux États membres d’agir plus rapidement et d’accroître l’efficacité de leur riposte, conformément à leurs besoins et responsabilités en matière de défense, tant dans le cadre des missions et opérations relevant de la PSDC que dans celui des activités nationales et multinationales; encourage les États membres à utiliser l’accord de CSP conclu avec des pays tiers sur la mobilité militaire comme modèle pour la participation des pays partenaires, en mettant l’accent sur l’adaptation des projets de CSP aux besoins des missions de PSDC; |
| 62. | salue les efforts des pays limitrophes de l’Ukraine pour fournir une assistance militaire à l’Ukraine de façon sûre et efficace; estime que l’expérience et le potentiel de la Pologne en matière de mobilité militaire, notamment la plateforme de transport centrale prévue, sont essentiels pour la sécurité de l’ensemble du flanc oriental; |
Une boussole stratégique actualisée: promouvoir une vision et une cohérence stratégiques communes et améliorer le processus décisionnel en matière de défense au sein du cadre institutionnel de l’Union
Boussole stratégique
| 63. | attire l’attention sur le fait que les évolutions géopolitiques et les menaces se sont succédé rapidement depuis l’adoption de la boussole stratégique par les États membres en mars 2022; demande par conséquent un réexamen de l’évaluation conjointe globale des menaces inscrite dans la boussole stratégique, de laquelle les priorités d’action de l’Union doivent découler; estime que cet exercice de réexamen devrait servir à définir des points de vue communs sur les lacunes en matière de capacités à l’échelle européenne, qui devraient être comblées au moyen de programmes, de fonds, de projets et d’instruments bilatéraux, multinationaux ou au niveau de l’Union, et à fixer le délai dans lequel cela devrait être fait; invite en outre la Commission et la HR/VP à présenter des mesures actualisées pour la boussole stratégique à la suite de ce réexamen, si nécessaire, afin de guider l’élaboration du livre blanc sur l’avenir de la défense européenne; réaffirme que les étapes et objectifs ambitieux propres à la boussole stratégique ne peuvent être réalisés qu’à l’aide d’une volonté politique et de mesures appropriées émanant des États membres et des institutions de l’Union; souligne la nécessité d’assurer la cohérence et la compatibilité entre la boussole stratégique et le concept stratégique de l’OTAN; |
| 64. | demande à la Commission et au SEAE de veiller à ce que la feuille de route sur le changement climatique et la défense soit intégralement mise en œuvre et améliorée dans le contexte de l’actualisation des mesures de la boussole stratégique; demande que les délais de réexamen de la feuille de route soient reconsidérés et, en particulier, que les objectifs généraux soient réexaminés bien avant 2030; invite les États membres à mettre en place des structures nationales à l’appui des objectifs; prie instamment la HR/VP de proposer aux États membres un programme d’action comprenant des mesures prioritaires présentées dans la feuille de route et pouvant être mises en œuvre à court terme; |
Gouvernance de la défense: consolider le cadre institutionnel et le processus décisionnel de l’Union dans les domaines de la défense et de la sécurité
| 65. | suggère au Conseil de revoir les cadres institutionnels de ses organes de décision compétents en matière de défense et de sécurité, et d’envisager la création d’un nouvel organe de décision permanent composé des ministres de la défense des États membres, sans préjudice de la répartition des compétences au sein des ministères nationaux en la matière; |
| 66. | souligne qu’une coopération efficace au niveau de l’Union dans le domaine de la sécurité et de la défense ainsi qu’une réaction rapide et coordonnée aux problèmes de sécurité requièrent de la cohérence entre les différentes structures du Conseil et de la Commission; souligne en outre la nécessité de prévenir les chevauchements, de garantir l’efficacité des investissements publics, de combler les lacunes critiques en matière de capacités et d’élaborer des stratégies de sécurité cohérentes à l’égard des partenaires, des pays tiers et de diverses régions du monde, tant dans les processus d’élaboration des politiques que dans les initiatives actuelles et futures; constate le manque de clarté dans la répartition des portefeuilles et le chevauchement potentiel des compétences entre les commissaires dans le domaine de la sécurité et de la défense à la suite de la création du poste de commissaire à la défense et à l’espace, et invite dès lors la Commission à délimiter clairement les compétences des commissaires dans ce domaine; invite la Commission à procéder à un réexamen interne de ses diverses structures, y compris la direction générale de l’industrie de la défense et de l’espace (DG DEFIS) et l’Agence européenne de défense, et de leurs mandats, pour garantir la complémentarité et la gestion efficace des initiatives actuelles et à venir dans le cadre de la PSDC; invite les États membres et la Commission à attribuer davantage de ressources financières et humaines au SEAE, de manière à ce qu’il puisse s’acquitter correctement de sa mission en tant que service diplomatique de l’Union, eu égard au contexte géopolitique extrêmement compétitif et à l’augmentation, au cours de ces dernières années, de la charge de travail pesant sur ses capacités limitées; |
| 67. | réaffirme que, pour devenir un acteur géopolitique crédible, l’Union doit réformer son processus décisionnel en matière de PESC/PSDC et souligne, à cet égard, que des réflexions institutionnelles sur une éventuelle suspension de l’exigence d’unanimité devraient être envisagées; rappelle que le cadre des traités de l’Union permet déjà un certain nombre de différentes formes institutionnelles de coopération dans le domaine de la politique étrangère, de sécurité et de défense et déplore que le potentiel d’action rapide dans ce domaine, que permettent les «clauses passerelles» du traité UE, n’ait été utilisé que de manière très limitée; invite le Conseil à examiner toutes les possibilités de renforcer et d’approfondir son processus décisionnel en matière de PESC/PSDC en vue de mettre à profit le potentiel inexploité des traités; demande une nouvelle fois au Conseil de passer progressivement au vote à la majorité qualifiée pour les décisions relevant de la PESC et de la PSDC, au moins dans les domaines qui n’ont pas d’implications en matière militaire; suggère en outre que le Conseil fasse pleinement usage des «clauses passerelles» et du champ d’application des articles qui renforcent la solidarité et l’assistance mutuelle de l’Union en cas de crise; |
| 68. | demande une nouvelle fois de renforcer la capacité militaire de planification et de conduite (MPCC) de l’Union et de la rendre pleinement opérationnelle, y compris par la mise à disposition de locaux adaptés, de personnel et de systèmes efficaces de communication et d’information ainsi que par le renforcement du commandement et du contrôle pour toutes les missions ou opérations de la PSDC; souligne la nécessité d’obtenir des résultats rapides en ce qui concerne la MPCC, compte tenu de l’ambition de la boussole stratégique selon laquelle la MPCC devrait fonctionner en tant que structure de commandement et de contrôle privilégiée de l’Union, capable de planifier et de conduire toutes les missions militaires non exécutives, deux opérations exécutives à petite échelle ou une opération exécutive à moyenne échelle, ainsi que des exercices réels; souligne qu’il est nécessaire que la MPCC facilite les synergies entre les instruments civils et militaires, et appelle de ses vœux la mise en place au niveau européen d’un état-major civil et militaire commun à long terme combinant des instruments civils et militaires, afin de tirer pleinement parti de la stratégie intégrée de l’Union en matière de gestion des crises, depuis la planification stratégique jusqu’à la réalisation effective de la mission ou de l’opération en question; estime que la capacité civile de planification et de conduite (CPCC) de l’Union devrait examiner de quelle manière protéger une force déployée contre de multiples menaces hybrides et mener des opérations avancées à un niveau de risque bien plus élevé qu’aujourd’hui; invite la Commission, le SEAE, la MPCC, la CPCC, le Comité militaire de l’Union et l’état-major de l’Union européenne à promouvoir une nouvelle culture de l’entente entre les partenaires civils et militaires, à développer la coopération interservices et à assurer le transfert des bonnes pratiques en matière de planification des missions et des concepts qui y sont associés, notamment en créant un modèle d’élaboration et de partage des bonnes pratiques; |
| 69. | réaffirme souscrire sans réserve à la capacité de déploiement rapide (CDR) de l’Union afin qu’elle atteigne sa pleine capacité opérationnelle au premier semestre 2025, avec un contingent d’au moins 5 000 militaires chargés de mener à bien des missions de sauvetage et d’évacuation et des opérations d’entrée initiale et de stabilisation, ou encore d’apporter un renfort temporaire à des missions; observe que les groupements tactiques de l’Union, qui n’ont jamais été déployés alors qu’ils sont opérationnels depuis 2007, feront partie intégrante du cadre plus vaste de la CDR de l’Union; se félicite de la planification et de la réalisation d’exercices réels dans le cadre de la CDR et encourage la poursuite de ces initiatives; |
| 70. | estime que la CDR constitue un élément essentiel pour réaliser le degré d’ambition de l’Union et que des militaires et des éléments de force supplémentaires devraient lui être progressivement affectés, en référence à l’objectif global d’Helsinki de 1999; estime qu’il serait judicieux d’utiliser le processus du livre blanc pour lancer une discussion sur la création d’unités militaires multinationales permanentes supplémentaires de l’Union, qui pourraient accomplir des tâches complémentaires à celles de la CDR; souligne la nécessité de s’engager plus avant avec l’OTAN dans la mise en place de la CDR, conformément au principe du réservoir unique de forces; |
| 71. | demande une nouvelle fois aux États membres d’examiner les aspects pratiques de la mise en œuvre de l’article 44 du traité UE lors de la mise en place de la CDR, ainsi que dans le cadre d’autres missions pertinentes de la PSDC, afin de permettre à un groupe d’États membres qui le souhaitent et qui en sont capables de planifier et de mener une mission ou une opération dans le cadre de l’Union, facilitant ainsi l’activation rapide de la CDR; invite les États membres à s’engager à réduire considérablement les lacunes critiques dans les capacités de soutien stratégiques en temps utile, en particulier en ce qui concerne la CDR, notamment le transport aérien stratégique, les systèmes de communication et d’information sûrs, les dispositifs médicaux, les capacités de cyberdéfense ainsi que le renseignement et la reconnaissance; demande au commissaire à la défense et à l’espace d’envisager d’intégrer, dans les projets de défense européens d’intérêt commun qu’il propose, des initiatives visant à fournir les capacités de soutien stratégiques nécessaires pour faciliter les missions et opérations de la PSDC et la CDR; |
Augmenter les ressources consacrées à la politique de sécurité et de défense commune de l’Union
| 72. | insiste sur le fait que les besoins urgents ne peuvent attendre le prochain CFP; met l’accent sur la nécessité d’examiner sans délai des solutions innovantes pour trouver des financements supplémentaires, lesquelles consisteraient par exemple à investir dans le secteur de la défense, à faciliter et à accélérer la réaffectation de fonds d’un projet à un autre, ainsi qu’à étudier la possibilité d’adapter les critères de financement de l’Union afin de donner une nouvelle importance aux critères liés à la sécurité lors de la répartition des dépenses; |
| 73. | se réjouit de l’augmentation des budgets et des investissements des États membres dans la défense ainsi que de la progression, bien que modeste, du budget de l’Union alloué à la PSDC en 2024; est fermement convaincu que, compte tenu des menaces sans précédent pour la sécurité, tous les États membres de l’Union devraient atteindre d’urgence un niveau de dépenses de défense, en proportion de leur PIB, nettement supérieur à l’objectif actuel de l’OTAN de 2 %; observe que 23 des 32 alliés de l’OTAN, dont les 16 pays qui sont membres à la fois de l’Union européenne et de l’OTAN, étaient supposés atteindre l’objectif de dépenses de l’OTAN consistant à consacrer 2 % de leur PIB aux dépenses de défense d’ici la fin de 2024; souligne que cela représente une multiplication par six depuis 2014, date à laquelle cet objectif a été pris; considère que le budget actuel de l’Union consacré à la sécurité et à la défense, compte tenu des bouleversements géopolitiques actuels et de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, n’est pas à la hauteur des défis qui doivent être relevés à court et à long termes; recommande, compte tenu des besoins estimés en investissements pour la défense d’ici à 2035, qui s’élèvent à 500 milliards d’euros, et sur la base de l’analyse continue des besoins et des lacunes en matière de capacités, que les États membres augmentent encore leurs dépenses en matière de défense, en particulier pour la passation conjointe de marchés concernant les capacités de défense, et soutient pleinement les objectifs fixés dans l’EDIS à cet égard; |
| 74. | invite la Commission et les États membres à engager une discussion ouverte sur la base, entre autres, des recommandations présentées dans les rapports de M. Draghi et M. Niinistö, notamment à propos de l’augmentation des ressources allouées à la sécurité et à la défense dans le prochain CFP, ainsi que de l’exploration de toutes les possibilités de financement à cette fin, et de la mise en commun d’une partie des budgets nationaux de défense au niveau de l’Union afin de générer des économies d’échelle; demande également aux États membres de modifier le processus de financement de la FEP de façon à garantir un soutien suffisant et durable aux partenaires et aux alliés, tout en l’alignant sur les missions et opérations de la PSDC; demande l’élaboration d’une stratégie en vue de créer des centres d’excellence dans différentes régions de l’Union, sans faire double emploi avec les travaux de l’OTAN dans ces domaines, afin de promouvoir l’innovation et la participation de tous les États membres, en veillant à ce que les capacités et les connaissances spécialisées de chaque État membre contribuent à renforcer la cohésion et l’intégration de la base industrielle de défense; |
| 75. | se félicite du nouvel instrument financier SAFE (Security Action for Europe) et demande instamment à la Commission et aux États membres de veiller à ce que l’augmentation des investissements dans les capacités de défense de l’Europe respecte le principe consistant à «acheter plus, acheter mieux, acheter ensemble, acheter européen»; déplore le recours à l’article 122 et le manque de participation du Parlement à l’approbation de cet instrument; |
| 76. | salue la stratégie pour une union de l’épargne et des investissements et espère qu’elle facilitera la mobilisation de l’épargne privée et son fléchage vers des marchés de capitaux plus efficaces et orientera les investissements vers le secteur de la défense; |
| 77. | prie instamment les États membres de soutenir la mise en place d’une banque de défense, de sécurité et de résilience qui servirait d’institution de prêt multilatérale conçue pour accorder des prêts à faible taux d’intérêt et à long terme susceptibles de soutenir des priorités essentielles en matière de sécurité nationale, telles que le réarmement, la modernisation de la défense, les efforts de reconstruction en Ukraine et le rachat d’infrastructures critiques actuellement contrôlées par des pays tiers hostiles; |
| 78. | rappelle que les objectifs de solidarité, de cohésion et de convergence de l’Union s’appliquent également à la défense; insiste sur le fait que les moyens financiers nécessaires pour reconstruire et élargir nos capacités de défense au cours de la décennie à venir auront une incidence considérable sur la solidité et la viabilité des finances publiques et demande dès lors une coopération et une coordination au niveau de l’Union au moyen d’une véritable politique économique de défense; souligne que l’augmentation des investissements dans le domaine de la défense ne devrait pas entrer en concurrence avec d’autres priorités d’investissement, y compris la cohésion sociale; rappelle en outre que les orientations en matière de financement devraient être ancrées dans une approche de la résilience qui concerne l’ensemble de la société, qu’elles doivent par conséquent être largement soutenues par les citoyens européens, et que ce soutien doit être durable à long terme; souligne que la charge financière doit dès lors être partagée équitablement, en particulier par les entreprises rentables qui bénéficient déjà d’une participation publique ou d’aides d’État; souligne en outre que les dépenses publiques devraient être complétées par une augmentation du financement privé; invite la Commission à réfléchir à d’éventuels dispositifs budgétaires qui permettraient une répartition plus équitable de la charge financière et limiteraient les perturbations de la concurrence dans la BITDE induites par les aides d’État et les procédures d’appel d’offres faussant le marché; |
| 79. | demande dès lors que le prochain CFP donne réellement les moyens de mettre en place une véritable union de la défense; est favorable aux propositions visant à fournir des investissements financiers massifs de l’Union dans la défense européenne et à stimuler la recherche et l’innovation technologique ainsi que les projets à double usage dans l’industrie européenne de la défense, renforçant ainsi sa compétitivité et promouvant des avancées qui contribuent à la fois à la sécurité et à une croissance économique durable; souligne que les investissements dans la défense provenant du budget de l’Union devraient uniquement compléter, et non remplacer, les efforts financiers consentis par les États membres, en particulier en ce qui concerne l’ambition des pays qui sont à la fois membres de l’Union européenne et de l’OTAN d’investir 2 % de leur PIB dans la défense; invite les États membres à avancer la réévaluation de l’étendue et de la définition des coûts communs de manière à renforcer la solidarité et à encourager la participation aux missions et opérations de la PSDC, ainsi que la réévaluation des coûts liés aux exercices, conformément à la boussole stratégique; |
| 80. | invite dès lors la Commission à contracter une dette commune pour doter l’Union de la capacité budgétaire d’emprunter dans des situations exceptionnelles et de crise, présentes et futures, en tenant compte de l’expérience et des enseignements tirés de NextGenerationEU, étant donné que nous sommes aujourd’hui confrontés à un besoin urgent de renforcer la sécurité et la défense afin de protéger les citoyens de l’Union, de rétablir la dissuasion et de soutenir nos alliés, en premier lieu l’Ukraine; souligne que la charge d’une telle action doit être répartie équitablement; |
| 81. | demande que le prochain CFP prévoie un soutien financier accru pour garantir l’approvisionnement en produits de défense en temps utile grâce à la passation conjointe de marchés, à la coordination industrielle, à la constitution de stocks, au soutien aux PME ainsi qu’à l’expansion des capacités de production; souligne que ce financement devrait en particulier accorder la priorité aux États membres limitrophes de l’Ukraine afin de renforcer sa protection, ainsi qu’aux États membres confrontés à un risque élevé de menaces militaires conventionnelles, tels que ceux qui sont limitrophes de la Russie et de la Biélorussie; |
| 82. | s’inquiète du manque de financements privés, financements dont la BITDE a tant besoin, en particulier pour les PME, et qui découle probablement de l’absence de marchés publics à long terme ou bien d’une interprétation trop stricte des critères environnementaux, sociaux et en matière de gouvernance; se félicite, par conséquent, de l’éclaircissement apporté par l’Autorité européenne des marchés financiers le 14 mai 2024 selon lequel seules les entreprises impliquées dans la production d’armes interdites par le droit international sont automatiquement exclues de l’accès aux fonds; salue les propositions formulées dans le M. Niinistö en vue d’éviter la fragmentation des dépenses de défense, de combiner les flux de financement pertinents et de déclencher davantage d’investissements du secteur privé; invite la Commission à évaluer les recommandations et à présenter des propositions concrètes; souligne la nécessité pour le secteur de la défense d’avoir un meilleur accès aux marchés des capitaux; |
Politique de prêt de la BEI pour le secteur de la défense
| 83. | souligne l’importance, pour le secteur de la défense, d’avoir accès aux prêts accordés par la BEI en tant que catalyseur des investissements privés dans l’industrie européenne de la défense; salue l’extension des critères d’éligibilité de la BEI aux biens à double usage et invite la BEI à prendre de nouvelles mesures à cet égard; souligne que, compte tenu de l’objectif de la BEI consistant à promouvoir le développement de l’Union et à soutenir ses politiques, en particulier sa politique de défense et le renforcement de la BITDE, conformément à l’article 309 du traité FUE, la BEI devrait poursuivre le réexamen de sa politique de prêt et l’adapter en permanence; demande à la BEI de procéder à un examen de l’incidence de l’extension de sa politique en matière de biens à double usage et de réformer, s’il y a lieu, sa liste d’éligibilité afin que les munitions et les équipements militaires qui vont au-delà des applications à double usage ne soient plus exclus du financement de la BEI; salue l’initiative stratégique pour la sécurité européenne 2022 de la BEI, qui vise à soutenir la recherche, le développement et l’innovation dans les biens à double usage, les projets d’infrastructures et de technologies de sécurité axés sur la cybersécurité, le «nouvel espace», l’intelligence artificielle et les technologies quantiques; |
Contribuer plus efficacement à la sécurité mondiale au moyen d’une politique européenne de sécurité et de défense commune et renforcer le rôle de l’Union en tant qu’acteur de la sécurité
Désescalade, prévention des guerres et soutien à la résolution des conflits
| 84. | condamne et se déclare profondément préoccupé par le soutien apporté par la Chine à la Russie dans sa guerre d’agression contre l’Ukraine, notamment par sa coopération avec la base industrielle et technologique militaire russe, par l’exportation de biens à double usage vers la Russie et par l’implication continue d’entreprises établies en Chine dans l’évitement et le contournement des sanctions; se déclare, à cet égard, vivement préoccupé par les récentes informations indiquant que la Chine produit des drones d’attaque à longue portée destinés à être utilisés par la Russie dans sa guerre d’agression contre l’Ukraine, et demande que, si la Chine persiste à soutenir les efforts d’armement de la Russie, cela ait des conséquences significatives sur la politique extérieure de l’Union à l’égard de la Chine; déplore le partenariat «sans limites» entre la Russie et la Chine et se déclare vivement préoccupé par l’engagement renouvelé de la Chine et de la Russie à renforcer encore leurs liens; se félicite de la décision du Conseil de sanctionner des entreprises chinoises pour avoir soutenu la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine; |
| 85. | est vivement préoccupé par l’augmentation des investissements chinois dans les capacités militaires et par la militarisation de ses chaînes d’approvisionnement pour soutenir son industrie tout en tirant parti des opportunités politiques et économiques créées par la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine; exprime également sa profonde inquiétude quant à l’incidence des dépendances européennes à l’égard de la Chine sur la crédibilité de la capacité des États membres à préserver leur sécurité nationale et de la capacité de l’Union dans son ensemble à critiquer et à contrer efficacement la coercition économique exercée par la Chine, une éventuelle escalade de la situation avec Taïwan et le soutien apporté à la Russie; demande à la Commission et aux États membres de mettre sérieusement en œuvre une politique de «réduction des risques» dans le but de gérer les risques découlant de l’engagement économique et technologique avec la Chine; demande à cet égard de s’attaquer aux risques que présentent les fournisseurs chinois dans les infrastructures critiques de l’Union, et demande que ni fonds ni subventions de l’Union n’aillent favoriser la position de ces fournisseurs en Europe; |
| 86. | condamne fermement les exercices militaires injustifiés menés par la Chine le 14 octobre 2024 près de Taïwan; condamne en outre le nombre croissant d’actes hostiles commis par la Chine contre Taïwan, notamment des cyberattaques, des campagnes d’influence, l’entrée d’avions de guerre chinois dans la zone d’identification de défense aérienne taïwanaise et la coupure de câbles sous-marins; réaffirme son engagement ferme à préserver le statu quo dans le détroit de Taïwan et souligne que toute tentative de modification unilatérale de ce statu quo, notamment par la force ou la coercition, sera jugée inacceptable et entraînera une réaction ferme et résolue; salue la réaction mesurée et disciplinée des autorités taïwanaises et demande aux autorités chinoises de faire elles aussi preuve de mesure et de s’abstenir de toute action susceptible d’exacerber les tensions de part et d’autre du détroit; appelle de ses vœux des échanges réguliers entre l’Union et ses homologues taïwanais sur les questions de sécurité et un renforcement de la coopération pour lutter contre la désinformation et l’ingérence étrangère; souligne que toute escalade des tensions dans le détroit de Taïwan aurait des effets préjudiciables sur la sécurité et l’économie européennes et demande dès lors instamment à la Commission de commencer à élaborer des plans d’urgence et des mesures d’atténuation fondées sur des scénarios probables d’escalade, tels qu’un blocus économique de Taïwan par la Chine; |
| 87. | se déclare vivement préoccupé par les actions de plus en plus agressives menées par la Chine en mer de Chine méridionale et dans la région indopacifique, à savoir son recours à la coercition militaire et économique ainsi qu’aux tactiques de guerre hybride, les manœuvres dangereuses de sa marine et de ses garde-côtes à l’encontre de ses voisins et la construction d’une île artificielle, pour appuyer ses revendications maritimes illicites et menacer les voies navigables à caractère maritime; souligne qu’un navire lié à la Chine aurait sectionné un câble sous-marin taïwanais au début du mois de janvier 2025, et réclame une enquête approfondie sur le sujet; demande en outre que Taïwan et l’Union se partagent les informations sur de tels incidents; réaffirme son profond intérêt et son soutien ferme à la liberté de navigation et à la sécurité maritime partout dans le monde, et notamment en mer de Chine méridionale; demande aux autorités chinoises de mettre un terme à tous les actes hostiles et provocateurs, en particulier les opérations aériennes et maritimes dans le détroit de Taïwan et en mer de Chine méridionale, qui compromettent la stabilité dans la région indopacifique et portent atteinte à la paix et à la sécurité internationales, à la souveraineté des pays de la région, à la sécurité de la vie en mer et à la liberté de navigation dans le plein respect de la CNUDM; se félicite de l’augmentation du nombre d’exercices de liberté de navigation menés par plusieurs pays de l’Union, dont la France, les Pays-Bas et l’Allemagne; relève que ces activités sont conformes au droit international et demande davantage de coopération et de coordination avec les partenaires régionaux, y compris au moyen de présences maritimes coordonnées dans le nord-ouest de l’océan Indien, entre autres, afin d’augmenter le nombre d’opérations de liberté de navigation dans la région; |
| 88. | reste préoccupé par les pressions politiques et économiques exercées par la Russie et la Chine en Asie centrale et attire l’attention sur la nécessité de renforcer la présence de l’Union dans la région en réponse à ces pressions; souligne l’intérêt que présente pour l’Union le renforcement de la coopération en matière de sécurité, des relations économiques et des liens politiques avec les pays d’Asie centrale, y compris pour remédier au contournement des sanctions infligées à la Russie et à la Biélorussie; |
| 89. | condamne l’Iran avec la plus grande fermeté pour les activités de déstabilisation qu’il a menées au Proche-Orient, y compris par l’intermédiaire de ses alliés, et pour son soutien continu à des groupes terroristes, qui représentent une menace directe pour la sécurité régionale, européenne et mondiale; condamne la coopération militaire grandissante entre l’Iran et la Russie, en particulier leur intention de signer un traité de partenariat stratégique global; exprime toutefois son soutien et sa solidarité sans réserve à la société civile et aux forces démocratiques iraniennes et appelle de ses vœux un redoublement des efforts au niveau international pour soutenir ces groupes dans leur combat pour la liberté et les droits de l’homme; se félicite de la décision de l’Union de reconduire les sanctions contre l’Iran jusqu’en juillet 2025, notamment en sanctionnant la production par l’Iran de drones et de missiles et leur fourniture à la Russie et au Proche-Orient; fait observer que les options de sanction qui n’ont pas encore été épuisées impliquent une approche beaucoup plus restrictive à l’égard des transferts de technologies effectués au moyen d’exportations de produits qui ne sont pas classés dans la catégorie des produits à double usage; |
| 90. | condamne sans équivoque le gouvernement iranien pour avoir aidé et encouragé les organisations et réseaux terroristes internationalement reconnus comme tels, comme le Hamas et le Hezbollah, qui ont perpétré ou tenté de perpétrer des attentats au sein de l’Union européenne, ce qui constitue une menace directe pour la sécurité, la souveraineté et la stabilité de l’Europe; rappelle à cet égard que le Corps des gardiens de la révolution islamique a été impliqué dans la planification et la perpétration de dizaines d’assassinats et d’attentats terroristes, notamment sur le sol de l’Union, au cours des 30 dernières années et, plus récemment, dans des attentats contre des synagogues et des personnes juives ainsi que contre des ambassades israéliennes dans plusieurs États membres; demande instamment à l’Union et aux États membres de renforcer l’échange de renseignements et les mesures de lutte contre le terrorisme afin de prévenir toute nouvelle attaque; réclame une nouvelle fois et ce, de longue date, d’ajouter le Corps des gardiens de la révolution islamique à la liste des organisations terroristes tenue par l’Union, et soutient l’initiative prise par certains États membres à cet égard; |
| 91. | estime que le programme d’armements nucléaires de l’Iran est l’une des principales menaces pour la sécurité mondiale et souligne que si l’Iran parvient à acquérir la capacité à disposer de l’arme nucléaire, il risque de devenir davantage belliqueux et d’intensifier le soutien du terrorisme par l’État ainsi que la prolifération des missiles et des drones; |
| 92. | condamne une nouvelle fois, avec la plus grande fermeté, les attentats terroristes abjects perpétrés par l’organisation terroriste Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui ont contribué à déstabiliser encore plus le Proche-Orient et ont été amplifiés par les agressions menées contre Israël par des mandataires iraniens (notamment des organisations terroristes telles que le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen) et par le régime iranien lui-même; réaffirme qu’Israël dispose du droit de se défendre, tel qu’il est consacré et encadré par le droit international; réclame le cessez-le-feu immédiat et la libération inconditionnelle de tous les otages encore détenus par le Hamas; demande à toutes les parties de mettre fin immédiatement à toutes les hostilités et de respecter pleinement le droit international, y compris le droit international humanitaire; se déclare vivement préoccupé par l’échec récent du cessez-le-feu à Gaza et demande son rétablissement immédiat; souligne que cela représenterait une étape importante pour soulager les immenses souffrances subies par les civils des deux parties au cours des derniers mois; salue l’engagement des médiateurs, y compris les États-Unis, l’Égypte et le Qatar, dont les efforts ont été essentiels pour parvenir à ce premier cessez-le-feu; prie instamment tous les acteurs européens et internationaux de contribuer activement à la réalisation d’une nouvelle avancée, de superviser l’application du cessez-le-feu et de demander des comptes à ceux qui ne le respectent pas; |
| 93. | salue le redéploiement de la mission de l’Union européenne d’assistance à la frontière à Rafah le 31 janvier 2025 afin d’aider l’Autorité palestinienne à faciliter le passage en toute sécurité des évacuations médicales pendant la phase I du cessez-le-feu; se tient prêt à participer à des discussions sur les contributions concrètes qui seront nécessaires pour favoriser un cessez-le-feu; |
| 94. | se déclare profondément préoccupé par l’escalade militaire au Proche-Orient, qui contribue à déstabiliser encore plus la région; déplore le nombre inacceptable de victimes civiles, les déplacements forcés causés par l’escalade de la violence et l’usage persistant de la force militaire; exprime en outre sa plus vive inquiétude face à l’action militaire menée actuellement par les forces de défense israéliennes dans la bande de Gaza et en Cisjordanie; condamne les tirs des forces de défense israéliennes sur la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), qui constituent une violation grave du droit international; réaffirme le rôle stabilisateur essentiel joué par la FINUL, à laquelle contribuent 16 États membres, dans le sud du Liban; réclame des cessez-le-feu immédiats à Gaza et au Liban, l’arrêt des hostilités, la mise en œuvre intégrale et symétrique de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité des Nations unies et la protection des populations civiles; souligne la nécessité que l’Union européenne et d’autres acteurs internationaux assument une plus grande responsabilité et aident les gouvernements et les organisations de la société civile au Proche-Orient à parvenir à une paix durable et viable, notamment en continuant à soutenir une solution à deux États pour Israël et la Palestine et en luttant contre le terrorisme et la radicalisation dans cette région; souligne que l’évolution des conflits dans la région a des répercussions sur les régions voisines et sur l’Europe et qu’elle pose des problèmes de sécurité à l’Union en ce qui concerne l’avenir de la dissuasion, du droit humanitaire et de la gestion des crises; |
| 95. | se félicite du plan arabe de redressement et de reconstruction présenté lors du sommet du Caire le 4 mars 2025, qui constitue une base sérieuse pour les discussions sur l’avenir de la bande de Gaza; encourage la VP/HR et la commissaire à la Méditerranée à dialoguer de façon constructive avec les partenaires arabes afin de parvenir à des solutions crédibles pour la reconstruction, la gouvernance et la sécurité de Gaza; rejette cependant la proposition de Donald Trump pour Gaza, qui ne tient pas compte de la volatilité des conditions de sécurité au Moyen-Orient; est d’avis que l’ampleur des destructions et des souffrances humaines à Gaza nécessite une action internationale globale dans le cadre de laquelle les États-Unis, l’Union européenne, les Nations unies, les États arabes et d’autres partenaires internationaux compléteraient les efforts déployés de part et d’autre pour permettre la reprise de négociations constructives; se déclare favorable aux futures tentatives de normalisation entre Israël et les États arabes de la région; |
| 96. | invite instamment le Conseil et les États membres à désigner le Hezbollah dans son intégralité comme une organisation terroriste et à œuvrer en faveur de son désarmement complet, conformément à la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité des Nations unies; met l’accent sur les décisions récentes prises par plutôt pays, dont les États-Unis et le Canada, de désigner Samidoun comme une organisation terroriste agissant en tant que mandataire du Front populaire de libération de la Palestine; souligne que Samidoun a été interdit par l’Allemagne en 2023 et invite instamment le Conseil et les États membres de l’Union à prendre des mesures similaires pour interdire cette organisation sur leur territoire; |
| 97. | fait observer que la frontière entre la Jordanie et la Syrie sert de point de passage pour le trafic d’armes et de drogue; souligne qu’il est nécessaire que l’Union continue de soutenir la Jordanie, qui a été affaiblie par la crise actuelle au Proche-Orient, et réclame un recours accru à la FEP pour protéger la frontière entre la Jordanie et la Syrie; |
| 98. | reconnaît que la Turquie revêt une importance stratégique pour l’Union; constate que la Turquie est de plus en plus présente dans les zones où l’Union a des intérêts essentiels en matière de sécurité et déploie des missions et opérations de PSDC, et déplore le rôle que joue la Turquie dans la déstabilisation de certaines zones qui préoccupent l’Union et dans son voisinage; souligne les activités illégales de la Turquie à l’encontre des intérêts de l’Union en Méditerranée orientale, qui violent le droit international, y compris la CNUDM; condamne une nouvelle fois la signature de protocoles d’accord, étroitement liés, entre la Turquie et la Libye concernant une coopération globale en matière de sécurité et en matière militaire et une délimitation des zones maritimes, car ces protocoles constituent des violations flagrantes du droit international, des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies et des droits souverains des États membres de l’Union; déplore que la Turquie compromette l’efficacité des sanctions de l’Union contre la Russie et exhorte une nouvelle fois la Turquie à s’aligner pleinement sur ces sanctions; demande à la Turquie de s’abstenir de compromettre les missions et opérations de la PSDC de l’Union; demande une nouvelle fois à la Turquie de s’acquitter de son obligation de mise en œuvre intégrale et non discriminatoire du protocole additionnel à l’accord d’Ankara à l’égard de tous les États membres, y compris la République de Chypre; |
| 99. | déplore que, malgré les efforts de désescalade, la Turquie continue de maintenir la menace de casus belli contre la Grèce et d’occuper illégalement la partie nord de la République de Chypre; condamne fermement les activités illégales menées par la Turquie à Chypre, y compris la violation du statut de la zone tampon, la militarisation croissante des zones occupées de la République de Chypre ainsi que ses efforts pour renforcer l’entité sécessionniste dans la zone occupée de Chypre, en violation du droit international, et fait observer que ces activités ne sont pas propices à la reprise des négociations menées sous l’égide des Nations unies; condamne le fait que la Turquie continue de violer les résolutions 550 (1984) et 789 (1992) du Conseil de sécurité des Nations unies, qui demandent à la Turquie de transférer la zone de Varosha à ses habitants légitimes sous l’administration temporaire des Nations unies, en soutenant l’ouverture de la ville de Varosha au public; exhorte vivement la Turquie, une fois de plus, à revenir sur ses actions illégales et unilatérales concernant Varosha; demande en outre à la Turquie de retirer ses troupes de Chypre; |
| 100. | demande instamment la reprise des négociations de réunification de Chypre sous l’égide du secrétaire général des Nations unies et réaffirme son soutien inconditionnel à Chypre pour résoudre le problème; demande à la Turquie d’accepter une solution équitable, complète et viable à la situation; |
| 101. | se félicite de la réunion informelle élargie convoquée par le secrétaire général des Nations unies le 18 mars 2025 à Genève dans le but d’ouvrir la voie à la reprise des négociations sur le problème chypriote, strictement dans le cadre convenu des Nations unies, seul cadre accepté par l’Union européenne et la communauté internationale, et dans le respect du droit, des valeurs et des principes de l’Union européenne; rappelle que la réunification de Chypre est une priorité pour l’Union européenne, qui est prête à jouer un rôle plus actif pour soutenir le processus dirigé par les Nations unies en utilisant tous les instruments à sa disposition; demande à la Turquie d’entamer des négociations constructives et de revenir à la table des négociations en toute bonne foi; |
| 102. | demande à l’Union de jouer un rôle majeur en Méditerranée, en devenant un acteur de sécurité qui soit capable de garantir la stabilité de la région et de faire respecter le droit international et la CNUDM; se félicite à cet égard de la nomination d’un commissaire à la Méditerranée travaillant sous la supervision et la direction politique de la HR/VP; souligne la nécessité pour la HR/VP, en coopération avec le commissaire à la Méditerranée, si nécessaire, et en concertation avec les États membres, d’élaborer une stratégie de sécurité cohérente à l’égard de la région méditerranéenne et de ses pays voisins, y compris en Afrique du Nord, au Levant et au Sahel; appelle de ses vœux une coopération renforcée avec les pays partenaires de la Méditerranée dans la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme, le trafic d’armes et la traite d’êtres humains; |
| 103. | prend acte avec inquiétude des violations des droits fondamentaux des migrants commises en Libye, et mises en évidence dans la résolution 2755 (2024) du Conseil de sécurité des Nations unies; souligne la nécessité d’examiner le rôle des missions et opérations de la PSDC – EUBAM Libya et EUNavfor Irini – dans la lutte efficace contre le trafic de migrants et la traite des êtres humains, ainsi que leurs activités en lien avec la nécessité de protéger les droits fondamentaux des migrants; |
| 104. | relève que l’effondrement rapide du régime criminel de Bachar el-Assad en Syrie, qui était soutenu par le Kremlin depuis 2015, constitue une défaite politique importante pour Vladimir Poutine et menace la présence stratégique et militaire de la Russie en Syrie; rappelle que, depuis 2015, les bases militaires de Hmeimim et de Tartous servent de points clés pour la projection de la puissance russe au Proche-Orient et en Afrique; relève en outre que les bases militaires de Hmeimim et Tartous étaient vitales pour le transport et l’approvisionnement en armes lourdes et en équipements à destination des sociétés militaires privées russes, telles que le groupe Wagner, et pour ses opérations en Libye, au Mali, en République centrafricaine et au Soudan; souligne que la perte des bases militaires de Syrie pourrait affaiblir la capacité opérationnelle de la Russie et son influence en Afrique; demande dès lors à l’Union et à ses États membres de suivre de près la situation en Syrie, de conditionner les liens avec le nouveau régime syrien au retrait complet de la Russie hors du pays et d’empêcher la Russie d’établir de nouvelles bases militaires ailleurs dans la région; reconnaît, à cet égard, l’influence considérable de l’Union à l’égard de la Syrie en termes de reconnaissance politique, d’assouplissement des sanctions, d’accords commerciaux et de soutien financier à la reconstruction, ce qui fait de l’Union une alternative à la Turquie pour influer sur l’avenir de la Syrie; |
| 105. | condamne et se déclare de plus en plus préoccupé par les tentatives incessantes de la Russie de déstabiliser les pays du voisinage oriental de l’Union par le recours à des activités de manipulation de l’information et d’ingérence étrangères, à des assassinats politiques, aux menaces et à des occupations de territoire afin de mettre à mal leurs aspirations européennes et leur stabilité; souligne la nécessité de renforcer les capacités de l’Union à défendre et à développer des sociétés démocratiques et fondées sur des valeurs dans les pays de son voisinage oriental; |
| 106. | réaffirme l’engagement de l’Union à soutenir la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République de Moldavie à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues et les efforts visant à parvenir à un règlement pacifique, durable et complet du conflit portant sur la Transnistrie; condamne fermement les tentatives constantes et coordonnées de la Russie, des oligarques prorusses et des exécutants locaux soutenus par la Russie pour déstabiliser la République de Moldavie, semer la division au sein de la société moldave et détourner le pays de sa trajectoire européenne au moyen d’attaques hybrides, d’une instrumentalisation de l’approvisionnement énergétique, de la désinformation, d’alertes à la bombe, de mises en scène de manifestations, de menaces ou de violences; constate avec préoccupation que le service de sécurité et de renseignement de la République de Moldavie a signalé une intensité sans précédent des actions entreprises par la Russie visant à ancrer la Moldavie dans sa sphère d’influence; souligne que cette menace hybride vise les processus démocratiques et compromet l’intégration européenne, y compris en amplifiant les tendances séparatistes radicales dans le sud du pays, en particulier en Gagaouzie, en recourant à la propagande, en manipulant l’espace de l’information, en interférant dans le processus électoral et en menant des opérations subversives; |
| 107. | demande une nouvelle fois à la Russie de retirer ses forces et équipements militaires du territoire de la République de Moldavie, de veiller à la destruction complète de toutes les munitions et de tous les équipements du dépôt de Cobasna sous contrôle international et de soutenir une résolution pacifique du conflit en Transnistrie, conformément aux principes du droit international; demande le renforcement du soutien de l’Union à la Moldavie dans la lutte contre la manipulation de l’information et l’ingérence étrangères, les menaces hybrides et les cyberattaques; demande instamment aux États membres d’augmenter le financement de la FEP afin de renforcer les capacités de défense de la Moldavie; |
| 108. | reconnaît qu’en 2008, la Géorgie a été la première cible de l’agression militaire à grande échelle de la Russie et de ses tentatives de redéfinir par la force les frontières d’un État souverain en Europe; souligne que, depuis 2008, la Russie persiste dans son occupation illégale et son contrôle de facto des régions occupées de la Géorgie; souligne que la présence militaire de la Russie et son déploiement militaire important dans les régions occupées, ses activités illégales, la poursuite de ses activités de «frontiérisation» le long des lignes de démarcation administrative et ses violations des droits de l’homme en Géorgie constituent un risque sérieux pour la sécurité du pays et en général pour le cadre de sécurité de l’Europe; demande une nouvelle fois à la Russie de retirer ses forces et équipements militaires du territoire de la Géorgie; |
| 109. | condamne fermement les tirs russes qui ont abattu le vol 8243 d’Azerbaijan Airlines le 25 décembre 2024, tuant 38 des 67 passagers se trouvant à bord; souligne que cela met une fois de plus en lumière le caractère brutal et belliqueux du régime russe; |
| 110. | exhorte l’Union à poursuivre son engagement actif et à prendre des mesures décisives, au moyen de ses instruments importants, pour veiller à ce que la Russie remplisse ses obligations au titre de l’accord de cessez-le-feu du 12 août 2008 conclu sous l’égide de l’Union, notamment ses obligations consistant à retirer toutes ses forces militaires des régions géorgiennes occupées, à autoriser le déploiement des mécanismes de sécurité internationaux dans les deux régions géorgiennes et à donner un accès à la mission d’observation de l’Union dans l’ensemble du territoire de la Géorgie, ainsi qu’à s’engager de manière constructive dans les discussions internationales de Genève et dans les mécanismes de prévention et de règlement des incidents; demande au SEAE d’élaborer un rapport complet sur les violations de l’accord de cessez-le-feu du 12 août 2008, de déterminer et de communiquer clairement les dispositions qui n’ont toujours pas été respectées par la Russie et de formuler des recommandations; |
| 111. | se réjouit de la récente annonce de l’aboutissement des négociations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan sur le texte intégral du projet d’accord de paix et d’établissement de relations interétatiques; félicite l’Arménie, qui a ouvert la voie à la finalisation du texte, et invite instamment les autorités azerbaïdjanaises à signer et à mettre en œuvre l’accord de paix de bonne foi, comme demandé en conclusion des négociations; |
| 112. | condamne l’Azerbaïdjan pour ses efforts continus visant à porter atteinte aux possibilités de paix régionale et pour ses menaces persistantes à l’encontre de l’Arménie; demande à l’Union et à ses États membres de suspendre toute assistance sécuritaire, technique ou financière à l’Azerbaïdjan, y compris par l’intermédiaire de divers instruments de l’Union, qui pourrait contribuer à accroître les capacités offensives de l’Azerbaïdjan ou mettre en danger la sécurité, l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Arménie; |
| 113. | rappelle qu’un an s’est écoulé depuis que l’Azerbaïdjan a envahi le Haut-Karabakh, ce qui a entraîné le déplacement forcé de plus de 140 000 Arméniens hors de la région; condamne le soutien militaire et armé apporté à l’Azerbaïdjan par des pays tiers; rappelle que l’Azerbaïdjan a commis de graves violations des droits de l’homme au Haut-Karabakh; condamne la destruction, par l’Azerbaïdjan, du patrimoine culturel arménien de la région; demande la libération de l’ensemble des 23 otages arméniens détenus en Azerbaïdjan, y compris des anciens responsables de facto du Haut-Karabakh et des prisonniers de guerre capturés lors des combats de 2020; invite le Conseil à envisager d’imposer des sanctions ciblées et individuelles à l’encontre des personnes responsables de violations du cessez-le-feu et de violations des droits de l’homme dans le Haut-Karabakh; |
| 114. | se félicite de la décision d’adopter la première mesure d’assistance au titre de la FEP pour soutenir les forces armées arméniennes, car cela devrait renforcer la résilience de l’Arménie dans le contexte de la garantie de la sécurité, de l’indépendance et de la souveraineté; demande de renforcer encore la coopération entre l’Arménie et l’Union dans le domaine de la sécurité et de la défense, en particulier pour le déminage, y compris par le recours à la FEP, en tenant compte du réexamen, par l’Arménie, de son adhésion à l’Organisation du traité de sécurité collective; se félicite des mesures prises par plusieurs États membres pour apporter un soutien militaire défensif à l’Arménie et invite instamment les autres États membres à envisager des initiatives similaires; |
| 115. | souligne que l’Union devrait revoir d’urgence sa stratégie régionale pour le Sahel, à la suite des différents coups d’État dans la région; déplore vivement le départ forcé des troupes françaises et des forces de maintien de la paix des Nations unies de la région, et condamne la présence d’entreprises militaires privées et de mandataires soutenus par l’État, comme Africa Corps (anciennement le groupe Wagner); souligne que ces entreprises militaires privées ont joué un rôle déstabilisateur au Sahel et ont soutenu différents régimes répressifs dans le but d’étendre l’influence de la Russie en Afrique; attire l’attention sur la fourniture d’armes par la Russie aux régimes militaires du Sahel; relève en outre que d’autres acteurs, tels que la Turquie, sont de plus en plus présents dans la région; demande instamment au représentant spécial de l’Union européenne pour le Sahel et aux États membres de maintenir l’engagement diplomatique et de continuer à soutenir la société civile et les dépenses en matière de développement et d’aide humanitaire; |
| 116. | s’inquiète du manque de cohérence dans la réaction de l’Union face aux crises de la région des Grands Lacs et invite le Conseil à réévaluer sa stratégie renouvelée de l’UE pour la région des Grands Lacs adoptée le 20 février 2023; reconnaît l’importance d’un véritable engagement de l’Union en faveur de la paix dans la région; constate avec inquiétude le rôle joué par le Rwanda dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et demande à l’Union d’imposer des conditions à tout soutien militaire au Rwanda; condamne fermement la prise par le M23 de territoires dans l’est de la RDC, y compris des capitales régionales de Goma et de Bukavu, qui a directement entraîné la mort d’environ 3 000 civils; condamne les violations de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’est de la RDC par les rebelles du M23; est vivement préoccupé par la situation humanitaire de millions de personnes déplacées dans la région et par le recours au viol comme arme de guerre stratégique; prie instamment la HR/VP de prendre des mesures claires conformément à la stratégie de l’UE pour la région des Grands Lacs afin de rétablir la stabilité et de coopérer avec la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco) afin de protéger les civils dans l’est de la RDC; demande instamment au gouvernement rwandais de retirer ses troupes du territoire de la RDC et de cesser de coopérer avec les rebelles du M23, y compris de fournir des armes et un soutien logistique et de mettre à disposition des soldats; invite l’Union européenne à suspendre à la fois son protocole d’accord sur les matières premières et toute coopération militaire avec le Rwanda, y compris au moyen de la facilité européenne pour la paix ou de tout autre mécanisme, jusqu’à ce que le Rwanda mette fin à son soutien illégal aux groupes armés et respecte pleinement la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC; invite également la RDC à mettre un terme à sa coopération avec les groupes rebelles de la région; soutient les processus de paix de Luanda et de Nairobi visant à parvenir à une solution politique au conflit par des moyens diplomatiques et demande instamment à la VP/HR de poursuivre les contacts diplomatiques avec les parties au conflit et les autres parties dans la région et d’accroître la pression sur les parties pour qu’elles reprennent des négociations pacifiques, notamment en reportant les consultations de l’Union en matière de sécurité et de défense avec le Rwanda et en adoptant des sanctions, en fonction de la situation sur le terrain et des progrès réalisés dans les processus de médiation régionaux en cours; |
| 117. | exprime sa déception quant à la suspension des activités de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et souligne que cette décision accroît considérablement les défis en matière de sécurité et de défense, étant donné que des investissements essentiels dans la résilience, l’adaptation, la prévention des conflits et la consolidation de la paix ont été réduits; demande dès lors à l’Union et à ses partenaires internationaux de veiller à ce que le vide laissé ne soit pas utilisé par nos adversaires, en réfléchissant de manière stratégique à la façon dont certains programmes qui ne sont plus financés en raison des actions du gouvernement américain pourraient être repris; |
| 118. | s’inquiète du rôle limité joué par l’Union dans la Corne de l’Afrique, alors que celui d’autres acteurs étrangers est de plus en plus important; appelle de ses vœux un réexamen de la stratégie de l’Union dans la région, en vue d’atteindre les objectifs de l’Union consistant à promouvoir la paix, la stabilité ainsi que le développement économique durable et profitant à tous dans la région; invite le Conseil, la Commission et le SEAE à réfléchir à la manière d’utiliser au mieux les missions et opérations de la PSDC déployées dans la région pour promouvoir ces objectifs et renforcer les activités de l’Union; |
| 119. | reconnaît que la région arctique revêt une importance stratégique et géopolitique considérable, en raison de ses nouvelles routes maritimes, de la richesse de ses ressources naturelles et des possibilités de développement économique créées par le réchauffement climatique, mais qu’elle fait aussi l’objet de plus en plus de revendications; s’inquiète de l’intensification de la militarisation et de la concurrence en matière de ressources induites par les activités russes et chinoises dans la région;; condamne fermement les déclarations répétées du président des États-Unis concernant son objectif de prendre le contrôle du Groenland; |
| 120. | souligne l’importance de préserver la sécurité, la stabilité et la coopération dans l’Arctique; met l’accent sur le fait que la région doit rester à l’abri des tensions militaires et de l’exploitation des ressources naturelles, et que les droits des populations autochtones doivent être respectés; réaffirme la nécessité d’inclure la politique arctique de l’Union dans la PSDC et de renforcer les capacités de dissuasion et de défense en étroite coordination avec l’OTAN; insiste sur le fait que la coopération entre l’Union et l’OTAN est essentielle pour contrebalancer l’influence de la Russie et de la Chine dans la région; demande que les questions présentant un intérêt pour l’Arctique soit régulièrement abordées lors des réunions du Comité politique et de sécurité et des réunions du Conseil; |
Dimension de genre et rôle des femmes dans la paix et la sécurité
| 121. | insiste sur les effets disproportionnés et particuliers des conflits armés sur les femmes et les filles, notamment en ce qui concerne les violences sexuelles liées aux conflits; souligne qu’il est impératif de garantir la fourniture et l’accessibilité de prestations de santé appropriées lors des conflits armés, y compris en ce qui concerne la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation; invite l’Union et les États membres à veiller à considérer les conflits armés à travers une optique de genre; |
| 122. | rappelle que l’intégration et la mise en œuvre d’une perspective de genre dans les relations extérieures ainsi que la mise en œuvre du programme concernant les femmes, la paix et la sécurité, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies sur la question, constituent des priorités de longue date pour l’Union; rappelle à cet égard qu’il importe de renforcer la participation des femmes aux activités de prévention et de résolution des conflits, aux négociations de paix, à la consolidation et au maintien de la paix, à l’action humanitaire et à la reconstruction au lendemain des conflits; |
| 123. | souligne que l’intégration d’une perspective de genre dans toutes les activités externes et internes de la PSDC contribue à améliorer l’efficacité opérationnelle de la PSDC et renforce la crédibilité de l’Union en tant que défenseure de l’égalité de genre dans le monde; insiste dès lors sur l’importance de respecter tous les engagements pris par l’Union, y compris ceux qui figurent dans le troisième plan d’action de l’Union européenne sur l’égalité entre les hommes et les femmes (GAP III) (2020-2024) et dans la boussole stratégique; demande instamment, en outre, que la mise à jour de la boussole stratégique comporte de nouvelles mesures pour garantir l’égalité de genre et la participation pleine et effective des femmes à la PSDC, en particulier aux missions militaires; |
| 124. | se félicite de l’intégration de la dimension de genre et des droits de l’homme et de la nomination de conseillers pour les questions d’égalité des sexes dans toutes les missions et opérations relevant de la PSDC, ainsi que de la mise en place d’un réseau de points de contact pour les questions d’égalité des sexes; demande que le nouveau pacte en matière de PSDC civile soit mis à profit pour favoriser la pleine participation des femmes à des missions de PSDC civiles; |
Missions et opérations de la PSDC
| 125. | souligne l’importance de fixer des objectifs clairs et réalisables et de rester ouvert aux perspectives et à l’adhésion du pays hôte aux missions et opérations de la PSDC, et la nécessité de doter chacune de ces missions et opérations des ressources financières, logistiques et humaines indispensables; met également en avant la détérioration de l’environnement de sécurité dans lequel de nombreuses missions de la PSDC évoluent; appelle à améliorer la gouvernance de l’évaluation et du contrôle des missions et des opérations de la PSDC; réitère son appel en faveur d’évaluations complètes des missions et opérations de la PSDC, en particulier en ce qui concerne le caractère réaliste de leurs mandats par rapport aux ressources et aux équipements alloués, leur gestion, les méthodes de recrutement du personnel et d’adéquation des profils avec les compétences requises, la transparence des appels d’offres, les activités et les résultats obtenus, les enseignements tirés des bonnes pratiques et les difficultés rencontrées; souligne qu’il est impératif que les opérations militaires comportent une clause de limitation dans le temps afin de pouvoir y mettre fin convenablement si nécessaire; invite la HR/VP et les États membres à continuer de concevoir de manière efficace les missions et opérations de la PSDC, notamment par des mandats solides, axés sur les résultats, flexibles et modulaires, afin de s’adapter aux évolutions du contexte sécuritaire et des besoins des pays hôtes, et de maintenir un partenariat solide avec l’administration et la société civile d’accueil, ainsi qu’avec la population locale, de sorte à garantir la création des conditions nécessaires pour que les missions et opérations atteignent leurs objectifs à long terme; demande aux États membres de saisir l’occasion du nouveau pacte en matière de PSDC civile pour renforcer leur vision stratégique de la gestion civile des crises en clarifiant le rôle, l’efficacité et la valeur ajoutée de la PSDC civile et en définissant un niveau commun d’ambition en matière de gestion civile des crises; demande également de mettre à profit les synergies et complémentarités des dimensions civiles et militaires de la PSDC; invite la Commission et le SEAE à élaborer, en collaboration avec les États membres, un processus structuré et régulier de développement des capacités permettant d’évaluer les disponibilités des États membres en matière de capacités, d’élaborer des exigences à respecter, de réaliser une analyse des lacunes et d’examiner périodiquement les progrès accomplis; estime qu’il est nécessaire de mettre en place une politique solide en ce qui concerne les équipements et les services nécessaires aux pays partenaires dans lesquels se déroulent des missions de PSDC civiles; |
| 126. | note que le budget de la PESC consacré aux missions de la PSDC civiles n’a que légèrement augmenté entre le CFP 2014-2020 et le CFP 2021-2027, alors que, dans le même temps, le nombre de missions, les tâches qu’elles concernent et leurs coûts ont augmenté; appelle de ses vœux l’augmentation substantielle du budget de la PESC, tout en veillant à l’efficience de l’utilisation des moyens financiers alloués aux missions de la PSDC civiles, afin de garantir qu’elles sont à même de réagir efficacement aux situations de crise et aux imprévus; demande la création d’une ligne budgétaire dédiée, ou «mécanisme de soutien civil», destinée à fournir aux pays partenaires les équipements et les services nécessaires pour renforcer leurs capacités civiles; |
| 127. | invite de nouveau le SEAE à prendre des mesures concrètes destinées à soutenir les missions et opérations de la PSDC visant à lutter contre les cyberattaques et les attaques hybrides ainsi que contre les activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger dans les pays où des missions et des opérations de la PSDC sont déployées, en particulier dans les Balkans occidentaux et dans les pays du partenariat oriental; invite la Commission à prendre en compte les missions et opérations de la PSDC lors de l’élaboration de son bouclier européen de la démocratie afin de prévenir les menaces visant à discréditer les actions extérieures de l’Union et de protéger le personnel de l’Union déployé à l’étranger; insiste sur la nécessité de s’appuyer sur les enseignements tirés des différentes missions et opérations de la PSDC et de coopérer avec les missions et opérations des États membres afin d’améliorer la communication et la détection des menaces en vue de les prévenir ou d’y répondre en temps utile, le cas échéant; demande que la capacité de réaction, la communication stratégique et la diffusion d’informations soient renforcées dans les zones de déploiement, en utilisant les langues locales appropriées, afin de mieux informer la population locale des raisons d’être, des avantages et des rôles des missions et opérations de la PSDC dans leurs régions respectives, mais aussi des conséquences d’une dépendance à l’égard d’autres acteurs qui cherchent à les déstabiliser, notamment la Russie et la Chine; invite également la Commission et le SEAE à mieux faire connaître les missions et opérations de la PSDC dans les pays du partenariat oriental en les intégrant dans leurs communications politiques, en rendant les documents accessibles au public et en s’adressant à la presse internationale; prie la Commission et le SEAE d’adapter les mandats consultatifs des missions et opérations de la PSDC afin d’y inclure une formation spécialisée à la lutte contre les activités de guerre hybride, de cyberguerre et d’analyse de renseignements de source ouverte; invite le SEAE à renforcer sa coopération et sa coordination avec d’autres missions et opérations de partenaires et d’organisations partageant les mêmes valeurs, y compris les opérations de maintien de la paix des Nations unies, pour lutter sur le terrain contre les activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger; |
| 128. | souligne que la corruption dans les théâtres d’opérations peut nuire aux missions et opérations de la PSDC en portant atteinte à leur réputation, en entraînant un gaspillage de ressources et en aggravant une mauvaise gouvernance et une mauvaise administration, ainsi qu’en augmentant les cas de subornation, de fraude, d’extorsion et de népotisme au niveau local; demande que des stratégies soient mises en œuvre pour prévenir et combattre la corruption, développer l’expertise et les connaissances en matière de lutte contre la corruption et intensifier les efforts visant à atténuer les risques de corruption dans les missions et opérations actuelles et futures de la PSDC; |
| 129. | invite le Conseil et le SEAE à inclure un volet relatif à la protection du patrimoine culturel dans les missions et opérations de la PSDC, afin de fournir aux partenaires locaux une assistance et une formation visant à faire face aux problèmes de sécurité liés à la préservation et à la protection du patrimoine culturel; note que l’inclusion de la protection du patrimoine culturel et du dialogue interculturel dans les mandats des missions aurait des effets positifs sur le processus de résolution des conflits et de réconciliation; |
| 130. | souligne qu’il est nécessaire de renforcer les missions et opérations de la PSDC déployées dans les pays voisins d’Europe orientale, où la montée des menaces sécuritaires justifie la nécessité d’une présence renforcée de l’Union; encourage tous les États membres à déployer du personnel auprès de ces missions et opérations; encourage également une plus grande participation des pays tiers à ces missions, notamment des pays tiers qui ont accueilli des missions de la PSDC couronnées de succès; invite les États membres à examiner la manière dont de nouvelles missions et opérations de la PSDC peuvent être mises sur pied dans des pays candidats à l’adhésion, si nécessaire, et en étroite coopération avec leurs autorités nationales; demande au SEAE de veiller à ce que le soutien des missions de la PSDC aux réformes du secteur de la sécurité comprenne une formation à l’intention des fonctionnaires ministériels; prie le SEAE et le Collège européen de sécurité et de défense de contribuer à développer l’expertise du personnel civil et de défense qui soutient les missions et opérations de la PSDC et qui y est déployé; reconnaît la possibilité, pour les pays tiers qui accueillent des missions et opérations de la PSDC, d’aider l’Union à atteindre les objectifs de la PSDC ainsi que de démontrer leur capacité à assurer la sécurité d’autres pays en participant à des missions et opérations de la PSDC hors zone; |
| 131. | se félicite que le Conseil de sécurité de l’ONU ait prorogé au-delà de 2025 le mandat de l’opération militaire de l’Union européenne (EUFOR ALTHEA) en Bosnie-Herzégovine, en tant que mission de maintien de la paix bien établie et ayant fait ses preuves qui contribue de manière significative à la stabilité du pays et de la région; salue en outre la réponse positive de la mission à la demande de l’Agence de protection civile du ministère de la sécurité de Bosnie-Herzégovine d’offrir une assistance aux autorités nationales pour faire face aux répercussions des récentes inondations; estime que cette prorogation reflète l’engagement partagé de tous les courants politiques de Bosnie-Herzégovine à préserver la paix et la sécurité en coopération avec l’Union; salue l’arrivée des forces de réserve de l’EUFOR ALTHEA en Bosnie-Herzégovine à la mi-mars et demande une nouvelle fois à tous les acteurs présents dans le pays de s’abstenir de toute menace politique et de toute autre action potentiellement préjudiciable, de respecter la constitution du pays et d’œuvrer en faveur de l’intégration de la Bosnie-Herzégovine dans l’Union; se réjouit de la présence continue de la KFOR et de la mission «État de droit» menée par l’Union (EULEX) au Kosovo, et se félicite du rôle qu’elle joue dans le renforcement de la sécurité et de la stabilité; appelle toutes les parties concernées à respecter les exigences du droit international, à s’abstenir de toute action perturbatrice risquant de déstabiliser le nord du Kosovo et à empêcher toute action de ce type; invite instamment lesdites parties à prendre part au dialogue structuré mené sous l’égide de l’Union; condamne avec la plus grande fermeté l’attentat terroriste perpétré par des paramilitaires serbes contre la police kosovare et l’effroyable attentat terroriste contre des infrastructures critiques situées près de Zubin Potok, dans le nord du Kosovo; souligne que les auteurs de ces attentats terroristes abjects doivent répondre sans délai de leurs crimes devant la justice; demande que des ressources supplémentaires soient allouées à l’opération EUFOR ALTHEA et à la KFOR; |
| 132. | salue la mise en place et les opérations de la mission de partenariat de l’UE en Moldavie (EUPM Moldavie), qui a contribué à renforcer les structures de gestion de crise du pays et à améliorer sa résilience face aux cybermenaces et aux menaces hybrides, ainsi qu’à lutter contre les activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger; demande que le mandat de la mission soit prorogé au-delà de mai 2025, que l’adéquation de ses moyens, méthodes et ressources avec les objectifs de la mission soit évaluée et que ses ressources soient adaptées à la lumière des conclusions de l’évaluation afin d’en améliorer l’efficacité; reconnaît le rôle important que joue la mission de l’Union européenne d’assistance à la frontière entre la Moldavie et l’Ukraine (EUBAM) en contribuant à la réouverture du fret ferroviaire dans toute la Transnistrie et en déjouant de multiples opérations de contrebande; encourage l’EUBAM à étendre sa collaboration avec de nombreuses organisations internationales, dont Europol, FRONTEX et l’OSCE, par l’intermédiaire de son groupe de travail sur les armes, des opérations conjointes ORION II et des initiatives «EU 4 Border Security»; |
| 133. | salue le rôle que joue la mission d’observation de l’Union européenne en Géorgie (EUMM Georgia) dans la surveillance de la situation sur la ligne de démarcation entre l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud; condamne la détention temporaire d’officiers de l’EUMM Georgia par des acteurs du secteur de la sécurité alors que ces officiers effectuaient une patrouille de routine le long de la ligne de démarcation administrative; se déclare très préoccupé par toute mesure d’entrave aux actions de l’EUMM Georgia visant à miner les efforts déployés pour instaurer la confiance; exhorte le Conseil et le SEAE à suivre la situation de près, à se prononcer en faveur de l’accès sans entrave de l’EUMM aux territoires géorgiens occupés par la Russie, conformément au mandat de la mission, à soutenir l’extension de son mandat et à renforcer ses capacités afin de répondre comme il se doit aux besoins de la population locale en matière de sécurité et d’aide humanitaire dans les zones touchées par le conflit; |
| 134. | salue et soutient fermement les activités de la mission de l’Union européenne en Arménie (EUMA) au titre de la PSDC, qui contribuent à renforcer la sécurité dans la région en réduisant considérablement le nombre d’incidents survenant dans les zones de conflit et les zones frontalières, ce qui permet d’instaurer la confiance et limite le niveau de risque pour la population vivant dans ces zones; salue le concours de l’Arménie aux activités de l’EUMA sur son territoire; se félicite de la décision du Conseil de renforcer les capacités de la mission et d’accroître le nombre d’observateurs déployés, ainsi que de prolonger son calendrier de déploiement, et préconise de poursuivre cette expansion et de renforcer la présence dans la région afin de créer un environnement propice aux efforts de normalisation entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan soutenus par l’Union; demande instamment à l’Azerbaïdjan d’autoriser les observateurs de l’Union à se rendre également de son côté de la frontière; condamne les menaces de l’Azerbaïdjan et le discours négatif de la Russie à l’encontre de l’EUMA; |
| 135. | estime que les deux missions de PSDC civiles de l’Union, à savoir la mission de police de l’Union européenne pour les territoires palestiniens (EUPOL COPPS) et la mission de l’Union européenne d’assistance à la frontière au point de passage de Rafah (EU BAM Rafah), peuvent jouer un rôle essentiel pour soutenir les efforts d’édification d’un État palestinien; se prononce en faveur d’un rôle accru de l’EUPOL COPPS et de l’EU BAM Rafah, conformément aux conclusions du Conseil européen des 21 et 22 mars 2024 et sur la base du principe de la solution fondée sur la coexistence de deux États et de la viabilité d’un futur État palestinien, de sorte qu’elles puissent contribuer à faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, à améliorer l’efficacité de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et à préparer le retour de ladite Autorité dans la bande de Gaza; souligne notamment qu’il est nécessaire de créer les conditions nécessaires à la réactivation totale de l’EU BAM Rafah afin de lui permettre d’agir en tant que tiers neutre au point de passage de Rafah, en coordination avec l’Autorité palestinienne ainsi qu’avec les autorités israéliennes et égyptiennes; espère que le renforcement du champ d’action et des mandats des missions EUPOL COPPS et EU BAM Rafah sur le terrain figurera parmi les grandes priorités de la prochaine stratégie UE–Proche-Orient; salue la décision du Conseil de prolonger le mandat des deux missions jusqu’au 30 juin 2025; |
| 136. | prend note du fait que les mandats de l’EUTM Mali, de l’EUMPM Niger et de la mission sur le terrain du personnel de l’EUCAP Sahel Niger ont pris fin en 2024, ainsi que du maintien de la mission EUCAP Sahel Mali et de la cellule de conseil et de coordination régionale de l’Union (EU RACC) pour le Sahel; reconnaît que les différentes missions internationales n’ont pas été en mesure d’atteindre leur objectif de stabiliser la région et ses démocraties fragiles ou d’assurer la paix dans la région; est préoccupé par l’échec de la stratégie de sécurité et de défense de l’Union au Sahel; exprime sa grande inquiétude face à la dégradation de la situation sécuritaire, à la défaillance persistante des États et à la résurgence du terrorisme au Sahel; prend note de la création d’un nouveau type d’initiative hybride civile et militaire de l’Union européenne en matière de sécurité et de défense dans le golfe de Guinée (EUSDI golfe de Guinée), lancée en août 2023, qui vise à donner aux forces de sécurité et de défense de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Togo et du Bénin les moyens d’améliorer la stabilité et la résilience de leurs zones frontalières septentrionales; invite le SEAE et les États membres à s’intéresser de près au mandat de l’ensemble des missions de la PSDC en Afrique, et ce, pour fixer des objectifs et des étapes réalisables dans le cadre de chaque mission, compte tenu du contexte politique actuel, ainsi que pour déterminer si lesdites missions pourraient être modifiées afin de servir plus efficacement une nouvelle stratégie révisée et multidimensionnelle de l’Union pour l’Afrique et le Sahel, dans le cadre de sa stratégie intégrée; demande, à cet égard, de réviser en priorité le mandat et les ressources de l’EUCAP Sahel Mali et de l’EU RACC Sahel, en vue de proposer des modifications de ces missions et d’envisager d’y mettre fin si nécessaire; |
| 137. | se félicite de la création, en février 2024, de l’opération EUNavfor Aspides, une opération militaire de l’Union en réaction aux attaques houthistes contre la navigation internationale en mer Rouge, afin de contribuer à la protection de la liberté de navigation et à la sauvegarde de la sécurité maritime, en particulier pour les navires marchands et commerciaux en mer Rouge, dans l’océan Indien et dans le golfe Persique; invite les États membres à renforcer les capacités de l’opération EUNavfor Aspides et à envisager sa fusion avec l’opération militaire Atalanta de l’Union, comme cela avait été initialement envisagé afin d’améliorer l’efficacité de ces deux opérations; |
Améliorer la capacité de l’Union à relever les défis en matière de sécurité
Capacité de renseignement
| 138. | souligne qu’il importe de renforcer le partage de renseignements et l’échange d’informations entre les États membres et les institutions de l’Union, y compris le Parlement, afin de lutter contre l’ingérence étrangère, d’améliorer l’appréciation des situations et la capacité d’anticipation, de contrer les menaces pesant sur la sécurité collective et de définir des lignes d’action dans le cadre de la PSDC, en particulier dans le domaine de la gestion des crises; |
| 139. | souligne qu’il est essentiel, pour l’Union, de tirer pleinement parti des informations de première main nécessaires sur les problèmes mondiaux qui surviennent en dehors de ses frontières, compte tenu de l’augmentation des défis géopolitiques et des crises dans le monde; salue les efforts du Centre de situation et du renseignement de l’UE (INTCEN) et de la direction «renseignement» de l’État-major de l’UE (EMUE), qui coopèrent dans le cadre de la capacité unique d’analyse du renseignement (SIAC), ainsi que du Centre satellitaire de l’Union européenne (CSUE), en vue de réaliser des évaluations des renseignements émanant de toutes les sources; prône, auprès des États membres, le renforcement de l’INTCEN, du SIAC, du centre de réaction aux crises du SEAE et du CSUE grâce à l’accroissement de leurs effectifs, de leurs moyens financiers, de leurs capacités et de la sécurité de l’information; demande instamment à ces organes, pour autant qu’ils aient adopté des dispositions adéquates en matière de sécurité de l’information, de tirer les leçons du rôle joué par l’OTAN pour faciliter le partage des renseignements sur les cybermenaces entre le secteur public et le secteur privé, et de l’appliquer à leur domaine, de sorte à apporter une valeur ajoutée aux États membres; |
| 140. | invite les États membres à utiliser l’INTCEN en tant qu’organe efficace de partage de renseignements en toute sécurité, afin de définir une culture stratégique et de sécurité commune et de fournir des informations stratégiques; souligne que, sur la base des renseignements recueillis, l’INTCEN devrait être davantage associé aux évaluations des menaces réalisées par les institutions de l’Union, ainsi qu’à l’attribution d’opérations numériques et à la lutte contre le contournement des sanctions; demande à nouveau de promouvoir la mise en place d’un système de flux régulier et continu de renseignements depuis les États membres vers le SEAE et entre les États membres sur les questions de politique étrangère et de sécurité survenant en dehors de l’Union; souligne l’importance de communications sûres et d’un niveau élevé de sécurité de l’information pour des renseignements fiables, et demande que les efforts visant à améliorer et à rationaliser les règles et la réglementation en matière de sécurité soient poursuivis à cet égard, afin de mieux protéger les informations sensibles, les infrastructures et les systèmes de communication contre les ingérences et les attaques étrangères; |
| 141. | demande des évaluations conjointes régulières des menaces, avec la contribution des services de renseignement des États membres, afin d’informer les organes décisionnels de la PSDC, et réitère son appel au déploiement de capacités de collecte de renseignements dans toutes les missions et opérations de la PSDC, qui fourniraient des informations à l’INTCEN, à l’EMUE, à la MPCC et à la CPCC; |
Défense contre les attaques hybrides et la désinformation
| 142. | se déclare vivement préoccupé par les défis sécuritaires croissants posés par les cyberattaques et les attaques hybrides, ainsi que par les activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger, qui visent toutes, entre autres, à compromettre les alliances des États membres et la stabilité des sociétés démocratiques de l’Union, notamment dans les territoires ou les possessions éloignés de leur métropole, en particulier à l’approche des élections; souligne que les États membres, notamment ceux situés à la frontière extérieure orientale de l’Union, sont particulièrement vulnérables à l’influence hostile de la Russie et de la Biélorussie; salue la coopération administrative institutionnelle mise en place entre la Commission, le SEAE et le Parlement au cours de la dernière campagne électorale européenne pour empêcher le recours massif à des activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger par des tiers malveillants, étatiques et non étatiques; invite la Commission, le SEAE et le Parlement à renforcer leurs capacités et à accroître leur résilience contre les attaques hybrides et les activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger; attire l’attention, à cet égard, sur la récente décision de la Cour constitutionnelle roumaine d’annuler le premier tour de l’élection présidentielle à la suite d’attaques hybrides massives perpétrées par la Russie, en particulier sur des plateformes de médias sociaux; invite en outre les administrations du SEAE et du Parlement à coopérer étroitement avec le secteur privé, la société civile et les milieux universitaires et scientifiques pour contrer ces campagnes d’influence malveillantes et ces menaces hybrides, y compris la militarisation des nouvelles technologies; |
| 143. | approuve l’engagement pris de mettre en place un bouclier européen de la démocratie et demande une nouvelle fois aux États membres, à la Commission et au SEAE d’envisager de créer une structure indépendante dotée de ressources suffisantes et chargée de recenser, d’analyser et de documenter les menaces liées aux activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger contre l’Union dans son ensemble, de détecter, de suivre et de demander le retrait des contenus trompeurs en ligne, d’améliorer l’appréciation de la situation et le partage de renseignements sur les menaces, ainsi que de développer des capacités d’attribution et des contre-mesures liées aux activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger; considère que cette structure servirait de point de référence et de pôle de connaissances spécialisées pour faciliter et encourager les échanges opérationnels entre les autorités des États membres et les institutions de l’Union; souligne que cette structure devrait clarifier et renforcer le rôle de la division «communication stratégique» (StratCom) du SEAE et de ses groupes de travail, en tant qu’organe stratégique du service diplomatique de l’Union, mais aussi éviter le chevauchement des activités; met en avant sa propre décision de créer une commission spéciale sur le bouclier européen de la démocratie au sein du Parlement européen et estime qu’il s’agit d’un moyen important de consolider les efforts européens dans ce domaine; |
| 144. | souligne qu’il importe d’intensifier les efforts de lutte contre la désinformation encouragée par des acteurs étrangers dans le but de saper la crédibilité de l’Union, en particulier dans les pays candidats à l’adhésion ou dans les pays voisins ou régions voisines où des missions et opérations de la PSDC sont en cours; souligne que la coordination entre le SEAE et les agences pertinentes de l’Union, y compris l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité (ENISA), ainsi que les autorités compétentes des États membres doit être considérablement renforcée afin d’élaborer des stratégies cohérentes et efficaces de lutte contre les activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger; met en exergue, à cet égard, la nécessité d’une communication stratégique et préventive, et invite toutes les institutions de l’Union à travailler main dans la main avec le SEAE afin de renforcer la visibilité, la perception positive et la légitimité des actions extérieures de l’Union; |
| 145. | estime que, dans les années à venir, les menaces hybrides vont associer guerre de l’information, manœuvres de forces agiles, cyberguerre de masse ainsi que technologies émergentes et de rupture, depuis les fonds marins jusque dans l’espace, avec le déploiement de systèmes avancés de surveillance et de frappe aériennes et spatiales, le tout permis par l’IA, l’informatique quantique, les technologies d’essaims de drones de plus en plus «intelligents», les cybercapacités offensives, les systèmes de missiles hypersoniques et la guerre nanotechnologique et biologique; reconnaît en particulier le rôle grandissant que joue l’IA dans la guerre hybride et son utilisation potentielle pour ébranler les institutions démocratiques, pour répandre la désinformation, pour perturber les infrastructures critiques et pour influencer l’opinion publique au moyen d’opérations automatisées et fondées sur des données; |
| 146. | appelle de ses vœux l’adoption de mesures stratégiques, proactives et coordonnées à l’échelle de l’Union pour contrer les menaces hybrides et renforcer la sécurité et l’intégrité de ses infrastructures critiques, en réduisant les risques et en promouvant l’avance technologique de l’Union dans les secteurs critiques, y compris de mesures visant à restreindre ou à exclure les fournisseurs à haut risque; souligne, à cet égard, l’importance du projet CSP, qui vise à soutenir le centre de coordination dans le domaine du cyber et de l’information (CIDCC), en vue de faciliter la planification et la conduite de missions et opérations de l’Union dotées de capacités dans le domaine du cyber et de l’information et d’améliorer la résilience globale de l’Union dans ce domaine; demande donc son intégration permanente dans la PSDC; |
| 147. | condamne les actions malveillantes continues de la Russie et de la Biélorussie visant à déstabiliser l’Union en incitant les migrants à entrer de force dans les pays de l’Union, ce qui constitue une attaque hybride; demande à l’Union de réviser et de mettre à jour ses politiques concernant le renforcement de ses frontières extérieures, y compris par le financement de barrières physiques afin de consolider la sécurité de l’Union dans son ensemble; |
Cybersécurité
| 148. | salue le règlement sur la cybersolidarité (29) et souligne son importance pour les capacités de cyberdéfense des États membres; soutient la promotion de plateformes de partage et d’analyse d’informations, et demande que ces plateformes soient développées afin d’inclure la fourniture de renseignements sur les menaces ou les vulnérabilités aux centres d’opérations de sécurité (SOC) transfrontières; demande un plan de financement plus clair précisant le montant des fonds qui seront utilisés pour la mise en œuvre du règlement; |
| 149. | est préoccupé par le retard pris par de nombreux États membres dans la mise en œuvre de la directive concernant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans l’ensemble de l’Union (directive SRI 2) (30) et appelle de ses vœux une mise en œuvre rapide afin de sécuriser les infrastructures critiques européennes; invite la HR/VP à mieux synchroniser la boîte à outils cyberdiplomatique, la boîte à outils relative à la lutte contre les menaces hybrides et la boîte à outils relative aux sanctions contre les activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger, et à les utiliser plus activement tout en étudiant la manière dont les sanctions sectorielles peuvent être mises en œuvre; |
Espace
| 150. | se félicite des conclusions et des recommandations formulées par M. Draghi dans son rapport sur l’avenir de la compétitivité européenne, qui encouragent les États membres à moderniser les règles de gouvernance et d’investissement dans le domaine spatial, en particulier dans les domaines liés à la défense; invite la Commission et les États membres à investir de manière appropriée dans ce domaine au cours du prochain CFP, y compris en envisageant tout autre instrument financier; souligne en particulier la nécessité de poursuivre le développement du programme spatial européen en prenant en considération les liens étroits qui existent entre le secteur spatial et les domaines de la défense et de la sécurité lors de la planification du nouveau CFP; souligne qu’il importe d’améliorer la coopération entre la Commission et l’Agence spatiale européenne afin d’éviter la duplication des efforts et de garantir une utilisation plus efficace des ressources; appelle à cultiver la coopération transatlantique et les synergies avec l’OTAN afin de garantir une coordination efficace en matière de développement des capacités spatiales et de défense; |
| 151. | souligne que les piliers actuels du programme spatial de l’Union, à savoir le programme Galileo de navigation mondiale par satellite et le programme Copernicus pour l’observation terrestre, peuvent de toute évidence être utilisés pour le développement à la fois d’applications et de services spatiaux; souligne qu’il importe de faire de la constellation de satellites IRIS2 le troisième pilier de la politique spatiale de l’Union, afin de fournir des services de communication sécurisés à l’Union et à ses États membres, ainsi qu’une connectivité à haut débit aux citoyens européens, aux entreprises privées et aux autorités gouvernementales; recommande que Taïwan et l’Ukraine aient accès à la constellation de satellites IRIS2; souligne que, outre les communications par satellite, des secteurs tels que le positionnement, la navigation et la synchronisation, ainsi que l’observation terrestre, sont essentiels pour renforcer l’autonomie stratégique et la résilience de l’Union; insiste sur le fait que le développement de ces capacités contribue directement à l’efficacité de la réaction aux crises et à la protection des infrastructures critiques; demande donc que de nouveaux programmes spatiaux de l’Union soient envisagés, afin de permettre à l’Union de renforcer son autonomie stratégique et son statut de puissance spatiale mondiale; |
| 152. | reconnaît que les capacités en matière de lanceurs spatiaux et de communications par satellite sont insuffisantes au sein de l’Union; souligne l’importance stratégique de faire progresser et d’améliorer ces capacités pour permettre à l’Union de soutenir efficacement les États membres et les missions et opérations de la PSDC, tout en conservant sa résilience et son autonomie; insiste sur le fait qu’il est essentiel que l’Union développe des solutions dans ce domaine pour protéger les infrastructures critiques et pour asseoir une présence fiable et compétitive dans le secteur de l’espace; |
| 153. | invite les États membres à s’attaquer à la menace croissante que représente la militarisation de l’espace, en particulier au vu des rapports sur les progrès réalisés par la Russie en matière de technologie des armes nucléaires spatiales, qui constitueraient une violation flagrante du traité de 1967 sur l’espace extra-atmosphérique; |
Domaine maritime
| 154. | souligne que, face aux tensions géopolitiques croissantes dans le domaine maritime, l’Union doit intensifier ses activités en mer, en menant des actions de sensibilisation dans le domaine maritime, en protégeant les infrastructures critiques, en veillant à ce que ses frontières maritimes extérieures soient surveillées efficacement pour lutter contre les organisations criminelles qui tirent profit du trafic de clandestins au sein des États membres de l’Union, en particulier en mer Méditerranée et dans l’océan Atlantique, et en contribuant à garantir la liberté de navigation, la sécurité des lignes de communication maritimes et des navires et équipages, ainsi que la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée; |
| 155. | insiste sur l’engagement pris de renforcer le rôle de l’Union en tant que garant de la sécurité maritime internationale; souligne à cet égard l’importance du concept de présences maritimes coordonnées (PMC), qui renforce le rôle de l’Union en tant que garante de la sécurité maritime à l’échelle mondiale et sa visibilité dans les principales régions maritimes; met en avant les activités des PMC dans le golfe de Guinée et dans le nord-ouest de l’océan Indien; invite les États membres à contribuer activement à ces initiatives et à renforcer leurs capacités navales militaires afin d’améliorer la présence et la visibilité de l’Union dans le secteur maritime mondial; recommande que les PMC soient étendues à d’autres zones maritimes clés dans le monde entier; |
| 156. | se déclare vivement préoccupé par la surveillance et le sabotage, par la Russie et la Chine, d’infrastructures maritimes critiques, telles que des câbles de communication situés en fonds marins et des installations énergétiques en mer; se dit en particulier vivement préoccupé par les dommages causés, en moins de 24 heures, les 17 et 18 novembre 2024, à deux câbles de communication sous-marins, l’un reliant la Finlande à l’Allemagne et l’autre reliant la Suède à la Lituanie, ainsi que par ceux causés le 25 décembre 2024 à l’interconnexion EstLink2, qui relie l’Estonie et la Finlande, par un pétrolier appartenant à la flotte fantôme russe; invite l’Union à mettre en place des systèmes efficaces de suivi et de surveillance et une coopération régionale entre les garde-côtes, afin de garantir la prévention et la détection rapide des attaques contre ces infrastructures; se félicite, à cet égard, du lancement de l’opération «Baltic Sentry» par l’OTAN, avec la participation de plusieurs États membres, pour améliorer la sécurité des infrastructures sous-marines critiques dans la mer Baltique; demande aux États membres de respecter pleinement les engagements pris dans le cadre de la déclaration de New York sur la sécurité et la résilience des câbles sous-marins, notamment celui d’acquérir des réseaux de câbles sous-marins uniquement auprès d’entreprises établies dans des pays alliés; invite la Commission à allouer des ressources suffisantes à la recherche et au développement d’équipements sous-marins et de défense de pointe pour protéger les îles contre d’éventuels débarquements et attaques par des forces de pays tiers; |
| 157. | demande aux autorités de l’Union et des États membres de prendre des mesures urgentes et décisives contre la flotte fantôme russe en mer Baltique et en mer Noire, et se réjouit dès lors de l’information selon laquelle, le 21 mars 2025, l’Allemagne a pris le contrôle du navire Eventin, qui avait été utilisé pour contourner les sanctions de l’Union sur les exportations de pétrole russe; |
Contrôle des armements, non-prolifération et désarmement
| 158. | déplore l’affaiblissement des régimes de non-prolifération et de contrôle des armements en ces temps instables sur le plan géopolitique et demande un redoublement des efforts pour inverser cette tendance; souligne à cet égard qu’il est absolument nécessaire d’augmenter les investissements dans le contrôle des armements, la non-prolifération et le désarmement au niveau régional et mondial, l’accent devant être mis en particulier sur les stratégies multilatérales; souligne que ces stratégies devraient aborder les questions relatives aux munitions non explosées et aux armes chimiques déversées au cours du siècle précédent, qui constituent une menace pour la sécurité, l’environnement, la santé et l’économie, notamment en mer Baltique, en mer Adriatique et en mer du Nord; |
| 159. | réaffirme son soutien indéfectible à l’engagement de l’Union et de ses États membres en faveur du traité de non-prolifération des armes nucléaires, qui constitue le fondement du régime mondial de non-prolifération et de désarmement nucléaires; rappelle que la Russie a retiré, en octobre 2023, sa ratification du traité d’interdiction complète des essais nucléaires; |
| 160. | note qu’en raison de la menace sans précédent d’agression russe contre le territoire de l’Union, les États membres, en particulier ceux qui se trouvent à proximité géographique de la Russie et de son allié biélorusse, doivent prendre des décisions difficiles concernant leur politique d’armement, y compris celles de réviser leurs politiques antérieures et de participer aux traités internationaux; condamne une nouvelle fois les menaces russes qui ont conduit certains États membres à envisager de se retirer du traité d’Ottawa et note que, bien que cela n’entraîne pas de changement général dans la politique de l’Union, cette remise en cause met en relief la gravité de la menace russe et la nécessité de protéger nos citoyens de manière adéquate; |
| 161. | rappelle que les négociations internationales relatives aux régimes de non-prolifération et de contrôle des armements et leurs résultats ont une incidence sur l’Europe, en particulier sur les États membres de l’Union; souligne qu’il importe de donner un nouvel élan à la relance de ces régimes; souligne également qu’il importe que l’Union joue un rôle actif et constructif pour faire progresser et renforcer les efforts internationaux fondés sur des règles dans le domaine de la non-prolifération, du contrôle des armements et de l’architecture du désarmement, en particulier dans le domaine des armes de destruction massive et des outils numériques de surveillance et de manipulation à double usage; |
| 162. | invite les États membres à se conformer pleinement à la position commune 2008/944/PESC définissant des règles communes régissant le contrôle des exportations de technologie et d’équipements militaires, telle que modifiée par la décision (PESC) 2019/1560 du Conseil, et à appliquer scrupuleusement le critère 4 sur la stabilité régionale; |
| 163. | souligne la nécessité d’empêcher les transferts de technologies émergentes sensibles et de biens essentiels à double usage, en particulier ceux qui sont essentiels à la sécurité de l’Union, vers des destinations problématiques en dehors de l’Union; demande la création et la mise en œuvre de systèmes d’autorisation des exportations et de douane électroniques à l’échelle de l’Union, une étape essentielle pour rendre plus efficaces les contrôles des exportations de ces technologies et de ces biens par les États membres; |
Préparation en matière de défense et préparation de la société, de la population civile et de l’armée
| 164. | met en exergue la nécessité que les citoyens de l’Union comprennent mieux les menaces et les risques pour la sécurité afin d’améliorer la compréhension commune et la convergence en ce qui concerne la perception des menaces dans l’ensemble de l’Europe et de créer une notion globale de défense européenne; souligne qu’il est essentiel d’obtenir le soutien des institutions démocratiques et, par voie de conséquence, des citoyens, pour développer une défense européenne efficace et cohérente à long terme, ce qui nécessite un débat public éclairé; invite l’Union et ses États membres à élaborer des programmes de sensibilisation et d’éducation, notamment à l’intention des jeunes, destinés à améliorer les connaissances et à favoriser le débat sur la sécurité, la défense et l’importance des forces armées, à renforcer la résilience et la préparation des sociétés face aux défis en matière de sécurité, mais aussi à permettre un contrôle public et démocratique accru du secteur de la défense; invite la Commission et les États membres à mettre au point ces programmes dans le cadre du bouclier européen de la démocratie, en s’inspirant du modèle des programmes nationaux tels que l’initiative suédoise de protection civile; |
| 165. | salue les efforts visant à renforcer la préparation civile et militaire de l’Europe, comme le propose également le rapport de M. Niinistö; reconnaît l’importance cruciale des citoyens dans la préparation et la réaction aux crises, en particulier la résilience psychologique des personnes et la préparation des ménages; reconnaît également l’importance des infrastructures de protection civile et de la planification des situations d’urgence; est favorable à une approche de la résilience qui englobe l’ensemble de la société et qui suppose la participation active des institutions de l’Union, des États membres, de la société civile et des citoyens au renforcement du cadre de sécurité de l’Union; souligne que les organes décisionnels de la PSDC chargés de la planification, des ressources et de la logistique sont susceptibles de devenir les principaux moteurs de la gestion civile des crises dans les situations d’urgence; invite les États membres et la Commission à examiner attentivement les recommandations du rapport, à élaborer une stratégie européenne d’évaluation des risques et de préparation et des exercices conjoints, et à renforcer l’interface de coopération UE-OTAN face aux situations de crise; demande la mise en place d’infrastructures de protection civile adéquates et une planification d’urgence approfondie, ainsi que la réalisation des investissements nécessaires à ces fins, y compris au moyen d’un programme spécifique de garantie d’investissement de la BEI pour des infrastructures de protection civile à l’épreuve des crises; |
| 166. | rappelle que le terrorisme, y compris le terrorisme djihadiste, constitue une menace persistante pour la sécurité de l’Union et de ses partenaires; invite l’Union à poursuivre ses efforts visant à prévenir cette menace avec détermination et en faisant preuve d’une totale solidarité, notamment en renforçant la coordination pour améliorer les connaissances, en développant des capacités de préparation et de réaction et en assurant des interactions plus étroites avec les partenaires et d’autres acteurs internationaux; |
| 167. | souligne que les politiques de défense de l’Union devraient refléter les principes d’égalité des sexes et de diversité, promouvoir des environnements militaires inclusifs qui reflètent les valeurs et la diversité de la société européenne et garantir que tous les membres des forces armées européennes, indépendamment de leur sexe ou de leur origine, bénéficient des mêmes possibilités et d’un accès égal aux aides; insiste sur le rôle important des jeunes et des organisations de jeunesse dans le maintien et la promotion de la paix et de la sécurité et invite le SEAE à s’engager à intégrer plus systématiquement les jeunes dans son programme en faveur de la jeunesse, de la paix et de la sécurité; demande également que soient mis au point des programmes de «formation des formateurs» et des actions de coopération entre les institutions de défense et les universités des États membres de l’Union, telles que des cours, des exercices et des jeux de rôle militaires à l’intention des étudiants civils; |
| 168. | souligne que l’Union et ses États membres doivent répondre aux difficultés majeures de recrutement et de fidélisation du personnel militaire en mettant en place des actions coordonnées aux niveaux national et européen afin que les effectifs militaires se maintiennent dans la durée; recommande que l’Union soutienne les États membres dans l’élaboration de politiques qui renforcent l’attrait pour les carrières militaires ainsi que dans la définition de stratégies de fidélisation à long terme; souligne qu’il est nécessaire que le Comité militaire de l’UE (CMUE) assure le suivi de sa mission de collecte et d’analyse de données dans les États membres sur les questions de recrutement et de fidélisation, afin d’identifier d’éventuelles mesures permettant de remédier à ces difficultés; insiste sur le fait qu’il convient de prendre en considération de manière adéquate, pour la suite du processus de développement de l’Union européenne de la défense, le soutien en matière de santé mentale et de bien-être du personnel militaire, en mettant l’accent sur le développement professionnel et la prise en charge à long terme des anciens combattants; |
| 169. | souligne l’importance d’organiser des entraînements et exercices conjoints entre les forces armées européennes et donc de promouvoir l’interopérabilité, en vue de préparer au mieux les missions et de faire face à un large éventail de menaces, aussi bien conventionnelles que non conventionnelles; demande l’élaboration de programmes d’échange à l’échelle de l’Union pour le personnel militaire des États membres, en vue d’offrir des possibilités de formation et d’apporter une expérience dans différents environnements et structures militaires européens et, partant, de favoriser la compréhension mutuelle, la cohésion et l’interopérabilité entre les forces armées de l’Union; réaffirme à cet égard son soutien à l’initiative européenne relative à l’échange de jeunes officiers (Erasmus militaire - Emilyo), gérée par le Collège européen de sécurité et de défense; |
Renforcer la coopération et les partenariats en matière de défense
| 170. | insiste sur l’importance que revêt le volet «partenariats» de la boussole stratégique pour le renforcement de la coopération entre l’Union et ses alliés et partenaires dans le monde sur la base de valeurs communes, ainsi que le respect des droits de l’homme et de la démocratie, afin de renforcer la perception du principe de dissuasion et de lutter contre les stratégies étrangères visant à porter atteinte à l’Union et à ses partenaires, et à déstabiliser l’ordre international fondé sur des règles; invite l’Union à approfondir la coopération en matière de sécurité avec les partenaires dans les domaines prioritaires recensés dans la boussole stratégique, notamment en renforçant la résilience des secteurs locaux de la sécurité dans le domaine de la gestion des crises, en luttant contre les menaces hybrides et en renforçant les capacités des institutions chargées de la cybersécurité; demande également une coopération plus étroite entre les organisations concernées des partenaires et le Centre satellitaire de l’Union européenne, l’Agence européenne de défense (AED) et l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité (ENISA); estime que la participation des partenaires et des alliés de l’OTAN aux projets CSP, sous réserve de l’accord des États membres de l’Union, contribue à améliorer la compatibilité des normes dans le secteur de la défense, ainsi qu’à partager des expériences, des renseignements et des compétences techniques dans divers domaines; |
| 171. | affirme de nouveau que la PSDC de l’Union doit toujours respecter strictement le droit international et les décisions multilatérales prises par des institutions internationales; se félicite de l’adoption de la politique de vigilance de l’Union européenne en matière de droits de l’homme et de droit international humanitaire lors du soutien à des tiers dans le secteur de la sécurité, qui sert de base à la coopération sécuritaire et militaire avec les pays tiers d’une manière plus conforme aux droits de l’homme et au droit international humanitaire; appelle de ses vœux la mise en œuvre complète de cette politique; réitère son appel en faveur d’une coopération plus étroite en matière de sécurité avec les organisations internationales, telles que, sans s’y limiter, les Nations unies, l’OSCE ou l’Union africaine et leurs missions de maintien de la paix sur des théâtres communs; |
| 172. | salue la déclaration conjointe des ministres de la défense du G7 du 19 octobre 2024 faisant état de leur intention de renforcer la coopération dans le secteur de la défense; met en exergue le grand intérêt que présente pour l’Union le développement de partenariats internationaux avec des partenaires partageant les mêmes valeurs dans ce domaine et la nécessité pour l’Union de redoubler d’efforts pour veiller à ce que les pays qui étaient autrefois des partenaires stratégiques, et avec lesquels certains États membres entretiennent des liens culturels forts, ne tombent pas dans la sphère d’influence de rivaux systémiques; rappelle que la diplomatie économique joue un rôle crucial dans cette démarche, car elle constitue un outil essentiel pour renforcer les liens de coopération, pour promouvoir la prospérité mutuelle et pour consolider la présence et l’influence de l’Union, ce qui contribue à la résilience de ces partenaires face aux pressions extérieures; |
| 173. | estime que tout doit être mis en œuvre pour maintenir et, si possible, renforcer la coopération transatlantique dans tous les domaines du secteur militaire et de la défense, tout en rappelant la nécessité de promouvoir la défense européenne et de développer une plus grande souveraineté; |
Coopération UE-OTAN
| 174. | met en avant l’importance du partenariat stratégique de l’Union avec l’OTAN, dans le plein respect des principes directeurs qui ont été convenus en matière de transparence, de réciprocité et d’inclusion, ainsi que du respect de l’autonomie décisionnelle et des procédures propres à chaque organisation; souligne que l’OTAN et l’Union jouent des rôles complémentaires, cohérents et se renforçant mutuellement pour soutenir la paix et la sécurité internationales et éviter la duplication des efforts de défense, tout en maintenant une coopération étroite et solide; se réjouit de l’adhésion de la Suède à l’OTAN en 2024, après celle de la Finlande en 2023, qui constitue une avancée historique dans le renforcement de la sécurité en Europe, notamment dans la région de la mer Baltique; invite la HR/VP à agir en étroite coordination et en cohésion avec le secrétaire général de l’OTAN; |
| 175. | demande que la coopération UE-OTAN soit approfondie en s’appuyant sur le contenu de la boussole stratégique de l’Union et du nouveau concept stratégique de l’OTAN, en particulier dans les domaines de la cybersécurité, de la guerre hybride, de la lutte contre le terrorisme, de la mobilité militaire, des infrastructures à double usage, de la prévention des conflits et de la gestion des crises, de la coopération militaire et en matière de sécurité, de la lutte contre les ingérences étrangères malveillantes de pays tiers, de l’approche coordonnée dans la région indo-pacifique et du renforcement de l’action commune visant à protéger la démocratie sur la scène internationale; soutient fermement la politique de la porte ouverte menée par l’OTAN; invite l’Union et l’OTAN à renforcer leur coopération pour soutenir le renforcement des capacités de nos partenaires communs; |
| 176. | souligne la nécessité constante d’alignement entre les États qui sont à la fois membres de l’Union et membres de l’OTAN, et l’obligation de coopérer, de développer leurs propres moyens et de se prêter mutuellement assistance, qui découle des articles 1 et 3 du traité de l’Atlantique Nord; invite l’Union à intensifier ses efforts en matière d’initiatives de sécurité et de défense communes lorsqu’il n’existe pas d’équivalent dans le cadre de l’OTAN, afin d’accroître la normalisation, d’améliorer l’interopérabilité et d’élaborer des procédures opérationnelles communes entre les capacités de défense des États membres et de l’Union; |
| 177. | se félicite de l’étroite coopération entre l’Union et l’OTAN dans les Balkans occidentaux, notamment par l’intermédiaire des opérations militaires EUFOR ALTHEA et KFOR, qui garantissent la stabilité nécessaire à la Bosnie-Herzégovine et au Kosovo, ainsi qu’à l’ensemble de la région; |
| 178. | insiste sur le rôle vital de la région de la mer Noire dans le paysage sécuritaire européen et invite l’Union à collaborer avec l’OTAN en vue de définir une stratégie globale pour cette région, qui devrait permettre de répondre aux défis sécuritaires, de contrer les menaces hybrides, de renforcer la coopération maritime et de consolider les partenariats régionaux; |
| 179. | salue la nomination du représentant spécial de l’OTAN pour le voisinage méridional et l’attention portée par l’OTAN à cette région; estime que, si l’on veut éviter les doubles emplois et la fragmentation des efforts et des ressources, il convient de renforcer la coordination et la consultation entre, d’une part, les fonctionnaires de l’Union chargés de la politique du voisinage méridional et du Sahel et, d’autre part, leurs homologues de l’OTAN; |
| 180. | salue la proposition de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN (AP-OTAN) de relever le statut du Parlement à celui de «partenaire» dans le cadre de la réforme en cours des partenariats; invite sa délégation pour les relations avec l’Assemblée parlementaire de l’OTAN (DNAT) à utiliser pleinement les privilèges actuels et futurs du Parlement; considère que la DNAT est un instrument important pour la diplomatie du Parlement dans le cadre d’un partenariat renforcé entre l’Union et l’OTAN destiné à renforcer le pilier européen au sein de l’OTAN et à favoriser la réalisation des objectifs globaux de l’Alliance atlantique; estime que la DNAT peut jouer un rôle central dans le renforcement de la coopération entre l’Union et l’OTAN, de la résilience démocratique des pays candidats à l’adhésion et des partenaires clés, ainsi que, plus généralement, de la dimension parlementaire de ce partenariat essentiel; |
Partenariat avec l’Amérique du Nord
| 181. | estime qu’il est essentiel que l’Union développe, avec les États-Unis, des relations encore plus étroites fondées sur un respect mutuel et sur les valeurs communes que sont la démocratie, la liberté et l’état de droit, ainsi que sur un large éventail d’intérêts communs ou convergents; salue l’engagement et l’implication des États-Unis dans la défense territoriale de l’Europe, conformément au traité de l’Atlantique Nord et à son article 5, en particulier dans le contexte de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine; encourage les initiatives en matière de sécurité et de défense mutuelle, ainsi que la coopération dans les domaines du désarmement et de la non-prolifération, de l’incidence des technologies de rupture, du changement climatique, des menaces hybrides, de la cyberdéfense, de la mobilité militaire, de la gestion des crises et des relations avec les concurrents stratégiques; demande que le dialogue entre l’Union et les États-Unis sur la sécurité et la défense soit encore plus approfondi, dans la mesure où il constitue un instrument important pour le renforcement de la coopération transatlantique; |
| 182. | note que les récentes actions et déclarations de l’administration américaine ont encore accru les inquiétudes quant à la position future des États-Unis à l’égard de la Russie, de l’OTAN et de la sécurité de l’Europe; regrette, à cet égard, les votes du gouvernement américain, alignés sur ceux du gouvernement russe, au sein de l’Assemblée générale des Nations unies et du Conseil de sécurité des Nations unies, sur les résolutions relatives au troisième anniversaire de la guerre d’agression menée par la Russie; demande à la Commission de faire des efforts pour que le dialogue entre l’Union et les États-Unis sur la sécurité et la défense soit encore plus approfondi, dans la mesure où il constitue un instrument important pour le renforcement de la coopération transatlantique; |
| 183. | note l’importance d’une plus grande collaboration dans la production et l’acquisition de produits liés à la défense, y compris en assurant un accès égal au marché aux deux industries de la défense; prend acte de la stratégie nationale des États-Unis pour l’industrie de la défense de janvier 2024 et de l’ambition qui y est exprimée d’approfondir la coopération industrielle avec ses partenaires; reconnaît qu’il existe un large éventail de domaines de coopération possibles et mutuellement bénéfiques dans le domaine de la défense, et que ces possibilités ont des incidences positives sur le renforcement du partenariat transatlantique, à l’heure où la concurrence géopolitique s’intensifie; souligne toutefois qu’une telle coopération exige des conditions de concurrence équitables, ce qui est incompatible avec les dispositions de la réglementation américaine sur le commerce international des armes; invite par conséquent la Commission à entamer un dialogue avec les États-Unis afin d’explorer les possibilités de développer une coopération industrielle mutuellement bénéfique dans le domaine de la défense, sur la base d’un cadre juridique garantissant des conditions de concurrence équitables à l’échelle transatlantique; |
| 184. | souligne que la coopération avec le Canada est fondamentale pour la sécurité de l’Union et se réjouit du rôle actif joué par le Canada dans le soutien apporté à l’Ukraine; estime que le dialogue bilatéral sur la sécurité et la défense et le partenariat à venir en la matière constituent la base d’une coopération renforcée dans ce domaine, y compris en ce qui concerne les initiatives respectives visant à stimuler la production de l’industrie de la défense; |
Partenariat avec le Royaume-Uni
| 185. | reconnaît la contribution significative du Royaume-Uni à la sécurité et à la stabilité de l’Europe, ainsi que son engagement en faveur d’objectifs de défense communs, qui renforcent la sécurité collective dans toute l’Europe; se félicite de la coopération étroite entre l’Union, ses États membres et le Royaume-Uni en ce qui concerne le soutien à l’Ukraine, ainsi que des accords bilatéraux tels que l’accord de Trinity House entre le Royaume-Uni et l’Allemagne visant à approfondir la coopération en matière de défense; se réjouit de la participation du ministre du Royaume-Uni des affaires étrangères, du Commonwealth et du développement à la réunion du Conseil des ministres des affaires étrangères de l’Union d’octobre 2024; invite l’Union et le Royaume-Uni à renforcer rapidement leur coopération en matière de défense et à resserrer leur partenariat de sécurité en signant une déclaration commune assortie d’engagements concrets et d’un dialogue structuré visant à renforcer leur coopération en ce qui concerne tous les défis auxquels elles sont confrontées en matière de politique étrangère et de sécurité; souligne à cet égard l’importance de coopérer étroitement en ce qui concerne l’échange d’informations et de renseignements, la lutte contre le terrorisme, la mobilité militaire, les initiatives en matière de sécurité et de défense, la gestion des crises, la cyberdéfense, les menaces hybrides, les activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger et la réponse conjointe aux menaces communes, telles que la prolifération des armes de destruction massive; |
| 186. | considère qu’il est essentiel d’avancer dans la coopération pratique en formalisant une déclaration commune sur un partenariat en matière de sécurité et de défense avec le Royaume-Uni, en tant que moyen de renforcer la sécurité européenne et le pilier européen au sein de l’OTAN, dans le contexte de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine; encourage la HR/VP à inviter régulièrement le Royaume-Uni aux réunions informelles du Conseil des ministres des affaires étrangères (et de la défense), afin de procéder à des échanges de vues sur des questions d’intérêt commun, tout en protégeant pleinement l’autonomie décisionnelle de l’Union; |
Partenariat avec les Balkans occidentaux et les pays d’Europe de l’Est
| 187. | estime que la sécurité de l’Union est étroitement liée à la sécurité de ses voisins européens immédiats et que l’Union a intérêt à donner la priorité à sa politique d’élargissement et à renforcer la stabilité de ses voisins d’Europe du Sud-Est et de l’Est, en particulier des pays candidats à l’adhésion; demande un renforcement de la coopération militaire et en matière de sécurité, y compris de la coopération civilo-militaire et politico-militaire, avec les pays candidats à l’adhésion et les partenaires, en particulier dans des domaines tels que la résilience, la cybersécurité, les menaces hybrides, la gestion des frontières, la lutte contre le terrorisme et la lutte contre la désinformation; réaffirme la nécessité de coopérer étroitement avec l’OTAN à cet égard; se félicite de la signature, par l’Union européenne, de partenariats en matière de sécurité et de défense avec la Macédoine du Nord et l’Albanie, respectivement le 19 novembre et le 18 décembre 2024; |
| 188. | souligne que l’Union devrait faciliter la participation des partenaires européens ayant atteint un niveau élevé d’alignement sur les questions de PSDC, et plus particulièrement des pays des Balkans occidentaux, aux programmes actuels et futurs liés au secteur de la défense; affirme à nouveau que le fait d’inclure pleinement les pays candidats faciliterait considérablement leur processus d’adhésion en renforçant leurs capacités industrielles et opérationnelles dans le secteur de la défense, ce qui améliorerait leur interopérabilité avec les forces armées des États membres de l’Union; estime qu’une inclusion complète des pays candidats des Balkans occidentaux dans les initiatives de défense de l’Union constituerait un investissement stratégique et un volet à part entière des efforts déployés par l’Union pour contrer les prétentions croissantes et les ingérences étrangères de pays tiers dans cette région; |
| 189. | encourage les États membres à faire un plus grand usage de la FEP pour former et équiper les services de sécurité des pays partenaires de l’Europe de l’Est et du Sud-Est qui accueillent des missions de la PSDC, en particulier la police militaire et les infrastructures médicales et de maintien de l’ordre, et à augmenter les capacités d’échange de renseignements au moyen de lignes de communication sécurisées; |
Partenariat avec l’Union africaine et les pays africains
| 190. | souligne l’importance des relations entre l’Union et l’Afrique pour la sécurité européenne; estime qu’il est essentiel d’intensifier considérablement les partenariats de l’Union avec les pays africains; |
Partenariat avec la région indo-pacifique
| 191. | souligne l’importance stratégique de la région indo-pacifique dans le cadre européen de la défense et reconnaît la nécessité de prendre en considération les inquiétudes croissantes au sujet de la sécurité liées aux activités de la Chine dans la région et à leurs conséquences plus générales pour la stabilité mondiale; estime qu’il est essentiel de renforcer la présence et les partenariats de l’Union dans cette région; est également conscient du rôle prépondérant joué par Taïwan dans le développement de technologies de pointe et de sa vaste expérience en matière de défense contre les attaques hybrides, la désinformation et les activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger par la Chine, qui devraient figurer au premier plan au moment d’évaluer les possibilités de renforcer la coopération et les échanges multilatéraux; |
| 192. | insiste sur le fait qu’il est impératif pour l’Union de parvenir à une sécurité collective plus durable grâce à un réseau d’alliés et de partenaires régionaux, qui constitue le fondement classique de son engagement dans la région; se félicite vivement de la signature récente, par l’Union européenne, de partenariats de sécurité et de défense avec le Japon et la Corée du Sud, respectivement les 1er et 4 novembre 2024; estime qu’un nouvel approfondissement des partenariats stratégiques et de défense avec le Japon et la Corée du Sud, ainsi que la mise en place d’un dialogue régulier, d’une coopération et d’un renforcement des capacités avec d’autres pays de la région indo-pacifique partageant les mêmes valeurs, tels que l’Australie, la Nouvelle-Zélandeet Taïwan, sont essentiels pour faire progresser la sécurité commune; demande une nouvelle fois à l’Union de poursuivre son action avec les partenaires stratégiques émergents dans la région, tels que l’Indonésie et le Viêt Nam; |
| 193. | souligne l’importance du partenariat UE-Inde et estime que la visite historique de la présidente de la Commission et du collège des commissaires en Inde les 27 et 28 février 2025 a marqué le début d’un nouveau chapitre de l’histoire des relations entre les deux parties et a réaffirmé l’existence d’un lien stratégique dont le potentiel est inexploité; met en avant le potentiel d’approfondissement de notre partenariat, notamment grâce à des consultations renforcées en matière de sécurité et de défense; |
Participation accrue du Parlement européen à la PSDC
| 194. | met l’accent sur le fait que le renforcement de la PSDC, qui est une priorité politique de la dixième législature, et la hausse des dépenses consacrées aux politiques et programmes de défense à l’échelle de l’Union et dans les États membres doivent s’accompagner d’un contrôle parlementaire intégral et d’une responsabilité totale devant les parlements; |
| 195. | demande, à cet égard, que le rôle de contrôle et les fonctions législatives et budgétaires du Parlement soient étendus à un plus grand nombre d’initiatives de défense menées par les institutions de l’Union, et en particulier aux travaux effectués dans le cadre de la PSDC, notamment en renforçant le dialogue régulier et l’échange d’informations et en maintenant des canaux de communication ouverts et permanents entre la HR/VP, le commissaire à la défense et à l’espace, et les organes compétents du Parlement européen; recommande que les commissions parlementaires compétentes soient régulièrement informées de l’évolution des activités de renseignement; |
| 196. | déplore que le manque d’accès à l’information ne permette pas au Parlement d’exercer un contrôle adéquat sur les projets CSP; demande une nouvelle fois aux États membres de présenter au Parlement, au moins deux fois par an, un rapport sur la mise en œuvre des projets CSP; réitère en outre son appel au SEAE pour qu’il rende compte régulièrement et de manière exhaustive de la mise en œuvre de la boussole stratégique et d’autres initiatives et programmes en matière de sécurité et de défense, ainsi que de leur évaluation, à la commission de la sécurité et de la défense du Parlement; souligne la nécessité d’améliorer le contrôle de la mise en œuvre de la réglementation industrielle dans le domaine de la défense en introduisant la procédure relative aux actes délégués; ° ° ° |
| 197. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil européen, au Conseil, à la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, à la présidente de la Commission et aux commissaires compétents, au secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, au secrétaire général de l’OTAN, au président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, aux agences de l’Union pour la sécurité et la défense, ainsi qu’aux gouvernements et aux parlements des États membres et des pays partenaires. |
(1) JO L 331 du 14.12.2017, p. 57, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2017/2315/oj.
(2) JO L 270 du 18.10.2022, p. 85, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2022/1968/oj.
(3) JO L 270 du 18.10.2022, p. 93, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2022/1970/oj.
(4) JO L 325 du 20.12.2022, p. 110, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2022/2507/oj.
(5) JO L 22 du 24.1.2023, p. 29, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2023/162/oj.
(6) JO L, 2024/890 du 19.3.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2024/890/oj.
(7) JO L 79 I du 21.3.2019, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2019/452/oj.
(8) JO L 170 du 12.5.2021, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/697/oj.
(9) JO L 185 du 24.7.2023, p. 7, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2023/1525/oj.
(10) JO L, 2023/2418 du 26.10.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2023/2418/oj.
(11) JO L, 2024/1252 du 3.5.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/1252/oj.
(12) JO L, 2023/2113 du 11.10.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/reco/2023/2113/oj.
(13) JO C 493 du 27.12.2022, p. 136.
(14) JO C 167 du 11.5.2023, p. 105.
(15) JO C 167 du 11.5.2023, p. 18.
(16) JO C, C/2023/1226 du 21.12.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/1226/oj.
(17) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2024)0105.
(18) JO C, C/2024/6745 du 26.11.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/6745/oj.
(19) JO C, C/2024/6129 du 22.10.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/6129/oj.
(20) JO C, C/2024/7214 du 10.12.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/7214/oj.
(21) JO C, C/2024/5719 du 17.10.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5719/oj.
(22) JO C, C/2025/488 du 29.1.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/488/oj.
(23) JO C, C/2025/487 du 29.1.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/487/oj.
(24) Étude intitulée «Évaluation des menaces pour la paix et la démocratie au niveau mondial – Indice Normandie 2024», Parlement européen, service de recherche du Parlement européen, septembre 2024.
(25) JOIN(2025)0120.
(26) Directive 2009/81/CE du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 relative à la coordination des procédures de passation de certains marchés de travaux, de fournitures et de services par des pouvoirs adjudicateurs ou entités adjudicatrices dans les domaines de la défense et de la sécurité, et modifiant les directives 2004/17/CE et 2004/18/CE (JO L 216 du 20.8.2009, p. 76, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2009/81/oj).
(27) Directive 2009/43/CE du Parlement européen et du Conseil du 6 mai 2009 simplifiant les conditions des transferts de produits liés à la défense dans la Communauté (JO L 146 du 10.6.2009, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2009/43/oj).
(28) Rapport spécial 04/2025 de la Cour des comptes européenne intitulé «La mobilité militaire de l’Union – Les défauts de conception et les obstacles rencontrés ralentissent la progression».
(29) Règlement (UE) 2025/38 du Parlement européen et du Conseil du 19 décembre 2024 établissant des mesures destinées à renforcer la solidarité et les capacités dans l’Union afin de détecter les cybermenaces et incidents, de s’y préparer et d’y réagir et modifiant le règlement (UE) 2021/694 (règlement sur la cybersolidarité) (JO L, 2025/38, 15.1.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2025/38/oj).
(30) Directive (UE) 2022/2555 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 concernant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans l’ensemble de l’Union, modifiant le règlement (UE) no 910/2014 et la directive (UE) 2018/1972, et abrogeant la directive (UE) 2016/1148 (directive SRI 2) (JO L 333 du 27.12.2022, p. 80, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2022/2555/oj).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/4389/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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