Initiative législative52025IP0059

P10_TA(2025)0059 — Droits de l’homme et la démocratie dans le monde et la politique de l’Union européenne en la matière – rapport annuel 2024 — Résolution du Parlement européen du 2 avril 2025 sur les droits de l’homme et la démocratie dans le monde et la politique de l’Union européenne en la matière – rapport annuel 2024 (2024/2081(INI))

CELEX52025IP0059
TypeInitiative législative
Datemercredi 2 avril 2025

Résumé IA

Cette résolution du Parlement européen dresse le bilan annuel de la politique de l'Union en matière de droits de l'homme et de démocratie pour 2024. Elle évalue les actions menées, identifie les défis mondiaux et formule des recommandations pour renforcer la cohérence et l'efficacité de l'action extérieure de l'UE dans ce domaine.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2025/4390

9.9.2025

P10_TA(2025)0059

Droits de l’homme et la démocratie dans le monde et la politique de l’Union européenne en la matière – rapport annuel 2024

Résolution du Parlement européen du 2 avril 2025 sur les droits de l’homme et la démocratie dans le monde et la politique de l’Union européenne en la matière – rapport annuel 2024 (2024/2081(INI))

(C/2025/4390)

Le Parlement européen,

vu la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,

vu la convention européenne des droits de l’homme,

vu les articles 2, 3, 8, 21 et 23 du traité sur l’Union européenne (traité UE),

vu les articles 17 et 207 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE),

vu la déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que les autres traités et instruments des Nations unies en faveur des droits de l’homme,

vu le pacte international relatif aux droits civils et politiques,

vu le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels,

vu la convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre,

vu la Convention des Nations unies de 1951 relative au statut des réfugiés et son protocole de 1967,

vu la convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948 et la résolution 43/29 du 22 juin 2020 du Conseil des droits de l’homme des Nations unies sur la prévention du génocide,

vu la convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes du 18 décembre 1979,

vu la convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants du 10 décembre 1984, et son protocole facultatif adopté le 18 décembre 2002,

vu la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées du 12 décembre 2006, et son protocole facultatif, adopté le 13 décembre 2006,

vu la convention internationale sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid de 1976,

vu la déclaration sur l’élimination de toutes formes d’intolérance et de discrimination fondées sur la religion ou la conviction, proclamée par la résolution 36/55 de l’Assemblée générale des Nations unies du 25 novembre 1981,

vu la déclaration des Nations unies sur les droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques du 18 décembre 1992,

vu la déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme adoptée par consensus par l’Assemblée générale des Nations unies, le 9 décembre 1998, dans sa résolution 53/144,

vu la déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones du 13 septembre 2007,

vu la déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales du 28 septembre 2018,

vu le programme d’action de la conférence internationale du Caire sur la population et le développement de 1994, ainsi que ses conférences d’examen,

vu la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant du 20 novembre 1989 et ses deux protocoles facultatifs adoptés le 25 mai 2000,

vu le traité des Nations unies sur le commerce des armes, entré en vigueur le 24 décembre 2014, et le code de conduite de l’Union européenne en matière d’exportation d’armements du 5 juin 1998,

vu la déclaration et le programme d’action de Beijing des Nations unies de septembre 1995 et ses conférences d’examen,

vu le programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies, adopté le 25 septembre 2015 et, en particulier, ses objectifs no 1, 3, 4, 5, 8, 10 et 16,

vu le pacte mondial des Nations unies pour des migrations sûres, ordonnées et régulières adopté le 19 décembre 2018 et le pacte mondial des Nations unies sur les réfugiés adopté le 17 décembre 2018,

vu le statut de Rome sur la Cour pénale internationale adopté le 17 juillet 1998, qui est entré en vigueur le 1er juillet 2002,

vu l’accord de coopération et d’assistance entre la Cour pénale internationale et l’Union européenne du 10 avril 2006 (1),

vu la convention du Conseil de l’Europe du 4 avril 1997 pour la protection des droits de l’homme et de la dignité de l’être humain à l’égard des applications de la biologie et de la médecine, et ses protocoles additionnels, la convention du Conseil de l’Europe du 16 mai 2005 sur la lutte contre la traite des êtres humains, et la convention du Conseil de l’Europe du 25 octobre 2007 sur la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels,

vu la convention du Conseil de l’Europe du 11 mai 2011 sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (convention d’Istanbul), que tous les États membres n’ont pas ratifiée mais qui est entrée en vigueur pour l’Union le 1er octobre 2023,

vu les protocoles n° 6 et n° 13 à la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du Conseil de l’Europe du 28 avril 1983, concernant l’abolition de la peine de mort,

vu le règlement (UE) 2020/1998 du Conseil du 7 décembre 2020 concernant des mesures restrictives en réaction aux graves violations des droits de l’homme et aux graves atteintes à ces droits (2),

vu le règlement (UE) 2021/947 du Parlement européen et du Conseil du 9 juin 2021 établissant l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale – Europe dans le monde (3),

vu les conclusions du Conseil du 22 janvier 2024 sur les priorités de l’Union en 2024 dans les enceintes des Nations unies compétentes en matière de droits de l’homme,

vu le plan d’action de l’Union européenne en faveur des droits de l’homme et de la démocratie 2020-2024, adopté par le Conseil le 17 novembre 2020, et son examen à mi-parcours adopté le 9 juin 2023,

vu les conclusions du Conseil du 27 mai 2024, relatives à l’alignement du plan d’action de l’Union européenne en faveur des droits de l’homme et de la démocratie 2020-2024 sur le cadre financier pluriannuel 2021-2027,

vu le troisième plan d’action de l’Union européenne sur l’égalité entre les hommes et les femmes (GAP III) - un programme ambitieux pour l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes dans l’action extérieure (JOIN(2020)0017),

vu la stratégie de l’UE en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes 2020-2025 (COM(2020)0152),

vu la stratégie de l’UE en faveur de l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ pour la période 2020-2025 (COM(2020)0698),

vu la stratégie de l’UE sur les droits de l’enfant (COM(2021)0142),

vu la stratégie de l’UE en faveur des droits des personnes handicapées 2021-2030 (COM(2021)0101),

vu le plan d’action de l’UE contre le racisme (COM(2020)0565),

vu le cadre stratégique de l’UE pour l’égalité, l’inclusion et la participation des Roms (COM(2020)0620),

vu les orientations de l’Union européenne concernant les défenseurs des droits de l’homme adoptées par le Conseil le 14 juin 2004 et révisées en 2008, et la deuxième note d’orientation sur la mise en œuvre desdites orientations, approuvée en 2020,

vu les lignes directrices de l’Union européenne sur les violences contre les femmes et la lutte contre toutes les formes de discrimination à leur encontre, adoptées par le Conseil le 8 décembre 2008,

vu les lignes directrices de 2005 de l’Union européenne concernant la promotion du droit humanitaire international, telles que mises à jour en 2009,

vu les orientations de l’Union européenne concernant la peine de mort, telles que mises à jour par le Conseil le 12 avril 2013,

vu les lignes directrices de l’Union européenne visant à promouvoir et garantir le respect de tous les droits fondamentaux des personnes LGBTI, adoptées le 24 juin 2013,

vu les orientations de l’Union relatives à la promotion et à la protection de la liberté de religion ou de conviction, adoptées par le Conseil le 24 juin 2013,

vu les orientations de l’Union relatives à la liberté d’expression en ligne et hors ligne, adoptées par le Conseil le 12 mai 2014,

vu les orientations de l’Union relatives à la non-discrimination dans l’action extérieure, adoptées par le Conseil le 18 mars 2019,

vu les orientations de l’Union relatives à l’eau potable et à l’assainissement, adoptées par le Conseil le 17 juin 2019,

vu les orientations révisées de l’Union sur la politique de l’Union à l’égard des pays tiers en ce qui concerne la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, adoptées par le Conseil le 16 septembre 2019,

vu les lignes directrices révisées de l’Union en matière de dialogues sur les droits de l’homme avec les pays tiers/partenaires, approuvées par le Conseil le 22 février 2021,

vu les orientations révisées de l’Union sur les enfants face aux conflits armés, approuvées par le Conseil le 24 juin 2024,

vu la communication de la Commission du 12 septembre 2012 intitulée «Les racines de la démocratie et du développement durable: l’engagement de l’Europe avec la société civile dans le domaine des relations extérieures» (COM(2012)0492),

vu les conclusions du Conseil du 10 mars 2023 sur le rôle de l’espace dévolu à la société civile dans la protection et la promotion des droits fondamentaux au sein de l’Union européenne,

vu la directive (UE) 2024/1760 du Parlement européen et du Conseil du 13 juin 2024 sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité et modifiant la directive (UE) 2019/1937 et le règlement (UE) 2023/2859 (4),

vu la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à l’interdiction des produits issus du travail forcé sur le marché de l’Union, présentée par la Commission le 14 septembre 2022 (COM(2022)0453),

vu la proposition conjointe de règlement du Conseil instaurant des mesures restrictives contre les actes graves de corruption, présentée par la Commission et le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité le 3 mai 2023 (JOIN(2023)0013),

vu le rapport annuel de l’Union européenne sur les droits de l’homme et la démocratie dans le monde en 2023,

vu son prix Sakharov pour la liberté de l’esprit qui, en 2024, a été décerné à María Corina Machado, leader des forces démocratiques au Venezuela, et au président élu Edmundo González Urrutia, qui représentent tous les Vénézuéliens à l’intérieur et à l’extérieur du pays qui luttent pour restaurer la liberté et la démocratie,

vu sa résolution du 15 janvier 2019 sur les orientations de l’Union européenne et le mandat de l’envoyé spécial de l’Union européenne pour la promotion de la liberté de religion ou de conviction à l’extérieur de l’Union européenne (5),

vu sa résolution du 23 octobre 2020 sur l’égalité des genres dans la politique étrangère et de sécurité de l’Union (6),

vu sa résolution du 19 mai 2021 sur la protection des droits de l’homme et la politique migratoire extérieure de l’Union européenne (7),

vu sa résolution du 8 juillet 2021 sur le régime mondial de sanctions de l’UE en matière de droits de l’homme (loi Magnitsky de l’UE) (8),

vu sa résolution du 28 février 2024 sur les droits de l’homme et la démocratie dans le monde et la politique de l’Union européenne en la matière – rapport annuel 2023 (9), et ses résolutions antérieures sur les rapports annuels précédents,

vu ses résolutions sur les violations des droits de l’homme, de la démocratie et de l’état de droit (dites «résolutions d’urgence»), adoptées conformément à l’article 150 de son règlement intérieur, en particulier celles adoptées en 2023 et 2024,

vu l’article 55 de son règlement intérieur,

vu l’avis de la commission des droits des femmes et de l’égalité des genres,

vu le rapport de la commission des affaires étrangères (A10-0012/2025),

A.

considérant que l’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, d’état de droit et de respect des droits de l’homme, conformément aux articles 2 et 21 du traité sur l’Union européenne; que l’action de l’Union dans le monde entier doit être guidée par l’universalité et l’indivisibilité des droits de l’homme et par le fait que la protection et la défense efficaces des droits de l’homme et de la démocratie sont au cœur de l’action extérieure de l’Union;

B.

considérant que les arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme constituent un élément essentiel de l’architecture des droits de l’homme en Europe;

C.

considérant que l’homogénéité et la cohérence des politiques internes et externes de l’Union sont essentielles pour mener une politique efficace et crédible de l’Union en matière de droits de l’homme et pour défendre et appuyer la liberté et la démocratie;

D.

considérant que les systèmes démocratiques sont les plus appropriés pour garantir à toute personne la possibilité de jouir de ses droits humains et de ses libertés fondamentales; que le multilatéralisme efficace fondé sur des règles est le meilleur système organisationnel pour défendre les démocraties;

E.

considérant que l’Union croit fermement, en les soutenant pleinement, dans le multilatéralisme, dans un ordre mondial fondé sur des règles et dans l’ensemble de valeurs, de principes et de normes universels qui guident les États membres des Nations unies et que les États membres des Nations unies se sont engagés à respecter conformément à la charte des Nations unies; qu’un monde composé de démocraties, c’est-à-dire un monde de systèmes politiques défendant et protégeant les droits de l’homme à travers le monde, est un monde plus sûr, car les démocraties ont d’importants systèmes de contre-pouvoirs en place, qui constituent un rempart contre l’imprévisibilité des autocraties;

F.

considérant que l’égalité de genre est essentielle au développement de sociétés libres et égalitaires; que les droits fondamentaux des femmes, des filles et des personnes non binaires ne sont toujours pas garantis dans de nombreuses régions du monde, et que l’espace dévolu aux organisations de la société civile, notamment aux organisations de défense des droits des femmes, aux organisations autochtones et aux organisations de terrain, se réduit dans de nombreux pays;

G.

considérant que la montée de l’autoritarisme, du totalitarisme et du populisme menace l’ordre mondial fondé sur des règles, la protection et la promotion de la liberté et des droits de l’homme dans le monde, ainsi que les valeurs et les principes sur lesquels l’Union est fondée;

H.

considérant qu’en décembre 2023, la déclaration universelle des droits de l’homme a célébré son 75e anniversaire; qu’aujourd’hui, plus que jamais depuis la création des Nations unies, les régimes totalitaires remettent en cause les principes fondamentaux de la charte des Nations unies, tentent de réécrire les normes internationales, ébranlent les institutions multilatérales et menacent la paix et la sécurité dans le monde;

I.

considérant qu’en novembre 2024, la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant a célébré son 35e anniversaire;

J.

considérant que la déclaration et le programme d’action de Beijing des Nations unies sont considérés comme un tournant pour la promotion de l’égalité de genre au niveau mondial et qu’ils célébreront leur 30e anniversaire en 2025;

K.

considérant que la légitimité et le fonctionnement de l’ordre international fondé sur des règles dépendent du respect pour les instances internationales et de l’obéissance à leurs décisions, par exemple aux résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité des Nations unies et aux ordonnances et décisions de la Cour internationale de justice et de la Cour pénale internationale (ci-après, la «CPI»); que le multilatéralisme est mis en cause par des menaces croissantes à l’échelle mondiale, telles que le terrorisme et l’extrémisme, qui mettent en péril le respect de ces ordonnances et décisions ainsi que, de manière générale, des dispositions du droit international, du droit relatif aux droits de l’homme et du droit international humanitaire dans les situations de conflit émergentes et en cours; que les institutions internationales, leurs fonctionnaires et les entités qui coopèrent avec elles sont la cible d’attaques et de menaces; que la communauté internationale, y compris l’Union européenne, a la responsabilité de défendre l’ordre international fondé sur des règles en faisant en sorte que celles-ci soient respectées par tous, y compris par ses partenaires;

L.

considérant que le statut de Rome de la CPI établit un cadre qui régit la responsabilité en matière de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre; que l’indépendance de la CPI est essentielle pour garantir que la justice est rendue de manière impartiale et sans ingérence politique;

M.

considérant que l’examen à mi-parcours, effectué en 2023, du plan d’action de l’Union européenne en faveur des droits de l’homme et de la démocratie 2020-2024, désormais prolongé jusqu’en 2027, a montré que, malgré les progrès accomplis à ce jour, il reste encore beaucoup à faire, en coopération avec des partenaires démocratiques partageant les mêmes valeurs, en particulier dans le contexte des défis sans précédent auxquels le monde a été confronté depuis son adoption;

N.

considérant que les défendeurs des droits de l’homme et les organisations de la société civile (ci-après, les «OSC») sont des partenaires essentiels de l’Union dans ses initiatives pour défendre et faire progresser les droits de l’homme, la démocratie et l’état de droit ainsi que pour éviter les conflits dans le monde; que des acteurs étatiques et non étatiques, à travers le monde, censurent, réduisent au silence et harcèlent de plus en plus, entre autres, les défenseurs des droits de l’homme, les OSC, les journalistes, les communautés religieuses, les dirigeants de l’opposition et d’autres groupes vulnérables dans leur travail, en réduisant davantage encore l’espace civil; que ce comportement se caractérise notamment par des mesures qui comprennent des poursuites stratégiques altérant le débat public (poursuites-bâillons), des politiques gouvernementales restrictives, la répression transnationale, des campagnes de diffamation, des discriminations, des intimidations et des violences, y compris des exécutions extrajudiciaires et extraterritoriales, des enlèvements ainsi que des arrestations et détentions arbitraires; que les attaques dirigées contre les défenseurs des droits de l’homme s’étendent de plus en plus à leur famille et à leur entourage, y compris aux personnes qui vivent en exil;

O.

considérant que l’égalité entre les femmes et les hommes est une valeur fondamentale de l’Union et que les droits humains des femmes et des filles, y compris leurs droits en matière de sexualité et de procréation, continuent d’être violés à travers le monde; que les femmes subissent les effets sans pareil et disproportionnés des conflits, du changement climatique et des migrations, et font notamment face à des risques accrus de violence sexiste et de marginalisation économique et à des obstacles dans l’accès aux ressources; que les défenseurs des droits de l’homme et les OSC continuent d’être confrontés à un rétrécissement de l’espace dévolu à leur travail critique, ainsi qu’à des menaces de violence, de harcèlement et d’intimidation;

P.

considérant que l’année écoulée a été marquée par une nouvelle prolifération de lois sur les «agents étrangers» ou sur l’influence étrangère, y compris dans des pays candidats à l’adhésion à l’Union, et que ces lois visent les OSC et les médias et cherchent à les empêcher de recevoir un soutien financier de l’étranger, y compris de la part de l’Union et de ses États membres, ce qui favorise un climat de peur et d’autocensure;

Q.

considérant qu’en 2024, plus de la moitié de la population mondiale s’est rendue aux urnes et que nombre de ces élections ont été marquées par la manipulation, la désinformation et les tentatives d’ingérence internes ou externes au pays;

R.

considérant que le classement mondial de la liberté de la presse 2024 établi par Reporters sans frontières (RSF) alerte sur le fait que les États et les autres forces politiques sont de moins en moins enclins à protéger la liberté de la presse; que le bilan 2024 de RSF, 54 journalistes et professionnels des médias ont été tués, la plupart dans des zones de conflit, 550 ont été détenus, 55 ont été pris en otage et 95 ont disparu en 2024;

S.

considérant que 251 millions d’enfants et de jeunes sont privés de leur droit fondamental à l’éducation et ne sont toujours pas scolarisés, selon le rapport mondial de suivi sur l’éducation 2024 de l’UNESCO; que les filles et les femmes ne sont pas seulement victimes de la pauvreté mais également de normes culturelles, de préjugés sexistes, du mariage d’enfants et de violence du fait de politiques discriminatoires officielles qui les empêchent d’accéder à l’éducation et au marché du travail et qui tentent de les effacer de la vie publique;

T.

considérant qu’au moins un million de personnes sont injustement emprisonnées pour des raisons politiques, parmi lesquelles plusieurs lauréats et finalistes du prix Sakharov du Parlement pour la liberté de l’esprit;

U.

rappelle que, conformément à l’article 21 du traité sur l’Union européenne, l’Union doit s’efforcer de développer des relations et de construire des partenariats avec les pays tiers sur la base, entre autres principes, de la démocratie, de l’État de droit, de l’universalité et de l’indivisibilité des droits de l’homme et des libertés fondamentales, du respect de la dignité humaine, des principes d’égalité et de solidarité, et du respect des principes de la charte des Nations unies et du droit international; que de nombreux partenaires de l’Union, bien qu’ils bénéficient depuis des années de diverses préférences et avantages découlant d’accords avec l’Union, ne respectent pas leurs obligations;

V.

considérant que les atteintes à l’environnement et les effets du changement climatique aggravent la précarité, la marginalisation et les inégalités, et poussent de plus en plus de personnes à quitter leur domicile ou les enferment dans des cadres dangereux, ce qui accroît leur vulnérabilité et met en péril leurs droits humains;

Défis mondiaux pour la démocratie et les droits de l’homme

1.

réaffirme l’universalité, l’interdépendance, l’indissociabilité et l’indivisibilité des droits de l’homme et la dignité propre à chaque être humain; insiste sur le devoir qui incombe à l’Union et à ses États membres de promouvoir et de protéger la démocratie et l’universalité des droits de l’homme dans le monde; demande à l’Union et à ses États membres de montrer l’exemple, conformément à ses valeurs, de promouvoir et de défendre strictement les droits de l’homme et la justice internationale;

2.

insiste sur le fait que le respect, la protection et l’application des droits de l’homme et des libertés fondamentales doivent être la pierre angulaire de la politique extérieure de l’Union, conformément à ses principes fondateurs; encourage vivement l’Union et ses États membres, à cette fin, à s’engager de manière ambitieuse et constante à faire de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme ainsi que de leur protection un aspect central de toutes les politiques de l’Union, de façon rationalisée, ainsi qu’à renforcer la cohérence entre ses politiques internes et externes dans ce domaine, y compris au travers de la totalité de ses accords internationaux;

3.

souligne que l’Union doit être pleinement préparée à contrer la montée de l’autoritarisme, du totalitarisme et du populisme ainsi que les violations croissantes du principe d’universalité des droits de l’homme, de la démocratie et du droit international humanitaire;

4.

condamne la tendance croissante aux violations des droits de l’homme et des principes et valeurs démocratiques dans le monde, ainsi qu’aux atteintes à ces droits, principes et valeurs, avec, entre autres, les menaces de recul des droits humains, notamment des droits des femmes, ainsi que les exécutions, les exécutions extrajudiciaires, les arrestations et détentions arbitraires, la torture et les mauvais traitements, la violence sexiste, les répressions à l’encontre de la société civile, des opposants politiques, des groupes marginalisés et vulnérables, y compris les enfants et les personnes âgées, les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile, ainsi que les minorités ethniques et religieuses; condamne également l’esclavage et le travail forcé, le recours excessif à la violence par les autorités publiques, y compris la répression violente des manifestations pacifiques et autres rassemblements, la discrimination systématique et structurelle, l’instrumentalisation du pouvoir judiciaire, la censure et les menaces à l’encontre des médias indépendants, y compris les menaces dans la sphère numérique telles que la surveillance en ligne et les fermetures d’internet, les attaques politiques contre les institutions internationales et l’ordre international fondé sur des règles, et le recours croissant à des méthodes de guerre illégales en violation grave du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits de l’homme; déplore l’affaiblissement de la protection des institutions et processus démocratiques et le rétrécissement de l’espace dévolu à la société civile dans le monde entier; dénonce la répression transnationale exercée par des régimes illibéraux sur des citoyens et des militants qui ont trouvé refuge à l’étranger, y compris sur le territoire de l’Union; condamne l'arrestation et la condamnation par un tribunal algérien à cinq ans de prison de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal; demande sa libération immédiate et espère que les autorités algériennes prendront conscience de l'urgence de cette mesure;

5.

constate avec une profonde inquiétude la crise internationale qui sévit actuellement pour ce qui concerne l’obligation de rendre des comptes et les difficultés auxquelles se heurtent les actions visant à mettre un terme à l’impunité pour les violations des normes fondamentales du droit international relatif aux droits de l’homme et du droit international humanitaire dans les conflits mondiaux; réaffirme la neutralité et l’importance de l’aide humanitaire en cas de conflit ou de crise; souligne les graves conséquences que peut avoir le discrédit jeté sur les organisations et enceintes multilatérales, telles que les Nations unies, et les attaques menées contre elles, ce qui peut favoriser une culture de l’impunité et compromettre la confiance dans le système des Nations unies et son fonctionnement; demande à l’Union de préserver le système juridique international et de prendre des mesures efficaces pour le faire respecter;

6.

constate avec satisfaction qu’il existe également des «éclaircies» en matière de droits de l’homme, en dépit du contexte de défis majeurs auxquels ils sont confrontés partout dans le monde; souligne, en particulier, le travail des OSC et des défenseurs des droits de l’homme; souligne la nécessité d’une communication plus stratégique sur les droits de l’homme et la démocratie, grâce à la diffusion d’informations sur les résultats positifs, les politiques et les bonnes pratiques; soutient l’initiative «Good Human Rights Stories» en tant que moyen de promouvoir des récits encourageants sur les droits de l’homme, et recommande qu’elle soit mise à jour; souligne le rôle de la diplomatie publique et culturelle de l’Union ainsi que des relations culturelles internationales dans la promotion des droits de l’homme et demande à la division de communication stratégique et prospective du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) d’accroître ses efforts à cet égard;

Renforcer la boîte à outils de l’Union pour la promotion et la protection des droits de l’homme et de la démocratie dans le monde

7.

constate avec inquiétude les fractures croissantes dans le monde; souligne qu’il est de la responsabilité partagée de l’Union de continuer à défendre les valeurs et principes démocratiques ainsi que les droits de l’homme, la justice internationale, la paix et la dignité dans le monde, qu’il convient d’autant plus de protéger que la situation politique mondiale est actuellement instable; invite l’Union à maintenir les canaux de communication ouverts avec les différentes parties prenantes et à continuer de mettre au point une boîte à outils complète pour renforcer les droits de l’homme et la démocratie à l’échelle mondiale;

Plan d’action de l’Union européenne en faveur des droits de l’homme et de la démocratie

8.

constate que l’Union et ses États membres ont accompli des progrès importants dans la mise en œuvre du plan d’action de l’Union en faveur des droits de l’homme et de la démocratie, bien qu’ils n’aient pas atteint tous les objectifs du plan, en partie également en raison des difficultés sans précédent que le monde a connues depuis son adoption; se félicite, à cet égard, de la prolongation du plan d’action jusqu’en 2027, en vue de maximiser les synergies et la complémentarité entre les droits de l’homme et la démocratie aux échelons local, national et mondial;

Représentant spécial de l’Union européenne (RSUE) pour les droits de l’homme

9.

soutient pleinement le travail du RSUE pour les droits de l’homme, qui contribue à la visibilité et à la cohérence des actions de l’Union en matière de droits de l’homme dans le cadre de ses relations extérieures; défend le rôle central du RSUE dans la promotion et la protection des droits de l’homme par l’Union, au moyen d’un dialogue avec les pays tiers et les partenaires partageant les mêmes valeurs; souligne la nécessité d’une coopération étroite entre le RSUE pour les droits de l’homme et les autres RSUE et envoyés spéciaux, afin d’améliorer encore cette cohérence, et appelle de ses vœux une meilleure visibilité du rôle du RSUE pour les droits de l’homme; demande que le RSUE bénéficie de ressources supplémentaires et d’une coordination renforcée avec les délégations de l’Union dans le monde afin de le soutenir dans son travail; déplore qu’en dépit d’appels répétés, le Parlement ait été exclu du processus de sélection du RSUE; insiste sur la nécessité pour le RSUE de rendre régulièrement compte au Parlement;

Instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale – Europe dans le monde et programme thématique sur les droits de l’homme et la démocratie

10.

rappelle le rôle fondamental que joue l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI) – Europe dans le monde, notamment son programme thématique sur les droits de l’homme et la démocratie, en tant qu’instrument phare de l’Union dans la promotion et la protection des droits de l’homme et de la démocratie dans le monde; souligne la nécessité de nouer le dialogue avec la société civile dans toutes les activités extérieures pertinentes de l’Union, y compris dans le cadre de la stratégie «Global Gateway», qui est financée au titre de l’instrument IVCDCI – Europe dans le monde; réaffirme qu’il importe de rationaliser une approche fondée sur les droits de l’homme au sein des instruments d’action extérieure de l’Union; souligne le rôle du Parlement dans le processus de programmation de l’instrument et invite la Commission et le SEAE à partager en temps utile toutes les informations pertinentes afin de permettre au Parlement de jouer son rôle en conséquence, en particulier pendant les dialogues géopolitiques à haut niveau avec la Commission et lors du processus d’évaluation à mi-parcours ainsi que dans ses résolutions; invite le SEAE et la Commission à veiller à ce qu’une réponse soit apportée aux lettres de recommandations après chaque dialogue géopolitique et chaque résolution; demande instamment à la Commission de développer et de lancer un site web complet et centralisé consacré à l’instrument IVCDCI – Europe dans le monde, comprenant des informations sur tous les programmes indicatifs pluriannuels et des détails sur leurs budgets respectifs, les actions connexes et les dotations financières prévues, organisés par pays et par thème; fait remarquer que l’instrument IVCDCI – Europe dans le monde et tous les instruments futurs doivent se concentrer sur les causes fondamentales des difficultés actuelles, y compris la nécessité de renforcer la résilience des communautés locales et les activités d’appui à la démocratie via un soutien au développement économique;

11.

préconise des évaluations ex ante indépendantes pour déterminer les implications et les risques potentiels liés aux projets en matière de droits de l’homme, conformément à l’article 25, paragraphe 5, du règlement (UE) 2021/947; préconise une surveillance indépendante des droits de l’homme tout au long de la mise en œuvre de projets dans des pays tiers, en particulier pour les projets comportant un risque élevé de violations; demande la suspension des projets qui contribuent directement ou indirectement aux violations des droits de l’homme dans des pays tiers; réaffirme l’interdiction d’allouer des fonds de l’Union à des activités contraires aux valeurs fondamentales de l’Union, telles que le terrorisme ou l’extrémisme; demande à la Commission de partager de manière proactive toutes les évaluations liées aux droits de l’homme avec le Parlement;

Commerce et accords internationaux de l’Union

12.

réitère son appel en faveur de l’inclusion d’évaluations sur la situation des droits de l’homme et de clauses robustes en matière de droits de l’homme dans les accords entre l’Union et les pays tiers, assorties d’un ensemble clair de critères et de procédures à respecter en cas de violations; invite la Commission et le SEAE à veiller à ce que les clauses relatives aux droits de l’homme prévues dans les accords internationaux en vigueur soient activement surveillées et effectivement appliquées et à améliorer la communication avec le Parlement en ce qui concerne les considérations et les décisions relatives à l’application de ces clauses; réaffirme que, face aux violations persistantes des clauses relatives aux droits de l’homme par ses pays partenaires, notamment les pays concernés par le système de préférences généralisées plus, l’Union devrait réagir rapidement et avec détermination, y compris en suspendant les accords en question si d’autres options se révèlent inefficaces; demande que soit mise en œuvre la recommandation de la médiatrice de l’Union consistant à créer un portail de traitement des plaintes, dans le cadre des instruments commerciaux et financiers de l’Union, ou que le point d’entrée unique de la Commission soit adapté pour permettre le dépôt de plaintes en cas de non-respect de clauses relatives aux droits de l’homme; invite les institutions de l’Union à nouer un dialogue régulier avec les milieux d’affaires et la société civile afin de renforcer les liens qui existent entre le commerce international, les droits de l’homme et la sécurité économique; demande à l’Union de veiller à la promotion et à la protection des droits de l’homme dans le cadre de ses investissements et projets «Global Gateway», en s’assurant qu’ils ne causent aucun préjudice;

Dialogues de l’Union sur les droits de l’homme

13.

souligne le rôle important que jouent les dialogues sur les droits de l’homme au sein de la boîte à outils de l’Union en matière de droits de l’homme et en tant que vecteur essentiel du déploiement du plan d’action de l’Union en faveur des droits de l’homme et de la démocratie; souligne que ces dialogues doivent traiter de la situation générale des droits de l’homme et de la démocratie avec les pays concernés; fait observer que les dialogues sur les droits de l’homme devraient être considérés comme un élément clé de l’engagement durable de l’Union et non comme un instrument autonome, et que l’incapacité persistante de pays tiers à dialoguer véritablement et à atteindre des objectifs clés devrait conduire à recourir à d’autres instruments appropriés de politique étrangère; rappelle que ces dialogues doivent être utilisés conjointement et en synergie avec d’autres instruments, en adoptant une approche «plus pour plus» et «moins pour moins»; réaffirme la nécessité d’attirer l’attention sur des cas individuels, en particulier ceux des lauréats du prix Sakharov et ceux que met en avant le Parlement dans ses résolutions, et d’assurer un suivi adéquat; demande au SEAE et aux délégations de l’Union européenne d’accroître la visibilité de ces dialogues et de leurs effets, en veillant à ce qu’ils soient orientés vers les résultats et se fondent sur un ensemble clair de critères qui puissent être inclus dans la publication d’un communiqué de presse conjoint, et de prendre les mesures de suivi qui s’imposent; appelle de ses vœux une participation accrue et significative de la société civile aux dialogues; souligne que les véritables OSC ne doivent pas être empêchées de participer aux dialogues sur les droits de l’homme et que tout dialogue doit inclure sans restriction l’ensemble des véritables OSC;

Régime mondial de sanctions de l’Union en matière de droits de l’homme (loi Magnitsky de l’Union européenne)

14.

se félicite du recours croissant au régime mondial de sanctions de l’Union en matière de droits de l’homme en tant qu’outil politique essentiel pour la défense des droits de l’homme et de la démocratie par l’Union dans le monde entier; regrette toutefois que son utilisation soit restée limitée, en particulier dans le contexte géopolitique actuel; relève toutefois les difficultés que pose l’exigence d’unanimité lors de l’adoption de sanctions et réitère son appel au Conseil en faveur de l’introduction du vote à la majorité qualifiée pour les décisions relatives au régime mondial de sanctions en matière de droits de l’homme; rappelle, à cet égard, la demande formelle présentée par le Parlement au Conseil en 2023 concernant l’ouverture d’une convention sur la réforme de l’Union, en vue, entre autres, d’augmenter le nombre de décisions prises à la majorité qualifiée; demande que le régime mondial de sanctions de l’Union et d’autres régimes de sanctions ad hoc soient utilisés de manière renforcée à l’encontre des personnes qui sont responsables de graves violations des droits de l’homme et du droit humanitaire international, y compris des hauts fonctionnaires; soutient pleinement la possibilité d’imposer des sanctions anticorruption ciblées dans le cadre de l’Union à cet égard, priorité de longue date du Parlement, que ce soit par son inclusion dans le régime mondial de sanctions de l’Union en matière de droits de l’homme ou au moyen d’un régime différent; souligne qu’il est nécessaire d’appliquer complètement les sanctions et de lutter contre leur contournement;

Activités de soutien à la démocratie

15.

exprime une nouvelle fois son inquiétude face aux attaques croissantes que mènent des régimes autoritaires et illibéraux contre les principes, les valeurs et le pluralisme démocratiques; souligne que la défense et le soutien de la démocratie dans le monde revêtent de plus en plus un intérêt géopolitique et stratégique; souligne l’importance des initiatives du Parlement en faveur du renforcement des capacités des parlements partenaires, de la médiation et de l’encouragement d’une culture du dialogue et du compromis, y compris parmi les jeunes dirigeants politiques, ainsi que du renforcement de la position des femmes parlementaires, des défenseurs des droits de l’homme et des représentants de la société civile et des médias libres; demande une nouvelle fois à la Commission de poursuivre et d’étendre ses activités dans ces domaines en augmentant le financement destiné aux organes et organismes de l’Union et aux autres organisations recevant des subventions de l’Union et en apportant un soutien accru à ces organes, organismes et organisations; souligne qu’il est essentiel de soutenir directement la société civile et les personnes exprimant des opinions dissidentes, en particulier dans le contexte actuel d’intensification des tensions mondiales et de répression dans un nombre croissant de pays; insiste à nouveau sur l’importance des missions d’observation électorale déployées par l’Union et de la contribution du Parlement au développement et au perfectionnement de la méthode qui les guide; appelle de ses vœux l’élaboration d’une «boîte à outils» de l’Union à utiliser en cas de résultats électoraux contestés ou manquant de transparence, afin de prévenir les crises politiques et militaires dans l’environnement post-électoral; demande un renforcement de l’action de l’Union pour contrer les messages manipulateurs et fallacieux à son encontre lors des campagnes électorales, en particulier dans les pays qui bénéficient d’une aide humanitaire et au développement importante de la part de l’Union et dans les pays candidats à l’adhésion à l’Union; appelle de ses vœux une collaboration renforcée entre le groupe de soutien à la démocratie et de coordination des élections du Parlement, les directions générales concernées de la Commission et le SEAE; invite l’Union à aborder les questions d’égalité de genre, y compris la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation, avec les pays tiers; demande d’accorder une plus grande visibilité aux dialogues sur les droits de l’homme et de veiller à ce que ceux-ci soient axés sur les résultats et se fondent sur un ensemble clair de critères permettant un suivi efficace, notamment au moyen de consultations ex ante et ex post efficaces avec la société civile, de la publication de communiqués de presse conjoints et de la mise en œuvre de mesures de suivi appropriées;

16.

souligne l’importance de renforcer la participation des femmes dans les systèmes démocratiques afin de remédier à l’écart quant à la représentation des femmes dans la prise de décision; demande à l’action extérieure de l’Union de permettre une participation accrue des femmes à la vie politique, aux affaires et à la société civile;

Le soutien de l’Union aux défenseurs des droits de l’homme

17.

est extrêmement préoccupé par la restriction continue de l’espace dévolu à la société civile et par l’augmentation des menaces qui pèsent sur le travail des défenseurs des droits de l’homme et des membres des OSC, ainsi que sur leurs familles, entourages et avocats, et juge particulièrement préoccupants les moyens de plus en plus sophistiqués utilisés pour les persécuter; condamne fermement leur détention arbitraire et leur assassinat; déplore le harcèlement des OSC au moyen de dispositions législatives, telles que les lois sur les agents extérieurs et d’autres lois semblables, ainsi que d’autres restrictions auxquelles les OSC sont confrontées; déplore le fait que les défenseuses des droits de l’homme soient encore victimes de violations incessantes et de plus en plus sophistiquées, notamment d’assassinats ciblés, d’agressions physiques, de disparitions, de campagnes de diffamation, d’arrestations, de harcèlement judiciaire et d’intimidations; constate avec inquiétude que ces attaques semblent avoir pour but de réduire systématiquement au silence les défenseuses des droits de l’homme et de faire en sorte que leur voix ne soit plus entendue dans la sphère publique; soutient sans réserve le travail des défenseurs des droits de l’homme et l’action de l’Union visant à garantir leur protection dans le monde entier; souligne l’urgence de procéder à une révision complète et en temps utile des orientations de l’Union concernant les défenseurs des droits de l’homme, en vue de répondre aux enjeux et menaces émergents et de garantir leur applicabilité et leur efficacité dans la protection des défenseurs des droits de l’homme à l’échelle mondiale, tout en intégrant des stratégies intersectionnelles et sensibles au genre dans les orientations mises à jour, afin de refléter les divers parcours et expériences des défenseurs des droits de l’homme et de prendre en compte les vulnérabilités spécifiques auxquelles ils peuvent être confrontés; demande l’application complète et cohérente des orientations de l’Union concernant les défenseurs des droits de l’homme par l’Union et ses États membres; demande que des efforts soient déployés pour améliorer les stratégies de communication visant à accroître la visibilité des mécanismes de soutien des défenseurs des droits de l’homme ainsi que des actions et des canaux de l’Union en faveur de leur protection;

18.

s’inquiète vivement du phénomène croissant de la répression transnationale à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme, des journalistes et de la société civile; appelle de ses vœux l’élaboration d’une stratégie européenne pour harmoniser les mesures nationales de lutte contre la répression transnationale;

19.

exprime sa profonde inquiétude face à la situation financière de plus en plus précaire à laquelle font face les défenseurs des droits de l’homme et les communautés qui militent pour les droits, en particulier dans un contexte mondial marqué par une répression croissante; constate qu’en raison du contexte géopolitique actuel, le besoin de soutien des défenseurs des droits de l’homme s’est accru; demande donc instamment à l’Union et à ses États membres de faire pleinement usage de leurs ressources financières en faveur des défenseurs des droits de l’homme et de garantir la création de mécanismes de financement souples, accessibles et durables qui permettent à ces défenseurs de poursuivre leur travail essentiel dans un contexte de difficultés croissantes;

20.

insiste pour que le SEAE, la Commission et les délégations de l’Union accordent une attention particulière à la situation des lauréats et finalistes du prix Sakharov en danger et prennent des mesures résolues, en coordination avec les États membres et le Parlement, pour garantir leur bien-être, leur sécurité ou leur libération; rend hommage aux lauréats et finalistes du prix Sakharov qui ont perdu la vie dans la lutte pour les droits de l’homme, la démocratie et la liberté;

21.

salue la mise à jour du manuel du code des visas de l’Union relative aux défenseurs des droits de l’homme et invite les États membres à l’utiliser pleinement et de manière cohérente; demande une nouvelle fois à la Commission de jouer un rôle proactif dans la mise en place d’une approche coordonnée entre les États membres en ce qui concerne les défenseurs des droits de l’homme en danger;

Lutte contre l’impunité et la corruption

22.

souligne que tant l’impunité que la corruption rendent possibles et aggravent les violations des droits de l’homme et les atteintes à ces droits, ainsi que le recul des principes démocratiques; se félicite des actions de lutte contre la corruption dans le cadre des politiques extérieures de l’Union qui figurent dans la communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 3 mai 2023 sur la lutte contre la corruption (JOIN(2023)0012), qui devrait être suivie de la mise en œuvre d’un cadre législatif strict en matière de lutte contre la corruption, par exemple au moyen de la directive anticorruption de l’Union, ainsi que d’une prise en compte globale de cette question dans le cadre de la stratégie anticorruption de l’Union; soutient les dispositions de lutte contre la corruption contenues dans les accords commerciaux de l’Union avec des pays tiers; souligne le rôle important de la société civile et des journalistes au sein des pays tiers dans le contrôle de la lutte contre l’impunité et la corruption; demande à l’Union et à ses États membres d’intensifier leurs efforts en matière de réforme de la justice, de lutte contre l’impunité ainsi que d’amélioration de la transparence et des institutions de lutte contre la corruption dans les pays tiers; encourage l’Union et ses États membres à se coordonner plus étroitement avec leurs alliés et partenaires, dans la mesure du possible, pour lutter contre la corruption systémique qui permet aux autocrates de se maintenir au pouvoir, prive les sociétés de ressources essentielles et sape la démocratie, les droits de l’homme et l’état de droit;

23.

insiste sur la nécessité pour l’Union de prendre des mesures claires en vue de reconnaître le lien étroit qui existe entre la corruption et les violations des droits de l’homme, et cibler ainsi les vecteurs économiques et financiers qui permettent aux auteurs des violations des droits de l’homme de sévir;

Actions de l’Union au niveau multilatéral

24.

réaffirme que la promotion du respect, de la protection et de l’application des droits de l’homme dans le monde passe impérativement par une coopération internationale robuste à un niveau multilatéral; met l’accent sur le rôle particulièrement important de l’Organisation des Nations unies et de ses organes, en tant que principale enceinte qui doit être en mesure de faire progresser efficacement les efforts en faveur de la paix et de la sécurité, du développement durable et du respect pour les droits de l’homme et le droit international; demande à l’Union et à ses États membres de persévérer dans leur soutien tant politique que financier au travail accompli par les Nations unies, ses agences et ses procédures spéciales, afin de veiller à ce que l’organisation soit à la hauteur de sa mission et de contrer l’influence des régimes autoritaires et totalitaires; souligne que l’ordre multilatéral actuel doit pleinement intégrer dans son architecture les nouveaux acteurs mondiaux, en particulier ceux qui empruntent la voie de la démocratie et des droits de l’homme; réaffirme qu’il est indispensable que l’Union et ses États membres parlent d’une seule voix au sein des Nations unies et des autres enceintes multilatérales afin de relever efficacement les défis mondiaux en matière de droits de l’homme et de démocratie dans les enceintes multilatérales, et qu’ils fassent preuve de la plus grande fermeté, conformément aux normes internationales en matière de droits de l’homme; demande, à cette fin, que des progrès soient réalisés pour que l’Union dispose d’un siège dans les organisations internationales, y compris le Conseil de sécurité de l’ONU, en plus des sièges des États membres existants; invite les délégations de l’Union à jouer un rôle plus important dans les enceintes multilatérales, ce pour quoi elles devraient disposer de ressources appropriées;

25.

se dit très préoccupé par les attaques lancées de plus en plus fréquemment contre l’ordre mondial fondé sur des règles par des régimes autoritaires et totalitaires, y compris au travers de l’agression non provoquée et injustifiée contre des voisins pacifiques et par l’affaiblissement du bon fonctionnement des organes des Nations unies, avec notamment l’utilisation abusive du pouvoir de veto au Conseil de sécurité des Nations unies; souligne que la diminution de l’efficacité de ces organes entraîne des coûts réels en termes de conflits, de pertes humaines et de souffrances, et affaiblit gravement la capacité générale des pays à affronter les difficultés qui se présentent au niveau mondial; invite les États membres et les partenaires qui partagent leurs valeurs à élaborer une stratégie solide et à intensifier leurs efforts pour inverser cette tendance et envoyer un message uni et fort de soutien à ces organisations lorsqu’elles sont attaquées ou menacées; estime que les Nations unies, leurs organes et les autres organisations multilatérales ont besoin de réformes afin de relever ces défis et menaces croissants;

26.

déplore vivement la décision de certains pays de se retirer du Conseil des droits de l’homme des Nations unies;

27.

réaffirme le soutien résolu de l’Union à la Cour internationale de justice et à la CPI en tant qu’institutions juridictionnelles essentielles, indépendantes et impartiales en ces temps particulièrement difficiles pour la justice internationale; rappelle qu’une CPI bien financée est essentielle pour poursuivre efficacement les crimes internationaux graves; se félicite du soutien politique et financier apporté par l’Union à la CPI, y compris au bureau du procureur de la CPI, et du lancement de l’initiative mondiale de lutte contre l’impunité pour les crimes internationaux, qui octroie un soutien financier aux OSC qui s’emploient à promouvoir la justice et l’obligation de rendre des comptes pour les crimes internationaux et les violations graves des droits de l’homme, notamment en facilitant la participation des survivants aux procédures juridiques; demande à l’Union et à ses États membres de poursuivre et d’intensifier leur soutien à la CPI - y compris au travers du Fonds de la CPI au profit des victimes - par les moyens nécessaires, y compris des ressources et un soutien politique, et d’utiliser tous les instruments à leur disposition pour lutter contre l’impunité dans le monde et permettre à la CPI de remplir efficacement son mandat; invite tous les États membres à respecter et mettre en œuvre les mesures et les décisions de la Cour pénale internationale et de tous les organes de la CPI, y compris le bureau du procureur et les chambres, à inciter d’autres pays à y adhérer et à coopérer avec la Cour, y compris à exécuter les mandats d’arrêt de la CPI, et à soutenir leur travail en tant qu’organes d’une institution de justice internationale indépendante et impartiale partout dans le monde; regrette que certains États membres de la CPI n’exécutent pas les mandats d’arrêt de cette dernière, ce qui compromet le travail de la Cour; invite l’Union à exhorter les pays tiers, y compris ses principaux partenaires, à reconnaître la CPI et à devenir partie au Statut de Rome;

28.

réaffirme le soutien résolu de l’Union à la Cour européenne des droits de l’homme; prie instamment tous les États signataires de la convention européenne des droits de l’homme de se conformer pleinement aux arrêts de la Cour;

29.

souligne l’importance de ne pas politiser la CPI, étant donné que la confiance dans la Cour est érodée en cas d’utilisation abusive de son mandat; condamne en particulier et avec la plus grande fermeté les attaques politiques, les sanctions et autres mesures coercitives introduites ou envisagées à l’encontre de la CPI elle-même et de son personnel; invite les États membres et les institutions de l’Union à coopérer pour trouver des solutions afin de protéger l’institution de la CPI et son personnel contre toute sanction future susceptible de menacer le fonctionnement de la Cour;

30.

fait part de sa plus vive préoccupation quant aux sanctions prises contre la CPI, ses procureurs, ses juges et ses agents, lesquelles constituent une atteinte grave au système judiciaire international; demande à la Commission d’activer de toute urgence la loi de blocage et aux États membres de renforcer leur action diplomatique pour protéger et sauvegarder la CPI, pierre angulaire indispensable du système judiciaire international;

31.

reconnaît que la compétence universelle est un outil important du système de justice pénale internationale pour prévenir et combattre l’impunité et promouvoir l’obligation de rendre des comptes à l’échelle internationale; demande aux États membres d’appliquer la compétence universelle dans la lutte contre l’impunité;

32.

exhorte l’Union et ses États membres à prendre la tête du combat mondial contre toutes les formes d’extrémisme et salue l’adoption d’une stratégie de l’Union dans ce domaine; demande que la lutte contre le terrorisme soit une priorité de l’agenda intérieur et extérieur de l’Union;

Défense du droit international humanitaire

33.

prend acte avec inquiétude du mépris croissant pour le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, en particulier dans le cadre des conflits en cours dans le monde; condamne fermement la multiplication des attaques délibérées, aveugles et disproportionnées contre les civils et les biens civils dans de multiples situations de conflit; souligne qu’il est de la plus haute importance que l’ensemble des organismes humanitaires et des agences des Nations unies puissent prêter une assistance complète, en temps utile et sans obstacle à toutes les personnes en situation de vulnérabilité et exhorte toutes les parties aux conflits armés à respecter pleinement le travail de ces agences et à veiller à ce qu’elles puissent répondre aux besoins fondamentaux des civils sans interférence; dénonce les tentatives de saper les agences des Nations unies qui fournissent une aide humanitaire; demande instamment à toutes les parties aux conflits armés de protéger les populations civiles, les travailleurs humanitaires et médicaux, les journalistes et le personnel des médias; invite toutes les parties aux conflits armés à respecter la légitimité et l’inviolabilité des missions de maintien de la paix des Nations unies; invite tous les États à se conformer pleinement et sans condition au droit international humanitaire; invite la communauté internationale et les États membres en particulier à promouvoir l’obligation de rendre des comptes et la lutte contre l’impunité en cas de violations graves du droit international humanitaire; appelle de ses vœux la mise en place systématique de couloirs humanitaires dans les régions en guerre et dans les situations de combat, dès lors que cela est nécessaire, afin de permettre aux civils menacés d’échapper aux conflits, et condamne avec fermeté toute attaque lancée contre eux; exige un accès sans entrave pour les organisations humanitaires qui surveillent et assistent les prisonniers de guerre, comme le prévoit la Convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre; attend des organisations internationales qu’elles respectent le droit international en ce qui concerne le traitement des prisonniers de guerre; appelle de ses vœux la coopération et l’assistance internationales pour assurer le retour des personnes déportées de force, en particulier des enfants et des otages;

34.

est vivement préoccupé par la persistance du fléau que constituent l’occupation prolongée ou l’annexion de territoires; demande qu’une attention particulière soit accordée à la situation des droits de l’homme dans les territoires illégalement occupés, y compris dans les cas d’occupation prolongée, et que des mesures efficaces soient prises pour prévenir les violations graves des droits de l’homme sur le terrain, dont la violation du droit à la vie, la restriction de la liberté de circulation et la discrimination;

35.

demande une nouvelle fois aux États membres de contribuer à endiguer les conflits armés et les violations graves des droits de l’homme ou du droit international humanitaire en respectant strictement les dispositions de l’article 7 du traité des Nations unies sur le commerce des armes du 2 avril 2013 relatif à l’exportation et à l’évaluation des demandes d’exportation ainsi que la position commune 2008/944/PESC du 8 décembre 2008 du Conseil définissant des règles communes régissant le contrôle des exportations de technologie et d’équipements militaires;

36.

demande instamment aux pays tiers fiables et partageant les mêmes valeurs de renforcer leurs capacités de défense, de résilience et de préparation civile, afin de décourager efficacement les agressions et de faire respecter les droits de l’homme à l’échelle mondiale;

37.

regrette, vu les conséquences sexospécifiques des conflits armés, le peu d’importance et d’intérêt suscité par les violences sexuelles et sexistes ainsi que la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation dans la réponse de l’Union aux crises humanitaires et des réfugiés; souligne une nouvelle fois que les crises humanitaires accentuent les menaces liées au genre et pesant sur la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation, et rappelle que, dans les zones de crise, en particulier au sein des groupes vulnérables que sont les réfugiés et les migrants, les femmes et les filles sont particulièrement exposées aux violences sexuelles, aux maladies sexuellement transmissibles, à l’exploitation sexuelle, au viol comme arme de guerre et aux grossesses non désirées; demande à la Commission européenne et aux États membres d’accorder une large priorité à l’égalité des sexes et à la santé et aux droits sexuels et génésiques dans leur réponse aux crises humanitaires et des réfugiés, ainsi qu’à la responsabilité, à la poursuite en justice, à la réparation des violations des droits sexuels et génésiques et des violences sexistes, y compris en termes de formation des acteurs humanitaires et de financement actuel et futur;

Stratégie de l’Équipe Europe

38.

reconnaît la possibilité d’une meilleure harmonisation des approches en matière de protection et de promotion des droits de l’homme entre les institutions de l’Union, les ambassades des États membres et les délégations de l’Union dans les pays tiers, notamment en encourageant ces pays à respecter leurs obligations internationales et à s’abstenir de tout harcèlement et de toute persécution à l’encontre des voix critiques; souligne l’occasion offerte aux ambassades des États membres de jouer un rôle de plus en plus actif dans la promotion et la protection des droits de l’homme, tout en soutenant la société civile dans ces pays; invite l’Union et ses États membres à utiliser tous les moyens possibles pour évaluer les conditions de détention, et observer les procès et les procédures judiciaires, accroître la pression et la sensibilisation, et à presser les pays, et à œuvrer activement à cet effet, de libérer les prisonniers politiques; insiste sur l’importance d’une responsabilité partagée entre les États membres et les délégations de l’Union dans ces efforts; invite l’Union et ses États membres à intensifier leurs efforts collectifs pour promouvoir le respect, la protection et l’application des droits de l’homme et pour soutenir la démocratie dans le monde entier; encourage une évaluation et un suivi minutieux des capacités des délégations de l’Union afin de s’assurer que chacune d’entre elles dispose d’un point de contact désigné pour les cas de violations des droits de l’homme et que des ressources suffisantes sont allouées dans le cadre de ce mandat pour permettre une réaction efficace et opportune; rappelle, dans ce contexte, l’importance que revêtent pour les délégations de l’Union les lignes directrices existantes de l’Union relatives à des domaines spécifiques des droits de l’homme;

Relever les défis dans le domaine des droits de l’homme universels et de la démocratie

Droit de ne pas être soumis à la torture ni à d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants

39.

condamne toute mesure ou tentative de légalisation ou d’autorisation de la torture et d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, ou d’incitation, de consentement ou d’acquiescement à de telles pratiques, en toutes circonstances; condamne l’utilisation - de plus en plus signalée - de la torture par des acteurs étatiques dans de nombreux contextes différents, y compris en milieu carcéral et extra-carcéral - sur des prisonniers politiques, entre autres - et dans des situations de conflit dans le monde entier, notamment en violation de la Convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre, ainsi que l’assassinat de prisonniers de guerre, qui constitue un crime de guerre, et réaffirme le caractère indérogeable du droit de ne pas être soumis à la torture ni à d’autres formes de traitements inhumains ou dégradants; réaffirme la politique de tolérance zéro de l’Union à l’égard de la torture et des autres mauvais traitements et invite les institutions compétentes, dont la Cour européenne des droits de l’homme, à prendre position sur la base d’un examen approfondi dans toute affaire de ce type;

40.

réitère ses appels à la ratification universelle de la convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et de son protocole facultatif, et réaffirme qu’il est nécessaire que les États mettent leurs dispositions nationales en conformité avec les normes internationales; réaffirme, conformément aux orientations révisées sur la politique de l’Union à l’égard des pays tiers en ce qui concerne la torture et les autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, adoptées par le Conseil le 16 septembre 2019, qu’il importe de s’engager avec les parties prenantes concernées dans la lutte pour l’éradication de la torture et de surveiller les lieux de détention;

Droit à la liberté de réunion et d’association pacifiques

41.

réaffirme la nécessité de protéger l’espace démocratique de l’Union et l’exercice des libertés fondamentales dans cet espace, en particulier des libertés de réunion et d’association; met l’accent sur la répression de plus en plus violente des manifestations et des rassemblements pacifiques au sein de l’espace de l’Union dévolu à la société civile, avec des cas de torture et de mauvais traitements ayant entraîné des décès et d’autres violations graves; souligne la nécessité de renforcer ce droit fondamental en combinaison avec l’interdiction absolue de la torture et des mauvais traitements;

Droit à l’alimentation, à l’eau et à l’assainissement

42.

rappelle que le droit à l’alimentation, y compris l’accès physique et économique à une alimentation adéquate ou aux moyens de se la procurer, est un droit fondamental; est extrêmement préoccupé par les difficultés qui pèsent sur le droit à l’alimentation dans le monde entier, en particulier dans les situations de guerre et de conflit; condamne l’instrumentalisation des denrées alimentaires, dont il est de plus en plus souvent fait état, dans des situations de conflit armé; invite l’Union et ses États membres à promouvoir des lignes directrices obligatoires sur le droit à l’alimentation sans discrimination au sein du système des Nations unies; demande instamment à l’Union européenne et aux États membres de soutenir pleinement – politiquement et financièrement – les organisations et les agences qui œuvrent pour garantir le droit à l’alimentation dans les zones de conflit; rappelle l’importance de la déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales pour atteindre la sécurité alimentaire; salue le travail du Programme alimentaire mondial des Nations unies à cet égard;

43.

réaffirme les droits à l’eau potable et à l’assainissement en tant que droits de l’homme, ces deux droits étant complémentaires; souligne que l’accès à l’eau potable est indispensable à une vie saine et digne et qu’il est essentiel à la préservation de la dignité humaine; souligne que le droit à l’eau est une condition préalable fondamentale à la jouissance d’autres droits et que, par conséquent, il doit être guidé par une logique fondée sur l’intérêt public et sur des biens communs publics et mondiaux; souligne l’importance des orientations de l’Union relatives à l’eau potable et à l’assainissement et invite instamment les institutions et les États membres de l’Union à les mettre en œuvre et à promouvoir leur application dans les pays tiers et dans les enceintes multilatérales;

Changement climatique et environnement

44.

souligne que le changement climatique et son incidence sur l’environnement ont des effets directs sur la jouissance effective de tous les droits de l’homme; reconnaît le travail important des OSC, des autochtones et des communautés locales, des défenseurs des droits de l’homme relatifs à l’environnement et à la terre et des militants autochtones en faveur de la protection d’un environnement propre, sain et durable, y compris l’accès à la terre et aux sources d’eau; déplore les risques auxquels sont exposés les défenseurs des droits de l’homme relatifs à l’environnement et les militants autochtones et demande que leur protection effective soit garantie; constate que les communautés qui contribuent le moins au changement climatique sont les plus susceptibles d’être concernées par les risques climatiques et les catastrophes naturelles, et demande, à cet égard, d’accroître le soutien aux groupes les plus vulnérables; rappelle que les peuples autochtones et les communautés locales jouent un rôle important dans la gestion durable des ressources naturelles et dans la préservation de la biodiversité; rappelle que la transition vers les énergies propres doit être juste et respecter les droits fondamentaux de chacun; réaffirme l’importance de la réalisation des objectifs de développement durable des Nations unies pour la protection des droits de l’homme des générations actuelles et futures;

45.

constate avec une profonde inquiétude les menaces croissantes que le déploiement d’armes de destruction massive et d’autres formes de guerre, qui ont une incidence négative et disproportionnée sur l’environnement, font peser sur un environnement propre, sain et durable; insiste sur la nécessité de remédier efficacement aux déplacements de personnes provoqués par la destruction de l’environnement et le changement climatique, qui augmentent le risque de violations des droits de l’homme et les vulnérabilités face à différentes formes d’exploitation; reconnaît que les enfants sont exposés à des risques plus importants en cas de catastrophes liées au climat et qu’ils constituent également l’un des plus grands groupes touchés; demande à l’Union de se concentrer sur les effets du changement climatique sur la jouissance des droits de l’enfant;

Droits de l’enfant

46.

demande la mise en place d’une approche systématique et cohérente de la promotion et de la défense des droits de l’enfant, notamment pour les enfants les plus marginalisés et ceux qui se trouvent dans les situations les plus vulnérables, dans toutes les politiques extérieures de l’Union; demande que des efforts mieux concertés soient déployés pour promouvoir le respect, la protection et l’application des droits de l’enfant dans les situations de crise ou d’urgence; condamne la dégradation du respect des droits de l’enfant, les violations et atteintes croissantes à ces droits, notamment par la violence, les mariages précoces et forcés, les abus sexuels, y compris les mutilations génitales, la traite des êtres humains, le travail des enfants, les meurtres d’honneur, le recrutement d’enfants soldats, le manque d’accès à l’éducation et aux soins de santé, la malnutrition et l’extrême pauvreté; condamne en outre l’augmentation du nombre de décès d’enfants dans des situations de conflit armé et souligne la nécessité d’une protection efficace des droits de l’enfant dans le cadre de guerres actives; demande de nouvelles initiatives de l’Union pour promouvoir et protéger les droits de l’enfant, en vue de rééduquer et réinsérer les enfants touchés par les conflits, en veillant à ce qu’ils aient un environnement protégé, familial et communautaire comme cadre naturel de vie, dans lequel l’assistance et l’éducation sont des éléments fondamentaux; demande à nouveau la mise en place d’une approche systématique et cohérente de la promotion et de la défense des droits de l’enfant dans l’ensemble des politiques extérieures de l’Union; demande à tous les pays de ratifier la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, d’urgence afin de permettre la ratification universelle de cet instrument fondamental;

47.

souligne qu’il est urgent de défendre les droits des femmes enceintes, en veillant à ce qu’elles bénéficient d’un soutien global en faveur de leur santé, de leur sécurité et de leur dignité, notamment en leur garantissant un accès aux services de santé maternelle, la disponibilité de structures de garde d’enfants telles que les crèches ainsi que la mise en place de politiques équitables sur le lieu de travail qui protègent leur bien-être, leurs revenus et leur progression de carrière;

48.

souligne l’importance de combler le déficit de financement pour permettre aux pays d’atteindre les cibles de l’objectif de développement durable (ODD) 4 visant à assurer une éducation de qualité et de garantir l’accès à l’éducation pour tous les enfants et les jeunes; réitère ses appels à lutter contre les normes culturelles et les préjugés sexistes qui empêchent les filles et les femmes de recevoir une éducation, et demande instamment la création de systèmes éducatifs tenant compte de la dimension de genre dans le monde entier;

49.

souligne que l’enseignement constitue le point de départ pour cultiver des principes et des valeurs qui contribuent au développement personnel des enfants, ainsi qu’à la cohésion sociale, à la démocratie et à l’état de droit dans le monde; invite, à cette fin, l’Union à promouvoir ses valeurs en soutenant l’accès à l’enseignement et à l’apprentissage des femmes et des filles;

Droits des femmes et égalité de genre

50.

souligne que les droits des femmes et l’égalité de genre sont des droits humains indispensables et indivisibles, et servent de fondement à l’état de droit et à des démocraties inclusives résilientes; déplore que des millions de femmes et de filles continuent d’être victimes de discriminations et de violences, en particulier dans le cadre de conflits, de situations d’après-conflit et de déplacements, et qu’elles soient privées de leur dignité, de leur autonomie et même de leur vie; condamne l’impunité avec laquelle les auteurs commettent des violations à l’encontre des défenseuses des droits de l’homme; est consterné par l’utilisation du viol et de la violence sexuelle comme arme de guerre, et souligne la nécessité de faire la lumière sur ces cas et d’améliorer la coopération internationale pour lutter contre l’impunité de ces crimes; invite l’Union, ses États membres et les partenaires partageant les mêmes valeurs à intensifier leurs efforts pour garantir la pleine jouissance et la protection des droits fondamentaux des femmes et des filles, et à inclure une approche d’intégration de la dimension de genre dans toutes les politiques en tenant compte des effets différenciés des enjeux mondiaux, tels que le changement climatique ou les conflits; souligne que la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation constituent des droits fondamentaux qui doivent être respectés à l’échelle mondiale et dans les États membres de l’Union, et exprime sa profonde inquiétude face aux reculs mondiaux en matière d’égalité de genre et de santé et de droits en matière de sexualité et de procréation; réaffirme que le refus de services de santé en matière de sexualité et de procréation complets et de qualité constitue une forme de violence fondée sur le genre; souligne qu’il importe de donner l’exemple; invite l’Union à donner la priorité à l’accès à la santé et aux droits en matière de sexualité et de procréation dans le cadre de la promotion des droits de l’homme et de la réalisation des objectifs de développement durable; condamne avec la plus grande fermeté les attaques croissantes contre la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation dans le monde, ainsi que la violence fondée sur le genre, y compris l’utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre; invite l’Union et ses États membres à défendre la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation en tant que droits de l’homme, à inscrire le droit à l’avortement légal et sans risque dans la charte des droits fondamentaux et à donner la priorité à l’accès à la santé et aux droits en matière de sexualité et de procréation afin de faire progresser les droits de l’homme et les objectifs de développement durable; déplore vivement les cas de mutilations génitales féminines, les crimes d’honneur, les mariages d’enfants et les mariages forcés; salue l’adhésion de l’Union européenne à la convention d’Istanbul et encourage vivement les États membres restants de l’Union à ratifier ladite convention sans plus tarder; invite l’Union et ses partenaires internationaux à redoubler d’efforts pour garantir aux femmes la pleine jouissance de leurs droits fondamentaux et l’égalité de traitement avec les hommes; souligne l’importance de préserver les droits des femmes, en veillant à ce que leur santé, leur sécurité et leur dignité soient protégées, en particulier dans le contexte de l’accès aux soins de santé et de la protection sur le lieu de travail; souligne la nécessité de continuer à combattre et à condamner, dans les termes les plus forts, les lois antiavortement qui punissent les femmes et les filles de peines d’emprisonnement de plusieurs décennies, même en cas de viol, d’inceste ou lorsque la vie de la femme enceinte est en danger; souligne la nécessité de poursuivre le combat pour éradiquer entièrement les mutilations génitales féminines; soutient pleinement le rôle de l’ambassadeur de l’Union européenne pour le genre et la diversité;

51.

est conscient que la promotion et la protection de la santé et des droits en matière de sexualité et de procréation sont essentielles pour parvenir à l’égalité de genre et souligne le droit d’accéder à des services complets en la matière, y compris à des méthodes contraceptives modernes, à l’avortement gratuit, sûr et légal, aux soins maternels, prénatals et postnatals, à la procréation assistée, ainsi que l’accès à l’information et à l’éducation sur la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation, y compris une éducation sexuelle complète, exempte de toute discrimination, contrainte ou violence; se fait l’écho de la reconnaissance, par les organes de défense des droits de l’homme, du fait que l’interdiction de l’avortement peut soumettre les femmes à des souffrances assimilables à de la torture ou à des traitements cruels, inhumains ou dégradants;

52.

reconnaît que l’apartheid des sexes constitue une forme systématique et institutionnalisée d’oppression, qui prive les femmes et les filles de leurs droits fondamentaux sur la seule base de leur sexe; note avec une profonde inquiétude l’enracinement de l’apartheid des sexes dans certaines régions, où les femmes sont confrontées à d’importantes restrictions en matière d’éducation, d’emploi, de soins de santé et de liberté de circulation, souvent étayées par des cadres juridiques et culturels qui renforcent les discriminations sexistes; invite instamment l’Union européenne et ses États membres à s’attaquer de manière proactive à l’apartheid des sexes en renforçant les efforts diplomatiques, en prenant des mesures économiques ciblées et en mettant en place des mécanismes de reddition de comptes qui soutiennent les organisations de la société civile qui défendent l’égalité entre femmes et hommes; appelle à reconnaître officiellement l’apartheid des sexes comme une violation distincte des droits de l’homme et à soutenir les initiatives internationales visant à le qualifier de crime contre l’humanité, en contribuant ainsi à l’établissement d’une norme mondiale en matière de responsabilité;

Droits des réfugiés et des demandeurs d’asile

53.

dénonce le recul des droits fondamentaux et de la sécurité des réfugiés, des demandeurs d’asile et des personnes déplacées de force; réaffirme leurs droits humains inaliénables et leur droit fondamental de demander l’asile; rappelle que les États ont pour obligation de les protéger conformément au droit international; souligne l’importance de l’identification et de l’enregistrement des personnes, y compris des enfants, en tant qu’outil essentiel pour protéger les réfugiés et garantir l’intégrité des systèmes de protection des réfugiés, et prévenir la traite des êtres humains et l’enrôlement d’enfants dans des milices armées; demande à l’Union et à ses États membres de défendre efficacement leurs droits dans le cadre de la politique de l’Union en matière de migration et d’asile et de la coopération de l’Union avec les pays partenaires à cet égard; déplore la montée de la xénophobie, du racisme et de la discrimination à l’égard des migrants, ainsi que les différentes formes de violence auxquelles ils sont confrontés, y compris lors de leur déplacement, et les nombreux obstacles qu’ils rencontrent, notamment en matière d’accès aux soins de santé; condamne l’instrumentalisation de la migration aux frontières de l’Union par des acteurs étrangers, qui constitue une attaque hybride contre les États membres ainsi qu’une déshumanisation des migrants; souligne que l’Union devrait intensifier ses efforts pour comprendre et traiter les causes profondes de la migration clandestine et des déplacements forcés, améliorer la résilience des communautés d’origine des migrants et les aider à offrir à leurs membres la possibilité de vivre décemment dans leur pays d’origine; invite l’Union et ses États membres à maintenir et, lorsque cela est possible, à renforcer leur soutien aux pays accueillant le plus de réfugiés et aux pays de transit; rappelle que la coopération et le dialogue étroits avec les pays tiers, dans le plein respect des droits fondamentaux, restent essentiels pour empêcher le trafic de migrants; souligne qu’il est indispensable, à cet égard, de diffuser des informations et d’organiser des campagnes de sensibilisation sur les risques liés au trafic de migrants, ainsi sur les lois en matière de migration des pays de destination, afin d’éviter que les personnes ne pouvant pas prétendre à l’asile entament des voyage inutilement dangereux; demande que les opérations humanitaires financées par l’Union prennent en considération les besoins spécifiques et les vulnérabilités des enfants et assurent leur protection durant leurs déplacements; souligne qu’il importe de mettre en place un cadre efficace proposant des voies d’immigration sûres et légales vers l’Union et salue, à cet égard, la communication de la Commission intitulée «Attirer des compétences et des talents dans l’UE» (10), y compris la création de partenariats destinés à attirer les talents avec les pays partenaires; invite à respecter le principe de non-refoulement vers des pays où la vie et la liberté des personnes seraient menacées; demande à l’Union et à ses États membres d’aborder le phénomène de la migration instrumentalisée orchestrée par des régimes autoritaires et des groupes criminels organisés, et souligne la nécessité d’effectuer une analyse globale de ce phénomène, d’élaborer des contre-mesures efficaces et d’examiner ses conséquences pour le cadre des droits de l’homme;

Droits des personnes LGBTIQ+

54.

condamne les violations des droits humains, y compris la discrimination, la persécution, la violence et le meurtre, la stigmatisation, les crimes de haine, les discours de haine, les thérapies de conversion, les mutilations génitales intersexuées et les violences sexuelles, commises envers des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, non binaires, intersexuées et queer (LGBTIQ+) dans le monde entier; invite l’Union et ses États membres à dénoncer ces injustices et à s’engager à protéger les droits, la dignité et la sécurité des personnes LGBTIQ+; est extrêmement préoccupé par la diffusion de discours haineux et de législations anti-LGBTIQ+ qui prennent pour cible les personnes LGBTIQ+ et les défenseurs des droits de l’homme; dénonce, à cet égard, les pratiques de conversion ciblant les personnes LGBTIQ+ visant à modifier, réprimer ou éradiquer l’orientation sexuelle, l’identité de genre et/ou l’expression de genre de leurs victimes; demande la mise en œuvre d’une politique visant à rendre illégales de ce genre de pratiques à l’échelle de l’Union; demande l’adoption de politiques qui protègent les personnes LGBTIQ+ et leur donnent les outils leur permettant de signaler en toute sécurité une violation de leurs droits, conformément aux lignes directrices de l’UE visant à promouvoir et garantir le respect de tous les droits fondamentaux des personnes LGBTI; souligne les inquiétudes et les craintes croissantes au sein des communautés LGBTIQ+ et exhorte l’Union à adopter une position ferme contre toute action législative ou sociale mettant en danger les personnes LGBTIQ+; s’inquiète particulièrement au sujet des personnes LGBTIQ+ vivant sous des régimes non démocratiques ou dans des situations de conflit, et préconise des mécanismes de réponse rapide pour protéger ces personnes ainsi que leurs défenseurs; demande à nouveau la mise en œuvre intégrale de la stratégie en faveur de l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ pour la période 2020-2025 en tant qu’outil de l’Union pour améliorer la situation des personnes LGBTIQ+ dans le monde; demande le rejet du recours à la peine de mort quelles que soient les circonstances, ainsi que de tout texte de loi qui imposerait la peine de mort pour homosexualité; invite l’Union et ses États membres à engager une nouvelle fois les pays dotés d’une telle législation à reconsidérer leur position sur la peine de mort; relève en outre que prononcer la peine de mort sur la base d’une telle législation équivaut en soi à une exécution arbitraire et constitue une violation de l’article 6 du pacte international relatif aux droits civils et politiques;

Droits des personnes handicapées

55.

est préoccupé par les difficultés qui entravent la pleine jouissance des droits des personnes handicapées; demande une nouvelle fois à l’Union d’aider les pays partenaires à élaborer des politiques en faveur des aidants des personnes handicapées; invite à la sensibilisation de la société et à la lutte contre les comportements discriminatoires à l’égard des personnes handicapées; souligne les complications supplémentaires auxquelles sont confrontées les personnes handicapées dans des situations de conflit et de catastrophes naturelles, car elles sont plus vulnérables à la violence et ne bénéficient souvent pas de soutien adéquat; invite instamment toutes les parties à des situations de conflit dans le monde entier à prendre des mesures adéquates pour atténuer autant que possible les risques auxquels elles sont exposées; insiste sur la nécessité de protéger les enfants handicapés contre toute forme d’exploitation; demande que l’Union, dans sa politique extérieure, ait recours à la stratégie en faveur des droits des personnes handicapées 2021-2030 en tant qu’outil permettant d’améliorer la situation des personnes handicapées, en particulier en ce qui concerne la pauvreté et la discrimination, mais aussi les problèmes d’accès à l’éducation, aux soins de santé, à l’emploi ainsi que la participation à la vie politique; encourage l’Union à soutenir les pays partenaires dans l’élaboration de politiques économiques inclusives qui favorisent les formations professionnelles accessibles et les possibilités d’emploi pour les personnes handicapées, en encourageant leur participation économique pleine et active;

Droits des personnes âgées

56.

réitère sa demande à l’Union et à ses États membres de développer de nouvelles voies pour renforcer les droits des personnes âgées en tenant compte des multiples défis auxquels elles sont confrontées, tels que la discrimination fondée sur l’âge, la pauvreté, la violence et le manque de protection sociale, de soins de santé et d’autres services essentiels, ainsi que les obstacles à l’emploi; demande la mise en œuvre de mesures spécifiques pour lutter contre le risque de pauvreté des femmes âgées grâce à une aide sociale accrue; salue l’action du groupe de travail à composition non limitée des Nations unies sur le vieillissement en vue de l’élaboration d’un nouvel instrument juridique destiné à renforcer la protection des droits fondamentaux des personnes âgées, et demande à l’Union et à ses États membres d’envisager de participer activement à ces travaux; souligne la nécessité d’une approche intergénérationnelle transversale dans les politiques de l’Union, afin de bâtir et d’encourager la solidarité entre les jeunes et les personnes âgées;

Droit à l’égalité et à la non-discrimination

57.

condamne une nouvelle fois toutes les formes de racisme, d’intolérance, d’antisémitisme, d’islamophobie, de persécution des chrétiens, de xénophobie et de discrimination fondées sur la race, l’origine ethnique, la nationalité, la classe sociale, le handicap, la caste, la religion, les convictions, l’âge, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre; condamne la menace internationale croissante que représentent les discours de haine et les discours incitant à la violence, y compris en ligne; rappelle l’importance capitale de l’éducation et du dialogue pour la promotion de la tolérance, de la compréhension et de la diversité; prône l’adoption ou le renforcement de mécanismes de signalement des comportements discriminatoires ainsi que l’accès à des voies de recours effectives, afin de contribuer à mettre un terme à l’impunité de ceux qui se livrent à ces comportements;

Droit à la vie: vers l’abolition universelle de la peine de mort

58.

rappelle son opposition de principe à la peine de mort, qui est irréversible et incompatible avec le droit à la vie et avec l’interdiction de la torture et des traitements cruels, inhumains et dégradants; souligne que l’Union doit se battre sans relâche pour l’abolition totale de la peine capitale, objectif majeur de sa politique en matière de droits de l’homme; constate qu’en dépit de la tendance de certains pays tiers à prendre des mesures en vue de l’abolition de la peine de mort, d’importantes difficultés subsistent à cet égard; déplore que, dans d’autres pays tiers, le nombre de condamnations à mort prononcées ait atteint son niveau le plus élevé au cours des cinq dernières années; invite de nouveau tous les pays qui ne l’ont pas encore fait à abolir complètement la peine de mort ou à instaurer un moratoire immédiat sur le recours à la peine de mort (condamnations et exécutions) comme première étape en vue de son abolition; invite instamment, à cet égard, l’Union à intensifier ses rapports diplomatiques avec les pays qui continuent de pratiquer la peine de mort, en encourageant le dialogue et la coopération sur les questions relatives aux droits de l’homme et en apportant son soutien à l’élaboration de réformes judiciaires qui pourraient, à terme, conduire à son abolition;

Droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion et de conviction

59.

exprime une nouvelle fois son inquiétude face aux violations du droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion et de conviction; est préoccupé par la montée, à l’échelle mondiale, de l’intolérance à l’égard des différentes communautés religieuses; déplore l’instrumentalisation des identités religieuses ou de conviction à des fins politiques et l’exclusion des personnes appartenant à des minorités religieuses et de conviction et des communautés religieuses, y compris de la participation politique, ainsi que la destruction et le vandalisme de sites et d’œuvres d’art de valeur culturelle et historique, dans certains pays tiers; souligne que la liberté de choisir ou non une religion et d’être croyant ou non est un droit de l’homme qui ne peut être puni; condamne par conséquent l’existence et la mise en œuvre de lois en matière d’«apostasie» et de «blasphème» qui conduisent à des peines sévères, à des traitements dégradants et même, dans certains cas, à des condamnations à mort; demande l’abolition des lois sur l’apostasie et sur le blasphème; insiste sur la nécessité d’octroyer davantage de ressources à l’envoyé spécial pour la promotion et la protection de la liberté de religion ou de conviction à l’extérieur de l’Union afin qu’il puisse exercer efficacement son mandat; souligne qu’il est nécessaire que l’envoyé spécial continue à collaborer de manière étroite et complémentaire avec le RSUE pour les droits de l’homme et le groupe de travail du Conseil sur les droits de l’homme; invite l’Union et ses États membres à redoubler d’efforts pour protéger le droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion et de conviction, à porter cette question devant les enceintes chargées des droits fondamentaux au sein des Nations unies et à continuer de collaborer avec les mécanismes et commissions compétents de l’ONU; invite l’Union à demander aux délégations de l’Union des rapports sur l’état de la liberté de pensée, de conscience, de religion et de conviction et à consolider ces rapports;

60.

rappelle que la plupart des conflits violents dans le monde tiennent à des griefs d’exclusion, de discrimination et d’inégalités exprimés par des minorités en lien avec des violations de leurs droits humains, comme l’a fait remarquer le rapporteur spécial de l’ONU sur les questions relatives aux minorités; souligne qu’il faut systématiser la protection des droits des minorités et l’élaboration de mécanismes de protection au niveau de l’ONU; rappelle l’obligation des États de protéger les droits de leurs minorités nationales, ethniques, culturelles, religieuses ou linguistiques sur leurs territoires respectifs; exige de la Commission qu’elle soutienne la protection des droits des personnes appartenant à des minorités dans le monde entier, notamment en tant que priorité dans le cadre du programme thématique sur les droits de l’homme et la démocratie de l’instrument IVCDCI – Europe dans le monde;

Droit à la liberté d’expression, liberté académique, liberté de la presse et droit à l’information

61.

souligne l’importance capitale de la liberté d’expression et de l’accès à diverses sources d’informations fiables pour pérenniser la démocratie et un espace civique prospère; rappelle que les démocraties ne peuvent fonctionner que lorsque les citoyens ont accès à des informations indépendantes et fiables, ce qui fait des journalistes des acteurs clés de la protection de la démocratie; se déclare dès lors vivement préoccupé par les restrictions croissantes à la liberté d’expression imposées dans de nombreux pays du monde, en particulier pour les journalistes, au moyen de la censure et de l’autocensure forcée, de lois qualifiées de «lois sur les agents étrangers», ainsi que par le recours abusif aux lois antiterroristes ou de lutte contre la corruption pour museler les journalistes et les groupes de la société civile; s’inquiète du recours aux discours de haine contre des journalistes, tant en ligne que hors ligne, et de leur effet dissuasif; s’inquiète, en outre, de la sécurité physique des journalistes et des professionnels des médias et du fait qu’ils soient pris pour cibles dans les zones de conflit; déplore qu’en 2024, 54 journalistes et professionnels des médias aient été tués – la plupart dans des zones de conflit – 550 aient été détenus, 55 aient été pris en otage et 95 aient disparu;

62.

demande instamment à l’Union d’apporter son soutien à des médias et à des organes d’information fiables qui favorisent la responsabilisation des autorités et qui soutiennent les transitions démocratiques, tout en insistant sur la nécessité de préserver les principes du pluralisme, de la transparence et de l’indépendance; souligne le rôle que jouent les vérificateurs de faits dans le paysage médiatique, en veillant à ce que le public puisse se fier aux informations qu’il reçoit; est préoccupé par le fait qu’ils constituent donc des cibles majeures pour les attaques perpétrées par les régimes illibéraux qui diffusent, et en sont à l’origine, de la désinformation, de la propagande et des fausses informations; condamne le recours massif aux poursuites-bâillons pour réduire au silence les journalistes, les militants, les syndicalistes et les défenseurs des droits de l’homme dans le monde; se félicite, dans ce contexte, de la directive visant à protéger les journalistes et les défenseurs des droits de l’homme contre les actions en justice abusives et les poursuites-bâillons; encourage les législateurs des pays tiers à définir des dispositions législatives ayant le même objectif, dans le cadre d’efforts plus larges visant à promouvoir et à protéger la liberté et le pluralisme des médias; demande que les atteintes à la liberté des médias ainsi que l’érosion persistante et systématique du droit à l’information soient prises en compte dans le contrôle par l’Union du respect des accords internationaux;

63.

se félicite de l’intention formulée par la Commission de financer des initiatives de soutien juridique et pratique aux journalistes, y compris au-delà de l’Union, au moyen du plan d’action pour la démocratie européenne; demande à l’Union de redoubler d’efforts pour venir en aide aux journalistes pris pour cible dans le monde et rappelle que les journalistes indépendants sont en première ligne dans la lutte contre la désinformation qui sape les démocraties; prend acte de la contribution de programmes tels que Media4Democracy, qui n’a plus cours aujourd’hui, et d’autres activités financées par l’Union, y compris celles du Fonds européen pour la démocratie, à la réalisation de cet objectif; déplore vivement la décision de mettre un terme au financement de Radio Free Europe/Radio Liberty, Radio Free Asia et Voice of America, qui sont des organes d’information jouant un rôle essentiel dans la lutte contre la désinformation, la promotion des valeurs démocratiques et l’information dans des lieux où la liberté de la presse est gravement restreinte ou inexistante; invite l’Union à intervenir de toute urgence et à fournir les fonds nécessaires pour garantir la disponibilité de sources d’information fiables dans des pays qui restreignent la liberté de la presse;

64.

demeure profondément préoccupé par la détérioration de la liberté de la presse dans le monde; condamne la censure exercée sur les journalistes, les défenseurs des droits de l’homme et les OSC au moyen de lois visant de prétendus «agents de l’étranger», ainsi que d’autres mesures législatives et non législatives adoptées par des régimes autoritaires et illibéraux;

65.

réaffirme son engagement à protéger et à promouvoir la liberté académique en tant que composante essentielle des sociétés ouvertes et démocratiques; attire l’attention sur les attaques contre la liberté académique provenant non seulement de régimes autoritaires et totalitaires, mais aussi de forces extrémistes et populistes dans le monde entier; demande de développer des critères de référence pour la liberté académique dans les classements, procédures et critères universitaires, et d’intégrer ces critères de référence dans les mécanismes institutionnels d’assurance de la qualité;

66.

souligne le travail indispensable d’organisations telles que Radio Free Europe/Radio Liberty dans la promotion de la démocratie, du pluralisme des médias et de l’accès à des informations neutres; attire l’attention sur le fait que lorsque la voix de la démocratie est réduite au silence, la propagande contre les valeurs démocratiques peut facilement prendre le dessus; insiste sur la nécessité d’assurer un financement continu de ces institutions et demande à l’Union d’augmenter les fonds qui sont alloués à ces organisations et de combler les lacunes éventuelles en matière de recherche;

67.

constate avec inquiétude que plus de la moitié de la population mondiale vit dans des environnements où la liberté académique est totalement ou gravement restreinte, ce qui a de graves conséquences sur le droit à l’éducation, la jouissance des bienfaits du progrès scientifique et la liberté d’opinion et d’expression; invite instamment l’Union et ses États membres à redoubler d’efforts pour mettre un terme à la censure, aux menaces ou aux attaques dirigées contre la liberté académique, et en particulier à l’emprisonnement d’intellectuels dans le monde; se félicite de l’inclusion des universitaires menacés dans le mécanisme de l’Union pour les défenseurs des droits de l’homme; invite la Commission à garantir un soutien de haut niveau constant au Global Campus of Human Rights (campus mondial pour les droits de l’homme), qui offre un endroit sûr aux étudiants et aux universitaires ayant dû fuir leur pays parce qu’ils y défendaient la démocratie et les droits de l’homme;

Droits des peuples autochtones

68.

regrette que les peuples autochtones continuent d’être victimes de discriminations et de persécutions généralisées et systématiques dans le monde entier, y compris de déplacements forcés; condamne les arrestations arbitraires et les assassinats de défenseurs des droits de l’homme et des terres qui luttent pour les droits des peuples autochtones; souligne que la promotion des droits des peuples autochtones et de leurs pratiques traditionnelles est essentielle pour parvenir à un développement durable, lutter contre le changement climatique et préserver la biodiversité; prie instamment les gouvernements d’appliquer des politiques en matière de développement et d’environnement qui respectent les droits économiques, sociaux et culturels et incluent les peuples autochtones et les populations locales, conformément aux ODD des Nations unies; demande une nouvelle fois à l’Union, aux États membres et à leurs partenaires au sein de la communauté internationale d’adopter toutes les mesures nécessaires en vue de garantir la reconnaissance, la protection et la promotion des droits des peuples autochtones, y compris au regard de leurs terres, de leurs langues, de leurs territoires et de leurs ressources, comme le stipule la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, y compris le principe du consentement préalable, libre et éclairé; invite tous les États à veiller à ce que les populations autochtones et les communautés locales soient associées aux délibérations et aux processus décisionnels de la diplomatie climatique internationale; engage la Commission à continuer de promouvoir le dialogue et la collaboration entre les peuples autochtones et l’Union;

Droit à la participation publique

69.

déplore que le droit de participer à des élections libres et régulières ne soit pas respecté dans les régimes autoritaires, illibéraux et totalitaires; souligne que ces régimes organisent des élections factices dans le but de consolider leur pouvoir, en l’absence d’une vraie opposition politique et d’un véritable pluralisme; s’inquiète des tendances actuelles dans les processus électoraux, telles que le déclin croissant de la participation électorale et des performances démocratiques ou les conflits de plus en plus nombreux concernant la crédibilité des élections; souligne avec une vive inquiétude l’ingérence croissante de certains États dans les élections d’autres pays au moyen de tactiques hybrides; réaffirme la nécessité d’accroître la représentation politique des femmes, des jeunes et des groupes vulnérables ainsi que de garantir la participation publique des minorités; souligne que la méfiance à l’égard du processus électoral peut être exacerbée non seulement par des irrégularités, mais également par des déclarations publiques, y compris de la part de participants; insiste sur le fait que la perception des processus électoraux par le public est aussi cruciale que les processus eux-mêmes, car leur manipulation peut conduire à une polarisation ou à des attaques ciblées; invite les pays tiers à redoubler d’efforts pour communiquer clairement sur toutes les étapes de leurs processus et systèmes électoraux respectifs, ainsi que sur les mécanismes existants d’établissement des responsabilités en cas d’irrégularités; invite le SEAE et la Commission à analyser les initiatives visant à relever les défis posés par l’intelligence artificielle (IA) dans les processus électoraux et à en rendre compte au Parlement;

Droits de l’homme, entreprises et commerce

70.

souligne le rôle du commerce en tant qu’instrument majeur pour promouvoir et améliorer la situation des droits de l’homme dans les pays partenaires de l’Union; prie instamment la Commission d’améliorer la coordination entre les politiques de l’Union en matière de commerce, d’investissement et de développement, ainsi que de donner la priorité au développement des droits de l’homme et de promouvoir le développement des droits de l’homme au moyen des politiques commerciales de l’Union, y compris le système de préférences généralisées Plus; fait cependant observer qu’aucune amélioration ou presque n’a été constatée dans certains des pays concernés; met l’accent sur les responsabilités des États et d’autres acteurs, y compris les sociétés, en matière d’atténuation des effets du changement climatique, de prévention de leurs répercussions négatives sur les droits de l’homme et de promotion de politiques appropriées qui soient respectueuses des obligations en matière de droits de l’homme; déplore les effets néfastes de certaines activités commerciales excessives et abusives sur les droits de l’homme et la démocratie; salue l’harmonisation résultant de l’adoption de la directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité, assortie de règles européennes contraignantes en matière de comportement responsable des entreprises en ce qui concerne les droits de l’homme, les droits du travail et les droits environnementaux; se félicite en outre du règlement relatif à l’interdiction des produits issus du travail forcé sur le marché de l’Union (11) et demande sa mise en œuvre rapide au niveau des États membres; demande que soit mise en œuvre la recommandation de la médiatrice de l’Union consistant à créer un portail de traitement des plaintes, dans le cadre des instruments commerciaux et financiers de l’Union, et à adapter le point d’entrée unique de la Commission pour permettre le dépôt de plaintes dans les cas de non-respect de clauses relatives aux droits de l’homme, lequel point d’entrée unique devant être facile d’accès, tourné vers les citoyens et transparent; invite l’Union à poursuivre ses efforts pour éliminer le travail des enfants et le travail forcé et en servitude; insiste sur l’importance de mesures de réparation et d’accès à la justice qui soient conformes aux principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, y compris des mesures financières et non financières concertées avec les victimes; demande au Conseil d’adopter un mandat ambitieux pour que l’Union s’engage dès que possible dans les négociations en cours sur l’instrument juridiquement contraignant des Nations unies relatif aux entreprises et aux droits de l’homme;

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signale que, dans de nombreuses régions du monde, les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) sont souvent le moteur de l’économie locale et qu’un nombre croissant de femmes les dirigent; souligne que, dans le monde, elles représentent 90 % des entreprises, 60 à 70 % des emplois et 50 % du PIB; souligne l’importance de la contribution des MPME au programme à l’horizon 2030 et à la réalisation des objectifs de développement durable, à savoir ceux relatifs à l’éradication de la pauvreté et à des conditions de travail décentes pour tous;

Droits de l’homme et technologies numériques

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est préoccupé par la menace que l’intelligence artificielle (IA) peut faire peser sur la démocratie et les droits de l’homme, en particulier si elle n’est pas dûment réglementée; souligne la nécessité d’un contrôle, d’une transparence stricte et de protections appropriées pour les technologies nouvelles et émergentes, ainsi que d’une approche fondée sur les droits de l’homme; se félicite des conclusions du Conseil sur la diplomatie numérique du 26 juin 2023 visant à renforcer le rôle et le leadership de l’Union dans la gouvernance numérique mondiale, en particulier son positionnement consistant à façonner un cadre réglementaire mondial sur le numérique fondé sur des principes démocratiques; accueille favorablement, à cet égard, l’adoption du règlement de l’Union sur l’intelligence artificielle (IA), qui vise à harmoniser les règles relatives à l’IA en vue de protéger les droits de l’homme, ainsi que les avantages que l’IA peut offrir au bien-être humain; est profondément préoccupé par les conséquences néfastes de l’utilisation abusive de l’IA et des trucages ultra-réalistes, en particulier pour les femmes et les enfants; constate avec inquiétude les effets négatifs de «l’industrie du simulacre» sur le droit à l’information et à la liberté de la presse, notamment en raison du développement rapide de l’IA et de l’essor du pouvoir de l’industrie de la désinformation qui s’ensuit (12); condamne l’utilisation de nouvelles technologies émergentes, telles que la technologie de reconnaissance faciale et la surveillance numérique, comme instruments de coercition et leur utilisation dans le cadre du harcèlement, de l’intimidation et de la persécution croissants des défenseurs des droits de l’homme, des militants, des journalistes et des avocats; invite le Conseil à inscrire sur la liste des acteurs étatiques et non étatiques qui se livrent à ces pratiques dans le cadre du régime mondial de sanctions de l’Union européenne en matière de droits de l’homme; constate avec inquiétude le développement rapide de l’IA dans les applications militaires ainsi que le développement et le déploiement potentiels de systèmes autonomes qui pourraient décider de la vie ou de la mort d’un être humain sans intervention humaine;

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rappelle que le commerce international de logiciels espions vers des pays tiers où ces outils sont utilisés contre les militants des droits de l’homme, les journalistes et les opposants au gouvernement constitue une violation des droits fondamentaux inscrits dans la charte;

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salue l’adoption en mai 2024 de la première convention-cadre du Conseil de l’Europe sur l’intelligence artificielle et les droits de l’homme, la démocratie et l’état de droit, qui vise à garantir que les activités menées tout au long du cycle de vie des systèmes d’IA soient pleinement conformes aux droits de l’homme, à la démocratie et à l’état de droit; rappelle qu’il est nécessaire d’accorder une attention législative accrue aux profonds changements découlant des activités tout au long du cycle de vie des systèmes d’IA, qui ont le potentiel de promouvoir la prospérité humaine, le bien-être individuel et social, le développement durable, l’égalité de genre et l’autonomisation de toutes les femmes et de toutes les filles, mais qui risquent également de créer ou d’exacerber les inégalités et d’encourager la cyberviolence et la violence physique, y compris la violence subie par les femmes et les personnes en situation de vulnérabilité;

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souligne que l’internet devrait être un lieu où prévaut la liberté d’expression; estime néanmoins que les droits des personnes doivent être respectés; est d’avis que, le cas échéant, ce qui est considéré comme illégal hors ligne devrait également être considéré comme illégal en ligne; exprime son inquiétude face au nombre croissant de coupures de l’internet; souligne que les coupures de l’internet sont souvent utilisées par les régimes autoritaires, entre autres, pour réduire au silence la dissidence politique et restreindre la liberté politique; demande instamment à l’Union de lutter contre ce phénomène alarmant, notamment en envisageant de permettre aux fournisseurs de services de communication basés dans l’Union de proposer des outils sûrs aux personnes qui ont ainsi été privées d’accès à l’internet; prie instamment l’Union d’adopter une position ferme contre toute tentative des géants de la technologie de contourner ou de mettre à mal les systèmes juridiques nationaux et les décisions de justice indépendantes, de protéger les principes démocratiques et de mettre en œuvre des mesures visant à préserver l’intégrité des élections, ainsi que de protéger le droit à l’information, en particulier pendant les périodes électorales;

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charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au représentant spécial de l’Union européenne pour les droits de l’homme, aux gouvernements et aux parlements des États membres, au Conseil de sécurité des Nations unies, au secrétaire général des Nations unies, au président de la 79e session de l’Assemblée générale des Nations unies, au président du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, au haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme ainsi qu’aux chefs des délégations de l’Union européenne.


(1) JO L 115 du 28.4.2006, p. 50, ELI: http://data.europa.eu/eli/agree_internation/2006/313/oj.

(2) JO L 410 I du 7.12.2020, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2020/1998/oj.

(3) JO L 209 du 14.6.2021, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/947/oj.

(4) JO L, 2024/1760, 5.7.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2024/1760/oj.

(5) JO C 411 du 27.11.2020, p. 30.

(6) JO C 404 du 6.10.2021, p. 202.

(7) JO C 15 du 12.1.2022, p. 70.

(8) JO C 99 du 1.3.2022, p. 152.

(9) JO C, C/2024/6741, 26.11.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/6741/oj.

(10) Communication de la Commission du 27 avril 2022, «Attirer des compétences et des talents dans l’UE» (COM(2022)0657).

(11) Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à l’interdiction des produits issus du travail forcé sur le marché de l’Union (COM(2022)0453).

(12) Reporters sans frontières, «Classement mondial de la liberté de la presse 2023: les dangers de l’industrie du simulacre», https://rsf.org/fr/classement-mondial-de-la-libert%C3%A9-de-la-presse-2023-les-dangers-de-l-industrie-du-simulacre.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/4390/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)