P10_TA(2025)0075 — Protection des intérêts financiers de l’Union européenne – lutte contre la fraude – rapport annuel 2023 — Résolution du Parlement européen du 6 mai 2025 sur la protection des intérêts financiers de l’Union européenne – lutte contre la fraude – rapport annuel 2023 (2024/2083(INI))
| CELEX | 52025IP0075 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mardi 6 mai 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/573 | 24.2.2026 |
P10_TA(2025)0075
Protection des intérêts financiers de l’Union européenne – lutte contre la fraude – rapport annuel 2023
Résolution du Parlement européen du 6 mai 2025 sur la protection des intérêts financiers de l’Union européenne – lutte contre la fraude – rapport annuel 2023 (2024/2083(INI))
(C/2026/573)
Le Parlement européen,
| — | vu l’article 310, paragraphe 6, et l’article 325, paragraphe 5, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (ci-après le «traité FUE»), |
| — | vu le rapport de la Commission du 25 juillet 2024 intitulé «35e rapport annuel sur la protection des intérêts financiers de l’Union européenne et la lutte contre la fraude – 2023» (COM(2024)0318) (Rapport PIF 2023), |
| — | vu le rapport annuel de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) pour 2023 (1) et le rapport d’activité du comité de surveillance de l’OLAF – 2023 (2), |
| — | vu le rapport annuel 2023 du Parquet européen, publié le 1 mars 2024, |
| — | vu le règlement (UE, Euratom) 2020/2092 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2020 relatif à un régime général de conditionnalité pour la protection du budget de l’Union (3) (ci-après le «règlement sur la conditionnalité»), |
| — | vu la directive (UE) 2019/1937 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2019 sur la protection des personnes qui signalent des violations du droit de l’Union (4) (ci-après la «directive sur les lanceurs d’alerte») et le rapport de la Commission du 3 juillet 2024 sur sa mise en œuvre et son application (COM(2024)0269), |
| — | vu la communication de la Commission du 5 juillet 2023 intitulée «Rapport 2023 sur l’état de droit – La situation de l’état de droit dans l’Union européenne» (COM(2023)0800) et la résolution du Parlement européen du 28 février 2024 intitulée «Rapport sur le rapport 2023 de la Commission sur l’état de droit» (5), |
| — | vu la décision de la Commission du 16 décembre 2024 de ne pas lever la mesure imposée en application de l’article 2, paragraphe 2, de la décision d’exécution (UE) 2022/2506 du Conseil du 15 décembre 2022 relative à des mesures de protection du budget de l’Union contre les violations des principes de l’État de droit en Hongrie, |
| — | vu les arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) du 16 février 2022 dans les affaires C-156/21 (6) et C-157/21 (7) et la décision d’exécution (UE) 2022/2506 du Conseil du 15 décembre 2022 relative à des mesures de protection du budget de l’Union contre les violations des principes de l’État de droit en Hongrie, qui renvoient tous au règlement sur la conditionnalité, |
| — | vu le règlement (UE, Euratom) 2024/2509 du Parlement européen et du Conseil du 23 septembre 2024 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union (8) (ci-après le «règlement financier»), |
| — | vu le règlement (UE) 2024/1624 (9), le règlement (UE) 2024/1620 (10) et la directive (UE) 2024/1640 (11) du Parlement européen et du Conseil, tous trois adoptés le 31 mai 2024 et relatifs à la prévention de l’utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux ou du financement du terrorisme, y compris au moyen de l’institution de l’Autorité de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, |
| — | vu la directive (UE) 2017/1371 du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2017 relative à la lutte contre la fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union au moyen du droit pénal (12) (ci-après la «directive PIF»), |
| — | vu le rapport de la Commission du 16 septembre 2022 intitulé «Deuxième rapport sur la mise en œuvre de la directive (UE) 2017/1371 du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2017 relative à la lutte contre la fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union au moyen du droit pénal» (COM(2022)0466), |
| — | vu le rapport de la Commission du 3 juillet 2024 sur la mise en œuvre et l’application de la directive (UE) 2019/1937 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2019 sur la protection des personnes qui signalent des violations du droit de l’Union (COM(2024)0269), |
| — | vu le règlement (UE) 2021/1060 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 portant dispositions communes relatives au Fonds européen de développement régional, au Fonds social européen plus, au Fonds de cohésion, au Fonds pour une transition juste et au Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture, et établissant les règles financières applicables à ces Fonds et au Fonds «Asile, migration et intégration», au Fonds pour la sécurité intérieure et à l’instrument de soutien financier à la gestion des frontières et à la politique des visas (13) (ci-après le «règlement portant dispositions communes»), |
| — | vu la communication de la Commission du 24 juillet 2024 intitulée «Rapport 2024 sur l’état de droit – La situation de l’état de droit dans l’Union européenne» (COM(2024)0800), |
| — | vu l’étude intitulée «Strengthening the fight against organised crime – Assessing the legislative framework», publiée en décembre 2022 (14), |
| — | vu l’étude intitulée «Strengthening the fight against corruption – Assessing the legislative and policy framework», publiée en janvier 2023 (15), |
| — | vu l’étude intitulée «Évaluation de la conformité des mesures adoptées par les États membres en vue d’adapter leurs systèmes au règlement (UE) 2017/1939 du Conseil du 12 octobre 2017 mettant en œuvre une coopération renforcée concernant la création du Parquet européen» et son extension, toutes deux publiées en décembre 2023 (16), |
| — | vu la communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 3 mai 2023 sur la lutte contre la corruption (JOIN(2023)0012) et la proposition, présentée par la Commission le 3 mai 2023, de directive du Parlement européen et du Conseil relative à la lutte contre la corruption, remplaçant la décision-cadre 2003/568/JAI du Conseil et la convention relative à la lutte contre la corruption impliquant des fonctionnaires des Communautés européennes ou des fonctionnaires des États membres de l’Union européenne, et modifiant la directive (UE) 2017/1371 du Parlement européen et du Conseil (COM(2023)0234), |
| — | vu le rapport conjoint d’Europol et de l’OLAF du 6 juin 2023 intitulé «Évaluation des menaces pesant sur le fonds NextGenerationEU», |
| — | vu la note finale de la Médiatrice européenne du 12 septembre 2023 sur l’initiative stratégique concernant la transparence et la responsabilité de la facilité pour la reprise et la résilience dans le cadre de l’affaire SI/6/2021/PVV, ouverte le 24 février 2022, |
| — | vu le rapport de la Cour des comptes européenne du 9 octobre 2024 intitulé «Nos activités en 2023», |
| — | vu le document d’analyse no 04/2023 de la Cour des comptes européenne du 6 juillet 2023 intitulé «Le passage à une gestion numérique des fonds de l’UE», |
| — | vu l’enquête spéciale Eurobaromètre no 534 intitulée «Attitude des citoyens à l’égard de la corruption dans l’UE en 2023» (17), |
| — | vu le rapport spécial no 06/2023 de la Cour des comptes européenne du 13 mars 2023 intitulé «Conflits d’intérêts et dépenses agricoles et de cohésion de l’UE - Un cadre de prévention bien en place, non sans failles dans les mesures de transparence et de détection», |
| — | vu le règlement (UE) 2021/785 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2021 établissant le programme de l’Union en matière de lutte contre la fraude et abrogeant le règlement (UE) no 250/2014 (18), |
| — | vu sa résolution du 18 janvier 2024 sur la protection des intérêts financiers de l’Union européenne – lutte contre la fraude – rapport annuel 2022 (19), |
| — | vu l’article 55 de son règlement intérieur, |
| — | vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A10-0049/2025), |
| A. | considérant que, conformément à l’obligation prévue à l’article 325, paragraphe 5, du traité FUE, la Commission, en coopération avec les États membres, adresse chaque année au Parlement européen et au Conseil un rapport sur les mesures prises pour la mise en œuvre de l’article 325 (ci-après le «rapport PIF»); |
| B. | considérant que les rapports PIF s’appuient essentiellement sur les informations fournies par les États membres, qui comprennent notamment des données sur les irrégularités et les fraudes détectées, par l’intermédiaire du système de gestion des irrégularités (SGI), et sur des données extraites du système comptable ABAC de la Commission; |
| C. | considérant qu’il convient de prendre des mesures efficaces pour protéger les intérêts financiers de l’Union au niveau européen, sur la base de la connaissance de la situation propre à chaque État membre fondée sur des données, en particulier dans des dossiers impliquant des activités criminelles complexes; |
| D. | considérant que le nombre d’irrégularités détectées et signalées témoigne des résultats des efforts déployés par les États membres pour lutter contre les activités illégales dans ce domaine et ne doit pas être interprété, en tant que tel, comme une indication du niveau de la mauvaise gestion et de la fraude dans les États membres; |
| E. | considérant que, pour lier l’apparition d’irrégularités, leur détection et le niveau de signalement, il y a lieu de procéder à une évaluation globale plus large; |
| F. | considérant que la bonne gestion des ressources publiques et la protection des intérêts financiers de l’Union dans tous ses domaines d’action sont essentielles pour accroître la confiance des citoyens et les rassurer quant au fait que leur argent est dépensé à bon escient et efficacement; |
| G. | considérant qu’une réduction systématique de l’écart de TVA renforcerait la protection des intérêts financiers de l’Union, l’équité fiscale et la confiance dans les systèmes fiscaux, contribuerait à la viabilité des finances publiques et favoriserait la cohésion économique entre les États membres, en particulier en période de pression budgétaire; |
| H. | considérant que la protection du budget de l’Union associe de nombreux acteurs à différents niveaux; qu’ils ne peuvent s’acquitter de leurs fonctions que grâce à un réseau structuré de relations et à la bonne coordination au sein de l’architecture antifraude (AFA) (20); |
| I. | considérant que la diversité des systèmes juridiques et administratifs des États membres et leur degré plus ou moins avancé de numérisation nécessitent une réponse adéquate, à savoir la création de systèmes d’administration et de déclaration plus unifiés, interopérables et comparables dans l’Union, afin de prévenir et de combattre efficacement la fraude, la corruption, les irrégularités et les autres infractions; |
| J. | considérant qu’il convient d’encourager une coopération solide entre les autorités menant les enquêtes administratives et celles menant les enquêtes judiciaires, tant à l’échelon de l’Union qu’à celui des États membres; |
| K. | considérant que le système de détection rapide et d’exclusion (EDES) et Arachne protègent efficacement le budget de l’Union contre les risques d’insolvabilité, de négligence, de fraude ou d’irrégularité du fait d’acteurs privés, dans le cas d’EDES, et par l’exploration de données et le calcul de risque, dans le cas d’Arachne; |
| L. | considérant que les réseaux criminels qui sévissent dans l’Union européenne se servent pleinement de tout l’éventail technologique de l’informatique de pointe, notamment l’intelligence artificielle (IA), pour faciliter leurs activités criminelles; que cela représente une menace encore plus complexe pour le budget de l’Union et un nouveau défi à surmonter pour les forces de l’ordre; que l’AFA doit examiner plus rapidement comment utiliser l’IA contre la fraude; |
| M. | considérant que le respect des valeurs fondamentales de l’Union, des droits fondamentaux et de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne est une exigence préalable à l’accès aux financements octroyés par l’Union; |
| N. | considérant que le mécanisme de conditionnalité liée à l’état de droit s’applique à l’ensemble du budget de l’Union; qu’il constitue une condition préalable à l’accès à tous les fonds de l’Union; qu’il permet de prendre des mesures en cas de violation des principes de l’état de droit qui porte atteinte ou risque sérieusement de porter atteinte à la bonne gestion financière du budget de l’Union ou aux intérêts financiers de l’Union; |
| O. | considérant que l’article 22 du règlement (UE) 2021/241 du Parlement européen et du Conseil du 12 février 2021 établissant la facilité pour la reprise et la résilience (21) (ci-après le «règlement FRR») contient des dispositions relatives à la protection des intérêts financiers de l’Union; |
Observations générales sur les rapports PIF et les menaces graves
| 1. | salue le rapport PIF 2023 et ses analyses sur les conclusions pertinentes, et approuve ses recommandations; |
| 2. | souscrit à l’opinion selon laquelle, pour protéger efficacement les intérêts financiers de l’Union, il convient d’accélérer la transition numérique, qui facilite le partage de connaissances et le traitement de données, rend les données plus accessibles et améliore la gouvernance de l’AFA dans son ensemble; reste d’avis que l’Union et les autorités nationales devraient davantage recourir aux outils numériques pour coopérer plus facilement; |
| 3. | réaffirme que, pour protéger efficacement les intérêts financiers de l’Union et pour évaluer l’efficacité de l’AFA, la gouvernance des activités des nombreuses composantes de l’AFA doit être mesurable et axée sur les résultats; |
| 4. | rappelle qu’il est essentiel d’assurer une coopération solide entre les autorités chargées des enquêtes administratives et celles chargées des enquêtes judiciaires, tant au niveau de l’Union qu’au niveau des États membres; déplore de nouveau que la situation ne soit pas satisfaisante, notamment en ce qui concerne la détection, le signalement et le suivi des présomptions de fraude et d’irrégularité, domaines dans lesquels les différences entre les États membres sont notables; encourage par conséquent les États membres à adopter une approche proactive pour protéger les intérêts financiers de l’Union, à renforcer l’échange d’informations entre leurs autorités nationales ainsi qu’avec les organes et agences de l’Union, notamment afin d’identifier et de traiter en temps utile les risques émergents et les tendances en matière de fraude; souligne que la lutte contre la fraude nécessite une approche globale et exhaustive, couvrant toutes les étapes du cycle de lutte contre la fraude et tenant compte des multiples acteurs et processus interconnectés et interdépendants existants pour la protection des intérêts financiers de l’Union; |
| 5. | relève que le nombre total de fraudes et d’irrégularités signalées par les autorités européennes et nationales compétentes a fortement augmenté, passant de 12 455 cas en 2022 à 13 563 cas en 2023, soit une hausse de 9 %; regrette que ce chiffre soit le plus élevé jamais atteint et qu’il suive une tendance croissante au cours des cinq dernières années; observe de surcroît que le total des montants concernés en 2023 (1,90 milliard d’EUR) est nettement supérieur à ce qu’il était en 2022 (1,77 milliard d’EUR), puisqu’il a augmenté de 7,3 %; relève qu’en raison du cycle pluriannuel de mise en œuvre de nombreux programmes, des moyennes sur cinq ans permettent des comparaisons plus pertinentes que la comparaison d’année en année si l’on veut évaluer la situation en temps réel et réaliser des analyses fiables des tendances et des évolutions; se félicite donc que le rapport PIF 2023 cite les résultats de la période 2019-2023; observe que l’augmentation du nombre d’irrégularités et de financements sans résultats positifs est le signe qu’il convient de relier le budget à des indicateurs de performance établis par les institutions compétentes; |
| 6. | se déclare préoccupé par le scénario global décrit dans l’analyse pluriannuelle contenue dans le rapport PIF 2023; souligne que la situation actuelle justifie les efforts consentis pour rendre plus efficace le déploiement des ressources appropriées et rationaliser leur utilisation, ce qui nécessite d’améliorer la gouvernance et la coopération; souligne que la fraude, la corruption et les atteintes à la démocratie, à la justice et à l’état de droit sont étroitement liées et ne peuvent être combattues isolément; invite le commissaire chargé du budget, de la lutte antifraude et de l’administration publique et le commissaire chargé de la démocratie, de la justice, de l’état de droit et de la protection des consommateurs à collaborer sans délai sur des initiatives qui rendent mesurables et plus tangibles les actions et les résultats de l’AFA, ainsi qu’à présenter ces initiatives au Parlement, conformément à l’engagement pris durant les auditions de confirmation; suggère de renforcer les synergies entre la direction générale du budget de la Commission et d’autres directions générales de la Commission travaillant sur l’état de droit et la protection d’autres valeurs de l’Union, notamment la direction générale de la justice et des consommateurs, la direction générale de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion et la direction générale de la politique régionale et urbaine, afin de faire en sorte que tous les services travaillent ensemble plutôt que de manière cloisonnée pour relever plus efficacement ces défis systémiques; |
| 7. | propose une nouvelle fois qu’une approche globale soit adoptée dans les rapports PIF, qui sont également vus comme un outil de gouvernance de l’AFA, afin de fournir une vue d’ensemble des synergies entre tous les acteurs concernés, de définir les meilleures pratiques et de remédier aux lacunes; relève que, comme le rapport PIF 2023 le souligne, la protection concrète des intérêts financiers de l’Union contre la fraude, les irrégularités et les autres activités illicites est confiée aux autorités nationales, à l’OLAF et au Parquet européen; se réjouit de l’inclusion des conclusions de l’OLAF et du Parquet européen dans le rapport PIF 2023; souhaite une analyse plus approfondie des interactions entre les composantes de l’AFA, ainsi que l’introduction de mesures visant à rendre plus efficaces les institutions compétentes afin de diminuer les fraudes et les irrégularités; préconise d’améliorer encore cette approche globale, afin de dresser un aperçu plus clair, plus complet et plus concret de l’état général de la protection des intérêts financiers de l’Union européenne, y compris de l’ensemble des mesures de lutte antifraude, tant au niveau national qu’au niveau de l’Union; |
| 8. | salue les statistiques de l’OLAF en matière d’enquête, notamment la hausse du nombre de recommandations émises (309, contre 275 en 2022) et le montant global des recommandations de recouvrement financier (1 043,8 millions d’EUR, contre 426,8 millions d’EUR en 2022), alors que le nombre de dossiers ouverts (190 en 2023, contre 192 en 2022) et clos (265 en 2023, contre 256 en 2022) est resté stable; souligne en particulier que sur la période 2019-2023, plus de 88 % des irrégularités détectées comme potentiellement frauduleuses et liées à des dépenses en gestion directe ont été détectées après enquête de l’OLAF; déplore que la longue durée des enquêtes puisse conduire à un retard dans la mise en œuvre de mesures correctives; réclame une nouvelle fois de recevoir des statistiques complètes et suffisamment détaillées sur les montants effectivement recouvrés par la Commission sur la base de recommandations financières de l’OLAF; prie la Commission d’inclure des sections consacrées à l’OLAF dans les prochains rapports PIF, afin de proposer une analyse et des comptes rendus plus détaillés de ses activités et des recouvrements financiers réalisés; |
| 9. | salue la manière dont le Parquet européen, opérationnel depuis juin 2021, a étendu et intensifié ses activités, ce qui se reflète dans le nombre d’enquêtes ouvertes (1 371, contre 865 en 2022), d’enquêtes en cours (1 927, contre 1 117 en 2022) et de poursuites (139, contre 87 en 2022); apprécie le niveau de détail des rapports du Parquet européen, qui donnent des informations utiles sur de nombreuses tendances et la situation dans les États membres qui ont adhéré au Parquet; souhaite accroître l’efficacité du Parquet européen pour que les résultats soient visibles dans les montants recouvrés et pas seulement dans le nombre d’enquêtes; |
| 10. | souligne la valeur ajoutée que les organes de l’Union représentent pour la protection des intérêts financiers de celle-ci et la lutte contre la fraude, en particulier pour ce qui est de la criminalité transfrontière, comme révélé par les résultats opérationnels du Parquet européen et de l’OLAF, y compris pour 2023; demande une nouvelle fois que tous les acteurs de l’Union concernés par la lutte contre la fraude disposent de ressources suffisantes et, à cet égard, rappelle à la Commission et au Conseil que chaque euro dépensé pour des enquêtes et des actions de lutte contre la fraude revient au budget de l’Union; |
| 11. | se déclare inquiet face aux effets préjudiciables pour les budgets nationaux des États membres découlant des pertes financières considérables liées à la fraude à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) que le Parquet européen a signalées, qui menacent également les principes de justice fiscale et de concurrence loyale entre les entreprises sur le marché unique; souligne que la TVA est aussi une ressource importante pour le budget de l’Union; estime qu’il convient de tenir compte de la complexité des dispositions qui sous-tendent le système des ressources propres de l’Union si l’on veut quantifier l’incidence financière des activités du Parquet européen (22); attire l’attention sur le nombre inquiétant d’enquêtes ouvertes sur les programmes pour la reprise et la résilience (233) et sur la perte financière estimée qui y est associée (1,86 milliard d’EUR); demande donc que des mesures adéquates soient prises aux échelons national et européen; |
| 12. | invite la Commission à définir et à mettre en place des solutions pour donner suite aux recommandations de l’OLAF et aux poursuites du Parquet européen, les analyser et mesurer l’incidence réelle de leurs actions sur la protection du budget de l’Union grâce au recouvrement de fonds mal gérés et de ressources non collectées, l’objectif étant de mieux justifier les choix politiques par les résultats obtenus; invite la Commission à informer le Parlement de l’issue des poursuites du Parquet européen; |
| 13. | affirme que la communication et la transparence sont essentielles si l’on veut lutter contre la fraude et la corruption; souligne qu’il est important de travailler avec la société civile, les médias et les journalistes d’investigation afin de mieux sensibiliser le grand public; met en avant le rôle central joué par les médias et le journalisme d’investigation dans la lutte contre la fraude, la corruption, les conflits d’intérêts et les autres utilisations abusives des fonds publics; considère que la protection des médias contre les pressions et les influences politiques est essentielle pour protéger leur indépendance et leur rôle de gardiens de la démocratie et de la bonne gestion des fonds publics; |
| 14. | précise que la transparence joue un rôle important dans la gestion des fonds publics; encourage la Commission et les États membres à assurer une transparence maximale dans l’utilisation des fonds, y compris en ce qui concerne les informations sur les bénéficiaires finaux; |
| 15. | souligne l’importance du rôle joué par les pouvoirs publics dans la promotion d’une culture de tolérance zéro à l’égard de la fraude et affirme que la communication et la transparence sont essentielles pour lutter contre la fraude et la corruption; insiste sur le fait qu’il est important de travailler avec la société civile, le secteur privé, les médias et les journalistes d’investigation afin de mieux sensibiliser le grand public; encourage la Commission à soutenir ces acteurs au moyen de programmes de formation, de financements et de toute autre mesure nécessaire pour garantir leur indépendance vis-à-vis de l’influence extérieure, de la surveillance illégale des États, de l’intimidation et des tentatives visant à contester leur légitimité, conformément aux droits fondamentaux de l’Union et à l’état de droit; invite la Commission à lancer une campagne de sensibilisation du public à l’échelle de l’Union sur les risques liés aux fausses informations, à la désinformation et aux hypertrucages (deepfake) dans les cas de fraude touchant des projets financés par l’Union; |
| 16. | se déclare préoccupé des avertissements clairs du Parquet européen et d’Europol quant à l’implication de plus en plus forte de groupes de criminels organisés dans les dossiers les plus importants de fraude transfrontière; constate que le rapport annuel du Parquet européen recense, parmi ses enquêtes en cours jusqu’à la fin de l’année 2023, 209 infractions liées à des organisations criminelles agissant contre les intérêts financiers de l’Union; relève que la criminalité organisée a une incidence considérable sur les ressources de l’Union et que l’ampleur de la fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union, en particulier en ce qui concerne les recettes du budget, ne peut s’expliquer que par la forte implication de grandes organisations criminelles; observe que les outils actuels d’analyse et de signalement ne peuvent pas aboutir à une quantification satisfaisante qui permette d’évaluer l’efficacité ou les lacunes des mesures et des politiques adoptées; invite la Commission à mener rapidement toutes les actions nécessaires pour résoudre ce problème d’analyse et de signalement; |
| 17. | soutient que l’absence de transposition efficace de la législation pertinente de l’Union dans la législation nationale de nombreux États membres et le défaut d’harmonisation des législations nationales donnent la possibilité aux organisations criminelles de se livrer à un certain nombre d’activités transfrontières illégales dans des domaines portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union; réitère dès lors ses précédents appels à la révision de la décision-cadre 2008/841/JAI du Conseil relative à la lutte contre la criminalité organisée (23) et à l’introduction d’une nouvelle définition commune de la criminalité organisée, prenant en considération, notamment, le recours à la corruption, à la violence, à la menace ou à l’intimidation afin d’obtenir le contrôle d’activités économiques ou de marchés publics; |
| 18. | souligne que les résultats de l’enquête Eurobaromètre 2023 sur «les attitudes des citoyens de l’Union face à la corruption en 2023» montrent que la corruption demeure une préoccupation importante pour les citoyens et les entreprises de l’Union; reste d’avis que la corruption de haut niveau, y compris au sein des institutions de l’Union, porte atteinte aux intérêts financiers de l’Union et à son économie dans son ensemble, et sape la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques de l’Union et des États membres; souligne que les organisations criminelles ont de plus en plus souvent recours à la corruption pour infiltrer les administrations publiques et obtenir des avantages économiques; |
| 19. | constate que le Parquet européen, en ce qui concerne les dossiers de corruption, a signalé 131 infractions ayant fait l’objet d’une enquête jusqu’à la fin de l’année 2023, contre 87 en 2022; relève que, sur la période 2019-2023, 11 pays ont signalé 65 cas à la Commission par l’intermédiaire du SGI (24); observe que les montants irréguliers signalés dans le cadre de ces dossiers s’élèvent à un total d’environ 50,5 millions d’EUR; invite la Commission à demander au Parquet européen d’informer le Parlement du montant qui a été recouvré sur ces 50,5 millions d’EUR; |
| 20. | constate que des stratégies de lutte contre la corruption sont en place dans les États membres; souhaite une évaluation et une révision périodique de ces stratégies; souligne qu’il importe de prendre en compte et de traiter de manière approfondie les recommandations par pays relatives à la lutte contre la corruption; |
| 21. | prend note des efforts déployés par la Commission pour prévenir et résoudre les conflits d’intérêts dans la gestion des ressources financières de l’Union; relève que, sur la période 2019-2023, 419 cas ont été signalés par l’intermédiaire du SGI (contre 375 sur la période 2018-2022), ce qui représente un montant total d’environ 112 millions d’EUR; souligne que la Cour des comptes a indiqué dans ses audits (25) que la principale source d’information sur les conflits d’intérêts est le SGI, et que la quantité et la qualité des données enregistrées dans ce système varient d’un État membre à l’autre; insiste sur le fait que les États membres ne signalent pas comme tels les conflits d’intérêts qu’ils analysent comme des éléments mineurs d’une situation de fraude plus large; demande à la Commission d’adopter les initiatives nécessaires pour assurer un signalement cohérent et suffisamment détaillé par l’intermédiaire du SGI dans les situations décrites ci-dessus; demande que les dispositions relatives aux conflits d’intérêts soient appliquées d’une manière qui garantisse la sécurité juridique, qu’elles soient fondées sur une évaluation claire et proportionnée des risques et qu’elles puissent être appliquées en pratique par les autorités compétentes; |
Recettes
| 22. | observe qu’en 2023, le nombre total d’irrégularités, frauduleuses ou non, liées aux ressources propres traditionnelles (RPT) (5 118, contre 4 661 en 2022) a été supérieur de 10 % à la moyenne quinquennale 2019-2023, mais que le montant concerné a baissé de 12 % pour atteindre 478 millions d’EUR, contre 783 millions d’EUR en 2022; regrette que le taux de recouvrement pour les cas frauduleux soit resté à 25 %, ce qui est faible et réparti inégalement entre les États membres, même si les données montrent une amélioration du recouvrement pour les cas non frauduleux (82 %); |
| 23. | souligne qu’en 2023, la Commission a estimé que seuls cinq nouveaux rapports de mise en non-valeur que les États membres lui avaient soumis démontraient de manière satisfaisante que les RPT avaient été perdues pour des raisons non imputables aux États membres en question et que ces derniers n’étaient pas financièrement responsables de la perte; observe qu’en revanche, dans 81 cas, qui représentaient un montant de près de 69 millions d’EUR, la Commission a estimé que les États membres n’avaient pas démontré de manière satisfaisante que les RPT avaient été perdues pour des raisons qui ne leur étaient pas imputables, de sorte qu’ils ont été tenus pour financièrement responsables de la perte; conclut donc qu’il existe une marge de manœuvre pour améliorer la collecte des RPT par les États membres; |
| 24. | souligne qu’il est essentiel que les États membres assument leur responsabilité en matière de collecte des RPT, afin de faire en sorte que la charge du financement des dépenses de l’Union soit équitablement répartie entre eux et de maintenir des conditions de concurrence équitables pour les acteurs économiques sur le marché unique; invite les États membres à redoubler d’efforts pour améliorer l’efficacité des activités de leurs administrations nationales dans le domaine du recouvrement, à la suite de la détection d’irrégularités et de fraudes en matière de TVA, afin d’augmenter le montant des RPT mis à la disposition du budget de l’Union; reconnaît que l’écart de conformité en matière de TVA ne se limite pas à la fraude et à l’évasion, mais concerne également la TVA perdue en raisin d’insolvabilités, de faillites, d’erreurs administratives et d’optimisation fiscale légale; estime toutefois que la fraude à la TVA, telle que la fraude intracommunautaire à l’opérateur défaillant, contribue de manière significative à la non-conformité en matière de TVA, et demande une nouvelle fois que la question soit traitée à l’aide de moyens numériques, de règles de TVA étanches à la fraude et d’une coopération plus forte entre les autorités fiscales nationales et les organes d’enquête compétents de l’Union européenne; |
| 25. | prend note du cadre juridique actuel relatif à la coopération avec l’OLAF, le Parquet européen et Eurofisc; invite la Commission à accélérer le processus de révision du cadre juridique actuel, afin de fournir une base juridique claire pour la coopération directe entre Eurofisc et le Parquet européen; encourage l’OLAF à exploiter au maximum les possibilités ouvertes par les pratiques d’assistance administrative mutuelle pour repérer la fraude douanière et la fraude à la TVA qui y est liée, ainsi qu’à signaler sans délai ces cas au Parquet européen; souligne qu’en 2023, le Parquet européen a recensé une fraude à la TVA dans environ 20 % de ses dossiers en cours (873 cas), ce qui représente le deuxième type d’infraction le plus fréquent après la fraude aux dépenses hors marchés publics (1 586 cas); se déclare préoccupé par l’implication croissante de groupes criminels organisés dans les fraudes à la TVA, ainsi que par les liens avérés entre ce type de fraude et d’autres infractions très graves, telles que le blanchiment de capitaux; |
| 26. | demande une nouvelle fois à la Commission de revoir le seuil de 10 millions d’EUR fixé dans la directive PIF, qui a une incidence majeure sur les activités du Parquet européen dans les affaires de fraude à la TVA; maintient que des interprétations divergentes des méthodes de calcul de ce seuil rendent la situation peu claire; souligne que le seuil actuel limite la dissuasion et permet aux délinquants de se tourner vers la juridiction la plus faible pour échapper à l’intervention du Parquet européen; estime que la révision de la directive PIF devrait supprimer le seuil ou l’abaisser sensiblement; invite la Commission à donner entretemps des orientations adéquates sur la méthode de calcul pour les cas antérieurs à la modification de la directive PIF; |
| 27. | constate que l’absence de données régionales et sectorielles ventilées sur l’écart de TVA empêche l’identification des domaines les plus exposés au risque de fraude et d’évasion fiscale; invite la Commission à mettre en place un système harmonisé de mesure de l’écart de TVA qui comporte des dimensions territoriales et sectorielles, permettant ainsi l’élaboration de stratégies de lutte contre la fraude fondées plus solidement sur des données probantes et davantage ciblées; |
| 28. | souligne l’importance d’une coopération efficace et efficiente entre l’OLAF et le Parquet européen dans ce secteur spécifique des recettes; reste d’avis que si l’OLAF détecte correctement les cas et transmet les données au Parquet européen, la TVA et les recettes douanières pourraient mieux être collectées au profit du budget de l’Union et les chevauchements entre les activités de ces deux organes pourraient être évités; |
| 29. | souligne que la fragmentation des systèmes informatiques entre les administrations fiscales nationales nuit à l’efficacité de la lutte contre la fraude à la TVA et limite les possibilités de synergies entre les autorités nationales et les autorités de l’Union; |
Dépenses
| 30. | se déclare préoccupé par le niveau élevé de fraude et d’irrégularités détectées, en 2023 comme en 2022, dans le cadre de la politique agricole commune, tant dans le développement rural que dans le soutien à l’agriculture; observe que les données confirment les tendances et les risques recensés au cours des années précédentes; remarque qu’au cours de la période 2019-2023, le nombre d’irrégularités frauduleuses signalées dans le développement rural a augmenté, principalement en raison du nombre croissant d’irrégularités détectées pour la période de programmation 2014-2020; relève qu’au cours de la période 2019-2023, le nombre d’irrégularités non frauduleuses dans le développement rural n’a cessé d’augmenter au fur et à mesure de la mise en œuvre des programmes; |
| 31. | observe que, dans le cadre de la politique de cohésion, le nombre et les montants financiers des irrégularités non frauduleuses signalées pour la période de programmation 2014-2020 sont nettement inférieurs à ceux signalés au cours des dix premières années de mise en œuvre de la période de programmation 2007-2013; souligne que le taux de détection de la fraude (26) pour la période de programmation 2014-2020 (0,53 %) est similaire à celui de la période de programmation 2007-2013, tandis que le taux de détection des irrégularités (0,67 %) est nettement inférieur au taux enregistré pour la période de programmation 2007-2013 (2,5 %); note que les irrégularités individuelles concernant des montants financiers élevés ont une incidence considérable sur le taux de détection de la fraude; demande une clarification supplémentaire concernant la corrélation entre le taux de détection de la fraude et l’occurrence de la fraude; |
| 32. | salue le rapport analytique de l’OLAF intitulé «Fraude et irrégularités par domaines de la politique de cohésion — comparaison des risques», qui renvoie aux informations fournies par les États membres pour la période de programmation 2014-2020 jusqu’en décembre 2023 et recense les domaines particulièrement exposés au risque de fraude, tels que les investissements pour l’environnement, face au changement climatique et pour la transition vers une économie à faible intensité de carbone, la recherche, le développement et l’innovation; relève que les montants financiers les plus élevés dans les affaires de fraude concernaient la protection de l’environnement, la recherche, le développement technologique et l’innovation; |
| 33. | se déclare une nouvelle fois préoccupé par la longueur des procédures administratives nécessaires pour traiter les cas frauduleux signalés; constate qu’en moyenne, au cours de la période 2019-2023, dans le cadre de la politique agricole commune, près de quatre ans s’écoulaient entre l’apparition d’une irrégularité et l’émergence du soupçon d’activité frauduleuse, et près de trois ans supplémentaires entre la notification à la Commission et la clôture du dossier; souligne qu’en moyenne, au cours de la période 2014-2020, pour la cohésion, il fallait environ un an et demi pour parvenir à un soupçon d’irrégularité frauduleuse et plus de deux ans pour clore l’affaire après sa notification à la Commission; invite la Commission à intensifier son dialogue avec les autorités des États membres et à leur présenter des recommandations afin de raccourcir la durée des procédures administratives; |
| 34. | observe que, pour la gestion directe entre 2019 et 2023, l’OLAF a été mentionné comme source de détection d’irrégularités frauduleuses pour 88,4 % des éléments de recouvrement, ce qui correspond à 92,1 % du montant total des recouvrements; demande à la Commission de fournir des informations claires sur les données et les mesures prises pour améliorer le recouvrement rapide, y compris les données sur les niveaux globaux de recouvrement pour les irrégularités, frauduleuses ou non; |
| 35. | souligne que, lorsque, malgré les mesures préventives, des irrégularités frauduleuses ou non frauduleuses sont détectées, le recouvrement est la mesure qui protège les intérêts financiers de l’Union et permet la bonne mise en œuvre de ses politiques et le remboursement des dépenses qui ne sont pas conformes aux exigences de financement; insiste sur les conclusions du rapport spécial no 07/2024 de la Cour des comptes (27) concernant la période 2014-2020, selon laquelle les dépenses irrégulières signalées s’élevaient à 14 milliards d’EUR, qu’il convient de recouvrer; souligne la nécessité d’accélérer le processus de recouvrement, en fixant des délais clairs et en imposant des pénalités de retard, afin que les fonds soient restitués au budget de l’Union le plus rapidement possible; invite la Commission à proposer des mesures adéquates pour fournir des informations complètes sur les dépenses irrégulières et les mesures correctives associées; |
| 36. | souligne l’importance des mesures de suivi après la prise des mesures correctives nécessaires afin de tirer les leçons des cas de fraude et d’améliorer les procédures pour éviter que des cas similaires ne se reproduisent à l’avenir; considère, à cet égard, qu’il est important que les États membres assurent un suivi approfondi des cas en analysant les facteurs favorisant la fraude et en évaluant s’il est nécessaire de réviser leurs systèmes de gestion et de contrôle; |
| 37. | observe qu’en raison du manque de soutien du Conseil en faveur de ses initiatives de 2004 et de 2014, la Commission n’est pas disposée à présenter une autre proposition législative d’assistance administrative mutuelle dans les domaines de dépenses de l’Union qui ne prévoient pas cette pratique à l’heure actuelle; encourage la Commission à tirer parti de la révision du règlement relatif à l’OLAF (28), qui attribue déjà un mandat renforcé à ce dernier en matière de coordination des actions des États membres, pour approfondir les dispositions actuelles et remédier à cette lacune; |
| 38. | note que les organisations de la société civile sont des composantes essentielles d’une société démocratique dynamique, garantissant une large couverture des différents points de vue dans les débats publics; admet que ces organisations peuvent recevoir des fonds de l’Union pour soutenir leurs travaux de contribution au dialogue démocratique et à l’engagement public; constate que l’Union est l’un des principaux bailleurs de fonds des organisations de la société civile; souligne que la transparence dans les réunions des parties prenantes est fondamentale pour l’intégrité démocratique et devrait s’appliquer de la même manière à toutes les entités qui collaborent avec les institutions de l’Union; met l’accent sur le fait qu’une documentation claire et la publication de ces interactions renforcent la confiance du public et la responsabilité démocratique; fait valoir que le lobbying devrait être transparent et que toutes les informations relatives à l’ensemble des parties concernées devraient être communiquées; relève que certains membres de la commission du contrôle budgétaire ont allégué que les conventions de subvention conclues par la Commission avec tous les types de bénéficiaires comportaient des activités de lobbying détaillées qui pourraient être interprétées comme des ingérences potentielles dans le processus décisionnel interne au sein de l’Union; prend acte du récent rapport spécial de la Cour des comptes sur la transparence des financements de l’Union accordés à des ONG (29), qui, tout en déclarant que l’utilisation des financements de l’Union pour les activités de sensibilisation des ONG est légale et en confirmant que cette utilisation est conforme aux exigences juridiques de l’Union en matière de transparence énoncées dans le règlement financier de l’Union, souligne dans le même temps que des efforts supplémentaires devraient être consentis pour améliorer la transparence des financements de l’Union reçus par tous les bénéficiaires; invite, à cet égard, la Commission à mettre en œuvre les recommandations de la Cour des comptes concernant l’examen des déclarations sur l’honneur dans le système de transparence financière de l’Union, ainsi qu’à surveiller de manière proactive le respect par les bénéficiaires des valeurs et principes fondamentaux de l’Union; rappelle en outre le rapport spécial de la Cour des comptes no 05/2024 (30); met en avant la nécessité pour le secrétariat du registre de transparence de l’Union de renforcer ses contrôles systématiques des auto-déclarations des entités qui se déclarent «ONG, plateformes, réseaux et similaires»; observe que ces contrôles systématiques pourraient se fonder sur un ensemble de critères, notamment le statut d’organisme à but non lucratif, les objectifs d’utilité publique et l’indépendance, afin de renforcer la confiance dans toutes les entités enregistrées dans le registre de transparence de l’Union, et devraient être étayés par des exigences strictes en matière de responsabilité et de transparence; |
| 39. | considère que, lors de l’évaluation des modèles de mise en œuvre des dépenses de l’Union, il convient de tenir compte de la vulnérabilité des différentes solutions à la fraude et à d’autres utilisations abusives; invite la Commission à veiller à ce que les enseignements tirés de la conception et de la mise en œuvre de la FRR, y compris les recommandations qui lui ont été adressées par la Cour des comptes et le Parlement, soient pris en compte dans les futurs instruments de financement de l’Union, notamment le cadre financier pluriannuel pour l’après 2027; souligne que les lacunes détectées dans la mise en œuvre de la FRR, notamment les risques de fraude, les risques de double financement et le manque de transparence, doivent servir de leçon pour les futurs cadres financiers de l’Union; s’oppose à toute reproduction du modèle de la FRR dans sa forme actuelle et souligne que tout financement futur fondé sur la performance doit être accompagné de garanties, d’exigences de transparence et de mécanismes de prévention de la fraude beaucoup plus stricts afin de garantir la bonne gestion des fonds de l’Union; |
NextGenerationEU (NGEU) et facilité pour la reprise et la résilience (FRR)
| 40. | salue les efforts déployés par la Commission, dans le cadre de la révision des 27 plans pour la reprise et la résilience (PRR), pour s’adapter aux perturbations du marché de l’énergie qui ont suivi l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie; observe que l’intégration de REPowerEU dans les PRR devrait contribuer à réduire la dépendance à l’égard des combustibles fossiles russes et à accroître l’autosuffisance de l’Europe; |
| 41. | rappelle néanmoins que des retards sont constatés dans la mise en œuvre de la facilité pour la relance et la résilience (FRR) et invite la Commission à rester vigilante, en particulier en fin de cycle de vie de la FRR, afin de garantir que les États membres protègent correctement les intérêts financiers de l’Union et que l’argent des contribuables de l’Union est dépensé de manière appropriée; |
| 42. | souligne l’importance de systèmes de gestion et de contrôle solides dans la prévention de la fraude, car ils ont pour effet de dissuader les criminels d’escroquer les pouvoirs publics; se déclare préoccupé par les observations répétées de la Cour des comptes qui font état de lacunes persistantes dans la mise en œuvre des systèmes de contrôle des États membres, car cela menace la disponibilité de données complètes et exactes à l’appui des demandes de paiement, l’accès à ces demandes à des fins de contrôle et le fonctionnement efficace des systèmes de contrôle des États membres pour protéger les intérêts financiers de l’Union; regrette que, dans plusieurs États membres, les systèmes de contrôle n’aient pas été pleinement opérationnels au moment où les PRR nationaux ont commencé à être mis en œuvre, et souligne que ces problèmes présentent des risques pour la régularité des paiements au titre de la FRR et pour la protection des intérêts financiers de l’Union; invite la Commission à veiller à ce que les États membres remédient sans délai aux insuffisances recensées dans leurs cadres de contrôle, y compris en mettant en œuvre les recommandations que la Cour des comptes lui a adressées; |
| 43. | constate que le cadre de contrôle de la Commission relatif à la FRR repose principalement sur la responsabilité qu’ont les États membres de protéger les intérêts financiers de l’Union; invite la Commission à continuer de veiller très attentivement à ce que les États membres atteignent les jalons spécifiques en matière d’audit et de contrôle ajoutés aux PRR qui manquaient de robustesse; encourage la Commission à poursuivre les efforts visant à combler les lacunes en matière de reddition de comptes; prend note des actions lancées par la Commission à la suite des recommandations de la Cour des comptes sur les faiblesses identifiables des systèmes de contrôle et d’établissement de rapports de certains États membres; invite instamment la Commission à prendre rapidement des mesures décisives chaque fois que cela s’avère nécessaire et à faire pleinement usage des dispositions du règlement sur la FRR si des lacunes subsistent dans les systèmes de contrôle des États membres; |
| 44. | note avec une vive inquiétude que le rapport spécial no 14/2024 de la Cour des comptes a constaté que les effets climatiques des dépenses vertes au titre de la FRR pourraient avoir été surestimés de 34,5 milliards d’EUR, certains projets n’ayant qu’une incidence minime sur la transition énergétique, voire portant atteinte à l’environnement, tout en augmentant le risque de fraude; |
| 45. | demande la mise en place de critères clairs et mesurables pour les investissements verts au titre du budget de l’Union et de la FRR afin de garantir que seuls les projets présentant des avantages environnementaux et économiques significatifs et avérés bénéficient d’un financement, ce qui permettrait de renforcer la responsabilité et la durabilité à long terme, tout en réduisant le risque de fraude; |
| 46. | observe qu’en ce qui concerne la FRR en 2023, le rapport PIF 2023 indique le nombre de cas de fraude présumée signalés par la Commission (15) et d’audits (13, contre 16 en 2022), mais pas le nombre préoccupant d’enquêtes du Parquet européen (233 enquêtes sur des PRR, avec une perte financière estimée à 1,86 milliard d’EUR); se déclare préoccupé par l’augmentation possible du nombre de cas de fraude, de corruption, de double financement et de conflits d’intérêts dans les années à venir et demande instamment à la Commission et aux États membres d’agir rapidement afin de garantir la bonne gestion et la distribution équitable des fonds de la FRR; |
| 47. | invite la Commission à mettre en place un système obligatoire de notification des fraudes en utilisant le SGI pour tous les cas liés à la FRR, afin de garantir que les irrégularités et les fraudes touchant les fonds de la FRR soient systématiquement enregistrées et contrôlées; constate avec inquiétude le manque de transparence dans la notification des fraudes liées aux fonds de la FRR et insiste pour que tous les États membres se conforment aux obligations de déclaration normalisées; |
| 48. | demande à l’OLAF de poursuivre l’analyse des risques qu’il a mise à la disposition des États membres en 2023, accompagnée d’une version actualisée du «cadre de gestion des risques de la FRR» ainsi que de formations et séminaires destinés aux autorités des États membres; approuve l’utilisation du SGI pour signaler les irrégularités liées à la FRR; invite une nouvelle fois la Commission, les agences et organes spécialisés de l’Union ainsi que les États membres à coopérer activement et à interagir afin de garantir la protection des intérêts financiers de l’Union lors de la mise en œuvre de NGEU; |
| 49. | observe que, dans le cadre des orientations sur les PRR, la Commission a adopté (31) l’annexe IV relative aux réductions et aux recouvrements au titre de la FRR; prend acte du fait que la réduction d’un paiement est possible lorsqu’il y a encore des paiements à effectuer; rappelle que la FRR prend fin en 2026; souligne que le recouvrement ne doit être lancé que lorsqu’aucune tranche supplémentaire ne subsiste; se déclare préoccupé par le fait que cette procédure de recouvrement, empruntée au modèle de mise en œuvre des fonds de cohésion, s’est révélée extrêmement inefficace et a été abandonnée dans le CFP actuel; regrette vivement qu’à la fin de l’année 2023, il n’y ait pas d’ordres de recouvrement dans le système ABAC concernant la FRR; déplore que les États membres ne soient toujours pas tenus de signaler les irrégularités liées à la FRR par l’intermédiaire du SGI; |
| 50. | souligne que la transparence joue un rôle essentiel pour détecter les manœuvres frauduleuses et dissuader les fraudeurs; manifeste une nouvelle fois son désaccord avec l’interprétation adoptée par la Commission de la notion de «bénéficiaire final» dans le cadre de la FRR; rejette l’interprétation incomplète et trompeuse de la Commission (32); fait observer que, même selon les lignes directrices de la Commission (33), le «bénéficiaire final» est la «dernière entité» qui reçoit des fonds pour une mesure relevant de la FRR, et qu’un bénéficiaire initial ou intermédiaire d’un financement, tel qu’un ministère ou une agence se contentant de distribuer les fonds, ne devrait pas être considéré comme «dernière entité»; prie à nouveau la Commission de demander aux États membres de fournir des informations sur le «bénéficiaire final» ou la «dernière entité» et de ne pas accepter des États membres des informations sur les «bénéficiaires de second niveau» qui ne seraient pas conformes à l’accord conclu entre les colégislateurs; invite la Commission à revoir ses orientations, en fournissant des cas et des exemples susceptibles de clarifier la disposition et de constituer un cadre de référence solide pour les autorités nationales, de manière à garantir un niveau de transparence adapté et une interprétation homogène dans l’ensemble des États membres; souligne que, si la Commission continue de refuser de garantir une transparence totale, le Parlement doit envisager toutes les mesures disponibles pour imposer le respect des règles; |
| 51. | se déclare préoccupé par l’avis de la Cour des comptes (34) sur le risque croissant que les fonds de l’Union soient dépensés deux fois pour la même mesure et distribués deux fois pour la même action; constate que des mesures analogues dans des domaines similaires, tels que les infrastructures de transport et d’énergie, sont financées à la fois par le budget de l’Union et par la FRR, car le fonds de relance de l’Union pour la pandémie finance des actions semblables à celles couvertes par les programmes habituels de l’Union; prend note du fait que la complémentarité entre la FRR et d’autres instruments de l’Union est autorisée; observe néanmoins que cela pourrait aboutir à ce que des jalons soient entièrement atteints grâce à des fonds autres que la FRR, étant donné que celle-ci n’est pas liée au remboursement des coûts effectifs, mais récompense le fait d’atteindre les jalons et les objectifs; souligne que les différents niveaux de gouvernance, la fragmentation du paysage informatique, les échanges limités de données et la faible utilisation d’outils d’exploration de données tels qu’Arachne empêchent de détecter les doubles financements; en déduit que les mécanismes de contrôle en place peuvent se révéler insuffisants pour limiter de manière satisfaisante la hausse de ce risque; réaffirme que l’impossibilité d’accéder directement à la liste complète des bénéficiaires finaux de la FRR empêche la Commission de détecter les éventuels cas de double financement; note que certains États membres évitent de combiner la FRR avec d’autres instruments de l’Union; est d’avis que cette précaution atténue le risque de double financement; invite la Commission à intensifier ses contrôles dans ce domaine; |
| 52. | observe que les États membres peuvent inclure dans leurs PRR des mesures sans estimer leur coût, ou en l’estimant à zéro (35); souligne également que ces jalons «sans coût» constituent le principal point de référence pour évaluer l’utilisation correcte des ressources de la FRR aux fins prévues; comprend que les paiements pour ces jalons «sans coût» ou «à coût nul» sont versés dès que les jalons sont atteints, indépendamment des coûts occasionnés, conformément à l’approche du «financement non lié aux coûts» dans le cadre de la FRR; observe toutefois que ces jalons ne permettent pas de vérifier la bonne gestion des ressources versées au titre de la FRR, étant donné que le déboursement est lié à un jalon pour lequel les ressources prévues n’ont pas été utilisées; invite la Commission à reconsidérer son hypothèse selon laquelle une mesure «à coût nul» ne peut pas entraîner de double financement, que d’autres fonds de l’Union soient utilisés ou non pour la mettre en œuvre; prie instamment la Commission de renforcer les contrôles des mesures «à coût nul» et de donner des orientations aux États membres sur la manière d’aborder la conception financière des mesures concernées, de façon à prévenir ce risque; |
| 53. | demande une nouvelle fois à la Commission de maintenir des procédures d’audit ex post adéquates et d’accorder une attention particulière au risque de régression après le paiement pour la réalisation des objectifs précédemment audités et jugés atteints de manière satisfaisante; |
| 54. | approuve pleinement les résultats de l’initiative stratégique de la Médiatrice européenne, lancée en février 2022 et clôturée en septembre 2023, qui porte sur la transparence et la responsabilité dans le cadre de la FRR; se félicite du dialogue en cours entre la Commission et la Médiatrice pour remédier aux situations non optimales qui ont été détectées, en particulier en ce qui concerne le tableau de bord et la publication spontanée de documents liés à la FRR; |
Numérisation et transparence pour renforcer la lutte contre la fraude
| 55. | se félicite de l’accord politique conclu sur la proposition de refonte du règlement financier; estime que l’extension du champ d’application d’EDES à la gestion partagée et l’adoption d’une base juridique permettant d’utiliser Arachne comme modèle d’outil d’exploration de données et de calcul de risque à l’échelle de l’Union renforceront la protection des intérêts financiers de l’Union; rappelle les appels lancés dans les rapports précédents pour que tous les États membres utilisent les outils d’extraction de données, en particulier Arachne, afin de garantir le respect des normes de notification en temps voulu et avec diligence; |
| 56. | partage l’avis selon lequel le SGI, système par lequel les États membres signalent à la Commission les irrégularités et les cas de fraude affectant le budget de l’Union, est susceptible d’améliorer l’interopérabilité avec d’autres outils institutionnels de la Commission, tels qu’Arachne et EDES, et avec les outils numériques dans les États membres; demande à être informé, à la suite de la refonte du règlement financier, de l’état d’avancement de l’interface entre EDES et le SGI ainsi que de l’utilisation éventuelle des données du SGI au sein de l’outil d’exploration de données et de calcul de risque (Arachne); |
| 57. | réitère son appel en faveur d’une meilleure interopérabilité entre les systèmes de données et d’une harmonisation des rapports, du suivi et de l’audit dans l’Union; est conscient de la nature transversale de l’interopérabilité; salue l’adoption du règlement pour une Europe interopérable (36); |
| 58. | insiste sur les conclusions du document d’analyse no 04/2023 de la Cour des comptes du 6 juillet 2023 intitulé «Le passage à une gestion numérique des fonds de l’UE»; rappelle les effets positifs de la numérisation sur la prévention et la détection de la fraude et des irrégularités, ainsi que sur la gestion, le contrôle et l’audit des fonds de l’Union, puisqu’elle permet d’accéder plus facilement et plus rapidement aux données et d’effectuer des recoupements à distance, ce qui limite les coûts en réduisant la nécessité de contrôles et de vérifications sur place; |
| 59. | reconnaît que le fait de tirer parti d’une économie en temps réel et fondée sur les données présente des avantages considérables pour la protection des intérêts financiers de l’Union, tout en réduisant la charge administrative pesant sur les autorités publiques et les entreprises qui exercent des activités et effectuent des transactions transnationales au sein de l’Union; invite l’Union et les États membres à améliorer l’efficacité du partage des données en créant un écosystème numérique permettant la circulation transparente, en temps réel et sécurisée de données normalisées, structurées et lisibles par machine entre les entreprises et les pouvoirs publics, en particulier les administrations fiscales nationales, afin de limiter les possibilités de fraude et d’évasion fiscale; |
| 60. | partage l’avis selon lequel la numérisation devrait être au cœur de toute stratégie de lutte contre la fraude; affirme en particulier qu’elle devrait être intégrée dans les stratégies nationales dans ce domaine, afin de permettre aux différentes composantes de se coordonner et de tenir compte des menaces que représentent les nouvelles technologies; |
| 61. | estime que la numérisation offre des possibilités d’amélioration tangible de la gouvernance du réseau de lutte contre la fraude; croit que la numérisation, en facilitant la communication et l’accessibilité, améliore l’établissement de rapports et permet aux décideurs et aux colégislateurs de mieux comprendre les obstacles qui persistent et de réagir plus rapidement et de façon plus complète; se félicite que plus de la moitié des États membres aient pris des mesures pour recenser les déficits de compétences numériques, en particulier un manque d’information ou d’accès aux données sur le passage au numérique, et pour y remédier; encourage les États membres et les acteurs de l’AFA à continuer à combler les déficits de compétences grâce à des mesures concernant, entre autres, le partage des connaissances, la formation et l’extension du savoir-faire et des compétences dans le domaine numérique; |
| 62. | salue les efforts déployés par de nombreuses composantes de l’AFA pour évaluer et développer les perspectives ouvertes par l’IA et l’apprentissage automatique, qui permettront de détecter des irrégularités et de gagner en efficacité, tant dans l’analyse que dans les tâches administratives classiques; réaffirme que l’évaluation humaine doit rester une caractéristique essentielle de chaque processus; ajoute que l’IA est susceptible de changer la donne dans la lutte contre la fraude, en permettant l’analyse rapide de grands ensembles de données, ainsi qu’en améliorant la détection de la fraude et de schémas de fraude; rappelle qu’une bonne utilisation de l’IA doit reposer sur une collaboration fructueuse entre toutes les parties prenantes et sur l’accès à des données de haute qualité, grâce à un recours efficace à Arachne; prie instamment la Commission d’œuvrer au développement de l’IA en Europe, afin de préserver la souveraineté des données et de garantir une protection solide des données, conformément aux principes énoncés dans le règlement sur l’IA (37) et le règlement général sur la protection des données (38); invite tous les acteurs de la lutte contre la fraude à renforcer leur coopération, afin d’encourager une utilisation efficace et responsable de l’IA dans ce domaine; |
| 63. | reconnaît que le contenu généré par l’IA risque de plus en plus d’être utilisé pour manipuler les processus de passation de marchés, les transactions financières et les éléments de preuve dans les enquêtes sur les fraudes; invite la Commission à donner la priorité à la recherche et aux mesures politiques pour lutter contre les activités frauduleuses rendues possibles par l’intelligence artificielle, y compris la technologie de l’hypertrucage et les campagnes de désinformation pilotées par l’IA qui pourraient compromettre les mécanismes financiers et de lutte contre la fraude; invite la Commission à proposer des dispositions juridiques et des sanctions plus strictes pour les entités dont il s’avère qu’elles utilisent l’IA pour commettre ou faciliter la fraude financière, y compris les systèmes de blanchiment de capitaux pilotés par l’IA, la falsification des contrats et l’usurpation d’identité numérique dans les processus de passation de marchés; |
| 64. | reconnaît l’importance de l’utilisation de l’IA pour améliorer la qualité et l’exhaustivité des données échangées avec les États membres; salue, à cet égard, les mesures de l’OLAF, notamment les recommandations formulées dans les rapports annuels PIF, les dialogues bilatéraux structurés avec les États membres, la révision du plan d’action de la stratégie antifraude de la Commission et les échanges interinstitutionnels axés sur ces questions; |
| 65. | appelle en outre de ses vœux une initiative spécifique à l’échelle de l’Union pour élaborer des mécanismes de détection de la fraude fondés sur l’IA au sein de l’OLAF, du Parquet européen et d’Europol, afin d’accroître l’efficacité de la détection et de la prévention des crimes financiers affectant le budget de l’Union; recommande la création d’un groupe de travail européen composé de représentants de l’OLAF, du Parquet européen, d’Europol et des unités nationales de lutte contre la fraude, qui se concentrera sur les menaces de fraude numérique, y compris la technologie d’hypertrucage, les faux documents générés par l’IA et la fraude à l’identité synthétique; souligne que ce groupe de travail devrait développer et partager les bonnes pratiques avec les États membres; |
| 66. | souligne la nécessité de renforcer la coopération transfrontière et les mécanismes de partage de données entre les États membres afin de lutter contre la fraude fondée sur l’IA, en particulier dans les domaines à haut risque tels que la TVA, les douanes et la distribution d’aides financières; encourage la création d’un centre de renseignement commun à l’Union pour suivre en temps réel les activités frauduleuses liées à l’IA; invite la Commission et les États membres à intégrer l’IA et l’analyse des données dans les systèmes de détection des fraudes, en assurant l’interopérabilité entre les bases de données nationales et celles de l’Union européenne, tout en conservant des garanties solides en matière de protection des données; |
| 67. | invite la Commission et les États membres à mettre en œuvre des mesures strictes de transparence et d’audit dans les outils de détection des fraudes fondés sur l’IA afin de prévenir les biais, les manipulations algorithmiques et les utilisations abusives dans les systèmes de surveillance financière; demande instamment l’élaboration de lignes directrices en matière d’utilisation éthique de l’IA pour les institutions chargées de la lutte contre la fraude afin de garantir l’application du principe de responsabilité; |
| 68. | demande la mise en place d’une procédure de vérification judiciaire obligatoire pour toutes les preuves numériques présentées dans les affaires de fraude financière afin de garantir l’authenticité des documents ainsi que du matériel audio et vidéo utilisés dans les enquêtes; |
Niveau interne de l’AFA de l’Union – mesures clés à l’échelle de l’Union pour 2023
| 69. | souligne que l’AFA de l’Union est une architecture institutionnelle composite conçue pour détecter, prévenir et combattre la fraude et d’autres infractions portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union; rappelle qu’elle est fondée sur un réseau de coopération à plusieurs niveaux, le premier (OLAF, Parquet européen, Europol, Eurojust, ALBC, Commission, Cour des comptes et BEI) reposant sur une coopération horizontale entre les institutions, organes et organismes de l’Union, tandis que les autres niveaux reposent sur des relations verticales entre les autorités nationales et de l’Union, ainsi qu’entre les autorités de l’Union et les organisations internationales; remarque que l’AFA a évolué au fil des ans, grâce à une série de décisions distinctes qui ont abouti à un réseau innovant d’entités; souligne que la coordination de leurs activités ces dernières années a permis d’acquérir une expérience précieuse, dont il conviendra de tenir compte lors de la future révision des règlements pertinents; insiste sur le fait que la création du Parquet européen a donné naissance à la première autorité européenne chargée des poursuites, ce qui a permis de mener des enquêtes et des poursuites directes et rapides en matière pénale; relève que les enseignements tirés de ses premières années d’activité doivent être dûment intégrés dans le cadre législatif, afin de tirer pleinement parti des outils et des ressources disponibles; souligne qu’il importe de préciser les mandats des différentes institutions, organismes, bureaux et agences de l’Union afin de minimiser les risques de chevauchement et de double emploi et de garantir ainsi l’efficacité du fonctionnement de l’AFA; |
| 70. | se félicite que le rapport PIF 2023 intègre les principaux résultats administratifs et judiciaires obtenus par l’OLAF et le Parquet européen, ce qui répond aux nombreuses demandes du Parlement en faveur d’un rapport plus complet sur les actions menées par les composantes de l’AFA; estime toutefois qu’il convient de remédier aux différences de nature, de portée et de granularité entre les deux rapports et d’indiquer clairement les domaines de coopération; juge que les différences entre les chiffres fournis par l’OLAF, le Parquet européen et le rapport PIF 2023 sont justifiées dans les circonstances actuelles; souligne que les organismes de signalement dans les États membres ne peuvent signaler des enquêtes pénales que lorsque les autorités judiciaires compétentes leur donnent l’autorisation de le faire; précise que cela implique que le Parquet européen et l’OLAF communiquent des données sur des enquêtes en cours, mais que les organismes de signalement ne sont souvent pas en mesure d’introduire ces informations dans la base de données du SGI, pour des raisons de confidentialité et de bon déroulement des enquêtes; constate que ces cas entraînent une divergence dans les données («delta») qui ne peut être éliminée qu’une fois que les enquêtes sont achevées et que les données pertinentes sont communiquées à la Commission afin qu’elles puissent être incluses dans un futur rapport PIF; |
| 71. | se félicite qu’en mai 2023, la Commission ait adopté un ensemble de mesures de lutte contre la corruption, qui comprend une proposition de directive dans ce domaine; estime que la prévention de la corruption et les poursuites en la matière doivent être renforcées; invite la Commission à surveiller plus attentivement la bonne application des mesures dans les États membres; |
| 72. | salue la mise en place d’un réseau de lutte contre la corruption, qui s’est réuni pour la première fois le 20 septembre 2023; estime qu’une cartographie des zones à haut risque de corruption pourrait contribuer efficacement au développement de la stratégie anticorruption de l’Union; |
| 73. | souligne l’importance de l’état de droit comme l’une des valeurs fondamentales de l’Union et rappelle que le mécanisme de conditionnalité liée à l’état de droit est essentiel pour garantir que les États membres continuent à respecter les principes en la matière; reste vivement préoccupé par la situation de l’état de droit dans certains États membres, laquelle est particulièrement inquiétante en soi et peut en outre entraîner de graves pertes pour le budget de l’Union; invite la Commission à assurer une application stricte et rapide de tous les éléments du mécanisme lorsque les États membres enfreignent les principes de l’état de droit et lorsque cela porte atteinte ou risque de porter atteinte aux intérêts financiers de l’Union; insiste en outre sur la nécessité d’une cohérence entre les différents instruments lors de l’évaluation de la situation de l’état de droit dans les États membres; |
| 74. | relève que le quatrième rapport sur l’état de droit, adopté par la Commission en février 2024 pour l’année 2023, dresse le bilan des recommandations formulées dans le rapport sur l’état de droit de l’année précédente; observe que, dans le cadre de la lutte contre la corruption, plusieurs États membres ont mis à jour ou commencé à réviser leurs stratégies ou plans d’action nationaux, tandis que d’autres ont réformé le droit pénal afin de renforcer la lutte contre la corruption; constate que, pour de nombreux États membres, le principal obstacle à la lutte contre la corruption est le manque de ressources des ministères publics; invite la Commission à continuer d’encourager les États membres à réformer leurs procédures pénales pour les rendre plus efficaces; prie la Commission de soutenir les efforts déployés par les États membres en ce sens; l’incite à s’attaquer aux autres défis recensés dans le rapport; rappelle à la Commission les outils dont elle dispose pour protéger l’état de droit, tels que les procédures d’infraction, la conditionnalité du financement et les procédures prévues à l’article 7 du traité sur l’Union européenne, et s’attend à ce qu’elle fasse pleinement usage de toute cette panoplie; souligne à cet égard que le nouveau règlement financier introduit une conditionnalité relative aux valeurs de l’article 2 du traité UE et invite la Commission à commencer à l’appliquer, en particulier dans les cas où des procédures d’infraction ont déjà été lancées contre un État membre pour violation consacrées à l’article 2 du traité UE, car cela constitue une reconnaissance claire d’une violation continue qui pourrait également avoir une incidence sur la bonne gestion financière du budget de l’Union; |
| 75. | prend acte de la décision de la Commission de ne pas lever la mesure prévue à l’article 2, paragraphe 2, de la décision d’exécution (UE) 2022/2506 du Conseil du 15 décembre 2022 relative à des mesures de protection du budget de l’Union contre les violations des principes de l’État de droit en Hongrie (39); attend de la Commission et du Conseil qu’ils lèvent les mesures adoptées uniquement lorsqu’il est prouvé que les mesures correctives adoptées par le gouvernement hongrois se sont révélées efficaces dans la pratique et, en particulier, qu’aucune régression n’a été constatée en ce qui concerne les mesures déjà adoptées; condamne les menaces, telles que l’espionnage, auxquelles est exposé le personnel des institutions de l’Union, comme le personnel de l’OLAF lors de ses missions d’enquête en Hongrie; souligne que de telles actions portent gravement atteinte à l’état de droit et à l’intégrité des institutions de l’Union; demande la mise en place rapide de mesures de protection solides pour protéger le personnel des institutions de l’Union en mission; invite les autorités hongroises à prendre des mesures immédiates et concrètes pour préserver l’indépendance de la justice, défendre la liberté des médias et mettre pleinement en œuvre les recommandations du rapport de la Commission sur l’état de droit afin de rétablir le système démocratique de contre-pouvoirs; demande instamment au Conseil de poursuivre la procédure prévue à l’article 7 à l’encontre du gouvernement hongrois; |
| 76. | souligne que le respect de l’état de droit, y compris la lutte contre la corruption, est un facteur clé de l’environnement du marché unique qui favorise l’investissement, la croissance, l’emploi et l’innovation, et protège les petites et moyennes entreprises et les opérateurs économiques exerçant des activités transfrontières; insiste sur le fait que la Commission a pour responsabilité de vérifier rigoureusement le respect des jalons liés à l’état de droit intégrés dans les différents PRR des États membres, condition nécessaire au versement des fonds; rappelle que le commissaire chargé de la démocratie, de la justice, de l’état de droit et de la protection des consommateurs, en étroite coordination avec le commissaire chargé du budget, de la lutte antifraude et de l’administration publique, qui a été récemment nommé, est responsable au premier chef de la pleine application du régime général de conditionnalité; demande à la Commission de ne pas utiliser le «dialogue» avec les États membres ou la procédure «pilote» comme outils dépourvus de terme clair, afin de ne jamais avoir à lancer de véritables procédures en manquement; invite en outre la Commission à privilégier horizontalement les infractions portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union, en particulier en ce qui concerne la directive PIF et le règlement sur le Parquet européen (40); se félicite de la déclaration contenue dans les orientations politiques de la Commission sur l’importance de l’état de droit pour les fonds de l’Union ainsi que de l’engagement pris par le commissaire chargé du budget, de la lutte antifraude et de l’administration publique d’introduire des garanties solides en matière d’état de droit dans le prochain CFP; |
| 77. | estime que la protection des valeurs communes de l’Union consacrées à l’article 2 du traité UE, actuellement incluse dans le règlement portant dispositions communes, doit être encore renforcée; invite la Commission à étudier comment un mécanisme équivalent aux conditions favorisantes horizontales pourrait être élaboré comme caractéristique générale dans tous les domaines du budget de l’Union, afin de relier un éventail plus large de politiques à toutes les valeurs énoncées à l’article 2 du traité UE; invite la Commission à étudier les moyens de lier le financement aux conditions de l’état de droit et à la réalisation des réformes nécessaires afin de garantir une approche globale, appliquée horizontalement à tous les fonds de l’Union; invite la Commission à poursuivre une approche globale et à présenter en priorité des propositions visant à renforcer encore la panoplie d’instruments de l’Union en matière d’état de droit, y compris une conditionnalité renforcée en matière d’état de droit pour les fonds déjà déployés au cours de la période de programmation actuelle; |
| 78. | souligne que la corruption est intrinsèquement liée au blanchiment de capitaux et que celui-ci est l’un des principaux vecteurs d’activités illégales des organisations criminelles, car il leur permet de réinsérer dans l’économie légale leurs profits illicites; reconnaît que l’hétérogénéité des systèmes juridiques nationaux et l’application fragmentée du cadre de lutte contre le blanchiment de l’Union ont compliqué la prévention et la détection du blanchiment de capitaux ainsi que la lutte contre ce fléau; se félicite, à cet égard, de l’adoption de l’ambitieux paquet législatif relatif à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, qui unifiera les règles nationales et renforcera ainsi la lutte collective contre le blanchiment de capitaux dans l’ensemble de l’Union; se félicite de la mise en place de la nouvelle Autorité de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (ALBC); considère que la nouvelle agence jouera un rôle central dans le nouveau cadre de lutte contre le blanchiment de capitaux grâce à ses responsabilités en matière de coordination et de surveillance; rappelle que le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme sont intrinsèquement liés, et demande au Parquet européen, à l’OLAF et à la Cour des comptes européenne de jouer un rôle plus important dans la lutte contre ces phénomènes; |
| 79. | partage l’avis selon lequel la protection des intérêts financiers de l’Union a été renforcée par la refonte du règlement financier; souligne que le champ d’application d’EDES a été étendu pour englober la gestion partagée et directe et prévoir de nouveaux motifs d’exclusion; se félicite de la création d’une base juridique permettant que tous les États membres utilisent un même outil de calcul de risques et d’exploration de données dans tous les modes de gestion; regrette que ces deux mesures n’entrent en vigueur qu’en 2028, à partir du prochain CFP, ce qui se traduira par plusieurs années supplémentaires sans transparence complète en ce qui concerne les bénéficiaires finaux des fonds de l’Union et par une occasion cruciale manquée d’utiliser ces données pour renforcer les garanties contre la corruption et la fraude; |
| 80. | se réjouit de l’adoption d’un plan d’action révisé (41) qui actualise la stratégie antifraude de la Commission de 2019; relève qu’il comprend 44 actions regroupées en sept thèmes qui couvrent, en particulier, la numérisation, la coopération, la FRR, la fraude douanière et le renforcement de la culture de l’éthique et de la lutte contre la fraude; |
| 81. | souligne que le programme de l’Union en matière de lutte contre la fraude (PULF) est le seul programme de dépenses spécifiquement consacré à la lutte contre la fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union; relève que le PULF apporte un soutien approprié aux autorités de tous les États membres en tant que composantes du niveau externe de l’AFA, afin de renforcer la lutte contre la fraude; observe qu’il dispose de la flexibilité nécessaire pour s’adapter au paysage de la lutte contre la fraude, en constante évolution; remarque qu’il suit la même période de sept ans (2021-2027) que le CFP en cours; note que, jusqu’à présent, 55 % de la mise en œuvre totale du PULF a contribué à la transition numérique; |
| 82. | invite la Commission à s’appuyer sur le succès du PULF; encourage le commissaire chargé du budget, de la lutte antifraude et de l’administration publique à considérer ce programme comme un modèle à reprendre plus largement dans le prochain CFP, afin de soutenir les États membres dans leurs efforts de protection des intérêts financiers de l’Union, mandat qui a été confié au commissaire dans sa lettre de mission; |
| 83. | se félicite de la première demande d’association au titre du PULF reçue en 2023 de la part d’un pays tiers, à savoir l’Ukraine, avec lequel un accord d’association couvrant sa participation au programme a été négocié et adopté en mars 2024; |
| 84. | se déclare préoccupé par le fait que la dernière évaluation intermédiaire d’Hercule III réalisée par la Commission a mis en évidence des aspects susceptibles d’avoir entravé l’efficacité du programme, notamment le fait que les administrations de certains États membres ne disposaient pas des ressources nécessaires pour faire face aux exigences administratives du programme; |
| 85. | constate que le Parquet européen a recommandé plusieurs fois de renforcer la capacité de détection des composantes pertinentes de l’AFA; rappelle que, conformément à la stratégie antifraude de la Commission, il convient de mettre l’accent sur l’analyse de données en tant qu’outil de détection de la fraude; souligne, à cet égard, qu’il importe d’harmoniser les définitions afin d’obtenir des données comparables dans l’ensemble de l’Union; encourage la Commission à renforcer l’utilisation du SGI pour soutenir l’analyse des risques menée par les auditeurs lors de la préparation des activités d’audit; invite l’OLAF à élargir son offre de formation à l’intention du personnel de la Commission, y compris des auditeurs et des acteurs concernés du circuit des flux financiers; |
| 86. | est conscient que la structure décentralisée du Parquet européen implique une interaction entre le droit national et le droit de l’Union, ainsi qu’entre les autorités nationales et le Parquet européen; relève que le Parquet européen fonctionne sur la base des règlements de l’Union directement applicables, mais qu’il requiert également des mesures d’exécution adéquates, qui doivent être adoptées par transposition de la directive PIF et d’autres actes pertinents de l’Union dans le droit national; invite la Commission à veiller à ce que la législation nationale soit pleinement conforme au règlement sur le Parquet européen et à la directive PIF, à engager des procédures d’infraction et à proposer la révision de ces textes, afin que le Parquet européen exerce son mandat plus efficacement; |
| 87. | prend acte des résultats de l’évaluation de la conformité des mesures adoptées par les États membres en vue d’adapter leurs systèmes au règlement sur le Parquet européen (42), qui a été présentée en septembre 2023; regrette que de nombreuses situations ne soient toujours pas optimales et n’aient pas encore trouvé de solution, car elles amoindrissent l’efficacité des enquêtes pénales aux fins de la protection des intérêts financiers de l’Union; attire l’attention, en particulier, sur la répartition des compétences entre les ministères publics nationaux et le Parquet européen; souligne également que le règlement sur le Parquet européen prévoit que le Parquet européen est informé, directement et sans retard indu, des affaires à l’égard desquelles il pourrait exercer sa compétence; invite la Commission à vérifier régulièrement que les États membres respectent pleinement le règlement sur le Parquet européen et signalent rapidement et directement au Parquet européen leurs soupçons de fraude dans des domaines relevant de sa compétence; |
| 88. | se déclare préoccupé par le fait que, dans de nombreux États membres, l’autorité nationale désignée statuant sur les désaccords entre le Parquet européen et les autorités nationales sur la question de savoir quelle juridiction est compétente pour poursuivre dans une affaire n’est pas une «cour» ou un «tribunal»; invite la Commission à vérifier régulièrement si les États membres respectent pleinement l’article 25, paragraphe 6, et l’article 42, paragraphe 2, point c), du règlement sur le Parquet européen, qui prévoit la possibilité d’un recours devant la Cour de justice de l’Union européenne contre une décision d’une autorité nationale relative à l’attribution de compétences; |
| 89. | souligne que l’autonomie et l’indépendance des actions du Parquet européen pourraient se retrouver limitées par le contrôle actuel des ressources et équipements «nécessaires» des procureurs européens délégués effectué par les autorités nationales ainsi que par la nécessité de se référer aux mesures prises par les autorités nationales quant aux «dispositions adéquates» en matière de sécurité sociale, de pensions et de couverture d’assurance; invite la Commission à proposer des solutions satisfaisantes lors de la prochaine révision du règlement sur le Parquet européen; |
| 90. | relève que la transposition de la directive PIF diffère d’un État membre à l’autre, ce qui, dans certains cas, a une incidence sur l’exercice transfrontière des compétences du Parquet européen; invite la Commission à veiller à la bonne mise en œuvre de la directive PIF et à proposer sa révision, sur la base de l’expérience acquise; |
| 91. | souligne que l’article 25, paragraphe 3, du règlement sur le Parquet européen, qui précise l’exercice de la compétence du Parquet européen en cas d’infractions ne portant pas atteinte aux intérêts financiers de l’Union, mais indissociablement liées à des infractions portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union, soulève des questions juridiques et pratiques; affirme que cet article doit être rationalisé pour rendre plus exploitable le cadre juridique du Parquet européen; invite la Commission à proposer des solutions satisfaisantes lors de la prochaine révision du règlement sur le Parquet européen afin de renforcer la capacité de ce dernier à enquêter sur la criminalité organisée transnationale; |
| 92. | réaffirme (43) le rôle important du Parquet européen dans la protection de l’état de droit et la lutte contre la corruption dans l’Union; encourage la Commission à suivre de près le niveau de coopération des États membres avec le Parquet européen dans ses rapports sur l’état de droit; se félicite de l’adhésion de la Pologne et de la Suède au Parquet européen; prend acte avec satisfaction de l’annonce récente par l’Irlande de son intention d’y participer; demande au gouvernement de la Hongrie, seul État membre n’ayant pas encore adhéré au Parquet européen malgré l’absence de tout obstacle juridique ou constitutionnel, à y adhérer sans plus tarder; rappelle qu’un large soutien public à l’adhésion de la Hongrie au Parquet européen a été démontré par la collecte de 680 000 signatures en faveur de cette adhésion, ce qui fait ressortir une forte demande sociétale pour des garanties juridiques renforcées contre la fraude et la corruption affectant les intérêts financiers de l’Union; |
| 93. | réclame de nouveau un échange de vues sur la possibilité de clarifier la compétence du Parquet européen dans le cadre de son mandat, tel que défini dans les traités, en ce qui concerne la protection des intérêts financiers de l’Union; |
| 94. | constate qu’en 2023, la coopération entre les acteurs concernés s’est accrue; relève que fin 2023, le Parquet européen et Eurojust collaboraient sur 26 affaires en cours; observe qu’en 2023, le Parquet européen et Europol ont coopéré efficacement sur diverses questions opérationnelles; remarque que cette coopération a presque doublé en 2023, Europol ayant apporté son soutien dans 47 affaires à la demande du Parquet européen; invite la Commission à encourager le Parquet européen et Europol à préciser les critères d’efficacité sur la base desquels ils opèrent; |
| 95. | salue les efforts déployés par l’OLAF et le Parquet européen pour renforcer leur coopération; relève que ces deux organes échangent des informations pour éviter de mener des enquêtes parallèles sur les mêmes dossiers; constate qu’en 2023, 22 enquêtes complémentaires ont été ouvertes par l’OLAF et que le Parquet européen a demandé quatre enquêtes complémentaires; prend note du fait que les synergies résultant du recours à des enquêtes complémentaires (au titre de l’article 12 septies du règlement sur l’OLAF) et à des enquêtes de soutien (au titre de l’article 12 sexies du règlement sur l’OLAF) ne sont pas optimales; invite la Commission à se pencher sur les causes juridiques et opérationnelles de cette situation lors de la révision de sa réglementation; |
| 96. | se déclare préoccupé par le manque d’analyse et d’informations précises sur les recouvrements au profit du budget de l’Union qui devraient suivre les enquêtes de l’OLAF et du Parquet européen; admet que l’incidence de l’AFA sur la sécurité des citoyens et sur l’application de l’état de droit dans l’Union ne se mesure pas uniquement en quantifiant les recouvrements financiers; insiste toutefois pour que les résultats des efforts déployés pour créer l’AFA soient aussi mesurables et concrets que possible, au moins en ce qui concerne les aspects budgétaires; souligne que les effets des activités mises en œuvre pour la protection des intérêts financiers de l’Union devraient être évalués et pris en considération dans la répartition des ressources et la définition des mandats; |
| 97. | constate que la Commission doit encore fournir des données sur les recouvrements au profit du budget de l’Union à la suite des activités du Parquet européen qui lui ont été notifiées, conformément à l’article 103, paragraphe 2, du règlement sur le Parquet européen, et que cette question fait partie de la lettre de mission du commissaire au budget, à la lutte antifraude et à l’administration publique; observe que le gel des avoirs est essentiel pour lutter contre la criminalité affectant le budget de l’Union, et qu’un certain temps est nécessaire pour convertir le gel en confiscations et recouvrements effectifs; souligne qu’il n’est pas prévu que le montant confisqué réintègre par défaut le budget de l’Union; note que, conformément à l’article 38 du règlement sur le Parquet européen, les recettes potentielles résultant des mesures de saisie et de confiscation prises par les procureurs européens délégués dans les États membres devraient réintégrer le budget de l’Union et pourraient y être comptabilisées en tant que recettes non affectées; invite la Commission à prendre les dispositions nécessaires, en collaboration avec les autorités nationales compétentes, pour que ces montants soient inscrits au budget de l’Union; |
| 98. | souligne que les données relatives aux recouvrements effectifs opérés à la suite de recommandations financières de l’OLAF ne sont pas publiées dans le rapport annuel de l’OLAF ni dans aucun autre rapport officiel de la Commission; regrette que seules des données agrégées soient mises à disposition et qu’elles se réfèrent à 2 299 recommandations financières émises par l’OLAF entre 2012 et 2023 pour un montant total d’environ 9 milliards d’EUR; remarque que l’analyse des chiffres disponibles laisse entrevoir une marge d’amélioration considérable; observe un écart important entre les montants que l’OLAF recommande de recouvrer, les montants jugés recouvrables par les services de la Commission et les montants effectivement recouvrés; se déclare préoccupé par les faibles taux de recouvrement des dépenses indues (34 % pour les activités en gestion partagée, 11 % pour les activités en gestion indirecte et seulement 22 % pour le recouvrement en gestion directe); invite la Commission à fournir des données suffisamment détaillées sur la reprise et à évaluer les raisons de l’écart de recouvrement; souligne qu’il faut que l’OLAF et la Commission conviennent de critères d’évaluation communs et les appliquent de manière cohérente, afin d’assurer une plus grande convergence et une plus grande clarté, et d’améliorer ainsi l’efficience et l’efficacité de l’évaluation du recouvrement financier; souligne que le recouvrement consécutif à une recommandation de l’OLAF et aux enquêtes du Parquet européen constitue une mesure importante de l’efficacité de l’AFA et demande davantage de transparence à cet égard; |
Niveau externe de l’AFA de l’Union – mesures clés à l’échelle nationale pour 2023
| 99. | constate que le niveau global de mise en œuvre par les États membres des recommandations de la Commission formulées dans le rapport PIF 2022 est jugé satisfaisant; souligne toutefois que des différences importantes persistent entre les États membres; s’inquiète en particulier des cas de notification inadéquate des irrégularités par certains États membres par l’intermédiaire du SGI; rappelle que l’établissement de rapports est obligatoire en vertu de la réglementation en vigueur; encourage l’OLAF à renforcer ses actions de surveillance et de suivi en vue de l’uniformisation des rapports dans l’ensemble de l’Union; |
| 100. | invite la Commission à vérifier que les pays bénéficiant de l’aide de préadhésion procèdent à un signalement exhaustif dans le SGI; se félicite des initiatives de la direction générale du voisinage et des négociations d’élargissement visant à faire respecter l’obligation incombant aux pays candidats de signaler régulièrement les irrégularités dans le SGI; |
| 101. | encourage les États membres à signaler dans le SGI les irrégularités liées à la FRR, conformément aux recommandations de la Cour des comptes; invite la Commission à faciliter cette utilisation du SGI par les États membres, en proposant des formations, des séminaires et des échanges de bonnes pratiques; |
| 102. | se félicite de la participation de la Suède et de la Pologne au Parquet européen, décidée en 2024, ainsi que de l’objectif du nouveau gouvernement irlandais d’adhérer au Parquet européen; insiste pour que les États membres qui ne participent pas encore rejoignent le Parquet sans délai; invite la Commission à encourager la participation au Parquet européen au moyen de mesures positives; |
| 103. | rappelle que la coopération inefficace ou tardive des États membres, voire leur manque de coopération, avec le Parquet européen et l’OLAF constitue un motif d’action au titre du règlement sur la conditionnalité; invite la Commission à tenir dûment compte de toutes les informations fournies par le Parquet européen et l’OLAF sur les situations dans lesquelles les États membres ne respectent pas leurs obligations; |
| 104. | souligne que les stratégies nationales de lutte contre la fraude (SNLF) constituent l’outil de coordination le plus efficace entre les différentes autorités nationales, régionales et sectorielles et les nombreuses entités locales chargées des tâches qui constituent le cycle de lutte contre la fraude; relève qu’en 2023, 21 États membres sur 27 ont déclaré avoir une SNLF; observe que sur ces 21 États membres, seuls dix disposaient d’une SNLF complète (44), tandis que 11 États membres n’avaient mis en place que des stratégies sectorielles plutôt que nationales; reconnaît que l’approche adoptée par les États membres dans leurs stratégies de lutte contre la fraude est aujourd’hui très variable; regrette que six États membres n’aient pas du tout de SNLF; déplore vivement cette situation fort insatisfaisante, qui compromet l’intégrité des dépenses de l’Union et sape la confiance des citoyens dans ses institutions; |
| 105. | est d’avis qu’une évaluation périodique des cadres de lutte contre la fraude serait bénéfique pour les États membres; prie la Commission d’encourager les États membres à procéder à des évaluations indépendantes ou par des pairs de leurs cadres de lutte contre la fraude, afin qu’ils soient plus cohérents et s’efforcent de respecter des normes élevées; |
| 106. | souhaite que la Commission propose des initiatives concrètes clarifiant le rapport entre l’adoption des SNLF par les États membres et le niveau de soutien financier qu’ils reçoivent, voire envisage de définir un lien entre les deux; |
| 107. | demande à la Commission de lancer, en vue de la révision du règlement sur l’OLAF, un exercice de suivi de l’état d’avancement des services de coordination antifraude établis dans les États membres; encourage la Commission à prévoir de mettre à jour et de redéfinir leur structure, leur rôle, leurs responsabilités et leur mandat; regrette que les effectifs de la majorité des services de coordination antifraude dans les États membres ne soient pas optimaux; souligne qu’il faut garantir des niveaux d’expertise suffisants parmi le personnel des structures nationales de coordination de la lutte contre la fraude; invite la Commission à encourager et à aider les États membres à traiter ces questions en priorité, y compris dans le cadre du cycle du Semestre européen; |
| 108. | souligne le rôle joué par les pouvoirs publics dans la promotion d’une culture de tolérance zéro à l’égard de la fraude et insiste, en particulier, sur l’importance de la prévention de la fraude afin que la fraude, la corruption, les conflits d’intérêts et d’autres détournements de fonds soient évités d’emblée; rappelle que la transposition correcte de la directive PIF, adoptée le 5 juillet 2017, est essentielle pour la protection du budget de l’Union, pour la mise en œuvre de toutes les politiques de l’Union pour lesquelles des fonds de l’Union sont utilisés, y compris dans le cadre du déploiement de la FRR, et pour établir le champ d’application des enquêtes et des poursuites par le Parquet européen, dont la compétence est établie par référence à la directive PIF, telle que mise en œuvre par le droit national; attend des autorités nationales – y compris des gouvernements – de tous les États membres qu’elles condamnent sans équivoque la fraude, la corruption, les conflits d’intérêts et toute autre utilisation abusive des fonds publics, en adoptant une démarche volontariste dans la protection des intérêts financiers de l’Union au moyen de mesures efficaces dans des domaines tels que l’évaluation des risques, la communication et le partage d’informations, ainsi que la formation du personnel; invite la Commission à intervenir en temps utile au moyen de procédures d’infraction afin de garantir la transposition cohérente de la directive PIF ainsi que la responsabilité effective – et les sanctions – des personnes morales et physiques; |
| 109. | réaffirme que les lanceurs d’alerte jouent un rôle essentiel pour améliorer la détection de la fraude ainsi que les enquêtes et les poursuites en la matière; constate que, fin 2023, 24 États membres avaient adopté une législation nationale transposant la directive sur les lanceurs d’alerte et déclaré que la transposition était complète; regrette néanmoins qu’en mars 2023, après analyse des mesures nationales adoptées, la Commission ait été obligée d’introduire un recours contre six États membres devant la Cour de justice pour non-transposition de la directive et non-communication des mesures de transposition, en demandant à la Cour d’imposer des sanctions financières; juge également inquiétantes les procédures d’infraction (45) en cours contre six États membres supplémentaires; invite la Commission à surveiller plus attentivement les mesures de transposition nationales et à présenter un rapport au Parlement sur ce sujet; souligne que le Parlement lui-même doit également veiller d’urgence à la bonne transposition de la directive, comme le confirme l’arrêt de la CJUE du 11 septembre 2024, qui a constaté que le cadre actuel du Parlement n’offre pas une protection équilibrée et efficace contre les représailles; invite le Parlement à adopter immédiatement des règles strictes conformes à la directive pour protéger ses propres lanceurs d’alerte; |
| 110. | relève que, fin 2023, la division d’enquête de la BEI avait saisi le Parquet européen 10 fois et l’OLAF 17 fois; prend acte du fait que les entités dont cette division d’enquête a constaté qu’elles se livraient à des pratiques interdites peuvent être exclues pendant une période déterminée de tout marché ou de toute relation avec la BEI, c’est-à-dire ne peuvent plus y prétendre; observe qu’en 2023, ces procédures ont abouti à l’exclusion de cinq opérateurs économiques pour une durée d’au moins trois ans; relève que cinq autres entreprises ont conclu des accords de règlement amiable qui imposent des conditions à leur capacité à prétendre aux marchés et aux relations; |
Dimension externe de la protection des intérêts financiers de l’Union
| 111. | se réjouit de la réaction de la Commission à son appel à renforcer le suivi et le contrôle des fonds au titre de l’instrument «L’Europe dans le monde» et de l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale pour l’assistance aux pays tiers, ainsi que dans le cadre de la communication conjointe avec le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (46); salue les efforts continus déployés par la Commission pour veiller à ce que les mesures de lutte contre la corruption soient intégrées dans les instruments d’action extérieure de l’Union; recommande une nouvelle fois de suspendre l’appui budgétaire et de désengager les fonds en faveur des pays tiers, y compris des pays candidats, dont les autorités ne prennent manifestement aucune véritable mesure contre la corruption généralisée, sans toutefois cesser de soutenir la population de ces pays; souligne que le respect des valeurs de l’Union et l’engagement à les promouvoir constituent une condition préalable essentielle pour tous les partenaires qui aspirent à y adhérer; réaffirme que l’adhésion à l’Union est un processus fondé sur le mérite, dans le cadre duquel chaque candidat est évalué en fonction de ses propres mérites et de son respect des critères de Copenhague; considère que, lors de l’application de la méthodologie révisée de l’élargissement, il convient d’accorder une attention particulière aux réformes fondamentales, et d’appliquer une conditionnalité équitable et rigoureuse ainsi qu’une réversibilité en cas de revers; estime que des outils appropriés doivent être utilisés pour garantir que les pays candidats respectent concrètement et durablement l’état de droit, les principes démocratiques et les droits fondamentaux, tant avant qu’après leur adhésion à l’Union; |
| 112. | observe que, dans le contexte de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, cette dernière continuera d’avoir besoin d’un soutien substantiel dans le CFP actuel et le prochain et, dans la perspective d’un accord de paix juste et durable, d’une aide à la reconstruction d’après-guerre, y compris en ce qui concerne les services et les réformes du gouvernement central; |
| 113. | estime que les trois piliers de la facilité pour l’Ukraine pourraient être remaniés en conséquence; est d’avis que la reconstruction devrait correspondre aux exigences de préadhésion; souligne l’importance d’une coordination et d’une coopération étroites avec le mécanisme de coordination pour l’Ukraine mis en place par le G7; invite l’Union et tous les États membres à accroître leur soutien à l’Ukraine, tout en mettant en place des mesures appropriées pour protéger les intérêts financiers de l’Union par la prévention, la détection et la correction de la fraude, de la corruption, des conflits d’intérêts et des irrégularités dans l’utilisation des fonds de l’Union, notamment des contrôles plus rigoureux, afin de veiller à ce que les fonds de l’Union envoyés à l’Ukraine et à ses pays voisins fassent l’objet du suivi et des contrôles qui s’imposent et qu’ils profitent à ceux qui en ont le plus besoin; |
| 114. | souligne que le volume sans précédent de soutien financier de l’Union reçu par l’Ukraine ces dernières années et déployé dans les conditions extrêmement défavorables imposées par la guerre en cours implique l’adoption de mesures appropriées pour veiller à ce que ces ressources soient utilisées comme prévu, en particulier lorsqu’elles visent à bénéficier aux infrastructures et aux personnes dans le besoin; |
| 115. | salue le travail accompli par l’OLAF et le Parquet européen pour protéger les intérêts financiers de l’Union en dispensant des formations pour accroître la capacité et l’autonomie administratives, en menant des enquêtes en Ukraine et en convenant d’un arrangement de travail avec le Bureau national ukrainien de lutte contre la corruption afin de faciliter la coopération dans le cadre des enquêtes sur la corruption; invite les organes compétents de l’Union à poursuivre leur coopération avec les autorités ukrainiennes et à leur apporter leur soutien; |
| 116. | reconnaît, à cet égard, les progrès réalisés par l’Ukraine dans l’avancement des réformes liées à l’indépendance du pouvoir judiciaire, au principe de responsabilité, à la lutte contre la corruption et le blanchiment de capitaux, malgré les conditions difficiles créées par la guerre d’agression que mène actuellement la Russie; encourage l’Ukraine à poursuivre sur la voie des réformes, notamment en ce qui concerne l’influence des oligarques en politique; |
| 117. | se félicite des sanctions renforcées que l’Union à jusqu’à présent adoptées à l’encontre de la Russie, et qui comprennent l’interdiction pour les ressortissants et entités russes de participer à des marchés publics dans l’Union ainsi que des restrictions au financement de l’Union pour les entités détenues ou contrôlées par l’État russe; reconnaît toutefois qu’en dépit des mesures actuelles, les personnes et entités faisant l’objet de sanctions à l’encontre de la Russie peuvent encore trouver des moyens de contourner les sanctions et demande, par conséquent, à l’Union et aux États membres de préserver, de renforcer et d’étendre la portée et l’efficacité de la politique de sanctions à l’encontre de la Russie ainsi que de la Biélorussie; |
| 118. | reconnaît que les États membres et leurs autorités compétentes sont responsables de la mise en œuvre et de l’application effectives des sanctions de l’Union, ainsi que de la détection des infractions et de l’imposition de sanctions appropriées; souligne le rôle joué par les autorités douanières et l’importance de leur coopération étroite pour renforcer l’application uniforme des sanctions; se félicite à cet égard de l’Initiative douanière balte; |
| 119. | souligne que l’Union européenne est le principal bailleur d’aide extérieure aux réfugiés palestiniens; souligne que le budget de l’Union doit continuer à soutenir la consolidation de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient, la lutte contre le terrorisme, la haine, le fondamentalisme et la désinformation, ainsi que la promotion des droits de l’homme, la lutte contre l’impunité et le renforcement du respect de l’état de droit; souligne, par conséquent, que les budgets de l’Union ne doivent en aucun cas soutenir des activités qui vont à l’encontre de ces objectifs; constate qu’à la suite des attentats terroristes odieux perpétrés le 7 octobre 2023 par le Hamas et des allégations de détournement de fonds de l’Union au profit du terrorisme, un examen des financements mené par la Commission, qui, bien qu’elle ait conclu qu’aucune preuve n’avait été trouvée, à ce jour, que l’argent avait été détourné à des fins non prévues (y compris pour soutenir des terroristes incarcérés) et qu’elle ait indiqué que les mesures de protection en place fonctionnaient bien, a néanmoins appelé à certaines mesures supplémentaires jugées nécessaires; rappelle que tous les otages capturés par le Hamas doivent être libérés; souligne qu’il importe de veiller à ce que les fonds de l’Union soient effectivement alloués et gérés de manière à atteindre les objectifs visés, même au moyen d’un contrôle par le Parquet européen, l’OLAF et la Cour des comptes européenne, le cas échéant; rappelle le problème persistant de la destruction des projets financés par l’Union à Gaza et en Cisjordanie et demande une plus grande responsabilité et de meilleures garanties dans ce contexte; |
| 120. | souligne que la suspension de l’appui budgétaire dans les pays tiers, y compris les pays candidats, est une mesure appropriée si aucune action n’est véritablement menée contre la corruption généralisée; espère que la priorité sera accordée à la lutte contre la corruption dans le cadre des négociations de préadhésion et au renforcement des capacités par la création d’organes spécialisés dans la lutte contre la corruption; demande à la Commission de continuer, même en cas de suspension du financement, à aider les populations civiles, dans la mesure du possible par d’autres voies; |
| 121. | souligne l’importance de la coopération avec les organisations internationales dans la lutte contre la fraude; regrette le manque de coopération de certaines organisations internationales pour fournir à la Cour des comptes européenne un accès complet, illimité et rapide aux documents nécessaires à l’accomplissement de ses tâches; note que la Commission a intensifié la communication avec les organisations internationales et l’invite à redoubler d’efforts pour garantir l’accès à tous les documents demandés; ° ° ° |
| 122. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission. |
(1) OLAF, Vingt-quatrième rapport de l’Office européen de lutte antifraude, du 1er janvier au 31 décembre 2023, 2023.
(2) JO C, C/2024/5658, 23.9.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5658/oj.
(3) JO L 433 I du 22.12.2020, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2020/2092/oj.
(4) JO L 305 du 26.11.2019, p. 17, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2019/1937/oj.
(5) JO C, C/2024/6743, 26.11.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/6743/oj.
(6) Arrêt de la Cour de justice du 16 février 2022, Hongrie/Parlement européen et Conseil de l’Union européenne, C-156/21, ECLI:EU:C:2022:97.
(7) Arrêt de la Cour de justice du 16 février 2022, Pologne/Parlement européen et Conseil de l’Union européenne, C-157/21, ECLI:EU:C:2022:98.
(8) JO L, 2024/2509, 26.9.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/2509/oj.
(9) Règlement (UE) 2024/1624 du Parlement européen et du Conseil du 31 mai 2024 relatif à la prévention de l’utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux ou du financement du terrorisme (JO L, 2024/1624, 19.6.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/1624/oj).
(10) Règlement (UE) 2024/1620 du Parlement européen et du Conseil du 31 mai 2024 instituant l’Autorité de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et modifiant les règlements (UE) no 1093/2010, (UE) no 1094/2010 et (UE) no 1095/2010 (JO L, 2024/1620, 19.6.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/1620/oj).
(11) Directive (UE) 2024/1640 du Parlement européen et du Conseil du 31 mai 2024 relative aux mécanismes à mettre en place par les États membres pour prévenir l’utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux ou du financement du terrorisme, modifiant la directive (UE) 2019/1937 et modifiant et abrogeant la directive (UE) 2015/849 (JO L, 2024/1640, 19.6.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2024/1640/oj).
(12) JO L 198 du 28.7.2017, p. 29, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2017/1371/oj.
(13) JO L 231 du 30.6.2021, p. 159, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/1060/oj.
(14) Commission européenne, direction générale de la migration et des affaires intérieures, Blondes, E., Disley, E., Hulme, S. et al., «Strengthening the fight against organised crime – Assessing the legislative framework», Office des publications de l’Union européenne, décembre 2022.
(15) Commission européenne, direction générale de la migration et des affaires intérieures, étude réalisée par EY et RAND pour la Commission, «Strengthening the fight against corruption – Assessing the legislative and policy framework», janvier 2023.
(16) Commission européenne, direction générale de la justice et des consommateurs, par Tipik et Spark Legal and Policy Consulting pour la Commission européenne, septembre 2023.
(17) Enquête menée à la demande de la direction générale de la migration et des affaires intérieures (DG HOME) de la Commission et coordonnée par la direction générale de la communication de la Commission.
(18) JO L 172 du 17.5.2021, p. 110, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/785/oj.
(19) JO C, C/2024/5730, 17.10.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5730/oj.
(20) L’OLAF, le Parquet européen, Europol, Eurojust, la Commission, la Cour des comptes européenne, l’Autorité de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (ALBC), la Banque européenne d’investissement (BEI), ainsi que les autorités et le service de coordination antifraude des États membres.
(21) JO L 57 du 18.2.2021, p. 17, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/241/oj.
(22) Décision (UE, Euratom) 2020/2053 du Conseil du 14 décembre 2020 relative au système des ressources propres de l’Union européenne et abrogeant la décision 2014/335/UE, Euratom (JO L 424 du 15.12.2020, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2020/2053/oj).
(23) JO L 300 du 11.11.2008, p. 42, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec_framw/2008/841/oj.
(24) Système électronique utilisé par 35 pays, qui permet de signaler les irrégularités, frauduleuses ou non, détectées dans les États membres.
(25) Rapport spécial no 01/2019 de la Cour des comptes européenne du 10 janvier 2019 intitulé «Dépenses financées par l’UE: des mesures s’imposent pour lutter contre la fraude», points 23 à 28; rapport spécial no 06/2019 de la Cour des comptes européenne du 16 mai 2019 intitulé «La lutte contre la fraude au détriment des dépenses de cohésion de l’UE», points 47 à 57; rapport spécial no 06/2023 de la Cour des comptes du 13 mars 2023 intitulé «Conflits d’intérêts et dépenses agricoles et de cohésion de l’UE: un cadre de prévention bien en place, non sans failles dans les mesures de transparence et de détection», point 80.
(26) Le taux de détection de la fraude exprime le pourcentage des montants financiers irréguliers liés à des irrégularités frauduleuses par rapport au total des paiements. Le taux de détection des irrégularités exprime le pourcentage des montants financiers irréguliers liés à des irrégularités non frauduleuses par rapport au total des paiements.
(27) Rapport spécial no 07/2024 de la Cour des comptes européenne du 7 mai 2024 intitulé «La Commission européenne et le recouvrement des dépenses irrégulières – Le potentiel des systèmes en place est sous-exploité».
(28) Règlement (UE, Euratom) no 883/2013 du Parlement européen et du Conseil du 11 septembre 2013 relatif aux enquêtes effectuées par l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) et abrogeant le règlement (CE) no 1073/1999 du Parlement européen et du Conseil et le règlement (Euratom) no 1074/1999 du Conseil (JO L 248 du 18.9.2013, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2013/883/oj).
(29) Rapport spécial no 11/2025 du 7 avril 2025 intitulé «Transparence des financements accordés par l’Union européenne à des ONG – Malgré des progrès, la vue d’ensemble n’est toujours pas fiable».
(30) Rapport spécial no 05/2024 de la Cour des comptes européenne du 17 avril 2024 intitulé «Registre de transparence de l’UE – Les informations sur les activités de lobbying sont utiles mais limitées».
(31) Communication de la Commission intitulée «Orientations sur les plans pour la reprise et la résilience» (C(2024)4618).
(32) Réponses de la Commission au rapport spécial de la Cour des comptes européenne du 2 septembre 2024 intitulé «Absorption des fonds de la facilité pour la reprise et la résilience – La situation progresse tant bien que mal et des risques subsistent quant à la réalisation des mesures et donc des objectifs de la FRR», p. 4.
(33) Communication de la Commission intitulée «Orientations sur les plans pour la reprise et la résilience» (C(2024)4618).
(34) Rapport spécial no 22/2024 de la Cour des comptes intitulé «Double financement sur le budget de l’UE – Certains éléments essentiels manquent aux systèmes de contrôle pour que le risque accru résultant du modèle de “financement non lié aux coûts” de la FRR puisse être atténué» et ses rapports annuels sur l’exécution du budget de l’UE pour l’exercice 2022.
(35) Document de travail des services de la Commission du 22 janvier 2021 intitulé «Orientations sur les plans pour la reprise et la résilience des États membres» (SWD(2021)0012).
(36) Règlement (UE) 2024/903 du Parlement européen et du Conseil du 13 mars 2024 établissant des mesures destinées à assurer un niveau élevé d’interopérabilité du secteur public dans l’ensemble de l’Union (règlement pour une Europe interopérable) (JO L, 2024/903, 22.3.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/903/oj).
(37) Règlement (UE) 2024/1689 du Parlement européen et du Conseil du 13 juin 2024 établissant des règles harmonisées concernant l’intelligence artificielle et modifiant les règlements (CE) no 300/2008, (UE) no 167/2013, (UE) no 168/2013, (UE) 2018/858, (UE) 2018/1139 et (UE) 2019/2144 et les directives 2014/90/UE, (UE) 2016/797 et (UE) 2020/1828 (règlement sur l’intelligence artificielle) (JO L 2024/1689, 12.7.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/1689/oj).
(38) Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données, et abrogeant la directive 95/46/CE (JO L 119 du 4.5.2016, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2016/679/oj).
(39) JO L 325 du 20.12.2022, p. 94, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec_impl/2022/2506/oj.
(40) Règlement (UE) 2017/1939 du Conseil du 12 octobre 2017 mettant en œuvre une coopération renforcée concernant la création du Parquet européen (JO L 283 du 31.10.2017, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2017/1939/oj).
(41) Communication de la Commission du 11 juillet 2023 intitulée «Plan d’action de la stratégie antifraude de la Commission – révision 2023» (COM(2023)0405), accompagnée du document de travail des services de la Commission du 11 juillet 2023 intitulé «Plan d’action – révision 2023» (SWD(2023)0245).
(42) JUST/2022/PR/JCOO/CRIM/0004 – contrat-cadre JUST/2020/PR/03/0001 relatif aux services d’analyse juridique, y compris l’évaluation de la conformité des mesures nationales de transposition dans les domaines de la justice et de la politique des consommateurs.
(43) Résolution du Parlement européen du 28 février 2024 intitulée «Rapport sur le rapport 2023 de la Commission sur l’état de droit».
(44) Sur ces dix SNLF, l’une ne couvre pas toutes les étapes du cycle de lutte contre la fraude, l’une n’adopte pas de perspective pluriannuelle et deux doivent être mises à jour.
(45) Rapport de la Commission du 3 juillet 2024 sur la mise en œuvre et l’application de la directive (UE) 2019/1937 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2019 sur la protection des personnes qui signalent des violations du droit de l’Union (COM(2024)0269).
(46) Communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 3 mai 2023 sur la lutte contre la corruption (JOIN(2023)0012).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/573/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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