P10_TA(2025)0091 — Stratégie européenne de résilience pour l’eau — Résolution du Parlement européen du 7 mai 2025 sur la stratégie européenne de résilience pour l’eau (2024/2104(INI))
| CELEX | 52025IP0091 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 7 mai 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/576 | 24.2.2026 |
P10_TA(2025)0091
Stratégie européenne de résilience pour l’eau
Résolution du Parlement européen du 7 mai 2025 sur la stratégie européenne de résilience pour l’eau (2024/2104(INI)) (*1)
(C/2026/576)
Le Parlement européen,
| — | vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE), et notamment son article 191, |
| — | vu l’accord adopté lors de la 21e conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21) à Paris le 12 décembre 2015 (ci-après l’«accord de Paris»), |
| — | vu le programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies et les objectifs de développement durable (ODD), en particulier l’ODD no 6 relatif à l’eau propre et à l’assainissement, |
| — | vu le cadre mondial de Kunming-Montréal en matière de biodiversité, adopté en décembre 2022, |
| — | vu la convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants, du 22 mai 2001, |
| — | vu les principes de précaution et d’action préventive, sur le principe de la correction, par priorité à la source, des atteintes à l’environnement et sur le principe du pollueur-payeur, consacrés à l’article 191, paragraphe 2) du traité FUE, |
| — | vu le règlement (UE) 2021/1119 du Parlement européen et du Conseil du 30 juin 2021 établissant le cadre requis pour parvenir à la neutralité climatique et modifiant les règlements (CE) no 401/2009 et (UE) 2018/1999 («loi européenne sur le climat») (1), |
| — | vu la directive 2000/60/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2000 établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau (2) (directive-cadre sur l’eau), |
| — | vu la directive 2006/118/CE du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2006 sur la protection des eaux souterraines contre la pollution et la détérioration (3) (directive sur les eaux souterraines), |
| — | vu la directive 2008/105/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 établissant des normes de qualité environnementale dans le domaine de l’eau, modifiant et abrogeant les directives du Conseil 82/176/CEE, 83/513/CEE, 84/156/CEE, 84/491/CEE, 86/280/CEE et modifiant la directive 2000/60/CE du Parlement européen et du Conseil (4) (directive sur les normes de qualité environnementale), |
| — | vu la directive 2007/60/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2007 relative à l’évaluation et à la gestion des risques d’inondation (5), |
| — | vu la directive (UE) 2020/2184 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2020 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine (6) (directive relative à l’eau potable), |
| — | vu le règlement (UE) 2020/741 du Parlement européen et du Conseil du 25 mai 2020 relatif aux exigences minimales applicables à la réutilisation de l’eau (7) (règlement sur la réutilisation de l’eau), |
| — | vu la directive 2008/56/CE du Parlement européen et du Conseil du 17 juin 2008 établissant un cadre d’action communautaire dans le domaine de la politique pour le milieu marin (directive-cadre «stratégie pour le milieu marin») (8), |
| — | vu la directive (UE) 2024/3019 du Parlement européen et du Conseil du 27 novembre 2024 relative au traitement des eaux résiduaires urbaines (9) (directive révisée relative au traitement des eaux urbaines résiduaires), |
| — | vu la directive (UE) 2024/1785 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 modifiant la directive 2010/75/UE du Parlement européen et du Conseil relative aux émissions industrielles (prévention et réduction intégrées de la pollution) et la directive 1999/31/CE du Conseil concernant la mise en décharge des déchets (10), |
| — | vu la directive 91/676/CEE du Conseil du 12 décembre 1991 concernant la protection des eaux contre la pollution par les nitrates à partir de sources agricoles (11), |
| — | vu le règlement (UE) 2024/1991 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2024 relatif à la restauration de la nature et modifiant le règlement (UE) 2022/869 (12), |
| — | vu la directive (UE) 2022/2557 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 sur la résilience des entités critiques, et abrogeant la directive 2008/114/CE du Conseil (13) (directive sur la résilience des entités critiques), |
| — | vu la directive (UE) 2022/2555 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 concernant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans l’ensemble de l’Union, modifiant le règlement (UE) no 910/2014 et la directive (UE) 2018/1972, et abrogeant la directive (UE) 2016/1148 (directive SRI 2) (14), |
| — | vu la directive 2009/128/CE du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009 instaurant un cadre d’action communautaire pour parvenir à une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable (15), |
| — | vu le règlement (UE) 2021/2115 du Parlement européen et du Conseil du 2 décembre 2021 établissant des règles régissant l’aide aux plans stratégiques devant être établis par les États membres dans le cadre de la politique agricole commune (plans stratégiques relevant de la PAC) et financés par le Fonds européen agricole de garantie (FEAGA) et par le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader), et abrogeant les règlements (UE) no 1305/2013 et (UE) no 1307/2013 (16), |
| — | vu le règlement (UE) 2024/3190 de la Commission du 19 décembre 2024 relatif à l’utilisation du bisphénol A (BPA) et d’autres bisphénols et dérivés des bisphénols faisant l’objet d’une classification harmonisée en raison de propriétés dangereuses spécifiques dans certains matériaux et objets destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires, modifiant le règlement (UE) no 10/2011 et abrogeant le règlement (UE) 2018/213 (17), |
| — | vu la communication de la Commission du 19 février 2025, intitulée «Une vision pour l’agriculture et l’alimentation» (COM(2025)0075), |
| — | vu la communication de la Commission du 11 décembre 2019 intitulée «Le pacte vert pour l’Europe» (COM(2019)0640), |
| — | vu la communication de la Commission du 29 janvier 2025 intitulée «Une boussole pour la compétitivité de l’UE» (COM(2025)0030), |
| — | vu la communication de la Commission du 12 mai 2021 intitulée «Cap sur une planète en bonne santé pour tous – Plan d’action de l’UE: “Vers une pollution zéro dans l’air, l’eau et les sols” » (COM(2021)0400), |
| — | vu la communication de la Commission du 24 février 2021 intitulée «Bâtir une Europe résiliente – la nouvelle stratégie de l’Union européenne pour l’adaptation au changement climatique» (COM(2021)0082), |
| — | vu la communication de la Commission du 18 juillet 2007 intitulée «Faire face aux problèmes de rareté de la ressource en eau et de sécheresse dans l’Union européenne» (COM(2007)0414), |
| — | vu la communication de la Commission du 11 mars 2020 intitulée «Un nouveau plan d’action pour une économie circulaire – Pour une Europe plus propre et plus compétitive» (COM(2020)0098), |
| — | vu la communication de la Commission du 14 novembre 2012 intitulée «Plan d’action pour la sauvegarde des ressources en eau de l’Europe» (COM(2012)0673), |
| — | vu la stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030, |
| — | vu la déclaration de la COP29 sur l’eau pour l’action climatique, approuvée par l’Union européenne, |
| — | vu le pacte européen pour les océans annoncé le 18 juillet 2024 par la présidente de la Commission, Mme von der Leyen, dans ses orientations politiques pour la prochaine Commission européenne (2024-2029), |
| — | vu le plan européen d’adaptation au changement climatique et la stratégie européenne de résilience pour l’eau annoncée le 18 juillet 2024 par la présidente de la Commission, Mme von der Leyen, dans ses orientations politiques pour la prochaine Commission européenne (2024-2029), |
| — | vu le 8 programme d’action pour l’environnement, |
| — | vu sa résolution du 5 octobre 2022 intitulée «L’accès à l’eau en tant que droit de l’homme: la dimension extérieure» (18), |
| — | vu sa résolution du 19 septembre 2024 sur les inondations dévastatrices en Europe centrale et orientale, les pertes de vies humaines et la préparation de l’Union pour agir face à de telles catastrophes amplifiées par le changement climatique (19), |
| — | vu sa résolution du 6 octobre 2022 sur une dynamique pour les océans: renforcer la gouvernance et la biodiversité des océans (20), |
| — | vu sa résolution du 28 novembre 2019 sur l’urgence climatique et environnementale (21), |
| — | vu sa résolution du 14 novembre 2024 sur la conférence des Nations unies sur les changements climatiques de 2024 (COP29) à Bakou, Azerbaïdjan (22), |
| — | Rapport de la Commission du 4 février 2025 au Parlement européen et au Conseil sur la mise en œuvre de la directive-cadre sur l’eau (2000/60/CE) et de la directive «Inondations» (2007/60/CE) – Troisièmes plans de gestion de district hydrographique – Deuxièmes plans de gestion des risques d’inondation (COM(2025)0002) |
| — | vu le rapport spécial no 15/2024 de la Cour des comptes européenne du 16 octobre 2024 intitulé «Adaptation au changement climatique dans l’UE - Les actions ne sont pas à la hauteur des ambitions», |
| — | vu le rapport de l’ancien président finlandais Sauli Niinistö, du 30 octobre 2024, intitulé «Safer Together – Strengthening Europe’s civil and military preparedness and readiness» (Plus sûrs ensemble: renforcer la préparation et l’état de préparation civils et militaires de l’Europe), |
| — | vu le rapport d’Enrico Letta d’avril 2024 intitulé «Much more than a market» (Bien plus qu’un marché), |
| — | vu sa résolution du 17 décembre 2020 sur la mise en œuvre de la législation de l’Union européenne relative à l’eau (23), |
| — | vu le rapport spécial no 33/2018 de la Cour des comptes européenne du 18 décembre 2018, intitulé «Lutte contre la désertification dans l’UE: le phénomène s’aggravant, de nouvelles mesures s’imposent», |
| — | vu l’initiative citoyenne européenne (ICE) sur le droit à l’eau, |
| — | vu sa résolution du 8 septembre 2015 sur le suivi de l’initiative citoyenne européenne «L’eau, un droit humain» (Right2Water) (24), |
| — | vu la résolution 64/292 de l’Assemblée générale des Nations unies du 28 juillet 2010, qui reconnaît le droit de l’homme à l’eau et à l’assainissement, |
| — | vu le dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture de l’Union, |
| — | vu le rapport spécial no 20/2024 de la Cour des comptes européenne du 30 septembre 2024, intitulé «Les plans relevant de la politique agricole commune – Plus verts, mais en deçà des ambitions climatiques et environnementales de l’UE», |
| — | vu le rapport 07/2024 de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), du 15 octobre 2024, intitulé «Europe’s state of water 2024: the need for improved water resilience» (Situation de l’eau en Europe en 2024 - La nécessité d’améliorer la résilience dans le domaine de l’eau) (Rapport 07/2024 de l’AEE), |
| — | vu les conclusions du Conseil «Environnement» du 17 juin 2024 sur le 8e programme d’action pour l’environnement, |
| — | vu le rapport spécial no 20/2021 de la Cour des comptes européenne du 28 septembre 2021 intitulé «La PAC et l’utilisation durable de l’eau dans l’agriculture: des fonds davantage susceptibles d’encourager à consommer plus qu’à consommer mieux», |
| — | vu la déclaration du Comité économique et social européen du 26 octobre 2023 relative à un pacte bleu pour l’Europe, |
| — | vu la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil relative à la surveillance et à la résilience des sols, présentée par la Commission le 5 juillet 2023 («directive sur la surveillance des sols») [COM(2023)0416], |
| — | vu sa position en première lecture du 24 avril 2024 sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant la directive 2000/60/CE établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau, la directive 2006/118/CE sur la protection des eaux souterraines contre la pollution et la détérioration, et la directive 2008/105/CE établissant des normes de qualité environnementale dans le domaine de l’eau (25), |
| — | vu l’article 55 de son règlement intérieur, |
| — | vu l’avis de la commission de l’agriculture et du développement rural, |
| — | vu le rapport de la commission de l’environnement, du climat et de la sécurité alimentaire (A10-0073/2025), |
| A. | considérant que l’eau est essentielle à la vie et à l’humanité; que l’Union doit gérer les ressources en eau présentes et futures efficacement et répondre efficacement aux défis actuels dans le domaine de l’eau, étant donné qu’ils ont une incidence directe sur la santé humaine, l’environnement et ses écosystèmes, les activités stratégiques socio-économiques telles que la production d’énergie, l’agriculture et la sécurité alimentaire, ainsi que la compétitivité de l’Union; |
| B. | considérant que l’eau est une ressource rare et limitée, et que, si 70 % de la surface de la Terre est recouverte d’eau, l’eau douce disponible et utilisable ne représente que 0,5 % de l’eau sur la planète (26); considérant que les montagnes sont de véritables châteaux d’eau et d’importants réservoirs d’eau douce en Europe, les Alpes fournissant à elles seules 40 % de l’eau douce européenne (27); |
| C. | considérant que les eaux souterraines fournissent les deux tiers de l’eau potable de l’Union et soutiennent de nombreux écosystèmes (28); considérant que les services fournis par les écosystèmes d’eau douce représentent plus de 11 000 milliards d’euros en Europe et offrent des bénéfices considérables pour la santé et les loisirs, tels que la pêche à la ligne (29); |
| D. | considérant que le stress hydrique se produit déjà en Europe, touchant 20 % du territoire européen et 30 % de la population en moyenne chaque année, des chiffres susceptibles d’augmenter à l’avenir en raison du changement climatique (30), malgré le fait que l’ensemble des captages d’eau au niveau de l’UE-27 semble avoir diminué de 15 % entre 2000 et 2019; que la multiplication et l’augmentation de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes tels que les sécheresses et les inondations, qui devraient s’accentuer dans un avenir proche, représentent un risque pour la vie humaine, l’activité agricole et la souveraineté alimentaire de l’Union, et que, de ce fait, des régions d'Europe risquent de devenir inhabitables; |
| E. | considérant que 78 % des Européens estiment que l’Union devrait proposer des mesures supplémentaires pour résoudre les problèmes liés à l’eau en Europe, et que 21 % d’entre eux considèrent la pollution comme la principale menace pour l’eau dans leur pays (31); |
| F. | considérant que le droit fondamental à l’eau et à l’assainissement a été reconnu comme un droit de l’homme dans une résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 28 juillet 2010; |
| G. | considérant que l’initiative citoyenne européenne Right2Water, qui invite l’Union à garantir le droit à l’eau pour tous, a été la première à rassembler le nombre requis de signataires; |
| H. | considérant que les dispositions de l’article 14 du traité et de son protocole no 26 relatif aux services d’intérêt général sont des éléments essentiels qui doivent être dûment pris en compte dans tous les aspects de la conception et de la mise en œuvre de la stratégie européenne de résilience pour l’eau, de sorte à préserver le statut de services publics essentiels des services européens de distribution d’eau et à garantir leur accessibilité, leur équité, leur caractère abordable et le maintien de normes de qualité élevées; |
| I. | considérant que les États membres devraient donner suite aux recommandations du rapport de la Commission de novembre 2023 (32), afin d’améliorer les bilans hydriques en tant que bases de connaissances pour prendre des décisions en matière de répartition de l’eau; |
| J. | considérant qu’une part substantielle de la valeur de l’entreprise peut être menacée en raison de l’aggravation de l’insécurité hydrique, qui entraîne une diminution de la capacité de production ou son arrêt complet; que les actifs dans les régions soumises au stress hydrique pourraient être bloqués temporairement ou définitivement si les hypothèses concernant la disponibilité de l’eau et l’accès à l’eau s’avèrent inexactes, si aucune réponse réglementaire n’est anticipée ou si des plans d’atténuation des risques et de gestion ne sont pas mis en œuvre (33); |
| K. | considérant que le délai pour parvenir au «bon état» des rivières, lacs, eaux de transition, eaux côtières et eaux souterraines en Europe avait été fixé à 2015 par la directive-cadre sur l’eau (DCE), avec un éventuel report à 2027 sous certaines conditions; que l’objectif de parvenir à un bon état chimique de toutes les masses d’eau de l’Union d’ici à 2027 est toujours loin d’être atteint, principalement en raison de substances telles que le mercure, les retardateurs de flamme bromés et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (34); |
| L. | considérant que le rapport 2025 sur la mise en œuvre de la DCE montre que les retards dans la réalisation des objectifs de cette directive ne sont pas dus à une déficience de la législation, mais à un manque de financement, à la lenteur de la mise en œuvre et à l’insuffisance de l’intégration des objectifs environnementaux dans les politiques sectorielles; que l’analyse montre que les besoins annuels des États membres en matière d’investissement, estimés à 77 milliards d’euros par an, ne sont pas satisfaits, le déficit de financement étant actuellement évalué à environ 25 milliards d’euros par an; que le rapport montre, en outre, qu’il ne fait aucun doute que les États membres doivent relever leur niveau d’ambition et accélérer leur action pour réduire autant que possible l’écart de conformité avant 2027, qu’ils augmentent les investissements et garantissent un financement adéquat, y compris grâce à des fonds de l’Union, pour atteindre les objectifs de leurs programmes de mesures, qu’ils mettent en place des actions supplémentaires pour atténuer les problèmes environnementaux persistants et qu’ils améliorent la coopération transfrontalière; |
| M. | considérant que la législation sur l’eau a été évaluée comme étant adaptée à l’objectif visé; qu’elle établit un cadre pour la protection des eaux de surface intérieures, des eaux de transition, des eaux côtières et des eaux souterraines; qu’elle permet, dans le même temps, de réaliser des objectifs environnementaux moins stricts si les besoins socio-économiques liés à cette activité humaine ne peuvent être satisfaits par d’autres moyens, et qu’elle permet de ne pas atteindre les objectifs pour les masses d’eau pour une raison d’intérêt public supérieur; que la législation est proportionnée et qu’elle charge les autorités des États membres, conformément au principe de subsidiarité, de décider de l’intérêt public supérieur; qu’il peut s’agir, dans certains cas, de la protection de l’environnement et, dans d’autres cas, d’une activité socio-économique; |
| N. | considérant que l’industrie représente environ 40 % de l’ensemble des captages d’eau en Europe; que les catégories de captages d’eau annuels les plus importants dans l’UE-27, selon la nomenclature statistique des activités économiques dans l’Union européenne (NACE), sont les captages destinés au refroidissement dans la production d’électricité (34 %), suivis par les captages pour l’agriculture (29 %), l’approvisionnement public en eau (21 %) et l’industrie manufacturière (15 %) (35); que les données sur le captage et l’utilisation de l’eau dans l’Union sont dépassées et de piètre qualité (36); |
| O. | considérant que la production d’électricité est le secteur qui prélève le plus d’eau, mais que la majeure partie de cette eau est renvoyée dans l’environnement après le refroidissement ou la propulsion des turbines; que, dans l’ensemble, l’agriculture est le secteur qui enregistre la plus grande consommation nette d’eau au niveau de l’Union, car la majeure partie de cette eau est consommée par les cultures ou s’évapore; que d’autres utilisations, telles que l’industrie et les services des eaux, prélèvent et consomment comparativement moins d’eau, mais qu’elles peuvent exercer une pression importante au niveau local, en particulier sur les eaux souterraines (37); |
| P. | considérant que toute activité industrielle nécessite de l’eau pour produire ses produits finaux ou soutenir ses activités de production; que les entreprises dépendent de l’eau pour leurs opérations quotidiennes et que l’augmentation de la rareté de l’eau peut avoir pour conséquence une interruption des activités, une hausse des coûts et la création de risques réglementaires et pour la réputation; |
| Q. | considérant que le secteur de l’énergie dépend fortement des ressources en eau; que cette dépendance pose un risque sérieux, car la pénurie d’eau peut avoir un impact sur les processus de production d’énergie et sur la sécurité de l’approvisionnement, en particulier lorsque l’eau est utilisée comme matière première ou à des fins de refroidissement; que la transition vers les énergies renouvelables, en particulier les énergies éolienne et solaire, offre des solutions de décarbonation durables et économes en eau, ainsi que la possibilité d’arrêter ou d’inverser la tendance à l’augmentation de la consommation d’eau; |
| R. | considérant que l’eau constitue une ressource irremplaçable pour l’agriculture dans la production de denrées alimentaires, d’aliments pour animaux et de matières premières renouvelables de qualité; que l’agriculture dépend de la disponibilité de l’eau et que l’irrigation permet de protéger les agriculteurs de l’irrégularité des précipitations et d’accroître la viabilité, le rendement et la qualité des cultures, mais qu’elle constitue une ponction importante sur les ressources en eau; que face au changement climatique, à l’évolution des conditions météorologiques et à la fréquence croissante des inondations et des sécheresses, l’importance de l’eau en tant que ressource pour la production de produits agricoles de qualité ainsi que la nécessité de faire un usage efficace de l’eau seront donc fondamentales pour la sécurité de l’approvisionnement alimentaire et pour les solutions permettant de remédier à la pénurie d’eau; que la réduction de la pression exercée par l’agriculture sur les eaux de surface et les eaux souterraines doit aller de pair avec des investissements dans l’utilisation de l’eau recyclée et dans des technologies innovantes de dessalement, pour parvenir ainsi à un meilleur équilibre hydrique et développer des énergies alternatives propres telles que l’hydrogène vert; |
| S. | considérant que la croissance de la population mondiale requiert une augmentation de la production alimentaire et que l’Union doit garantir la souveraineté alimentaire, comme le prévoit l’article 39 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne; |
| T. | considérant que des données fiables sur la comptabilité de l’eau, c’est-à-dire l’étude systématique de la situation actuelle et des tendances de l’offre, de la demande, de l’accessibilité et de l’utilisation de l’eau dans des domaines spécifiés (38), sont essentielles pour évaluer la situation actuelle dans l’Union et garantir la compétitivité de l’Europe; |
| U. | considérant que le potentiel des eaux usées en tant qu’autre source d’approvisionnement en eau est sous-estimé, étant donné que 60 à 70 % de la valeur potentielle des eaux usées dans l’Union est actuellement inexploitée (39) et que moins de 3 % des eaux résiduaires traitées sont réutilisées dans l’Union (40); qu’il existe un potentiel important pour les approches circulaires en ce qui concerne l’usage de l’eau par les ménages, étant donné que seule une petite quantité de l’eau consommée par ces derniers est utilisée pour la boisson et l’alimentation, et qu’elle requiert donc l’application des normes de qualité les plus élevées; |
| V. | considérant qu’une grande quantité d’eau est perdue en raison de la vétusté ou de l’ancienneté des réseaux d’eau et de l’absence d’entretien nécessaire; que les investissements dans la maintenance, l’amélioration et le développement d’infrastructures d’irrigation solides ont une incidence majeure sur l’augmentation de l’efficacité et la réduction de la consommation d’eau dans l’agriculture; que cette amélioration de l’efficacité permet d’utiliser l’eau économisée à d’autres fins ou de maintenir les débits naturels des cours d’eau; |
| W. | considérant qu’une eau propre et en quantité suffisante est un élément clé dans la mise en œuvre et la réalisation d’une véritable économie circulaire durable au sein de l’Union; |
| X. | considérant que les fuites d’eau sont un problème mondial sous-estimé qui aggrave considérablement les pénuries d’eau, et que, dans l’Union, 23 % en moyenne de l’eau traitée est perdue pendant la distribution en raison de fuites dans les canalisations, d’installations de traitement obsolètes et d’un nombre insuffisant de réservoirs (41); que la directive révisée relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine prévoit des mesures de réduction des fuites d’eau, d’évaluation des risques et de gestion des zones de captage d’eau potable; |
| Y. | considérant qu’en 2021, un «bon état quantitatif» avait été atteint pour 91 % des masses d’eau souterraine, tandis qu’un «bon état chimique» avait été atteint pour 77 % d’entre elles (42); |
| Z. | considérant qu’en 2021, seules 37 % des masses d’eau de surface en Europe avaient atteint un «bon» ou «très bon» état écologique, tandis que 29 % avaient atteint un «bon» état chimique (43); |
| AA. | considérant que l’Agence européenne pour l’environnement souligne que la proportion d’eaux de surface ne parvenant pas à atteindre un bon état écologique varie en Europe, avec une prévalence plus importante dans certaines régions d’Europe centrale et occidentale, et qu’elle fait remarquer que les disparités entre États membres à cet égard peuvent être causées par des pressions différentes, mais que ces disparités peuvent également résulter d’une approche variable en matière de surveillance et d’évaluation (44); |
| AB. | considérant que la qualité des eaux de surface sur l’ensemble du continent reflète les pressions continues et combinées, en particulier la pollution diffuse et la dégradation de leur flux naturel et de leurs caractéristiques physiques; considérant que la pollution par les nutriments et les substances prioritaires persistantes, ainsi que par les substances nouvellement émergentes en tant que polluants, se poursuit; considérant que les eaux souterraines sont touchées par la pollution diffuse et souffrent également d’un captage intensif (45); |
| AC. | considérant que les eaux souterraines fournissent 65 % de l’eau potable et 25 % de l’eau destinée à l’irrigation agricole dans l’Union (46); qu’il s’agit d’une ressource limitée qui doit être protégée contre la pollution et la surexploitation (47); |
| AD. | considérant que les données de surveillance de l’Agence européenne pour l’environnement indiquent une pollution généralisée par les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), communément appelées «polluants éternels», dans les eaux européennes, ce qui présente des risques importants pour les écosystèmes aquatiques et la santé humaine; que de l’acide trifluoroacétique (TFA), une substance PFAS à chaîne courte, a été détecté dans l’eau potable dans toute l’Europe; que les PFAS persistent dans l’environnement, ont un potentiel de bioaccumulation dans les organismes vivants et provoquent des effets (éco)toxicologiques néfastes; que sur un groupe de 6 000 à 10 000 substances différentes, seules quelques-unes ont fait l’objet d’études approfondies, et que leurs conséquences sur la santé humaine et l’environnement sont connues; que 99 % des PFAS ne sont pas détectés dans l’environnement en raison des limitations de la surveillance; |
| AE. | considérant que l’absence de normes de qualité à l’échelle de l’Union pour les PFAS dans les eaux souterraines et la surveillance insuffisante des composés de PFAS, moins étudiés, aggravent la difficulté à atteindre un bon état chimique des eaux de l’Union conformément à la directive-cadre sur l’eau, et représentent une charge technique et financière importante pour les systèmes de santé et les fournisseurs de services de distribution d’eau, tout en compromettant l’application d’une réutilisation de l’eau et des boues d’épuration; |
| AF. | considérant que les produits chimiques dangereux, notamment les métaux lourds et autres polluants rejetés dans les masses d’eau par les activités industrielles, ont une incidence importante sur la qualité de l’eau et les écosystèmes aquatiques (48); |
| AG. | considérant que des substances pharmaceutiques sont de plus en plus souvent mises en évidence dans les eaux de surface et les eaux souterraines; que la pollution causée par les résidus pharmaceutiques nécessite des technologies avancées de traitement de l’eau, notamment la filtration sur membrane, le traitement au charbon actif, les procédés d’oxydation avancée et d’autres techniques de purification innovantes; |
| AH. | considérant que selon la directive 2010/75/UE (49), l’aggravation potentielle de l’incidence des rejets industriels sur l’état des masses d'eau du fait des variations de la dynamique de l’écoulement de l’eau devrait être explicitement prise en compte dans le cadre de l’octroi et de la révision des autorisations; que les meilleures techniques disponibles vont inclure les concepts de niveaux de performance environnementale liés à l’eau, ainsi que les autorisations qui traduisent l’utilisation de ces techniques en valeurs limites de performance environnementale; qu’il s’agit d’un changement bienvenu qui pourrait améliorer la résilience de l’industrie, car les installations de l’Union peuvent déjà être confrontées à une baisse saisonnière de leur capacité de production en raison de la rareté de l’eau; |
| AI. | considérant que les eaux urbaines résiduaires constituent l’une des principales sources de pollution de l’eau si elles ne sont pas correctement collectées et traitées; que les objectifs de la directive relative au traitement des eaux urbaines résiduaires ne devraient pas être revus à la baisse, et que son champ d’application devrait être étendu à d’autres secteurs et substances qui contribuent à la pollution de l'eau; |
| AJ. | considérant que la pollution des masses d’eau de l’Union par les nutriments entraîne l’eutrophisation, la perte de biodiversité et la dégradation des écosystèmes aquatiques (50); que le ruissellement des pesticides contamine les eaux de surface et les eaux souterraines, et menace la qualité de l’eau et la santé humaine; |
| AK. | considérant que les recherches indiquent qu’en Europe, l’exposition au bisphénol A (BPA), produit chimique de synthèse utilisé dans des produits allant des récipients alimentaires en plastique et en métal aux bouteilles d’eau réutilisables, est bien supérieure aux niveaux de sécurité sanitaire acceptables (51); |
| AL. | considérant que la gestion des sols et des nutriments est à la base de l’amélioration de la qualité et de la disponibilité de l’eau; que la stratégie européenne de résilience pour l’eau devrait se concentrer sur l’amélioration de la gestion des nutriments, dans l’objectif de fermer les boucles de nutriments et de réduire ainsi les émissions de ces substances dans les cours d’eau; que l’utilisation en toute sécurité des boues d’épuration dans l’agriculture réduira également la très forte dépendance de l’Union à l’égard des importations d’engrais minéraux phosphatés, par exemple en provenance de Russie; que l’utilisation en toute sécurité des boues doit donc également être considérée comme un facteur contribuant à la résilience et à l’autonomie stratégique de l’Europe; |
| AM. | considérant que le changement climatique représente une menace majeure pour les ressources en eau et les écosystèmes aquatiques; que de nombreux effets du changement climatique se font ressentir à travers l’eau, notamment des sécheresses plus intenses et plus fréquentes, des inondations d’ampleur exceptionnelle et des précipitations saisonnières plus irrégulières; que les inondations et la rareté de l’eau menacent la sécurité alimentaire et hydrique ainsi que la santé de l’ensemble de la population, ce qui affecte en fin de compte la cohésion sociale, la prospérité économique et la stabilité et compromet la disponibilité à long terme de cette ressource précieuse; |
| AN. | considérant que l’évaluation européenne des risques climatiques a reconnu que les politiques et les mesures d’adaptation de l’Union ne suivent pas le rythme de l’augmentation rapide des risques qui menacent les écosystèmes, les infrastructures, l’approvisionnement en eau et en nourriture, la santé des personnes, ainsi que l’économie et les finances (52); |
| AO. | considérant que les évaluations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat montrent que l’élévation du niveau de la mer due au changement climatique entraîne une augmentation de la salinité des sols et des eaux douces, compromettant la santé des écosystèmes et la qualité de l’eau, et affectant 80 millions d’Européens vivant dans des zones côtières de faible altitude et des plaines inondables; que les écosystèmes d’eau douce et les écosystèmes marins sont interconnectés, car la pollution fluviale, la perturbation des flux de sédiments et les pénuries d’eau ont toutes un impact très important sur la santé des écosystèmes marins, en particulier les écosystèmes côtiers, ainsi que sur la viabilité des activités sociales et économiques qui en dépendent, telles que le transport, la pêche, l’aquaculture et le tourisme; |
| AP. | considérant qu’en raison de l’évolution des conditions météorologiques, les épisodes de sécheresse prolongée, de chaleur extrême et d’inondations de grande ampleur s’intensifieront et se multiplieront sur l’ensemble du continent, ce qui nuira aux écosystèmes et à la santé humaine, entraînera une perturbation majeure des activités économiques et réduira la quantité et la qualité globales de l’eau disponible; que la préservation des ressources en eau et des fonctions naturelles des cours d’eau, tout en garantissant un approvisionnement suffisant en eau de bonne qualité, est en train de devenir un enjeu majeur qui nécessitera des efforts accrus d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à celui-ci, une gestion efficace et des mesures innovantes pour augmenter la disponibilité de l’eau; que la gestion de la rareté de l’eau et des risques d’inondation à un coût abordable et de manière durable deviendra de plus en plus importante dans l’ensemble de l’Union; |
| AQ. | considérant qu’en 2022, l’Europe a connu l’été le plus chaud et la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée, avec pour conséquence une sécheresse touchant plus de 15 % du territoire de l’Union; que la perte économique annuelle moyenne causée par les sécheresses dans l’UE entre 1981 et 2010 a été estimée à environ 9 milliards d’euros; qu’on estime que les pertes annuelles dues à la sécheresse en Europe et au Royaume-Uni pourraient augmenter, en l’absence de mesures d’adaptation, pour atteindre 45 milliards d’euros en 2100 avec un réchauffement de 3 °C (53); qu’au cours de la période 1998-2020, les inondations ont représenté 43 % de l’ensemble des catastrophes en Europe; que les effets du changement climatique et les évolutions socio-économiques entraînent des inondations plus fréquentes, qui touchent un nombre croissant de personnes et causent des dommages de plus en plus importants; que 12 % de la population européenne vit dans des zones inondables (54); |
| AR. | considérant que le coût de l’inaction face aux défis relatifs à l’eau est extrêmement élevé, étant donné que 90 % des catastrophes sont liées à l’eau (55); que, sans action politique, le niveau des pertes économiques dues aux seules inondations côtières pourrait dépasser 1 000 milliards d’euros par an d’ici la fin du siècle dans l’Union européenne (56), et que le coût économique des sécheresses en Europe pourrait être supérieur à 65 milliards d’euros par an d’ici à 2100 (57); |
| AS. | considérant qu’il existe des différences significatives entre les États membres en ce qui concerne la disponibilité de l’eau, les stratégies de gestion et les modes d’utilisation, et que la vulnérabilité aux effets du changement climatique peut varier considérablement; qu’une approche adaptée est nécessaire pour renforcer la résilience dans le domaine de l’eau et garantir une gestion durable de l’eau; |
| AT. | considérant que les sécheresses sont l’une des premières conséquences catastrophiques du changement climatique; qu’environ 23 % du territoire de l’Union est modérément vulnérable à la désertification et que 8 % y est très vulnérable; que la Hongrie, la Bulgarie, l’Espagne et l’Italie figurent parmi les pays les plus touchés, et qu’en Espagne, 74 % du territoire est menacé de désertification; que la stratégie européenne de résilience pour l’eau ne devrait pas porter uniquement sur les sécheresses prolongées, mais plutôt s’attaquer au déplacement vers le nord de la bande semi-aride, avec pour conséquence une augmentation des zones de l’Union qui seront confrontées à une indisponibilité chronique à long terme de ressources suffisantes en eau douce; |
| AU. | considérant que les politiques liées à la désertification, à la consommation d’eau et au changement climatique sont étroitement liées; que l’Union, dans le cadre de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, a réaffirmé en 2015, puis reconfirmé par la suite en 2024 (58), son engagement à parvenir à la neutralité en matière de dégradation des terres d’ici à 2030, un objectif qui, d’après le rapport spécial de la Cour des Comptes européenne sur la désertification, a peu de chances d’être atteint; |
| AV. | considérant que les infrastructures hydriques peuvent contribuer à maintenir un débit et un approvisionnement en eau constants et prévisibles; qu’en 2022, le débit moyen annuel des cours d’eau en Europe a été le deuxième niveau le plus bas depuis le début des relevés en 1991 (59); |
| AW. | considérant que les zones en aval sont particulièrement dépendantes de la gestion et du captage de l’eau en amont; que les États membres devraient s’abstenir de mettre en œuvre des mesures qui augmentent de manière significative les risques d’inondation en amont ou en aval d’autres pays du même bassin hydrographique; |
| AX. | considérant que les solutions fondées sur la nature sont des interventions pertinentes qui, lorsqu’elles sont adaptées à des écosystèmes et des besoins spécifiques, peuvent accroître la résilience du cycle de l’eau et apporter de multiples bénéfices en matière de protection de la biodiversité, de séquestration du carbone, d’amélioration de la qualité de l’eau, de rétention des nutriments, d’approvisionnement en eau potable, de prévention des feux de forêt et d’atténuation des risques d’inondation; que les solutions fondées sur la nature peuvent accroître l’efficacité et la durée de vie des infrastructures hydriques, garantissant ainsi, dans de nombreux cas, la complémentarité des deux solutions; |
| AY. | considérant que les mesures de rétention naturelle de l’eau sont des solutions fondées sur la nature qui visent à stocker l’eau dans des paysages naturels, agricoles, forestiers et urbains; |
| AZ. | considérant que l’eau n’est pas un bien marchand comme les autres, mais plutôt un patrimoine qu’il faut protéger, défendre et traiter comme tel; qu’en vertu de la directive (UE) 2024/1203 relative à la protection de l’environnement par le droit pénal (60), le captage d’eaux de surface ou d’eaux souterraines au sens de la directive-cadre sur l’eau constitue une infraction pénale dès lors qu’un tel comportement est illicite et intentionnel, et cause ou est susceptible de causer des dommages substantiels à l’état écologique ou au potentiel écologique des masses d’eau de surface ou à l’état quantitatif des masses d’eau souterraines; |
| BA. | considérant que la biodiversité et le carbone organique des sols influent sur la capacité de rétention d’eau; que l’érosion des sols, le tassement et certaines pratiques de gestion des sols qui causent leur dégradation entraînent une diminution constante de la capacité de rétention d’eau des sols, ce qui, en conséquence, exacerbe les épisodes de sécheresse et d’inondation, avec un effet négatif direct sur l’agriculture; que des sols en bonne santé sont donc l’un des moteurs de la résilience dans le domaine de l’eau, laquelle devrait être abordée et gérée au niveau des bassins hydrographiques; considérant qu’une meilleure gestion du territoire est essentielle pour la prévention des catastrophes; |
| BB. | considérant que le cadre financier pluriannuel (CFP) actuel comprend un objectif ambitieux, mais non contraignant de consacrer au moins 7,5 % des dépenses annuelles de l’Union aux objectifs en matière de biodiversité en 2024 et 10 % en 2026 et 2027; que le nouveau cadre financier devrait inclure la dimension de l’eau en vue d’allouer des ressources suffisantes à la future stratégie européenne de résilience pour l’eau afin de garantir la résilience des écosystèmes et des infrastructures hydriques, ainsi que la sécurité de l’approvisionnement en eau, et de faciliter les investissements dans des solutions innovantes; |
| BC. | considérant que le financement de la cohésion a joué un rôle crucial dans l’amélioration des services liés à l’eau et à l’assainissement dans les États membres; qu’un soutien continu est nécessaire pour assurer leur résilience à long terme et leur conformité à des normes de qualité de plus en plus strictes; |
| BD. | considérant que les politiques tarifaires peuvent conduire à une utilisation plus efficace de l’eau; que ces politiques relèvent de la compétence nationale et tiennent compte des différences régionales en matière de disponibilité de l’eau et de source d’approvisionnement en eau; que la tarification peut jouer un rôle important en incitant les ménages et d’autres secteurs économiques à optimiser leur consommation, ainsi qu’en veillant à ce que les usagers de l’eau participent effectivement au recouvrement des coûts des services liés à l’eau; que les politiques tarifaires devraient également tenir compte de l’accessibilité financière pour les ménages et les petites entreprises; |
| BE. | considérant que la numérisation et l’innovation peuvent aider efficacement les États membres, les organismes régionaux et la Commission à collecter des données et à surveiller la gestion de l’eau; que l’Union est à la pointe des nouvelles technologies dans le secteur de l’eau, représentant 40 % de toutes les familles internationales de brevets dans ce secteur entre 1992 et 2021 (61), une position qu’il convient d’encourager et d’entretenir, et que le potentiel du marché intérieur doit être pleinement exploité; qu’il convient d’examiner les obstacles à l’introduction et à l’extension des nouvelles technologies liées à l’eau et de garantir des conditions de concurrence équitables à l’échelle européenne; qu’un soutien continu à la recherche en matière d’innovation dans les technologies liées à l’eau est nécessaire pour garantir et créer des emplois et stimuler la compétitivité européenne; |
| BF. | considérant que l’innovation est un outil essentiel pour aider le secteur de l’eau à relever les défis des objectifs de développement durable des Nations unies, à s’adapter au changement climatique et à devenir plus économe en eau; |
| BG. | considérant que le déploiement de technologies de surveillance et de modélisation reste largement à la traîne dans de nombreux États membres et que la numérisation du secteur est trop lente; que les dispositions de la directive-cadre relative aux déchets en ce qui concerne les plans de gestion des districts hydrographiques ne prévoient pas explicitement de mesures concrètes pour numériser le secteur de l’eau; que les lacunes communes des politiques actuelles visant à exploiter le potentiel des solutions numériques sont liées au manque d’orientations technologiques, de normes de suivi, d’intégration des politiques, de normalisation et de participation du public; |
| BH. | considérant que le secteur de l’eau est vulnérable à diverses menaces, notamment les attaques physiques, les cyberattaques et la contamination par des agents nocifs; que de tels incidents pourraient entraîner des maladies généralisées, des pertes humaines et des interruptions de service, ce qui aurait un impact significatif sur la santé publique, l’environnement et la stabilité économique; que la numérisation de la gestion de l’eau pourrait introduire de nouveaux risques de sécurité dans un contexte d’attaques hostiles croissantes contre les infrastructures critiques; que la mise en œuvre de la directive NIS2 et de la directive sur la résilience des entités critiques peut contribuer à atténuer les risques de sécurité pour les systèmes et infrastructures d’eau (potable) vitaux, découlant des tensions géopolitiques; |
| BI. | considérant que les progrès de la technologie des capteurs, de l’informatique, de l’intelligence artificielle (IA) et de la gestion des données massives (big data) peuvent aider à surveiller la quantité et la qualité de l’eau et à éclairer les choix opérationnels des décideurs politiques et des sociétés de gestion de l’eau; qu’il existe des innovations dans les systèmes de gestion de l’eau fondés sur la nature et qui peuvent contribuer à une gestion résiliente de l’eau; |
| BJ. | considérant que la consommation d’eau est un composant critique du cycle de vie de l’intelligence artificielle, tant dans l’exploitation des centres de données que dans la fabrication de matériel; que l’expansion rapide de l’intelligence artificielle pourrait conduire à une augmentation exponentielle des besoins en eau; que cette dépendance à l’égard d’une ressource de plus en plus rare pose des défis importants en matière de durabilité; que les technologies stratégiques, telles que les semi-conducteurs, l’hydrogène, les batteries de voitures électriques et les centres de données, jouent un rôle clé pour assurer la compétitivité et l’autonomie de l’Union; |
| BK. | considérant que des systèmes de refroidisseurs et de tours de refroidissement, s’appuyant sur des technologies de refroidissement innovantes telles que le refroidissement par évaporation et en circuit fermé, sont déjà disponibles et peuvent contribuer à réduire la consommation d’eau dans les applications industrielles et les systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation; |
| BL. | considérant que la recherche doit être encouragée en vue de développer des matières actives différentes qui garantissent une meilleure santé des plantes et réduisent l’utilisation d’intrants et de produits phytosanitaires dans la lutte contre les organismes nuisibles; |
| BM. | considérant que la résilience dans le domaine de l’eau est essentielle dans l’éducation et l’enseignement, ainsi qu’en ce qui concerne la sensibilisation et le partage d’informations sur le fonctionnement du cycle de l’eau; |
| BN. | considérant que l’accès limité à l’eau et aux infrastructures connexes a un effet négatif, en particulier sur les femmes, car il compromet la concrétisation d’autres droits humains, tels que l’autodétermination, l’indépendance économique et l’éducation; |
| BO. | considérant que 60 % des districts hydrographiques européens sont de nature transnationale, ce qui rend essentielle une coopération transfrontière efficace; que 20 pays européens dépendent d’autres pays pour plus de 10 % de leurs ressources en eau, et que parmi ceux-ci, 5 pays tirent plus de 75 % de leurs ressources en eau de cours d’eau provenant de l’étranger (62); que cette coopération devrait être renforcée pour tenir compte des défis climatiques actuels et futurs tels que les sécheresses et les inondations; |
| BP. | considérant que le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a nommé un envoyé spécial pour l’eau, dans le but de renforcer la coopération internationale et les synergies entre les processus internationaux relatifs à l’eau; |
| BQ. | considérant que l’accès à l’eau potable et les infrastructures d’assainissement résilientes au changement climatique sont des éléments clés de l’approche «Une seule santé», qui reconnaît l’interconnexion entre la santé des êtres humains et la pollution de l’eau; |
| BR. | considérant que la coopération transfrontière et sectorielle dans le domaine de l’eau présente de nombreux avantages, notamment l’amélioration de la sécurité alimentaire, le maintien de moyens de subsistance et d’écosystèmes sains, l’aide à la résilience au changement climatique, la contribution à la réduction des risques de catastrophe, la fourniture d’énergie renouvelable, le soutien aux villes et à l’industrie, et la promotion de l’intégration régionale et de la paix; |
| BS. | considérant que les développements géopolitiques démontrent que l’Union doit être prête à relever les défis qui dépassent le domaine de l’environnement; que les menaces non environnementales, telles que les récents accidents liés au câble endommagé dans la mer Baltique, envoient à l’Union un message fort selon lequel le renforcement de la coopération transfrontière est essentiel pour atteindre les objectifs liés à l’environnement et à la sécurité; |
| BT. | considérant qu’environ 41 000 kilomètres de voies navigables intérieures traversent 25 des États membres; que les voies navigables intérieures, qui dépendent de la disponibilité des ressources en eau, jouent un rôle crucial dans l’optimisation de l’approvisionnement en eau et l’atténuation des effets des sécheresses et des inondations, ainsi que dans le soutien des activités économiques et du développement des régions; |
| BU. | considérant que la pénurie d’eau, les inégalités d’accès à l’eau et les chocs externes subis par le secteur de l’eau ont renforcé les interdépendances, accru la concurrence pour l’eau et entraîné des répercussions économiques complexes; |
Observations générales
| 1. | salue et soutient l’annonce faite par la présidente von der Leyen dans les orientations politiques pour la prochaine Commission européenne 2024-2029 concernant la présentation d’une stratégie européenne de résilience pour l’eau portant sur l’utilisation rationnelle de l’eau, la pénurie, la pollution et les risques liés à l’eau, ainsi que sur la reconnaissance du fait que l’eau est une ressource indispensable qui est de plus en plus soumise à des contraintes en raison du changement climatique et de l’augmentation de la demande; |
| 2. | estime que, lors de la mise en œuvre de la législation, il convient de tenir compte de la compétitivité économique conformément à la boussole pour la compétitivité; demande la mise en œuvre de la législation environnementale de l’Union afin de construire une Europe résiliente et compétitive, d’atténuer le changement climatique et de s’y adapter, de mettre un terme à la perte de biodiversité, de prévenir la pollution, de garantir la sécurité alimentaire, de limiter l’utilisation des ressources et le gaspillage, et de s’efforcer d’utiliser efficacement les ressources, y compris l’eau, tout en tenant compte du principe de précaution, du principe de contrôle à la source et du principe du pollueur-payeur; insiste sur le fait que la disponibilité de l’eau a une incidence sur la quantité, la qualité, la variété et la disponibilité saisonnière des aliments qui peuvent être produits; |
| 3. | demande à l’Union européenne d’intégrer à la dimension internationale de la stratégie ses engagements envers le dialogue de Bakou sur l’eau pour l’action climatique de la COP29 et de la conférence des Nations unies sur l’eau 2023; |
| 4. | souligne qu’il est urgent renforcer la résilience et la gestion dans le domaine de l’eau pour garantir un approvisionnement durable en eau douce pour les populations, l’économie et l’environnement; met en avant que la stratégie européenne de résilience pour l’eau devrait être élaboré en articulation avec le pacte européen pour les océans, afin de garantir une approche cohérente et intégrée de la gestion des ressources en eau douce et des ressources océaniques, de relever les défis interdépendants, de renforcer la compétitivité et de promouvoir une gestion durable de l’eau dans les environnements terrestres et marins, tout en garantissant une approche globale de la «source à mer»; |
| 5. | insiste sur la nécessité d’une stratégie européenne de résilience pour l’eau globale et complète qui intègre les aspects liés à la qualité, à la quantité, à la sécurité, aux infrastructures, à la technologie et à la gestion de l’eau, et qui comprend la restauration du cycle de l’eau en tant qu’élément clé, étant donné qu’il sous-tend les activités économiques, assure la disponibilité des ressources et contribue à la régulation du climat; |
| 6. | souligne l’importance de l’approvisionnement en eau, en particulier en eau potable, et de la sécurité de l’approvisionnement en eau; fait observer que tous les projets de restauration de l’environnement devraient tenir compte des aspects liés à la sécurité de l’eau, en donnant la priorité aux solutions qui non seulement apportent des avantages environnementaux, mais garantissent également l’approvisionnement et une gestion efficaces de l’eau; souligne, en outre, que les mesures de restauration écologique devraient être mises en œuvre en synergie avec le développement du potentiel de l’Union en matière d’énergies renouvelables et ne pas avoir d’incidence sur la résilience énergétique globale; |
| 7. | recommande que les lacs et autres habitats dépendant de l’eau douce soient inclus dans la stratégie, ainsi que les rivières, les eaux de transition et les eaux souterraines, en tant que composantes essentielles des efforts de résilience de l’Union dans le domaine de l’eau; |
| 8. | souligne qu’il est urgent d’améliorer les systèmes d’alerte en cas d’incidents liés à l’eau lourde, ainsi que les mesures préventives; |
| 9. | invite la Commission à présenter un plan européen d’adaptation au changement climatique, notamment des propositions législatives et des mesures concrètes, en particulier en ce qui concerne la résilience des infrastructures, la gestion de l’eau et les solutions fondées sur la nature, ainsi qu’à accorder la priorité à la protection des communautés vulnérables, afin que l’Union devienne plus résiliente et qu’elle montre l’exemple; |
| 10. | réaffirme que l’accès à une eau potable propre et sûre et à l’assainissement est un droit humain; souligne que ce droit doit être garanti sans équivoque, tout le monde devant avoir accès à des services liés à l’eau abordables et de qualité, y compris les habitants des îles et des régions ultrapériphériques; |
| 11. | souligne que personne, dans les lieux publics comme dans les établissements privés, ne doit se voir refuser l’accès à l’eau fournie par un réseau de distribution destiné à la consommation humaine, lorsqu’elle est disponible; |
| 12. | constate que les activités industrielles et la production agricole ont besoin d’eau pour produire leurs produits finaux ou soutenir les activités de production, et que la quantité d’eau utilisée varie en fonction du type d’activité; met en avant le fait qu’une société intelligente dans le domaine de l’eau est nécessaire pour garantir la compétitivité et l’autonomie stratégique de l’Europe, au sein de laquelle les technologies et les données renforcent une économie circulaire, et favorisent des pratiques durables et économes en eau; appelle tous les acteurs concernés à accélérer la transition vers une industrie et une agriculture circulaires et économes en eau, en promouvant des solutions innovantes et en investissant dans ces dernières, notamment les outils et technologies numériques, la récupération des ressources, la réutilisation de l’eau, la production d’énergie renouvelable, les infrastructures, les solutions fondées sur la nature et les mécanismes de gouvernance inclusifs; |
| 13. | demande instamment à la Commission d’intégrer et de prendre systématiquement en compte la dimension de l’eau dans les politiques internes et externes de l’Union au moyen d’une approche intersectorielle afin de veiller à ce que la résilience, la durabilité et la sécurité de l’eau soient intégrées dans le tissu des politiques européennes; invite la Commission, en particulier, à procéder à une analyse de toutes les mesures réglementaires liées à l’eau, notamment en ce qui concerne l’énergie, dans le cadre de l’évaluation des incidences socio-économiques et environnementales; souligne que l’évaluation de la manière dont chaque politique de l’Union, ainsi que tous les projets et infrastructures financés par l’Union, peut avoir une incidence sur les ressources en eau en ce qui concerne la quantité, la qualité et l’accessibilité garantirait que la résilience dans le domaine de l’eau soit une pierre angulaire de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques, ce qui conduirait à un changement de modèle, dans lequel l’eau cesse d’être considérée comme une ressource infinie et est reconnue pour sa valeur intrinsèque pour l’humanité et le paysage écologique et socio-économique de l’Union ainsi que sa compétitivité; |
Utilisation rationnelle de l’eau
| 14. | souligne qu’une utilisation efficace de l’eau est essentielle pour préserver les ressources en eau de l’Union et que l’utilisation rationnelle de l’eau devrait être un objectif clé de l’Union; sollicite, à cet égard, une baisse importante des besoins en eau, notamment en s’attaquant aux niveaux de fuite excessifs, en investissant dans la recherche et dans des solutions innovantes, en modernisant les processus industriels et de production, en améliorant les infrastructures hydriques, en gérant les ressources en eau et les pics de demande de manière durable, en hiérarchisant les utilisations et en veillant à ce qu’une utilisation plus rationnelle de l’eau entraîne une réduction de la consommation globale d’eau douce ainsi qu’une augmentation de la disponibilité d’eau dans les zones en situation de stress hydrique aux niveaux local et régional; estime qu’il convient d’accorder la priorité aux zones touchées par la sécheresse prolongée et la désertification; |
| 15. | demande la mise en place d’un cadre législatif fixant des objectifs sectoriels en matière d’utilisation rationnelle de l’eau et de captage d’eau au niveau des bassins, sur la base d’évaluations actualisées de la disponibilité de l’eau et des risques climatiques, notamment une approche de l’évaluation de l’eau qui tienne compte des services écosystémiques et de la durabilité à long terme, et couvrant toutes les utilisations de l’eau, y compris l’industrie, l’énergie, l’agriculture, les institutions publiques et les ménages; met en avant le fait que ces objectifs devraient être ambitieux mais adaptables, en tenant compte des circonstances spécifiques et des progrès déjà réalisés par chaque État membre afin de garantir la poursuite des efforts en vue d’obtenir des gains d’efficacité dans toutes les régions; souligne l’importance de pratiques efficaces et uniformes de collecte de données dans les États membres et dans tous les secteurs, y compris par l’utilisation de technologies innovantes, ainsi que de points de collecte de données en temps réel pour une plus grande transparence en matière de consommation d’eau; met en avant la nécessité de procéder à une évaluation appropriée des incidences environnementales et socio-économiques de l’utilisation de l’eau; souligne que l’importance stratégique de la production alimentaire ne doit pas être compromise; souligne que la science, la recherche et la technologie sont importantes non seulement pour l’utilisation et l’utilisation rationnelle de l’eau, mais également, à cet égard, pour l’économie circulaire; préconise la création et la promotion de nouveaux systèmes d’irrigation intelligents et performants, la rétention des eaux de pluie et la réutilisation de l’eau, ainsi que des systèmes d’irrigation économes en eau; |
| 16. | réaffirme la nécessité d’élaborer une méthodologie commune de l’Union pour fixer des objectifs en matière d’utilisation rationnelle de l’eau et de captage d’eau afin de garantir l’utilisation durable des ressources en eau renouvelables disponibles dans un cadre de gestion intégrée des ressources en eau qui tienne dûment compte des liens au-delà du secteur de l’eau par le biais du lien eau-énergie-alimentation-écosystèmes, et permette ainsi aux décideurs et aux acteurs économiques de planifier l’investissement nécessaire pour garantir la sécurité de l’approvisionnement en eau d’une manière de plus en plus durable, tout en tenant dûment compte des caractéristiques des masses d’eau concernées; |
| 17. | appelle à une collaboration étroite en ce qui concerne la planification intégrée des ressources en énergie et en eau et les technologies connexes dans tous les secteurs aux niveaux national, régional et local, notamment entre toutes les parties prenantes, afin d’établir des mécanismes permettant d’assurer la cohérence des politiques dans les secteurs de l’eau et de l’énergie; |
| 18. | invite la Commission à présenter une politique globale de gestion durable de l’eau pour l’industrie fondée sur la réduction, la récupération, la réutilisation et le recyclage, notamment en mettant l’accent sur l’utilisation de technologies circulaires et économes en eau, le recyclage de l’eau, les stratégies de réduction des polluants et la promotion des systèmes en boucle fermée; |
| 19. | rappelle que la menace croissante de la pénurie d’eau met en péril des industries et des projets essentiels à la compétitivité de l’Europe, notamment les semi-conducteurs, les centres de données, l’hydrogène renouvelable et la production de batteries pour voitures électriques; note que ces industries seront de plus en plus soumises à une injonction de réduire leur impact environnemental et d’utiliser l’eau plus efficacement, que ce soit de manière directe ou indirecte; invite les États membres à aider les industries à forte consommation d’eau à mettre en place des plans d’utilisation rationnelle de l’eau visant à économiser, réutiliser et recycler l’eau, à prévenir la pollution de l’eau et à mettre en œuvre des technologies permettant une utilisation économe de l’eau; invite la Commission à intégrer des stratégies globales de gestion de l’eau dans les politiques industrielles pertinentes de l’Union et dans les voies de transition sectorielles, en mettant particulièrement l’accent sur les secteurs stratégiques à forte consommation d’eau; |
| 20. | souligne que la science, les données, la recherche et la technologie sont essentielles pour une utilisation efficace de l’eau; demande qu’un soutien financier et technique adéquat soit accordé aux États membres pour mettre en œuvre des solutions efficaces de gestion de l’eau, y compris au moyen de technologies innovantes et modernes; |
| 21. | se félicite des recommandations du rapport final du dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture de l’Union, qui met en avant qu’il convient de développer des pratiques agricoles durables et des nouveaux modèles commerciaux afin de promouvoir une utilisation plus efficace des ressources naturelles, en particulier de l’eau; |
| 22. | sollicite la transition vers un modèle agricole plus durable et compétitif, soutenu par la mise en œuvre de pratiques durables et de solutions innovantes qui favorisent la biodiversité, réduisent les intrants chimiques et permettent une gestion efficace des ressources en eau, y compris des solutions fondées sur la nature, une gestion régénérative, des technologies intelligentes d’irrigation de précision, des systèmes numériques de surveillance, des méthodes de traitement avancées et des réseaux intelligents de distribution d’eau, qui optimisent la consommation et préviennent l’épuisement des ressources en eau, et qui contribuent à garantir une productivité continue tout en permettant à l’agriculture de réduire efficacement la pollution, d’utiliser les pesticides et les engrais, d’améliorer le cycle hydrologique, d’améliorer la recharge des eaux souterraines et de s’adapter à une utilisation moins importante de l’eau; estime que les solutions technologiques peuvent également inclure des mesures susceptibles d’accroître l’absorption, l’infiltration et la rétention de l’eau dans les systèmes agricoles, qui sont importantes dans un contexte de sécheresses et de fortes pluies de plus en plus fréquentes; |
| 23. | souligne que des solutions et des pratiques innovantes en matière d’irrigation peuvent améliorer l’utilisation rationnelle de l’eau dans l’agriculture, ce qui permet d’obtenir un avantage économique tout en réduisant les perturbations de l’environnement; note que les agriculteurs manquent généralement de moyens et d’incitations suffisants pour gérer l’utilisation de l’eau par les cultures, les applications réelles de l’irrigation, la réaction des cultures aux différentes pratiques de gestion de l’eau, et donc les niveaux actuels d’utilisation rationnelle de l’eau dans les exploitations; invite la Commission et les États membres à encourager l’adoption et à soutenir le maintien de solutions d’irrigation innovantes telles que l’irrigation au goutte-à-goutte pour permettre une gestion active des niveaux d’eau et une utilisation efficace des ressources en eau, et à promouvoir l’échange continu de connaissances afin que toutes les parties prenantes concernées puissent assumer conjointement des responsabilités plus importantes tout au long de la chaîne d’approvisionnement en eau; |
| 24. | rappelle que l’utilisation de nutriments tels que le nitrate et le phosphate est essentielle à la production alimentaire, sachant que cette activité serait impossible sans leur utilisation; recommande une meilleure prise en considération du cycle des nutriments dans la production agricole et l’exploitation de la valeur des eaux usées urbaines; appelle de ses vœux une intensification de la recherche sur l’utilisation efficace des nutriments et la mise au point de technologies de récupération de ces derniers, afin de réduire la dépendance de l’Union à l’égard des matières premières importées; reconnaît le potentiel élevé de récupération des nutriments contenus dans l’eau et invite les États membres à aider le secteur agricole à optimiser leur consommation de nutriments, notamment en utilisant les ressources (nitrates et phosphore) récupérées dans les stations d’épuration des eaux usées; invite la Commission à proposer un plan de gestion intégré des nutriments afin de lutter efficacement contre la perte d’intrants agricoles précieux, en recyclant les nutriments, en traitant la pollution par les nutriments et les inefficacités dans le cycle des nutriments; demande que le phosphore provenant de sources organiques soit récupéré de façon adéquate et sûre et que les investissements dans la récupération et la gestion circulaire des nutriments soient encouragés conformément aux publications du CCR de la Commission (63); |
| 25. | souligne que l’actuelle directive sur les nitrates doit être révisée, car des dispositions obsolètes encouragent l’utilisation d’engrais artificiels au lieu d’engrais organiques; appelle à une évaluation urgente de la directive sur les nitrates, avant la fin de cette année, et à sa révision, afin de promouvoir une gestion circulaire des nutriments; |
| 26. | souligne, conformément au rapport final du dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture de l’Union, la nécessité de soutenir la transition vers des variétés de cultures et de semences adaptées aux régions et le passage à des cultures différentes, moins demandeuses en eau et plus résistantes à la sécheresse, ainsi que la nécessité de soutenir l’adoption de pratiques appropriées de gestion des sols; examine la nécessité d’un soutien sans faille à la recherche scientifique et au développement technologique dans le domaine de la culture de nouvelles espèces, afin d’assurer une diversification de la production et de l’offre alimentaire et une augmentation de leur qualité, tout en garantissant un niveau élevé de protection de la santé humaine et de l’environnement; note le potentiel des variétés végétales qui sont plus résistantes au stress hydrique et aux organismes nuisibles et qui pourraient jouer un rôle dans la réduction de la consommation d’eau et réduire l’empreinte environnementale des cultures; |
| 27. | demande un soutien financier et technique pour les agriculteurs et les communautés rurales, en particulier dans les régions en situation de stress hydrique, afin de les aider à adopter des pratiques de gestion durable des terres qui améliorent la qualité des sols et de l’eau, contribuent à la biodiversité et atténuent le changement climatique; souligne la nécessité d’accorder une attention spéciale aux régions particulièrement vulnérables à la dégradation des sols et à la pénurie d’eau; |
| 28. | reconnaît les efforts considérables déployés par les agriculteurs pour améliorer la qualité de l’eau et souligne la nécessité d’un calendrier approprié pour permettre une évaluation précise des effets de ces mesures; |
| 29. | souligne le succès du partenariat européen d’innovation agricole EIP-AGRI Focus Group Agroforestry et demande la poursuite de l’échange de connaissances, de l’expertise et de l’apprentissage entre pairs par l’intermédiaire du réseau de la politique agricole commune (PAC) de l’Union; |
| 30. | prend acte des liens entre puits de carbone et disponibilité de l’eau, et demande que la stratégie européenne de résilience pour l’eau et les systèmes de stockage du carbone dans les sols agricoles soient cohérents entre eux; |
| 31. | réaffirme que le règlement sur la réutilisation de l’eau vise à réduire la pression sur les masses d’eau en établissant des dispositions sur la réutilisation de l’eau après un traitement approprié prolongeant son cycle de vie, venant ainsi préserver les ressources en eau; souligne toutefois que les obstacles réglementaires, financiers et technologiques, notamment la compétitivité économique des eaux usées recyclées, la planification de la gestion des risques et le partage des responsabilités, contribuent à la lenteur de l’adoption de la réutilisation des eaux recyclées pour l’agriculture; invite dès lors la Commission et les États membres à adopter des politiques de soutien, tant au niveau de l’Union qu’au niveau local, qui encouragent les pratiques de réutilisation de l’eau, en prenant en considération l’importance d’adapter les exigences en matière de traitement et de qualité des eaux usées à l’utilisation prévue de l’eau; note que les eaux usées traitées trouvent également des applications précieuses dans divers processus industriels et contextes urbains, contribuant ainsi à réduire la pression sur les ressources en eau douce et à préserver l’eau potable; invite dès lors la Commission à étudier la possibilité d’étendre le champ d’application du règlement sur la réutilisation de l’eau afin d’établir, au niveau de l’Union, des normes minimales de qualité de l’eau pour une réutilisation sûre de l’eau à des fins industrielles et urbaines; |
| 32. | invite la Commission et les États membres à définir des systèmes d’incitations réglementaires et financières pour la réutilisation des eaux usées traitées dans les secteurs à forte consommation d’eau, et à prévoir un financement spécifique pour la construction d’infrastructures reliant les stations d’épuration des eaux usées et les réseaux de distribution d’eau traitée; demande instamment une approche rationalisée de la législation de l’Union afin de supprimer les obstacles administratifs et de promouvoir un recyclage sûr et efficace de l’eau dans les États membres; invite les États membres à mettre en place des plans nationaux de réutilisation et d’économie d’eau afin d’encourager la coopération intersectorielle en matière de gestion de l’eau; |
| 33. | réaffirme que l’eau réutilisée pourrait permettre de réduire les captages effectués dans les rivières, les lacs et les eaux souterraines pour l’agriculture irriguée; souligne le fait que l’eau réutilisée peut contribuer à maintenir les débits de base et les niveaux d’eau minimaux pendant les périodes sèches; |
| 34. | met en avant le potentiel du secteur des bâtiments pour effectuer des économies d’eau, par exemple à l’aide de systèmes de comptage divisionnaire intelligents, de systèmes d’eaux grises efficaces, de la réutilisation des eaux usées domestiques ou de la collecte des eaux de pluie; souligne que la performance énergétique des bâtiments peut être améliorée par l’utilisation rationnelle de l’eau, ce qui réduit les émissions de gaz à effet de serre; invite les États membres et les autorités locales à encourager les dispositifs d’économie d’eau dans les nouveaux bâtiments; souligne, à cet égard, qu’il convient de prendre en considération les pratiques économes en eau dans la planification urbaine; souligne que la collecte de l’eau de pluie ainsi que l’utilisation et la réutilisation efficaces de l’eau peuvent améliorer l’adaptation au changement climatique dans les villes; |
| 35. | demande la transition, dans l’industrie et dans les secteurs de l’énergie et du numérique, vers une efficacité de refroidissement optimisée et des méthodes de refroidissement alternatives moins dépendantes de l’eau, afin de garantir des économies d’eau importantes dans ces secteurs; |
| 36. | souligne que si les ménages représentent 10 % de la consommation totale d’eau dans l’Union, il est également nécessaire de prendre des mesures pour améliorer l’utilisation rationnelle de l’eau domestique; note que les solutions technologiques sont facilement disponibles et peuvent réduire la consommation d’eau des ménages sans compromettre le confort ou nécessiter un investissement important; demande aux États membres d’aider les consommateurs à passer à ces technologies et de sensibiliser davantage les consommateurs à la consommation d’eau et aux gains d’efficacité potentiels en instaurant l’utilisation rationnelle de l’eau domestique dans les politiques de l’eau, de la construction et de la consommation dans l’Union; |
| 37. | note que les taux de fuite des canalisations sont élevés dans certains États membres, ce qui augmente la part totale de la consommation d’eau domestique; se félicite des dispositions de la nouvelle directive relative à l’eau potable en ce qui concerne les taux de fuite et des travaux en cours de la Commission pour évaluer ces taux et fixer des valeurs seuils qui déclencheront une prise de mesures dans les États membres concernés; invite les États membres à s’attaquer d’urgence aux fuites dans les réseaux d’approvisionnement en eau et à mettre pleinement en œuvre les exigences de la directive relative à l’eau potable en matière de surveillance et d’établissement de rapports, afin que la Commission puisse fixer une valeur seuil pour les fuites d’ici à janvier 2028; insiste sur la nécessité de moderniser les réseaux d’irrigation urbains durables, de prévenir les fuites et de réduire leur empreinte hydrique; invite les États membres à informer régulièrement le public sur l’efficience et l’efficacité de leur approvisionnement en eau; |
| 38. | souligne que les organisations du secteur public offrent un potentiel inexploité important en matière d’économies d’eau en raison de leur taille ou de leur nature en tant qu’organisations publiques; estime que le secteur public devrait servir de modèle aux autres secteurs; |
| 39. | invite la Commission et les États membres à promouvoir des programmes d’information, de formation et de conseil gratuits et facilement accessibles, ainsi que des campagnes d’informations visant à sensibiliser le public à la gestion durable des ressources en eau; |
| 40. | recommande que les aspects liés à l’utilisation rationnelle de l’eau, tels que la réduction des pertes d’eau et la réutilisation de l’eau, soient pris en considération dans la prochaine révision du cadre des marchés publics; |
Pollution de l’eau
| 41. | souligne que le cadre actuel de la politique de l’Union dans le domaine de l’eau est conçu pour aborder la gestion efficace des ressources en eau ainsi que la protection et la restauration des écosystèmes marins et d’eau douce, mais que son efficacité est compromise en raison d’une mise en œuvre et d’une application décevantes, d’un financement insuffisant et de l’absence d’analyses coûts-bénéfices adéquates des mesure d’exécution; |
| 42. | invite la Commission et les États membres à mettre en œuvre et à faire appliquer la législation actuelle, en particulier la directive-cadre sur l’eau et ses directives «filles» (la directive sur les eaux souterraines et la directive sur les normes de qualité environnementale), en mettant particulièrement l’accent sur le renforcement des mécanismes de surveillance et d’établissement de rapports afin de garantir que tous les États membres mettent en œuvre de manière cohérente les mesures requises en matière de protection de l’eau; rappelle qu’un financement suffisant est nécessaire pour mettre en œuvre ces actes; |
| 43. | souligne que la pollution chimique des eaux de surface et des eaux souterraines constitue une menace tant pour l’environnement aquatique, avec des effets tels qu’une toxicité aiguë et chronique pour les organismes aquatiques, l’accumulation de polluants dans les écosystèmes, la disparition d’habitats et la perte de biodiversité, que pour la santé humaine; |
| 44. | demande l’établissement de norme de qualité globales à l’échelle de l’Union relatives aux PFAS dans les eaux souterraines et les eaux de surface; souligne que les mises à jour respectives des directives concernées sont essentielles pour préserver la qualité de l’eau et parvenir à un bon état chimique des masses d’eau, comme le prévoit la directive-cadre sur l’eau; |
| 45. | insiste sur le fait que les utilisations essentielles des PFAS dans des secteurs critiques, tels que les dispositifs médicaux, les produits pharmaceutiques et les produits nécessaires à la double transition vers une économie numérique et neutre pour le climat, ne sont pas remises en question dans le cadre des propositions législatives et non législatives à venir; demande à la Commission de proposer d’éliminer progressivement les PFAS - en commençant par les biens de consommation- liés, sur la base de preuves scientifiques, à des effets nocifs sur la santé humaine et l’environnement, en autorisant leur utilisation lorsqu’il n’existe pas de solutions de remplacement sûres; souligne la nécessité d’accroître les investissements et d’accélérer la recherche et le développement de solutions de remplacement équivalentes et sûres; |
| 46. | invite la Commission à proposer une mise à jour des valeurs limites pour les PFAS dans l’eau potable, en tenant compte des dernières connaissances scientifiques; |
| 47. | souligne qu’il est urgent de lutter, principalement à la source, contre la pollution causée par les produits pharmaceutiques, les bisphénols, les gènes antimicrobiens, les polluants organiques persistants et d’autres contaminants existants et émergents, et de la contrôler efficacement, afin de s’aligner sur l’ambition «zéro pollution» de l’Union et sur l’objectif visant à atteindre un bon état chimique de toutes les masses d’eau; |
| 48. | invite la Commission à combler les lacunes par une augmentation des financements et l’application des lois existantes, ainsi que par l’intégration des principes de l’économie circulaire afin d’atténuer la pollution à sa source et de préserver les écosystèmes aquatiques pour les générations futures; souligne que les bactéries résistantes aux antibiotiques et certains contaminants émergents ne sont pas suffisamment pris en compte, ce qui nécessite davantage d’innovation et d’investissement; met en avant la nécessité pour tous les secteurs d’appliquer des processus de production durables et d’employer des pratiques circulaires, pour prévenir de manière proactive la pénétration de polluants dans les réseaux de distribution d’eau; |
| 49. | rappelle que les microplastiques peuvent pénétrer dans les sources d’eau potable de différentes manières: des eaux de ruissellement (après une pluie, par exemple) aux effluents d’eaux usées (traités ou non), en passant par les débordements d’égouts unitaires, les effluents industriels, les déchets plastiques dégradés et les dépôts atmosphériques; invite la Commission à présenter, conformément aux exigences de la directive relative à l’eau potable, une évaluation complète des risques liés aux microplastiques présents dans l’eau potable, tout en travaillant continuellement sur des méthodes d’échantillonnage et d’analyse fiables et solides afin de répondre de manière appropriée à la menace potentielle de ce contaminant émergent pour les sources d’eau destinées à la consommation humaine; |
| 50. | souligne la nécessité d’améliorer la surveillance et la réglementation de la pollution par les plastiques dans les eaux douces et dans les milieux marins, en accordant une attention particulière aux microplastiques et aux plastiques à usage unique; encourage la Commission à évaluer les mécanismes d’application actuels et à envisager des mesures supplémentaires pour protéger la qualité de l’eau; |
| 51. | invite les parties prenantes à mettre au point des matériaux sûrs pour le contact avec l’eau, à remplacer le bisphénol A (BPA) et les autres bisphénols et à veiller au respect du règlement (CE) no 1935/2004 concernant les matériaux et objets destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires (64) et des dispositions récemment adoptées en ce qui concerne l’utilisation du BPA et d’autres bisphénols et dérivés de bisphénols [règlement (UE) 2024/3190 de la Commission]; |
| 52. | rappelle que la directive révisée sur le traitement des eaux urbaines résiduaires, en vigueur depuis le 1er janvier 2025, impose de nouvelles obligations en matière de purification de l’eau, en exigeant des producteurs de produits pharmaceutiques et cosmétiques qu’ils prennent en charge au moins 80 % des coûts d’élimination des micropolluants des eaux usées, aux fins de réduire les substances nocives présentes dans l’environnement; constate l’existence de chiffres et d’évaluations différents quant aux incidences éventuelles de ces nouvelles obligations sur le secteur pharmaceutique et, par conséquent, sur la disponibilité et le caractère abordable des médicaments, et invite dès lors la Commission à procéder à une nouvelle évaluation exhaustive des incidences sur ce secteur; |
| 53. | demande que l’Union aide davantage les autorités locales à moderniser les stations d’épuration des eaux usées et à promouvoir la réutilisation de l’eau afin de répondre à l’ambition de pollution zéro de l’Union, en veillant à ce que la gestion des eaux usées municipales contribue efficacement au bon état chimique et écologique de l’eau; |
| 54. | demande une surveillance accrue des résidus de pesticides dans les masses d’eau et une application des réglementations relatives à l’application des pesticides afin d’atténuer leur incidence sur la qualité de l’eau; souligne la nécessité d’un financement accru pour aider les agriculteurs à adopter des pratiques agricoles biologiques et à faible consommation d’intrants qui réduisent la dépendance à l’égard des pesticides et des engrais chimiques, ainsi que pour fournir aux agriculteurs et aux autres opérateurs une formation appropriée et des services de conseil indépendants sur l’utilisation, l’efficacité et la toxicité des pesticides, ainsi que sur les meilleures pratiques; |
| 55. | insiste sur l’intégration des principes de l’économie circulaire pour réduire l’utilisation de produits chimiques dangereux dans les processus industriels; souligne la nécessité d’un financement supplémentaire pour aider les industries à effectuer une transition vers des technologies propres qui réduisent la pollution de l’eau (65); |
| 56. | reconnaît le rôle des boues traitées en tant que source locale et circulaire d’engrais, qui contribuent à la santé des sols, au recyclage des nutriments et à la réduction de la dépendance à l’égard des engrais synthétiques; souligne l’importance d’empêcher les PFAS, les métaux lourds, les microplastiques et d’autres substances nocives de pénétrer dans les réseaux d’égouts afin de garantir l’utilisation sûre et durable de boues d’épuration de haute qualité dans l’agriculture; |
| 57. | invite la Commission à inclure une vue d’ensemble des mesures dans une annexe à la stratégie européenne de résilience pour l’eau, assortie d’un calendrier pour la réalisation des objectifs en question; |
Adaptation au changement climatique: inondations, sécheresses, zones soumises au stress hydrique, préparation aux catastrophes
| 58. | demande la prise en compte de l’adaptation au changement climatique dans tous les nouveaux actes législatifs et non législatifs de l’Union afin de garantir l’intégration de l’adaptation au changement climatique dans les plans sectoriels et les mesures politiques ayant une incidence sur l’utilisation de l’eau et des terres; souligne, à cet égard, la nécessité d’une ambition climatique accrue en vue de la lutte contre le changement climatique, tout en exhortant les États membres à veiller à ce que toutes les mesures d’adaptation au changement climatique ayant un effet sur l’utilisation de l’eau contribuent à une meilleure résilience à long terme dans le domaine de l’eau; invite la Commission à tenir pleinement compte des conditions géographiques et environnementales dans les États membres ainsi que de la situation spécifique des îles, des régions ultrapériphériques et des autres zones très vulnérables, telles que les zones touchées par la désertification, lors de l’adoption de nouvelles propositions législatives et non législatives; demande à la Commission de présenter une feuille de route des mesures politiques législatives et non législatives actuelles et en cours, y compris les objectifs et les exigences de contrôle ayant une incidence sur l’utilisation de l’eau et des terres; |
| 59. | souligne la nécessité de mesures d’adaptation au changement climatique spécialement conçues pour la région méditerranéenne, qui est confrontée à des problématiques uniques telles que les sécheresses prolongées et l’intrusion saline dans les ressources en eau douce; |
| 60. | souligne les difficultés spécifiques auxquelles font face les zones insulaires en raison de la rareté de l’eau potable et appelle à des mesures ciblées pour protéger les ressources en eau des îles, notamment en améliorant les infrastructures de collecte et de stockage des eaux de pluie et en mettant en place d’autres sources d’eau, tout en renforçant les systèmes de surveillance et de gestion des ressources en eau; invite par ailleurs les États membres à mieux prendre en compte les régions de montagne dans les plans nationaux d’adaptation, afin de résoudre les problèmes spécifiques liés à la gestion de l’eau dans les zones montagneuses; |
| 61. | réaffirme que les solutions d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à celui-ci ne devraient pas se faire au prix de la dégradation des écosystèmes et devraient éviter d’accroître la demande d’activités à forte intensité d’eau et d’énergie, mais au contraire donner la priorité aux innovations et aux technologies économes en eau et en énergie en vue d’une évolution vers une économie plus sobre en ressources, sans nuire à sa productivité, tout en garantissant un accès équitable à l’eau pour tous; souligne que, pour être efficaces, les solutions d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à celui-ci devraient être ajustées aux circonstances nationales, tout en renforçant la compétitivité et la productivité à court et à long terme; souligne, à cet égard, les possibilités de synergies avec des productions énergétiques innovantes telles que le photovoltaïque et le biogaz, qui peuvent également contribuer à une hausse des revenus agricoles; |
| 62. | reconnaît l’importance de réserver l’eau à la nature et la nécessité de maintenir des écosystèmes d’eau douce sains, pour le bon fonctionnement du cycle de l’eau, les activités humaines et l’atténuation des effets de la sécheresse et de la pénurie d’eau; souligne, dans le contexte de la restauration des écosystèmes d’eau douce et des fonctions naturelles des cours d’eau, l’importance de supprimer les «obstacles obsolètes», à savoir les obstacles artificiels qui ne remplissent plus leur fonction initiale ou qui ne sont plus nécessaires, chaque fois que de telles possibilités existent, sur la base des connaissances et de l’expérience actuelles; demande que des programmes spécifiques pour le nettoyage et la conservation des canaux fluviaux soient mis en place afin de garantir un débit minimal et de réduire l’accumulation de débris et de sédiments susceptibles d’affecter la capacité de stockage et de distribution de l’eau; |
| 63. | insiste sur le fait que, compte tenu de la persistance croissante des effets du changement climatique, la gestion des inondations et des sécheresses doit pleinement tenir compte des risques qui en découlent, et notamment des changements des conditions météorologiques, tels que l’augmentation des précipitations entraînant un excès d’eau; est convaincu qu’une combinaison de mesures de suivi et de collecte des données, de préparation, d’urgence et de rétablissement qui tiennent compte du principe «reconstruire en mieux» (66), d’une part, et d’adaptation des activités sociétales et économiques, d’autre part, est essentielle pour réduire la vulnérabilité et accroître la résilience, particulièrement à la lumière de l’aspect quantitatif de l’eau, qui revêt une importance croissante; souligne, dans ce contexte, la nécessité de disposer de solutions fondées sur la nature et d’infrastructures résilientes au changement climatique, qui prennent en compte les effets des phénomènes météorologiques extrêmes dans leur évolution, pour garantir leur viabilité face à ces phénomènes; |
| 64. | rappelle qu’en 2007, la directive-cadre sur l’eau a été complétée par la directive 2007/60/CE sur l’évaluation et la gestion des risques d’inondation, qui vise à établir un cadre pour réduire les effets néfastes des inondations sur la santé humaine, l’environnement, le patrimoine culturel et l’activité économique; note que la compatibilité mutuelle des deux directives est assurée par les plans de gestion des risques et les plans de gestion des inondations par bassin hydrographique, qui sont les composantes d’un système intégré de gestion de l’eau dans lequel la coordination est cruciale; rappelle que la prévention des inondations est étroitement liée aux espaces verts urbains, aux stratégies de protection des sols et aux investissements dans les réseaux de drainage; |
| 65. | souligne que la préparation aux pénuries d’eau et aux sécheresses dans l’Union pourrait être considérablement améliorée, plusieurs États membres n’étant pas dotés de plans de gestion des sécheresses (67); invite les États membres et, le cas échéant, les autorités régionales et locales compétentes, à élaborer des plans de gestion des sécheresses, notamment en vue de garantir l’approvisionnement en eau potable, d’assurer la production alimentaire et d’intégrer des systèmes numérisés de surveillance, de contrôle et d’alerte précoce, afin de soutenir des décisions sur les mesures de protection, de réaction et de communication qui soient efficaces et fondées sur des données et qui définissent clairement les champs de compétences; souligne la nécessité d’introduire, au niveau de l’Union, des dispositions concernant les plans de gestion des sécheresses, à l’instar de celles relatives aux plans de gestion des inondations; |
| 66. | affirme, au regard des nombreux phénomènes climatiques qui ont touché l’Europe, tels que les inondations, les sécheresses et les cyclones, qu’il importe que l’Union se dote d’un mécanisme solide face à ces crises, incluant des systèmes d’alerte et de prise en charge de la population civile; constate que la surveillance numérique, la diffusion publique adéquate des données pertinentes et les systèmes d’alerte précoce sont des éléments clés pour élaborer des plans de gestion des sécheresses et des inondations efficaces au niveau des États membres; insiste en outre sur le fait qu’il importe de pleinement utiliser les outils de l’Union disponibles, tels que les prévisions d’inondation du système européen d’alerte aux inondations et du système mondial d’alerte aux inondations, ainsi que l’outil de surveillance des inondations dans le monde, dans le cadre du service Copernicus de gestion des urgences; |
| 67. | souligne le rôle important que joue le mécanisme de protection civile de l’Union (MPCU) dans l’aide apportée aux pays touchés par des catastrophes liées à l’eau comme les inondations et les sécheresses; demande un financement accru visant à doter le MPCU de moyens suffisants et renforcés pour améliorer la préparation et le renforcement des capacités; |
| 68. | invite la Commission et les États membres à améliorer la préparation des citoyens en cas de catastrophes ou de crises liées à l’eau; souligne l’importance de mener des campagnes d’information et de procéder à des exercices pratiques dans les établissements d’enseignement, dans les administrations publiques et dans les entreprises afin de développer une «culture de préparation» chez les citoyens; |
| 69. | invite les États membres à systématiquement renouveler et moderniser leurs infrastructures hydriques, y compris celles d’eau potable et d’assainissement, ainsi que celles régulant le débit des cours d’eau, et à investir dans des solutions novatrices inspirées de bonnes pratiques, afin de rendre les systèmes hydriques plus résilients face au changement climatique, de garantir un approvisionnement stable en eau potable, de permettre la détection précoce des pertes et de réduire les fuites et le gaspillage d’eau, tout en optimisant les systèmes de transport et de stockage de l’eau; souligne que les financements en faveur d’infrastructures hydriques innovantes sont insuffisants par rapport aux investissements nécessaires dans l’ensemble de l’Union; demande, à cet égard, des fonds spécifiques, au niveau national, régional ou de l’Union, afin de garantir un financement adéquat du développement, de l’entretien et de la modernisation d’infrastructures hydriques résilientes, de promouvoir des solutions et des technologies novatrices et de garantir la viabilité à long terme de ces infrastructures hydriques; |
| 70. | déplore que, malgré la menace que la désertification représente pour la qualité et la disponibilité de l’eau, la fertilité des sols et la production alimentaire, et le fait que 13 États membres se sont déclarés touchés par la désertification dans le cadre de la convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, la Commission ne s’attaque pas à ce problème de façon efficace et effective; presse dès lors la Commission, conformément aux conclusions du Conseil du 14 octobre 2024 sur la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse, de présenter un plan d’action intégré à l’échelle de l’Union pour lutter contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse, visant à renforcer la résilience face à la sécheresse et à parvenir à la neutralité en matière de dégradation des terres dans l’Union d’ici à 2030, en se fondant sur une analyse d’impact complète; |
| 71. | insiste pour que le secteur agricole soit davantage soutenu dans la mise en œuvre de nouvelles technologies visant à réduire la demande en eau tout en augmentant l’accès à l’eau, y compris en soutenant la rétention de l’eau et la reconstitution des nappes phréatiques; demande que les résultats de la recherche, par exemple sur le dessalement de l’eau de mer, soient rendus accessibles et facilitent le déploiement de solutions innovantes de dessalement; invite les États membres à créer des réserves naturelles d’eau sur la base d’évaluations actualisées des risques climatiques afin de protéger les réserves d’eau critiques et leurs bassins versants, en tenant compte des incidences environnementales et socio-économiques de la mise en place de ces réserves; souligne que ces réserves naturelles d’eau viendraient compléter l’obligation imposée aux États membres par la directive-cadre sur l’eau d’identifier les masses d’eau utilisées pour le captage d’eau potable, en veillant à ce qu’elles répondent aux objectifs fixés à l’article 4 de la directive-cadre sur l’eau et dans la directive sur l’eau potable, et en assureraient la protection nécessaire; note que de telles réserves naturelles d’eau existent déjà sous différentes formes dans plusieurs États membres; souligne qu’il convient d’aider les États membres ou les administrations locales et régionales à mettre en place des réserves naturelles d’eau; |
| 72. | Note le potentiel des infrastructures de rétention en tant qu’exemple de systèmes de production d’eau créés à l’aide des meilleures techniques disponibles présentant un bon rapport coût-efficacité et ayant l’incidence la plus faible sur l’environnement, y compris par la réutilisation des eaux usées ou la collecte des eaux de pluie, afin de réduire les risques de sécheresses et d’inondations, d’accroître la sécurité de l’eau et de favoriser la circularité, la récupération et la réutilisation de l’eau; fait observer que les retenues d’eau peuvent être des outils utiles si les conditions d’autorisation prévues par les autorités locales ou nationales sont claires, y compris la capacité des nappes souterraines locales à supporter de telles activités et la nécessité, pour les agriculteurs utilisant cette ressource en eau, de rendre leurs pratiques plus durables, notamment en matière de besoin en eau et de qualité de l’eau; demande à la Commission d’utiliser les outils à sa disposition, y compris l’aide financière, afin de rationaliser cette approche parmi les États membres; |
| 73. | déplore le captage illégal ou intentionnel d’eau, susceptible de causer des dommages substantiels aux masses d’eau; demande l’application de mesures dissuasives fortes pour la protection de l’état écologique ou du potentiel écologique des masses d’eau de surface ou de l’état quantitatif des masses d’eau souterraine, y compris par la voie du droit pénal; note qu’une aide supplémentaire est nécessaire pour la formation et le transfert de connaissances concernant les capacités nationales de mise en œuvre; |
| 74. | constate le rôle transversal important des solutions fondées sur la nature pour relever les défis de la triple crise planétaire ainsi que pour restaurer le cycle naturel de l’eau; invite la Commission et les États membres à donner la priorité, en tenant compte des incidences environnementales et socio-économiques, au déploiement de solutions fondées sur la nature pour la résilience dans le domaine de l’eau dans leurs actions et recommandations stratégiques, telles que la remise en eau des zones humides et des tourbières pour accroître la disponibilité des eaux souterraines et l’humidité des sols environnants, la restauration et la protection des plaines inondables, les mesures naturelles de rétention de l’eau, la restauration du couvert végétal pour faire barrage aux inondations et la conservation des eaux de pluie, afin de renforcer la disponibilité de l’eau, d’atténuer les risques liés au changement climatique et de soutenir la résilience à long terme des populations, des entreprises et de la production alimentaire; souligne qu’outre les solutions fondées sur la nature, des investissements supplémentaires dans des solutions techniques restent nécessaires pour garantir la réussite de l’adaptation au changement climatique et la résilience à long terme dans le domaine de l’eau; |
Financement et tarification
| 75. | constate que les solutions fondées sur la nature et les mesures de rétention naturelle de l’eau peuvent recharger les nappes phréatiques et soutenir les débits écologiques tout en réduisant les risques de pénurie d’eau, d’inondation et de sécheresse; note qu’en matière de gestion des inondations, les solutions fondées sur la nature ne sauraient en règle générale se substituer aux solutions existantes et pourraient ne pas être efficaces dans les situations les plus extrêmes; souligne cependant que les solutions fondées sur la nature peuvent améliorer l’efficacité et la durée de fonctionnement des infrastructures grises en renforçant la capacité d’absorption d’eau, en diminuant la vitesse de l’eau et en régulant les débits de pointe; réaffirme à cet égard que l’efficacité des solutions fondées sur la nature dépend du contexte et que celles-ci doivent être adaptées à la situation locale; insiste à cet égard sur le fait qu’il n’existe pas de solution unique valable pour toutes les situations; |
| 76. | souligne la nécessité de soutenir financièrement les méthodes et les solutions durables et novatrices, en tenant dûment compte des partenariats public-privé. |
| 77. | souligne, dans le contexte de l’adaptation au changement climatique, l’importance de sols sains pour garantir la sécurité et la circularité de l’eau; affirme qu’il convient d’améliorer la rétention d’eau naturelle dans les sols par des mesures visant à renforcer la santé des sols et à réduire au minimum les pertes de carbone, ainsi que par des actions menées au niveau des masses d’eau, telles que la stabilisation des berges, y compris par la renaturalisation, et la restauration des capacités de rétention des aquifères; |
| 78. | relève que des mesures de gestion forestière soigneusement conçues peuvent améliorer la santé des bassins versants, réguler l’écoulement de l’eau et réduire le stress dû aux sécheresses et aux inondations, étant donné le rôle essentiel que jouent les arbres et les forêts dans la régulation du cycle de l’eau, grâce à leur capacité à purifier l’eau, à augmenter la disponibilité des ressources hydriques et à améliorer la rétention de l’eau dans le sol; propose que cela soit dûment pris en considération lorsque la Commission, en coopération avec les États membres, élabore les objectifs de l’Union en matière de résilience aux catastrophes, et que cela soit pris en compte pour élaborer et améliorer la gestion des risques de catastrophe et la planification des mesures d’urgence; souligne, à cet égard, la nécessité d’intensifier la recherche, la collecte de données, l’innovation et le financement afin d’aider les gestionnaires de terres à prévenir les effets des facteurs de stress environnementaux tels que la sécheresse, les inondations et la diminution de la fonction des bassins versants; |
| 79. | reconnaît que les zones urbaines sont de plus en plus vulnérables aux risques climatiques liés à l’eau, tels que les inondations, les pénuries d’eau et le stress thermique; demande l’intégration des plans de résilience des eaux urbaines dans les stratégies d’adaptation au changement climatique, y compris les investissements dans les toitures végétales, les infrastructures perméables, la collecte des eaux de pluie et les systèmes de rétention des eaux pluviales, ainsi que les mesures visant à accroître les espaces verts et bleus dans les zones urbaines, afin d’atténuer les effets des conditions météorologiques extrêmes et de réduire les risques pour la vie humaine et les biens; demande en outre le rétablissement et l’entretien, dans les villes, des voies navigables urbaines; |
| 80. | souligne que la stratégie européenne de résilience pour l’eau devrait garantir un financement public et privé adéquat afin de soutenir la modernisation, la mise à niveau, l’adaptation et l’entretien d’infrastructures hydriques résilientes, une gestion durable de l’eau, la collecte de données, la recherche, un suivi efficace, la numérisation, le renforcement des compétences, des solutions fondées sur la nature, le développement et l’adoption de technologies novatrices économes en eau, ainsi que de garantir la durabilité environnementale et socio-économique, dans le droit fil des objectifs fixés par la nouvelle boussole pour la compétitivité européenne; |
| 81. | invite la Commission à créer un fonds distinct et spécifique pour la résilience dans le domaine de l’eau dans le cadre du prochain CFP; estime qu’il convient aussi d’établir des mécanismes financiers spécifiques au sein du Fonds européen de développement régional et du Fonds de cohésion, afin de soutenir les technologies intelligentes et les investissements dans le domaine de l’eau; est fermement convaincu que, dans l’intervalle, l’eau devrait être une priorité dans les cadres de financement existants, y compris le Fonds de cohésion; souligne que les mécanismes de financement de l’Union doivent tenir compte des questions d’équité sociale et d’accessibilité financière, notamment sur le plan des services d’approvisionnement en eau fournis à la population, en soutenant les États membres et les citoyens soumis à de plus fortes contraintes financières et à des réalités spécifiques, tout en respectant les obligations en matière de gestion de l’eau; souligne qu’il importe d’ajuster les fonds, les subventions et les flux de financement existants liés à la gestion de l’eau et à d’autres utilisations des sols, en passant de solutions d’ingénierie dépassées à des solutions innovantes, ainsi qu’à des solutions fondées sur la nature ou à une combinaison des deux; |
| 82. | demande un financement ciblé, au titre d’Horizon Europe et du PEI-AGRI, pour les études de terrain sur l’utilisation de l’eau par les différents systèmes de culture; appelle de ses vœux la reconnaissance du rôle des femmes quant aux politiques dans le domaine de l’eau et demande que des financements spécifiques soient prévus pour promouvoir leur accès à l’agriculture; |
| 83. | rappelle que l’absence de financement spécifique dans le domaine de l’eau ou d’objectifs de financement contraignants dans le cadre du CFP actuel limite la capacité de l’Union à orienter des investissements ciblés vers des mesures essentielles de résilience dans le domaine de l’eau (notamment des mesures de modernisation des infrastructures, d’innovation, d’adaptation au changement climatique et la mise en œuvre de solutions fondées sur la nature) et donc sa capacité concurrentielle, étant donné que l’absence d’équilibre hydrique fait peser une charge supplémentaire sur l’économie des régions; observe qu’il est particulièrement difficile pour les régions ultrapériphériques et montagneuses et les îles de l’Union d’accéder à des financements ou à des partenariats public-privé afin de soutenir les investissements locaux et régionaux dans la gestion de l’eau et les infrastructures hydriques; |
| 84. | souligne le rôle important que joue la Banque européenne d’investissement (BEI) en matière de financement dans le domaine de l’eau; insiste sur le fait que la BEI soutient activement le secteur de l’eau et y investit activement; souligne que l’Union devrait collaborer avec la BEI pour partager les bonnes pratiques; demande, en outre, à la BEI et à d’autres institutions financières de renforcer leur rôle dans le financement d’infrastructures innovantes et résilientes dans le domaine de l’eau, de l’amélioration des infrastructures d’assainissement et d’eau potable, de la numérisation, ainsi que de soutenir des projets visant à réduire les risques d’inondation, à prévenir l’érosion et à revitaliser les cours d’eau, en instaurant des conditions favorables aux investissements dans le secteur de l’eau; |
| 85. | exhorte la Commission à envisager et à promouvoir des mécanismes de financement innovants, dont des paiements en contrepartie de services écosystémiques et des obligations vertes, tout en garantissant une réglementation claire et des mesures de protection contre les distorsions du marché; invite la BEI et d’autres institutions financières à accorder la priorité aux prêts et aux crédits à taux d’intérêt réduit pour les États membres ainsi que les autorités régionales et locales qui entreprennent des projets de restauration à grande échelle, avec des dispositions spécifiques pour aider les régions économiquement défavorisées; |
| 86. | souligne l’importance des partenariats public-privé pour financer les investissements dans le domaine de l’eau; invite la Commission à favoriser les investissements privés dans le secteur de l’eau et à créer un cadre réglementaire favorable qui pourrait comprendre des possibilités de cofinancement et des partenariats public-privé afin de stimuler l’innovation, d’améliorer les infrastructures et de garantir des solutions de gestion durable de l’eau dans l’ensemble des États membres; souligne toutefois que la présence d’investissements privés dans le secteur de l’eau de l’Union ne doit pas porter atteinte au statut de bien et service publics de l’eau, et que la résilience à long terme du secteur ainsi que les principes d’accessibilité, d’accessibilité financière et de durabilité doivent être garantis; |
| 87. | invite les États membres à adopter des cadres de gouvernance qui définissent clairement les rôles et les responsabilités des parties prenantes en matière de planification, de financement et de mise en œuvre des solutions fondées sur la nature; estime que ces cadres devraient prévoir des financements provenant de diverses sources, y compris des contributions philanthropiques et des partenariats public-privé, tout en faisant en sorte que les projets à petite échelle, notamment au niveau local ou régional, bénéficient d’un accès équitable aux ressources; |
| 88. | invite la Commission et les États membres à intégrer la dimension de l’eau dans leurs budgets ainsi qu’à améliorer la gouvernance au sein des régions en ce qui concerne l’utilisation des fonds européens; |
| 89. | souligne qu’il est nécessaire de proposer une aide financière et technique ciblée aux municipalités afin de faciliter le respect de la législation relative à l’eau; |
| 90. | encourage les États membres à accélérer l’octroi d’autorisations à des projets d’infrastructures hydriques résilientes durables et novateurs, afin de pouvoir les réaliser rapidement face à l’urgence des défis à relever; |
| 91. | constate que l’application du principe de récupération des coûts des services liés à l’utilisation de l’eau, qui prévoit la participation financière efficace et proportionnelle de tous les usagers au recouvrement des coûts des services liés à l’eau, reste faible, voire inexistante dans plusieurs États membres; invite les États membres et leurs autorités régionales à mettre en œuvre des politiques adéquates de tarification de l’eau et à appliquer le principe de récupération des coûts, pour les coûts liés tant à l’environnement qu’aux ressources, conformément à la directive-cadre sur l’eau; demande aux États membres de tenir compte des cycles d’investissement longs lorsqu’ils appliquent le principe de récupération des coûts et de veiller à ce qu’un financement suffisant soit disponible pour les (ré)investissements nécessaires; |
| 92. | souligne qu’il importe de veiller à ce que la tarification de l’eau soutienne la sécurité hydrique à long terme en reflétant les coûts de l’utilisation de l’eau, qu’ils soient économiques, environnementaux ou liés aux ressources; encourage les États membres et les autorités régionales et locales compétentes à veiller à ce que la tarification de l’eau soit économiquement durable et socialement équitable, favorise une utilisation efficace de l’eau, et reflète la disponibilité de l’eau dans les différents États membres et régions, en particulier dans les régions souffrant de stress hydrique, tout en garantissant des prix abordables pour les ménages et les petites entreprises; invite les États membres et les autorités régionales et locales compétentes à garantir la transparence des prix de l’eau ainsi qu’à sensibiliser à la valeur des services liés à l’eau; |
| 93. | fait remarquer que les autorités nationales de l’eau compétentes joueront un rôle central dans la mise en œuvre d’une nouvelle gestion de l’eau et des plans de conservation au niveau des États membres; demande dès lors aux États membres d’accroître les capacités financières et techniques de ces autorités compétentes afin qu’elles puissent intensifier leur rôle de facilitation et de conseil concernant des infrastructures de gestion et de stockage de l’eau durables et à l’épreuve du temps; est d’avis que les fonds de l’Union, tel le Fonds pour une transition juste, devraient être utilisés pour mieux accompagner les États membres et les agences de l’eau lors de la mise en œuvre; |
Numérisation, sécurité et innovation technologique
| 94. | Souligne le potentiel et la nécessité de la numérisation et de l’IA pour améliorer la gestion et la surveillance des masses d’eau et des infrastructures hydriques, ainsi que pour transmettre les informations et assurer la comparabilité de données reflétant différentes conditions géographiques d’écoulement; |
| 95. | invite la Commission, les États membres et les fournisseurs d’eau à généraliser la transparence et la numérisation en tant que principes fondamentaux dans le domaine de la gestion de l’eau, ainsi qu’à promouvoir l’utilisation des données de gestion et des compteurs afin de renforcer le suivi, l’évaluation, la responsabilité et la prise de décision, tout en optimisant et simplifiant les obligations d’information; appelle de ses vœux des technologies numérisées liées à l’eau pour faciliter une surveillance et une communication d’informations à distance en temps réel, basées sur des échantillons, en ce qui concerne la qualité de l’eau, les fuites, l’utilisation de l’eau et les ressources en eau; appelle à une plus grande efficacité dans l’utilisation des fonds publics et dans les dépenses publiques dans ce domaine; reconnaît que le déploiement généralisé de technologies numériques innovantes doit s’accompagner d’une formation aux compétences numériques; |
| 96. | souligne la nécessité de promouvoir la numérisation et des solutions axées sur les données pour construire une société intelligente dans le domaine de l’eau; souligne la nécessité de concevoir, dans tous les secteurs, des solutions numériques de surveillance de la consommation d’eau et d’optimisation de l’utilisation des ressources en eau; invite la Commission, en coopération avec les États membres, à soutenir financièrement le déploiement de systèmes intelligents de gestion de l’eau, en accordant une attention particulière aux besoins des petites et moyennes entreprises; |
| 97. | souligne que, considérés comme des infrastructures critiques et des piliers de la sécurité des pays, les systèmes d’approvisionnement en eau, dont les systèmes de traitement et de distribution de l’eau, sont cruciaux pour l’autonomie stratégique de l’Union et nécessitent une protection renforcée, avec des installations capables de détecter les menaces et les attaques physiques et cybernétiques, d’y réagir et de se remettre en état; note qu’une numérisation accrue entraîne l’apparition de nouvelles vulnérabilités; fait remarquer qu’en cas de menace ou d’attaque, les opérateurs des réseaux d’eau peuvent perdre le contrôle du débit et de la qualité de l’eau et ne plus être à même de vérifier l’état réel du système d’approvisionnement en eau; répète que le système de gestion de l’eau de chaque État membre devrait comprendre des évaluations de la vulnérabilité et un plan de réaction d’urgence; encourage la promotion du partage d’informations relatives aux menaces pour la cybersécurité et des procédures d’échange de bonnes pratiques entre opérateurs, ainsi que la création d’une culture de la cybersécurité grâce à des mesures techniques de sécurité, à l’acquisition de compétences, à la sensibilisation et à la communication; attire l’attention sur les mesures et les dispositions prévues par la directive SRI 2 et la directive sur la résilience des entités critiques, qui pourraient contribuer à diminuer les risques émergents en matière de sécurité; invite la Commission à jouer un rôle de chef de file dans le renforcement des dispositifs de coordination au niveau de l’Union et de proposer des outils efficaces dans la future stratégie pour une union de la préparation, dans le but d’assurer une préparation en temps utile afin de faire face aux risques environnementaux et non environnementaux qui pèsent sur les masses d’eau et menacent la sécurité générale de l’Union; |
| 98. | invite la Commission et les États membres à accroître la participation des femmes aux décisions concernant la résilience dans le domaine de l’eau; appelle à l’adoption d’une approche méthodologique qui prenne effectivement en compte les besoins liés au genre dans la mise en œuvre des projets d’approvisionnement en eau, en mettant en place un contrôle, des rapports et un suivi qui utilisent des outils et des indicateurs ventilés par genre; |
| 99. | note que l’amélioration des données et de l’analyse des données est essentielle à la prise de décision fondée sur des données probantes et à la détection rapide de petits changements dans la qualité de l’eau qui pourraient représenter une menace pour les masses d’eau, tout comme l’évaluation des meilleures pratiques et la sélection des mesures les plus efficaces et présentant le meilleur rapport coût-efficacité; |
| 100. | souligne que des données améliorées, fiables et interopérables sur l’approvisionnement en eau, la demande, la distribution, l’accessibilité et l’utilisation de l’eau sont nécessaires et qu’il convient d’établir des points de données; invite instamment la Commission et les États membres à améliorer la collecte de données et leur interopérabilité à tous les niveaux afin de favoriser la mise en œuvre de la législation existante dans le domaine de l’eau ainsi que de faciliter l’économie circulaire et les stratégies de symbiose industrielle intelligentes dans le domaine de l’eau; souligne que les données et l’IA pourraient être utilisées pour modéliser la consommation d’eau et d’énergie ainsi que les capacités de réutilisation et de recyclage; |
| 101. | invite la Commission à mieux tenir compte du rôle fondamental que joue le secteur de l’eau dans le renforcement de la compétitivité de l’Union, en favorisant la recherche et l’innovation et en promouvant l’entrepreneuriat et le talent; souligne, à cet égard, qu’il importe d’intensifier l’innovation dans le secteur de l’eau; met en évidence le fait que le Centre européen d’innovation pour la transformation industrielle et les émissions, créé dans le cadre de la directive 2010/75/UE, pourrait jouer un rôle à cet égard, étant donné qu’il évalue la performance environnementale des technologies industrielles et collecte des informations sur les techniques environnementales industrielles innovantes; attire en outre l’attention sur des partenariats existants comme le partenariat Water4All, un programme de financement de la recherche scientifique; |
| 102. | estime qu’il est nécessaire de créer et d’entretenir des plateformes associant de multiples acteurs afin de promouvoir l’adoption de l’innovation à tous les niveaux, local et national; préconise la participation d’un large éventail d’acteurs à ces plateformes, à savoir les secteurs public et privé ainsi que les organisations de la société civile, afin de bâtir une coalition de partenaires qui initieront des changements; soutient la promotion du partage de connaissances sur la manière dont les technologies numériques dans le domaine de l’eau peuvent appuyer l’application de la législation existante de l’Union ainsi que le renforcement des capacités aux niveaux local, régional et national; invite la Commission et les États membres à élargir leurs compétences numériques et leurs programmes de recherche et de développement (R&D) qui ciblent l’eau, notamment en collaborant avec les universités, les centres de recherche et les petites et moyennes entreprises; |
| 103. | prend bonne note du rôle critique que jouent les centres de données dans l’économie numérique; relève avec inquiétude que l’expansion rapide de la technologie pourrait entraîner une augmentation exponentielle de la demande en ressources hydriques associée au fonctionnement de l’IA, ce qui pourrait compromettre les avantages environnementaux que celle-ci promet d’apporter, tels que l’optimisation des ressources et la réduction des émissions de carbone, et souligne la nécessité d’intégrer des mesures d’utilisation rationnelle de l’eau dans la conception et l’exploitation des centres de données; prie instamment la Commission d’aborder la question, dans sa stratégie européenne de résilience pour l’eau, de l’utilisation des ressources hydriques par les technologies de l’information et de la communication et, en particulier, par l’IA et les centres de données, notamment en encourageant les centres de données à réutiliser l’eau traitée et à promouvoir la conception de puces et de composants plus performants afin de réduire le besoin de refroidissement; recommande aux États membres d’accorder la priorité à des stratégies de résilience dans le domaine de l’eau qui tiennent compte des défis spécifiques que représentent les centres de données, pour assurer la durabilité des politiques numériques et environnementales; |
| 104. | rappelle que le processus de dessalement de l’eau de mer permet d’extraire le sel de l’eau de mer ou de l’eau saumâtre pour la rendre utilisable à diverses fins, y compris pour la boisson, et qu’il s’agit donc d’une technologie importante pour les moyens de subsistance des populations; fait remarquer que le dessalement est dans le même temps un processus gourmand en énergie et devrait idéalement, dans la mesure du possible, utiliser des énergies renouvelables afin de réduire autant que faire se peut ses répercussions sur l’environnement; rappelle que le dessalement génère un sous-produit, la saumure, une solution salée concentrée, qui doit être éliminé de manière appropriée afin d’éviter des effets néfastes sur l’environnement marin; estime dès lors que le dessalement, par osmose inverse ou en recourant à des technologies thermiques, devrait uniquement être utilisé si d’autres options plus durables sur le plan environnemental ne sont pas disponibles ou ne peuvent être mises en œuvre, notamment dans les zones reculées et sur les îles; met en avant, à cet égard, les travaux en cours sur de nouvelles solutions technologiques, telles que les cellules de désalinisation microbiennes, qui offrent une solution de substitution écologiquement durable et innovante aux méthodes de dessalement traditionnelles, notamment pour fournir de l’eau propre et traiter les eaux usées dans les petites zones isolées sans électricité; |
| 105. | Insiste sur la nécessité d’accroître le financement et la R&D dans des technologies telles que les techniques de dessalement innovantes, en vue d’en améliorer l’efficacité, la durabilité et la diffusion. demande que des recherches soient menées sur les possibilités d’utiliser ces technologies dans l’agriculture afin de diversifier les points d’approvisionnement en eau et de réduire ainsi la vulnérabilité du secteur au stress hydrique; |
| 106. | constate qu’au cours des dix années écoulées, de nombreuses avancées scientifiques ont eu lieu, permettant un traitement de l’eau plus intelligent et plus circulaire grâce à des solutions qui permettent le recours au numérique, à l’IA et à la détection à distance pour une utilisation plus efficace de l’eau, à la réutilisation des eaux usées traitées pour l’irrigation ainsi qu’à la récupération de l’énergie et des nutriments dans les eaux usées; |
| 107. | invite la Commission et les États membres à s’attaquer aux obstacles réglementaires sur le marché unique pour faciliter le développement, l’expansion et la mise sur le marché de solutions innovantes en matière de biotechnologies et de bioproduction, et pour promouvoir une fabrication plus propre et la circularité; |
| 108. | demande le financement, le développement et l’autorisation de solutions innovantes pour la protection et la fertilisation des cultures, y compris des agents de lutte biologique et des substances actives ayant une incidence moindre sur l’environnement, qui sont nécessaires à une transition juste vers des systèmes agricoles plus durables; |
| 109. | demande que des programmes spécifiques pour le nettoyage et la conservation des canaux fluviaux soient mis en place afin de garantir un débit suffisant et de réduire l’accumulation de débris et de sédiments susceptibles d’affecter la capacité de stockage et de distribution de l’eau; |
Coopération transfrontière et internationale
| 110. | souligne la nécessité d’une stratégie européenne de résilience pour l’eau globale qui favorise la coopération transfrontière, une collecte et une communication de données plus uniformes, le partage des bonnes pratiques entre les acteurs locaux, régionaux et nationaux, la gestion durable de l’eau et la répartition équitable des ressources entre les États membres, en évitant la transmission à d’autres États membres des problèmes liés à l’eau, tels que la pénurie et les risques d’inondation; |
| 111. | souligne que le changement climatique représente une menace majeure pour les ressources en eau et les écosystèmes aquatiques; note que les inondations et les pénuries d’eau menacent la sécurité alimentaire et la sécurité de l’eau ainsi que la santé de l’ensemble de la population, ce qui affecte en fin de compte la cohésion et la stabilité sociales; constate que la résilience dans le domaine de l’eau est cruciale pour prévenir les crises actuelles et futures en matière de santé, d’alimentation, d’énergie et de sécurité, ainsi que pour y réagir; souligne que la résilience dans le domaine de l’eau promeut la coopération transfrontière en matière d’eau, servant ainsi de vecteur de paix et de sécurité, les pays étant reliés entre eux par des eaux souterraines et des cours d’eau communs; |
| 112. | appelle de ses vœux une coopération transfrontière renforcée entre les États membres pour la gestion des bassins hydrographiques et des aquifères souterrains communs et pour la collecte et le partage efficaces des données relatives à la qualité de l’eau, aux niveaux de pollution et aux niveaux d’eau; préconise la création de centres de coopération régionale chargés de coordonner la mise en œuvre de stratégies conjointes de résilience dans le domaine de l’eau, en tenant compte des enjeux climatiques, sociaux et économiques de chaque territoire; |
| 113. | demande le renforcement de la coopération internationale, notamment au niveau des bassins hydrographiques, pour lutter contre la crise de l’eau qui s’intensifie, garantir une eau propre et de qualité, promouvoir la gestion durable de l’eau et mettre en œuvre diverses technologies innovantes dans le domaine de l’eau, y compris des solutions fondées sur la nature; demande l’ancrage de la coopération transfrontière aux niveaux opérationnel, tactique et stratégique; |
| 114. | demande la création de projets transfrontaliers au titre d’Interreg et d’autres fonds de l’Union afin d’améliorer la coopération régionale en matière de gestion des ressources en eau, en accordant une attention particulière à la répartition équitable de l’eau entre les secteurs et les États membres; |
| 115. | souligne la nécessité de renforcer les capacités de surveillance de l’Union grâce à la numérisation et aux technologies modernes, y compris la surveillance par satellite et le suivi en temps réel de la pollution, autant de méthodes essentielles pour prévenir la pollution transfrontière et lutter contre celle-ci; |
| 116. | demande instamment à la Commission de mettre en œuvre un rôle diplomatique spécifique consacré à la résolution des conflits liés à l’eau, à la promotion de la coopération dans le domaine de l’eau et à la protection des sources et des systèmes d’eau, en particulier pendant les conflits armés et dans les contextes transfrontières; |
| 117. | demande instamment à l’Union de prendre la tête des efforts internationaux pour protéger et restaurer les écosystèmes aquatiques, conformément à l’ODD 6 sur l’eau propre et l’assainissement; ° ° ° |
| 118. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission. |
(*1) Note technique: il s'agit d'une version corrigée du texte adopté, qui vise à rétablir le nom du groupe de discussion au paragraphe 29 de la résolution, absent du rapport déposé suite à une suppression due à une erreur administrative.
(1) JO L 243 du 9.7.2021, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/1119/oj.
(2) JO L 327 du 22.12.2000, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2000/60/oj.
(3) JO L 372 du 27.12.2006, p. 19, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2006/118/oj.
(4) JO L 348 du 24.12.2008, p. 84, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2008/105/oj.
(5) JO L 288 du 6.11.2007, p. 27, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2007/60/oj.
(6) JO L 435 du 23.12.2020, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2020/2184/oj.
(7) JO L 177 du 5.6.2020, p. 32, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2020/741/oj.
(8) JO L 164 du 25.6.2008, p. 19, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2008/56/oj.
(9) JO L, 2024/3019 du 12.12.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2024/3019/oj.
(10) JO L, 2024/1785 du 15.7.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2024/1785/oj.
(11) JO L 375 du 31.12.1991, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/1991/676/oj.
(12) JO L, 2024/1991 du 29.7.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/1991/oj.
(13) JO L 333 du 27.12.2022, p. 164, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2022/2557/oj.
(14) JO L 333 du 27.12.2022, p. 80, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2022/2555/oj.
(15) JO L 309 du 24.11.2009, p. 71, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2009/128/oj.
(16) JO L 435 du 6.12.2021, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/2115/oj.
(17) JO L, 2024/3190 du 31.12.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/3190/oj.
(18) JO C 132 du 14.4.2023, p. 54.
(19) JO C, C/2024/7216, 10.12.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/7216/oj.
(20) JO C 132 du 14.4.2023, p. 106.
(21) JO C 232 du 16.6.2021, p. 28.
(22) JO C, C/2025/808, 11.2.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/808/oj.
(23) JO C 445 du 29.10.2021, p. 126.
(24) JO C 316 du 22.9.2017, p. 99.
(25) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2024)0358.
(26) Organisation météorologique mondiale, 2021 State of Climate Services – Water, WMO-No 1278, WMO, Genève, 2021.
(27) Agence européenne pour l’environnement, Water resources across Europe - confronting water scarcity and drought (Les ressources en eau en Europe. Faire face au stress hydrique), rapport 02/2009 de l’AEE.
(28) Rapport 07/2024 de l’AEE.
(29) WWF, High Cost of Cheap Water, WWF, Gland, 2021.
(30) Rapport 07/2024 de l’AEE.
(31) Commission européenne, Attitudes of Europeans towards the environment, Eurobaromètre spécial 550, 2024.
(32) Commission européenne: direction générale de l’environnement et al., Implementation of water balances in the EU – Final report, Office des publications de l’Union européenne, 2024.
(33) Disclosure Insight Action (CDP) and Planet Tracker, High and Dry. How Water Issues Are Stranding Assets, 2022.
(34) Rapport 07/2024 de l’AEE.
(35) Agence européenne pour l’environnement, «Water abstraction by economic sector in the 27 EU Member States, 2000-2022», site web de l’Agence européenne pour l’environnement, 5 décembre 2024. https://www.eea.europa.eu/en/analysis/indicators/water-abstraction-by-source-and/water-abstraction-by-economic?activeTab=8a280073-bf94-4717-b3e2-1374b57ca99d.
(36) Eurostat, «Archive: Water use in industry», site web d’Eurostat. https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Archive:Water_use_in_industry&oldid=196132#Further_Eurostat_information.
(37) Rapport 07/2024 de l’AEE.
(38) Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, Water accounting and auditing, A sourcebook, FAO Water Reports 43, FAO, Rome, 2016.
(39) Banque européenne d’investissement, Wastewater as a resource, BEI, 2022.
(40) Commission européenne: Direction générale de l’environnement, «Water reuse: New EU rules to improve access to safe irrigation», site web de la Commission européenne, 26 juin 2023, https://environment.ec.europa.eu/news/water-reuse-new-eu-rules-improve-access-safe-irrigation-2023-06-26_en.
(41) Commission européenne: Direction générale de l’environnement, «Zero pollution: Improved quality and access to drinking water», site web de la Commission européenne, 12 janvier 2023, https://environment.ec.europa.eu/news/improved-quality-and-access-drinking-water-all-europeans-2023-01-12_en.
(42) Rapport 07/2024 de l’AEE.
(43) Ibid.
(44) Ibid.
(45) Ibid.
(46) Ibid.
(47) Ibid.
(48) Agence européenne pour l’environnement, «Industrial pollutant releases to water in Europe» (Rejets de polluants industriels dans l’eau en Europe), site internet de l’Agence européenne pour l’environnement, 30 mai 2024, https://www.eea.europa.eu/en/analysis/indicators/industrial-pollutant-releases-to-water.
(49) Directive 2010/75/UE du Parlement européen et du Conseil du 24 novembre 2010 relative aux émissions industrielles (prévention et réduction intégrées de la pollution), JO L 334 du 17.12.2010, p. 17, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2010/75/oj).
(50) Commission européenne, «Nitrates», site web de la Commission européenne: https://environment.ec.europa.eu/topics/water/nitrates_en#implementation.
(51) Agence européenne pour l’environnement, «Public exposure to widely used Bisphenol A exceeds acceptable health safety levels», site web de l’Agence européenne pour l’environnement, 14 septembre 2023, https://www.eea.europa.eu/en/newsroom/news/public-exposure-to-bisphenol-a.
(52) Rapport 1/2024 de l’Agence européenne pour l’environnement, European Climate Risk Assessment, Rapport 01/2024 de l’AEE.
(53) Cammalleri, C. et al., Global warming and drought impacts in the EU, rapport technique du JRC, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg,.
(54) Rapport 07/2024 de l’AEE.
(55) Feyen, L. et al., Climate change impacts and adaptation in Europe, rapport final du projet PESETA IV du JRC, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg.
(56) Rapport 01/2024 de l’Agence européenne pour l’environnement, European Climate Risk Assessment, Rapport 01/2024 de l’AEE.
(57) Bureau des Nations Unies pour la prévention des catastrophes, Rapport spécial du GAR sur la sécheresse 2021, Genève, UNDRR, 2021.
(58) Conclusions du Conseil du 14 octobre 2024 sur la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse.
(59) Rapport 07/2024 de l’AEE.
(60) Directive (UE) 2024/1203 du Parlement européen et du Conseil du 11 avril 2024 relative à la protection de l’environnement par le droit pénal et remplaçant les directives 2008/99/CE et 2009/123/CE (JO L, 2024/1203, 30.4.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2024/1203/oj).
(61) Office européen des brevets, Innovation dans les technologies liées à l’eau, OEB, Munich, 2024
(62) Rapport 07/2024 de l’AEE.
(63) Commission européenne, rapport scientifique et stratégique du Centre commun de recherche (CCR), «Technical proposals for the safe use of transformated lisier above the threshold set for Nitrate Vulnerable Zones by the Nitrates Directive (91/676/EEC)» (Propositions techniques pour une utilisation sûre du lisier transformé au-dessus du seuil établi pour les zones vulnérables aux nitrates par la directive sur les nitrates (91/676/CEE)), 2020.
(64) Règlement (CE) no 1935/2004 du Parlement européen et du Conseil du 27 octobre 2004 concernant les matériaux et objets destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires et abrogeant les directives 80/590/CEE et 89/109/CEE (JO L 338 du 13.11.2004, p. 4, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2004/1935/oj).
(65) Agence européenne pour l’environnement, «Industrial pollutant releases to water in Europe» (Rejets de polluants industriels dans l’eau en Europe), site internet de l’Agence européenne pour l’environnement, 30 mai 2024, https://www.eea.europa.eu/en/analysis/indicators/industrial-pollutant-releases-to-water.
(66) Bureau des Nations unies pour la prévention des catastrophes, Build Back Better in recovery, rehabilitation and reconstruction (Reconstruire en mieux lors des phases de rétablissement, de réhabilitation et de reconstruction), UNISDR, Genève, 2019.
(67) Commission européenne: direction générale de l’environnement et al., Stock-taking analysis and outlook of drought policies, planning and management in EU Member States – Final Report (Bilan et perspective des politiques, de la planification et de la gestion relatives aux sécheresses dans les États membres de l’Union), Office des publications de l’Union européenne, 2023.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/576/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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