Initiative législative52025IP0093

P10_TA(2025)0093 — Rapports 2023 et 2024 sur la Serbie — Résolution du Parlement européen du 7 mai 2025 sur les rapports 2023 et 2024 de la Commission sur la Serbie (2025/2022(INI))

CELEX52025IP0093
TypeInitiative législative
Datemercredi 7 mai 2025

Résumé IA

Cette résolution du Parlement européen évalue les progrès de la Serbie dans son processus d'adhésion à l'UE, en se concentrant sur les réformes politiques, l'état de droit et les critères de Copenhague pour 2023 et 2024. Elle souligne la nécessité d'avancées concrètes en matière de justice, de lutte contre la corruption et de normalisation des relations avec le Kosovo, conditionnant la poursuite des négociations d'adhésion à ces réformes. Pour un professionnel du droit français, ce texte sert de référence pour comprendre les exigences juridiques et politiques imposées à la Serbie dans le cadre de l'élargissement de l'UE.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2026/578

24.2.2026

P10_TA(2025)0093

Rapports 2023 et 2024 sur la Serbie

Résolution du Parlement européen du 7 mai 2025 sur les rapports 2023 et 2024 de la Commission sur la Serbie (2025/2022(INI))

(C/2026/578)

Le Parlement européen,

vu l’accord de stabilisation et d’association entre les Communautés européennes et leurs États membres, d’une part, et la République de Serbie, d’autre part (1), entré en vigueur le 1er septembre 2013,

vu la demande d’adhésion de la Serbie à l’Union européenne du 19 décembre 2009,

vu l’avis de la Commission du 12 octobre 2011 sur la demande d’adhésion de la Serbie à l’Union européenne (COM(2011)0668), la décision du Conseil européen du 1er mars 2012 d’octroyer à la Serbie le statut de candidat à l’adhésion et la décision du Conseil européen du 28 juin 2013 d’ouvrir des négociations d’adhésion à l’Union européenne avec la Serbie,

vu l’accord de Bruxelles du 27 février 2023 et l’accord d’Ohrid du 18 mars 2023, ainsi que l’annexe relative à sa mise en œuvre,

vu le règlement (UE) 2021/1529 du Parlement européen et du Conseil du 15 septembre 2021 instituant l’instrument d’aide de préadhésion (IAP III) (2),

vu le règlement (UE) 2024/1449 du Parlement européen et du Conseil du 14 mai 2024 établissant une facilité pour les réformes et la croissance en faveur des Balkans occidentaux (3),

vu les conclusions de la présidence à l’issue de la réunion du Conseil européen qui s’est tenue à Thessalonique les 19 et 20 juin 2003,

vu les déclarations des sommets UE-Balkans occidentaux du 17 mai 2018 à Sofia et du 6 mai 2020 à Zagreb,

vu ses résolutions sur l’ingérence étrangère dans l’ensemble des processus démocratiques de l’Union européenne, y compris la désinformation,

vu le processus de Berlin lancé le 28 août 2014,

vu le premier accord de principe régissant la normalisation des relations entre les gouvernements de la Serbie et du Kosovo, conclu le 19 avril 2013, les accords du 25 août 2015 et le dialogue en cours facilité par l’Union européenne en vue de la normalisation des relations entre la Serbie et le Kosovo,

vu l’accord du 27 août 2022 sur la libre circulation entre les gouvernements de la Serbie et du Kosovo, l’accord du 23 novembre 2022 sur les plaques d’immatriculation et la feuille de route du 21 juin 2022 pour la mise en œuvre des accords sur l’énergie dans le cadre du dialogue facilité par l’Union européenne,

vu la communication de la Commission du 5 février 2020 intitulée «Renforcer le processus d’adhésion – Une perspective européenne crédible pour les Balkans occidentaux» (COM(2020)0057),

vu la communication de la Commission du 6 octobre 2020 intitulée «Un plan économique et d’investissement pour les Balkans occidentaux» (COM(2020)0641),

vu la communication de la Commission du 8 novembre 2023 intitulée «Communication de 2023 sur la politique d’élargissement de l’UE» (COM(2023)0690), accompagnée du document de travail des services de la Commission intitulé «Serbia 2023 Report» (SWD(2023)0695),

vu la communication de la Commission du 8 novembre 2023 intitulée «Un nouveau plan de croissance pour les Balkans occidentaux» (COM(2023)0691),

vu la communication de la Commission du 20 mars 2024 sur les réformes et les réexamens des politiques avant élargissement (COM(2024)0146),

vu la communication de la Commission du 30 octobre 2024 intitulée «Communication de 2024 sur la politique d’élargissement de l’UE» (COM(2024)0690), accompagnée du document de travail des services de la Commission intitulé «Serbia 2024 Report» (SWD(2024)0695),

vu les conclusions du Conseil européen du 9 février 2023 sur le dialogue entre Belgrade et Pristina mené grâce à la médiation de l’Union,

vu l’article 14 de la constitution serbe relatif à la protection des minorités nationales,

vu la convention-cadre pour la protection des minorités nationales du Conseil de l’Europe, ratifiée par la Serbie en 2001, et la charte européenne des langues régionales ou minoritaires du Conseil de l’Europe, ratifiée par la Serbie en 2006,

vu les conclusions du Conseil européen des 26 et 27 octobre 2023 sur le Kosovo et la Serbie,

vu les conclusions du Conseil du 17 décembre 2024 sur l’élargissement,

vu la décision de la Cour européenne des droits de l’homme du 29 avril 2025 ordonnant à la Serbie à s’abstenir d’utiliser des appareils soniques à des fins de contrôle des foules,

vu le rapport final de la mission d’observation électorale du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (BIDDH de l’OSCE) sur les élections législatives et présidentielles anticipées du 3 avril 2022 en Serbie, publié le 19 août 2022,

vu les conclusions du Conseil européen de décembre 2006, les conclusions du Conseil de mars 2020 et les conclusions de la présidence du Conseil européen de Copenhague des 21 et 22 juin 1993, également connues sous le nom de critères de Copenhague,

vu le rapport final de la mission d’observation électorale du BIDDH de l’OSCE sur les élections législatives anticipées du 17 décembre 2023 en Serbie, publié le 28 février 2024,

vu le protocole d’accord signé le 19 juillet 2024 entre l’Union européenne et la République de Serbie relatif à un partenariat stratégique sur les matières premières durables, les chaînes de valeur des batteries et les véhicules électriques,

vu sa résolution du 29 février 2024 sur l’approfondissement de l’intégration européenne dans la perspective des futurs élargissements (4),

vu ses résolutions précédentes sur la Serbie, en particulier celle du 19 octobre 2023 sur l’évolution récente du dialogue entre la Serbie et le Kosovo, notamment la situation des municipalités du nord du Kosovo (5), et celle du 8 février 2024 sur la situation en Serbie à la suite des élections (6),

vu l’article 55 de son règlement intérieur,

vu le rapport de la commission des affaires étrangères (A10-0072/2025),

A.

considérant que l’élargissement constitue l’un des instruments les plus fructueux de la politique étrangère de l’Union européenne, de même qu’un investissement géopolitique stratégique dans la paix, la stabilité et la sécurité à long terme sur l’ensemble du continent;

B.

considérant que, selon les critères de Copenhague, les pays candidats doivent adhérer aux valeurs de l’Union pour pouvoir la rejoindre;

C.

considérant que la démocratie et l’état de droit sont les valeurs fondamentales sur lesquelles repose l’Union européenne;

D.

considérant que, ces dernières années, les droits politiques et les libertés civiles n’ont cessé de s’éroder, faisant pression sur les médias indépendants, l’opposition politique et les organisations de la société civile;

E.

considérant que le quatrième avis sur la Serbie du comité consultatif de la convention-cadre pour la protection des minorités nationales du Conseil de l’Europe, adopté le 26 juin 2019, a critiqué les retards affichés par la Serbie dans la mise en œuvre complète des droits à l’éducation pour les minorités;

F.

considérant que la liberté de religion est une valeur européenne essentielle et un droit de l’homme fondamental et que la Serbie est par conséquent tenue de la respecter et de garantir cette liberté à toutes les personnes résidant sur son territoire, conformément à ses engagements internationaux et à ses obligations en matière de droits de l’homme;

G.

considérant que, conformément au chapitre 23 de l’acquis, la Serbie doit démontrer de réelles améliorations dans l’exercice effectif des droits des personnes appartenant à des minorités nationales;

H.

considérant que chaque pays candidat à l’élargissement est évalué sur ses mérites propres, et notamment sur le respect des droits et des valeurs partagés de l’Europe, sur l’attachement indéfectible à ces droits et valeurs et sur l’alignement sur la politique étrangère et de sécurité de l’Union européenne;

I.

considérant que la Serbie n’a pas imposé de sanctions à la Russie à la suite de l’agression russe en Ukraine, que le taux d’alignement de la Serbie sur la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) est en baisse constante depuis 2021; que la Serbie soutient l’intégrité territoriale et l’indépendance politique de l’Ukraine, qu’elle a clairement condamné l’agression de la Fédération de Russie contre l’Ukraine et qu’elle a voté aux côtés de l’Union européenne aux Nations unies, même si elle n’a pas imposé de sanctions à la Russie; que le taux d’alignement de la Serbie sur la PESC est passé de 54 % en 2023 à 51 % en 2024 alors que d’autres pays candidats de la région – l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et la Macédoine du Nord – ont atteint un taux d’alignement de 100 %;

J.

considérant que la Serbie reste un champ de bataille essentiel pour les campagnes de désinformation étrangères, notamment de la part de la Russie et de la Chine, qui cherchent à créer une rhétorique anti-occidentale; que le rapport final du BIDDH de l’OSCE sur les élections législatives anticipées du 17 décembre 2023 a signalé plusieurs vices de procédure ainsi que l’utilisation d’une rhétorique virulente et la présence d’un parti pris constant dans les médias qui ont donné un avantage déséquilibré au parti au pouvoir; que les problèmes relevés dans ce rapport doivent faire l’objet d’une évaluation approfondie et rapide; que, dans le cadre des négociations d’adhésion, la Serbie a adopté la stratégie de lutte contre la cybercriminalité 2019-2023 et les plans d’action correspondants en septembre 2018; que cette stratégie et les plans d’action correspondants n’ont pas été renouvelés au-delà de décembre 2023; que la Serbie ne s’est pas alignée sur les mesures restrictives de l’Union européenne en réaction aux cyberattaques en 2023 et 2024;

K.

considérant que la normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie est une condition préalable à la progression des deux pays vers l’adhésion à l’Union européenne;

L.

considérant que l’adhésion à l’Union européenne nécessite inévitablement un alignement complet sur les objectifs de politique étrangère de celle-ci;

M.

considérant que la Serbie reconnaît l’intégrité territoriale de l’Ukraine, y compris la péninsule de Crimée et la région du Donbass;

N.

considérant que l’Union européenne est le principal partenaire commercial de la Serbie, représentant 59,7 % du commerce total de ce pays;

O.

considérant que la Russie use de son influence en Serbie pour tenter de déstabiliser, de perturber et de menacer les États souverains voisins et de compromettre l’avenir européen de la Serbie; que des organes de propagande russes tels que RT (anciennement Russia Today) et Sputnik opèrent librement en Serbie et exercent une influence significative dans la formulation de discours anti-européens et antidémocratiques; que la désinformation a souvent pour origine une déclaration fausse ou trompeuse d’une personnalité politique, qui est ensuite rapportée par les médias publics puis amplifiée sur les médias sociaux, souvent dans l’intention de nuire à des opposants politiques ainsi qu’aux principes démocratiques;

P.

considérant que, le 8 juin 2024, une «Assemblée de tous les Serbes» s’est tenue à Belgrade avec la participation de dirigeants politiques de Serbie, de Bosnie-Herzégovine, du Monténégro et du Kosovo sous le slogan «Un peuple, une assemblée»;

Engagement en faveur de l’adhésion à l’Union européenne

1.

prend note de l’engagement déclaré de la Serbie de faire de l’adhésion à l’Union européenne son objectif stratégique ainsi que de son ambition de s’aligner pleinement sur l’acquis de l’Union d’ici la fin de l’année 2026; invite instamment la Serbie à mettre en œuvre rapidement et de manière décisive des réformes essentielles, en particulier au titre du groupe 1, afin que cet engagement très ambitieux soit perçu comme réaliste, sincère et significatif; souligne qu’il faut que la Serbie démontre avec sérieux et de manière catégorique qu’elle est stratégiquement tournée vers l’Union européenne, et ce en faisant preuve d’une volonté politique forte et de cohérence dans la mise en œuvre des réformes relatives à l’Union et en communiquant de manière objective et sans ambiguïté avec ses citoyens à propos de l’Union européenne, de la trajectoire européenne de la Serbie et des réformes requises;

2.

réaffirme l’importance stratégique que revêtent les Balkans occidentaux dans le contexte géopolitique actuel ainsi que pour la sécurité et la stabilité de l’Union européenne dans son ensemble; souligne qu’en raison de sa position géopolitique, le pays a un impact direct sur la stabilité globale de la région; condamne par conséquent les tentatives d’établissement par la Serbie d’une sphère d’influence portant atteinte à la souveraineté des pays voisins;

3.

prend acte du bon niveau de préparation de la Serbie en matière de stabilité macroéconomique et de discipline budgétaire ainsi que de l’évaluation de la Commission indiquant que, sur le plan technique, le groupe 3 est prêt pour ouverture, mais observe avec inquiétude que, de manière générale, les progrès accomplis dans le respect des critères de référence d’adhésion à l’Union européenne dans l’ensemble des chapitres de négociation ont été limités, voire inexistants, et que des lacunes ont notamment été constatées dans des domaines critiques tels que l’état de droit, la liberté des médias, la réforme de l’administration publique et l’alignement sur les politiques de l’Union européenne, en particulier la politique étrangère de l’Union;

4.

regrette qu’aucun progrès notable n’ait été réalisé concernant le chapitre 31, la tendance relative à l’alignement de la Serbie sur les positions de l’Union européenne en matière de politique étrangère étant restée largement inchangée, principalement en raison des relations étroites entretenues par la Serbie avec la Russie; rappelle que la Serbie reste une exception notable dans les Balkans occidentaux en ce qui concerne l’alignement sur la PESC; invite la Serbie à inverser cette tendance et à prendre des mesures positives en vue d’un alignement complet; constate que le taux de conformité de la Serbie avec les déclarations de l’Union européenne est en augmentation, mais qu’il n’est toujours que de 61 %; salue le fait que la Serbie continue de participer activement et de contribuer de manière positive aux missions et opérations militaires de gestion de crise menées par l’Union européenne;

5.

salue l’aide humanitaire apportée par la Serbie à l’Ukraine et prend acte de la vente de munitions pour une valeur de 800 millions d’EUR en vue de leur utilisation par l’Ukraine dans le cadre d’un accord mutuellement avantageux; note que la Serbie s’est alignée sur certaines positions de l’Union européenne concernant la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine; regrette toutefois que la Serbie ne s’aligne toujours pas sur les mesures restrictives de l’Union européenne à l’encontre de la Russie; invite l’Union européenne à reconsidérer l’ampleur de l’aide financière qu’elle fournit à la Serbie si cette dernière continue d’apporter son soutien aux idéologies antidémocratiques et ne s’aligne pas sur les mesures restrictives prises par l’Union européenne et sur la PESC; invite la Serbie à s’aligner sans tarder sur les mesures restrictives et la politique générale de l’Union européenne envers la Russie et la Biélorussie, de manière systématique et sans délai;

6.

souligne l’importance de la mise en œuvre des sanctions à l’encontre de la Russie pour la sécurité de l’Europe dans son ensemble; déplore que la Serbie continue d’entretenir des relations étroites avec la Russie, suscitant des inquiétudes quant à son orientation stratégique; invite une nouvelle fois les autorités serbes à renforcer la transparence concernant le rôle et les activités du «centre humanitaire russo-serbe» de Niš et à mettre immédiatement fin à toute coopération militaire avec la Russie; prend acte de la décision de la Serbie de soutenir la résolution des Nations unies condamnant l’agression de la Russie contre l’Ukraine trois ans après l’invasion à grande échelle; regrette la rétractation verbale immédiate du président Vučić concernant le vote de la Serbie aux Nations unies, le qualifiant d’«erreur»; estime que le maintien de relations privilégiées avec le Kremlin nuit non seulement à la crédibilité de la Serbie en tant que pays candidat, mais aussi à la confiance de ses partenaires européens et à l’avenir des relations UE-Serbie;

7.

regrette le déclin continu du soutien public à l’adhésion à l’Union européenne en Serbie et le soutien croissant au régime de Vladimir Poutine, fruit d’une rhétorique anti-européenne et pro-russe de longue date de la part des médias contrôlés par le gouvernement ainsi que de certains fonctionnaires d’État; invite les autorités serbes à favoriser un débat ouvert et fondé sur des faits concernant l’adhésion à l’Union européenne;

8.

déplore la poursuite de la désinformation, notamment sur la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine; condamne les retombées de ces agissements dans d’autres pays de la région; invite les autorités serbes à combattre la désinformation et invite l’Union européenne à accroître la coopération avec la Serbie afin de renforcer la résilience démocratique et de déjouer les menaces hybrides;

9.

prend acte des progrès accomplis par la Serbie en matière d’alignement sur la politique de visas de l’Union européenne et l’invite à procéder à un alignement complet, notamment à l’égard des pays extérieurs à l’Union qui présentent une menace pour l’Union en matière de sécurité, et notamment une menace de cyberattaques; salue l’accord signé le 25 juin 2024 entre l’Union européenne et la Serbie sur la coopération opérationnelle avec Frontex en matière de gestion des frontières, qui souligne la nécessité d’agir conformément aux droits fondamentaux et aux normes internationales;

10.

rappelle qu’outre l’alignement sur la PESC de l’Union européenne, le rythme global des négociations d’adhésion devrait dépendre de progrès tangibles en ce qui concerne les fondamentaux, l’état de droit et un engagement envers les droits et les valeurs partagés de l’Europe ainsi que le dialogue entre Belgrade et Pristina, qui doit être mené de bonne foi afin d’aboutir à un accord juridiquement contraignant fondé sur la reconnaissance mutuelle; réitère sa position selon laquelle les négociations d’adhésion avec la Serbie ne devraient progresser que si le pays s’aligne sur les sanctions de l’Union européenne à l’encontre de la Russie et réalise des progrès significatifs dans ses réformes relatives à l’Union, en particulier dans le domaine des fondamentaux;

11.

se dit une nouvelle fois préoccupé par l’approche d’apaisement adoptée par la Commission à l’égard de la Serbie, malgré le recul de l’état de droit, de la démocratie et des droits fondamentaux auquel on assiste depuis des années dans le pays, ainsi que par son influence déstabilisatrice sur l’ensemble de la région; prie instamment la Commission d’utiliser un langage plus clair, y compris au plus haut niveau, à l’égard de la Serbie et d’aborder systématiquement ses lacunes importantes, son manque de progrès et même son recul, afin de défendre les valeurs fondamentales de l’Union européenne;

12.

invite le gouvernement serbe à promouvoir le rôle et les avantages de l’adhésion à l’Union européenne ainsi que des projets et des réformes financés par l’Union européenne au sein de la population serbe;

Démocratie et état de droit

13.

prend note des difficultés actuelles pour garantir l’indépendance de la justice, notamment l’influence indue et les pressions politiques exercées sur le système judiciaire; se dit préoccupé par l’absence de mise en place de garde-fous empêchant l’ingérence politique dans les nominations judiciaires et les mesures disciplinaires à l’encontre des juges et des procureurs; invite la Serbie à veiller à ce que le Conseil supérieur de la magistrature, le Conseil supérieur du ministère public ainsi que le gouvernement et le Parlement serbes défendent de manière efficace et proactive l’indépendance de la justice et l’autonomie des procureurs;

14.

souligne l’importance que revêtent l’adoption de la loi sur l’école de la magistrature et l’avis de la Commission de Venise ainsi que les nominations judiciaires nécessaires pour réduire le nombre de postes vacants et améliorer l’efficacité globale du système judiciaire; constate que le retard dans l’adoption de cette loi a bloqué des réformes judiciaires essentielles, nécessaires à l’alignement sur les normes de l’Union européenne; demande que le projet de loi soit modifié à l’issue d’une consultation transparente de toutes les parties prenantes concernées afin de garantir l’indépendance et les mécanismes de contrôle de l’institution et de contribuer ainsi à l’indépendance globale du pouvoir judiciaire;

15.

constate que des progrès limités ont été réalisés en matière de lutte contre la corruption, malgré l’adoption d’une nouvelle stratégie anticorruption pour la période 2024-2028; invite la Serbie à adopter et à commencer à mettre en œuvre le plan d’action anticorruption qui l’accompagne et à mettre en place un mécanisme de contrôle et de coordination efficace pour suivre les progrès accomplis, conformément aux normes internationales; s’inquiète que la corruption sévisse toujours dans de nombreux domaines, en particulier dans le cadre de «projets présentant un intérêt pour la République de Serbie», et qu’une volonté politique forte soit nécessaire pour lutter efficacement contre la corruption ainsi que pour apporter une réponse ferme de la justice pénale à la grande corruption; constate que la Serbie se classe au 105e rang de l’indice de perception de la corruption 2024, bien en dessous de la moyenne de l’Union européenne; considère que le niveau de corruption en Serbie est un obstacle important à son processus d’adhésion à l’Union européenne; constate avec inquiétude qu’après plusieurs années, les résultats n’ont pas encore été rendus dans des affaires pour lesquelles le public manifeste un intérêt marqué, comme les affaires Krušik, Jovanjica, Savamala ou Belivuk, engagées de longue date; invite la Serbie à renforcer l’indépendance de ses institutions de lutte contre la corruption en veillant à ce qu’elles disposent de ressources suffisantes et à ce qu’elles soient protégées de toute ingérence politique; invite le gouvernement serbe à signer la convention sur la lutte contre la corruption de l’Organisation de coopération et de développement économiques et à aligner pleinement son cadre juridique relatif à la coopération policière et à la criminalité organisée sur celui de l’Union européenne;

16.

se félicite de la composition davantage pluraliste du nouveau parlement, qui offre une plus large représentation des partis politiques, y compris des partis des minorités nationales; note que les élections anticipées et la césure correspondante dans les activités du gouvernement et du Parlement ont entravé les progrès en matière de réformes; constate l’existence d’élections anticipées fréquentes, de campagnes permanentes et de longs délais de formation des gouvernements ainsi que la perturbation des travaux du Parlement national, et notamment l’absence d’heure des questions au gouvernement, l’absence de débat sur les rapports d’institutions indépendantes ainsi que le recours plus fréquent aux procédures d’urgence, ce qui entraîne un manque de contrôle législatif et de légitimité du Parlement et ne contribue pas à la bonne gouvernance démocratique du pays;

17.

prend acte de la démission du Premier ministre Miloš Vučević le 28 janvier 2025, confirmée par l’Assemblée nationale le 19 mars 2025, et de l’élection qui s’en est suivie d’un nouveau gouvernement dirigé par Đuro Macut, nommé le 16 avril 2025; prend acte de la reprise des travaux de l’Assemblée nationale le 4 mars 2025, après trois mois de pause, et condamne tous les actes de violence survenus à cette occasion;

18.

rappelle qu’il est disposé à soutenir l’Assemblée nationale et ses députés dans le processus démocratique relatif à la trajectoire européenne de la Serbie, y compris le bon fonctionnement du Parlement conformément à son règlement intérieur, et ce en utilisant les outils et initiatives de soutien à la démocratie qui existent en son sein et en soutenant un plus grand contrôle parlementaire du processus d'adhésion à l’Union européenne et des réformes connexes;

19.

prend acte avec une vive préoccupation du rapport final de la mission d’observation électorale du BIDDH de l’OSCE sur les élections de décembre 2023; relève qu’en avril 2024, l’Assemblée nationale avait constitué un groupe de travail destiné à améliorer le processus électoral mais que, à la fin de l'année, il n’avait adopté aucune mesure juridique permettant d’améliorer le processus électoral; constate que deux des trois représentants de la société civile ont quitté le groupe de travail en février 2025; constate que des mesures ont été prises au cours des premiers mois de 2025 pour modifier la loi sur le registre électoral unifié, mais qu’il n’existe aucun consensus sur son contenu entre les acteurs politiques et de la société civile; invite tous les groupes parlementaires au sein de l’Assemblée nationale à décider de la mise en œuvre des recommandations du BIDDH avec l’accord de l’ensemble des groupes; demande l’égalité de traitement de tous les députés lors des travaux de l’Assemblée nationale, la bonne application systématique du code de conduite parlementaire et la sanction impartiale des manquements à l’intégrité parlementaire;

20.

est préoccupé par le rôle croissant des activités de manipulation de l’information et d’ingérence étrangères, des cyberopérations étrangères et de l’ingérence dans les processus d’élections démocratiques en Serbie;

21.

souligne qu’il est primordial de garantir l’indépendance des principales institutions, notamment les régulateurs des médias tels que l’Autorité de régulation des médias électroniques (REM); déplore que l’élection de nouveaux membres ait été différée; déplore les irrégularités du processus de nomination; constate le retrait de plusieurs candidats de la sélection en février 2025, lesquels ont justifié leur décision par ces irrégularités; regrette vivement que la REM ait failli à ses obligations juridiques de surveiller en temps opportun le déroulement de la campagne électorale de 2023 dans les médias, de rendre compte de ses conclusions et de sanctionner les médias ayant enfreint la loi, diffusé des discours de haine ou violé les normes journalistiques; constate avec inquiétude l’absence de pluralisme des opinions politiques dans les médias nationaux; fait observer que la REM devrait promouvoir activement le pluralisme des médias ainsi que la transparence des structures de propriété des médias et l’indépendance vis-à-vis des acteurs étrangers;

22.

relève que la REM a attribué quatre fréquences nationales à des chaînes qui, par le passé, ont enfreint les normes journalistiques, notamment en s’adonnant à des discours de haine et en induisant le public en erreur, en ne respectant pas les avertissements de la REM, en diffusant de la désinformation et en soutenant le discours du Kremlin sur la guerre menée par la Russie en Ukraine; regrette vivement que la REM n’ait pas délivré la cinquième licence nationale et demande que celle-ci soit attribuée sans retard indu dans le cadre d’un processus transparent et impartial et dans le respect des normes internationales en matière de liberté des médias dès l’élection d’un nouveau conseil de la REM; demande au gouvernement serbe d’annuler le processus d’élection des nouveaux membres et de le relancer conformément à la législation serbe et aux normes internationales en matière de liberté des médias;

Libertés fondamentales et droits de l’homme

23.

adresse ses sincères condoléances aux familles des 16 victimes qui ont perdu la vie et ses pensées aux personnes blessées après l’effondrement de l’auvent de la gare de Novi Sad le 1er novembre 2024; demande des poursuites judiciaires complètes et transparentes à la suite de l’enquête menée par les autorités afin que les responsables soient traduits en justice; souligne la nécessité d’examiner plus largement dans quelle mesure la corruption a entraîné l’abaissement des normes de sécurité et contribué à cette tragédie;

24.

regrette que les autorités serbes aient tardé à réagir et à rendre des comptes, ainsi que la lenteur de l’enquête et le manque de transparence au lendemain de la tragédie, même si ces manquements ont été partiellement corrigés face à la pression croissante de la population;

25.

exprime sa profonde préoccupation à l’égard des problèmes systémiques mis en lumière par les manifestations étudiantes et diverses autres manifestations en Serbie, tels que les problèmes liés aux libertés civiles, à la séparation des pouvoirs, à la corruption, à la protection de l’environnement, à la transparence institutionnelle et financière, en particulier en rapport avec des projets d’infrastructure, et à l’obligation de rendre des comptes; regrette que le gouvernement ait manqué l’occasion de répondre aux revendications des étudiants et des citoyens qui les soutiennent de bonne foi; affirme que les revendications des étudiants portent sur les réformes que la Serbie est censée mettre en œuvre dans le cadre de sa trajectoire européenne;

26.

insiste sur l’importance de la liberté d’expression et de réunion; invite les autorités serbes à assurer la protection des personnes participant aux manifestations pacifiques; prend acte des manifestations de masse du 15 mars 2025, les plus importantes de l’histoire moderne de la Serbie; demande une enquête impartiale sur les allégations faisant état du recours, contre les manifestants, à des technologies illégales de contrôle des foules qui en auraient blessé un certain nombre;

27.

déplore la poursuite des violences à l’encontre des étudiants, y compris le récent incident survenu dans le bâtiment de la faculté d’éducation physique et sportive de Novi Sad, au cours duquel au moins cinq personnes ont été blessées à la suite de la prise d’assaut du bâtiment par la police, accompagnée du doyen, Patrik Drid;

28.

condamne avec la plus grande fermeté l’utilisation abusive de données personnelles provenant de registres publics à des fins de représailles contre des manifestants pacifiques; demande au parquet serbe d’engager des poursuites contre toutes les personnes qui s’en sont prises physiquement aux manifestants et qui ont incité à la violence à leur encontre; se dit vivement préoccupé par tout acte de violence; suit attentivement l’évolution de la situation en ce qui concerne les arrestations de manifestants et les poursuites judiciaires qui ont été engagées à leur égard; est préoccupé par les informations faisant état de l’implication des services de sécurité dans la surveillance des manifestants et les intimidations à leur encontre; condamne le langage employé par les autorités serbes pour inciter à la violence contre les étudiants et les autres manifestants; constate que des militants du mouvement étudiant ont été victimes de harcèlement juridique, d’intimidations et d’un usage excessif de la force de la part des autorités; demande qu’une enquête approfondie, impartiale et rapide soit menée sur les allégations de violence à l’encontre des manifestants et sur les abus commis par la police lors des manifestations; invite instamment les missions diplomatiques de l’Union européenne et des États membres à continuer de surveiller de près les affaires judiciaires en cours en lien avec les manifestations;

29.

est profondément préoccupé par la pression politique et financière croissante exercée sur les enseignants des écoles primaires et des écoles secondaires, ainsi que sur les professeurs d’université, qui ont été privés de leur salaire pour avoir participé à l’action collective visant à soutenir les revendications des étudiants; déplore, dans ce contexte, les procédures judiciaires inacceptables et la campagne de dénigrement médiatique contre le recteur de l’université de Belgrade;

30.

est profondément alarmé par le fait que les autorités serbes se soient engagées dans des pratiques de surveillance illégale à grande échelle en utilisant des logiciels espions contre des militants, des journalistes et des membres de la société civile, comme l’indiquent de récents rapports d’Amnesty International et de la Fondation SHARE; demande instamment au gouvernement serbe de cesser immédiatement d’utiliser des technologies de surveillance avancées contre les militants, les journalistes et les défenseurs des droits de l’homme et invite les autorités publiques compétentes à réaliser une enquête approfondie sur tous les cas existants de surveillance illégale et d’utilisation de logiciels espions ainsi qu’à engager les poursuites voulues contre leurs auteurs; invite dès lors la Commission européenne à suivre ces incidents, à aborder ces sujets avec les autorités serbes et à demander instamment qu’une enquête approfondie soit réalisée sur ces questions;

31.

déplore les allégations d’écoutes téléphoniques illégales et de détention de cinq militants du Mouvement des citoyens libres (PSG) de l’opposition et d’un étudiant de l’organisation STAV en mars 2025, ainsi que les mandats d’arrêt émis à l’encontre d’autres militants de la STAV; condamne la récupération de l’affaire par les médias de propagande et la prolongation infondée de la détention; invite les autorités serbes à libérer Marija Vasić, Lazar Dinić, Mladen Cvijetić, Lado Jovović, Srđan Đurić et Davor Stefanović;

32.

rejette les allégations selon lesquelles l’Union européenne et certains de ses États membres auraient été impliqués dans l’organisation des manifestations étudiantes en vue de déclencher une «révolution de couleur»; réprouve vivement, dans ce contexte, les arrestations et les expulsions illégales de ressortissants de l’Union européenne ainsi que la divulgation publique, par des criminels de guerre condamnés, de données à caractère personnel concernant des citoyens de l’Union européenne, de même que les discours de haine à l’encontre des minorités nationales; se déclare préoccupé par le nombre de plus en plus important de cas de détention impliquant des citoyens de l’Union européenne à la frontière serbe; observe que les discours anti-européens se traduisent par une diminution du soutien de la société serbe en faveur de l’intégration à l’Union européenne et par un renforcement de la présence d’acteurs autocratiques étrangers dans le pays;

33.

invite les autorités serbes à rétablir la confiance des citoyens dans les institutions de l’État en garantissant la transparence et l’obligation de rendre des comptes; encourage tous les acteurs politiques et sociaux à s’engager dans un dialogue inclusif et de fond visant à mener à bien les réformes liées à l’Union européenne;

34.

constate que la liberté des médias en Serbie s’est encore détériorée, comme le montre la chute de la Serbie à la 98e place dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières en 2024; exhorte la Serbie à améliorer et à protéger le professionnalisme, la diversité et le pluralisme des médias et à promouvoir un journalisme d’investigation de qualité, les normes d’éthique journalistique les plus élevées par le respect des codes de conduite journalistiques ainsi que l’éducation aux médias; rappelle l’importance de la pluralité et de la transparence des médias, notamment en ce qui concerne les aspects liés à la propriété et au financement public, en particulier en y associant davantage la REM; rappelle que la concentration de la propriété des médias peut avoir des effets négatifs sur la liberté des médias et le professionnalisme des reportages; réaffirme que, dans le cadre des négociations d’adhésion, la Serbie doit s’aligner sur l’Union européenne pour les questions d’importance stratégique, telles que la lutte contre les activités de manipulation de l’information et d’ingérence étrangères; invite la Serbie à s’aligner sur les politiques de l’Union européenne en matière de lutte contre l’ingérence étrangère et les campagnes de désinformation en mettant en œuvre des mesures réglementaires concrètes conformes aux normes de l’Union européenne, telles que les dispositions du règlement sur les services numériques (7) et du règlement (UE) 2024/900 relatif à la transparence et au ciblage de la publicité à caractère politique (8); encourage la coopération entre la Serbie, le Service européen pour l’action extérieure et le centre d’excellence européen pour la lutte contre les menaces hybrides afin de lutter contre la désinformation; attend des autorités qu’elles enquêtent sur tous les cas de discours de haine, de campagnes de diffamation et de poursuites-bâillons contre les journalistes, et qu’elles en poursuivent les auteurs;

35.

exprime sa profonde inquiétude face aux cas signalés d’attaques abusives, de surveillance numérique et de harcèlement à l’encontre de journalistes, de défenseurs des droits de l’homme et d’organisations de la société civile, dont dernièrement des perquisitions visant quatre organisations majeures de la société civile le 25 février 2025, apparemment pour utilisation abusive de fonds de l’Agence des États-Unis pour le développement international; condamne fermement les campagnes de diffamation et d’intimidation persistantes à l’encontre de la société civile en Serbie, y compris les fausses allégations de complots visant à renverser le gouvernement avec le soutien d’acteurs étrangers;

36.

se déclare préoccupé par le fait que les organisations de la société civile en Serbie soient confrontées à des difficultés croissantes, notamment des conditions restrictives, des contraintes en matière de financement, des perquisitions ainsi que d’autres formes d’intimidation exercées par les autorités publiques; souligne l’importance d’un cadre permettant aux organisations dynamiques de la société civile à l’échelon local d’agir librement et de participer à l’élaboration des politiques, et notamment aux processus d’intégration à l’Union européenne, de manière inclusive et significative; regrette que la Serbie ne propose pas actuellement de cadre permettant à ses organisations de la société civile dynamiques es et pluralistes, notamment celles qui sont actives dans le soutien à la démocratie et l’observation des élections, d’agir librement et de participer à l’élaboration des politiques de manière inclusive et significative; se dit préoccupé par les récentes perquisitions dans les bureaux de plusieurs organisations de la société civile; demande que l’ensemble des attaques et des campagnes de diffamation contre des organisations de la société civile fassent l’objet d’enquêtes et que la transparence des financements publics soit renforcée;

37.

condamne la pression politique exercée sur les universités et d’autres établissements de recherche par un décret gouvernemental promulgué à la hâte qui porte atteinte à la liberté académique des chercheurs et réduit leurs salaires; condamne la diffamation des professeurs, chercheurs et autres membres du personnel universitaire dans les médias pro-gouvernementaux; déplore le recours croissant aux contrats temporaires pour les enseignants et les autres fonctionnaires en tant qu’outil politique pour exercer une pression et un contrôle;

38.

invite instamment les autorités serbes à étendre la disponibilité des services publics de radiodiffusion dans toutes les langues minoritaires à l’ensemble du pays afin de garantir l’égalité d’accès aux médias pour toutes les communautés, en s’inspirant des bonnes pratiques observées dans la région de Voïvodine;

39.

se dit vivement préoccupé par le projet de loi présenté au Parlement serbe le 29 novembre 2024, qui propose l’adoption d’une loi sur les agents étrangers semblable à la loi russe; rappelle aux législateurs serbes que les organisations de la société civile et les journalistes jouent un rôle clé dans une société démocratique saine; réaffirme que ladite loi est incompatible avec les valeurs de l’Union européenne; constate que de nombreuses organisations de la société civile ont suspendu leur coopération avec les pouvoirs législatif et exécutif du gouvernement en février 2025;

40.

se dit très préoccupé par l’ingérence politique de plus en plus marquée dans la protection du patrimoine en Serbie, et notamment par la suppression de la protection de monuments culturels et par le mépris des procédures juridiques régissant leur préservation, comme dans le cas du complexe moderniste Generalštab;

41.

invite la Serbie à combattre la désinformation, et notamment les discours manipulateurs anti-européens et, en particulier, à mettre fin à ses propres campagnes publiques de désinformation; condamne l’ouverture d’un bureau de RT à Belgrade, le lancement d’un service d’information en ligne de RT en serbe et la poursuite des activités du service russe d’information en ligne Sputnik Srbija, qui est utilisé pour propager des discours pro-russes et des informations erronées dans l’ensemble de la région des Balkans occidentaux; prie instamment les autorités serbes de lutter contre les menaces hybrides et de s’aligner pleinement sur la décision du Conseil relative à la suspension des activités de radiodiffusion de Sputnik et de RT; est profondément préoccupé par la propagation de la désinformation concernant l’agression russe contre l’Ukraine; invite la Serbie et la Commission à renforcer les infrastructures de lutte contre la désinformation et les autres menaces hybrides; condamne l’influence croissante de la désinformation orchestrée par l’État russe et l’État chinois en Serbie, et notamment la diffusion de discours anti-européens et antidémocratiques;

42.

prend acte de l’adoption de la stratégie nationale en faveur de l’égalité et de la stratégie de prévention et de protection contre les discriminations, et demande leur mise en œuvre pleine et entière ainsi qu’un alignement plus poussé sur les normes européennes; invite instamment les autorités serbes à tenir compte des recommandations du Groupe d’experts sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (GREVIO) en vue d’améliorer le respect de la convention d’Istanbul, ratifiée par la Serbie; constate avec inquiétude la suspension temporaire de la mise en œuvre de la loi sur l’égalité entre les hommes et les femmes par la Cour constitutionnelle; se dit préoccupé par le manque persistant de soutien adéquat aux organisations qui défendent les droits des femmes et l’égalité entre les hommes et les femmes;

43.

déplore vivement le déclin démographique en Serbie, exacerbé par le solde migratoire négatif dû aux difficultés économiques et aux persécutions politiques; souligne que ce sont principalement les jeunes, les personnes instruites et productives qui sont contraintes de quitter le pays, ainsi que les personnes soumises à des pressions et menacées en raison de leurs opinions politiques, notamment Dijana Hrka, mère de l’une des victimes de la tragédie de la gare de Novi Sad, qui craint pour sa sécurité après avoir subi des pressions de la part des partisans du SNS;

44.

souligne que les autorités serbes doivent adopter des mesures concrètes pour défendre et renforcer le respect des droits de l’enfant dans le pays, notamment en ratifiant le troisième protocole facultatif à la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, en adoptant un plan d’action national pour les droits de l’enfant, en adoptant une nouvelle stratégie contre la violence à l’égard des enfants compte tenu de l’expiration du cadre précédent, ainsi qu’en établissant un cadre national pour protéger les enfants contre toute forme de maltraitance et de négligence;

45.

se félicite que l’édition 2024 de la marche des fiertés de Belgrade, la plus importante en Serbie à ce jour, se soit déroulée dans le calme, bien que sous la protection d’une présence policière importante;

46.

souligne la nécessité d’un engagement fort en faveur de la protection des droits des minorités nationales afin d'assurer leur pleine représentation à tous les niveaux de pouvoir, de préserver leur identité culturelle par l’utilisation de leurs langues respectives et en répondant à leurs besoins en matière d’enseignement, de liberté d’expression et d'accès à l’information, ainsi qu’en faveur de la poursuite active des enquêtes sur les crimes motivés par la haine, élément irremplaçable des valeurs européennes communes; déplore que presque toutes les minorités nationales ne soient protégées qu’en théorie; se dit préoccupé par les pratiques de représentation pro forma des minorités nationales qui sont sous le contrôle du gouvernement; demande à la Serbie de promouvoir et de protéger le patrimoine culturel et les traditions de ses minorités nationales, et en particulier d’établir des conditions propices à l’enseignement dans les langues minoritaires, notamment en mettant à disposition un nombre suffisant d’enseignants, de manuels scolaires et de matériel supplémentaire, et déplore la violation des droits des minorités dans ce domaine; invite la Serbie à s’abstenir d’exploiter les identités nationales des minorités nationales qui provoquent des divisions au sein de ces communautés et condamne fermement les cas recensés de discours de haine à l’encontre de certaines d’entre elles; constate le retard considérable dans l’élaboration d’un nouveau plan d’action pour la concrétisation des droits des minorités nationales et souligne qu’il est urgent que la Serbie le finalise et le mette en œuvre rapidement; souligne qu’il est nécessaire que ce nouveau plan d’action intègre pleinement les conclusions et les recommandations du comité consultatif de la convention-cadre pour la protection des minorités nationales du Conseil de l’Europe;

47.

se dit préoccupé par le déclin notable de la population de certains groupes minoritaires, notamment la minorité bulgare; invite la Serbie à garantir le droit d’utiliser les noms et la langue propres aux groupes minoritaires, notamment les femmes de la communauté bulgare; constate avec préoccupation que les manuels scolaires n’ont pas tous été traduits en bulgare; invite le gouvernement serbe à garantir à la minorité croate en Serbie les mêmes droits réciproques que ceux dont jouit la minorité serbe en Croatie, et notamment de garantir leur représentation réciproque à tous les niveaux de pouvoir, y compris à l’échelon régional et local; se dit une nouvelle fois préoccupé par l’application restrictive et arbitraire de la loi sur la résidence permanente et temporaire liée à la passivation de l’adresse de milliers d’Albanais dans le sud de la Serbie; souligne la situation de l’Église orthodoxe roumaine en Serbie, qui n’est pas officiellement reconnue par l’État comme une Église traditionnelle;

48.

déplore les tentatives des autorités serbes visant à supprimer l’identité nationale des communautés à l’intérieur du pays; se dit préoccupé, dans ce contexte, par la promotion de discours tels que celui de la «nation shopi», qui cherchent à effacer l’existence de la communauté bulgare et à nier ses racines historiques et son héritage culturel; déplore les perquisitions effectuées par les autorités serbes au centre culturel de Bosilegrad et l’ouverture d’une instruction pour «haine ethnique» à l’encontre de militants d’organisations non gouvernementales;

49.

invite la Serbie à s’abstenir de déformer les événements historiques, comme le discours entourant le «massacre de Surdulica», qui ne font que semer la division et la haine à l’encontre des minorités et des pays voisins, ce qui est incompatible avec l’adhésion à l’Union européenne;

Réconciliation et relations de bon voisinage

50.

réaffirme que les relations de bon voisinage et la coopération régionale demeurent des éléments essentiels du processus d’élargissement; invite la Serbie à mettre fin aux restrictions d’entrée imposées aux militants de la société civile et aux artistes de la région étant donné que de telles pratiques nuisent au dialogue et à la coopération au niveau régional; réaffirme en outre l’importance de la stabilité des pays de l’Europe du Sud-Est et de leur résilience face aux ingérences étrangères dans les processus démocratiques internes; souligne qu’il importe pour la Serbie de développer des relations de bon voisinage, de mettre en œuvre les accords bilatéraux et de résoudre les questions bilatérales en suspens avec ses voisins; prend acte de la participation de la Serbie aux initiatives régionales et de sa participation active au plan de croissance pour les Balkans occidentaux et au marché commun régional; souligne que le respect des droits des minorités nationales est une condition essentielle pour que la Serbie progresse sur sa trajectoire européenne;

51.

demande une réconciliation historique et l’élimination des discriminations et des préjugés du passé; déplore la rhétorique incendiaire récente du gouvernement, qui vise les États voisins qui n’ont pas soutenu l’ouverture du groupe 3 pour la Serbie;

52.

souligne une nouvelle fois que la Serbie doit s’abstenir d’influencer la politique intérieure de ses voisins des Balkans occidentaux, notamment en ce qui concerne la célébration anticonstitutionnelle de la fête de la Republika Srpska en Bosnie-Herzégovine et la remise en cause des décisions de justice de Bosnie-Herzégovine;

53.

presse la Serbie d’intensifier ses efforts de réconciliation et de rechercher des solutions aux différends passés, notamment en ce qui concerne les personnes disparues, dont le nombre s’élève à 1 782 personnes en Croatie, à 7 608 personnes en Bosnie-Herzégovine et à 1 595 personnes au Kosovo; invite les autorités serbes à rendre justice aux victimes en reconnaissant et en respectant les verdicts de la justice dans les affaires concernant des crimes de guerre, en luttant contre l’impunité pour les crimes de guerre, en enquêtant sur les personnes disparues et les lieux de sépulture, ainsi qu’en encourageant les procureurs nationaux à poursuivre les responsables en justice, ce qui passe par la collaboration des autres parties également; condamne fermement la généralisation du déni public des verdicts internationaux rendus pour des crimes de guerre, dont la négation du génocide de Srebrenica;

54.

invite les autorités judiciaires de Serbie à veiller à ce que les normes en matière de procès équitable soient respectées et à ce que la justice soit rendue en faveur des victimes dans toutes les affaires relatives à des crimes de guerre; demande que la négation des crimes de guerre et la glorification des criminels de guerre soient inscrites dans le code pénal afin de permettre des poursuites contre toute forme de négation de crimes de guerre établis par les verdicts du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et de la Cour internationale de justice;

55.

réaffirme son soutien à l’initiative visant à créer une commission régionale pour établir les faits sur les crimes de guerre et autres graves violations des droits de l’homme qui ont été commis en ex-Yougoslavie (RECOM);

56.

réaffirme sa position sur l’importance de l’ouverture et de la publication des archives de guerre et demande à nouveau que les archives de l’ex-Yougoslavie soient ouvertes et, en particulier, que l’accès soit accordé aux dossiers des services secrets de l’ex-Yougoslavie (UDBA) et du service de contre-espionnage de l’armée populaire yougoslave (KOS) et que les dossiers soient restitués aux gouvernements concernés s’ils en font la demande;

57.

réaffirme son plein appui au dialogue mené grâce à la médiation de l’Union et salue la nomination de Peter Sørensen en tant que représentant spécial de l’Union européenne pour le dialogue entre Belgrade et Pristina;

58.

rappelle l’importance d’un engagement constructif de la part des autorités de Serbie comme du Kosovo afin de parvenir à un accord de normalisation global et juridiquement contraignant, fondé sur la reconnaissance mutuelle, conformément au droit international; invite le Kosovo et la Serbie à mettre en œuvre les accords de Bruxelles et d’Ohrid, y compris la mise en place de l’association/communauté des municipalités à majorité serbe, et la levée de l’opposition de la Serbie à l’adhésion du Kosovo aux organisations régionales et internationales, ainsi qu’à éviter les actions unilatérales susceptibles de nuire au processus de dialogue;

59.

attend du Kosovo et de la Serbie qu’ils coopèrent pleinement et prennent toutes les mesures nécessaires pour appréhender et traduire rapidement en justice les auteurs de l’attentat terroriste de Banjska en 2023; déplore que la Serbie n’ait toujours pas poursuivi les coupables, en particulier Milan Radoičić, vice-président du parti Srpska Lista; réaffirme que les auteurs de l’attentat terroriste de Zubin Potok doivent eux aussi répondre de leurs actes et comparaître sans délai devant la justice;

60.

invite la vice-présidente de la Commission et haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, de même que la Commission, à assumer un rôle plus proactif à la tête du processus de dialogue; demande que le Parlement européen joue un rôle plus important dans la facilitation du dialogue, et ce par l’organisation de réunions régulières de l’assemblée parlementaire commune;

Réformes socioéconomiques

61.

se félicite des progrès constants accomplis par la Serbie dans la mise en place d’une économie de marché opérationnelle marquée par une croissance positive du PIB et une augmentation des investissements étrangers dans certains secteurs; constate que la Serbie a reçu pour la première fois une notation de crédit de bonne qualité («investment grade»); souligne que l’Union européenne est le principal partenaire commercial de la Serbie, la plus grande source d’investissements directs étrangers et de loin le principal bailleur de fonds; réaffirme que l’assistance financière, qui profite largement à la Serbie, est subordonnée au renforcement des principes démocratiques et à l’alignement sur la PESC et les autres politiques de l’Union européenne; réaffirme qu’il faut réformer plus profondément encore le marché du travail, l’éducation et l’administration publique, notamment pour lutter contre les inégalités sociales; s’inquiète de l’ampleur et de la portée des marchés intergouvernementaux attribués qui dérogent au cadre législatif applicable aux marchés publics; regrette toutefois que la dette publique en pourcentage du PIB reste bien supérieure à la moyenne de l’Europe orientale;

62.

se dit préoccupé par les investissements de la Russie et de la Chine en Serbie et par leur influence croissante sur les processus politiques et économiques dans la région;

63.

invite la Serbie à intensifier ses efforts et à accroître ses investissements dans le développement socio-économique de ses régions frontalières afin de lutter contre le dépeuplement et de veiller à ce que la population ait accès aux services essentiels, et notamment à des opportunités professionnelles, aux soins de santé et à l’éducation; souligne le potentiel des programmes de coopération transfrontalière de l’IAP III en tant qu’outils clés pour promouvoir une croissance régionale durable à long terme;

64.

salue l’engagement actif de la Serbie dans la mise en œuvre du nouveau plan de croissance pour les Balkans occidentaux; prend note de l’adoption par la Serbie, le 3 octobre 2024, de son programme de réformes; estime que l’exploitation des possibilités offertes par le plan de croissance permettrait de renforcer encore l’économie serbe, qui a bénéficié, au cours des trois dernières années, d’une assistance financière et technique de plus de 586 millions d’EUR au titre de l’IAP III; estime que les fonds de l’Union européenne doivent mieux soutenir les réformes démocratiques du pays; demande, dans ce contexte, la reprogrammation des financements pertinents de l’Union européenne, dont ceux issus du plan de croissance pour les Balkans occidentaux, de manière à réaffecter davantage de fonds à l’appui des réformes judiciaires, des mesures de lutte contre la corruption, ainsi que des médias indépendants et des organisations de la société civile, afin de soutenir leur travail essentiel, en particulier dans le contexte du vide créé par le retrait des bailleurs de fonds américains; invite par ailleurs l’Union européenne et les pays des Balkans occidentaux à établir un cadre de coopération effective entre le Parquet européen et ses homologues des Balkans occidentaux pour permettre au Parquet européen d’exercer efficacement ses compétences au regard des fonds relevant de l’IAP III et de la facilité pour les Balkans occidentaux dans les pays bénéficiaires; invite instamment les autorités serbes à redoubler d’efforts pour communiquer clairement aux citoyens les avantages des fonds de l’Union européenne et à renforcer leur visibilité;

65.

déplore l’absence de consultations publiques lors de l’adoption du programme de réformes serbe; demande un contrôle plus efficace des programmes de financement et des projets de l’Union européenne;

66.

plaide en faveur d’une meilleure coopération régionale entre les pays des Balkans occidentaux afin de partager les bonnes pratiques et d’élaborer des stratégies communes pour lutter contre la désinformation et l’ingérence étrangère; souligne le rôle de l’Union européenne dans la facilitation de ces actions de coopération; demande la poursuite et le renforcement du programme régional de cybersécurité de l’IAP;

67.

reconnaît le rôle important des milieux d’affaires serbes dans l’amélioration de la convergence économique avec l’Union européenne, notamment grâce aux possibilités offertes par le plan de croissance et à la mise en œuvre de celui-ci, alternative durable aux investissements russes et chinois dans le pays; se félicite de la contribution des milieux d’affaires à l’amélioration des relations socio-économiques dans les Balkans occidentaux;

68.

prend acte des efforts déployés par les milieux d’affaires serbes pour défendre l’adhésion des Balkans occidentaux au marché unique européen, étape concrète vers l’adhésion totale à l’Union européenne; demande que des actions claires et mesurables soient entreprises et que les rôles et les responsabilités soient convenablement définis en vue de la mise en œuvre du plan d’action pour le marché commun régional, facteur essentiel à la réussite de l’adhésion de la région au marché unique européen;

Énergie, environnement, développement durable et connectivité

69.

invite la Serbie à redoubler d’efforts pour transposer l’acquis pertinent dans le domaine de l’environnement et du climat et à veiller à la bonne application des normes de protection de l’environnement, notamment en renforçant considérablement ses capacités administratives et techniques à tous les niveaux de pouvoir, en particulier la législation sur la gestion des déchets et l’adoption du programme d'adaptation au changement climatique et du plan national en matière d’énergie et de climat; prie instamment les autorités serbes d’améliorer la transparence et l’évaluation des incidences sur l’environnement de tous les investissements, y compris les investissements chinois et russes;

70.

déplore une nouvelle fois l’absence de mesures contre la pollution de la rivière Dragovištica par les mines en activité dans la région ainsi que ses effets néfastes sur la santé de la population locale et l’environnement;

71.

invite la Serbie à intensifier ses efforts en vue de la décarbonation de son système énergétique et à permettre l’application effective de la réglementation relative à la réduction de la pollution en ce qui concerne les centrales thermiques;

72.

souligne la nécessité de progresser davantage dans la coopération transfrontalière avec les pays voisins, notamment en ce qui concerne les infrastructures routières transfrontalières; invite instamment la Serbie à commencer à mettre en œuvre les activités décrites dans le protocole d’accord sur la coopération dans le domaine de la protection de l’environnement conclu avec la Bulgarie;

73.

prend acte du protocole d’accord signé entre l’Union européenne et la Serbie pour le lancement d’un partenariat stratégique sur les matières premières durables, les chaînes de valeur des batteries et les véhicules électriques, compte tenu de la transition énergétique européenne et conformément aux normes environnementales les plus élevées; rappelle que le dialogue avec les populations concernées, la communauté scientifique et la société civile devraient tenir une place centrale dans tout partenariat stratégique de cette nature;

74.

se félicite de l’accord intervenu sur la réduction des frais d’itinérance lors du sommet UE-Balkans occidentaux de Tirana; invite à cet égard les autorités, les acteurs privés et toutes les parties prenantes à faciliter la réalisation des objectifs convenus pour parvenir à une réduction notable des frais d’itinérance pour les données ainsi qu’à de nouvelles réductions conduisant à des prix proches des prix nationaux entre les Balkans occidentaux et l’Union européenne d’ici 2027; se félicite de l’entrée en vigueur de la première phase de mise en œuvre de la feuille de route pour l’itinérance entre les Balkans occidentaux et l’Union européenne;

75.

rappelle qu’il importe que la Serbie poursuive la diversification de son approvisionnement en énergie afin de mettre un terme à sa dépendance vis-à-vis de la Russie; prend acte des sanctions annoncées par les États-Unis à l’encontre de Naftna Industrija Srbije (NIS), filiale de la société russe Gazprom; se félicite de l’achèvement de l’interconnexion gazière entre la Serbie et la Bulgarie (IBS) en décembre 2023; déplore le report du début de l’exploitation commerciale de l’IBS; demande la finalisation rapide du processus d’autorisation afin de garantir sa pleine opérationnalité conformément à l’acquis de la Communauté de l’énergie; constate que la Serbie prend actuellement des mesures pour introduire une taxe carbone d’ici 2027 afin de s’aligner sur le système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne;

76.

constate que tous les chapitres du groupe 4 sur le programme environnemental et la connectivité durable ont été ouverts; prend acte de l’adoption de la loi sur l’évaluation des incidences sur l’environnement, étape positive en faveur de la protection de l’environnement en Serbie, tout en déplorant que cette nouvelle loi ne s’aligne pas pleinement sur la directive européenne 2014/52/UE (9) applicable, étant donné qu’elle laisse encore la possibilité à des projets d’envergure de progresser sans contrôle environnemental approfondi; réaffirme la nécessité de déterminer les zones protégées et de les gérer rigoureusement, en particulier celles qui sont désignées comme des zones importantes pour les oiseaux et la biodiversité; demande qu’une attention particulière soit accordée aux sites stratégiques où le contrôle du respect des mesures de lutte contre le braconnage doit être renforcé;

°

° °

77.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au président du Conseil européen, à la Commission, à la vice-présidente de la Commission et haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, aux gouvernements et aux parlements des États membres, ainsi qu’au président, au gouvernement et à l’Assemblée nationale serbes.

(1) JO L 278 du 18.10.2013, p. 16, ELI: http://data.europa.eu/eli/agree_internation/2013/490/oj.

(2) JO L 330 du 20.9.2021, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/1529/oj.

(3) JO L, 2024/1449, 24.5.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/1449/oj.

(4) JO C, C/2024/6746, 26.11.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/6746/oj.

(5) JO C, C/2024/2654, 29.4.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/2654/oj.

(6) JO C, C/2024/6339, 7.11.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/6339/oj.

(7) Règlement (UE) 2022/2065 du Parlement européen et du Conseil du 19 octobre 2022 relatif à un marché unique des services numériques et modifiant la directive 2000/31/CE (règlement sur les services numériques) (JO L 277 du 27.10.2022, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2022/2065/oj).

(8) Règlement (UE) 2024/900 du Parlement européen et du Conseil du 13 mars 2024 relatif à la transparence et au ciblage de la publicité à caractère politique (JO L, 2024/900, 20.3.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/900/oj).

(9) Directive 2014/52/UE du Parlement européen et du Conseil du 16 avril 2014 modifiant la directive 2011/92/UE concernant l’évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l’environnement (JO L 124 du 25.4.2014, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2014/52/oj).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/578/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)