P10_TA(2025)0119 — Extinction de l’accord de partenariat volontaire entre l’Union européenne et la République du Cameroun sur l’application des réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux des bois et produits dérivés vers l’Union européenne (résolution) — Résolution non législative du Parlement européen du 17 juin 2025 sur le projet de décision du Conseil relative à l’extinction de l’accord de partenariat volontaire entre l’Union européenne et la République du Cameroun sur l’application des réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux des bois et produits dérivés vers l’Union européenne (FLEGT) (05673/2025 – C10-0012/2025 – 2024/0245M(NLE))
| CELEX | 52025IP0119 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mardi 17 juin 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2025/6274 | 19.12.2025 |
P10_TA(2025)0119
Extinction de l’accord de partenariat volontaire entre l’Union européenne et la République du Cameroun sur l’application des réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux des bois et produits dérivés vers l’Union européenne (résolution)
Résolution non législative du Parlement européen du 17 juin 2025 sur le projet de décision du Conseil relative à l’extinction de l’accord de partenariat volontaire entre l’Union européenne et la République du Cameroun sur l’application des réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux des bois et produits dérivés vers l’Union européenne (FLEGT) (05673/2025 – C10-0012/2025 – 2024/0245M(NLE))
(C/2025/6274)
Le Parlement européen,
| — | vu la proposition de décision du Conseil relative à la renonciation à la reconduction de l’accord de partenariat volontaire entre l’Union européenne et la République du Cameroun sur l’application des réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux des bois et produits dérivés vers l’Union européenne, présentée par la Commission le 2 octobre 2024 (COM(2024)0446), |
| — | vu le projet de décision du Conseil relative à l’extinction de l’accord de partenariat volontaire entre l’Union européenne et la République du Cameroun sur l’application des réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux des bois et produits dérivés vers l’Union européenne (FLEGT) (05673/2025), |
| — | vu la demande d’approbation présentée par le Conseil conformément à l’article 207, paragraphe 4, premier alinéa, et à l’article 218, paragraphe 6, deuxième alinéa, point a), du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (C10-0012/2025), |
| — | vu l’accord de partenariat volontaire entre l’Union européenne et la République du Cameroun sur l’application des réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux des bois et produits dérivés vers l’Union européenne (FLEGT) (1), |
| — | vu le règlement (CE) no 2173/2005 du Conseil du 20 décembre 2005 concernant la mise en place d’un régime d’autorisation FLEGT relatif aux importations de bois dans la Communauté européenne (2), |
| — | vu le règlement (UE) no 995/2010 du Parlement européen et du Conseil du 20 octobre 2010 établissant les obligations des opérateurs qui mettent du bois et des produits dérivés sur le marché (3) (règlement de l’Union sur le bois), |
| — | vu le règlement (UE) 2023/1115 du Parlement européen et du Conseil du 31 mai 2023 relatif à la mise à disposition sur le marché de l’Union et à l’exportation à partir de l’Union de certains produits de base et produits associés à la déforestation et à la dégradation des forêts, et abrogeant le règlement (UE) no 995/2010 (4) (règlement de l’Union sur la déforestation), |
| — | vu la communication de la Commission du 11 décembre 2019 intitulée «Le pacte vert pour l’Europe» (COM(2019)0640), |
| — | vu sa résolution du 15 janvier 2020 sur le pacte vert pour l’Europe (5), |
| — | vu sa résolution du 16 septembre 2020 sur le rôle de l’UE dans la protection et la restauration des forêts de la planète (6), |
| — | vu sa résolution du 22 octobre 2020 contenant des recommandations à la Commission sur un cadre juridique de l’Union pour enrayer et inverser la déforestation dont l’Union est responsable à l’échelle mondiale (7), |
| — | vu l’accord de Paris et le cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal sur l’arrêt et l’inversion de l’appauvrissement de la nature, |
| — | vu l’accord de partenariat entre l’Union européenne et ses États membres, d’une part, et les membres de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, d’autre part (8), |
| — | vu les objectifs de développement durable des Nations unies, |
| — | vu la déclaration des dirigeants réunis à Glasgow sur les forêts et l’utilisation des terres, |
| — | vu sa résolution législative du 17 juin 2025 (9) sur le projet de décision du Conseil, |
| — | vu l’article 107, paragraphe 2, de son règlement intérieur, |
| — | vu l’avis de la commission du développement, |
| — | vu le rapport de la commission du commerce international (A10-0094/2025), |
| A. | considérant que l’accord de partenariat volontaire (APV) entre l’Union européenne et la République du Cameroun sur l’application des réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux des bois et produits dérivés vers l’Union européenne (FLEGT) est entré en vigueur le 1er décembre 2011 et est l’un des premiers accords de ce type à avoir été conclus; que l’objectif de l’APV est de fournir un cadre législatif et un cadre de systèmes, de contrôles et de procédures de vérification pour garantir que toutes les exportations de bois du Cameroun vers le marché de l’Union ont été acquises, récoltées, transportées et exportées de façon légale; |
| B. | considérant que le Cameroun possède plus de 18 millions d’hectares de forêts, ce qui représente environ 40 % de son territoire national; que le Cameroun est le premier exportateur africain de feuillus tropicaux vers l’Union européenne; que l’exploitation illégale et la conversion des forêts, rendues possibles par une mauvaise gouvernance forestière et stimulées par le commerce, sont des facteurs majeurs de la déforestation au Cameroun; qu’entre 2011 et 2022, 900 000 hectares de couvert forestier ont été perdus, soit 5 % de la totalité du couvert forestier du pays; |
| C. | considérant que près de la moitié des exportations totales du Cameroun sont dirigées vers les marchés européens, le bois étant le troisième produit le plus important après le pétrole et le cacao; que ces trois secteurs participent généralement à la déforestation; que la croissance de leur production fait partie de la stratégie nationale de développement 2020-2030 du Cameroun; |
| D. | considérant que toutes les expéditions de bois et de produits dérivés en provenance du Cameroun à destination du marché de l’Union devraient être conformes au règlement de l’Union sur le bois, qui exige des opérateurs qu’ils effectuent des vérifications de diligence raisonnée pour s’assurer que les produits du bois qu’ils mettent sur le marché de l’Union sont légaux; que, depuis 2015, le Cameroun met au point un système de vérification de la légalité du bois, comme l’exige l’APV; qu’à ce jour, le Cameroun n’a pas pleinement mis en place le système de vérification de la légalité du bois et ne peut donc pas bénéficier d’une autorisation FLEGT; que le système de vérification de la légalité du bois repose sur une définition de la légalité, sur des contrôles de la chaîne d’approvisionnement, sur la vérification de la conformité, sur le régime d’autorisation FLEGT et sur un audit indépendant; que ce système de vérification de la légalité n’est pas encore opérationnel; |
| E. | considérant que l’objectif et les avantages escomptés des APV FLEGT vont au-delà de la facilitation du commerce des produits forestiers légaux, étant donné qu’ils sont également conçus pour entraîner des changements systémiques dans la gouvernance forestière, l’application des lois, la transparence et la participation de diverses parties prenantes au processus décisionnel politique, y compris les communautés autochtones et locales ainsi que les organisations de la société civile; |
| F. | considérant que le régime d’autorisation FLEGT, qui fait partie intégrante de l’APV, aurait dû être mis en place dans les cinq ans suivant la réforme du cadre juridique; que ce régime d’autorisation n’a toujours pas vu le jour, ce qui signifie que l’APV entre l’Union européenne et le Cameroun n’est pas opérationnel à ce jour; que le programme EU FLEGT VPA, coordonné par l’Agence française de développement, n’a pas été mis en œuvre au Cameroun comme prévu pour la période 2021-2025; |
| G. | considérant que la réforme forestière, lancée en 2008 dans le but de réviser le code forestier de 1994, a été finalisée en juillet 2024 avec la publication du nouveau code forestier; que l’exploitation illégale des forêts s’effectue en partie sur la base de petits titres d’exploitation (ventes de coupe) qui ne nécessitent aucun plan d’aménagement et qui sont plus difficiles à contrôler que des concessions à grande échelle; que les systèmes nationaux de contrôle ne sont pas opérationnels, en raison de la corruption et de l’insuffisance des ressources, de sorte que l’application des réglementations et la gouvernance demeurent médiocres, ce qui permet la poursuite d’opérations d’abattage illégales et portant atteinte à l’environnement; |
| H. | considérant que la mise au point du module de vérification de la légalité intégré dans le système de traçabilité est toujours en cours et que les rares progrès accomplis à ce jour n’ont toujours fait l’objet d’aucun audit indépendant, qui contribuerait à renforcer sa crédibilité; |
| I. | considérant que le Cameroun n’a pas été en mesure de respecter ses obligations au titre de l’APV au cours de ces dix dernières années et que la gouvernance du secteur forestier s’est dégradée malgré l’existence de l’APV; |
| J. | considérant que les exportations de bois ont été réorientées vers les marchés asiatiques, notamment la Chine et le Viêt Nam, ce qui a eu pour effet de diluer l’incitation économique de l’APV et, partant, l’utilité de l’autorisation FLEGT; que le Viêt Nam est devenu le deuxième plus grand marché pour le bois camerounais (après la Chine), tandis que le Cameroun est devenu le principal fournisseur de grumes tropicales au Viêt Nam (représentant 25 % des grumes importées entre 2016 et 2019, en valeur); qu’une grande partie du bois commercialisé provient de l’exploitation illégale des forêts, ce qui prive le gouvernement camerounais de revenus et les communautés locales d’avantages partagés; que les États-Unis et l’Union ont soutenu les discussions entre le Cameroun et le Viêt Nam en vue de conclure un protocole d’accord visant à améliorer la transparence du commerce du bois entre les deux pays; que la transparence et la traçabilité des flux commerciaux du bois sont essentielles à la crédibilité des systèmes de vérification de la légalité; que, dans ce contexte, l’Union devrait continuer à encourager les pays partenaires à renforcer les contrôles à l’importation et à veiller à ce que le bois provenant de leur territoire respecte les exigences légales prévues par les cadres nationaux et les APV; |
| K. | considérant que l’APV Cameroun-UE est entré en vigueur en 2011; que, malgré ses effets positifs initiaux sur la réforme juridique, la participation multipartite, l’accès à l’information et la transparence, le processus d’APV a été bloqué en 2018; que les parties ont convenu en 2023 d’entreprendre un réexamen conjoint de l’APV, le rapport qui en a résulté présentant quatre options pour les prochaines étapes, dont l’extinction de l’APV par consensus; que ce rapport n’a été rendu public qu’après que la Commission a notifié au Conseil la décision de mettre fin à l’APV; que la Commission a lancé un appel unilatéral pour mettre fin au partenariat; |
| L. | considérant que les principales exportations d’Afrique centrale vers l’Union comprennent le bois, le cacao et les fruits tropicaux; que l’Union et la République du Cameroun ont signé un accord de partenariat économique (APE) provisoire en 2009, qui reste en vigueur à titre d’arrangement provisoire alors que des négociations sur un APE régional complet pour l’Afrique centrale sont en cours; que la future coopération entre l’Union et le Cameroun devrait viser à aligner les instruments de politique commerciale sur les objectifs de durabilité, en particulier dans le cadre du règlement de l’Union sur la déforestation, afin de promouvoir la cohérence, les avantages mutuels et la prévisibilité pour les opérateurs des deux parties; |
| M. | considérant que l’APV est renouvelé par tacite reconduction tous les sept ans, sauf pour une partie à y renoncer en notifiant à l’autre sa décision au moins douze mois avant l’expiration de la période de sept ans en cours; que l’une ou l’autre partie peut dénoncer l’APV à tout moment en le notifiant à l’autre; que l’APV cesse de s’appliquer douze mois après la date de cette notification; |
| N. | considérant que la poursuite de l’APV pourrait nuire à la crédibilité de l’Union en tant que porte-drapeau à l’échelle mondiale de la protection des forêts, de l’agroforesterie durable et multifonctionnelle, de la protection des sols et du paysage, de la biodiversité, de l’économie rurale locale et des normes en matière de droits de l’homme, et porter préjudice à l’intégrité des APV en tant qu’instruments commerciaux de l’Union; que la résiliation unilatérale de l’accord pourrait également ternir la réputation de l’Union en tant qu’acteur et défenseur fiable du secteur forestier; |
| O. | considérant que dans sa communication du 7 novembre 2024 sur un cadre stratégique pour l’engagement en matière de coopération internationale, la Commission suggère que les partenariats forestiers pourraient s’appuyer sur des APV, voire les remplacer; que, malgré les défis, les APV se sont révélés être un instrument essentiel pour jeter les bases d’une meilleure gouvernance forestière; que les APV sont des accords juridiquement contraignants qui peuvent être complétés par des partenariats forestiers; qu’il existe un manque d’informations concernant les incidences des partenariats forestiers existants sur l’amélioration de la gouvernance; que la Commission n’a pas informé le Parlement des critères sur lesquels elle se base pour s’engager dans des partenariats forestiers; que cette non-association du Parlement avant le développement de partenariats avec des pays tiers s’est déjà vue par le passé; qu’il est nécessaire pour l’Union de rester fermement attachée aux autres APV existants; |
| P. | considérant que l’abandon du modèle d’APV au profit d’accords davantage axés sur l’extraction tels que des partenariats sur les matières premières ou des protocoles d’accord non contraignants sapera la crédibilité de l’Union en matière de protection de la biodiversité et de lutte contre la déforestation; |
| Q. | considérant que la société civile camerounaise est de plus en plus confrontée à l’hostilité et à un rétrécissement de l’espace qui lui est dévolu; qu’une circulaire publiée le 13 août 2024 oblige les ONG actives dans le secteur forestier à signer un protocole d’accord avec le ministère des forêts et de la faune; |
| 1. | souligne que la déforestation et la dégradation des forêts constituent de grands défis environnementaux qui comptent parmi les principaux vecteurs du changement climatique et de la perte de biodiversité et qu’elles ont également des conséquences sociales et économiques négatives majeures sur les communautés productrices et les pays producteurs, en particulier sur les catégories les plus vulnérables de la société et les groupes tels que les communautés autochtones; |
| 2. | souligne que les dommages environnementaux causés par la déforestation auront des conséquences sociales et économiques extrêmement négatives pour les communautés actives dans le secteur forestier; |
| 3. | rappelle que l’accord de Samoa (10) entre l’Union européenne et ses États membres et les membres de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique réaffirme que les parties favorisent une approche multipartite, permettant la participation active au dialogue de partenariat et aux processus de coopération d’un large éventail d’acteurs, notamment les parlements, les autorités locales, la société civile et le secteur privé, que le dialogue et une action de partenariat inclusifs et adaptés aux spécificités des parties constituent les principaux outils permettant d’atteindre ces objectifs et qu’il est nécessaire de parvenir à un niveau élevé de protection de l’environnement, tout en s’engageant à mettre un terme à la déforestation et à la dégradation des forêts afin de protéger les écosystèmes, les communautés vulnérables et les populations autochtones, ainsi que de préserver la biodiversité et d’atténuer le changement climatique; |
| 4. | rappelle qu’une gestion et une gouvernance durables et inclusives des forêts sont essentielles pour atteindre les objectifs fixés dans le programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies, l’accord de Paris et le cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal sur l’arrêt et l’inversion de l’appauvrissement de la nature; |
| 5. | rappelle que, dans la déclaration des dirigeants réunis à Glasgow sur les forêts et l’utilisation des terres, l’Union européenne et le Cameroun ont réaffirmé leur engagement à enrayer et à inverser la perte de forêts et la dégradation des terres d’ici à 2030; |
| 6. | rappelle les efforts déployés par l’Équipe Europe pour promouvoir la stabilité politique et le développement économique grâce à un développement territorial durable et résilient face au changement climatique; |
| 7. | souligne que la stratégie «Global Gateway» devrait aider le Cameroun à promouvoir un développement durable, inclusif et écologique sur l’ensemble de son territoire; |
| 8. | rappelle que le commerce est un moteur de croissance économique inclusive et de réduction de la pauvreté, qui contribue à promouvoir le développement durable; estime que les APV fournissent un cadre juridique important, tant pour l’Union que pour ses pays partenaires, mais que ce cadre nécessite un dialogue efficace entre les parties intéressées ainsi qu’une bonne coopération et l’engagement des pays concernés; rappelle qu’à ses débuts, l’APV UE-Cameroun s’est traduit par des améliorations concrètes, notamment en ce qui concerne la participation des parties prenantes et l’accès à l’information, mais que, malheureusement, les progrès ont stagné au cours des dix dernières années; déplore l’absence de progrès dans la mise en œuvre de l’APV avec le Cameroun, en particulier en ce qui concerne l’application, la transparence et la traçabilité des engagements, et est vivement préoccupé par la déforestation et la dégradation des forêts en cours qui résultent non seulement de l’exploitation illégale des forêts, mais aussi d’autres facteurs clés de la déforestation, tels que la conversion des forêts à des fins agricoles et minières; |
| 9. | souligne que, s’ils veulent lutter contre les causes profondes de la déforestation, telles qu’une gouvernance insuffisante, des mesures d’application de la loi inopérantes, des régimes fonciers précaires, le manque d’accès au financement, le rétrécissement de l’espace dévolu à la société civile et la corruption, l’Union et ses pays partenaires doivent procéder à des évaluations conjointes, fondées sur l’engagement constructif des parties prenantes concernées, telles que les populations autochtones et les communautés locales, en vue de surmonter les obstacles à la mise en œuvre de la réglementation en ce qui concerne la transparence et la traçabilité; |
| 10. | souligne qu’un système de vérification robuste et crédible de la légalité du bois offre aux entreprises forestières une plus grande sécurité juridique, des contrôles simplifiés et des processus plus transparents, qui découragent les paiements informels et la corruption, tout en augmentant les recettes tant pour les communautés que pour l’État; |
| 11. | souligne qu’il importe d’associer la société civile et les autorités locales aux processus décisionnels, de partager les avantages avec les communautés locales et de renforcer la sécurité et l’obligation de rendre des comptes; |
| 12. | déplore la nécessité de mettre fin à l’APV juridiquement contraignant avec le Cameroun; partage l’avis de la Commission selon lequel, compte tenu des lacunes de l’APV, il s’agit pour l’instant de la meilleure action envisageable et souligne la nécessité pour la Commission de continuer à dialoguer avec le gouvernement camerounais sur la sylviculture; se déclare préoccupé par l’incidence de l’extinction de l’APV sur les relations diplomatiques et économiques entre le Cameroun et l’Union européenne et sur la capacité de l’Union à établir de futurs partenariats constructifs avec le pays; souligne les effets négatifs potentiels sur l’espace dévolu à la société civile, étant donné que l’APV offrait un espace de dialogue entre le gouvernement et la société civile du Cameroun; invite la Commission à évaluer l’incidence de cette décision sur les entreprises européennes opérant ou s’approvisionnant au Cameroun et à étudier des mécanismes de soutien pour préserver les circuits commerciaux responsables et pour veiller à la gestion durable des ressources naturelles; |
| 13. | souligne que l’Union reste un partenaire engagé du Cameroun pour favoriser la croissance économique et le développement humain pris dans sa globalité; invite la Commission et le Service européen pour l’action extérieure à mener un dialogue avec les autorités camerounaises afin d’étudier les possibilités d’un engagement constructif fondé sur l’intérêt mutuel, de lutter contre l’exploitation illégale des forêts, de soutenir la protection de ces dernières et de stimuler la coopération économique et le commerce; |
| 14. | constate avec inquiétude que le Cameroun occupe la 140e place sur 180 pays dans l’indice de perception de la corruption; prie instamment le gouvernement camerounais de s’employer à mettre un terme à la corruption généralisée et à lutter contre les autres facteurs qui alimentent l’exploitation illégale et la dégradation des forêts, en accordant une attention particulière aux services douaniers, en coopération avec d’autres autorités; souligne l’importance de protéger les droits de l’homme, des travailleurs et des peuples autochtones, notamment en respectant en toutes circonstances le principe du consentement préalable, libre et éclairé, dans le cadre de l’approvisionnement en produits et produits de base destinés au marché de l’Union; invite, dans ce contexte, les autorités locales à protéger tout particulièrement les enfants et les communautés autochtones; souligne qu’il importe de veiller à ce que les acteurs de la société civile disposent de l’espace et des possibilités nécessaires pour dialoguer avec les acteurs gouvernementaux; |
| 15. | souligne que les consultations conjointes avec les autorités locales du Cameroun devraient être renforcées, afin de favoriser des avancées ainsi que de renforcer et d’asseoir la crédibilité de la gouvernance locale; |
| 16. | souligne que, partout dans le monde, les pays qui s’appuient ou envisagent de s’appuyer sur des marchés d’importation réglementés pour le bois produit légalement tireraient profit de leur coopération et, le cas échéant, de la reconnaissance de leurs réglementations et de leurs systèmes respectifs, notamment du régime d’autorisation FLEGT et des APV de l’Union; fait observer que des normes internationales seraient plus efficaces et qu’elles contribueraient à la sécurité juridique à long terme, tant pour les entreprises que pour les consommateurs; |
| 17. | reconnaît les lacunes du système actuel de zonage forestier; constate que les plans de gestion forestière, destinés à garantir la durabilité, ont largement échoué en raison de la corruption et de la gouvernance défaillante; appelle de ses vœux une coopération renouvelée entre l’Union et ses pays partenaires, afin de mettre au point de nouvelles pratiques et de nouveaux mécanismes de gouvernance pour résoudre ces problèmes; |
| 18. | invite la Commission à étudier d’autres solutions, en étroite concertation avec le Cameroun, pour garantir la légalité du bois et des produits dérivés originaires du Cameroun et à s’attaquer comme il se doit au problème de l’exploitation illégale du bois; estime qu’un partenariat forestier, tel que décrit dans le règlement de l’Union sur la déforestation, pourrait constituer une option possible pour la coopération entre l’Union et le Cameroun; souligne qu’il importe de procéder à un diagnostic approfondi et à une évaluation indépendante de la gouvernance forestière et des tendances commerciales au Cameroun, en s’appuyant sur les évaluations existantes, avant d’entamer des négociations sur un partenariat forestier; souligne que, pour être efficace, tout partenariat futur potentiel devrait être développé dans le cadre d’un processus ouvert, transparent, inclusif, délibératif et non discriminatoire avec la participation effective de la société civile, des syndicats et des ONG locales et internationales, du secteur privé, y compris les microentreprises et d’autres petites et moyennes entreprises, des autorités locales, des communautés locales et autochtones et des agriculteurs; souligne que le fait de mettre un terme à l’impunité dans le secteur forestier est une pierre angulaire de ce processus, qui nécessite la protection des défenseurs de l’environnement ainsi qu’un système efficace de lutte contre les violations des droits de l’homme; exhorte l’Union à continuer de soutenir le Cameroun et à poursuivre le dialogue avec ce pays, afin de lutter contre les problèmes découlant de la déforestation dans un esprit de partenariat équitable et de promouvoir un développement durable et inclusif sur l’ensemble de son territoire, y compris en mettant en place les systèmes de traçabilité du bois solides et porteurs de transformation qui sont nécessaires pour se conformer aux exigences croissantes de la réglementation relative au marché de consommation dans le monde entier, que ce soit au titre du règlement de l’Union sur la déforestation ou d’autres actes législatifs étrangers; |
| 19. | souligne l’importance du contrôle parlementaire et du suivi de l’APV par la commission du commerce international du Parlement; souligne la nécessité d’associer, utilement et en temps opportun, le Parlement à l’évaluation de la mise en œuvre des APV existants, ainsi qu’à la négociation, à la signature et à la mise en place de tout futur partenariat forestier; souligne la nécessité d’inclure également des consultations avec les organisations de la société civile, le secteur privé et en particulier les communautés autochtones, les défenseurs de l’environnement et des droits de l’homme ainsi que les syndicats; demande à la Commission de faire régulièrement rapport au Parlement sur la mise en œuvre de l’APV et des partenariats forestiers, notamment sur les travaux des comités conjoints de mise en œuvre, et sur les stratégies à mettre en place dans les années à venir; souligne la nécessité d’un diagnostic approfondi et d’une évaluation indépendante de la gouvernance forestière au Cameroun et estime qu’il convient d’intégrer les expériences pertinentes et les enseignements tirés du processus d’APV dans tout futur partenariat forestier; |
| 20. | souligne que malgré la résiliation unilatérale et sans précédent de l’APV avec le Cameroun, les APV continuent de fournir un cadre juridique important, tant pour l’Union que pour ses pays partenaires, rendu possible par la bonne coopération et l’engagement des pays concernés; souligne que l’Union devrait rester pleinement attachée aux APV existants et qu’il convient de promouvoir de nouveaux APV avec d’autres partenaires, étant donné qu’ils contribuent de manière déterminante à assurer une gestion transparente et responsable des forêts, à s’attaquer aux causes profondes de l’exploitation illégale des forêts, à lutter contre le changement climatique, à renforcer les droits fonciers des populations locales et à fournir un outil en faveur de la participation de la société civile et des communautés forestières à la prise de décision; |
| 21. | invite la Commission à assurer la cohérence entre les cadres commerciaux et de durabilité de l’Union lorsqu’elle dialogue avec le Cameroun et l’ensemble de la région de l’Afrique centrale; encourage la Commission à veiller à ce que les exigences et les objectifs du règlement de l’Union sur la déforestation et de la législation connexe soient dûment pris en compte dans le cadre des négociations en cours sur un accord de partenariat économique régional complet; souligne l’importance de fournir une assistance technique et des orientations réglementaires aux pays partenaires afin de contribuer à aligner les pratiques commerciales sur les normes environnementales, en particulier dans des secteurs tels que ceux du bois, du cacao et de l’agriculture tropicale; |
| 22. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, aux gouvernements et aux parlements des États membres, au gouvernement et au Parlement de la République du Cameroun ainsi qu’à toutes les parties prenantes concernées par le processus d’accord de partenariat volontaire. |
(1) JO L 92 du 6.4.2011, p. 4, ELI: http://data.europa.eu/eli/agree_internation/2011/201/oj.
(2) JO L 347 du 30.12.2005, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2005/2173/oj.
(3) JO L 295 du 12.11.2010, p. 23, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2010/995/oj.
(4) JO L 150 du 9.6.2023, p. 206, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2023/1115/oj.
(5) JO C 270 du 7.7.2021, p. 2.
(6) JO C 385 du 22.9.2021, p. 10.
(7) JO C 404 du 6.10.2021, p. 175.
(8) JO L, 2023/2862, 28.12.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/agree_internation/2023/2862/oj.
(9) Textes adoptés de cette date, P10_TA(2025)0118.
(10) Accord de partenariat entre l’Union européenne et ses États membres, d’une part, et les membres de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, d’autre part (JO L, 2023/2862, 28.12.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/agree_internation/2023/2862/oj).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/6274/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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