Initiative législative52025IP0132

P10_TA(2025)0132 — La liberté des médias en Géorgie, et notamment le cas de Mzia Amaglobeli — Résolution du Parlement européen du 19 juin 2025 sur la liberté des médias en Géorgie, et notamment le cas de Mzia Amaglobeli (2025/2752(RSP))

CELEX52025IP0132
TypeInitiative législative
Datejeudi 19 juin 2025

Résumé IA

Cette résolution du Parlement européen condamne la détérioration de la liberté des médias en Géorgie, en particulier l'arrestation et le traitement de la journaliste Mzia Amaglobeli. Elle appelle les autorités géorgiennes à respecter l'État de droit et les engagements européens, et souligne que ces atteintes aux droits fondamentaux compromettent le processus d'adhésion de la Géorgie à l'Union européenne.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2025/6262

19.12.2025

P10_TA(2025)0132

La liberté des médias en Géorgie, et notamment le cas de Mzia Amaglobeli

Résolution du Parlement européen du 19 juin 2025 sur la liberté des médias en Géorgie, et notamment le cas de Mzia Amaglobeli (2025/2752(RSP))

(C/2025/6262)

Le Parlement européen,

vu ses résolutions antérieures sur la Géorgie,

vu l’article 150, paragraphe 5, et l’article 136, paragraphe 4, de son règlement intérieur,

A.

considérant que Mzia Amaglobeli, journaliste et cofondatrice des médias Batumelebi et Netgazeti, a été arrêtée lors de manifestations pro-européennes le 12 janvier 2025 et encourt de quatre à sept ans de prison pour un incident provoqué impliquant un agent de police;

B.

considérant que l’adoption d’une réglementation draconienne, telle que la loi sur l’enregistrement des agents étrangers (FARA) et les modifications de la loi sur la radiodiffusion, du code des infractions administratives et de la loi sur les subventions, constitue une accélération dangereuse du recul démocratique et de la stratégie autoritaire délibérée du Rêve géorgien visant à réduire au silence les voix critiques de la société civile et des médias indépendants et à persécuter l’opposition politique;

C.

considérant que les autorités ont pratiquement réduit à néant les médias indépendants qui restent dans le pays; que l’environnement public d’information est entièrement dominé par les médias progouvernementaux, qui diffusent une propagande de type russe et de la désinformation anti-européenne;

D.

considérant que, dans le cas de Mzia Amaglobeli, les autorités ont ignoré les garanties procédurales, imposé une détention provisoire sans base juridique claire, contesté par le défenseur public, et désigné un juge occupant la fonction de président qui n’avait pas les qualifications requises en droit pénal; qu’elle est punie pour avoir dénoncé la corruption et signalé des fraudes électorales lors des élections de 2024;

E.

considérant qu’elle aurait subi un traitement inhumain et mené une grève de la faim pendant 38 jours;

F.

considérant que l’Estonie et la Lituanie ont imposé des sanctions personnelles contre des juges et des policiers géorgiens liés à l’affaire Mzia Amaglobeli;

1.

exige la libération immédiate et inconditionnelle de Mzia Amaglobeli et le retrait de toutes les charges retenues contre elle, et dénonce son arrestation et ses poursuites pour des motifs politiques;

2.

condamne fermement les attaques systémiques du régime du Rêve géorgien contre les institutions démocratiques, l’opposition politique, les médias indépendants, la société civile et l’indépendance de la justice;

3.

se déclare profondément préoccupé par les détentions arbitraires, le harcèlement et la violence dont sont victimes les journalistes en Géorgie, notamment les campagnes de diffamation, les persécutions judiciaires, les mauvais traitements et les violences sexistes en détention; demande que des enquêtes indépendantes soient menées et exhorte les autorités à mettre immédiatement fin aux actes d’intimidation et à garantir la sécurité et la liberté des journalistes;

4.

demande instamment aux autorités géorgiennes de libérer sans délai tous les prisonniers politiques et autres personnes détenues illégalement, notamment le militant Mate Devidze, les dirigeants de l’opposition Zurab Japaridze, Nika Melia et Nika Gvaramia, ainsi que l’ancien président Mikheil Saakachvili, et dénonce l’enlèvement violent du mari de la présidente du Mouvement national uni Tina Bokuchava et les menaces qui ont été signalées pour la sécurité de ses enfants;

5.

demande l’abrogation immédiate de toutes les lois répressives, le rétablissement de la démocratie et la protection totale de la liberté des médias et des libertés civiles;

6.

demande à l’Union de renforcer son soutien aux médias indépendants et à la société civile géorgiens à la suite de l’entrée en vigueur de la FARA, et de suivre les procès en cours;

7.

déplore l’inaction persistante du Conseil, des États membres et de la Commission et réitère son appel répété aux États membres pour qu’ils imposent des sanctions bilatérales contre les dirigeants du Rêve géorgien et les fonctionnaires responsables du recul démocratique;

8.

exprime sa préoccupation face à la dernière vague d’attaques contre les ONG, qui ont vu certaines institutions publiques, telles que le bureau de lutte contre la corruption, leur demander de fournir, dans un délai de trois jours ouvrables, des informations financières, juridiques et opérationnelles détaillées sur leurs activités financières, juridiques et opérationnelles au cours des dix-huit derniers mois; souligne que cette demande est irréalisable par sa conception et risque, en tant que telle, de paralyser le travail des organisations ciblées et de suspendre leurs activités;

9.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, aux gouvernements et aux parlements des États membres, au Conseil de l’Europe, à l’OSCE, au président Zourabichvili, ainsi qu’aux autorités géorgiennes autoproclamées.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/6262/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)