P10_TA(2025)0187 — Le rôle des investissements de la politique de cohésion dans la résolution de l’actuelle crise du logement — Résolution du Parlement européen du 10 septembre 2025 sur le rôle des investissements de la politique de cohésion dans la résolution de l’actuelle crise du logement (2024/2120(INI))
| CELEX | 52025IP0187 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 10 septembre 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/1474 | 9.4.2026 |
P10_TA(2025)0187
Le rôle des investissements de la politique de cohésion dans la résolution de l’actuelle crise du logement
Résolution du Parlement européen du 10 septembre 2025 sur le rôle des investissements de la politique de cohésion dans la résolution de l’actuelle crise du logement (2024/2120(INI))
(C/2026/1474)
Le Parlement européen,
| — | vu le traité sur l’Union européenne, et notamment son article 3, paragraphe 3, |
| — | vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (ci-après le «traité FUE»), et notamment ses articles 14, 174, 175, 177 et 349, et son protocole (no 28) sur la cohésion économique, sociale et territoriale, qui reconnaît la nécessité de suivre de près les progrès accomplis sur la voie de la cohésion économique, sociale et territoriale et déclare que les États membres sont prêts à étudier toutes les mesures nécessaires à cet égard, |
| — | vu la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, et notamment son article 17, |
| — | vu le règlement (UE) 2021/1060 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 portant dispositions communes relatives au Fonds européen de développement régional, au Fonds social européen plus, au Fonds de cohésion, au Fonds pour une transition juste et au Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture, et établissant les règles financières applicables à ces Fonds et au Fonds «Asile, migration et intégration», au Fonds pour la sécurité intérieure et à l’instrument de soutien financier à la gestion des frontières et à la politique des visas (1) (ci-après le «règlement portant dispositions communes»), |
| — | vu le règlement (UE) 2021/1058 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 relatif au Fonds européen de développement régional et au Fonds de cohésion (2), |
| — | vu le règlement (UE) 2021/1057 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 instituant le Fonds social européen plus (FSE+) et abrogeant le règlement (UE) no 1296/2013 (3), |
| — | vu le règlement (UE) 2021/1056 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 établissant le Fonds pour une transition juste (FTJ) (4), qui vise à aider les habitants, l’économie et l’environnement des territoires qui sont confrontés à de graves difficultés socio-économiques découlant du processus de transition vers une Union européenne (UE) neutre pour le climat, |
| — | vu le neuvième rapport établi par la Commission en mars 2024 sur la cohésion économique, sociale et territoriale, |
| — | vu la déclaration universelle des droits de l’homme des Nations unies, notamment son article 8 et son article 25, paragraphe 1, |
| — | vu l’accord adopté lors de la 21e conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21) à Paris le 12 décembre 2015 (ci-après l’«accord de Paris»), |
| — | vu la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, qui est entrée en vigueur dans l’Union européenne le 22 janvier 2011, conformément à la décision 2010/48/CE du Conseil du 26 novembre 2009 concernant la conclusion, par la Communauté européenne, de la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées (5), |
| — | vu le règlement (UE) 2021/1119 du Parlement européen et du Conseil du 30 juin 2021 établissant le cadre requis pour parvenir à la neutralité climatique et modifiant les règlements (CE) no 401/2009 et (UE) 2018/1999 («loi européenne sur le climat») (6), |
| — | vu la charte de Genève des Nations unies sur le logement durable et son objectif de «garantir à tous l’accès à un logement convenable, de qualité adéquate, abordable et salubre», |
| — | vu la charte sociale européenne révisée du Conseil de l’Europe, et notamment son article 31 sur le droit au logement, |
| — | vu la communication de la Commission du 14 octobre 2020 intitulée «Une vague de rénovations pour l’Europe: verdir nos bâtiments, créer des emplois, améliorer la qualité de vie» (COM(2020)0662), qui vise à rénover 35 millions de bâtiments d’ici à 2030, |
| — | vu le règlement (UE) 2024/1028 du Parlement européen et du Conseil du 11 avril 2024 concernant la collecte et le partage des données relatives aux services de location de logements de courte durée, et modifiant le règlement (UE) 2018/1724 (7), |
| — | vu la directive (UE) 2024/1275 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 sur la performance énergétique des bâtiments (8) (ci-après la «directive sur la performance énergétique des bâtiments»), |
| — | vu sa résolution du 13 juin 2018 sur la politique de cohésion et l’économie circulaire (9), |
| — | vu sa résolution du 20 mai 2021 sur l’inversion des tendances démographiques dans les régions de l’Union utilisant les instruments de la politique de cohésion (10), |
| — | vu le document intitulé «Territorial Agenda 2030 – A future for all places», adopté lors de la réunion informelle des ministres chargés de l’aménagement du territoire, du développement territorial et/ou de la cohésion territoriale le 1er décembre 2020, |
| — | vu le programme du partenariat pour le logement du programme urbain pour l’UE de décembre 2018, |
| — | vu la nouvelle charte de Leipzig intitulée «The transformative power of cities for the common good», adoptée lors de la réunion ministérielle informelle sur les questions urbaines du 30 novembre 2020, |
| — | vu le nouveau programme pour les villes adopté par les Nations unies le 20 octobre 2016, |
| — | vu la déclaration de Lisbonne sur la plateforme européenne de lutte contre le sans-abrisme, adoptée le 21 juin 2021 par les institutions de l’Union, les États membres et les partenaires sociaux, |
| — | vu le socle européen des droits sociaux proclamé par le Conseil, le Parlement et la Commission en novembre 2017, et en particulier ses principes 19, «Logement et aide aux sans-abri», et 20, «Accès aux services essentiels», |
| — | vu le neuvième regard sur le mal-logement en Europe 2024, publié en août 2024 par la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abri (FEANTSA) et la Fondation Abbé Pierre, |
| — | vu le livre vert sur le vieillissement intitulé «Promouvoir la solidarité et la responsabilité entre générations», publié par la Commission le 27 janvier 2021 (COM(2021)0050), |
| — | vu la communication de la Commission du 7 octobre 2020 intitulée «Une Union de l’égalité: cadre stratégique de l’UE pour l’égalité, l’inclusion et la participation des Roms» (COM(2020)0620), |
| — | vu la communication de la Commission du 15 septembre 2021 intitulée «Nouveau Bauhaus européen: esthétique, durable, ouvert à tous» (COM(2021)0573), |
| — | vu sa résolution du 21 janvier 2021 sur l’accès à un logement décent et abordable pour tous (11), |
| — | vu sa résolution du 24 novembre 2020 sur la réduction du taux de sans-abrisme dans l’Union européenne (12), |
| — | vu sa résolution du 14 septembre 2022 sur le nouveau Bauhaus européen (13), |
| — | vu sa résolution du 15 février 2022 sur les défis à relever pour les zones urbaines à l’ère post-COVID-19 (14), |
| — | vu sa résolution du 12 juillet 2023 sur les activités financières de la Banque européenne d’investissement – rapport annuel 2022 (15), |
| — | vu le projet de l’ORATE intitulé «Access to affordable and quality housing for all people», |
| — | vu la boîte à outils de la politique du logement de l’Organisation de coopération et de développement économiques sur la décentralisation/fragmentation des responsabilités en matière de logement social, |
| — | vu le rapport d’Enrico Letta d’avril 2024 intitulé «Much more than a market», |
| — | vu le rapport de Mario Draghi de septembre 2024 intitulé «The future of European competitiveness», |
| — | vu le rapport de l’Institut fédéral allemand de recherche sur la construction, les affaires urbaines et l’aménagement du territoire publié en 2022 et intitulé «Housing Policies in the EU», |
| — | vu le rapport de la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail du 18 octobre 2023 intitulé «Bridging the rural-urban divide: Addressing inequalities and empowering communities», |
| — | vu la publication d’Eurostat intitulée «Housing in Europe – 2024 edition», |
| — | vu la déclaration des ministres de l’Union chargés du logement adoptée à Nice le 8 mars 2022, |
| — | vu la déclaration de Gijón adoptée à l’occasion de la réunion ministérielle informelle sur le logement et le développement urbain des 13 et 14 novembre 2023, |
| — | vu la déclaration de La Hulpe sur l’avenir du socle européen des droits sociaux, signée par les institutions européennes, les partenaires sociaux et les représentants de la société civile le 16 avril 2024, |
| — | vu la déclaration de Liège rédigée et signée par des acteurs non étatiques européens, notamment des villes et des régions, des ONG, des organisations, des chercheurs, des représentants de la société civile et des entreprises, à la conférence des ministres du logement sous la présidence belge du Conseil de l’Union européenne le 5 mars 2024, |
| — | vu le rapport de la Banque européenne d’investissement (BEI) du 7 février 2024 intitulé «Rapport 2023/2024 de la BEI sur l’investissement», |
| — | vu l’avis du Comité européen des régions du 17 avril 2024 intitulé «Le logement intelligent, durable et abordable, un outil au service des pouvoirs locaux pour relever de multiples défis» (16), |
| — | vu l’avis du Comité économique et social européen du 5 décembre 2024 intitulé «Des logements sociaux décents, durables et abordables dans l’UE» (17), |
| — | vu l’avis du Comité européen des régions du 14 mai 2025 intitulé «Le rôle des villes et des régions dans le plan européen pour des logements abordables», |
| — | vu l’avis du Comité européen des régions du 21 novembre 2024 intitulé «Une politique de cohésion renouvelée après 2027 qui ne laisse personne de côté» (18), |
| — | vu la communication de la Commission du 7 mars 2025 intitulée «Une feuille de route pour les droits des femmes» (COM(2025)0097), |
| — | vu sa résolution du 7 juin 2022 sur les îles et la politique de cohésion: situation actuelle et défis à venir (19), |
| — | vu la lettre de mission adressée le 17 septembre 2024 à Dan Jørgensen, commissaire à l’énergie et au logement, |
| — | vu l’article 55 de son règlement intérieur, |
| — | vu l’avis de la commission de l’emploi et des affaires sociales, |
| — | vu le rapport de la commission du développement régional (A10-0139/2025), |
| A. | considérant que la politique du logement reste une compétence des États membres, et ce bien que le cadre législatif et réglementaire de l’Union ait une véritable incidence sur celle-ci; |
| B. | considérant que l’accès à un logement adéquat et le droit à une aide sociale et à une aide au logement sont des droits de l’homme fondamentaux, inscrits aux articles 7 et 34 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, conformément à la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées; que le logement est essentiel pour garantir la dignité humaine, l’inclusion sociale et la participation économique; que 17 % des Européens vivent dans des logements qui n’offrent pas un espace adéquat; que le socle européen des droits sociaux peut améliorer la vie des personnes dans l’Union, notamment au moyen de politiques du logement; |
| C. | considérant que, ces dernières années, les prix des logements ont augmenté de 48 % en moyenne dans l’Union, principalement du fait d’une forte hausse des prix de construction des logements neufs entre 2010 et 2023, d’une augmentation des taux hypothécaires, d’une diminution des constructions et des rénovations, qui a limité l’offre, d’une hausse des achats de biens immobiliers en tant qu’investissements pour générer des revenus supplémentaires, et de l’absence de politiques adéquates sur le marché du logement; que des obstacles bureaucratiques et des investissements insuffisants dans des logements sociaux, abordables, publics et à but non lucratif sont venus aggraver cette situation; |
| D. | considérant que la croissance exponentielle récente du marché de la location à court terme a eu une incidence négative sur les communautés locales dans les destinations touristiques populaires en raison du manque de logements disponibles, ce qui a contribué à un phénomène de gentrification, à l’exclusion sociale et à l’augmentation des prix de location; |
| E. | considérant qu’une planification et une conception médiocres dans la sphère publique, l’accroissement de l’extension urbaine et l’utilisation inappropriée des terrains ont réduit la qualité des bâtiments dans toute l’Europe; |
| F. | considérant que la hausse du coût de la vie a exacerbé la crise du logement en 2023, les dépenses de logement dans l’Union dépassant 40 % du revenu disponible de 10,6 % des ménages dans les villes et de 7 % des ménages dans les zones rurales (20); que le taux de surcharge des coûts du logement était très élevé dans les villes des États membres du sud et du nord; |
| G. | considérant que, selon un sondage Eurobaromètre de juillet 2024, les préoccupations liées à la hausse des prix, au coût de la vie et à la situation économique étaient les principales raisons à avoir incité les citoyens à voter aux élections européennes; |
| H. | considérant que des politiques couronnées de succès à l’échelon européen et national devraient reposer sur des données actualisées, fiables, détaillées et harmonisées couvrant les prix des logements, les opérations immobilières, les bénéficiaires effectifs, les structures de propriété, les parts de logements publics, à but non lucratif et privés, la qualité des logements et les effets sur l’environnement; |
| I. | considérant que le caractère inabordable du logement affecte une proportion croissante de la population et touche de manière disproportionnée les ménages à revenus faibles et intermédiaires; que la hausse rapide des loyers dans de nombreuses régions de l’Union aggrave l’insécurité du logement et l’exclusion sociale, en particulier dans certains centres urbains et certaines zones très touristiques; |
| J. | considérant que les mesures prises par les pouvoirs publics pour lutter contre la pression sur les loyers dans les zones très touristiques pourraient contribuer à accroître l’offre de logements abordables dans l’ensemble de l’Union; que ces mesures peuvent offrir des solutions aux personnes qui travaillent ou qui étudient dans des zones très touristiques; |
| K. | considérant que l’objectif visant à parvenir à une Europe neutre en carbone pour 2050 au plus tard devrait aller de pair avec l’objectif visant à assurer une transition juste et équitable; que la pollution de l’air et de l’eau, le manque d’eau disponible ainsi que la précarité énergétique restent, de manière générale, trop élevés dans de nombreuses régions moins développées; |
| L. | considérant que l’actuelle crise du logement dans l’Union aggrave l’exclusion sociale en compliquant l’accès, notamment des groupes vulnérables, dont les minorités ethniques, à des logements abordables, adéquats, sûrs, accessibles et économes en énergie; que, malgré la croissance économique affichée par plusieurs régions, les niveaux des salaires ne suivent pas toujours le rythme de la hausse des prix des logements et, partant, empêchent un nombre croissant de «travailleurs pauvres» de se loger de manière adéquate; que de nombreuses personnes et familles appartenant à ces groupes vulnérables sont confrontées à des contraintes et à une instabilité financières du fait de la hausse des coûts et du manque de logements accessibles; que cela entrave également la mobilité de la main-d’œuvre et la participation à la société, en particulier pour les personnes déjà exposées à la marginalisation; |
| M. | que l’Union est loin de tenir son engagement d’éliminer le sans-abrisme d’ici à 2030 et que davantage de mesures doivent être prises pour atteindre cet objectif; que, selon les estimations, en 2024, le nombre de personnes sans-abri en Europe s’élève à près de 1,3 million, dont 400 000 enfants; que le nombre global ne cesse d’augmenter depuis 2008 en raison de l’aggravation de la crise du logement et de l’accroissement des inégalités, qui affectent de manière disproportionnée les communautés les plus vulnérables et les plus marginalisées; |
| N. | considérant que la protection de la propriété privée est reconnue à l’article 17 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne; que le non-respect du droit de propriété touche en particulier les communautés et les petits propriétaires; que c’est aux pouvoirs publics des États membres qu’il incombe de tenir compte des droits des propriétaires et des besoins des ménages et des familles vulnérables en matière de logements; |
| O. | considérant que les investissements dans les logements publics, sociaux et à but non lucratif ne devraient pas être soumis à des contraintes budgétaires; |
| P. | considérant que les personnes handicapées se heurtent souvent à des obstacles disproportionnés pour accéder à un logement abordable et durable; que le manque d’accessibilité des logements accentue l’exclusion sociale et empêche les personnes handicapées de vivre de manière indépendante et de participer pleinement à la société; que les changements démographiques en Europe nécessitent des politiques de cohésion qui donnent la priorité au développement de logements adaptés, accessibles et inclusifs, en vue de répondre aux besoins d’une population vieillissante et des personnes handicapées; que les investissements de la politique de cohésion devraient intégrer la dimension du handicap dans tous les programmes de logement afin de garantir l’égalité des chances pour tous les citoyens; |
| Q. | considérant qu’il n’existe actuellement aucune définition commune de la notion de «logement abordable» dans les États membres; que la notion de logement abordable au niveau de l’Union est pensée comme un «continuum du logement», qui inclut le logement social, les logements à loyers abordables et un accès à la propriété abordable; qu’à l’heure actuelle, cette absence de définition commune peut constituer un obstacle à l’augmentation des investissements dans ce domaine; |
| R. | considérant que les politiques de l’Union influencent indirectement le logement par le biais de réglementations sur les exigences en matière d’efficacité énergétique, de durabilité environnementale, de concurrence et d’aides d’État, ainsi que les actes législatifs de l’Union ayant un effet sur les coûts et la rapidité de la construction; |
| S. | considérant qu’en 2021, on comptait plus de 14 millions de logements sociaux, soit 8 % du parc total de logements de l’Union; que la part des logements sociaux dans le parc total de logements a diminué de 3 points de pourcentage depuis 2010, alors même que le nombre de personnes vulnérables, notamment les personnes sans-abri et les migrants, a considérablement augmenté; que cette diminution est liée à un ralentissement de la construction de nouveaux logements sociaux et à la privatisation du parc existant, qui transforme les logements sociaux en logements locatifs au prix du marché; |
| T. | considérant que l’accès aux terrains est une condition préalable fondamentale pour le développement de logements abordables et à but non lucratif; que les États membres et les autorités locales jouent un rôle majeur dans la définition de l’utilisation des terrains par le biais de l’urbanisme et des instruments réglementaires; qu’il convient d’élaborer et de mettre en œuvre des mécanismes de contrôle appropriés afin de garantir qu’une proportion adéquate de terrains est réservée à des projets de logements à but non lucratif et abordables; que de telles mesures sont essentielles pour contrer les pressions spéculatives et garantir la durabilité à long terme, l’accessibilité financière et l’inclusivité du développement urbain; |
| U. | considérant que l’insécurité juridique et la bureaucratie concernant les règles de l’Union en matière d’aides d’État constituent un obstacle majeur à l’investissement de crédits du Fonds européen de développement régional (FEDER) dans des logements abordables, et que la Commission devrait réformer sa décision de 2011 sur les services d’intérêt économique général (SIEG) (21) afin d’étendre le champ d’application des règles au-delà des logements sociaux et de contribuer à l’accessibilité financière du logement; |
| V. | considérant que les fonds de la politique de cohésion et les instruments de financement de la BEI constituent des sources d’investissements de l’Union très importantes pour accroître l’offre de logements abordables dans l’Union et ses régions, en promouvant des interventions intégrées qui garantissent à la fois un logement plus abordable et la cohésion sociale aux niveaux urbain et rural; que le montant total de 7,5 milliards d’EUR d’aide affectés par l’Union au logement représente environ 2 % de la dotation totale de la politique de cohésion, qui s’élève à 379 milliards d’EUR pour la période 2021-2027; que la politique de cohésion ne peut, à elle seule, résoudre l’actuelle crise du logement, étant donné que, selon l’analyse économique réalisée pour le rapport 2024-2025 de la BEI sur l’investissement, le déficit d’investissement dans le logement abordable est estimé à 270 milliards d’EUR par an; que les fonds de la politique de cohésion devraient être déployés de manière stratégique et selon des procédures efficaces et transparentes; que les fonds publics devraient être complétés par l’attraction d’investissements privés; |
| W. | considérant que les investissements de la politique de cohésion en faveur du logement devraient se fonder sur une évaluation approfondie des marchés du logement afin d’éviter les effets non désirés, en tenant compte des besoins des ménages et des seuils d’accessibilité financière et en donnant la priorité aux moyens de subsistance des groupes sociaux les plus vulnérables, à savoir, entre autres, les personnes handicapées, les personnes sans-abri, les personnes qui vivent dans des logements inadéquats ou précaires, et les personnes ayant des besoins particuliers, notamment les femmes, les jeunes et les personnes âgées, les parents isolés et les travailleurs, les ménages et les familles à revenus faibles ou intermédiaires; |
| X. | considérant que les logements sociaux et abordables sont principalement financés par les autorités nationales, régionales et locales, ainsi que par leurs utilisateurs finaux; que les instruments de financement de l’Union sont souvent trop complexes ou mal adaptés aux besoins locaux, ce qui limite l’accès des villes et des municipalités; que cette déconnexion entrave la mise en œuvre effective des politiques du logement, en particulier en faveur des groupes vulnérables; que les autorités locales et régionales, acteurs essentiels du développement économique et social, devraient participer pleinement à la définition des investissements de la politique de cohésion dans le logement; |
| Y. | considérant que la politique de cohésion est le principal instrument d’investissement de l’Union en faveur du développement économique et social dans l’Union et qu’elle contribue de manière significative à la lutte contre le changement climatique et au pacte vert pour l’Europe, ainsi qu’à la réalisation des objectifs de développement durable (ODD); que le secteur de la construction devrait adopter des modèles circulaires et régénératifs; que les bâtiments représentent environ 40 % de la consommation d’énergie de l’Union et 36 % des émissions de CO2 et qu’il est dès lors essentiel de les décarboner par des rénovations à grande échelle; que la hausse des coûts du logement et des prix de l’énergie souligne qu’il est urgent de disposer de logements abordables, publics ou à but non lucratif et de procéder à des rénovations en profondeur afin de réduire la précarité énergétique; que ces investissements doivent soutenir des solutions écologiques et respectueuses du climat et être conformes aux objectifs de l’Union en matière d’environnement; |
| Z. | considérant que la loi européenne sur le climat inclut un objectif juridique imposant à l’Union de parvenir à la neutralité climatique d’ici à 2050, en fixant l’objectif intermédiaire de réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990; |
| AA. | considérant que le Parlement a demandé des solutions pour améliorer le cadre législatif et financier au niveau de l’Union afin de faciliter les investissements dans le logement social et dans le logement abordable et de garantir le droit à la libre circulation et le droit de rester pour chaque citoyen; |
| AB. | considérant que, d’après des données d’Eurostat de 2021, 49 % des jeunes âgés de 18 à 34 ans dans l’Union vivaient avec leurs parents en raison de coûts du logement élevés, de difficultés à accéder aux prêts hypothécaires et de la précarité de l’emploi, ce qui souligne la nécessité de politiques luttant contre la précarité en matière de logement, et que seuls 17 % des étudiants avaient accès à des logements étudiants; que cette crise du logement retarde le passage des jeunes à l’âge adulte, limite leur développement et affecte l’équité intergénérationnelle; que la politique de cohésion devrait soutenir le principe du «droit de rester», en particulier pour les jeunes, en améliorant l’accès à des logements abordables; |
| AC. | considérant que la fuite des cerveaux continue d’affecter de manière disproportionnée les régions moins développées, ce qui a des conséquences à long terme pour la cohésion et l’avenir de l’Union; qu’il est essentiel d’investir dans la rénovation des logements et dans des services essentiels dans les zones rurales pour prévenir l’exode rural et retenir les talents; |
| AD. | considérant que la crise actuelle de l’accessibilité financière du logement a été aggravée par la pandémie de COVID-19 et par la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, qui ont exercé une pression supplémentaire sur les coûts du logement en raison de l’augmentation des coûts des intrants et des perturbations de la chaîne d’approvisionnement; que l’écart entre l’offre et la demande de logements a été exacerbé par le rôle important joué par les spéculateurs dans l’augmentation des prix du logement et la création de bulles immobilières, ainsi que par le manque d’investissements publics dans des logements sociaux et abordables au cours des dernières décennies; |
| AE. | considérant que le nouveau Bauhaus européen promeut un nouveau paradigme pour l’environnement bâti fondé sur la beauté, la durabilité et l’unité par le biais de l’architecture, du design et de l’aménagement du territoire; que, compte tenu de la crise climatique, des inégalités sociales, de la hausse du coût de la vie et des effets de la guerre et des catastrophes naturelles, le nouveau Bauhaus européen devrait également servir à repenser nos espaces publics et privés et à les adapter aux défis actuels et futurs; |
Vue d’ensemble de l’actuelle crise du logement dans l’Union
| 1. | reconnaît que l’Union traverse une grave crise du logement qui ne revêt pas uniquement une dimension sociale mais qui constitue également un enjeu économique, en exacerbant les inégalités existantes et en empêchant les citoyens de jouir pleinement de leurs droits fondamentaux; relève également que, bien que les zones urbaines et industrielles soient particulièrement touchées, la crise du logement s’étend à toutes les régions, en particulier celles qui souffrent de handicaps géographiques permanents, comme les zones rurales et intérieures, les îles, les régions ultrapériphériques, les régions frontalières où les navetteurs sont nombreux, et les zones côtières et reculées, en particulier celles en proie à un déclin démographique; souligne que des solutions et des investissements de la politique de cohésion sur mesure s’imposent pour répondre à leurs besoins spécifiques et tenir compte de leurs conditions socio-économiques et géographiques uniques, tout en respectant le droit de rester des citoyens qui souhaitent demeurer dans leur région d’origine, étant donné que le logement est essentiel pour garantir la dignité humaine, l’inclusion sociale et la participation économique; constate que la pénurie de logements adéquats peut dissuader les travailleurs d’entrer sur le marché du travail régional et contribuer aux pièges du développement régional; |
| 2. | reconnaît que la crise du logement n’est pas uniforme partout en Europe, mais qu’elle varie considérablement d’une région à l’autre; note que les zones rurales de l’Union couvrent 83 % de son territoire et abritent environ 137 millions de personnes; souligne que ces personnes sont confrontées à d’immenses problèmes en matière de logement, liés notamment à la condition du parc immobilier existant, à l’accès limité aux nouvelles constructions et au dépeuplement; reconnaît que le manque d’infrastructures publiques dans les zones rurales, y compris la pénurie de logements, diminue l’attrait de ces zones pour les citoyens et souligne que la politique de cohésion pourrait être un outil utile pour attirer les Européens dans les zones rurales, notamment en remédiant à ladite pénurie et au changement démographique, en particulier au vieillissement de la population; met en évidence les obstacles uniques auxquels sont confrontées les petites et moyennes municipalités en matière de logement, tels que l’accès limité aux ressources financières, l’inadéquation des infrastructures et une capacité institutionnelle restreinte; propose, dans ce contexte, d’accroître la disponibilité de logements adaptés pour les personnes handicapées et les personnes âgées, en favorisant l’autonomie de vie tout en encourageant l’interaction sociale, le soutien intergénérationnel et le sentiment d’appartenance à une communauté pour lutter contre la solitude non désirée; demande dès lors à la Commission d’élaborer des stratégies ciblées au titre de la politique de cohésion pour résoudre les problèmes spécifiques rencontrés par les zones rurales, tels que les bâtiments inoccupés, et pour répondre au besoin de rénovation énergétique des bâtiments, de logements «zéro net» et de promotion de modèles de logements multigénérationnels, afin de prévenir l’exode rural, de garantir la cohésion territoriale et, ainsi, de fournir aux bénéficiaires les conditions nécessaires pour exercer leur «droit de rester»; |
| 3. | souligne que la crise du logement dans l’Union est particulièrement grave dans les îles et dans les régions ultrapériphériques, où les contraintes structurelles et géographiques, la pression spéculative du tourisme et l’absence de logements publics aggravent la situation; souligne qu’il faut des mesures au titre de la politique de cohésion qui soient adaptées à ces réalités spécifiques, conformément aux articles 174 et 349 du traité FUE, insiste sur le fait que les îles souffrent de handicaps permanents qui entravent la convergence territoriale, sociale et économique et qui nécessitent des fonds de cohésion plus importants et des politiques du logement ciblées; souligne que les investissements dans le logement doivent s’accompagner d’infrastructures améliorées dans les domaines de la santé, de l’éducation, des services publics et de la connectivité, afin de rendre les îles et les régions ultrapériphériques attractives et de garantir le droit des personnes à y demeurer; |
| 4. | est convaincu qu’en alignant les politiques du logement sur la politique de cohésion, des progrès significatifs peuvent être réalisés dans le cadre des mesures entreprise pour remédier aux disparités régionales et sociales, répondre aux enjeux démographiques et à la crise du logement, et garantir un développement régional équilibré dans l’ensemble de l’Union, de ses villes et de ses régions; souligne que la politique de cohésion n’est pas la seule solution face à la crise du logement et qu’il convient d’envisager également d’autres instruments et sources de financement de l’Union, ainsi que des investissements privés, y compris ceux de la BEI, qui peuvent contribuer à résoudre la crise; souligne qu’il faut encourager la participation du secteur privé et les investissements immobiliers en vue d’accroître la disponibilité de logements; |
| 5. | invite la Commission et les États membres à stimuler les partenariats public-privé dans les projets de construction de logements, notamment le développement d’infrastructures sur des terrains viables et la réutilisation de bâtiments publics sous-utilisés, en tirant pleinement parti des fonds de la politique de cohésion et d’autres instruments de financement soutenus par la BEI; soutient la création d’une facilité d’investissement spécifique de la BEI en vue de financer la construction et la rénovation de logements abordables et durables ainsi que des améliorations de l’efficacité énergétique; recommande en outre la mise en place d’incitations et d’outils financiers novateurs pour mobiliser les investissements du secteur privé dans des projets de logements abordables, en complément des financements publics; souligne qu’il importe de veiller à ce que les mécanismes de financement de l’Union fournissent un appui financier adéquat aux propriétaires bailleurs, aux petits propriétaires et aux promoteurs afin de moderniser le parc immobilier existant et d’augmenter la disponibilité de logements abordables tout en maintenant un équilibre entre les secteurs public et privé; |
| 6. | accueille favorablement l’annonce, par la Commission, de la création, au titre du plan européen pour des logements abordables à venir, d’une plateforme européenne d’investissement pour des logements abordables et durables, dans le cadre de laquelle la BEI travaillera en partenariat avec les banques nationales de promotion de l’Union et les institutions financières internationales pour mettre au point de nouvelles possibilités de financement pour des logements abordables et durables, afin de lever des fonds supplémentaires au titre de la politique de cohésion, des dotations nationales, régionales et locales et des investissements publics et privés, et d’offrir des services de conseil et des appuis sur mesure qui couvriront toutes les étapes du cycle de projet et au-delà; souligne que cette plateforme devrait être coordonnée avec la plateforme européenne de lutte contre le sans-abrisme (EPOCH) afin de renforcer cette lutte au moyen de stratégies intégrées au niveau de l’Union; recommande que la BEI collabore avec les autorités de gestion de la politique de cohésion pour développer des instruments financiers qui garantissent des investissements à long terme dans des logements sociaux et abordables; souligne que les promoteurs immobiliers et les coopératives à but non lucratif, ainsi que les autorités locales, devraient avoir accès à des prêts à long terme à des taux d’intérêt faibles afin de soutenir le développement de logements sociaux et abordables; |
| 7. | reconnaît que le secteur de la construction, qui joue un rôle vital dans la lutte contre la crise du logement en permettant la construction et la rénovation de logements plus durables, est l’un des principaux groupes professionnels qui souffrent de pénuries de main-d’œuvre, et demande des mesures ciblées afin d’améliorer les conditions de travail et de logement de la main-d’œuvre de ce secteur; demande également à la Commission et aux États membres d’utiliser pleinement le FSE + afin de remédier à la pénurie de travailleurs qualifiés dans les secteurs de la construction et de la rénovation, et reconnaît qu’il est essentiel de disposer d’une main-d’œuvre étendue et hautement qualifiée pour augmenter l’offre de logements, rendre ces derniers plus abordables et stimuler la compétitivité et l’innovation dans le secteur européen de la construction, en particulier en développant des start-up spécialisées dans la recherche sur de nouveaux matériaux; |
| 8. | invite dès lors la Commission et les États membres à utiliser le FSE + afin de soutenir la formation professionnelle ainsi que des programmes ciblés de perfectionnement et reconversion professionnels, afin d’apporter aux travailleurs l’expertise nécessaire en matière de construction économe en énergie, de rénovation de logements durables et de nouvelles technologies de construction; estime qu’il est essentiel, dans ce contexte, que les qualifications et la législation nationale du travail dans le secteur de la construction contribuent aux mesures visant à remédier aux pénuries de main-d’œuvre à long terme dans les États membres; reconnaît en outre le travail et les efforts des travailleurs indépendants qui, en tant que main-d’œuvre essentielle du secteur, nécessitent une protection spécifique; |
| 9. | souligne que la pénurie de logements abordables fait également de plus en plus obstacle à la mobilité de la main-d’œuvre au sein de l’Union, car les travailleurs, en particulier les jeunes professionnels, les travailleurs essentiels et les travailleurs à bas salaires, peinent à trouver un logement adéquat, décent et abordable proche de leur lieu de travail, ce qui exacerbe les inégalités sociales et économiques entre les régions et les États membres; propose que le financement soutienne également des solutions de logement temporaire pour les travailleurs mobiles, les étudiants et les jeunes familles afin de renforcer la cohésion sociale et la mobilité économique; |
| 10. | rappelle l’engagement pris par la Commission de présenter le premier plan européen pour des logements abordables afin d’aider les États membres à lutter contre les principales causes de la crise du logement, et souligne que les autorités locales et régionales, ainsi que la société civile, doivent participer à son élaboration afin de refléter ce qui se passe réellement sur le terrain; souligne que ce plan devrait comporter des mesures spécifiques et des services sur mesure pour lutter contre les causes profondes du sans-abrisme, tels que le modèle «Un logement d’abord», de manière à compléter les instruments de financement de l’Union et conformément aux engagements pris au titre d’EPOCH; |
| 11. | invite la Commission et les États membres, dans le contexte actuel de dysfonctionnement du marché du logement et compte tenu des circonstances extérieures, à soutenir les investissements publics et, notamment, ceux dans les logements sociaux réalisés par l’intermédiaire de la politique de cohésion et par des instruments financiers, tels que les prêts, les garanties et les titres de participation dans des logements sociaux et abordables, en particulier dans des logements étudiants abordables; insiste sur la nécessité d’améliorer le lien entre la politique de cohésion et la gouvernance économique de l’Union, tout en évitant d’adopter une approche répressive; souligne que le Semestre européen devrait respecter les objectifs de la politique de cohésion au titre des articles 174 et 175 du traité FUE, étant donné qu’ils sont essentiels au bien-être futur et à long terme de la société; |
| 12. | invite la Commission à proposer des régimes d’aides d’État prêts à l’emploi pour autoriser plus facilement les mesures de soutien au niveau national ou européen, selon le cas; souligne qu’il faut renforcer les instruments d’assistance technique dans le cadre de la politique de cohésion afin d’améliorer la compréhension des règles en matière d’aides d’État dans la mesure où elles s’appliquent aux fournisseurs de logements sociaux, publics, à but non lucratif et coopératifs, et de soutenir la mise en œuvre de projets sur des logements abordables élaborés dans le cadre d’une coopération entre la BEI et la Commission; insiste sur le fait qu’il importe de garantir l’accès aux informations, l’échange de connaissances sur les instruments financiers de l’Union en faveur du logement, ainsi qu’un soutien consultatif personnalisé pour l’élaboration et la mise en œuvre de projets, notamment dans le cadre de la plateforme paneuropéenne d’investissement pour des logements abordables et durables; |
| 13. | suggère d’améliorer l’outil statistique de l’Union pour accéder aux données sur les fonds de la politique de cohésion affectés au logement; souligne qu’il faut adopter rapidement la proposition de règlement sur les statistiques européennes relatives à la population et au logement pour permettre une élaboration des politiques fondée sur des éléments probants et améliorer l’allocation des ressources de cohésion, et demande à Eurostat de suivre les tendances des investissements en faveur de la cohésion, les déséquilibres territoriaux et les effets des locations touristiques et de courte durée; demande également un renforcement de la coopération avec la Cour des comptes européenne sur l’utilisation des fonds de la politique de cohésion en faveur de logements abordables, et recommande que ces données soient intégrées dans la future programmation de la politique de cohésion afin de remédier aux lacunes en matière d’accessibilité financière et d’investissements; |
| 14. | estime que les revenus locatifs peuvent constituer un élément structurel pour compléter les revenus des citoyens dans un contexte d’incertitude économique; souligne qu’il faut mettre en place des exigences de transparence pour les opérations d’investissement immobilier à grande échelle et le suivi des produits financiers liés aux marchés du logement; |
Une politique de cohésion 2021-2027 actualisée pour remédier aux crises du logement
| 15. | invite instamment les autorités de gestion des fonds de la politique de cohésion aux niveau national et régional d’envisager de saisir l’occasion du réexamen à mi-parcours des programmes de la politique de cohésion au cours de la période de programmation 2021-2027 pour au moins doubler les crédits affectés au logement abordable, en garantissant une approche plus équilibrée entre les nouveaux logements et les interventions en faveur de l’efficacité énergétique, en donnant aux autorités régionales et locales ainsi qu’aux villes et aux autorités urbaines un accès plus direct aux financements de l’Union; recommande aux États membres d’élaborer des stratégies nationales en matière de logement afin de fournir des solutions supplémentaires et de saisir les possibilités existantes de transférer les allocations entre les fonds de la politique de cohésion afin d’intensifier ces investissements et de simplifier les procédures administratives pour accélérer les investissements dans le logement; rappelle toutefois que le transfert de ressources dans le cadre de la politique de cohésion ne suffira pas à résoudre la crise du logement et que le rôle fondamental de la politique de cohésion dans le renforcement de la cohésion économique, sociale et territoriale doit être pleinement respecté; invite la Commission et les États membres à utiliser les fonds disponibles par l’intermédiaire de NextGenerationEU, de la BEI et la politique de cohésion pour accroître leurs investissements dans le logement et les services associés; |
| 16. | rappelle que le logement relève de la compétence des États membres et qu’il est, dans une grande mesure, géré par les autorités régionales et locales; souligne qu’il convient de lutter contre la crise du logement tout en se conformant au principe de subsidiarité, à commencer par le niveau local, et respecter spécifiquement les autorités locales dans ce domaine; appelle dès lors à un soutien flexible de l’Union qui s’aligne sur les spécificités nationales, régionales et locales; rappelle qu’il importe de respecter pleinement le principe de partenariat, le code de conduite européen sur le partenariat et les principes de la gouvernance à plusieurs niveaux dans l’ensemble de la programmation, de la mise en œuvre et du suivi, ainsi que dans toute reprogrammation de la politique de cohésion, en garantissant la participation active des autorités régionales et locales et d’autres parties prenantes; demande à la Commission d’éviter de centraliser les programmes de financement au niveau national et de donner aux autorités locales davantage de possibilités pour identifier et utiliser de manière appropriée les fonds de la politique de cohésion, en particulier dans le domaine du logement; souligne qu’il faut accroître les investissements dans le renforcement des capacités administratives, notamment en faveur des autorités régionales et locales, pour permettre aux fonds de l’Union d’être gérés et mis à disposition de manière décentralisée et efficace; |
| 17. | reconnaît que la hausse des prix de l’immobilier résulte de multiples facteurs, notamment la limitation de l’offre, les obstacles bureaucratiques excessifs, les pénuries de main-d’œuvre et les dynamiques du marché, et invite instamment les États membres à concilier l’accessibilité financière avec la sécurité juridique et les incitations à l’investissement; plaide en faveur d’instruments de la politique de cohésion rationalisés et efficaces pour réduire les disparités régionales en matière d’accès à des logements abordables, et demande que les fonds de la politique de cohésion soient simplifiés, transparents et accessibles; suggère de soutenir les entités locales en réduisant les charges administratives; invite la Commission à revoir les règlements en vigueur qui ont une incidence sur les secteurs de la construction et de la rénovation, à identifier les obstacles liés, entre autres, aux règles relatives aux marchés publics et aux aides d’État qui retardent les projets financés par des fonds de la politique de cohésion; |
| 18. | constate que le caractère abordable du logement est une priorité pour la plupart des États membres; invite la Commission à considérer le manque actuel de logements abordables comme un phénomène à long terme et à proposer que les règlements en vigueur relatifs au FEDER et au Fonds de cohésion, au FSE+ et au Fonds pour une transition juste soient révisés afin de soutenir les investissements visant à atténuer les conséquences socio-économiques de la crise du logement, en particulier dans les villes, tout en tenant compte des problèmes de logement spécifiques qui se posent dans les zones rurales et dans les îles; souligne qu’il importe de veiller à ce que les fonds publics de l’Union complètent les investissements nationaux; demande l’adoption d’un cadre réglementaire qui encourage la rénovation des bâtiments existants afin d’améliorer les conditions de logement sans pour autant mettre à mal la disponibilité sur le marché; souligne que les fonds de la politique de cohésion destinés au logement doivent être répondre à des objectifs stratégiques, en évitant la surpopulation urbaine et en soutenant les mesures visant à lutter contre le dépeuplement de régions où cela constitue un problème; suggère de lutter contre le dépeuplement et les pénuries de logements par des projets de connectivité améliorés; considère que ce type d’investissement devrait aller de pair avec la fourniture d’autres services de base tels que la santé, l’éducation, l’énergie et l’eau; souligne en particulier la nécessité de remédier aux conséquences des coûts du logement sur les personnes au chômage, les familles monoparentales et les jeunes exposés à la pauvreté et de prévenir le risque d’exclusion sociale et le phénomène des jeunes sans emploi qui ne suivent ni études ni formation (les «NEET»), en vue de réduire les inégalités et de promouvoir la cohésion sociale; |
| 19. | suggère en outre que la Commission inclue de nouveaux objectifs flexibles et spécifiques concernant le logement public, à but non lucratif, social, abordable, coopératif et durable dans la révision des règlements sur le FSE + et sur le FEDER/Fonds de cohésion, notamment dans le cadre de l’objectif stratégique no 2 de la politique de cohésion pour 2021–2027 sur une Europe plus verte et sans émissions de carbone, de l’objectif stratégique no 4 sur une Europe plus sociale et de l’objectif stratégique no 5 sur une Europe plus proche des citoyens, afin de financer des mesures liées aux pénuries de logements, d’améliorer la qualité et la durabilité des logements, de réduire les coûts de l’énergie, en particulier pour les ménages à faibles revenus dans lesquels les personnes au chômage, les parents isolés, les femmes et les locataires seuls sont représentés de façon disproportionnée, et de garantir que tous les citoyens ont accès à des logements abordables, durables et décents; souligne que ces objectifs spécifiques doivent être mis en œuvre en coopération étroite avec les autorités locales et régionales où les investissements ont lieu, en garantissant qu’ils sont conformes à leurs stratégies de développement territorial durable, et suggère que ces investissements soient inclus dans la taxonomie du règlement (UE) 2019/2088 sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (22), conformément à l’article 9 de celui-ci; dans ce contexte, invite les États membres et les autorités régionales et locales à promouvoir l’intégration de logements durables, en particulier pour les ménages à faibles revenus, dans les nouveaux projets de construction, d’une manière qui reflètera les besoins des marchés de l’immobilier locaux et les circonstances sociales locales, et qui donnera aux États membres la flexibilité qui leur permettra de définir des objectifs nationaux ou régionaux appropriés; |
| 20. | demande à la Commission de proposer d’élargir la portée des aides de la politique de cohésion au-delà de la promotion de l’efficacité énergétique ou des énergies renouvelables dans les logements et les logements sociaux, afin d’inclure l’utilisation rationnelle de l’eau et la rénovation et d’intégrer des approches innovantes et durables qui augmentent l’accessibilité financière, comme les organismes de foncier solidaire, les coopératives et les modèles de location fondés sur les coûts, tout en garantissant des solutions de logement conformes aux principes de l’économie circulaire qui favorisent un secteur du logement plus responsable sur le plan environnemental; appelle en outre à allouer des ressources du FSE + pour soutenir des mesures complémentaires, telles que des indemnités de logement pour les locataires et des initiatives en matière d’intégration sociales liées au logement abordable; suggère d’ajouter des mesures spécifiques pour prévenir et traiter le problème du sans-abrisme, en promouvant la politique de la priorité au logement et en veillant à ce que les ménages à faibles revenus vivant dans des logements insalubres et en situation de précarité énergétique puissent bénéficier de la rénovation; |
| 21. | invite la Commission et les États membres à veiller à ce que les investissements dans le logement au titre de la politique de la cohésion comportent des mesures ciblées destinées à soutenir les jeunes, les familles monoparentales et à faibles revenus, les personnes âgées, les femmes, les enfants et les groupes marginalisés touchés par la violence et la discrimination pour accéder à des logements abordables, sûrs et adéquats; souligne que l’aide au logement doit s’inscrire dans un cadre plus vaste d’intégration et de protection sociale, garantissant l’accessibilité, la sécurité et la dignité de tous les groupes vulnérables; souligne qu’il importe que l’utilisation des fonds de l’Union pour des projets de logement ne contribue pas à la ségrégation ou à l’exclusion sociale; |
| 22. | demande un meilleur accès au financement pour soutenir les investissements dans la transition énergétique locale, notamment dans des initiatives liées à l’efficacité énergétique, à la distribution décentralisée de l’énergie, à l’énergie renouvelable et à l’économie circulaire durable; souligne qu’il faut augmenter encore et mieux rationaliser les investissements de la politique de cohésion dans des logements sociaux, publics et à but non lucratif, économes en énergie, adéquats, décents et abordables, ainsi que pour lutter contre le sans-abrisme et l’exclusion en matière de logement; invite la Commission et les États membres à intégrer pleinement la stratégie pour une vague de rénovations dans les politiques du logement, en veillant à ce que les rénovations soient non seulement axées sur l’efficacité énergétique et sur les ponts thermiques, mais aussi sur la transformation des bâtiments sous-utilisés et abandonnés en logements abordables et accessibles; encourage la Commission à faciliter les partenariats public-privé en faveur de projets de rénovation urbaine de grande ampleur dans le cadre de la stratégie pour une vague de rénovations, et souligne qu’il importe de veiller à ce que les instruments de financement de l’Union aident de manière adéquate les logements publics et à but non lucratif, les propriétaires, les bailleurs, les petits propriétaires et les promoteurs à moderniser le parc immobilier existant; |
| 23. | suggère que la Commission propose un taux de cofinancement supplémentaire pouvant aller jusqu’à 100 % et un préfinancement exceptionnel en faveur de plusieurs priorités ciblées dans le secteur du logement abordable, et que les investissements destinés à l’accessibilité financière des logements soient pris en considération dans le cadre des exigences en matière de concentration thématique et des dépenses liées au climat; |
| 24. | demande à la Commission de définir un cadre de l’Union commun et flexible pour l’éligibilité aux logements sociaux et abordables, assorti de critères transparents et non discriminatoires qui permettent aux autorités locales et régionales de rendre les interventions préventives plus efficaces en identifiant d’éventuels groupes cibles, tels que les ménages à revenus faibles et intermédiaires qui sont dans l’impossibilité d’obtenir des logements aux conditions du marché, soit en raison de leur situation financière, soit à cause de leurs besoins spéciaux, notamment les personnes handicapées, les jeunes ou les personnes âgées et les personnes qui ont besoin d’un soutien au titre du FEDER, de la politique de cohésion ou du FSE + pour accéder à des logements résidentiels qui soient adaptés à leurs besoins, qui répondent à des normes de qualité appropriées et qui soient abordables sur le plan financier; demande qu’une attention particulière soit accordée aux jeunes, notamment dans les régions où la plupart des jeunes continuent de vivre dans la maison familiale; propose la mise en place d’un système d’«alerte précoce», y compris au moyen d’outils tels que l’intelligence artificielle, pour anticiper les risques d’exclusion en matière de logement, tout en respectant pleinement les principes de transparence, de protection des données et de non-discrimination; |
| 25. | souligne que l’accès à un logement adéquat, décent et abordable est un droit social fondamental et une condition préalable à la participation et au bien-être économiques et sociaux, et demande l’intégration des considérations relatives à l’accessibilité financière du logement dans toutes les politiques sociales et d’emploi pertinentes de l’Union; suggère qu’il importe de promouvoir des politiques axées sur la famille; propose la création d’une charte européenne clarifiant le rôle des gouvernements nationaux dans la reconnaissance et l’application du logement en tant que droit social; |
| 26. | note que le fait de combiner et de compléter des subventions du FEDER et du Fonds de cohésion, du FSE + et du Fonds pour une transition juste avec des instruments financiers de la BEI peut contribuer à augmenter l’effet de levier des investissements et l’accès au financement pour les promoteurs, les constructeurs et les bénéficiaires finaux; soutient la création d’une facilité dédiée au logement dans la structure des instruments financiers de la BEI; souligne que la simplification des fonds et la transparence au niveau de leur utilisation sont essentielles pour utiliser efficacement et stratégiquement les investissements et pour permettre aux efforts financiers d’avoir un effet multiplicateur; |
| 27. | encourage la Commission et la BEI à intégrer des mécanismes d’allocation stricts, transparents, inclusifs et équitables, ainsi que des conditions sociales et durables pour les bénéficiaires finaux des fonds et des instruments financiers de l’Union; souligne qu’une approche équilibrée, impliquant à la fois les logements publics ou à but non lucratif et la participation du secteur privé par le biais de partenariats public-privé, devrait être envisagée afin d’optimiser le parc de logements et d’assurer une utilisation efficace des ressources; estime que les programmes de logement abordable peuvent inclure, entre autres, la propriété publique de biens, de terrains et de bâtiments détenus par des autorités publiques centrales et locales; considère, à cette fin, que les entités publiques devraient être autorisées à accéder au secteur privé, sous la supervision des autorités publiques, tout en garantissant un soutien important aux fournisseurs de logements sociaux et aux autres entités à but non lucratif engagées dans la fourniture de logements abordables; souligne qu’il importe de donner la priorité aux groupes aux revenus les plus faibles, qui sont touchés de manière disproportionnée par le coût du logement; |
Accessibilité financière du logement dans la future politique de cohésion au-delà de 2027
| 28. | fait remarquer que les investissements en faveur de logements abordables, décents, accessibles et durables, y compris les mesures telles que le logement social, public et à but non lucratif et les programmes de location abordable pour les populations vulnérables, les ménages à revenus faibles et intermédiaires, et les familles particulièrement nombreuses, devraient figurer parmi les priorités stratégiques des futurs fonds de cohésion de l’Union au titre du prochain cadre financier pluriannuel pour l’après 2027, et qu’il convient de veiller à ce que la stratégie pour une vague de rénovations soit ancrée dans les programmes réguliers de la politique de cohésion afin de garantir sa continuité sans imposer de charges excessives aux propriétaires; souligne qu’il faut des normes d’accessibilité contraignantes et une conception universelle dans tous les projets de logement financés par l’Union, conformément à la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, et qu’il convient de donner la priorité aux investissements portant sur l’adaptation des logements, les technologies d’assistance intelligentes et les rénovations qui permettent une vie autonome; souligne qu’il faut accorder une attention particulière aux jeunes et aux générations futures, en particulier dans les zones où la plupart des jeunes ne sont pas indépendants sur le plan financier et continuent de vivre sous le même toit que leurs parents, en particulier les étudiants et les professionnels en début de carrière, en les aidant à démarrer une vie autonome; |
| 29. | invite instamment la Commission à élaborer des orientations et des recommandations détaillées à l’intention des États membres sur l’exploitation d’approches plurifonds intégrées, afin de soutenir les investissements à grande échelle dans le logement social et abordable, dans les infrastructures connexes et dans les services de proximité qui favorisent l’inclusion sociale et la cohésion territoriale; souligne qu’il importe d’utiliser un mélange approprié de subventions et d’instruments financiers, en reconnaissant que les subventions sont essentielles pour soutenir les mesures d’intégration sociale en faveur des locataires; estime que, outre le financement au titre de la politique de cohésion, d’autres instruments, tels qu’Horizon Europe, peuvent soutenir les projets de recherche et de développement dans le secteur de la construction et les technologies liées afin de résoudre la crise du logement; demande à la Commission de coopérer étroitement avec les autorités nationales et régionales pour simplifier les règles de financement, rationaliser les procédures de demande et permettre un accès plus rapide aux fonds en faveur de projets de logement abordable; |
| 30. | relève que les investissements dans le logement abordable et durable pour les populations vivant dans des zones ayant des caractéristiques démographiques particulières devraient constituer une autre priorité stratégique des prochains fonds de cohésion de l’Union dans le cadre du prochain cadre financier pluriannuel à compter de 2027; |
| 31. | invite la Commission à veiller à ce que tout financement de logements abordables ne compromette pas les contributions des dépenses climatiques dans le cadre de la politique de cohésion; |
| 32. | souligne qu’il importe de protéger les centres-villes historiques et de préserver le patrimoine historique et culturel européen lors de la conception d’initiatives en matière de logement et d’efficacité énergétique; souligne l’énorme potentiel que recèle la rénovation durable de bâtiments inoccupés et anciens, en ce qu’elle permet l’utilisation rationnelle des ressources, la fourniture de logements abordables et le renforcement de la cohésion sociale, en particulier dans les villages et les petites communautés; demande que la politique de cohésion soutienne activement les rénovations énergétiques des bâtiments et les investissements dans des logements abordables qui promeuvent les émissions «zéro net», conformément à la directive sur la performance énergétique des bâtiments; demande en outre des incitations, notamment un soutien budgétaire et technique en faveur des autorités locales et régionales, afin de promouvoir la rénovation et la réutilisation de bâtiments non utilisés ou abandonnés, ce qui permettra d’augmenter l’offre sans utiliser de terrains supplémentaires; |
| 33. | souligne qu’il est urgent de remédier aux problèmes de logement auxquels les jeunes sont confrontés, qui font face à des obstacles de plus en plus importants pour accéder à des logements abordables, en particulier dans les zones urbaines où la demande est forte et dans les régions où le taux de chômage des jeunes est élevé; souligne qu’il faut intégrer plus étroitement le Fonds social pour le climat aux instruments de la politique de cohésion, notamment en soutenant les investissements dans le logement social et abordable et l’aide ciblée, afin de rendre les loyers plus abordables pour les jeunes; souligne qu’il importe d’intégrer les jeunes et les familles jeunes dans les stratégies nationales de logement et demande des mesures adaptées, notamment des incitations budgétaires, des prêts à faibles taux d’intérêt, des garanties locatives et des garanties extensives pour aider les primo-accédants à la propriété; encourage les États membres à envisager des incitations fiscales pour les propriétaires qui louent à des jeunes ou à des familles dans le cadre de contrats à long terme, ce qui contribuera à élargir le marché de la location et à stabiliser les prix; plaide en faveur de l’utilisation des instruments de la politique de cohésion pour accroître les investissements dans les logements étudiants et les logements abordables, en garantissant un accès à des possibilités de logement stables soutenu par des transports publics, à des services de base et à l’éducation, notamment pour les jeunes issus de ménages à faibles revenus; suggère dès lors que le prochain FSE + pour l’après 2027 aide les jeunes à accéder au logement grâce à des cautionnements ou à d’autres programmes financiers afin de rendre les emprunts plus abordables; |
| 34. | invite également la Commission à intégrer dans sa future politique de cohésion la promotion de la résilience territoriale et le soutien aux communautés et aux familles, en particulier dans les zones rurales et insulaires, en mettant à disposition des logements résilients en mesure de résister aux conséquences des catastrophes naturelles et aux effets d’événements imprévus, notamment dans les régions fortement exposées aux effets des phénomènes météorologiques extrêmes liés au changement climatique; demande que les fonds de l’Union soutiennent la reconstruction de logements en cas de catastrophes naturelles et qu’ils promeuvent le principe du «reconstruire en mieux»; considère que les risques climatiques ont une incidence disproportionnée sur les populations vulnérables, ce qui entrave davantage leur capacité à se remettre des catastrophes; |
| 35. | estime que l’aide au logement abordable devrait donner la priorité aux conversions et aux rénovations plutôt qu’aux nouvelles constructions et promouvoir des méthodes de construction neutres pour le climat et économes en ressources, des logements collectifs et des approches de mobilité verte qui améliorent la qualité de vie; souligne que tous les investissements dans le logement financés par l’Union doivent se conformer aux objectifs du pacte vert pour l’Europe en garantissant des normes élevées d’efficacité énergétique, en réduisant la précarité énergétique et en intégrant des mesures d’adaptation au changement climatique; invite la Commission à réviser d’urgence l’annexe I du règlement portant dispositions communes et, en fonction de son examen, à reconnaître que les investissements dans des logements sociaux, abordables et durables contribuent aux objectifs climatiques, en permettant aux États membres d’atteindre l’objectif visant à consacrer de 30 % des dépenses du FEDER en faveur du climat; demande qu’avec l’aide de la politique de cohésion, le secteur de la construction soit durable et utilise des matériaux biosourcés et une tarification au coût réel qui inclue les frais d’entretien et ceux liés à l’environnement; souligne qu’il importe, dans ce contexte, de renforcer le principe du pollueur-payeur et de promouvoir la décarbonation afin d’atteindre les objectifs du pacte vert pour l’Europe et de l’accord de Paris; |
| 36. | propose d’inclure, dans la future politique de cohésion, davantage de fonds en faveur du logement sur la base de stratégies nationales, régionales et locales sur le logement durable et abordable pour les ménages vulnérables et à revenus faibles et intermédiaires, pour les familles nombreuses et monoparentales, ainsi que des solutions sociales et des solutions de vie assistée pour les personnes handicapées et les personnes âgées; reconnaît le rôle joué par les autorités locales et régionales dans l’élaboration de ces stratégies; insiste pour que ce financement contribue à la cohésion sociale dans toute l’Union; rappelle qu’il importe d’établir des liens solides entre les zones rurales et urbaines et qu’il faut soutenir particulièrement les femmes dans les zones rurales; |
| 37. | invite la Commission à inclure, en tant qu’objectifs politiques explicites dans la politique de cohésion pour l’après 2027, l’éradication du sans-abrisme et la lutte contre les logements inadéquats et la précarité énergétique touchant les populations aux revenus les plus faibles, en affectant des montants importants à ces priorités; demande également que l’accès au logement et les services connexes soient considérés comme un domaine essentiel dans le cadre des futurs objectifs stratégiques et qu’un accent particulier soit placé sur le soutien en faveur des générations futures et sur le programme urbain; souligne que les mesures liées au logement financées par la politique de cohésion doivent répondre aux besoins et aux particularités des autorités régionales et locales et contribuer aux objectifs de cohésion des traités; propose que la Commission établisse un lien entre les investissements dans les transports et les services publics et la fourniture de logements abordables, afin que les bénéficiaires aient un accès adéquat aux services essentiels, et invite les États membres à veiller à la cohérence des politiques nationales relatives au logement, aux transports et aux services publics; |
| 38. | invite la Commission et la BEI à prévoir, dans la future politique de cohésion, une condition de durée spécifique, en ce qui concerne la durabilité, pour les opérations qui font intervenir des investissements en faveur d’infrastructures de logement abordables et durables effectués au titre des fonds de la politique de cohésion, et ce afin d’éviter la spéculation immobilière; estime que la Commission devrait créer un cadre juridique permettant aux terrains et aux résidences bénéficiant de fonds de l’Union de demeurer la propriété des administrations publiques, des fournisseurs de logements sociaux et d’autres entités à but non lucratif ou, le cas échéant, de continuer d’être gérés par ceux-ci, afin que les bénéficiaires finaux des fonds et leurs utilisateurs finaux restent propriétaires des résidences; |
| 39. | recommande l’intégration de conditions à long terme pour les bénéficiaires de fonds de la politique de cohésion destinés au logement abordable afin de soutenir le «droit de rester» dans les zones urbaines où les loyers sont modérés, en particulier dans les zones qui subissent une pression immobilière en raison du tourisme, de la gentrification ou des investissements spéculatifs, notamment les centres-villes, les îles, les régions ultrapériphériques et les zones côtières, sans désavantager de manière indue les activités immobilières légitimes; recommande également d’exclure les investisseurs pratiquant la spéculation à court terme en établissant des garanties contre les acquisitions spéculatives à court terme, notamment des restrictions aux reventes rapides; souligne qu’il importe de garantir le «droit de rester» aux citoyens des zones qui souffrent d’un manque de logements adaptés et abordables; invite la Commission à publier des lignes directrices spécifiques expliquant comment mettre en œuvre et faire respecter ce principe dans toutes les politiques de l’Union; plaide pour une intégration plus forte de ce principe en tant que principe transversal dans toutes les politiques de l’Union, afin qu’elles soutiennent les objectifs de cohésion sociale, économique et territoriale, tels qu’énoncés aux articles 3 et 174 du traité FUE; |
| 40. | demande à la Commission d’intégrer le nouveau Bauhaus européen en tant que programme autonome dans le cadre financier pluriannuel pour la période 2028-2034, en lui allouant des ressources financières suffisantes pour intégrer les valeurs du nouveau Bauhaus européen dans les initiatives et la législation future pertinente promues par la stratégie européenne en matière de logement abordable; |
| 41. | rappelle que la politique de cohésion devrait encourager la collaboration entre architectes, urbanistes, promoteurs, ingénieurs, ouvriers du bâtiment et autres professionnels afin de garantir une approche globale du développement urbain et rural et de contribuer à résoudre les crises du logement actuelles; ° ° ° |
| 42. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au Comité économique et social européen, au Comité européen des régions ainsi qu’aux parlements nationaux et régionaux des États membres. |
(1) JO L 231 du 30.6.2021, p. 159, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/1060/oj.
(2) JO L 231 du 30.6.2021, p. 60, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/1058/oj.
(3) JO L 231 du 30.6.2021, p. 21, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/1057/oj.
(4) JO L 231 du 30.6.2021, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/1056/oj.
(5) JO L 23 du 27.1.2010, p. 35, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2010/48(1)/oj.
(6) JO L 243 du 9.7.2021, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/1119/oj.
(7) JO L, 2024/1028, 29.4.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/1028/oj.
(8) JO L, 2024/1275, 8.5.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2024/1275/oj.
(9) JO C 28 du 27.1.2020, p. 40.
(10) JO C 15 du 12.1.2022, p. 125.
(11) JO C 456 du 10.11.2021, p. 145.
(12) JO C 425 du 20.10.2021, p. 2.
(13) JO C 125 du 5.4.2023, p. 56.
(14) JO C 342 du 6.9.2022, p. 2.
(15) JO C, C/2024/4006, 17.7.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4006/oj.
(16) JO C, C/2024/3667, 26.6.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/3667/oj.
(17) JO C, C/2025/771, 11.2.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/771/oj.
(18) JO C, C/2025/285, 24.1.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/285/oj.
(19) JO C 493 du 27.12.2022, p. 48.
(20) Parlement européen, «Hausse des prix des logements dans l’UE» 17 octobre 2024, https://www.europarl.europa.eu/topics/fr/article/20241014STO24542/hausse-des-prix-des-logements-dans-l-ue.
(21) Décision 2012/21/UE de la Commission du 20 décembre 2011 relative à l’application de l’article 106, paragraphe 2, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne aux aides d’État sous forme de compensations de service public octroyées à certaines entreprises chargées de la gestion de services d’intérêt économique général (JO L 7 du 11.1.2012, p. 3, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2012/21(1)/oj).
(22) JO L 317 du 9.12.2019, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2019/2088/oj.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/1474/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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