Initiative législative52025IP0193

P10_TA(2025)0193 — Cas de Victoire Ingabire au Rwanda — Résolution du Parlement européen du 11 septembre 2025 sur le cas de Victoire Ingabire au Rwanda (2025/2861(RSP))

CELEX52025IP0193
TypeInitiative législative
Datejeudi 11 septembre 2025

Résumé IA

Cette résolution du Parlement européen condamne la détention et la condamnation de l'opposante politique rwandaise Victoire Ingabire, soulignant les violations des droits de l'homme et de l'État de droit au Rwanda. Elle appelle les autorités rwandaises à sa libération immédiate et inconditionnelle, et invite le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) à suivre de près cette affaire dans le cadre du dialogue politique UE-Rwanda. Pour un professionnel du droit français, ce texte illustre l'activation des instruments de politique étrangère de l'UE en matière de droits humains, sans créer d'obligations juridiques directes en droit interne.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2026/1480

9.4.2026

P10_TA(2025)0193

Cas de Victoire Ingabire au Rwanda

Résolution du Parlement européen du 11 septembre 2025 sur le cas de Victoire Ingabire au Rwanda (2025/2861(RSP))

(C/2026/1480)

Le Parlement européen,

vu ses résolutions antérieures sur le Rwanda et le cas de Victoire Ingabire,

vu l'article 150, paragraphe 5, et l'article 136, paragraphe 4, de son règlement intérieur,

A.

considérant que Victoire Ingabire, dirigeante de l’opposition politique et présidente du parti Dalfa-Umurinzi, a été arrêtée le 19 juin 2025 à Kigali pour avoir formé un groupe criminel et planifié des activités visant à inciter au désordre public; qu’elle réfute ces accusations, qui semblent liées à une affaire en cours à l’encontre d’autres membres du même parti et du journaliste Théoneste Nsengimana, arrêtés en 2021 à la suite de leur participation à une session de formation sur les stratégies pacifiques de résistance à l’autoritarisme;

B.

considérant que Victoire Ingabire avait été emprisonnée après un procès inéquitable en 2010 avant d’être graciée en septembre 2018; que la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples avait jugé en 2017 que le Rwanda avait violé la liberté d’expression de Victoire Ingabire et son droit à un procès équitable;

C.

considérant que les actions des autorités rwandaises contre Victoire Ingabire font partie d’une campagne de répression plus vaste contre les figures de l’opposition politique; que, depuis 2017, cinq membres du parti de Victoire Ingabire, le FDU-Inkingi, sont mortes ou ont disparu; que de lourdes contraintes et des restrictions pèsent sur les activités de la société civile et des médias au Rwanda;

1.

condamne avec force l’arrestation de Victoire Ingabire le 19 juin 2025 et se dit vivement préoccupé par la série d’exactions commises à l’encontre de partis et de figures de l’opposition, de journalistes, d'acteurs de la société civile et de dissidents, lesquelles exactions sont contraires aux obligations internationales qui incombent au Rwanda en matière de droits de l’homme;

2.

demande la libération immédiate et inconditionnelle de Victoire Ingabire et des autres figures de l’opposition jugées pour avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux et exige l’abandon des chefs d'accusation motivés par des considérations politiques;

3.

souligne que le procès en cours contre Victoire Ingabire est entaché de graves irrégularités; demande au Rwanda d'accréditer l’équipe juridique choisie par Victoire Ingabire; demande instamment au Rwanda d'accepter la compétence de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, de se conformer pleinement à son ordonnance de réparation de 2019 et de respecter les mécanismes internationaux en matière de droits de l'homme;

4.

prie instamment les autorités rwandaises de mettre fin aux actes de harcèlement, aux arrestations arbitraires et à la détention de membres de l’opposition, de journalistes et d’acteurs de la société civile, de garantir la liberté de la presse et des médias et de proposer un espace de débat politique et de participation démocratique, notamment en garantissant des élections libres et régulières; se dit vivement préoccupé par les morts non résolues et les disparitions forcées de figures de l’opposition et demande l’ouverture rapide d’une enquête indépendante et transparente répondant aux normes internationales;

5.

demande aux délégations de l’Union européenne et des États membres à Kigali de rendre visite aux personnes détenues de façon arbitraire et de suivre les procédures judiciaires; demande à l’Union européenne et aux États membres d’aborder la question de la répression de l’opposition politique et du respect des droits de l’homme lors du dialogue politique au plus haut niveau avec le gouvernement rwandais et de faire en sorte que la coopération avec le Rwanda soit cohérente avec la promotion des droits de l’homme et de la démocratie, et notamment les normes en matière de procès équitable;

6.

demande à la Commission de revoir l’aide financière et les autres formes d’aide, comme le programme «Justice et responsabilité», actuellement apportées aux institutions publiques rwandaises impliquées dans des détentions arbitraires, des actes de torture ou des procès inéquitables;

7.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution à la vice-présidente de la Commission et haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au Conseil, à la Commission, aux États membres, à l’Union africaine, à l’Organisation des Nations unies ainsi qu’au gouvernement et au Parlement du Rwanda.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/1480/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)