Avis du Comité européen des régions — Renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire
| CELEX | 52025IR0032 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 15 mai 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2025/3479 | 16.7.2025 |
Avis du Comité européen des régions — Renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire
(C/2025/3479)
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I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT
COM(2024) 577 final
Amendement 1
Considérant 1
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
| considérant ce qui suit: | considérant ce qui suit: | ||||
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Exposé des motifs
Il importe de mentionner le patrimoine agricole et culturel. Il nous apparaît opportun d’ajouter une référence aux nouvelles incertitudes qui pourraient influer sur la situation des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire, compte tenu des répercussions qu’elles pourraient entraîner et dont l’ampleur reste à déterminer. Nous estimons qu’il convient de mentionner, outre la durabilité environnementale, la durabilité sociale et économique. En outre, il y a lieu de signaler expressément que l’absence de nouveaux arrivants dans la profession représente un enjeu de taille dans divers segments du secteur agricole et plus particulièrement dans les premiers maillons de la chaîne de valeur. Il faudrait aussi ajouter une référence explicite à la productivité, en plus de la compétitivité, sachant que la combinaison de ces deux facteurs est déterminante pour renforcer efficacement la position des agriculteurs dans la chaîne.
Amendement 2
Considérant 4
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
| considérant ce qui suit: [...] | considérant ce qui suit: [...] | ||||
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Exposé des motifs
Les circuits d’approvisionnement courts devraient être encouragés, car ils sont susceptibles de produire un certain nombre d’effets positifs.
Amendement 3
Considérant 12
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
L’objectif du règlement proposé est de favoriser le renforcement du rôle des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement grâce à davantage d’agrégation. Inclure la limite de 33 % est jugé contradictoire.
Amendement 4
Considérant 19
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
C’est un principe de base qu’il conviendrait de respecter pour permettre aux travailleurs du secteur agricole de vivre décemment et de percevoir une rémunération équitable.
Amendement 5
Considérant 28
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Amendement 6
Considérant 29
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
Nous estimons qu’il y a lieu de souligner le défi que posent la multiplication et l’intensification de ces phénomènes défavorables.
Amendement 7
Article 1er du règlement (UE) no 1308/2013
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
| Le présent règlement établit une organisation commune des marchés pour les produits agricoles, c’est-à-dire tous les produits énumérés à l’annexe I des traités, à l’exclusion des produits de la pêche et de l’aquaculture définis dans les actes législatifs de l’Union sur l’organisation commune des marchés des produits de la pêche et de l’aquaculture. | Le présent règlement établit une organisation commune des marchés pour les produits agricoles, c’est-à-dire tous les produits énumérés à l’annexe I des traités, à l’exclusion des produits de la pêche et de l’aquaculture définis dans les actes législatifs de l’Union sur l’organisation commune des marchés des produits de la pêche et de l’aquaculture. Le présent règlement définit les normes publiques, règles de transparence du marché et outils de gestion des crises qui permettront aux pouvoirs publics, en particulier à la Commission, d’assurer la surveillance, la gestion et la régulation des marchés agricoles. |
Exposé des motifs
Cette modification avait déjà été suggérée pendant l’élaboration de l’avis que le CdR a consacré en 2024 à l’avenir de la PAC.
Amendement 8
Insérer un nouveau paragraphe après l’article 1er du règlement (UE) no 1308/2013.
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||
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| Objectifs spécifiques | ||
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| Sans préjudice de l’application des objectifs généraux et spécifiques définis aux articles 5 et 6 du règlement (UE) 2021/2115, et conformément à l’article 39 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, l’organisation commune des marchés des produits agricoles visée à l’article 1er contribue à la réalisation des objectifs spécifiques suivants: | ||
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Exposé des motifs
Cette modification avait déjà été suggérée pendant l’élaboration de l’avis que le CdR a consacré en 2024 à l’avenir de la PAC.
Amendement 9
Article 148, paragraphe 4
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
| Relations contractuelles dans le secteur du lait et des produits laitiers [...] | Relations contractuelles dans le secteur du lait et des produits laitiers [...] | ||||
| 4. Le contrat ou l’offre de contrat visé(e) aux paragraphes 1 et 2: | 4. Le contrat ou l’offre de contrat visé(e) aux paragraphes 1 et 2: | ||||
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Exposé des motifs
Cette modification avait déjà été suggérée pendant l’élaboration de l’avis que le CdR a consacré en 2024 à l’avenir de la PAC. C’est un principe de base qu’il conviendrait de respecter pour permettre aux travailleurs du secteur agricole de vivre décemment et de percevoir une rémunération équitable.
Amendement 10
Article 148, paragraphe 5
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
| Relations contractuelles dans le secteur du lait et des produits laitiers [...] | Relations contractuelles dans le secteur du lait et des produits laitiers [...] | ||||
| 5. Par dérogation aux paragraphes 1 et 2, un contrat écrit ou une offre écrite de contrat ne sont pas requis dans les cas suivants: | 5. Par dérogation aux paragraphes 1 et 2, un contrat écrit ou une offre écrite de contrat ne sont pas requis dans les cas suivants: | ||||
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Exposé des motifs
Afin d’éviter tout doute quant à la compatibilité des règles nationales avec les règles de l’UE, en particulier dans le cadre de l’application de la directive sur les pratiques commerciales déloyales, il pourrait être suggéré que la dérogation à l’exigence de forme écrite soit envisagée comme une option pour les États membres, de la même manière que les autres dérogations facultatives prévues à l’article 1er, paragraphe 6, points 2) et 6), de cette proposition de règlement modifiant les règlements (UE) no 1308/2013, (UE) 2021/2115 et (UE) 2021/2116.
Amendement 11
Article 152, point c)
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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| «Par dérogation au paragraphe 1 bis et au premier alinéa, une association d’organisations de producteurs reconnue en vertu de l’article 156, paragraphe 1, peut également exercer les activités visées au paragraphe 1 bis, premier alinéa, à condition que: | “Par dérogation au paragraphe 1 bis et au premier alinéa, une association d’organisations de producteurs reconnue en vertu de l’article 156, paragraphe 1, peut également exercer les activités visées au paragraphe 1 bis, premier alinéa, à condition que: | ||||
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Exposé des motifs
L’objectif du règlement proposé est de favoriser le renforcement du rôle des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement grâce à davantage d’agrégation. Inclure la limite de 33 % est jugé contradictoire.
Amendement 12
Article 168, paragraphe 5
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
| 5. Par dérogation aux paragraphes 1 et 2, un contrat écrit ou une offre écrite de contrat ne sont pas requis dans les cas suivants: | 5. Par dérogation aux paragraphes 1 et 2, un contrat écrit ou une offre écrite de contrat ne sont pas requis dans les cas suivants: | ||||
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Exposé des motifs
Le fait d’inclure l’obligation de passer par des contrats écrits représente une innovation importante pour le secteur, destinée à renforcer le rôle des agriculteurs dans la chaîne agroalimentaire. Par conséquent, la disposition devrait aussi s’appliquer aux micro ou petites entreprises.
Amendement 13
Insérer un nouveau paragraphe après l’article 188 du règlement (UE) no 1308/2013.
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
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| Les denrées alimentaires et les aliments pour animaux d’origine végétale et animale peuvent être importés de pays tiers à la seule condition qu’ils respectent les obligations relatives aux limites maximales applicables aux résidus (LMR) de pesticides auxquelles sont soumis les denrées alimentaires et les aliments pour animaux produits au sein l’Union. |
Exposé des motifs
L’Union européenne se doit de protéger ses agriculteurs contre la concurrence déloyale de produits importés qui ne répondent pas aux normes phytosanitaires européennes. Cette modification avait déjà été proposée dans les précédents avis du CdR sur la PAC et sur l’utilisation durable des pesticides.
Amendement 14
Insérer un nouveau paragraphe après l’article 219 du règlement (UE) no 1308/2013.
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||
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| Lorsque le prix du marché descend en-dessous d’un certain seuil flexible indexé sur les coûts de production moyens et fixé par l’Observatoire européen de la chaîne agroalimentaire, la Commission met en œuvre, en fonction de la situation du marché et du secteur concerné, une aide aux producteurs du secteur en question, lesquels, sur une période définie, réduisent volontairement leurs livraisons en prenant comme point de comparaison la même période de l’année précédente. | ||
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| Tout producteur qui fournit un volume plus élevé que lors de la période de référence doit payer une pénalité de responsabilisation des marchés correspondant à l’ampleur de son offre excédentaire au cours de la période couverte par le programme de réduction volontaire. |
Exposé des motifs
L’Union européenne a besoin d’outils de régulation des volumes de production en cas de perturbation du marché qui soient efficaces rapidement, peu coûteux pour le budget européen, et qui permettent aux producteurs de gagner leur vie et de ne plus vendre à perte, ce qui est en même temps un gage d’attractivité pour les jeunes.
Amendement 15
Article 2
Modifications apportées au règlement (UE) 2021/2115
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
| L’article 52 est modifié comme suit: | L’article 52 est modifié comme suit: | ||||
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| «5 bis. La limite de 50 % prévue au paragraphe 1 est portée à 60 % pour les dépenses liées aux objectifs visés à l’article 46, points a), b) ou c), si les conditions suivantes sont remplies: | “5 bis. La limite de 50 % prévue au paragraphe 1 est portée à 60 % pour les dépenses liées aux objectifs visés à l’article 46, points a), b) ou c), si les conditions suivantes sont remplies: | ||||
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| «7. La limite de 50 % prévue au paragraphe 1 est portée à 70 % des dépenses réelles effectuées au cours d’une année donnée pour les programmes opérationnels mis en œuvre par des organisations de producteurs ou des associations d’organisations de producteurs et touchés au cours de cette année par des phénomènes climatiques défavorables, des catastrophes naturelles, des maladies végétales ou des infestations par des organismes nuisibles à définir par les États membres.» | «7. La limite de 50 % prévue au paragraphe 1 est portée à 70 % des dépenses réelles effectuées au cours d’une année donnée pour les programmes opérationnels mis en œuvre par des organisations de producteurs ou des associations d’organisations de producteurs et touchés au cours de cette année par des phénomènes climatiques défavorables, des catastrophes naturelles, des pénuries d’eau, des sécheresses et des inondations, des maladies végétales ou des infestations par des organismes nuisibles à définir par les États membres.» |
COM(2024) 576 final
Amendement 16
Considérant 6
| Texte proposé par la Commission | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
Le texte du présent amendement est conforme aux dispositions de l’article 29 de la loi espagnole no 12/2013 du 2 août 2013 relative aux mesures visant à améliorer le fonctionnement de la chaîne alimentaire.
Amendement 17
Nouveau considérant après le considérant 7
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
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| Les autorités d’application devraient jouer un rôle plus volontariste dans les enquêtes concernant d’éventuelles pratiques commerciales déloyales, et il y aurait lieu d’envisager l’instauration d’un organe de médiation ou d’un médiateur dans les États membres qui n’en disposent pas encore. |
Exposé des motifs
Ce cadre, déjà bien établi en Finlande ou en Autriche, devrait être plus répandu afin d’aider les agriculteurs à s’orienter lorsqu’ils portent plainte en cas de pratique commerciale déloyale, d’offrir un niveau supplémentaire de protection aux plaignants et de garantir la poursuite des relations commerciales dans des contextes territoriaux où il est, dans certains cas, presque impossible de changer d’acheteur.
Amendement 18
Article 5, paragraphe 1
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
| Demandes d’informations | Demandes d’informations |
| 1. À la demande d’une autorité d’application requérante, l’autorité d’application requise fournit sans retard, et sous 60 jours, sauf s’il en est convenu autrement, à l’autorité d’application requérante les informations demandées afin d’établir si une pratique commerciale déloyale dans l’État membre de l’autorité d’application requérante ayant une dimension transfrontalière s’est produite ou est en cours. | 1. À la demande d’une autorité d’application requérante, l’autorité d’application requise fournit sans retard, et sous 60 jours, sauf s’il en est convenu autrement, à l’autorité d’application requérante les informations demandées afin d’établir si une pratique commerciale déloyale dans l’État membre de l’autorité d’application requérante ayant une dimension transfrontalière s’est produite ou est en cours. Le demandeur et les autorités d’application requises informent également le plaignant, dans un délai raisonnable après la réception de sa plainte, de la manière dont elles entendent y donner suite. |
Exposé des motifs
Les autorités d’application informent aussi le plaignant, dans un délai raisonnable après la réception de sa plainte, de la manière dont elles entendent y donner suite.
Amendement 19
Article 5, paragraphe 3
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
| 3. Les informations fournies sont collectées exclusivement par l’autorité d’application requise et utilisées par l’autorité d’application requérante dans le respect de leur droit national. | 3. Les informations fournies sont collectées exclusivement par l’autorité d’application requise et utilisées par l’autorité d’application requérante dans le respect de leur droit national. Les autorités d’application peuvent garantir une coopération loyale, même en cas de divergence entre les législations nationales d’application de la directive (UE) 2019/633. |
Exposé des motifs
L’esprit de coopération entre les autorités devrait être encore renforcé et couvrir aussi les pratiques déloyales qui ne sont actuellement reconnues que par certains États membres pour renforcer la protection des opérateurs les plus touchés.
II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR)
| 1. | se félicite des propositions législatives de la Commission européenne qui visent à renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire et à améliorer l’application transfrontière de la législation contre les pratiques commerciales déloyales, mais il estime que les mesures proposées, bien que nécessaires, ne sont pas suffisantes à elles seules pour garantir un revenu équitable et stable aux agriculteurs ni permettre la réalisation de tous les objectifs fixés par la politique agricole commune (PAC); |
| 2. | réaffirme qu’il sera impossible de rendre les marchés plus équitables et équilibrés en se contentant d’une réforme à la marge de l’organisation commune des marchés et des pratiques commerciales déloyales, et en consentant, dans le même temps, à la déréglementation des marchés agricoles européens dans le contexte d’accords commerciaux internationaux; demande dès lors qu’une attention accrue soit accordée à la cohérence des politiques de l’Union ainsi qu’au respect des objectifs de la PAC, conformément aussi aux recommandations du dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture de l’Union; insiste sur le fait que les accords commerciaux ne doivent pas porter atteinte aux normes environnementales et sociales, et qu’ils devraient être alignés sur les engagements de l’Union en matière de climat et de durabilité; |
| 3. | souligne que la PAC de l’Union européenne vise à atteindre ces objectifs tout en tenant compte du «caractère particulier de l’activité agricole, découlant de la structure sociale de l’agriculture et des disparités structurelles et naturelles entre les diverses régions agricoles», comme visé à l’article 39, paragraphe 2, point a), du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne; il importe donc d’élaborer des instruments et des politiques qui contribuent à remédier à ces disparités et à promouvoir la cohésion territoriale globale; renvoie à cet égard à la résolution du Parlement européen du 7 juin 2022 sur les îles et la politique de cohésion: situation actuelle et défis à venir [2021/2079(INI)], laquelle reconnaît la nécessité d’accorder une attention particulière au secteur agricole des îles de l’Union en raison de la fragilité particulière de ces territoires, des surcoûts d’exploitation qu’ils doivent supporter et de leurs débouchés commerciaux limités, de sorte qu’il s’impose de prévoir davantage de souplesse et une meilleure adaptation des mesures énoncées dans le règlement portant organisation commune des marchés des produits agricoles, afin de pouvoir les appliquer dans ces contextes spécifiques; |
| 4. | souligne, dans ce contexte, la nécessité de remédier aux déséquilibres actuels dans la chaîne de valeur agroalimentaire et de mettre bien davantage l’accent sur la position des agriculteurs, en particulier des jeunes agriculteurs et de ceux qui se placent à l’avant-garde de la transition vers la durabilité dans le secteur, tout en préparant les réformes plus fondamentales qui doivent être apportées à la PAC, comme indiqué dans de précédents avis du CdR; |
Recommandations concernant l’organisation commune des marchés
| 5. | estime dès lors que le règlement portant organisation commune des marchés des produits agricoles (1) devrait être modifié plus avant afin de garantir aux agriculteurs des prix couvrant au moins les coûts de production et d’éviter ainsi de nouvelles crises, et de leur garantir une rémunération équitable; considère que la modification dudit règlement doit tenir compte en particulier de la réalité du secteur agricole dans les zones soumises à des contraintes géographiques spécifiques, comme c’est le cas des territoires insulaires, et de celles qui mettent en œuvre des pratiques agricoles plus durables et plus respectueuses de la nature; |
| 6. | souligne que, bien que l’instrument des prix minimaux d’intervention existe déjà, il doit être renforcé et étendu à d’autres produits afin de couvrir la majeure partie de la production agricole et de garantir le lien entre prix d’intervention et coûts de production, et ainsi pouvoir fonctionner correctement en tant que stabilisateur, et que de tels instruments doivent soutenir la durabilité à long terme; |
| 7. | encourage la mise à disposition d’outils d’agrégation entre exploitations agricoles de petite et moyenne dimension, tels que le modèle coopératif, dans le but d’améliorer la qualité de leur production et leur pouvoir contractuel dans la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire, et aussi de promouvoir la croissance de leurs entreprises agricoles pour accroître leur puissance commerciale; souhaite obtenir de plus amples précisions ainsi que la garantie d’une plus grande sécurité juridique en ce qui concerne le traitement des organisations de producteurs non reconnues, de façon à veiller à ce que la différence de statut ne provoque pas une concurrence déloyale; |
| 8. | se félicite que l’importance d’établir des organisations de producteurs spécifiques pour la filière biologique soit explicitement reconnue, ce qui devrait encourager les États membres à favoriser la création d’organisations de producteurs biologiques et à influencer le marché pour qu’il tienne compte des spécificités du secteur biologique, lequel repose sur des pratiques agricoles et un marché qui diffèrent du secteur conventionnel, y compris par un soutien plus spécifique à destination des coopératives agroécologiques et biologiques; estime en outre que le fait de permettre la production de différents types d’animaux dans une seule organisation de producteurs biologiques représenterait un soutien tout à fait significatif à la stabilité du secteur biologique. |
| 9. | demande des informations plus précises quant à une exclusion éventuelle du caractère obligatoire de contrats écrits dans le cas spécifique des livraisons de produits soumis à des fluctuations saisonnières de l’offre ou de la demande, ou encore à la périssabilité, car ce sont précisément ces cas qui sont les plus exposés à la répartition inégale de la valeur, à la volatilité des prix, aux phénomènes spéculatifs et aux pratiques commerciales déloyales; |
| 10. | partage, en ce qui concerne les mentions facultatives pour les modalités commerciales, les objectifs visant à promouvoir la transparence et la fiabilité de la chaîne alimentaire et à garantir la fiabilité des informations sur la distribution de la valeur ajoutée aux agriculteurs et aux consommateurs, s’agissant notamment de la définition des «circuits d’approvisionnement courts»; suggère d’établir des exigences minimales harmonisées et plus précises au niveau de l’Union pour ces mentions. Cela est particulièrement important en raison des répercussions que l’utilisation de ces mentions peut avoir au niveau local et régional. Harmoniser les définitions avec la charte internationale du commerce équitable et assurer la cohérence avec les cadres de référence existants tant au niveau européen qu’au niveau mondial améliorerait la sécurité juridique et l’efficacité des mentions; |
| 11. | se félicite de la proposition de la Commission visant à soutenir le secteur vitivinicole de l’Union face aux nouveaux défis, et aussi à faire en sorte que celui-ci reste compétitif, résilient et qu’il demeure à l’avenir une force économique vitale; souligne qu’il importe de mettre en place un ensemble de mesures ciblées efficaces au niveau de l’Union et une boîte à outils cohérente pour renforcer la position des agriculteurs dans ce secteur qui revêt notamment une importance cruciale dans de nombreuses économies rurales, avant la prochaine période de vendange; rappelle que les mesures envisagées doivent être cohérentes par rapport aux objectifs environnementaux, y compris la conservation de l’eau, la réduction des pesticides et la protection des paysages ruraux; |
Prévention et gestion des crises
| 12. | estime que la régulation des marchés, comme l’a démontré l’étude du CdR sur le programme de responsabilisation des marchés dans le secteur laitier, est pour beaucoup de secteurs plus efficace et moins coûteuse que le déclenchement de mesures de crises a posteriori; |
| 13. | attire l’attention sur l’incidence négative pour les régions de l’Union des droits de douane imposés par les États-Unis ainsi que des restrictions à l’exportation de produits agroalimentaires, en particulier les vins et spiritueux, les pâtes alimentaires, les produits laitiers et l’huile d’olive; invite la Commission à développer une action ferme et coordonnée contre les obstacles injustifiés au commerce libre et équitable, ainsi que des mesures concrètes et immédiates pour soutenir le secteur agroalimentaire dans l’optique de protéger les entreprises, les travailleurs et les consommateurs européens tout en évitant que surviennent de nouvelles incertitudes économiques, des réductions d’investissements et des pertes d’emplois; |
| 14. | se déclare convaincu que, face à une crise de surproduction, il est plus efficace et moins coûteux de réduire la surcapacité que de laisser un secteur entier être emporté par la crise; demande que ces mesures soient combinées à une aide en faveur d’une utilisation plus durable des terres et d’une diversification des revenus agricoles; |
| 15. | demande par conséquent la création d’un outil permettant de déclencher automatiquement l’aide à la réduction volontaire de la production dès que certains seuils sont dépassés; préconise, à cet égard, d’assurer une mise en œuvre plus efficace des mécanismes de contrôle de l’offre, afin de limiter les déséquilibres du marché qui se répercutent directement sur le revenu des agriculteurs; |
| 16. | invite la Commission à adopter un cadre de performance pour orienter son action en matière de gestion des crises. Toutes les autorités qui gèrent des fonds européens disposent de leur propre cadre de performance, car il s’agit d’une pratique européenne normale qui garantit une bonne gestion de l’action publique. Dans la mesure où la Commission est considérée comme l’autorité de gestion en matière de gestion des crises pour le Fonds européen agricole de garantie (FEAGA), celle-ci devrait aussi pouvoir s’appuyer sur un tel cadre de performance pour évaluer l’efficacité des mesures de crise; |
| 17. | constate que depuis le début de la guerre en Ukraine, 27 pays, parmi lesquels des États membres de l’Union, ont constitué des stocks; est d’avis que l’Union et les États membres doivent constituer des stocks publics de certains produits et les utiliser pour réguler les marchés; note que la création de réserves agricoles stratégiques au niveau de l’Union pourrait être un outil permettant de garantir la sécurité alimentaire et le caractère abordable des denrées alimentaires en période de crise grave, contribuant ainsi à stabiliser les prix et les stocks de crise; |
Recommandations concernant les pratiques commerciales déloyales
| 18. | se félicite de la proposition de la Commission visant à améliorer la répression transfrontière des pratiques commerciales déloyales dans le but de renforcer la coopération des États membres pour faire face aux activités transnationales déloyales et les sanctionner chaque fois que cela est possible; il est essentiel, pour lutter contre les pratiques commerciales déloyales, de mieux appliquer la législation en la matière, tout en renforçant et en améliorant les contrôles dans ce domaine; |
| 19. | propose la création d’une «plateforme de l’Union européenne sur les pratiques commerciales déloyales» réunissant les autorités d’application désignées par chaque État membre, afin que celles-ci puissent coordonner mieux leurs travaux et garantir des conditions uniformes de mise en œuvre des mesures établies par le règlement à l’examen, en particulier dans les cas d’enquêtes transfrontières; |
| 20. | estime qu’il est essentiel de veiller à une application rigoureuse des interdictions en vigueur visant les pratiques commerciales déloyales, tant au niveau européen que national, afin de protéger nos agriculteurs et nos petits fournisseurs contre des acheteurs plus puissants qui ne respectent pas les règles existantes; |
| 21. | attend donc avec intérêt la révision de la directive sur les pratiques commerciales déloyales prévue d’ici la fin de 2025, laquelle devrait se fonder sur les approches nationales qui prévoient des règles plus strictes que celles fixées jusqu’à présent par le cadre de l’Union; estime, en particulier, qu’il est nécessaire d’étendre la liste des pratiques déloyales interdites de manière à inclure la revente à perte, l’interdiction de l’autofavoritisme et les enchères inversées «à deux tours» («double-race auctions»), et de sanctionner les achats à des prix inférieurs aux coûts de production, comme demandé dans son avis sur les pratiques commerciales déloyales. Par ailleurs, la promotion des meilleures pratiques, telles que la conclusion de contrats et d’accords pluriannuels sur les chaînes d’approvisionnement, ainsi que la facilitation de l’indemnisation rapide de la partie lésée devraient être intégrées à la révision globale de la directive sur les pratiques commerciales déloyales. |
Bruxelles, le 15 mai 2025.
La présidente
du Comité européen des régions
Kata TÜTTŐ
(1) Règlement (UE) n ° 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 portant organisation commune des marchés des produits agricoles et abrogeant les règlements (CEE) n ° 922/72, (CEE) n ° 234/79, (CE) n ° 1037/2001 et (CE) n ° 1234/2007 du Conseil (JO L 347 du 20.12.2013, p. 671).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/3479/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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