Initiative législative52025IR0032

Avis du Comité européen des régions — Renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire

CELEX52025IR0032
TypeInitiative législative
Datejeudi 15 mai 2025

Résumé IA

Le Comité européen des régions émet un avis sur le renforcement de la position des agriculteurs dans la chaîne d'approvisionnement agroalimentaire, soulignant la nécessité de lutter contre les pratiques commerciales déloyales et de rééquilibrer les rapports de force. Il préconise des mesures pour améliorer la transparence des marchés, soutenir les organisations de producteurs et faciliter l'accès aux instruments de gestion des risques. Cet avis vise à influencer la future législation européenne en la matière, avec des implications directes pour le droit français de la concurrence et de la distribution agricole.

Texte intégral

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Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2025/3479

16.7.2025

Avis du Comité européen des régions — Renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire

(C/2025/3479)

Rapporteure

:

Loredana CAPONE (IT/PSE), conseillère régionale des Pouilles

Textes de référence

:

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à la coopération entre les autorités chargées de faire appliquer la directive (UE) 2019/633 sur les pratiques commerciales déloyales dans les relations interentreprises au sein de la chaîne d’approvisionnement agricole et alimentaire

COM(2024) 576 final

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant les règlements (UE) no 1308/2013, (UE) 2021/2115 et (UE) 2021/2116 en ce qui concerne le renforcement de la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire

COM(2024) 577 final

I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT

COM(2024) 577 final

Amendement 1

Considérant 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

considérant ce qui suit:

considérant ce qui suit:

(1)

Les acteurs du secteur agricole, et tout particulièrement les agriculteurs, sont confrontés à une série de difficultés. La pandémie de COVID-19 et la guerre d’agression menée actuellement par la Russie contre l’Ukraine ont entraîné une augmentation sans précédent des coûts des intrants agricoles liés à l’énergie et une période prolongée d’inflation élevée. Cette situation a eu une incidence sur les coûts des agriculteurs et les prix des denrées alimentaires. Parallèlement, les agriculteurs poursuivent leurs efforts en vue de rendre leur production plus durable sur le plan environnemental. De nombreux consommateurs, aux prises avec l’augmentation du coût de la vie, ont également réorienté leurs modes de consommation vers des produits alimentaires moins chers. Cela a aggravé le déséquilibre de la répartition de la valeur ajoutée sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement alimentaire et a accru le degré d’incertitude dans lequel opèrent les agriculteurs, ce qui alimente les protestations et la méfiance. Il convient donc d’adopter des mesures pour relever ces défis et restaurer la confiance parmi les acteurs de la chaîne d’approvisionnement alimentaire.

(1)

Les acteurs du secteur agricole, et tout particulièrement les agriculteurs, assurent la sécurité alimentaire de notre continent et préservent le patrimoine agricole, culturel et culinaire de l’Europe, mais ils sont confrontés à une série de difficultés. La pandémie de COVID-19 et la guerre d’agression menée actuellement par la Russie contre l’Ukraine ont entraîné une augmentation sans précédent des coûts des intrants agricoles liés à l’énergie et une période prolongée d’inflation élevée. Cette situation a eu une incidence sur les coûts des agriculteurs et les prix des denrées alimentaires. Face aux nouvelles incertitudes sur le plan géopolitique et sur les marchés internationaux, de nouveaux scénarios se dessinent, dont les répercussions sur les coûts agricoles et la sécurité alimentaire restent encore à déterminer. Parallèlement, les agriculteurs poursuivent leurs efforts en vue de rendre leur production plus durable sur le plan environnemental , social et économique, malgré les mauvaises récoltes et les organismes nuisibles, et ce alors même que les effets de la transition démographique, du vieillissement de la population et du manque de nouveaux arrivants dans la profession se font particulièrement sentir dans certaines branches du secteur agricole. De nombreux consommateurs, aux prises avec l’augmentation du coût de la vie, ont également réorienté leurs modes de consommation vers des produits alimentaires moins chers. Cela a aggravé le déséquilibre de la répartition de la valeur ajoutée sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement alimentaire et a accru le degré d’incertitude dans lequel opèrent les agriculteurs, ce qui alimente les protestations et la méfiance. Il convient donc d’adopter des mesures en vue de relever ces défis , de rétablir l’équité, de restaurer la confiance parmi les acteurs de la chaîne d’approvisionnement alimentaire et de garantir la productivité et la compétitivité du secteur .

Exposé des motifs

Il importe de mentionner le patrimoine agricole et culturel. Il nous apparaît opportun d’ajouter une référence aux nouvelles incertitudes qui pourraient influer sur la situation des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire, compte tenu des répercussions qu’elles pourraient entraîner et dont l’ampleur reste à déterminer. Nous estimons qu’il convient de mentionner, outre la durabilité environnementale, la durabilité sociale et économique. En outre, il y a lieu de signaler expressément que l’absence de nouveaux arrivants dans la profession représente un enjeu de taille dans divers segments du secteur agricole et plus particulièrement dans les premiers maillons de la chaîne de valeur. Il faudrait aussi ajouter une référence explicite à la productivité, en plus de la compétitivité, sachant que la combinaison de ces deux facteurs est déterminante pour renforcer efficacement la position des agriculteurs dans la chaîne.

Amendement 2

Considérant 4

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

considérant ce qui suit: [...]

considérant ce qui suit: [...]

(4)

La mention «circuit d’approvisionnement court» devrait être utilisée pour désigner des modalités commerciales uniquement lorsqu’il existe un lien direct entre les agriculteurs et les consommateurs qui permet d’échanger directement sur le processus de production et le produit, y compris au moyen d’une communication à distance et/ou via un intermédiaire qui assure cet échange au moment de la vente. Cette mention peut également être utilisée lorsqu’il existe un lien étroit entre les agriculteurs et les consommateurs compte tenu de leur proximité géographique, y compris dans des contextes transfrontaliers. Cela incitera les consommateurs à payer des prix qui rémunèrent équitablement les agriculteurs pour ce qu’ils produisent, renforcera et contribuera au développement des zones rurales, et améliorera la transparence en ce qui concerne l’origine et les méthodes de production des produits.

(4)

La mention «circuit d’approvisionnement court» devrait être utilisée pour désigner des modalités commerciales uniquement lorsqu’il existe un lien direct entre les agriculteurs et les consommateurs qui permet d’échanger directement sur le processus de production et le produit, y compris au moyen d’une communication à distance et/ou via un intermédiaire qui assure cet échange au moment de la vente. Cette mention peut également être utilisée lorsqu’il existe un lien étroit entre les agriculteurs et les consommateurs compte tenu de leur proximité géographique, y compris dans des contextes transfrontaliers. Cela incitera les consommateurs à payer des prix qui rémunèrent équitablement les agriculteurs pour ce qu’ils produisent, en leur garantissant la stabilité et la prévisibilité, tout en renforçant le développement des zones rurales , en particulier celles soumises à des contraintes naturelles spécifiques, comme c’est le cas des territoires insulaires, ainsi que la relocalisation de la production et de la distribution alimentaires dans l’intérêt de la cohésion territoriale comme de la durabilité , et tout en contribuant à l’ensemble de ces aspects. Enfin, cela améliorera la transparence en ce qui concerne l’origine et les méthodes de production des produits.

Exposé des motifs

Les circuits d’approvisionnement courts devraient être encouragés, car ils sont susceptibles de produire un certain nombre d’effets positifs.

Amendement 3

Considérant 12

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(12)

Afin de renforcer la position de négociation des organisations de producteurs reconnues et d’assurer le développement viable de la production agricole, il convient d’autoriser les associations d’organisations de producteurs reconnues à négocier des conditions contractuelles au nom de leurs membres, et notamment le prix, pour une partie ou la totalité de la production de leurs membres. Cette possibilité devrait être autorisée, sous réserve que les organisations membres de ces associations ne soient pas également membres d’une autre association d’organisations de producteurs et que le volume des produits couverts par les activités de l’association ne dépasse pas 33 % de la production nationale totale d’un État membre donné . Afin de maintenir une concurrence effective sur le marché, les associations d’organisations de producteurs reconnues ne devraient pas non plus être autorisées à négocier des clauses contractuelles lorsque ces associations incluent des organisations de producteurs non reconnues.

(12)

Afin de renforcer la position de négociation des organisations de producteurs reconnues et d’assurer le développement viable de la production agricole, il convient d’autoriser les associations d’organisations de producteurs reconnues à négocier des conditions contractuelles au nom de leurs membres, et notamment le prix, pour une partie ou la totalité de la production de leurs membres. Cette possibilité devrait être autorisée, sous réserve que les organisations membres de ces associations ne soient pas également membres d’une autre association d’organisations de producteurs. Afin de maintenir une concurrence effective sur le marché, les associations d’organisations de producteurs reconnues ne devraient pas non plus être autorisées à négocier des clauses contractuelles lorsque ces associations incluent des organisations de producteurs non reconnues.

Exposé des motifs

L’objectif du règlement proposé est de favoriser le renforcement du rôle des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement grâce à davantage d’agrégation. Inclure la limite de 33 % est jugé contradictoire.

Amendement 4

Considérant 19

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(19)

Afin de faciliter le fonctionnement des mécanismes de transmission des prix, lorsque le prix final à payer pour la livraison de produits agricoles est calculé en combinant différents facteurs énoncés dans le contrat, ces facteurs devraient inclure des indicateurs objectifs, indices ou méthodes de calcul aisément compréhensibles par les parties. Pour éviter que les agriculteurs ne soient contraints de vendre systématiquement en dessous de leurs coûts de production, les indicateurs, indices et méthodes de calcul du prix final devraient refléter l’évolution des conditions du marché et des coûts de production des produits agricoles livrés.

(19)

Afin de faciliter le fonctionnement des mécanismes de transmission des prix, lorsque le prix final à payer pour la livraison de produits agricoles est calculé en combinant différents facteurs énoncés dans le contrat, ces facteurs devraient inclure des indicateurs objectifs, indices ou méthodes de calcul aisément compréhensibles par les parties. Pour éviter que les agriculteurs ne soient contraints de vendre systématiquement en dessous de leurs coûts de production, les indicateurs, indices et méthodes de calcul du prix final devraient refléter l’évolution des conditions du marché et des coûts de production des produits agricoles livrés. En tout état de cause, le prix final doit couvrir ou excéder le total des coûts de production, y compris la juste rémunération des producteurs et des travailleurs, ainsi que le total des coûts des services additionnels.

Exposé des motifs

C’est un principe de base qu’il conviendrait de respecter pour permettre aux travailleurs du secteur agricole de vivre décemment et de percevoir une rémunération équitable.

Amendement 5

Considérant 28

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(28)

Afin de faciliter le renouvellement générationnel dans le secteur agricole et d’encourager l’entrée de nouveaux membres producteurs dans les organisations de producteurs dans le secteur des fruits et légumes ainsi que dans d’autres secteurs visés à l’article 42, point f), du règlement (UE) 2021/2115, il convient d’accorder une incitation particulière aux jeunes agriculteurs et aux nouveaux agriculteurs qui adhèrent à une organisation de producteurs reconnue au titre du règlement (UE) no 1308/2013. Par conséquent, il convient de mettre à disposition une éventuelle augmentation de 10 % de l’aide financière de l’Union pour les dépenses liées à des investissements réalisés dans les locaux d’un jeune agriculteur ou d’un nouveau producteur qui adhère pour la première fois à une organisation de producteurs reconnue.

(28)

Afin de faciliter le renouvellement générationnel dans le secteur agricole et d’encourager l’entrée de nouveaux membres producteurs dans les organisations de producteurs dans le secteur des fruits et légumes ainsi que dans d’autres secteurs visés à l’article 42, point f), du règlement (UE) 2021/2115, ce qui revêt une importance cruciale pour réaliser les objectifs de durabilité et assurer la capacité de produire des denrées alimentaires tout en préservant les spécificités de nos régions et de nos paysages, il convient d’accorder une incitation particulière aux jeunes agriculteurs et aux nouveaux agriculteurs qui adhèrent à une organisation de producteurs reconnue au titre du règlement (UE) no 1308/2013. Par conséquent, il convient de mettre à disposition une éventuelle augmentation de 10 % de l’aide financière de l’Union pour les dépenses liées à des investissements réalisés dans les locaux d’un jeune agriculteur ou d’un nouveau producteur qui adhère pour la première fois à une organisation de producteurs reconnue. En effet, il pourrait s’avérer opportun de prévoir des mesures publiques pour faire en sorte que l’entrée de nouveaux membres dans ces organisations et celle de nouveaux arrivants dans le secteur agricole s’effectuent positivement, favorisant leur intégration et leur maintien.

Amendement 6

Considérant 29

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(29)

Compte tenu de la récurrence, ces dernières années, de phénomènes climatiques défavorables, de catastrophes naturelles, de maladies végétales ou d’infestations par des organismes nuisibles, il s’est révélé utile que les organisations de producteurs et les associations d’organisations de producteurs puissent rediriger des fonds, y compris l’aide financière de l’Union dans le cadre du fonds opérationnel, vers les interventions nécessaires pour faire face aux conséquences de ces événements. Il est donc nécessaire de prévoir la possibilité de porter l’aide financière de l’Union prévue à l’article 52, paragraphe 1, du règlement (UE) 2021/2115 de 50 % à 70 % des dépenses réelles effectuées, sous certaines conditions.

(29)

Compte tenu de la récurrence , de la fréquence accrue et de l’intensification , ces dernières années, de phénomènes climatiques défavorables, de catastrophes naturelles , de pénuries d’eau, de sécheresses et d’inondations, de tempêtes , de maladies végétales ou d’infestations par des organismes nuisibles, il s’est révélé utile et nécessaire que les organisations de producteurs et les associations d’organisations de producteurs puissent rediriger des fonds, y compris l’aide financière de l’Union dans le cadre du fonds opérationnel, vers les interventions nécessaires pour faire face aux conséquences de ces événements. Il est donc nécessaire de prévoir la possibilité de porter l’aide financière de l’Union prévue à l’article 52, paragraphe 1, du règlement (UE) 2021/2115 de 50 % à 70 % des dépenses réelles effectuées, sous certaines conditions.

Exposé des motifs

Nous estimons qu’il y a lieu de souligner le défi que posent la multiplication et l’intensification de ces phénomènes défavorables.

Amendement 7

Article 1er du règlement (UE) no 1308/2013

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Le présent règlement établit une organisation commune des marchés pour les produits agricoles, c’est-à-dire tous les produits énumérés à l’annexe I des traités, à l’exclusion des produits de la pêche et de l’aquaculture définis dans les actes législatifs de l’Union sur l’organisation commune des marchés des produits de la pêche et de l’aquaculture.

Le présent règlement établit une organisation commune des marchés pour les produits agricoles, c’est-à-dire tous les produits énumérés à l’annexe I des traités, à l’exclusion des produits de la pêche et de l’aquaculture définis dans les actes législatifs de l’Union sur l’organisation commune des marchés des produits de la pêche et de l’aquaculture. Le présent règlement définit les normes publiques, règles de transparence du marché et outils de gestion des crises qui permettront aux pouvoirs publics, en particulier à la Commission, d’assurer la surveillance, la gestion et la régulation des marchés agricoles.

Exposé des motifs

Cette modification avait déjà été suggérée pendant l’élaboration de l’avis que le CdR a consacré en 2024 à l’avenir de la PAC.

Amendement 8

Insérer un nouveau paragraphe après l’article 1er du règlement (UE) no 1308/2013.

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Objectifs spécifiques

Sans préjudice de l’application des objectifs généraux et spécifiques définis aux articles 5 et 6 du règlement (UE) 2021/2115, et conformément à l’article 39 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, l’organisation commune des marchés des produits agricoles visée à l’article 1er contribue à la réalisation des objectifs spécifiques suivants:

a)

participer à la stabilisation des marchés agricoles et améliorer leur transparence;

b)

promouvoir le bon fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire, et garantir un revenu équitable et stable aux producteurs agricoles;

c)

conforter la position des producteurs dans la chaîne de valeur et faire valoir la concentration de l’offre agricole;

d)

contribuer au progrès des conditions économiques de production et de commercialisation des produits agricoles et renforcer la qualité de la production agricole européenne.

e)

protéger les agriculteurs contre la concurrence déloyale des pays tiers, qui a une incidence considérable sur les consommateurs et les agriculteurs en Europe. Les produits entrant sur le marché unique devraient répondre aux mêmes normes que celles en vigueur dans l’Union.

Exposé des motifs

Cette modification avait déjà été suggérée pendant l’élaboration de l’avis que le CdR a consacré en 2024 à l’avenir de la PAC.

Amendement 9

Article 148, paragraphe 4

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Relations contractuelles dans le secteur du lait et des produits laitiers [...]

Relations contractuelles dans le secteur du lait et des produits laitiers [...]

4. Le contrat ou l’offre de contrat visé(e) aux paragraphes 1 et 2:

4. Le contrat ou l’offre de contrat visé(e) aux paragraphes 1 et 2:

(a)

est établi(e) avant la livraison;

(a)

est établi(e) avant la livraison;

(b)

est établie(e) par écrit; et

(b)

est établie(e) par écrit; et

(c)

comprend, en particulier, les éléments suivants:

(c)

comprend, en particulier, les éléments suivants:

i)

le prix à payer pour la livraison, lequel:

i)

le prix à payer pour la livraison , lequel devrait couvrir ou excéder les coûts de production, y compris la rémunération équitable du producteur et la totalité des coûts liés aux obligations supplémentaires , et lequel:

est fixe et indiqué dans le contrat, ou

est fixe et indiqué dans le contrat, ou

est calculé au moyen d’une combinaison de facteurs établis dans le contrat, lesquels incluent des indicateurs objectifs, des indices ou des méthodes de calcul du prix final, qui sont facilement accessibles et compréhensibles et qui reflètent l’évolution des conditions du marché et des coûts de production, les quantités livrées, et la qualité ou la composition du lait et des produits laitiers livrés. À cette fin, les États membres peuvent établir ces indicateurs conformément à des critères objectifs fondés sur des études relatives à la production et à la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Les parties aux contrats sont libres de se référer à ces indicateurs ou à tout autre indicateur;

est calculé au moyen d’une combinaison de facteurs établis dans le contrat, lesquels incluent des indicateurs objectifs, des indices ou des méthodes de calcul du prix final, qui sont facilement accessibles et compréhensibles et qui reflètent l’évolution des conditions du marché et des coûts de production, les quantités livrées, et la qualité ou la composition du lait et des produits laitiers livrés. À cette fin, les États membres peuvent établir ces indicateurs conformément à des critères objectifs fondés sur des études relatives à la production et à la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Les parties aux contrats sont libres de se référer à ces indicateurs ou à tout autre indicateur;

ii)

le volume de lait cru ou la qualité et la quantité de lait ou de produits laitiers à livrer, ainsi que le calendrier de ces livraisons;

ii)

le volume de lait cru ou la qualité et la quantité de lait ou de produits laitiers à livrer, ainsi que le calendrier de ces livraisons;

iii)

la durée du contrat, qui peut être conclu pour une durée déterminée ou indéterminée, assorti d’une clause de résiliation. Dans le cas d’un contrat d’une durée minimale supérieure à six mois, le contrat comportera une clause de révision qui peut être déclenchée par l’agriculteur, une organisation de producteurs ou une association d’organisations de producteurs;

iii)

la durée du contrat, qui peut être conclu pour une durée déterminée ou indéterminée, assorti d’une clause de résiliation. Dans le cas d’un contrat d’une durée minimale supérieure à six mois, le contrat comportera une clause de révision qui peut être déclenchée par l’agriculteur, une organisation de producteurs ou une association d’organisations de producteurs;

iv)

les modalités relatives aux procédures et aux délais de paiement;

iv)

les modalités relatives aux procédures et aux délais de paiement;

v)

les modalités de collecte ou de livraison du lait ou des produits laitiers; et

v)

les modalités de collecte ou de livraison du lait ou des produits laitiers; et

vi)

les règles applicables en cas de force majeure.

vi)

les règles applicables en cas de force majeure.

Exposé des motifs

Cette modification avait déjà été suggérée pendant l’élaboration de l’avis que le CdR a consacré en 2024 à l’avenir de la PAC. C’est un principe de base qu’il conviendrait de respecter pour permettre aux travailleurs du secteur agricole de vivre décemment et de percevoir une rémunération équitable.

Amendement 10

Article 148, paragraphe 5

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Relations contractuelles dans le secteur du lait et des produits laitiers [...]

Relations contractuelles dans le secteur du lait et des produits laitiers [...]

5. Par dérogation aux paragraphes 1 et 2, un contrat écrit ou une offre écrite de contrat ne sont pas requis dans les cas suivants:

5. Par dérogation aux paragraphes 1 et 2, un contrat écrit ou une offre écrite de contrat ne sont pas requis dans les cas suivants:

(a)

le lait ou les produits laitiers concernés sont livrés par un membre d’une organisation de producteurs ou d’une coopérative à l’organisation de producteurs ou à la coopérative dont il est membre, pour autant que les statuts de cette organisation de producteurs ou de cette coopérative ou les règles et décisions prévues par ces statuts ou en découlant contiennent des dispositions produisant des effets similaires à ceux des dispositions du paragraphe 4;

(a)

le lait ou les produits laitiers concernés sont livrés par un membre d’une organisation de producteurs ou d’une coopérative à l’organisation de producteurs ou à la coopérative dont il est membre, pour autant que les statuts de cette organisation de producteurs ou de cette coopérative ou les règles et décisions prévues par ces statuts ou en découlant contiennent des dispositions produisant des effets similaires à ceux des dispositions du paragraphe 4;

(b)

le premier acheteur de lait ou de produits laitiers est une micro ou petite entreprise au sens de la recommandation 2003/361/CE;

(b)

la livraison et le paiement du lait ou des produits laitiers ont lieu simultanément;

(c)

la livraison et le paiement du lait ou des produits laitiers ont lieu simultanément;

(c)

la livraison est effectuée gratuitement ou dans le cadre de l’écoulement de lait ou de produits laitiers devenus impropres à la vente.

(d)

la livraison est effectuée gratuitement ou dans le cadre de l’écoulement de lait ou de produits laitiers devenus impropres à la vente.

Exposé des motifs

Afin d’éviter tout doute quant à la compatibilité des règles nationales avec les règles de l’UE, en particulier dans le cadre de l’application de la directive sur les pratiques commerciales déloyales, il pourrait être suggéré que la dérogation à l’exigence de forme écrite soit envisagée comme une option pour les États membres, de la même manière que les autres dérogations facultatives prévues à l’article 1er, paragraphe 6, points 2) et 6), de cette proposition de règlement modifiant les règlements (UE) no 1308/2013, (UE) 2021/2115 et (UE) 2021/2116.

Amendement 11

Article 152, point c)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(c)

au paragraphe 1 ter, le deuxième alinéa ci-après est inséré:

(c)

au paragraphe 1 ter, le deuxième alinéa ci-après est inséré:

«Par dérogation au paragraphe 1 bis et au premier alinéa, une association d’organisations de producteurs reconnue en vertu de l’article 156, paragraphe 1, peut également exercer les activités visées au paragraphe 1 bis, premier alinéa, à condition que:

“Par dérogation au paragraphe 1 bis et au premier alinéa, une association d’organisations de producteurs reconnue en vertu de l’article 156, paragraphe 1, peut également exercer les activités visées au paragraphe 1 bis, premier alinéa, à condition que:

(a)

ses membres aient été reconnus conformément au paragraphe 1 du présent article,

(a)

ses membres aient été reconnus conformément au paragraphe 1 du présent article,

(b)

ses membres ne soient pas membres d’une autre association reconnue d’organisations de producteurs pour un produit donné,

(b)

ses membres ne soient pas membres d’une autre association reconnue d’organisations de producteurs pour un produit donné,

(c)

ses membres respectent les conditions énoncées au paragraphe 1 bis, deuxième alinéa, points a) et b) ,

(c)

ses membres respectent les conditions énoncées au paragraphe 1 bis, deuxième alinéa, points a) et b).”;

(d)

le volume des produits couverts par les activités visées au paragraphe 1 bis, premier alinéa, ne dépasse pas 33 % de la production nationale totale d’un État membre donné .»;

Exposé des motifs

L’objectif du règlement proposé est de favoriser le renforcement du rôle des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement grâce à davantage d’agrégation. Inclure la limite de 33 % est jugé contradictoire.

Amendement 12

Article 168, paragraphe 5

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

5. Par dérogation aux paragraphes 1 et 2, un contrat écrit ou une offre écrite de contrat ne sont pas requis dans les cas suivants:

5. Par dérogation aux paragraphes 1 et 2, un contrat écrit ou une offre écrite de contrat ne sont pas requis dans les cas suivants:

(a)

les produits agricoles concernés sont livrés par un membre d’une organisation de producteurs ou d’une coopérative à l’organisation de producteurs ou à la coopérative dont il est membre, pour autant que les statuts de cette organisation de producteurs ou de cette coopérative ou les règles et décisions prévues par ces statuts ou en découlant contiennent des dispositions produisant des effets similaires à ceux des dispositions du paragraphe 4, points a), b) et c);

(a)

les produits agricoles concernés sont livrés par un membre d’une organisation de producteurs ou d’une coopérative à l’organisation de producteurs ou à la coopérative dont il est membre, pour autant que les statuts de cette organisation de producteurs ou de cette coopérative ou les règles et décisions prévues par ces statuts ou en découlant contiennent des dispositions produisant des effets similaires à ceux des dispositions du paragraphe 4, points a), b) et c);

(b)

le premier acheteur des produits agricoles concernés est une micro ou petite entreprise au sens de la recommandation 2003/361/CE;

(b)

la livraison et le paiement des produits agricoles concernés ont lieu simultanément;

( c )

la livraison et le paiement des produits agricoles concernés ont lieu simultanément;

(c)

la livraison est effectuée gratuitement ou dans le cadre de l’écoulement de produits devenus impropres à la vente.

(d)

la livraison est effectuée gratuitement ou dans le cadre de l’écoulement de produits devenus impropres à la vente.

Exposé des motifs

Le fait d’inclure l’obligation de passer par des contrats écrits représente une innovation importante pour le secteur, destinée à renforcer le rôle des agriculteurs dans la chaîne agroalimentaire. Par conséquent, la disposition devrait aussi s’appliquer aux micro ou petites entreprises.

Amendement 13

Insérer un nouveau paragraphe après l’article 188 du règlement (UE) no 1308/2013.

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les denrées alimentaires et les aliments pour animaux d’origine végétale et animale peuvent être importés de pays tiers à la seule condition qu’ils respectent les obligations relatives aux limites maximales applicables aux résidus (LMR) de pesticides auxquelles sont soumis les denrées alimentaires et les aliments pour animaux produits au sein l’Union.

Exposé des motifs

L’Union européenne se doit de protéger ses agriculteurs contre la concurrence déloyale de produits importés qui ne répondent pas aux normes phytosanitaires européennes. Cette modification avait déjà été proposée dans les précédents avis du CdR sur la PAC et sur l’utilisation durable des pesticides.

Amendement 14

Insérer un nouveau paragraphe après l’article 219 du règlement (UE) no 1308/2013.

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Lorsque le prix du marché descend en-dessous d’un certain seuil flexible indexé sur les coûts de production moyens et fixé par l’Observatoire européen de la chaîne agroalimentaire, la Commission met en œuvre, en fonction de la situation du marché et du secteur concerné, une aide aux producteurs du secteur en question, lesquels, sur une période définie, réduisent volontairement leurs livraisons en prenant comme point de comparaison la même période de l’année précédente.

i)

L’aide est accordée sur le principe d’une demande des producteurs déposée dans l’État membre dans lequel ceux-ci sont établis, en usant de la méthode prévue par l’État membre concerné.

ii)

Pour assurer que ce système soit effectivement et correctement mis en œuvre, la Commission fixe, en fonction des données transmises par l’AFCO:

le volume total maximum ou la quantité totale maximale de livraisons à réduire au niveau de l’Union dans le cadre du système de réduction,

la durée de la période de réduction et, si nécessaire, de sa prolongation,

le montant de l’aide en fonction du volume ou de la quantité de la réduction et ses modalités de financement,

les critères d’admissibilité à l’aide pour les demandeurs et pour les demandes,

les conditions particulières à la mise en œuvre du système.

Tout producteur qui fournit un volume plus élevé que lors de la période de référence doit payer une pénalité de responsabilisation des marchés correspondant à l’ampleur de son offre excédentaire au cours de la période couverte par le programme de réduction volontaire.

Exposé des motifs

L’Union européenne a besoin d’outils de régulation des volumes de production en cas de perturbation du marché qui soient efficaces rapidement, peu coûteux pour le budget européen, et qui permettent aux producteurs de gagner leur vie et de ne plus vendre à perte, ce qui est en même temps un gage d’attractivité pour les jeunes.

Amendement 15

Article 2

Modifications apportées au règlement (UE) 2021/2115

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

L’article 52 est modifié comme suit:

L’article 52 est modifié comme suit:

(a)

au paragraphe 3, le point i) suivant est ajouté:

(a)

au paragraphe 3, le point i) suivant est ajouté:

«i)

l’organisation de producteurs ou l’association d’organisations de producteurs met en œuvre un programme opérationnel dans un État membre où le degré d’organisation des producteurs dans le secteur des fruits et légumes a été inférieur à 10 % pendant les trois années consécutives précédant la mise en œuvre du programme opérationnel. Le degré d’organisation est calculé à partir de la valeur de la production de fruits et légumes obtenue dans l’État membre concerné et commercialisée par les organisations de producteurs ou les associations d’organisations de producteurs reconnues au titre du règlement (UE) no 1308/2013, divisée par la valeur totale de la production de fruits et légumes obtenue dans cet État membre.»;

«i)

l’organisation de producteurs ou l’association d’organisations de producteurs met en œuvre un programme opérationnel dans un État membre où le degré d’organisation des producteurs dans le secteur des fruits et légumes a été inférieur à 10 % pendant les trois années consécutives précédant la mise en œuvre du programme opérationnel. Le degré d’organisation est calculé à partir de la valeur de la production de fruits et légumes obtenue dans l’État membre concerné et commercialisée par les organisations de producteurs ou les associations d’organisations de producteurs reconnues au titre du règlement (UE) no 1308/2013, divisée par la valeur totale de la production de fruits et légumes obtenue dans cet État membre.»;

(b)

le paragraphe 5 bis suivant est inséré:

(b)

le paragraphe 5 bis suivant est inséré:

«5 bis. La limite de 50 % prévue au paragraphe 1 est portée à 60 % pour les dépenses liées aux objectifs visés à l’article 46, points a), b) ou c), si les conditions suivantes sont remplies:

“5 bis. La limite de 50 % prévue au paragraphe 1 est portée à 60 % pour les dépenses liées aux objectifs visés à l’article 46, points a), b) ou c), si les conditions suivantes sont remplies:

(a)

les dépenses sont liées à des investissements dans des actifs corporels et incorporels visés à l’article 47, paragraphe 1, point a), réalisés par de jeunes agriculteurs ou de nouveaux agriculteurs qui adhèrent pour la première fois à une organisation de producteurs reconnue au titre du règlement (UE) no 1308/2013;

(a)

les dépenses sont liées à des investissements dans des actifs corporels et incorporels visés à l’article 47, paragraphe 1, point a), réalisés par de jeunes agriculteurs ou de nouveaux agriculteurs qui adhèrent pour la première fois à une organisation de producteurs reconnue au titre du règlement (UE) no 1308/2013;

(b)

les investissements visés au point a) sont réalisés dans les locaux de ces jeunes agriculteurs ou nouveaux agriculteurs dans le cadre de leur premier programme opérationnel.”;

(b)

les investissements visés au point a) sont réalisés dans les locaux de ces jeunes agriculteurs ou nouveaux agriculteurs dans le cadre de leur premier programme opérationnel.»;

(c)

le paragraphe 7 suivant est ajouté:

(c)

le paragraphe 7 suivant est ajouté:

«7. La limite de 50 % prévue au paragraphe 1 est portée à 70 % des dépenses réelles effectuées au cours d’une année donnée pour les programmes opérationnels mis en œuvre par des organisations de producteurs ou des associations d’organisations de producteurs et touchés au cours de cette année par des phénomènes climatiques défavorables, des catastrophes naturelles, des maladies végétales ou des infestations par des organismes nuisibles à définir par les États membres.»

«7. La limite de 50 % prévue au paragraphe 1 est portée à 70 % des dépenses réelles effectuées au cours d’une année donnée pour les programmes opérationnels mis en œuvre par des organisations de producteurs ou des associations d’organisations de producteurs et touchés au cours de cette année par des phénomènes climatiques défavorables, des catastrophes naturelles, des pénuries d’eau, des sécheresses et des inondations, des maladies végétales ou des infestations par des organismes nuisibles à définir par les États membres.»

COM(2024) 576 final

Amendement 16

Considérant 6

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

(6)

Les autorités d’application devraient avoir le pouvoir de se communiquer tout élément de fait ou de droit, y compris des informations confidentielles, et de l’utiliser comme élément de preuve, conformément à leur droit national. Les informations échangées ne peuvent être utilisées comme moyen de preuve qu’aux fins de l’application des règles établies par la directive (UE) 2019/633 et pour l’objet pour lequel elles ont été recueillies par l’autorité qui transmet l’information.

(6)

Les autorités d’application devraient avoir le pouvoir de se communiquer tout élément de fait ou de droit, y compris des informations confidentielles, et de l’utiliser comme élément de preuve, conformément à leur droit national. Les informations échangées ne peuvent être utilisées comme moyen de preuve qu’aux fins de l’application des règles établies par la directive (UE) 2019/633 et pour l’objet pour lequel elles ont été recueillies par l’autorité qui transmet l’information. Par ailleurs, les autorités d’application devraient être en mesure d’agir soit de leur propre initiative soit sur la base de plaintes déposées par des parties lésées par des pratiques commerciales déloyales dans la chaîne d’approvisionnement agricole et alimentaire, de plaintes émanant de lanceurs d’alerte ou de plaintes anonymes, et de prendre toutes les mesures requises pour protéger leur identité.

Exposé des motifs

Le texte du présent amendement est conforme aux dispositions de l’article 29 de la loi espagnole no 12/2013 du 2 août 2013 relative aux mesures visant à améliorer le fonctionnement de la chaîne alimentaire.

Amendement 17

Nouveau considérant après le considérant 7

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les autorités d’application devraient jouer un rôle plus volontariste dans les enquêtes concernant d’éventuelles pratiques commerciales déloyales, et il y aurait lieu d’envisager l’instauration d’un organe de médiation ou d’un médiateur dans les États membres qui n’en disposent pas encore.

Exposé des motifs

Ce cadre, déjà bien établi en Finlande ou en Autriche, devrait être plus répandu afin d’aider les agriculteurs à s’orienter lorsqu’ils portent plainte en cas de pratique commerciale déloyale, d’offrir un niveau supplémentaire de protection aux plaignants et de garantir la poursuite des relations commerciales dans des contextes territoriaux où il est, dans certains cas, presque impossible de changer d’acheteur.

Amendement 18

Article 5, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Demandes d’informations

Demandes d’informations

1. À la demande d’une autorité d’application requérante, l’autorité d’application requise fournit sans retard, et sous 60 jours, sauf s’il en est convenu autrement, à l’autorité d’application requérante les informations demandées afin d’établir si une pratique commerciale déloyale dans l’État membre de l’autorité d’application requérante ayant une dimension transfrontalière s’est produite ou est en cours.

1. À la demande d’une autorité d’application requérante, l’autorité d’application requise fournit sans retard, et sous 60 jours, sauf s’il en est convenu autrement, à l’autorité d’application requérante les informations demandées afin d’établir si une pratique commerciale déloyale dans l’État membre de l’autorité d’application requérante ayant une dimension transfrontalière s’est produite ou est en cours. Le demandeur et les autorités d’application requises informent également le plaignant, dans un délai raisonnable après la réception de sa plainte, de la manière dont elles entendent y donner suite.

Exposé des motifs

Les autorités d’application informent aussi le plaignant, dans un délai raisonnable après la réception de sa plainte, de la manière dont elles entendent y donner suite.

Amendement 19

Article 5, paragraphe 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

3. Les informations fournies sont collectées exclusivement par l’autorité d’application requise et utilisées par l’autorité d’application requérante dans le respect de leur droit national.

3. Les informations fournies sont collectées exclusivement par l’autorité d’application requise et utilisées par l’autorité d’application requérante dans le respect de leur droit national. Les autorités d’application peuvent garantir une coopération loyale, même en cas de divergence entre les législations nationales d’application de la directive (UE) 2019/633.

Exposé des motifs

L’esprit de coopération entre les autorités devrait être encore renforcé et couvrir aussi les pratiques déloyales qui ne sont actuellement reconnues que par certains États membres pour renforcer la protection des opérateurs les plus touchés.

II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR)

1.

se félicite des propositions législatives de la Commission européenne qui visent à renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire et à améliorer l’application transfrontière de la législation contre les pratiques commerciales déloyales, mais il estime que les mesures proposées, bien que nécessaires, ne sont pas suffisantes à elles seules pour garantir un revenu équitable et stable aux agriculteurs ni permettre la réalisation de tous les objectifs fixés par la politique agricole commune (PAC);

2.

réaffirme qu’il sera impossible de rendre les marchés plus équitables et équilibrés en se contentant d’une réforme à la marge de l’organisation commune des marchés et des pratiques commerciales déloyales, et en consentant, dans le même temps, à la déréglementation des marchés agricoles européens dans le contexte d’accords commerciaux internationaux; demande dès lors qu’une attention accrue soit accordée à la cohérence des politiques de l’Union ainsi qu’au respect des objectifs de la PAC, conformément aussi aux recommandations du dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture de l’Union; insiste sur le fait que les accords commerciaux ne doivent pas porter atteinte aux normes environnementales et sociales, et qu’ils devraient être alignés sur les engagements de l’Union en matière de climat et de durabilité;

3.

souligne que la PAC de l’Union européenne vise à atteindre ces objectifs tout en tenant compte du «caractère particulier de l’activité agricole, découlant de la structure sociale de l’agriculture et des disparités structurelles et naturelles entre les diverses régions agricoles», comme visé à l’article 39, paragraphe 2, point a), du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne; il importe donc d’élaborer des instruments et des politiques qui contribuent à remédier à ces disparités et à promouvoir la cohésion territoriale globale; renvoie à cet égard à la résolution du Parlement européen du 7 juin 2022 sur les îles et la politique de cohésion: situation actuelle et défis à venir [2021/2079(INI)], laquelle reconnaît la nécessité d’accorder une attention particulière au secteur agricole des îles de l’Union en raison de la fragilité particulière de ces territoires, des surcoûts d’exploitation qu’ils doivent supporter et de leurs débouchés commerciaux limités, de sorte qu’il s’impose de prévoir davantage de souplesse et une meilleure adaptation des mesures énoncées dans le règlement portant organisation commune des marchés des produits agricoles, afin de pouvoir les appliquer dans ces contextes spécifiques;

4.

souligne, dans ce contexte, la nécessité de remédier aux déséquilibres actuels dans la chaîne de valeur agroalimentaire et de mettre bien davantage l’accent sur la position des agriculteurs, en particulier des jeunes agriculteurs et de ceux qui se placent à l’avant-garde de la transition vers la durabilité dans le secteur, tout en préparant les réformes plus fondamentales qui doivent être apportées à la PAC, comme indiqué dans de précédents avis du CdR;

Recommandations concernant l’organisation commune des marchés

5.

estime dès lors que le règlement portant organisation commune des marchés des produits agricoles (1) devrait être modifié plus avant afin de garantir aux agriculteurs des prix couvrant au moins les coûts de production et d’éviter ainsi de nouvelles crises, et de leur garantir une rémunération équitable; considère que la modification dudit règlement doit tenir compte en particulier de la réalité du secteur agricole dans les zones soumises à des contraintes géographiques spécifiques, comme c’est le cas des territoires insulaires, et de celles qui mettent en œuvre des pratiques agricoles plus durables et plus respectueuses de la nature;

6.

souligne que, bien que l’instrument des prix minimaux d’intervention existe déjà, il doit être renforcé et étendu à d’autres produits afin de couvrir la majeure partie de la production agricole et de garantir le lien entre prix d’intervention et coûts de production, et ainsi pouvoir fonctionner correctement en tant que stabilisateur, et que de tels instruments doivent soutenir la durabilité à long terme;

7.

encourage la mise à disposition d’outils d’agrégation entre exploitations agricoles de petite et moyenne dimension, tels que le modèle coopératif, dans le but d’améliorer la qualité de leur production et leur pouvoir contractuel dans la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire, et aussi de promouvoir la croissance de leurs entreprises agricoles pour accroître leur puissance commerciale; souhaite obtenir de plus amples précisions ainsi que la garantie d’une plus grande sécurité juridique en ce qui concerne le traitement des organisations de producteurs non reconnues, de façon à veiller à ce que la différence de statut ne provoque pas une concurrence déloyale;

8.

se félicite que l’importance d’établir des organisations de producteurs spécifiques pour la filière biologique soit explicitement reconnue, ce qui devrait encourager les États membres à favoriser la création d’organisations de producteurs biologiques et à influencer le marché pour qu’il tienne compte des spécificités du secteur biologique, lequel repose sur des pratiques agricoles et un marché qui diffèrent du secteur conventionnel, y compris par un soutien plus spécifique à destination des coopératives agroécologiques et biologiques; estime en outre que le fait de permettre la production de différents types d’animaux dans une seule organisation de producteurs biologiques représenterait un soutien tout à fait significatif à la stabilité du secteur biologique.

9.

demande des informations plus précises quant à une exclusion éventuelle du caractère obligatoire de contrats écrits dans le cas spécifique des livraisons de produits soumis à des fluctuations saisonnières de l’offre ou de la demande, ou encore à la périssabilité, car ce sont précisément ces cas qui sont les plus exposés à la répartition inégale de la valeur, à la volatilité des prix, aux phénomènes spéculatifs et aux pratiques commerciales déloyales;

10.

partage, en ce qui concerne les mentions facultatives pour les modalités commerciales, les objectifs visant à promouvoir la transparence et la fiabilité de la chaîne alimentaire et à garantir la fiabilité des informations sur la distribution de la valeur ajoutée aux agriculteurs et aux consommateurs, s’agissant notamment de la définition des «circuits d’approvisionnement courts»; suggère d’établir des exigences minimales harmonisées et plus précises au niveau de l’Union pour ces mentions. Cela est particulièrement important en raison des répercussions que l’utilisation de ces mentions peut avoir au niveau local et régional. Harmoniser les définitions avec la charte internationale du commerce équitable et assurer la cohérence avec les cadres de référence existants tant au niveau européen qu’au niveau mondial améliorerait la sécurité juridique et l’efficacité des mentions;

11.

se félicite de la proposition de la Commission visant à soutenir le secteur vitivinicole de l’Union face aux nouveaux défis, et aussi à faire en sorte que celui-ci reste compétitif, résilient et qu’il demeure à l’avenir une force économique vitale; souligne qu’il importe de mettre en place un ensemble de mesures ciblées efficaces au niveau de l’Union et une boîte à outils cohérente pour renforcer la position des agriculteurs dans ce secteur qui revêt notamment une importance cruciale dans de nombreuses économies rurales, avant la prochaine période de vendange; rappelle que les mesures envisagées doivent être cohérentes par rapport aux objectifs environnementaux, y compris la conservation de l’eau, la réduction des pesticides et la protection des paysages ruraux;

Prévention et gestion des crises

12.

estime que la régulation des marchés, comme l’a démontré l’étude du CdR sur le programme de responsabilisation des marchés dans le secteur laitier, est pour beaucoup de secteurs plus efficace et moins coûteuse que le déclenchement de mesures de crises a posteriori;

13.

attire l’attention sur l’incidence négative pour les régions de l’Union des droits de douane imposés par les États-Unis ainsi que des restrictions à l’exportation de produits agroalimentaires, en particulier les vins et spiritueux, les pâtes alimentaires, les produits laitiers et l’huile d’olive; invite la Commission à développer une action ferme et coordonnée contre les obstacles injustifiés au commerce libre et équitable, ainsi que des mesures concrètes et immédiates pour soutenir le secteur agroalimentaire dans l’optique de protéger les entreprises, les travailleurs et les consommateurs européens tout en évitant que surviennent de nouvelles incertitudes économiques, des réductions d’investissements et des pertes d’emplois;

14.

se déclare convaincu que, face à une crise de surproduction, il est plus efficace et moins coûteux de réduire la surcapacité que de laisser un secteur entier être emporté par la crise; demande que ces mesures soient combinées à une aide en faveur d’une utilisation plus durable des terres et d’une diversification des revenus agricoles;

15.

demande par conséquent la création d’un outil permettant de déclencher automatiquement l’aide à la réduction volontaire de la production dès que certains seuils sont dépassés; préconise, à cet égard, d’assurer une mise en œuvre plus efficace des mécanismes de contrôle de l’offre, afin de limiter les déséquilibres du marché qui se répercutent directement sur le revenu des agriculteurs;

16.

invite la Commission à adopter un cadre de performance pour orienter son action en matière de gestion des crises. Toutes les autorités qui gèrent des fonds européens disposent de leur propre cadre de performance, car il s’agit d’une pratique européenne normale qui garantit une bonne gestion de l’action publique. Dans la mesure où la Commission est considérée comme l’autorité de gestion en matière de gestion des crises pour le Fonds européen agricole de garantie (FEAGA), celle-ci devrait aussi pouvoir s’appuyer sur un tel cadre de performance pour évaluer l’efficacité des mesures de crise;

17.

constate que depuis le début de la guerre en Ukraine, 27 pays, parmi lesquels des États membres de l’Union, ont constitué des stocks; est d’avis que l’Union et les États membres doivent constituer des stocks publics de certains produits et les utiliser pour réguler les marchés; note que la création de réserves agricoles stratégiques au niveau de l’Union pourrait être un outil permettant de garantir la sécurité alimentaire et le caractère abordable des denrées alimentaires en période de crise grave, contribuant ainsi à stabiliser les prix et les stocks de crise;

Recommandations concernant les pratiques commerciales déloyales

18.

se félicite de la proposition de la Commission visant à améliorer la répression transfrontière des pratiques commerciales déloyales dans le but de renforcer la coopération des États membres pour faire face aux activités transnationales déloyales et les sanctionner chaque fois que cela est possible; il est essentiel, pour lutter contre les pratiques commerciales déloyales, de mieux appliquer la législation en la matière, tout en renforçant et en améliorant les contrôles dans ce domaine;

19.

propose la création d’une «plateforme de l’Union européenne sur les pratiques commerciales déloyales» réunissant les autorités d’application désignées par chaque État membre, afin que celles-ci puissent coordonner mieux leurs travaux et garantir des conditions uniformes de mise en œuvre des mesures établies par le règlement à l’examen, en particulier dans les cas d’enquêtes transfrontières;

20.

estime qu’il est essentiel de veiller à une application rigoureuse des interdictions en vigueur visant les pratiques commerciales déloyales, tant au niveau européen que national, afin de protéger nos agriculteurs et nos petits fournisseurs contre des acheteurs plus puissants qui ne respectent pas les règles existantes;

21.

attend donc avec intérêt la révision de la directive sur les pratiques commerciales déloyales prévue d’ici la fin de 2025, laquelle devrait se fonder sur les approches nationales qui prévoient des règles plus strictes que celles fixées jusqu’à présent par le cadre de l’Union; estime, en particulier, qu’il est nécessaire d’étendre la liste des pratiques déloyales interdites de manière à inclure la revente à perte, l’interdiction de l’autofavoritisme et les enchères inversées «à deux tours» («double-race auctions»), et de sanctionner les achats à des prix inférieurs aux coûts de production, comme demandé dans son avis sur les pratiques commerciales déloyales. Par ailleurs, la promotion des meilleures pratiques, telles que la conclusion de contrats et d’accords pluriannuels sur les chaînes d’approvisionnement, ainsi que la facilitation de l’indemnisation rapide de la partie lésée devraient être intégrées à la révision globale de la directive sur les pratiques commerciales déloyales.

Bruxelles, le 15 mai 2025.

La présidente

du Comité européen des régions

Kata TÜTTŐ


(1) Règlement (UE) n ° 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 portant organisation commune des marchés des produits agricoles et abrogeant les règlements (CEE) n ° 922/72, (CEE) n ° 234/79, (CE) n ° 1037/2001 et (CE) n ° 1234/2007 du Conseil (JO L 347 du 20.12.2013, p. 671).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/3479/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)