Avis du Comité européen des régions — Équité intergénérationnelle une approche locale et régionale pour construire des sociétés inclusives et durables
| CELEX | 52025IR0369 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 3 juillet 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2025/4417 | 29.8.2025 |
Avis du Comité européen des régions — Équité intergénérationnelle
une approche locale et régionale pour construire des sociétés inclusives et durables
(C/2025/4417)
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RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR)
Observations générales
| 1. | affirme que la construction d’un avenir équitable et durable pour toutes les générations est une responsabilité partagée et une pierre angulaire du projet européen. L’équité intergénérationnelle implique de veiller à ce que les décisions prises aujourd’hui, en matière de finances publiques, d’environnement ou de systèmes de soins et au-delà, permettent à la fois aux générations actuelles et futures de prospérer; reconnaît que lorsque les avantages et les charges découlant des politiques sont répartis de manière inégale entre les générations, cela peut conduire à une injustice; demande par conséquent des politiques qui préservent le bien-être des générations futures tout en relevant les défis sociaux et environnementaux actuels d’une manière juste et inclusive; |
| 2. | estime, conformément à l’article 3, paragraphe 3, du traité sur l’Union européenne et au préambule de la charte des droits fondamentaux, qu’il convient de répondre aux besoins des générations présentes sans compromettre les droits des générations futures et, partant, de reconnaître que l’équité intergénérationnelle constitue une question déterminante pour le bien-être des générations tant présentes que futures en Europe; |
| 3. | affirme qu’il est impossible de parvenir à l’équité intergénérationnelle sans s’attaquer aux inégalités socio-économiques structurelles qui touchent de manière disproportionnée les groupes vulnérables et marginalisés, notamment les femmes, les enfants, les jeunes, les personnes migrantes et les personnes vivant dans la pauvreté; |
| 4. | met en avant l’importance des collectivités locales et régionales pour, d’une part, bâtir des sociétés inclusives, durables et prospères grâce à des politiques tournées vers l’avenir qui prennent tout particulièrement en compte les générations futures et, d’autre part, intégrer les enfants et les jeunes dans la prise de décision à l’échelle locale; |
| 5. | réaffirme l’obligation et l’ambition qui sont les siennes de contribuer de manière substantielle aux initiatives que la Commission européenne consacrera à l’équité intergénérationnelle, lesquelles constituent l’une des principales priorités du programme pour l’après-2024; prend acte de l’annonce par la Commission de son intention de lancer la toute première stratégie de l’Union sur l’équité intergénérationnelle, qui vise à veiller à ne laisser pour compte aucune génération et à intégrer systématiquement le point de vue de la jeunesse dans tous les domaines d’action pertinents; souhaite participer activement à ces initiatives, en soutenant les actions qui visent à renforcer l’équité intergénérationnelle et à garantir que les politiques de l’Union européenne tiennent dûment compte des besoins et des droits des générations à venir; |
| 6. | entend jouer son rôle avec volontarisme de sorte à contribuer à définir la stratégie de l’Union dans ce domaine, à s’attaquer aux problèmes connexes importants que sont notamment, sans que cette énumération soit exhaustive, la justice climatique et la durabilité environnementale, la perte de diversité biologique et la limitation des ressources naturelles, ainsi que l’évolution démographique, le chômage des jeunes, la précarité de l’emploi, l’accès à un logement abordable, la viabilité des finances publiques, les retraites et la politique fiscale, les soins, le changement climatique, les inégalités sociales et la discrimination, et à s’assurer ce faisant que les mesures politiques prises pour y répondre s’ancrent dans les réalités locales et régionales dans une perspective à long terme; |
| 7. | estime que l’élaboration de politiques saines et durables sur le plan économique fait partie intégrante de l’équité intergénérationnelle; reconnaît l’aggravation des inégalités économiques en Europe et met en garde contre le fait de faire peser sur les générations futures le fardeau de disparités profondément ancrées dans la sphère sociale et économique; souligne la nécessité de prendre des mesures urgentes pour transformer les priorités de l’Europe en matière de compétitivité de sorte à asseoir la prospérité pour les générations futures; |
| 8. | prend acte de l’aggravation de la crise climatique qu’a provoquée un recours excessif aux combustibles fossiles et, plus largement, de la crise écologique mondiale qu’a causée l’incapacité du système économique dominant à fonctionner dans les limites de nos environnements naturels; réaffirme dès lors que le monde connaît de profondes mutations, dont les manifestations évidentes sont la dégradation de l’environnement, prenant la forme, par exemple, d’une augmentation de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes, de la désertification ou de la perte de diversité biologique, ainsi que de l’épuisement des ressources naturelles limitées, et que ces mutations appellent une réponse juste, inclusive et systémique; |
| 9. | tire les enseignements de l’arrêt rendu en 2024 par la Cour européenne des droits de l’homme dans l’affaire Verein KlimaSeniorinnen Schweiz et autres c. Suisse et reconnaît dès lors que si des mesures de politique environnementale ambitieuses ne sont pas adoptées, le risque existe d’empoisonner plus avant le legs d’une qualité de vie qui se dégrade de manière exponentielle et d’inégalités qui ne cessent de se creuser, tant pour les générations présentes que futures; souligne que le bien-être des générations présentes ne doit pas se faire au détriment de celles à venir, car cela perpétuerait les injustices héritées de l’histoire; |
| 10. | dans le droit fil de l’article 3 de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, fait valoir la nécessité de préserver le système climatique dans l’intérêt des générations présentes et futures, afin de s’assurer que ces dernières héritent d’un environnement durable et puissent accéder aux ressources nécessaires à leur vie et à leur prospérité; souligne qu’il convient que cette préservation s’effectue sur une base égalitaire et suivant le principe des responsabilités communes mais différenciées (RCMD), c’est-à-dire que les mesures que chaque pays sera appelé à prendre devront être proportionnées à ses capacités propres, de sorte que ce sont les États économiquement avancés qui auront à jouer le rôle de protagonistes dans la lutte contre le changement climatique; dans le même temps, fait observer qu’il convient de poser des limites appropriées aux agissements de la génération présente; pour ce faire, il convient de mettre en place des mécanismes juridiques afin de faire valoir nos responsabilités à l’égard des générations futures; |
Domaines d’action politique
Éprouver les politiques de l’Union à l’aune des évolutions futures
| 11. | estime qu’il est essentiel pour l’Union européenne de s’assurer que l’ensemble de ses politiques résistent à l’épreuve du temps, de sorte qu’elle soit, ainsi que toutes ses régions, mieux préparée face à l’avenir; préconise de même qu’elle intègre de manière transversale dans ses politiques la perspective de genre, afin de pouvoir identifier et corriger les inégalités auxquelles les femmes sont confrontées, pour que la société de demain soit plus juste, plus égalitaire et plus durable; recommande de généraliser le recours à la prospective dans l’ensemble des institutions de l’Union et à tous les échelons de gouvernement afin de la faire entrer en ligne de compte dans l’élaboration des politiques et la planification stratégique pour permettre à l’Union de réaliser ses objectifs stratégiques et améliorer son état de préparation en vue à la fois de mieux faire face aux menaces et de tirer parti des possibilités à venir susceptibles de se matérialiser pour les générations futures; dans ce contexte, reconnaît que l’évaluation des incidences à long terme est affectée, sur le plan de la méthodologie et de la prévision, par une marge considérable d’incertitude, qui nécessite de développer sans relâche des outils de prospective; |
| 12. | appelle de ses vœux une déclaration interinstitutionnelle sur l’équité intergénérationnelle qui constituerait un résultat probant de la stratégie de la Commission et porterait sur la possibilité de reconnaître les droits des générations futures et sur l’articulation de ceux-ci avec le droit de l’Union, ainsi que sur les compromis entre les intérêts des générations présentes et futures, étant entendu qu’une attention particulière doit être portée aux éventuels conflits d’intérêts qui se produisent lorsque des considérations politiques ou économiques de court terme risquent de compromettre la durabilité et l’équité intergénérationnelle; estime qu’il convient d’établir en sus un cadre de solidarité intergénérationnelle qui définit les droits des jeunes et des générations futures; un tel cadre garantirait la cohérence entre la législation actuelle et future et intégrerait des mécanismes procéduraux de surveillance et d’engagement des parties prenantes; |
| 13. | insiste sur le fait que des politiques pérennes devraient inclure des investissements publics importants dans des infrastructures sociales universelles comme les soins de santé, la garde d’enfants, l’éducation et le logement, en tant que moteurs fondamentaux de la solidarité intergénérationnelle et de la mobilité sociale ascendante; |
| 14. | encourage les institutions de l’Union à intégrer une perspective intergénérationnelle dans l’ensemble des politiques, stratégies et programmes de l’Union en développant l’équité intergénérationnelle pour en faire un outil du programme révisé pour une meilleure réglementation; |
| 15. | insiste sur la nécessité d’investir dans les programmes visant à mieux faire connaître les défis du futur et à garantir le caractère durable des politiques; cette mesure est indispensable afin de rallier un large soutien des citoyens en faveur de l’investissement dans des mesures destinées à mettre en œuvre aujourd’hui le pacte vert de sorte à remédier aux préjudices que pourraient subir demain les générations futures; |
| 16. | fait valoir la nécessité pressante de renforcer la gouvernance européenne en intégrant une réflexion à long terme dans l’élaboration des politiques de manière à s’assurer que la durabilité, la résilience économique, l’équité sociale et la protection de l’environnement orientent la prise de décision, dans l’intérêt des générations tant présentes que futures; estime qu’il faut donner aux collectivités locales et régionales les moyens d’agir comme les principaux moteurs de cette transformation, en particulier s’agissant de fournir des services culturels inclusifs et des programmes de développement des compétences pour les jeunes des régions périphériques, et de faire ainsi en sorte qu’aucune région ni aucune génération ne soit laissée pour compte; souligne le rôle essentiel des collectivités locales et régionales dans la conduite de ce changement s’appuyant sur des stratégies inclusives et tournées vers l’avenir, dès lors qu’étant les plus proches des citoyens, ce sont elles qui comprennent le mieux les spécificités des communautés locales; |
| 17. | invite toutes les collectivités locales et régionales européennes à s’engager avec force sur le plan politique de manière à lutter contre les inégalités aussi bien entre les différents groupes d’âge qu’au sein de ceux-ci et à relever les défis intergénérationnels, en favorisant et en mettant en pratique à cette fin la diversité des âges dans la vie publique et la prise de décision, et la cohésion intergénérationnelle; cet engagement devrait également inclure la conception de politiques inclusives en faveur de la jeunesse, adaptées aux réalités rurales et garantissant une sensibilisation ciblée des jeunes qui ne travaillent pas et ne suivent pas d’études ou de formation (NEET) par l’intermédiaire de centres de jeunesse locaux, de plateformes numériques et de pôles de services intersectoriels; |
| 18. | invite les services locaux chargés de l’emploi à mettre au point des parcours personnalisés assortis de paramètres de suivi pour l’intégration de la jeunesse rurale tant dans les emplois traditionnels que dans ceux liés à la transformation numérique, offrant ainsi des possibilités d’emploi de qualité aux jeunes dans les zones rurales; souligne que ces derniers ont besoin de dispositifs technologiques, d’un accès à l’internet et de la formation nécessaire pour combler la fracture numérique et lutter contre les principaux problèmes de la numérisation, s’agissant entre autres de la cybersécurité, de l’utilisation abusive et indue des médias sociaux ou du cyberharcèlement; |
| 19. | souligne qu’il importe d’élaborer les politiques de sorte à répondre aux besoins spécifiques des hommes et des femmes, car il s’agit là d’une dimension essentielle de l’équité intergénérationnelle; aussi les politiques doivent-elles remédier aux écarts persistants entre les hommes et les femmes en matière de soins, de rémunération et de représentation, qui ont des répercussions à long terme sur les perspectives sociales et économiques des générations tant présentes que futures; |
Systèmes économiques durables et résilience démographique
| 20. | est conscient que dès lors que l’interdépendance entre l’économie et l’environnement se manifeste de manière sans cesse plus évidente, elle devient également une question d’équité intergénérationnelle; aussi le bien-être et la richesse matérielle des générations futures exigent-ils d’adapter le modèle économique de l’Union européenne, y compris la façon dont les bénéfices économiques sont répartis; insiste dès lors sur la nécessité que ledit modèle tienne compte de l’équité intergénérationnelle et qu’il accorde pour ce faire la priorité aux politiques économiques durables et à long terme grâce à la redistribution et à des garde-fous climatiques et écologiques; |
| 21. | met en avant la nécessité de recourir à d’autres indicateurs que le PIB, tels que l’indice de progrès social, afin de mesurer la durabilité économique, ainsi que de concevoir de cette manière des indicateurs supplémentaires, cohérents et reconnus à même de jauger l’équité intergénérationnelle dans l’ensemble des secteurs et des horizons de temps et de garantir ainsi qu’elle soit assurée; des jeux d’indicateurs complets devraient rendre compte de l’incidence sur l’environnement, de l’accès à des soins de santé et à une éducation de qualité, de la répartition des richesses et du bien-être à long terme afin de mieux faire apparaître le caractère durable des systèmes économiques du point de vue des générations futures; |
| 22. | demande qu’il soit tenu compte des différences entre les espaces géographiques sous l’angle de l’incidence de l’évolution démographique et des facteurs aggravants de la pauvreté intergénérationnelle pour les générations présentes et futures; dans ce contexte, il convient d’affecter un soutien spécifique à l’intention des collectivités locales et régionales dans les zones structurellement défavorisées, car elles constituent souvent la dernière ligne de défense contre l’exode de leur jeunesse, de sorte à leur permettre de fournir à celle-ci des formations ciblées, des possibilités de renforcement des compétences et des infrastructures culturelles; les politiques doivent remédier à la vulnérabilité particulière des jeunes NEET dans les zones rurales et dans les zones urbaines défavorisées, et tenir compte du fait que le manque d’éducation de qualité, de possibilités d’emploi et de services accessibles contribue à leur exclusion sociale à long terme et renforce les cycles de pauvreté intergénérationnelle; les collectivités locales et régionales sont directement touchées par les tendances démographiques à l’œuvre actuellement, telles que l’accroissement de la longévité, le vieillissement de la population, la diminution de la proportion de jeunes et le dépeuplement des zones rurales, associées à des obligations croissantes au titre des retraites et à une demande grandissante de services et d’infrastructures de santé et d’aide sociale qui répondent aux besoins des différentes générations; |
| 23. | demande d’appuyer les États membres pour mettre en œuvre des réformes qui embrassent toutes les étapes de la vie des personnes, s’agissant de favoriser une longévité accrue en bonne santé, également au travail, de lutter contre la pauvreté à tous les âges, de remédier aux lacunes dans l’accès à la protection sociale des personnes exerçant leur activité professionnelle à titre indépendant et de ceux et celles dont la forme d’emploi est atypique, d’aider à instaurer un équilibre sain entre vie professionnelle et vie privée, ainsi que de favoriser le développement de l’économie des seniors afin de libérer le potentiel des générations plus âgées pour contribuer activement à la société; |
| 24. | plaide en faveur de systèmes fiscaux inclusifs et transparents dans l’ensemble des États membres et des collectivités locales et régionales lorsque celles-ci sont compétentes en ce domaine en vertu de la charte européenne de l’autonomie locale, et notamment de son article 9, paragraphes 1, 3 et 6; de tels systèmes devraient se fonder sur les principes d’équité, de rationalité économique et de durabilité, et favoriser la participation intergénérationnelle à la prise de décision et garantir le caractère accessible et représentatif et les pratiques de bonne gouvernance afin d’asseoir des politiques à long terme qui respectent l’équité intergénérationnelle en répartissant les charges dans le temps de la manière la plus équitable possible; propose de soumettre la législation fiscale produisant des incidences intergénérationnelles à un «test jeunesse», à savoir une évaluation systématique de l’incidence portant sur la manière dont un texte législatif donné influe aujourd’hui comme demain sur la vie des jeunes; préconise en outre d’effectuer de manière régulière un suivi et une évaluation concernant les effets des politiques fiscales sur la jeunesse, afin d’en garantir l’efficacité et de les adapter à l’évolution des besoins; |
| 25. | suggère de pratiquer à titre expérimental la budgétisation participative à tous les échelons de gouvernement, en commençant par les niveaux local et régional, en veillant à associer véritablement les jeunes à cette procédure, par exemple en renforçant la collaboration entre les jeunes qui sont actifs au sein d’associations et ceux qui ne le sont pas, ainsi que le rôle d’ensemble des conseils locaux de participation citoyenne, tout en mettant en œuvre des mesures visant à conférer une plus grande priorité aux jeunes adultes et aux groupes marginalisés dans la prise de décision; |
| 26. | demande que soit appliqué le principe du pollueur-payeur, que soient encouragés les comportements durables et que les recettes publiques soient affectées à des investissements à l’épreuve du temps, de sorte à garantir la stabilité économique et environnementale pour les générations futures; souligne qu’il importe d’assortir ces mesures de solides garde-fous sociaux afin de protéger les ménages vulnérables et d’assurer une transition juste; |
| 27. | réaffirme la nécessité de revoir les systèmes de retraite et d’assurer un bon équilibre entre les générations [COM(2002) 737 final]; suggère d’adapter les régimes de retraite, en instaurant des mécanismes de suivi et d’évaluation de certains paramètres, tels que la croissance du patrimoine net et les taux d’accumulation des droits à pension, ainsi que des méthodes de mesure de l’accumulation d’actifs et d’épargne, qui permettront de remanier en souplesse ces régimes en fonction des évolutions démographiques et économiques du moment, de manière à éviter qu’une charge fiscale qui s’accroît de manière exponentielle ne pèse sur les épaules des générations futures; des réformes devraient favoriser l’équité intergénérationnelle de sorte à concilier les besoins des retraités présents et futurs et la capacité des générations actives; |
Donner aux jeunes les moyens d’agir et les faire participer à la démocratie
| 28. | continue de défendre l’idée de renforcer les mécanismes de participation des jeunes et des personnes âgées à la prise de décision démocratique, et pour ce faire, d’encourager les collectivités locales et régionales à lutter contre toute discrimination fondée sur l’âge, notamment en réévaluant l’âge minimal requis pour voter et en favorisant la participation de jeunes candidatures aux élections, renforçant ce faisant la représentation des jeunes dans la vie politique; des efforts particuliers devraient être consentis pour autonomiser la jeunesse dans les zones rurales et périphériques, y compris les jeunes NEET, du fait qu’ils et elles sont souvent confronté(e)s à des obstacles combinés qui entravent leur participation politique en raison d’un accès limité à l’information, de contraintes de mobilité et d’une représentation moindre dans les structures institutionnelles; |
| 29. | rappelle la recommandation qu’il a adoptée dans son avis sur «L’avenir de la politique de la jeunesse dans l’Union européenne», par laquelle il invite les États membres à envisager sérieusement d’abaisser la majorité électorale à 16 ans pour toutes les élections locales et régionales en Europe; rappelle combien il importe de collecter des données et de faciliter les échanges de connaissances sur les effets des dispositions institutionnelles sur la participation politique des jeunes, y compris sur des aspects tels que l’âge minimum requis pour voter et se présenter à une élection ou les limitations du nombre de mandats politiques; |
| 30. | invite les institutions de l’Union à entrer en contact avec la jeunesse et à la consulter systématiquement afin de connaître ses points de vue, à l’instar de ce qui a déjà été fait dans le cadre du dialogue de l’Union en faveur de la jeunesse et d’autres initiatives menées par les jeunes; |
| 31. | souligne la nécessité d’encourager, à l’échelon local et régional, les citoyens de toutes les générations partout dans l’Union à s’engager dans la vie politique et sociale des municipalités et des villes afin que les institutions démocratiques soient à même de prendre en compte les initiatives et les besoins tant des personnes âgées que des plus jeunes; il convient tout particulièrement de veiller à faire en sorte que les jeunes qui habitent dans des zones rurales marginalisées aient accès aux processus participatifs, à l’éducation civique et à des programmes de renforcement des capacités qui leur donnent les moyens de devenir des leaders culturels et démocratiques au sein de leurs communautés; |
| 32. | demande à la Commission européenne de continuer à concevoir et à appliquer une «analyse d’impact sur la jeunesse» ou un «test jeunesse» pour passer au crible les initiatives inscrites à son programme de travail, d’organiser des consultations spécifiques auprès des jeunes sur ces initiatives et d’intégrer ce test parmi les outils visant à améliorer la réglementation. Pareille démarche implique qu’à tous les niveaux, les administrations disposent, sur le plan de l’analyse et de l’organisation, de ressources suffisantes, tout comme des compétences transversales requises, de manière à pouvoir développer et utiliser efficacement de tels instruments. Il conviendrait en outre de compléter ces consultations au moyen de dialogues réguliers avec les jeunes afin de s’assurer de la prise en compte de leurs points de vue lors de l’élaboration de toutes les initiatives politiques pertinentes pour la jeunesse; |
| 33. | recommande aux collectivités locales et régionales de mettre en place un test des politiques du point de vue de la jeunesse afin de garantir le caractère durable et efficace de leurs choix politiques, tout en réduisant les inégalités et en tenant compte des besoins des jeunes d’aujourd’hui comme de demain, et préconise également que les collectivités locales et régionales mettent en œuvre un test similaire qui évalue spécifiquement les inégalités territoriales, y compris la question de savoir si les jeunes des régions rurales et reculées, en particulier les jeunes NEET, ont les mêmes chances d’accéder aux mesures proposées et d’en bénéficier; |
| 34. | encourage les collectivités locales et régionales à associer de manière expérimentale des représentants d’organes de médiation en faveur des générations futures, comme le propose la déclaration de Budapest et à l’instar des travaux du médiateur pour les générations futures en Hongrie, en veillant à prendre en compte les intérêts et les droits des futurs citoyens dans l’ensemble de leurs décisions en matière de politique environnementale, climatique, sociale et économique; cette initiative donnerait aux collectivités locales et régionales les moyens de plaider en faveur de la durabilité à long terme, de la justice intergénérationnelle et de la protection des ressources naturelles au bénéfice des générations à venir; |
La solidarité entre les générations
| 35. | met en avant l’avis du CESE sur la solidarité intergénérationnelle, et reconnaît ce faisant le rôle déterminant qui incombe aux collectivités locales et régionales s’agissant de favoriser les échanges intergénérationnels, de lutter contre les stéréotypes, d’accroître à la fois la participation et la représentation tant des jeunes que des personnes âgées dans la vie publique, en sus de faciliter leurs relations avec les institutions gouvernementales; de la sorte, en prenant en compte les considérations d’équité intergénérationnelle dans l’élaboration de leurs politiques, les collectivités locales et régionales seront à même de renforcer le tissu social et d’insuffler une culture de démocratie participative qui s’applique à tous les âges, y compris aux jeunes et aux plus âgés; |
| 36. | fait valoir que les collectivités locales et régionales peuvent faciliter l’apprentissage intergénérationnel, notamment le mentorat ou le partage d’expériences, sachant que pour une part non négligeable, celui-ci se pratique de manière informelle au sein de la communauté, dans le cadre d’activités locales dans les bibliothèques et les musées, au sein des associations culturelles, sportives ou autres, et des institutions religieuses, dès lors qu’il est prévu un financement suffisant à cet effet; |
| 37. | souligne qu’il importe de préserver et de transmettre aux générations futures le riche patrimoine historique de l’Europe et de ses nations et la diversité de leurs racines culturelles, en sus du rôle des minorités religieuses, linguistiques et nationales, leurs usages traditionnels et leurs monuments culturels, ainsi que de prendre conscience qu’il s’agit là d’une responsabilité commune qui nous échoit à tous en permanence; est d’avis qu’il s’impose d’associer activement les jeunes aux actions menées à cette fin, notamment dans les régions rurales et moins développées, car en matière de culture, ils sont des acteurs incontournables de la transmission, de l’innovation et de la préservation; il est essentiel de leur fournir les compétences et les possibilités nécessaires pour continuer à faire vivre le patrimoine bioculturel de l’Europe; en effet, la hausse des températures, les conditions météorologiques extrêmes, l’érosion côtière et la pollution atmosphérique accélèrent la détérioration des sites et des artéfacts historiques; dans le même temps, d’autres problèmes tels que l’urbanisation, le tourisme de masse, l’incurie, les conflits armés, les trafics illicites et le manque de financement des mesures de conservation mettent également en péril le patrimoine culturel; protéger et sauvegarder cet héritage commun constitue une forme d’expression essentielle de la solidarité intergénérationnelle et il s’impose d’y concourir au moyen de politiques inclusives, de l’engagement des communautés et d’investissements publics adéquats à tous les échelons de gouvernement; |
| 38. | encourage les collectivités locales et régionales à promouvoir la solidarité intergénérationnelle au moyen de politiques publiques qui soutiennent activement les activités de soin à autrui, tant formelles qu’informelles, en reconnaissant leur valeur s’agissant de rapprocher les générations, notamment en assurant la protection sociale des aidants; |
| 39. | souligne les avantages mutuels que procurent les projets et la coopération intergénérationnels pour ce qui est de favoriser la cohésion sociale et de relever les défis sociétaux communs, y compris, mais sans s’y limiter, les initiatives de logement intergénérationnel qui remédient à la fois à la pénurie de logements abordables pour les jeunes et à la solitude des personnes âgées; met en avant l’influence positive que les projets intergénérationnels exercent sur la santé mentale des personnes âgées mais aussi sur les jeunes, étant donné que les deux groupes d’âge souffrent d’isolement et de solitude en raison de facteurs distincts: la solitude ou l’isolement social pour les personnes âgées et la solitude ou l’isolement numérique pour les jeunes; dans les zones rurales, de telles initiatives pourraient également servir de trajectoires de réengagement pour les jeunes NEET en les mettant en contact avec les générations plus âgées au moyen de mentorats, d’apprentissages ou de systèmes de logement partagé, favorisant ainsi le soutien mutuel et la cohésion communautaire; |
Conclusions
| 40. | souligne que la plupart des problèmes mondiaux, et en particulier ceux qui concernent l’environnement, persistent sur d’amples périodes et dépassent l’horizon d’une seule génération; fait observer que les générations futures vivront avec les conséquences de la pollution de l’environnement sans y avoir contribué; affirme enfin que les collectivités locales et régionales et les institutions européennes doivent montrer la voie pour remédier à ces injustices et invite dès lors la Commission à œuvrer pleinement de concert avec ces mêmes collectivités dans le cadre de la stratégie de l’Union sur l’équité intergénérationnelle, en établissant la manière dont les intérêts des générations présentes et futures sont respectés tout au long de l’élaboration des politiques et de la législation de l’Union, de sorte qu’aucune des générations futures n’ait à porter le fardeau des choix passés. |
Bruxelles, le 3 juillet 2025.
La présidente
du Comité européen des régions
Kata TÜTTŐ
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/4417/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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