Avis du Comité européen des régions — Davantage que des instruments de financement: les collectivités locales et régionales mobilisent des ressources publiques et privées pour assurer un suivi efficace sur le terrain des dialogues sur la transition propre
| CELEX | 52025IR0880 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 2 juillet 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2025/4413 | 29.8.2025 |
Avis du Comité européen des régions
Davantage que des instruments de financement: les collectivités locales et régionales mobilisent des ressources publiques et privées pour assurer un suivi efficace sur le terrain des dialogues sur la transition propre
(C/2025/4413)
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RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR)
Investir dans des régions et des villes durables, innovantes et compétitives
| 1. | soutient l’ambition affichée par l’Union de parvenir à la neutralité climatique et de se donner pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 90 % d’ici à 2040 conformément à l’engagement pris par l’Union dans le cadre de l’accord de Paris; fait observer que ce dessein revêt un caractère primordial pour la compétitivité à long terme puisqu’il garantira à l’UE un avenir résilient et durable tout en favorisant l’essor d’une industrie innovante, propre et compétitive; souligne que cette ambition suppose d’élaborer les politiques de manière souple, transparente et réaliste et de communiquer avec toutes les parties prenantes; |
| 2. | met en exergue le cadre global de l’Union en matière de climat et d’énergie dont font partie le pacte vert pour l’Europe, les dialogues sur la transition propre ou encore le pacte pour une industrie propre; ces initiatives encouragent la mobilisation de capitaux privés grâce à des réglementations attrayantes et favorables aux investissements s’inscrivant dans la durée et garantes de stabilité, et définissent une trajectoire claire pour les collectivités locales et régionales ainsi que pour les entreprises, les consommateurs et les citoyens; |
| 3. | reconnaît que les dialogues sur la transition propre ont constitué un outil important pour transformer les objectifs du pacte vert pour l’Europe en politiques davantage axées sur l’action, avec une approche industrielle qui ouvrira la voie à une industrie européenne plus compétitive, créant ainsi de nouveaux emplois aux niveaux local et régional. Cela confirme également qu’il est important de mettre davantage l’accent sur le rôle des collectivités locales et régionales dans ce processus; |
| 4. | accueille avec satisfaction le pacte pour une industrie propre, y compris la révision du cadre relatif aux aides d’État, en tant qu’instrument permettant d’accélérer le déploiement des énergies renouvelables et la décarbonation industrielle, en créant les conditions adéquates pour que les entreprises puissent atteindre la neutralité climatique. Dans cette optique, il importe de garantir un accès aisé à une énergie et à des matières premières critiques abordables, durables et sûres, et à des chaînes d’approvisionnement sûres et durables, ainsi que de tenir compte de la nécessité que l’extraction et la production respectent aussi bien les droits de l’homme que l’environnement, et donc de débloquer les investissements, de créer des marchés pilotes pour les technologies propres, l’efficacité énergétique et les solutions de l’économie circulaire tout en supprimant les obstacles à la prospérité des entreprises; demande à la Commission européenne de prendre en compte, pour sauvegarder à la fois la sécurité de l’approvisionnement et le caractère abordable, toutes les technologies disponibles qui contribuent à atteindre les objectifs de neutralité climatique de l’Union pour 2050 et ce, de façon rentable et plus indépendante; |
| 5. | soutient la boussole pour la compétitivité en tant qu’outil essentiel pour stimuler l’innovation et la croissance, et convient que, pour accroître la productivité de l’Union, il y a lieu de prendre des mesures et d’initier des changements politiques afin de développer l’innovation, de réduire la charge réglementaire, de promouvoir les compétences et de soutenir les entreprises de pointe dans le domaine des technologies propres qui ouvriront la voie à la décarbonation et à la résilience au changement climatique, et favoriseront la création d’emplois de qualité, le bien-être et la croissance économique; reconnaît par ailleurs la nécessité de développer des produits non toxiques et circulaires, et dans le même temps de préparer une feuille de route pour utiliser moins de ressources afin de respecter les limites de notre planète; |
| 6. | se félicite des ambitions affichées par le règlement pour une industrie «zéro net» qui entend aider l’industrie européenne à attirer des investissements et améliorer le marché des technologies propres dans l’UE, garantissant ainsi des conditions de concurrence plus équitables pour l’industrie européenne, notamment par rapport à la Chine et aux États-Unis; réaffirme en outre la nécessité d’intensifier le rôle de l’innovation dans l’ensemble de l’Union, notamment en consolidant les partenariats public-privé; |
| 7. | souligne le rôle majeur qui incombe à l’industrie en matière de décarbonation et insiste sur le fait que les réglementations doivent protéger l’environnement et les droits de l’homme tout en évitant les conséquences involontaires, qui pourraient aboutir à ce que ce secteur ait plus de mal à exploiter son potentiel; fait valoir que pour renforcer sa compétitivité, il est primordial que l’Union déploie des actions efficaces en faveur de la simplification et de la réduction de la charge administrative ainsi que de la simplification du langage administratif, afin d’attirer davantage d’investissements et d’aider les entreprises et les citoyens à prendre des décisions en connaissance de cause et en toute confiance; rappelle par ailleurs qu’il est absolument indispensable de renforcer les écosystèmes d’innovation, l’entrepreneuriat et le transfert de technologies, qui facilitent la cocréation en veillant à ce que ces innovations atteignent au plus vite la viabilité commerciale grâce à la collaboration entre les secteurs public et privé; |
| 8. | plaide en faveur d’une prise de décision fondée sur des données probantes, grâce à une planification renforcée et à des analyses rigoureuses et fiables, pour lutter contre le changement climatique, la perte de diversité biologique et la pollution par une transformation systématique à tous les niveaux de gouvernance, et estime que cela peut aller de pair avec les efforts déployés par l’Union pour garantir la sécurité énergétique, créer des emplois de qualité, renforcer les compétences et diminuer le montant des factures énergétiques des ménages et des entreprises; |
| 9. | met en exergue le rôle crucial des collectivités locales et régionales dans l’accélération de la transition vers une économie européenne propre et résiliente, et reconnaît qu’elles sont à la fois des fournisseuses majeures de solutions de substitution biosourcées et des pionnières en matière de solutions de technologies propres; insiste sur le fait que les collectivités locales et régionales peuvent être des moteurs de la production d’énergie propre en promouvant une énergie à faible teneur en carbone produite localement et une plus grande indépendance énergétique, ainsi qu’en développant des partenariats public-privé solides et stratégiques; La participation des collectivités locales et régionales revêt la plus haute importance pour concevoir des modèles de gouvernance efficaces et durables qui facilitent les interventions réglementaires et la prise de décisions par les consommateurs, les prestataires de services énergétiques et les propriétaires d’actifs (investissements énergétiques) dans le cadre du processus de transition énergétique; |
| 10. | souligne que le protectionnisme est un obstacle au développement et à la croissance, et qu’il convient de faciliter les chaînes de production locale au sein du marché unique européen, en améliorant les infrastructures, en promouvant l’innovation, en soutenant une meilleure coopération entre les entreprises et en garantissant des conditions de concurrence équitables, créant ainsi un environnement plus favorable aux PME locales; il est tout aussi important de lutter contre la fragmentation et de supprimer les obstacles afin de stimuler la compétitivité et de faciliter la décarbonation dans toutes ses dimensions; |
La gouvernance à plusieurs niveaux avec les collectivités locales et régionales en tant que plateformes pour la croissance et la transition
| 11. | invite la Commission européenne à associer régulièrement les collectivités locales et régionales aux dialogues sur la transition, étant donné que la plupart des projets de décarbonation sont mis en œuvre dans les villes et les régions. Dans le cadre de ce processus, il convient de garantir la participation des municipalités rurales et insulaires ainsi que des régions moins densément peuplées ou souffrant du vieillissement démographique, car leur visibilité institutionnelle et leurs capacités techniques sont souvent inférieures à celles des zones métropolitaines, mais leur présence est essentielle pour parvenir à une transition équilibrée et inclusive vers une énergie propre; |
| 12. | soutient l’approche de la mission pour des villes neutres pour le climat et intelligentes à laquelle prennent part les collectivités locales et régionales, les citoyens, les entreprises, les investisseurs et les autorités nationales; indique que ce modèle pourrait devenir une des pierres angulaires de la compétitivité de l’Union car il suscite un engagement politique fort pour garantir que les investissements mobilisent les entreprises, alimentent l’innovation européenne et consolident les marchés de l’Union dans les domaines des transports durables, de l’énergie, des infrastructures et de la gestion des déchets; préconise en outre de mettre à profit le succès des missions de l’UE, ce qui suppose d’intensifier le cofinancement en faveur de mesures novatrices potentielles; |
| 13. | rappelle la nécessité de soutenir les efforts déployés par le collectivités locales et régionales pour exploiter les inventions créées à l’échelle locale et de leur permettre d’instaurer des plateformes pour développer, dans la mesure du possible, les petites entreprises et les convertir en grandes entités tout en préservant le lien vital entre les grandes et les petites entreprises au sein des chaînes de valeur manufacturières, et reconnaît l’importance des plateformes publiques en tant qu’incubateurs d’innovation qui fournissent des conditions et des services de qualité aux entreprises émergentes; |
| 14. | souligne, conformément aux rapports Letta et Draghi, qu’il importe d’adopter un état d’esprit axé sur les énergies renouvelables, le renforcement de la recherche, du développement et de l’innovation et l’utilisation efficace de la numérisation, et fait également observer que les collectivités locales et régionales peuvent jouer un rôle décisif en tant que plateformes de symbiose industrielle où les services d’intérêt général, tels que notamment la gestion des déchets, le traitement des eaux urbaines résiduaires, la production et la valorisation énergétiques, peuvent constituer des pôles d’entreprises dans les domaines de la production d’énergie renouvelable, de l’économie circulaire et de la décarbonation; |
| 15. | encourage la possibilité d’utiliser les entreprises municipales de traitement des déchets, les centrales de production combinée de chaleur et d’électricité qui utilisent des sources d’énergie renouvelables ou qui valorisent des déchets, l’approvisionnement en eau et le traitement des eaux usées, ainsi que d’autres services d’intérêt général, comme moteurs de symbiose industrielle en collaboration avec les investisseurs commerciaux, afin d’ouvrir des possibilités de croissance dans les villes et les régions, tout en maintenant un niveau élevé d’ambition ainsi que des critères environnementaux vérifiables en matière de décarbonation, d’utilisation efficace des ressources et de circularité, ainsi que des services publics abordables et de bonne qualité; |
| 16. | indique que la transition vers une économie circulaire, qui comprend l’utilisation plus efficace des ressources, constitue un impératif stratégique pour la compétitivité de l’Union et souligne sa dimension intrinsèquement locale et régionale; réclame par ailleurs une montée en puissance substantielle de l’aide que l’UE apporte aux villes et aux régions aux fins de développer et d’appliquer des processus de circularité systémique, en particulier par le truchement des marchés publics responsables et l’introduction d’un régime de responsabilité élargie des producteurs dans la législation environnementale européenne, qui réglemente clairement et sans ambiguïté le principe du pollueur-payeur, afin de favoriser l’innovation circulaire dans les matériaux, les modèles économiques et les infrastructures pour que l’Europe demeure aux avant-postes de la transition mondiale; |
| 17. | insiste sur l’importance des solutions systémiques et constate que les collectivités locales et les régions peuvent jouer un rôle dans leur création en tirant parti de l’aptitude et de la capacité des entreprises et du secteur public, mais aussi des citoyens, à coopérer, tout en développant une ressource en matière de compétences; souligne que les communautés locales et les régions doivent coopérer avec les entreprises mais aussi avec les universités, les centres technologiques, les écoles et les établissements de formation professionnelle pour forger des écosystèmes de développement des compétences, d’innovation et d’entreprises dans le domaine des technologies propres et circulaires et des systèmes énergétiques et fait observer qu’il faut motiver les étudiants et les jeunes professionnels de tous les types de régions, y compris celles qui sont rurales, insulaires, moins densément peuplées ou moins développées, à embrasser une carrière dans les industries de demain afin de créer des emplois de qualité à tous les niveaux ainsi que des qualifications; |
| 18. | met en exergue l’importance que revêtent la gouvernance à plusieurs niveaux et les dialogues multiniveaux permanents sur l’énergie et le climat pour la transition propre et la promotion des procédures de coplanification, ainsi que pour le développement économique, la croissance et le bien-être, et encourage le recours aux programmes de développement régional en tant que moteurs et plans à long terme pour parvenir à une collaboration efficace entre les niveaux de gouvernement; |
Un financement adéquat est indispensable à la réussite de la transition
| 19. | est favorable au plan d’investissement du pacte vert pour l’Europe et considère que le budget de l’UE, que viennent compléter les contributions nationales, forme l’épine dorsale de la transition propre; reconnaît par ailleurs que divers fonds existent au niveau européen qui permettent de soutenir la transition des collectivités locales et régionales vers la neutralité climatique, tels que la politique de cohésion, le Fonds social européen, le Fonds pour une transition juste, le programme pour l’environnement et l’action pour le climat, le mécanisme pour l’interconnexion en Europe et Horizon Europe, parmi d’autres; |
| 20. | souligne que les collectivités locales, les États membres et l’UE doivent partager les coûts et les risques publics liés au développement industriel, en fonction des responsabilités incombant aux échelons local et régional, en ce qui concerne les infrastructures nécessaires à l’expansion industrielle, telles que les routes, l’approvisionnement en eau, l’énergie, le logement et l’éducation; la prise en charge des autres risques doit être répartie entre les acteurs publics et privés. Avec le déploiement accéléré des nouvelles technologies et industries et l’intensification de la concurrence internationale, les risques augmentent également, ce qui entraîne la nécessité de développer des modèles visant à protéger les collectivités locales et régionales contre l’obligation de supporter seules les coûts publics des projets industriels défaillants; |
| 21. | demande que le Fonds pour une transition juste, avec l’accent qu’il met spécifiquement sur certains enjeux, soit pleinement intégré dans le cadre juridique de la politique de cohésion de l’Union pour l’après 2027 et que son champ d’application soit élargi, de sorte à soutenir les régions qui dépendent actuellement des industries fossiles et doivent opérer une transition vers des emplois de qualité tournés vers l’avenir et à faire en sorte qu’elles bénéficient des ressources financières nécessaires pour faire face aux défis émergents; |
| 22. | affirme que le succès de la transition dépend avant tout de la capacité à répondre aux besoins de financement; à cet égard, préconise que les fonds de l’Union soient facilement accessibles et ciblent directement les collectivités locales et régionales, sans charges administratives excessives, mais sans pour autant les laisser à la portée de profiteurs ou d’individus qui tenteraient d’utiliser illégalement des fonds publics; demande que soient renforcées les synergies entre les fonds européens, nationaux, régionaux et locaux, que soit contré le rétrécissement des financements qui touche les collectivités locales et régionales n’ayant pas accès à l’aide technique et aux outils de cofinancement adaptés à leurs besoins, et que l’on élimine les chevauchements et les doubles emplois de ces fonds; souligne enfin que les collectivités locales et régionales devraient être pleinement associées à la planification, à la conception et à la mise en œuvre de ces fonds. Le financement de l’Union devrait inclure des possibilités de développement des compétences qui puissent être alignées sur les différents atouts industriels et les besoins du marché du travail dans les régions; |
| 23. | insiste sur l’urgente nécessité de mieux coordonner les financements de l’Union et de leur consacrer une meilleure communication afin d’aider les collectivités locales et régionales, ainsi que l’industrie, à trouver plus facilement les informations et les ressources idoines; |
| 24. | souligne qu’il y a lieu d’améliorer la collaboration entre les différentes sources de financement au niveau de l’Union, par exemple avec la Banque européenne d’investissement (BEI), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), les institutions financières internationales et les banques privées; insiste tout particulièrement sur le fait que la BEI doit renforcer son rôle dans le financement de la transition écologique, en veillant à ce que les investissements soient systématiquement alignés sur les objectifs climatiques et environnementaux; |
| 25. | met en avant la pertinence d’appliquer une perspective à long terme aux fonds et au financement, conformément à l’objectif de neutralité climatique, tant au niveau de l’Union qu’à celui des États membres, afin que l’essor d’une industrie compétitive, innovante et circulaire dans l’UE puisse s’inscrire dans un environnement prévisible et stable; propose que le débat plus large sur le financement du budget à long terme de l’Union après 2027 porte notamment sur le financement de projets d’investissement communs à cette fin; |
| 26. | fait observer qu’il importe de conserver les fonds qui soutiennent la transition de l’industrie européenne vers un avenir propre et décarboné, y compris en période de crise, afin de doter l’Union d’une industrie et d’une économie qui soient compétitives, fortes et indépendantes des influences des économies autoritaires; |
| 27. | préconise l’adoption, dans le prochain cadre financier pluriannuel (CFP), d’une politique de cohésion forte qui soutienne une transition propre, juste et compétitive dans toutes les régions de l’UE, comble les écarts en matière d’innovation entre les régions, réduise la fragmentation des fonds, garantisse l’accès des PME aux possibilités de financement et contribue au financement de stratégies de transition juste fondées sur des approches stratégiques et intégrées communes, en gardant à l’esprit les aspects locaux et régionaux; recommande aussi une perspective ascendante ainsi que la participation des collectivités locales et régionales tout au long du processus d’élaboration du nouveau CFP en vue de forger une approche territorialisée pour tous les fonds concernés, y compris ceux qui soutiennent la compétitivité industrielle et la résilience de l’Union. Le cadre financier pluriannuel devrait également donner la priorité aux investissements dans le développement des compétences et la formation professionnelle, surtout dans les régions structurellement défavorisées, afin d’éviter l’aggravation des disparités territoriales; |
| 28. | appelle de ses vœux une plus grande mobilisation des investissements privés au profit de projets verts en recourant à des mécanismes fondés sur le marché, en proposant des réglementations stables et favorables aux investissements, et souligne la nécessité de mettre en place de nouveaux mécanismes afin de mobiliser des investissements privés substantiels. Étant donné que le secteur privé est responsable de plus de 80 % des émissions de gaz à effet de serre dans l’UE, le rôle qu’il joue dans la transition écologique tout au long de la chaîne de valeur ne saurait être négligé; |
| 29. | insiste sur l’importance des entrepreneurs et de l’esprit d’entreprise dans la transition propre, ainsi que sur la nécessité pour les entreprises innovantes, et tout particulièrement les start up et les scale-up, de disposer de possibilités de financement facilement accessibles; souligne l’importance d’améliorer la collaboration entre les secteurs public et privé dans le domaine de la recherche, du développement et de l’innovation en créant des partenariats bien conçus entre les collectivités locales et régionales et les entrepreneurs afin d’accroître les investissements privés dans les pôles émergents de technologies propres, et estime que les collectivités locales et régionales peuvent jouer un rôle majeur dans ces collaborations; |
Davantage que des instruments de financement
| 30. | signale l’importance d’une coopération étroite entre les secteurs public et privé, ainsi qu’avec le monde universitaire, les communautés locales et les citoyens pour mettre en place des écosystèmes de transition prospères, constitués d’entreprises, de collectivités locales et régionales, d’acteurs du secteur de l’éducation et de citoyens, y compris des écosystèmes d’innovation, où la dispersion et l’isolement géographiques tout comme la densité de population plus faible et le vieillissement démographique requièrent des approches décentralisées et des modèles de transition dimensionnés à l’échelle de la région; souligne par ailleurs qu’il importe de combler l’écart important qui sépare l’état de préparation technique et la viabilité commerciale tout en veillant à ce que les innovations répondent en premier lieux aux besoins des communautés et aux objectifs climatiques; |
| 31. | estime que le développement des infrastructures, l’utilisation des sols et l’amélioration de la capacité et de la flexibilité du réseau électrique sont autant de facteurs importants pour le développement des technologies propres et des pôles d’énergie propre, et qu’à ces facteurs correspondent nombre de responsabilités différentes qu’il convient de coordonner entre tous les niveaux de gouvernance, y compris dans les zones faiblement peuplées et isolées qui sont souvent confrontées à des contraintes de capacité lorsqu’il s’agit de coordonner la planification des infrastructures dans de grandes zones géographiques, d’une manière qui aide l’industrie et les entreprises à atteindre la neutralité climatique; |
| 32. | fait observer qu’un système de tarification du CO2 bien conçu est vital pour encourager l’investissement des secteurs privé et public en faveur de l’atténuation du changement climatique et de l’adaptation à celui-ci, ainsi que pour générer des recettes supplémentaires qui seront affectées à des projets relevant de l’action pour le climat, pour autant qu’il soit ambitieux, transparent et sans failles, et souligne que le système actuel de crédits carbone doit encore surmonter d’importantes difficultés; |
| 33. | insiste sur le fait que le bon fonctionnement de l’autonomie locale et régionale est primordial pour une UE prospère au sein de laquelle les collectivités locales et régionales assument la responsabilité de la transition, mais aussi du développement de leurs habitants et de leur société, soulignant ainsi leur rôle d’utilisatrices pilotes des innovations dans le domaine public; |
| 34. | met en exergue le rôle clé que jouent les collectivités locales et régionales dans les marchés publics et demande à l’Union de garantir un cadre à cet effet, qui permette de privilégier des produits et services durables d’origine locale et d’inclure les acteurs de l’économie sociale et les PME dans les appels d’offres publics, tout en évitant de soumettre les budgets publics à des contraintes supplémentaires en raison de la complexité des réglementations en matière de marchés publics; |
| 35. | souligne que les réglementations sont importantes pour protéger la nature et les êtres humains, préserver l’intérêt public, ainsi que pour éviter les pratiques commerciales déloyales, mais que si elles ne sont pas bien conçues, elles risquent également d’entraîner des charges administratives et des coûts excessifs pour les collectivités locales et régionales ainsi que pour les entreprises, en particulier les PME. L’UE et les États membres doivent donc s’efforcer d’éviter ce risque tout en trouvant le juste équilibre avec la déréglementation; |
| 36. | met en avant l’importance de développer les compétences et les qualifications nécessaires à la transition propre; à cet égard, rappelle qu’il convient d’améliorer les liens entre les universités, les établissement d’enseignement professionnel et les entreprises, et estime que les collectivités locales et régionales peuvent jouer un rôle majeur pour faciliter ce processus; |
| 37. | indique que les valeurs de l’UE, y compris l’engagement consistant à défendre la démocratie, les droits fondamentaux et l’état de droit, lui confèrent un avantage concurrentiel. Il est essentiel de garantir, dans les limites de notre planète, le bien-être des citoyens pour attirer les bonnes compétences et, partant, instaurer des économies locales et régionales prospères. Les collectivités locales et régionales doivent dès lors continuer à investir dans leur capital social dont font partie la confiance, la démocratie locale et la bonne qualité des conditions de vie, afin d’être des espaces de vie compétitifs et attrayants à l’échelle mondiale. À cet égard, le Comité attire aussi l’attention sur les principes horizontaux qui s’appliquent aux fonds européens, tels que l’égalité des genres, la non-discrimination, la justice sociale et environnementale, les principes démocratiques et les considérations climatiques, qui constituent autant d’éléments de qualité par rapport à d’autres économies; |
| 38. | invite instamment toutes les collectivités locales et régionales à utiliser les meilleures pratiques disponibles grâce auxquelles des villes, des municipalités et des régions ont réussi à créer des pôles de technologies propres, des symbioses industrielles, des pôles circulaires et des structures locales produisant des carburants exempts de combustibles fossiles; |
| 39. | réaffirme que le secteur public et les collectivités locales et régionales ont la possibilité de créer leurs propres instituts de financement afin de réduire les coûts grâce au partage des risques et aux garanties mutuelles, à l’instar des banques municipales nordiques, des agences similaires qui existent en France ou encore de la banque allemande de développement (KfW); |
Les collectivités locales et régionales sont en première ligne pour mobiliser les partenariats public-privé
| 40. | reconnaît que, si les investissements devront être financés en grande partie par le secteur privé, le secteur public n’en joue pas moins un rôle important en tant que catalyseur, et admet que de nouveaux modèles commerciaux pour la symbiose industrielle doivent être mis en place en collaboration entre les différents niveaux gouvernementaux; |
| 41. | souligne que le secteur public, en particulier les collectivités locales et régionales, peut jouer un rôle majeur dans la mise en place d’écosystèmes associant divers acteurs en développant des plateformes et des groupements pour les acteurs privés et publics et en assumant le rôle important d’un partenariat public-privé. Toutes les collectivités locales et régionales rurales, quel que soit leur type, et notamment celles des zones rurales, insulaires et moins densément peuplées, doivent être soutenues dans la mise en place de ces écosystèmes, au vu de la fonction stratégique qu’elles occupent en matière de gestion des terres, des ressources naturelles et des solutions énergétiques décentralisées et de leur potentiel s’agissant de devenir de nouveaux pôles d’innovation et de compétences au service de l’économie propre; |
| 42. | invite la Commission européenne à aider les collectivités locales et régionales à créer des écosystèmes associant divers acteurs et à intégrer pleinement les considérations de durabilité dans sa politique financière afin de soutenir la mise en œuvre du pacte vert pour l’Europe. Un instrument décisif à cet égard est la panoplie des instruments de finance durable de l’Union, qui soutient non seulement les entreprises qui obtiennent les meilleurs résultats en matière de durabilité, mais également celles qui se trouvent dans des situations de départ différentes et qui ont défini des objectifs clairs en matière de durabilité; |
| 43. | met l’accent sur la collaboration entre les secteurs public et privé dans le domaine de la recherche, du développement et de l’innovation afin d’améliorer les progrès fondés tant sur la technologie que sur la nature, souligne dans ce contexte la participation régionale forte et fructueuse à des partenariats européens cofinancés et approuve les efforts en matière de recherche, de développement et d’innovation industriels portant sur les produits et les systèmes dont l’empreinte carbone est positive; |
| 44. | estime qu’il importe de stimuler les partenariats entre les secteurs public et privé et entre les pouvoirs publics et les interlocuteurs locaux afin d’accélérer la recherche, le développement technologique ainsi que l’innovation systémique et organisationnelle; |
| 45. | met en exergue la nécessité d’aligner les politiques industrielles et climatiques de l’UE, de promouvoir les investissements dans la recherche, le développement et l’innovation dans le secteur industriel, de supprimer la concurrence en matière d’aides d’État et de favoriser une innovation ouverte en encourageant la neutralité technologique et la collaboration stratégique. |
Bruxelles, le 2 juillet 2025.
La présidente
du Comité européen des régions
Kata TÜTTŐ
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/4413/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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