Avis du Comité européen des régions — Vision pour l’agriculture et l’alimentation
| CELEX | 52025IR0948 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 2 juillet 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2025/4411 | 29.8.2025 |
Avis du Comité européen des régions — Vision pour l’agriculture et l’alimentation
(C/2025/4411)
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RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR)
| 1. | demande instamment de placer les agriculteurs et les éleveurs au cœur des politiques agricoles actuelles et d’adopter des mesures pour qu’ils puissent poursuivre leur activité, en abordant des enjeux tels que l’absence de renouvellement générationnel et la moyenne d’âge dans ce secteur; reconnaît le rôle vital qu’ils jouent pour garantir notre sécurité et notre souveraineté alimentaires, la cohésion de nos zones rurales, notre patrimoine culturel, ainsi que la protection du climat, de l’environnement, de la diversité biologique et de nos moyens de subsistance; |
| 2. | accueille favorablement la vision présentée par la Commission européenne, en particulier l’accent qu’elle met sur l’agriculture et l’élevage et sur l’alimentation, y compris la pêche, considérés comme des secteurs stratégiques, ainsi que l’importance qu’elle attache à promouvoir l’agriculture comme un choix de carrière pour les générations futures, sans oublier le caractère essentiel et non négociable qu’elle confère à la sécurité, la sûreté et la souveraineté alimentaires, tout comme la priorité qu’elle accorde à la compétitivité et à la garantie d’un revenu décent et équitable pour les agriculteurs; précise que la viabilité à long terme de ces objectifs dépend aussi du renforcement de la résilience du secteur face aux risques environnementaux et climatiques; |
| 3. | se félicite que, dans sa vision, la Commission se fixe pour objectif d’utiliser la politique agricole commune (PAC) pour soutenir une politique agricole européenne ambitieuse et tournée vers l’avenir, en prévoyant qu’en règle générale, le futur soutien de la PAC sera davantage axé sur les agriculteurs qui participent activement à la production alimentaire durable, ainsi que sur la vitalité économique de nos exploitations agricoles; à cet égard, il s’impose de préciser quels agriculteurs sont considérés comme participant activement à la production visée, en tenant compte de l’importance de pratiques respectueuses de l’environnement pour préserver la productivité et la compétitivité à long terme du secteur; |
| 4. | estime que le soutien public apporté au titre de la PAC demeure essentiel pour soutenir les revenus des agriculteurs et qu’il convient à cet effet de garantir qu’à l’avenir, cette politique soit forte et indépendante; considère qu’elle doit absolument être dotée d’un budget adéquat et spécifique reposant sur deux piliers, le Fonds européen agricole de garantie (FEAGA) et le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader), pour faire en sorte de soutenir effectivement les revenus des agriculteurs et les zones rurales; |
| 5. | insiste sur le fait qu’il ne sera possible d’atteindre les objectifs ambitieux énoncés dans la vision qu’au moyen d’une planification et de financements spécifiques, et appelle donc à ce que la politique agricole commune (PAC) demeure une politique européenne forte, autonome et véritablement commune dans le prochain cadre financier pluriannuel. La PAC devrait rester articulée autour de ses deux piliers que sont les paiements directs et le développement rural, et être dotée de ressources idoines pour préserver les revenus des agriculteurs et relever les différents défis auxquels le secteur agricole est confronté, qui vont des guerres commerciales à l’adaptation au changement climatique, en passant par la durabilité et le renouvellement des générations; |
| 6. | souligne que si l’on veut que cette vision du système agroalimentaire européen aboutisse à des résultats d’ici à 2040, il ne suffit pas d’assurer une meilleure articulation des politiques des États membres avec celles de l’Union, mais il convient aussi de mieux faire concorder l’ensemble des politiques locales, régionales, nationales et européennes; |
| 7. | rappelle le rôle important qui incombe aux agriculteurs s’agissant de mettre en œuvre des volets stratégiques de la transition énergétique durable au sein de l’Union et réclame que la production énergétique vienne soutenir l’agriculture plutôt que de l’entraver; souligne néanmoins qu’il convient d’envisager avec prudence toute modification de la législation, afin d’éviter que la pression sur la valeur des terres n’augmente et que la concurrence pour leur affectation ne s’intensifie; |
| 8. | encourage la Commission à assurer un suivi effectif de la mise en œuvre de sa vision, en faisant régulièrement rapport à toutes les institutions de l’UE, dont les collectivités locales et régionales, concernant les progrès accomplis pour mener à bien les différentes initiatives; recommande de tirer pleinement parti, chaque fois que possible, des systèmes de collecte de données existants, de manière à réduire au maximum les charges administratives; |
| 9. | fait valoir toute l’importance que revêt la proposition de la Commission visant à approfondir le dialogue stratégique par des échanges soutenus et plus efficaces avec les agriculteurs, les organisations qui les représentent, les opérateurs de la chaîne alimentaire et la société civile aux niveaux local et régional, et ce dans toute l’Europe, en prêtant l’oreille à leurs préoccupations et à leurs idées; encourage plus particulièrement la Commission à organiser, à intervalles réguliers, des réunions et discussions d’ordre technique avec les régions ultrapériphériques pour examiner l’évolution des programmes spécifiques qu’elles mettent en œuvre dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de l’alimentation; |
Recommandations concernant la dimension régionale de la PAC
| 10. | regrette que dans sa vision, la Commission ne mentionne pas la nécessité de renforcer la dimension régionale de la PAC afin d’adapter les options stratégiques aux caractéristiques propres à chaque territoire et à chaque secteur; |
| 11. | demande que les régions jouent un rôle de premier plan dans la gouvernance des plans stratégiques, en prévoyant des garanties propres à prévenir toute distorsion de la concurrence entre les agriculteurs; |
| 12. | invite la Commission à préciser son approche, s’agissant de privilégier la production de produits agricoles essentiels à l’autonomie stratégique et à la résilience de l’Union; |
| 13. | souligne que le nouveau modèle de mise en œuvre de la PAC a réduit la dimension régionale de cette politique et induit une augmentation de la charge administrative pesant sur les autorités régionales et locales de gestion, un manque de flexibilité dans l’adaptation des plans stratégiques relevant de ladite PAC aux besoins locaux et régionaux, ainsi que des retards dans sa mise en œuvre; |
| 14. | propose d’autoriser les autorités de gestion à modifier leurs plans stratégiques sans avoir à consulter la Commission, dans les cas où une crise locale ou régionale nécessite d’octroyer une aide d’urgence aux agriculteurs; rappelle que les plans stratégiques relevant de la PAC ne sont pas des instruments de crise et que l’octroi d’une aide d’urgence doit continuer à faire figure d’exception; |
| 15. | suggère en outre de fixer des seuils au-delà desquels les autorités de gestion sont autorisées à apporter des modifications à leurs plans stratégiques, sans autre formalité que d’en informer la Commission; |
| 16. | demande que les autorités de gestion locales et régionales aient la possibilité d’échanger directement avec la Commission européenne et que le réseau de la PAC associe directement les régions aux travaux qu’il mène pour suivre l’exécution des plans stratégiques nationaux et leur évaluation; |
| 17. | préconise de mieux coordonner les travaux des comités de suivi nationaux, régionaux et locaux; |
| 18. | note que s’il est essentiel d’octroyer plus de souplesse aux États membres et aux régions au titre d’un cadre de planification stratégique afin de tenir compte des réalités agricoles locales, il importe néanmoins de trouver un juste équilibre pour ne pas mettre en péril la cohérence du marché unique; reconnaît que si des agriculteurs situés dans des États membres différents perçoivent des rémunérations très dissemblables pour des activités pourtant similaires, ces disparités risquent de donner lieu à des distorsions de concurrence; souligne dès lors qu’il importe de garantir des conditions équitables, propres à préserver l’égalité des conditions de concurrence dans le marché unique; |
| 19. | invite la Commission européenne à envisager d’inclure des objectifs clairs et réalisables que tous les États membres devraient s’efforcer d’atteindre d’ici la fin de la période de programmation, comme il le proposait dans son précédent avis sur la réforme de la PAC, de manière à garantir des conditions de concurrence équitables entre les États membres et les régions; |
Recommandations concernant une répartition équitable de l’aide au revenu
| 20. | se félicite de la proposition qui prévoit de mieux cibler les aides publiques au profit des agriculteurs qui en ont le plus besoin, en accordant une attention particulière à ceux des zones soumises à des contraintes naturelles et à des défis en matière de durabilité et d’aménagement du territoire, aux jeunes et aux nouveaux arrivants au sein de la profession, ainsi qu’aux exploitations mixtes; |
| 21. | rappelle combien il importe de permettre à nos agriculteurs d’exercer leur activité sans subir de charges administratives excessives, et insiste sur l’utilité de recourir à des outils simplifiés d’aide au revenu; estime que la sécurité des revenus devrait occuper une place centrale dans la politique agricole; |
| 22. | fait valoir que les outils d’aide au revenu, qui mobilisent la plus grande part du budget de la PAC, devraient contribuer à maintenir l’activité agricole dans toutes les zones géographiques, à répondre aux enjeux à long terme tels que le maintien de l’emploi dans les zones rurales reculées, à soutenir les secteurs et les pratiques agricoles durables qui préservent les moyens de subsistance, la diversité biologique et les paysages, et à ralentir la déprise agricole et le dépeuplement des zones rurales; |
| 23. | souligne que les mécanismes de régulation du marché, tels que les stocks publics ou les mesures de contrôle de l’offre, peuvent servir de complément efficace aux paiements directs et libérer des ressources pour soutenir les agriculteurs dans leur transition écologique et stabiliser les prix du marché en évitant la spéculation; |
| 24. | recommande de compléter les paiements directs par des subventions contracycliques afin de stabiliser les revenus des agriculteurs dans un contexte marqué par des crises imprévisibles; |
Recommandations concernant les mécanismes de régulation du marché intérieur
| 25. | préconise de modifier plus avant l’organisation commune des marchés, afin de garantir aux agriculteurs des prix qui couvrent au moins leurs coûts de production, de les soutenir face aux crises et d’en prévenir la survenue; |
| 26. | fait observer qu’il convient de développer davantage les moyens de gestion des risques afin de renforcer la résilience du secteur; |
| 27. | invite l’UE à introduire un principe de réciprocité dans les échanges agricoles afin de promouvoir plus d’équité et de solidarité dans les relations commerciales et, ce faisant, de lutter contre les pratiques commerciales déloyales; il convient à cet effet de définir et mettre en place des contrôles stricts pour garantir cette réciprocité et protéger les citoyens comme les producteurs; |
| 28. | souscrit à la proposition visant à corriger les déséquilibres actuels de la chaîne alimentaire, mais tient à souligner qu’ils présentent des variations régionales, liées notamment à des questions d’échelle, aux effets du changement climatique ou à des difficultés, parfois historiques, en matière d’aménagement du territoire; |
| 29. | est d’avis que l’organisation commune des marchés doit garantir que les acheteurs soient tenus de payer les produits agricoles à un prix qui couvre au minimum les coûts de production supportés par l’ensemble de la chaîne de production agricole; |
| 30. | estime que pour beaucoup de secteurs, la régulation des marchés est plus efficace et moins coûteuse que le déclenchement de mesures de crises a posteriori, comme le montre l’étude qu’il a consacrée au programme de responsabilisation des marchés dans le secteur laitier; |
| 31. | constate que face à une crise de surproduction, il s’avère plus efficace et moins coûteux de réduire la surcapacité que de laisser un secteur entier être emporté par la crise; |
| 32. | demande la création d’un outil qui permette de déclencher automatiquement l’aide à la réduction volontaire de la production dès que certains seuils sont dépassés; |
| 33. | considère que l’organisation commune des marchés doit instaurer une gestion publique des stocks privés, en particulier dans les secteurs stratégiques, car ces stocks de denrées alimentaires doivent être gérés d’une manière qui réponde aux besoins de la population, sans jamais autoriser pour autant une quelconque forme de dumping; |
| 34. | attend avec intérêt, d’une part, que la directive sur les pratiques commerciales déloyales soit révisée pour refléter le principe selon lequel les agriculteurs ne devraient pas être contraints de vendre systématiquement leurs produits à des prix inférieurs aux coûts de production, et d’autre part, que le règlement OCM soit réexaminé dans le contexte des propositions relatives à la PAC pour la période postérieure à 2027; |
| 35. | soutient fermement la création de l’Observatoire de la chaîne agroalimentaire de l’UE, destiné à orienter les actions futures, à soutenir la compétitivité à long terme, ainsi qu’à promouvoir la confiance et l’équité en renforçant la transparence quant aux coûts et aux marges dans la chaîne alimentaire; |
Recommandations concernant la politique commerciale et sa cohérence avec la PAC
| 36. | se félicite que la Commission soit disposée à mettre en œuvre des «clauses miroirs» dans les accords commerciaux actuels et futurs de l’Union européenne, afin de protéger ses agriculteurs contre les importations déloyales; estime que tout accord commercial devrait impérativement s’accompagner d’analyses d’impact plus exhaustives; |
| 37. | exige que le principe de la «préférence communautaire» soit de nouveau appliqué de manière effective sur le marché intérieur européen pour les transactions commerciales portant sur des produits agricoles, notamment en ce qui concerne le secteur des fruits et légumes, pour lequel les échanges de produits d’origine européenne doivent être privilégiés par rapport aux importations depuis des pays tiers; |
| 38. | salue la volonté d’encourager une utilisation accrue des indications géographiques (IG) en tant qu’instrument puissant permettant aux producteurs européens de valoriser leurs produits tout en défendant le patrimoine alimentaire, et appelle l’Union à protéger les produits porteurs d’une appellation d’origine protégée (AOP) ou d’une indication géographique protégée (IGP) dans ses accords commerciaux avec les pays tiers et à renforcer sa politique de promotion sur les marchés intérieurs et extérieurs, notamment en adoptant un plan d’action relatif aux indications géographiques; |
| 39. | regrette que la proposition de la Commission concernant des mesures d’interdiction dans l’Union pour des raisons sanitaires et environnementales en limite la portée aux seuls «pesticides les plus dangereux»; estime que cette mesure devrait être étendue à tous les produits importés pour lesquels des pesticides interdits par l’Union ont été utilisés; invite l’Union à tirer parti de son pouvoir de marché pour aboutir à une interdiction plus large et des restrictions sévères concernant les pesticides nocifs, tant en vue de protéger ses propres citoyens que de faire progresser les normes mondiales en matière de pratiques agricoles durables; |
| 40. | appelle l’UE à peser de tout son poids de premier importateur et exportateur mondial de denrées alimentaires pour modifier les règles du commerce international agricole établies en 1994 par l’Organisation mondiale du commerce, dans le sens de relations commerciales plus justes et plus solidaires; |
| 41. | exhorte la Commission à se pencher sur l’harmonisation des dispositions qui régissent la fixation des limites maximales applicables aux résidus de pesticides présents dans ou sur les denrées alimentaires et les aliments pour animaux d’origine végétale et animale, ainsi que des règles concernant les produits phytopharmaceutiques que les agriculteurs de l’UE sont autorisés à utiliser, et ce afin de garantir des conditions de concurrence équitables entre les produits provenant du territoire de l’Union et ceux qui sont importés de pays tiers; |
| 42. | demande en particulier à la Commission européenne, dans le contexte de la guerre commerciale avec les États-Unis, d’évaluer les asymétries dans l’incidence des nouveaux droits de douane et de mettre en place un plan de compensation pour les producteurs européens qui en subissent les conséquences. Il convient d’adopter une approche mesurée, conçue pour renforcer la coopération avec nos partenaires transatlantiques. Les menaces de droits de douane, de guerres commerciales et de mesures de rétorsion sont porteuses de répercussions catastrophiques non seulement pour les agriculteurs européens mais aussi pour les consommateurs américains qui comptent sur nos produits de qualité; |
| 43. | invite l’UE à financer des campagnes de sensibilisation pour aider les consommateurs à mieux appréhender les normes de qualité qui reposent avant tout sur la valeur intrinsèque des aliments, au lieu de se fonder sur des critères esthétiques, tels que l’aspect des pommes de terre. Cette initiative contribuerait à réduire le recours abusif aux pesticides et à encourager les consommateurs à évaluer la qualité des aliments en fonction de leur goût, de leur valeur nutritionnelle et du caractère durable de leur production; |
| 44. | exhorte la Commission européenne à adopter une position mesurée face aux droits de douane imposés par les États-Unis, qui touchent principalement les produits agroalimentaires — manifestations essentielles d’une économie profondément enracinée dans les territoires régionaux européens —, pour éviter que les agriculteurs européens ne deviennent de simples pions sur l’échiquier politique et pour continuer à leur garantir une stabilité et un accès aux marchés; |
| 45. | rappelle que la PAC doit se préoccuper avant tout des agriculteurs et des éleveurs, en s’attachant à assurer la rentabilité de leurs exploitations et à simplifier les charges administratives qui pèsent sur eux. À cet égard, il importe de faire valoir auprès des acteurs du secteur primaire que la compétitivité et la transition écologique n’ont rien d’incompatible, et d’adopter à ce titre une approche plus pragmatique pour atteindre certains objectifs comme la lutte contre le changement climatique, la gestion durable des ressources et la préservation des paysages, de sorte à concilier la durabilité avec la productivité et la rentabilité des exploitations agricoles; |
Recommandations concernant la dimension environnementale de la PAC
| 46. | invite la Commission, conformément à l’avis qu’il a émis sur les stratégies régionales d’adaptation pour parvenir à une agriculture bas carbone (CDR-3978-2022), à inclure les autorités locales et régionales dans la gouvernance de la certification carbone européenne en tant que garantes de l’essor de projets fondés sur la coopération au sein de la chaîne d’approvisionnement et en lien avec les besoins et les spécificités territoriales ainsi qu’avec les stratégies régionales de réduction des gaz à effet de serre agricoles; |
| 47. | fait ressortir le rôle crucial et actif de l’agriculture et des agriculteurs dans la durabilité et la préservation de l’environnement, et souligne que, dans le domaine de l’agriculture, la PAC a apporté la plus grande contribution aux objectifs climatiques et environnementaux de l’UE; |
| 48. | estime que les agriculteurs doivent recevoir un soutien adéquat durant la transition vers une agriculture durable, et que le budget de la PAC dévolu à cet objectif devrait donc être complété par des ressources supplémentaires; |
| 49. | rappelle que dans son avis relatif à l’utilisation durable des pesticides, il a demandé de mettre en place un fonds public susceptible de favoriser la mise en œuvre et la généralisation de la lutte intégrée contre les ennemis des cultures. Les ressources requises pour financer ce fonds pourraient provenir, entre autres, d’une taxation des produits phytopharmaceutiques fondée sur les risques qui y sont associés, de contributions des détaillants ou des rentrées procurées par les sanctions; en tout état de cause, la perception de ces ressources financières ne doit pas faire peser de charges financières sur les agriculteurs; |
Recommandations concernant la dimension sociale de la PAC
| 50. | considère qu’une transition vers la durabilité écologique de l’agriculture doit aller de pair avec la justice sociale et le bien-être économique des agriculteurs et des communautés rurales, et estime que les engagements en faveur du pacte vert doivent être complétés par des mesures d’appui pour un revenu équitable et la sécurité de l’emploi; |
| 51. | souligne que les questions sociales inhérentes au travail des agriculteurs doivent être examinées et promues en premier lieu au sein d’instances compétentes dans le domaine social, pour leur garantir un traitement correct, exhaustif et informé de la part d’experts en la matière, dans un cadre qui doit dépasser celui de la PAC; |
| 52. | se félicite de la proposition d’utiliser les services de conseil agricole dans le cadre de la PAC pour mener une action de sensibilisation à la santé mentale et aux accidents du travail au moyen de conseils spécifiques aux agriculteurs; |
| 53. | invite la Commission à évaluer, avec les collectivités locales et régionales et d’ici la fin de 2026, les effets de la dimension sociale de la PAC et à proposer des pistes pour accroître son efficacité au moyen d’autres politiques et fonds, y compris par des mesures visant à améliorer les conditions dans lesquelles les travailleurs agricoles exercent leur activité; |
| 54. | souligne le rôle fondamental des collectivités locales et régionales pour garantir le respect des normes sociales dans l’agriculture, notamment au moyen d’inspections de logements, de programmes de formation et de l’intégration des travailleurs migrants au sein des communautés rurales; invite la Commission à associer les collectivités locales à l’évaluation et au suivi de la conditionnalité sociale; |
| 55. | recommande donc de prendre des mesures pour que les objectifs de la conditionnalité sociale puissent être atteints dans tous les secteurs agricoles, de façon à limiter les distorsions de concurrence entre les collectivités locales et régionales qui découlent de disparités en matière de coûts de la main-d’œuvre; |
| 56. | rappelle, sur la base des recommandations figurant dans l’avis intitulé «Des conditions de travail équitables dans l’agriculture: le point de vue local et régional», l’importance d’adopter la recommandation no 192 et la convention no 184 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur la sécurité et la santé dans l’agriculture, ainsi que la recommandation du Conseil concernant l’amélioration de la protection de la santé et de la sécurité au travail des travailleurs indépendants; |
| 57. | souligne l’importance que revêt la stratégie de renouvellement des générations pour ce qui est d’assurer l’avenir des jeunes et des nouveaux agriculteurs européens, ainsi que notre future souveraineté alimentaire en général. Ladite stratégie devrait s’attaquer à juste titre aux principaux obstacles qui entravent ce renouvellement, en s’attachant à rendre le secteur agricole plus attractif; il conviendrait, en particulier, qu’elle promeuve le principe du «droit de rester sur le territoire» pour les jeunes agriculteurs qui souhaitent se maintenir et pratiquer l’agriculture dans leur région; |
| 58. | se félicite que la vision pour l’agriculture et l’alimentation s’attaque à l’enjeu majeur que représente le renouvellement des générations; souscrit aux priorités recensées en matière d’accès à la terre, de compétences, de régimes de retraite et d’incitations fiscales, mais souligne que les mesures et actions requises doivent être mises en œuvre dans le cadre de la stratégie européenne de renouvellement des générations et assorties d’un budget suffisant pour en assurer la crédibilité et l’efficacité; |
| 59. | se propose à cet égard de jouer un rôle de premier plan pour contribuer à la réalisation de l’objectif susmentionné et formuler des recommandations pour l’atteindre; insiste en outre sur la nécessité d’écouter les jeunes agriculteurs et éleveurs de toutes les régions d’Europe et de travailler en étroite collaboration avec eux, pour faire en sorte que la stratégie de renouvellement des générations intègre des mesures qui tiennent compte des spécificités régionales; |
Recommandations concernant le développement rural
| 60. | se félicite que la Commission soit désireuse de renforcer encore les synergies et les complémentarités entre les fonds structurels de l’UE afin de garantir un soutien efficace et des effets tangibles dans les zones rurales; |
| 61. | souligne la nécessité de maintenir des mesures énergiques relevant du deuxième pilier, consacré au développement rural, en soutenant la viabilité des zones rurales au moyen d’instruments couvrant les activités agricoles et non agricoles et du recours à des instruments financiers, notamment en vue de contribuer à la transition écologique; demande que soit maintenu le lien entre le premier et le deuxième pilier de la PAC, afin d’en préserver la cohérence globale; |
| 62. | rappelle combien il importe d’assurer la gestion des instruments de développement rural en gardant à l’esprit la nécessité de pérenniser les activités liées à l’exploitation des terres; |
| 63. | fait remarquer que les régions ultrapériphériques présentent des spécificités en matière de développement rural qui nécessitent un soutien particulier et ciblé; dans ce contexte, prend bonne note de la référence auxdites régions que fait la Commission dans sa communication intitulée «Une vision pour l’agriculture et l’alimentation», confirmant l’importance du régime POSEI pour soutenir les agriculteurs de ces régions; convient que les résultats de l’évaluation en cours contribueront à la réflexion sur la manière dont ce régime pourra garantir l’avenir à long terme du secteur agricole dans les régions ultrapériphériques, en contribuant davantage à la sécurité et la souveraineté alimentaires, à la compétitivité et à la résilience de ces territoires; |
| 64. | fait observer que les collectivités locales et régionales peuvent contribuer de manière significative à maintenir des communautés dynamiques et économiquement prospères dans les zones rurales et côtières, à faire en sorte qu’elles demeurent une partie intégrante de l’identité européenne et à lutter contre le dépeuplement de ces régions; |
| 65. | se félicite de l’annonce concernant un plan d’action rural actualisé de l’Union; |
| 66. | souhaite renforcer et mieux cibler les politiques territorialisées, grâce notamment au renforcement des capacités de l’instrument de développement local mené par les acteurs locaux (DLAL)-Leader, afin de répondre aux attentes croissantes en matière de développement rural et de cohésion territoriale; |
| 67. | tient pour absolument nécessaire de simplifier l’accès aux financements de l’Union et les procédures grâce à une approche cohérente et souple du développement territorial; |
| 68. | propose d’instaurer, aux fins de renforcer le soutien de DLAL-Leader, de nouveaux outils de mise en œuvre, lesquels devraient reposer sur un fonds chef de file dont le règlement de gestion s’appliquerait aux contributions des autres fonds utilisés, en prévoyant un pourcentage obligatoire de financement dédié au DLAL dans chacun d’entre eux, ainsi que sur le recours à des paiements forfaitaires pour les petits projets; |
| 69. | regrette que des projets locaux et régionaux menés avec succès dans le cadre de certains programmes DLAL-Leader ne soient pas transposés à plus grande échelle, un trop grand nombre de ces programmes étant considérés comme des opérations ponctuelles; |
| 70. | préconise d’encourager l’utilisation des mécanismes de préfinancement et d’avance pour les petits projets; demande en outre l’instauration d’un mécanisme garantissant qu’un acompte représentant 80 % de la subvention accordée soit systématiquement versé dès l’approbation du projet; |
| 71. | fait valoir qu’il importe de garantir la souveraineté alimentaire de l’Union grâce à des politiques propres à assurer la qualité, la durabilité et la sécurité des denrées concernées; |
Recommandations concernant les systèmes alimentaires durables
| 72. | relève que l’axe de travail relatif à l’alimentation a été édulcoré et suggère de poursuivre le dialogue pour dégager des pistes de progression concernant les questions afférentes; |
| 73. | promeut les avancées vers des systèmes alimentaires plus durables et plus résilients en encourageant la production de légumineuses et d’autres cultures végétales et en en reconnaissant les bénéfices pour la santé et l’environnement, comme l’amélioration de la qualité des sols, la baisse des émissions et l’utilisation efficace des ressources; souligne l’importance d’aider les agriculteurs au moyen d’incitations ciblées visant à diversifier la production, à améliorer le bien-être animal et à s’assurer que toute transition concernant les modèles de production se fasse de manière progressive, équilibrée et socialement équitable; |
| 74. | recommande d’envisager de supprimer les obstacles réglementaires et de simplifier les règles en ce qui concerne les partenariats européens d’innovation afin de stimuler la recherche et l’innovation au sein du système agroalimentaire. Parmi ces obstacles administratifs, citons la responsabilité solidaire pour les projets d’innovation menés en groupe: il convient de supprimer cette obligation de sorte que si l’un des partenaires ne satisfait pas à ses obligations, la responsabilité financière en incombe exclusivement à cette partie défaillante. Il faudrait aussi envisager que ces projets puissent faire l’objet d’une garantie financière de la part de l’administration, pour le cas où le remboursement des subventions serait demandé; |
| 75. | regrette que la Commission se concentre exclusivement sur les États membres et les partenaires internationaux lorsqu’il s’agit de définir des moyens durables d’exploiter le potentiel de la bioéconomie pour les agriculteurs, alors que c’est souvent le niveau local qui représente l’échelle idéale pour mettre en œuvre et lancer des projets et démarches biologiques et circulaires; |
| 76. | note que l’innovation agricole est incontournable afin de relever les multiples défis liés à la crise climatique, à la durabilité environnementale et à la sécurité alimentaire; attend avec intérêt l’adoption de propositions législatives visant à accélérer la mise au point et l’autorisation de nouveaux outils biotechnologiques pour protéger les végétaux, ainsi que leur déploiement dans les exploitations agricoles dans le but de diminuer le recours aux produits chimiques; |
| 77. | accueille favorablement la proposition visant à organiser chaque année un dialogue sur l’alimentation avec les acteurs du système alimentaire, afin d’y aborder des questions urgentes telles que la reformulation des aliments, la collecte de données sur la consommation alimentaire et le caractère abordable des denrées alimentaires, d’échanger de bonnes pratiques et d’assurer un suivi concernant la pauvreté alimentaire; |
| 78. | souligne le rôle que peuvent tenir les collectivités locales et régionales pour ce qui est de façonner des environnements alimentaires favorables au moyen d’initiatives menées par les acteurs locaux; |
| 79. | attend avec intérêt l’adoption de la proposition législative relative aux marchés publics alimentaires et espère qu’elle fournira les incitations appropriées pour promouvoir la consommation de produits locaux et de saison et de denrées alimentaires produites selon des normes environnementales et sociales élevées, y compris les produits biologiques et les denrées alimentaires provenant de chaînes d’approvisionnement plus courtes. |
| 80. | propose que soit créée une base d’informations scientifiques publique et conviviale afin de lutter contre les fausses informations qui circulent actuellement sur les réseaux sociaux à propos de certains aliments, tels que le lait, la viande ou les produits qui en sont dérivés. |
Bruxelles, le 2 juillet 2025.
La présidente
du Comité européen des régions
Kata TÜTTŐ
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/4411/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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