Proposition législative52025PC0640

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN conformément à l’article 294, paragraphe 6, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne concernant la position du Conseil sur l’adoption du nouveau règlement relatif à l’Agence européenne pour la sécurité maritime et abrogeant le règlement (CE) nº 1406/2002

CELEX52025PC0640
TypeProposition législative
Datemercredi 15 octobre 2025

Résumé IA

Cette communication de la Commission au Parlement européen présente la position du Conseil sur l'adoption d'un nouveau règlement refondant l'Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM). Le texte vise à moderniser et renforcer le mandat de l'Agence, notamment en matière de sécurité maritime, de prévention de la pollution et de surveillance, tout en abrogeant le règlement (CE) n° 1406/2002 actuellement en vigueur. Pour le professionnel du droit français, cette proposition législative annonce une évolution significative du cadre réglementaire européen applicable à l'AESM, avec des implications potentielles sur les compétences et les missions de l'agence dans le domaine maritime.

Texte intégral

Bruxelles, le 15.10.2025

COM(2025) 640 final

2023/0163(COD)

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN

conformément à l’article 294, paragraphe 6, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

concernant la

position du Conseil sur l’adoption du nouveau règlement relatif à l’Agence européenne pour la sécurité maritime et abrogeant le règlement (CE) nº 1406/2002

(Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE)


2023/0163 (COD)

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN

conformément à l’article 294, paragraphe 6, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne


concernant la

position du Conseil sur l’adoption du nouveau règlement relatif à l’Agence européenne pour la sécurité maritime et abrogeant le règlement (CE) nº 1406/2002

(Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE)

1.Contexte

Date de transmission de la proposition au Parlement européen et au Conseil
[document COM(2023) 269 final – 2023/0163 COD]:

1er juin 2023

Date de l’avis du Comité économique et social européen:

20 septembre 2023

Date de la position du Parlement européen en première lecture:

12 mars 2024

Date de l’adoption de la position du Conseil:

13 octobre 2025

2.Objet de la proposition de la Commission

Le règlement relatif à l’Agence européenne pour la sécurité maritime et abrogeant le règlement (CE) nº 1406/2002 1 est l’une des cinq propositions législatives que la Commission a adoptées le 1er juin 2023 pour actualiser les précédents trains de mesures sur la sécurité maritime.

L’Agence européenne pour la sécurité maritime (ci-après l’«Agence» ou l’«AESM») joue un rôle essentiel dans le renforcement de la sécurité maritime en soutenant les États membres et la Commission, tout en contribuant à la transition écologique et numérique du secteur maritime de l’UE. Il est donc primordial de veiller à ce que l’Agence soit dûment mandatée et dotée de ressources suffisantes pour poursuivre ses activités dans les années à venir.

L’AESM assume de nombreuses nouvelles tâches depuis la dernière modification majeure de son mandat en 2013. La grande majorité d’entre elles ne sont toutefois pas correctement prises en compte dans son mandat. La plupart de ces nouvelles tâches découlent de l’importance croissante de la transition écologique et de la décarbonation du secteur, domaines dans lesquels l’UE s’impose comme une pionnière tant à son échelle qu’au niveau international. Par ailleurs, compte tenu du large éventail de bases de données et d’outils informatiques mis au point au fil du temps, l’Agence est la mieux placée pour soutenir la numérisation indispensable des services maritimes, ainsi que la cybersécurité et la surveillance.

Dans le même temps, le mandat de l’AESM doit pouvoir résister à l’épreuve du temps. Il doit pouvoir tenir compte des nouvelles tâches qui seront confiées à l’Agence par les futures législations de l’UE, telles que le paquet maritime qui prévoit de nouvelles responsabilités pour l’Agence afin de soutenir les États membres dans les domaines de la sécurité et la durabilité maritimes.

Par conséquent, la proposition de révision du mandat de l’AESM reflète le rôle accru que l’Agence joue déjà aujourd’hui et celui qu’elle devrait jouer à l’avenir. Bien que détaillé, le mandat devrait rester flexible, afin que l’AESM puisse continuer de bénéficier de la souplesse nécessaire pour répondre aux besoins des États membres et de la Commission, tant pour soutenir la mise en œuvre de nouvelles priorités politiques que pour réagir aux crises. Vu son rôle accru, l’AESM doit disposer de ressources humaines et financières supplémentaires.

Compte tenu du nombre important de modifications apportées aux tâches de l’Agence et à son organisation interne, la Commission a proposé de remplacer le règlement (CE) nº 1406/2002 par un nouvel acte.

3.Commentaires sur la position du Conseil

La position du Conseil reflète pleinement l’accord politique auquel sont parvenus le Parlement européen et le Conseil le 20 mai 2025. Les principaux points de cet accord sont les suivants:

·En ce qui concerne le champ des compétences et les tâches de l’Agence, l’écrasante majorité des tâches incluses dans la proposition de la Commission ont été maintenues, sous réserve de quelques modifications rédactionnelles et de mises à jour concernant la version finale du train de mesures sur la sécurité maritime adopté récemment 2 , le recyclage des navires, l’évaluation des risques en matière de pollution, les tâches de décarbonation, les tâches de surveillance maritime et l’ajout de nouvelles tâches. Cependant, l’assistance technique fournie par l’AESM à la Commission ou aux États membres en ce qui concerne la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» 3 et les oxydes d’azote (NOx) a été supprimée.

·En ce qui concerne les aspects internationaux, les colégislateurs sont convenus que l’AESM peut affecter du personnel pour soutenir la Commission et les États membres au sein de l’Organisation maritime internationale à Londres. Les colégislateurs sont finalement convenus de conserver la référence à la stratégie internationale de l’Agence qui doit être adoptée par le conseil d’administration de l’AESM dans le cadre du document unique de programmation de l’Agence.

·En ce qui concerne la gouvernance et nonobstant la position forte du Conseil en faveur d’une diminution du nombre de représentants de la Commission au sein du conseil d’administration de l’AESM, les colégislateurs sont convenus de maintenir les quatre représentants de la Commission.

·Les colégislateurs sont convenus de supprimer le conseil exécutif ainsi que l’exigence de vote favorable de la Commission sur les projets de décision du conseil d’administration concernant les ressources humaines et les questions budgétaires. Cela réduit le rôle renforcé prévu pour la Commission et les États membres en matière de contrôle sur l’Agence.

·Toutefois, le rôle du conseil exécutif de l’AESM est déjà en partie joué par un comité consultatif du conseil, qui comprend deux représentants de la Commission et est chargé de préparer les décisions relatives aux questions de ressources budgétaires et humaines. Bien que la suppression du conseil exécutif puisse avoir des effets négatifs, le rôle et la composition actuels du comité consultatif constitueront un facteur atténuant.

·En outre, au cours du trilogue, les colégislateurs se sont mis d’accord sur un mécanisme d’alerte qui sera déclenché si la Commission soulève de graves préoccupations au sujet de propositions de décision sur des questions liées au règlement financier-cadre 4 , au statut des fonctionnaires et au régime applicable aux autres agents de l’Union européenne 5 . Toutefois, en ce qui concerne la règle de vote, les colégislateurs n’ont pas pris en considération les fortes réserves exprimées par la Commission et sont convenus de remplacer l’unanimité par une majorité des quatre cinquièmes pour l’adoption de décisions par le conseil d’administration après le déclenchement du système d’alerte par la Commission. Cela affaiblira l’effet dissuasif de la disposition et, par conséquent, réduira la capacité de la Commission à garantir le respect du droit de l’Union en matière de ressources humaines et de questions budgétaires. Dans ce contexte, la Commission a publié une déclaration appelant à une coordination structurée entre l’Agence, le conseil d’administration et la Commission sur les projets de décision du conseil sur ces questions.

·Les colégislateurs sont convenus de modifier les règles de vote au sein du conseil d’administration et de remplacer la majorité absolue par une majorité des deux tiers en ce qui concerne les avis sur les comptes, les règles du conseil d’administration, la structure interne de l’agence, les arrangements avec des pays tiers et la nomination, la prolongation du mandat et la révocation du directeur exécutif. En outre, les colégislateurs sont convenus de réintroduire la possibilité actuelle pour le conseil d’administration de donner suite à une proposition de révocation du directeur exécutif présentée non seulement par la Commission, mais aussi par au moins un tiers des membres votants du conseil d’administration.

·En ce qui concerne le directeur exécutif, les colégislateurs sont convenus d’ajouter un principe d’équilibre géographique devant être respecté dans le cadre de la procédure de présélection de la Commission. Ils sont en outre convenus qu’avant la nomination, et éventuellement aussi avant la prolongation du mandat, le candidat retenu ou le directeur exécutif en fonction sera invité à faire une déclaration devant la commission compétente du Parlement européen et à répondre aux questions posées par ses membres.

·Les colégislateurs sont convenus qu’en ce qui concerne la prolongation du mandat du directeur exécutif, la double évaluation (qui tient compte de l’évaluation du travail accompli par le directeur exécutif et des tâches et défis futurs de l’Agence) doit être transmise au conseil d’administration pour information, en même temps que la proposition de la Commission relative à la prolongation du mandat du directeur exécutif. Les colégislateurs sont également convenus de supprimer la disposition transitoire relative à la prolongation d’un an du mandat de l’actuelle directrice exécutive.

·Les colégislateurs sont convenus de conserver la possibilité pour l’Agence d’établir des centres régionaux dans les États membres de l’UE, à la demande de la Commission, afin d’accomplir certaines des tâches de l’Agence de la manière la plus efficace possible.

·Enfin, les colégislateurs sont convenus de supprimer la possibilité pour l’Agence de fixer et de percevoir des redevances à ce stade: toute nécessité éventuelle de mettre en place un système de redevances assorti de l’identification des services qui pourraient être financés par des redevances sera évaluée dans le cadre de l’évaluation périodique de l’Agence au plus tard cinq ans après l’entrée en vigueur du règlement.

4.Conclusion

Dans un esprit de compromis, la Commission approuve l’issue des négociations interinstitutionnelles et peut donc accepter la position adoptée par le Conseil en première lecture, permettant ainsi au Parlement européen d’adopter le texte final en deuxième lecture.

5.DÉCLARATION DE LA COMMISSION

La Commission a formulé une déclaration unilatérale, qui figure dans l’appendice.



Appendice

Déclaration de la Commission sur le système d’alerte sur les ressources humaines et les questions budgétaires (article 20, paragraphe 2)

«La Commission rappelle que l’accord final auquel sont parvenus les colégislateurs sur la proposition modifiée de règlement relatif à l’Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM) apporte des modifications à la gouvernance par rapport à la proposition de la Commission. Ces modifications réduisent la capacité de la Commission d’assurer le respect du droit de l’Union en ce qui concerne les ressources humaines et les questions budgétaires.

À l’article 20, paragraphe 2, le remplacement de l’unanimité par une majorité des quatre cinquièmes au second tour affaiblit l’efficacité du garde-fou de la Commission pour garantir une bonne administration et une bonne gestion financière. Il en résulte le risque que des décisions contraires au cadre juridique applicable de l’Union (notamment le règlement financier-cadre ainsi que le statut des fonctionnaires et le régime applicable aux autres agents de l’Union européenne) puissent être adoptées malgré l’objection formelle de la Commission. Il pourrait s’ensuivre également des risques graves pour les intérêts financiers et la réputation non seulement de l’AESM, mais aussi de la Commission et de l’Union européenne dans son ensemble.

Dans ce contexte, la Commission invite l’Agence et son conseil d’administration à pratiquer une coordination précoce et structurée avec la Commission sur tous les projets de décision qui doivent être soumis pour adoption.»

(1) Règlement (CE) nº 1406/2002 du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2002 instituant une Agence européenne pour la sécurité maritime (JO L 208 du 5.8.2002, p. 1).
(2) https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_23_2919 .
(3) Directive 2008/56/CE du Parlement européen et du Conseil du 17 juin 2008 établissant un cadre d’action communautaire dans le domaine de la politique pour le milieu marin (JO L 164 du 25.6.2008, p. 19).
(4) Règlement délégué (UE) 2019/715 de la Commission du 18 décembre 2018 portant règlement financier-cadre des organismes créés en vertu du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et du traité Euratom et visés à l’article 70 du règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil (JO L 122 du 10.5.2019, p. 1).
(5) Règlement (CEE, Euratom, CECA) nº 259/68 du Conseil, du 29 février 1968, fixant le statut des fonctionnaires des Communautés européennes ainsi que le régime applicable aux autres agents de ces Communautés, et instituant des mesures particulières temporairement applicables aux fonctionnaires de la Commission (JO L 56 du 4.3.1968, p. 1).

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